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Received
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Digitized by the Internet Archive
in 2016
https://archive.org/details/revuehorticolejo1897unse
REVUE
HORTICOLE
69’ ANNÉE.
1897
ORLÉANS, IMPRIMERIE DE PAUL PIGELET, RUE SAINT-ÉTIENNE, 8.
REVUE
HORTIC
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I VI ia ri V
OL
JOURNAL D’HORTICULTURE PRATIQUE
FONDÉ en 1829 par les auteurs du « BON JARDINIER »
RÉDACTKUR EN CHEF : Ed. ANDRÉ
Architecte-paysagiste
Professeur à l’Ècole nationale d’horticulture de Versailles
Membre de la Société nationale d’agriculture de France
Membre honoraire de la Société nationale d’horticulture de France
de la Société royale d’agriculture et de botanique de Gand
de la Société royale d’horticulture de Londres, etc.
Directeur-Gérant : L. Bourguignon
PRINCIPAUX COLLABORATEURS : MIVl.
G. Alluard, Rerié-Ed. André, Ch. Baltet, Georges Bellair, Ernest Bergman,
D. Bois, Em. Bruno, Gte de Gastillon, Gatros-Gérand, Chabanne,
Ghargueraud, a. Constant, Anatole Cordonnier, H. Gorrevon, G. Groux,
H. Dauthenay, Delaville, J. Dybowski, J. Foussat, Franghet,
Georges Girault, Gh. Grosdemange, Hauguel, Gustave Heuzé, Gte O. de Kerghove,
Lambin, Langlassé, Legros, Em. Lemoine, Fernand Lequet fils, Le Saout,
A. Lesne, Pierre Lesne, Louis Mangin, Gh. Maron, Marc Micheli, W. Mœrder,
Fr. Morel, S. Mottet, J. Nanot, Gh, Naudin, G. Poisson, Ch. Bégnier,
Maximilien Ringelmann, R. Roland-Gosselin, Jules Rudolph,
F. Sahut, J. Sallier fils, Dr Sauvaigo, Numa Schneider, Henri Theulier,
F. Thomayer, Dr Trabut, Treyve-Marie, Truffaut, Eugène Vallerand, B. Verlot,
Henry-L, de Vilmorin, Maurice-L. de Vilmorin, Dr Weber.
69» ANNÉE. — 1897
PARIS
LIBRAIRIE AGRICOLE DE LA MAISON RUSTIQUE
26, RUE JACOB, 26,
1897
REVUE
HORTICOLE
CHRONIQUE HORTICOLE
Société nationale d’horticulture de France: Composition du bureau pour l’année 1897. — Graines
offertes par le Muséum. — Une nouvelle Malvacée hybride. — Deux Poires nouvelles. — Les chèques
et les fleurs. — UErythrina Conslantiana. — Floraison des Agave Consideranti et Erylhea
palmata. — Ouvrages reçus. — Nécrologie: M. Hétneray- Gauguin, M. Anthony Walerer,
jl^tne Purtado-Heine, le Docteur Trimen, M. Robert Warner.
Société nationale d’horticulture de
France. — Composition du bureau pour
Vannée 1897. — Dans sa séance du "24 dé-
cembre dernier, la Société nationale d’hor-
ticulture de France a, comme elle le fait
chaque année, procédé au renouvellement
de son Bureau b
Cette année, aucun des membres, qui par
les statuts que nous rappelons en note ci-
dessous sont toujours rééligibles, ne venait
à expiration de son mandat. La Société
n’avait par conséquent qu’à remplacer :
2
V ice-Prés idents .
\ Truffaut (A.).
\ Jâmin iFr.).
2 Secrétaires.
l Martinet.
( Grenthe.
4 Conseillers.
Commission
contrôle . .
Besnard.
\ Nanot.
■] Vilmorin (M. L. d.).
[ Hébrard (A.).
i Barre.
[ Général Brisac.
' Chauveau.
'I Vidal.
\ Delessard.
s .s
s ^
0)
w
^ D’après l’article 13 des Statuts, le Président et
le premier Vice-Président, le Secrétaire général
et le Secrétaire général adjoint, le Trésorier et le
Trésorier adjoint, le Bibliothécaire et le Biblio-
thécaire adjoint, sont élus pour quatre années, re-
nouvelés alternativement tous les deux ans et tou-
jours rééligibles.
Les quatre Vice-Présidents et les quatre Secré-
taires, nommés pour deux années, sont renouvelés
par moitié chaque année et non rééligibles avant
une année d’intervalle.
Les seize Conseillers sont élus pour quatre ans,
renouvelés par quart chaque année et non rééli-
gibles avant une année d’intervalle.
Afin de ne pas modifier les relations dans les
durées des attributions desdifférents membres du
Conseil, telles que les établis.sent nos Statuts,
l’élection de tout Membre actuel du Conseil qui
sera promu à de nouvelles fonctions ne sera va-
D’après cette élection, le Bureau et le
Conseil de la Société se trouvent ainsi com-
posés :
Président : M. Viger.
Premier Vice-Président : M. Henri Lé-
vêque de Vilmorin.
Vice- Présidents : MM. Désiré Vitry, Lé-
VÉQUE, Honoré Defresne, J. Nanot.
Secrétaire général : M. Abel Chatenay.
Secrétaire général adjoint : M. Émile
Chou VET.
Secrétaires : MM. Joanni Sallier, Gappe
fils, Ernest Bergman, Vacherot.
Trésoy'ier : M. Huard.
Trésorier adjoint : M. Paul Lebœuf.
Bibliothécaire : M. D. Bois.
Bibliothécaire adjoint : M. H.ariot.
Conseillers d’ Administration :
MM.
Paillet (père).
Poiret-Delan.
Hébrard (Laurent).
Thiébaut (aîné).
Mussat.
ViLLARD (Th.).
Leroy (Isidore).
COULOMBIER.
MM.
Verdier (Eugène).
Opoix.
Duvillard.
Doin.
Truffaut.
Martinet.
Grenthe.
Quénat.
Commission de Contrôle :
MM.
Hennecart.
Méon.
Panhard.
MM.
Robert.
Süvestre de Sacy.
labié que pour le temps restant à courir au fonc-
tionnaire qu’il remplacera.
D’après l’article 17 des Statuts, l’assemblée gé-
nérale nomme annuellement, dans la dernière
séance de l’année, une Commission de contrôle
composée de cinq membres pris hors du Conseil
d’Administration et qui ne peuvent participer à ses
délibérations.
Les membres de la Commission de contrôle ne
sont rééligibles qu’après une année d’intervalle.
6
CHRONIQUE HORTICOLE.
Graines et plantes offertes par le Mu-
séum. — Le Muséum d'histoire naturelle
vient de publier le catalogue des graines et
plantes vivantes offertes pendant l’hiver
1896-1897, aux établissements publics d’ins-
truction. Le catalogue comprend, pour les
graines, deux divisions : les graines pour
jardins botaniques, et les graines de plantes
pouvant servir à l’ornement ; — pour les
plantes vivaces, quatre divisions : les es-
pèces vivantes pouvant servir à l’ornement,
les bulbes et rhizomes d’espèces pouvant
servir à l’ornement, les arbres et arbustes
pouvant servir aux plantations des jardins
et des parcs, enfin, les plantes utiles à di-
vers titres.
Les demandes devront parvenir avant le
ISjanvier 1897 et être adressées à M. le Direc-
teur du Muséum, 57, rue Cuvier, à Paris.
Les graines sont envoyées franco par la
poste. Les plantes vivantes sont envoyées
aux frais du destinataire, par chemin de fer,
à la gare la plus proche qui devra être in-
diquée par la demande.
Une nouvelle Malvacée hybride. —
Notre compatriote, M. Micheli, nous écrit :
ff Permettez-moi d’attirer votre attention sur
une Malvacée hybride qui a crû cette année
spontanément dans mon jardin et qui, lors de
son apparition, a fortement piqué ma curiosité.
D’après ses caractères, cette plante est proba-
blement le résultat d’un croisement entre La-
vatera maritima et L. trimestris, la première
ayant fourni le pollen. Elle forme un buisson
de plus de l“i 50 qui a emprunté au L. mari-
tima son feuillage glauque et pubescent, ses
fleurs larges et très-ouvertes. Du L. trimestris
elle a les bractéoles en involucre, le calice et la
couleur rose des pétales. Les premières fleurs
se sont épanouies en juillet et les gelées de dé-
cembre ont seules pu arrêter les dernières. Je
n’ai pas obtenu de graines fertiles, quoique les
ovaires parussent bien conformés, mais nous
possédons quelques boutures enracinées et, si le
pied-mère résiste aux froids de l’hiver, peut-
être vaudra-t-il la peine d’introduire la nou-
velle venue dans les collections de plein air.
Nous pourrons alors en donner aux lecteurs de
la une description complète accompagnée
d’une planche coloriée.
Nous avons vu la plante vivante, l’année
dernière, dans le jardin du Grest, chez
M. Micheli. Non seulement elle nousta pré-
senté une véritable valeur scientifique, mais
elle offre un attrait ornemental digne d’être
signalé à l’attention des amateurs d’horticul-
ture, et nous attendrons avec grand intérêt
les futures communications de notre collabo-
rateur à son sujet.
Deux Poires nouvelles. — Nous si-
gnalons deux Poires nouvelles mises au
commerce par M. Arsène Sannier, pépinié-
riste à Rouen :
Président Héron {Beurré d’Amanlis X
Louise Bonne Sannier). Bois moyen de couleur
rousse à lenticelles presque nulles ; yeux petits,
rapprochés ; feuilles larges, arrondies, au limbe
un peu horizontal, au bord dentelé.
Fruit moyen, de forme rappelant celle de
VUy'baniste, chair extra-fine, très-juteuse et
parfumée.
Directeur Varenne {Doxjenné d^hiverX Ber-
gamote Espéren). Bois moyen de couleur
brune à lenticelles rondes et clairsemées.
Yeux moyens, ovoïdes, pointus et rappro-
chés; mérithalles courts. Feuilles assez gran-
des, vert luisant, à bord dentelé; pétioles
longs, souvent rouges à leur base; nervures
prononcées. Fruit gros ou très-gros, forme et
couleur genre Doyenné d'hiver ; pédoncule
court; chair très-fine, juteuse et de parfum
léger.
Les chèques et les fleurs. — L’expédi-
tion des fleurs du Midi a fait des progrès
depuis les bouquets de Nice, d’Alphonse
Karr.
Sans parler des abonnements de saison,
voici qu’un industriel niçois vient d’ima-
giner les « chèques de fleurs ». Moyennant
l’achat d’un carnet de 10, 20 ou 40 chèques,
de 2 fr. 50 à 5 fr. l’un, que l’on détache
successivement, on peut faire envoyer à
une adresse indiquée, et sans écrire de
lettre spéciale, des colis de fleurs de saison
aux personnes que l’on désigne.
A cela, nous n’avons rien à redire, et on
a raison de simplifier les relations commer-
ciales; mais pourquoi donc ajouter ceci :
« Le carnet de chèques peut être lui-
même offert en cadeau. »
Quelle singulière idée a eue cet industriel,
qui a songé à transformer un envoi de
fleurs en un cadeau d’argent! Pauvres
petites Violettes de Parme, qu’avez-vous
donc fait pour mériter un tel outrage ? Au
lieu de vous envoyer, toutes fraîches et
toutes pures, à la fiancée qui vous attend,
fraîche et pure comme vous, on lui enver-
rait un chèque pour vous acheter ! Nous
espérons bien qu’on ne fera cette injure
ni aux jeunes filles, ni aux fleurs !
L’Erythrina Constantiana. — Nous
avons reçu de M. Micheli la lettre sui-
vante :
Je viens de recevoir du jardin botanique de
CHRONIQUE HORTICOLE.
7
Lisbonne deux fleurs d’un Erythrina qui se rap-
porte tout à fait à VE. Constantiana décrit
dans le numéro de la Revue du 16 novembre
1876. Cette plante fleurit habituellement en
mars-avril et a donné cette année une seconde
floraison probablement à la suite d’une forte
sécheresse de huit mois qui a suspendu la vé-
gétation.
Je n’ai pas de renseignements sur l’origine
de cet arbre, mais je le considère comme un
second représentant de notre espèce.
D’autre part, j’ai appris qu’il existe dans les
collections de M. Barbey-Boissier, à Genève,
de jeunes pieds d’une Erylhfine semée sous le
nom d'E. caffra, mais ils n’ont pas encore
fleuri. M. IVIichelt.
Des renseignements ainsi groupés per-
mettront probablement d’éclaircir prochai-
nement la question d’origine de cette su-
perbe espèce dont la première floraison en
France, à la villa Niobé, à Cannes, a fourni
les éléments de la planche coloriée que nous
avons publiée, et de l’article de M. Micheli
sur la plante qui porte le nom de M. A.
Constant.
Floraison des Agave Consideranti et
Erythea palmata. — Notre confrère,
M. Chabaud, nous apprend que ces deux
belles plantes viennent de fleurir sur le
littoral méditerranéen, près de Toulon.
Nous publierons très prochainement ses
descriptions accompagnées de dessins.
OUVRAGES REÇUS
Le Chrysanthème à la grande fleur, par
A. Cordonnier. — 1 vol., chez l’auteur, à Bail-
leul (Nord). Prix : 2 fr. 50.
La deuxième édition de ce bon livre vient de
paraître. Parmi les additions importantes que
nous avons constatées, signalons :
La culture du Chrysanthème en pleine terre ;
Un calendrier très complet des travaux de
chaque mois pour le Ghysanthème ;
Nous citerons avec éloges des photogravures
représentant l’état des plantes à divers mo-
ments de leur végétation, depuis la bouture
jusqu’à la floraison.
Les Clématites, par le docteur Le Bêle. —
M. le docteur Le Bêle, bien connu par sa pas-
sion pour les Broméliacées et par les succès
qu’il a obtenus dans leur culture, a repris ses
études botanico-horticoles sur les Clématites,
dont il avait réuni, dans son jardin du Mans,
une collection hors ligne.
La brochure qu’il vient de publier est le
travail le plus complet qui ait été écrit sur
cette matière, au double point de vue descriptif
et cultural. C’est le produit de trente années
au moins d’observations. Nous ■ ne saurions
trop en recommander la lecture à tous ceux
qu’intéresse la classification ou la culture
de ces charmantes plantes.
Nécrologie : M. Hémeray- Gauguin.
— Un des praticiens les plus distingués et
les plus respectables de l’horticulture orléa-
naise, M. Hémeray-Gauguin, vient de
mourir, à l’âge de quatre-vingt-un ans, à
Saint-Marceau (Orléans). Il laisse le sou-
venir d’un habile cultivateur, et d’un
excellent homme.
M. Anthony Waterer. — Le nom de
M. Anthony Waterer était bien connu, non
seulement en Angleterre, où il vient de
mourir à l’âge de soixante-quinze ans, mais
encore sur le continent européen, où sa ré-
putation comme grand cultivateur de
terre de bruyère était grande. Ses pépi-
nières de Knap-Hill présentaient, au mo-
ment de la floraison des Rhododendrons,
un admirable aspect.
Madame Furtado-Heine. — Tout le
monde a loué l’inépuisable charité de cette
femme de bien, qui vient de mourir, et les
généreuses fondations qu’elle a faites en fa-
veur des pauvres, des enfants, des officiers
retraités, etc. Nous devons un hommage
particulier à sa mémoire, à cause de son
grand amour de l’horticulture, des services
qu’elle a rendus au commerce horticole, du
sentiment élevé qu’elle avait de l’art des jar-
dins. Appelé par elle, il y a quelques an-
nées à diriger les nouveaux embellissements
de sa propriété de R.ocquencourt, nous con-
servons précieusement le souvenir de son
bienveillant accueil.
Le docteur Trimen. — Le directeur du
célèbre jardin botanique de Peradenya, à
Geylan, D'’ Trimen, est mort à l’âge de
cinquante-trois ans. C’est une grande perte
pour la botanique et l’horticulture des pays
chauds. Il aura pour successeur M. J.-C.
Willis.
M. Robert Warner — Un des plus re-
marquables orchidophiles anglais, mort le
17 décembre à Widfort Lodge, Ghelmsford
(Angleterre), à l’âge de quatre-vingt-deux
ans. Il était universellement connu par la
publication de son Orchid Album et son
Select Orchidaceous Plants. Nous nous
souvenons toujours de ses magnifiques
Gattleyas, et du succès que nous lui avons
vu remporter à la grande Exposition inter-
nationale de Saint-Pétersbourg, en 18G9,
avec les Orchidées qu’il avait apportées.
Ed. Anuré.
8
LES CHOYSIA TERNÂTA ET LE PHYLLOSTICTA VIOLÆ.
LES CHOYSIA TERNATA ET LE PHYLLOSTICTA VIOLÆ
Le fait de l’envahissement du charmant
Choysia ternata par le Phyllosticta
Violæ a-t-il été déjà signalé en France ?
C’est ce que j’ignore absolument.
Toujours est-il que, chez moi, en Pro-
vence, depuis trois ou quatre ans, le voisi-
nage rapproché de bordures de Violettes a
eu, pour mes infortunés Choysia, le triste
privilège de les couvrir de cette vilaine
Cryptogame.
Le doute est absolument impossible, car,
outre que seuls ont été envahis les Choysia,
en contact trop intimes avec des Violettes,
prises de cette maladie, l’étude et l’analyse
des taches et de leur cause démontrent bo-
taniquement et scientifiquement l’identité
des deux Champignons.
Heureusement qu’encore une fois les trai-
tements au cuivre se montrent souverains
dans ces conjonctures, et qu’il est aisé,
grâce à leurs précieux concours, de débar-
rasser les Choysia, aussi bien que les Vio-
lettes, de ce parasite. Mieux encore on doit
les en préserver, en distribuant préventi-
vement, sur toutes les parties aériennes des
plantes (et ce, dès le premier printemps),
de copieuses pulvérisations cupriques, en
y revenant de loin en loin, pendant l’été, et
surtout si l’on remarquait la moindre tache
caractéristique.
Je suis heureux du reste d’ajouter que,
depuis le printemps dernier, la situation
s’est considérablement améliorée, et qu’un
ou deux traitements seulement ont suffi à
mettre Choysia et Violettes à l’abri de nou-
velles atteintes cryptogamiques.
C‘° DE Bouchaud.
CULTURE DU CHRYSANTHÈME A LA GRANDE FLEUR
Nous avons reçu de M. Chabanne, du
jardin botanique de la Tête-d’Or, à Lyon,
la photographie de plusieurs Chrysanthèmes
cultivés suivant la méthode que M. Choulet
a imaginée et a lui-même décrite in extenso
dans nos colonnes il y a deux ans L L’une
de ces photographies, représentant un re-
marquable exemplaire de la variété Mis-
tress Harman Payne, a fait l’objet du des-
sin ci-contre, donnant exactement le port et
le détail de cette belle plante.
On sait que la méthode de M. Choulet,
qui donne de si éclatants résultats, n’offre
en apparence rien de très-particulier, mais
repose sur une série de soins successifs
dont aucun ne doit être négligé.
La plante figurée ci-contre provient d’une
bouture, longue de 12 centimètres, faite le
8 avril 1896 sous châssis froid, et a toujours
été traitée à froid.
Cette bouture, étant reprise, a été rem-
potée dans un godet de 7 centimètres, à
demi enterré dans une plate-bande de terre
meuble, au soleil.
Le mai, premier pincement à 8 centi-
1 Revue horticole, 189 i, pp. 34 et 499.
mètres de hauteur. En juin, pincement des
tiges à 20 centimètres de longueur.
Le 10 juin, deuxième rempotage en pots
de 11 centimètres. Depuis cette date, arro-
sage tous les quinze jours avec une solution
de sulfate de fer à la dose de 1 gramme par
litre d’eau.
Ebourgeonnement de tous les bourgeons
axillaires.
Fin juillet, nouveau rempotage en pots
de 17 centimètres.
A la fin d’août, apparition du bouton
central, seul conservé en supprimant tous
les autres. Commencement des arrosages à
l’engrais de fumier de mouton, mélangé de
matières fécales délayées dans l’eau à la dose
de 8 à 10 0/0, graduellement portée jusqu’à
25 0/0.
Suppression de tous drageons.
Tuteurage des tiges arrivées à 40 centi-
mètres de hauteur.
A l’occasion, pulvérisation de jus de tabac
contre les pucerons ; répandage de fleur
de soufre le matin à la rosée contre la grise ;
cordons de chaux vive autour des cultures
contre les limaçons et chenilles.
Il est bon de ne rempoter que pa.r un
CULTURE DU CHRYSANTHÈME A LA GRANDE FLEUR.
temps un peu humide et pas trop chaud
et de mouiller la motte deux heures avant
le rempotage.
Un compost formé de deux tiers de ter-
reau de couche un peu consistant et d’un
9
tiers de bonne terre franche de jardin est
excellent.
On doit bassiner simplement les plantes
qui resteraient flétries même après l’arro-
sage, et veiller à ce que les pots soient bien
Specimen de belle culture, par M. Chabanne.
drainés, l’humidité stagnante causant la
chlorose.
Avec ces simples notions, que nous ren-
dons à dessein aussi brèves que possible
pour montrer aux amateurs qu’elles ne
constituent qu’une pratique assez simple.
mais demandant des soins constants, sur-
tout dans les mois d’été, le succès est as-
suré, mais toute négligence entraîne forcé-
ment des déceptions que le jardinier ne de-
vra imputer qu’à lui-même.
Ed. André.
10
TRAPA VERBANENSIS.
TRAPA VERBANENSIS
Vers Textrémité sud du Lac Majeur,
entre Sesto Galende et Laveno, en face de
cette jolie petite ville d’Arona au-dessus de
laquelle se dresse la gigantesque statue de
saint Charles Borromée, se trouve, sur la
rive gauche, la baie d’Angera. Dans les
eaux peu profondes qui avoisinent la rive,
le botaniste trouve, avec une agréable sur-
prise, une plante qui lui rappelle la Châ-
taigne d’eau ou Mâcre de nos étangs (Trapa
natans, L.), mais avec des proportions
beaucoup plus grandes. Vers la fin d’octobre,
sous les larges feuilles flottantes, deltoïdes,
les pêcheurs du pays, qui nomment la plante
Lagana, vont cueillir ses fruits mûrs, dont
l’amande se mange crue ou cuite, et rappelle
le goût de la Châtaigne.
C’est une espèce distinguée par M. de
Notaris sous le nom de Trapa verha-
nensis \ tiré du nom latin du lac, l’antique
lac Verhanus, aujourd’hui encore Ver-
hano en italien
Cependant M. Jaggi, de Zurich, et M. Gi-
belli, de Bologne, ne voient dans cette
plante qu’une variété à deux cornes du
Trapa natans, les deux autres appendices
ordinaires ou cornes médianes ayant avorté.
Il faudrait donc écrire correctement : Trapa
natans^ L., var. uerbnnensis, Jaggi.
Nous avons trouvé cette intéressante
^ Trapa verbanensis, de Notaris, Catal. Sem.
Ort. Bot. Borna, 28 (1875) ; et in Nuov. Giorn.
Bot. Ital., VIII, p. 42 (1876)
- Il vaudrait mieux conserver le nom de Verbano
que celui de Lac Majeur (Lago Maggiore), car le
Lac de Garde est plus grand d’un tiers environ.
plante (fig. 2) dans la collection de plantes
aquatiques deM. Latour-Marliac, à Temple-
sur-Lot, oû elle couvre l’eau des bassins de
son beau feuillage charnu, en rosettes régu-
lières, d’un vert foncé teinté de rouge
sombre en dessous. C’est un ornement des
pièces d’eau qui n’est pas à dédaigner et
qui est encore à peine connu, bien qu’il
soit très-supérieur à la Mâcre ordinaire.
En voici la description ;
Plante glabre, à tige grêle, montant du fond
jusqu’à la surface des eaux. Deux espèces de
feuilles, les unes immergées, pinnatifides, à
divisions filiformes ; les autres, flottantes
(fig. 2), disposées en grosses rosettes régulières,
celles du sommet horizontalement couchées sur
l’eau ; pétiole ventru au milieu, cauerneux,
rouge foncé, pourvu, de chaque côté de la
TRAPA VERBANENSIS.
base, d’une écaille membranacée subulée;
limbe deltoïde-semicirculaire, grossièrement
et inégalement denté et à sinus arrondis sur
toute la partie supérieure. Fleurs à calice bifide,
à corolle blanche différant peu du T. natans.
Fruits en achaîne trigone (fig. comprimé,
bicorne, garni sur chaque face de tubercules
obtus bisériés, divergents depuis la base, à
cornes courtes, semi-coniques, mucronées au
11
sommet, ou conoïdales obtuses, à peine spi-
nescentes.
Selon MM. Paillieux et Bois ^ ces fruits,
désignés par des habitants du LacMajeur sous
le nom de Castagna del Lago ou Castagna
d'acqua, sont consommés le plus souvent
cuits et exigent un assez long temps de
Fig. 3. — Trapa verbanensis
Feuille vue en dessous et jeune fruit, de grandeur naturelle.
cuisson ; on les rencontre rarement sur les
marchés.
A Arona, à Varese, etc., avec ces fruits
on confectionne des chapelets.
Bien que croissant sous une latitude à
peu près égale à celle d'Angoulême, cette
plante emprunte au climat particulier du
Lac Majeur, où la température est si douce,
un tempérament qui peut différer de celui
de notre Châtaigne d’eau. Dans tout le Midi
de la France, elle résistera à merveille et se
propagera facilement dans les étangs, pièces
d’eau, aquariums, où il suffira d’en jeter
quelques racines dans la vase du fond pour
la voir prospérer. Nous l’avons plantée en
Touraine, sans en relever les pieds pendant
l’hiver, et nous saurons bientôt si elle doit
être considérée comme rustique sous le cli-
mat de la France moyenne.
Ed. André.
1 Le Potager d’un curieux, 2° éd., 1892," p. 322.
CATTLEYA X MASSILIENSIS.
1^2
CATTLEYA x
Les Orchidées hybrides nouvelles sem-
blent pour ainsi dire faire chaque jour de
nouvelles apparitions. Ce n’est pas là ce qui
doit décourager le semeur, bien au con-
traire, car les résultats qu’il en peut at-
tendre sont quelquefois dépassés par la
valeur des plantes qu’il obtient. C’est ce qui
vient de se produire dans les serres de
M. Louis Fournier, de Marseille, avec un
semis de Cattleija issu d’un croisement
entre un Cattleya (supposé Cattleya Tria-
næ) et un Cattleya Dowiana aurea. Rien
que la croissance et la vigueur de cette
plante la font admirer et la placent au pre-
mier rang des Cattleyas hybrides.
En voici une description sommaire, que
complète notre planche coloriée :
Pseudo-bulbes atteignant de 15 à 18 centi-
mètres de longueur, renflés dans leur partie
supérieure et larges de 4 centimètres et demi,
surmontés d’une seule feuille qui atteint 28 à
30 centimètres de long sur 9 centimètres de large,
d’un beau vert foncé tirant sur un rouge vineux
qui s’accentue sur les bords de la feuille et
sous la nervure médiane ; spathe longue de
14 centimètres, large de 5 centimètres, du som-
met de laquelle émergent deux larges fleurs
MULTIPLICATION EN GRAND DU SI
Sous la signature de M. Ch. -T. Druery,
le Gardeners' Chronicle a publié récem-
ment un article très-détaillé sur un mode
de propagation des variétés de Scolopendres
à feuilles crispées et autres qui restent sté-
riles ou ne se reproduisent pas franchement
de spores. Ce procédé étant peu connu, des
plus intéressants au point de vue physiolo-
gique et susceptible de rendre des services
à ceux qui cultivent ces jolies Fougères
pour l’ornementation des serres froides ou
pour la vente sur les marchés aux fleurs,
nous extrayons de l’article les points les
plus importants.
(( Si nous prenons un vieux pied de
Scolopendre, que nous en secouions toute
la terre et enlevions les racines, nous trou-
verons un rhizome ayant probablement
5 à 8 centimètres de long, 3 centimètres et
demi de diamètre. Supprimant les racines
avec un couteau ou des ciseaux, nous ver-
rons alors que cette tige souterraine est
formée d’un mince rameau central, auquel
MASSILIENSIS
(c’est du moins la quantité que nous a donnée
cette première floraison).
Fleurs larges de 18 centimètres; pétales de
9 centimètres de long sur 2 centimètres et
demi de large, d’une délicate couleur mauve
uniforme, de même longueur et de même cou-
leur que les sépales, qui sont larges de 5 cen-
timètres et traversés par des nervures d’un
coloris un peu plus foncé. Labelle en enton-
noir, largement frangé et ouvert sur ses bords,
jaune Jigné de stries brunes à la gorge, coloris
qui se retrouve au dehors, principalement
sous le labelle ; tablier du labelle d’un pourpre
violacé intense, ligné de stries purpurines qui,
ainsi que la gorge, rappellent bien la parenté
du Cattleya aurea; bords frangés du labelle
un peu plus clairs.
Le labelle brillant de cette plante fait
encore ressortir davantage l’apparence de
fraîcheur qui est produite par les sépales et
les pétales; ajoutons en plus que son odeur,
absolument délicieuse, est assez forte, et
nous en aurons dit assez, je crois, pour
cette sommaire description.
Le Cattleya X Massiliensis (dédié à la
ville de Marseille) provient de mes semis et
est âgé de 6 ans.
Ch. Maron.
[)LÜPENDRIUM VULGARE CRISPUM
sont attachés, très-rapprochés les uns des
autres, un très-grand nombre d’appendices
vert noirâtre, un peu en forme de saucisse
et ayant environ 18 millimètres de long.
En examinant de près ces organes parti-
culiers, nous verrons qu’ils constituent la
base persistante des anciennes frondes dis-
parues. A la partie basale, on remarquera
deux ou trois racines qui contribuent à
l’alimentation de la souche. La section
transversale montrera aussi que ces or-
ganes ont conservé leur vitalité pendant
plusieurs années après la disparition de la
fronde, dont ils formaient primitivement
une partie. Les racines aussi ont conservé
leur vitalité et la plante n’est pas seulement
alimentée par celles qui se développent
chaque année à la base des nouvelles
frondes. Toutefois, le multiplicateur con-
servera un certain doute à l’égard de l’uti-
lité de ces organes, car il est impossible
d’y observer la moindre trace de bourgeons
ou de bulbilles.
<cv>
Caillcija X ma.ssilœ/is'i-^
l’art de présenter les plantes nouvelles.
13
« En détachant ces sortes de petites sau-
cisses l’une après l’autre, nous en aurons
bientôt un petit tas. Le sommet du rhizome
dénudé, c’est-à-dire la couronne de la
Fougère, pourra être replanté dans un petit
pot et y formera rapidement une nouvelle
Scolopendre, de sorte qu’on aura simplement
remplacé une vieille plante par une jeune.
« Nous prenons maintenant chacune de
ces hases, pourvues de quelques racines, et
nous les coupons transversalement en deux
ou même, pour les plus fortes, en trois mor-
ceaux ayant environ 6 à 8 millimètres de
long. C’est ainsi que chaque rhizome
nous donne au moins 100 multiplications.
« Pour la plantation de ces fragments,
nous employons des terrines d’environ
20 centimètres de diamètre, bien drainées
et remplies d’un compost très-perméable,
que nous recouvrons d’une mince couche
de sable blanc. Il faut prendre garde qu’au-
cun ver de terre ou autre insecte n’existe
dans la terre. On y plante ensuite les pro-
pagules à environ 2 centimètres en tous
sens, sans tenir compte de l’extrémité à
placer supérieurement et de façon à ce
qu’elle affleure la surface de la terre. Les
terrines sont ensuite placées sous un châssis
froid, recouvertes de cloches, et bien abri-
tées du soleil.
« Au bout de cinq à six semaines, pen-
dant le printemps et l’été, chaque fragment
montrera sur certains points de l’épiderme
et sur le bord de la section plusieurs petits
points blancs, qui, au bout d’une huitaine,
développeront chacun une fronde minus-
cule. Au bout de peu de temps, des petites
touffes de frondes indiqueront que les
plantes sont enracinées. On pourra alors
détacher chaque plantule et l’empoter sé-
parément dans un godet. Si l’on est à
L’ART DE PRÉSENTER ]
Si les plantes nouvelles que nos horticul-
teurs mettent au commerce n’ont pas tou-
jours du succès par elles- mêmes, il est
souvent possible de leur en procurer par
la manière de les présenter.
Le moyen, qui de tout temps a été
employé pour lancer une nouveauté, c’est
la description élogieuse où s’épanouissent
les sentiments paternels du propriétaire
pour ce qu’il a créé ou élevé.
Je n’ai entendu qu’une fois un obtenteur
dire que sa plante — un Cactus, auquel
il devait donner le nom de sa femme —
court de vieilles plantes et qu’on désire
multiplier les Scolopendres en très-grand
nombre, on pourra conserveries propagules
encore pleines de vie et les replanter dans
une autre terrine; elles donneront bientôt
de nouvelles plantules, car les bourgeons
sont si nombreux qu’ils ne peuvent se dé-
velopper tous à la fois,
« On pourrait diviser les propagules lon-
gitudinalement, mais elles perdent alors
un peu trop de leur vitalité. Il n’est pas non
plus inutile de les laver avant leur planta-
tion et même de stériliser la terre au préa-
lable avec de l’eau bouillante, afin d’éviter
que les Gonferves et les Marchantia n’en-
vahissent la surface, ce qui affecte le déve-
loppement des jeunes plantes.
« Nous n’avons traité jusqu’ici de cette
manière que le Scolopendrium vulgare
crispum, mais toute autre variété vigou-
reuse peut être propagée de la même ma-
nière, à une exception près, celle d’une
forme cornue, très-curieuse, qui ne produit
que des frondes normales. Il est probable
que cette aptitude particulière de multipli-
cation n’est pas spéciale aux Scolopendres,
mais nous ne sommes pas parvenus à l’é-
blir pour les autres Fougères indigènes ; il
est à souhaiter qu’on l’essaie pour les Fou-
gères exotiques. »
L’auteur affirme que ce procédé est facile et
d’un résultat très-sûr, et que ceux qui vou-
dront l’employer et suivre exactement les in-
dications qui précédent parviendront certai-
nement au succès. Nous souhaitons vive-
ment qu’il en soit ainsi et que ce nouveau
mode de propagation puisse contribuer à
faire employer plus généralement qu’on ne
le fait la Scolopendre à feuilles crispées, une
de nos plus jolies Fougères.
S. Mottet.
ÎS PLANTES NOUVELLES
était une laideur ; mais au lieu de le dire
avec humilité, il s’en vantait.
(( Oh ! c’est très laid, j’en conviens, disait-
il, mais c’est ce qui en fait la beauté ! Figu-
rez-vous bien qu’il n’y a pas encore, dans
le commerce, un Cactus dont la laideur se
rapproche de celle-là ! Regardez-moi ça de
profd ! J)
Et comme on lui disait que « c’était
horrible », il ajoutait avec satisfaction :
« C’est monstrueux !... Et la fleur?...
Vous verrez la tleur, demain, quand elle
s’ouvrira... une heureuse combinaison de
14
LES DIOSCORÉES ORNEMENTALES DE SERRE ET LEUR CULTURE.
l’entonnoir et de l’Artichaut... Mon voisin,
M. Courtenot, va en maigrir de dépit. »
Sans doute, un pareil langage vous sur-
prend ; eh bien, cessez d’être étonné : ceci
se disait au Vaudeville, sur la scène où
l’on jouait Nos intimes^ de M. Sardou. Je
n’ai pas besoin de vous démontrer que, sur
ce ton ingénu, l’auteur persiflait doucement
les jardiniers.
Ce n’est ni comme cela, sans doute, ni en
la vantant d’une façon outrée, qu’on peut
rendre une planie populaire ; presque tou-
jours elle le devient toute seule, soit peu à
peu, soit d’emblée, à la suite d’un essai,
d’un emploi mettant d’un seul coup en évi-
dence tout son mérite et la valeur commer-
ciale qui en découle.
C’est qu’en effet, ce n’est pas suffisant
d’offrir, même en les enveloppant d’éloges,
une fleur, un arbre ou un fruit au public ;
il faut encore leur trouver un emploi, et là,
comme dans les fonctions officielles, les
emplois vacants sont rares.
Qu’est-ce que me fait, par exemple, une
poire nouvelle mûrissant en octobre-no-
vembre ; il y en a cent de même saison, et
sur ce nombre, une dizaine au moins ont
des qualités qui ne sauraient être dépas-
sées. Trouvez-moi une très-bonne variété
qui mûrisse avant le Beurré Giffard, puis
une autre excellente qui se conserve
après la Bergamote Espéren, et je vous
promets que les amateurs vous les deman-
deront, quand même vous les vendriez un
prix excessif.
Toute plante, variété ou espèce, qui ne
répond pas à un emploi, à un besoin nou-
veaux, ne peut donc avoir qu’un succès
éphémère, fût-elle annoncée au son de cent
bouches publiant sa renommée.
Voici, par exemple, le Myrsiphyllum
asparagoides, vulgairement Medeola. De-
puis très-longtemps cette Liliacée existe en
Europe, mais qui la connaissait ? Per-
sonne. Il a fallu, vers 1892, son emploi en
guirlandes décoratives, auquel elle se prête
sans y être préparée, pour la jeter tout à
coup dans la circulation du commerce hor-
ticole. Sans doute, vous penserez que 1892
est une date tardive et que, bien avant
LES DIOSCORÉES ORNEMENTALE
Le genre Dioscoreof, de la famille végétale
des Dioscorées, n’a pour représentant assez
connu dans les jardins que l’Igname de
Chine (Dioscorea Batatas), légume de lan-
cette époque, puisqu’on usait de guirlandes
pour décorer, soit les tU'bles des repas, soit
les glaces ou les fenêtres des salons, on
aurait pu employer le Medeola.
C’est bien mon avis. Aussi veu.x-je rendre
justice à un horticulteur qui, dans une cir-
constance analogue et à propos d’une autre
plante toute récente, a montré à la fois une
heureuse initiative et un goût parfait de no-
vateur. Il s’agissait précisément de trouver
à cette espèce, assez modeste en somme,
l’emploi qui la mît en valeur.
L’horticulteur en question est M. J. Sallier,
la plante s’appelle Physalis Francheti,
Si vous connaissez le Physalis Alke-
kengi ou Alkekenge, ou Coqueret, ou Ce-
rise en cage, vous pouvez vous faire une
idée du Physalis Francheti.
Ce qu’il y a de particulièrement intéres-
sant dans ces herbes est la fleur, dont le
calice accrescent et gamosépale prend, après
la chute de la corollej l’aspect d’un petit
ballon et se colore d’un rouge minium écla-
tant ; j’oubliais de dire qu’il renferme un
fruit comestible, une baie aigrelette et
rouge.
Le Physalis Frayicheti est une variété
dont le calice en ballon peut atteindre 60 à
70 millimètres de diamètre, tandis que son
fruit acquiert le volume d’une Cerise. Il est
rustique autant que le Coqueret commun
et s’accommode bien des terrains secs ;
ses fruits sont appréciés, surtout quand on
les glace au sucre.
A l’exposition des Chrysanthèmes du
Palais de l’Industrie, M. Sallier avait donc
piqué des calices de Physalis Francheti
dans des guirlandes de Medeola. Le public
s’est beaucoup intéressé à cette décoration,
où les globes rouges des Physalis appa-
raissaient comme de minuscules lanternes
vénitiennes, flambant dans les feuillages
avec un air gai de fête carillonnée.
Et j’ai entendu cette réflexion — je vous
la donne telle quelle — au milieu du groupe
qui se pressait, intrigué, autour des plantes
de l’horticulteur parisien :
« Pas bête du tout cet emploi du Phy-
salis, et voilà une plante qui fera son che-
min. y> Georges Bellair.
DE SERRE ET LEUR CULTURE
taisie, jadis vanté comme succédané de la
Pomme de terre, et qui, maintenant, n’a
droit de cité que dans les jardins de quel-
ques rares amateurs ; il est cependant vrai
LES DIOSCORÉES ORNEMENTALES DE SERRE ET LEUR CULTURE.
15
que si, comme légume, l’Igname de Chine
n’a pas donné tout ce qu’en promettaient
ses preneurs, elle n’en reste pas moins
une plante grimpante pouvant rendre des
services dans les jardins d’ornement, pour
s’enrouler autour des tiges des arbres, pour
garnir des parties dénudées, partout où il
faut des plantes grimpantes à végétation
rapide et de culture facile.
Mais si ce genre n’a pas de représentants
brillants pour orner nos parterres à l’air
libre, il possède, par contre, des bijoux re-
marquables pour décorer nos serres
chaudes ; ce sont des végétaux admirables
comme richesse de coloris, élégance de
feuillage, et auxquels il ne manque, pour être
mieux appréciés, que d’être plus connus.
Il est même regrettable de voir que tant
de belles plantes sont perdues dans les col-
lections botaniques ou d’amateurs avares
de leurs richesses, et ceux qui connaissent
le Cissus discolor, de Java, au magnifique
feuillage, pourront se rendre compte, en
imagination, de la beauté des Dioscorées
que l’on peut cultiver dans les serres.
Une description quelconque ne peut don-
ner qu’une idée vague de la beauté ou des
charmes d’une chose, car on manque géné-
ralement des expressions vraies pour dé-
peindre tel ou tel effet heureux de couleur
ou d’harmonie, d’ensemble ou de détail ;
et lorsque nous aurons dit que ces Dios-
corées exotiques ont des tiges volubiles qui
s’enroulent gracieusement autour des sup-
ports qu’on veut bien leur donner ; que ces
tiges sont garnies de feuilles cordiformes
ou ovales-lancéolées, variant de forme et de
grandeur suivant les espèces, colorées à la
page supérieure de tons métalliques ou ve-
loutés, parsemés de macules irrégulières,
différentes de couleur et d’intensité, et sou-
vent d'une belle teinte pourpre violet à la-
page inférieure du limbe, nous n’aurons pu
rendre l’effet chatoyant de ces tons veloutés,
de ces macules qui semblent formées de
paillettes d’or ou d’argent, connues chez les
Anæctochilus, brillant sur un fond sombre
de velours vert-noir !
La culture de ces Dioscorées est facile
lorsqu’elle est bien comprise ; elle permet à
l’amateur disposant d’une serre chaude et
tempérée, voire même d’une serre froide
convertie en serre chaude pendant l’été, de
jouir de ces belles plantes et d’en orner,
soit la charpente de sa serre, en les faisant
grimper sur de minces tuteurs ou des fils
de fer établis à une certaine distance et pa-
rallèlement au vitrage, soit d’en former des
boules ou carcasses sur lesquelles les tiges
s’enrouleront à plaisir pour donner, en sai-
son, l’aspect d’un dôme feuillu, aux riches
couleurs.
Voici comment il convient de procéder,
pour obtenir, dans tout leur développement
et leur beauté de feuillage, les Dioscorea
Anæctochilus, argijræa, chrysophylla, me-
lanoleuca, discolor, illustrata. *
On sait que ces plantes ont un rhizome
ou tubercule, c’est-à-dire une tige souter-
raine renflée plus ou moins ; ce rhizome
se dirige ou verticalement dans le sol et sa
partie inférieure affecte la forme d’une mas-
sue à collet mince ; il prend une forme
presque sphérique. Ce caractère de végé-
tation appartient surtout aux D. argyræa,
discolor et illustrata et facilite beaucoup la
propagation de ces espèces, alors que les
D. Anæctochilus, chrysophylla et melano-
leuca doués d’un rhizome analogue à celui
de l’Igname de Chine, ne possèdent natu-
rellement qu’un ou deux bourgeons qui se
développent à la partie supérieure du
rhizome.
Nous supposons l’amateur possesseur de
rhizomes de l’un de ces Dioscorées ; en
mars, ceux-ci doivent être empotés en ré-
cipients plutôt moyens, en terre de bruyère
neuve additionnée d’un peu de terre franche
(environ un dixième) et placés verticalement
ou obliquement pour les espèces à long
rhizome, de telle façon que la partie supé-
rieure, c’est-à-dire le collet, se trouve être
au niveau du sol ou simplement recouverte
par celui-ci. Un bassinage est donné en-
suite, puis les pots sont transportés dans la
serre à multiplication avec -|- 22 à 25° centi-
grades sous châssis et soumis à la chaleur de
fond. Il faut prendre soin d’éviter une trop
grande humidité du sol, en ménageant les
bassinages, jusqu’à ce que la végétation
commence à se manifester par l’apparition
d’une ou rarement plusieurs tiges ; celles-ci
sont très-fragiles et demandent un soutien
provisoire dès qu’elles atteignent 15 à 20
centimètres de longueur.
On sort ensuite les plantes de sous les
châssis pour les laisser à l’air libre de la
serre ou bien on les transporte en serre
chaude de 18° à 20°, mais toujours le plus
près du vitrage possible et à la grande lu-
mière.
^ Presque toutes ces variétés appartiennent au
groupe D. multicolor décrit par M. Ed. André dans
V Illustration horticole,\^l\, p.52, et ont été décou-
vertes par M. Baraquin, en 1868, sur les bords
du Rio Négro (Brésil septentrional.)
16
LES DIOSCORÉES ORNEMENTALES DE SERRE ET LEUR CULTURE.
Au lieu d’empoter tout de suite les rhizo-
mes, on peutencore, au préalable, les mettre
en végétation, à nu, sur les escarbilles hu-
mides des châssis delà serre à multiplication,
en les recouvrant d’une couche de sphagnum
maintenu constamment frais ; l’empotage
se fait dès que les racines et les tiges se
développent.
D’après la vigueur de la végétation ou la
force du rhizome des plantes, on rempote
celles-ci dès que le besoin s’en fait sentir
dans un compost formé de 4/5 terre de
bruyère neuve ou du terreau de feuilles et
1/5 terre franche de jardin, le tout bien mé-
langé et reposant sur un bon drainage ; cer-
taines variétés, comme les D. argyvæa, dis-
color et illustrata peuvent être mises en
grandes terrines, par 6 à 8 plantes, ou être
plantées en pleine terre, en serre chaude,
ou en serre froide convertie en serre chaude
l’été.
Après le rempotage, il est bon d’établir
la charpente sur laquelle viendront s’enrou-
ler les tiges des Dioscorées ; cette charpente
peut affecter une forme sphérique ou ovale
et être formée soit de tuteurs fins et flexi-
bles, soit de fils de fer arrangés dans ce
but. S’il s’agit de garnir une colonnette,
de former un rideau de verdure, on dispose
des ficelles ou des tils de fer dirigés dans le
sens de f effet que l’on désire obtenir. Il
convient d’ajouter ici que ces plantes réus-
sissent parfaitement si elles sont cultivées
en serre froide, tenue chaude en été, de 18
à 20 degrés, et par ce moyen peuvent être
employées, en maintes occasions, pour l’or-
nementation des abris vitrés si souvent
vides pendant la belle saison !
Les autres soins de culture consistent à
modérer les arrosements à la suite du rem-
potage, jusqu’à ce que des racines nouvelles
aient pris possession de la motte de terre ;
pendant la pleine végétation, le sol doit
être tenu frais constamment, sans, pour
cela, être humide. Quelques arrosements
à l’engrais humain, très-léger d’ailleurs
(1 litre pour 20 litres d’eau), exercent une
influence plutôt favorable sur la végétation,
surtout chez les espèces vigoureuses.
Un point capital pour garder aux feuilles
de ces plantes leur beauté première, c’est
d’éviter que celles-ci ne soient salies par
l’eau, surtout si elle renferme du calcaire;
dans tous les cas il vaut mieux s’abstenir
de bassinages et faire vivre ces végétaux
dans une humidité ambiante, comme celle
que l’on octroie aux Caladium, Anthu-
rium, Orchidées de serre chaude, etc. Il va
de soi qu’au fur et à mesure des besoins on
attache avec un léger lien de raphia les tiges
des Dioscorées à leur charpente, en prenant
soin de les diriger le plus élégamment pos-
sible et de façon à ne pas laisser de vides
dans la charpente ou le rideau à décorer.
Dès le commencement de septembre, il
faut diminuer progressivement les arrose-
ments, puis les cesser entièrement pour pré-
parer les rhizomes au repos hivernal. Vers
la fin de ce mois ou les premiers jours d’oc-
tobre, alors que les feuilles seront jaunes
et les tiges un peu flétries, on coupe ces
dernières à environ 10 centimètres du sol,
puis on transporte les plantes en serre tem-
pérée, de 10® à 12°, où on les place soit le
long des tuyaux de chauffage, soit préféra-
blement sous les grandes plantes ; elles
sont tenues là, dans leur terre sèche, jus-
qu’en mars, époque où on les dépote et
les remet en végétation. Il est cependant
bon de veiller aux espèces délicates ou aux
jeunes rhizomes, en s’inquiétant si ceux-ci
ne se rident pas, et, dans ce cas, de tenir le
sol légèrement frais.
La multiplication des Dioscorées orne-
mentales de serre peut s’opérer par le bou-
turage des tiges et le sectionnement ou di-
vision des rhizomes. Le bouturage des tiges
s’effectue au moment où celles-ci ne sont
ni trop tendres, ni trop ligneuses, et se pra-
tique comme suit ; on coupe le rameau par
tronçons pourvus au moins de deux yeux,
sous une feuille ; ces boutures sont piquées
en petits godets, en terre très-sableuse et
enterrées de deux à trois centimètres ; elles
sont placées ensuite sous châssis, à la cha-
leur de fond, dans la serre à multiplication ;
la reprise est assez facile. On rempote les
boutures dès qu’elles en ont besoin, et nous
conseillons de tenir en végétation les jeunes
sujets pendant tout l’hiver qui suit leur re-
prise pour que le rhizome en formation ne
souffre pas du repos hivernal prolongé. Le
sectionnement des rhizomes, qui est un
vrai bouturage, se pratique au printemps
lors de la mise en végétation des plantes ;
il consiste à couper par fragments, longs de
2 à 5 centimètres, la partie supérieure du
rhizome, et à planter ceux-ci en petits go-
dets, en terre sableuse, ou à les mettre à nu
sur les escarbilles, en les recouvrant de
sphagnum. Il est toujours nécessaire
d’éviter une trop grande humidité qui ferait
pourrir les parties tronçonnées.
Enfin, certaines variétés comme les D.
argyræa, discolor et illustrata donnent
souvent naissance à de petits tubercules qui
LA MOUCHE DES ORCHIDÉES.
17
se développent derrière le rhizome-mère,
et ce moyen de propagation facilite la re-
production de ces plantes; ces petits tuber-
cules sont empotés à part lors de la mise en
végétation des autres. Parfois aussi u)i rhi-
zome, pour une cause quelconque, se
déforme ou perd son collet, en donnant
naissance ensuite à une ou plusieurs rami-
fications émettant chacune une tige ; on
peut très-bien sectionner celle-ci au prin-
temps en opérant l’ablation avec'soin et en
recouvrant la plaie de poussière de charbon
de bois.
Ajoutons, pour terminer ce qu’il y a
de relatif à la reproduction, que nous
n’avons jamais vu ces Dioscorées à feuilles
ornementales porter des bulbilles à l’ais-
selle de leurs feuilles, comme cela a lieu
annuellement chez le Dioscorea Batatas et
d’autres espèces à organes foliacés verts.
LA MOUCHE I
Ce diptère, nommé Isosoma Orcliidea-
rum, Meig. , a été l’objet d’une communica-
tion des plus intéressantes par M. Decaux, à la
Société d’horticulture de France. Cette mi-
nuscule mouche paraît avoir été importée
en France avec le Cattleya Mossiæ. On
constate la présence de l’insecte dans les
jeunes pousses d’Orchidées, qui devien-
nent alors bulbiformes inférieurement ;
dans la tige aussi, lorsqu’en la pressant,
elle cède sous la pression des doigts.
Mais les mœurs deV Isosoma Orchidearum
sont encore incomplètement connues, et
M. Decaux fait appel à l’obligeance des
horticulteurs et des orchidophiles pour
mener à bien les études qu’il a entreprises
sur ce sujet.
Les observations qu’il a faites jusqu’à
présent n’en sont pas moins fort apprécia-
bles, et il est permis de croire qu’avant
peu les questions encore sans solution se-
ront résolues : nombre de générations par
an, degré d’activité de propagation en
hiver, nombre d’œufs pondus par les fe-
melles, proportion des mâles et des fe-
melles dans les éclosions, temps que dure
la ponte, etc.
Pour l’instant, il est important de sa-
voir :
1° Que la mouche, à l’aide de sa ta-
rière, introduit souvent deux œufs dans un
trou pratiqué dans l’épiderme de la tige des
Orchidées, et qu’elle recommence son opé-
ration sur la même tige, à peu près de cen-
Donc, la culture de ces Dioscorées se
résume en ceci : fournir une somme de
chaleur variant entre 25 à 20” le jour et
18 à la nuit, au minimum, pendant leur
période de végétation ; donner une humi-
dité favorable, atmosphérique et terrestre ;
faire subir un repos complet, depuis octobre
jusqu’en mars, aux rhizomes de ces végé-
taux. Nous recommandons spécialement aux
amateurs la culture de ces plantes pour dé-
corer leurs serres froides pendant l’été,
comme on le fait annuellement avec les
Caladium du Brésil, les Bégonia Rex, les
Eranthemum, les Gesnériacées diverses ;
dans ce milieu aux formes végétales si di-
verses, ces Dioscorées exotiques font valoir
avantageusement l’élégance de leur port
grimpant et la beauté de leur feuillage.
Jules Rudolph.
ÎS ORCHIDÉES
timètre en centimètre d’intervalle. La ponte
se continue jusqu’à épuisement, sur d’au-
tres tiges, et cela dans le moment le plus
chaud de la journée ;
2” Que les œufs éclosent de six à huit
jours après la ponte, que la larve est déve-
loppée au bout de vingt-sept à trente jours,
et que la nymphe retourne à l’insecte parfait
dans un laps de temps durant de quinze à
vingt jours. Soit, en tout, de quarante-cinq
à soixante jours pour la succession com-
plète des métamorphoses.
Ces observations ont été faites sur des
insectes en captivité, en été.
Il faudrait savoir, dit M. Decaux, si les
choses se passent de la même façon en li-
berté, et à même la serre.
A la suite d’une série d’expériences dans
le détail desquelles il serait trop long d’en-
trer ici, mais qui lui ont prouvé tout d’a-
bord qu’on pouvait percer et même inciser
les tiges des Orchidées avec une aiguille fine
sans nuire à leur végétation, puis ensuite
que cette opération tuait déjà nombre de
larves, le patient entomologiste est arrivé à
la conclusion suivante, que nous emprun-
tons au Bulletin de la Société nationale
d’horticulture de France :
« On réussirait plus sûrement en injectant
50 grammes de sulfure de carbone dans la
tige malade, en prenant soin de boucher, le
plus promptement possible, le trou fait par la
seringue de Pravaz, avec un peu d’argile ou un
mastic quelconque, pour empêcher les vapeurs
18
LES COURGES D’ORXEMENT.
de s’échapper à l’extérieur. Les vapeurs
toxiques dégagées par le sulfure de carbone
pénétreront au travers des cloisons de la tige
contaminée et feront périr les larves dans leurs
diverses galeries. Je n’ai pu tenter cette expé-
rience, faute de tiges contaminées en nombre
suffisant ; les orchidopbiles agiront sagement
en essayant ce procédé. Je leur serais obligé de
bien noter ce qui arrivera pour la santé de la
tige expérimentée et de me le faire connaître.
On sait que le sulfure de carbone attaque
fortement la chlorophylle des plantes, mais à
cette dose minime en est-il ainsi ?
Les Diptères, en général, sont attirés par les
matières sucrées; VTsosoma Orchidearum n’est
pas insensible à cette friandise. On peut en dé-
truire un bon nombre au moment des éclo-
sions; il faut se rappeler qu’une femelle détruite
avant la ponte, c’est une quantité de larves
supprimées du même coup. En suspendant,
dans les serres infestées, des planches recou-
vertes d’une couche liquide de mélasse ou de
miel commun, on y trouvera des Isosoma
Orchidearum englués. »
M. Decaux s’attaque aussi à deux Coléop-
tères qui ravagent parfois les Orchidées :
le Xylohorus perforans et le Diaxenes
Dendrohii. celui-ci nocturne.
Des études aussi profitables à l’horticul-
ture ne sauraient jamais être assez encou-
ragées. Souhaitons que les intéressés le
comprennent et apportent au chercheur
tout le contingent d’observations qu’ils peu-
vent faire de leur côté. H. Dauthenay.
LES COURGES D’ORNEMENT
Très-connues aussi sous les noms vo-
cables de Gourdes ou Calebasses, ces lianes
ressemblent beaucoup, par leur mode de
végétation et par l’aspect de leurs fruits,
aux Courges proprement dites {Cucurhüa),
mais elles s’en éloignent suffisamment par
les caractères botaniques que présentent les
feuilles, les fleurs, les fruits et même les
graines, pour qu’on ait créé pour elles le
genre Lagenaria, Ser., adopté du reste par
tous les auteurs.
On n’en connaît qu’une espèce, le L. vul-
garis, Ser., douée du même polymorphisme
commun à la plupart des Cucurbitacées et
qui a donné naissance à toutes les variétés
et formes connues ; nous décrirons plus
loin quelques-unes des plus caractéris-
tiques et des plus généralement culti-
vées.
C’est une plante annuelle pubescente, fai-
blement odorante, à tiges grimpant à l’aide
de vrilles rameuses qui atteignent 3 mè-
tres et plus ; elles portent des feuilles
alternes, pétiolées, à limbe ovale-cordiforme,
entier et pourvu de deux glandes à la base.
Les fleurs sont monoïques, à corolle blanche,
assez grande, étoilée, longuement pédoncu-
lées ; elles sont axillaires et généralement
solitaires dans les deux sexes ; les femelles,
dont l’ovaire est surmonté de trois gros stig-
mates, donnent naissance à un fruit charnu
vert pâle, ou faiblement panaché de blanc
et d’abord plein, parfois pubescent, puis
devenant dur, ligneux et creux à la matu-
rité.
La grosseur et la forme de ce fruit sont
excessivement variables et constituent les
différences sur lesquelles sont fondées les
variétés qu’on pourrait multiplier pour ains
dire à volonté, n’était la grande difficulté de
les conserver franches, et, même dans les
plus généralement cultivées, on observe tou-
jours de nombreuses déformations. Leur
grosseur va depuis celle du poing, dans la
Courge miniature, jusqu’à celle d’un petit
baril, dans la Courge pèlerine très-grosse
ou la Courge siphon et, chez la Courge
massue très-longue, la longueur peut dé-
passer 1™ 50 avec la grosseur du bras. Le
volume de ces fruits dépend, en outre, non
seulement de la variété, mais aussi de la
vigueur de la plante, et plus encore du
nombre de fruits qu’on laisse sur chaque pied ;
toutes choses égales d’ailleurs, les variétés à
petits fruits en portent un bien plus grand
nombre que celles à gros fruits et, pour
obtenir ces derniers à tout leur développe-
ment, il faut n’en laisser qu’un ou deux
sur chaque plante. Cette règle s’applique, on
le sait, à toutes les Cucurbitacées et du reste
à beaucoup d’autres productions végétales.
(( La part de deux, — dit un proverbe, —
convient mieux à un qu’à trois. »
Les Gourdes, nullement comestibles,
sont dépourvues des jolis coloris qu’on
observe chez les Courges proprement dites,
et en particulier chez les Coloquintes, dont
la Revue horticole a publié une magnifique
planche coloriée en 1894 ; l’aquarelle n’eùt
donc pas beaucoup mieux montré leurs
formes que les figures noires ci-contre,
d’ailleurs parfaitement exactes.
Elle ne sont pas non plus susceptibles des
multiples emplois qu’on peut faire des Colo-
quintes pour l’ornement des appartements,
car, à la maturité, l’épiderme se ternit e
LES COURGES D 'ORNEMENT.
19
se couvre plus ou moins de taches rousses ;
seule, la forme reste ce qu’elle était à l’état
frais, originale ou imposante par son vo-
lume.
Mais, par contre, ces fruits présentent, à
cause de leur dureté, une certaine utilité
comme récipients à liquides ou autres ma-
tières, la poudre ou les graines notamment.
Chez nous, on emploie la Courge pèlerine
moyenne et la Courge plate de Corse pour
faire des bouteilles à boisson ; la Courge
pèlerine très-grosse fait d’excellentes vessies
natatoires et, dans les pays chauds, les indi-
gènes en font des sébiles pour contenir
leurs aliments. Lorsque le fruit s’est déve-
loppé dans un pays chaud et qu’il a bien
mûri, l’écorce atteint presque la dureté du
bois ; elle se laisse alors polir et prend bien
le vernis ou la teinture, et l’on peut même
agrémenter son aspect en y gravant au
besoin des arabesques ou autres figures,
comme le font les indigènes.
Avant d’utiliser une de ces Courges
comme récipient à liquide, il faut en enlever
les graines et la pulpe sèche, ce à quoi l’on
parvient assez facilement en pratiquant un
petit trou au sommet, qui servira de vidange,
et en s’aidant d’un fil de fer crochu. Il faut
ensuite faire subir une petite préparation à
l’intérieur ou autrement dit « l’affranchir ».
Pour cela, on fait bouillir la Gourde dans
une lessive de cendre ou de potasse faible,
puis on la rince vigoureusement et l’on y
met un peu d’eau-de-vie qu’on y laisse sé-
journer, pour que les parois s’en im-
prègnent. Dans les campagnes, dans le Midi
surtout, où du reste on peut seulement
obtenir des fruits bien lignifiés, on opère
plus simplement ; on se contente de plon-
ger les Gourdes dans une cuve de ven-
dange et on les y laisse jusqu’au pressurage ;
le fruit prend alors un bon goût de vin et
aussi une agréable couleur brune à l’exté-
rieur.
Parmi les variétés les plus curieuses, les
mieux fixées et les plus généralement cul-
tivées, nous mentionnerons :
Courge ou Gourde pèlerine (fig. 4). —
Encore nommée Courge bouteille, Gourde
de pèlerin, Cougourde, Calebasse, cette
variété est une des plus connues et des plus
généralement cultivées comme récipient à
liquide, parce que son fruit est solide, se
tient bien debout et se pend très-facilement
et solidement à une bretelle pour le trans-
porter en bandoulière.
Comme on le voit dans la figure ci-contre,
le fruit est divisé en deux parties sub-glo-
buleuses, et d’inégales grosseurs, par un
étranglement très-accentué. Son volume, et
par suite sa contenance, va depuis 1 ou
2 décilitres jusqu’à 8 et 10 litres. On en a
ainsi formé trois sous-variétés, qu’on dé-
signe, d’après leur grosseur, sous les noms
de : j^etite ou miniature, contenant 1 à
5 décilitres; ordinaire ou mogemie, conte-
Fig. 4. — Courge pèlerine très-grosse.
nant 1 à 3 litres ; très-grosse ou Calebasse,
dont la contenance va de 4 à 10 litres.
Courge plate de Corse (fig. 5). —
Chez cette variété, le fruit est rond et forte-
ment déprimé, aplati, comme le montre la
figure ci-contre. Comme la précédente,
cette Gourde s’emploie beaucoup comme
récipient à liquide, parce qu’elle mûrit
plus facilement que les suivantes sous
notre climat. Sa contenance varie aussi
depuis à peine 1 décilitre jusqu’à 1 litre 12,
et on en a formé deux sous-variétés, l’une à
petits fruits, qui servent à faire des boîtes
à bonbons, des tabatières, etc., l’autre à
gros fruits.
Courge poire a poudre (fig. 6). — Va-
riété à fruits relativement petits ou moyens.
20
LES COURGES d’ORNEMENT.
allongés, renflés vers la base, puis se rétré-
cissant graduellement en pointe jusqu’au
sommet, parfois un peu arqués, et attei-
gnant 15 à 25 centimètres de long. Ces
fruits s’emploient dans les campagnes
comme poire à poudre et autres usages,
parce qu’ils rentrent facilement dans les
poches.
Courge siphon (fig. 7). — Chez cette
variété, les fruits sont très-gros, fortement
renflés en poire dans le bas ; le col très-
long, cylindrique, de la grosseur de l’avant-
bras, et atteignant jusqu’à 1 mètre de long,
se recourbe en forme de siphon, d’où le
nom de la variété, ou bien il reste droit si
le fruit est pendant, mais il est alors né-
cessaire de le soutenir à l’aide d’un sup-
port approprié.
Courge massue (fig. 8). — Nommée
aussi Courge trompette et Courge d'Her-
cule, le fruit de cette variété est très-gros,
fortement allongé, souvent pourvu à la base
d’un renflement allongé, tandis que le col
reste droit, ou bien il se courbe en forme
de trompette. Il en existe une sous-variété
très-longue (fig. 9), dans laquelle le fruit
reste à peu près cylindrique sur toute sa
longueur, et peut atteindre jusqu’à l"" 50 ;
il est alors tantôt courbé, tantôt droit, sur-
tout quand il pend et qu’on a pris soin
d’éviter qu’il ne se déforme.
On connaît encore plusieurs variétés ou
formes de Courges bouteilles, cultivées sur-
tout dans les pays très-chauds, notamment
celle dite boulet de canon, de forme à peu
près sphérique, et que les indigènes coupent
en deux pour faire des jattes, mais ces va-
Fig. 8. — Courge massue.
riétés, de même que les précédentes à
très-gros fruits, sont excessivement va-
riables et demandent une forte somme de
chaleur pour atteindre leur complète ligni-
fication ; elles sont du reste plus curieuses
qu’utiles, et, à ce dernier point de vue, les
Courges pèlerine et plate de Corse sont
Fig. 9. — Courge massue très-longue.
les plus recommandables.
Au point de vue ornemental, les Gourdes
sont assez élégantes par leur beau feuillage,
leurs fleurs et même leurs fruits, et con-
viennent à l’ornement des treillages, des
murs, des berceaux et du tronc des vieux
arbres. Toutefois, la première des condi-
tions, sous notre climat surtout, c’est de
les planter dans un endroit très-chaud et
bien ensoleillé.
Leur culture proprement dite est celle de
DISTRIBUTION DES RÉGOxMPENSES A LA SOCIÉTÉ NATIONALE d’hORTIGULTURE. 21
la plupart des autres Cucurhitacées fri-
leuses, c’est-à-dire qu’il faut d’abord les
semer en mars-avril, sur couche, et de pré-
férence séparément dans des godets, afin
de pouvoir ensuite les transplanter à la fin
de mai sans que les jeunes plantes en
souffrent. Pour leur mise en pleine terre,
il est bon de préparer une petite couche
sourde, c’est-à-dire de faire une sorte de
fosse, de 30 centimètres environ de profon-
deur, qu’on remplit de fumier, puis qu’on
recharge de bonne terre végétale addition-
née au besoin de terreau de couches. Dans
LA DISTRIBUTION
A LA SOCIÉTÉ NATIONALE D
La Séance de la Société nationale d’horticul-
ture du 18 décembre dernier avait principale-
ment pour but la distribution de récompenses
aux nombreux lauréats de ses expositions et
des divers concours qu’elle avait organisés
dans le courant de l’année 1896.
Cette séance a été ouverte par le nouveau
président, M. Viger, qui a su charmer l’auditoire
par un discours dont nous donnons ci-
après la partie la plus importante. Après
quelques paroles de regrets au sujet de
l’absence de M. le Ministre de l’agriculture,
M. Viger, s’adressant directement aux lauréats
des expositions horticoles, s’est exprimé ainsi :
(( M. le Secrétaire général, avec sa compé-
tence habituelle, va vous lire son rapport sur
nos expositions de Roses et de Chrysanthèmes ;
je m’en voudrais de déflorer son sujet ; je
veux seulement, avant de lui donner la parole,
vous dire avec quelle fierté j’ai enregistré vos
çuccès.
« Rose et Chrysanthème, fleur d’été et fleur
d’automne, ont apporté l’une et l’autre leur
contingent d’éloges aux horticulteurs habiles
qui les avaient exposés. Certes, Messieurs, le
public élégant qui se pressait pour admirer ces
massifs aux riantes couleurs rendait justice à
vos efforts. Mais combien nos gracieuses pari-
siennes qui, comme autant de fleurs animées,
circulaient autour de vos plantes, auraient
témoigné plus d’intérêt encore à nos expo-
sants, si elles avaient pu mesurer la somme de
travail, d’ingéniosité emmagasinée dans chaque
nouvelle espèce par des générations d’hoi ticul-
teurs.
« Quels trésors de science, d’art, de patience,
n’a-t-il pas fallu mettre au jour pour arriver à
faire de la rose canine, parure de nos buissons,
les éclatants hybrides dont la forme et les
nuances ravissent les yeux.
« Quelles applications persévérantes de toutes
nos méthodes de culture n’a-t-il pas fallu ten-
ter pour faire, de l’humble plante apportée du
Japon par Pierre Blancard, ce triomphant Chry-
le Midi, on y sème même directement les
graines, comme on le fait pour les Melons.
On peut du reste laisser les tiges traîner à
terre, mais les fruits y mûrissent moins
bien que suspendus après des treillages ou
des perches. Ajoutons, pour terminer, qu’il
est facile de modifier la forme de ces fruits,
en les plaçant, alors qu’ils sont en voie de
développement, dans une forme ou moule
approprié, et aussi d’y graver des initiales
ou autres figures ou inscriptions.
S. Mottet.
DES RÉCOMPENSES
'HORTICULTURE DE FRANCE
santhème qui offrait ses fleurs si variées
d’aspect et de nuances aux yeux ravis des visi-
teurs ?
« Toutes ces plantes: Chrysanthèmes,
CEillets, Cyclamens, ces fruits, ces légumes,
ces arbustes font vivre des milliers de travail-
leurs honnêtes et robustes, amis du progrès,
qui mettent à profit toutes les nouvelles décou-
vertes de la science pour accroître et perfec-
tionner leurs moyens de production. »
Après ce discours, fréquemment applaudi, la
proclamation des récompenses a été faite par
le secrétaire général, M. Abel Chatenay.
Nous avons déjà donné les listes des récom-
penses accordées dans les expositions ; nous n’y
reviendrons pas.
Nous n’avons pas non plus à rapporter ici
les prix décernés aux horticulteurs, jardiniers
ou amateurs, dont les cultures, visitées dans le
courant de l’année par une •mmmission spé-
ciale, ont été l’objet de rapports favorables.
Nous nous bornerons aux récompenses dé-
cernées aux cultivateurs de variétés nouvelles
ou méritantes, aux auteurs d’ouvrages recom-
mandables, et aux industriels dont les appareils
ou les produits nouveaux peuvent rendre ser-
vice à l’agriculture.
Médaille d'argent : M. Henri Gorrevon, direc-
teur du Jardin alpin d’acclimatation à Genève,
pour son ouvrage : Le Jardin de VHerhoriste,
Médaille d'argent : M. Lecœur, cultivateur à
Limours, pour l’obtention d’un Haricot nouveau,
dans le genre du Haricot vert Chevrier. M. Lecœur
cultive comparativement 35 sortes de Haricots
pour en obtenir une qui soit le mieux adaptée à sa
région.
Médaille d’or : M. Gravereau, à Neauphle le
Château, pour ses cultures de Reine-Marguerite et
de Zinnias. Nous avons eu plusieurs fois l’occasion
d’entretenir les lecteurs de la Revue des mérites
de plusieurs des variétés sélectionnées par M. Gra-
vereau.
Grande médaille de vermeil : M. Gentilhomme,
à Vincennes, pour sa culture spéciale de plantes
appartenant à la famille des Ericacées. A côté des
22
LES RÉCOMPENSES A L’eXPOSITION NATIONALE SUISSE.
Bruyères, M. Gentilhomme cultive 12 espèces
à'Epacris.
Grande médaille d'argent : M. Arnoult, jardi-
nier chez veuve Truelle, à Savigny-sur-Orge,
pour obtention de Bégonias florifères nouveaux,
remarquables surtout par leur grande floribondité,
et par leur grande robusticité en plein air, en été.
Médaille d'or : M. Lemaire, 26, rue Friant, à
Paris, pour son procédé de culture en pot de Chry-
santhèmes.
Grande médaille d'argent : M. Rudolph, 74,
rue Amelot, à Paris, pour l’invention d’un tuyau
d’arrosage métallique, flexible.
Médaille d'argent : M. Dantin, 237, rue de la
Guillotière, à Lyon, pour un nouveau mastic à
greffer, qui, en séchant, en été, sur les plaies, ne
se fendille pas.
Cette fête horticole, qui avait attiré un grand
nombre de sociétaires et beaucoup de parents
ou amis des lauréats, s’est terminée par l’exé-
cution de morceaux de musique très-applaudis,
et laissera les meilleurs souvenirs à tous les
assistants.
H. Dauthenay.
LES RÉCOMPENSES A L’EXPOSITION NATIONALE SUISSE
Nous avons entretenu nos lecteurs, en 4896,
des divers concours horticoles qui se sont suc-
cédé à Genève pendant la durée de l’Exposi-
tion nationale Suisse, et raconté les succès légi-
times que les exposants ont obtenus.
Les opérations du groupe 40 (Horticulture)
ont été closes le 17 décembre, dans la séance
solennelle de la distribution des récompenses,
dont la liste officielle vient de paraître. Nous
croyons utile de citer ici les prix d’honneur et
les prix de première classe, consistant en
grandes médailles d’or et en primes en argent
atteignant jusqu’à 1,200 francs (prix Estalla).
PREMIÈRE SECTION
Culture maraîchère. — Prix d’honneur :
Association des maraîchers de Genève, pour col-
lections de légumes présentés dans les cinq con-
cours ; — M. Blanc-Girardet, à Boston (canton de
Lausanne) ; — M. Ami-Dufour, à Gologny (Ge-
nève) ; — M. A. Gauchoix (Genève) ; — M. B. Gar-
tier, au Grand-Saconnex ((Genève) ; — M. G. Mar-
got, à Morillon (Genève) ; — M. Garme, à Plainpa-
lais (Genève).
Prix de première classe : Société d’horticulture
de la Gôte (Vaud) ; — Gercle horticole de Goligny
(Genève).
DEUXIÈME SECTION
Arbres fruitiers. — Prix d’honneur :
M. Ranft, de Bâle.
Prix de première classe : École cantonale d’hor-
ticulture de Genève (M. Vaucher; directeur) ; —
MM. Ghoquens et fils, à Carouge (Genève).
Arbres et arbustes d’ornement. — Prix
d'honneur : M. O. Frœbel, de Zurich, arbres à
feuilles caduques ; — M. G. Boccard, de Genève,
collection générale; — M. Thibaud-Lyand, à Ghêne
(Genève), arbustes grimpants.
Prix de première classe : M. O. Frœbel, arbres
à rameaux pendants et à feuilles colorées; —
M. Thibaud-Lyand, arbres et arbustes à feuilles
colorées, persistantes, Houx, Gonifères.
Fruits. — Prix d'honneur : MM. Ghoquens
et fils.
Prix de première classe : M. Vaucher, direc-
teur de l’École d’horticulture de Genève.
Rosiers. — Prix d’honneur : M. Vachoux-
Marchand, à Genève, collection; — M. G. Boc-
card, Roses coupées.
Prix de première classe : M. G. Boccard, semis;
— M“® Vachoux-Duval, à Garouge, Rosiers en
pot; — M. Schopfer, à Lausanne, fleurs coupées.
TROISIÈME SECTION
Plantes nouvelles. — Prix d’honneur :
M. O. Frœbel, Anthuriums.
Plantes de serre chaude et tempérée.
— Prix d'honneur : M. O. Frœbel ; — M. F. Pit-
tet, de Lausanne; — M. E. Lance, de Genève; —
M. Vaucher, de Genève ; — M. Schopfer ; — tous
pour collections.
Prix de première classe : M. G. Bartholoiii, à
Versoix (Genève), collection; — M. Bovay, à Fron-
tenex (Genève), Bégonias; — M. E. Lance, Ma-
rantas ; — M. Vaucher, (Orchidées ; — M. Vouga,
à Saint-Aubin (Neuchâtel), Orchidées; — M. Vuil-
lemin, à Goppet (Vaud), Palmiers ; — M. John
Wolf, à Saconnex (Genève), Fougères.
Plantes de serre froide. — Prix d’hon-
neur : M. Vachoux-Marchand ; — M. Suter, aux
Eaux-Vives (Genève), collection.
Prix de première classe ; Gercle horticole de
Gologny, plantes fleuries; — M E. Muller, de
Bâle, Gyclamens ; — M. Vachoux-Marchand,
plantes de marché.
Plantes bulbeuses. — Prix d'honneur :
M. F. Pittet, collections; — M. G. Boccard,
Gannas .
Plantes vivaces rustiques. — Prix d’hon-
neur : M. Gorrevon, de Genève, collections.
QUATRIÈME SECTION
Art horticole. — Prix de première classe :
M. J. Allemand, à Genève, plans de parcs et jardins.
Nous avons dit avec quelle activité, quel
dévouement, quelle générosité, le président
du groupe 40, M. Marc Micheli, notre éminent
collaborateur, avait dirigé cette grande entre-
prise, couronnée d’un succès incontesté. Les
exposants viennent de lui témoigner leur re-
connaissance par un souvenir touchant : à l’oc-
casion de la distribution des récompenses, ils
lui ont remis solennellement un plat d’argent
ciselé, dont le motif central de décoration est
emprunté au beau Lilium sulphureum qu’il
avait exposé, et aux Iris, Calochortus, etc., qui
sont ses plantes de prédilection.
Nous applaudissons de grand cœur à cette
manifestation qui honore les donateurs et le
bénéficiaire et qui témoigne de leurs sentiments
réciproques d’estime et d’affection.
Ed. André.
SOCIÉTÉ NATIONALE d’hORTICULTURE DE FRANGE. — CORRESPONDANCE.
23
SOCIÉTÉ NATIONALE D’HORTICULTURE DE FRANCE
SÉANCE DU 10 DÉCEMBRE 1896
Floriculture.
Le principal attrait qui devait s’attacher à la
séance résidait dans la distribution des récom-
penses, Aussi, ne faut-il pas s’étonner que les
présentations aient été si peu nombreuses.
Au Comité de floriculture, M. Vallerand
avait apporté une magnifique série de Nægelia
hybrides, gains de 1895 et devant être mis au
commerce l’année prochaine. Ces nouveautés
sont dénommées :
Délices d*automne, couleur chair à gorge
saumonée.
Gerbe lumineuse^ rouge vermillon intense.
Madame J. Page^ rose carmin pointillé de
lanc.
Pygmalion, pourpre éclairé de feu ; feuille
notablement teintée de rouge brun.
Souvenir de Jules Vallerand, pourpre poin-
tillé de blanc, avec macules blanches à la
gorge de la corolle.
Un autre semis, non encore dénommé, est
cramoisi clair à gorge rouge vineux.
Ces plantes portent des panicules dressées,
remarquablement ramifiées et couvertes d’un
grand nombre de fleurs étincelantes. Ce sont
là des plantes qui, en serre chaude, y rem-
plissent le même rôle que les Pentstemon en
plein air.
Il est à remarquer aussi que ces nouveautés,
plus floribondes que celles que l’on connaissait
jusqu’ici, sont en fleurs à une époque où l’on
n’est pas habitué à les voir, et où, en serres
sont rares les plantes fleuries.
M. Vallerand avait aussi apporté des Aphe-
landra Rœzlii, charmante Acanthacée de serre
chaude, à la crête jaune et rouge, plus rouge
que celle de VA. aurantiaca, dont elle est voi-
sine, et dont les épis terminaux se ramifient
moins.
Orchidées.
Nous avons eu, plusieurs fois déjà, l’occasion
de signaler les importations de Vanda Boxalli
et de Phalænopsis amahilis, de M. Régnier ;
il nous les a montrés, cette fois encore, dans
toute leur splendeur.
M. Octave Doin présentait une belle potée
de Cymbidium Hookerianum grandiflorum,
dont la fleur est remarquable par ses beaux
sépales consistants, vieil or strié de bronze, et
son labelle au limbe fimbrié, mouvementé, et
piqueté de brun. Puis un Odontoglossum ma-
drense, plante qui fleurit très-rarement ; ne
doit-elle pas être comprise dans les Miltonia ?
MM. Duval et fils présentaient un Cypripe-
dium Charlesworthi, espèce déjà admirée au
dernier concours ; une potée formée de trois
exemplaires de C. Arthurianum, au sépale
dorsal vert et piqueté d’une multiplicité de
taches brunes, les latéraux longs, étroits et
fimbriés ; puis trois Odontoglossum hybrides,
l’un dénommé O. Ruckerianum, les deux
autres dérivant de l’O crispum.
Arboriculture fruitière.
M. Pierre Passy, de Ghambourcy, avait en-
voyé un panier de Poires Passe-Crassane et
Doyenné d’hiver. 11 y avait un bouquet de trois
fruits dans la première, et de deux fruits dans
la seconde ; chose d’autant plus remarquable
que ces fruits étaient de fort bonne grosseur et
sans apparence de rides.
Terminons par l’envoi fait par M. Enfer, à
Pontchartrain, de belles grappes de Raisins
Muscat d’Alexandrie, blanc, et Lady Downe’s-
seedling, noir ; ce dernier préférable au Rlack
Alicante, affirme-t-il.
H. Dauthenay.
CORRESPONDANCE
Erratum. — iV» 8i93 et iV“ 4002. —
Nous pensons bien que vous avez lu tous
deux la Correspondance tout entière du der-
nier numéro de la Revue, et vous avez à coup
sûr remarqué que les réponses qui vous con-
cernaient ont été interverties, celle qui s’appli-
quait au n® 3193 ayant été inscrite sous le
n» 4002, et vice-versa.
M. J. B. S. (Paris). — Notre correspon-
dant, M. Buysman, à Middelburg (Hollande)
vous répondra directement si vous lui trans-
mettez vos offres. De son côté, il nous charge
de vous offrir des spécimens de plantes sèches,
très-complets, avec analyses, des espèces sui-
vantes : Theobroma Cacao, Anacardium occi-
dentale , Cordia Geraschanthus, Spondias
dulcis, Erythroxylon Coca.
Il nous annonce également que, le 6 dé-
cembre, VUlex europæus, grâce à la douce
température, développait sa quatrième florai-
son de l’année.
M. le Cte cle B. {Rhône). — Dans la Pro-
vence littorale, les Acacia dealbata et cultri-
formis sont les espèces principalement calci-
24
CORRESPONDANCE.
fuges. Nous n’avons pas entendu dire que des
horticulteurs les aient greffées sur des sujets
calcioles,
U Acacia macradenia est une espèce décrite
par Bentham^ et appartenant à l’Australie.
C’est un bel arbrisseau, encore peu connu,
remarquable par ses très-longues feuilles en-
tières, linéaires-aiguës, courbées, et ses grappes
courtes, en zigzag, portant des glomérules
jaunes et petits. Il doit être aussi rustique que
l’A. retinodes. Nous pensons donc que vous
pouvez le cultiver là où VA. dealhata ré-
siste.
No 3304 [Gers). — Le manuel le plus pra-
tique et le plus complet que vous puissiez con-
sulter est intitulé « La Truffe », par M. Ghatin.
Vous le trouverez à la Librairie agricole. Cet
ouvrage vous renseignera exactement sur ce
que l’on doit entendre par « chênes truffiers ».
— Si vous n’avez pas déjà la brochure de
M. Mouillefert sur le même sujet, vous ferez
bien de vous la procurer aussi; elle coûte 1 fr.
à la même librairie.
No 4121 {Constantine). — La question que
vous soulevez présente un intérêt général pour
nos lecteurs, et nous donnerons prochaine-
ment satisfaction à votre demande en publiant
un article sur cet intéressant sujet.
M. B. (Maine-et-Loire). — Nous avons trans-
mis la requête à M. le Ministre de l’agriculture
et nous ferons connaître la réponse, dès qu’elle
nous parviendra.
yo 3030 (Ais/ie). — Nous voyons bien que
les fleurs de Chrysanthème dont vous nous
demandez le nom n’ont pas été cultivées pour
la grosse fleur. Elles nous paraissent appaite-
* In Mitch. Trop. Austr., 360; Paxt., Flow,
Gard.^ I, p. 57.
nir à la variété Madame Exymard Duveniaiji
sans que nous puissions l’affirmer, étant donné
l’état de dégénérescence dans lequel sont les
fleurs que vous nous avez envoyées. (11. D.).
No 3302 (Gers). — Nous ne connaissons que
deux maisons qui cultivent encore les Epacris :
M. Gentilhomme, 10, rue Fontenay, à Vin-
cennes, et M. Deshayes, rue Defrance, à Yin-
cennes (Seine). (H. D.).
V. L. Hérault. — Pour détruire la coche-
nille (Coccus adonidum), dans les serres on n’a
pas trouvé jusqu’à présent deprocédé plus sûr et
plus efficace que celui qui consiste à nettoyer les
plantes patiemment, les unes après les autres.
On se sert d’un bout de bois, à peu près gros
et long comme un porte-plume, et muni d’un
petit tampon formé d’un petit chiffon enroulé
à une extrémité. On trempe ce tampon dans de
l’eau nicotinisée au vingtième, saturée de savon
noir au dixième et on frotte. Mais vous pour-
riez essayer les pulvérisations au naphtol p,
suivantla méthode que M. L. Mangin a indiquée
dans la Revue horticole (1896, n» 6, p. 126),
et que nous résumons ici ; Faire bouillir de
l’eau dans une bassine en tôle et y faire dis-
soudre du savon noir à raison de 60 grammes
par litre ; quand la dissolution est achevée, on
ajoute petit à petit, par litre d’eau, 20 grammes
de naphtol P brut. On obtient ainsi un liquide
brun que l’on peut conserver en bouteille ; on
n’a plus alors qu’à l’étendre de dix fois son
volume d’eau, quand on veut l’employer en
pulvérisations en serre. Le naphtol p brut se
trouve à assez bas prix chez les marchands de
produits chimiques.
Assez souvent la présence de la Cochenille
dans une serre est un indice d’un défaut de
ventilation, ou d’une insuffisance d’humidité
ambiante. Une fois les Coccus bien détruits,
il y a lieu d’améliorer l’habitat des plantes à
l’un où à l’autre de ces points de vue et sou-
vent aux deux. — (H. D.)
AVIS AUX ABONNÉS. — Ceux de nos abonnés qui auraient égaré un ou plusieurs
numéros de 1896, et qui désireraient compléter leur collection, sont priés de nous adresser, le
plus tôt possible, la liste des numéros qui manquent, en ayant soin de joindre à leur
demande 0 fr. 90 pour chaque numéro.
Il nous arrive quelquefois de recevoir, sans pouvoir y satisfaire, des demandes de numéros
anciens, aujourd’hui complètement épuisés. Il serait préférable de faire, à la fin de chaque
année, le collationnement des numéros et de compléter chaque année sa collection.
Il nous reste un très-petit nombre d’exemplaires des années précédentes : chaque année,
brochée en un volume avec table des matières, coûte 20 fr.
OrlédUs. — lmp. G. Jacob, Paul Pigelet, successeur.
Le Directeur-Gérant i L. BourguiijaoD.
CHRONIQUE HORTICOLE.
25
CHRONIQUE HORTICOLE
Mérite agricole, — Une détaxe sur le transport des produits destinés aux Expositions. — Deux
Asters nouveaux. — Les fleurs teintes. — Chrysanthèmes duveteux pour toutes cultures. — Salvia
Ch. Le Couleulx. — Senecio multiflorus. — Vénénosité du Primula obconica. — Emploi des fruits
de la Bardane. — Les Peupliers paratonnerres. — Nouvelle maladie parasitaire du Haricot. —
Exposition internationale de Hambourg en 1897. — Nécrologie : M. Charles Van Geert.
Mérite agricole. — A l’occasion du
1er janvier, par décret rendu sur la propo-
sition du Ministre de l’Agriculture et par
arrêté du Ministre de l’Agriculture, en date
du 10 janvier 1897, la décoration du Mérite
agricole a été conférée aux personnes ci-
après désignées :
1® Grade d'officier.
MM.
Lefort (Édouard-Louis), secrétaire général de
la Société d’horticulture de Meaux (Seine-
et-Marne) : plusieurs récompenses et membre
du jury dans divers concours et expositions.
Chevalier du 4 mai 1889.
Martichon (Léopold-Pierre), horticulteur à
Cannes (Alpes-Maritimes). Chevalier du
13 avril 1894. Titres exceptionnels: intro-
duction sur le littoral méditerranéen d’une
quantité de plantes de la flore australienne.
Nombreux premiers prix dans les concours
et expositions ; plus de 40 ans de pratique
horticole.
Vigneau (Alfred), jardinier-horticulteur à
Montmorency (Seine-et-Oise) : secrétaire gé-
néral du cercle pratique d’arboriculture et
de viticulture de Seine-et-Oise. Nombreuses
récompenses. Chevalier du 20 février 1884.
2» Grade de chevalier.
MM.
Abonnen (Siméon), maraîcher à Hyères (Var):
plusieurs récompenses et membre du jury
dans diverses expositions régionales et dé-
partementales agricoles. Lauréat de la So-
ciété des agriculteurs de France ; 33 ans de
pratique agricole.
Baloge (Paul), instituteur primaire à Prin-
Deyrançon (Deux-Sèvres) : services impor-
tants rendus à l’enseignement agricole et
horticole. Nombreuses récompenses ; 18 ans
de services.
Belval (Victrice-Louis), jardinier à Armentières
16 Janvier 1897.
(Nord ) : président de la Société d’horticul-
ture d’Armentières. Conférences horticoles.
Plus de 60 récompenses et membre du jury
dans divers concours et expositions d’horti-
culture ; 24 ans de pratique horticole.
Brochard (Émile), ingénieur-constructeur à
Paris: inventions d’instruments horticoles.
Plusieurs fois lauréat et membre du jury au
concours général agricole et dans diverses
expositions.
Calame (Georges), horticulteur à Besançon
(Doubs) : ancien vice-président de la Société
d’horticulture du Doubs. Nombreuses récom-
penses. Plusieurs prix d’honneur; 32 ans de
pratique horticole.
Camus (Jules-Frédéric'), vice-président de la So-
ciété d’horticulture de Beauvais (Oise) : vul-
garisation des meilleures variétés d’arbres
fruitiers. Plusieurs récompenses et membre
du jury dans diverses expositions horticoles ;
plus de 30 ans de pratique horticole.
Carrier (Emile), horticulteur-fleuriste à Mont-
pellier (Hérault) ; nombreuses récompenses
dans divers concours horticoles; 17 ans de
pratique horticole.
Coindre (Jacques), horticulteur à Villefranche
(Rhône) : nombreuses récompenses, dont
plusieurs médailles d’or, dans diverses expo-
sitions d’horticulture ; 41 ans de pratique
horticole.
Colin (Edouard), propriétaire à Mantes (Seine-
et-Oise) : vice-président de la Société agri-
cole et horticole de Mantes. Nombreux ar-
ticles sur l’horticulture. Membre du jury
dans diverses expositions; plus de 60 ans de
pratique agricole.
Debay (Jean-Baptiste), horticulteur à Reims
(Marne') : nombreuses récompenses dans di-
verses expositions horticoles; plus de 40 ans
de' pratique.
Devin, chef de culture au jardin botanique
(parc Borelly') de Marseille (Bouches-du-
RhôneL
Faure (Jean) dit Mathurin, horticulteur à Li-
moges (Haute-Vienne) : nombreuses récom-
penses dans différents concours et exposi-
2
26
CHRONIQUE HORTICOLE.
lions d’horticulture; 40 ans de pratique
horticole.
Germain (Alphonse-Désiré), chef-jardinier à la
préfecture de l’Oise : création d’importantes
collections de fleurs et de plantes rares. Ré-
compenses dans les expositions horticoles ;
20 ans de pratique horticole.
Gérôme (Joseph), chef des serres au Muséum
d’histoire naturelle à Paris ; nombreux ar-
ticles dans divers revues et journaux sur les
questions horticoles. Plusieurs récompenses.
Gicquelais (Jean-Joseph), horticulteur à Dinan
(Gôtes-du-Nord) : nombreuses récompenses
dans divers concours et expositions ; 40 ans
de pratique agricole.
Guichard (Louis), horticulteur, chef de culture
(maison Perdoux), à Bergerac (Dordogne) :
services importants rendus à la viticulture de
la région par l’enseignement des meilleures
méthodes de greffage ; 20 ans de pratique
viticole.
Guillot (Claude), horticulteur à Clermont-Fer-
rand (Puy-de-Dôme) : nombreuses récom-
penses ; 40 ans de pratique horticole.
Hébrard (Laurent), ancien horticulteur à Paris :
secrétaire de la société des jardiniers-horti-
culteurs de la Seine. Membre de la Société
nationale d’horticulture de France. Lauréat
de cette société. Nombreuses récompenses
et membre du jury dans diverses exposi-
tions horticoles ; 35 ans de pratique horti-
cole.
Renry (Jean), jardinier en chef des places et
promenades de la ville de Lunéville (Meur-
the-et-Moselle) : plusieurs récompenses et
membre du jury dans divers comices et expo-
sitions d’horticulture ; 33 ans de pratique
horticole.
Legendre (Jules- Auguste), pépiniériste horti-
culteur à Neufchâteau (Vosges): membre du
comice agricole de Neufchâteau. Nombreuses
récompenses. Lauréat (médaille d’or) de la
société d’horticulture des Vosges ; 25 ans de
pratique horticole.
Lemasson (Pierre), dit Henri, architecte dépar-
temental à Limoges (Haute-Vienne) ; vice-pré-
sident de la société d’horticulture de Limoges.
Nombreuses récompenses dans diverses
expositions horticoles.
Leroux (Ferdinand), marchand grainier à
Paris : membre de la Société nationale d’hor-
ticulture. A contribué à l’amélioration des
graines maraîchères et potagères; 25 ans de
pratique horticole.
Mainguet (Louis-Marie), chef de culture à la
Gascherie, commune de la Ghapelle-sur-
Erdre (Loire-Inférieure) : membre de la So-
ciété nantaise d’horticulture. Articles appré-
ciés sur l’arboriculture, la floriculture et la
culture maraîchère. Nombreuses récom-
penses dans différents concours agricoles ;
20 ans de pratique agricole.
Panhard (Louis-François-René), horticulteur-
arboriculteur à Grignon, commune de Thiais
(Seine) : membre de la Société d’horticul-
ture de Gorbeil. Nombreuses récompenses
dans divers concours et expositions horti-
coles.
Perraud (Joseph), horticulteur à Lyon (Rhône) :
trésorier de l’Association horticole lyonnaise.
Nombreuses médailles d’or, d’argent et de
vermeil dans différentes expositions d’horti-
culture ; 26 ans de pratique horticole.
Ragot (Edme-Étienne), propriétaire à Goulom-
miers (Seine-et-Marne) : secrétaire -trésorier
du Syndicat agricole et de la Société d’hor-
ticulture de Goulommiers. Membre du jury
de diverses expositions; 20 ans de pratique
agricole.
Remy (Louis), horticulteur, greffier près le
Gonseil de guerre de Grenoble (Isère) : hor-
ticulteur distingué. Nombreuses récompenses.
Lauréat de la Société nationale d’horticulture
de France; 26 ans de services et 30 ans de
'pratique horticole.
Robert (Cyrille), horticulteur à Neuilly-sur-
Seine (Seine) : vice-président de la Société
d’horticulture de Neuilly. Plusieurs fois
lauréat de la Société nationale d’horticul-
ture de France ; 43 ans de pratique hor-
ticole.
Thouvenin (Louis-Gélestin), premier jardinier
des parcs, jardins et orangeries du palais de
Versailles (Seine-et-Oise) ; 33 ans de ser-
vices.
Tosque (Jean), horticulteur-paysagiste à Real-
mont (Tarn) : importantes créations de parcs
et jardins ; 40 ans de pratique horticole.
Trouin (Edouard-Marcel), expert agricole à
Marseille (Bouches-du-Rhône) : membre de
la Société d’agriculture et d’horticulture.
Nombreuses expertises ; 30 ans de services.
Tuleu (Jules-Adolphe), agriculteur à Montma-
gny (Seine-et-Oise) : membre de la Société
d’horticulture de Montmorency. Lauréat et
membre du jury dans diverses expositions
d’agriculture et d’horticulture ; 23 ans de
pratique agricole.
Victorien (Auguste-Léopold), jardinier chef à
Taverny (Seine-et-Oise) : vice-pi ésident de
la Société d’agriculture et d’horticulture de
l’arrondissement de Pontoise. Nombreuses
récompenses'et membre du jury dans divers
concours et expositions d’horticulture ;
27 ans de pratique horticole.
Wattiaux (Gharles), propriétaire-horticulteur à
Bucy-le-Long (Aisne) : vice-président de la
Société d’horticulture de Soissons. A pro-
pagé dans la région l’emploi des meilleures
méthodes de jardinage ; 30 ans de pratique
horticole.
CHRONIQUE HORTICOLE.
27
Une détaxe sur le transport des pro-
duits destinés aux Expositions. — Nous
appelons l’attention de nos lecteurs sur les
dispositions nouvelles que les Compagnies
de chemins de fer viennent d’introduire
dans leurs tarifs de grande et de petite
vitesse concernant les produits et objets
divers admis aux expositions d’horticulture
et de l’industrie.
Pour les plantes autres que celles qui
sont vivaces^ et pour les fleurs coupées,
envoyées aux Expositions et qui, en raison
de leur nature périssable, ne sont pas
renvoyées à leur départ, il sera remboursé
à l’expédition, sur la production du récé-
pissé et d’un certificat du président de
l’Exposition constatant que les plantes n'ont
pas été vendues, ni expédiées, 50 p. 100
de la taxe appliquée au départ. Cette remise
n’est pas applicable aux frais accessoires.
Le délai pendant lequel la détaxe pourra
être réclamée est limité à deux mois.
Cette détaxe sera bien accueillie des
horticulteurs envoyant aux expositions des
fleurs coupées ou des plantes risquant d’être
sacrifiées.
Deux Asters nouveaux. — Deux nou-
velles espèces d’Asters, intéressantes pour
l’horticulture, se trouvent parmi les com-
posées importées récemment de Chine
et dé terminées par M. A. Franchett. Il
s’agit de V Aster Yilmorini et de VA. Dela-
vayi.
Du premier, des graines furent envoyées
par le R. P. Soulié à M. Maurice de Vilmo-
rin, chez qui il a fleuri. La plante, qui
paraît aimer les couverts, est très-remar-
quable par ses grands capitules, dont le
diamètre atteint jusqu’à 7 et 8 centimètres,
et dont la couleur est d’un beau violet pur-
purin, dans le genre de VA. grandi florus.
L’Aster Delavayi est une espèce voisine
de la précédente. Mais elle s’en distingue
par une particularité qui semblera vraiment
remarquable au point de vue horticole :
c’est que le disque en est d’un brun- violet
stable, au lieu d’être jaune passant plus ou
moins au brun, comme cela se produit dans
certaines autres espèces. Cet Aster est ori-
ginaire des prairies élevées du Yunnan, où
il a été récolté par le R. P. Delavay, à une
altitude de 3,300 mètres.
La bisérialité des ligules, très-étroites, de
ces deux espèces établit, entre les Aster et
1 Journal de Botanique, 1896, no 22 ; Compo-
sitæ novæ, par M, Franchet.
les Erigeron, une transition qui a déjà été
signalée, à propos de VA. diplostephioides
notamment.
Deux autres espèces nouvelles détermi-
nées aussi par M. Franchet dans le même
travail, les A. Bietii et A. yunnanensis,
seraient aussi, d’après M. Franchet, de
bonnes acquisitions pour la culture, à cause
de la grandeur de leurs fleurs.
Les fleurs teintes. — La mode varie sans
cesse. Des Lilas teints en diverses nuances
artificielles on est passé, cette année, aux
Narcisses. Le Narcisse à bouquets, du midi
de la France [Narcissus Tazetta, L.), se vend
depuis le commencement de l’hiver, en fleurs
teintées d’un rose vif et charmant. La
nuance est très-franche; le prix ne diffère
pas beaucoup des Narcisses à fleurs blan-
ches. Rien ne sent l’artificiel dans cette
teinture bien réussie.
On sait que cette coloration artificielle
s’obtient en trempant les hampes florales
dans un liquide coloré, dont l’ascension
dans les organes de la fleur se fait par capil-
larité.
En octobre dernier, on vendait à Londres
les capitules mauves d’une Composée, pro-
bablement d’Achillea Ptarmica, également
teints et servant d’ornement des bouton-
nières pour les élégants gentlemen.
Chrysanthèmes duveteux pour toutes
cultures. — Dans le Garden du 26 décem-
bre 1896, M. C. Harman-Payne, en termi-
nant une note sur les Chrysanthèmes duve-
teux, a dressé la liste suivante des variétés
de ce groupe, auxquelles on peut appliquer
la culture en plantes ramifiées et florifères,
aussi bien que la culture à la grosse fleur :
Madame Sckareck, rouge pâle nuancé de
jaune au centre.
Mademoiselle Henriette Berloz, rouge
soyeux.
Ahhé Pierre Arthur, bronze brillant.
Beauté Lyonnaise, cramoisi sombre à cœur
jaune d’or.
Duvet blanc, blanc pur.
Souvenir de Nicolas Belisse, ocre brillant
nuancé de bronze doré, à revers or.
Gloire Lyonnaise, rose.
Madame J. Chauré, carmin foncé à revers
or.
Piquemal de Rozeville, cramoisi sombre
pointé or, revers bronze.
Belle des Gordes , rose pâle teinté de
jaune.
Fleur Lyonnaise, rose carminé à revers
or.
28
CHRONIQUE HORTICOLE.
Mistress Leslie A. Ward, cannelle ou cha-
mois à revers jaune d’or vif.
Proviseur Poirier, carmin foncé pointé or,
à revers vieil or.
Souvenir de Molines, bronze doré rayé de
rouge^carmin.
Madame Ferlât, blanc nuancé de rose.
Amarante, amarante à revers argentés.
Hairy White, blanc nuancé de jaune pâle.
Madame X. Rey-Jouvin, rose foncé.
Acajou, cramoisi marron à revers bronze
doré.
Raphaël Collin, bronze doré à revers jaune
brillant.
Rachais, bronze rougeâtre à revers jaune
d’or très-vif.
Maurice Boizard, jaune d’or pur.
Léocadie Gentil, jaune clair brillant.
Frère Jovinus, vieux bronze doré.
Dragon, cramoisi et or, sorte à'Edwin Mo-
lyneux duveteux.
Parmi ces variétés, assez nombreuses
comme on le voit, deux ont été inscrites
dans les plus belles duveteuses par la sec-
tion des Chrysanthèmes de la Société natio-
nale d’Horticulture de France ; ce sont :
Dragon et Gloire Lyonnaise', celle-ci a
été très-remarquée à l’Exposition de Bourges.
La variété Léocadie Gentil a été primée
par le Congrès de Bourges. Enfin, Madame
J. Chauré, Belle des Gordes, Madame X.
Rey-Jouvin et Frère Jovinus ont été par-
ticulièrement admirées à Paris.
Salvia Ch. Le Couteulx. — On sait que
le Salvia splendens et sa variété Ingé-
nieur Clavenad ont donné, à de nom-
breuses reprises et par semis, plusieurs
formes dont deux ou trois seulement ont
été fixées. Mais, parmi elles, il ne s’y trou-
vait pas encore de variété aux bractées
agglomérées et dont le port soit en même
temps franchement compact. M. Le Cou-
teulx, horticulteur à Igny (Seine-et-Oise) a
enfin résolu ce problème, auquel il s’était
attaché depuis 1893. A cette époque, un
pied présentant les caractères cherchés fut
marqué dans un semis de Salvia Ingénieur
Clavenad ; les graines récoltées sur ce pied
furent semées en 1894. L’épuration continua
depuis lors chaque année, et nous avons pu
voir dernièrement chez l’obtenteur un lot
de 75 pieds formant un ensemble bien ré-
gulier et caractérisé. C’est sur ce lot que
.seront récoltées les graines qui reproduiront
une fois de plus, en 1897, le Salvia Ch. Le
Couteulx, indépendamment dés boutures
qui en seront faites.
Ajoutons que l’épi se dénude moins à la
défloraison que celui à! Ingénieur Clavenad
et qu’il est beaucoup plus précoce que ce
dernier.
Senecio multiflorus. — Le Gardeners'
Ùhronicle a récemment consacré un long
article accompagné de plusieurs figures
à l’étude de cette plante intéressante en
elle-même d’abord, puis par les croisements
auxquels elle peut donner lieu et ensuite en
ce qu’elle pourrait bien être un des types
primitifs des Cinéraires hybrides de nos
jardins. La plante est connue depuis long-
temps et a été déjà décrite sous les noms de
Doronicum Wehhii,Sc\ui\t. Bip.; {D. Bour-
gæi, Schult. Bip. {Bot. Mag., tab. 4994) ;
Senecio Wehhii, Christ).
C’est une grande et forte plante vivace,
dont la tige, courte et épaisse à la première
année, s’allonge et atteint jusqu’à 2 mètres
à la deuxième, portant, inférieurement sur-
tout, des feuilles à long pétiole élargi à la
base et à limbe présentant quelques lo-
bules latéraux, tandis que le terminal est
ample, profondément cordiforme, aigu et
à bords sinués-denticulés ; la face supé-
rieure est glabre, mais l’inférieure est cou-
verte d’un duvet grisâtre et aranéeux. L’in-
florescence est un grand corymbe terminal
ramifié, arrondi supérieurement, formé de
capitules pédicellés, à fleurons ligulés,
rayonnants, nombreux, lilas vif, avec le
disque plus foncé.
Telle qu’elle vient d’être importée des
Canaries, en raison de sa haute stature,
la plante pourrait avantageusement concou-
rir à l’ornementation hivernale des serres
froides et des grands jardins d’hiver, mais
il sera fort intéressant de l’améliorer, de la
suivre et de voir jusqu’à quel point elle se
rapprochera de nos Cinéraires hybrides.
Vénénosité du Primula obconica. —
Nous avons parlé à plusieurs reprises ^ des
observations faites de divers côtés au sujet
de la vénénosité du Primula obconica ;
nous avons reçu d’autres renseignements
sur le même sujet, parmi lesquels nous ci-
terons les observations très-précices de
M. Tissot et de M. Léon Mail. M. A. Tissot,
de Voreppe (Isère), nous écrit :
« Tout l’hiver dernier, j’ai eu sur mes fenê-
tres, à Nice, une quarantaine de ])ieds de Pri-
mevères, dont j’enlevais de temps en temps les
feuilles et les fleurs fanées. Chaque fois, j’ai
1 1896, part. I, p. 460, fig. 67, 69.
~ Voir Revue horticole, 1896, p. 316, 319 et 366.
CIIllüNIQUE HORTICOLE.
20
ressenli, quelques heures après celte opération,
surtout aux mains, des démangeaisons assez
fortes, mais qui n’avaient rien de douloureux,
et cessaient d’elles-mêmes deux ou trois jours
après. »
Les observations de M. Léon Mail, horti-
culteur à Fécamp, sont d’une précision qui
ne laisse rien à désirer : nous publions sa
lettre in extenso :
Les articles que la Revue horticole a pu-
bliés sur la vénénosité des Primula ohconica
nous ont enfin donné le mot d’une éniyme
que jusqu’à présent nous n’avions pu déchif-
frer.
Depuis longtemps déjà ma femme éprouvait
des démangeaisons intoléraliles aux mains et à
la figure, et nous ne pouvions savoir à quelle
cause les attribuer.
La lecture de l’article de M. S. Mottet nous a
donné l’éveil et fait penser que ce pouvait bien
être le Primula ohconica, « ce pelé, ce galeux
d’où venait tout le mal », car ma femme a
journellement cette plante dans les mains
pour la vente au détail du magasin.
Chose à remarquer, c’est toujours la main
droite, avec laquelle elle épluche les Heurs ou
les feuilles, qui est la plus atteinte.
Voulant savoir à quoi nous en tenir à ce
sujet, nous avons pris une feuille bien saine
que nous avons appliquée, à plusieurs reprises,
sur une partie de l’avant-bras qui était in-
demne, et au bout de cinq minutes, ma femme
ressentit des démangeaisons insuppor tables qui
donnèrent lieu comme toujours à une inflam-
mation assez semblable à celle (jue produit la
piqûre de l’Ortie.
Nous pensons maintenant être fondés à
croire que le Primula ohconica est bel et
bien vénéneux, d’une façon bénigne il est vrai,
mais cependant assez fâcheuse pour nécessiter
d’y faire attention lorsqu’on manipule cette
plante. Léon Mail,
Horticulteur à Fécamp.
La question nous semble aujourd’hui ré-
solue : il ne faut toucher aux Primula ob-
conica qu’avec les précautions qu’on ap-
porterait à la manipulation des Orties, sous
peine d’éprouver des démangeaisons, sinon
dangereuses, du moins insupportables.
Emploi des fruits de la Bardane. —
Cette plante {Arctium Lappa, Linn.), qui
pousse communément dans les lieux in-
cultes, produit, comme beaucoup de per-
sonnes l’ont sans doute remarqué, des
fruits globuleux, gros comme une bille,
tout hérissés d’épines crochues au sommet
et qui s’accrochent très-facilement aux
vêtements et au poil des animaux qui les
frôlent.
On a signalé un nouvel emploi de ces fruits
qui nous parait judicieux et qui peut par-
faitement être mis en pratique chez nous.
On fabrique, paraît-il, depuis très-peu de
temps en Angleterre, des Heurs de Pavot
en papier chiffonné, à la base desquelles
on fixe un fruit de Bardane, afin qu’elles
s’accrochent aux vêtements des personnes
sur lesquelles on les lance.
Il y a là une idée ingénieuse que nos com-
merçants pourraient mettre à prolit et déve-
lopper de ditlérentes manières ; ces fleurs
accrochantes auraient certainement du
succès dans les bals de société, les cotillons
et surtout les batailles de Heurs. Peut être
même nos fleuristes trouveraient-ils moyen
de fixer des fleurs fraîches sur ces fruits de
Bardane, et permettraient à celles-ci d’orner
ceux qui ont gaiement servi de cible, au
lieu d’être misérablement foulées à terre.
Bappelons à ceux que ces indications
pourraient intéresser, que l’on peut facile-
ment se procurer en août-septembre des
fruits de Bardane dans nos campagnes, la
plante étant commune et très-forle et en
produisant une grande quantité.
Les Peupliers paratonnerres. — La
Revue de V Horticulture belge et étran-
gère s’est occupée de diverses statistiques qui
avaient pour Init de savoir quelles sont les es-
sences le plus fréquemment attaquées par la
foudre. On devine que les espèces les plus
verticales et les plus élancées doivent être le
plus souvent touchées. Ainsi, dans le gou-
vernement de Moscou, sur 597 arbres frap-
pés, 302 sont des Peupliers fastigiés. Cepen-
dant, près de Gand, parmi des Chênes et
des Sapins pourtant plus élevés, le fluide
aurait accordé sa préférence à un Peuplier
du Canada.
Cette observation nous remet en mémoire
ce fait : Le tonnerre, tombant sur l’un des
Peupliers qui formaient rideau sur un côté
d’une ferme, attiré ensuite par l’eau d’une
mare placée au delà de la ferme, dut
passer par des batiments auxquels il mit le
feu.
On sait que l’eau est un des meilleurs
conducteurs de l’électricité. La meilleure
disposition consisterait donc, si l’on a de
grands arbres à planter près des construc-
tions, à s’arranger, quand il existe une
mare, une source, ou un abreuvoir à proxi-
mité, de façon que les arbres se trouvent,
par l’eau, séparés des constructions. Ainsi
placés, les Peupliers, entre autres, feraient
otfice de véritables paratonnerres.
30
CHRONIQUE HORTICOLE.
Nouvelle maladie parasitaire du Hari-
cot.— Il s’agit de l’Anthracnose ; \eColleto-
trichum Lindemuthianum, qui nous vient
d’Amérique, a été ol3servé en 1875 en Alle-
magne et signalé en 1896 en Belgique, dans
les environs de Düffel où des champs entiers
ont été dévastés. M. E. Marchai, dans son
rapport sur les travaux de laboratoire de
l’Institut de Gemhloux, a indiqué les phases
du développement de la maladie.
La propagation du Champignon a lieu
d’une année à l’autre par les graines conta-
minées. Après la germination, le mycélium
se développe dans les plantules, dont un
certain nombre peuvent alors périr. Lors-
qu’elles résistent, elles se développent,
mais chétivement. Il apparaît alors sur les
tiges et sur les feuilles, puis, consécutive-
ment, sur les gousses, des taches d’abord
peu colorées, mais devenant brunâtres,
puis s’entourant bientôt d’un cercle plus
foncé. L’infection des gousses se transmet
enlin aux graines, sans que cela les em-
pèclie d’arriver à maturité. Des pieds atta-
qués plus tardivement peuvent avoir con-
servé leur feuillage indemne, mais pré-
senter cependant leurs fruits malades.
Aussi, M. Marchai recommande-t-il de
plonger les semences pendant une heure
dans l’eau céleste (eau saturée de carbo-
nate de cuivre ammoniacal). Sur les plantes,
le traitement indiqué est l’emploi de la
bouillie bordelaise.
A cet égard, nous croyons bon de signa-
ler la préparation suivante :
Dissouch e 2 kilos de sulfate de cuivre dans
uii récipient spacieux et évasé, avec un volume
d’eau bouillante en rapport avec la quantité
de matière solide à dissoudre. Après refroidis-
sement, y verser avec précaution 3 kilos de
cristaux de soude du commerce (carbonate
de soude). Après le fort dégagement d’acide
carbonique qui s’opère alors, ajouter un
demi-litre d’ammoniaque liquide à 24" Baumé.
Compléter le volume à 100 litres d’eau.
Cette préparation donne d’excellents
résultats contre les maladies de la Pomme
de terre et de la Tomate, et contre le
Mildiou. Elle a, sur la bouillie bordelaise,
l’avantage de ne pas tacher les plantes, et
de rendre plus efficace l’action de l’oxhy-
drate et de l’ammoniure de cuivre.
Peut-être cette môme composition pour-
rait-elle servir aussi au traitement des se-
mences, à l’instar de l’eau céleste, dont elle
diffère peu, du reste. Il y aurait lieu, sans
doute, d’augmenter le volume d’eau d’une
quantité qui reste à déterminer.
Exposition internationale à Hambourg
en 1897. — La ville de Hambourg verra
s’ouvrir le l®** mai 1897 son Exposition
internationale d’Horticulture, dont les portes
fermeront le 30 septembre suivant.
Sur la demande du Consul général de
France à LIambourg, la Société nationale
d’Horticulture de France a constitué dans
son sein un Comité qui servira d’intermé-
diaire entre le Comité organisateur de l’Ex-
position et les horticulteurs et amateurs
français qui voudront exposer.
L’Exposition se divisera en ;
1° Exposition permanente de plein air,
pour laquelle la date extrême des admissions,
fixée au janvier 1897, est déjà dépassée ;
2® Exposition de printemps^ pour laquelle
les demandes d’admission seront reçues jus-
qu’au ici- mars 1897. Elle aura lieu du 1er au
7 mai 1897 ;
3o Expositions spéciales de plantes, fleurs
coupées et légumes, du 30 mai au 3 juin 1897;
de plantes, fleurs coupées et arbustes en tiges
coupées du 2 au 3 juillet 1897 ; de plantes,
fleurs coupées et fruits, du 30 juillet au 3 août
1897. Pour ces expositions spéciales, le terme
de rigueur de la réception des demandes est
fixé à 15 jours avant leur ouverture ;
4° Exposition générale d’automne^ du 27
août au 5 septembre 1897, pour laquelle les
demandes d’admission doivent parvenir avant
le 3 août 1897 ;
5o Exposition générale de fruits, du 17 au
30 septembre 1897, pour laquelle les admis-
sions auront lieu jusqu’au 1er septembre 1897.
Toutes les demandes d’admission de pro-
grammes et renseignements divers, peuvent
être adressées au Comité, 84, rue de Gre-
nelle, Paris, qui y répondra dans le plus
bref délai possible.
Les démarches nécessaires seront faites
auprès des Compagnies de chemins de fer
pour obtenir des réductions de tarifs, et
l’on peut annoncer, dès à présent, que
MM. Worms et Ci®, armateurs au Havre et à
Bordeaux, se chargent de transporter de ces
deux ports les plantes ou objets destinés
à être exposés, et du retour de ces objets.
Nécrologie : M. Charles Y an Geert. —
Un des horticulteurs les plus justement
estimés de la Belgique et dont les relations
internationales étaient considérables , M.
Charles Van Geert, horticulteur à Anvers,
vient de mourir à l’âge de 80 ans. Sa mé-
moire, comme devoir professionnel et
comme vertus privées et publiques, reste
honorée de tous ses confrères et amis.
Éd. André.
HETEROCENTRON ROSEUM.
31
HETEROCEINTRON ROSEUM
Il existe un certain nombre de plantes
d’introduction déjà ancienne qu’on ne trouve
pour ainsi dire plus dans les cultures ac-
tuelles. Tel est par exemple V Heterocentron
roseum (ou Heeria rosea) delà famille des
Mélastomacées, introduit du Mexique en
Europe dès le commencement de ce siècle.
En voici la description :
Plante sutîrutescente. Hauteur 30 centimètres
et plus. Fleurs roses, de près de deux centi-
mètres et demi de diamètre, en panicule termi-
nale, rameuse, étalée, composée de nombreuses
ramifications formant chacune un corymbe
multiflore ; pétales quatre, étalés, rhomboïdes-
orbiculaires, légèrement concaves et courte-
ment onguiculés. Feuilles opposées, légèrement
scabres en dessus, elliptiques, obtuses, entières,
penniveinées, rétrécies à la base en pétiole
assez long. Automne et commencement de
l’hiver.
La culture de V Heterocentron n’offre pas
de difficulté, quoique cependant nous ayons
été plusieurs saisons avant de la réussir. Il
y avait sans doute un détail important qui
nous avait échappé.
En février-mars, on taille les vieux pieds
à environ 5 centimètres de hauteur, puis on
les met sur une couche tiède. Au bout de
très-peu de temps, des pousses nouvelles
et vigoureuses commencent à sortir; dès
qu’elles ont de 5 à 6 centimètres de long,
on en fait des boutures qu’on insère dans
des godets de 6 centimètres remplis de terre
de bruyère, puis on les met sur couche
tiède. La reprise se fait vite et facilement ;
dès que les jeunes boutures sont bien enra-
cinées, on les rempote en godets de 10 cen-
timètres, toujours en terre de bruyère et sur
couche tiède. On donne de l’air autant que
possible et on ne les ombre jamais.
Vers le 15 mai, dernier rempotage, en
pots del6 à 17 centimètres, en mettant deux
plantes par pot. Comme compost, on fera
un mélange de moitié terreau de feuilles et
moitié terre de bruyère. Pour obtenir de
belles potées, on peut en mettre plusieurs
pieds, trois, cinq ou même plus dans des
terrines. On aura ainsi de vraies touffes.
Ces plantes sont encore une fois remises
sur couche tiède, mais alors dehors et en
plein soleil. La réussite tient surtout au
plein air et au soleil; quand on les cultive
en serre et ombrées, on n’obtient pas une
floraison parfaite.
Bès que les racines atteindront les parois
des pots, il faudra donner de copieux arro-
sages, mais il faut bien se rappeler que
l’humidité stagnante leur est absolument
contraire et les fait mourir. Pour éviter cet
inconvénient, on fait sous chaque pot un
trou de 15 centimètres de profondeur avec
un plantoir, ou encore mieux on place un
godet vide sur lequel on met le pot à' Hete-
rocentron. C’est un moyen facile d’assurer
l’écoulement d’eau d’arrosage, d’autant plus
que godet et pot sont tous les deux enterrés.
Deux ou trois arrosages avec un peu de suie
ajoutée à l’eau suffisent à leur donner une
bonne végétation.
Vers la mi-septembre, plus tard même,
on les rentre en serre froide bien aérée ; il
ne faut pas les rentrer trop tôt en saison de
façon à ce que les rameaux prêts à s’épanouir
acquièrent cette belle couleur rose foncé
qui est si recherchée. On peut du reste faire
la rentrée en plusieurs fournées espacées de
façon à ce que la floraison de toutes les
plantes n’ait pas lieu au même moment.
Vers novembre, quand les fleurs com-
mencent à se faner, on cesse graduellement
les arrosages pour arriver à les supprimer
totalement. Les soins à leur donner ensuite
sont presque nuis ; il faut les mettre en serre
tempérée, même sous un gradin, les laisser
reposer, c’est-à-dire les tenir à l’état sec,
les visiter de temps en temps pour être sûr
que la pourriture ne s’y met pas ; on ne
devra les rabattre qu’au moment de la mise
en végétation.
H Heterocentron roseum est une plante
qui mérite d’être cultivée bien plus qu’elle
ne l’est, car on ne la voit que très-rarement.
Rien n’est plus gracieux et léger quand elle
est bien fleurie, et sa vue donne aux serres
où on la met un cachet tout particulier par
la couleur non seulement de ses fleurs d’un
beau rose foncé, mais aussi par son feuillage
légèrement coloré. Ses grands rameaux
coupés sont très précieux dans la confec-
tion des bouquets ou garnitures d’appar-
tements.
Ernest Bergman.
LE PARC ET LES SERRES DE M. L. FOURNIER, A MARSEILLE.
LE PARC ET LES SERRES DE M. L. FOURNIER, A MARSEILLE
La ville de Marseille est entourée d’une
ceinture de collines de l’aspect le plus pitto-
resque et le plus riant, grâce aux eaux de
la Durance canalisée qui fertilise des cam-
pagnes autrefois desséchées et portant de
maigres cultures.
Lorsque le travail de l’homme s’ajoute à
celui de la nature dans les endroits où la
végétation spontanée a déjà meublé ces
(( montagnettes » calcaires et blanches de
Pins d’Alep, de Chênes yeuses et d’un
sous-bois d’arbustes à feuilles persistantes,
les effets produits peuvent revêtir un intérêt
paysager de premier ordre. Ces taillis sau-
vages, ce n’est plus la flore frutescente et
sylvaine de nos régions du Centre et du
P’ig. 10. — Parc de la Rosière, à Marseille. (Vue transversale du lac, cascade et moulin.)
Nord qui les constitue, c’est une population
végétale particulière : Arbousiers, Lauriers-
Tins, Filarias, Lentisques, Chênes au Ker-
mès, Cistes, Genêts d’Espagne, Myrtes,
Calycotomes, Pourpiers de mer. Cytises ve-
lus, Coronilles, dont le premier mérite est
de conserver une verdure perpétuelle.
C’est dans un site de ce genre que
M. Louis Fournier, l’amateur passionné
d’horticulture, l’orchidophile à qui la Revue
horticole a dù plusieurs fois d’intéressantes
communications, a ilessiné ses jardins et
érigé ses serres. Le parc est séparé par la
route publique en deux parties. Celle du
bas, nommée « La Cavalière », où se
trouvent l’habitation du propriétaire et les
serres, occupe une superficie de 5 hectares
et a reçu des plantations successives qui en
rendent la visite des plus instructives. A la
végétation de fond, habituelle aux jardins
des environs de Marseille, de précieuses
collections de Conifères, de Camellias, de
Palmiers sont venues s’ajouter. Je citerai,
parmi les résineux, des Ahies Aleoquiana,
cephalonica, amabUis, grandis, Morinda,
orioitaiis, poiila, Pinsapo, )ii(niidiea de
33
LE PARC ET LES SERRES DE M
taille peu commune, dont plusieurs attei-
gnent de 10 à 18 mètres de hauteur; des
Thuya gigantea (Lohbii) gigantesques;
des Libocedrus decurrens, Cujpressus lusi-
taiiica, Cedrus atlantica glauca, C. Deo-
dara, Taxodium distichum et T. semper-
virons, tous énormes ; Wellingtonia gigan-
tea et sa vdiVièié inverta, etc.
Les Palmiers, à eux seuls, y constituent
une véritable curiosité. On n’y trouve guère
pour résister aux hivers, que le Chamæ-
rops {Trachycarpus) excelsa, mais rien
. L. FOURNIER, A MARSEILLE.
n’est plus remarqual)le que de constater la
demi-rusticité des espèces qui résistent un
peu plus loin, sur la Côte d’azur, et qui s’en
tirent à merveille avec un peu d’abri hiver-
nal et quelques feuilles brûlées qui se re-
font assez vite : Phœnix canariensis, Co-
cos australis, Jubæa spectabilis, Thrinax
CJmco, Erythea palmata, Chamærops
humilis, etc.
La partie supérieure de la propriété, ou
pour parler plus juste le second parc, prend
le nom de « La Rosière » et mesure 11 hec-
Fig. 11. — Parc de la Rosière, à Marseille. (Vue longitudinale du lac et de la tour.)
tares. Ce parc a un caractère plus sauvage,
plus forestier, le dessin en est simple et le
bois naturel a été conservé avec soin dans de
nombreux endroits où croissent les arbustes
spontanés dont je donnais plus haut la liste
sommaire. Gela n’empêche pas que de su-
perbes exemplaires d’arbres exotiques s’y
rencontrent et constituent de très-belles
scènes de jardins. D’énormes Tulipiers se
couvrent de fleurs et de fruits ; les Tilleuls
argentés y deviennent énormes. Les Ca-
talpas, Paulownias, Platanes, Chênes verts,
Pinus excelsa de l’Himalaya, Juniperus
drupacea, Torreya myristica, atteignent
des dimensions peu communes, tandis que
des Pins d’Alep géants forment un arrière-
plan vert cendré, léger, vaporeux, qui prête
au paysage un attrait particulier.
Une des plus belles choses de ce parc
est le massif de grands Magnoliers {Ma-
gnolia grandifïora), presque aussi larges
que hauts, qui sont au nombre de 25 et at-
teignent 15 mètres de hauteur, se couvrant
de milliers de grandes fleurs blanches pen-
dant toute la belle saison.
On a dit que les scènes paysagères artifi-
:u
CULTURE DES LAGHENALIA.
cielles étaient rarement réussies dans le
Midi, au moins celles d’où l’élément subtro-
pical est proscrit. Rien n’est moins exact, et
le parc de la Rosière en fournit la preuve.
Il suffira à nos lecteurs de jeter les yeux sur
les deux gravures ci-jointes, fidèles repro-
ductions de photograhies prises sur place.
La première représente une vue trans-
versale du lac avec un fond de verdure cons-
titué par des résineux sur lesquels se déta-
chent des ornements bien choisis et très-
pittoresques : moulins, cascades, oiseaux
d’eau, rochers et plantes aquatiques
(fig. 10).
La deuxième vue est prise dans le sens
de la longueur de la même pièce d’eau, et
l’aspect en est tout différent, avec ses arbres
aux épais feuillages, ses percées habilement
ménagées, et la tour-minaret d’ou la vue
est si belle sur la région d’alentour (fig. 11).
Or, le point capital à faire ressortir dans
ces deux vues, est qu’elles donnent l’illusion
de grandes scènes naturelles, tandis qu’en
réalité elles représentent une pièce d’eau
d’environ un hectare de superficie, entiè-
rement bétonnée, et alimentée par les
conduites du canal de la Durance. On
voit qu’avec un peu d’art, il est possible de
faire illusion dans la création des jardins.
Il me resterait à parler d’un département
spécial de cette belle résidence, celui des
serres. Mais il faudrait, ou bien écourter
une description qui vaut la peine d’une
CULTURE DE!
Les Lachenalia sont les Jacinthes du
Gap et des régions tempérées du sud de
l’Afrique. Trop frileux pour résister sans
ahris aux froids du nord et du centre de la
France, ils se montrent plus résistants dans
la région de l’Oranger où un certain nom-
bre d’espèces se sont presque naturalisées.
Ce sont des plantes bulbeuses apparte-
nant à la famille des Liliacées, donnant
sur des épis lâches ou des grappes pédi-
cellées des fleurs dont les teintes sont extrê-
mement variables. Les unes sont d’un blanc
pur, d’autres sont orangées, pourprées,
roses, jaunes, etc. ; ces couleurs se trouvent
réunies dans d’autres espèces. Une des
plus belles espèces, le L. tricolor, a des
fleurs jaunes, vertes et orangées.
Il ne faut pas attendre à l’automne pour
mettre les Lachenalia en végétation ; c’est
pendant le courant du mois d’août qu’on
doit les empoter dans un mélange de terre
franche, sable et terreau de feuilles bien
étude spéciale à traiter ultérieurement, ou
bien allonger cette note qui a surtout
pour objet de donner une idée rapide de
l’ensemble de la propriété. Qu’il suffise de
savoir que ces serres sont au nombre de
douze, qu’elles couvrent une superficie de
1600 mètres, et que seules les serres à Or-
chidées occupent une surface de 750 mètres
carrés. Trois de ces serres, de 7 mètres de
large, divisées en parties chaudes et en
parties tempérées, renferment la collection
extrêmement nombreuse et choisie, tandis
qu’une quatrième, plus basse, contient les
Phalænopsis et les nombreux semis de
M. Maron, jardinier chef chargé des Orchi-
dées, dont le nombre dépasse aujourd’hui
six mille plantes.
Le jardin d’hiver couvre à lui seul 340
mètres carrés ; il est planté de raretés nom-
breuses, en très-forts exemplaires.
Toutes les plantes de serre, à tleur ou à
feuillage d’ornement, les Fougères mêmes
auxquelles il faut ici éviter le soleil par des
vitrages verts, les Régonias, les Cyclamens
sont recherchés par M. Fournier, dont
l’éclectisme horticole, tout en donnant le
pas aux Orchidées, ne proscrit aucun genre
de beaux végétaux. C’est vraiment dans cette
manière large qu’il faut comprendre l’a-
mour des plantes et nous souhaitons que
de nombreux prosélytes suivent cet exemple
au grand profit de l’horticulture et de l’art
des jardins. Ed. André.
LACHENALIA
consommé. Les pots doivent être bien drai-
nés, car les bulbes craignent l’humidité
encore plus que le froid. Les pots seront
tenus légèrement humides jusqu’à l’appari-
tion des pousses; les arrosages seront ensuite
augmentés. A l’automne, sous le climat de
Paris, il faudra rentrer les Lachenalia en
serre froide ou sous châssis froid. On
pourra, si on le préfère, les planter en
pleine terre contre un mur au midi, mais il
faudra toujours les abriter contre le froid et
l’humidité excessifs.
Qu’ils soient cultivés en pleine terre ou
en pots, tenus sous châssis ou en serre, il
faudra les aérer toutes les fois que le temps
le permettra. Au moment où apparaissent
les épis de fleurs, on pourra leur donner un
peu d’engrais de bouse de vache très-dilué.
La floraison a généralement lieu au prin-
temps ; toutefois d’autres espèces, en géné-
ral, fleurissent à diverses époques de l’année.
Les Lachenalia comptent parmi les plus
PHYSALIS FRANCHETI.
35
jolies petites plantes hiilbeuses pour l’orne-
ment des serres froides. Certaines espèces
sont fort rares, mais une des meilleures, le
L. tricolor, est très-répandu, et ajuste titre
le plus cultivé. Les L. aurea (variété du
L. tricolor), L. pendilla et sa vRYiéié aure-
liana, L, Nelsoni, sont aussi fort beaux,
surtout les deux derniers, et dignes d’être
cultivés en grand, dès qu’ils deviendront
plus abondants qu’ils ne le sont encore.
Le forçage des Lachenalia n’est guère
recommandable, car il faut qu’il soit très-
modéré ; on ne peut du reste songer à le
pratiquer que lorsqu’on possède un grand
nombre de potées et dans le but d’avancer
la floraison de quelques-unes. On obtient
en outre des plantes bien plus trapues et
des fleurs plus vivement colorées en les lais-
sant naturellement fleurir dans un endroit
froid qu’en les exposant à l’influence dessé-
chante d’une chaleur artificielle.
Lorsque la floraison commence, on trans-
porte les plantes dans l’endroit qu’elles
doivent orner ; on les y dispose de préfé-
rence par touffes composées de plusieurs
pots ; on obtient ainsi un bien plus liel
effet que lorsqu’on les isole. Chaque bulbe
de force suffisante produit de un à quatre
épis de fleurs, et celles-ci se conservent en ex-
cellente condition pendant près de deux mois,
si elles sont placées dans une serre froide.
Dès la fin de la floraison on doit diminuer
les arrosements; lorsque les feuilles sont
sèches, les bulbes sont déplantés, laissés sur
le sol pendant quelques jours pour leur per-
mettre de se ressuyer et de mûrir complète-
ment. Puis on les tiendra dans du sable fin et
sec, pendant la période de repos jusqu’au mo-
ment convenable pour la mise en végétation.
Les Lachenalia se multiplient de graines
ou de bubilles ; les bubilles de certaines es-
pèces se développent assez rapidement pour
fleurir la première année.
Si l’on observe soigneusement les points
les plus essentiels de leur culture que nous
venons de signaler, il sera facile d’obtenir
d’excellents résultats.
Henri Theulier fils.
PHYSALIS FRANCHETI
La Revue horticole a déjà signalé à ses
lecteurs la plante qui fait le sujet de cette
note, et son type
botanique, le Phy-
salis Alkekengi,
qui est spontané en
France, et bien
connu dans cer-
taines régions, où
il devient parfois,
dans les Vignes
surtout, une herbe
envahissante.
On désigne notre
Physalis indigène
sous divers noms
vulgaires et sou-
vent sous ceux de
Coqueret, Alké-
kenge , Cerise en
chemise. Amour
en cage, etc. Ces
dernières désigna-
tions font allusion
au fruit, une petite
baie rouge et co-
mestible, complè-
tement enfermée et
cachée dans le calice qui s’est considéra-
blement accru et qui acquiert à la ma-
turité l’aspect d’un petit ballon d’un rouge
orangé vif. Ces fruits et leur enveloppe ne
se colorent qu’à la
fin de la végétation,
en septembre, et se
conservent long-
temps intacts sur
la plante, après la
chute des feuilles
et mieux encore
en appartements,
où l’on utilise
fréquemment les
branches chargées
de leurs fruits pour
orner les vases et
autres potiches
d’ornement.
Les baies du
Physalis Alke-
kengi ont un goût
acidulé, agréable,
que certaines per-
sonnes apprécient;
on les mange au
naturel, ou bien on
les prépare de di-
verses manières,
notamment au sucre.
L’Alkékenge des Vignes et autres ter-
Fig. 12. — Physalis Francheti.
36
LE FRUIT DE l’eNCEPHALARTOS VILLOSUS.
rains secs et maigres est une plante vivace,
traçante, extrêmement résistante, haute de
30 à 40 centimètres, dont les fleurs sont
petites, jaunâtres et insignifiantes; seuls
les fruits sont remarquables par leur con-
formation singulière et très-voyants par
leur vive couleur.
Si nous avons pris la peine d’énumérer
les points les plus intéressants du Physa-
lis Alkehcnyi, c’est que le Ph. Francheti
possède les mêmes caractères et particula-
rités. C’en est simplement une forme beau-
coup plus grande dans toutes ses parties, et
qui, de ce fait, présente un véritable intérêt
horticole.
Primitivement décrit comme forme japo-
naise à grand développement du Physalis
Alli-ekengi, la plante fut ensuite élevée au
rang d’espèce et dédiée par le docteur Mas-
ters à M. Franchet 1. D’abord introduite en
Angleterre il y a deux ans, cette Alkékenge
s’est rapidement répandue chez nous, car
elle est très-méritante au point de vue déco-
ratif (fig. 12). Ses tiges simples, peu nom-
breuses et fortes, atteignent jusqu’à 60 cen-
timètres de haut et portent de grandes
feuilles (celles de la base surtout) ovales,
crépues, réfléchies et longuement pétiolées.
A l’aisselle de presque toutes les caulinaires
se montrent des fleurs qui donnent bientôt
naissance à des fruits pendants, qui, d’abord
verts, se renflent rapidement, deviennent
très-gros, atteignant plus de 20 centimètres
de circonférence ; le calice épais, veiné et
bien plus coriace que dans le type, se colore
d’abord en jaunâtre, puis en beau rouge
orangé vif à l’approche de la maturité qui
arrive en août-septembre. C’est à partir de
ce moment que la plante revêt un cachet
original et des plus décoratifs.
Les fruits peuvent alors être détachés des
branches et utilisés de diverses manières
pour les garnitures, ou bien on emploie les
branches chargées de tous leurs fruits, après
en avoir supprimé les feuilles pour mieux
laisser voir ceux-ci et éviter qu’en se fanant
les feuilles les déparent. La conservation
de ces fruits est fort longue, car au bout de
plusieurs mois ils paraissent aussi frais que
lorsqu’on vient de les cueillir.
Dans le jardin, le Physalis Francheti
peut former de charmantes corbeilles, ainsi
que nous avons eu l’occasion de l’observer l’an
dernier au Jardin d’Acclimatation, ou bien
des touffes éparses dans les plates-bandes ;
il a au centre sa place toute marquée dans
les rocailles et les lieux agrestes en général ;
enfin on peut l’élever en pots pour orner,
pendant l’hiver, les grandes serres, les véran-
das et les appartements.
Sa culture est on ne peut plus facile, car il
s’accommode de tous terrains, pourvu qu’ils
soient chauds et bien exposés au soleil, afin
que les fruits s’y colorent complètement.
Le traitement général de la plante est exac-
tement celui de la Tomate, c’est-à-dire,
qu’on sème les graines en février-mars, sur
couche ; on repique les plants une ou deux
fois en pépinière et sur couche ou au moins
sous châssis froid et en godet si l’on veut, puis
onles meten place à la fin de mai, à environ
50 centimètres de distance. On paille enfin
le sol, comme pour toutes les autres planta-
tions et on arrose selon le besoin, copieuse-
ment même quand il fait chaud et que la vé-
gétation est active. C’est ainsi qu’on obtient
des plantes déjà décoratives pour leur belle
venue et leur grand feuillage, puis plus
tard par leurs nombreux et gros fruits
rouges. S. Mottet.
LE FRUIT DE L’ENCEPHALARTOS VILLOSUS
La Gycadée dont nous figurons aujour-
d’hui le fruit est une des plus belles espèces
de cette famille. Elle a été importée de
Natal (Afrique centrale), par M. Ambroise
Verschaffelt, horticulteur à Gand, et décrite
en 1867 par Ch. Lemaire, mon prédécesseur
comme rédacteur en chef de V Illustration
horticole L Les cônes mâles et les cônes fe-
^ Gard. Chron. 189i, part. II, fig. 57 ; The Gar-
derie 1895, part. I, tab. 1059.
- Encephalartos villosus., Lem. in Illust. hort.
1867, misc.,p. 79, et 1868, t. 557; Reg,, Cyeac?. Rcv.^
f*. 17; Gartenfl-e 1877, p. 'i\^\YAc\i\ev iriMonatsch.
Gartcnh.. 1880, 1, 1 : Gard Chron. N. S., vol, I,
p. 513; III, 400 ; VI, 708; VU, 21; XII 1, 181.
melles, inconnus au moment de la première
description de l’espèce, se produisirent suc-
cessivement dans les cultures européennes,
et permirent d’établir des déterminations
qui trouvèrent leur expression la plus par-
faite dans l’étude publiée dans le Botanical
Magazine par M. Thiselton Dyer ’L Les
matériaux recueillis par ce savant Cycado-
graphe provenaient de M. T. -S. Gladstone,
à Crawley ; de M. Russel, à Falkirk ; de
M. W. Bull, à Londres; des serres de
Kew et des jardins de M. José do Canto, à
^ Bot. Marj.e t. 6651.
oiS/oret o._l
VjciNir Horticole
tùuep/ia lartos Ucllosus .
SUR LE RIGHARDIA ALBO-MACULATA.
Saint-Michel (Açores). On peut y ajouter le
hel exemplaire que nous avons fait peindre
chez M. L. Fournier, à Marseille, et quel-
ques autres collections où la plante adulte
fleurit et fructifie quelquefois.
Nous ne saurions mieux faire que de
traduire ici l’excellente description de
M. Dyer :
Tronc court, étroitement recouvert par la
base persistante des feuilles tomenteuses ;
feuilles dressées, puis étalées, vertes, à pétiole
et rachis cylindracés, d’abord pubescents-cen-
drés, portant de chaque côté de 60 à 90
segments linéaires-lancéolés, parfois subfalqués,
à base rétrécie, à sommet piquant, pourvus de
chaque côté, surtout vers le sommet, de dents
plus ou moins distancées, subérigées et poin-
tues, les inférieures graduellement réduites à
des épines digitées passant à des aiguillons
spiniformes ; fruits (cônes ou strobiles) de l’un
et l’autre sexe pédonculés, couverts d’écailles
obliquement défléchies ; strobile mâle étroite-
ment cylindrique, à écailles oblongues ou del-
toïdes à peine stipitées, dont le sommet est
triangulaire subpelté et le bord inférieur cré-
nelé-denticulé ; strobile femelle ovoïde-cylin-
drique, à écailles plus grandes, stipitées, dont le
s )mmet est pelté subquadrangulaire et le bord
intérieur érodé-denté vers le milieu.
Nous ajouterons, à cette description, que
la couleur de ces strobiles femelles devient
37
d’un beau jaune abricot à la maturité et que
les graines ovoïdes qui s’échappent d’entre
les écailles sont d’une si belle couleur écar-
late que leur etïét est ornemental au premier
chef.
L’espèce la plus voisine de celle-ci est
V Encephalartos Hildehrandtii de Zanzibar,
qui se distingue par les écailles des cônes
femelles se terminant par une pointe qua-
drangulaire conique.
A ceux de nos lecteurs qui demanderaient
l’explication de ce nom un peu rébarbatif
à' Encephalartos, nous répondrions qu’il se
compose de trois mots grecs qui signifient
« pain dans la tète » (sv v.zjjyl-n, dans la
tête ; et upzo;, pain) par allusion à la partie
féculente du fruit (écailles et racines) au
moment de ’ la maturité, ayant un peu
l’aspect de l’intérieur d’un fruit de « l’arbre
à pain » (Artocarpus incisa).
On cuWiveVE. villosiis en serre tempérée,
comme la plupart des autres Gycadées du
Cap. Sur la côte de Provence, où on l’a es-
sayé en plein air, il s’est montré un peu dé-
licat. On l’obtiendra dans toute sa beauté
en le plantant à même le sol d’un jardin
d’hiver ordinaire, avec les Fougères en
arbre des parties tempérées des Andes, de
l’AusIrabe, de la Nouvelle-Zélande.
Ed. André.
SUR LK RIGHARDIA ALBO-MACULATA
J’ai lu, dans la Revue horticole, sur le
Richardia albo-maculata, un article^ qui
m’a d’autant plus intéressé que j’aime parti-
culièrement, et déjà depuis plusieurs années,
cette méritante Aroïdée.
Pour expliquer le long temps écoulé entre
la publication de l’étude de M. Jules Rudolpb
et l’envoi de cette note, il me faut dire que
mes occupations agricoles et viticoles me
laissent peu de loisirs. Je demanderai la
permission de renchérir sur les qualités
attribuées avec raison aux Richardia albo-
maculata, car, non seulement je les leur
reconnais toutes, mais je leur en trouve
d’autres encore, auxquelles je regrette de ne
pas voir accorder l’importance qu’elles me
semblent justifier cependant.
C’est qu’à mon sens leur floraison, loin
de se présenter chez eux comme un accident
sans valeur ou négligeable au moins, en
constitue une des attractions les plus sail-
lantes.
^ Revue horticole., 1896, page 374.
Rien en effet n’est plus élégant que des
corbeilles ou de larges l)ordures de ce Ri-
chardia, toutes constellées de charmants
cornets, d’un blanc crème tranchant
agréablement sur le vert sombre de ses
feuilles hastées et si originalement mou-
chetées de ponctuations et de stries blanc
pur, car, quand il est bien cultivé, il est
prodigue de ses spathes évasées et carac-
téristiques.
Il donne d’abord une généreuse floraison
en juin-juillet, et il refleurit en outre sou-
vent, mais moins abondamment alors, en
automne.
Pourquoi cette Aroïdée n’est-elle pas plus
fréquemment utilisée dans les jardins privés
et les jardins publics ? Sa culture est cepen-
dant si facile qu’elle ne saurait être un
obstacle à une plus grande vulgarisation.
Dans les environs de Lyon, jamais les
tubercules de cette plante n’ont les honneurs
d’un châssis. L’expérience, assez vieille
déjà, que j’ai des Richardia albo-macu-
lata, m’a amené à préférer même à tout
38
TAILLE DES ARBUSTES ET ARBRISSEAUX FLEURISSANT EN PLEIN AIR.
autre procédé leur mise en végétation en
plein air.
Au commencement d’avril, ou même fin
mars, je les fais enterrer directement à leur
place définitive, près à près, c’est-à-dire à
0"™ 20 ou 0"™ 30 (car ils gagnent à être un
peu serrés), en bonne terre bien amendée et
plutôt forte que légère.
Eventualité de gelées blanches ou de
petites gelées à glace, tout cela me laisse
sans appréhensions aucunes, car les tuber-
cules de Ricliardia albo-maculata les sup-
portent stoïquement.
Il m’est même arrivé, à diverses reprises,
d’en voir repousser au printemps, qu’on
avait oubliés en terre avant l’hiver.
Et ceux que je fais planter en pots ne
sont pas davantage rentrés sous châssis,
ayant remarqué que parfois la chaleur ou
l’humidité concentrées d’une bâche ou
d’une couche simplement tiède ou tempé-
rée faisaient périr quelques tubercules ou
en atrophiaient les bourgeons centraux, ce
qui ne m’est jamais arrivé pour les planta-
tions au grand air. Par cette dernière cul-
ture enfin, la végétation des plantes est plus
TAILLE DES ARBUSTES ET ARBRIS
S’il est un sujet digne d’attention, c’est à
coup sûr, en ce moment de l’année, celui
relatif à la taille des arbustes et arbris-
seaux fleurissant en jplein air. Aussi
avons-nous pensé qu’il ne serait peut-être
pas sans intérêt, pour les lecteurs de la
Revue horticole, d’envisager cette question
au point de vue pratique.
Dans les jardins paysagers, combien d’er-
reurs sont commises sous ce rapport, le sé-
cateur coupant impitoyablement toutes les
espèces décoratives, sans distinction et avec
une régularité d’ensemble parfaite ! Trop
souvent, en effet, dans les massifs d’arbris-
seaux, avant le labour d’hiver, et sous pré-
texte de faire la toilette de ceux-ci, le jardi-
nier n’hésite pas à rabattre uniformément
les différentes espèces qui les composent,
sans autrement s’inquiéter de la floraison
future, sans se rendre compte si elle sera
compromise par suite de l’ablation des
pousses de l’année précédente.
Or c’est précisément pour obvier à cet
inconvénient regrettable que nous donne-
rons ici., sur ce sujet, des données aussi
précises que possible.
Pour bien comprendre cette opération, il
importe d’abord de savoir distinguer entre
trapue et plus vigoureuse que celle qui a
débuté par la culture sous verre.
Ainsi traités et placés en plein soleil,
sans aucun abri, les Ricliardia, tout en
conservant intact, jusqu’à l’automne avancé,
leur remarquable feuillage, donnent à pro-
fusion leurs jolies fleurs qui ne sont pas
leur moindre ornement, à la condition tou-
tefois de recevoir de très- fréquents arro-
sages, dès que surtout ils sont bien éta-
blis.
Ils se comportent très-bien aussi à mi-
ombre, bien que leur floraison soit alors
moins brillante.
La multiplication de cette Aroïdée étant
aussi rapide que facile, par la division de
ses tubercules, il n’est guère nécessaire, dès
qu’on en a quelques plantes, de recourir à
la voie du semis (qui n’offre d’ailleurs au-
cune difficulté).
On fera bien alors, dans l’intérêt d’une
meilleure végétation des plantes et de leur
bonne tenue, de supprimer les spathes dès
qu’elles retournent au vert, indice de la fm
de leur floraison.
et® DE Bouciiaud.
EAUX FLEURISSANT EN PLEIN AIR
elles les principales espèces admises dans
la plantation et d’en connaître surtout
l’époque normale de floraison. C’est, en
effet, sur cette dernière observation que re-
pose la taille de ces arbrisseaux qu’à ce
point de vue nous diviserons en trois caté-
gories principales :
I. Arbustes et arbrisseaux à poraison
hivernale.
II. A rbustes et arbrisseaux à f oraison
printanière .
III. Arbustes et arbrisseaux à floraison
estivale.
Parmi les espèces de la première catégo-
rie, nous comprendrons toutes celles qui
fleurissent en plein hiver jusqu’au 15 avril
sous le climat de Paris, c’est-à-dire : Caly-
canthus præcox ; Jasminum nudiflorum ;
Lonicera Standishii et fragrantissima ;
Forsythia suspensa, Fortunei et viridis-
sima ; Ribes sanguineum, albidum, au-
reum ; Gordonianum et malvaceum ;
Prunus tomentosa et triloba flore pleno ;
Rhodotypos kerrioides ; Kerria japonica
flore pleno ; Cytisus hirsutus ; Chæno-
melcs japonica var. ; Berberis Darwini et
stenophylla; Amygdalus incana ; A,
nana' rosea, rubra et alba, etc., etc.
LES POMMES TARDIVES.
39
Sous aucun prétexte les espèces que nous
venons de passer en revue et similaires ne
seront taillées avant la floraison. Ce n"est
qu’immédiatement après celle-ci qu’il con-
viendra de supprimer sur chaque touffe
d’arbuste ou d’arbrisseau une partie des
ramifications les plus grêles, en donnant à
l’ensemble du sujet, soit la forme arrondie,
s’il s’agit d’une plantation suffisamment
écartée, soit la forme plane, si cette der-
nière est au contraire compacte et serrée.
Quant aux pousses les plus vigoureuses,
notamment sur les Lonicera, Forsythia,
Rihes, Prunus et Amygdalus, elles seront
rabattues à deux ou trois bons yeux, de ma-
nière à obtenir pendant le cours de la végé-
tation d’autres pousses très-vigoureuses qui
seront autant de jets floraux pour l’année
suivante. En un mot, les fleurs de ces
arbrisseaux se montrant constamment sur
le bois d’un an, on devra s’évertuer à rem-
placer celui-ci dans les meilleures con-
ditions possibles.
Pour les représentants de la seconde caté-
gorie comprenant toute la splendide série
des : Syringa, Ligustrina, Philadelphus,
Deutzia, Diervilla, Spiræa ariæfolia et
corymbosa, Cotoneaster reflexa et af-
foiis, Ruhus deliciosus, Cytisus sessili-
folius et Lahurnum, Coronilla Emerus,
Amorpha fruticosa, Colutea, Staphylea,
Lonicera tatarica et variétés, Viburnum
Opulus et sterilis, etc., etc., c’est-à-dire
pour toute la nombreuse série fleurissant
du 15 avril au 15 juillet, la taille peut être
pratiquée en hiver, avant la végétation ;
excepté toutefois pour les Lilas et Ligus-
trines que l'on doit tailler seulement
après la floraison.
On conçoit, en effet, que par suite de
l’époque assez avancée en saison d’épa-
nouissement des fleurs, chez la plupart de
ces espèces, la taille faite aussitôt après la
floraison ne permettrait pas, comme chez
celles du premier groupe, une végétation
suffisante et par suite une élaboration flo-
rale complète pour l’année suivante.
LES POMME
Certains amateurs — peut-être serait-il
plus juste de dire gourmets — ne veulent
pas voir de Pommes sur leur table avant les
mois de décembre ou janvier. Il y a plu-
sieurs raisons à cela ; la meilleure, c’est
que les très-bonnes Pommes sont tardives.
Ajoutons que la longévité de conservation.
En conséquence, nous pensons que la vé-
ritable taille rationnelle à appliquer à ces
arbrisseaux, fleurissant dans le coui'ant du
printemps, serait une taille bisannuelle,
consistant en ceci : la première année,
laisser en entier sur chaque touffe les
rameaux les plus vigoureux, notamment
sur les Philadelphus, Deutzia, Spiræa,
Lonicera, etc. ; et rabattre sévèrement les
plus faibles de façon à provoquer sur
ceux-ci la sortie de bourgeons vigoureux ;
la seconde année, réserver ces derniers et
tailler comme il vient d'être dit les ra-
meaux qui ont fleuri Vannée précédente.
En opérant ainsi tous les ans, on arrive à
obtenir sur ces arbrisseaux, non seulement
un port agréable et léger, mais aussi une
floraison d’autant plus remarquable, qu’une
taille tardive, faite pendant la végétation,
n’amène pas chez eux une perturbation de
sève toujours plus ou moins évidente.
Quant aux arbrisseaux de la troisième et
dernière catégorie, ceux qui fleurissent
pendant tout le cours de l’été jusqu’aux
gelées, parmi lesquels nous citerons :
Hibiscus syriacus et variétés ; Vitex agnus
castus, incisa et arborea ; Spiræa Lind-
leyana, Douglasii, Billardii, Regeliana,
confusa, et similaires ; Ceanothus ameri-
canus et variétés ; Cary opter is Mastacan-
thus ; Ruddleia curviflora, variabilis et
Lindleyana, etc., etc., il importe de les
tailler en hiver, à l’époque présente et suf-
fisamment courts, en donnant aux touffes
une forme généralement régulière, arrondie
ou pyramidale. Il n’y a aucun danger d’opé-
rer ainsi sur ces espèces, puisque les fleurs
apparaîtront à l’extrémité des pousses de
l’année et seront d’autant plus amples et
plus belles qu’on obtiendra des bourgeons
vigoureux.
Tel est le traitement qui nous semble le
plus rationnel pour ces intéressants arbris-
seaux et qui, dans tous les cas, nous a tou-
jours donné d’excellents résultats.
Ch. Grosdemange.
TARDIVES
chez certaines variétés, est portée à des li-
mites telles que jamais aucun fruit n’a pu
l’égaler.
Ainsi, au mois de juin, alors que le frui-
tier est vide de Poires, il peut contenir
encore des Pommes appartenant aux va-
riétés De Jaune, Patte de loup. Reinette
40
LES POMMES TARDIVES.
Lagrange, Court-pendu rouge, etc. On a
vu même certains de ces fruits se conserver
intacts d’une récolte à l’autre, un peu ridés,
sans doute, mais bons encore.
Passons donc rapidement en revue les
meilleures Pommes tardives :
Belle de Boskoop. — C’est un fruit moyen
ou assez gros, mûrissant de décembre à fé-
vrier, dont l’arbre s’accommode du plein
vent, au verger, et des formes en cordons ou
en vases, au jardin fruitier.
Belle fleur jaune est une Pomme grosse ou
moyenne, de môme époque (décembre-février).
L’arbre se cultive également au verger et au
jardin fruitier, comme le précédent.
Boston Russet. — Se plante exclusivement
au verger, à cause de la robustesse de son
arbre et de sa haute fertilité. La maturité de
ce fruit va de février à avril.
Calville blanche. — La plus exquise des
Pommes, la plus belle aussi, dans sa robejaune,
à peine teintée de rouge sur les parties que le
soleil a baignées. L’arbre est malheureusement
délicat ; il devient chancreux en plein vent, et,
môme dans les jardins, cultivé en cordon, il
donne des fruits qui se tachent, si l’on ne prend
la précaution de les abiiter pendant une
certaine période de leur développement dans
des sacs de papier. La Vomme Ccdvillc blanche
mûrit de décembre à mars et fait toujours prime
sur le marché.
Calville Maussion. — Cette variété rappelle
la précédente par sa forme côtelée et son goût,
mais elle est moins grosse. L’arbre est d'ail-
leurs plus robuste : il supporte le plein vent,
en haute tige.
Court-pendu. — H y a deux Court-pendu :
le gris et le rouge, d’égale qualité et moyens
tous les deux. Quelques pomologues ne les
classent pas parmi les meilleures, je les range
cependant dans ce groupe ; ces Pommes sont,
en effet, très-bonnes et tout à fait exquises
cuites ; elles ont deux autres qualités impor-
tantes au point de vue commercial : la florai-
son tardive de l’arbre qui échappe ainsi à l’ac-
tion des gelées blanches, et la compacité de la
chair des fruits qui leur permet de résister aux
transports, aux manipulations, aux chocs
môme sans se gâter. Il n’est pas rare de voir
le Court-pendu rouge se conserver jusqu’en
juin, bien qu’il mûrisse plus généralement,
ainsi que l’autre, de décembre à mars.
De Jaune. — La meilleure Pomme pour
verger, la plus avantageuse aussi, parce
qu’elle est très-bonne, très-abondante et de
fort longue conservation. Il est fréquent, en
effet, d’avoir encore au mois de juin des
Pommes De Jaune bien conservées et bien fraî-
ches. Il en mûrit cependant depuis janvier;
cela fait six mois pendant lesquels la maturité
s’échelonne.
Reinette Lagrange. — La Reinette La-
grange est encore une Pomme dont la matu-
rité s’échelonne longuement (février à mai). Ce
fruit est moyen, à saveur de Reinette.
L’arbre, très-fertile, se cultive au verger.
Pearmain d’Adam. — Dans son acception
anglaise, le mot Pearmain signifie Pomme-
Poire, mais le fruit des Pearmain n’a généra-
lement rien de piriforme, et il semble que ce
nom de Pomme-Poire a été donné pour ex-
primer plutôt une analogie de goût.
Le Pearmain d*Adam est une Pomme
moyenne ou assez grosse, à chair ferme, fine
cependant, sucrée, vineuse, relevée d’un
agréable parfum; elle mûrit de janvier à mars.
L’arbre se cultive aussi bien au verger qu’au
jardin fruitier ; il est très-fertile.
Pépin gris de Parker. — Fruit moyen, mû-
rissant de février à avril. On remédie à la fer-
tilité modérée de l’arbre par une culture en
cordon sur Paradis.
Pigeon blanc. — Encore un excellent fruit,
moyen, mûrissant de décembre à mars ; on
cultive l’arbre comme le précédent et pour la
môme raison.
Reinette d’Anthézieux. — Gros fruit mû-
rissant de décembre à mars. L’arbre est fer-
tile, mais il ne conviendra de le cultiver aii
verger que dans une situation abritée des
grands vents, à cause du volume du fruit.
Reinette de Saintonge. — Pomme moyenne,
mûrissant de janvier à avril. L’arbre, très-
fertile, mais peu vigoureux, redoute les sols
trop frais ; il s’accommode, d’ailleurs, des
petites formes et de la culture en haute tige.
Reinette du Canada. — Sous le rapport de
la qualité et du volume des fruits, souvent
très-gros, la Reinette du Canada vient au
premier rang. L’arbre est vigoureux, fertile et
propre à toutes formes régulières, ainsi qu’à
la culture au verger. On évite cependant de le
planter dans cette dernière condition, à cause
de son fruit qui tombe facilement. Cette
Pomme mûrit de janvier à mars.
Reinette grise du Canada. — Si l’on ne
tient pas absolument aux très-grosses Pommes,
on devra préférer la Reinette grise du Canada
au Canada ordinaire ; en effet, mieux atta-
chée, elle rend possible la culture au ver-
ger, et sa maturité, plus longuement éche-
lonnée, permet une consommation durant
cinq mois : de décembre à avril.
Par contre, tenez-vous en garde contre la
Reinette franche, dont l’arbre est sujet aux
chancres ; son fruit est pourtant très-bon,
moyen ; il mûrit de décembre à avril.
LES POMMES TARDIVES.
41
Reinette grise. — Il ne faut pas confondre
cette variété avec la Beinelte grise du Canada
qui est plus grosse. La Reinette grise,
moyenne, très-bonne aussi, mûrit de janvier à
avril. Elle est considérée comme la meilleure
pour la préparation des gelées. L’arbre pros-
père en verger et s’accommode des formes
régulières.
L’amateur pourra arrêter là ou pour-
suivre cette liste. Nous avons énuméré les
meilleures Pommes parmi les bonnes ; il
reste donc encore du choix.
Que si, maintenant, on nous demande de
désigner un Pommier, un seul, pour un
amateur qui ne peut planter que celui-là
dans un verger, nous désignerons la
Pomme De Jaune, à cause de sa maturité
qui se succède, pour ainsi dire sans inter-
ruption, durant cinq ou six mois.
Voici, d’autre part, une liste de Pom-
miers tardifs pour verger :
, Pommiers tardifs pour verger :
üe Jaune.
Iv inette grise.
Reinette grise du Canada.
Calville Maussion.
Boston Russet.
Reinette de Saintonge.
Court-pendu gris.
Court-pendu rouge.
Relie de Boskoop.
Belle fleur jaune.
Reinette Lagrange.
Pearmain d’Adam.
Les Pommiers à haute tige ou de verger
sont grefïés sur franc. Il est avantageux,
quand on ne peut en planter qu’un nombre
restreint, de choisir les variétés dont la
maturité est longuement échelonnée, comme
De Jaune, Court-pendu rouge. Reinette
Lagrange et quelques autres variétés un
peu moins bonnes qui ne figurent pas dans
cette liste {Beauté de Kent, Blenheim
Pippin, Patte de Loup, etc.).
Les variétés suivantes, et principalement
celles qui sont marquées d’un astérisque,
conviennent pour la culture au jardin,
sous les formes en cordons, en palmettes à
trois ou quatre branches et en vases.
Pommiers tardifs pour jardin fruitier :
Belle de Boskoop.
Belle fleur Jaune.
* Calville blanche.
Pearmain d’Adam.
Reinette d’Anthézieux.
Reinette de Saintonge.
Reinette du Canada.
Reinette grise du Canada.
* Pépin gris de Parker.
* Pigeon hlane.
Jamais le Pommier cultivé sous l’une des
formes que nous avons dites n’est greffé sur
franc ; il prendrait trop d’extension et sa
mise à fruit serait par trop retardée ; on
le choisit greffé sur « Doucin » ou sur
« Paradis », deux Pommiers dont l’un, le
Doucin, de vigueur moyenne, haie la mise
à fruit et dont l’autre, le Paradis, de vi-
gueur très -modérée, la hâte plus encore.
Ces deux sujets porte-greffes passent, avec
raison, pour procurer de la fertilité aux
variétés qui n’en ont pas assez et une fruc-
tification plus soutenue, moins sujette aux
alternats, meilleure aussi au point de vue
des qualités sapides.
Il faut préférer le Pommier sur Paradis
pour les tout petits jardins et les sols pro-
fonds. Dans les terrains médiocres, les sols
secs, le Pommier sur Doucin donne de
meilleurs résultats.
Voici quelques données sur les écarte-
ments moyens qui doivent subsister entre
les sujetsselon leur nature et la forme qu’on
en veut obtenir :
Écartements moyens à observer dans les
plantations de Pommiers.
Entre hautes-tiges, en avenues. . . .
7m
»
— en verger ....
10
»
Entre gobelets, sur Doucin
3
))
— sur Paradis
O
»
Entre fuseaux, sur Doucin
2
»
— sur Paradis
1
50
Entre cordons horizont., sur Doucin.
4
»
— sur Paradis .
3
»
Entre palmettes, sur Doucin ....
3
50
— sur Paradis ....
1
50
L’espalier qu’on accorde parfois à la va-
riété Calville b?a?ic/mpermetd’obtenir, sans
avoir recours à la mise en sac, des fruits très-
sains, volumineux et surtout bien colorés.
La meilleure exposition est celle de l’est.
On peut utiliser aussi celle de l’ouest, du
nord même ; celle du midi, trop chaude,
serait plutôt mauvaise et l’on voit des jar-
diniers, qui l’ont choisie, forcés de com-
battre les fortes insolations de l’été par
l’emploi des toiles à ombrer.
Georges Dell ai a.
42
CYCLAMENS DE PERSE A GRANDES FLEURS DOUBLES.
CYCLAMENS DE PERSE A GRANDES FLEURS DOUBLES
L’an dernier, à pareille époque, nous
parlions ici de la DupUcature des Cycla-
mens de Perse, ^ et faisions remarquer que
cette duplicature se présentait sous deux
formes distinctes ; l’une, sous le nom de C.
à fleurs mons-
trueuses, pro-
duit des fleurs à
dix pétales à
peu près sem-
hlables et re-
dressés; l’autre,
un gain de
M. Maxime Jo-
bert, a des fleurs
franchement
doubles, désigné
sous le nom de
C. (I grandes
peurs doubles,
car les étamines
sont transfor-
mées en pétales
nombreux, plus
courts que les
externes, ondu-
lés, crépus et
pendants au-
dessous de 13!
gorge de la co-
rolle, ce qui
donne à la fleur
un aspect entiè-
rement distinct.
La figure ci-
contre (fig. 13),
représente, en
grandeur natu-
relle, ces deux
magnifiques ra-
ces, que nous
ne saurions trop
recommander aux amateurs de ces plantes
aujourd’hui très largement-cultivées pour
l’ornementation hivernale des serres et des
appartements.
L’article précité et la figure 13 nous
dispensent d’entrer dans d’autres détails sur
l’origine de ces deux races et la curieuse
conform.ation de leurs fleurs, mais nous te-
nons à insister sur la grandeur exception-
nelle de ces fleurs, la beauté et la richesse
de leurs coloris variés, dans lesquels on
remarque le blanc pur, le blanc chiné de rouge
sur tout le limbe ou simplement maculé de
rouge à la gorge,
ainsi que diver-
ses nuances de
rose et de rouge
de tons très
chauds et bril-
lants. La con-
sistance des pé-
tales s’est aussi
accrue en raison
directe de leur
grandeur et les
fleurs sont ainsi
plus étoffées et
plus durables.
La culture de
ces Cyclamens
ne diffère pas de
celle des autres
races ; cette cul-
ture ayant été
également dé-
crite ici l’an der-
nier-, nous n’y
reviendrons pas.
Toutefois nous
croyons devoir
faire remarquer
que, pour que
ces plantes, hau-
tement perfec-
tionnées, attei-
gnent toute la
beauté dont elles
sont suscepti-
bles, il est né-
cessaire que leur
culture soit poussée à son maximum d’in-
tensité et, pour cela, la main d’un praticien
expérimenté n’est pas inutile.
Les graines de ces magnifiques Cycla-
mens sont mises cette année au commerce
par la maison Vilmorin-Andrieux et C'®.
S. Mottet.
Fig. 13. — Cyclamen de Perse à grandes Heurs doubles.
^ Voir Revue horticole, 1896, p. 8.
Voir Revue horticole, 1896, p. 86.
DERNIERS ÉCHOS DE LA SAISON DES CHRYSANTHÈMES.
43
DERNIERS ÉCHOS DE LA SAISON DES CHRYSANTHÈMES
Le brillant tournoi des « Fleurs d’Or » a
marqué d’un vif éclat le déclin de l’année
1896. Une des manifestations les plus
importantes a été certainement la création,
pour ainsi dire simultanée, de groupements
considérables de chrysanthémistes fervents,
qui, s’ils sont divisés sur des questions
d’ordre secondaire, sont du moins réunis
dans la commune pensée de rendre plus lu-
mineuse encore la marche du joyau de l’au-
tomne vers la perfection — à laquelle on a
dit qu’il fallait toujours tendre^ sans y pré-
tendre.
A peine sortis de la piste, nous voici
déjà au seuil de l’arène qui verra les luttes
de 1897. En effet, parmi les diverses ques-
tions soulevées au Congrès de Bourges, il
en est une qui n’a pas reçu — et ne pou-
vait recevoir — de solution absolue: c’est
celle de l’époque du bouturage.
Donc, selon la diversité des climats, selon
les points de vue différents auxquels le pro-
ducteur se place, selon, aussi, les exigences
particulières à telle ou telle variété, l’époque
du bouturage est virtuellement ouverte.
Vouloir, après tout ce qui a été vu,
dit, écrit, discuté, dégager une synthèse
de toutes les questions serait, pour l’ins-
tant, inutile et trop long. Mais il en est
plusieurs sur lesquelles, au contraire, il
paraîtra opportun d’insister.
Relativement à la meilleure époque pour
bouturer, les résultats positifs de la culture
Choulet en faveur du bouturage tardif sont,
de l’aveu de tous, indéniables Cepen-
dant, M. Charles Albert a pu démontrer
qu’en Angleterre, étant donnée la clientèle,
qui achète cher, particulièrement les types
japonais, il était compréhensible de sou-
mettre le Chrysanthème à une plus longue
culture. Il est des variétés qui ne sauraient
se passer d’une existence de 12 mois, telles
que : Amüo, Drexel, Mrs C. W. Wlieler,
M. Eymar, Jean du Lut^ Louis Voraz,
Lilian’s Bird^ Good Graeious, Philippe
Rivoire, Yellow Dr agoii, R. Cannell, GoL
den Gâte. Les Américains, au contraire,
pour lesquels,' surtout, le (( temps est de
l’argent », ont peu à peu rejeté les variétés
japonaises pour rechercher celles qui peu-
vent le plus brillamment fleurir après six
mois de culture.
1 Voir Revue horticole., 1897, page 8.
Il va donc de soi que le cultivateur ou
l’amateur, qui veut faire de l’éclectisme,
doit s’attacher avant tout, par son expé-
rience propre, à bien connaître le caractère
et le tempérament particuliers à chaque
variété.
Voilà qui nous conduit tout naturellement
à examiner la question des classifications.
On s’est trouvé en présence de deux sys-
tèmes différents : celui qui consiste à
grouper les variétés en ne considérant que
leurs caractères de structure, et celui qui
les range dans des listes correspondant aux
divers modes d’emploi de la plante. C’est
cette dernière manière de voir, évidemment
féconde en commodités pratiques, qui a pré-
valu à la Section des Chrysanthèmes de la
Société nationale d’horticulture de France.
On a pu s’en rendre compte par les listes
que la Revue horticole a publiées
La « National Chrysanthemum Society »
a adopté une classification en quelque sorte
intermédiaire, en ce sens que les Chrysan-
thèmes y sont tout d’abord divisés en non
précoces et précoces. Mais, pour le reste, les
distinctions reposent sur des différences de
structure, d’ailleurs très-tangibles Le
Congrès de Bourges l’a prise, du reste, en
considération, avec quelques réserves de
détail seulement. Il est incontestable que
son adoption faciliterait les relations horti-
coles entre la France et l’Angleterre. La
voici avec quelques exemples en regard :
Premier Groupe : Non précoces.
Sect. I. — Incurvés. Ex. : Robert Cannell,
Jeanne d’Arc, Ami Hoste, Globe d'Or, L’Amé-
thyste.
Sect. IL — Japonais. Amiral Av ellan.,
CalvaVs Auslralian Gold, Commandant Elus -
set, Edwin Molyneux, Etoile de Lyon, Flo-
rence Davis, Madame Carnot, Chénon de
Léché, Reine d’Angleterre.
Sect. III. — Japonais incurvés. Ex.: Good
Gracions, Henry Jacotot fils, Panckouke, Wil-
liam Tricker.
Sect. IV. — Duveteux. Ex. : Chrysanthé-
miste Délaux, Enfant des Deux - Mondes,
Hairy Wonder, Louis Bœhmer.
Sect. V. — Réflexes. Ex. : Elsie, Dorothée
Gybson, Georges Putney, Docteur Sharpe.
Sect. VI. — A FLEURS d’Anémones. Ex. :
Madame Robert Oiven, Descartes.
- Voir Revue horticole, 1896, pages 507 et 549.
3 N. C. S. Official Catalogue, Jubilee Edition, ;
Londres, 1896.
44
DERNIERS ÉCHOS DE LA SAISON DES CHRYSANTHÈMES.
Sect. VIL — Japonais-Anémones. Ex. : Sa-
bine, Surprise, Jeanne Marty, Monsieur
Dupanloup.
Sect. VIII. — Pompons. Ex. ; M aid of I\ent,
Perle des Beautés, Osiris.
Sect. IX. — Pompons-Anémones. Ex. ; Cal-
liope, Virefly, Queen of Anémones.
Sect. X. — A Fleurs simples.
Subd. A. — Grandes fleurs. Ex. : Marquis
d’Aigues-Vives, Lily Owen, Yellow Jane.
Subd. B. — Petites fleurs. Ex. : Mary An-
derson, Mistress Langtry, Terra Cotta.
Deuxième Groupe : Précoces (Sect. XI).
Subd. A. — Japonais. Ex. ; Gustave Gru-
nerwald, Madame Castex-Desgranges, Ma-
dame Liger-Ligneau.
Subd. B. — Pompons. Ex. : Canayù, Little
Bob, Early Blusch.
Autres choses sont le classement ration-
nel des noms par ordre alphabétique, et la
méthode à suivre pour éviter des homony-
mies ou même des quasi -homonymies
fâcheuses. Toutes les espèces horticoles
dont les variétés sont en nombre considé-
rable, Dahlias, Pmses, Pélargoniums, etc.,
sont affligées de cette pléthore. Et si notre
collaborateur, M. Mottet, a pu relever
17 variétés de Roses portant le nom de
Verdier, M. O. de Meidenaere a trouvé
Il Chrysanthèmes qui portent le nom de
Chandon de Briailles, 9 David, 6 Clarke,
7 Spaulding, etc... Comme dans les Roses,
il y a, })our chacun de ces noms, des défilés
de familles entières : Monsieur, Madame,
Mademoiselle, et puis les prénoms, les
qualités, sans compter les « Souvenir » de
ceci ou de cela et d’un tel ou d’une telle.
En Amérique, le cas s’aggi’ave d’alrrévia-
tions ; H. F., P\, T. II,, M. B. etc., Spaul-
ding. Il arrive alors, dit toujours l’auteur
de cette judicieuse critique, que l’ordre
alphabétique absolu, c’est-à-dire aveugle,
renvoie souvent aux quatre coins des cata-
logues la recherche du mot principal qui
caractérise une dénomination. Mais laissons
la parole à M. de Meulenaere, qui a publié
dans le Nord horticole les observations sui-
vantes :
« Tous ceux qui ont de grandes collections
savent combien il faut lutter pour conserver
intactes, sur les étiquettes, les dénominations
des variétés.
« Le jardinier, souvent à demi lettré, oublie
très-facilement une lettre. Qui sait môme si,
dans sa haute sagesse, il ne se dira pas que son
maître est bien fou de conserver tout ce ballast
inutile, et s’il ne réduira pas toutes les variétés
à une seule qu’il décorera du nom de Spaid-
ding par exemple ; heureux encore s’il veut
bien ne pas esti opier ce nom ! Que faire alors,
le jour où, passant la revue de notre collection
pour vérifier l’identité des variétés (chose qu’un
amateur doit faire tous les ans), nous trouvons
sous le nom de Mistress Spauldmg une \3Lviété
jaune que nous nous attendions à trouver
rose? Il y a évidemment erreur de nom, mais
comment la rectifier ? Pour savoir qu’il existe
effectivement une variété Spaulding jaune, il
faudrait connaître le catalogue par cœur ou le
parcourir nom par nom. Que de fois ne se
dira-t-on pas qu’on a été trompé par celui (]ui
a livré les boutures, et ne jettera-t-on pas au
rebut une variété à laquelle, mieux informé, on
aurait pu restituer son vrai nom? Le remède
est bien simple : si tous les cultivateurs s’enten-
daient, l’inconvénient serait réduit à de fort
étroites proportions. 11 suffirait d’adopter dans
toutes les listes ou catalogues une classification
uniforme dont les règles seraient bien faciles à
fixer, car elles sont connues de tous les biblio-
graphes et universellement suivies en matière
de classement de livres. Pour toute variété
dédiée à une personne, on ne tiendrait compte
que du nom de famille, en négligeant ou plutôt
en mettant entre parenthèses les appellations
de : Monsieur, Madame, Mademoiselle, les pré-
noms, les particules, les titres de noblesse et
autres. Exemples: Cassagneau (Mad. Mathilde),
Childs (Georges W.), Clarke (M. Irving), Ber-
nard (Claude), Gervais (Amiral), Girard
(Mad. veuve). Gordon (Miss Catherine Ri-
chards), Chandon (Souvenir de Mad. Paul),
Ilambledon (Viscountess), etc., etc. »
Le Comité général de la Société française
des Chrysanthémistes, tout en adoptant
cette méthode, n’a pas cru devoir la pousser
jusqu’à l’absolu. Il a décidé que toutes les
fois qu’un substantif commencerait une
dénomination , il commanderait l’ordre
alphabétique, et que, dans les noms étran-
gers, il en serait de même pour le premier
mot, qu’il soit adjectif ou substantif. Ainsi,
on continuera à classer Merveille de Lyon
à M..., Golden Wedding à G..., etc.
Il est peu probable que ces réformes,
excellentes en elles -mêmes, remédient
jamais aux inconséquences des jardiniers
qui négligeront leur étiquetage, mais elles
faciliteront certainement les recherches.
Enfin, l’archiviste de la Société pourra
inviter avec plus de facilité et d’autorité les
obtenteurs de nouveautés à ne pas les bap-
tiser de désignations identiques ou ressem-
blant par trop à celles déjà portées par
d’autres plantes. Si l’on s’y plie de toutes
parts, ce sera certes là un bien grand
piogrès. H. Dauthenay.
DEUX NOUVEAUTÉS MÉRITANTES.
45
DEUX NOUVEAUTÉS MÉRITANTES
ERYSIMUM MURALE — BEGONIA SEMPERFLORENS NAIN COMPACT BIJOU
Erysimum murale. — Tel est le nom
de cette charmante petite Crucifère à fleurs
jaunes (fig. 14 et 15) que met cette année
au commerce la maison Vilmorin, sous le
nom Erysimum nain compact jaune
d'or.
C Botaniquement VE. murale, Desf., ^ est
une plante française, mais très-rare, et
observée sur divers points de la France,
notamment aux environs de Paris, et si
voisine de VE. cheirantoides, qu’on la con-
fond souvent avec lui. Voici du reste ses
propres caractères :
Plante annuelle ou bisannuelle, d’abord
Fig. 14. — Erysimum nain compact jaune d’or.
Port de la plante.
leuses, et forment un angle ouvert avec leurs
pédicelles. C’est ce dernier caractère ainsi que
les graines beaucoup plus grosses et ailées au
sommet qui distinguent surtout VE. murale de
VE. cheirantoides.
Au point de vue horticole, V Erysimum
nain compact jaune d'or constitue une
excellente addition aux trop peu nombreuses
plantes à floraison printanière, telles que
les Silènes et Myosotis. Il forme des touffes
compactes et d’un vert intense, hautes d’à
peine 20 centimètres, qui se couvrent, dès le
mois d'avril, d’une multitude de bouquets
de fleurettes d’un beau jaune d’or, à odeur
douce et agréable, rappelant, mais en petit,
celles de la Giroflée jaune; et, comme chez
’ Syn. E. lanceolatum, DG. ; E. suffniticosum,
Spreng.
naine, à rameaux courts, puis s’allongeant, de-
venant anguleuse et atteignant 40 à 50 centi-
mètres à la fin de la floraison. Feuilles oblon-
gues-lancéolées, entières ou à peu près et cou-
vertes de petits poils en navette. Fleurs petites
mais très-nombreuses, disposées en épis ter-
minaux, à pédicelles de 10 à 15 millimètres de
long et à quatre pétales d’un beau jaune, ayant
à peine 1 centimètre de long avec un onglet
plus court que le limbe. Ces épis, d’abord
très-courts, s’allongent au fur et à mesure que
la floraison avance, atteignent jusqu’à 20 centi-
mètres de long et sont réunis en faisceaux au
sommet des tiges. Les siliques, très-nom-
breuses, sont alors dressées parallèlement à
l’axe, longues de 30 à 35 millimètres, angu-
Fig. 15. — Erysimum nain compact jaune d’or.
Fleur détachée.
cette dernière, ces bouquets, d’abord courts
et presque globuleux, s’allongent en conti-
nuant à fleurir et deviennent des épis char-
gés en bas de siliques dressées ; à cet état,
la plante a perdu toute sa valeur décora-
tive.
La petite taille et la compacité de cet Ery-
simum en font une excellente plante pour
faire des bordures, des touffes éparses dans
les plates-bandes ou des dessins dans les
corbeilles, en l’associant aux Pâquerettes,
Silènes' Pensées et autres. Toutefois, sa
durée n’est pas très-longue, car lorsque les
chaleurs arrivent la plante monte vite à
graine et perd son élégance, mais ceci ne
constitue pas un inconvénient pour sa cul-
ture, puisque toutes les plantes qu’on em-
ploie en garnitures printanières doivent ra-
46
DEUX NOUVEAUTÉS MÉRITANTES.
pidement disparaître pour faire place aux
plus somptueuses décorations estivales.
Cette charmante plante nous est venue
des beaux jardins du littoral de la Médi-
terranée, où elle est cultivée sous le nom
horticole à" Erysimum elegans. M. de Vil-
morin l’ayant remarquée en bordures d’un
ravissant effet, la mit en culture dans son
établissement d’Antibes pour l’observer et
la propager.
La culture de V Erysimum murale est
on ne peut plus facile, car c’est une plante
très-rustique. On peut le semer de très-
bonne heure au printemps, en pépinière ou
en place, et la floraison a lieu alors en
avril-mai, mais les plantes restent grêles et
n’acquièrent pas ce port ramifié et touffu
qu’elles prennent quand elles passent l’hi-
ver, ce qui constitue surtout leur valeur
décorative. C’est donc comme plante bisan-
nuelle qu’il convient de traiter cet Eryfii-
Fig. 16. — Bégonia semperflorens
nain compact Bijou.
Port de la plante.
nuis, on dépasserait certainement de beau-
coup la douzaine et pourtant on en crée
fréquemment de nouvelles. Tous ces perfec-
tionnements résultent de l’amélioration in-
cessante de la plante et montrent combien
son utilité est grande et sa culture générale.
Peu de plantes sont, en effet, plus pré-
cieuses que le Bégonia semperflorens et
aucun de ses congénères ne se propage plus
facilement et plus rapidement que lui. On
le traite comme planté annuelle et sa cul-
ture se réduit, on le sait, à celle des Lobe-
lia Erinus, Pyrèthres et autres plantes avec
lesquels il s’associe très-bien dans l’orne-
mentation estivale des corbeilles et des pla-
tesbandes.
Ces nombreuses variétés diffèrent entre
elles par leur taille, la couleur de leurs
fleurs et celle du feuillage. Le Bégonia
Vernon est certainement la variété la plus
généralement cultivée aujourd’hui à cause
mum et de la même manière que les Myo-
sotis, Silènes, Pensées, etc. A cet effet, on
sème les graines en pépinière en juillet-
août, on repique les plants en pépinière, à
quelques centimètres les uns des autres,
puis on les transplante en place, à environ
20 centimètres, de préférence à l’automne,
en octobre-novembre ou de bonne heure au
printemps en février-mars et la floraison
s’effectue alors en avril- mai avec celle des
plantes précitées. A la fin de ce dernier
mois, les plantes s’allongent, les fleurs de-
viennent petites, de nombreuses siliques se
montrent; la plante est usée; il n’y a plus
qu’à en récolter les graines et la remplacer
par des plantes estivales dont le moment de
plantation est venu.
Bégonia semperflorens nain compact
Bijou. — S’il fallait énumérer toutes les
variétés horticoles issues du B. scmperflo-
Fig. 17. — Bégonia semperflorens
nain compact Bijou.
Fleur détachée.
de la teinte pourpre cuivré intense que
prend son feuillage au soleil el de ses fleurs
rouge très-vif ; on l’emploie avec succès pour
former des contrastes dans les corbeilles.
Toutefois sa taille un peu élevée (30 cent.)
empêche souvent de l’employer où il serait
le plus utile, notamment en bordures et en
mosaïculture.
La nouvelle variété, le Bégonia nain
compact Bijou (fig 16), comble parfaite-
ment cette lacune, car c’est une plante ex-
cessivement naine, touffue et compacte, qui
conserve pendant tout l’été cette forme en
boule et se couvre d’une multitude de fleurs
rouge vif. Son feuillage acquiert, surtout au
soleil, la belle teinte rouge cuivré du type
qui le fait tant rechercher.
Ajoutons à ces qualités un autre mérite,
non moindre au point de vue cultural : ce-
lui de grainer facilement et de se reproduire
franchement de semis, avantages que
LES ALSTRŒ MÈRES.
47
n’avait pas une autre variété naine présen-
tée l’an dernier à la Société nationale d’hor-
ticulture et qui a cependant reçu une prime
de première classe pour sa taille très-naine
et son vif coloris pourpre.
Il est certain que le Bégonia semper/lo-
rens nain Bijou se répandra rapidement
dans les cultures, car c’est une plante réelle-
ment, méritante et qui répond à un besoin
signalé depuis longtemps par ceux qui
s’occupent de décoration florale.
M. Girard.
LES ALSTRŒMÈRES
Nous voulons croire que les amateurs se
rappellent encore ces charmantes Amaryl-
lidées, si communes autrefois dans les
jardins ; mais malgré, toutes nos recherches
dans les environs de Paris, il ne nous a pas
encore été donné d’en rencontrer une seule
espèce. Par contre, en Belgique et en Hol-
lande, on les voit presque partout, de même
qu’en Algérie dans les jardins des riches
étrangers de Mustapha supérieur, où, au
printemps, elles forment de superbes mas-
sifs. Toutes ces fleurs, en gros bouquets, sont
si belles qu’il nous vient 1^ regret de ne
pas les voir davantage orner les jardins,
même dans le Nord. En Algérie, la flo-
raison des Alslrœmères se produit au prin-
temps ; dans le Nord et particulièrement
sous le climat de Paris, de juillet à fin
août et parfois jusqu’en septembre. Dans
les jardins du midi, ces plantes fleurissent
en avril.
La plantation s’en fait dans un terrain
très-léger, largement et abondamment fumé
avec des engrais consommés, le fumier de
vache doit être préféré. Dans le Nord, il
faut un lieu découvert et ensoleillé ; dans
le Midi et en Algérie, au contraire, une
exposition mi-ombragée est meilleure. La
plantation se fait dans les deux cas à des
profondeurs variables. Ainsi, dans le Nord,
l’expérience a démontré qu’en plantant les
griffes d’Alstrœmères à 35 ou 40 centi-
mètres, elles étaient parfaitement rustiques,
en ayant soin pendant l’hiver de les recou-
vrir encore d’un bon paillis ou d’une
couche de feuilles mortes ; sans cette pré-
caution on s’expose à les perdre. Dans le
Midi et en Algérie, on les plante à quinze
centimètres de profondeur. Quant à l’espa-
cement à observer, on peut, suivant les cas,
les planter isolément ou en massifs ; dans
cette dernière situation, l’espacement varie
de 25 à 30 centimètres.
Les racines des Alstrœm ères peuvent
être laissées en place pendant trois à quatre
ans, sans être relevées ; puis, on les arrache,
on les sépare et on les replante immédiate-
ment, à moins qu’on ne les destine à la
vente ; leur floraison n’en est que plus abon-
dante et plus belle. Si l’on arrache les racines
chaque année en vue de la vente, on doit
les conserver dans du sable sec, sans quoi
elles se flétrissent rapidement et prennent
un vilain aspect.
La multiplication de ces plantes se fait
très-facilement de graines et de séparation
des touffes ; dans ce dernier cas, on relève
les griffes dès que les tiges sont flétries.
Cette opération demande quelque soin, car
les racines sont très-cassantes et si on les
meurtrit, on risque de les perdre.
Si l’on emploie le semis, c’est principale-
ment en vue d'obtenir de nouvelles variétés.
Dans ce cas, voici comment on procède :
Après avoir drainé convenablement une ou
plusieurs terrines, selon la quantité de
graines à semer, on remplit de terreau
composé de mi-partie terre de bruyère ta-
misée et autant de terreau de feuilles un
peu gros ; on tasse légèrement, on répand
régulièrement les graines sur la surface de
la terre et on les recouvre ensuite d’un
demi-centimètre de terre de bruyère ta-
misée. Les graines mettent parfois un an
à lever ; il faut donc leur continuer les soins
jusqu’à ce qu’elles germent. Quand les
plantes ont 4 à5 centimètres de hauteur, on
les repique, soit dans des pots, soit en
planches. Lorsque les tiges sont flétries, on
les relève, on les met dans des pots garnis
de sable fin et on les conserve à l’abri de la
gelée, jusqu’en mars-avril, époque de la
plantation des griffes adultes ou de semis.
Les plants de semis fleurissent la deuxième
année. En Algérie et dans le Midi, il suffit
de semer en pleine terre dans une planche
bien exposée ; on repique en place dès que
les petits plants ont 8 à 10 centimètres de
hauteur et ils fleurissent la même année,
si l’on n’a pas négligé les binages et sur-
tout les arrosages.
Les Alstrœmères s’accommodent égale-
ment très-bien de la culture en pots, dans
une terre légère composée de terreau de
feuilles, de terre franche et de fumier de
cheval ou de vache bien consommé.
48
CORRESPONDANCE.
Quelques arrosements à l’engrais liquide
(purin), en pleine terre ou en pots, leur
sont très-favorables.
Voici les noms des principales espèces
d’Alstrœmères, avec une description suc-
cincte, qui permettra aux amateurs de
reconnaître s’ils ont bien les vraies es-
pèces :
A. aurantiaca. — Tiges hautes de 80 à
90 centimètres, terminées par plusieurs fleurs
longues de 5 centimètres, d’un beau jaune
orangé, à deux divisions diversement rayées ou
striées de pourpre.
A. aurea. — Hauteur, 60 à 70 centimètres.
Fleurs jaunes, pointillées de vert et marquées
de lignes rouges satranées à bords verts.
A Curtiniana. — Hauteur, 60 centimètres.
Fleurs à pétales grêles, rouges au sommet.
A. densiflora. — Plante rampante ou grim-
pante, haute de 2 à 3 mètres ; fleurs d’un beau
rouge orangé.
A. Diazi. — B’ieurs nombreuses en ombelle
d’un beau rose, très-grandes.
A. hœmantha. — Hauteur, 1 mètre. Fleurs
en ombelle rameuse, grandes à quatre divi-
sions, d’un rouge cocciné brillant, marquées
de lignes pourpres, les deux autres lavées de
rouge au sommet.
A. Hookeriana. — Hauteur, 80 centimètres.
Fleurs en ombelle d’un beau rose, avec le
bout des pétales vert.
A Ligtu. — Hauteur, 40 centimètres. Fleurs
en ombelle de trois à quatre, à trois divisions
en partie blanches et rouges, les trois autres
toutes rouges, à odeur suave.
A. Nielli. — Hauteur, 40 centimètres.
Fleurs en ombelle, d'un rose carné, à pétales
supérieurs postulés de jaune.
A. pallida. — Fleurs en ombelle à quatre
No 3962 (Tarn). — Le Traité général des
Conifères de Carrière a eu deux éditions,
toutes deux épuisées. C’est un ouvrage qu’on
ne peut plus trouver que d’occasion et encore
rarement.
Les Conifères à planter dans les terrains
siliceux, graveleux, à sous-sol argileux, com-
pact, du département du Tarn, sont principa-
lement les: Cedrus Libani, atlantica et Deo-
dora, Pinus halepensis, P. insignis, P. Lari-
cio, P. nigra., Cupressus sempervirens, Lam-
bertiana, Abies Pinsapo, A. cephalonica, A.
Nordmanniana (mais aucune espèce de la
section à cônes pendants dont le type est
l’Epicea). Mais il est nécessaire que le sol soit
bien défoncé. Si vous pouviez visiter, dans
votre département, les parcs de Montespieu et
de Montpinier, dessinés et plantés par M. Ed.
André, vous y trouveriez toutes ces essences
divisions e.xtérieures, d’un rose pâle, les deux
extérieures jaunes veinées de rouge. Cette es-
pèce a produit un grand nombre de variétés.
A. peregrina. — Hauteur, 35 à 45 centi-
mètres. Fleurs blanches rayées et lavées de
rose foncé, les intérieures marquées d’une
toile jaune à la base et pointillées de pourpre.
Variété alba à fleurs d’un blanc pur.
A psittacina. — Hauteur, 70 centimètres.
Ombelle multiflore à fleurs pédonculées, lon-
gues de 55 millimètres, d’un beau rouge tigrées
de pourpre. Espèce des plus vigoureuses.
A. pulchra. — Hauteur, 50 centimètres,
semblable à la précédente, mais à fleurs blan-
ches avec le sommet des pétales rouge et vert.
A. revoluta. — Hauteur, 50 centimètres.
Fleurs en bouquets, très-volumineuses, d’un
beau rouge orangé.
A. spathulata . — Fleurs en ombelle, très-
grandes, d'un beau jaune nankin, tachetées de
brun. Hauteur, 80 centimètres.
A. tenuifolia. — Hauteur, 60 centimètres.
Fleurs en ombelle d’un beau rose violacé.
A. venusta. — Presque semblable à
1’^. Ligtu, mais à fleurs plus grandes et plus
belles.
A. versicolor. Hauteur, 60 centimètres à
1 mètre. Fleurs longues de 4 centimètres d’un
rose pâle, rayées de jaune et flagellées de rose
purpuré. De nombreuses variétés de cette
belle espèce existent dans les collections ; on y
trouve depuis le blanc rosé jusqu’au jaune
orangé et safrané, le violet etc. ; il en existe
une variété â feuilles panachées.
Quand on aura planté une seule fois des
Alstrœmères, il est certain que l’on renou-
vellera ensuite chaque année sa plantation,
certain d’en avoir une entière satisfaction.
Raphaël de Noter.
résineuses employées avec d’autres espèces
également.
M. le comte de B... {Finistère). — Nous sa-
vions que le Chamœrops (Trachycarpus)
excelsa fleurissait et fructifiait abondamment
dans les jardins en Bretagne; et le fait que
vous avez noté, d’une véritable pépinière de
petits Palmiers de cette espèce, croissant natu-
rellement sous les gros, n’est pas pour nous
surprendre. Mais la fructification de VAcacia
{Mimosa) dealbata sur les bords de l’Odet est
moins connue, et nous vous remercions de
nous l’avoir signalée, ainsi que sa résistance
anx hivers de 1879-80, 1893 et 1894.
N" 3280 {Gard). — L’arbuste grimpant dont
vous désirez savoir le nom, est le Clematis
calycina, espèce â feuilles persistantes et à flo-
raison hivernale, propre surtout aux régions de
l’Ouest et du Midi.
(Jriéia-s. - lmp. 't. Jacob, Paul Pigeiet, successeur.
Le Directeur-Gérant t L. Bourguignon.
CHRONIQUE HORTICOLE.
49
CHRONIQUE HORTICOLE
Les concours régionaux agricoles en 1897. — Syndicat central des horticulteurs de France. — Les
tarifs des chemins de fer et le transport des plantes du Midi. — Association pomologique de l’Ouest.
— Excursions horticoles. — Le Mimosa dealhata et le Phœnicc canariensis en Bretagne. — La
station agricole expérimentale de l’État de New-York. — L’herbier et la bibliothèque de M. J. Lloyd.
— Une Glycine âgée d’un demi-siècle. — Les dates du « Temple Show » et de l’Exposition de
Paris en 1897. — Le Choisya ternata en pots. — Ouvrages reçus. — L’origine hybride du Lilas
Varin. — Expositions annoncées. — Nécrologie : M. Bernard Verlot. — Erratum.
Les concours régionaux agricoles en
1897. — Par arrêtés en date du 30 dé-
cembre 1896, le président du Conseil, mi-
nistre de l’agriculture, a décidé que les
concours régionaux agricoles se tiendront,
en 1897, dans les villes et aux éf)oques sui-
vantes :
Valence, du 8 au 16 mai.
Bourges, du 15 au 23 mai.
Bordeaux, du 22 au 30 mai.
Bennes, du 29 mai au 6 juin.
Vesoul, du 26 juin au 4 juillet.
Pour être admis à exposer dans ces
divers concours, on doit en faire la déclara-
tion au ministère de l’agriculture. Cette
déclaration devra être parvenue au minis-
tère, à Paris, aux dates désignées ci-après :
Valence, le 25 mars ; Bourges, le 5 avril ;
Bordeaux, le 10 avril ; Bennes, le 15 avril ;
Vesoul, le 15 mai.
On peut se procurer les programmes de
ces divers concours eC les formules de dé-
claration au ministère de l’agriculture et
dans toutes les préfectures et sous-préfec-
tures.
Syndicat central des horticulteurs
de France. — Le Syndicat des horticul-
teurs de France vient, dans son assemblée
générale, de renouveler son bureau.
M. Viger, ancien ministre de l’agricul-
ture, président de la Société nationale
d’horticulture de France, a été nommé
président d’honneur.
Le bureau est ainsi constitué :
Président : M. E. Delavier.
Vice~Présidents : MM. Debrie, Gentilhomme
et Rousseau.
Secrétaire général : M. H. Theulier fils.
Secrétaire général adjoint : M. BrauU.
Secrétaire : M. Lapierre.
Trésorier : M. Lange.
Trésorier adjoint : M. Debac.
Archiviste : M. V. Delavier.
Des vœux relatifs à l’application de la
convention de Berne, à la suppression des
mesures vexatoires entravant l’entrée des
1er FÉVRIER 1897.
plantes en Algérie, et à l’agrandissement des
Halles centrales ont été adoptés à l’una-
nimité.
Les tarifs des chemins de fer et le
transport des plantes du Midi. — A
l’occasion du récent voyage de M. Méline
sur la côte méditerranéenne, M. Demôle,
président de la Société d’horticulture et
d’acclimatation de Cannes, a présenté au
président du Conseil une requête pressante
des horticulteurs de la région. Voici ce que
dit, à cette occasion, le journal Le Littoral
de Cannes :
Jusqu’en 1890, les horticulteurs cannois
étaient autorisés à expédier les plantes et les
arbustes par le chemin de fer avec application
du tarif n« 1 pour un tiers du poids du colis
et du tarif n® 6 pour les deux autres tiers. Cette
faculté accordée aux horticulteurs leur per-
mettait de lutter avec avantage contre la con-
currence des producteurs belges et hollandais;
or, depuis 1890, elle leur a été supprimée. Une
pétition recouverte de 600 signatures a été
adressée à M. le directeur de la Compagnie P.-
L. -M. par l’intermédiaire de M. Rouvier, dé-
puté, qui a chaudement plaidé la cause des
horticulteurs, mais jusqu’à ce jour aucun
adoucissement ne s’est produit.
M. Demôle a démontré combien cette situa-
tion était préjudiciable à notre arboriculture,
une des branches de notre industrie jadis si
prospère, et a demandé à M. le ministre son
efficace intervention en faveur des horticul-
teurs cannois.
La question est vitale pour le commerce
des plantes, non seulement à Cannes, mais
sur toute la côte, de Marseille à Menton.
Aussi avons-nous appris avec plaisir que
M. Méline a écouté avec le plus vif intérêt
l’exposé fait par M. Demôle et lui a promis
d’étudier prochainement cette importante
question. Espérons que la promesse sera
suivie d’effet.
Association pomologique de l’Ouest.
— L’Association pomologique de H’Ouest
tiendra son 14® concours et son 15® con-
50
CHRONIQUE HORTICOLE.
grès annuels dans la ville de Nantes au
mois d’octobre 1897.
Comme les années précédentes, de nom-
breuses récompenses seront attribuées aux
collections de fruits de pressoir présentées
par les agriculteurs (propriétaires ou fer-
miers), par les sociétés, syndicats ou comices,
et par les instituteurs, aux cidres, aux poirés,
aux eaux-de-vie et aux Pommiers élevés en
pépinière.
Un concours spécial de pressoirs sera or-
ganisé dans les mêmes conditions que le
concours spécial de broyeurs, qui a eu lieu
à Rouen, au mois d’octobre dernier. A ce
concours sera annexée une exposition de
tous les instruments pouvant servir à la
culture du Pommier, à l’industrie du cidre
et à celle de ses dérivés.
Excursions horticoles. — Avec le con-
cours de membres de la Société nationale
d’horticulture de France, M. Paul Chap-
pellier a pris l’initiative d’organiser des
excursions horticoles, dont le but est de
visiter les parties de la France et de l’étran-
ger les plus intéressantes au point de vue
de riiorliculture, et de développer le goût
des bonnes et belles cultures.
Dans la première de ces excursions, d’une
durée d’environ quinze jours, on visitera le
littoral méditerranéen, de Menton à Mar-
seille, ainsi que Turin et Gènes.
L’itinéraire du voyage est ainsi fixé :
27 février. Départ de Paris à 2 h. 15.
28 — Séjour à Turin.
1er mars. Séjour à Gênes.
2 — Nice (fêtes du carnaval).
3 et 4. Excursions à Menton, Monaco,
Cap-Martin, Beaulieu.
5 et 6. Visite à Nice et environs.
7 8 et 9. Excursion à Antibes et Golfe-
Juan.
10 et 11. Hyères et environs.
12. Toulon.
13 et 14. Marseille.
15. Retour à Paris.
Quoique les visites horticoles soient le
but principal de l’excursion, il sera fait une
part importante au côté touriste et pitto-
resque.
D’ailleurs, les excursionnistes qui, sur le
parcours de Turin à Marseille, tiendraient
à des visites spéciales ne figurant pas au
programme, auraient la faculté de le faire
en quittant momentanément le groupe; le
guide leur donnerait à ce sujet les rensei-
gnements nécessaires.
Un membre de chacune des Sociétés
d’horticulture de toutes les villes à visiter,
de Menton à Marseille, a bien voulu s’offrir
pour servir de cicerone horticole dans
chaque localité.
L’agence Desroches, 21, faubourg Mont-
martre, se charge de tous les détails maté-
riels du voyage : guides, chemins de fer,
voitures, hôtels, nourriture, service, pour-
boires, etc., moyennant le prix à forfait de
430 fr. en classe,
380 fr. en 2® classe.
Moyennant un supplément de 25 fr., les
voyageurs pourraient conserver leur com-
plète indépendance de Paris à Turin et de
Marseille à Paris, avec billets de 60 jours et
arrêts facul^tifs.
Les voyageurs de classe auront a
l’aller, de Paris à Turin, et au retour, de
Marseille à Paris, le droit de prendre, sans
augmentation de prix, un train de jour, qui
leur sera indiqué, au lieu de celui de nuit,
prévu au programme, à condition de payer
l’hôtel et le repas d’excédent.
S’adresser, pour ce qui concerne la partie
horticole, à M. Paul Ghappellier, membre
de la Société nationale d’horticulture de
France, 46, faubourg Poissonnière, à Paris.
Et, pour les détails matériels du voyage,
à l’agence Desroches, Société générale fran-
çaise de voyages et d’excursions, faubourg
Montmartre, 21.
Le Mimosa dealbata et le Phœnix cana-
riensis en Bretagne. — Nos observa-
tions sur la résistance aux hivers et la flo-
raison en plein air de V Acacia {Mimosa)
dealbata, en Bretagne, nous ont valu de
M. Cherueau-Jacob, horticulteur à Quim-
per, l’intéressante lettre que voici :
J’ai lu avec étonnement la correspondance
de M. le comte de B. dans le dernier numéro
de \b. Revue horticole, car je croyais que tous
les Mimosa dealbata étaient disparus avec
l’hiver 1893-94. Je savais bien que les Mimosa
de M. de Garné, dont il est question, après
avoir été décapités au printemps de 1890,
avaient repoussé, mais, aussi, les hivers sui-
vants les avaient absolument détruits.
Néanmoins, je croirais facilement le con-
traire, car je connaissais au château de la Fo-
rêt, en Loc-Tudy, un magnifique Phœnix ca-
nariensis de plus de cinq mètres de hauteur,
qui avait gelé en 1890. Au printemps, on lui
supprima toutes les feuilles. Malgré cela, l’é-
norme tronc émit des Heurs et fournit même
une assez grande quantité de feuilles, mais
très-coui tes. Ayant, depuis cette époque, souf-
fert deux années de suite des froids excessifs
CHRONIQUE HORTICOLE.
51
pour notre contrée, il est resté languissant et
n’a plus repris l’aspect grandiose qu’il avait en
1890. Il arrivait alors à la hauteur du premier
étage du château et possédait plus de quarante
énormes feuilles. Avec les hivers doux de
l’année dernière et de cette année, peut-être
se remettra-t-il.
Il faut ajouter, à ce qui précède, que la
principale cause pour laquelle les Palmiers
les plus rustiques, comme le Phœnixcana-
riensis, ne résistent pas au climat de la
Bretagne, ne gît pas dans le froid des hi-
vers, mais bien dans l’insuffisance des cha-
leurs estivales. Nos nombreuses expériences
faites à ce sujet dans les îles de la Manche
nous l’ont péremptoirement démontré.
Seul, le Chamærops excelsa, ou Palmier
chanvre fait exception à cette règle.
La station agricole expérimentale de
l’Etat de New-York. — Cet établissement
ne rend pas seulement des services à l’agri-
ture. L’industrie horticole bénéficie de ses
études. La station est située à Geneva
(Etat de New-York). L’année dernière, on
y a expérimenté sur 170 variétés de Fraises.
Les nouveautés les plus recommandables
de 1896 ont été : Bissel, Earliest, Enor-
mous^ Tuhhs et William Belt.
Celles qui ont fructifié pendant deux
saisons (1895-1896) et sont dignes du plus
grand intérêt sont : Bostonian, Marshall,
Marston et Tennessee.
Les études sont suivies avec le plus grand
soin et avec une haute compétence par
M. Wendell Paddock.
L’Herbier et la bibliothèque de
M. J. Lloyd. — L’auteur érudit et vé-
néré de la Elore de V Ouest de la France,
M. James Lloyd, mort le 10 mai 1896, a
légué son herbier et sa bibliothèque à la
ville d’Angers. Il laisse une rente de
2,000 fr. destinée à assurer l’entretien de
ces collections, et 8,000 fr. pour le traite-
ment d’un conservateur qui sera choisi par
le maire d’Angers dans une liste de trois
candidats présentés par la Société botani-
que de France.
C’est au président de cette Société,
84, rue de Grenelle, à Paris, que les de-
mandes des candidats doivent être adressées
avant le 15 mai prochain.
Une Glycine âgée d’un demi-siécle. —
Ce magnifique représentant du règne vé-
gétal tapisse une des façades de l’Hôtel de
la Rose, à Rouen. A 1 mètre du sol, sa tige
mesure environ 22 centimètres de diamètre,
et une branche principale, 20 centimètres.
Cette Glycine serait âgée, dit La Nature,
de cinquante-cinq à soixante ans. Mais il
n’est pas certain que ce soit là le plus vieil
exemplaire de cette plante. Il nous sou-
vient d’en avoir admiré une, dans le village
de Leuville, près de Montlhéry, il y a une
quinzaine d’années. Sa maîtresse branche
traversait la principale rue du village d’une
maison à l’autre, formant ainsi au-dessus
de la rue un arc de verdure et de jolies
fleurs. Nous ne pûmes alors nous rensei-
gner exactement sur son âge et ignorons
si elle existe encore aujourd’hui. Il con-
viendrait de citer encore le gros exemplaire
qui tapissait jadis la vieille maison de l’éta-
blissement du Grand- Jardin, à Angers,
chez M. Louis Leroy.
Les dates du « Temple Show » et de
l’Exposition de Paris en 1897. — La
Société royale d’horticulture de Londres
donnera, en 4897, son exposition dite du
« Temple Show » les 26, 27 et 28 mai, tan-
dis que l’exposition de la Société nationale
d’horticulture de France aura lieu du 2 au
7 juin. Par suite, les amateurs d’horticul-
ture qui tiennent à admirer ces deux élé-
gantes floralies ne se trouveront plus en
face d’une coïncidence de dates qui se pro-
duit assez souvent.
Il est vrai que l’époque choisie à Paris
nuira peut-être à l’exhibition de plantes à
floraison hâtive, telles que les Azalées et les
Rhododendrons, mais beaucoup d’autres
végétaux à floraison estivale s’y produiront
mieux. D’autre part, les jardiniers auront
la chance de les examiner plus à l’aise,
leurs plantations de printemps étant géné-
ralement terminées à cette époque.
Le Choisya ternata en pots. — Sous
ce titre, nous relevons, dans le Garden du
26 décembre dernier, une idée pratique. Le
Choisya ternata, renommé comme un
excellent arbuste à placer dans les parties
abritées d’un jardin, n’est presque jamais
rencontré en pots. Il pourrait pourtant
rendre des services réels en serre froide ou
en orangerie. De forts exemplaires, plantés
en grands pots ou en caisses, de manière à
laisser à leurs racines toute la place voulue,
jouiraient à un moment donné, grâce à leur
feuillage lustré et à leurs fleurs blanc pur
et parfumées, d’une faveur égale à celle
qu’on accorde aux Pittosporum, Mespilus,
Skimmia, Lauriers-Tins, etc.
52
CHRONIQUE HORTICOLE.
OUVRAGES REÇUS.
Traité d’horticulture pratique, par Georges
Bellair : Culture maraîchère, arboriculture
fruitière, floriculture, arboriculture d’orne-
ment, multiplication des végétaux, maladies et
animaux nuisibles. — Ouvrage couronné par
la Société nationale d’horticulture de France
(prix Joubert de l’Hyberderie). — Deuxième
édition corrigée et très-augmentée. — 1 vol.
in-12, cartonné, de1,282 pages avec 598 figures
dans le texte. Prix: 8 fr., à la Librairie agri-
cole de la Maison rustique^ 26, rue Jacob, à
Paris.
Les Rosiers, par MM. Cochet-Cochet, rosié-
riste à Goubert, et Mottet, membre de la So-
ciété nationale d’horticulture de France : His-
torique, description des principales espèces,
classification, multiplication (bouturage, mar-
cottage, greffage), culture en plein air, en
pots, forçage, choix de variétés groupées
d’après leur origine, fécondation et hybridation
artificielles, maladies et insectes. — 1 vol.
in-18, cartonné toile, de la Bibliothèque d'hor-
ticulture et de jardinage, de 270 pages et
50 figures dans le texte. Prix: 2 fr. 50, à la
Librairie agricole de la Maison rustique, 26,
rue Jacob, à Paris.
Calcéolaires, Cinéraires, Coléus, Hélio-
tropes, Primevères de Chine, etc., descrip-
tion et culture, par Jules Rudolph, lauréat de
la Société nationale d’horticulture. — 1 vol.
in-12, cartonné toile, de \si Bibliothèque d’hor-
ticulture et de jardinage, de 162 pages^avec
38 figures dans le texte. Prix: 2 fr., à la Li-
brairie agricole de la Maison rustique, 26,
rue Jacob, à Paris.
Culture des Fougères exotiques, par
Adolphe Buyssens, ancien professeur à l’École
cantonale d’horticulture de Genève. — 1 vol.
in-12, cartonné toile, de la Bibliothèque d’hor-
ticulture et de jardinage, de 188 pages avec
figures dans le texte. Prix : 2 fr., à la Librairie
agricole de la Maison rustique, 26, rue Jacob,
à Paris.
Les Raisins précoces pour le vin et la
table, parV. Pulliat. — 1 vol. in-4<> de 130 pages
avec 26 planches. Prix : 7 fr.
L’ouvrage Les Raisins précoces peut être
considéré, au milieu des œuvres nombreuses
dont M. V. Pulliat a doté la viticulture,
comme un de ses travaux les plus utiles.
Après une étude sur la classification des
variétés de Vigne; la question de la plantation
et de la taille à appliquer aux Raisins de
table est traitée avec tous les développements
nécessaires.
Les résidus industriels employés comme
engrais, par Larbalétrier. Petit in-8; prix 2 f. 50
à la librairie Masson et 120, boulevard
Saint-Germain, à Paris.
Jv’auteur a réuni, dans ce volume, un grand
nombre de documents, de chiffres, d’analyses
et de recherches personnelles qui intéressent
au plus haut point les industriels et les agri-
culteurs. Le cultivateur ne doit rien laisser
perdre ; tout résidu azoté ou phosphaté doit
être utilisé dans la fertilisation, mais le mode
d’emploi n’est pas toujours le même, et l’au-
teur n’a pas manqué de donner à ce sujet les
indications nécessaires.
L’origine hybride du Lilas Varin. —
En 1891, M. Franchet, notre collaborateur,
analysait ainsi, dans la Revue horticole ^,
les données connues sur l’origine probable
du Lilas Varin {Syringa vulgaris, L., var.
duhia (Syringa duhia, Pers.; Syringa
chinensis, WHlld.) :
« Quelques auteurs, Spach en particulier,
ont paru disposés à admettre que le Lilas Va-
rin était un hybride du Lilas commun et du
Lilas de Perse; c’est très-possible, et de Gan-
dolle dit que Varin, de Rouen, Fobtenteur de
cette forme, affirmait qu’elle s’était trouvée
dans un semis de Lilas de Perse. Quoi qu’il en
soit, une forme toute pareille était cultivée
dans les jardins de Pékin dès le commence-
ment du siècle ; Wildenow avait sans doute
assez vaguement eu connaissance du fait,
puisqu’il signale son Syringa chinensis, non
sans hésitation, comme venant de la Chine,
tout en lui attribuant en même temps une ori-
gine hybride. Depuis cette époque, Bunge a vu
la plante cultivée à Pékin, sans toutefois la
distinguer du S. oblata, Lindl. Comme on ne
peut guère supposer que le Lilas Varin ait été
importé en Chine dès la fin du siècle dernier,
il faut bien croire que c’est là une forme qui
s’est manifestée, indépendamment, dans les
deux pays, aux limites extrêmes de l’ancien
monde. »
Aujourd’hui, l’hypothèse émise par Spach
est changée en certitude. En effet, nous
lisons dans une note publiée parM. Foussat
dans le Bulletin de la Société centrale
d'horticulture de Nancy :
« R y a quelques années, MM. Lemoine
eurent l’idée de féconder le Lilas de Perse à
feuilles laciniées avec une des formes à fleurs
doubles du Lilas commun. Ce croisement,
couronné de succès, détermina une production
de graines d’où sortirent des Lilas Varin se
distinguant seulement de celui que nous con-
naissons par des fleurs semi-doubles; mais ils
conservèrent les caractères particuliers du type
de cette pseudo-espèce, caractères résidant
surtout dans une étroitesse accentuée des
feuilles, brièvement rétrécies en coin à leur
base.
1 Revue horticole, 1891, page 330.
CHRONIQUE HORTICOLE.
EXPOSITIONS ANNONCÉES ^
Cannes, du i 8 au 22 mars. — Une exposi-
tion des produits de Thorticulture florale, ma-
raîchère et vinicole, aura lieu à Cannes du 18
au 22 mars. Le programme comprend neuf
sections : 1» plantes de serre «chaude; 2° plan-
tes de serre froide et de plein air ; 3° plantes
et arbustes fleuris; 4“ fleurs coupées; 5» fleurs
ouvrées; 6» légumes, fruits et primeurs;
7o vins et eaux-devie; 8« instruments horti-
coles, décoration des jardins ; 9» concours des
bouquets.
Tous les horticulteurs, agriculteurs et ama-
teurs, sans distinction de résidence, sont invi-
tés à y prendre part, sauf pour les vins et eaux-
de-vie dont le concours est spécial aux Alpes-
Maritimes.
Les demandes d’admission seront adressées
à M. le président de la Société, au Secrétariat,
25, boulevard Carnot, à Cannes, avant le
1er mars.
Lyon, du 26 au 30 mai. - L’Association hor-
ticole lyonnaise, avec le concours du gouver-
ment de la République, du Conseil général du
Rhône et du Conseil municipal de Lyon, orga-
nisera, cette année, une Exposition d’horticul-
ture et des objets d’art ou d’industrie s’y rat-
tachant. Cette exposition aura lieu du 26 au
30 mai 1897, sur le cours du Midi, à Per-
rache.
Sont invités à y prendre part les horticul-
teurs, les amateurs ou leur jardiniers, et les
industriels de tous pays.
Le programme comprend 170 concours et
des prix très nombreux consistant en objets
d’art, médailles d’or, etc.
Le règlement et le programme de cette ex-
position seront adressés à toutes les personnes
qui en feront la demande au secrétaire de
l’Association, 66, cours Lafayette prolongé,
Lyon-Ailleurbanne.
Nîmes, du il au 22 juin. — La Société
d’horticulture du Gard tiendra, à Nîmes, du
11 au 22 juin, une exposition générale d’horti-
culture comprenant les fleurs, les fruits, les
légumes de la saison, les plantes, arbres ou
arbustes d’ornement, et s’étendant à l’apicul-
ture, l’enseignement horticole et apicole, la
sylviculture et les arts et industries se ratta-
chant spécialement à l’horticulture.
Le programme comprend 106 concours :
culture potagère et culture maraîchère, 9 con-
cours ; arboriculture, 18 ; plantes de serre,
32 ; plantes vivaces et annuelles, 15; fleurs
coupées, 7; bouquets et garnitures, 2; indus-
1 La Revue horticole annonce les expositions
générales ou partielles dont le programme est
adressé au Rédacteur en chef, 26, rue Jacob,
Paris.
53
trie horticole, 14; enseignement horticole, 2;
apiculture, 5; sylviculture, 3 concours.
Les personnes qui voudront prendre part à
cette exposition devront adresser leur demande
au secrétariat général de la Société, rue d’Al-
benas, 10, à Nîmes, avant le 30 mai 1897,
terme de rigueur.
Nécrologie : M. Bernard Verlot. —
Notre confrère et ami, M. Bernard Verlot,
vient de mourir dans sa 61« année, à
Verrières-le-Buisson (Seine-et-Oise), où il
occupait les fonctions de chef des cultures
expérimentales de la maison Vilmorin-
Andrieux et
Ancien jardinier-chef de l’Ecole de bota-
tanique au Muséum, où il a rendu, pen-
dant de longues années, de signalés services
à la science des plantes ; professeur à l’Ecole
nationale d’horticulture de Versailles, M.
Verlot est trop connu pour que nous ayons
besoin de faire ici son éloge. La Revue
horticole garde la trace de ses excellents
travaux dont nos lecteurs ont souvent pro-
fité. B connaissait très-bien la Flore fran-
çaise et surtout les plantes alpines, sur
lesquelles il avait publié un bon livre. Son
Guide du botaniste herborisant est resté
un vade-mecum populaire.
Sa santé, chancelante depuis quelque
temps, l’avait contraint de se démettre de
ses fonctions de secrétaire général adjoint
de la Société nationale d’horticulture, et il
est mort le 24 janvier, au milieu de sa
famille, laissant le souvenir d’un homme
droit, modeste, d’une grande aménité de
caractère et d’une érudition botanico-horti-
cole dont on trouve peu d’exemples parmi
nos contemporains.
Erratum. — Dans notre dernier nu-
méro (16 janvier 1897, p. 33, 2® colonne,
ligne 8), au lieu dJErythea palmata, il
faut lire Erythea armata. C’est le nom
exact du beau Palmier californien à feuil-
lage rigide, palmé, blanchâtre, plus connu
sous le nom de Brahea Rœzlii.
Nous profitons de cette occasion pour
dire que la floraison que nous avions cru
s’appliquer à cette plante est réellement
celle d’une autre espèce, également origi-
naire de Californie, VE. edulis, S. Watson.
Nous en publierons prochainement un des-
sin et une description due à la plume de
M. Chabaud, ancien botaniste de la marine,
qui l’a relevée sur le vif, dans le jardin de
M. Dellor, à la Biocarde, près Hyères, où
elle a eu lieu en plein air.
Ed. André.
54
PENNISETUM RUPPELLII.
PENNISETUM RUPPELLII
Une des plus jolies Graminées qui or-
nent nos jardins est, sans contredit, lePen-
nisetum longistylum, Hochst., originaire
d’Abyssinie et qui produit des épis fournis.
soyeux, d’une grande élégance. Une va-
riété à épillets violets se rencontre quel-
quefois dans les cultures.
On traite cette espèce comme plante an-
Fig. 18. — Pennisetum Ruppellii.
Port de la plante.
nuelle, bien qu’on la dise vivace en serre ou
dans les pays chauds.
Voici qu’une nouvelle venue, tout aussi
gracieuse, mais très -différente, indigène
des mêmes contrées, est apparue il y a peu
de temps, introduite par MM. Dammann et
C^®,horticulteurs à San Giovanni a Teduc-
cio, près de Naples. Elle a paru sous le
nom de Pennisetum Ruppellianum. Sa
qualification exacte est Pe7inisetum Rup-
pellii(fig. 18).
La plante forme rapidement une touffe
forte et abondante en chaumes dressés, hauts
de 80 centimètres à plus de 1*"50, puis,
feuillus depuis la base et glaucescents. Les
gaines sont glabres et ciliées sur les bords.
Les feuilles, très-étroites, ont les bords con-
volutés ; elles sont très-longues et attei-
gnent 60 centimètres et plus ; elles sont
1 Pennisetum Ruppellii, Steudel, Synopsis
plantarum graminearum, pars, I, p. 92. — P. ma-
crostachyurn, Fresen, Hochst. in 2t. Abyss..,
no 72; Rich., Cent. Fl. Abyss., II, 386 {nec
Trin).
55
QUELQUES LÉGUMES IGNORÉS OU DÉLAISSÉS.
glabres, un peu scabres, glaucescentes. I trop touffue. Elle
L’inflorescence est disposée en épi violacé, I pied des arbres ;
thyrsoïde, lâche, al-
longé (fig. d9), au
sommet de chaumes
dressés, elle varie en
longueur de 10 à
25 centimètres; les
épillets sont portés
par des pédicelles
velus ; les involu-
celles sont plumeux
à la base ; les soies
inégales dépassent
de deux à cinq fois
les épillets qui sont
triflores entre les
involucelies, les in-
férieurs sont mâles
et biflores, le supé-
rieur bisexué ; les
styles sont très-lon-
guement saillants.
Nous employons
cette jolie plante au
même usage que le
P. longistylum,
qu’elle dépasse de
beaucoup en déve-
loppement. On peut
même les associer,
en plantant la pre-
mière en bordure,
l’autre dans le cen-
tre d’une corbeille
de plantes à grand
feuillage, avec les-
quelles contraste-
ront les feuilles fines
et les épis légers et
soyeux des Penni-
setum.
L’emploi en bor-
dure ne doit pas être
conseillé ; nous en parlons après en avoir
fait l’expérience, la plante est trop forte et
Fig. 19.
Pennisetum Ruppellü-
Épi détaché.
florifères.
garnit bien les ronds au
ses épis se dégagent faci-
lement du feuil-
lage jonciforme et
sont d’un effet char-
mant. On s’en ser-
vira aussi pour les
garnitures d’appar-
tement, les bou-
quets temporaires
et perpétuels, car
les inflorescences
sèches gardent leur
coideur et leur lé-
gèreté.
La culture du
Pennisetum Rup-
pellii est extrême-
ment facile. Semis
sur couche à la fin
de mars; repiquage
soit en godets pour
transplanter avec
plus de certitude de
réussite, par tous
les temps, ou plan-
tation en place au
commencement de
mai. Pendant toute
la belle saison se
succèdent les épis
violets et soyeux,
bien accompagnés
de leur feuillage fin
et abondant. Nul
soin d’entretien que
quelques arrosages.
En plantant dans un
sol sablonneux et
pas trop fumé, et
en arrosant peu,
on obtiendra des
plantes plus courtes
et plus rapidement
Ed. André.
QUELQUES LÉGUMES IGNORÉS OU DÉLAISSÉS
Rien ne semble plus naturel que de
cherchera augmenter le nombre des plantes
que nous pouvons utiliser comme légumes,
soit pour leur valeur alimentaire, soit à
cause de leurs qualités digestives, soit même
simplement pour leur goût agréable. Et je
ne sais plus qui a dit avec beaucoup de
raison, — je ne pense pas que ce fût sim-
plement un gourmand, — que fobtention
d’une plante alimentaire nouvelle valait
mieux pour le monde que la plus glorieuse
des conquêtes violentes.
M. Paillieux a, dans ces vingt dernières
années, beaucoup fait pour introduire chez
nous, soit des colonies, soit du Japon, de la
Chine ou d’ailleurs, de nouvelles plantes
56
QUELQUES LÉGUMES IGNORÉS OU DÉLAISSÉS.
comestibles. D’autre part, avant lui, Lecoq
prétendait que beaucoup de nos espèces
sauvages pouvaient être heureusement amé-
liorées, de façon à pouvoir prendre place
parmi nos légumes usuels. Les recherches
de l’un ou de l’autre ont eu pour résultat
de nous faire connaître ou mieux appi’écier
des plantes intéressantes dont quelques-
unes sont entrées dans la pratique horti-
cole.
Mais, en regard de celles-ci, combien
d’espèces restent encore inutilisées, au point
que nous semblons même les ignorer, et
combien ont été peu à peu délaissées par
nous ! Il suffit, pour s’en rendre compte, de
parcourir soit les ouvrages horticoles qui
traitent de plantes potagères d’une façon
assez complète, soit même les catalogues
des vieilles maisons de graines.
Les succédanés de l’Épinard : Arroche,
Baselle, Tétragone, etc., paraissent être ceux
des légumes en question qu’on a le plus fa-
cilement acceptés ou gardés. La Tétragone
doit cela au mérite qu’elle a de donner, sans
monter, ses feuilles en pleine saison chaude.
Quant à la Baselle, bien qu’il en existe
plusieurs sortes méritantes et qu’elle pousse,
en été, avec d’autant plus de vigueur qu’il
fait plus chaud, le nombre de ses amateurs
en est depuis longtemps très-restreint et il
ne paraît pas que sa culture ait beaucoup
de chances de s’étendre davantage.
L’Arroclie annuelle, blonde, verte ou
rouge, qui est également un très-bon Épi-
nard d’été, est surtout cultivée comme plante
à potages. — On connaît beaucoup moins
l’Arroche Bon-Henri ou Ansérine Bon-
Henri {Chenopodium Bonus- Henricus),
plante vivace dont les feuilles peuvent
de même être utilisées comme celles
de l’Épinard. Quand les plants ont plusieurs
années et sont en pleine force, on butte les
bourgeons qui naissent au printemps et qui
sont alors gros comme le petit doigt, on les
détache sous terre, à leur base, et on les
consomme comme les Asperges. On peut
couper depuis avril jusqu’à fin juin.
On a également cultivé autrefois pour ses
tiges, ou mieux pour ses pétioles, le Mace-
ron (Smyrnium Olusatrum), qu’on but-
tait comme le Céleri. Ce dernier qui appar-
tient, comme le Maceron, à la famille des
Ombellifères, a des côtes beaucoup plus
longues, plus larges et plus charnues, avec
un arôme analogue, et il n’est pas surpre-
nant dès lors qu’il ait complètement sup-
planté l’autre dans les jardins.
Le Persil grand de Naples ou Persil à
feuilles de Céleri (Apium Latifolium) et
l’Ache de montagne ou Persil de Macédoine
(Levisticum officinale) ont été de même,
avec leurs longues côtes, buttés et blanchis
pour le même usage. C’est tout au plus si on
se sert encore de leur feuillage comme condi-
ment dans la salade, où d’ailleurs il sera
mieux accepté que les feuilles molles et gri-
sâtres du Cerfeuil musqué avec leur saveur
anisée et quelque peu sucrée.
Qui a vu les jets robustes du Houblon
(Humidus Lupulus) au printemps ne
s’étonnera pas que, dans certains pays
du Nord, en Belgique notamment, on
ait songé à les utiliser à la façon des
jeunes pousses d’ Asperge. On ne garde
alors par pied que les deux ou trois bour-
geons les plus gros. Il ne faut pas se
dissimuler toutefois que la culture de l’As-
perge s’étend de plus en plus (ce qui se
comprend fort bien, du reste) et a même
pris dans ces dernières années un dévelop-
pement extraordinaire, tandis qu’il est de
moins en moins question du Houblon
comme légume. Affaire de mérite assuré-
ment.
Parmi les plantes dont on utilise les ra-
cines à la façon des Salsifis, on cite encore
l’Énothère bisannuelle (Œnothera hiennis),
le « Jambon des jardiniers » ou « Jam-
bon de Belleville » dont les pivots renflés,
à chair blanche et ferme, sont presque
toujours passablement racineux. Sa culture
se maintient encore un peu en quelques
endroits, mais elle se restreint de plus en
plus et finira probablement par disparaître.
Tout le monde connaît la Pimprenelle
{Poterium Sanguisorha), dont les feuilles
sont fréquemment employées comme four-
niture de salade. Mais qui sait actuel-
lement que les racines de cette même Pim-
prenelle sont appréciées comme légume
dans certaines parties de l’Asie? C’est
dans la Maison rustique du XIX^ siècle
que nous trouvons ce renseignement; on
ne fait pas grand éloge du plat, qui serait
assez médiocre, mais en revanche fort sa-
lubre.
Si l’Aulnée {Inula Helenium) n’avait
pour elle que ses racines charnues, elle au-
rait depuis longtemps disparu des jardins,
où elle est loin de pouvoir rivaliser avec le
Salsifis et la Scorsonère; heureusement ses
larges et beaux capitules, d’un jaune vif,
l’ont fait garder comme espèce ornemen-
tale.
Ce n’est pas d’aujourd’hui qu’on a re-
commandé, pour ses racines, la variété cul-
57
QUELQUES LÉGUMES IGNORÉS OU DÉLAISSÉS,
tivée, au Japon surtout^ de la Bardane
commune (Arctium Lappa) qui est une
plante vivace des plus rustiques. Ces ra-
cines, longues et assez épaisses, peuvent
être récoltées au bout de deux ou trois
mois de végétation, ce qui dénote en
ce genre de plantes une précocité tout à
fait remarquable. On en a introduit,
dans ces dernières années, une variété
géante beaucoup plus intéressante que le
type; il ne paraît pas qu’elle ait été acceptée
plus facilement. Ces racines sont cepen-
dant, disent Les Plantes potagères, « fa-
ciles à rendre grosses et tendres par une
culture bien entendue et déjà, dans l’état
où nous possédons la plante, une planche
de Bardane peut fournir en produit un
poids équivalent à celui d’une planche de
Salsifis, dans un temps deux ou trois fois
plus court. »
Je ne crois pas qu’on ait jamais admis la
Gesse tubéreuse (Lathyriis tuherosus)
dans les jardins. Ses racines traçantes
en font une espèce rapidement envahis-
sante. Elle est cependant répandue un
peu partout, et les enfants surtout
recherchent les tubercules qui se déve-
loppent sur ses racines à la façon de
ceux de la Pomme de terre. Ces tubercules
à peau grise, de la grosseur d’une petite
châtaigne et qu’on va chercher dans les
champs après la moisson, renferment une
chair blanche, tendre, d’un goût agréable
même étant mangés crus ; on les fait cuire
parfois dans l’eau ou sous la cendre. Com-
parée à la Pomme de terre, la Gesse tubé-
reuse semblera évidemment une plante
sans intérêt. Il est toutefois surprenant
qu’on n’ait jamais songé à voir si on ne
pourrait en obtenir par le semis, en terrain
cultivé, de meilleurs produits, — étant
donné surtout qu’elle est connue depuis
longtemps à peu près partout, comme le
prouvent les nombreux noms sous lesquels
on la désigne : Anette, Anotte, Châtaigne
de terre, Chourles, Favouetle, Gland de
terre, Macusson, Macion, Macion, Moin-
son, Mitrouillat, Souris de terre, etc.
Dire d’une plante comestible qu’elle est
très-rustique et de culture facile, c’est,
semble-l-il, indiquer qu’elle doit être extrê-
mement répandue, même si ce n’est pas un
produit de première qualité. Ce n’est pas le
cas cependant du Bunias d’Orient {Bunias
orientalis), qui a les mérites dont nous
venons de parler : il vient au prin-
temps, de très-bonne heure, quand la
verdure est encore rare, il résiste aussi
bien à la sécheresse qu’au froid, ses
jeunes feuilles aussi bien que ses pousses
nouvelles se mangent cuites ou en salade,
et c’est, avec tout cela, une plante incul-
tivée.
On employait beaucoup autrefois les jo-
lies fleurs bleues de la Bourrache (Bor-
rago officinalis), et les corolles brunes
et odorantes de la Capucine {Tropœolum
non seulement pour orner, mais en
même temps pour assaisonner heureuse-
ment la salade. La mode change et l’usage
de ces fleurs, si fréquent autrefois que
la Maison rustique du X/X° siècle les
rangeait cc au nombre des meilleures four-
nitures » en est aujourd’hui extrêmement
rare.
Et dans les salades elles-mêmes, aujour-
d’hui que, grâce au forçage et au perfec-
tionnement des divers modes de culture, on
peut en avoir des meilleui’es sortes toute
l’année, on fait beaucoup moins attention à
celles qu’on peut récolter à l’état sauvage :
la Laitue vivace [Lactuea perennis), le
Plantain corne de cerf {Plantago Coro-
nopus), la Cardamine ou Cresson des prés,
(Cardamine pratensis), la Picridie (Picris
hieracioides), l’Hyoséride ou Biquette
{Hgoseris radiata), etc.
La Valériane d’Alger (Centranthus ma-
crosiphon), de la même famille que la
Mâche, est très-voisine de celle-ci et aussi
facilement utilisable, mais elle n’offre
aucun avantage sur elle, ce qui explique
son abandon.
Par contre, les Choux de Chine, le Pack-
choi et le Pe-tsai {Brassica chinensis),
devraient avoir un coin dans le potager.
On peut citer aussi parmi les plantes que
de rares amateurs songent à s’offrir (et
vraiment leur rareté s’explique) : la Capu-
cine tubéreuse (Tropœolum tuherosum),
dont il faut faire cuire, puis ensuite geler
les tubercules pour pouvoir les manger,
et qui constituent alors une « friandise »
aussi parfumée que désagréable, et les
diverses variétés (VOxalis ou Ocas dont les
feuilles acidulées se mangent comme celles
de l’Oseille et dont il faut faire mûrir et
fermenter les racines au soleil pour
pouvoir les consommer.
Et enfin, en dehors de ces végétaux qui
sont ou trop peu connus, ou délaissés à
tort ou à raison, ou même complètement
oubliés, il y a encore des espèces que les
anciens auteurs rangent parmi les plantes
légumières ou condimentaires, mais dont
on ne sait plus guère à quel usage elles
58
LES PAQUERETTES.
pouvaient servir : tels sont le Marrube
blanc {Marrubium vulgare), l’Épinard-
Fraise {Blitum virgatum) ni Fraise
ni Épinard, l’Aurone {Artemisia Ahro~
tanum), le Souci {Calendula vulgaris), la
Véronique d’eau ( Veronica Beccahunga),
etc. Ajoutons-y, pour faire bonne mesure,
le Concombre des prophètes {Cucumis
prophetamcm) où le peu de chair qu’il y
a à manger n’est pas mangeable à cause
de son amertume ; le Concombre des
Antilles [Cucumis Anguria), qui ne vaut
pas notre Concombre; le Concombre -
Serpent (Cucumis flexuosus), qui est un
Melon, mais qui ne peut servir que de Cor-
nichon; le Martynia cornaret [Martgnia
prohoscidea) dont on confit au vinaigre
les fruits étranges, ne sachant qu’en faire
autrement. Pour aujourd’hui, fermons-là
cette liste. G. Alluard.
LES PÂQUERETTES
L’importance horticole et la faveur dont
jouissent les Pâquerettes, ces charmantes
messagères du printemps, est trop connue
pour qu’il soit nécessaire d’en faire ici
l’éloge. Leur culture est des plus anciennes
car la plante type, la Pâquerette des prés
(Bellisperennis, Linn.), étant très-commune
et déjà admirée dans sa gentille simplicité,
eut bientôt franchi la porte des premiers
jardins.
Elle y a pris de l’ampleur et ses capitules
y ont doublé, comme ils doublent chez les
Composées, c’est-à-dire que les fleurons
jaunes et tubuleux du centre se sont rapide-
ment transformés en languettes semblables à
celles de la circonférence. En outre, une
prolifération singulière s’est présentée et a
été fixée, moins peut-être pour sa beauté
que pour sa curiosité. Cette prolifération
consiste dans le développement, autour et
sous le capitule principal, d’un certain
nombre (5 à 20) d’autres petits capitules
plus ou moins longuement pédicellés, qui
lui ont valu les noms familiers de Mère
de famille ou Mère Gigogne^ ou La
poule et ses poulets (fig. 20). Ces
petits capitules s’épanouissent successive-
ment et prolongent ainsi la florai-
son.
Les coloris de ces Pâquerettes prolifères
sont ceux des doubles ordinaires ; ils vont du
blanc pur au rouge vif. Trois couleurs sur-
tout sont fixées et se reproduisent assez fran-
chement parle semis ; ce sont : le blanc pur,
le rose et le rouge vif. Il existe aussi des pâ-
querettes panachées et l’on a même fixé une
variété blanche à cœur rouge, dans laquelle
les languettes sont blanches sur la face in-
terne, rouges sur le côté externe et, par suite
de la disposition de ces deux couleurs, on
ne voit que la rouge tant que les languettes
restent incurvées vers le centre, ce qui rend
le bouton puis le cœur rouges, et la fleur
ne devient blanche qu’à son complet épa-
nouissement.
Il existe aussi une charmante variété à
feuilles panachées^ dont les feuilles, assez
amples, sont également marbrées et réticu-
lées de jaune d’or sur fond vert. Les fleurs
sont doubles et rouges. Le principal intérêt
de la plante réside dans la panachure
voyante de son feuillage, mais elle est déli-
cate et ne se propage que par la division des
pieds ; c’est pour cela qu’elle est assez rare
dans les jardins. Il faut la cultiver en pots
et l’hiverner sous châssis, à moins qu’on ne
la plante en terre légère et au pied d’un
mur; pendant l’été ; elle peut servir à orner
les rocailles ou former de jolies bordures
dans les endroits à demi ombragés.
On a aussi créé et fixé une magnifique
race dite tuyautée (fig. 21), dans laquelle
tous les fleurons sont en effet enroulés en
petits tuyaux longs, étroits et très-nom-
breux, qui donnent au capitule une forme
hémisphérique et un cachet à la fois parti-
culier et très-élégant. Cette jolie race per-
fectionnée, dont l’obtention n’est pas encore
très-ancienne, présente déjà les coloris pré-
cités, notamment un rouge carmin foncé
très-beau et qui se reproduit assez franche-
ment par le semis.
Enfin l’ancienne race double ordinaire
se trouve aujourd’hui presque entièrement
remplacée, surtout chez les spécialistes et
par suite sur les marchés aux fleurs, par
une nouvelle race nommée à grandes fleurs
(fig. 22), dont les capitules sont en effet
beaucoup plus amples, mesurant jusqu’à
4 centimètres de diamètre et bien doubles.*
Les coloris blancs et roses sont aujour-
d’hui fixés et se reproduisent par le semis ;
LES PAQUERETTES.
59
les autres s’observent dans les plantes‘ en
mélange.
Cette nouvelle race est en quelque sorte
une forme géante de l’ancienne Pâquerette
double, carnon seulement les fleurs sont plus
grandes et plus longuement pédonculées,
F’ig. 20. — Pâquerette Mère de famille.
mais toutes les autres parties, notamment le
feuillage, sont plus fortes et plus amples.
On comprend facilement que ceux qui font
de la plante pour vendre lui accordent la
préférence, mais les amateurs ont tout
autant d’intérêt à l’adopter.
Fig. 21. — Pâquerette double à fleur tuyautée.
Culture. — Il est peu nécessaire de
nous appesantir sur le traitement des Pâque-
rettes, tant il est facile de les multiplier et
de les cultiver. Le semis et la division des
pieds sont les moyens de multiplication
applicables à ces plantes. La division s’em-
ploie pour propager les variétés qui ne se
reproduisent pas de graines et celles qui
sont rares ou délicates. L’opération se fait
de préférence tout de suite après la florai-
son et, l’on peut diviser les fortes touffes
en autant de fragments qu’il y a de rosettes
dans chacune d’elles. Ces éclats sont repi-
qués de suite en planches de terre meuble
et fertile et à environ 15 centimètres en
tous sens.
Le semis s’emploie de préférence à la
division pour propager en quantité toutes
les races et variétés qui donnent des graines
et qui se reproduisent assez franchement
par ce procédé. On sème les graines en
juillet-août, en pépinière, on repique les
Fig. 22.— Pâquerette double à yrande fleur.
plants une fois en pépinière, puis on les
met en place et en moite, à l’automne si on
le peut, ou alors de bonne heure au prin-
temps. Pendant les grands froids, il n’est
pas inutile de couvrir les piaules avec un
peu de litière sèche et, pour avoir des
plantes bien feuillues et fleuries de bonne
heure, les jardiniers couvrent leurs plantes
de châssis reposant sur des pots renversés.
Ce traitement est, comme on le voit,
exactement celui qu’on applique aux Pen-
sées, Silènes et Myosotis à floraison printa-
nière et avec lesquels les Pâquerettes s’asso-
cient du reste parfaitement. On en fait des
charmantes bordures de plates-bandes ou
de corbeilles ainsi que des touffes le long
60
BILLBERGIA CANTEBÆ.
des allées des jardins potagers ; on les met
aussi facilement en pots à l’approche de la
floraison pour l’ornement des fenêtres et
des balcons et l’on en vend beaucoup au
printemps sur les marchés aux fleurs, toutes
fleuries et en petites bourriches d’une dou-
zaine de pieds environ, que les amateurs
emploient pour orner tout de suite leur
jardinet.
S. Mottet.
BILLBERGIA GANTERÆ
Le genre Billbergia, de la famille des
Broméliacées, est représenté au Brésil par
de nombreuses formes, plus abondantes sous
l’Equateur et dans la zone intertropicale
qu’en s’approchant des régions plus aus-
trales. Cependant le Paraguay en nourrit
plusieurs belles espèces, et la province de
Rio Grande do Sul, qui n’est séparée de
l’Uruguay que par le Pvio Cuareim, n’en est
pas dépourvue.
C’est de ces parages et de ceux du Rio
Cuaro, que nous avons visités en 1890, en
compagnie de MM. Arechavaleta et Cantera,
de Montevideo, que AÛent l’espèce aujour-
d’hui publiée par la Revve horticole. La
première floraison a eu lieu dans une de
mes serres de Lacroix (Indre-et-Loire), en
octobre 1895.
L’espèce est nouvelle et je la dédie avec
grand plaisir à l’un de mes compagnons de
voyage, M. Cornelio Cantera, dont le zèle
pour la botanique et l’horticulture ne cesse
de s’exercer par l’introduction en Europe
des produits végétaux de son pays.
Le Bülbergia Canteræ ^ est une plante à
feuilles dressées, peu nombreuses, serrées, im-
briquées en fourreau étroit et cylindrique, lon-
gues de 0™50 à 0™60, larges de 0“08 à OmlO,
’ Billbergia Canteræ., Ed. André, nov. sp.,
foliis perpaucis, assurgentibus, in tubum arcte
imbricatis, 0^50 - 0“60 longis, 0“08 - 0"^10 latis,
supra viridibus, subtus lepidotis, obtusis, apice
brevi torto dejecto, aculeis marginalibus re-
motis brevibus ; scapo nutante, 0*“30 longo foliis
(spica inclus») breviore ; foliis bractealibus vivide
roseis, ovato-lanceolatis; acutis, remolis, margine.
incurvis, leviter striafis, 0“‘10 longis, 0“*030 -
0"'040 latis; spica 10-15 tlora, rachide cum ova-
rio calyceque albo lanato ; floribus sessilibus,
ovario turbinato, calloso, sepalis appressis obtusis
costatis, 0*“012 longis coronato, petalis pallide
stramineis, 0‘"012 longis, 0*“005 latis loriformibus
extrorsum involutis ; staminibus erectis, in tubum
subconnatis, filamentis pallide cæruleis, antheris
liliformibus, polline flavo, stylo cærulescente,
stigrnatibus spiraliter tortis.
Brasilia australis.
Arnicissirno Cornelio Cantera dicavi.
E. A.
vertes en dessus, lépidotes en dessous, obtuses
avec une pointe courte et tordue, déjetée, et des
aiguillons marginaux distants et courts.
La hampe est pendante, longue de 0»lS0,
plus courte que les feuilles y compris l’inflo-
rescence. Les feuilles bractéales, d’un rose de
Chine vif, sont ovales-lancéolées, aiguës, fine-
ment striées, à bords concaves, longues de
0^10, larges de O'nQSO à 0^^1048, séparées de
l’épi qui se compose de 10 à 15 fleurs. Le
rachis est blanc feutré comme l’ovaire et le
calice. Les fleurs sont sessiles ; l’ovaire tur-
biné, renflé, calleux au sommet, porte les
trois sépales apprimés, obtus, côtelés, longs
de 0'«012; les pétales sont d’un vert-jaune
jaune pâle_, longs de 0ni055, larges de 0m005,
roulés en dehors, loriformes, un peu aigus.
Les étamines, connées en fourreau, sont dres-
sées, un peu plus courtes que les pétales, à
filets d’un blanc bleuâtre devenant indigo au
connectif, à anthères filiformes, longues de
0»i015, à pollen jaune pâle. Le style, d’un
bleu pâle, porte les 3 stigmates tordus en
spirale.
Cette belle plante appartient à la section
Helicodea du genre Billbergia. Elle n’est
pas encore au commerce et je suis seul ac-
tuellement, — tout me porte à le croire, —
à la posséder en Europe. Quelques rejetons
me permettront d’en faire des échanges à
l’occasion avec les broméliophiles qui dési-
reraient la posséder.
Sa culture sera la même que celle de
toutes les espèces à feuilles dures, comme
lesÆehmea et Billbergia des régions aus-
tro-américaines, c’est-à-dire une simple
serre froide, des arrosages fréquents pen-
dant les végétations, puis une sécheresse
prolongée comme celle qui règne souvent
dans les régions où croissent ces plantes,
ce qui les porte à la floraison.
On pourra probablement l’essayer avec
succès en plein air, dans les fissures des
roches du calcaire jurassique de la « Côte
d’azur, » de Nice à Menton, au besoin avec
un léger abri hivernal contre les froids ac-
cidentels. Ed. André.
Beinie HotUcoU
Billberqia ■ Ca u terœ ■
l’éborgnage appliqué aux rameaux de prolongement du poirier.
61
L’ÉBORGNAGE
APPLIQUÉ AUX RAMEAUX DE PROLONGEMENT DU POIRIER
A l’heure actuelle, il convient de songer
à la taille des rameaux de prolongement de
chacune des branches de charpente. Cette
taille du Poirier, qui doit de préférence se
pratiquer à la serpette et seulement après
celle des petites branches fruitières, se fait
à une longueur variable, suivant la position
même de ces branches de charpente, qui
peut être horizontale, oblique ou ver-
ticale.
En supposant qu’il s’agisse de tailler un
prolongement de Poirier d’une longueur
d’un mètre, dirigé horizontalement, il con-
viendra de le rabattre d’un quart environ,
soit de 25 centimètres et sur un œil en
dessous. Ce même prolongement dirigé :
l'’ obliquement, le sera d’un tiers, soit de
33 centimètres et aussi de préférence sur
un œil en dessous ; 2° verticalement, de la
moitié de sa longueur, soit de 50 centi-
mètres, sur un œil faisant face à la der-
nière coupe. Ces mesures répondent aux
exigences de la nature, et cette ablation du
prolongement, faite dans les conditions que
nous venons d’indiquer, reste proportion-
nelle au développement même du rameau,
et a pour objet : de maintenir la sève sur
un nombre plus restreint d’yeux ; de forcer
ceux de la base du prolongement, souvent
mal conformés et aplatis, à se développer
soit en dards, soit en brindilles plus ou
moins vigoureuses.
Mais s’il est vrai qu’à la suite de cette
taille, on arrive à forcer les yeux de base
du prolongement à ne pas s’annuler, il est
vrai aussi que par la force ascensionnelle
de la sève, notamment sur les rameaux
verticaux et plus spécialement sur le pro -
longement du Poirier en fuseau, les trois ou
quatre yeux qui avoisinent directement
l’œil de taille se développent avec une vi-
gueur presque toujours trop considérable,
que le pincement même n’arrive pas à af-
faiblir. suffisamment et à empêcher d’avoir
un fort empâtement.
Or, c’est précisément pour obvier à cet
inconvénient que nous consignerons ici un
procédé qui nous a constamment donné
d’excellents résultats et que nous indique-
rons chaque année dans nos cours d’arbo-
riculture fruitière à l’Association philo-
technique de Paris et aux Sociétés d’hor-
62
PÉLORIE DU SCIADOCALYX DIGITALIFLORA.
ticuUure de Melun et de Provins où il a été
mis en pratique et apprécié.
Ce traitement particulier consiste en ceci :
Soit un rameau de prolongement ver-
tical A (fig. 23), la taille se fera en a, et si
les choses restent en cet état, on obtiendra,
l’année suivante, après la végétation, le ré-
sultat indiqué en B, c’est-à-dire un nou-
veau prolongement et quatre rameaux plus
ou moins vigoureux qu’il conviendra de
tailler en a. On remarquera qu’ici les deux
rameaux qui avoisinent le terminal doivent
être taillés jusque sur l’empâtement dans
le but de les affaiblir et d’en obtenir
d’autres productions moins vigoureuses,
aptes à la fructification. C’est, en somme,
une année de retard, ou autrement
dit ce qui se passe généralement sur les
prolongements de cet arbre fruitier.
Mais si, lors de la taille de ce même pro-
longement A, on avait pris soin d’ëborgiier
avec précaution et à la serpette les yeux 1 ,
2 et 3, sans toucher, bien entendu, aux
sous-yeux qui les accompagnent, on aurait
obtenu un résultat tout autre et différent,
celui indiqué en G ; c’est-à-dire : de jeunes
dards ou de faibles brindilles nés des sous-
yeux, au lieu de rameaux à bois plus ou
moins forts.
A la suite de cet éborgnage^ les yeux
médians du rameau de prolongement et
ceux de base auront toujours une tendance
naturelle à se mieux développer; et lors de
la taille en sec il suffira de raccourcir à
3 bons yeux chacun des rameaux qui ont
été pincés à quatre ou cinq feuilles. (Voir
fig. 23), branche G taillée en a.
En un mot, cette opération de V éborgnage
appliqué aux rameaux de prolongement
du Poirier nous paraît absolument re-
commandable. Elle a surtout son utilité et
son efficacité sur les flèches du fuseau,
sur les rameaux de prolongement des
branches latérales des pyramides, des pal-
mettes et candélabres en espalier ou en
contre-espalier. Elle permettra toujours
d’obtenir une plus prompte fructification,
surtout sur les sujets vigoureux, qu’en
traitant par le pincement les bourgeons
nés des yeux normaux dans le voisinage
du terminal, c’est-à-dire de l’œil de taille.
Gh. Grosdemange.
PÉLOHIE DU SCIADOCALYX DIGITALIFLORA
Les cas tératologiques ne sont pas très-
rares dans les fleurs de Gesnériacées. Je
n’ai pas à en parler ici au point de vue
morphologique, à en rappeler l’histoire et
la bibliographie, mais à considérer un cas
de pélorie d’une plante originaire de la Go-
lombie (Nouvelle-Grenade), que j’ai décrite
autrefois sous le nom de Sciadocalgx di-
A
Fig. 24. — Fleur péloriée de Sciadocalyx digitaliflora, de grandeur naturelle.
A. — Face antérieure de la fleur. — B. Face postérieure.
gitaliflora ^ et à chercher quelles peuvent
en être les applications horticoles.
1 Sciadocalyx digitaliflora, Ed. Andr.,in Lind.
lllust. horlic., 187Ô, p. 95.
Dans le courant de l’année dernière, un
pied de cette plante, que je cultive à La-
croix, se mit à produire, non pas une fleur
monstrueuse, mais une série de fleurs
CULTURE DE LA POMME DE TERRE SOUS CHASSIS.
63
montrant toutes des déformations ana-
logues. D’abord la corolle, au lieu d’être
tubuleuse-oblique, comme dans la plupart
des Gesnériacées, et d’avoir ses lobes verts,
d’une nuance si curieuse, étalés suivant un
plan incliné sur l’axe en long de la
fleur, était régulière et à segments rabattus
horizontalement (fig. 24 A). Puis, à l’exté-
rieur du tube, et parallèlement à lui, trois
autres rudiments de fleurs se montraient
réduits à un demi-tube à bords convolutés,
dépourvus de lobes au sommet (fig. 24 B),
mais ayant le même tissu, la même cou-
leur rose-lilacé et la même surface hispide.
Le nombre des sépales se ressentait aussi
de cette déformation : au lieu de 5 il était
de 6 ou 7, mais toujours avec les lobes ra-
battus en parasol, caractère sur lequel le
genre Sciadocalyx a été fondé par Regel.
La conclusion que je voudrais tirer de
cette transformation ou dédoublement de la
corolle de cette plante, c’est une tendance à
la duplicature dont les horticulteurs fe-
raient bien de s’emparer. Quand on pense
à ce que sont devenus les Gloxinias entre
les mains d’habiles semeurs comme Van
Houtte, Vallerand, etc., après l’infusion
d’une sève nouvelle apportée par le pollen
d’autres genres et d’autres espèces, il est
permis d’espérer que les graines sorties de
ces fleurs tendant à la duplicature donne-
ront des produits curieux à travailler et à
perfectionner.
J’insiste sur ce point parce qu’il s’agit
d’une fort belle plante, qui n’est pas assez
répandue, et dont l’aspect est aussi extraor-
dinaire que décoratif, avec ses grosses co-
rolles tubuleuses, dont le tube est rose et
les lobes d’un vert sablé de points pourpres.
Nous avons des Cyclamens à fleurs dou-
bles ; les Gesnériacées à fleurs doubles,
dont il y a encore peu d’exemples, sont
encore à développer et à répandre.
Ed. André.
CULTURE DE LA POMME DE TERRE SOUS CHÂSSIS
Bien que la culture forcée de la Pomme
de terre tende de plus en plus à être dé-
laissée, par suite de la facilité et de la rapi-
dité des moyens de communication qui ap-
provisionnent largement les marchés des
villes des produits du Midi, nous pensons
cependant que ceux-ci ne peuvent être com-
parés comme fraîcheur et qualité aux pro-
duits similaires qu’on peut récolter soi-
même dans son jardin, quelques heures
avant la consommation directe.
Cette culture, faite d’ailleurs seulement
au commencement de février, n’est pas
aussi dispendieuse et aussi aléatoire que
celle faite en haute primeur dès la première
quinzaine de décembre ; dans tous les cas,
elle donnera toujours de meilleurs résul-
tats, surtout au point de vue du rende-
ment.
B est certain que dans les propriétés
éloignées des villes elle pourra rendre de
signalés services au jardinier qui aura à sa
disposition du fumier de cheval, ou à son
défaut, des feuilles saines conservées en
tas, quelques coffres, des châssis et des
paillassons, c’est-à-dire les éléments et le
matériel des cultures de primeurs ou sim-
plement hâtées.
En prévision de cette culture, il importera
donc de réserver de bons tubercules pour la
semence. On recherchera surtout ceux de la
variété Marjolin, connue encore sous le
nom de Kidncif, qui est la plus avantageuse
pour planter à l’époque présente.
Cette variété offre la particularité de ne
présenter, en général, qu’un très-petit
nombre d’yeux, toujours placés au sommet
et à ras du tubercule, que l’on appelle aussi
couronne, et non dans des cavités, comme
dans la plupart des autres variétés.
Voici à ce sujet comment feu M. A. Hardy,
notre maître vénéré, recommandait de
choisir et de préparer les tubercules de la
Pomme de terre Marjolin destinés à la
semence :
« Ces tubercules se choisissent au mo-
ment même de la récolte, c’est-à-dire à la
fin de juin, en prenant le soin de détourner
les mieux faits qu’on laisse sur le sol pen-
dant quelques jours, et en attendant, pour
les rentrer, qu’ils aient pris une teinte ver-
dâtre. Cette semence, bien sèche et bien
nette, se place ensuite debout, dans des
caisses à claire-voie et à l’abri des gelées,
dans un local aéré, à température peu élevée
et à peu près constante.
« Gn doit avoir un soin tout particulier
de conserveries germes intacts, et lorsqu’ar-
rive l’époque de la plantation, certains cul-
tivateurs recommandent de hâter le déve-
loppement des yeux en mettant les tubercules
dans une pièce à température plus douce.
Ce procédé offre l’avantage de donner des
pousses assurées et vigoureuses. Il peut ar-
QUELQUES PLANTES UTILES EXOTIQUES, AU POINT DE VUE ORNEMENTAL.
river en effet que des tubercules dont on n’a
pas ainsi hâté la germination ne se dévelop-
pent pas.
« D’autres cultivateurs recommandent
même, dans le but d’obtenir une fane vi-
goureuse, de ne laisser à la semence qu’un
seul germe à la couronne, ce qui nécessite
alors de recourir absolument à la prépara-
tion précédente. »
Les tubercules étant choisis et préparés
comme il vient d’être dit, on procède à leur
plantation sur une couche de 40 centi-
mètres d’épaisseur, à laquelle on peut avan-
tageusement mélanger des feuilles ou du fu-
mier, et pouvant, dans tous les cas, fournir
25 degrés de chaleur de fond au maximum.
On l’entoure d’un réchaud, puis on charge
de 20 centimètres de terreau ou mieux de
bonne terre maraîchère. Le terreau hâte de
quelques jours la récolte, mais produit des
Pommes de terre plus petites et en moins
grande quantité que la terre.
On a aussi conseillé de coucher les tiges
afin d’avoir une récolte plus abondante.
L’expérience comparative faite dans ce sens
a démontré que les fanes courbées donnaient
en effet des tubercules plus nombreux, mais
sensiblement plus petits que sur les pieds
dont les tiges avaient été laissées dans la po-
sition verticale.
La plantation se pratique à raison de
quatre rangées par coffre, distantes de 30 cen-
timètres l’une de l’autre, en laissant, entre
le haut du coffre et le premier rang,
un intervalle de 20 centimètres. Les tuber-
cules se plantent en quinconce, à 25 centi-
mètres sur la ligne, en les recouvrant d’en-
viron 4 à 5 centimètres de terre. Ces dis-
tances permettent de placer, dans chaque
coffre de 2 châssis, 28 pieds de Pomme de
terre, pour des châssis de 1 mètre de lar-
geur et de 1™33 de longueur.
Pendant la végétation, il importe d’éviter
l’étiolement et la pourriture, et de donner
conséquemment de l’air aussi souvent que
possible et des arrosages très-modérés.
Pour entretenir une température constante
dans l’intérieur de la couche, on remanie
les réchauds toutes les fois que cela est né-
cessaire, et l’on couvre les châssis avec des
paillassons pendant la nuit.
Bien que certains cultivateurs prétendent
qu’il n’est pas utile de butter la Pomme
de terre Marjolm cultivée sous châssis,
M. Hardy pense, au contraire, que cette opé-
ration est indispensable, parce que, dans
cette variété, les tubercules tendent toujours
à remonter et même à sortir du sol, ce qui
les fait verdir et perdre de leur qualité.
La récolte doit se pratiquer en détachant
avec précaution, à la main, les tubercules
jugés les plus gros, après quoi la terre est
remise en place et les racines recouvertes
avec soin. Par ce procédé, elle est successive
et peut durer ainsi quinze jours, trois se-
maines, un mois au plus.
Cette culture, commencée dans les pre-
miers jours de février, permet de récolter
soixante jours environ après la plantation,
soit à la fin de mars ou au commencement
d’avril ; et, généralement, les jardiniers in-
telligents s’efforcent d’obtenir ce résultat
pour le jour de Pâques, qui tombe fréquem-
ment aux époques indiquées ci-dessus.
Ch. Grosdemange.
QUELQUES PLANTES UTILES EXOTIQUES
AU POINT DE VUE ORNEMENTAL
Il y aurait à faire, dans le monde des
plantes, plusieurs grandes divisions, qui
nous feraient classer les végétaux généra-
lement cultivés en : 1® plantes à la mode ;
2° plantes résistant aux fluctuations de la
mode ; 3^^ plantes curieuses ou originales
à un titre quelconque ; 4° plantes ou-
bliées.
Nous abordons déjà un sujet bien étendu
en voulant traiter, même sommairement,
de la troisième division des végétaux en cul-
ture, c’est-à-dire les plantes curieuses ou
originales à un titre quelconque. Cette qua- !
lité de ces plantes peut être envisagée à '
deux points de vue différents : 1® comme
suite d’une conformation particulière ou
anormale de certains organes; 2® par le
sentiment qu’éveille en notre esprit la vue
d’un végétal doué de propriétés bienfai-
santes ou malfaisantes pour l’homme. Et
quel est celui qui, à la vue d’une plante
dont il a déjà apprécié les services ou ap-
pris l’usage et l’histoire, quel est celui, dis-
je, qui ne s’intéressera pas à elle, qu’elle
soit belle ou non ?
Certes, notre flore indigène médicale
I n’est pas riche en espèces d’ornement ;
mais il n’en est pas de même de la flore
65
QUELQUES PLANTES UTILES EXOTIQUES, AU POINT DE VUE ORNEMENTAL.
exotique qui pourrait fournir un beau et
nombreux contingent à l’ornementation
des serres. Et la culture de ces plantes ne
serait que plus méritante sous nos abris
vitrés, car si l’on visite même le plus riche
d’entre eux, n’est-on pas fatigué un peu de
voir cette splendide végétation tropicale
être presque toujours la même dans ses for-
mes, c’est-à-dire offrir à nos yeux, avec
l’aspect lourd des Musa, les éventails des
Latania, Pritchardia, Thrinax, Cha-
mærops, les longues pennes des Phœnix,
Areca, Kentia, les frondes sévères et som-
bres des Gycadées et les fines dentelles des
Fougères; les Aroïdées épaisses tranchent
parfois dans l’ensemble, avec des Dracæna
ou des Croton, mais malgré cela, l’aspect
des serres est trop uniforme souvent et fa-
tigue l’esprit, comme si l’on avait à la vue
un décor toujours semblable.
Aussi, conseillons-nous aux amateurs de
joindre, à leurs végétaux classiques d’orne-
ment quelques-unes des plus belles parmi
les plantes officinales ou industrielles, dont
ils seront ainsi intéressés à soigner la
culture et à en faire montre à leurs connais-
sances. La liste en serait longue si l’on vou-
lait seulement tout citer; il y aurait un vo-
lume à écrire là-dessus, et nous nous
sommes borné à un choix des plus méri-
tants parmi celles qu’il nous a été donné
de cultiver.
La Salsepareille de la Jamaïque {Smilax
Sarsaparilla, L.), de la famille des Smila-
cées, est un arbuste sarmenteux et grim-
pant, aux tiges quadrangulaires armées d’ai-
guillons recourbés, aux feuilles alternes,
ovales-cordi formes, un peu acuminées, gla-
bres, coriaces, offrant à leur base deux
vrilles ; les fleurs dioïques sont insigni-
fiantes et sont remplacées par un fruit (baie)
sphérique, violacé. Nous ne l’avons jamais
vu fleurir. Sa valeur ornementale réside
dans la persistance de son feuillage, dans
sa vigueur végétative, si on lui donne une
bonne nourriture ; culture en serre chaude
ou tempérée ; sol substantiel — demi-terre
de bruyère, un quart terreau de feuilles,
un quart terre franche. — Multiplication
facile de boutures de tiges pourvues de
deux à trois yeux. La Salsepareille de la
Vera-Cruz {Smilax medica, Schlecht.) est
une très-belleespèce décorative, remarquable
par des tiges très-vigoureuses, pourvues de
forts aiguillons, à feuilles amples, coriaces,
d’un vert foncé marbré de taches blanches
irrégulières. Même culture.
Le Gingembre officinal (Zmgïber offici-
nale, Rose.), {Amomum Zingiher, I^.), de
la famille des Zingibéracées, originaire des
Indes Orientales et cultivé en Amérique,
est une plante rhizomateuse, à végétation
annuelle, émettant des tiges hautes de 60 à
80 centimètres, à feuillage d’un beau vert;
l’ensemble de la plante rappelle en petit
V Hedgehium Gavdnerianum ou certains
Glohba. Culture en serre tempérée. Mise en
végétation des rhizomes au printemps, en
terrines peu profondes, en touffe, compost
substantiel. Repos complet d’octobre en
mars. Rempotage annuel.
Le Cannellier [Cinnamomum zeyla-
nicum, Nees) [Laurus Cinnamomum,
L.), est un arbre de la famille des Lauri-
nées; originaire de Ceylan, on le cultive à
l’Ile-de-France, aux Antilles, à Cayenne, etc.
Tronc atteignant jusqu’à 10 mètres ; feuilles
opposées irrégulièrement, elliptiques ou
ovales-lancéolées, lisses et vertes en dessus,
cendrées en dessous, coriaces, à trois nervu-
res(rarementcinq) longitudinales bien mar-
quées. Fleurs unisexuées, insignifiantes,
fruit (baie) violet. Plante remarquable par
la beauté et la persistance de son beau
feuillage lisse et vert foncé, par la vigueur de
sa végétation. Les jeunes feuilles, avant leur
complet développement, sont d’un rouge
vif. Culture en bonne serre tempérée ; sol
très-substantiel. Rempotage annuel ou cul-
ture en pleine terre, en serre, où la plante
acquiert vite un développement extraordi-
naire. On ne peut lui reprocher qu’une vé-
gétation trop divariquée. Supporte assez
bien la taille.
Le Santalin blanc (Sanfa^ttm L.),
qui appartient à la f aille des Santalacées,
se rencontre depuis fl ide jusqu’aux îles du
Pacifique. Cet arbre fo irnit le bois célèbre
de Santal. Rameaux ét des, feuilles oppo-
sées, ovales-elliptiques, vertes en dessus,
glauques en dessous. Intéressant par son
feuillage abondant, persistant ; sol substan-
tiel ; serre tempérée. Multiplication difficile
par le bouturage.
Le Poivrier aromatique {Piper ni-
grum, L.) {Piper aromaticum, Poir.), de
la famille des Pipéracées, est un arbuste
grimpant, originaire des Indes, qui pour-
rait - rendre de grands services comme
plante grimpante, dans les serres, pour en-
tourer les colonnettes, etc. ; il est surtout
ornemental par ses feuilles très-durables,
cordiformes, d’un vert noir, très-abon-
dantes. Il fleurit abondamment, mais nous
ne l’avons jamais vu porter des graines.
Culture en serre chaude ou tempérée, sol
66 QUELQUES PLANTES UTILES EXOTIQUES, AU POINT DE VUE ORNEMENTAL.
substantiel. Éviter de mouiller les feuilles
avec de l’eau renfermant du calcaire, car
elles se tachent facilement. Nous citerons
encore, à part cette espèce qui donne le
Poivre noir du commerce, le Poivrier
Cubèbe ou P. à queue (Cuheha officinalis,
Miquel) (Piper Cuheha, L.) moins décoratif
que le premier, le Poivrier long (Chavica
officinarum, Miq.) (Piper longum, L.)
qui n’est pas grimpant, mais fournit un
feuillage ample, abondant, d’un beau vert
clair; c’est le Poivre long du commerce.
Multiplication très-facile de boutures de
tiges en toute saison. Tous ces arbustes
sont aromatiques.
Le Tamarinier indien (Tamarindus in-
dica, L.), appartient à la famille des Légu-
mineuses. Il est originaire de TÉgypte, de
l’Asie occidentale et des Indes. C’est un
arbre à tige élevée, à écorce brune, à ra-
meaux plutôt horizontaux et divariqués.
Feuilles alternes, pinnées sans impaire,
composées de 10 à 18 paires de folioles oppo-
sées, petites, elliptiques, glabres. Fleurs
assez grandes, d’un jaune-verdâtre veiné
de rouge. Ne fleurit pas souvent dans les
cultures. Le feuillage du Tamarinier est
d’un vert très-gai, très-agréable à l’œil, sa
légèreté fait une diversion heureuse parmi
les autres feuillages. Culture en serre
chaude ou bonne serre tempérée. Sol subs-
tantiel ; rempotage exigeant des précau-
tions pour ne pas trop froisser les racines.
Multiplication par graines.
Le Vanillier officinal (Vanilla aroma-
tica, Swartz) est trop connu pour que
nous ayons besoin d’en faire une descrip-
tion quelconque. C’est une Orchidée grim-
pante, croissant dans les contrées chaudes
du Mexique, de la Colombie et de la
Guyane; dans nos serres elle s’accroche à
tout support qu’on veut lui donner, avec sa
tige cylindrique, noueuse, verte, pourvue
de feuilles ovales-lancéolées, charnues et
luisantes. Elle émet de longues racines ad-
ventives aériennes. Le Vanilla planifolia,
Andr., fructifie parfaitement dans nos
serres si l’on en féconde les fleurs, et feu le
docteur Morren, de Liège, croyait y trouver
la source d’une exploitation commerciale.
Le Vanillier n’a même pas besoin d’être
planté pour vivre; dans les serres chaudes
humides, celles à Orchidées, on le fait
courir sur des fils de fer, près du vitrage,
en compagnie du Vanda teres, et il se con-
tente parfaitement de l’humidité ambiante
du lieu. Multiplication facile de boutures de
tiges.
Le Caféier d’Arabie (Caffea arabica,
L.) est un arbrisseau de la famille des
Rubiacées, originaire, dit-on, de la Haute-
Égypte, d’où il a été transporté en Arabie
vers la fin du XV® siècle. Le Caféier est
remarquable par son feuillage toujours
vert, formé de feuilles ovales allongées, un
peu sinueuses sur les bords, glabres, d’un
vert foncé et luisant, à nervures pronon-
cées. Les fleurs apparaissent en petites pani-
cules à l’aisselle des feuilles supérieures;
elles sont d’un blanc légèrement rosé, à
odeur suave. Le Caffea liberica est entiè-
rement distinct de cette espèce par ses
grandes feuilles. Le Caféier peut atteindre
de grandes dimensions dans nos serres,
surtout si on le plante en pleine terre riche
et substantielle ; il y fleurit et fructifie. Le
seul reproche que l’on ait à lui faire est son
port souvent divariqué et la dénudation fo-
liaire des rameaux. Il demande la serre
tempérée, à atmosphère plutôt humide, car
il prend facilement la grise et surtout la
cochenille. Rempotage annuel en compost
substantiel. En résumé, c’est une plante
résistante et ornementale par son feuillage
persistant. Multiplication par graines.
Le Cacaoyer ordinaire (Theohroma
Cacao, L.) appartient à la famille des
Ryttnériacées. Il est originaire du Mexique
et de plusieurs autres parties de l’Amé-
rique méridionale ; on le cultive aujour-
d’hui à la Martinique, dans la Colombie, la
Guyane, aux Philippines, etc. C’est un arbre
atteignant jusqu’à 10 mètres de hauteur, à
branches allongées et grêles, à grandes
feuilles obovales ou elliptiques, acuminées,
glabres et lisses. Les inflorescences sont
placées par petits faisceaux de 5 à 7 fleurs
insignifiantes, naissant sur le tronc, les
grosses branches un peu au-dessus de l’ais-
selle des feuilles. Fruit gros, ressemblant
un peu à un Concombre, jaune ou rouge.
Le Cacaoyer peut mûrir quelquefois ses
fruits dans nos serres. C’est une plante
très-digne de culture avec son beau feuil-
lage ample et abondant, très-durable, et les
jeunes feuilles, avant leur complet déve-
loppement, revêtent la même teinte rouge
vif que celle qui caractérise le Canellier.
Culture en serre chaude humide, en pleine
terre si possible; sol substantiel. Supporte
la taille, au printemps, lors du rempotage.
Multiplication de graines ou de boutures
qui reprennent assez difficilement au prin-
temps.
Parmi les plantes qui fournissent
V Arrow-root, il faut citer le Tacca pinna-
SOCIÉTÉ NATIONALE d’HORTICULTURE DE FRANCE.
67
tifida, Lin. fils, Taccacée des Indes orien-
tales et de Madagascar, où on l’appelle
vulgairement Tavoulou, et qui fournit
V Arrow-root de Taïti. C’est une plante
élégante, dont la souche émet des feuilles
longuement pétiolées et dont l’aspect géné-
ral rappelle quelque peu un Amorpho-
phallus, mais à ensemble moins raide. Il
fleurit et fructifie dans nos serres ; l’inflo-
rescence, moins belle que celle de VAtac-
cia constata, n’est pourtant pas sans origi-
nalité. Lorsqu’on en aura des graines, il
faudra semer celles-ci sur un compost de
terre fibreuse et de sphagnum^ sans les re-
couvrir, en serre chaude, comme s’il s’agis-
sait d' Anthurium ; la levée est rapide, les
jeunes plants sont repiqués en petits godets
sitôt qu’ils émettent leur seconde feuille.
Empotages en pots graduellement plus
grands. Culture en serre chaude, en terrain
substantiel. Arrosements modérés l’hiver.
La Canne à sucre {Saccliarum offici-
narum, L.) est une Graminée qu’on croit
originaire de l’Inde et de la Chine. Ses
chaumes (tiges) peuvent atteindre jusqu’à
4 mètres de hauteur ; ils sont cylindriques,
à entre-nœuds rapprochés et un peu ren-
flés, à feuilles planes, rubanées, aiguës,
striées longitudinalement, un peu rudes.
Dans nos serres, c’est une plante élégante,
à laquelle il faut le plein sol et de l’espace
pour offrir un coup d’œil décoratif; sa
place est tout indiquée sur les pelouses des
jardins d’hiver où elle peut arriver à pren-
dre un beau développement. Culture en
serre tempérée, en sol substantiel, arrose-
ments abondants, surtout en été, où on
peut tenir le sol très-humide. Multipli-
cation par division des touffes ou par le
bouturage des chaumes tronçonnés. On
cultive une variété rouge appelée Saccha-
rum officinarum, var. violaceum.
Le Roucouyer {Bixa Orellana, L.), est
un arbuste de la famille des Bixacées,
originaire des forêts de l’Amérique méri-
dionale. Ses feuilles sont alternes, en cœur
à la base, acuminées, glabres, d’un beau
vert. Le feuillage abondant de cet arbuste
n’est pas sans mérite ornemental ; il végète
avec vigueur, supporte la taille. Culture en
serre tempérée. Sol substantiel. Multiplica-
tion facile de bouture.
Nous n’avons pas compris dans cette
énumération les genres de la famille des
Palmiers dont quelques uns sont si utiles
à plusieurs points de vue ; de même nous
avons omis différents végétaux desquels
l’industrie tire un grand profit.
Tout citer en une fois nous eût entraîné
trop loin ; nous avons voulu seulement
attirer, ou du moins chercher à éveiller
l’atleniion des possesseurs de serres et,
peut-être, leur curiosité.
Jules Rudolpii.
SOCIÉTÉ NATIONALE D’HORTICULTURE DE FRANCE
SÉANCE DU 24 DÉCEMBRE 1896
Il ne fallait pas s’attendre à trouver cette
séance fertile en présentations de plantes, car
il s’agissait surtout de présentations de candi-
dats.
Malgré les élections, de rares Orchidophiles
avaient bravé l’inattention générale : M. Cour-
montagne, 68 rue Raymond, à Passy, avec un
Cypripedium Lceanum et un Cattleya Perci-
avliana ; M. Martin,jar dinier chez M. Ferrier
d’Auteuil, avec un beau Lælia præstans ; et
M. Régnier, avec un Saccolabium non déter-
miné, un peu plus jaune que le S. minia-
tum, dont il paraît, du reste, très-voisin.
H. Dauthenay.
SEANCE DU 14 JANVIER 1897
Orchidées.
Présentations intéressantes. Celle de M. Oc-
tave Doin, comprenant les plantes suivantes :
Dendrobium Leechianum {D. aureum X D.
nobile), en forte plante excessivement flori-
bonde, aux fleurs lilacées, d’un magnifique
effet.
D. Veitchianum ou mieux D. macrophyl-
lum, aux fleurs jaune-verdâtre, agréablement
pointillées de purpurin.
Miltonia vexillaria Cobhiana, aux fleurs
étalées sur lesquelles un rose tendre s’é-
panche.
Puis un Odontoglossum Insleayi splen-
dens^ un Cattleya amethystoglossa, un Sacco-
lobium bellinum et un Dendrobium Wardia-
num album. La réunion de ces plantes rares
et d’une vigueur remarquable témoigne assu-
rément de la richesse et de la bonne tenue de
la collection de M. Doin.
MM. Cappe et fils, du Vésinet, montraient
68
QUELQUES PLANTES ARCTIQUES.
une intéi’essante série de Cypripedium hy-
brides, parfaitement caractérisés :
C. Alberti [C. Spicerianum X C. insigne
Wallacei), très-jolie plante aux feuilles lon-
gues, très-floribonde : un seul pied, en un pot
de 12 centimètres, porte douze fleurs. Les sé-
pales latéraux sont allongés, fimbriés, mar-
ginés de blanc, et recouverts de pointillés net-
tement disposés en lignes, ce qui les diffé-
rencie de ceux du groupe des C. Leeanum.
C. Madame Emile Cappe {C. Spiceria-
num X C. Dauthieri). Les hybrides prove-
nant de ce croisement sont généralement un
peu malingres : celui-ci se distingue par une
bonne vigueur.
C. Lanceanum X Argus. Hampes florales
très-longues. Les sépales sont pointillés par
de grosses verrues brun noir.
C. marmorophyllum [C. Hookeri X bar-
batum). Les sépales latéraux.
MM. Cappe avaient aussi un C. vesmetense,
importalion, et un Cattleya Trianæ., remar-
quable par l’ampleur des divisions de son pé-
rianthe.
M. Auguste Ghantin, rue de l’Amiral-Mou-
chez, n’avait apporté qu’un spécimen, mais
quel spécimen ! Une rareté de vigueur, de
taille et de floribondité : une touffe deZygope-
talum Mackayi, large d’au moins 70 centi-
mètres, à la végétation luxuriante, et portant
neuf inflorescences en plein épanouissement.
Mentionnons aussi une importation non dé-
terminée, de M. Régnier, et qui pourrait être
un Vanda, un Rhenanthera ou encore un
Sarcochiliis.
Arboriculture fruitière
M. Pierre Passy, arboriculteur au Désert-
de-Refz, près de Saint-Germain-en-Laye, con-
tinue à présenter des fruits d’une impeccable
beauté et d’une rare conservation : ce sont
aujourd’hui 14 Poires Doyenné d’hicer et
Passe-Crassane.
A ce propos, nous devons réparer une
omission que nous avons commise dans le
compte rendu de la dernière exposition de la
Société nationale d’horticulture de France, en
oubliant l’apport très-remarquable de M. Pierre
Passy. Ses deux corbeilles de Poires Doyenné
d'hiver, dont la plupart pesaient 750 gram-
mes, et surtout de Poires Doyenné du Comice,
les seules de toute V exposition, ont obtenu
les suffrages de tous les visiteurs et suffiraient
à motiver aussi la première médaille d’or du
concours de fruits qui a été attribuée à
M. Passy.
M. Bourgeois, de Ghambourcy, marche de
pair avec 8 merveilleuses Pommes Reinette
blanche du Canada.
M. Vidal montre, de la part deM. J. -B. Faure,
de Limoges, la Pomme de Lestre. Gette va-
riété, spéciale au centre de la France, est
d’une étonnante conservation et peut voyager
facilement, sans crainte de détérioration.
Culture potagère
M. Guillaume Gompoint, rue du Landy, à
Saint-Ouen, expose trois énormes bottes d’ As-
perge verte, venue en serre, où elle a été
plantée le 24 décembre 1896, en griffes de
deux à trois ans. M. Gompoint pratique cette
culture en grand et obtient, comme on le voit,
des résultats dignes d’appeler l’attention.
Enfin, de beaux échantillons de Grambé
forcé, fin légume que l’on ne cultive pas assez
en maisons bourgeoises, nous sont montrés
par M. Ducerf, jardinier au château de Franc-
port, près Gompiègne. . H. Dauthenay.
QUELQUES PLANTES ARCTIQUES
On sait que les contrées boréales et arcti-
ques possèdent une flore d’aspect très-origi-
ginal et rappelant, par ses formes et sa
composition, celles des zones glacées des
Alpes. Il existe même un certain nombre
d’espèces communes aux deux contrées.
C’est ainsi qu’au Labrador, par exemple, on
compte 59 espèces qui sont représentées
dans le tapis végétal des Alpes. Des
294 plantes phanérogames qui hantent la
région alpine glaciale, il en est 54 qui sont
circumpolaires, c’est-à-dire répandues vers
le pôle, dans les principales régions arctiques,
en Amérique autant qu’en Asie et en Eu-
rope ; 36 n’habitent que certains territoires
de cette zone et sont confinées au Spitzberg,
par exemple, au Groenland ou ailleurs.
La Laponie et l’Islande ont un plus ou
moins grand nombre de nos plantes et les
voyageurs parcourant les coteaux et les
plaines de ces contrées y citent des tapis
di Azalea procumhens ; des pierriers garnis
de Saxifraga oppositifolia, de Silene acau-
lis, qui n’est plus acaule du tout et dont les
fleurs sont, au contraire, longuement pédon-
culées sous la lumière diffuse du soleil arc-
tique ; des gazons tout émaillés des fleurs
du Dryas octopetala, du Trolle d’Europe
[Trolluis europæus), de la petite Vio-
lette jaune {Viola biflora), etc. En lisant
les listes de plantes boréales, on croirait
presque à une herborisation des Sociétés
botaniques suisses ou françaises, revenant
d’une excursion alpine, tant il y a d’ana-
logie entre les deux végétations.
Pourtant il est des espèces, dans les difîé-
QUELQUES PLANTES ARCTIQUES.
69
rentes régions arctiques et boréales, qui
appartiennent en propre à ces contrées et
qu’on ne retrouve ni dans les Alpes, ni dans
les Pyrénées, ni dans aucune autre contrée
plus au sud. Nous recevons du docteur de
Lagerheim, deTromsoë, actuellement profes-
seur de botanique à Stockholm, une collec-
tion annuelle de graines qu’il récolte dans
les régions glacées du Nord-Est, et que
nous semons soit au jardin alpin d’acclima-
tation à Genève, soit à celui de la « Lin-
næa » dans les Alpes du Valais, et nous
sommes parvenus à en élever la plus grande
partie. Il y a aussi à Kilila, dans la Laponie
russe (oasis de verdure perdue dans ces
lieux stériles), un botaniste suédois qui a éta-
bli un jardin alpin, avec lequel nous échan-
geons des graines depuis douze ans et qui
cultive merveilleusement les plantes des
Alpes dont il nous renvoie des graines en
abondance. Croirait-on, par exemple, que
V Androsace helvetica, les Dianthus neglec-
tus, glacialis et alpmus, le Gentiana
pujictata se sont vulgarisés là-bas à tel
point queM. Silene, lebotaniste en question,
est obligé de lutter contre leur envahis-
sement ? Ce Suédois a beaucoup étudié la
flore des contrées qu’il parcourt et nous
avons reçu de lui ce curieux Priwula
^/imarchic«, Jacq., qui est un diminutif du
P. sibirica^ mais qu’on a mille peines à
garder sous notre climat trop sec.
Quelques-unes de ces plantes du Nord
sont remarquables par leur grâce et leur
abondante floraison ; c’est des plus caracté-
ristiques d’entre elles seulement que nous
nous entretiendrons ici :
Le Diapensia lapponica, L., est certai-
nement la plus jolie de toutes ces plantes.
C’est une petite touffe serrée et compacte,
assez semblable à un hémisphère ou à
une pelote de verdure foncée et rougeâtre
formée d’une infinité de petites rosettes de
feuilles épaisses, coriaces, glabres, imbri-
quées, étroites, obtuses et entières. L’aspect
de la touffe rappelle celui de certaines An-
drosacées du groupe Aretia ou encore les
jeunes touffes d'Azalea procumhens, quand
elles croissent dans un sol pierreux et sté-
rile et qu’elles n’ont pas de rameaux allongés.
Les fleurs sont d’un blanc pur, relative-
ment grandes; elles sont nombreuses et
presque sessiles et elles recouvrent presque
entièrement la touffe à l’époque de leur flo-
raison (en mars-avril chez nous). La corolle
est monopétale, à cinq divisions arrondies
et largement ouverte. De Candolle l’a sortie
des Polémoniacées pour en faire le type
d’une famille à part, celle des Diapensia-
cées, dont le genre Diapensia ne contient,
d’ailleurs, que deux espèces. Elle croît
dans les lieux rocailleux et secs et les voya-
geurs ne tarissent pas en éloges sur sa
beauté. Le colonel anglais Feilden^ a été
enthousiasmé chaque fois qu’il a ren-
contré ces petites bosselures de fleurs
blanches animant les corniches les plus sté-
riles du Nord. Lisez les rapports de War-
ming sur la végétation du Groenland et
sur celle des autres contrées arctiques, et
vous verrez combien est aimable cette fleur
blanche des régions perdues dans les glaces.
On la trouve non loin de Tromsoë, dans les
landes de Bruyères et c’est elle qui égaie et
anime le sommet désolé du Cap Nord.
Sa seule congénère est le D. cunei folia, Sa-
lisb. ou D. Banks, connu aussi
sous le nom de Pyxidanthera barbulnta,
Michx., qui croît dans les régions septen-
trionales et boréales du continent améri-
cain et qu’on cultive depuis quelques
années sur les rocailles. Ses rameaux sont
rampants et son aspect rappelle beaucoup
celui de VAzalea procumbens ; ses feuilles
sont aiguës, linéaires, velues à leur base et
sa fleur est blanc pur.
Ces deux plantes peuvent se cultiver chez
nous et y réussir, mais leur culture exige
de grands soins. Il leur faut un sol léger,
sablonneux, mélangé de cailloux granitiques
(elles ont horreur de la chaux) et il leur
faut, dans une rocaille granitique, une
niche sèche et une place bien ensoleillée,
quoiqu’elles réclament une atmosphère
humide, le soleil trop ardent de nos climats
brûlant leur feuillage. Le mieux, comme sol,
est d’avoir un compost de terre de bruyère
et de sable granitique. Nous avons admira-
blement réussi l’espèce européenne dans du
sphagnum et nous en avions, en mars et
avril derniers, de très-belles touffes entière-
ment recouvertes de fleurs. Quant à l’espèce
américaine, il est plus difficile de la con-
server ; nous n’avons jamais pu l’avoir en
fleurs. Sans doute cela tient à la trop forte
proportion de chaux contenue dans l’eau
d’arrosage de Genève (8 7o). En Angleterre
et dans l’Ouest de la France, on doit pouvoir
la cultiver.
Les graines de Diapensia sont très-
longues à germer; nous en avons eu qui
ont mis 18 mois avant de lever.
Une des plus gracieuses Campanules étale
‘ On trouve ses rapports dans les Transactions
of the Norfolk andNorwich Naluralist’s Soeiehj^
70
QUELQUES PLANTES ARCTIQUES.
ses gaies fleurettes bleu-lilas aux rayons du
soleil arctique; c’estle Campanulauniflora,
L., qu’il nefaut.pas confondre avec la variété
uniflore du C. ro lundi folia. C’est un petit
végétal aux feuilles glabres, presqu’entières,
les inférieures obovées et pétiolées, les supé-
rieures linéaires, à la tige grêle, courte et
uniflore, à la corolle allongée et à la fleur
penchée vers le sol. Elle fleurit chez nous
en mai-juin et réclame une niche ensoleillée
dans la rocaille avec un sol léger, sableux et
drainé. En hiver, il lui faut le sec, car son
rhizome pourrit très-facilement. On l’élève
aisément de semis.
Le genre Epilohium est très-répandu
dans les régions glacées du globe; aussi
n’est-il pas surprenant d’en trouver de
nombreux représentants dans le Nord.
Le plus beau est VE. latifolium, L.,
que les Anglais cultivent comme plante
vivace dans leurs bordures, mais qui, chez
nous, est facilement attaqué par un insecte
ennemi des Epilobes. C’est une délicieuse
petite plante au feuillage vert foncé à reflets
bleuâtres et métalliques, formant une toufîe
naine et étalée, aux fleurs grandes, d’un
beau rose carmin, s’épanouissant de juillet
en septembre et Tune des plus jolies d’entre
les plantes de rochers. Il lui faut le nord, une
bonne niche profonde, un sol riche et po-
reux. On la multiplie d’éclats et de semis.
Dans les régions boréales de l’Amérique,
cet Epilobe anime les pierriers et les lieux
stériles et les voyageurs assurent qu’il y
remplace, comme coloration du paysage, le
Rhododendron des Alpes.
Notre Dryade alpine abonde dans les ré-
gions circumpolaires. Mais dans le Labrador,
le Groenland et la Sibérie boréale, on la ren-
contre sous une forme très-distincte, le Dryas
integ ri folia, Vabl (ou D. tenella, Pursh).
Ici, la feuille est étroite et non dentelée, de
forme aiguë et colorée à sa base. La fleur
est plus petite que chez l’espèce alpine,
et son port plus ramassé. C’est une jolie
espèce de rocailles qui fleurit, chez nous,
en mai-juin et qui aime le demi-soleil et un
sol spongieux.
Dans le Nord, les Ronces n’affectent point,
comme chez nous, des formes rébarbatives
et n’offrent pas de grands sarments épi-
neux. Ce sont de tout petits arbrisseaux
nains et rampants, à la souche stolonifère
et à la tige grêle, à peine haute de 5 à
6 centimètres. La plus jolie est le Ruhus
arcticus, L., à la fleur carmin vif, au centre
blanc et au feuillage rougissant à l’automne.
Son fruit est une Framboise au parfum et
au goût exquis, dont les Norvégiens et les
Finlandais font de délicieuses confitures et
sirops. Les Lapons recueillent ces fruits
avec le plus grand soin et en font une limo-
nade rafraîchissante. Les peuples septen-
trionaux, dont c’est la Framboise, les con-
servent longtemps sous la neige. Le Ruhus
Chamæmorus, L., a une grande fleur
blanche et son fruit est également comes-
tible. Il abonde, ainsi que son congénère,
dans toutes les régions septentrionales de
l’Europe et de l’Amérique. Ces deux ronces
aiment un sol poreux et frais et le mi-
soleil.
Le Pavot d’Islande {Papaver nudi-
caule, L.) est assez connu pour qu’il ne
soit pas nécessaire de le décrire ici. C’est
la forme arctique du Pavot alpin et l’hor-
ticulture, qui s’en est emparée depuis
longtemps, en a obtenu un certain nombre
de formes et variétés.
La Saxifrage du Nord {Saxifraga nivalis,
L.)est une curieuse plante à feuilles épaisses,
coriaces, rougeâtres en dessous, formantune
grande rosette du centre de laquelle s’élève
une hampe de fleurs blanches, haute de 5
à 10 centimètres. Elle s’élève avec facilité
de semis, et réussit au frais et à l’ombre ou
à demi - ombre. La plus jolie des Saxi-
frages arctiques est <S. flagellaris,Wi\\d.,
aux petites rosettes de feuilles ciliées, aux
fleurs jaune vif. Elle aime le rocher et le
soleil.
Il existe, dans toutes les zones boréales,
toute une flore sous-arborescente apparte-
nant aux Ericacées ou aux Vacciniées. Ces
plantes sont à ces régions désolées ce que la
Rose des Alpes {Rhododendron ferrugi-
neum) est à nos hautes montagnes ; c’est la
teinte chaude dans la palette du grand
artiste qui a fait ce tableau. Les feuilles de
Vaccinium rougissent à l’automne et don-
nent au paysage ces teintes dorées et
orangées que nous aimons à admirer, en
octobre, dans les bois montagneux. Les
fleurs du Rhododendron lapponieum,
Wahlenb., celles des Bruyères, des Phyllo-
doce, des Andromèdes et des Ledum sont
aussi variées dans leurs teintes qu’élégantes
dans leurs formes. L’une de ces plantes est
plus particulièrement remarquable en ce
qu’elle forme des touffes de verdure som-
bre, en petites colonnettes dressées et tétra-
gones composées d’une infinité de feuilles
minuscules et imbriquées et qui portent
une guirlande de petites clochettes du blanc
le plus pur, est V Andromeda tetragona,
L. {Cassiope tetragona, Don). On la cultive
CORRESPONDANCE.
71
dans la tourbe ou la terre de bruyère
fibreuse, au nord.
Le Rhododendron lapponicwm est un
charmant petit arbrisseau, à peine haut de
20 centimètres, aux feuilles petites, ellip-
tiques, obtuses et d’un vert grisâtre, aux
fleurs d’un beau rose carmin. On le ren-
contre en colonies nombreuses dans la La-
ponie d’Europe, le Groenland et les mon-
tagnes de l’Amérique septentrionale. Il lui
faut la terre de bruyère et une position mi-
ombragée.
Les Gentianes sont moins répandues
dans le Nord que dans les Alpes, et les
seules espèces caractérisques sont des
plantes annuelles. Le Gentiana verna y
abonde et y affecte plusieurs formes. Quant
iV° 177S {Seine). — Lé bois est assurément
préférable au fer pour la construction d’une
tonnelle, fût-elle d’une longueur de 50 mètres
comme celle que vous désirez établir, sans
parler de l’aspect de la construction au point
de vue pittoresque qui nous fait préférer le
bois. Vous avez raison de supposer que le fer
peut avoir des inconvénients pour les plantes
en cas de grand froid. Il en aurait aussi dans
les grandes chaleurs. Le fer s’échauffe et se
refroidit plus vite et beaucoup plus que le bois.
Quant au palissage, il s’opère toujours au-
dessus du support, de manière que le cep soit
entièrement soumis aux influences atmosphé-
riques nécessaires à sa végétation. (H. D.)
5881 {Belgique}. — Vous nous écrivez :
« J’ai fait établir des couches avec trois tuyaux
de thermosiphon passant à 10 du sol. Au-
dessus de ces tuyaux, j’ai fait placer un gril-
lage en fil de fer, soutenu par des fers à T,
scellés dans la maçonnerie. Sur ce grillage,
j’ai fait poser une couche de scories pour en
boucher les interstices ; et ces scories sont re-
couvertes d’une épaisseur de terreau de 0“ 20
environ. » Et vous nous demandez si, au point
de vue de la multiplication, vous obtiendrez
d’aussi bons résultats qu’avec des couches de
fumier. Evidemment oui, et ly.ême de meil-
leurs, étant donné qu’on peut, avec le thermo-
siphon, régler à son gré la production et la
durée de la chaleur. L’essentiel est, dans ce
système comme dans tout autre, que les bou-
tures soient repiquées le plus près possible du
verre.
Quant au degré de chaleur de fond néces-
saire à la multiplication des plantes que vous
nous indiquez, telles que Géraniums, Lohélias,
Bégonias, etc., il varie selon les sortes de
plantes, selon leur état, et bien entendu selon
la température extérieure. D’une manière géné-
aux Primevères, il en est plusieurs de très-
gracieuses; telles sont les Primula stricta,
îioYnem . , sihirica , finmarchica, Jacq. Ces
deux dernières ont des fleurs d’un blanc li-
lacé ou bleuâtre et la première est d’un
rose carmin.
Les plantes arctiques ont leur place 'dans
les rochers et les jardins alpins. Il y a chez
elles un air de fraîcheur et de délicatesse
qui les rend précieuses aux amateurs de
jolies choses. Et sur ces enfants du Nord
qui répandent autour d’eux une poésie spé-
ciale semblent planer les génies mystiques
des légendes des pays glacés. On les aime
encore pour toutes ces raisons.
H. CORREVON.
raie, on peut fixer les maxima et minima de
chaleur de fond, de la manière suivante :
10 Pélargoniums zonés (Géraniums), Hélio-
tropes, Fuchsias, Verveines, Agératums, An-
thémis, etc., minimum 8<>, maximum
-f 12°.
2o Bégonias florifères (B. semperflorens,
Eernon, versaliensis, Schmidtii, ascottiensis,
Laura, etc.), semis et repiquages de Centaurée
blanche, Lobélias, Pyrèthre doré, etc., mini-
mum -j- 10°, maximum -f- 15°.
3° Achyranthes , Coleus, Alternanthera,
etc., minimum -f- 15®, maximum -j- 18o.
11 est bien entendu que cela s’entend pour la
reprise seulement, car il faut ensuite aérer
progressivement pour habituer les plantes à
une température normale extérieure d’envi-
ron -E lOo. — (H. D.)
No 4002 {Vienne). — Il ne faut tailler les
Lauriers, Buis, Fusains et autres arbres à
feuilles persistantes, ni en plein été, ni en
plein hiver. Dans le premier cas, les extré-
mités des rameaux et les feuilles rognées se
desséchent; dans le second cas, les brusques
dégels par coups de soleil peuvent aussi les
brûler. Les meilleures saisons sont donc l’au-
tomne et le printemps, et les meilleurs temps,
les temps couverts ou pluvieux. Au printemps,
on fait suivre les coupes de copieux ariose-
ments. Mais si l’on s’aperçoit que, malgré ces
précautions, les feuilles en partie coupées jau-
nissent, par suite d’une action solaire subsé-
quente à la taille, il faut mouiller abondam-
ment le feuillage le soir dès que le soleil ne
donne plus dessus, soit par des seringages,
soit par des arrosements à la lance. — (H. D.)
P. B. {Somme). — Le Bégonia versaliensis
se multiplie plutôt par boutures que par se-
mis, mais vous en trouverez des graines chez
72
CORRESPONDANCE.
M. Urbain, 42, rue de Sèvres, à Clamart
(Seine) ; chez M. Vacherot, 53, rue de Paris, à
Boissy-Saint-Léger (Seine-et-Oise), et chez
MM. Le Goutteux, à Igny (Seine-et-Oise), hor-
ticulteurs qui récoltent, en vue d’en obtenir
des races nouvelles, des Bégonias florifères.
- (H. D.)
No 3029 {Aisne). — Les soins à donner
aux Cycas dépendent de leur espèce. Les deux
espèces les plus répandues sont le C. revoluta
et le C. circinalis. Le premier se distingue du
second par ses feuilles plus étroites et roulées
en dehors en crosse à leur extrémité ; ses
folioles sont courtes, étroites et piquantes,
mais son pétiole commun, anguleux est à
peine épineux à la base. Il est de serre froide ;
cependant il réclame de la chaleur de fond au
moment du départ de la végétation. Le C. cir-
cinalis est de serre chaude. Il lui faut de l’air
saturé d’humidité. Quelle que soit l’espèce du
Cycas que vous possédez, si l’extrémité des
folioles blanchit, c’est un indice du manque
d’humidité de l’atmosphère dans laquelle il est
placé, ou de l’action trop directe des rayons
solaires, et peut-être bien des deux.
La culture du Cyclamen de Perse a été
donnée l’année dernière dans la Revue hor-
ticole (n® du 16 février, page 86). Vous n’avez
qu’à vous reporter à cet article très-complet
de M. Girard, il vous suffira parfaitement.
Nous ne connaissons pas d’ouvrage spécial sur
les Cyclamens. — (H. D.).
V. P. { Buenos- Air( S). — Un supplément
du catalogue descriptif des fruits adoptés par
le Congrès pomologique de France a été pu-
blié il y a cinq ou six ans. On peut se le pro-
curer en le demandant à MM. Gusin et Gui-
chard, 8, rue Octavio IMay, à Lyon (Rhône).
— Le prix du catalogue descriptif est de 6 fr.,
celui du supplément est de 3 fr. 50.
Ch. C. {Seine- et- Oise). — Les racines de
voti e Pêcher sont couvertes de filaments blancs
consititués par un mycélium feutré en cordons,
qui constituent ce que Pon appelle des Fibril-
laria, et qui appartiennent vraisemblablement
à un polypore. Cette forme se rencontre fré-
quemment sur les racines des arbres mortes
ou malades ; on ne la voit pas sur les racines
bien vivantes. Elle n’est donc pas la cause de
la mort de votre Pêcher. — (L. M.)
Catalogues reçus
J.-B. Allemand, successeur de R. Sautel,
avenue de la Gare, à Salon (Bouches-du-Rhône). —
Chrysanthèmes hybrides à grandes fleurs, nouveau-
tés pour 1897.
Baltet frères, Charles Baltet> directeur
des pépinières de Croncels à Troyes (Aube). —
Arbres fruitiers, forestiers et d’ornement ; arbres
toujours verts, arbustes grimpants et rampants,
Rosiers; plantes vivaces, fleuries et d’appartement;
Fraisiers, Asperges, graines et ognons à fleurs.
Boucher (Georges), 164, avenue d’Italie,
Paris. — Arbres fruitiers formés et non formés;
arbres et arbustes d’ornement, conifères. Rosiers,
Clématites et autres plantes grimpantes ; Rhodo-
dendrons, Pivoines, Asters et autres plantes
vivaces.
Bredemeier et Drege, à Pallanza (Italie). —
Graines potagères, de fleurs et de Palmiers;
graines et jeunes plantes de Musa Ensete.
E. Galvat, propriétaire-semeur à Grenoble
(Isère). — Chrysanthèmes ; nouveautés pour 1897,
nouveautés de 1896, nouveautés méritantes de-
puis 1892.
Chantrier (Alfred), jardinier-chef casa Cara-
doc, à Bayonne (Basses-Pyrénées). — Chrysan-
thèmes japonais à grandes fleurs, nouveautés
pour 1897.
Chatenay (Abel), 1, rue Saint-Aubin, à Vitry-
sur-Seine (Seine). — Catalogue des Lilas spéciale-
ment cultivés dans l’établissement ; variétés nou-
velles ; Lilas et plantes diverses préparées pour le
forçage.
Ghouvet, 16, rue Etienne-Marcel, Paris. —
Graines potagères, fourragères, d’arbres, déplantés
de serre et d’orangerie et de fleurs; ognons à fleurs;
Rosiers, arbres fruitiers. Saintpaulia ionantha-
rubra.
Délaux (Simon), à Saint-Martin-du-Touch, près
Toulouse (Haute-Garonne) — Chrysanthèmes,
nouveautés pour 1897 ; Chrysanthèmes à grandes
fleurs et nains précoces ; Abutilons nouveaux, Pélar-
goniums zonés, Héliotropes, Dahlias, Verveines.
De Reydellet, à Valence (Drôme). — Chry-
santhèmes, nouveautés pour 1897 ot choix de va-
riétés ; Dahlias et Cannas.
Haage et Schmidt, à Erfurt (Allemagne). —
Graines potagères, de plantes économiques et offi-
cinales ; graines potagères, fourragères de plantes
économiques et officinales; graines d’arbres et de
fleurs. Nouveautés de graines de fleurs et de
légumes pour 1897.
Héraud (Jean), villa Brimborion, Pont d’Avi-
gnon (Gard). — Chrysanthèmes, nouveautés pour
1897 et de 1896.
Nonin (Auguste), 20, avenue de Paris, à Châ-
tillon-sous-Bagneux (Seine). — Chrysanthèmes à
grandes fleurs, nouveautés pour 1897, et choix des
meilleures variétés classées par coloris. Chrysan-
thèmes duveteux, chevelus et à floraison précoce.
Cyclamens, Pélargoniums zonés. Dahlias, Cannas,
Fuchsias, (Eillets, Ancolies hybrides.
Rivoire père et fils, 16, rue d’Algérie, à
Lyon. — Nouveautés potagères et de fleurs
pour 1897. Graines potagères, fourragères et de
fleurs. Fraisiers, Pommes de terre. Bégonias tubé-
reux. Ognons à fleurs. Cannas, Dahlias, Clématites,
Rosiers, Arbres fruitiers. Plantes diverses.
Vilmorin-Andrieux et Gie, 4, quai de la
Mégisserie, Paris. — Graines potagères, fourra-
gères et de fleurs ; graines de céréales, de plantes
économiques et officinales ; graminées pour prés
et gazons; graines d’arbres et de vignes ; plants de
Fraisiers et de Pommes de terre. Dahlias, Cannas,
Chrysanthèmes, Ognons à fleurs.
Supplément spécial aux nouveautés potagères et
de fleurs ; céréales nouvelles ; Cannas et Chrysan-
thèmes nouveaux.
Oriéan.-^. — lmp. G. Jacob, Paul Pigelet, successeur.
Le Directeur- Gérant t L. Bourguignon.
CHRONIQUE HORTICOLE.
73
CHRONIQUE HORTICOLE
L’Œuvre pomologique de la Société d’horticulture de la Seine-Inférieure. — L’enseignement horticole
à Kew. — La nouvelle serre de Sefton Park, — Récapitulation des Rosiers nouveaux de 1896. —
École d’horticulture de Genève. — Contribution à l’histoire du Chrysanthème. — Culture hivernale
de Y Adiantum Capillus-Veneris. — Insectes nuisibles et utiles au Chrysanthème. — Reine-Marguerite
aurea. — Cyclamen de Perse à fleurs cristées. — Le club du Poireau. — Ouvrages reçus. — Expositions
annoncées. — Section scientifique de l’Exposition générale d’horticulture de Hambourg en 1897. —
Nécrologie : M. Jordan.
‘ L’Œuvre pomologique de la Société
d’horticulture delà Seine-Inférieure. —
A l’Exposition nationale et coloniale de
Rouen, la Société d’horticulture de la
Seine-Inférieure a obtenu un grand prix.
A ce propos, son Président a publié, sous le
titre ci-dessus, un exposé général de l’en-
semble des travaux de la Société depuis
1836 jusqu’à ce jour.
Les plus considérables, parmi ces travaux,
sont assurément la création d’un verger-
école en 1887 ; l’identification exacte d’un
grand nombre de variétés de Pommiers à
cidre, et la diffusion des meilleures variétés
dans les diverses régions de la France de-
puis 1887.
Le verger-école renferme aujourd’hui une
collection de fruits de pressoir dont les va-
riétés les meilleures, authentiques et bien
distinctes, sont énumérées dans la brochure.
On en compte 122 pour le Pommier et 13
pour le Poirier.
De 1887 à 1890, plus de 10,000 greffes
ont été distribuées à 778 personnes ou asso-
ciations, à charge, par elles, de faire con-
naître leurs observations et les résultats ob-
tenus. Au dernier Congrès, 138 réponses
étaient parvenues d’un grand nombre de
départements.
Cette grande enquête se continuera par
les renseignements que l’on aura sur les
greffes distribuées de 1891 à 1896. Elle ne
pourra que contribuer puissamment à
l’extension, dans les campagnes, de l’un des
meilleurs éléments de notre prospérité
nationale.
L’enseignement horticole à Kew. —
En ce moment où il se fonde en France, en
Belgique et en Hollande, plusieurs écoles
d’horticulture, il peut être intéressant de
jeter un coup d’œil sur la manière dont
est compris, aux jardins royaux de Kew,
l’enseignement horticole.
Tout d’abord, parmi les conditions d’ad-
mission imposées aux candidats, on exige
qu’ils aient au moins cinq ans de pratique
dans un établissement horticole. En hiver,
la Kew Gardener’s mutual Improvement
16 Février 1897.
Society convoque les élèves une fois par
semaine en assemblée. Chaque séance a
pour but l’étude en commun, sous la prési-
dence du jardinier en chef, M. Watson, de
sujets horticoles. Certains élèves sont préa-
lablement désignés à cet effet, pour déposer
des rapports, qui sont lus publiquement
par les auteurs puis critiqués par les audi-
teurs.
Il y a là un excellent moyen de forcer
l’attention des esprits un peu paresseux, et,
en tout cas, de donner à tous les élèves
des habitudes de réflexion et d’observation.
La nouvelle serre de Sefton Park. —
La ville deLiverpool vient d’être dotée d’une
magnifique serre à Palmiers par la muni-
ficence de M. Yates Thompson.
Cette construction placée dans Sefton
Park, a coûté plus de deux cent cinquante
mille francs. Il est question de l’éclairer à
la lumière électrique. L’ornementation de
ce jardin d’hiver est due à MM. Veitch et fils.
Récapitulation des Rosiers nouveaux
de 1896. — Il pourra être utile de signaler
à nos lecteurs, avant les plantations prin-
tanières, les nouveautés de roses dont notre
confrère, le Journal des Roses, a donné la
nomenclature avec le nom de leurs obten-
teurs.
V Par MM. Lévêque et fils, à Ivry-sur-
Seine :
Grande- duchesse Olga (thé). — Fleur blanc
crème, grande, bien faite.
Impératrice Alexandra Feodorovna (thé).
— Jaune cuivré clair, ombré de carminé, centre
pêche.
Baron Raoul Chandon (hybr. rem.). —
Vermillon nuancé de brun.
Comte de Montehello (hybr. rem.). — Issu
du Victor Verdier ; rouge cerise brillant.
Comtesse de Greffulhe (hybr. rem.). —
Rouge brun nuancé vermillon.
Comtesse Renée de Béarn (hybr. rem.). —
Carmin pourpre nuancé feu.
2» Par M. Ghauvry, à Bordeaux :
Raoul Chauvry (thé). — Issu du Madame Lom-
bard; jaune cuir nuancé cuivre et chamois.
4
74
CHRONIQUE HORTICOLE.
Madame Désir-Vincent (thé). — Issu du
Madame Levet\ jaune de chrome foncé, à
centre saumoné et à revers rosé. Obtention de
M. Paul Marqueton.
Louis Puyravaud (Noisette). — Issu du
Rêve d'or; fleur grande, jaune canari passant
au blanc jaunâtre. Obtention de M. J. Puyra-
vaud.
Marquis de hagarde (thé). — Issu de Marie
Vaii Houtte; rouge violacé au printemps, rose
foncé à l’automne; revers sanguinolents ; très-
Üorifère.
3° Par M. Corbœuf-Marsault, à Orléans :
Monseigneur Touchet (thé). — Issu du
Niphetos X Madame Chédane-Guinoisseau.
Boutons du Niphetos ; fleur blanc crème.
4° Par M**'® veuve Schwartz, 7, route de
Vienne, à Lyon :
Duc de Caylus (thé). — Issu de Luciole X
Beauté Inconstante. Grands pétales souvent
roulés en cornets; carmin foncé lavé jaune et
crème.
Madame de Moidrey (thé). — Rose carmin
à centre foncé et vif.
Mademoiselle Anna Charron (thé). — Issu
de Kaiserin Augusta Victoria X Luciole.
Longs pédoncules, souvent solitaires. Pétales
repliés en pointes. Crème teinté et liseré car-
min, à centre rose tendre. Bonne variété pour
la fleur coupée.
Mademoiselle Germaine Molinier (thé). —
Abricot lavé rose de Chine, et s’éclairant de
blanc crème à la périphérie.
Mademoiselle Marie-Thérèse Molinier (thé).
— Issu de Madame Chédanne-Guinoisseau X
Madame Laurette Messimy. Fleur de Pêcher
sur fond jaune, passant au rose satiné nuancé
crème.
5“ Par MM. Williann Paul et fils :
Enchantress (thé). — Fleur globuleuse, blanc
crème avec centre un peu fauve.
QueenMah {Û\é). — Abricot ombré d’oVange,
revers rose violacé.
6° Par M. Pernet-Ducher, à Montplaisir-
Lyon :
Madame Gadeau-Ramey (hybr. de thé). —
Pédoncule fet uie, fleur grande, rose carné à
onglet nusMipaé de jaune. Bonne variété pour
culture sou» xrerre.
FerdinaKi Jamin (hybr. de thé). — Rose
carminé nuancé de saumon, dans le genre du
Madame Ahel Chatenay, mais à fleur plus
'grande.
Ferdinand Batel (hyb. de thé). — Coloris
ehan^eant, variant du carné tendre au nankin
orangé. Variété propre à la culture sous verre.
7“ Par MM. Nabonnand frères, au Golfe
Juan (Alpes-Maritimes) :
Amélie Pollonnais (thé). — Rose tendre
glacé, centre rose de Chine brillant; beau bou-
ton. Plante vigoureuse.
Fanny Stolwerck (thé). — Jaune saumoné
nuancé de rose pêche et à reflets cuivre ; beau
bouton carmin cuivré. Plante très-vigoureuse
et sarmenteuse.
Madame Grenville Gore Langton (thé). —
Feu cuivré à centre laque carminée, bouton
carmin cuivré. Plante vigoureuse, sarmenteuse
et florifère.
Valentine Altermann (thé). — Blanc pur.
Sarmenteuse et très-vigoureuse.
Marie Wolkoff (Bengale issu du Bengale
Nabonnand). — Cramoisi velouté reflété de
rubis. Bouton allongé. Plante floribonde.
Wasiii Chludoff {noiseüe). — Rose cuivré
brillant. Bouton allongé, carmin doré. Plante
sarmenteuse, à aiguillons forts.
8® Par M. F. Dubreuil, 146, route de
Grenoble, à Lymn :
Général Billot (thé). — Coloris nettement
tricolore : amarante violacé extérieurement,
reflet améthyste, centre cramoisi pourpre.
Pétales extérieurs très-grands; ceux du centre
petits. La disposition de la fleur lui donne
l’aspect de deux roses différentes emboîtées
l’une dans l’autre.
Perle des Rouges {R. polyantha nain). —
Fleurs en corymbe se succédant jusqu’aux
gelées, cramoisi velouté à reflets cerise vif.
École d’horticulture de Genève. —
L’École cantonale d’horticulture de Genève
recommencera le 1®*' mai une nouvelle an-
née scolaire. Les parents qui désirent que
leurs enfants profitent de cette utile institu-
tion devront les faire inscrire d’ici au
30 avril à la direction de l’École de Châte-
laine (Genève). Pour se faire inscrire, il faut
être âgé de quinze ans et demi au moins et
justifier d’une bonne instruction primaire.
Le Directeur fournira sur demande les con-
ditions d’admission, le programme et tous
les renseignements complémentaires. ^
Contribution à l’histoire du Chrysan-
thème. — L’année dernière, notre collabo-
rateur, M. G. Bellair, dans un article inti-
tulé « Restitution au Japon » rappelait
qu’au xvnF siècle, Thunberg constata qu’au
Japon, la culture du Chrysanthème était
déjà fort en honneur. Il paraît, d’après ce
que rapporte notre confrère, la Revue de
V horticulture belge et étrangère., qu’au
XVII® siècle, l’image d’un Chrysanthème
figure sur le sabre d’un Mikado qui régnait
vers l’an 1186.
Le Japon européanisé d’aujounriiui nous
< Revue horticole, 1896, n» 12.
CHRONIQUE HORTICOLE.
75
dévoilera peut-être d'ici peu l’histoire com-
plète de la fleur qui fait, depuis de longs
siècles, la gloire de son horticulture.
Culture hivernale de l’Adiantum
Capillus-Veneris. — Cette plante, commu-
nément appelée « Cheveux de Vénus», est
l’une des Fougères les plus charmantes et
les plus rustiques que l’on puisse introduire
l’hiver dans les appartements. Le malheur
est, qu’en cette saison, elle est la plupart du
temps privée de son activité végétative.
Voici, d’après la Bevue de V horticulture
belge et étrangère^ un excellent procédé
pour obtenir, en plein hiver, des Adian-
tum garnis de nombreuses frondes d’un
vert gai :
« Il faut, quand on s’aperçoit de l’état de
torpeur de la plante, couper rez-terre toutes
les frondes, laisser reposer les sujets en
serre tempérée-froide une quinzaine de
jours, puis les placer en pleine lumière et
en serre chaude. Si l’on n’a pas jde serres à
sa disposition, on peut néanmoins obtenir
d’assez bons résultats en plaçant les plantes,
après qu’elles ©nt été rabattues, dans une
place chaude, une cuisine, par exemple, et
près de la fenêtre, en pleine lumière. »
C’est là un moyen, à la portée de tout le
monde, d’obtenir chez soi une jolie
plante d’appartement.
Insectes nuisibles et utiles au Chry-
santhème. — he ISord horticole a. signadé
en 1896, dans son numéro spécial au Chry-
santhème, plusieurs insectes nuisibles à
celte plante. L’un d’eux, entre autres, est
bien connu des amateurs du Nord sous le
nom de « Mouche verte ». C’est un Hémip-
tère, le Lygæus campestris^ mesurant de
6 à 7 millimètres de longueur, oblong, d’un
jaune verdâtre, pubescent. L’écusson est un
peu plus clair, tandis que la partie posté-
rieure du corselet est plus foncée. Cette sorte
de punaise possède un long rostre avec lequel
elle pique profondément l’épiderme du vé-
gétal pour en sucer la sève. C’est là pour les
plantes une cause d’affaiblissement et de dé-
formation ; le mal est encore plus grand si
l’insecte pique le bouton, car alors la fleur
est compromise. Pour s’en débarrasser, il
faut secouer les tiges de Chrysanthèmes au -
dessus d’un plateau enduit d’un corps
gluant quelconque.
Mais il faut se garder de détruire les
larves d’un diptère du genre Syrphus. Ces
larves ont l’apparence d’asticots, et sont de
couleur blanc verdâtre. Elles font leur
nourriture des pucerons qui attaquent le
Chrysanthème. Le Syrphe est une mouche
d’assez grande taille, ayant un peu l’aspect
d’une guêpe ou d’une abeille ; il est recon-
naissable cependant aux bandes ou taches
qui ornent son corselet.
Reine-Marguerite aurea. — Sous ce
nom, la Maison Vilmorin annonce cette
année une nouvelle Reine-Marguerite fran-
chement jaune, que nous avons déjà eu
l’occasion d’observer l’an dernier. On sait
que le jaune était déjà annoncé précédem-
ment dans les deux races demi-naine mul-
tiflore et imbriquée^ mais ce jaune était si
pâle qu’il fallait que les plantes fussent
groupées et placées à côté de fleurs blanc
pur pour qu’on le distinguât nettement.
Il n’en est pas de même dans la nouvelle
venue, car ses fleurs sont franchement
jaunes. Elle rentre par sa forme dans la
race des R.-M. à fleurs d' Anémone, et ce
sont les fleurons tubuleux du centre qui
sont le plus vivement colorés en jaune ;
ils forment un disque bombé assez élégant ;
ceux de la circonférence sont plats et d’un
jaune plus pâle. La plante est de taille
moyenne, se tientbien et est assez florifère.
Elle n’égale pas, c’est certain, la perfec-
tion de forme ni la grandeur des fleurs de
certaines de nos plus belles races, mais
c’est la première Reine-Marguerite fran-
chement jaune et à ce titre elle est digne
d’attirer l’attention des amateurs et aussi
des horticulteurs, tant pour l’amélioration
de teinte dont elle est encore susceptible
que pour la communication de cette dernière
aux autres races par voie d’bybridation.
Cyclamen de Perse à fleurs cristées.
— Le Gardeners' Chronicle a récemment
décrit et figuré un curieux Cyclamen de
Perse présenté à la Société d’horticulture
de Londres par MM. HughLow et C^, et dont
les fleurs présentent sur la partie externe
et dressée des pétales des crêtes en forme
d’éventail, résultant de l’excroissance du
limbe et rappelant celles que M. S. Mottet
a décrites et figurées l’an dernier, dans la
Revue horticole, sur des Bégonia erecta.
Ces expansions ajoutent aux fleurs un
cachet d’originalité qui les fera certainement
rechercher des amateurs. Il est très-pro-
bable que les obtenteurs feront leur possible
pour fixer et propager cette curiosité végé-
tale et qu’elle constituera par la suite une
race faisant pendant aux Bégonia erecta
çristata.
76
CHRONIQUE HORTICOLE.
Le club du Poireau. — La chose se
passe en Angleterre, à Peebles. Le Leek-
Cluh y organise annuellement une exposi-
tion de Poireaux monstres et pesant le plus
possible. En 1896, le record (c’est ici le
cas d’utiliser ce mot anglais) a été détenu
par un spécimen qui pesait 1 kil. 700. On
ne dit pas quel engrais a contribué au suc-
cès de celte culture.
OUVRAGES REÇUS
Les Roses, petit traité pratique pour la cul-
ture des Rosiers, spécialement écrit à l’usage
des amateurs, par Gemen et Bourg, cultiva-
teurs de Rosiers à Luxembourg. Broch. in-18
de C2 pages; prix franco : 1 fr. 20, chez les
auteurs, à Luxembourg (Grand-Duché).
Les levures, par Kayser : Caractères mor-
phologiques et physiologiques. Application des
levures sélectionnées. Petit in-8 ; prix ; 2 fr. 50,
à la librairie Masson et G>e, boulevard Saint-
Germain, à Paris.
EXPOSITIONS ANNONCÉES ^
Versailles, du 22 au 25 mai. — La Société
d’horticulture de Seine-et-Oise, tiendra, en
1897, une grande exposition qui aura lieu du
22 au 25 mai. Tous les horticulteurs, amateurs
et jardiniers d’amateurs demeurant en France
sont invités à y prendre part.
L’exposition comprendra 121 concours.
Plantes d’introduction, 5 concours; plantes
de semis, 4; belle culture, 4; serre chaude, 25;
serre tempérée, 32; pleine terre de bruyère, 7;
pleine terre, 26 ; arbres fruitiers, 1 ; légumes, 2 ;
fruits, 11 ; objets d’art et d’industrie horticoles
4 concours.
Adresser les demandes, pour exposer, au
secrétaire général de la Société, rue Gam-
betta, 5, à Versailles, le 10 mai au plus tard et
faire connaître l’emplacement qui leur sera
nécessaire.
Marseille, du 3 au 8 juin. — La Société
d’horticulture et de botanique de Marseille fera
une exposition de printemps qui s’ouvrira le
jeudi 3 juin et sera close le 8. Tous les ama-
teurs d’horticulture ou leurs jardiniers fran-
çais et les industriels dont les produits se rat-
tachent à l’horticulture sont invités à y prendre
part.
L’exposition comprendra neuf sections et
64 concours ; l» plantes de serre chaude,
12 concours; 2» plantes de serre tempérée,
froide et de la région de l’Oranger, 10;
* La Revue horticole annonce les expositions
générales ou partielles dont le programme est
adressé au Rédacteur en chef, 26, rue Jacob,
Paris.
3° plantes vivaces et annuelles, 7 ; 4® plantes
et arbustes de plein air, 4 ; 5» fleurs coupées, 4 ;
6° arboriculture fruitière, 7; 7» culture ma-
raîchère, 5 ; 8» industrie horticole, 8 ; concours
divers, 4 concours.
Adresser les demandes au Secrétariat géné-
ral de la Société avant le 30 avril.
Section scientifique de l’Exposition
générale d’horticulture de Hambourg, en
1897. — Cette section comprendra tout ce
qui concerne les maladies des Riantes
cultivées, les remèdes à employer, etc. ; —
les plantes et les animaux nuisibles à la
floriculture, à la culture maraîchère, à la
pomologie, à la sylviculture; leur destruc-
tion ; — les plantes et les animaux utiles
à la culture des plantes : a) les principaux
insectes qui interviennent dans la féconda-
tion des Heurs; b) les champignons utiles;
c) les ennemis des animaux et des plantes
nuisibles ; — les modifications de confor-
mation des plantes par le forçage, etc ; — la
comparaison des engrais des plantes', —
les types sauvages de nos plantes de cul-
ture ; — les principales plantes utiles exo-
tiques en exemplaires conservés ; — les
collections morphologiques et biologiques',
— les résultats d’observations scientifiques
sur la pollinisation ; — les moyens scien-
tifiques pour V enseignement horticole,
l’architecture paysagère, la pomologie,
l’étude des animaux et des plantes nuisi-
bles, delà pollinisation par les insectes, etc.;
les tableaux, modelés, préparations mi-
croscopiques sur verre, etc. ; — Vexposé
graphique de la valeur nutritive des fruits
et des légumes.
L’ouverture de la section scientifique
aura lieu le 28 mai 4897. Les inscriptions
doivent être prises avant le l®* ** mars
PROCHAIN.
Nécrologie : M. Jordan. — Nous appre-
nons la mort de M. Jordan, décédé à Lyon
dans un âge avancé. M. Jordan était un
botaniste célèbre, surtout par le système de
division extrême des espèces, qui a été la
passion de sa vie, et lui a valu des inimitiés
très-vives en même temps que d’ardentes
sympathies. Boreau, l’auteur de la Flore
du centre de la France, avait été un de
ses disciples fervents.
Les cultures expérimentales de M. Jordan
étaient dirigées par notre confrère M. Vi-
viand-Morel.
Ed. André.
FLORAISON EN PLEIN AIR DE L ERYTIIEA EDULIS.
77
FLORAISON EN PLEIN AIR DE L’ERYTHEA EDULIS
La Revue horticole a annoncé récem-
ment, sur l’indication que je lui avais don-
née, la floraison de VErythea edulis
(fig. 25), superbe Palmier californien, qui
a montré son inflorescence en plein air.
— probablement pour la première fois en
Europe, — chez M. Hippolyte Dellor, ama-
teur très-distingué, dans son jardin de la
Biocarde, à Hyères (Var).
Nous avons suivi le développement de
Première floraison, en 180G, chez M. Dellor, à la Biocarde (Hyères).
cette remarquable floraison et nous pou-
vons en donner, d’après le vif, la descrip-
tion suivante :
Erythea edulis L — Palmier californien de
, l’île de Guadalupé. Stipe de 70 centimètres de
diamètre à la base, recouvert d’un toinentu'n
jaune grisâtre. Feuilles flabelliformes, longues
de 2m 50; gaine de 30 centimètres de long
terminée en fibrilles, lesquelles se transfor-
ment insensiblement à l’état de petites épines
^ Erythea edulis Watson, Bot. Calif.,\\., '2P2.
sur les bords d’un fort pétiole, long de 1™ 80,
convexe en dessous, un peu concave en des-
sus, terminé par un rachis très-court à bord
scarieux: Le diamètre du limbe, qui est orbi-
culaire, est de lm50, et les segments, divisés
jusqu’au milieu, sont généralement pourvus
entre les deux lobes d’un appendice filiforme.
La floraison de ce Palmier a commencé en
juillet 1896, et les fruits, bien noués au com-
mencement de décembre, étaient alors un
peu plus gros qu’un Pois chiche. Si l’hiver
M-
78 EFFET ORNEMENTAL DES FRUITS DU FUSAIN DU JAPON ET DU GRATÆGUS LALANDEI.
continue à n’ètre pas trop rigoureux, je
pense qu’ils mûriront, et nous pourrons
juger alors si ces fruits, que l’on dit de la
grosseur d’une Prune, ont réellement la
chair douce et comestible, comme l’indique
la qualification de l’espèce.
Ce Palmier, âgé d’environ douze ans, est
superbe de vigueur ; son feuillage, d’un
vert intense, a 5 mètres de diamètre sur
3'" 50 de hauteur. C’est une espèce qui croît
très- vite.
Deux autres inflorescences se sont mon-
trées après la première dont je viens de par-
ler, mais elles n’ont pas atteint un dévelop-
pement aussi complet.
Nous espérons être en mesure, au prin-
temps, de renseigner les lecteurs de la
Revue horticole sur la maturation des
fruits de cette remarquable espèce.
B. Chabaud,
ancien botaniste de la marine,
à Toulon.
EFFET ORNEMENTAL DES FRUITS DU FUSAIN DU JAPON
ET DU CRATÆUUS LALANDEI
Le 10 janvier dernier, en nous rendant à
Bois- Colombes (Seine), nous fûmes très-
surpris en observant la façade d’une villa de
la rue des Cbambards tapissée, jusqu’à la
hauteur du premier étage, avec l’élégant
Fusain du Japon ; celui-ci était absolument
couvert de ces curieux petits bonnets de
prêtre, d’oû sortent, à la maturité, une ou
deux graines munies d’un arille rouge
cocciné, qui se détachent extrêmement
bien sur le beau vert sombre et luisant du
feuillage persistant de l’arbuste.
Jusqu’alors nous n’avions pas coutume
de considérer le Fusain du Japon, sous le
climat de Paris, comme plante sinon grim-
pante, du moins pouvant le devenir à l’aide
du palissage, car toujours nous avions vu
cette espèce employée comme buissonnante
et admise soit dans les massifs d’arbustes,
associée à d’autres espèces à feuilles ca-
duques, soit pour former de très-remar-
quables baies décoratives.
Cette double anomalie, vigueur et fructi-
fication de l’arbuste en cette localité, ne
peut être attribuée évidemment qu’à la na-
ture particulière du sol ainsi qu’à la dou-
ceur relative et à l’humidité de nos derniers
hivers.
Le sol de Bois-Colombes est en effet
sablonneux au plus haut point, par consé-
quent très-léger, poreux, et il convient
parfaitement, pourvu qu’il reçoive un peu
de fraîcheur durant l’été, au développement
des nombreuses radicelles qui constituent
le système radiculaire du Fusain du Japon.
Quant à la fructification de cette espèce,
elle ne représente d’ailleurs pas là un fait
isolé et unique, car depuis sept ans nous
l’avons observée dans les pépinières du
Muséum, deux ou trois fois sur de forts
spécimens hauts de 3 mètres, c’est-à-dire
chaque fois que les hivers ont été doux et
humides et rappelant vraisemblablement le
climat du Japon d’oû nous est venu ce pré-
cieux arbuste.
Ce qu’il y a de particulier ici, c’est que
cette fructification se produit toujours au
cœur de l’hiver et explique la rareté du fait
sous le climat parisien, à l’inverse des Fu-
sains d’Europe, à feuilles caduques, qui
fructifient régulièrement chaque année à
l’arrière-saison, c’est-à-dire en septembre-
octobre.
Nous ajouterons que le Fusain du Japon,
employé comme nous venons de l’indiquer,
ne formait pas une baie en avant de la mu-
raille, mais au contraire un tapis peu épais,
obtenu à l’aide du pincement sur les bour-
geons latéraux, et en laissant filer les ra-
meaux de l’extrémité supérieure que l’on a
eu soin de palisser sur des fils de fer tendus
horizontalement.
De ce qui précède on peut dire que dès
qu’une plante se trouve dans les conditions
de sol et d’atmosphère qui lui sont spéciales,
elle se plie volontiers aux caprices du jardi-
nier ou du propriétaire.
A l’appui de ce dire, nous citerons encore
le Buisson ardent de Lalande (Cratægus
Pyracantha Lalandei) que nous avons vu
tapisser dans un jardin, à Provins (Seine-
et-Marne), un mur à l’exposition du nord
et produire le plus bel effet qu’on puisse
imaginer au moment de la fructification. Il
en est de même pour les Rosiers Paul Ney-
ron et Souvenir de la Malmaison, deux va-
riétés admirables, généralement considérées
comme buissonnantes, non sarmenteuses,
que nous avons pourtant vu utiliser comme
telles, le long d’un mur à l’est, et donner
des roses d’un développement et d’une
beauté incomparables.
Ch. Grosdemange.
CAREX VILMORINI.
79
CAREX VILMORINI
Autant les Carex sont nombreux en es-
pèces (800) et abondants sur la surface du
globe, autant ils sont rares et peu cultivés
dans les jardins. Gela se comprend facile-
ment, la plupart sont des herbes sans
élégance, sou-
vent dures, co-
riaces au point
que les animaux
les refusent et
qu’elles ne cons-
tituent même
qu’une litière
médiocre.
Le C. japo-
nica variegata,
qui est presque
rustique par ex-
ception, est fré-
quemment cul-
tivé en pots et
parfois même en
assez grande
quantité pour
les garnitures
d’appartements.
Les C. paludo-
sa, C. pendula,
C. pseudo-Cy~
perus, C. syl~
vatica (tous
français), et le
beau C. Grayi
(de l’Amérique
du Nord) se ren-
contrent dans
certains jardins
d’amateurs. En-
fin, les C. scapo-
sa, de la Chine
et C. haecans,
de l’Himalaya,
sont introduits
dans les serres ;
ce dernier est, paraît -il, une plante majes-
tueuse, dont les utricules varient du rouge
corail au pourpre.
Il y a quelques années, nous avons décrit
ici (voir Revue horticole, 1892, p. 383),
sous le nom de C. gracüis, une espèce in-
nommée en culture, qui constitue une
plante de serre froide à feuillage léger, et
utile pour l’ornementation des serres et des
appartements. Aujourd’hui nous venons en
signaler une nouvelle espèce intéressante
au même titre, également nouvelle et en-
tièrement distincte de ses congénères intro-
duites. La description suivante et la figure
■qui l’accompagne permettront de se faire
une idée assez
exacte des carac-
tères et du port
de la plante.
Carex Vilmo-
RiNi^, sp. nov.
(fig. 26). -
Plante vivace,
touffue, cespi-
teuse, non tra-
çante, dont cha-
que rejet stérile
est entouré à la
base de gaines
brunes et se
compose de cinq
à huit feuilles
longues de 40 à
50 centimètres,
d’aspect jonci-
forme et d’un
vert un peu
gris ; ces feuilles
sont excessive-
ment étroites,
filiformes, à cote
médiane forte et
blanchâtre, sur-
tout vers la base,
arrondies sur le
dos, concaves
sur h face supé-
rieure, et sub-
triangulaires su-
périeurement,
un peu contour-
nées vers le
haut, à bords
garnis de den-
ticules ou spinules excessivement ténus,
et à extrémité un peu desséchée sur les
vieux pieds. Tiges florifères excessivement
longues, - jonciformes, vert très-pâle et
sans nœud depuis la base jusqu’à 80 centi-
mètres de hauteur, où se montre un pre-
mier épi femelle solitaire et courtement
1 Carex liicida, Boott, in Journ. Linn. Soc.,
1884, vol. XX, p. 377.
Fig. 26. — Carex Vilmorini.
GAREX VILMORINI.
80
pédicellé, accompagné d’une feuille brac-
téale courtement engainante, avec la partie
libre filiforme, de 40 centimètres de long
et en partie desséchée supérieurement ; 30 à
40 centimètres plus haut, la tige présente
un deuxième épi femelle en tout semblable
au précédent, et 20 à 25 centimètres plus
haut encore, elle se termine par un fais-
ceau de trois à quatre épis femelles très-
courtement pédicellés, avec une feuille brac-
téale beaucoup plus longue qu’eux, mais
n’ayantguèrequelO àl5 centimètres; enfin,
au milieu des épis femelles se trouve un
tout petit épi mâle, formé de bractées bru-
nâtres et longuement cuspidées. Les tiges
llorifères atteignent ainsi 50 de long et
traînent à terre ou retombent gracieusement
si la plante est placée suffisamment haut.
Les épis femelles inférieurs ont 2 centi-
mètres environ de long, mais les supérieurs
sont un peu plus courts, composés chacun
d’une quarantaine d’utricules très-petits,
ovoïdes, biconvexes (ainsi que les moules)
verts, lisses ou pubescents, allongés supé-
rieurement, ouverts et pourvus au sommet
de deux petits muerons entre lesquels
émergent trois styles; chacun de ces utri-
cules est accompagné d’une bractée bru-
nâtre, à limbe ovale, très-finement pubes-
cent, un peu plus court que lui, mais muni
d’un fin mucron blanchâtre, dépassant
un peu le sommet defutricule. La floraison
est estivale et les graines mûrissent et abon-
dent en culture en septembre -octobre.
Habite la Nouvelle-Zélande, d’où il a été
reçu vers 1893.
Voici ce que nous savons sur l’histoire de
ce nouveau Carex : Il y a trois ou quatre ans,
la maison Vilmorin recevait, sous le nom de
C. Raouli, un paquet de graines venant de
la Nouvelle-Zélande. Le dédain des Carex
est tel qu’on ne savait qu’en faire. M. Pa-
cotto, horticulteur à Vincennes, qui se
trouvait là, en prit une poignée et les sema.
Il en obtint plusieurs centaines de petites
plantes à feuillage très-fin, léger et formant
la gerbe, dont il trouva, dès l’hiver suivant,
un écoulement très-facile sur le marché de
la Madeleine, au prix rémunérateur de
1 fr. pièce. L’été suivant, les plantes qu’il
avait conservées fleurirent et lui donnè-
rent d’abondantes graines, à l’aide des-
quelles il obtint un nouveau stock.
Un pied en fruit nous fut présenté en
septembre dernier, pour vérifier son nom.
Ce qui nous surprit le plus, ce fut la lon-
gueur extrême des tiges fructifères, qui dé-
passent souvent 1 mètre et traînent à terre
ou pendent longuement au-dessous du poi.
Ces tiges gâtent l’effet décoratif de la plante,
mais, comme elles se détachent très-facile-
ment à la moindre traction, il n’y a qu’à
les enlever quand on veut utiliser la plante
pour les garnitures.
La détermination des Carex est par-
ticulièrement laborieuse, par suite du
nombre excessif d’espèces, de leur poly-
morphisme et de l’ambiguïté des caractères
distinctifs. Nous avons longtemps et vaine-
ment cherché et fait chercher le nom cor-
rect de celui que nous décrivons aujour-
d’hui. Ce n’est pas sans hésitation que nous
nous sommes décidé à en faire une espèce
nouvelle, sachant parfiutement combien il
est grave de s’exposer à multiplier la syno-
nymie. Néanmoins, nous y sommes en-
gagé par une lettre du D*' Morris, de l’Her-
bier de Kew, qui nous a informé que « la
plante n’était probablement pas décrite ».
Cette circonstance nous fournit ainsi l’a-
gréable occasion de donner à MM. de
Vilmorin, en leur dédiant la plante, un
modeste témoignage de la haute considé-
ration dont ils jouissent dans le monde
horticole et agricole.
fin tant qu’usages horticoles, le Carex
Vilmorini est uniquement destiné aux gar-
nitures de serres et surtout d’appartements.
Son feuillage très-long, dressé et des plus
fins, s’associe facilement avec les fleurs et
leur donne de la légèreté. C’est surtout en
jeunes plantes, en godets de 5 à 6 centimè-
tres, qu’il est le plus facile à faire entrer
dans les surtouts de table ou à placer
sur les grands pots, pour en cacher la terre.
Les grosses touffes de deux ans garnissent
aussi très-bien les cache-pots et autres
potiches d’ameublement. La teinte un peu
grise du feuillage ne se distingue pas en
appartement, et la plante est en outre
extrêmement résistante.
La multiplication et la culture du C. Vil-
morini sont des plus simples. Le semis
s’effectue de préférence dès la maturité des
graines qui arrive en octobre. On sème à
froid, en terrines ou à plein châssis si la
quantité de graines est importante. La levée
s’effectue en partie un à deux mois après
le semis et le reste au printemps. Quand les
plants ont quelques feuilles, on les repique
de suite en godets, ou bien en mai en
plein air, dans une planche à demi om-
bragée, meuble et bien fumée, à 15 ou 20 cen-
timètres de distance en tous sens. Pendant
l’été, les soins se réduisent à tenir le terrain
propre et à arroser selon le besoin, même
LES AGAVES ET LES CACTÉES DU MEXIQUE.
81
I'
assez copieusement. Vers la fin de sep-
■- tembre, on empote les plantes séparément
dans des pots de 6 à 8 centimètres, on
les mouille copieusement, puis on les tient
étouffées et au chaud pendant quelques jours,
pour faciliter leur reprise et ne pas perdre
de feuilles. Enfin, on les place en serre
froide ou sous châssis, pour les utiliser en-
suite au fur et à mesure des besoins. Ces
LES AGAVES ET LES
I
M. le Weber s’est acquis, on le sait,
une haute compétence dans l’étude des
Cactées et autres plantes « grasses » . Dans
le courant de l’année 1896, il a entre-
tenu 1 la Société d’Acclimatation de France
des multiples ressources, comme aussi
des observations intéressantes, que peuvent
procurer aux voyageurs qui explorent
le Mexique les Agaves et les Cactées de
cette contrée.
M. le D*' Weber fait remarquer, à cette
occasion, qu’on attribue souvent à tort des
mérites identiques à des 'espèces d’Agaves
qui sont utilisées de façons bien différentes.
C’est ainsi qu’aux environs de Mexico, la
boisson fermentée nommée « pulqué » n’est
guère produite que par V Agave Salmiana
(A. atvovirens)^ et dont les A. Jacohiana,
mitræformis^ latissima, etc., ne sont que
des variétés. L’A. americana, déjà moins
charnu, semble peu donner de pulqué. Les
espèces qui produisent le « mezcal » (autre
boisson) sont de taille encore moins haute
et de consistance moins charnue que les
. précédentes. Parmi elles, on cite surtout
les A. potatoruniy A. Scolymus, A. Vers-
chaffelti, comme particulièrement employés
à Tehuacan.
IL’A. rigida (A. Sisalana) est, avec ses
espèces affines, le type des Agaves textiles.
Les A. mexicana et lurida sont utilisés
iji comme tels aux environs de la Vera-Cruz,
tandis que, dans le nord-est, on exploite les
A. heteracantha^ lophantha, univittata
- petites espèces qui fournissent le « crin de
‘ ^ Tampico », ainsi qu’une sorte de savon ap-
ç; pelé (( amole » et dont on ignore encore le
[V , degré de saponihe.
Les Cactées sont représentées au Mexique
; ^ Bulletin de la Soc. Nat. d'Acclim. de France.,
. juin 1896.
AA
plantes ne produisent des graines que
l’année suivante ; il est donc utile d’en
conserver un certain nombre, qu’on re-
mettra en pleine terre au printemps, pour
en obtenir des semences.
Tel est le système de culture que M. Pa-
cotto a appliqué à cette plante, pour en
obtenir un grand nombre. On peut donc
se la procurer chez lui. S. Mottet.
CACTÉES DU MEXIQUE
par les genres Cereus, Echinocactus, Mam-
millaria., Opuntia QïPereskia. Les Cereus
triangularis, nycticalus et serpentinus,
espèces grimpantes à grandes fleurs blan-
ches nocturnes, donnent des fruits magni-
fiques appelés «Pitahayas ». D’autres fruits,
portant un grand nombre de noms locaux,
proviennent des C. Dyckii, geometrizans,
cinerascens et enneacanthus ; ceux de ces
deux dernières espèces ont la saveur de la
Fraise ou de la Framboise. Mais le fruit le
plus répandu sur les marchés de l’intérieur
est le (( Pitaya de Mayo », que donnent les
C. pruinosus, C. deficie7is, gros comme
un œuf et de chair rouge à saveur très-
agréable. A côté de ces espèces connues, il
en est encore un certain nombre d’autres
mal déterminées, et qui produisent aussi
des fruits dont on ne connaît par conséquent
qu’imparfaitement l’origine.
Quant aux nombreuses sortes de fruits
cVOptmtia, la concordance de leurs dénomi-
nations indigènes avec les noms botaniques
est encore loin d’être établie.
Certains Echmocactus, connus sous le
nom de « Visnagas », ainsi que plusieurs
Pereskia, ont aussi des fruits appartenant
à des espèces imparfaitement connues, et
cantonnées çà et là dans diverses ré-
gions.
Aussi M. le D^ Weber recommande-t-il
aux explorateurs, lorsqu’ils recueilleront de
ces fruits au Mexique, de faire leur possible
pour récolter, en même temps, de jeunes
exemplaires vivants des espèces qui les
portent, ou tout au moins des graines, qui,
dans nos cultures, germent assez facilement.
Enfin, pour facililer les déterminations bo-
taniques, il est bon aussi d’y joindre des
échantillons des faisceaux d’épines, surtout
pour ce qui concerne les Echinocactus.
H. Dauthenay.
82
DÉCORATION HIVERNALE DES JARDINS.
DÉCORATION HIVERNALE DES JARDINS
Rien n’est triste comme les massifs pendant
l’hiver lorsque les gelées ont fait disparaître
les dernières fleurs et que les arbustes sont
dépouillés de leur feuillage; aussi est-on
agréablement surpris en faisant une visite
au jardin, en cette saison, de rencontrer
par-ci, par-là, des plantes ayant encore (ou
déjà) un caractère ornemental.
Cependant il existe toute une série de
plantes arbustives de plein air très-méri-
tantes sous ce rapport ; d’abord celles à
feuillage persistant, aussi luxuriantes que
dans la belle saison ; d’autres revêtant déjà
leur parure des beaux jours et épanouis-
sant, malgré l’hiver et la neige, leurs char-
mantes fleurs, qui, si elles n’ont pas la ri-
chesse de coloris et l’éclat de leurs sœurs
plus tardives, n’en ont pas moins l’attrait
de la rareté et charment l’odorat avec leurs
délicieux parfums ; d’autres encore jetant
par-dessus les massifs leurs branches char-
gées de baies aux couleurs variées, vives ou
sombres.
Nous énumérons ci-dessous une série
de végétaux intéressants à ces divers points
de vue, que les amateurs habitant la cam-
pagne l’hiver ou ayant un jardin dans
Paris auraient tout intérêt à faire figurer
dans leurs massifs.
Andromeda japonica. — Charmant arbuste
à feuillage persistant à cultiver en terre de
bruyère. Dès février, nombreuses fleurs blanches
disposées en longues panicules pendantes, fleu-
rissant même sous la neige.
Aucuba japonica variés. — Feuillage per-
sistant, baies d’un beau rouge brillant, de la
grosseur d’une petite cerise. Cet arbuste étant
monoïque, il est nécessaire de planter dans les
groupes ou massifs quelques sujets mâles des-
tinés à opérer la fécondation des fleurs.
Berberis Thunbergii. — Se couvre en avril
de charmantes fleurs jaune paille à sépales
rouges qui donnent naissance à une multitude
de petites baies rouges restant sur l’arbuste-
jusqu’au printemps suivant et formant pendant
tout l’hiver un véritable buisson de corail.
Cratægus Pyracantha, var. Lalandei. — Au
printemps, floraison abondante, fleurs blanches
odorantes ; les baies rouge-orangé qui en ré-
sultent persistent sur la plante jusqu’à la fin
de l’hiver et justifient bien son nom populaire
de « Buisson ardent ».
Cratægus variés. — 11 en existe de nom-
breuses espèces; les plus belles sont : C. Car-
rierei, macrocarpa, fissa, Boscii, Crus
Gain, etc. Baies rouges ou jaunes, rondes ou
pyriformes, restant sur l’arbre une grande
partie de l’hiver. Les C. Carrierei et C. ma-
crocarpa sont encore en ce moment couverts
de fruits d’un beau rouge orangé. Ces baies
sont très-odorantes.
Cotoneaster variés. — Petits arbustes ram-
pants à placer dans les rocailles ; la majeure
partie des espèces sont à feuillage persistant ;
tous portent des petites baies d’un rouge plus ou
moins vif ne disparaissant qu’au printemps. Le
plus beau est le C. horizontalis. Le C. frigida
est de forme arborescente ; élevé à tige, il est
très-joli.
Chamæcerasus fragrantissima [Lonicera
fragrantissima) . — De forme arbustive,
toujours vert, donne dès février de nombreuses
fleurs blanches très-odorantes. Un des plus i
beaux arbustes à floraison printanière.
Chimonanthus fragrans {Calycanthus præ-
cox). — Donne en décembre-janvier de nom- '
breuses fleurs blanc jaunâtre, pourpre à l’in-
térieur, répandant une délicieuse odeur de '
jacinthe. ;
Daphné Laureola. — Fleurs vert-jaunâtre
en petites grappes pendantes, paraissant dès |
janvier ; feuillage persistant. Le R. collina nea- |
politana donne des fleurs rosées, très-odo- j
rantes, presque tout l’hiver. i
Forsythia Fortune! et F. viridissima. —
Donnent dès février une multitude de fleurs >
d’un beau jaune vif. Le F. suspùnsa peut être i
utilisé pour garnir les troncs d’arbres ou les j j
murailles. '• !
Hippophae rhamnoides. — Très-ornemental '
avec ses nombreuses baies rouge orangé, de i
forme ovale, restant sur l’arbre tout l’hiver. , ;
Ilex Aquifolium (Houx) et ses variétés. Feuil- ( '
lage panaché de différentes nuances dans lequel
brillent de jolies baies d’un beau rouge vif.
Jasminum nudiflorum. — Charmant arbuste
sarmenteux , donnant tout l’hiver de nom- ‘ '
breuses fleurs jaune d’or.
Ligustrum sinense. — Se couvre littéra- ,
lement de petites baies d’un beau noir pruiné qui I
restent sur l’arbuste jusqu’au printemps; feuil- '
lage persistant. j
Lycium barbarum. — Arbuste grimpant, i
nombreuses baies ovales, rouge vif; garnit V
avantageusement les troncs d’arbres, murailles,
treillages, etc. Les baies sont très-persistantes. /
Mahonia Aquifolium et variétés. — Dès fé- ■
vrier, brillantes fleurs jaunes, suivies de baies ■ ’
d’un noir de jais, restant sur les plantes (I
une partie de l’hiver; le plus beau est le ’i
M. fascicularis, à port érigé, joli feuillage j
vert glauque finement découpé, très-rustique. l
Rhodora canadensis. — En février et avant i
les feuilles, jolies et nombreuses fleurs rose j
pourpré à odeur de rose. Cultiver en terre de ^
bruyère. I
â
LES KLEINIA ET
Skimmia japonica et variétés. — Feuillage
persistant, donne dès février des fleurs char-
mantes, blancjaunâtre, très-odorantes, qui ont
le double avantage de donner naissance à de
belles petites baies rouge vif, restant sur l’ar-
buste jusqu’au printemps suivant.
Ruscus racemosus et R. aculeatus. — Ce
dernier se vend en ce moment sur les marchés
aux fleurs sous le nom très-connu de « Fragon »;
les baies d’un beau rouge sont très-persistantes.
Ces deux arbustes sont précieux pour les plan-
tations sous bois.
Symphoricarpos albus. — Etale ses nom-
breuses grappes de baies blanc pur, de la
grosseur d’une cerise, jusqu’en mars. Le S. race-
LES KLEINIA ET
Les plantes appelées vulgairement grasses,
autres que les Cactées, ne méritent pas,
en général, Fabandon dans lequel on les
voit aujourd’hui, alors que leur facile cul-
ture et leur originalité devraient au moins
leur assigner une place chez les amateurs
et même chez toute personne aimant les
plantes.
Les plantes grasses appartiennent aux fa-
milles les plus diverses du règne végétal,
et, en mettant à part les Crassulacées, les
Portulacées, les Asphodélées, les Mésem-
bryanthémées, dont la majeure partie ren-
ferme des végétaux de ce genre, il reste en-
core à citer les Agave dans les Amaryllidées,
les Sanseviera dans les Liliacées, les Cero-
pegia et les Stapelia dans les Asclépiadées,
les Euphorhia dans les Euphorbiacées, les
Kleinia dans la famille des Composées, etc.
Le genre Kleinia, dédié à J. -H. Klein,
botaniste allemand du XVII® siècle, appar-
tient à la famille des Composées, groupe des
Synanthérées ; il comprend des sous-arbris-
seaux charnus, quelquefois subacaules, à
feuilles alternes ou décussées, souvent
glauques, à capitules multiflores, jaunâtres
ou blanchâtres, homogames ou hétérogames
(c’est-à-dire sans ces fleurons ligulés ou
colorés qui ornent généralement les Com-
posées), à écailles de l’involucre unisériées, à
réceptacle rarement nu.
Certaines espèces de ce genre méritent ce-
pendant une place dans les collections de
plantes grasses et sont dignes de la culture.
Nous citerons :
Kleinia repens, Haw. [Cacalia repens, L.)
Tiges couchées-ascendantes , feuilles prui-
neuses, oblongues-aiguës, déprimées, subcon-
caves en dessus.
K. ficoides, Haw. Plus grande que la précé-
LEIIR CULTURE. 83
mosus fait diversion avec ses petites baies rouge
vineux.
Bien d’autres sortes pourraient encore
être citées, mais nous nous bornons aux
plus intéressantes. En ayant soin d’inter-
caler dans les massifs les arbustes que nous
venons de détailler, parmi ceux à floraison
estivale, on se ménage une réserve de jouis-
sance très-appréciable, car cela ne manque
pas de charme de pouvoir rapporter d’une
promenade au jardin, en janvier ou février,
des fleurs de plein air pour la garniture des
vases et jardinières d’appartement.
Max. Marchais.
LEUR CULTURE
dente, à tiges dressées, ramifiées. Feuilles très-
glabres, pruineuses, comprimées-acuminées.
K. pugioniformis, DC. Beaucoup plus vi-
goureuse que les deux précédentes, à tiges ro-
bustes, dressées, à feuilles pruineuses-bleuâtres
décussées, semi-cylindriqnes, très-acuminées,
piquantes au sommet.
K. Haworthii, DC. {K. cana ; Cacalia
canescens ou C. tomentosa). Très-remar-
quable espèce à tiges presque grêles, dressées,
ramifiées, nombreuses, à feuilles très-nom-
breuses, rapprochées sur la tige, ovoïdes, cy-
lindracées, atténuées à la base, aiguës au som-
met et rendues entièrement blanches par un
duvet tellement bien entrelacé qu’il simule le
feutre.
Les Kleinia doivent se cultiver en serre
froide pendant toute l’année, en compagnie
d’autres plantes grasses ou de Cactées ;
leur traitement est facile et ne diffère guère
de celui appliqué à la majeure partie des
végétaux de ce groupe. Il peut se résumer
ainsi : culture en pots bien drainés, dans un
compost formé d’un tiers terre franche de
jardin, un tiers terre de bruyère ou terreau de
feuilles, un tiers terreau de couche bien con-
sommé, le tout mélangé et préparé quelque
temps à l’avance. Serre à Cactées ou serre
froide toute l’année. Arrosements assez
nombreux pendant la période végétative
(avril-octobre), rares et parcimonieux pen-
dant l’hiver. Au printemps, on peut même
donner quelques arrosements à l’engrais. Il
faut éviter de mouiller le feuillage de ces
plantes, ni même de le toucher, pour ne
pas ôter la pruine bleuâtre qui fait toute
la beauté des Kleinia repens, ficoides et
pugioniformis.
Leur multiplication s’opère facilement
par le moyen du bouturage qui doit se pra-
tiquer au printemps et qui s’effectue au
84
ALLÂMANDA NOBILIS.
moyen de tiges coupées de 3 à 5 centimètres
de longueur, sous un nœud, et piquées en
godets, en terre de bruyère sableuse ; ces
boutures sont placées en serre froide, dans
un endroit éclairé, et bassinées très-rare-
ment, avant le commencement de la vé-
gétation. La nourriture doit plutôt être
riche qu’abondante, ce qui indique qu’il ne
faut pas cultiver ces plantes en récipients
très-volumineux.
Avec leur joli feuillage bleuâtre ou ar-
genté, les Kleinia ont droit de cité chez
toutes les personnes aimant les plantes
grasses, et rien n’est plus intéressant que
leur aspect parmi tous ces végétaux aux for-
mes bizarres où la nature semble s’être
donné comme tâche de créer les plantes les
plus fantaisistes.
Jules Rudolph.
ALLAMANDA NOBILIS
Le genre Allamanda, de la famille des
Apocynées, fut dédié au docteur Allamand,
de Leyde, qui en donna les premières graines
à Linné. Il contenait déjà de fort belles
plantes, toutes originaires de l’Amérique
méridionale et centrale, lorsque M. T. Moore
décrivit l’admirable espèce que nous figu-
rons aujourd’hui L
La plus ancienne et la plus répandue,
d’une culture relativement facile, est VAl-
lamanda neriifolia, Hook. Puis viennent :
VA. Schottii, Pohl, qui a pour synonymes
A. brasiliensis, Schott et A. cathartica,
L. (le vrai), répandu aussi sous les noms
d’A. Aubletii, Pohl, grandiflora^ Lamk.,
latifolia, Presl, Linnei, Pohl et Schotti,
Hook. ; VA. Hendersoni, Bull ; les A. Chel-
soni, magnifica et WilUamsii, variétés
ou hybrides horticoles obtenus en Angle-
terre. Toutes ont des fleurs jaunes, à l’excep-
tion de l’A. violacea, Gardn., qui offre
une couleur rose violacé, plante rare, intro-
duite du Brésil en 1859, perdue dans les
collections et réimportée en 1889. C’est à
peu près tout ce que l’on cultive du genre
Allamaiida, botaniquement composé au-
jourd’hui de 16 espèces natives du Brésil
et des Guyanes.
VAllamanda nobilis est originaire des
bords du Rio Branco, un affluent du Rio
Negro, grand tributaire de l’Amazone.
Cette région, qui confine au Brésil et au
Vénézuéla, fut explorée autrefois par le col-
lecteur Wallis au grand profit de l’horticul-
ture européenne, et c’est probablement de
lui que vinrent les graines qui permirent à
M. William Bull, horticulteur à Chelsea
(Londres), de mettre la plante au com-
merce en 1868
^ Allamanda nobilis., T. Moore, in Gard.
Chron., 1^68, p. 180 et p. 918; Bot. Mag., t. 5764.
- Ce qui me confirme dans cette opinion, c’est
un article publié en 1870 par Wallis dansle Wochen-
Comme presque toutes les espèces du
genre, — à l’exception de l’A. neriifolia qui
peut se cultiver en buisson ou sur tige, —
l’A. nobilis est une plante sarmento-grim-
pante, à rameaux très-vigoureux, verts par-
fois teintés de rouge, pubérulents comme les
feuilles, un peu noueux aux articulations.
Ses belles feuilles sont opposées ou verti-
cillées par trois ou quatre, presque sessiles,
oblongues-lancéolées, acuminées, d’un beau
vert brillant et clair à la surface supérieure,
beaucoup plus pâle en dessous, avec des
glandes petites et orbiculaires. Les fleurs,
brièvement pédicellées, se produisent au
nombre de quatre à huit sur des grap-
pes courtes et axillaires. Le calice se com-
pose de sépales verts assez inégaux, longs
de 20 à 25 millimètres, lancéolés-aigus.
La corolle, très-grande, puisque son dia-
mètre atteint jusqu’à 10 ou 12 centimètres,
est d’un beau jaune d’or clair; sur le tube
brusquement étroit à la base, long, s’élar-
gissant ensuite, et finement strié de rou-
geâtre intérieurement, s’étale le limbe obli-
quement campanulé, à larges segments équi-
lants, orbiculaires ou ovales, teintés de rou-
geâtre sur le bouton.
Cette plante superbe est de haute serre
chaude humide. Elle n’atteint toute sa
beauté que dans une serre à Phalænopsis.
Nous l’avons vue bien souvent dans toute sa
luxuriante beauté en Angleterre, et en
France particulièrement dans les collections
de M. le comte de Germiny, à Gouville, et
schrift du D*‘ Koch, et où se trouvait ce passage que
j’ai traduit en 1871 (Illust. hortic., 18^, p. 82) :
« Il me reste à indiquer, parmi les plus belles lianes
que j’aie rencontrées, un superbe Allamanda que
j’ai vu en cet endroit pour la première fois. Il por-
tait des fleurs larges de 13 centimètres et à odeur
suave, et me paraît se rapprocher beaucoup de
VA. nobilis. Il s’éloigne des autres espèces par ce
point caractéristique que ses fruits sont lisses,
tandis que les A llamanda les ont presque tous
hérissés. »
Hcinu' Horticole
M Descamps-Sabouret djel
Chrorroolztht J.L Gof/arC. BrujceiL&s
ALlanutneUi nobilis .
MALADIE NOIRE DES CLÉMATITES.
85
chez M. Fournier, à Marseille, où la figure
ci-contre a été peinte.
Le traitement qui lui convient est ce-
lui-ci :
Serre chaude humide ; température mi-
nima pendant l’hiver, 15 degrés centigrades ;
l’été, 20 à 25 degrés. Plantation des plantes
adultes dans de grands pots, ou des bou-
tures dans des godets, avec rempotages
dans des pots de plus en plus grands au fur
et à mesure du développement des sujets.
Compost de deux tiers de terre fibreuse ou
de gazons décomposés et d’un tiers de terre
de bruyère mélangée de morceaux de char-
bon de bois. Les arrosages doivent être
très-abondants, quotidiens, pendant la
grande activité de la végétation. La plante
se plaît mieux alors près du verre que dans
MALADIE NOIRE
Sous ce nom, nous désirons ^ittirer l’at-
tention des lecteurs, et en particulier des
cryptogamistes, sur une maladie mal con-
nue, mais qui malheureusement sévit de-
puis plusieurs années déjà et presque
partout sur les Clématites à grandes fleurs,
avec une intensité telle que c’est par cen-
taines, et parfois plus, que les spécialistes
comptent chaque année les plantes qui en
meurent dans leurs cultures. Les jardins
des amateurs n’en sont pas plus à l’abri
que les pépinières. Il est intéressant de
remarquer que les Clématites à grandes
fleurs des groupes : lanuginosa, patens,
Jackmani et florida, sont seules affectées ;
les espèces et variétés à petites fleurs des
groupes : Viticella, paniculata, anémoni-
flores et autres en sont heureusement
exemptes.
« Noire », la maladie l’est autant par l’ob-
scurité complète dans laquelle se trouve sa
connaissance scientifique, que par la teinte
de la partie affectée. Soit que les cryptoga-
mistes n’aient pas entrepris jusqu’ici son
étude, soit plutôt que leurs recherches aient
été infructueuses, on ne sait absolument
rien sur la nature de ce redoutable parasite,
mais ce que les horticulteurs et amateurs
savent bien, c’est que leurs plantes, les
jeunes surtout, périssent avec une rapidité
désolante.
En effet, la Clématite la plus remplie de
promesses, au printemps, par sa belle végé-
tation, se fane brusquement, du jour au
lendemain, et toute sa partie aérienne ne
tarde pas à se dessécher. Elle est perdue !
Parfois, cependant, la plante repousse du
toute autre partie de la serre, si ses tiges
sont attachées aux colonnes qui soutiennent
la charpente, ou aux pannes du toit, avec
ses rameaux floraux palissés sur des fds de
fer à 25 centimètres du vitrage.
Pendant l’hiver, ralentissement graduel
et cessation des arrosages jusqu’à janvier,
où l’on taille court le jeune bois, à un œil,
pour obtenir de nouvelles pousses vigou-
reuses qui se chargeront de fleurs dans la
pleine lumière des beaux jours.
Ainsi traité, VAllamanda nohilis de-
vient facilement ce que les Anglais appellent
une c( glorieuse plante », facile à vivre,
presque inattaquable aux insectes, et qui
récompense largement l’amateur qui se
donne la peine de la bien cultiver.
Ed. André.
DES CLÉMATITES
pied, lorsque le collet de la greffe a été épar-
gné, et qu’il y existe quelques yeux.
En examinant la Clématite ainsi brus-
quement tuée, on ne remarque absolument
rien d’anormal dans toute sa partie aérienne.
Tout le mal se trouve à la base de la tige, au
niveau et un peu au-dessous du sol, où
l’écorce est noircie sur quelques centi-
mètres de hauteur et entre en voie de dé-
composition. Pas la moindre trace de fila-
ments de mycélium^ du moins à l’examen à
la loupe ; peut-être le microscope révèlerait-
il quelque chose?
Voilà donc un beau champ d’études
ouvert à la sagacité des cryptogamistes ;
celui qui trouvera l’ennemi, et surtout un
moyen de le détruire, rendra un grand
service à l’horticulture, la reconnaissance
et les remerciements ne lui seront certai-
nement pas ménagés.
On a déjà essayé sans succès bien des
remèdes, notamment la bouillie bordelaise,
pourtant si efficace contre beaucoup de
cryptogames. M. Van den Heede a cepen-
dant fait savoir qu’il préservait ses plantes
à l’aide de la fleur de soufre, qu’il répand
simplement au-dessus des racines, au mo-
ment de la plantation ou dans une cuvette
qu’il creuse avant l’hiver au pied des Clé-
matites déjà plantées et qu’il recouvre
ensuite de terre.
La question en est là. Nous souhaitons
vivement qu’on lui fasse faire quelques pas
déplus. La Revue /lortico^c publiera certai-
nement avec empressement les communica-
tions que ses lecteurs voudront bien lui faire
parvenir à cet égard. S. Mottet.
86
BASSIN DIVISEUR DE VIDANGES.
BASSIN DIVISEUR DE VIDANGES
Chacun sait combien est précieuse, en
vue de la fertilisation des terres, l’introduc-
tion, dans l’eau destinée aux arrosements,
de certains détritus riches en azote, tels que
purin, matières fécales, poudrettes, etc.
D’autres fois, pour les arbres fruitiers, par
exemple, il s’agit d’y incorporer des eaux
de buanderie, des résidus de la lixiviation
des cendres, du sulfate de fer plus ou
moins impur, etc. Pour désigner en bloc
toutes ces adductions plus ou moins liqué-
fiées ou solides, appelons-les simplement
« vidanges ».
La manipulation de ces vidanges pré-
Fig. 27. — Vue du bassin diviseur de vidanges.
A Compartiment l’ecevant directement l’eau du robinet M.
H Compartiment dans lequel l’eau s’introduit immédiatement par l’ouverture X et dans lequel on jettera les
vidanges, le robinet M étant ouvert.
C Compartiment dans lequel le liquide de A et de B se dévex’se, lorsqu’on A et B il a atteint le niveau HI.
DE Niveau de l’eau cachant l’ouverture X.
FG Niveau de l’eau arrivée à la base de l’ouverture Y.
HI Niveau de l’eau arrivée au point H’, se maintenant jusqu’à ce que le compartiment G soit rempli jusqu’en HT.
.TK Niveau extrême obligeant le flotteur L à prendre l’horizontale.
L Flotteur interceptant automatiquement l’arrivée d’eau au moment où il prend sa position horizontale.
M Robinet se fermant automatiquement par l’action du piston du flotteur L.
VZ Cloisons intérieures du bassin.
XY Ouvertures pratiquées dans ces cloisons.
sente bien des inconvénients. Supposons i nagent quantité d’impuretés. On ne peut
un bassin rempli d’eau sur laquelle sur- | guère puiser dans ce bassin à plein arro-
BASSIN DIVISEUR DE VIDANGES,
87
soir sans se souiller les mains. Dès que
Ton approche du fond, c’est encore pis. Et
puis, l’eau, chargée d’éléments insuffisam-
ment dissous, houche à tout instant les
trous de la pomme d’arrosoir. Enfin, cette
opération dégage souvent des odeurs sui
generis dont on se passerait volontiers.
M. Ghantin (Auguste), horticulteur bien
connu, a trouvé un ingénieux moyen de
remédier à tout cela. Pour construire son
bassin « diviseur de vidanges », il s’est
basé sur le principe de l’équilibre dans les
vases communicants.
D’après ce principe, les conditions d’équi-
libre sont complètement indépendantes de
la forme des vases. En d’autres termes, si
l’on fait communiquer entre eux des
vases de contenances différentes, l’eau
n’en prend pas moins partout le même
niveau.
X, ouverture faisant communiquer les deux compartiments
A et B.
Le bassin de M. Ghantin (fig. 27) se divise
en trois compartiments que, pour faciliter la
démonstration, nous montrons sur la
même coupe dans la fig. 28.
Le premier compartiment A reçoit l’eau
du robinet M. Au fur et à mesure que l’eau
coule, un même niveau s’établit à la fois
dans ce compartiment et le suivant B, puis-
qu’une large ouverture, X, les fait commu-
niquer. Lorsque le niveau arrive en D E,
l’ouverture se trouve déjà cachée aux re-
gards, et le même niveau continue à monter
également dans les bassins A et B.
Lorsqu’on jette les vidanges dans B, elles
se mélangent immédiatement à l’eau, non
seulement de B, mais aussi de A. Seule-
ment, comme le robinet coule toujours, il
se produit un remous qui dilue continuel-
lement les matières déversées dans B. Ges
matières n’ont donc aucun repos ; toujours
en mouvement, elles se divisent bientôt en
deux parts : l’une, légère et formant « crème »,
surnage sur l’eau de B. L’autre, lourde,
forme vase au fond. G’est sur cette remarque
que repose toute l’économie du système. Ge
que l’inventeur a voulu obtenir, c’est un
liquide suffisamment débarrassé de son
écume, d’une part, et de sa boue, d’autre
part. Entre ces deux zones, le liquide
cherché existe. Nous allons voir comment
on s’y prend pour le séparer.
Si la cloison V n’existait pas, l’eau coule-
rait trop directement sur les vidanges ; la
crème, constamment troublée par le jet du
robinet, ne se concentrerait pas à la sur-
face de l’eau comme elle le fait dans le com-
partiment B.
Il s’agit maintenant de décanter et d’em-
magasiner le liquide de la région moyenne
du bassin B.
Au-dessus du niveau F G, l’eau, en
continuant à monter, prend naturelle-
I llji g-,.— i
Fig. 80, — Face de la cloison Z vue du côté B.
Y’, partie inférieure de l’ouverture Y.
ment le même niveau dans l’ouverture
Y (fig. 28). Mais on remarquera que cette
ouverture a la forme d’une boîte aux lettres
à son orifice, et que cet orifice est relative-
ment étroit (fig. 28 et 30). Aussi, la crème
n’y passe-t-elle pas. Elle ne peut non plus
l’obstruer, puisqu’elle monte toujours.
Mais au-dessous de cette crème, le li-
quide saturé passe, lui, et, arrivé au
niveau H I, il se déverse par la partie supé-
rieure de l’ouverture, au point H’, dans le
compartiment G. On peut alors l’y puiser
et s’en servir commodément puisqu’il est
relativement propre.
Tant que le compartiment G n’est pas
rempli jusqu’à la hauteur de l’orifice
H’ de l’ouverture Y, le niveau constant
reste toujours en H I, dans les compar-
88
ACACIAS CALCICOLES ET ACACIAS CALCIFUGES.
timents A et B. Mais, dès que le liquide
de G affleure au point H’, le niveau sera
le même dans les trois parties du bassin,
suivant H I H’ V.
Mais le robinet coule toujours et le
niveau continue à monter également par-
tout. Cependant, beau, arrivée en J K, fait
pression sur la bulle du flotteur ; celui-ci
prend la direction horizontale et son piston
ferme automatiquement le robinet. Le bas-
sin est plein.
Dans cette situation, la moindre quantité
de liquide enlevée au compartiment G fait
immédiatement baisser partout le niveau,
et le robinet se remet à fonctionner jus-
qu’à ce que le niveau revienne partout à
J K.
Mais il peut arriver que l’on ait à puiser
dans les compartiments A et B, pour les
curer, par exemple. Aussitôt que le niveau
constant des trois parties du bassin s’abais-
sera au-dessous de la ligne H I H’ I’, on
pourra vider complètement A B, tandis que
le niveau du liquide emmagasiné dans G res-
tera au niveau du point H’.
Le bassin de M. Chantin mesure 50
de longueur et autant de largeur. Sa pro-
fondeur est de l"™ 20. Mais, pour indiquer
des proportions exactes dans les dimensions
relatives des autres parties, ramenons le
cube à l’unité.
Supposons un récipient de 1 mètre cube
et, par conséquent, d’une contenance de
1,000 litres. Le compartiment A mesurera
200 litres. B, 250 litres, et G 550 litres.
L’ouverture X (fig. 29) mesurera 0"" 10
de hauteur sur 0"^ 15 de largeur. L’ouver-
ture Y (fig. 30) aura une largeur constante
de 0"i 08 entre ses deux orifices, dont la
hauteur, entre les parois, ne devra pas
dépasser 0>" 015. Mais l’épaisseur du canal
pratiqué dans la cloison, et reliant les deux
orifices, peut varier entre O*” 015 et O"' 020.
Quant aux flotteurs, s’ils coûtent un peu
cher, on peut prendre le loisir d’en cher-
cher d’occasion.
Bref, il ne saurait échapper à personne
quel avantage précieux l’on possédera en
se servant d’un liquide relativement propre,
chargé seulement des principes fertilisants
qu’on a voulu y ajouter.
H. Dauthenay.
ACACIAS CALCICOLES ET ACACIAS CALCIFUGES
J’ai lu dans la « correspondance » de la
Revue du 1" janvier dernier, que « les Aea-
« eia dealhata et cultriformis sont les es-
« pèces principalement calcifiiges du litto-
(( ral de Provence ».
Permettez-moi de vous signaler qu’aux
environs de Nice, en terrain essentiellement
calcaire, V Acacia cultriformis croît à mer-
veille, fleurit en abondance, semblant s’ac-
commoder très-bien de la nourriture que
lui offre notre sol L
Souvent, le terrain, plus ou moins argi-
leux, est trop fort pour les Acacia cultri-
formis ou autres, et sans quelques précau-
tions ils périraient infailliblement.
B faut drainer assez profondément avec
de grosses pierres ou fragments de rochers,
et la terre de plantation sur environ 1 mètre
cube doit être mélangée de sable. Mais,
ici, pierres et sable sont calcaires. Il fau-
drait passer le Var pour en trouver d’autre.
Quant à V Acacia dealhata^ son horreur
de la chaux le rendait incultivable jusqu’à
^ Le calcaire jurassique des environs de Nice
convient encore à l’A. Cultriformis, mais sur
d’autres calcaires il jaunit et dépérit.
{Rédaction).
ces dernières années dans nos terrains cal-
caires.
Ge roi des Acacias ne réussissait qu’entre
Gannes et Saint-Raphaël où il atteignait de
belles dimensions, épanouissant à l’aise ses
glomérules odorants, lorsqu’il était nourri
d’une terre granitique, gneissique ou mica-
schisteuse de son goût.
Voilà le passé. Gannes et Saint-Raphaël
jouissant du monopole de la vente très-ré-
munératrice des fleurs Acacia dealhata,
Nice n’en dormait pas, de jalousie. Les
branches cueillies, avant épanouissement
des glomérules, sont mises dans l’eau en
bouquets, et, en serre bien chauffée, arrivent
vite en état d’être expédiées dans le Nord
pour Noël et le jour de l’An, sous le nom
de Mimosa.
La Revue du l®*" novembre dernier a parlé
du reste de ce commerce dans un article
de M. Mottet.
Un horticulteur de Nice a eu, vers 1892,
l’idée de greffer VAcacia dealhata sur
Acacia retinoides (appelé communément
ftorihunda dans la région), espèce très-rus-
tique, s’accommodant de tous les terrains et
ne craignant que l’humidité stagnante.
CULTURE DES CHRYSANTHÈMES A TIGE A LA GRANDE FLEUR.
89
Voici comment on procède aujourd'hui
partout, après quelques tâtonnements :
On sème des deux espèces, et, au prin-
temps suivant, on greffe, par approche, les
semis d’un an, repiqués en godets. Ce n’est
qu’une fois la végétation bien active que l’on
opère progressivement les sections. Faite
avec soin, le succès de l’opération est assuré
et la croissance en pleine terre très-rapide.
Un jeune arbre, gros comme un tuyau de
plume d’oie, atteint facilement 6 mètres en
deux ans, et la récolte de branches fleuries
représente plus d’une charge d’homme.
Ce magnifique arbre est rustique à Brest.
Chacun sait que V Acacia dealhata supporte
très-bien la taille.
Robert Roland-Gosselin.
CULTURE DES CHRYSAINTHÈMES A TIGE A LA GRANDE FLEUR
Le Chrysanthème se prête si facilement à
toutes les fantaisies de l’amateur, que l’on
trouve encore des procédés de culture peu
connus, susceptibles d’intéresser le lecteur,
malgré tout ce
qui a été écrit
sur cette admi-
rable plante
d’automne de-
puis quelques
années.
Il en est qui
ne veulent voir
le Chrysanthè-
me que sous
une seule for-
me ; les uns,
et ce sont les
plus nom-
breux, ne le
comprennent
qu’en plantes
basses, tra-
pues, portant
de 4 à 8 fleurs
moyennes ou
assez grandes ;
d’autres, ne
cultivant que la
grande fleur,
se préoccupent
peu du port de
la plante, s’at-
tachant sur-
tout à obtenir
de longues ti-
ges, les seules
gracieuses en
gerbes, munies
d’une belle
fleur bien por-
tée par un pédoncule solide; les vrais ama-
teurs, qui cultivent le Chrysanthème pour
en jouir longuement, lui consacrent une
véranda, où ils le disposent avec art, s’at-
tachant à obtenir des plantes de toutes
hauteurs, afin de les étager et en former de
superbes groupes décoratifs, plusieurs fois
renouvelés, et en floraison du 1'^'’ octobre
au 15 décem-
bre; enfin, les
passionnés,’qui
ont voué un
culte au Chry-
santhème,
cherchent avec
ardeur à en
perfectionner
la culture, l’é-
tudient de tou-
tes manières,
et sont heureux
de l’admirer
sous toutes les
formes où leur
plante de pré-
dilection se
présente avec
ses avanta-
ges.
Il est juste
de constater
que le nombre
de ces passion-
nés du Chry-
santhème aug-
mente sensi-
blement. Cette
fleur, si capti-
vante, exerce
un attrait irré-
sistible sur
tous ceux qui
s’en occupent
et qui réussis-
sent à en ob-
tenir de beaux produits.
Il est vrai que le succès grise, et si
les bons cultivateurs étaient rares il y
a quatre ou cinq ans, on peut dire au-
Fig. 31 . — Spécimen de culture du Chrysanthème à tige
à la grande fleur.
(D’après une photographie).
90 CULTURE DES CHRYSANTHÈMES
jourd’hui que l’on en rencontre partout.
J’ai essayé, pour la première fois, dans
le cours de l’année 1896, d’obtenir des
plantes de Chrysanthèmes à tiges (Stan-
dards des Anglais) avec de grandes fleurs,
et, par opposition, le Chrysanthème minia-
ture, c’est-à-dire une plante aux dimensions
aussi réduites que possible, portant une belle
fleur. J’ai pu présenter des exemplaires de
ces deux cultures à la dernière Exposition
de Paris, au Palais de l’Industrie, où ils
ont obtenu un succès remarquable.
La meilleure plante de Chrysanthème ^ à
tige, présentée à Paris, était obtenue
avec la variété Étoile de Lyon. Elle
avait 1"^75 de hauteur, et portait 50 bran-
ches terminées chacune par une fleur,
dont quelques-unes seulement, épanouies,
mesuraient de 22 à 25 centimètres de
largeur.
La gravure ci-jointe (flg. 31) représente
une autre plante de la même variété, en
pleine floraison, d’après une photographie
faite le 25 novembre 1896.
Ces plantes ont atteint des dimensions
que je n’avais pas encore obtenues ; elles
démontrent aisément qu’avec une bonne
culture et un engrais convenable, on peut
faire acquérir au Chrysanthème, avec des
plantes d’un an, un développement consi-
dérable.
Que devient, en présence de ces résultats,
le préjugé si enraciné, que, pour obtenir de
très-grandes fleurs, on ne peut laisser
qu’une lige et une fleur par pot?
La plante ligurée ci-dessus d’après une
photographie avait une couronne fleurie
de près de 4 mètres de circonférence, soit
1“‘20 de diamètre, et portait 30 fleurs,
dont la plupart atteignaient J8 à 25 cen-
li mètres de diamètre.
La hauteur de la plante était de 1"’ 60,
et elle avait été obtenue dans un pot de
33 centimètres de diamètre intérieur.
J’avais cultivé 40 plantes avec le même
procédé, et presque toutes ont atteint ces
dimensions colossales.
Je vais essayer de décrire succinctement,
et cependant avec tous les détails possibles,
le mode de culture employé.
Le bouturage a eu lieu en décembre, et
les plantes ont été conservées sous verre
jusqu’au 10 mai, à une température plutôt
froide, ne dépassant 10 degrés que par
1 Cette plante a obtenu une médaille de ver-
meil grand module, comme plus bel exemplaire
de l’Exposition; elle a été offerte à M. Félix Faure,
président de la République.
A TIGE A LA GRANDE FLEUR.
l’action du soleil. Les boutures faites,
comme il est indiqué dans le livre : Le
Chrysanthème à la grande fleur dans
des godets de 5 centimètres, avaient at-
teint, le 10 mai, une hauteur de 60 centi-
mètres en moyenne, et se trouvaient alors
dans un pot de 15 centimètres, après avoir
passé par un rempotage intermédiaire de
10 centimètres.
Dans le courant de mai, presque toutes
les plantes ont présenté leur premier bouton
couronne; celles qui n’avaient pas à ce mo-
ment atteint une hauteur de 60 à 80 centi-
mètres ont été ébourgeonnées, et l’on a
continué le prolongement de la tige, en se
servant du prolongement le plus vigoureux.
Fin mai, on a opéré le premier pince-
ment, et les 3 ou 4 bourgeons supérieurs
conservés ont été eux-mêmes, à leur tour,
pincés sur 3 bonnes feuilles quand ils
ont présenté 6 feuilles bien constituées.
Un troisième et un quatrième pincements
eurent lieu ensuite, en juin et juillet ;
chaque branche a été soigneusement
ébourgeonnée afin de ne laisser à l’extré-
mité qu’une seule fleur.
Un premier tuteur léger avait été donné
à la plante lorsqu’elle avait une hauteur
de 25 centimètres, et le bourgeon fut soi-
gneusement accolé, afin de conserver à la
tige une bonne direction.
Lorsque les premiers pincements opérés
eurent donné naissance à des rameaux de
35 à 40 centimètres de longueur, trois tu-
teurs portant à la hauteur de la future
couronne un cercle en fil de fer furent
fichés dans chaque pot, et les branches de
l’extérieur furent écartées et maintenues au
moyen de ce cercle.
Le dernier rempotage eut lieu le 22 juil-
let, en pots de 33 centimètres.
A partir de mai, les plantes ont été pla-
cées en plein air, dans une situation bien
éclairée, en plein soleil, les pots mi-enterrés
dans le sol, avec un vide sous la base du
pot, afin d’assurer l’écoulement du trop-
plein des arrosages, condition indispensable
pour obtenir une parfaite végétation.
La terre employée, à partir du deuxième
rempotage, était composée de terre de
gazon, additionnée pendant l’hiver de
2 1/2 p. 100 d’engrais Papillon. Grâce à
la réserve de nourriture donnée au sol par
cet engrais puissant, on a pu éviter com-
plètement l’emploi de l’engrais liquide, et
- Deuxième édition, en vente chez l’auteur.
Envoi franco contre 2 fr. 80 à M. Anatole Cordon-
nier, à Bailleul (Nord).
SOCIÉTÉ NATIONALE d’hORTICULTURE DE FRANCE.
pas une seule de ces plantes n’a été arrosée
pendant toute la végétation qu’avec de
l’eau pure.
Il est juste d’ajouter que le dernier rem-
potage avait été fait en laissant un vide de
5 centimètres à la partie supérieure du pot ;
qu’à la mi-août^ alors que la plante avait
garni de ses racines toute la motte du der-
nier rempotage, on a effectué un premier
surfaçage (top dressing des Anglais) avec
une mixture préparée en mars, comme il est
indiqué ci-dessus ; et un second surfaçage
fut appliqué le 15 septembre.
On avait composé ce terrain de surfa-
çage comme suit :
47 kilos terre de gazon.
47 kilos terreau de couche encore gras mais
bien décomposé.
6 kilos d’engrais Papillon.
100 kilos.
Un mois après l’application, ces surfa-
çages sont littéralement garnis de petites
radicelles, démontrant l’affinité de la plante
pour cet engrais spécial.
Partout où on le put, le bouton couronne
fut réservé, et l’on ne se servit du bouton
terminal que lorsque le bouton couronne
ne put être conservé.
La floraison, en général, fut tardive, et
91
l’on n’obtint des plantes épanouies que
du 10 au 30 novembre.
Je dois dire que le résultat a dépassé
mes espérances, et que je fus amplement
récompensé des soins un peu minutieux
qu’ont exigés ces plantes à tige.
Ce que l’on trouve de plus extraordinaire
en voyant ces plantes, c’est la dispropor-
tion, non encore obtenue, entre le volume
de la couronne fleurie, qui atteignait, sui-
vant les plantes, de 1 mètre de diamètre à
l”! 60, et la motte de terre qui était conte-
nue dans un pot de 33 centimètres, et cela
sans aucune addition d’engrais liquide,
grâce à la puissance de l’engrais Papillon
mélangé à la terre.
Le défaut (car il y en avait un, capital
à mon avis) que présentaient ces plantes à
tige, était leur hauteur, ne permettant pas
de voir les fleurs de face, et obligeant, pour
les rendre agréables à la vue, de les incli-
ner vers le spectateur.
Ce défaut serait facilement évité en ne
laissant à la tige qu’une hauteur de 40 à
50 centimètres ; la couronne fleurie ne dé-
passerait pas en ce cas une hauteur del“ 30,
et la plante serait alors une merveille déco-
rative, permettant de la présenter isolée,
comme une superbe Azalée dans un angle
de vestibule, véranda ou appartement.
Anatole Cordonnier.
SOCIÉTÉ NATIONALE D’HORTICULTURE DE FRANCE
SÉANCE UU 28 JANVIER 1897
Floriculture.
La présentation, unique ce jour-là au Co-
mité de floriculture, faite par M. Maxime Jo-
bert, de Ghâtenay, commandait l’attention de
tous les praticiens, non seulement au point de
vue de la valeur ornementale des plantes pré-
sentées, mais aussi au point de vue cultural.
Il s’agissait d’un forçage, commencé fin-no-
vembre, de VHoteia astüboides. Le même
forçage avait été appliqué à quelques pieds
d'H. japonica et d’jj japonica compacta^ ap-
portés aussi comme « témoins ». L’avantage a
été tout entier en faveur de VH. astüboides,
dont le feuillage, ample et vigoureux, la flo-
raison dense et abondante, et l’air de santé
générale méritaient tous les éloges. M. Jo-
bert avait ajouté aussi quelques H. japonica
forcés en saison ordinaire, à titre de compa-
raison.
Mais pourquoi avons-nous entendu des no-
tabilités horticoles persister à les traiter de
Spiræa, alors qu’il s’agit de Saxifragées, et
non pas de Rosacées ? Serait-ce sous le falla-
cieux prétexte que ce sont les « Reines-des-
Prés » du commerce?
Orchidées.
Apport intéressant de M. Page, jardinier de
M. Robert Lebaudy. Au premier plan, de
beaux Cypripedium hybrides : C. Spiceria-
num Louryi. de belle tenue et aux tiges
biflores ; C. Nilssoni excellens (C. Maulei X
C. Boxallï), belle plante aux divisions florales
beaucoup plus larges et mieux dressées que
celles du C. Nilssoni, de même origine. Le
labelle en est aussi beaucoup plus coloré. Re-
marquable aussi, un Lælia anceps Dawsoni,
dont le labelle, pourpre extérieurement et
jaune rayé de brun intérieurement, contraste
agréablement avec les sépales blancs du reste
de la fleur. Puis enfin, un Cattleya Perciva-
liana Leeana superba (ouf !) de très-belle
couleur lilas, au labelle cramoisi, et qui est
ordinairement très-floribond lorsqu’il éclot en
bonne époque.
Parmi différentes autres Orchidées de
92 PLANTES NOUVELLES OU PEU CONNUES DÉCRITES DANS LES PUBLICATIONS ÉTRANGÈRES.
M. Page, on remarquait encore une espèce
d’intérêt plutôt botanique qu’horticole : le
Pleurothallis steUigera, épi de petites fleurs
d’un vert jaunâtre particulier.
M. Thibaut, jardinier chez M. Libreck, à
Passy, avait apporté un Brassavola glauca au
labelle très-large, étalé, blanc, et un Saccolo-
bium illustre giganteum, à l’inflorescence
bien garnie.
Arboriculture fruitière.
M. Théveny, peintre, rue de la Mairie, à
Antony (Seine), présentait une collection de
fruits moulés et peints avec une fidélité remar-
quable. 11 y a longtemps qu’il nous avait été
donné d’examiner un travail aussi scrupuleux
et aussi vrai. Peut-être bien, dans M. Théveny,
retrouverons-nous l’habile artiste que nous
avons perdu en perdant M. Buchetet.
Les Pommes Grand- Alexandre et Belle-
fille sont particulièrement réussies : n’importe
qui s’y méprendrait et, du reste... c’est arrivé.
Viennent ensuite les Poires Doyenné de la Pen-
tecôte et Belle Angevine, puis enfin les Pom-
mes de Calville blanche, peut-être un peu
pâlottes, ce qui n’empêche qu’elles soient ab-
solument reconnaissables et très-pures de
formes.
M. Eve, de Bagnolet, et M. Epaulard, de
Fontenay-sous-Bois, présentaient chacun un
beau lot de Poires Doyenné d'hiver, des vraies,
celles-là.
Enfin, d’Italie, nous sont venues des Poires
de couleur feuille morte, dans lesquelles on a cru
reconnaître la Poire d’Abbeville, variété à
cuire, et dont la « solidité » ne le cédait guère
à celles de M. Théveny.
H. Dauthenay.
REVUE DES PLANTES NOUVELLES OU PEU CONNUES
FIGURÉES OU DÉCRITES DANS LES PUBLICATIONS HORTICOLES ÉTRANGÈRES
PENDANT LE SECOND SEMESTRE DE l’ ANNÉE 1896
EXPLICATION DES ADRÉVI ATIONS.
]{. K. {Bulletin de New).
B. M. (Botanical Magasine).
G. C. {The Gardeners’ Chronlcle).
Gartenfl. [Gartenflora) .
Gard, and For. {Garden and Forest).
lllustr. liort. [Illustration horticole').
Lind. [Llnderda) .
Rev. hort. belg. [Revue de l’horticulture
belge).
The Gard. {The Garden).
Acalypha Sanderi. N. E. Brown (n. sp.)
(Euphorhiacées) G. C., 1896. p. 392. — Superbe
espèce d' Acalypha qui forme des buissons vi-
goureux atteignant 3 à 5 mètres de hauteur.
Bel épi de fleurs femelles, a.xillaires, denses,
semblable à une petite queue d’écureuil, d’un
beau rose garance très-brillant. Espèce très-
florifère ; ses fleurs durent longtemps ; elle
sera une des nouveautés remarquables de la
saison. Elle a été découverte en Océanie, dans
l’archipel Bismarck.
Acanthephippium Mantinianum, L. Lind.
et Cogn. (Orchidées), Lind. tab. 536. — Nou-
velle espèce dédiée à M. Mantin, amateur au
château de Bel-Air, à Olivet. Introduite au
printemps dernier par l’Horticulture interna-
tionale, elle est d’une beauté supérieure à
toutes les autres espèces connues. Elle est
originaire des îles Philippines.
— eburneum, Krzl. (Orchidées), G C., 1896,
p. 260. — Jolie petite espèce très-voisine de
VA. Curtlsil ; elle en diffère par l’éperon
presque aussi long que l’ovaire ; le périanthe
blanc d’ivoire au lieu d’être rose. Les bulbes
sub-tétragones, de G à 8 centimètres de long
sont pourpre foncé. Grappe biflore.
Acantholimon venustum, Boiss. (Plombagi-
nées), B. M. tab. 7500. — Asie Mineure,
liges florales dressées de 9 à 12 centimètres
de hauteur. Elle fut introduite probablement
en Europe par Bourgcau, botaniste voyageur
français. Comme elle est originaire des mon-
tagnes, on la cultive à Kew dans les rochers où
elle forme de grosses touffes ornées en été de
jolies fleurs roses.
Actinidia polygama, Planch. (Ternstrœmia-
cées), B. M., tab. 7497. — Japon. Gracieuse
plante grimpante ligneuse, à larges feuilles
dentées finement dont le pétiole est rose. Les
fleurs sont d’un blanc verdâtre, sub-gloDu-
leuses, en cymes axillaires. En quelques parties
de l’Angleterre, cette espèce fleurit sous la
simple protection d’une véranda ; elle fera un
bel ornement pour les piliers des serres tem-
pérées.
Adiantum (Hewardiæ) malaliense, n. sp.
Jenm. (Fougères), G. C., 1896, p. 182. — Nou-
velle espèce intéressante, découverte en
Guyane sur les bords de la grande cascade du
fleuve Demerara.
Adonis amurensis, Regel et Radde (Renoncu-
lacées), B. M. tab. 7490. — Mandchourie et
Japon. Espèce robuste, vivace, considérée
d’abord comme une variété del’A. apennlna.
Elle partage avec le groupe Consillgo des
Adonis le caractère spécial que le pétiole est
en réalité un axe portant deux ou trois feuilles.
Au Japon, la culture a produit beaucoup de
variétés de VA. amurensis. Un livre japonais
figure des fleurs rouges, jaunes, pourpres, etc.,
de cette epèce nouvelle. Les pétales sont au
nombre de 28 à 50, et les fleurs mesurent
6 centimètres en diamètre.
Aerides Fieldingi, Hort. var. album L. Lind.
(Orchidées), Lind. tab. 538, — Variété
blanche. Les formes albinos étaient inconnues
jusqu’ici dans le genre Aerides.
Agave (Euagave) laxifolia, Baker (Ama-
ryllidées), B. M., tab. 7477. — Mexique
Agave cultivé depuis longtemps à Kew, a
PLANTES NOUVELLES OU PEU CONNUES DÉCRITES DANS LES PUBLICATIONS ÉTRANGÈRES. 93
fleuri dans l’été de 1895. Il fut reçu comme
variété de VA . meæicana, mais il en diffère
beaucoup par sçs feuilles disposées en ro-
sette lâche, au nombre de ‘20 à 30. Elles sont co-
riaces, longues de 45 à 60 centimètres. Inflores-
cence en panicules sur une tige courte. Fleurs
en corymbes, exhalant une odeur de souris.
Périanthe infundibuliforme de couleur ver-
dâtre. La place de VA. laæifoUa est dans le
voisinage de l’A. excelsa.
Akebia lobata, Dene (Berbéridées), B. M.,
tab. 7485. — Chine et Japon. Arbuste grim-
pant qui diffère de VA. qulnata, bien connu,
par ses branches ligneuses, ses feuilles trifo-
liolées et ses fleurs plus petites. Fleurs mâles
très -nombreuses, fort petites, en longues
grappes grêles, pourpre pâle. Fleurs femelles
en petit nombre, plus grandes que les mâles.
Alocasia reversa, N. E. Brown (Aroïdées), B.
Af.,tab. 7498. — Iles Philippines. L’A. reversa
est très-voisin de TA . lequel diffère
surtout par sa taille plus grande, ses feuilles
sinueuses et diversement colorées. Cette es-
pèce nouvelle est à tige courte ou acaule. Les
feuilles ont de 15 à 25 centimètres de long,
défléchies, cuspidées. La spathe de G à 7 cen-
timètres de long est blanche, étroitement
bordée de pourpre.
— Sanderîana, var. gandavensis, Illustr.
hort. p. 267 (Aroïdées), pl. color.
Ansellia confusa. N. E. Br. (Orchidées), G. C.,
1896, p. 620. — C’est la plus brillante espèce
du genre Ansellia. Inflorescence rameuse,
multiflore, à fleurs mesurant près de 6 cen-
timètres de diamètre. Sépales et pétales d’un
blanc crème rayé de pourpre. Le labelle tri-
lobé est également orné de raies pourpre. Les
deux cavités de la base du labelle sont
bien caractérisées et sont d’un jaune bril-
lant. La colonne est d’un blanc roux avec
pourpre.
Anthurium Madame Du Trieu de Ter-
donck (Aroïdées), Illustr. hort., p. 185, pl.
color.
Amaryllis Madame T. Feyerick (Amaryl-
lidées), Rev. hort. belg., 1896, p. 115, pl.
color.
Aspidistra typica, Baill. (Liliacées), B. M.,
tab. 7484. — Tonkin. Curieuse espèce qui
diffère de ses congénères en ce que la fleur
est trimère. Les feuilles, longues de 36 à
55 centimètres, longuement pétiolées, ellip-
tiques lancéolées, sont munies de 7 nervures.
Fleurs nombreuses sur un long pédoncule
radical, flexueux, de couleur pourpre avec
taches sombres ; elles sont globuleuses, co-
riaces, à six divisions verdâtres tachetées de
rouge en dehors et d’un pourpre foncé en
dedans. Le jardin de Kew a obtenu cette
plante du Muséum de Paris, en 1895.
Aspidium cristatum X marginale, Daven-
port (Fougères), Gard, and For., 1896, p. 414,
fig. noire 58. — Hybride entre l’A. cristatum
et l’A. marginale.
— simulatum (Fougères), Gard, and For.^
1896, p. 484 ; fig. noire 69. — Nouvelle espèce
des Etats-Unis, qui ressemble à V Aspidium
FlUx fæmina de nos pays.
Aster infirmas, Michaux (Composées), Gard.
^ and For. 1896, p. 464 ; fig. noire 65. — Etats-
Unis. Espèce distincte, aux tiges grêles, déjà
décrite par Gronovius en 1739 et même
Plukenet en 1720. Les capitules sont rayés de
blanc et disposés en corymbes lâches.
Bauhinia Galpini, N. E. Br. (Légumineuses),
B. M., tab. 7491 — Transvaal. Arbrisseau
demi-grimpant de l«i 50 à 3 mètres de hauteur,
découvert en 1880 par M. Nelson. Les feuilles
sont largement orbiculaires avec 7 fortes ner-
vures. Grappes courtes de 8 à 10 fleurs qui
produisent un bel effet par leur brillant écar-
late. Pétales de 3 à 4 centimètres de long, à
limbe orbiculaire.
Bégonia Martiana, var. gracilis (Bégonia-
cées), The Gard, 1896, p. 474 ; pl. color. 1096.
Berberis Nevinii, Nevin (Berbéridées), Gard,
and For., 1896, p. 415; fig. noire 51. — Cali-
fornie. Très-belle espèce fort distincte appar-
tenant à la section Mahonia . C’est un char-
mant petit arbuste aux feuilles composées
qui serait très-désirable pour les jardins des
pays tempérés.
Bertonerila Mademoiselle Lucienne,
Linden, L. Lind., Illustr. hort., p. 316, pl.
color. X
— Madame Treyeran, Illust. hort., p. 250,
pl. color.
Gampanula Zoysii, Wulf (Campanulacées),
G. G., 1896, p. 182, fig. noire 32. Illust. hort.,
p. 270. — Alpes autrichiennes. Charmante
petite plante alpine que l’on dit difficile à cul-
tiver. Les fleurs sont grandes, d’un beau bleu
et en forme de flacon avec un étranglement à
la gorge de la corolle, qui est, en outre, à
5 lobes triangulaires, connivents. Fleurs
d’abord pendantes, puis dressées.
Carrierea calycina, Franch. (Bixacées), II-
lustr. hort., p. 366. — Le Carrierea caly-
cina, découvert en Chine par le R. P. Farges,
a été décrit dans la Revue horticole du no-
vembre 1896. M. Franchet a dédié cette nou-
veauté à la mémoire de M. Carrière.
Gattleya Harrisoniana, Bateman,var. comte
Visart (Orchidées), G. G., 1896, p. 520. —
Belle variété à fleur presque entièrement
blanche.
G. X Mathoniæ, L. Lind. (Orchidées), Lind.,
tab. 539. — C’est peut-être un hybride naturel
du G. Luddemaniana croisé avec le G. Mos-
siæ.
G. Mossiæ, Hook. varietates (Orchidées),
Lind., tab. 544.
G. X Super-Forbesi (Forbesi X superba),
G. G., 1896, p. 90. — Hybride horticole.
G. Trianæ, Rchb. f., var. Imperator, L.
Lind. (Orchidées), Lind., tab. 528.
G. Trianæ, varietates (Orchidées). Lind.,
tab. 530-531. — Variétés : festioa, regalis,
dulcis, ampUssima, superba, ardens, splen-
dens, majestica.
Gelmisia Munroi, Hook f. (Composées), B. M.,
tab. 7496. — Dans la Nouvelle-Zélande, le
genre Gelmisia représente les Aster des
autres parties du monde. Cette plante a été
découverte dans les montagnes par le D>‘
Munro ; elle est entièrement recouverte d’un
duvet blanc de neige, tomenteux. Capitules
de 3 à 6 centimètres de large, à rayons blancs,
à disque jaune d’or.
Chonemorpha macrophylla, G. Don (Apo-
cynées), B. M., tab. 7492. — Indes et Iles de
94 PLANTES NOUVELLES OU PEU CONNUES DÉCRITES DANS LES PUBLICATIONS ÉTRANGÈRES.
la Malaisie. Magnifique plante grimpante des
forêts des Indes tropicales. Elle s’élève jus-
qu’au sommet des arbres les plus élevés, dans
les forêts du Sikkim, à une altitude de 2,000
mètres. Une incision au tronc donne un latex
coagulable considéré comme une bonne sorte
de caoutchouc. Feuilles grandes, orbiculaires.
Fleurs blanches, odorantes, en cymes, à calice
court, rougeâtre. Limbe de la corolle de 9 cen-
timètres de large, à lobes triangulaires ou
trapézoïdaux.
Cirrhopetalum graveolens, Lindley (Orchi-
dées;, G. C., 1896, p. 210. — Nouvelle-(3ruinée.
Espèce remarquable introduite il y a quelques
années. Grappe assez courte portant environ
30 fleurs jaunes d’une senteur désagréable
qui empêchera sa conservation dans les cul-
tures.
Clerodendron squamatum, Vahl., Bev.
hort. belge, 1896, p. 253, pl. color. — Chine.
Joli arbuste florifère de serre chaude ou tem-
pérée, peu répandu dans les cultures. Il peut
acquérir trois mètres de hauteur. C’est une
brillante espèce, remarquable par ses pani-
cules du plus beau rouge écarlate.
Olivia Prince Albert, Ch. Vermeire. lUustr.
hort., p. 217, pl. color.
Cœlogyne lurida, L. Lind. et Cogn. (Orchi-
déesb Lind., tab. 532. — Charmante espèce in-
troduite récemment. Elle appartient à la sec-
tion Eucœlogyne de Bentham, et, au point de
vue horticole, au groupe des espèces à fleurs
en grappe dressée, caractère assez rare dans
le genre. Fleurs d’un coloris jaune gracieux
et moins sombre que celui de beaucoup de
ses congénères.
Coriaria japonica, A. Gray. (Coriariées). B.
M., tab. 7509. — Japon. Arbuste peu élevé, à
tige tétragone. Fleurs monoïques fleurissant
sur les branches de l’année précédente ; elles
sont très-petites, mais d’un joli rose ou rouge
corail, disposées en grappes opposées aux
feuilles. Au Japon, le fruit est réputé véné-
neux.
Crassula aloides, N.-E. Brown (Crassula-
cées), B. K., 1896, p. 161. — Transvaal. Re-
marquable espèce cultivée à Kew, de graines
envoyées par M. Galpin; l’aspect général de
celte plante est celui d’un Aloès. Les fleurs
sont petites, très-nombreuses, jaune pâle.
Elle s’élève jusqu’à une altitude de 1,400 mè-
tres.
Cycnoches Haagii, Sodrig. (Orchidées), B.
M., tab. 7502. — Brésil. Le C. Haagii est re-
marquable par ses pétales et ses sépales
vert pâle; il a la tige épaisse, d’environ
18 centimètres de hauteur, un peu compri-
mée. Grappe de 5 à 7 fleurs, dont la largeur
est de 6 à 7 centimètres. Labelle blanc teinté
de rose pâle et parsemé de points rouge
foncé.
Cymbidium Tracyanum, Hort. (Orchidées),
Lind., tab. 514. — Splendide espèce encore
rare dans les cultures. Elle fut introduite, il
y a quelques années, par M. H. -A. Tracy, de
Tvvickenham (Angleterre), et vendue, en 1890,
pour la somme de 1,968 fr. Plante robuste, à
feuilles linéaires, de 60 à 80 centimètres de
longueur. Scape de 1 mètre et plus, formant
une grappe de 16 à 20 fleurs qui atteignent
H centirpètres dè diaipètré, Sépales jaune
pâle verdâtre. Pétales de même couleur avec
sept bandes cramoisies. Labelle d’un jaune
crème avec bandes et macules cramoisies.
Cette plante hors ligne est voisine du
C. grandiflorum et probablement originaire
du Burmah.
Gypripedium x Argo-Stonei (Orchidées),
G. C., 1896, p. 554. — Nouvel hybride hor-
ticole
— ebracteatum, Rolfe (Orchidées), B. K.,
1896, p. 204. — Hupeh. Remarquable espèce
sans bractées, différente du C. micranthum
par ses fleurs beaucoup plus grandes, et des
C. margaritaceum et C. Fargesii par le
labelle sacciforme.
— Exul, Rolfe (Orchidées), R. M., tab. 7510. —
Siam. Le C. Exul ressemble étroitement au
G. insigne, mais il est plus beau et plus
grand et diffère encore dans la forme du sta-
minode et du stigmate. Cette espèce est
acaule ; les feuilles peu nombreuses ; le scape
mesure un pied de haut ou davantage et
porte une seule fleur ; il est aussi recouvert
d’une pubescence pourpre foncé. Le sépale
dorsal est blanc avec un disque jaune pâle
taché de rouge pourpre. Les pétales sont
jeunes avec 3 nervures pourpres et quelques
taches à la base. Labelle jaune clair.
C. X Lebaudyanum, Hort. (Orchidées),
Lind., tab. 529. — Hybride artificiel issu de
deux espèces des plus distinctes parmi les
Gypripedium: le C. philippinense et le
C. H aynaldianum.
C. X Leeanum, Veitch., varietates (Or-
chidées), Lind., tab. 115-116. — Nombreuses
variétés qui ont fleuri dans les serres de
{'Horticulture internationale.
G. X Morganiæ, Hort., var. Burfordiense,
Hort. (Orchidées), Lind., tab. 541.
Cyrtanthus Huttoni, Baker (Amaryllidées),
B. M., tab. 7488. The Gard., 1896, p. 62, pl.
color. 1076. — Cap. Bulbe globuleux émet-
tant 4 feuilles ensiformes arquées. Pédoncule
de 60 centimètres de long, portant une om-
belle de 6 à 10 fleurs infundibuliformes,
rouges dehors et jaunes à l’intérieur. Il est
plus robuste que le C. angusiifolius, mais
ses fleurs sont loin d’être aussi larges que
celles du C. obliquas.
Gyrtochilum micranthum, Krzl. n. sp.
(Orchidées), G. C., 1896, p. 63. — Brésil. Es-
pèce qui ressemble beaucoup au vieux
C. maculatum. Couleur des fleurs peu plai-
sante.
Delphinium Zalil, Aitch. et Hemsl. (Renon -
enlacées). G. G., 1896, p. 238, fig. 47. The
Gard., 1896, p. 434, pl. color. 1094. — Asie
centrale. Herbe vivace assez voisine du D.
ochroleucuin, à fleurs jaunes en épis longs,
peu denses. Elle est abondante dans le Kho-
roud à une altitude de 1,000 mètres ; on ex-
porte les fleurs en Perse pour la teinture des
soies. Comme plante économique, c’est une
découverte d’une réelle valeur. Elle a fleuri
pour la première fois à Kew en 1888. M. Max.
Leichtlin dit qu’elle est tout à fait rustique à
Baden-Baden.
Dendrobium atroviolaceum, Rolfe (Orchi-
dées), Lind., tab. 513. — Espèce introduite
en 1890, par MM. Veitch ét fils, de la partie
orientale de la Nouvelle-Guinée^ où elle croît
CORRESPONDANCE.
95
dans les endroits les plus chauds et les plus
humides. Elle n’a pas les brillantes couleurs
de certaines de ses congénères, mais elle est
remarquable par son port élégant et la colo-
ration spéciale du labelle qui est d’un pourpre
violacé. Grappe solitaire, terminale, composée
de 5 à 8 fleurs assez grandes. Sépales d’un
jaune blanchâtre ornés de gros points d’un
pourpre violacé, abondants dans la partie
inférieure.
Dendrobium formosum, Rob., var. gi-
ganteum. Van Houtte (Orchidées), Llnd.^
tab. 586. — Variété décrite et figurée pour la
première fois par Van Houtte, en 1865.
— (Onychium) hainanense, Rolfe (Orchi-
dées), B. K., 1896, p. 193. — Haïnan. Espèce
alliée au D. aciculare, mais les pétales et le
labelle sont plus étroits, les feuilles plus
fortes et plus courbées. Les fleurs sont blan-
ches avec une tache jaune sur le disque du
labelle.
— Jennyanum, Krzl. n. sp. (Orchidées),
G. C., 1896, p. 329. — Nouveau Dendrobium
d’origine orientale, dont les tiges s’élèvent
à 1"’60. Il ressemble au C. undulatum, mais
diffère par les sépales plus larges, non tor-
dus, simplement réfléchis. Les pétales sont
plus longs ; le labelle étalé, à lobes latéraux
très-larges, le médian court et large, un peu
acuminé. La couleur des fleurs est jaunâtre â
l’intérieur, brune en dedans. Labelle orné de
veines brun-chocolat. Callus blanchâtre.
— Leonis, Reicht. f. (Orchidées), B. M.,
tab. 7493. — Péninsule Malaise. Curieuse Or-
chidée récoltée pour la première fois il y a
soixante ans; elle appartient à la section Apo-
rum. Ses feuilles sont petites, obtuses, com-
primées et distiques. Les fleurs, solitaires à
l’extrémité des branches, sont petites, d’un
N° 3099 (Alpes-Maritimes). — Il n’existe
que des travaux épars sur les Palmiers, en de-
hors des grands ouvrages anciens de Martius
et de VIndex Palmarum de H. Wendland, pu-
blié à Hanovre en 1854. Le livre de B. See-
mann {Popular history of Palms), édité à
Londres en 1856, est un bon ouvrage pour
cette époque. Les travaux de M. Drude
sont dispersés dans plusieurs publications al-
lemandes. Ce que vous trouverez de meilleur
et de plus pratique pour vous, est le beau vo-
lume du comte O. deKerchove, Les Palmiers,
que vous pourrez vous procurer à la
librairie agricole, 26, rue Jacob.
Le livre de M. Traherne Moggridge, Contri-
butions to the Flora of Mentone, qui a une
véritable valeur scientifique pour la botanique
indigène de cette région, ne contient rien qui
concerne les plantes exotiques ni le jardinage
d’agrément.
iV® 3565 (Morbihan). — Sous vos grands
Chênes à haute tige, vous pouvez planter les
arbustes suivants : Ribes alpinum, Androsæ-
num officinale, Lonicera Xylosteon, Rhamnus
Franyula, R, catharticus, Liguslrum Halicum,
jaune terne, rayé de pourpre noir à la base des
sépales latéraux et du labelle. Son nom spéci-
fique lui a été donné à cause de la vague res-
semblance de la fleur avec la gueule d’un lion.
Dendromecon rigidum, Benth. (Papavéra-
cées), The Gard., 1896, p. 292, pl. color. 1087.
— Jolie petite espèce qui paraît être la seule
connue du genre. Elle est originaire de la
Californie et doit appartenir à la famille des
Papavéracées. On l’appelle vulgairement
Pavot en arbre. C’est un arbrisseau d’un
mètre au plus de hauteur, à port tantôt raide,
tantôt touffu, à feuilles d’un ,gris glauque. Il
sera surtout très-ornemental par ses abon-
dantes fleurs jaune clair.
Dipladenia Sanderi, Hemsl. n. sp. (Apocy-
nées), G. C., 1896, p. 652. — Brésil. Nouvelle
espèce ornementale intermédiaire entre le
D. illustres, var. glabra et le D. eximia.
Les fleurs sont â peu près semblables dans
les trois espèces, mais le D. Sanderi ne pos-
sède pas le cercle de couleur sombre à la
gorge de la corolle, caractéristique dans le
D. illustris. Les rameaux sont grêles, à
feuilles oblongues presque coriaces. Les
fleurs sont roses.
Dîsa pulchra, Sonder (Orchidées), G. C.,
1896. p. 778. — État libre d’Orange. Plante
remarquable, à fort tubercule. Quelques épis
de fleurs mesurent 60 centimètres de longueur
et portent plus de 20 fleurs dont l’épanouis-
sement se fait en même temps. Les feuilles et
l’inflorescence ressemblent singulièrement à
celles de quelques espèces de Glaïeuls. Les
sépales offrent une teinte lilas ainsi que le la-
belle, avec lignes et points pourpres. Il est
souhaitable que cette belle espèce connue
seulement par des spécimens desséchés entre
dans les cultures. D. Bois et G. Gibault.
Ruscus racemosus, R. aculeatus, Buxus sem-
pervirens et variétés, Viburnum Lantana, Vi-
burnum Opulus.
Quant aux plantes annuelles ou bisan-
nuelles à planter sous cet ombrage, le mieux
serait de choisir les espèces venant naturel-
lement dans les bois de votre voisinage. Vous
pourriez, si vous ne les possédez pas, y ajou-
ter des Digitales {Digitalis purpurea), le Pavot
jaune [Meconopsis camhî ica), le Millepertuis à
grandes fleurs {Hyperycum calycinum) , plu-
sieurs Balsamines [Impatiens Noli-tangere et
I. glanduligera), etc.
Nous vous renseignerons prochainement sur
la petite larve qui mine les feuilles de vos An-
thémis. Le moyen qui nous réussit le mieux
pour nous en débarrasser, c’est de faire chauffer
fortement des briques et de répandre dessus de
la nicotine qui se vaporise et tue ces insectes
lorsque la vapeur se répand sous les châssis
hermétiquement fermés.
M. L. S. [Var). — C’est bien, en effet, le
Bignonia fraxinifolia de 8prengel, que nous
avons nous-même retrouvé à Maiquetia, près
de La Guayra (Venezuala), non loin de l’en-
96
CORRESPONDANCE.
droit où l’arbuste a été signalé pour la première
fois. Ilsetrouved’ailleurs dans d’autres contrées
intertropicales. On l’a introduit dans la ré-
gion niçoise, où il re.ste peu répandu dans les
jardins ; les hivers froids le font disparaître.
A". lYo iOOl. — Vous voudriez trouver dans
la région parisienne un établissement d’horti-
culture où vous pourriez vous perfectionner
dans votre métier, et vous nous demandez de
vous y aider. Nous ne pouvons pas nous char-
ger de vous trouver une place, mais voici com-
ment, à notre avis, vous devriez procéder.
Vous devez bien connaître vous-même les
établissements où vous seriez désireux d’en-
trer. Ecrivez à ces établissements en donnant
tous les renseignements qui peuvent les inté-
resser : votre âge, l’état actuel de vos con-
naissances en horticulture, les parties dont
vous voudriez vous occuper plus spécialement,
le temps que vous comptez rester à Paris, et
enfin les conditions que vous accepteriez. Nous
n’avons pas besoin d’ajouter que si vous êtes
bien décidé à venir à Paris, c’est sur place que
vous auriez plus de chance de réussite. —
Nous regrettons de ne pouvoir vous être utile
autrement que par ces conseils généraux.
CATALOGUES REÇUS
J. A. Becker, rue Vauban, à Mulhouse (Al-
sace). — Liste spéciale de Chrysanthèmes nou-
veaux pour 1897. Principales nouveautés de Chry-
santhèmes de Calvat, de Chantrier et divers.
Meilleures nouveautés de 1896, 1895 et 1894. Nou-
veautés anglaises et américaines.
Bruant, à Poitiers (Vienne). — Plantes nou-
velles ; Pélargoniums zonés, Cannas, Dahlias,
Chrysanthèmes, Lantanas, Pétunias et Verveines.
W. Atlee Burpee et G'o, à Philadelphie
(.États-Unis). — Graines potagères, fourragères et
de heurs. Ognons à fleurs. — Nouveautés pota-
gères et de fleurs pour 1897.
Cayeux et Leclerc (ancienne maison E. For-
geot et Gie), 8, quai de ki Mégisserie, Paris. —
Graines potagères, fourragères et de fleurs ; graines
de céréales, de plantes industrielles et officinales ;
graines d’arbres, de plantes d’orangerie et de
serres. Plantes vivaces et plantes pour massifs.
Asters, Cannas, Chrysanthèmes, Dahlias, Glaieuls,
Phlox, Rosiers, Tritomas, Violettes, Ognons à
fleurs. — Nouveautés de plantes potagères et de
fleurs. Fraisiers nouveaux.
L. Clause (anciennes maisons Tollard et
Lecaron), 20, quai de la Mégisserie, Paris. —
Graines potagères, fourragères et de fleurs. Graines
d’arbres, de plantes de serre et d’orangerie. Ognons
à fleurs.
A. Cordonnier, à Bailleul (Nord). — Chry-
santhèmes : Nouveautés inédites, françaises et
étrangères pour 1897. Choix des meilleures nou-
veautés de 1896 et moins récentes. Collections de
Chrysanthèmes pour spécimens, standards, florai-
sons de pleine terre hâtive et tardive, etc.
Denaiffe et fils, à Carignan (Ardennes). —
Graines potagères et fourragères de grande cul-
ture. Graines de fleurs, de plantes officinales et
d’arbres. Arbres fruitiers et d’ornement. Ognons
à fleurs. — Plants de Fraisiers. Nouveautés pota- ^
gères, céréales, fourragères et de fleurs pour 1897. j
H. Gautier, à Vitry-sur-Seine (Seine). — <
Arbres fruitiers, forestiers et d’ornement. Vignes
et Fraisiers. (
F. Gerbeaux, 1, rue du Ruisseau, à Nancy i
(Meurthe-et-Moselle). — Pélargoniums zonés nou-
veaux pour 1897 ; Bégonias tubéreux, Cannas et i
Glaïeuls nouveaux ; plantes diverses, nouvelles ou
rares. !
V. Lemoine et fils, à Nancy (Meurthe-et-
Moselle). — Fascicule concernant les Abutilons,
Pentstémons et Pétunias nouveaux ; Verveines
nouvelles; Diplacus tomentosus, Gazania nivea
lætifLora et Heuchera brizoides.
Léonard-Lille, 9, quai des Célestins, à Lyon
(Rhône). — Graines potagères, fourragères et de
fleurs, plantes vivaces et bulbeuses diverses (Bé-
gonias, Cannas, Chrysanthèmes, Clématites, Dah-
lias, Fuchsias, Glaïeuls, Œillets, Rosiers, Violettes). ]
— Supplément spécial aux nouveautés potagères >
et de fleurs.
Marchand, rue du Calvaire, Poitiers (Vienne).
— Plantes de serre et d’appartement. Rosiers, :
Conifères, arbres fruitiers et arbustes.
Molin (Charles), 8, place Bellecour, à Lyon i
(Rhône). — Graines potagères, fourragères et de ]
fleurs. Graines d’arbres. Ognons à fleurs. Cannas, ;
Dahlias, Fuchsias, Pélargoniums zonés (Géra- )
niums), Lantanas, Œillets, Phlox et plantes di-
verses aquatiques, vivaces et grimpantes. Arbres
fruitiers. — Nouveauté.s potagères et de fleurs. j
Plantes nouvelles et fruits nouveaux. j
F. G. Pomrencke, à Altona-Hambourg (Aile- j
magne). — Graines potagères, fourragères et de
fleurs. Graines d’arbres, d’arbustes et de plantes de
serre. Ognons à fleurs. Rosiers.
Rolland (Jacques^ à Nimes (Gard). — Graines
potagères, fourragères et de fleurs ; graines de
céréales, de plantes économiques et industrielles ;
graines d’arbres. Immortelles et couronnes d’im-
mortelles . — Nouveautés de fleurs (Reines-Margue-
rites, Ricins, etc.).
G. Sahut , avenue du Port- Juvénal, à
Montpellier (Hérault). — Arbres fruitiers, plantes ’
potagères. Fraisiers ; graines potagères et fourra- <
gères. Graines d’arbres et jeunes plants pour reboi-
sements. Mûriers, arbres et arbustes forestiers et
d’ornement. Plantes grimpantes, de bordures, vi- \
vaces, bulbeuses, de serres et d’orangerie ; plantes ,
pour mosaïculture ; plantes de collection (Bégonias, i
Cannas, etc.) — Nouveautés pour 1897. j
E. Seguenot, à Bourg-Argental (Loire). —
Collection complète de Conifères. Arbres fruitiers,
arbres et arbustes d’ornement, arbres forestiers.
Rosiers, plantes vivaces et plantes à forcer pour
fleuristes (Deutzias, Hortensias, Hoteias, etc.). '
Sündermann, à Lindau (Bavière). — Plantes
alpines, parmi lesquelles de remarquables nou-
veautés pour 1897, entre autres le Townsendia
Wilcoxiana, Wood.
Thiébaut-Legendre, 8, avenue Victoria,
Paris. — Graines potagères, fourragères et de '
fleurs. Ognons à fleurs. Bégonias, Caladiums,
Cannas, Dahlias, Chrysanthèmes et plantes vivaces ;
diverses. — Nouveautés potagères et de fleurs.
Plantes nouvelles diverses. ]
H. Wrède, à Lunebourg (Hanovre). — Spécia-
lités de Pensées à grandes fleurs (nombreuses va-
riétés de choix). Violettes et Phlox viraces. j
Orléans. — lmp. G. Jacob, Paul Pigelet, successeur.
Le Directeur-Gérant t L. Bourguignon.
CHRONIQUE HORTICOLE.
97
CHRONIQUE HORTICOLE
Concours régionaux agricoles. — École d’horticulture de Villepreux. — Les Américains et les droits
à l’importation sur les produits des pépinières. — Cyclamens à Ilsurs cristées rouge et bicolore. —
Une enquête sur les ravages causés par le moineau franc. — Le Stachys tuberifera. — L’amé-
lioration du Safran cultivé. — Empoisonnement des animaux par les Genêts. — Expositions annon-
cées. — - Florilegium harlemense. — Le Jardin botanique de Saint-Louis.
Concours régionaux agricoles. — Les
concours régionaux agricoles auront lieu :
Cette année: dans les départements d’Ille-
et-Vilaine, Haute -Saône, Cher, Gironde,
Drôme ;
En 1898, dans l’Orne, les Ardennes,
la Haute-Vienne, les Hautes-Pyrénées,
le Rhône ;
En 1899, dans la Vienne, la Somme,
la Côte-d’Or, l’Aude, les Bouches-du-
Rhône ;
En 1900, dans la Loire-Inférieure, les
Vosges, l’Indre, Tarn-et-Garonne et les
Alpes-Maritimes.
La rotation des départements appelés à
être le siège d’un concours à dater de 1900
n’est pas encore fixée.
Il n’est pas certain que les concours aient
lieu en 1900, à cause de l’exposition uni-
verselle. Ils seraient alors reculés d’un an.
Ecole d’horticulture de Villepreux. —
Le samedi 13 février, ont eu lieu les exa-
mens de sortie des élèves de V Ecole d'horti-
culture Le Nôtre, à Villepreux, devant un
jui’y composé de :
MM. Caron, conseiller général de la Seine,
président.
Ghargueraud, professeur d’arboricul-
ture de la ville de Paris ;
Chevalier, secrétaire général de la So-
ciété d’horticulture de Seine-et-Oise.
Gravereau, horticulteur à Neauphle-le-
Ghâteau (Seine-et-Oise).
Guillochon, chef de culture à l’établis-
sement Duval de Versailles.
Oudot, jardinier-chef de M. Victorien
Sardou, à Marly-le-Roi.
Pinet, chef de bureau à la division des
Enfants-Assistés, représentait l’admi-
nistration de l’Assistance publique.
M. Levêque, horticulteur, conseiller géné-
ral absent, s’est fait excuser.
Les élèves présentés par le directeur,
M. Guillaume, ont été reconnus aptes à
recevoir le certificat de l’enseignement pro-
fessionnel ; ils ont été classés dans l’ordre
suivant :
1. Nicolas.
2. Duclos.
3. Fiacre.
4. Garlier.
5. Royer.
G. Henrion
7. Ehrmann.
8. Gotard.
9. Renard.
10. P’orey.
11. Limontant
Le prix Laisné n’existe plus, par suite du
décès de ce bienfaiteur ; mais néanmoins, à
titre d’encouragement, l’Administration
accorde une récompense aux trois premiers.
La Commission a été unanime pour re-
connaître que de grands progrès avaient été
accomplis depuis deux ans au point de vue
de l’instruction théorique.
La dernière délégation de la Société na-
tionale d’horticulture avait reproché à
l’Ecole d’être trop exclusivement pratique,
mais une question budgétaire avait empê-
ché la nomination de professeurs spéciaux.
Les examens ont été fixés pour l’ave-
nir à cette époque de l’année, en raison du
grand nombre de jeunes gens qui sont de -
mandés au printemps.
Les Américains et les droits à l’im-
portation sur les produits des pépiniè-
res. — Le 23 décembre dernier, vingt
horticulteurs réunis à Rochester (États-
Unis), ont décidé de demander au Congrès
américain, à Washington, de frapper d’un
droit de deux dollars (10 francs) à l’impor-
tation :
lo Chaque mille de jeunes plants de Poirier,
Pommier, Cognassier et Prunier de Saint-
Julien de provenance étrangère ;
2« De 5 francs chaque mille de Prunier
myrobolan, Cerisier commun et Mahaleb ;
3° De 15 francs chaque cent de Rosiers
greffés ;
4' De 30 pour cent [ad valorem) tous les
arbres et arbustes.
La prétention de ces vingt horticulteurs,
sur le nombre de deux cents que renfer-
ment les États-Unis, paraît excessive. Elle
aurait un effet désastreux sur l’horticulture
marchande européenne, sans permettre aux
consommateurs américains de pouvoir s’ali-
menter à bon compte de végétaux que leur
pays ne peut produire.
1er Mars 1897.
5
98
CHRONIQUE HORTICOLE.
Aussi une note, dont l’initiative a été
prise par la Société d’horticulture de Maine-
et-Loire, et qui a été appuyée par un vote
de la Société nationale d’horticulture de
France, vient d’être remise à M. le Minis-
tre de l’agriculture, président du Conseil, à
l’effet d’obtenir qu’une énergique protesta-
tion soit transmise par son intermédiaire
au Gouvernement des États-Unis contre
l’application de toute mesure de ce genre.
Cyclamens à fleurs cristées rouge et
bicolore. — Dans sa chronique du 16 fé-
vrier dernier, la Revue horticole a parlé
d’un Cyclamen blanc pur à fleurs cristées,
obtenu par MM. iHugh Low et C‘% et
présenté par eux à la Société royale d’horti-
culture de Londres.
On lira d’autre part, dans le présent nu-
méro É que cette nouveauté intéressante
a été aussi présentée par la même maison, à
la Société nationale d’horticulture de France.
A ce sujet, M. Etienne Narbouton, jardi-
nier à Maisons-Laffitte (Seine-et-Oise), nous
écrit qu’il a obtenu, il y a trois ans, un
semblable Cyclamen, mais de coloris
rouge, et dont les caractères se’lsont [repro-
duits par la voie du semis. En ce moment,
M. Narbouton en possédait, de plus, une
nouvelle variété bicolore, ou plutôt à œil
carmin. L’hypertrophie pétaloïde qui carac-
térise cette nouvelle race serait donc fixée
beaucoup plus tôt qu’on aurait pu le suppo-
ser, et l’on entrerait déjà dans la voie des
simples variétés de coloris.
Une enquête sur les ravages causés
par le moineau franc. — Une enquête a
été ordonnée par l’administration préfec-
torale de la Seine, à l’effet de connaître les
déprédations causées par le moineau franc
dans les cultures de la banlieue de Paris
et l’opinion sur l’opportunité qu’il y aurait
à modifier les lois existantes et à autoriser
désormais la destruction des moineaux.
M. Paul Vincey vient de publier les ré-
sultats de cette enquête dans une brochure
où nous recueillons à ce sujet des rensei-
gnements intéressants.
46 communes se sont déclarées favorables
à la destruction des pierrots, 17 se sont
montrées indifférentes, et 5 seulement con-
tinuent à réclamer la protection des moi-
neaux ; ce sont les communes de Saint-
Mandé, Malakoff, Asnières, le Pré-Saint-
Gervais et le Bourget.
^ Société nationale d" horticulture, p. 117.
Quant aux moyens de destruction, la
grande majorité des communes qui ne
veulent plus de moineaux proposent d’en
laisser le choix, en toute saison, aux culti-
vateurs, et au moment de la chasse, à tous
les porteurs de permis.
Peut-être des personnes au jugement
éclairé s’étonneront-elles, à priori, d’une
semblable quasi -unanimité défavorable à un
oiseau classé comme insectivore. Les corps
savants ont jusqu’à présent, du reste, émis
des avis opposés à sa destruction.
Mais ce qui peut être désirable pour l’en-
semble du territoire national, c’est-à-dire la
protection absolue des insectivores, peut ne
plus l’être pour les environs immédiats de
Paris. En effet, le pierrot a trouvé ici un
genre de vie qui le dispense de faire la chasse
aux insectes. « Il fait son ordinaire de la
graine prohibée et du fruit défendu »,
comme dit M. Vincey, et la population pari-
sienne l’a puissamment aidé, en le gâtant, à
devenir sybarite. Il se multiplie dans des
proportions extraordinaires, s’abrite l’hiver
très-facilement dans la grande ville, et ses
cohortes au printemps vont mettre en
coupe réglée les champs et les vergers
suburbains.
C’est ainsi qu’à Noisy-le-Sec, et dans
beaucoup d’autres communes, l’estimation
des ravages est d’environ 15 pour cent de
la récolte de blé. Elle est, à Bry-sur-Marne,
de 25 0[o ; à Bagneux, de 33 0[o ; à Ghevilly
et à Epinay, de 50 0[q. En cultures diverses,
on constate les pertes suivantes en année
normale; à Bonneuil, environ 5,000 francs ;
à Châtenay, 10,000 francs ; à Courbevoie,
20.000 francs !
En résumé, la totalité des déprédations,
dit M. Vincey, dépasse certainement
200.000 francs ; et il ajoute : « A côté de ce
chiffre, combien sont légers dans la ba-
lance les services que cet oiseau peut rendre
en qualité d’insectivore ! »
Le Stachjs tuberifera. — M. Paul
Chappelier poursuit, aux cultures de la
Commanderie (Loiret), ses tentatives d’amé-
lioration de ce nouveau légume, appelé
d’abord Stachys affinis, et que M. Paillieux
baptisa du nom de Crosne du Japon ; mais
cette plante ne fleurit presque jamais dans
notre pays, et donne encore moins des
graines. Les quelques fécondations qui en
ont été essayées, soit avec des variétés du
Stachys palustris, soit avec des espèces
américaines du même genre, n’ont donné
jusqu’ici aucun résultat.
CHRONIQUE HORTICOLE.
99
L’amélioration du Safran cultivé. —
On sait que le Safran du commerce est
constitué par les stigmates de la fleur du
Crocus sativus. M. P. Chappelier est par-
venu, après de longs tâtonnements et à
force d’hybridations artificielles, à obtenir
des fleurs de Safran, qui, au lieu de présen-
ter trois stigmates comme dans le type, en
portent huit. Mais ce caractère n’est pas
fixé. M. Chappelier estime qu’il faudra
bien, pour arriver à une fixation complète,
deux ou trois périodes de semis successifs.
Si l’on songe qu’un semis de Crocus ne
donne sa première floraison qu’après sept
ou huit ans, on verra qu’il ne faut pas
compter sur une amélioration sensible de
cette plante industrielle avant une période
de quinze à vingt ans. Les essais de M. Paul
Chappelier sont commencés depuis 1843,
c’est-à-dire depuis plus de cinquante ans .
Voilà qui donne une idée de la ténacité et
de la méthode qui sont nécessaires dans
les recherches relatives à la sélection de
certains végétaux.
Empoisonnement des animaux par les
Genêts. — Toutes les parties du Genêt, ra-
cines, tige, feuilles, fleurs, sont plus ou
moins vénéneuses pour les animaux, à cause
des deux alcaloïdes qu’elles contiennent : la
scoparine et la spartéine. Cette dernière
substance, surtout, est très- dangereuse.
Dans tous les cas, le Genêt est non seu-
lement purgatif, mais très-vomitif.
Le cheval et l’âne, percevant, plus facile-
ment que les ruminants, l’odeur nauséa-
bonde et la saveur amère de la plante, sont
moins qu’eux sujets à s’y laisser prendre.
Cependant, dès qu’un cheval, un âne ou un
mulet a mangé du Genêt en quantité plus
ou moins considérable, il faut, sans tarder,
lui administrer du café en grande quantité :
sept ou huit litres, si c’est possible, d’une
infusion légère et chaude. L’effet de cette
médication n’est pas toujours certain.
Le mieux est donc de surveiller les bêtes,
de manière à ne jamais les laisser brouter
du Genêt, qu’il s’agisse du Genista scopa-
ria, du G. juncea^ du G. tinctoria, ou
de toute autre espèce.
EXPOSITIONS ANNONCÉES ^
Paris, 2 au 7 juin. — Exposition de la
Société nationale d’horticulture de France.
‘ La Revue horticole annonce les expositions
générales ou partielles dont le programme est
adressé au Rédacteur en chef, 26, rue Jacob,
Paris.
— L’Exposition annuelle de la Société natio-
nale d’horticulture de France ouvrira le 2 juin
1897 et sera close le 7 du meme mois.
Le programme comprend cette année 302
concours ainsi répartis :
lo Plantes de serre. — Plantes nouvelles,
4 concours; belle culture, 5; culture spéciale, 1;
plantes en collection, 111 ; concours entre ama-
teurs, 2;
2o Plantes de 'pleine terre. — Plantes nou-
velles, 8 concours; belle culture, 5; culture spé-
ciale, 5; plantes en collections, 75; concours entre
amateurs, 2; fleurs coupées, 9; bouquets et gar-
nitures d’appartement, 12 ;
3» Arboriculture et fruits. — 9 concours;
40 Culture maraîchère. — 22 concours ;
50 Instruction horticole. — 5 concours ;
6° Architecture des jardins. — 5 concours;
7» Industries horticoles. — 20 concours en
4 sections.
Les récompenses consisteront en prix d’hon-
neur (objets d’art et médailles d’honneur), mé-
dailles d’or, grandes médailles de vermeil,
médailles de vermeil, grandes médailles d’ar-
gent, médailles d’argent, médailles de bronze,
mentions honorables et certificats de mérite.
Les demandes pour prendre part à cette
exposition doivent être adressées, avant le
17 mai 1897, terme de rigueur, à M. le Pré-
sident de la Société, rue de Grenelle, 84, à
Paris.
Marseille, du 3 au 8 juin. — La Société
d’horticulture et de botanique de Marseille or-
ganise, à l’occasion du cinquantenaire de sa
fondation, une grande Exposition générale
d’horticulture, qui se tiendra, du 3 au 8 juin,
place de la Bourse, à Marseille. Les amateurs
ou leurs jardiniers, les marchands français et
les industriels dont les produits se rapportent à
l’horticulture sont invités à y prendre part.
Le programme comprend 61 concours répar-
tis de la manière suivante : plantes de serre
chaude, 12 concours; — plantes de serre tem-
pérée, froide et de la région de l’Oranger, 10;
— plantes vivaces et annuelles, 7 ; — plantes
et arbustes de plein air, 4; — fleurs coupées, 4;
— arboriculture fruitière, 7 ; — culture ma-
raîchère, 5; — industrie horticole, 8 ; —
Concours divers, 4.
Adresser les demandes, avant le 30 avril
prochain, terme de rigueur, au Secrétaire gé-
néral de la Société, 52, rue Thubaneau, à
Marseille.
Rennes, du 3 au 7 juin. — A l’occasion du
Concours régional agricole, la Société cen-
trale d’horticulture d’Ille-et-Vilaine organisera,
du 3 au 7 juin, une Exposition générale des
produits de l’horticulture et des arts et indus-
tries qui s’y rattachent.
Pour renseignements, s’adresser à M. le Se-
crétaire général de la Société, 1, contour de
La Motte, à Beuvron.
100
AGAVE CONSIDERANTI.
Vincennes, du 23 au 30 août. — La Société
régionale d’horticulture de Vincennes organise,
à Vincennes, du 23 au 30 août prochain, une
grande Exposition des produits de l’horticul-
ture et des industries qui s’y rattachent.
Des prix d’honneur, des objets d’art et de
nombreuses récompenses seront mises à la dis-
position du jury pour récompenser les produits
méritants.
Le programme de cette Exposition] sera pu-
blié et adressé ultérieurement. — Pour les
renseignements et adhésions, s’adresser à
M. Chapuis, secrétaire général, 101, rue de
Fontenay, à Vincennes (Seine).
Florilegium harlemense. — La der-
nière livraison du Florilegium harlemense
est consacrée à des plantes bulbeuses qui
sont toutes des variétés excellentes pour
la culture forcée. Les planches coloriées
nous montrent successivement la Jacinthe
Grand-maître, datant de 1873 ; les Tulipes
alba maxima, Raphaël et Vuurbak ; les
Na7xissus glo7'iosus, Gra^id mo7iarque, et
Tazetta Grajid Soleil d’or, variété déjà
mentionnée au XVIIIe siècle.
Le Jardin botanique de Saint-Louis.
— M. W. Trelease a publié le septième
rapport annuel sur les travaux scientifiques
du Jardin botanique de Saint-Louis (Mis-
souri). Ce rapport forme un volume de
209 pages, illustré d’un grand nombre de
planches bien exécutées. Une monographie
des Juglandées des États-Unis, par
W. Trelease ; une étude sur les Agave de la
même contrée, par A. Isabel Munford,
ainsi qu’un travail sur les Wolfia ligulés,
par Ch. Henry Thomson, constituent l’at-
trait de cette très -intéressante publication
scientifique.
Ed. André.
AGiVE CONSIDERAINTI
Cette belle plante, décrite par M. Car- i sous le nom à’ Agave Coiisidera^iti, en
rière dans la Revue horticole, en 1875 ^ | hommage à celui qui l’avait le premier
Fig. 32 bis. — Agave Consideranli (au cinquième de grandeur naturelle) ; à droite, épine crochue des
feuilles, grandeur naturelle.
rapportée du Mexique, et qu’on a vu
paraître en Angleterre sous le nom usurpé
* Agave Cohsideranti, Carrière, Rev. hort., 1875,
p. 427. Agave Victoriœ Reginæ, in Gardeners'
Chronicle, 1875, II, p. 484; 1880, II, p. 788; 1882,
II, P . 841, et 18 juin 1887.
d’ Agave Victoiàæ Reginæ, vient de fleurir
pour la première fois en plein air, en
Èurope, dans le jardin de M. Dellor, à la
Biocarde, Hyères (Var) dans le courant de
l’année 1896. Elle avait déjà montré sa
hampe florale au Jardin botanique de Cam-
bridge (Angleterre)*
AGAVE CONSIDERANTI
101
A partir du moment où la hampe a com-
mencé à se montrer, elle a pris un déve-
loppement très-rapide, comme chez la plu-
part des Agaves, présentant un assez curieux
spectacle avec son long épi
souple de fleurs serrées en
forme de cylindre. Une pho-
tographie, dont la Revue
donne aujourd’hui la repro-
duction (fig. 32), en fut prise
avant la fin de la floraison.
Malheureusement un fort
coup de vent en brisa le
sommet, mais on avait pu,
auparavant, se rendre un
compte exact de l’effet de cette
rare inflorescence.
Description. — Plante acaule,
composée d’environ 200 feuilles
très-rapprochées et conniventes,
formant un cône compact et
régulier, ayant 60 centimètres
de largeur sur 40 centimètres
de hauteur. Du centre de ces
feuilles surgit une hampe haute
de 50, épaisse à la base de
5 centimètres et pourvue, sur
une longueur de 1™50, de nom-
breuses bractées subulées, li-
néaires, ayant à leurs aisselles
deux à trois petits boutons,
vestiges de fleurs avortées. La
partie supérieure de la hampe
est couverte de fleurs formant
un épi très-dense.
Dans l’axe de chaque bractée
se trouvent trois fleurs courte-
ment pédicellées; ces fleurs ont
un ovaire de 12 millimètres de
long et un tube en forme d’en-
tonnoir, de même longueur ; les
lobes du périgone sont
oblongs- linéaires, longs
de 15 millimètres; les
filetsdes étamines, deux
fois plus longs que ces
lobes, dépassent un peu
le style qui porte trois
stigmates arrondis ; le
tube est rempli de nec-
tar jusqu’au bord.
Une partie de ces
fleurs a été fécondée
avec du pollen d’une
autre Agave spiciforme.
l’A. heteracantha au-
gustifolia, et en ce moment les fruits sont
parfaitement constitués.
Je ne connais pas l’âge de cette Agave qui
a été donnée en 1883 par un amateur pas-
sionné de belles plantes, M. Baudrand,
créateur de l’établissement horticole de
MM. Paul Brunei et C‘®, au Golfe Juan.
Craignant de livrer à la pleine terre et en
plein air cette plante rare dans mon jardin
des Œillets de Provence à
Toulon, où la température
est beaucoup plus froide
qu’à Hyères, je la confiai à
M. Dellor, et c’est là qu’elle
vient de développer sa hampe.
L’Agave Consideranti
rentre dans la section des
espèces à inflorescence sim-
ple, spiciforme, comme les
Agave filifera, A. schi-
digera, etc., mais il les
dépasse en beauté et en
étrangeté, avec des feuilles
rendues anguleuses par la
pression qu’elles subissent,
et les bandes marginales
blanches, si curieuses, qui
les ornent.
En même temps que la
figure représentant l’exem-
plaire qui vient de fleurir à
Hyères, nous reproduisons
la figure qui donne à une plus
grande échelle (fig. 32 his)
le port de cette plante re-
marquable, si curieuse par
l’épine crochue qui termine
ses feuilles, et que l’on voit
en grandeur naturelle à la
droite de la fig. 32 his.
L’Agave Consideranti est
toujours resté une grande
rareté dans les collections,
depuis qu’il fut intro-
duit pour la première
fois à Paris, dans les
serres du Muséum.
Désormais, si ces
floraisons, qui s’ob-
tiendront facilement
en plein air, dans
des situations bien
insolées, à l’abri de
la pourriture hiver-
nale, qui est seule à
craindre, sont suivies
par suite de fructifica-
d’espérer que l’espèce
se répandra davantage, à la grande satis-
faction des amateurs.
Fig. 32. — Agave Consideranti.
Port de la plante en fleur.
de fécondations et
tion, il y a lieu
B. Chaiuud.
102
LE PÊCHER TIGE FRANC DE PIED.
LE PÊCHER TIGE FRANC DE PIED
Souvent il nous a été demandé des ren-
seignements sur la manière de conduire le
Pêcher tige franc de pied dans les jar-
dins.
Nous voulons parler ici du Pêcher obtenu
de noyau, par semis et non greffé. On sait,
en effet, qu’il existe un certain nombre de
races de Pêchers qui ont la propriété de se
propager fidèlement de noyaux. Tel est le
cas, par exemple, de la Pèche d’Oignies,
en Belgique, de la Pêche de Tullins, dans
le Dauphiné, du Percer^ dans la Gironde,
et de la Pêche de Beurre, en Franche-
Comté.
Fig. 33. — Formation du Pêcher tiye franc de pied.
Certaines de nos bonnes variétés de
Pêches, la série des Mignonnes, notam-
ment, pourraient également se propager
assez exactement par le semis, sans pré-
senter cependant, dans leur descendance,
une fixité aussi grande que les races locales
que nous venons de citer.
Quoi qu’il en soit, en prévision de l’ob-
tention de Pêchers de cette nature, il est
de la plus haute importance de choisir les
noyaux provenant des fruits les plus beaux,
les plus typiques et surtout les premiers
arrivés à complète maturité. ’Ces noyaux
perdant assez rapidement leurs facultés
germinatives, il est extrêmement impor-
tant aussi de les semer très-peu de temps
après la récolte, ou tout au moins de les
mettre en stratification, c’est-à-dire dans
des vases remplis de sable de rivière main-
tenu très-légèrement humide, et que l’on
hiverne soit dans une cave, soit dans un
cellier, soit dans tout autre local à tem-
LE PÊCHER TIGE FRANC DE PIED.
103
pérature constante, peu élevée, et à l’abri
des rongeurs.
Semés à l’automne ou au printemps, en
avril, après avoir été stratifiés, les noyaux
lèvent habituellement l’année même du
semis et donnent des plants d’autant plus
vigoureux qu’ils se trouvent dans un
terrain mieux approprié à leur exigence,
c’est-à-dire argilo-calcaire un peu fort.
Le semis peut se faire soit en place, soit
en pépinière. Le premier procédé, générale-
ment préféré en la circonstance, permet
d’obtenir dans les jardins des sujets à
végétation puissante au début, ce qui
s’explique par la non déplantation des
jeunes Pêchers. Le semis fait en pépinière
a, par contre, l’avantage d’occuper peu de
place, puisqu’il suffit de le pratiquer en
rayons, à 50 centimètres en tout sens, dans
une planche de terrain aménagée à cet
effet. Il est plus facile aussi, par ce dernier
moyen, de soigner les jeunes semis et d’en
obtenir au bout d’une année de végétation
des sujets sains et robustes, présentant un
système radiculaire aussi ramifié que pos-
sible et pourvu d’un chevelu abondant, frais
et actif, que l’on peut alors transplanter
avec toutes chances de succès.
Disons cependant que les résultats pré-
cédents ne seront obtenus, dans la pépinière,
qu’autant que les noyaux auront été au
préalable stratifiés, et qu’on aura attendu
que la germination ait commencé avant
de pratiquer le semis. Celui-ci s’exécute
alors par un temps sombre de préférence,
en ayant soin de couper sur chaque noyau
de Pêche ainsi germé la pointe de la radi-
cule. Cette opération, qui est trop souvent
négligée, a pour effet de forcer le pivot à
se ramifier.
Que l’on ait semé directement en place
ou en pépinière, les jeunes Pêchers, au
bout de la première année, se montrent
comme nous l’indiquons en A (fig. 33),
c’est-à-dire sous forme de scions plus ou
moins vigoureux et munis d’un certain
nombre de rameaux anticipés. Sur chacun
de ces sujets, au printemps qui suit la
première année de végétation, c’est-à-dire
en mars, la taille s’effectuera en a, d’où il
résultera à l’automne de la seconde année
une végétation analogue à ce qu’indique en
B la (fig. 33).
Ce qu’il y a de particulier ici et ce que
nous avons tâché de rendre aussi saillant
que possible, c’est l’apparition sur le
Pêcher de semis de pousses très-vigou-
réuses, véritables gourmands, qui se déve-
loppent souvent dès la seconde année au
pied de chaque sujet, et avec une telle
vigueur que si l’on n’y prend garde, à la
troisième ou à la quatrième année, la jeune
tige finit par péricliter et mourir.
Il semblerait, en effet, que ces gour-
mands aient pour mission de remplacer la
tige, ce fait se montrant d’ailleurs, non
seulement sur les Pêchers de semis, mais
encore sur les Pêchers greffés bas que l’on
désire élever sur tiges.
C’est surtout à ce propos qu’il nous a été
demandé, notamment par l’honorable
M. Blavet, président de la Société d’horti-
culture d’Etampes (Seine-et-Oise), lorsque,
en 1895, nous fîmes plusieurs conférences
d’arboriculture pratique au Jardin Guet-
tard, à savoir, si le traitement rationnel
du Pêcher de semis ne consisterait pas à
tirer profit de cette particularité dans les
cultures de plein vent, c’est-à-dire à le ra-
jeunir constamment du pied ?
Au point de vue du bon aspect et surtout
de la longévité de l’arbre, nous ne pensons
pas qu’il y ait intérêt à opérer ainsi sur le
Pêcher. Nous consefllerons plutôt, au prin-
temps qui suivra la seconde année de végé-
tation, de le tailler comme il est indiqué en
B (fig. 33). On obtiendra l’année suivante
le résultat que montre la même figure en C,
c’est-à-dire une tige parfaitement constituée
et sur laquelle on pourra même récolter des
fruits pendant son éducation.
Toutefois, lorsque pour une cause ou
pour l’autre le Pêcher tige franc de pied
se trouvera dominé par un ou plusieurs de
ces gourmands de base, il ne faudra point
hésiter à choisir le mieux placé, le plus
vertical pour remplacer la jeune tige,
c’est-à-dire à rabattre le jeune Pêcher im-
médiatement au-dessus de cette pousse
vigoureuse.
Nous ajouterons qu’il ne faut jamais se
hâter de juger les premiers gains de tout
Pêcher provenant de semis, et que ceux-ci
sont susceptibles de s’améliorer au fur et à
mesure que l’arbre vieillit.
Nous voudrions enfin voir le Pêcher tige
franc de pied admis non seulement dans
le jardin fruitier, où par son développement
restreint, il tient peu de place, mais aussi
dans le jardin d’agrément, isolément sur
les pelouses où il produira toujours un
superbe effet décoratif au moment de la
floraison et aussi à l’arrière-saison par
l’abondance et le coloris si remarquable de
ses fruits.
Ch. Grosdemange.
104
ÉTABLISSEMENT DE TREILLES A LA THOMERY, SYSTÈME OGER.
ÉTABLISSEMENT DES TREILLES A LA THOMERY, SYSTÈME OGER
Dans tous les jardins fruitiers ou pota-
gers, quelle qu’en soit l’étendue, la vigne en
treilles est l’arbuste qui convient le mieux
pour garnir la plus grande partie des murs.
C’est à juste titre qu’on lui donne l’expo-
sition la plus chaude et la mieux enso-
leillée.
Placée dans ces conditions et suffisam-
ment soignée, elle donne des fruits plus
gros, plus succulents, qui se dorent davan-
tage-et sont de meilleure conservation.
Des différents systèmes de treilles que j’ai
étudiés depuis des années, la forme en cor-
don horizontal bilatéral dite à la Thomery
semble convenir plus particulièrement au
mode de végétation de la vigne.
Malheureusement, cette forme présente
une difficulté dans l’obtention des sar-
ments pour la formation du T, au point où
doit s’elfectuer la bifurcation sur le fil de
fer.
J’ai cherché à simplifier et à améliorer
plusieurs procédés, dont quelques-uns ont
été décrits par des arboriculteurs distin-
gués.
L’ancienne méthode consistait à prendre
le sarment lorsqu’il avait dépassé le point de
bifurcation des branches du T, à l’incliner
sur le fil de fer qui lui est destiné, soit à
gauche, soit à droite, de façon qu’il y ait
un œil sur la courbure, de 1 à 4 centi-
mètres au-dessous du fil de fer, et un
autre sur lequel on taille, qui se trouve au-
dessous de l’extrémité de la courbure; ces
deux yeux, en se développant, formaient
le T. C’est la courbure en sec ou d’hiver
avec œil normal.
Le système que je préconise diffère du
précédent en ce qu’il est formé à l’état de
bourgeons pendant l’été, ce qui avance sa
formation d’un an. Il utilise ainsi toute la
sève en formant la treille au fur et à me-
sure que son développement le permet. Il
ne comporte presque pas de mutilations, et
l’on obtient les coursonnes beaucoup plus
rapidement qu’avec l’ancienne méthode.
Mais avant d’en exposer l’application, il
convient de dire quelques mots sur la plan -
tation, sans entrer toutefois dans trop de
détails.
Préparation du mur.
Préalablement à la plantation, il est in-
dispensable d’établir, sur le mur les lignes
de fd de fer qui serviront au palissage.
Il faut compter que le premier étage hori-
zontal doit être établi à 30 centimètres au-
dessus du sol. D’autre part, il faut toujours
réserver, au-dessous de la crête du mur,
une distance d’au moins 25 centimètres
pour le palissage des coursonnes de l’étage
supérieur. L’espace compris entre ces deux
mesures extrêmes est partagé en autant de
tranches égales qu’on pourra le diviser par
un nombre de centimètres variant entre
45 et 55. Je m’en tiens autant que possible
à 50 centimètres environ. Par exemple,
pour un mur haut de 3 mètres, après dé-
falcation de 30 + 25, il reste 2"^ 45 à par-
tager. Cet intervalle étant exactement divi-
sible par 49, les cordons seront espacés de
49 centimètres.
On pourrait objecter que la distance or-
dinaire que je donne entre chaque cordon
n’est pas absolue. On peut modifier cette
distance selon la qualité du sol ; par
exemple, dans un sol médiocre, les dis-
tances entre chaque cordon superposé se-
ront de 45 centimètres et, dans un bon
sol, de 55 centimètres. Mais je trouve qu’il
serait vicieux de trop s’éloigner de ces
chiffres quand on songe que, plus il y a de
feuilles élaboratrices au-dessus de deux
belles grappes de Raisin que porte unecour-
sonne, mieux ces grappes seront nourries
et plus elles seront sucrées et de bonne con-
servation. Donc si, dans certains cas, l’on
perd un cordon sur cinq qu’on aurait pu
établir le long d’un mur, il y aura compen-
sation, comme végétation et qualité du
fruit.
On double ensuite le nombre des lignes
de fil de fer en partageant en deux les dis-
tances qui les séparent. En effet, pour un
cordon de vigne, il faut compter deux lignes
de fil de fer. A chaque étage, l’inférieure A
(fig. 34), sert à palisser horizontalement les
bras du T formés par le cordon. La supé-
rieure (B) sert à attacher les coursonnes
dans le sens vertical (11,1’!’).
Plantation.
La Vigne doit être greffée sur plants
américains ou hybrides : Aramon-Rupes-
tris n” 2, Gazin, Gamay- Couderc, Morvèdre-
ÉTABLISSEMENT DE TREILLES A
Rupestris 1202, etc. K Les plantes greffées
d’un an, aux greffes bien soudées, sont les
meilleures.
L’époque de plantation la plus propice est
LA THOMERY, SYSTÈME OGER. 105
le mois de février ; celle d’automne est dé-
fectueuse, quel que soit le terrain dans le-
quel on opère.
La plantation se fait par un temps doux
Fig. 34. — Treille à la Thomery en voie d’établissement (au cours de la troisième année
après celle de la plantation).
A Lignes de fil de fer destinées au
palissage horizontal des bras des
cordons.
B Lignes de fil de fer destinées au
palissage vertical des coursonnes
(Ex. I, T).
G G’ Geps formés en cordons dès la
première année après celle de )a
plantation, distants de 3 mètres
l’un de l’autre, et présentant des
coursonnes 1 1, I’ T, et des bour-
geons de prolongement V, V’ et
Y, Y’, à la taille en sec qui suit
immédiatement l’année de forma-
tion du T.
D Gep formé en cordon à 0“ 49 au-
dessus des ceps G et G’.
a, a' bras nouvellement formés qui
ont été palissés en vert, et qui
seront ultérieurement allongés
chacunjusqu’à 1"* 50 de leur point
de départ.
E Gep récemment planté, taillé à 3
yeux.
e section du cep au-dessus du troi-
sième œil.
F Gep destiné à être formé en cordon
à 49 au-dessus du cep D.
d point où seront palissés verticale-
ment les bourgeons qui résulte-
ront du développement des yeux l
et n.
k point où devra avoir lieu la bifur-
cation des bras du T.
l œil situé à 0“ 20 au-dessous du
point k, et devenant terminal
après la taille en m.
m section au mésophyte supérieur
de Tœil l.
n œil sous-jacent à l’œil terminal,
et qu’on laisse aussi se dévelop-
per.
G Gep qui sera formé en cordon à
0”“ 49 au-dessus du cep F.
d ligature maintenant palissés ver-
ticalement les bourgeons f et g
(identiques à ceux qui se déve-
loppent aux yeux let n du F.)
f bourgeon choisi pour la cour-
bure.
g bourgeon sous-jacent pincé d’abord
en h, puis rabattu en z.
h section du pincement du bour-
geon g.
k point où devra avoir lieu la bifui’-
cation des bras du T.
Z section de l’ablation du bourgeon g,
H Gep qui sera formé en cordon à 0” 49
au-dessus du cep G.
P extrémité du sarment, dépassant
de 0“ 35 le fil de fer qui servira
au palissage des bras du T.
r sarment sous-jacent, qui .sera ul-
térieurement rabattu en x.
s pincement à un œil au-dessous de
l’œil choisi t.
t œil choisi pour la formation des
bras du T.
U faux-bourgeon à supprimer, ayant
atteint 0™ 20 de longueur.
X section de l’ablation du sarment r.
1 1, I’ r Goursonnes établies l’année
qui suit celle de la formation en
cordon des ceps G et G’.
V V’ Bourgeons de prolongement du
bras du cep G.
Y Y’ Bourgeons de prolongement du
bras du cep G’.
1 Les plants hybrides franco-américains Ara- i supporte bien les sols crayeux. Pour les terrain s
mon X Rupestris no 1 et Gamay-Couderc sont où le calcaire domine, on peut choisir aussi divers
excellents pour les terres argileuses et argilo-cal- hybrides de V. rupestris, tels que 001, 60S, CC4
caires. Le 1202 Couderc [Morvèdre X Rupestris, | Couderc et 1305 (Pinot X Rupestris). \^Red.).
106 ÉTABLISSEMENT DE TREILLES A
et couvert et non par un temps humide ; on
aura soin d’exposer les racines le moins
possible à l’air. Les plants ont dû être levés
de la pépinière avec leurs racines ; on
aura bien soin de ne rien supprimer en
plantant, et on fera en sorte que le point de
soudure de la greffe soit à 3 centimètres au
plus au-dessus du niveau du sol.
L’espacement à adopter entre les pieds de
vigne est subordonné aux règles suivantes :
1“ Je donne à chaque treille une enver-
gure de trois mètres au lieu de lui en laisser
parcourir quatre, comme on le fait trop
souvent. Si j’ai adopté cette longueur, c’est
que le mur est plus vite garni et que le
maximum de production arrive plus tôt.
Les frais de plantation rapprochée se
trouvent ainsi largement compensés.
2® Les pieds qui seront destinés à former
le cordon à 30 centimètres au-dessus du sol
sont tout d’abord espacés de 3 en 3 mètres,
(tig. 34, ceps G, G’) ; chacun de leurs bras
ne devra atteindre par conséquent plus de
1"*50, comme ceux des autres treilles, d’ail-
leurs (fig. 34, cep D : a a’).
3« Le nombre des pieds intercalés entre
ceux-là est subordonné à celui des autres
étages, ou, en d’autres termes, à la hauteur
du mur. Autant il y aura d’étages, autant
on intercalera de pieds également distancés
les uns des autres (fig. 34 : D, E, F, G, H).
4» Une plantation présentant entre les
pieds un espacement inférieur à 50 centi-
mètres serait trop rapprochée, et par consé-
quent défectueuse. Get espacement corres-
pond, comme le démontre la fig. 34, à
î’utilisation « serrée » d’un mur de 3 mètres
de hauteur. Dans les cas où la hauteur du
mur est plus considérable, on ne peut
qu’accorder plus d’envergure aux treilles,
et, par conséquent, les écarter davantage
dans les deux sens, à moins qu’on ne pré-
fère ne pas considérer l’excédent de hauteur
du mur.
La première année (celle de la plantation),
on taillera la jeune plante au-dessus du troi-
sième œil, (fig. 34, cep, E, e) puis on lais-
sera se développer librement et verticale-
ment les yeux conservés, sans rien suppri-
mer pendant la végétation.
(La fig. 34 montre une treille à la Tho-
mery en voie d’établissement la troisième
année qui suit celle de la plantation. Mais,
à titre d’exemple, j’y ai fait figurer, en E,
un cep, récemment planté et taillé, en rem-
placement de celui qui, la première année,
et à cette même place, est supposé n’avoir
pas réussi).
LA THOMERY, SYSTÈME OGER.
Ge n’est que lors de la taille en sec qui
suivra, et immédiatement avant la forma-
tion du cordon, que les bourgeons inutiles
à cette formation seront supprimés.
Le cordon situé à 30 centimètres au-dessus
du sol sera formé la première année qui
suit celle delà plantation (fig. 34, G, G’).
Le pied de Vigne qui se présentera le
premier, l’année suivante en bonne posture
pour être formé en T, le sera sans qu’il soit
besoin de se préoccuper de son numéro
d’ordre dans le rang. Il sera formé
à 0»’’ 30 -|- 0"^ 49, dans l'exemple fourni par
la fig. 34. Pour plus desymétrie, ce sera au-
tant que possible le cep D, également éloi-
gné de G et de G’. Gependant, on peut dire
qu’après la formation du cep le plus bas, il
y aura à considérer les pieds de Vigne
comme devant lutter de vitesse pour être
formés le plus rapidement possible, quelque
soit Vétage qu'ils atteindraient. Générale-
ment, pour un mur où l’on peut superposer
six cordons, la formation totale des treilles
doit se terminer pendant le cours de la cin-
quième année.
Formation préparatoire.
Voici comment j’opère pour obtenir des
yeux à une distance de 1 à 4 centimètres
au-dessous du point k (fig. 34, cep F) du
fil de fer où je veux établir la bifurcation.
Je taille le sarment qui a été^-dressé et
palissé l’été précédent à un œil l situé à
environ 20 centimètres au-dessous de ce
même point. Je taille toujours, pour assu-
rer la vitalité complète de cet œil, à mi-
distance m entre lui et l’œil situé au-dessus,
c’est-à-dire en plein milieu du bois qui
existe entre les deux yeux (d’où Texpres-
sion <( tailler au mésophyte^ »). L’œil l sur
lequel j’ai taillé devient ainsi œil termi-
nal. Je le laisse se développer, ainsi que
celui qui lui est immédiatement inférieur n.
Lorsqu’ils ont atteint tous deux une lon-
gueur de 15 centimètres, je les palisse bien
verticalement en d (Geps F et G). L’un ou
l’autre présenteront toujours un œil près
du point k choisi pour former la bifurca-
tion des deux branches du T, si ce n’est
1 « L’espace compris entre deux yeux, sur un
rameau ou sur une branche, se nomme entre-
nœud ou mérithalle )' (Hardy, Traité de la taille
des arbres fruitiers). Sans doute, l’expression
mésophyte correspond théoriquement à une con-
ception anatomique et physiologique des bour-
geons plus récente. Mais vraiment, il serait si
simple et si clair de continuer à dire entre-
nœud ! (Réd.)
Tïevue Horticole'
' (^^cmrMSeu^ÿos-Bru^IZes
//i,sectes nu ôs U) les aiur Pommiers
/à /l. yUilAoriome. - S. Coupe -houj^c/eons . ^ 6. G risette.— 7. HhtfnchUe BaccJuis .
H Cl //. IItfj>onoineute. Ci. Cétoine ^visc. — Iti. Pifra/c-.
LES INSECTES NUISIBLES AUX POMMIERS.
107
à ce point même. On réservera alors le
seul bourgeon, /, sur lequel se trouve l’œil
choisi ; l’autre, g, sera momentanément
gardé pour le cas où le premier n’arriverait
pas, par suite d’accident ou de faiblesse, à
remplir son rôle. Mais il sera sévèrement
pincé en /i, jusqu’à ce que la formation
du T, par le bourgeon /, soit bien assurée.
Alors seulement on le supprimera radica-
lement en Z.
Quant aux differents traitements que
j’applique au bourgeon réservé, ils consti-
tueront divers procédés de formation du T,
que j’ai étudiés expérimentalement à l’Ecole
pratique de viticulture de Beaune (Côte-
d’Or), et qui feront l’objet d’un prochain
article.
Auguste Oger,
Chef de pratique horticole
à l’Ecole pratique d’agriculture de Gennetines,
par Saint-Ennemond (Allier).
LES INSECTES NUISIBLES AUX POMMIERS
Le Bulletin du Ministère de Vagricul-
ture, a publié une étude fort intéres-
sante de M. le D*’ P. Brocchi, professeur
de zoologie à l’Institut national agrono-
mique, sur les insectes nuisibles aux
Pommiers; on n’en compte pas moins de
74 sur lesquels 12 seulement peuvent être
considérés comme des ennemis sérieux.
Nous avons fait reproduire la planche
coloriée qui accompagne, dans le Bulletin
du Ministère de l’agy'iculture, le mémoire
de M. Brocchi, et nous extrayons de ce
mémoire la description des insectes figurés
sur cette planche et l’indication des moyens
de les détruire. (Réd.J
COLÉOPTÈRES
Famille des Cucurlionides ou Charançons.
Le Bhynchites Bacchus (voir la planche
coloriée, fig . 7). — Le Rhynchites Bacchus
est un petit insecte ayant environ 4 à 6 mil-
limètres de longueur. La tête, comme celle
de tous les charançons, se termine par une
sorte de bec, un rostre allongé, portant des
antennes droites terminées en massue
allongée. Ce rhynchites est d’un rouge cui-
vreux avec des reftets vert doré. Le corps
est couvert de poils ; le rostre et les an-
tennes sont noirs.
On le trouve adulte sur les Pommiers
dès les premiers jours du printemps. Les
insectes que l’on observe à cette époque ont
passé l’hiver cachés sous l’écorce. L’accouple-
ment n’a lieu qu’en juin; c’est alors que la fe-
melle perce à l’aide de son rostre les petites
Pommes. Elle y pratique une ouverture de
3 millimètres environ de profondeur, puis
y dépose un œuP blanchâtre. Cette opéra-
tion achevée, elle ferme l’ouverture avec
une matière glutineuse qu’elle sécrète.
Huit jours après la ponte, l’œuf donne
une petite larve sans pattes, d’un blanc
rosé et ayant la tête noire et dure. Cette
petite larve ronge alors le fruit, qui finit
par tomber. Un mois après sa naissance et
le fruit étant à terre, la larve sort, s’enfonce
dans le sol, où elle restera cachée jusqu’à
l’année suivante; puis, à l’époque où les
Pommiers fleurissent, elle sortira de terre
à l’état d’insecte parfait.
Moyens de destymction. — On recom-
mande habituellement de recueillir les
petits fruits attaqués reconnaissables à leur
petite cicatrice gommeuse, et de les brûler.
Malheureusement ce moyen, peut-être pra-
ticable dans les jardins, n’est pas applicable
en grande culture. Ici on ne peut conseiller
que des moyens généraux s’appliquant à
peu près à tous les insectes. Comme nous
avons vu qu’une certaine quantité de ces
rhynchites passent l’hiver à l’état parfait
cachés sous la mousse, sous les écorces
exfoliées, il sera d’une bonne pratique de
tenir les arbres le plus propres possible, de
les badigeonner au lait de chaux, etc.
Le Bhynchites conigus (fig. 5.). Noms
vulgaires : Coupe-hourgeon, Lisette. —
Cette espèce est plus petite que la précé-
dente; elle n’a guère, en effet, que 3 à
4 millimètres de longueur.
Le coupe-bourgeon est d’un bleu foncé.
Comme dans l’espèce déjà étudiée, on voit
quelques adultes passer l’hiver sous les
écorces, mais le plus grand nombre de ces
insectes éclôt au printemps seulement. Il
vole avec facilité. Après l’accouplement, la
femelle commence à piquer avec son rostre
ou bec les petits bourgeons à fruit. Dans les
petites ouvertures ainsi pratiquées sont
déposés les œufs. Puis elle descend sur le
rameau et à l’aide de ses mandibules coupe
le bourgeon circulairement aux trois quarts,
par une incision très-nette. L’incision est
pratiquée entre le point où l’œuf a été dé-
posé et la tige; de cette manière la sève
n’arrive plus au bourgeon qu’en faible
quantité, les feuilles se décomposent, four-
108
LES INSECTES NUISIBLES AUX POMMIERS.
nissant à la larve qui sort de l’œuf une
nourriture convenable.
Les bourgeons ainsi attaqués se flé-
trissent naturellement ; ils noircissent et
semblent suspendus aux branches. Ils
finissent par tom.ber sur le sol ; la larve les
abandonne, s’enfonce en terre et apparaît
au printemps suivant à l’état d’insecte par-
fait.
Moyens de destruction. — Si cette es-
pèce se multipliait dans des proportions in-
quiétantes, il faudrait faire recueillir et
détruire les bourgeons attaqués, facilement
reconnaissables.
L’Anthonomus pomorum (fig. 1 à 4).
Noms vulgaires : Anthonome, Charançon
des Pommes. — Ce charançon a 5 à 6 mil-
limètres de longueur. Son corps est presque
ovalaire convexe. Le rostre est mince, peu
arqué. Les antennes sont coudées. Les
pattes, assez longues, ont les cuisses nette-
ment renflées.
La coloration est d’un brun noirâtre,
mais le corps est couvert d’un duvet court
et gris. Les ailes supérieures ou élytres
portent en arrière une sorte de tache
blanche cerclée de noir. Enfin un point
blanc se remarque en haut des élytres, à
l’endroit où ces deux ailes se touchent, sur
la ligne médiane.
L’anthonome passe l’hiver à l’état d’in-
secte parfait. Il vit alors caché sous les
écorces, dans les crevasses de l’arbre, ou
encore dans les mousses.
Dès les premiers jours du printemps,
l’anthonome commence sa vie active. On le
trouve courant sur les branches. Quand les
boutons floraux ont fait leur apparition, la
femelle, après s’être accouplée, procède à
la ponte. Pour cela, elle pratique dans un
bouton et à l’aide de son rostre une petite
ouverture. Quand l’ouverture a été prati-
quée, l’insecte y dépose un œuf d’un blanc
opaque; puis il agit de même sur un autre
bouton, et ainsi de suite jusqu’au moment
où il s’est complètement débarrassé de ses
œufs.
Quelques jours après la ponte, l’éclosion
des œufs se produit, et on en voit sortir des
larves blanches à têtes noires, apodes et
légèrement courbées. Ces larves se mettent
alors à ronger l’intérieur des fleurs, et
celles-ci prennent une teinte rousse, ferru-
gineuse, tout à fait caractéristique (fig. 2).
Les larves achèvent leur croissance à
l’intérieur de ces fleurs ; elles se trans-
forment d’abord en nymphes, puis, dans
la première quinzaine de juin, elles de-
viennent insectes parfaits. Cette nouvelle
génération séjourne sur les arbres, ron-
geant quelques feuilles, puis, à l’automne,
elle disparaît sous ses abris d’hiver. L’ac-
couplement n’aura lieu qu’au réveil prin-
tanier.
Moyens de destruction. — Les ravages
commis par l’anthonome ont été trop sé-
rieux pour que les agriculteurs n’aient pas
songé à combattre ce fléau.
J’indiquerai ici quelques-uns des moyens
conseillés :
Fumigations de soufre dans les
Pommiers au commencement du jprin-
temps. — M. J. Poupinel, agriculteur de
Seine-et-Oise, dit avoir obtenu, par ce
moyen, d’excellents résultats.
Ces fumigations peuvent se faire avec
un brûleur quelconque, même avec un
seau de fer-blanc hors d’usage qu’on pro-
mène entre les branches. Il suffit de
1 kilogr. de soufre en canon par gros arbre
et il faudrait un quart d’heure environ
pour pratiquer la fumigation d’un très-gros
Pommier.
Ce procédé a été signalé à la Société
entomologique par M. Leveillé, en jan-
vier 1891.
2° Cueillette des fleurs roussies. Il y a
longtemps que ce procédé a été imaginé,
et c’est celui qui vient naturellement à l’es-
prit. Enlever et détruire les fleurs attaquées,
c’est, en effet, anéantir une énorme quan-
tité de larves.
Quand les ravages de l’anthonome étaient
de peu d’importance, on pouvait hésiter à
employer ce moyen qui entraîne à certaines
dépenses. Mais actuellement on ne sau-
rait hésiter à conseiller ce procédé, le plus
efficace sans aucun doute, et qui, d’ail-
leurs, n’est pas aussi dispendieux qu’on
pourrait le croire. Grâce à leur coloration
spéciale, les fleurs attaquées sont facilement
reconnaissables et leur recherche peut être
confiée même à des enfants L
1 M. Hérissant, directeur de l’école pratique
d’agriculture des Trois-Croix, a proposé un
mode de cueillette des fleurs roussies dont la pra-
tique de ces dernières années nous a montré l’effi-
cacité.
On secoue les arbres au-dessus d’une bâche
fendue jusqu’au centre, et percée en ce point d’un
trou destiné à donner passige au tronc de l’arbre.
Le matin par un temps calme et couvert, on dis-
pose cette bâche au-dessous du Pommier. Un
homme, monté dans l'arbre, secoue les branches
et un ou deux aides impriment de brusques se-
cousses aux branches périphériques avec des
gaules munies de crochets à l’extrémité. On balaie
ensuite la bâche en rassemblant les insectes et les
LES INSECTES NUISIBLES AUX POMMIERS.
109
3° Comme nous avons vu que les antho-
nomes passent l’hiver à l’état parfait sous
les écorces, dans les crevasses, sous la
mousse des Pommiers, il est évident que
l’on obtiendra de bons résultats en net-
toyant le tronc des arbres ainsi que les
grosses branches et en badigeonnant en-
suite ces parties soit au lait de chaux, soit,
ce qui me paraît préférable, avec le liquide
proposé par M. Balbiani pour le badigeon-
nage des ceps de vigne.
Je rappellerai que ce liquide a la compo-
sition suivante :
Huile lourde 20 parties.
Naphtaline brute 35 —
Chaux vive 100 —
Eau 400 —
Cette substance agira comme insecticide
et pourra aussi retenir au passage quelques
insectes nuisibles.
En résumé, je pense que les deux moyens
les plus efficaces pour la destruction del’an-
thonome sont ; 4° la cueillette et la des-
truction des fleurs roussies ; le main-
tien du tronc et des grosses branches
de Varbre dans un état de propreté con-
venable.
Mais il semble nécessaire d’ajouter à ces
conseils quelques observations.
La destruction des fleurs roussies ne peut
donner de bons résultats que si elle est em-
ployée par tous les propriétaires de la
même région. Si on suppose, en effet, un
cultivateur procédant à cette opération tan-
dis que ses voisins ne prennent aucune pré-
caution, l’année suivante, les anthonomes
de ces derniers viendront s’attaquer aux
Pommiers qui ont été traités. Or, il ne faut
pas oublier que la nouvelle loi sur la des-
truction des insectes (1888) permet à l’au-
torité d’obliger tous les propriétaires d’une
même région à pratiquer l’opération re-
connue nécessaire. C’est cette loi qui a
permis de rendre le hannetonnage efficace ;
elle rendra le même service pour la destruc-
tion de l’anthonome.
débris tombés dans un sac pour les brûler ensuite.
Deux draps de lit étendus côte à côte au-dessous
de l’arbre remplissent le même office que la
bâche.
Tous les insectes ne tombent pas du premier
coup ; aussi est-il nécessaire de renouveler l’opé-
ration deux ou trois fois à vingt-quatre heures d’in-
tervalle.
Ainsi, dans les expériences de M. Hérissant, un
Pommier sous lequel on avait trouvé 167 antho-
nomes à la suite d’un premier secouage, en a en-
core donné 50 le lendemain et une dizaine le sur-
lendemain. (Note de la Rédaction.)
Ennemis naturels. — La larve de l’an-
thonome, comme celle de tous les insectes
nuisibles, est attaquée par des parasites qui
en détruisent un certain nombre. On sait
que ces parasites, venant déposer leurs œufs
dans le corps des larves, ces dernières
succombent sous les coups de leurs hôtes
forcés.
Les entomologistes ont, depuis longtemps,
signalé deux hyménoptères ou mouches à
quatre ailes, comme s’attaquant aux larves
de l’anthonome. Ce sont les Pimpa grami-
nella et Bracon variator. Plus récemment,
M. Decaux a indiqué une nouvelle espèce,
la Pimpla pomorum. On a donc été amené
à conseiller de ne pas détruire immédiate-
ment les fleurs roussies, mais de les con-
server jusqu’au moment où les parasites,
devenus insectes parfaits, peuvent prendre
leur vol.
M. Decaux conserve les fleurs dans une
grande boîte munie d’une toile métal-
lique. Quand il constate que les hyménop-
tères parasites sont arrivés à l’état parfait,
il les laisse s’envoler en soulevant le
couvercle. Les anthonomes, plus lents,
restent dans la boîte, où on peut les dé-
truire.
Théoriquement, ce procédé est excellent,
mais, dans la pratique, il me semble d’une
exécution difficile. On obtiendra des culti-
vateurs l’enlèvement et la destruction de
fleurs roussies, mais s’ils doivent ensuite
prendre soin de ces fleurs, pratiquer un
véritable élevage, beaucoup reculeront de-
vant cette complication ; s’ils s’y soumettent
cependant, il sera à craindre de voir l’opé-
ration mal faite et beaucoup d’anthonomes
recouvrer leur liberté en même temps que
les parasites.
Je suis loin de contester l’influence heu-
reuse des parasites de nos insectes nuisi-
bles, mais il ne faut pas cependant exagérer
l’importance de leur action.
Dans l’harmonie naturelle de la nature,
ils agissent de manière à empêcher cer-
tains insectes de prendre un développe-
ment exagéré, mais ne les détruisent
jamais.
La chenille du papillon du Chou est
attaquée par des parasites bien nombreux,
et cependant elle continue ses ravages. Il
faut accepter, favoriser ces auxiliaires de
Vagriculture, mais il ne faut pas compter
sur eux pour la destruction de l’ennemi.
liOrsque l’on détruira toutes les fleurs
attaquées par les larves de l’anthonome, on
détruira certainement aussi un certain
110
LES INSECTES NUISIBLES AUX POMMIERS.
nombre de parasites ; mais le nombre des
insectes nuisibles qui disparaîtront ainsi
est trop considérable pour que Ton puisse
hésiter et, encore une fois, la conservation
des fleurs recueillies me semble d’une pra-
tique difficile et peu applicable.
Un syndicat pour la destruction de Tan-
thonome vient de se constituer en Bretagne.
Que cet exemple soit suivi, que l’on ap-
plique partout les procédés que nous ve-
nons d’indiquer et l’on arrivera certai-
nement à la destruction presque complète
de cet ennemi de nos Pommiers.
Le Peritelus griseus (fig. 6). Nom
vulgaire : Grisette. — Ce charançon, qui
a environ 6 millimètres de longueur, a le
corps sub-ovalaire, les antennes allon-
gées et coudées ; le corselet est court,
tronqué aux extrémités, pointillé. Les
élytres ont de grosses côtes. Cet insecte
est d’un gris-jaunâtre avec des taches
noires sur les ailes supérieures. Il ronge
les bourgeons et s’est montré bien des fois
très - nuisible . Depuis longtemps Géhin
l’avait signalé comme dangereux pour les
Pommiers cultivés en Lorraine ; depuis, il
a été observé sur divers points de notre
territoire.
Moyens de destruction. — Ce charan-
çon a sa période d’activité pendant la nuit .
Le jour, il s’enfonce en terre, se cache sous
les herbes, sous les mottes de terre ; quel-
ques-uns cependant restent cachés dans les
bourgeons.
C’est donc pendant la nuit, à l’aide d’une
lanterne, qu’on peut le chercher et le dé-
truire.
Si l’insecte arrivait à causer des dégâts
trop considérables, il faudrait se souve-
nir que la larve vit en terre, et traiter les
terrains au sulfure de carbone. Mais cet
insecte ne s’est pas montré jusqu’ici assez
nuisible aux Pommiers pour que l’on
puisse conseiller un traitement aussi coû-
teux.
On trouve sur les Pommiers quelques
autres charançons, mais dont les dégâts ne
sont pas bien considérables. Tel est par
exemple le charançon argenté {Phyllobius
argentatus). Cette petite espèce, allongée,
étroite et d’un vert argenté, ronge les
feuilles. M. Petit m’a adressé du Morbihan
un Orchestes qui s’allonge également aux
feuilles.
Scarabées
La Cetonia stigtica (fig. 1*2). — Noms
vulgaires : Cétoine grise, Drap mortuaire.
— La Cétoine grise est d’un noir cuivreux,
mais les élytres sont couverts de macules
blanches.
Ce scarabée ronge les fleurs des arbres
fruitiers. Il a causé parfois de sérieux
dommages. En 1888, M. Baltet, de Troyes,
a signalé les dégâts commis pas cet in-
secte ; M. Fallou l’a observé fréquemment
dans les environs de Paris, à Champigny,
par exemple.
Les larves vivent dans les vieux bois en
décomposition et les amas de feuilles dé-
composées.
Moyens de destruction. — On recom-
mande de secouer les arbres dès les pre-
mières heures du jour ; les insectes en-
gourdis se laissent tomber et on peut en
détruire ainsi une certaine quantité. On
pourrait également placer dans les ver-
gers attaqués des morceaux de vieux bois
en décomposition. On y rechercherait les
larves pendant l’hiver et on les détruirait
facilement.
LÉPIDOPTÈRES OU PAPILLONS
L’Hyponomeute du Pommier {Hypono-
meuta malinella) (fig. 8-11). — Ce papil-
lon, dont la chenille s’est montrée bien
souvent un des pires ennemis du Pommier,
appartient à la famille des Ténéides ou
teignes.
L’hyponomeute a 10 à 12 millimètres de
longueur. Les ailes supérieures sont com-
plètement blanches et portent trois rangées
de points noirs. Ces ailes sont bordées d’une
frange blanche. Les ailes inférieures sont
grisâtres (gris de plomb) et présentent une
frange blanche. La tête et les antennes sont
blanches, ainsi que le thorax, mais celui-ci
est orné de six points noirs. Enfin, l’abdo-
men et les pattes sont blancs.
On voit ces papillons envahir les Pom-
miers vers le mois de juillet. Les femelles
déposent sur l’écorce des œufs très-petits.
Ces œufs vont rester sans éclore pendant
tout le reste de l’été, l’automne et l’hiver.
Ce n’est que vers la fin de mai et même le
commencement de juin de l’année suivante
que se produira l’éclosion.
Au moment de sa naissance, la chenille
est d’un blanc jaunâtre marquée de points
noirs; la tête est brune. Plus tard, cette
larve est gris clair avec deux séries de
taches noires (deux sur chaque anneau).
Vers la fin de juin, elle a atteint sa taille
maxima, c’est-à-dire 11 millimètres.
Dès leur naissance, ces chenilles com-
mencent à filer des toiles et à dévorer le
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LES INSECTES NUISIBLES AUX POMMIERS.
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%
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parenchyme des feuilles, qui prennent une
teinte rousse. Peu à peu toutes les feuilles
sont rongées et l’arbre est entouré de
grandes nappes de toiles. Les chenilles
peuvent alors abandonner l’arbre dévasté
et se porter sur un Pommier voisin. On voit
ces insectes se réunir et tisser une sorte de
chemin soyeux descendant le long du tronc.
Si les chenilles sont en grand nombre,
toute la tige de l’arbre peut être enveloppée
d’un sac soyeux. , Le tissu de ce sac peut
même acquérir une certaine solidité.
Pour se transformer en chrysalides, les
chenilles restent groupées, mais chacune
d’elles se file un cocon de soie blanche.
Ces cocons rapprochés forment parfois
des paquets aussi gros que la tête et ren-
fermant parfois des milliers de chrysalides.
Au mois de juillet, la chrysalide donne
l’insecte parfait, et le cycle recommence.
La Normandie a été souvent dévastée par
l’hyponomeute. M. M. Girard a rappelé
qu’en 1838, les Pommiers des campagnes
normandes furent entièrement envahis .
« Les cultivateurs avaient le spectacle
désolant de branches dépouillées et cou-
vertes de milliers de chenilles qui, n’ayant
plus rien à dévorer, pendaient çà et là en
grappes énormes de plus de 60 centimètres,
grosses à proportion, contenues dans une
coque de soie blanche, tandis que le tronc
de l’arbre était enveloppé d’un blanc et
soyeux linceul, ne laissant plus apercevoir
l’écorce. Non seulement la récolte fut dé-
truite pour plusieurs années dans divers
cantons, mais une grande quantité d’arbres
en plein rapport moururent par le fait de
l’hyponomeute (1). »
Moyejis de destruction. — Il faut enlever
avec soin les paquets de chrysalides et les
brûler. On doit agir ainsi même lorsque le
nombre de ces chrysalides n’est pas très-
considérable. On évitera ainsi les grandes
invasions.
M. Goureau signale de nombreux in-
sectes parasites des chenilles de l’hypono-
meute.
Je me suis déjà expliqué sur l’impor-
tance du rôle que me semblent jouer
ces auxiliaires de l’agriculteur.
La Pyrale des Pommes (Carpocapsa^
pomonana) (fig. 13). — La pyrale des
Pommes est un papillon ayant une lon-
gueur de 6 à 10 millimètres. La tête et les
antennes sont grises. Il en est de même du
1 M. Girard, Traité élémentaire d'entomoloqie,
p. 738.
thorax et de l’abdomen. Les ailes supé-
rieures sont également grises, mais traver-
sées par des lignes cendrées, et présentant
une grande tache noire à leur extrémité.
Dans cette tache noire on distingue d’autres
petites marques d’un rouge doré. Les
ailes inférieures sont noirâtres.
C’est pendant l’été, à partir du mois de
juin, que l’on peut voir voler ce papillon.
Après l’accouplement, la femelle vient se
poser sur une Pomme et y dépose un œuf ;
elle passe ensuite à un autre fruit, ne pon-
dant qu’un œuf sur chaque fruit. De cet
œuf sort une petite chenille qui s’introduit
dans le fruit et commence à ronger en creu-
sant des galeries.
Cette chenille, improprement appelée ver
de la Pomme, a 12 millimètres de lon-
gueur ; elle est cylindrique, rougeâtre, et
porte de nombreux points noirs ; de chacun
de ces points ou tubercules on voit sortir
un poil. Elle a seize pattes.
La galerie de la chenille a toujours une
branche aboutissant à la surface du fruit,
qui permet à l’air d’arriver jusqu’à l’insecte.
La pomme ainsi attaquée prend une
apparence trompeuse de maturité et finit
par tomber sur le sol. La chenille sort alors
du fruit, s’enfonce dans la terre ou très-
souvent se réfugie sous un morceau d’écorce.
Dans ces abris elle se transforme en chrysa-
lide pour devenir insecte parfait l’année
suivante.
Moyens de destruction. — On recom-
mande habituellement de ramasser les
Pommes tombées et de les détruire. Pour
être efficace, ce procédé devrait être em-
ployé d’une manière spéciale et imprati-
cable.
Il faudrait, en effet, ramasser les Pommes
au fur et à mesure qu’elles se détachent de
l’arbre ; sinon, les chenilles abandonnent
promptement cet abri, et les Pommes ne
renferment plus d’ennemis. Il est égale-
ment impossible, au moins dans les vergers,
de cueillir les Pommes attaquées et de les
détruire.
On réussirait à détruire une quantité de
ces chenilles en déposant au pied des
arbres attaqués de petits morceaux d’écorce,
des lambeaux d’étoffe. Une certaine
quantité de chenilles viendraient certaine-
ment se transformer en chrysalides sous
ces sortes de pièges, et il serait alors facile
de les rechercher et de les détruire.
D’’ P. Brocghi,
Professeur de zoologie
à l’Institut national agronomique.
112
GIROFLÉE d’été EXCELSIOR. — UTILISATION DES GADOUES DE PARIS.
GIROFLÉE D’ÉTÉ EXCELSIOR
Les Giroflées, et en particulier les Qua-
rantaines, sont aujourd’hui si nombreuses
qu’il peut paraître superflu d’en créer de nou-
velles. C’est pourtant ce que fait cette an-
née la maison Vil-
morin en mettant au
commerce la belle
variété figurée ci-
contre (fig. 35) et
il n’y a qu’à l’en
féliciter, car la plante
est parfaitement di-
gne de cette distinc-
tion.
Gomme on le voit,
la Giroflée Excelsior
se distingue surtout
de ses congénères
par ses grandes feuil-
les rassemblées en
rosette compacte au-
dessus du sol, du
centre de laquelle
s’élève une tige droite
et forte, longue de
plus de 20 centimè-
tres, unique ou ac-
compagnée seule-
ment de quelques
rameaux à la base et entièrement garnie de
fleurs très-grandes, bien doubles et d’un
beau blanc pur.
Or, la longueur et la force du rameau
central sont les caractères qu’on apprécie
le plus, après la duplicature, chez les Giro-
flées Quarantaines, surtout lorsqu’on a en
vue leur utilisation pour la confection des
bouquets. Ce caractère, poussé au maximum
chez la nouvelle ve-
nue, la blancheur de
ses grandes et belles
fleurs, son beau
feuillage et enfin sa
grande précocité en
font une plante d’un
mérite exception-
nel, qui justifie am-
plement le nom
dJExcelsior qui lui
a été donné, c’est-à-
dire supérieure aux
autres.
La culture des Gi-
roflées Quarantaines
est trop connue pour
qu’il soit nécessaire
de la décrire ici ;
rappelons simple-
ment que le semis
s’en fait au prin-
temps, en pépinière,
de préférence sur
une petite couche.
Ceux qui ont besoin de fleurs à couper et
en particulier de fleurs blanches, feront
bien de songer à la Giroflée d’été Excel-
sior.
S. Mottet.
UTILISATION DES GADOUES DE PARIS
M. Paul Vincey, professeur départemental
d’agriculture de la Seine, inspecteur des
Domaines ruraux de la Préfecture de la
Seine, publie une série de brochures dont
la lecture, fort intéressante d’ailleurs, met
au point, dans l’esprit du lecteur, les di-
verses questions relatives à l’assainissement
de Paris dans ses rapports avec l’utilisation
des produits de cet assainissement. G’est
ainsi que, pour ce qui concerne l’emploi
des eaux-vannes, M. Vincey a péremptoi-
rement démontré que leur maximum
d’épuration devait être obtenu par les irri-
gations en territoire forestier ou en prairies
permanentes, de préférence à celles qu’on
a essayées pour les cultures de légumes,
lesquelles n’en peuvent épurer qu’une pro-
portion très -limitée. Ldi Revue hortieole sl
eu l’occasion, en 1896, d’analyser briève-
ment cette démonstration.
Depuis, M. Vincey dans un opuscule in-
titulé : (( La digestion de Paris » a su
établir une sorte de comptabilité-matières
des entrées — approvisionnement — et des
sorties — assainissement — des produits
agricoles que Paris consomme, et qu’il
rend à la culture sous forme d’engrais ou de
produits susceptibles d’être transformés en
engrais. Il est résulté de ce travail statis-
tique cette constatation que le déversement,
LA COCHENILLE DES FUSAINS DU JAPON.
113
dans les cultures suburbaines, des excreta
parisiens, leur rend une notable proportion
d’azote, d’acide phosphorique et de potasse.
Aujourd’hui, dans une étude intitulée ;
L’eau d’égout et la fertilité agricole, l’ins-
pecteur agronome du département de la
Seine constate que les cultures de Genne-
villiers, par exemple, n’utilisent qu’un peu
moins du dixième de la valeur des principes
fertilisants qui y sont amenés. Le reste est
perdu faute de végétaux d’une puissance
assimilatrice suffisante.
Enfin, le même auteur vient de publier
une brochure qui, à cause de tous les ren-
seignements qu’elle contient sur l’enlève-
ment des gadoues et sur leur transport
par chemin de fer, serait consultée avec
fruit par tous les maraîchers et cultivateurs
de légumes du bassin parisien. Dans cette
brochure, qui a pour titre : Les Gadoues
de Paris et V Agriculture de la Seine,
M, Vincey s’élève contre le projet d’inciné-
ration des gadoues, projet dont on semble
U COCHENILLE DES
L’un des principaux ornements des jar-
dins de Bordeaux, le Fusain du Japon, est
en voie de disparaître sous les étreintes
d’un minuscule insecte qu’on nomme co-
chenille. C’est le Mytilapis Evonymi de
Gomstock.
Cette cochenille n’est pas celle qui attaque
la Vigne, chez nous, depuis quelques années.
Elles se différencient, d’ailleurs, l’une l’au-
tre, par des apparences diverses.
On peut voir, à cette heure, les rameaux
du Fusain et les feuilles, principalement le
dessous, parsemés de petites coques d’un
gris-noir, très-adhérentes, d’environ deux
millimètres de long sur un de large. Avec
une loupe ordinaire, leur forme se dessine
nettement comme une valve de moule.
La coque, qui semble imperméable, sert
d’abri au corps de la femelle, où s’élaborent
les œufs et d’où sortiront en grand nombre
les insectes ce printemps.
On voit aussi au revers des feuilles et sur
les tiges d’innombrables petites taches blan-
ches, s’enlevant au toucher et qui ne sont
autre chose que l’enveloppe du mâle, aban-
donnée par lui l’été dernier.
Les entomologistes les plus autorisés
s’accordent à donner à la cochenille qui
nous occupe l’Amérique pour pays d’ori-
gine. Encore un don du Nouveau-Monde !
Quiconque a des Fusains, à Bordeaux, a
avoir entretenu le Conseil général de la
Seine. Par suite de l’emploi général des
poudrettes et d’irrigations locales par les
eaux d’égout, les sols de la banlieue pari-
sienne sont saturés d’acide phosphorique
et de potasse au point de rendre inutile ou
superflue une adjonction d’engrais chi-
miques phosphatés ou potassifères. B n’en
est pas de même de l’azote et de l’humus
qui sont les éléments les plus importants de
fertilisation contenus dans les gadoues, et
qu’il est toujours nécessaire de renouveler
pour assurer le «. coup de fouet », indispen-
sable à la production maraîchère.
En résumé, il devient inutile d’augmen-
ter, par des apports dispendieux d’eaux
d’égout, la dose d’acide phosphorique et de
potasse contenue dans les terrains parisiens.
Par contre, l’incinération des gadoues, mé-
thode destructive d’azote et d’humus, pri-
verait infailliblement ces mêmes terrains
des éléments de fertilité dont ils ont le plus
besoin. H. Dauthenay.
FUSAINS DU JAPON
pu voir leurs feuilles se tacher de jaune,
par places : résultat des piqûres de l’insecte,
et l’on ne compte plus les Fusains morts
totalement ou dépourvus de feuilles.
La propagation du mal est aidée par le
vent, qui transporte en masse la jeune progé-
niture.
A l’inverse de Valéry-Mayet, le savant
entomologiste, qui a remarqué que, dans
le Midi, ce sont les Fusains panachés
qui ont principalement souffert de la
cochenille, j’ai constaté, chez nous, que
c’est surtout le Fusain à feuillage vert
sombre qui est atteint ; il est vrai que
c’est celui qui s’y trouve en plus grand
nombre.
De nombreux moyens ont été employés
par les propriétaires, qui ne voyaient pas
sans regret péricliter sous leurs yeux les
Fusains de leurs jardins ; mais aucun ré-
sultat favorable n’a été signalé. Et la coche-
nille gagne chaque année beaucoup de
terrain !
Voici le procédé que i’ai employé au mois
d’avril 1896 :
Dans un demi-litre d’eau bouillante faire
fondre trois cents grammes de savon noir.
Verser lentement sur le savon fondu, et en
agitant constamment, deux litres de pétrole.
Continuant d’agiter le mélange, verser len-
tement dix litres d’eau froide.
114
LES^FUNKIA.
A l’aide d’un pinceau, badigeonner les
branches du Fusain, petites et grosses.
J’ai ensuite projeté ce mélange sur les
Fusains à l’aide d’un pulvérisateur pour
Vignes. Et comme l’appareil fonctionnait
par pression, l’opérateur n’ayant pas à
faire fonctionner de pompe, tenait, d’une
main, la lance, pendant que de l’autre il
écartait le feuillage afin d’y bien pénétrer.
Je ne saurais encore affirmer que la co-
chenille a été vaincue, bien que je penche
vers l’affirmative, mais, cet été, des consta-
tations positives pourront être faites, et,
s’il y a résultat certain, j’en donnerai com-
munication.
Henri Keiirig.
LES FUNKIA
Ce sont de belles plantes herbacées, vi-
vaces et rustiques, assez répandues dans
les jardins, tant sous leur propre nom que
sous celui d’Hémérocalles auxquels les uns
les réunissent, tandis que les autres les en
séparent, avec raison, du reste, car, quoi-
que voisins, les Funkia sont, botanique-
ment et horticolement, bien distincts des
Hemerocallis. Tous deux appartiennent à
la grande famille des Liliacées.
Certains auteurs ont classé les Funkia
dans la tribu des Agapanthées et les He-
merocallis dans celle des Anthéricées.
Bentham et Hooker ont réuni les deux
trihus sous le nom d’Hémérocallées.
Le nom de Funkia, Sprengel, est, du reste,
incorrect au point de vue de la priorité,
car il n’a paru qu’en 1807. Celui de Hosta,
Tratt., qu’ont employé certains auteurs, de-
vrait aussi le pas au genre Saussurea,
Salisb., créé en 1807, tandis que le pre-
mier a été publié en 1812, de même que
les genres Niobe, Salisb. et Baryoclis,
Salisb., qui sont synonymes. Comme on
le voit, la nomenclature de ce beau genre
est assez multiple et confuse.
Bien qu’au point de vue botanique on
doive employer les noms corrects, c’est-à-
dire les plus anciens, on comprend facile-
ment qu’on ne peut, au moins au point de
vue horticole, songer à remplacer un nom
devenu populaire par un autre nom entiè-
rement nouveau et surtout celui d’un
genre. La nomenclature des végétaux est
déjà suffisamment embrouillée et difficile à
retenir pour ne pas la bouleverser davan-
tage, sans autre bénéfice que d’accorder la
priorité à l’auteur à qui elle appartient.
Nous conservons donc horticolement le
nom de Funkia.
Les Funkia se distinguent nettement
des Hemerocallis par leur port, leur aspect
général et leur taille, par leurs racines
grêles, fibreuses, fasciculées , par leurs
feuilles pétiolées, à limbe plan et élargi, par
leurs hampes simples et droites, enfin par
leurs fleurs assez longuement tubuleuses
et à limbe en entonnoir.
Les Hemerocallis, au contraire, sont
des plantes plus fortes et plus hautes;
à racines cylindriques, épaisses et char-
nues; leurs feuilles sont longues, étroites,
rubanées et pliées en gouttière ; les ham-
pes sont rameuses-corymbiformes supé-
rieurement, les fleurs très - courtement tubu-
leuses et campanulées.
On connaît huit ou neuf espèces de
Funkia, toutes originaires de la Chine et
du Japon ; une demi-douzaine sont intro-
duites dans les jardins et y comptent plu-
sieurs formes ou variétés horticoles. Leur
nomenclature spécifique est aussi assez
confuse, par suite des divers noms qui leur
ont été donnés et de leur classement tantôt
dans un genre, tantôt dans l’autre.
Voici les descriptions et synonymes des
espèces et variétés les plus répandues dans
les jardins :
F. ovata, Spreng. {F. cærulea, Sweet ;
Hemerocallis cærulea, Andr. ) ; Hémérocalle
bleue (fig. 36). — Plante à feuilles touffues,
ovales, épaisses, luisantes et longuement pétio-
lées. Fleurs disposées en épi dressé et unilatéral,
sur une hampe de 40 à 50 centimètres de
haut, à périanthe de 4 à 5 centimètres de long,
bleu violacé, brusquement dilaté au-dessus du
tube et à divisions légèrement étalées. Fleurit
en mai. On cultive une belle variété à feuilles
largement marginées de blanc, plus étroites
que dans le type, un peu cucullées et ondulées
sur les bords.
Cette espèce est très-répandue et estimée
pour ses belles fleurs bleues.
F. Sieboldiana, Hook. (F. cordata ou F.
cucultata, Hort.) ; Hémérocalle à feuilles en
cœur. — Feuilles largement ovales, cordifor-
mes, ondulées et longuement pétiolées.
Fleurs assez grandes, bleuâtres ou blanc
teinté de lilas, longues de 5 à 7 centimètres et
disposées par dix à quinze en grappe unilaté-
rale, à hampe ne dépassant pas les feuilles.
Fleurit en juillet-août. On en possède aussi
une variété à feuilles panachées de blanc, au
centre et sur les bords.
LES FUNKIA.
115
F. subcordata, Spreng. (F. alba, Andr. ;
H. japonica, Thunb. ; H. plantagwea, Lamk.) ;
Hémérocalle du Japon, H. à feuilles en
cœur (fig. 37). — Belle plante, la plus
remarquable du genre, à feuilles nombreuses,
ovales-cordiformes, très-fortement nervées et
luisantes. Fleurs très-grandes, longuement
tubuleuses, blanc pur, à odeur suave rap-
pelant celle de l’Oranger, unilatérales et
réunies jusqu’à huit ou dix au sommet d’une
hampe de 30 à 40 centimètres de haut, dépas-
sant les feuilles ; périanthe à tube arqué, de
10 centimètres de long, avec le limbe ouvert
et découpé en six segments étalés. Fleurit de
juillet en septembre. C’est l’espèce la plus ré-
pandue et la plus généralement cultivée, à
cause de sa beauté exceptionnelle.
F. lancifolîa, Spreng. {Hemerocallis lancifo-
lia, Thunb.) Hémérocalle à feuilles lancéo-
lées (fig. 38). — Belle plante à feuilles abon-
dantes, lancéolées, de 10 à 12 centimètres de
long et 4 à 5 centimètres de large, graduelle-
ment rétrécies aux deux extrémités et à pé-
tioles de 15 à 20 centimètres de long, étalés.
Fleurs blanches ou teintées de lilas, courtes et
disposées par six à dix en grappe surune hampe
nue, de 20 centimètres de haut, dépassant
beaucoup le feuillage ; corolle de 3 à 4 centi-
mètres de long, à tube étroit et brusquement
dilaté. Fleurit en août. Il en existe unevariétéà
feuilles marginées de blanc, et le F. undulata,
Otto et Dietr. en est une forme à feuilles irré-
gulièrement ondulées, crispées et fortement
maculées ou rubanées de blanc.
Le F. grandiflora, Sieb. et Zucc., est une
belle espèce à grandes et longues fleurs blanc
pur, que l’on ne rencontre guère que dans les
collections d’amateurs. Enfin, le F. Fortunei,
Baker, est considéré par certains auteurs
comme une variété japonaise du F. Sieboldiana ;
on en cultive une variété maculata, dont les
feuilles sont maculées et ombrées de vert
bleuâtre foncé sur fond clair, ce qui produit
un assez élégant effet décoratif.
Culture — Les Funkia sont des
plantes rustiques, faciles à cultiver et ex-
trêmement décoratives, tant par leur grand
feuillage que parleurs belles fleurs, On les
Fig. 38. — Funkia lancifolia.
emploie à de nombreux usages et partout
ils produisent le meilleur effet. Comme ils
aiment l’ombre et la fraîcheur, on choisit
pour eux les endroits qui présentent ces
conditions, notamment les bords de massifs
d’arbres ou d’arbustes, le voisinage des ha-
bitations, etc. On en forme alors de magni-
fiques corbeilles, des touffes isolées sur les
pelouses et les plates-bandes, ainsi que de
larges bordures ; enfin on peut avantageu-
sement les planter dans les rocailles. On les
cultive facilement aussi dans des grands
pots ou caisses pour orner les balcons, les
gradins, les vérandas et même les jardins
d’hiver. Avec le temps, ils forment alors des
touffes volumineuses et remarquablement
belles pendant leur floraison.
Les Funkia aiment les terres profondes,
fraîches et très-fertiles ; celles de nature
légère et perméable, ainsi que la terre de
bruyère, leur conviennent parfaitement.
116
LES HÉLIOTROPES NAINS.
Pour leur culture en pot, un mélange de
terre franche, de terreau de couches et de
terre de bruyère, en quantités à peu près
égales, constitue un excellent compost.
Leur multiplication ne s’effectue que par
la division des pieds, opération que l’on
fait de préférence au printemps, en février-
mars. On ne doit diviser que les touffes les
plus fortes et tous les trois ou quatre ans
au plus ; car c’est lorsque les plantes sont
volumineuses qu’elles font le plus d’effet.
Afin que les jeunes plantes acquièrent rapi-
dement une certaine force, il convient de
laisser plusieurs bourgeons à chaque éclat.
Les escargots et les limaces sont excessi-
vement friands des et constituent
leurs plus redoutables ennemis, car, lorsque
ces mollusques abondent, ils rongent les
feuilles au point de détruire tout leur effet
décoratif. Des nombreux moyens de destruc-
tion proposés, tels que la chaux, la bande
de fer rouillé, la cendre sèche, etc., la
chasse en temps de pluie ou à la lanterne
est celle qui donne encore les résultats les
plus certains ; quoique longue et ennuyeuse,
on est souvent obligé d’y avoir recours, si
on ne veut pas voir ses plantes rongées jus-
qu’aux côtes. S. Mottet.
LES HÉLIOTROPES NAINS
Pendant bien longtemps, on n’a demandé
à l’Héliotrope que l’odeur suave de ses
Heurs et des corymbes semblables à ceux
qu’avait trouvés Joseph de Jussieu lorsqu’il
le rencontra dans les Andes du Pérou ;
puis, avec le temps, et par suite de semis
successifs, sont apparues des variations plus
ou moins distinctes, que l’on a érigées en
variétés, jusqu’au jour où les horticulteurs
français ont semblé avoir pris pour but et
idéal d’agrandir la coupe des parfums en
amplifiant les for-
mes florales et de
nanifier la végé-
tation de cette
plante.
Comme résultat,
par une sélection
aussi continue que
sérieuse, l’horticul-
ture a été dotée de
plantes remarqua-
bles, autant par
une végétation par-
ticulière, courte et
ramifiée, que par
des inflorescences
très-larges, forte-
ment pédonculées et dressées au-dessus
du feuillage, constituant, par l’ensemble de
leurs caractères et une floraison continuelle,
une race entièrement distincte, appelée
race Bruant, du nom de son obten-
teur.
Le coloris, chez ces variétés, a subi lui-
même de profondes modifications, et offre
maintenant toute la gamme du bleu jus-
qu’au violet foncé pourpré, en passant par
le blanc.
Le type de la race est la variété appelée
Madame Bruant (fig. 39), que montre
fidèlement la gravure ci-jointe, et dont les
mérites sont aujourd’hui bien reconnus de
tous ceux qui cultivent cette plante. En
voici une brève description :
Taille moyenne (30 à 40 centimètres), vigou-
reuse, ramifiée naturellement, très-florifère et
bien odorante, remarquable par sa précocité,
qui devance d’au moins trois semaines celle
des autres variétés. Corymbes (20 à 30 centi-
mètres de diamè-
tre) , amples et
nombreux, d’un beau
bleu violet à centre
blanc.
Cette plante a
été le point de
départ de toute une
série de variations
intéressantes, con-
servant les qua-
lités primordiales :
la tloribondité,
l’ampleur des co-
rymbes, la gran-
deur des fleurs,
etc., dotant les jar-
dins de végétaux dans lesquels il serait bien
difficile de retrouver V Heliotropium peru-
vianum, dont les graines furent envoyées
pour la première fois à Paris, au Jardin
du Roi, en 1740.
Voici, classées autant que le permet la
définition relativement exacte que l’on peut
appliquer aux couleurs et surtout aux
nuances, chez ces fleurs, les variétés nou-
velles d’Héliotropes de cette race mises au
SOCIÉTÉ NATIONALE D’HORTICULTURE DE FRANGE.
117
commerce par M. Bruant, horticulteur à
Poitiers :
Blanc
et
blanc lilacé. <
/ Bouquet blanc.
1 Comtesse de Ségur.
I Jeanne d’Arc.
j Irène,
f Le Nil.
\ Voie lactée.
Violet clair j
et <
lilas. 1
[ Madame Fillay.
Emile Gauthier.
[ Ovide.
(
Violet mauve. <
1
' Berlioz.
L Le Cid.
' Madame Gustave Henry.
r Madame Laulanié.
\ Le Poitevin.
Violet intense '
ou foncé. ‘
f Le Czar.
) Madeleine Viaud.
j Madame Barnsby.
[ Wagner.
Violet foncé i
rougeâtre
ou '
pourpré. '
r Dalila.
( Madame Emma Brouillet.
i Madame Georges Labrie.
[ Madame Bené André.
1
Violet rosé. <
1
! Gladiateur.
Madame Daurel.
) Madame Victor Claverie.
I Mélopée.
Mistral.
V Picciola.
Rosé.
j Madame Valdenaire.
Bleu. <
' Athos.
1 Bouquet parfumé.
Madame Arthur Gué.
' Madame Bruant.
^ Bêve bleu.
Dans les multiples emplois qui con-
viennent à l’Héliotrope, les variétés sus-
nommées sont recommandables et toutes
dignes de culture, mais suivant qu’il
s’agisse de la plantation en pleine terre,
pour la décoration estivale des jardins, ou
de la culture en pot, pour le marché, il y a
lieu de choisir certaines d’entre elles, mieux
aptes que d’autres à remplir le rôle désigné'^.
Les variétés demi-naines sont préférables
pour les massifs et les grandes corbeilles ;
celles naines pour bordures ou en mélange
avec d’autres végétaux.
i Bouquet hlanc.
Bouquet parfumé.
Madame Barnsby.
Picciola.
Madame Bené André.
Madame Bruant.
Madame Arthur Gué.
Madame Daurel.
Madeleine Viaud.
Madame Fillay.
Le Czar.
Le Poitevin.
Parmi celles recommandables pour la
culture en pots, nous citerons : Madame
Bruant.^ Beauté Poitevine, Madame J.
Duhouché, Madame Alfred Carrière, Bou-
quet hlanc. Madame Barnsby, Madame
Arthur Gué, Madame Gustave Henry,
Madame Laulanié, Madame Bené André.
Il est bon de faire remarquer que toutes
ces plantes, aussi bien celles cultivées à
plein sol qu’en récipients, se ramifient sans
aucun pincement et fleurissent tout l’été en
plein air et l’hiver en serre ; une seule pré-
caution à prendre est de supprimer les
corymbes dès qu’ils ont passé fleur, car
autrement la plante s’épuise en graines.
Disons aussi en passant que la variété Ma-
dame Bruant a la faculté de se reproduire
presque identiquement par le semis des
graines, que l’on trouve d’ailleurs dans le
commerce depuis un an ou deux.
Les soins culturaux ne diffèrent pas,
pour ces plantes, de ceux nécessaires aux
autres Héliotropes. L’obtention des variétés
a fait de ce genre un élément décoratif,
alors qu’il y a quelques années à peine,
l’Héliotrope n’était encore que « l’Herbe
d’amour » et <.( la Fleur des Dames ».
Jules Rüdolpii.
Variétés
naines.
SOCIÉTÉ NATIONALE D’HORTICULTURE DE FRANCE
SÉANCE DU 11 FÉVRIER 1897
Floriculture.
Une bien jolie collection AHelléhores de
M. Dugourd, de Fontainebleau, attirait tous les
regards. Une variété nouvelle, très-perfection -
née, blanc pur, primait toutes les autres ; elle
a pour nom : Madame Fourcade. Parmi les
autres, nous notons : Deuil du Président
Léon Say, pourpre noir velouté ; Madame Du-
barle, blanc ponctué de pourpre rosé, et Pré-
sident Viger, blanc rosé ponctué de pourpre
noir.
M. Cadot, jardinier au château de Montgo-
1 Pour plus de détails, consulter notre ouvrage ;
Calcéolaires, Cinéraires, Coleus, Héliotropes,
Primevères de Chine, etc., qui vient de paraître à
la Librairie agricole, 26, rue Jacob, Paris. —
Prix : 2 fr.
118
SOCIÉTÉ NATIONALE d’hORTICULTURE DE FRANCE.
bert (près Villers-Gotterets), est parvenu, par
des semis successifs, à obtenir des fleurs de
Saintpaulia ionantha plus grandes que le
type. Parmi les quelques potées qu’il nous pré-
sentait, il en est une surtout remarquable, et
qu’il réservera sans doute seule pour la repro-
duction.
On se rappelle que l’année dernière,
MM. V'eitch et fils, de Londres, envoyèrent un
petit bouquet de fleurs de Primula acaulis
absolument bleues ; ces Messieurs furent priés
de représenter leurs plantes en pots. Sont-ce
celles-là que nous avons eu sous les yeux et
que M. J. Sallier présentait ? Toujours est-il
que c’est là un excellent gain pour l’horticul-
ture.
C’était d’ailleurs le jour aux nouveautés; té-
moin la violette Princesse de Semonte, pana-
chée et striée de blanc, apportée par M. Millet,
de Bourg-la-Rcine, qui nous la représentera
en plantes plus fortes et en un plus fort lot ;
puis les plantes de M. Truffant : un Olivia
{Imantophyllum) miniata au coloris vermillon
extraordinairement vif, mais à l’ombelle peut-
être pas tout à fait assez ample (on ne peut
tout avoir à la fois), et dénommé splendens
major. Et un Hippeastrum (Amaryllis)
Louis Pasteur, minium ligné de stries longi-
tudinales blanches, avec une belle bande
blanche sur la nervure médiane de chacune
des divisions du périanthe.
Enfin, l’attention générale se portait sur
deux pots d’un curieux Cyclamen, présenté
sous le nom de Bush Hill j^^oneer, par
MM. Ilugh Low et Gie, à Londres. Ce Cycla-
men a été déjà décrit dans le Gardeners' Chro-
nicle, et la Revue horticole en parle dans son
numéro du IG février dernier. Les fleurs en
sont grandes, blanc pur. La partie dressée des
divisions florales est recouverte d’une expan-
sion pétaloïde qui simule de véritables pail-
lettes d’amiante. C’est là une monstruosité
assez analogue à celle qu’obtint M. Vallerand
sur des Bégonias tubéreux (B. erecta cristata).
11 ne reste plus qu’à savoir si elle pourra être
fixée.
Orchidées.
M. Page, jardinier de M. Robert Lebaudy, à
Bougival, continue ses apports de Cypripèdes
hybrides. Cette fois, c’étaient des Cypripe-
dium Chantini X villosum-, villosum X Latha-
mianum et Harrissi X villosum ; il y a peu
de différences entre ces deux-ci ; sur les feuilles
du premier, la piqueture brune du C. Chan-
tini n’existe pas. Mais le Cypripedium Zampa
(C. Leeanum X C. hirsutissimum) présenté
par M. Belin, d’Argenteuil, réunissait tous les
suffrages. Son pavillon est très-consistant,
large, blanc pur avec une teinte verdâtre à la
base. Une ponctuation l’embellit ; pourpre sur
la base verdâtre, elle s’éteint en rose sur le
blanc pur. Le moindre des compliments qu’on
puisse faire de cette plante, c’est qu’elle est
une très-belle amélioration du C. hirsutissi-
mum.
On louait généralement aussi le Cypripe-
dium Jupiter (C. Boxalli X C. hirsutissi-
mum), de M. Duval, au pavillon palissandre
entièrement bordé de marron noir, et une
autre nouveauté présentée par M. üpoix, jar-
dinier en chef du Luxembourg, et qu’il appelle
C. Margaritæ ; son obtenteur le croit hybride
des C. Spicerianum et villosum, dont il par-
tage, du reste, les meilleurs caractères.
M. Opoix avait aussi un C. Harrisianum
X Haynaldianum et un fort beau Cattleya
Trianæ alba.
En fait de Cattleya, on revoyait leC. Trianæ
semontensis, présenté par M. Gappe, ainsi
qu’un beau C. Trianæ delicata ; puis, deM. Du-
val, un très-rare C. Luddemaniana superba.
Intéressantes aussi, les plantes de M. Ragot :
Un Cypripedium Barteti (ou Ashburnia-
num?), très-coloré, et tenant beaucoup plus
du C. barbatum que du C. insigne ; puis un
Odontoglossum Wilckeanum villenoyense, dé-
rivant de l’O. luteo-purpureum. La détermina-
tion de cette variété, dont il a été parlé déjà
dans le Gardeners' Chronicle, en 1894, est
l’objet d’une controverse. On se demandait si
ce n’était pas un O. excellens. Le Comité
penche pour un O. pallens. La plupart de nos
belles Orchidées proviennent des contrées qui
furent autrefois espagnoles. Est-ce pour cela
que la liste de leurs prénoms grandit?
Terminons par l’apport de M. Drieger, jar-
dinier au château du Monastère, à Ville-
d’Avray. Il s’agit d’un Odontoglossum (Mil-
tonia) lUarsceiüiczü dont la fleur tient de l’O.
Roëzli, et le feuillage de l’O. vexillarium, puis
d’un Cypripedium nitens superbum au labelle
très-évasé, au pavillon large et ponctué de
grosses taches pourpres.
Et n’oublions pas le bel exemplaire de Den-
drobium crassinode apporté par M. Opoix.
Tous les sépales, blanc pur, sont marqués à
leur pointe d’une belle macule violet évêque.
Le labelle possède un limbe très-large, très-
évasé, portant une jolie macule jaune d’or. Le
contraste entre ces deux nuances est heureux.
Arboriculture d’ornement.
M. Maxime Cornu, professeur de culture au
Muséum d’histoire naturelle, présentait des
rameaux fleuris de VAmygdalus Davidiana
à fleurs roses. Cette variété, comme l’espèce
type, du reste, est très-rustique et fleurit de
très-bonne heure. lien existerait, croit-on, une
variété double.
Un fort apport de MM. Groux et fils élait
des plus intéressants. En première ligne, un
Cralægus Azarolus lucida qui, après avoir
passé l’hiver en pleine terre, a conservé intacte
sa généreuse et vigoureuse fructification. Un
C. Carrierei, qui était là aussi, a les fruits de
119
LES CHRYSANTHÈMES MINIATURES.
couleur plus orangée, mais ils garnissent
moins les rameaux. Le Ligustrum Ibota, d’ail-
leurs connu, mais qui donne, quand on le
sème, le L. sinense, espèce dont les formes
sont, comme on le voit, très-nombreuses.
1j' Aucuha japonica salicifolia et le Mahonia
Aquifolium Tealeucaense (?) admirés à cause
de leur feuillage gracieux, fourni et léger. Le
Baccharis patagonica, différant sensiblement
du B. halimifolia, et duquel on ne peut encore
affirmer s’il pourra passer tous nos hivers. Puis
enfin, pour mémoire, le Mahonia japonica
Beali et le Jasminum nudiflorum.
Arboriculture fruitière
Toujours et à juste titre, le Raisin noir
Lady Down e’s seedling dont nous avons
plusieurs fois signalé les mérites. Il provenait
cette fois des serres de M. Enfer, jardinier à
Pontcbartrain.
Puis six Poires Beurré Bretonneau^ très-
pures de forme, bien colorées, bien conservées
et fort appétissantes, présentées par M. Orive,
amateur à Villeneuve-le-Roi.
Culture potagère
Malgré la persistance du soleil à ne plus se
montrer, M. Louvet, jardinier chez M. Prévôt,
à Domont (Seine-et-Oise), a réussi à forcer des
Fraisiers Marguerite au point de nous en mon-
trer une douzaine de potées garnies de fruits
gros et colorés. A ce propos, insistons sur ceci :
C’est à tort qu’on dit et qu’on écrit « Margue-
rite Lebreton », au lieu de <ic Marguerite (Le-
breton) ». Cette Fraise n’a qu’un nom, à elle
attribué d’ailleurs par M. Lebreton. Il ne vien-
drait cependant à personne l’idée de dire
Fraise Le Czar Lefort ou Jucunda Salter ?
H. Dauthenay.
LES CHRYSANTHÈMES MINIATIRES
Les Chrysanthèmes miniatures (fig. 40)
que j’ai exposés à Paris l’automne dernier
à l’Exposition de la Société nationale d’hor-
ticulture de France, étaient cultivés dans
des godets de 5 et 7 centimètres au maxi-
Fig. 40. — Chrysanthème miniature.
mum, portant une fleur unique de 12 à
15 centimètres de diamètre. Ils ont été ob-
tenus comme suit :
On a prélevé vers le 15 août, sur des
plantes cultivées en pots ou en pleine terre,
des boutures portant à leur extrémité un
bouton couronne réservé cinq ou six jours
auparavant. Ces boutures ont été introduites
dans des godets de 3 centimètres, remplis
de terre préparée à l’engrais Papillon pen-
dant l’hiver et largement additionnée de
sable blanc, un tiers environ. Ces godets
furent enterrés dans une vieille couche et
tenus à l’étouffée pendant trois semaines
sous un verre blanchi; au bout de ce
temps les petites mottes étaient garnies
de racines. On les rempota alors dans des
godets de 5 ou 7 centimètres, et les plantes
furent conservées dans une serre froide où
elles fleurirent normalement.
Ces petites plantes, disséminées dans des
jardinières minuscules d’appai*lement et
mélangées avec des Fougères, firent de
charmants et durables motifs de décora-
tion, ne demandant d’autres soins que
quelques arrosages à l’eau pure.
Puissent ces quelques détails de culture
permettre aux amateurs d’ajouter de nou-
veaux motifs de décoration à ceux déjà si
nombreux que l’on peut tirer de cette plante
précieuse entre toutes, le Chrysanthème.
Anatole Cordonnier.
120
CORRESPONDANCE.
CORRESPONDANCE
G. G. [Sedan). — Malgré qu’il ait été semé
il y a dix ans, il n’est pas étonnant que votre
pépin d’Oranger ne vous ait encore rapporté
ni des fruits, ni même seulement des fleurs.
Chez tous les végétaux, le semis a pour effet
d’ébranler les races et même les espèces.
C’est par ce moyen qu’on obtient des nouveau-
tés, mais aussi que se produisent les sauva-
geons, surtout lorsqu’il s’agit de plantes ligneu-
ses. Comme vous le supposiez vous-même,
il faut donc que vous greffiez votre Oranger
sauvage {Citrus Auriantaca) avec des ra-
meaux pris sur des Orangers cultivés. Le sys-
tème de greffe à appliquer est la greffe en écus-
son, dans le courant de l’été. — (H. D.)
3628 {Orne). — La panachure des
feuilles du Laurier-palme se produit quelque-
fois, mais nous ne croyons pas qu’elle ait été
fixée jusqu’à présent. Nous connaissons deux
exemples de Laurier-palme à panachure, l’un
à l’hot^pice de Fleury-Meudon, l’autre chez
M. Georges Boucher, pépiniériste, 164, avenue
d’Italie, à Paris, qui s’occupe précisément en
ce moment de fixer cette forme par la greffe,
pour en obtenir, si possible, une nouvelle
race. — (IL D. )
CAT,>LOOUES REÇUS.
Cochet, à Suisnes, par Grisy-Suisnes (Seine-
et-Marne.) — Spécialité de Rosiers de toutes
formes et de tous genres. Arbres fruitiers, arbres
et arbustes d’ornement, Conifères. Plantes de serre
chaude et tempérée. Plantes pour massifs.
F. Crousse, 47 et 49, rue du Faubourg-Stanis-
las, à Nancy (Meurthe-et-Moselle). — Spécialité
de Bégonias tubéreux, de Pivoines herbacées, et
de Cannas à très-grandes fleurs. (Nouveautés
pour 1897 et variétés d’élite).
H. Gautier, successeur de Abel Ghâtenay,
à Vitry-sui -Seine (Seine). — Arbres fruitiers, fo-
restiers et d’ornement. Conifères, Rosiers, plantes
grimpantes, de terre de bruyère, et vivaces diver-
ses. .Jeunes plants d’arbres forestiers et de coni-
fèies pour reboisements.
Henderson, 35 et 37, Cortland Street, New-
York. — Graines potagères et de fleurs. Plantes
de serre. Plantes vivaces et plantes fleuries-
Plantes arbustives d’ornement. — Nouveautés de
graines et de plantes potagères et florales pour
1897.
Ingegnoli frères, 54, Corso Loreto, à Milan
(Italie). — Graines potagères, fourragères et de
fleurs. Graines d’arbres et de plantes de serre.
Arbres fruitiers, arbres et arbustes d’ornement.
Ognons à fleurs. Fraisiers, Rosiers, etc. Nou-
veautés de graines potagères, fourragères et de
fleurs, d’arbres fruitiers et d’ornement pour 1897.
Krelage et fils, à Haarlem (Hollande). —
Plantes vivaces, Glaïeuls, Hellébores, Pivoines,
Dahlias, Bégonias, Gesnériacées, plantes bul-
beuses. Plantes nouvelles et graines de fleurs
pour 1897.
J. Morel et fils, à Lyon-Vaise. — Arbres
fruitiers, arbres et arbustes d’ornement. Plantes
grimpantes. Conifères, Rosiers, Pivoines, Magno-
lias, plantes vivaces diverses. Espèces nouvelles,
rares, ou peu connues.
W. Pfitzer, à Stuttgart (Bavière). — Grai-
nes potagères, fourragères et de fleurs ; grai-
nes de plantes de serre et d’arbres. Ognons à
fleurs. Fraisiers, Rosiers, plantes de serre. Fou-
gères, Conifères, etc. — Nouveautés pour 1897,
potagères et de fleurs. Cannas et Rosiers nou-
veaux.
Paul Roquet, successeur de Delaville, 2,
quai de la Mégisserie, Paris. — Graines potagères,
fourragères et de fleurs. Graines d’arbres, de
plantes officinales et économiques. Nouveautés
potagères et de fleurs pour 1897. Ognons à
fleurs. Cannas, Dahlias. Plantes vivaces diverses,
plantes grimpantes et aquatiques. Rosiers, Vio-
lettes et Chrysanthèmes.
Rovelli frères, à Pallanza, Lac Majeur (Ita-
lie). — Plantes de serre chaude et tempérée, en
pots. Spécialité de Palmiers, Cycas et Pandanées.
Orchidées, Fougères. Plantes de serre froide.
Rosiers, plantes grimpantes (Clématites, etc.).
Arbres et arbustes d’ornement. Diospyros Koki,
Bambous. Arbres fruitiers. Fraisiers. Plantes, ar-
bres et arbustes nouveaux pour 1897.
Van Velsen frères, à Houtvaart près
Haarlem (Hollande). — Prix-courant de Tubé-
reuses, Bégonias, Gloxinias, Dahlias, Lilium, Can-
nas, Glaïeuls, Pivoines, Amaryllis, Ognons à fleurs
et plantes diverses.
Vilmorin-Andrieux et G‘o, 4, quai de la
Mégisserie, Paris. — Catalogues spéciaux de Chry-
santhèmes d’automne, et de Dahlias et Cannas
florifères.
Uriéiiiü. - Irup. (i. JaccD, V’au; fUielet, suc«esseuv.
Le Directeur- Gérant i L. Bourguignon.
CHRONIQUE HORTICOLE.
121
CHRONIQUE HORTICOLE
Congrès d’horticulture en 1897. — Concours public de üoriculture à la Société nationale d’horticulture
de France. — Les Roses Baron et Baronne de Rothschild. — Nouvelle affection morbide des
Lilas. — Ilellehorus niger American Pearl. — Formes diverses du Cephalotaxus pedunculata. —
Exposition internationale de Bruxelles en 1897. — Une révision du genre Vanilla. — Expositions
annoncées. — La concurrence des fruits américains.
Congrès d’horticulture en 1897. —
A Uoccasion de l’Exposition générale d’hor-
ticulture qui aura lieu à Paris en juin pro-
chain, la Société nationale d’horticulture
organise son treizième Congrès annuel qui
se tiendra à l’Hôtel de la Société, rue de
Grenelle. Voici le programme des questions
qui y seront traitées :
1. — Arboriculture fruitière. — Du choix
des espèces et des meilleures variétés frui-
tières à planter sur les routes. Premiers essais
faits en Fi-ance et résultats obtenus.
2. — Floriculture. — Culture des fleurs
par les enfants et par les ouvriers.
3. — Physiologie végétale. — De l’in-
fluence de la sélection : 1“ Dans le bouturage;
2» Dans le greffage.
4et5. — Section des Orchidées — Des résul-
tats obtenus par l’hybridation dans les Orchi-
dées ; — Delà dégénérescence de certaines es-
pèces d’Orchidées.
6 à 8. — Section des Roses. — Étude com-
parative des différents sujets propres au gref-
fage des Rosiers ; De la classification des Ro-
siers au point de vue botanique ; Classement
des meilleures variétés de Rosiers dans les sec-
tions : Hybrides remontants, Thés, Noisettes,
Bourbons, Hybrides de Thés, Rugosa, Pro-
vins, etc.
9 et 10. — Entomologie. — Étude des mœurs
du ver des Pommes ( Carpocapsa), et des moyens
de le détruire; Étude des maladies parasitaires
qui attaquent les Composées horticoles et des
moyens de les combattre.
Les personnes qui ne peuvent assister
aux séances, et désireraient cependant que
leur travail fût communiqué au Congrès,
devront l'adresser, franc de port, au Prési-
dent de la Société, rue de Grenelle, 84.
Concours public de floriculture à la
Société nationale d’horticulture de
France. — En 1896, M. Dauthenay, notre
collaborateur, rendant compte du concours
de Dahlias et de Bégonias, en faisait pres-
sentir, pour l’avenir, la publicité L
Ce sera, en 1897, un fait accompli, non
seulement pour ce concours quasi-automnal,
mais pour d’autres.
* Revue horticole, i896, p. 461.
16 Mars 1897.
Pin effet, sur la proposition de son comité
de floriculture, la Société nationale d’horti-
culture de France, dans sa séance du
25 février 1896, a admis la publicité d’un
grand concours de plantes fleuries, telles
que Phlox, Pentstémons, Lis, etc.
Ce concours, qui pourra donc être visité
par le public, durera deux jours; il s’ou-
vrira à la deuxième séance du mois de
juillet 1897, le 22, par conséquent.
Un règlement ultérieur en fixera, sans
doute, les conditions de détail.
•
Les Roses « Baron » et « Baronne de
Rothschild ». — Nos lecteurs ont certai-
nement lu avec intérêt les observations qu’a
publiées notre collaborateur M. S. Mottet,
sur la nomenclature des Roses L Sur ce
même sujet, nous trouvons dans le Journal
des Roses (1897, n® 11), d’intéressantes
remarques qui concernent particulièrement
les Roses c< Baron » et « Baronne de Roths-
child ». Voici comment le Journal des
Roses établit la nomenclature des nom-
breuses Pvoses dédiées à la famille des
Rothschild :
Baronne de Rothschild {GuiWot fils, 1862). —
Hybride remontant. Couleur rouge foncé car-
miné passant à l’amarante. N’est plus cultivée.
Baron Adolphe de Rothschild (Lacharme,
1862). — Hybride remontant. Boutons s’ou-
vrant lentement. Fleur rouge pourpre nuancé
de violet. Bonne variété pour la confection des
bouquets et pour le forçage en février. Très-
peu répandue.
Souvenir du baron de Rothschild (Pernet
et Grozy, 1868). — Bourbon rouge cramoisi.
Très-peu cultivée.
Baron Nathaniel de Rothschild (Lévêque
et fils, 1882). — Hybride remontant. Fleur très-
bien faite, rouge cramoisi vif uniforme.
Baronne Nathaniel de Rothschild (Pernet
père, 1885). — Feuillage serré, fortement
denté et abondant. Fleur bombée, rose vif à
reflets argentés. Bonne variété de collection
issue de la Baronne Adolphe de Rothschild.
Baron James de Rothschild. — Variété
qui a existé vers 1855 mais dont on ne
trouve plus de traces.
Enfin la Rose si répandue, à juste titre, à
6
122
CHRONIQUE HORTICOLE.
cause de ses mérites de premier ordre, que
l’on désigne communément à tort sous le
nom incomplet de Baronne de Rothsehild,
ce qui peut causer de graves confusions et
dont le nom véritable est :
Baronne Adolphe de Rothschild (Pernet
père, 1868). — Hybride remontant. Fleur très-
grande, presque pleine, bien faite, de couleur
rose carné, portée par des pédoncules solides
et rigides. Rameaux érigés. Plante rustique et
vigoureuse, ayant obtenu la place d’honneur
dans différents plébiscites.
Nouvelle affection morbide des Lilas. —
On nous signale une affection morbide des
Lilas qui ne nous paraît pas avoir été
mentionnée jusqu’ici. C’est sur les Lilas
cultivés en pots pour le forçage ; Charles X
et Blanc virginal qu’on l’a observée cette
année. Le mal réside dans les boutons à fleurs,
qui, quoique normalement formés et d’as-
pect sain jusqu’au moment de la rentrée
des plantes en serre, ne tardent pas à noir-
cir et à se dessécher sous l’influence de la
chaleur, au lieu de développer rapidement
leur thyrse de fleurs. Un nombre variable
de branches florales se trouvent ainsi dé-
truites sur la plupart des pieds.
On conçoit facilement les conséquences
de cet avortement pour le « forceur » ; si les
plantes sont destinées à être vendues en
pots, elles ne sont plus livrables ; si l’on a
l’intention d’en cueillir les fleurs la pro-
duction s’en trouve notablement diminuée.
La cause du mal n’est pas connue pour le
moment. On ne croit guère à la présence
d’un Cryptogame parasite, mais plutôt à
l’aoûtement défectueux des rameaux, par
suite de la sécheresse à la fin de leur
époque de développement ou aux gelées par
les temps humides. S’il en était ainsi, le
remède s’indiquerait de lui-même. Nous
souhaitons que cet inconvénient ne se pré-
sente pas de nouveau l’an prochain, mais
s’il en était ainsi, nous enregistrerions vo-
lontiers lescommunications qui nous seraient
faites à ce sujet.
Helleborus niger « American Pearl ».
— On signale cette nouvelle variété de
(c Rose de Noël » comme née dans l’Etat de
Colorado. Aussi rustique que le type, elle se-
rait supérieure à 1’//. niger spectahilis
sous le rapport de la floribondité et de la
grandeur des fleurs.
La R.ose de Noël est une de ces bonnes
vieilles plantes rustiques que l’on peut
mettre en pots à l’automne et rentrer chez
soi, pourjouir de sa floraison en appartement,
comme encore le Nardosmia fragrans,
appelé communément Tussilage odorant ou
Héliotrope d’hiver à cause du parfum pro-
noncé d’Héliotrope qu’exhalent ses fleurs.
Ces plantes sont aujourd’hui bien délaissées,
sans doute parce qu’on les a sous la main.
Pourtant, grâce à des soins que dicte
à la bonne fée du logis une prescience qui,
pour n’être pas toujours rationnelle, n’en
est pas moins exquise, il arrive que ces
plantes se portent mieux dans une jar-
dinière, derrière la fenêtre de l’apparte-
ment, que dans leur habitat naturel.
C’est surtout le cas pour les Hellébores.
Telle plante, qui restait au dehors rabougrie
et donnant péniblement deux ou trois fleurs
de grandeur ordinaire, verra, derrière la fe-
nêtre, ses feuilles et ses bourgeons prendre
une ampleur inusitée, ses hampes s’élancer
plus nombreuses et se garnir de larges et
belles fleurs, qui se nuanceront de teintes
allant du blanc au rose et au brun purpu-
rin. Pour peu que l’on destine à cet usage,
au lieu des espèces types, de ces variétés
déjà améliorées par la culture, comme nous
en montre aux expositions M. Dugourd,
de Fontainebleau, on pourra obtenir de
véritables perles, qui pour n’être pas
« American », n’en seront pas moins celles
de la maison.
Formes diverses du Cephalotaxus
pedunculata. — Les Cephalotaxus, qui
ont partout fleuri en 1896 (nous en avons
vu beaucoup qui ont fructifié même en
Touraine), ont fourni à M. A.-D. Webster
l’occasion de comparer entre elles diverses
formes du fruit du Cephalotaxus pedun-
culata. Cet examen démontre péremp-
toirement qu’à l’égard de ces diverses for-
mes, l’espèce a produit de nombreuses
variations. L’une d’elles, le C. peduncu-
lata sphæralis, Masters, est très-distincte
et remarquable. La forme des baies est
sphérique et constante. Elle porte donc
à juste titre la dénomination qui lui a
été appliquée. M. Webster a rencontré,
dans le nord de l’Irlande, des spécimens
identiques sous tous les rapports à ceux
que l’on cite à Weston Park, ce qui dé-
montre également que cette variété est
répartie assez largement.
Entre les fruits sphériques du C. pedun-
culata sphæralis et ceux de l’espèce type
qui, normalement, sont de forme ovoïde, il
existe encore un certain nombre de formes
intermédiaires. L’une d’elles très-curieuse.
CHRONIQUE HORTICOLE.
123
consiste en petites haies qui, d’un jaune
clair à la maturité, ressemblent, à première
vue, aux Raisins de la Californie qui inon-
dent quelquefois les marchés anglais.
Le Cephalolaxus Fortunei a également
fructifié abondamment en 189(3 dans beau-
coup d’endroits où on ne le voyait guère
porter fruit. Nous en avons eu à Lacroix
des exemplaires ayant mûri leurs baies
vertes et brun-rouge.
Exposition internationale de Bruxelles
en 1897. — A l’occasion de l’Exposi-
tion internationale de Bruxelles, des Con-
cours internationaux d’horticulture auront
lieu successivement en 1897, à Tervueren,
dans les locaux de l’Exposition. Les empla-
cements seront concédés gratuitement aux
exposants.
Exposition d’inauguration, du 9 au 12 mai :
114 concours. (Palmiers, Kentias, plantes de
serres fleuries ou non fleuries ; Cycadées, Pan-
danées, Aroïdées, Orchidées ; plantes diverses.)
2o Exposition de Roses cueillies, du 12 au
14 juin, 23 concours ;
3» Exposition générale du 21 au 25 juillet,
214 concours. (Plantes nouvelles, culture, col-
lections générales, Orchidées, Palmiers, Fou-
gères, Conifères, Aroïdées, Marantacées ,
Liliacées, Broméliacées, plantes diverses, in-
dustries horticoles) ;
4« Exposition de Chrysanthèmes, du G au
8 novembre, 50 concours.
Des Concours de culture maraîchère auront
lieu du 15 au 17 mai, du 11 au 13 juin, du
2 au 4 août et du 25 au 28 septembre.
Enfin, les Concours de Pomologie seront
tenus du 15 au 17 mai, du 11 au 13 juin et du
25 au 28 septembre.
Les demandes pour exposer doivent par-
venir aux dates ci-après, et être adressées
à M. le Commissaire général du Gouverne-
ment, 17, rue de la Presse, à Bruxelles.
Exposition d’inauguration, avant le 15 avril ;
— de Ptoses, avant le 5 juin ;
— générale, avant le 15 juin ;
— de Chrysanthèmes, avant le
15 octobre ;
Pour les expositions partielles du 15 mai,
avant le 15 avril ;
Pour les expositions partielles du 11 juin,
avant le 10 mai ;
Pour l’exposition du 2 août, avant le R'' juil-
let ;
Pour les expositions générales du 25 sep-
tembre, avant le 15 août.
Une révision du genre Vanilla. — Le
32® volume des annales de la Linnæan
Society contient une révision du genae
Vanilla. Cinquante espèces distinctes sont
décrites dans ce travail. Au point de vue des
usages économiques et, entre autres, de la
parfumerie, c’est l’espèce de l’Amérique
centrale et des Antilles, V. planifolia, qui
occupe la première place. Les V. Pompona,
du Mexique, et V. Gardneri^ du Brésil, ne
viennent qu’en second lieu. B en est aussi
quelques autres qui ne sont qu’accidentel-
lement utilisées.
EXPOSITIONS ANNONCÉES ^
Elbeuf, du S au 5 Juillet. — La Société ré-
gionale d’horticulture de la ville d’Elbeuf orga-
nise une Exposition générale des produits de
l’horticulture, qui aura lieu dans cette ville,
du 3 au 5 juillet prochain.
Tous les horticulteurs, amateurs et jardi-
diers sont invités à y prendre part. Les expo-
sants seront divisés en deux classes : amateurs
et jardiniers marchands.
Les demandes de places doivent être adres-
sées au Président de la Société, rué Saint-
Jean, 63, à Elbeuf, jusqu’au 45 juin.
Troyes, du 5 au 12 Juin. — La Société hor-
ticole, vigneronne et forestière de l’Aube
ouvrira sa 22® Exposition annuelle le 5 juin.
L’exposition durera huit jours.
Les exposants seront répartis en cinq grandes
divisions : horticulture, viticulture et boissons
fermentées, sylviculture, enseignement horti-
cole dans l’Aube, arts et industries auxi-
liaires.
Les personnes qui désirent exposer en feront
la déclaration, avant le 25 mai, à M. Huguier,
Commissaii e général de l’Exposition, 18, boule-
vard Victor- Hugo, à Troyes. Elles indiqueront
la nature de leurs produits, f espace à occuper,
et le mode d’installation à l’abri ou en plein
air.
La concurrence des fruits américains.
— La Revue scientifique nous apprend
que les États-Unis ont, en 1896, expédié
deux millions de barils de Pommes aux
marchés étrangers, tandis qu’en 1895,
l’exportation n’avait pas atteint le chiffre
de 500,000. La plus grande partie de ces
envois a été dirigée sur Liverpool.
Nous avons déjà, à plusieurs reprises,
signalé les importations étrangères, il y a
là une concurrence dont l’horticulture fran-
çaise doit se préoccuper, à juste titre.
Ed. André.
I La Revue horticole annonce les expositions
générales ou partielles dont le programme est
adressé au Rédacteur en chef, 26, rue Jacob,
Paris.
124
FORMATION DU T DANS LES TREILLES A LA THOMERY, SYSTÈME OGER.
FORMATION DU T
DANS LES TREILLES A LA THOMERY, SYSTÈME OGER
Nous avons indiqué, dans un précédent
article \ pour l’établissement des treilles à
la Thomery d’après notre système, la pré-
paration du mur, la plantation des ceps et
leur formation préparatoire. Il nous reste
à parler de nos procédés spéciaux pour la
formation du T.
En outre du grand avantage qu’ils pré-
sentent d’avancer d’un an la formation,
comme je l’ai dit plus haut, ils donnent une
forme correcte qui concourt fortement à
Fig. 41.
Formation du T.
Légende de la figure 4i.
A Œil le mieux placé et choisi pour la formation du T.
A’ Faux-bourgeon développé à l’aisselle de l’œil A.
B Œil terminal sur la courbure.
R’ Faux-bourgeon développé à l’aisselle de l’œil B.
C Onglet muni d’une feuille terminale dont l’œil axillaire
a été éborgné.
D Ligature opérée sur l’onglet G et maintenant le sar-
ment courbé. — a, l) Bourgeons inférieurs pinrés
d’abord à deux feuilles, puis à une seule.
conservée. L’extrémité ainsi traitée n’est
donc plus qu’un onglet G sur lequel je fais
la ligature D qui maintient la courbure.
Cet onglet, que je laisse à tous mes
systèmes formés à l’état vert, m’est propre,
car je ne crois pas que des arboriculteurs
l’aient décrit avant moi. Cet onglet accom-
pagné de sa feuille est de la plus grande
utilité. 1° Il facilite largement le palis-
sage pour avoir une arcure irréprochable.
^ Voir Revue horticole, 1897, p. 104.
équilibrer la sève dans les deux bras du
T. Enfin, les vaisseaux ligneux et corticaux
sont mis à leur place, intacts, sans aucune
rupture, ce qui est le contraire quand on
les courbe à l’état sec.
Premier procédé (fig. 41 et 42).
Ayant choisi la bifurcation qui portait
l’œil le mieux placé A (fig. 41), je la courbe
après avoir attendu qu’elle ait atteint une
longueur d’environ 35 centimètres. Je la
pince à deux yeux au-dessus de l’œil choisi.
L’œil où je pince est éborgné, mais la feuille
qui se trouvait à l’aisselle de cet œil est
Fig. 42.
lier procédé).
Légende de la figure 42.
A B Faux -bourgeons A’ B’ de la figure 41 atteignar.t
80 centimètres de longueur et palissés borizonta-
lement en d.
S Cicatrice de la section de l’onglet G (fig. 41).
b Boux’geon inférieur pincé à une feuille.
d, d Direction horizontale du palissage.
2^ Il n’a pas les inconvénients de se dessé-
cher et d’atîaiblir l’œil de l’extrémité, qui
a besoin d’avoir toute son action vitale. En
pinçant, comme on le fait d’habitude, seu-
lement à 5 centimètres au-dessus de l’œil de
l’extrémité, cette dessiccation se fait sentir
bien derrière et au-dessous de cet œil. Prati-
ciens, rendez-vous-en bien compte pour la
vigne ! Par ce premier procédé, on peut
opérer sur près de la moitié des jeunes
treilles, lorsque les faux bourgeons A’ et B’
sont assez gros à leur naissance et ont une
125
FORMATION DU T DANS LES TREILLES A LA THOMERY, SYSTÈME OGER.
bonne vigueur. Lorsqu’ils ont atteint envi-
ron 15 centimètres, on les palisse sur le fil
de fer en d (fig. 42). Les bourgeons infé-
rieurs b et a (fig. 41) sont pincés à deux
feuilles, puis on les repincera de nouveau
à une feuille.
Lorsque le bourgeon B (fig. 42) aura
80 centimètres de long, on supprimera
fonglet en S, le recouvrement de la section
se fera avant la fin de la saison.
Cette formation est simple et pratique.
Elle a l’avantage d’être constituée de très-
bonne heure. Les bourgeons ont le temps
de s’aoûter et de se présenter, à la taille de
fhiver suivant, comme deux bras, chacun
de ces bras muni de coursonnes, comme
on le voit en I et I’ sur la figure 42&is, déjà
donnée dans le précédent article, et que
nous croyons utile de reproduire ici, pour
l’intelligence du texte.
Fig. 42 bis. — Treille à la Thomery en voie d’établissement (au cours de la troisième année
après celle de la plantation.
Chacun de ces deux bras est également
muni de ses deux bourgeons de prolon-
gement, comme on le voit en V, V’ et Y,
Y’ de la même figure 42 his.
Deuxième procédé (fig. 43 et 44).
On pratiquera ce deuxième procédé pour
suppléer au premier, au cas où les faux-
bourgeons qui devaient former les deux bras
seraient restés trop grêles, et qu’on aurait.
pour cette raison, laissés palissés par fat-
tache N (fig. 43), sur le liteau L.
Dans ce cas, on choisit celui des deux
qui paraît le mieux placé et l’on s’en sert
pour recommencer la courbure en D
(fig. 43). Comme je l’ai dit on traitant de la
formation préparatoire, l’autre bourgeon
est momentanément conservé, puis sup-
primé. Dans le deuxième procédé, cette
suppression a lieu dès que le faux-bour-
geon M’ s’est développé à la base de l’œil A.
Sur la courbure s’est en même temps-^
m
FORMATION DU T DANS LES TREILLES A LA THOMERY, SYSTÈME OGER.
développé un autre faux - bourgeon M.
Quand ces deux faux-bourgeons ont at-
teint une longueur d’environ 20 centimètres
on les supprime entièrement, en S et S, et
ce sont les yeux normaux A et B se
trouvant à leur base qui seront choisis
A B Yeux normaux destinés à la formation du T.
G Onglet.
D Ligature maintenant la courbure.
L Liteau.
M M’ Faux-bourgeons des yeux normaux A et B, et qu’on supprime en
s et s.
N Ligatui’e ayant maintenu deux sarments sur le liteau L, et n’y mainte-
nant plus que le sarment courbé,
s s Sections des faux-bourgeons M, M'.
Fig. 44. — Formation du T. (Deuxième procédé).
A B Développement en bourgeons des yeux normaux A B de la flg. 43.
G Onglet devant être supprimé en S.
S Section de l’onglet G.
s s Gicatrices des sections des faux-bourgeons M et M’ de la fig. 43.
pour faire les bras, et qui, par conséquent,
seront palissés horizontalement au fur et à
mesure de leur développement (fig. 44).
On supprimera l’onglet G en S dès que
le bourgeon B sera suffisamment ligneux,
tout au moins inférieurement.
Troisième procédé (fig. 45 et 46).
J’ai pratiqué ce procédé avec succès sur
du Baisin Frankenthal à l’École pratique de
viticulture de Beaune. Il est le plus correct
à la condition d’être appliqué à des sujets vi-
goureux. On pincera le bourgeon primiti-
vement réservé, lorsqu’il aura atteint une
hauteur de 35 à 40 centimètres au-dessus
du fil de fer (flg. 42 his, cep H, p.). Ce pince-
ment sera opéré à l’œil s, situé immédia-
tement au-dessus de celui f, placé le plus
près du fil de fer, et, par conséquent, choisi
comme point de départ de la formation des
bras. On ne courbe pas l’onglet C (fig. 45)
qui résulte de ce pincement.
A l’œil choisi, il se développera un faux-
FORMATION DU T DANS LES TREILLES A LA TIIOMERY, SYSTÈME OGER.
ljourg’eon(fig. 42 bis, cep H, li) qu’on laissera
pousser de 20 centimètres, puis que l’on
supprimera.
A la suite de ces deux opérations, l’œil T
se développera en un bourgeon E (fig. 45).
On laisse ce bourgeon pousser d’environ
35 centimètres, puis on le supprime à son
tour, mais incomplètement, en le coupant
au premier mésophyte de sa base, en S. En
même temps, on opère le rabattage de l’on-
glet G en S’.
Cette double suppression a pour résultat
de faire développer, entre la cicatrice G de
la section de l’onglet (fig. 46) et l’un des
côtés du moignon M, un bourgeon BB. En
même temps, l’œil situé de l’autre côté, à
127
la base du moignon M, se développe en un
bourgeon AA.
Ges deux bourgeons sont exactement
opposés. Il ne restera plus qu’à les palisser
dès qu’ils auront atteint une longueur d’en-
viron 15 centimètres. Ils auront grande-
ment le temps de s’aoûter et porteront avec
les bourgeons de prolongement chacun
deux coursonnes l’année suivante. La
coupe de l’onglet G se recouvrira et le moi-
gnon ou onglet M sera supprimé à la taille
en sec. Si, par hasard, le bourgeon E
(fig. 45) était trouvé trop peu vigoureux,
on ne le taillerait qu’à la taille en sec.
Le résultat serait le même, mais retardé
d’un an. Ce procédé, qui donne aux
Fig. 45.
Fig. 46.
Formation du T. (Troisième procédé).
Légende de la figure 45.
G Onglet (non courbé).
E Bourgeon normal, résultant du développement de
l’œil t (fig. 42 Ms, cep H).
S Section du bourgeon E au premier mésophyte de sa
base.
S’ Section de l’onglet G.
Légende de la figure 40.
A A Bourgeon développé à la suite de l’ablation du bour-
geon E de la fig. 45 au premier mésophyte de sa
base, devenu moignon M.
B B Bourgeon développé entre le moignon M et la cica-
trice G de la section de l’onglet G de la fig. 45.
G Cicatrice de la section de l’onglet G (fig. 45) .
M Moignon ou onglet restant du mésophyte de la base du
bourgeon E (fig. 45).
treilles une formation modèle, surtout
lorsqu’il est appliqué à des ceps vigoureux,
devrait être connu de tous les praticiens.
Il donne, du reste, la clé de plusieurs autres
formes de treilles.
Quatrième procédé (fig. 47 et 48).
Pour employer ce quatrième procédé, il
suffit d’avoir taillé le sarment au printemps
sur un œil à 0"»20 au-dessous du fil de fer.
Comme dans les autres procédés, on
laisse se développer les deux bourgeons du
haut du sarment. Lorsqu’ils sont devenus
passablement ligneux, on choisit celui sur
lequel on trouvera l’œil se présentant le
mieux à 2 centimètres du point de forma-
tion du T (peu importe qu’il soit sur le de-
vant ou sur le derrière du sarment). L’autre
branche du sarment (fig. 42 bis, cep H r) sera
supprimée en x. On attache ensuite (en D,
fig. 47) la branche conservée au liteau,
au-dessous de l’œil choisi B et on la laisse
pousser jusqu’à ce qu’elle ait dépassé le fil
de fer, d’une hauteur d’environ 40 centi-
mètres.
A ce moment seulement, on la rabat
en E, sur l’œil situé immédiatement au-
dessus de l’œil B, en annulant l’œil et en
conservant la feuille, comme il a été dit
pour les autres systèmes.
A l’œil B, il se développe un faux-bour-
geon A, que je conserve et que je palisse
en d. Mais peu de temps après je le pince
en F. Ce pincement force l’œil G axillaire
de la première feuille du faux-bourgeon A
à se développer à son tour. Or, le dévelop-
pement de cet œil G se produit en même
temps que celui de l’œil B primitivement
choisi.
128 EXPÉRIENCES CULTURALES SUR QUELQUES LÉGUMES NOUVEAUX DE 1896.
Les deux bourgeons B et G (fig. 48) qui en
résulteront seront palissés horizontalement
en d aussitôt qu’on le pourra. Plus tard on
supprimera les onglets E et F en S et S’,
et on laissera développer les bras libre-
ment en les palissant obliquement jusqu’à
Fig. 47.
Formation du T. (Quatrième procédé).
Fig. 48.
Légende de la figure 47.
A Faux-bourgeon qui se développe à l’aisselle de l’œil
normal B.
B Œil choisi pour la formation du T.
C Œil axillaire de la première feuille du faux-bour-
geon A, et qui se développe en même temps que
l’œil choisi B.
D Ligature maintenant en bonne position l’œil choisi B,
d palissage horizontal du faux-bourgeon A.
E Onglet (dressé) résultant du pincement du sarment.
F Pincement du faux-bourgeon A, qu’on opère peu de
temps après le palissage en d.
Légende de la figure 48.
A Portion qui reste du faux-bourgeon A pincé en F
(fig- 47),
B Bourgeon résultant du développement de l’œil choisi B
(fig. 47).
C Bourgeon axillaire de la première feuille du faux-bour-
geon A (fig. 47).
d d Direction horizontale du palissage.
E Onglet résultant du pincement du sarment,
F Onglet résultant du pincement du faux-bourgeon.
S S’ Sections des onglets E et F.
ce qu’ils soient devenus assez consistants
pour être soumis au palissage horizontal,
sur le fil de fer.
Ces quatre procédés peuvent être appli-
qués, non seulement aux vignes palissées
à la Thomery, mais aussi aux plantations
de Vigne à vin, dans les vignobles où le
dressage sur cordons tend à se vulgariser.
Auguste Oger,
Chef de pratique horticole
à l’Ecole d’agriculture de Gennetines.
EXPÉRIENCES CULTURALES
SUR QUELQUES LÉGUMES NOUVEAUX DE 1896
Comme les années précédentes, nous avons
reçu, au printemps de 1896, une série de
graines de nouveaux légumes de MM. Vil-
morin, destinés à être cultivés et étudiés au
Jardin-Ecole de la Société d’horticulture de
Soissons.
Ces différents légumes ont été cultivés dans
les mêmes conditions que s’il s’agissait de
légumes ordinaires, c’est-à-dire en adoptant
les procédés de semis, de 'plantations, de
binages et di arrosements qu’emploient nos
cultivateurs-maraîchers.
Les appréciations qui vont suivre ont été
faites sur des produits obtenus dans une terre
saine, légère et siliceuse, c’est-à-dire favo-
rable à la culture de beaucoup de légumes,
principalement dans les années brumeuses
comme celle de 4896.
Nous n’avons certainement pas la prétention
de juger sans appel, et tel légume que nous
avons apprécié sévèrement peut avoir donné de
meilleurs résultats ou de moins mauvais ail-
leurs.
Céleri plein doré à côte rose. — Variété
courte, trapue et vigoureuse ; à côtes larges,
pleines, tendres et cassantes ; drageonne un
peu, mais rachète ce petit défaut par sa rus-
ticité et son excellente qualité.
Sa culture est la même que celle des autres
variétés, c’est-à-dire que le semis peut se
EXPÉRIENCES CULTURALES SUR QUELQUES LÉGUMES NOUVEAUX DE 1896.
faire en mai et les plants directement plantés
à demeure vers la mi-juillet, en lignes espa-
cées de Qm 30 à 37 en tout sens. Pendant la
végétation, biner et arroser selon les besoins.
Chicorée Scarole d’hiver du Var. — Cette
variété diffère des autres Scaroles par son
extrême vigueur, sa robusticité et sa grande
productivité. Les feuilles, peu nombreuses,
sont très-amples, très-longues, profondément
découpées sur les bords. La pomme se forme
difficilement, le cœur n’est pas plein et il faut
lier les feuilles pour faire blanchir celles qui
sont à l’intérieur. Cette variété conviendra
surtout pour l’automne, car elle résiste diffici-
lement au froid de notre climat, et pour les
terrains relativement pauvres, sur lesquels sa
grande vigueur et sa robusticité lui permet-
tront de venir sans trop de soins.
Chou rouge de Pologne. — Jolie race de
Chou rouge, à pomme moyenne ou grosse,
aplatie, très-ferme et très-dure, fortement co-
lorée de rouge violacé et à pied court. Les
feuilles extérieures sont amples, ondulées sur
i les bords, d’un vert violacé avec les nervures
I rouges foncées et le tout est recouvert d’une
I pruine qui leur donne une teinte légèrement
bleuâtre.
Ce nouveau Chou est très-vigoureux, très-
hâtif, particulièrement productif et rustique.
C’est assurément une race très-recommandable
pour la grande culture et pour les établisse-
ments où les Choux rouges sont employés
crus, en salades, coupés en tranches minces
et assaisonnés au vinaigre. Préparé sous cette
forme, le Chou rouge de Pologne conserve sa
belle couleur rouge vif, et de plus il est excel-
lent.
Épinard d’été vert foncé. — Bonne variété,
rustique et vigoureuse, â feuilles arrondies,
nombreuses, amples, assez larges, très-produc-
tive et qui peut se semer pendant une grande
partie de l’année. L’une de ses principales qua-
lités est de monter à graine plus lentement
que les autres ; mais il reste à savoir si, semé
â l’automne, cet Epinard donnera un produit
i aussi considérable que l’Épinard lent à mon-
^ ter que nous améliorons depuis une trentaine
d’années.
Haricot quatre-à-quatre. — Ce nouveau
i venu est de moyenne vigueur, sa tige atteint
une hauteur de 2™ 20 environ ; les cosses sont
très-nombreuses, presque toujours par paires
I — rarement quatre à quatre — droites ou très-
légèrement courbées ; elles contiennent de
quatre à six grains de couleur blanche, courts,
ronds ou très-légèrement ovoïdes.
Le Haricot quatre-à-quatre est une très-
bonne variété à adopter dans notre contrée ;
' elle est rustique, extrêmement productive,
assez précoce, puis, elle a le double mérite de
produire des gousses qui sont exquises, con-
1 sommées en aiguilles, et des grains verts ou
secs de première qualité.
129
Haricot nain mange-tout Roi des Beurres.
— Très-bonne variété de Haricot nain mange-
tout, rustique, très-productive et pouvant con-
venir aussi bien à la culture potagère qu’à la
culture des Haricots de plein champ. Les tiges,
assez grosses, dépassent rarement 0‘" 40 de
hauteur; les gousses, qui viennent souvent
par paires, sont d’abord vertes, puis prennent
en grossissant une couleur jaune pâle transpa-
rente ; elles sont remarquablement tendres,
charnues et de forme légèrement courbée ;
elles contiennent de quatre à six grains de
couleur vert pâle au début, blancs à la ma-
turité; de forme allongée, à peau d’une finesse
extrême; bons à consommer en sec.
Cette nouvelle race de Haricot Beurre est à
recommander par sa précocité, sa rusticité, sa
grande production et son excellente qualité.
Pois gros bleu nain. — Tige courte ne
dépassant pas 0™ 40 de hauteur ; gousses
souvent par paires et leur longueur ne dé-
passe guère üra 05, droites et cylindriques à la
maturité ; elles contiennent de trois à six
grains presque carrés par compression, gros et
de couleur vert foncé. Quelquefois la tige se
ramifie, et il n’est pas rare de compter sur un
pied portant trois ou quatre ramifications, plu-
sieurs étages formant plus tard un total de
vingt à vingt-deux gousses.
Le Pois gros bleu nain est une variété hâtive,
rustique, très-fertile et chez laquelle les grains
sont de première qualité, s’ils sont consommés
à la moitié ou aux deux tiers de leur grosseur.
Pois Clamart nain hâtif. — Variété demi-
naine atteignant de 0™ 60 à 0"^ 75 de hau-
teur ; les cosses ont de 0"^ 05 à 0«i07 de lon-
gueur, presque droites, assez régulières et
contenant de quatre à sept grains de couleur
vert foncé, le tout supporté par une tige grosse
et résistante, ce qui lui permet de se passer de
rames. Elle est de demi-saison, plus tardive
de huit jours que la précédente, rustique, très-
vigoureuse et particulièrement fertile. Ses
grains sont de première qualité.
Pois nain mange-tout Debarbieux. — Forte
race de Pois demi-nain dont la tige vigoureuse
atteint facilement de 0*^» 80 à un mètre de hau-
teur; les cosses sont grandes, blanchâtres,
épaisses et charnues, complètement sans par-
chemin, souvent contournées, atteigant deOmQS
à Ora 10 de longueur et contenant de trois à
six grains. Ceux-ci sont assez gros, légèrement
méplats ou arrondis et presque blancs.
Consommés à la moitié de leur grosseur, ils
sont excellents.
Radis à forcer rouge vif sans feuilles. —
Très-jolie race de Radis, à racine ovale et
même un peu déprimée, de couleur rouge
vif, à chair ferme, pleine, blanche, quelquefois
légèrement rosée, à feuillage rare, court, forte-
ment gaufré et trapu et à peu près aussi hâtif
que les variétés employées de piœférence pour
la culture de primeurs.
130
LES CYCLAMENS A FLEURS CRISTÉES. — LA MANDRAGORE DE SYRIE.
Ce Radis a l’avantage de ne pas devenir creux
trop promptement.
Malgré les qualités énumérées plus haut,
nous ne pouvons le recommander pour la vente
sur les mai'chés, où il ne pourrait soutenir la
concurrence avec nos belles et bonnes races
anciennes.
Tomate Champion écarlate. — Cette variété
est sortie de la Tomate Champion avec cette
différence que les fruits sont d’un beau rouge
vif, tandis que, sur l’ancienne, ils sont d’un
rouge vineux et presque violacés à l’époque de
leur maturité. Les fruits sont à pourtour assez
régulièrement arrondi ou très-faiblement si-
nué, de 08 à 0™ 12 centimètres de diamètre
sur 05 à 0*" 06 d’épaisseur. Ils sont réunis
en grappe de cinq à sept et d’une maturité
moyenne.
LES CYCLAMENS A
La Revue horticole, dans sa chronique
des 16 février et R*" mars dernier, ainsi
que dans le compte rendu des séances de la
Société nationale d’horticulture de France
a mentionné l’apparition d’un Cyclamen
blanc à fleurs cristées, présenté par MM.
Hugh Lonv et de Londres, et d’un
autre, rouge et bicolore, chez M. Narhou-
ton, jardinier de M. Binder, à Maisons-
Laffitte.
Nous avons été, sur l’offre de M. Narbou-
ton, e.xaminer ses Cyclamens, et nous avons
tenu à en établir exactement la généalogie.
Le pied-mère sur lequel parurent les
premières fleurs cristées existe encore. Il
a quatre ans, comme on peut d’ailleurs s’en
rendre compte à la vue de sa large
souche tuberculeuse. Les fleurs en sont
petites, aux divisions étroites, au coloris
rouge pourpre sombre. Les graines qui
La chair est pleine et de très-bonne qua
lité.
Dans notre contrée, cette intéressante va-
riété, ainsi que presque toutes les autres d’ail-
leurs, ne viendra bien que si elle est plantée
au pied d’un mur ou d’un abri, à bonne expo-
sition. Puis, si l’on veut avoir de beaux fruits,
des arrosements copieux à l’aide d’engrais di-
lués seront distribués au pied pendant l’été et
même à l’automne. Enfin on restreindra les
bouquets surabondants, ne laissant sur chaque
pied que quatre ou cinq fruits au plus sur cha-
cun d’eux. I
En somme, la Tomate Champion écarlate est I
une excellente variété qu’il conviendra d’ajou- I
ter à celles que nous cultivons déjà dans nos |
jardins potagers.
E. Lambin. ^
FLEURS CRISTÉES
i
furent récoltées sur ce pied donnèrent des
plantes dont un certain nombre reprodui- ■
sirent ce qu’on peut appeler la « cristation ». i
Nous avons eu sous les yeux ces spécimens.
Leur coloris est blanc ponctué de rose, avec t
un anneau carmin très-prononcé sur les j
bords de la gorge. Les paillettes pétaloïdes '
qui forment crête sont, dans ces pieds ’
comme dans le pied-mère, aussi longues -
et aussi bien caractérisées que dans les J
fleurs du Cyclamen de MM. Hugh Low ]
et Ci®, mais sont bien moins nombreuses et •
occupent, par conséquent, une surface '
beaucoup moins grande. ^
Les semis successifs qui en ont été
faits ont exactement transmis les caractères ’
tels que nous les décrivons ici. Il va sans
dire que leur obtenteur continuera à cher- ,
cher le moyen de les amplifier. ^
H. Dauthenay.
LA MANDRAGORE DE SYRIE
Chacun connaît, au moins de nom, la
Mandragore (Mandragora officmarum,
Lin.), cette plante à laquelle la légende a con-
sacré une réputation assurément surfaite.
Commune sur les rivages méridionaux
de la Méditerranée, en Sicile, en Ca-
labre et en Espagne, la Mandragore est une
plante à feuilles très-larges, partant du
collet de la racine et restant étalées à la
surface du sol. Ses fleurs, au nombre de
^ Voir Revue ùor^icoZe, 1897, p. 118.
\
5 par têtes, sessiles, sont munies d’un calice i'
accrescent. Ses fruits sont des baies jaunes,
de la grosseur d’une petite pomme. Mais la ^
partie la plus intéressante de cette plante j
est la racine. Cette racine rappelle un peu
celle de la Belladone ; elle est normalement \
longue et fusiforme et possède une couleur
brune, une odeur nauséeuse et une saveur <
âcre. ) ,
La forme de la racine de Mandragore J;
subit fréquemment une modification qui »
consiste dans sa bifurcation en deux 1
LA MANDRAGORE DE SYRIE.
branches de grosseur sensiblement égale.
Cette transformation avait autrefois attiré
au plus haut point l’attention populaire et
avait valu à la Mandragore les noms à'An-
thropomorphon et de Semi-homo.
Bien plus, à l’époque relativement peu
éloignée où l’opinion voulait trouver dans
la forme extérieure des plantes un signe
certain de leurs vertus curatives, faisant un
rapprochement entre la forme bifurquée de
la racine de Mandragore et celle de la partie
inférieure du corps humain, on la considé-
rait comme un puissant aphrodisiaque, et
131
à ce titre, elle a joui d’une vogue tout à
fait inconsidérée.
Utilisée également comme anesthésique
du temps d’Albert le Grand, la Mandragore
est aujourd’hui à peu près tombée dans
l’oubli, en iant que médicament.
Elle est cependant un objet de curiosité,
et, de temps en temps, on en rencontre des
racines bifurquées, dont la forme rappelle
souvent celle du corps humain.
Les deux exemplaires dont la figure ac-
compagne cette note (fig. 49 et 50) rentrent
dans ce cas. Ils proviennent de Syrie et
Fig. 49 et 50.. — Racines de Mandragore (Mandragora officinarum)
grossièrement sculptées.
(1/2 grandeur naturelle).
ont été adressés à M. Ad. Chatin qui les a i
présentés à la Société botanique de France |
dans une de ses dernières séances. Depuis
ils ont pris place dans la collection de bo-
tanique générale de l’Ecole supérieure de
Pharmacie.
Les habitants qui ont récolté ces échan-
tillons si curieusement contournés, aidant
un peu la nature par le grattage et une
sculpture grossière au moyen du couteau,
les ont transformés en deux groupes étran-
ges : à voir l’un (fig. 49) ne dirait-on pas
un homme à la barbe opulente, soutenant
sur sa poitrine un enfant dont la tête repose
sur son épaule; et l’autre (fig. 50) ne donne-
t-il pas l’impression d’un être humain fan-
tastique pressant étroitement un enfant sur
sa poitrine.
Bien que le couteau ait joué un certain
rôle dans la disposition de la racine, en
accusant, par exemple, les doigts des mains
et certains traits des physionomies, ces
deux échantillons n’en restent pas moins
très-curieux et donnent une idée bien nette
des dispositions étrangement contournées
de la racine de Mandragore, qui ont valu à la
plante son éphémère célébrité.
L. Lutz.
132
JACARANDA MIMOSÆFOLIA.
JACARANDA MIMOSÆFOLIA
Au mois de janvier 1876, je cheminais
dans les plaines à demi-boisées du rio
Guatiquia, un des principaux affluents du
rio Negro et par conséquent du Méta, qui
lui-même est un très-gros tributaire de l’Oré-
noque. Ces savanes immenses ou Llanos
font partie de la région dite « Territorio de
San Martin », au pied du versant oriental
des grandes Andes de Colombie. La sai-
son sèche touchait à sa fin. La tempé-
rature, à cette époque de l’année, était
exquise (24® centigrades) sous la lati-
tude de 4® 22’ de latitude N. et à une
altitude de 400 mètres seulement au-
dessus du niveau de la mer. La végétation
des bosquets qui bordent les dépressions
naturelles nommées canos était d’une
grande richesse. Les Palmiers Moricbés
{Maurilia (lexuosa) dressaient leurs vastes
éventails, tandis que les Astrocaryum
laissaient pendre leurs fruits jaunes
comme des Abricots, que les épines du
tronc protégeaient contre les incursions des
singes. Les Bactris, les Martinezia, les
Geonoma formaient le menu peuple de
cette famille des Palmiers, si noble et si
élégante. Les Bertholletia, les Cedrela, les
Cecropia constituaient d’épais ombrages,
et le sous-bois, composé de nombreuses
Myrtacées, — surtout des Eugenia, —
abritait lui-même une nombreuse popula-
tion de Fougères, d’Orcbidées, de Bromé-
liacées et d’Aroïdées. Le tapis était cons-
tellé de gracieuses fleurs de Gesnéria-
cées sur un fond de Sélaginelles aux frondes
d’émeraude.
Brusquement, j’arrêtai mon cheval de-
vant un arbre dont la floraison dépassait
en éclat tous ceux de son voisinage. Je re-
connus immédiatement le Jacaranda w,i-
mosæ folia \ Bignoniacée admirable intro-
duite depuis longtemps dans les cultures
européennes, mais qui fleurit si rarement
dans les serres, qu’elle est inconnue
par sa floraison de la plupart des horticul-
teurs. L’arbre que j’avais sous les yeux pou-
^ Jacaranda mimosæfolia (ou mûnosifolia),
Don, in Bot. Reg., t. 631 ; Prodr., IX, p. 229. —
J. ovalifolia, R. Brown, in Bot. Mag., t. 3327.
Malgré l’opinion qui identifie ces deux noms en
une seule espèce et la loi de priorité qui devrait
donner la préférence au dernier comme plus an-
cien, nous conservons le nom de J. mimosæfolia,
si bien approprié au feuillage, sous lequel la
plante a été introduite, le groupe auquel elle appar-
tient étant encore mal déterminé. (E. A.)
vait avoir une quinzaine de mètres ; ses ra-
meaux dressés, robustes, étaient tous
terminés par de grandes panicules de
fleurs d’un violet bleu des plus brillants,
d’une forme obliquement tubuleuse, qui les
faisait ressembler à certaines Gesnériacées.
Ces corolles étaient si abondantes que le
sol en était jonché autour du tronc de l’arbre.
Le feuillage de ce beau végétal est digne
des riches inflorescences dont je viens de
parler; sur les plantes jeunes et vigou-
reuses surtout, il est un ornement de pre-
mier ordre. Il se compose de grandes
feuilles bipennées, atteignantjusqu’à50 cen-
timètres de longueur, et formées d’articles
opposés, eux-mêmes imparipennés, à fo-
lioles opposées, ovales-lancéolées, mucro-
nées. L’inflorescence est une belle panicule
dressée, à groupes de fleurs nues, dis-
tantes, finement pédicellées, dont le calice
est menu, à petites dents peu saillantes et
obtuses, et la corolle est bilabiée, grande,
oblique, à tube étroit et courbé, ventrue
au milieu, dilatée au sommet en cinq
grands lobes obtus, émarginés, dont deux
presque réunis forment la lèvre supérieure,
tandis que l’inférieure est à trois lobes sub-
égaux et obtus.
Si le Jacaranda mimosæfolia fleurit ra-
rement dans les serres, où il lui faudrait
un espace que son développement arbores-
cent indique, il n’en est pas de même dans
la Provence côtière de la Méditerranée.
Là, depuis Cannes jusqu’à Gênes, dans des
situations bien abritées, en plein soleil, on
rencontre çà et là des exemplaires qui se
couvrent, chaque année, de leur splendide
floraison. Malheureusement, c’est pendant
l’été qu’a lieu leur épanouissement, lorsque
les étrangers se sont envolés vers les régions
moins chaudes, et c’est pour cela que si peu
de personnes ont pu en contempler les
fleurs.
Si l’on veut cultiver l’espèce en serre
chaude, elle y croît facilement en terre
franche mélangée de terre de bruyère, et sa
multiplication par boutures n’offre aucune
difficulté. Pour en obtenir la floraison avec
le traitement sous verre, il faut que l’ar-
buste ait un certain âge et qu’il soit soumis
à une période de repos absolu, où il perde
ses feuilles, comme cela se voit dans les
régions brésiliennes et jusqu’au pied des
Cordillères où il croît à l’état de nature.
Ed. André.
Hortiroh'
Ja(Xiraiida nuniosœjblia
l’agrile du poirier.
133
L’AGRILE DU POIRIER
L’Agrile du Poirier (Agrilus smuatus
fait partie de l’ordre des Coléoptères et de
la tribu des Buprestes. L’insecte parfait a
9 millimètres de longueur sur 3 millimètres
de largeur près de la tête ; le dessus du corps
est couleur garance luisant, le dessous vert
émeraude foncé, brillant.
La larve, longue de 11 millimètres, est
presque cylindrique, renflée vers la tête, la
partie postérieure s’amincit graduellement
vers son extrémité ; elle est apode, d’une
couleur d’os ; la tête est petite, noire, ren-
trée dans le corps.
L’insecte parfait de VAg^Hhis fait son
apparition vers la tîn de mai et commen-
cement de juin ; il se tient généralement
sur la face supérieure des jeunes feuilles à
moitié développées.
Il possède l’instinct de la conservation au
plus haut degré ; le moindre mouvement,
une ombre même le fait sauver ; il feint
alors de se laisser tomber à terre ; dans sa
chute simulée il ouvre ses ailes et va se
poser sur un arbre voisin.
L’accouplement de VAgrilus se fait en
juin ; peu de temps après, la femelle fait sa
ponte ; elle choisit une branche déjà grosse
ou le tronc de l’arbre lui -même, si l’écorce
est encore vive ; elle perce l’épiderme, dé-
pose un œuf, et ainsi de suite. Tous ses
œufs sont déposés un à un, à d’assez
grandes distances; on en rencontre rarement
deux sur la même branche.
Aussitôt la larve éclose, elle commence
ses ravages dans l’écorce, sous l’épiderme,
en traçant des galeries tortueuses en
zigzags plus ou moins rapprochés les uns
des autres et allant généralement de haut
en bas. Plus elle avance, plus elle creuse
* C’est à M. le docteur Putonet M. Xambeu que
l’on doit surtout la connaissance des mœurs et des
premiers états de cette espèce. Elle a été observée
dans le Poirier, le Pommier et le Sorbier. Elle ne
s’attaquerait qu’aux arbres de plein vent, non aux
arbres en espalier ou en pyramide. Ni le docteur
Puton, ni M. Xambeu n’ont observé cette partie
en spirale de la galerie de la larve dont il est
parlé dans cet article ; d’après eux, la longueur
des galeries serait seulement de 10 à 25 centi-
mètres. M. le docteur Puton se proposait, pour
éviter les dégâts de cet insecte, d’entourer le
tronc des jeunes Poiriers d’une torsade de paille
formant un manchon complet autour du tronc et
de couvrir ce manchon d’une couche de gou-
dron. (Réd.)
ses galeries profondément dans l’écorce,
jusqu’à, ce qu’elle atteigne l’aubier ; là elle
fait invariablement une galerie en spirale
autour de la branche (sans doute pour ar-
rêter la sève descendante), puis elle conti-
nue ensuite ses zigzags moitié dans le liber,
moitié dans l’aubier. Arrivée à l’âge
adulte, vers la fin d’août ou septembre,
quatorze mois environ après son éclosion,
elle perce un trou de 2 ou 3 millimètres
de profondeur dans l’aubier, s’y creuse une
petite cavité de bas en haut, perce un se-
cond trou qu’elle remplit de vermoulures à
quelques millimètres au-dessus de sa tête,
et revient se placer dans sa cavité, où elle
attend sa métamorphose qui a lieu au prin-
temps suivant.
En mai, l’insecte parfait chasse la ver-
moulure qui le recouvre, perce l’écorce
morte, presque pulvérulente, à l’endroit de
sa sortie et prend son vol ; il laisse une ou-
verture qui ressemble un peu à la bouche
d’un four.
La larve est extrêmement préjudiciable
au Poirier ; c’est, selon nous, l’un de ses
plus grands ennemis.
Ses galeries atteignent, par leurs zigzags,
de 80 centimètres à 1 mètre de longueur ;
elles sont toutes remplies de vermoulures ;
le cambium ne les recouvre que très-rare-
ment ; aussi toutes les parties atteintes pé-
rissent, sauf toutefois quelques arbres
très-vigoureux qui résistent, grâce à leur
abondance de cambium, mais c’est une
exception.
Il est donc très-important de le combattre
énergiquement. Comme nous l’avons dit,
l’insecte, très-méfiant, est difficile à
prendre ; c’est donc la larve, selon nous,
qu’il faut détruire. On y parvient facilement
en suivant les galeries qui sont bien appa-
rentes, à cause du fendillement et de la
teinte noire qu’elles produisent à l’écorce
qui les recouvre. La larve se trouve tou-
jours à l’extrémité des galeries, sa présence
est indiquée par une large plaque d’écorce
noire, morte. A l’aide d’une serpette ou
d’un greffoir, on enlève cette écorce et l’on
aperçoit les deux trous remplis de vermou-
lure qu’elle a faits dans l’aubier ; la pointe
de la serpette suffit pour la tuer dans son
refuge.
Il est bon, pour sauver les branches
134
PLANTATION DES ARBUSTES GRIMPANTS AU PIED DES GROS ARBRES.
atteintes, d’enlever toutes les vermoulures
à la serpette, la place se cicatrise assez faci-
lement ; il est d’ailleurs facile de faire ce
travail au moment de la taille.
Pour combattre la larve en été, on re-
connaît sa présence à la chute prématurée
des feuilles de la branche ravagée.
Gitton,
Professeur municipal d’arboriculture
à Orléans.
PLANTATION DES ARBUSTES GRIMPANTS AU PIED DES GROS ARBRES
Dans la plantation des parcs et des jar-
dins, il est souvent désirable de garnir le
tronc dénudé des gros et vieux arbres au
moyen d’arbustes grimpants. Les exemples
que la nature nous offre en ce sens sont
souvent d’un grand effet pittoresque ou
charmant. Qui n’a eu l’occasion d’admirer,
dans nos bois, l’opulent manteau de feuil-
lage, de fleurs blanches et de fruits à ai-
grettes soyeuses et argentées de la Clé-
matite (Clematis Vitalha), les festons
gracieux de la Bryone [Brijonia dioica),
ou du Tamier [Ta-
mus communis)
entremêlés de grai-
nes rouges à l’au-
tomne ; les blancs
Liserons (Calys-
tegia sepiiim), les
Vignes sauvages
(Vitis vinifera)^ le
Lierre môme {He-
dera Hélix) formant
une riche parure
hivernale de verdure
sombre? Notre flore
est peu riche en
lianes, et cependant
leur aspect est sou-
vent d’une grande
beauté.
Mais c’est bien
autre chose dans les
régions chaudes du
globe. Les végétaux
grimpants, dans la
forêt vierge, revêtent une variété, un pitto-
resque de formes et une richesse de cou-
leurs que celui qui ne les a pas contemplés
ne peut se figurer et que celui qui en a
joui une fois ne saurait plus jamais oublier.
Heureusement, nos serres en sont rem-
plies, et s’il nous est interdit de voir ces
belles plantes dans toute l’exubérance de leur
végétation, au moins réjouissent-elles nos
yeux par leur feuillage et leurs fleurs.
Dans l’Amérique du Nord, dans l’Asie
centrale et autres contrées de l’hémisphère
boréal analogues au climat de l’Europe
moyenne, on trouve encore un bon nombre
d’arbustes grimpants qui, pour être un peu
moins brillants, n’en offrent pas moins au
paysagiste de précieuses ressources déco-
ratives. La plupart sont introduits dans
nos jardins, et la liste en est longue. Qu’il
nous suffise de citer les espèces connues de
tout le monde : Rosiers grimpants. Gly-
cines, Chèvrefeuilles, Clématites, Akébia,
Jasmins, Vignes japonaises et américaines,
Técomas, Vignes vierges. Passiflores, Pé-
ri ploca, Aristoloches, etc.
Pour produire tout
leur effet pittores-
que, plusieurs de
ces plantes auraient
besoin, au lieu d’être
palissér?s sur des
murs ou des ton-
nelles, de croître en
liberté sur de grands
arbres, montant à
l’assaut du tronc,
courant sur les bran-
ches et s’épanouis-
sant jusqu’à la cime.
Que de fois j’ai
admiré, dans les
forêts des États-
Unis, par exemple
sur les bords de
l’Ohio et du Poto-
mac, les grandes
Vignes sauvages
{Vitis Lahrusca,
œstivalis, cordifo-
lia, vulpina), les mêmes dont les variétés
servent, en France, de porte-greffes aux
Vignes européennes dans la lutte contre le
phylloxéra. Elles s’élancent, avec une vi-
gueur incomparable, jusqu’au sommet des
grands Chênes, des Tulipiers, des Érables,
des Liquidambars, des Magnolias acuminés,
des Frênes, etc., pour retomber ensuite en
larges draperies de feuillage paré, à l’au-
tomne, des plus rutilantes couleurs de
pourpre et d’or.
Or, pour reproduire dans le pays ces
aspects de la nature spontanée, on se heurte
Fig. 51. — Tonneau enterré au pied d’un grand
arbre pour recevoir un arbuste grimpant.
CULTURE DU CAMPANULA ABIETINA.
135
souvent à une difficulté qui paraît insur-
montable. On plante bien des arbustes sar-
menteux-grimpants au pied des gros arbres,
mais ils n’y poussent pas ou y poussent
mal. La terre a été usée par l’arbre lui-
même. Si on la renouvelle, ce sont les ra-
cines du premier occupant qui s’en nour-
rissent, et il ne reste rien pour le nouveau
venu, l’arbuste grimpant, qui meurt ou qui
languit. Que faire? On a conseillé de plan-
ter des espèces très - vigoureuses, qui
puissent résister et triompher dans cette
âpre lutte pour l’existence, mais elles sont
rares, peu variées et l’on ne réussit que
rarement. Si l’on plante à une certaine dis-
tance du tronc, les conditions sont encore
plus mauvaises, car ce sont les racines éloi-
gnées qui sont les plus actives.
J’ai imaginé un moyen qui m’a réussi et
que je signale à l’attention de nos con-
frères. Il est d’une extrême simplicité. En
voici la description:
On creuse, aussi près que possible du
tronc du gros arbre, entre les plus fortes
racines et sans les endommager, un trou
cylindrique du diamètre d’un tonneau ordi-
naire et de 1 mètre à de profondeur.
Puis on cherche une vieille futaille à vin ou
à cidre ou même un tonneau à ciment, et
on l’enfonce dans le sol, de manière à ce
que son orifice ouvert soit à 20 centimètres
au-dessous de la surface du terrain. Le fond
du fût reste intact. On y place quelques
plâtras pour drainage sur une épaisseur de
10 centimètres, puis on remplit tout le ton-
neau de bonne terre franche mélangée de
terre de gazon, sans autre engrais. On re-
couvre le tout du sol naturel, et l’on plante
l’arbuste au-dessus du centre du tonneau,
dans lequel plongeront ses racines. Si les
grosses racines de l’arbre sont trop serrées
près du tronc et qu’il ait fallu planter le
tonneau à 1 mètre, 1™ 50 ou même 2 mètres,
on laisse traîner les tiges de l’arbuste sur le
sol gazonné, avant de les redresser et de les
attacher sur la tige du gros arbre.
On conçoit que les racines du nouveau
venu se développeront à l’aise dans la bonne
terre du tonneau et y puiseront la force né-
cessaire pour que les tiges s’élancent à la
conquête du tronc et des branchages qui
leur serviront de support.
Pendant ce temps, les racines du gros
arbre, tournant autour du tonneau, cherche-
ront à y pénétrer et à profiter de la terre
neuve et fertile qu’il contient. Elles se glis-
seront plus ou moins entre les fissures du
fond et des douves ; mais quand elles seront
dans la place, l’arbuste grimpant aura pris
le dessus, sera de force à lutter avec elles
et ses racines à lui se seront également éten-
dues au loin et chercheront la nourriture
avec toutes leurs facultés de plante adulte.
Un simple croquis au trait servira d’ail-
leurs à présenter aux yeux de mes lecteurs
la disposition employée et qu’il est si facile
de reproduire sans grande dépense ni grand
travail. Ed. André.
CULTURE DU CAMPANULA ABIETINA*
Cette charmante Campanule, originaire
des hautes montagnes de la Transylvanie,
est, parmi les plantes de rocailles, une des
plus jolies. Les plantes destinées à être cul-
üvées dans d’étroites limites ne doivent pas
être envahissantes, tout en produisant des
fleurs en abondance, de façon à faire leur
maximum d’effet dans l’espace qui leur est
réservé ; telles sont les qualités généra-
lement demandées aux plantes de bordures.
Sous ce rapport, le Campanula ahietina
est une perle. Les fleurs sont d’un violet
pourpre lavé de cramoisi , cette couleur est ab-
solument spéciale à cette espèce. Les tiges à
fleurs atteignent 25 à 30 centimètres et se
succèdent pendant les mois d’été. Elles
Campanula ahietina^ Grisebach et Schenk,
in Wiegm. Archiv., XV, 1, 333.
peuvent servir pour la confection des bou-
quets ; elles se conservent longtemps dans
l’eau et en bon état.
En raison de sa taille peu élevée, de la ré-
gularité de ses rameaux, et surtout de sa
floraison abondante, qui se prolonge de
juin à septembre, cette espèce est une des
meilleures plantes vivaces que l’on puisse
employer pour former d’élégantes bordures
et pour orner les rocailles ; elle se prête
également bien à la culture en pois et peut
aussi servir à l’ornement des plates-bandes
et des corbeilles. Elle vient très-bien en
plein soleil, et, plantée dans les parties om-
bragées et abritées, elle y donne de bons
résultats. Il faut à cette plante un sol bien
drainé, car elle craint l’humidité. On se
trouvera donc bien de mettre un sous-sol
de débris de terre de bruyère dans les cor-
136 CULTURE DE 28 HECTARES DE PLANTS
beilles ou les plates-bandes où elle sera
plantée. Pendant l’hiver, il est bon de la
garantir avec des feuilles sèches.
La multiplication du Campanula ahie-
tina est des plus faciles, elle se fait par éclats
et par semis ; ses graines, qui sont très-
fines, doivent être semées, en pots ou en pépi-
nière, d’avril en juin, sur un sol bien
plombé et ne pas être recouvertes ; les
d’asperges, et leur forçage en serre.
plants sont repiqués à demeure dès qu’ils
ont pris un développement suffisant, ou
seulement à la fin de l’été ou au printemps.
Le semis fait en avril donne quelquefois
une floraison passable dès l’automne de la
même année. Avant de faire le repiquage,
il est bon de recouvrir le sol d’un demi-
centimètre de sable.
Henri Theulier fils.
CULTURE DE 28 HECTARES DE PLANTS D’ASPERGES
ET LEUR FORÇAGE EN SERRE
L’Asperge chauffée, blanche ou verte, est
l’objet, aux Halles, d’importantes transac-
tions. Un certain nombre de maraîchers
produisent l’Asperge blanche au moyen
d’une plantation spéciale, en terre et à de-
meure. Tous les ans, à l’entrée de l’hiver,
on recouvre cette plantation de coffres et
de châssis, et l’on confectionne dans les
sentiers de forts réchauds fréquemment
renouvelés par des apports de fumier
neuf.
D’autres maraîchers montent des couches
temporaires, sur lesquelles ils plantent les
griffes d’Asperges. Ainsi traitées, ces griffes
produisent l’Asperge verte. Les maraîchers
en font deux ou trois saisons, quelquefois
quatre.
Aux Halles, chez les marchands de pri-
meurs, l’Asperge verte la plus renommée
est la « Compoint ». Cette qualité d’ Asperge
est produite par d’autres moyens que les
moyens habituels ; elle provient d’une
culture en grand, où l’on retrouve, aux
portes mêmes de Paris, comme une fraction
de « truck farming » américain. En effet,
dans certaines parties des Etats-Unis,
autour de Chicago notamment, les « fermes
à légumes » prospèrent. Elles sont le
résultat, ou de vastes associations, ou de
gigantesques efforts individuels L
La ferme de M. Compoint, à Saint-Ouen,
est presque une ferme à légumes. Sur les
115 hectares de culture qu’elle comporte,
28 hectares sont employés à l’éducation des
plants d’ Asperge en vue du forçage, et 15
à la culture de l’Ognon et du Salsifis. Le
reste est partagé en : 15 hectares de Blé,
^ A cet égard, on peut lire avec intérêt l’ouvrage
de M. Maurice de Vilmorin ; L’Horticulture fran-
çaise à Chicago et l'Horticulture aux États-Unis.
Un rapport a été fait sur cet ouvrage par M. Ed.
André, à la Société nationale d’Agriculture de
France, en 1896. (Réd.).
35 de Luzerne et de Trèfle, vendus aux
marchands d’herbes et nourrisseurs, 10
de Betteraves fourragères, et 12 de
Vigne, qui produit un petit vin frais,
émoustillant et d’un goût agréable. Enfin
une serre, qui ne mesure pas moins de
1.490 mètres de superficie, et qui renferme
exactement 1.200 mètres d’Asperges chau-
fées au thermosiphon, complète l’organisa-
tion.
Voici comment est pratiqué l’élevage des
plants d’Asperge.
La graine est semée au printemps de
chaque année sur une surface de près d’un
hectare et demi. L’hiver suivant, on pré -
pare une étendue de 12 hectares en la
fumant avec des gadoues de Paris, à raison
de 240,000 kilos à l’hectare. Le terrain est
défoncé à la charrue Brabant double, à
35 centimètres de profondeur, puis hersé,
et enfin mis en complet état par l’action de
divers instruments aratoires, tels que :
émotteuse, scarificateur et rouleau.
Au mois de février suivant, les plants de
semis sont levés, triés, puis replantés sur
la surface de 12 hectares qui a été ainsi pré-
parée. La plantation a lieu de la manière
suivante :
Un rayonneur à cheval trace trois sillons
à 50 centimètres d’intervalle les uns des
autres. Les socs de ce rayonneur sont d’une
forme particulière, déterminée par la na-
ture des difficultés à vaincre, inhérentes à
la nature du sol et à celle du travail.
Dès que le rayonneur a fait plusieurs
tours, les travailleurs se déploient, chacun
d’eux se plaçant devant un rayon. Une pro-
vision de griffes d’Asperges dans son tablier,
chaque ouvrier est muni d’un petit crochet
à deux dents. Le manche de cet outil me-
sure 50 centimètres de longueur, correspon-
dant à la distance à observer sur le rang
entre les plants. L’ouvrier pose son crochet
CULTURE DE 28 HECTARES DE PLANS d’aSPERGES ET LEUR FORÇAGE EN SERRE. 137
sur le côté du sillon et place son plant à la
distance voulue ; si le sillon présente des
irrégularités, il les fait disparaître à l’aide
des dents du crochet.
Contrairement à l’habitude, M. Gompoint
n’a pas voulu que ses planteurs travaillent
sur deux sillons à la fois, car il a remarqué
qu’alors ils ont trop souvent une tendance
à les rapprocher l’un de l’autre. Or, dans
une culture faite en partie avec des instru-
ments aratoires à cheval, il importe que
les rayons soient également espacés.
Le rayonneur repasse après la plantation
entre les sillons, qui se trouvent ainsi re-
couverts. Selon la nature du sol ou son état,
on passe ensuite la herse légère, le rouleau ou
l’émotteuse. On n’a plus alors qu’à attendre
la pousse, qui a lieu vers la fin d’avril.
Les soins d’été consistent en binages à la
main, de quatre en quatre semaines, avec
des binages à la bineuse à cheval intercalés.
C’est un total de sept à huit façons pour le
premier été.
L’hiver suivant, on répand, en couverture,
des gadoues de Paris à raison de 80,000 kilos
à l’hectare. Quand les terres sont déjà suffi-
samment ameublies, on peut remplacer
ces 80,000 kilos de gadoues par 300 kilos de
superphosphate de chaux (titrant 16 p. 100
d’acide phosphorique soluble), et 150 kilos
de chlorure de potassium. Puis, au moyen
de la bineuse à cheval, on dégage la tête
des griffes, pour que les turions se « corsent »
en s’élargissant au grand air.
Au printemps de la deuxième année, on
donne un hersage, après avoir répandu,
aux endroits qui déjà avaient pu recevoir
l’engrais chimique cité plus haut, du nitrate
de soude à raison de 150 kilos à l’hectare.
Quelque temps après, les lignes de plants
sont rechaussées à l’aide de la bineuse à
cheval, montée de trois Lutteurs. Les bi-
nages d’été sont ensuite réduits de moitié,
et n’ont plus lieu qu’à la main. En effet, la
hauteur des tiges d’ Asperges, qui peuvent
atteindre jusqu’à 1*"50 dès cette deuxième
année, rendrait impraticable l’emploi des
outils à cheval.
En octobre, on coupe les tiges d’As-
perges, qui sont utilisées par le fermier
comme litière, lui économisant ainsi plus
de 60,000 kilos de paille !
En novembre, on dégage la tête des tu-
rions, toujours avec la bineuse à cheval, et
l’on entre alors dans la saison du forçage.
Au fur et à mesure des besoins, les griffes
sont déchaussées par l’action d’une Brabant
double, attelée de trois ou de quatre che-
vaux, qui retourne une bande de 50 centi-
mètres de large sur 30 de profondeur. Cette
charrue est spéciale à ce travail, les socs
et les versoirs en sont d’un tiers plus larges
que ceux des Brabants doubles ordinaires.
Les griffes sont recueillies par derrière et
rentrées en serre. Annuellement, leur
nombre est d’environ cinq cent quarante
mille, qui viennent successivement s’en-
gouffrer dans cette serre de 1,490 mètres
dont nous avons parlé, et d’où elles ressor-
tent, après quinze jours de plantation au
plus, sous forme d’appétissantes bottes.
B faut dire qu’elles y sont plantées à
« touche-touche », dans des planches
larges de 1™ 50 et longues de 25 mètres, au
nombre de trente-deux. Ces planches sont
simplement en terre de jardih, mais avant
de prendre cette terre, on en a préalable-
ment enlevé la couche supérieure à la
pelle, afin d’éviter l’introduction des herbes
dans la serre. C’est sous le dallage de ces
planches de terre que circulent, à 30 centi-
mètres de profondeur, les tuyaux du ther-
mosiphon.
La serre, elle-même, n’est pas moins bien
agencée. Elle est composée de seize travées,
disposées sur deux rangées de huit cha-
cune. Ces deux rangées aboutissent à un
grand couloir central, sous lequel est ins-
tallée la chaufferie. Chaque travée mesure
25 mètres de long sur 3™ 40 de large et
2 mètres de hauteur prise du faîtage au
dallage du sentier. Ce dallage se trouve à
40 centimètres en contre-bas de celui du
couloir central. Le bordage du sentier est
exactement d’une hauteur correspondante à
cette différence de niveau, et il est recou-
vert d’un feuillard qui forme rail. Les rails
de chaque travée vont tous se relier à une
voie établie sur le plancher du couloir cen-
tral, au moyen de plaques tournantes, et
des wagonnets circulent ainsi dans toute
l’étendue de la serre, transportant les
terres, les plants et les produits récoltés.
Faut -il dire que la serre est éclairée au
gaz, et qu’un jour ou l’autre elle le sera à
l’électricité, fabriquée sur place ?
Bref, la production y est mathématique :
les grosses Asperges poussent, par jour, de
2 centimètres ; les moyennes, de 4, et les
fines, de 6. En quinze jours, la plupart ont
atteint 40 à 45 centimètres de longueur, et,
vertes aux deux tiers, sont cueillies,
triées, mises en bottes, et vendues aux
Halles.
Tout cela ne va pas sans une adminis-
tration savamment organisée, sans un per-
138
LES HÉMÉROCALLES.
sonnel nombreux et expert, sans un maté-
riel spécial et compliqué.
Et — ajoutons-le — cela n’a pas été ob-
tenu sans de longues années d’observations,
d’expériences, ni d’efforts persévérants.
Gomme conclusion pratique, on voit qu’il
est possible, dans toute exploitation munie
de serres de hauteur ordinaire, de se faire
soi-même, bien que par des procédés plus
restreints, de l’Asperge verte, depuis no-
vembre jusqu’en mai.
J. -Fr. Favard.
LES HÉMÉROCALLES
Dans un précédent article nous avons
étudié les Funkia genre voisin qu’on
réunit parfois au genre Hemerocallis ,
quoique bien distinct, et nous avons indiqué
les caractères qui les différencient. Nous
n’aurons donc pas à y revenir aujourd’hui
et nous consacrerons cette note aux Heme-
rocallis proprement dits.
Ce sont aussi de belles plantes herbacées,
vivaces et rustiques, peu nombreuses en
espèces (cinq ou six), mais très-largement
dispersées dans la zone tempérée, car elles
s’étendent depuis l’Europe centrale jusqu’en
Asie et au Japon, et deux espèces croissent
spontanément en France.
Souvent classées hort.icolement parmi
les plantes bulbeuses, les Hémérocalles ne le
sont point au sens propre du mot, car leur
souche est simplement pourvue de racines
longues, assez grosses et charnues, portant
des radicelles fdiformes. Les feuilles sont
toutes radicales, subengaînantes à la base,
à limbe allongé, étroit, plié en gouttière.
Les hampes, qui naissent entre les feuilles,
sont nues, dressées, dépassant beaucoup ces
dernières et courtement ramifiées au som-
met; elles portent un petit nombre de
grandes Heurs jaunes ou orangées, odo-
rantes ou inodores, courtement tubuleuses
et à divisions campanulées ; les étamines
sont déjetées de côté. Leur floraison est esti-
vale, abondante et assez prolongée. Presque
toutes les espèces connues sont introduites
dans les jardins et plusieurs y comptent
même des variétés.
H. flava, Linn. — Hémérogâlle jaune; Lis
Asphodèle — Belle espèce indigène, commune
dans les jardins et cultivée depuis fort long-
temps. Ses feuilles sont étroites, canaliculées,
dressées et touffues. Les hampes, hautes de 60 à
80 centimètres, portent un bouquet de fleurs
courtement pédonculées, jaune clair, dressées,
en forme d’entonnoir, longues de 6 à 7 centi-
mètres et exhalant un parfum d’Oranger très-
suave ; les segments sont plans, suhégaux, un
1 Voir Revue horticole, 1897, page 114.
peu aigus, avec des nervures non ramifiées.
Fleurit en mai-juin. Habite l’Europe, notam-
ment quelques points du midi de la France, et
s’étend jusqu’en Sibérie et au Japon. On en
connaît une variété cruenta, Hort., à Heurs
jaune orangé.
H. fulva, Linn. — Hémérogâlle fauve
(fig. 52). — Plante bien plus forte que la précé-
dente, dépassant 1 mètre, à grandes feuilles
larges, très-longues et arquées supérieurement.
Les hampes sont fortes, garnies de quelques
bractées et portant des fleurs pédonculées, bien
plus grandes que dans l’espèce précédente,
plus évasées (10 centimètres de diamètre),
d’un jaune orangé fauve, complètement ino-
dores, avec les trois divisions internes chagri-
nées. Fleurit en juin-juillet et pendant assez
longtemps, bien que ses fleurs soient de courte
durée. Cette espèce est également indigène,
mais plus commune que la précédente dans le
Midi et en particulier dans le sud-ouest. Elle
est cultivée depuis fort longtemps et commune
même dans les anciens jardins, où elle croît
presque sans soins.
Elle a produit une belle variété à grosses
fleurs doubles (fig. 52.), d’un jaune orangé à
la base, passant au rouge sanguin vers le mi-
lieu du limbe et qui durent plus longtemps
que celles du type ; on en cultive aussi une
forme à feuilles panachées ou plus exactement
rubanées de blanc jaunâtre {H. Kwanso,
Hort.) et Maximowicz a décrit une variété
longiiuha {H. angustifolia, Baker), dont le
tube du périanthe égale la moitié de la lon-
gueur des segments.
UH. disticha, Don, originaire du Népaul,
ne s’en distingue guère, quoique admis comme
espèces par divers auteurs, que par ses fleurs
plus petites (5 à 7 centimètres), d’un jaune
fauve au dedans et clair en dehors ; on en
connaît aussi une forme à fleurs doubles.
H. Bmaorüeri, Morr en. {H. S iebo ldi, Hort.)
— Belle plante, quoique un peu délicate, dont
les feuilles sont longues de 40 à 50 centimètres.
Les hampes, très-ramifiées, portent une à trois
grandes fleurs jaune orangé en dedans, bru-
nâtres en dehors et accompagnées d’une brac-
tée carénée et vert brûnâtre. La floraison a
lieu en mai-juin et parfois de nouveau â l’au-
tomne.
LES HÉMÉROCALLES.
139
H. minor, Mill. — Petite plante haute d’en-
viron 40 centimètres, à feuilles étroites, caré-
nées et aiguës. Les hampes sont grêles, com-
primées, simples et portent deux à trois fleurs
presque petites, jaunes, teintées de vert à l’exté-
rieur, faiblement odorantes, avec les trois seg-
ments internes ondulés. Fleurit en juin.
Habite la Sibérie et s’étend jusqu’au Japon.
Espèce assez rare dans les cultures, bien que
son introduction remonte à la fin du siècle der-
nier.
L'H. graminea, Andr., quoique élevé au
rang d’espèce par les auteurs, s’en distingue
surtout par ses feuilles très-étroitement linéai-
res, graminiformes, comme son nom l’indique
du reste.
H. Middendorfii, Trautv. et Mey. Héméro-
CALLE DE Sibérie (fig. 53). — Belle et recom-
mandable espèce à feuilles vert pâle, étroites,
canaliculées, touffues et arquées en dehors. Les
hampes, grêles et complètement nues, attei-
Fig. 52. — Hemerocallis fulva, var. flore pleno.
gnent 60 à 80 centimètres et portent au som-
met un bouquet de cinq à dix fleurs sessiles et
entourées d’une bractée engainante, très-carac-
téristique ; elles sont jaune d’or foncé et à
tube très-court. La floraison a lieu dès la fin
de mai et recommence en septembre, ce qui
rend la plante très-recommandable. Habite la
Sibérie orientale jusqu’au Japon.
Culture, emplois et mutipligation. —
Les Hémérocalles sont absolument rustiques
et nullement délicates ; elles prospèrent
presque en tous terrains et à diverses exposi-
tions. Cependant, les sols de nature consis-
tante, profonds et frais, sont ceux qui leur
conviennent le mieux. Bien que l’eau et le
soleil leur soient favorables, elles prospèrent
néanmoins à mi-ombre, avantage qui per-
met de les placer sans crainte dans bien
des endroits où d’autres plantes ne pour-
raient vivre; sous ce rapport, VIL fulva est
excessivement vigoureux et le plus ro-
buste.
Ces plantes ont de nombreux emplois ;
on peut en effet les associer aux séries de
plantes vivaces, les disperser dans les plates-
bandes, les placer devant les massifs d’ar-
bustes, en former des corbeilles, des groupes
ou des sujets isolés sur les pelouses et même
les élever en caisses pour orner alors les
balcons et les terrasses. Leurs hampes fleu-
ries entrent en outre très- avantageusement
dans la confection des bouquets ou des
gerbes servant à orner les grands vases
d’appartements, etc.
La multiplication peut s’effectuer par le
semis, mais on a le pins souvent recours à
la division des pieds, ce procédé étant plus
Fig. 53. — Hemerocallis Middendorfii.
simple et plus rapide. Les graines se sèment
dès leur maturité ou au printemps, en pé-
pinière ; on repique les plants en pépinière
quand ils sont suffisamment forts, puis on
les met en place l’année suivante.
La division des pieds se fait à l’automne
de préférence ou au printemps. On ne doit
diviser que les touffes très-fortes, celles qui
ont au moins quatre ou cinq ans d’âge, car
c’est lorsqu’elles ont acquis un certain dé-
veloppement qu’elles font le plus d’effet.
Dans ce but, il convient de faire des divi-
sions d’une certaine force, afin de pouvoir
les mettre en place de suite ; quand, au
contraire, on veut obtenir un grand nombre
de plantes et que les éclats sont alors petits,
il est préférable de les cultiver en pépinière
pendant un an.
S. Mottet.
140
SOCIÉTÉ NATIONALE d’hORTICULTURE DE FRANCE.
SOCIÉTÉ NATIONALE D’HORTICULTURE DE FRANCE
SÉANCE DU 25 FÉVRIER 1897
Concours d’Orchidées.
Concours considérable et rempli de jolies
choses. Le pourtour de la grande salle en était
tout encadré, et chacun des lots présentés se
faisait remarquer par une particularité diffé-
rente des autres.
L’apport le plus intéressant était celui de
M. Jacob, jardinier au domaine d’Armainvil-
liers, à cause des jolis hybrides dont il était
composé : 1<> Le Cattleya Leroyana, hybride
du Cattleya Gigas et du Lælia purpurata. Il
existe un hybride inverse, le C. calyxoglossa,
mais le premier lui est bien supérieur ; 2» Trois
beaux exemplaires de Cymbidium armainvil-
lierense, hybride de C. eburneum et de C. Lo-
wii^ plantes superbes, à végétation vigoureuse,
à hampes floribondes, à fleurs fournies, con-
sistantes, d’un nankin crémeux ; 3" Un Odon-
toglossum Leroyanum superbum, hybride de
rO. grande- Alexandræ et de l’O. luteo-pur-
pureum. En attribuant la médaille d’or à ce
concours, le jury a eu l’assentiment général. Il
consacrait ainsi les éloges reçus par M. Jacob,
et qui vont aussi au chef des cultures d’Ar-
mainvilliers, M. Leroy.
Le lot de M. Peeters, de Bruxelles, venait
ensuite comme importance. Il se distinguait
par beaucoup de plantes rares et à grand effet,
entre autres : un Miltoiiia Bleuana aurea,
portant une belle macule d’un jaune ocre sur
sa partie inférieure, tandis que les sépales
de la périphérie sont maculés de rose ; un
Dendrobium fimbriatum oculatum^ jaune
abricot à œil noir, nuance de grand effet ; un
Pleurothallis Rœzlii, dont le port rappelle
celui du « Sceau-de-Salomon », à fleurs
pendantes, en cloches, d’un brun vernissé ;
un Epiphronilis Veitchii, vermillon vif, à
labelle simulant une fleur de Cuphea. Puis
un Cœlogyne cristata alba, un Ly caste
Skinneri alba, un Cymbidium eburneo-Lowii
inversum, et enfin la plante la plus chère,
parait-il, de tout le concours, le Cypripe-
dium insigne Sanderæ, jaune citron mar-
giné de blanc, et un peu frangé au sommet
du pavillon, et dont l’ensemble est d’une rare
consistance : on le dirait en cire. Il aurait été
coté quelques milliers de francs !
Le lot de MM. Duval et fils, rempli d’ailleurs
de choses belles et curieuses, était remar-
quable par une série à' Odontoglossum cris-
pum, de la race de Pacho. Parmi les diverses
formes de Pacho observées, il en est un, de
teinte lilacée, tout à fait hors de pair. Noté
aussi un Lælia flava, jaune très-vif.
M. Drieger, jardinier chez M«ie Halphen, à
Ville-d’Avray (Seine-et-Oise), avait un apport
intéressant, surtout par ses Phalænojysis Schil-
leriana, Lælia cinnabarina, Cattleya Trianæ
divers, parmi lesquels une variété quadricolor
très-remarquable, de même qu’une forme de
Lælia Skinneri, aux fleurs grandes, consis-
tantes, blanc rosé, à cœur rosé, avec du rose
vif par places, formant ainsi une belle grada-
tion de tons.
Le concours deM. Page, jardinier chez M. Ro-
bert Lebaudy, donnait la note des fortes
plantes aux coloris étincelants. Remarqué
entre autres : le Cattleya Leopoldi, très-
haut, à ombelle d’un beau rose ; le Maxillaria
Sanderiana, d’un vineux sombre ; le Phajus
grandifolius, portant de beaux et longs sé-
pales chamois ; un Oncidium Krameri, dont
la fleur ressemble à un papillon ; sans compter
une série de beaux Cattleya Trianæ de di-
verses nuances.
On voyait des spécimens non moins curieux
dans la collection de M. Octave Doin : le So-
phronitis grandiflora, grosse touffe, aux fleurs
d’un vermillon intense, dont les sépal-es sont
étalés comme les ailes- d’un papillon au repos,
et dont le labelle rappelle un peu la corolle
d’un Cuphea; le Cypripedium niveum maxi-
mum, plante basse, mais à hampe relative-
ment élevée et à grosse fleur ; puis le Lycaste
Skinneri alba, les Cattleya Trianæ semon-
tensis et Schrœderæ.
M. Truffaut n’avait apporté, à part un Den-
drobium primulinum, qu’une collection de
Cattleya Trianæ, mais combien remarquable
par la culture et par la diversité des formes et
des nuances !
Noté enfin, dans le lot de M. Bert, de Bois-
Colombes, aussi parmi des Cattleya, le C. Gi-
gas et le C. Trianæ alba; puis un Cœlogyne
alba, d’une grande floribondité, et des Odon-
toglossum Coradinei et crispum.
Horticulture.
MM. Duval et fils présentaient deux spéci-
mens du Vriesia Bros, hybride obtenu par eux
des V. (Encholirion) corallina rosea et Mor-
reno-Barilleii. Cette plante marque un très-
grand progrès sur les précédentes, non seule-
ment comme forme, mais aussi et surtout
comme vigueur et comme tenue.
Les mêmes présentaient un Anthurium La
France, hybride de VA. Président Carnot,
rose chamois , et de VA. Scherzerianum
album. Cette nouveauté a la spathe très-con-
sistante et régulièrement piquetée de rose cha-
moisé et de blanc. Puis sept autres Anthurium
de race distincte à cause de l’ampleur particu-
lière de leur feuillage et de leurs spathes
SUR LA REPRODUCTION DES PLANTES PANACHÉES PAR LE SEMIS.
remarquablement élargies. Enfin, une très-
belle touffe à' Aiijparagus Sprengeri, qui est
en train de se panacher de blanc.
Bon succès aussi pour M. Millet, de Bourg-
la-Reine, avec ses Violettes La France, grosse
fleur aux pétales larges et arrondis ; Amiral
Avellan, violet pourpre, déjà vue ; California,
longuement pédonculée, et Dybowski, encore
peu fleurie.
Enfin, M. J. Sallier présentait des Primula
obconica rosea, aujourd’hui bien caractérisées;
des P. denticulata, petite ombelle de fleurs
roses, hauteur en fleurs : 15 centimètres au
141
plus, et des P. acuulis cœrulæa, très-jolie nou-
veauté.
Culture potagère.
Présentation intéressante du Haricot jaune
hâtif de Chalandray, par M. Lefièvre, jardi-
nier-chef chez Mmo Lefebvre, au château de
Gonches, par Lagny (Seine-et -Marne). Les
qualités de ce Haricot, qui donne « de l’ai-
guille », en culture forcée, avec une rapidité
extraordinaire, surtout quand il est entre
bonnes mains, ne sont plus à discuter.
H. Dauthenay.
SUR LA REPRODUCTION DES PLANTES PANACHÉES PAR LE SEMIS
La panachure des feuilles, chez les végé-
taux, est attribuée à un état morbide, dû à
un manque de chlorophylle affectant cer-
taines parties du limbe, sous forme soit de
taches ou macules généralement irrégu-
lières, soit de bandes plus ou moins larges,
presque toujours longitudinales et margi-
nales, rarement transversales.
Les plantes panachées, partiellement
chlorotiques par l’absence de matière chlo-
rophyllienne dans une portion de leurs tis-
sus, sont donc des végétaux malades, et
cela paraît si vrai que la presque totalité
des végétaux ainsi affectés sont beaucoup
moins vigoureux que les types dont ils sont
sortis. La panachure a toujours une nais-
sance accidentelle et elle se produit le plus
souvent par dimorphisme sur un rameau
quelconque d’un végétal, comme d’autres
fois elle apparaît dans le semis des graines
d’une plante.
La reproduction d’une panachure est
chose très-facile quand il est possible de
multiplier le végétal atteint par le grefl'age,
le bouturage ou le marcottage ; mais il n’en
est pas de même lorsque l’on a affaire à des
plantes annuelles ou bisannuelles, qui ne
peuvent se perpétuer, en général, que par
leurs semences. Dans ce cas, il est d’une
importance capitale de savoir jusqu’à quel
degré cette reproduction d’albinisme peut
avoir lieu dans les descendants d’un individu
panaché, et comme suite, quelle confiance
l’on peut accorder aux semis de ce genre.
Si, en principe, la panachure est une ma-
ladie il demeure étonnant qu’elle ait la
1 Si la chlorose (panachure) est un affaiblisse-
ment, la duplicature semble une pléthore ou un
excès de vigueur. Cependant nous voyons que la
Ravenelle à feuilles panachées {Cheiranthus Cheiri
foUis variegatis), a les fleurs doubles, comme l’a
démontré Ed. Morren. — E. A.
faculté de se reproduire dans la progéniture
d’une plante qui en est frappée et devenir
ainsi héréditaire ; il est cependant vrai que
d’autres anomalies végétales, telles que le
nanisme, la prolifération, la duplicature,
la pélorie, la coloration calycinale, etc.,
pour être des monstruosités, n’en ont
pas moins le pouvoir de se perpétuer par le
semis d’une façon souvent presque complète.
La règle générale qui admet que les
plantes panachées ne peuvent se reproduire
par le semis de leurs graines se trouve con-
firmée par des exceptions remarquables.
En effet, alors que la plupart des végétaux
ligneux ou même vivaces de plein air ou de
terre n’ont pas cette faculté de se perpé-
tuer, même en partie, par le semis dans
leurs formes panachées, soit qu’ils retour-
nent au type normal, soit qu’ils deviennent
tout à fait chlorotiques et par suite incapa-
bles de vie, certaines plantes, qui se repro-
duisent par la génération, donnent une
forte proportion, parfois même la totalité
d’individus plus ou moins panachés, dans
un semis de leurs graines.
Et comme l’étude d’un pareil sujet a be-
soin d’être appuyée par l’expérience et non
rester basée sur des théories quelconques,
nous avons essayé la majeure partie des
végétaux à feuillage panaché d’une façon ou
d’une autre et ne se multipliant généra-
lement que par leurs semences. A cet effet,
les graines des plantes suivantes ont été
achetées dans le commerce, semées à leur
époque normale et selon leur nature ; vingt
pieds ont été choisis au hasard, repiqués et
traités suivant le mode de culture propre à
chaque espèce.
Voici les résultats obtenus :
Ancolie des jardins à feuille panachée.
13 pieds sont bien panachés, le reste est vert ;
142 PLANTES NOUVELLES OU PEU CONNUES DÉCRITES DANS LES PUBLICATIONS ÉTRANGÈRES.
les plantes dont la panachure est bien accen-
tuée sont très-délicates.
Belle de nuit à feuille panachée. 15 pieds
sur 20 sont bien panachés, le reste est à feuil-
lage vert et beaucoup plus vigoureux.
Houblon du Japon à feuille panachée.
17 pieds sur 20 sont panachés plus ou moins
fortement.
Lavatère en arbre à feuille panachée. Tous
les 20 pieds sont panachés mais avec plus ou
moins d’intensité ; les mieux panachés sont
beaucoup moins vigoureux que les autres.
Lunaire annuelle à feuille panachée. Tous
les 20 pieds sont également panachés. Repro-
duction parfaite d’une jolie panachure.
Maïs du Japon panaché. Tous les pieds sont
parfaitement et régulièrement panachés. C’est
une preuve de la patience des horticulteurs ja-
ponais dans cette recherche de panachure chez
les plantes.
Soleil annuel à feuille panachée. 13 pieds
sur 20 sont irrégulièrement panachés, les au-
tres sont du double plus vigoureux et tout à
fait verts.
Chou cabus panaché. 10 pieds sont bien pa-
nachés, dont quelques-uns ont même du mal
à vivre faute de chlorophylle ; 5 autres le sont
moins, et le reste est retourné au type à feuille
verte.
Céleri plein blanc d’Amérique {White
plume). Tous les pieds sont panachés dans
leurs feuilles du centre. L’albinisme atteint
même les pétioles.
Il est intéressant de remarquer que chez
les plantes précitées, généralement perpé-
tuées par le semis de leurs graines, la
reproduction de la panachure a lieu sur un
chiffre assez élevé ; certaines mêmes se re-
produisent presque intégralement.
Un fait frappant ressort d’expériences
faites avec des graines de plantes vivaces ou
sous-ligneuses, dans leurs formes pana-
chées : la reproduction de la panachure est
parfois presque nulle chez ces végétaux.
Ainsi VAralia SieholdipâTidiché retourne au
type à feuille verte ; il en est de même de
VEulalia zehrina', dans des semis de
Phormium on trouve parfois des sujets en-
tièrement frappés d’albinisme et, par consé-
quent, incapables de vie ; ce fait arrive aussi
chez des Géranium zonés ; le Panicum pli-
catum foliis variegatis se comporte de
même; le Phytolacca decandra à feuille
panachée ^ redevient vert lorsqu’il est semé,
et il en est ainsi de beaucoup d’autres vé-
gétaux auxquels on est obligé d’appliquer,
pour leur propagation, tous les procédés de
la multiplication artificielle.
On peut conclure de ceci que la faculté
de reproduction des plantes panachées dans
leur état est surtout limité à celles qui n’ont
ou dont on n’emploie généralement que les
graines comme moyen de multiplication ;
cette faculté disparaît presque entièrement
chez les autres végétaux, prouvant que les
plantes panachées ne peuvent se reproduire
par leurs graines ; les exemples cités plus
haut sont des exceptions remarquables ve-
nant confirmer la règle générale.
Jules Rudolph.
REVUE DES PLANTES NOUVELLES OU PEU CONNUES
FIGURÉES OU DÉCRITES DANS LES PUBLICATIONS HORTICOLES ÉTRANGÈRES
PENDANT LE SECOND SEMESTRE DE L’aNNÉE 1896 ^
Epidendrum glumibracteum, Rchb. f.
(Orchidées), G. C., 1896, p. 210. — Espèce dé-
crite vaguement en 1863 par Reichenbach;
elle est originaire de Costa-Rica et ressemble
beaucoup à VE. ciliare. Elle est d’ailleurs
peu importante au point de vue horticole.
— xipheroides, Krzl. (Orchidées), G. C.,
1896, p. 63. — Nouvelle espèce peu différente
de l’E. Xipheres. Feuilles coriaces. Sépales
lancéolés ; pétales linéaires de couleur vert
foncé avec lignes pourpre. Labelle doré avec
callus épais, blanchâtre. Origine probable
brésilienne.
Episcia chontalensis Hook. (Gesnériacées),
Rev. hort. belg., 1896, p. 241, pl. color. —
Amérique centrale (Nicaragua). Ancienne
plante presque inconnne aujourd’hui. Elle mé-
rite une place à côté des Bertolonia et des
Sonerlla par le coloris délicat de ses feuilles.
‘ Voir Revue horticole, 1897, p. 92.
C’est une plante herbacée à feuilles succu- '
lentes, opposées, oblongues-ovales. La sur-
face supérieure du limbe est réticulée, d’une
couleur vert émeraude au centre et pourpre i
foncé sur les bords. Fleurs solitaires ou gé- '
minées, d’une teinte lilas pâle. j
— densa, C.H. Wright. (Gesnériacées), B. M., ]
tab. 7841. — Demerara. Cette plante appar-
tient à la section Centrosolenia, La tige est :
courte, d’un pourpre foncé. Les feuilles sont ’
peu nombreuses, ovales-oblongues, de 18 à 1
30 centimètres de long, à face supérieure d’un
vert luisant, pendant que la face inférieure <
est rouge sang, avec une très-forte nervure
médiane ; fleurs groupées en grappes axillaires,
à corolle légèrement courbée, hirsute, de jj
couleur jaune paille. i
2 Nous voyons cependant le Phytolacca decandra W
luteola, Ed. And., introduit du Caucase par Æ
M. Treyve-Marie, se reproduire franchement par B
le semis. — E. A, 9
Plantes nouvelles ou peu connues décrites dans les publications étrangères.
Eranthemum reticulatum, Hort. (Acantha-
cées), B. M. , tab. 7480. — Mélanésie. BeJle
plante ornementale connue depuis longtemps
en Angleterre ; elle ne possède encore que des
noms horticoles. Arbrisseau à feuilles persis-
tantes, opposées, ovales-lancéolées, les plus
anciennes d’un vert luisant avec nervures cou-
leur de soufre, les plus jeunes superbement
réticulées de jaune d’or. Panicule de fleurs à
corolle hypocratériforme, à limbe étalé d’un
blanc pur tacheté de rouge sang à la gorge du
tube. A Kew, la plante atteint une hauteur
de 1-30.
Erythea armata, Wats. (Palmiers), G. G.,
1896, p. 424, fig. noire 74. — Californie. Ce
Palmier au remarquable feuillage blanchâtre
ou d’un bleu glauque est devenu depuis peu
assez commun dans les jardins de la Califor-
nie et de l’Europe méridionale. Il est plus
connu sous le nom de Brahea RœzlU et
B. glauca. Dans son pays, il végète parmi
les rochers. A l’état cultivé, il prospère mieux
dans des conditions plus favorables. Sa tige
légèrement épineuse peut s’élever à 13 mètres.
Escallonia macrantha, Hook. et Arnott.
(Saxifragées), Rev. hort. belg., 1896, p. 217,
pl. color. — Chili. Plante ancienne à jolies
fleurs roses, aujourd’hui disparue des serres.
Floraison abondante; les fleurs se montrent
pendant deux mois, à partir de mai. C’est la
meilleure espèce pour tapisser les murs des
serres. On cultive aussi cette plante en pyra-
mides, en boules, en petits arbres.
Evonymus obovatus, Nutt. (Célastrinées),
Gard, and For., 1896, p. 384 ; fig. noire 51. —
Arbuste d’une certaine valeur horticole et qui
est trop négligé. Il est originaire du Canada
et des Etats-Unis ; c’est peut-être une forme
de VEvonymus americanus.
Exogonium Purga Lindl. (Convolvulacées),
The Gard. 1896, p. 82, pl. color. 1077. —
Mexique. Il est peu de plantes industrielles ou
économiques qui possèdent une valeur en
horticulture. Le Jalap, qui donne avec d’autres
espèces un produit purgatif connu, est une
exception. C’est une plante volubile dont les
fleurs sont de la grandeur de celles de notre
Liseron des {Convolvulus sepiuin)) elles
ont une agréable teinte violet-pourpre.
Fritillaria nobilis, Salisb. (Liliacées), B. M.,
tab. 7500. — Arménie. Jolie petite Friiillaire
introduite en 1890 par M. Max Leichtlin, et
remarquable par son port nain, ses larges
fleurs de couleur vineuse, parsemées au
dehors de petites taches plus foncées. Peut-
être n’est-elie qu’une variété du F. latifo.
lia ou du F. Kotschi/ana.
Gladiolus Lemoine! Paul Margueritte
Lem. (Iridées), Illustr. hort., p. 345, pl. color.
Gongora Sanderiana, Krzl., n. sp. (Orchi-
dées), G. C., 1896, p. 456. — Pérou. Espèce
pouvant être prise, à première vue, pour le
G. portentosa. Pseudo-bulbes de 10 à 12 cen-
timètres de hauteur. Grappe pauciflore ;
chaque fleur munie d’un très-long pédoncule.
Le labelle est surtout caractéristique, étant
plus haut, vu sur le côté, dans cette nouvelle
espèce. Les fleurs sont de couleur jaunâtre ou
brune avec nombreuses taches roses sur les
pétales jaunes blanchâtres et sur la colonne.
Les fleurs foncées ont le parfum particulier
des Stanhopea.
143
Gonioscypha eucomoides, Baker (Liliacées)’
G. C., 1896, p. 748, fig. noire 129. — Himalaya.
Genre intéressant, proche des Tupistra et des
Aspidistra. La hampe porte un épi de fleurs
d’un vert foncé, avec des bractées de couleur
jaunâtre.
Grammatophyllum Rumphianum, Miquèl
(Orchidées), B. M., tab. 7507. — Iles Moluques,
Bornéo. Orchidée de très-grande taille, proche
alliée du G. Fenslianum. Pseudo-bulbes
forts, de 18 à 24 centimètres de long. La
grappe avec le pédoncule mesure 1 mètre ou
Im 30. Le périanthe, de G centimètres de
large, a les pétales semblables, ondulés, d’un
vert jaunâtre avec de très-larges taches irré-
gulières rouge-brun. Labelle trilobé beaucoup
plus petit que les sépales ; disque jaune avec
cinq nervures pourpre.
Griffinia Blumenavia, C. Koch et Bouché
(Amaryllidées), The Gard., 1896, p. 208, pl.
color. 1083. — Brésil. Plante introduite en
1876 par M. Blumenau. Hampe d’environ
•30 centimètres de long portant 8 fleurs. Le
périanthe est lilas pâle, quelquefois blanc, de
6 centimètres de long.
Habenaria Elwesii (Orchidées), B. M.,
tab. 7478. — Nilgherries (Inde). Plante inté-
ressante au point de vue botanique comme
étant la première espèce cultivée du groupe
A te. Au point de vue horticole, elle est dépour-
vue d’intérêt.
Hæmaria Dawsoniana, Reich, f. (Orchidées),
B. M., tab. 7486. — Burma. Plante s’élevant
à 30 centimètres de hauteur. Tige de la gros-
seur d’une plume d’oie portant des feuilles
ovales, acuminées, d’un vert sombre en des-
sous ; elles s’élargissent à la base en un fort
pétiole rose. Fleurs en épis pluriflores,
blanches, avec la colonne et l’anthère de cou-
leur jaune. L'HcemarLa discolor est allié si
étroitement avec VH. Dawsoniana que Hei-
chenbach considérait ce dernier comme une
variété de la première espèce.
Hardenbergia monophylla, Benth. (Légu-
mineuses), Rev. hort. belg., 1896, p. 169, pl.
color. — Australie. Gracieuse plante,
introduite en 1790 par Sir J. Banks, mais qui
est disparue des collections par suite des ca-
prices de la mode. Ses fleurs sont abondantes,
en grappes dressées, d’un charmant violet
bleuâtre tiqueté de petites taches jaune d’or.
Joli feuillage persistant. Elle exige la serre
froide ou l’orangerie pendant l’hiver. Culti-
ver en pot, car elle n’aime pas être renfer-
mée La tjge volubile a besoin d’un support
quelconque.
Haworthia xiphiophylla (Liliacées), B. M.,
tab. 7505. Cap. Jolie petite espèce à'Hawor-
thia qui appartient à la section Arachnoidea.
Les feuilles sont au nombre de 40 à 50, en ro-
sette dense, elles sont bordées d’aiguillons.
Les fleurs sont en grappes lâches, petites, de
couleur blanche,
Hippeastrum Muesserianum, L. Lind.
(Amaryllidées), Illustr. hort., p. 376, pl. co-
lor. — Brésil. Bel Ilippeastrmn dédié à
M. Muesser. La couleur générale de ses
fleurs, le saumon teinté de rose, est assez
rare chez les représentants de ce beau
genre.
144
CORRESPONDANCE.
Iris albopurpurea (Iriclées), B. M., tab. 7511.
— Japon. Ce bel Iris nouveau, très-voisin de
17. heæagona du sud des Etats-Unis, a été
importé dans un lot d7. Iseoigata. Avant la
floraison, il ressemble à ce dernier. Les seg-
ments extérieurs du périanthe sont défléchis,
de 9 centimètres de long sur 4 ou 5 de large , ils
sont blancs, tachés de pourpre. Les segments
extérieurs sont plus courts, lancéolés et d’un
blanc pur. Cette plante a fleuri à Kew, cette
année, du milieu à la fin de juin.
Lælla harpophylla, Rchb. f. (Orchidées),
Llnd., tab. 533. — Région méridionale du Bré-
sil. La première floraison de cette plante re-
monte à 1867 ; décrite seulement en 1873, elle
n’est pas encore très-répandue. Fleurs assez
petites, remarquables par leur coloris rare ;
comme celles du L. cinnabarina, elles sont
d’un beau vermillon orangé. En fleurs vers le
mois d'avril, elles rendent de grands services
dans la décoration et la confection des bou-
quets. Port très-distinct ; la plante forme de
petites touffes de pseudo-bulbes grêles de 25 à
30 centimètres de hauteur portant chacun une
feuille ligulée, étroite. Serre tempérée froide.
— pumila alba, var (Orchidées), G. G.,
1896, p. 424. — Belle variété blanches.
Lælio-Cattleya x velutino elegans (Orchi-
dées), G. G., 1896, p. 360. — Hybride horti-
cole produit par M. Ch. Maron.
— X Schilleriana (Orchidéesi, G. G., 1896,
p. 392. — Magnilique hybride naturel du
Lœlia purpurata et du Cattlei/a intermedia.
L. X "Wargnyana, L. Lind. (Orchidées). Lind.,
tab. 535.
M. L. S. (Var). — Nous vous remercions de
l’envoi de vos graines des Açores. Elles seront
semées, et si elles germent et révèlent une
plante ayant un intérêt ornemental pour le
Midi de la France, nous en reparlerons.
M. G. {Loire -Inférieure). — Nous faisons
étudier la maladie dont vous nous parlez et
avons fait, sur la déformation singulière des
feuilles de Gamellia, une enquête dont nous
vous dirons les résultats s’ils sont favo-
rables.
No 3.286 (Gard). — Les formes du Clema-
tis calycina (que d’ailleurs VIndex Kewensis
identifie spécifiquement avec le G. cirrhosa)
sont si nombreuses, qu’une grande confusion
existe actuellement entre elles. Nous cherche-
rons à éclaircir la question et à vous rensei-
gner botaniquement avec précision, mais notre
détermination du type était exacte; seule la va-
riété est à déterminer. Le principal fait acquis
est que nous n’avons probablement pas affaire à
une plante du Cap, comme vous l’aviez pensé.
Veuillez nous envoyer, en temps utile, les
échantillons des végétaux dont vous nous parlez,
ainsi que les fleurs de votre hybride de Pçcher
et d’Amandier.
Lathyrus undulatus, Boiss. (Légumineuses),
B. M., tab. 7499. — Dardanelles. Espèce
autrefois confondue avec les L. rotundi-
folius et L. latifolius qui sont très-voi-
sins. La tige est vivace, grimpante, ailée. Les
fleurs sont d’un 'rose pourpre passant au bleu
violet.
Lourya camp'anulata. Baill. (Hærnodora-
cées), B. M., tab. 7482. Reo. hort., 1889,
p. 128, fig. 32. — Cochinchine. Très-curieuse
plante; elle a le port des CurcuUgo et des
Péliosanthes, mais en diffère par les étamines
et le fruit bacciforme. Feuilles de 30 à 60 cen-
timètres de long sur 9 à 12 de large, oblon-
gues-lancéolées, droites ou retombantes.
Grappes courtes, multiflores, presque corym-
biformes, à périanthe largement campanulé,
jaune pâle, avec un disque d’un pourpre noir
au centre. Baie ovoïde d’un bleu sombre.
Lowia grandiflora, Scortechini (Musacées),
G. G., 1896, p. 652, fig. noire lll. — Celte
plante de serre curieuse et ornementale est
acaule; les fleurs naissent de la base du pé-
tiole. La feuille est largement oblongue-lan-
céolée, acuminée. Tube de la fleur de 7 centi-
mètres de long. Les trois sépales inférieurs
réfléchis sont vert olive ; les trois pétales su-
périeurs sont courts, pourprés, filiformes à la
base, fimbriés au sommet. Le pétale inférieur
semblable à un labelle, large, étalé, d’un blanc
pur avec une large côte pourpre, de 6 à 7 cen-
timètres de long. Style pourpre divisé en
trois stigmates frangés.
D. Bois et G. Gib.xult.
No 4.029 (Cher). — L’insecte qui attaque
vos Anthémis est un Diptère que nous faisons
étudier en ce moment. C’est encore la nico-
tine qui en vient le mieux à bout.
La maladie des Reines-Marguerites est
causée le plus souvent par excès d’humidité, en
facilitant le développement des Champignons
cryptogamiques. Ayez soin de tenir vos plantes
un peu au sec, et à l’apparition de la maladie,
saupoudrez-les avec de la fleur de soufre.
11 faudra brûler les plantes atteintes fortement
ou incurables.
N° 3.687 (Rhône). — Les Kakis viennent
dans la région lyonnaise, mais ils souffrent
dans les hivers très-rigoureux. Le mieux est de
les cultiver en espalier le long d’un mur, où
ils fructifieront facilement. Vous pourrez vous
procurer les meilleures variétés en vous adres-
sant à M. Sahut, pépiniériste à Montpellier
(Hérault). La Revue a publié à plusieurs re-
prises des travaux sur ces intéressants arbres
japonais. Consultez votre collection, ou si
vous n’avez pas ces numéros, vous pourriez
les demander à la Librairie agricole.
N° 3.030. — Votre Orchidée est un Gon-
gora, mais l’échantillon est trop incomplet pour
que nous puissions en déterminer l’espèce.
Orléans. — lmp. G. Jacob, Paul Pigelet, successeur.
Le Directeur-Gérant t L. Bourguignon.
CHRONIQUE HORTICOLE.
145
CHRONIQUE HORTICOLE
L’Horticulture à l’Exposition universelle de 1900. — Pétition contre l’établissement des fils aériens des
tramways électriques dans la banlieue de Paris. — La Société pomologique de France. — Société
nationale des Rosiéribtes français. — Traitement hivernal de la Vigne contre les parasites. —
Adenoslijles albifrons. — Le Tulipier pour boîtes à cigares. — Le sulfatage des semences. — La
transplantation du Lierre. — Micliauxia Tchihalcheffii. — Les Géraniums, par M. H. Dauthenay. —
Exposition d’horticulture à Berlin. — Expositions annoncées. — Nécrologie : M. J.- A. Hébrard ;
M. le docteur Hoog. ^
L’Horticulture à l’Exposition univer-
selle de 1900. — Une grande serre, le
« Palais des fleurs », sera consacrée à l’hor-
ticulture dans l’enceinte de l’Exposition uni-
verselle de 1900. C’est la seule chose qui,
jusqu’à présenf, présente un caractère de
certitude, car les séances de la commission
nommée par la Société nationale d’horticul-
ture de France et dont nous faisons partie,
n’ont encore abouti qu’à des pourparlers et à
une visite au commissaire général, M. Pi-
card, qui a donné les meilleures espérances
aux délégués.
C’est sur une partie de l’emplacement du
Cours-la -Reine que l’horticulture sera ins-
tallée. Elle sera aussi amenée à orner les
abords des divers palais de l’Exposition,
comme on l’a fait en 1889.
Ce que l’horticulture demande, c’est son
groupement dans un ensemble imposant,
non seulement au point de vue décoratif, mais
au point de vue de la facilité de comparer
et déjuger les efforts faits parles exposants
dans toutes les spécialités horticoles.
Il y a lieu d’espérer que les prochaines
séances aboutiront à des conclusions et
amèneront des décisions favorables que nous
ferons connaître à nos lecteurs.
Pétition contre l’établissement des
fils aériens des tramways électriques
dans la banlieue de Paris. — Au mo-
ment où il est question de la création d’un
grand nombre de tramways à traction élec-
trique destinés à relier les localités de la
région parisienne avec la ville de Paris, et
étant donné qu’il y a tendance à adopter
un système par fils aériens, un groupe nom-
breux d’horticulteurs, architectes-paysa-
gistes et dessinateurs de parcs et jardins,
vivement émus par cette perspective, ont
adressé au Préfet de la Seine la pétition
suivante :
La transplantation des grands arbres au cha-
riot, telle que la pratique la Ville de Paris
pour ses besoins perso^nnels, a pris aussi une
1er Avril 1897
grande extension dans les propriétés privées,
et, par conséquent, les pépiniéristes, archi-
tectes-paysagistes et entrepreneurs de jardins
de la région parisienne ont à transporter jour-
nellement sur les routes de la banlieue de ces
grands arbres d’une hauteur de 10 à 15 mètres,
et quelquefois plus, placés debout sur chariots
ad hoc.
Dans certaines grandes pépinières des envi-
rons de Paris, l’élevage de ces arbres constitue
une spécialité et demande une culture de
longue haleine, puisqu’il faut à ces plantes de
20 à 40 années d’âge pour acquérir la force
suffisante.
Si l’on fait sillonner les routes, ayant accès
à la capitale, de fils aériens placés à 6 ou
7 mètres de hauteur, il arrivera que ce sera la
ruine complète de cette partie si intéressante
de la pépinière et que cela occasionnera une
perte énorme à certaines maisons qui font une
spécialité de cette culture, car il y en a qui
possèdent pour 80 à 100 mille francs d’arbres
de ce genre. Ces arbres, s’ils ne pouvaient plus
circuler sur les routes, ne seraient plus bons
qu’à abattre pour faire du bois de chauffage.
Les soussignés estiment qu’on ne peut im-
punément supprimer une branche de com-
merce ayant celte importance.
Ils appellent aussi l’attention de M. le Préfet
de la Seine sur cet autre inconvénient :
La Ville de Paris, qui prépare son Exposi-
tion universelle de 1900, va être obligée de
tirer des pépinières de la banlieue une quan-
tité de ces grands arbres à transporter debout
sur chariot, car elle ne les aura pas, à beau-
coup près, en nombre suffisant dans ses pépi-
nières.
A la fin de FExposition, le meme cas se re-
présentera pour reconstituer les promenades
de Paris.
Les pépiniéristes, eux-mêmes, ne pourraient
amener à FExposition, comme ils Font fait en
1889, les grands arbres rares qu’ils préparent
déjà à cet effet et qui doivent contribuer à
rehausser le prestige de l’horticulture fran-
çaise.
Il en résulte que, pour la Ville de Paris
comme pour les particuliers, les routes doivent
rester libres et non obstruées par des fils
aériens.
Venant à l’appui de cet exposé, et comme
7
146
CHRONIQUE HORTICOLE.
preuve du dommage qui serait causé à la Ville
de Paris pour son Exposition, il n’y a qu’à
citer l’exemple de la Ville de Rouen, qui est
dotée d’un système de fils aériens. L’an der-
nier, ayant à organiser un jardin autour de
son Exposition nationale et coloniale, et ne
pouvant faire circuler les arbres au chariot, la
Ville s’est vue dans la nécessité de recourir
aux gros arbres transplantés à racines nues ;
une partie n’a pas repris et le reste a fait
piteuse mine pendant toute la durée de l’Ex-
position.
Les soussignés viennent donc protester, près
de M. le Préfet de la Seine, contre l’adoption
de tout système de traction par fils aériens.
Ils insistent d’autant plus fortement dans
leur protestation que le système de traction
par accumulateurs fonctionne admirablement
sur plusieurs réseaux de Paris et de la ban-
lieue, et qu’il n’offre pas les graves inconvé-
nients énoncés plus haut, sans compter celui
d’être désagréable à l’œil.
Fait à Paris, le 19 mars 1897.
Nous avons signé très-volontiers la pré-
sente pétition et nous faisons des vœux
pour qu’elle soit favorablement accueillie.
Car il ne s’agit pas seulement d’intérêts
particuliers respectables ; il y a vraiment
ici une question d’art, et nous ne saurions
sans protester voir nos belles routes et peut-
être un jour nos magnifiques avenues désho-
norées par ces espèces de toiles d’araignées
que constitue le réseau de tous les fils aériens.
La Société pomologique de France. —
M. Gusin, dans la Pomologie française,
fait de la Société pomologique de France
un historique qu’il nous paraît intéressant
de résumer. On peut résumer ainsi les prin-
cipaux traits relatifs à son origine et à sa
création :
« Il y a un demi-siècle, dit M. Cusin, les
arboriculteurs français commençaient à
s’insurger contre la multiplicité des noms
donnés aux fruits, contre l’infériorité d’un
grand nombre de variétés mises dans le
commerce et même contre les erreurs ou
supercheries qui amenaient sur le marché
des enfants plusieurs fois baptisés. »
Nous nous permettrons d’ajouter que ces
errements sont encore trop fréquents au-
jourd’hui,
A cette époque, M. Fortuné Willermoz
fit une campagne contre cet état de choses,
dans les Annales de la Société dhorticul-
ture du Rhône. En 1839, la Société d’hor-
ticulture de la Seine-Inférieure avait déjà
mis un peu d’ordre dans la nomenclature
des fruits normands par la publication de
onze cahiers sur la Pomologie normande.
La concentration s’opéra entre les deux
Sociétés en 1856 à l’occasion d’une exposi-
tion d’horticulture tenue à Lyon. L’initiative
en revient à Edouard Réveil, qui était alors
présidelit de la Société du Rhône, ancien
maire de Lyon et vice-président du Corps
législatif.
Le premier congrès eut donc lieu à Lyon
cette année-là. Il nomma M. Charles Baltet
président, et M. Willermoz secrétaire gé-
néral.
En 1857, un semblable congrès décida
que la session de 1858 aurait lieu à Paris.
C’est à Paris qu’il prit le nom de Congrès
pomologique de France. Ce congrès entre-
prit la publication d’un grand ouvrage inti-
tulé La Pomologie de la France, mais
cette publication ne put être continuée ; elle
s’arrêta au 8« volume. En 1866, le prési-
sident, M. Réveil, et le trésorier, M. Rever-
chon, durent se cotiser pour combler le dé-
ficit causé par cette entreprise. M. Cusin
avait été nommé secrétaire général en 1865
Ce n’est qu’en 1872 que l’initiative se
réveilla. M. Alphonse Mas, président de la
Société d’horticulture de l’Ain, fut appelé à
la présidence du congrès, qui prit alors le
nom de Société pomologique de France.
Entre les sessions, la Société demeura ad-
ministrée par la commission lyonnaise qui
prit le nom de Commission permanente
des études, qu’elle porte encore aujour-
d’hui.
En 1876, M. Réveil reprit en mains l’ad-
ministration de la Société, après le décès de
M. Mas. M. de Mortillet devint secrétaire
général.
M. Réveil mourut en 1886. En 1887,
M. L. de La Bastie, qui était vice-président
de la Société depuis 1878, accepta la prési-
dence. C’est sous sa direction que le Bulletin
de la Société devint le journal La Pomo-
logie française.
La Société publia dès lors le Catalogue
descriptif de tous les fruits adoptés jus-
qu’en 1887. Ce catalogue a été complété par
un Supplément publié en 1896.
Société nationale des Rosiéristes fran-
çais. — Nous avons reçu le premier
Annuaire de la Société française des
Rosiéristes, et nous sommes heureux de
constater les progrès qu’a faits cette Société
depuis un an à peine qu’elle existe. Elle
compte des membres non seulement dans
toute la France, mais encore à l’Etranger,
et malgré la modique cotisation de 5 francs
CHRONIQUE HORTICOLE.
147
qu’elle leur demande, elle publie tous les
deux mois un bulletin consacré aux Pioses.
Des exemplaires de cet Annuaire seront
envoyés à toutes les personnes qui en feront
la demande au secrétaire général, M. Oc-
tave Meyran, 59, Grande-Rue de la Croix-
Rousse, à Lyon.
Traitement hivernal de la Vigne con-
tre les parasites. — Aux deux derniers
Congrès qui se sont tenus à Rordeaux con-
tre le black-rot, M. G. Croquevieille avait
exposé une méthode préventive consistant
en un traitement hivernal devant détruire
les germes cryptogamiques sur le bois de la
Vigne.
M. Croquevieille a adressé une communi-
cation identique à la Société nationale
d’horticulture de France.
lo Badigeonner les souches avec une solu-
tion de sulfate de fer à 10 p. 100 ;
2® Répandre du sulfate de fer pulvérisé à la
surface du sol, à raison de 500 kilogrammes
au moins, et de 1,000 kilogrammes au plus par
hectare, suivant le degré de perméabilité du
terrain ;
3“ Dans le cas où les vignobles voisins n’au-
raient pas été soumis à un traitement préventif
(ce qui sera le cas encore pendant quelques
années) faire, au moment de la veraison, pour
détruire les invasions des germes extérieurs,
soit une pulvérisation au sulfate de fer à 10 °/o
soit un poudrage au plâtre cuit (sulfate de
chaux).
Ce traitement a pour principaux avantages :
1° D’atteindre et de détruire, en une seule
fois, toutes les spores cryptogamiques qui
sont l’origine delà plupart des maladies de
la Vigne ;
2® D’économiser la dépense de la main-
d’œuvre qui résulte des traitements multiples,
et une partie de celle consacrée à l’achat des
matières premières, le sulfate de fer coûtant
environ dix fois moins cher que le sulfate de
cuivre généralement employé ;
3’ De ne pas produire de brûlures sur les
feuilles adultes ;
4° Enfin, de provoquer dans certains ter-
rains une assimilation plus complète et plus
rapide par les racines des éléments nutritifs
contenus dans le sol.
Le badigeonnage doit être opéré sitôt
après la taille et avant le débourrage.
De nombreux essais de cette méthode
sont entrepris en grand par une commission
nommée par M. le Ministre de l’agriculture
et par de nombreux viticulteurs. Déjà, les
résultats obtenus en 1896 dans l’Armagnac,
par M. Dubuc, et dans la Gironde, par M. de
Sokolnicky, font présager un succès complet.
Adenostyles albifrons. — M. Correvon,
dans sa Flore coloriée de poche, a consacré
un paragraphe à la description de VAdenos-
tyles albifrons, plante originaire des bois
montueux de la Suisse, assez intéressante
et ayant quelque peu l’aspect d’un robuste
Cinéraire. R a été très -difficile, sinon im-
possible, de cultiver cette plante en France
jusqu’à présent. Pourtant, on la rencontre
parfois en* pots, et même dans quelques
jardins, en Suisse. Ce serait rendre service
à l'horticulture que de faire connaître le
meilleur procédé de sa culture.
Le Tulipier pour boîtes à cigares. —
La fabrication des boîtes à cigares est deve-
nue tellement considérable aux Etats-Unis
que l’emploi, autrefois unique, du Cèdre
d’Espagne n’a pu satisfaire à la demande.
Après avoir essayé sans succès différents
bois : Orme, Noyer, Châtaignier, Baobab
et Cotonnier, les fabricants ont adopté celui
du Tulipier de Virginie { Liriodendron
tulipifera). Pour cet usage, ce bel arbre
est aujourd’hui considéré comme le meil-
leur bois de l’Amérique du Nord.
Le sulfatage des semences. — Dans la
chronique de son numéro du 16 janvier
dernier, la Revue horticole signalait l’appa-
rition d’une nouvelle et grave maladie pa-
rasitaire sur le Haricot. M. Marchai, de
l’Institut de Gembloux, recommandait, pour
principal remède, le sulfatage des se-
mences, et nous-mêmes en signalions un
procédé.
M. Schribaux, directeur de la station
d’essais de semences à l’Institut agro-
nomique, recommande le procédé de Kühn:
Les semences étant placées dans un cuvier,
on y verse une solution de sulfate de cuivre
à 1/2 o/o (soit 1/2 kilo pour 100 litres d’eau)
en quantité suffisante pour que le liquide re-
couvre les semences sur une hauteur de 20 cen-
timètres environ ; on remue la masse énergi-
quement, de manière que les grains cariés,
plus légers que l’eau, remontent à la surface,
et puissent être éliminés. Les semences sont
ensuite abandonnées dans la solution pendant
12 heures. Ce temps écoulé, on soutire la so-
lution cuprique et l’on renverse le grain égoutté
sur une aire bien battue. Pendant qu’un ou-
vrier brasse vigoureusement la masse, un aide
la saupoudre de chaux éteinte pulvérisée,
jusqu’à ce que les grains soient bien pralinés.
On étale les semences et on les emploie aussi-
tôt qu’elles sont ressuyées. Le volume des se-
mences ainsi traitées se trouve presque doublé.'
Il faudra bien tenir compte de ce gonflement
448
CHRONIQUE HORTICOLE,
dans le calcul des doses à répandre par hec-
tare.
Ce procédé, assure M. Schribaux, satis-
fait à la double condition d’anéantir les
spores sans nuire à la faculté germinative
des semences.
Le Haricot, dont le grain est gros, se prête
aisément à l’application de ce moyen. Mais
sans doute pourrait-on l’étendre à la géné-
ralité des semences. Il y aurait d’intéres-
santes expériences à faire.
La transplantation du Lierre. — On
•ait que les boutures de Lierre mettent
beaucoup de temps pour garnir les espaces
que l’on désire tapisser. Il faut attendre
parfois jusqu’à trois ou quatre ans.
Un de nos abonnés nous écrit qu’il vou-
drait bien tapisser rapidement un petit
pignon en y transportant un fort pied de
lierre qu’il possède.
L’opération n’est pas des plus faciles, et
réussit rarement.
Cependant nous avons trouvé, dans les
Annales de la Société horticole de VAube,
un procédé recommandé par M. Georges
Weiss, jardinier à Troyes, et si minutieu-
sement décrit qu’on n’a qu’à suivre de
point en point les indications précises qu’il
a données, et que nous reproduisons ici :
<1 Après avoir choisi un vieux pied de
Lierre, on préparera une petite caisse dont
le volume variera suivant la force et la hau-
teur du pied choisi.
« Pour un Lierre de 2 mètres de haut, on
fabriquera une caisse en bois de 30 centi-
mètres de hauteur sur 25 centimètres de
largeur.
« Dans le fond de la caisse, et juste au
centre, faire une entaille du diamètre de la
tige du Lierre.
« Trois des côtés seront fixés au fond,
tandis que le quatrième sera à coulisse, de
manière à pouvoir être enlevé, quand on
désirera se rendre compte du développe-
ment des racines.
« Ces apprêts terminés, passons mainte-
nant à la préparation du pied de Lierre à
transplanter.
« Tout d’abord on éloignera, avec un ins-
trument quelconque, le Lierre du mur ou
de l’arbre auquel il est accroché, juste assez
pour pouvoir glisser la caisse entre la
plante et ledit mur ou arbre.
« Ensuite, sur la tige, à l’endroit où l’on
veut faire pousser les nouvelles radicelles,
on enlèvera, jusqu’à l’aubier, un anneau
d’écorce de 2 à 4 millimètres de largeur.
ou avec une serpette bien tranchante on
fendra cette tige et on y introduira une pe-
tite pierre ou encore on la serrera prompte-
ment à cet endroit avec un fil de fer.
« Après cette opération, on glissera la
caisse en mettant la tige dans l’entaille pra-
tiquée au fond.
« Puis, on la fermera à l’aide du côté à
coulisse ; dans le fond, on mettra quelques
débris de pots, et enfin on remplira avec de
la bonne terre [franche mélangée d’un peu
de terreau. On aura soin d’arroser de
temps en temps.
« Au bout de deux mois, et au fur et à me-
sure que l’on apercevra les nouvelles racines
(au moyen du côté à coulisse), on détachera
graduellement le Lierre de son support, qui,
en même temps, lui fournit de la nourriture.
« C’est pourquoi il ne faudrait pas l’arra-
cher en une seule fois, car ce serait lui
supprimer toute sa nourriture d’un seul
coup et, par conséquent, empêcher le suc-
cès de l’opération.
(( Quand on jugera le Lierre suffisamment
enraciné pour lui assurer complètement sa
réussite, on l’enlèvera définitivement de son
ancien habitat, en coupant la tige sous la
caisse et en achevant de le détacher d’après
son soutien.
« Les dimensions de la caisse varieront
suivant la taille du Lierre ; on les augmen-
tera de 8 centimètres par mètre. »
Michauxia Tchihatcheffii, Fisch. et
Heldr. — Le Gardeners' Clironicle a ré-
cemment publié une belle figure de cette
rare Campanulacée originaire de l’Asie Mi-
neure et qu’on ne connaissait que par les
échantillons d’herbier et par la description
botanique que ses auteurs en avaient donnée
dès 1855 dans les Annales des sciences
naturelles. Des graines viennent d’être in-
troduites et mises au commerce par la Mai-
son Schmidt, d’Erfurt ; la plante se répan-
dra bientôt dans les cultures.
C’est une grande plante bisannuelle de
2 mètres de haut, dont les feuilles basi-
laires sont largement oblongues, entières,
longues d’environ 30 centimètres ; l’inflo-
rescence est une longue panicule spici-
forme, chargée de fleurs blanches, fascicu-
lées par deux-quatre, et à corolle découpée
jusqu’au milieu en segments oblongs éta-
lés. La haute altitude (1,500 mètres), à la-
quelle croît la plante, parmi les rochers,
permet d’espérer qu’elle sera rustique chez
nous et pourra avantageusement trouver
place dans les grandes rocailles.
CHRONIQUE HORTICOLE.
149
Les Géraniums, par M. H. Dauthenay.
— 1 vol. in-18 de 292 pages avec 22 fig.
Prix : 2 fr. 50, à la Librairie agricole
de la maison rustique, 26, rue Jacob, à
Paris.
Une simple note, sous la rubrique « Ou-
vrages reçus », ne saurait suffire pour pré-
senter à nos lecteurs le bon petit livre tout
récemment publié par notre zélé collabora-
teur M. Dauthenay. Le Géranium {Pélar-
gonium zonale et espèces voisines) joue un
rôle tellement prépondérant dans l’orne-
mentation des jardins qu’un choix éclairé,
d’après une critique sévère, peut et doit
rendre les plus grands services aux horti-
culteurs, jardiniers de maisons bourgeoises
et propriétaires. L’histoire, la sélection, la
culture et la multiplication, l’emploi orne-
mental des Géraniums, traités avec cette
autorité, révèlent un esprit d’observation
et une méthode * auxquels nous sommes
heureux de donner les plus sincères éloges.
Exposition d’horticulture à Berlin. —
Le secrétaire général de l’Exposition qui
aura lieu à Berlin, du 28 avril au 9 mai
1897, M. le professeur Wittmack, nous prie
d’annoncer que cette Exposition sera plus
importante que celle de 1890. Elle aura
lieu dans le parc de Treptow, et occupera
plus d’un hectare de superficie. Il paraît
que les horticulteurs français auraient
intérêt à y exposer des Broméliacées et
surtout des Orchidées pour lesquelles le
premier prix est de 1.250 francs. Les de-
mandes devront être adressées au secréta-
riat général, 42, Invalidenstrasse, à Berlin.
EXPOSITIONS ANNONCÉES ^
Bourges, du i 5 du mai. — A l’occasion
du Concours régional agricole, la ville de
Bourges organise une Exposition d’horticul-
ture, de viticulture, de pisciculture, qui ouvrira
le 15 mai et sera close le 23. Cette Exposition
est régionale et comprend les départements
suivants : Cher, Allier, Nièvre, Yonne, Loiret,
Loir-et-Cher, Indre-et-Loire, Seine-et-Marne,
Seine-et-Oise, Eure-et-Loir, Vienne, Deux-Sè-
vres, Haute-Vienne, Rhône, Loire et Maine-et-
Loire.
Les produits seront sectionnés en quatre
groupes : horticulture, floriculture, viticul-
j ;ture et vinification, apiculture. Adresser les
v;Ldemandes d’admission à la mairie de Bourges.
^ La Revue horticole annonce les expositions
générales ou partielles dont le programme est
adressé au Rédacteur en chef, 26, rue Jacob,
Paris.
Dieppe, du 3 au 6 juillet. — La Société
d’horticulture de l’arrondissement de Dieppe
organise une Exposition générale de l’horticul-
ture. Cette Exposition se tiendra dans la cour
de l’Hôtel de Ville de Dieppe, du samedi 3 au
mardi 6 juillet 1897 inclusivement. Tous les
horticulteurs, amateurs, jardiniers, instituteurs,
sont invités à y prendre part. Adresser toute
demande de renseignements à M. Lafosse, pré-
sident de la Société, 37, rue Jehan-Ribault,
Dieppe.
Bordeaux, du 20 au 30 mai. — La ville de
Bordeaux, avec le concours de la Société d’hor-
ticulture de la Gironde et de la Société horti-
cole de la Gironde, organise, à l’occasion du
Concours agricole, une Exposition nationale
d’horticulture qui aura lieu du 20 au 30 mai.
Le programme comprend 20 sections.
Les demandes pour exposer devront par-
venir à la mairie de Bordeaux (division de la
police administrative. Ire section), avant le
1er noai 1897.
Nécrologie : M. J.- A. Hébrard. — Nous
avons le regret d’annoncer à nos lecteurs la
mort de M. Jean-Alexandre Hébrard, dé-
cédé le 8 mars 1897, dans sa 56® année.
M. A. Hébrard, ancien maraîcher, cheva-
lier du Mérite agricole, était trésorier de la
Société de secours mutuels des Jardiniers-
Horticulteurs du département de la Seine,
et secrétaire du Comité de culture potagère
de la Société nationale d’horticulture de
France où sa disparition prématurée ne
laisse que des regrets.
— M. le docteur R. Hogg. — C’est avec
un réel chagrin que nous avons appris la
mort du docteur Hogg, de Londres, le fon-
dateur et le directeur du Journal of Horti-
culture, le pomologue érudit à qui l’on
doit cet excellent livre : The Fruit Manual,
l’auteur de tant d’articles clairs, sagaces,
pratiques, enfin l’ami fidèle que nous
avions en lui depuis plus de trente années.
Une affluence considérable l’a conduit, le
18 mars, à sa dernière demeure. L’horticul-
ture anglaise tout entière reste profondé-
ment affligée de la perte de ce savant
modeste, de cet homme de bien, et ce sera
un éternel regret de ne plus voir sa bonne
et large figure qui respirait la loyauté et la
bonté. Nous adressons à sa famille un sou-
venir attendri et prenons une vive part à la
douleur de tous ceux dont il était si juste-
ment chéri, mais son souvenir persistera,
car, on l’a dit avec raison : « vivre dans le
cœur des autres ce n’est pas mourir. »
Ed. André.
150
NOTES SUR LES PHALÆNOPSIS.
NOTES SUR LES PHALÆNOPSIS
Il existe en France, ou plutôt dans tout
le commerce horticole, une confusion re-
grettable dans la dénomination des Phalæ-
nopsis à fleurs blanches. C’est ainsi que
celui que nous trouvons communément
dans le commerce sous le nom de Ph. gran-
diflora se trouve être le véritable Ph. ama-
bilis de Blume, tandis que le Ph. amabïlis
est bien le Ph. Aphrodite de Reichen-
bach fils.
Voici, d’aprèsl’excellent ouvrage de Veitch
[Manual of orchidaceous Plants), à quoi
peut être at-
tribuée cette
confusion :
Le Phalæ-
nopsis ama-
bilis fut dé-
couvert par
Ru mpbius
qui en donna
une descrip-
tion en 1750
sous l(î nom
d’yl ngræcmn
album ma-
jiis.li fut en-
suite publié
en 1753 par
Linné, sous
le nom d’E-
pidcndrum
amabile. En
1798, il fut
introduit des
Moluques à
Calcutta où le
docteur Rox-
burgh le classa dans le genre Cymbidium.
En 1807, le docteur Horsfield le remarqua
sur la côte sud de Java, et enfin quelques
années plus tard, le docteur Blume le dé-
couvrit de nouveau et fonda sur lui le genre
Phalænopsis (d’après les mots grecs o/«V/tva
Phalène et oyjjt; apparence) ; cette dénomi-
nation fut publiée en 1825.
La première introduction du Phalæ-
nopsis amabüis, de Blume, dans les cultures
anglaises, date de 1846 ; il fleurit l’année
suivante et fut décrit par le docteur Bindley,
sous le nom de Ph. grandiflora, appella-
tion qui ne doit pas subsister puis-
qu’elle n’est due qu’à une erreur de sa part.
Le Phalænopsis Aphrodite, nommé pa
Reicbenbach fils en 1862, avait été envoyé
de Manille en 1837, et il fleurit dans les
collections anglaises à l’automne de cette
même année ; il fut figuré et décrit par le
docteur Bindley dans le Botanical Register
sous le nom de Ph. amabüis, d’après la
croyance erronée qu’il avait affaire à la
même espèce que celle avec laquelle Blume
avait fondé le genre treize ans auparavant,
mais qui n’était plus à ce moment dans les
cultures.
Par suite de cette erreur, la substitution
du grandi-
flora au vé-
ritable ama-
bilis a été
conservée
jusqu’à nos
jours, bien
que Reichen-
bach l’eût no-
tée et corri-
gée dès l’an-
née 1862.
Depuis cette
époque, cette
erreur fut si-
gnalée à di-
verses repri-
ses, notam-
ment par
Reicbenbach
dans le
Gardeners'
Chronicle
(année 1875,
p. 302) ; par
Van Houtte
dans la Flore des Serres (T. 1636), par
Nicbolson dans son Dietionary of Garde-
ning (III, p. 92), et enfin par Rolfe dans
le Gardeners' Chronicle (1889, p. 88).
Le Ph. Aphrodite (fig. 54) a toujours une
teinte plus ou moins bronzée sur les feuilles
et surtout sur l’envers des feuilles ; celles-ci
varient de forme, les unes sont très-allon-
gées et assez étroites (certaines plantes
nous donnent des feuilles de 42 centimètres
de long sur 8 à 9 de large ; d’autres, au con-
traire, affectent une forme arrondie et
mesurent jusqu’à 13 et 14 centimètres de
large sur 30 centimètres de longueur.) Les
fleurs sont également très-variables, sinon
dans la forme, au moins dans la ponctua-
Fig. 54. — Phalænopsis Aphrodite.
NOTES SUR LES PHALÆNOPSIS.
151
lion du labelle ; certaines formes son
presque blanc pur avec de légères ponctua-
tions d’un violet purpurin au labelle; chez
d’autres ces ponctuations prennent une
teinte plus foncée ; chez plusieurs enfin les
côtés et le mileu du lalielle sont d’un jaune
plus ou moins foncé.
La variété qui nous a été donnée sous le
nom de gloriosa a une tache lie de vin de
forme triangulaire qui s’étend sur la forme
du labelle jusque vers le milieu.
Nous avons eu, cette année, des tiges flo-
rales avec 5 ramifications portant 42 fleurs
et des plantes rares avec deux tiges florales
portant ensemble 48 fleurs.
Chez le
Phalænopsis
amahilis
(fig. 55) (Pb.
grandiflora ,
Lindl.) au
contraire, les
feuilles sont
toujours d’un
vert pâle et
les fleurs va-
rient beau-
coup moins
que dans l’es-
pèce précé-
dente ; elles
sont d’un
blanc plus
laiteux (on
pourrait dire
plus pur) et
le labelle est
plus ou moins
marqué de
jaune brillant
à la gorge et
sur le gynos-
tème, avec très-peu de pointillé rougeâtre.
Nous avons eu des feuilles de 35 centi-
mètres de long sur 10 centimètres de large.
Quant aux Phalænopsis Schilleriana,
les sujets varient plus dans la coloration du
'.f!'' feuillage que dans celle des fleurs. Certains
feuillages sont marbrés de larges macules
brunes sur fond très-pâle; d’autres semblent,
au contraire, avoir un fond vert foncé et
; des zébrures vert pâle ; d’autres sont d’un
gris verdâtre uniforme avec des macules à
peine visibles, et enfin certaines formes sont
d’un gris argenté sablé presque uniformé-
ment de petits points vert foncé. Nous avons
eu des plantes avec des feuilles de 45 centi-
mètres de long sur 9 centimètres de large.
Une de nos plus fortes plantes porte 7 feuilles
et nous a donné une tige florale avec 10 ra-
mifications et 85 fleurs ; une autre plante en
boutons portait 2 tiges florales qui donnèrent
ensemble 112 fleurs.
Le jour de Noël, la serre aux Phalænop-
sis de M. L. Fournier, à la Cavalière, dans
laquelle j’ai pris ces notes, présentait un
coup d’œil féérique ; plus de 2,000 fleurs
étaient épanouies au même moment; j’ai
compté exactement 1,250 P/i. Schilleriana,
645 Ph. Aphrodite, 60 Ph. amahilis, 1 Ph.
leucorrhoda avec 41 fleurs, 1 Ph. Sande-
riana avec 15 fleurs, et enfin une grande
quantité de Ph. rosea, Ph. Lüddeman-
niana et au-
tres espèces
de variétés.
Les soins
à donner aux
Phalænopsis
diffèrent peu
de ceux ap-
pliqués aux
autres Orchi-
dées de serre
chaude, et je
résumerai
leur culture
en peu de
mots.
A partir
du 15 janvier
ou dans les
commence-
ments de fé-
vrier, époque
où les Pha-
lænopsis au-
ront donné
leur maxi-
mum de flo-
raison et seront débarrassés autant que
possible de leurs fleurs, nous les tien-
drons légèrement secs avec un petit abais-
sement de température, soit 17 à 18 degrés
pour la nuit, sans élévation notable pen-
dant la journée si l’on a recours à la cha-
leur artificielle, mais qui pourra sans
inconvénient s’élever beaucoup plus si elle
est provoquée par les rayons du soleil. On
devra ombrer légèrement pendant les
heures les plus chaudes de la journée.
Vers la fin de février ou les premiers jours
de mars, selon que le repos aura commencé
un peu plus tôt ou un peu plus tard (un
bon mois suffit amplement), on commen-
cera à (( surfacer » ou à rempoter les plantes
152
REMÈDE CONTRE LA .TOILE.
qui en auront besoin et on élèvera la tem-
pérature à 20 degrés la nuit avec quelques
degrés en plus pendant la journée. L’om-
brage devra également être un peu plus
grand, c’est-à-dire commencer plus tôt et
finir plus tard, mais il ne faudra pas
perdre de vue que la grande lumière est
aussi bonne aux Phalænopsis qu’à la
grande majorité des Orchidées ; à cette
époque, un bassinage entre les plantes et
dans toute la serre devra être fait au moins
trois fois par jour, afin d’obtenir une
grande humidité atmosphérique, qui,
dans aucun cas, ne doit être concentrée,
c’est-à-dire qu’un aérage abondant est né-
cessaire et cela à toutes les époques de
l’année.
A partir de ce moment, les racines
se développent rapidement et les jeunes
pousses ne tardent pas à apparaître; on
devra alors veiller soigneusement à ce
qu’aucune goutte d’eau ne séjourne à l’in-
térieur de ces nouvelles pousses. J’ai adopté.
pour prévenir cet inconvénient, une façon
de cultiver ces plantes qui me donne d’ex-
cellents résultats : je plante mes plus gros
Phalænopsis dans des tubes cylindriques
et, au lieu de les placer verticalement, je
suspends ces tubes horizontalement; de
cette façon les feuilles pendent d’une façon
toute naturelle, ainsi qu’elles le font dans
leur pays d’origine, et la pourriture dans
le cœur des plantes n’est plus à craindre.
Pendant tout l’été la végétation sera vi-
goureuse et l’on maintiendra une grande
humidité atmosphérique, le plus de lumière
possible et une aération judicieusement
appliquée. Lorsqu’au milieu de décembre
les fleurs seront épanouies, on abaissera la
température de quelques degrés et l’on don-
nera un peu moins d’humidité, toujours
avec une bonne aération, afin de jouir le
plus longtemps possible de ces splendides
fleurs sans les voir détériorées par quelques
points noirs.
Ch. Maron.
REMÈDE CONTRE LA TOILE
A la séance du 11 mars 1897, M. Opoix,
jardinier en chef du Sénat, a entretenu la
Société nationale d’horticulture d’un pro-
cédé, employé au jardin du Luxembourg,
pour vaincre la « toile ».
A l’appui de sa communication, M. Opoix
montrait, intactes dans toute leur verdeur
et sans aucune trace de fonte, des terrines
de semis de Bégonia semperflorens vieilles
de deux mois.
Le procédé consiste à faire bouillir la
terre de bruyère destinée à garnir les ter-
rines.
On choisit de la terre de bruyère gros-
sièrement concassée en la tirant de dedans
les mottes, entre fibres et sable. On sait en
effet que la consistance des mottes n’est or-
dinairement pas uniforme. C’est en quelque
sorte la partie intermédiaire, ni trop fi-
breuse, ni trop sableuse, qu’il faut choisir.
Ce choix préalable de la terre a son im-
portance, en ce sens que tout ce que l’on
peut retrancher de débris de racines, de fi-
bres de nature végétale ou de parcelles de
feuilles non décomposées sont autant de
moins d’abris susceptibles de renfermer des
ferments morbides.
Cette terre ainsi triée est placée dans une
chaudière quelconque, dans un volume
d’eau suffisant pour recouvrir la terre.
Après délayage, on amène le liquide à
ébullition et on laisse bouillir durant une
demi-heure, en remuant de temps à autre.
Après refroidissement, on passe, de ma-
nière à rejeter la plus forte quantité d’eau.
La terre est ensuite serrée fortement dans
les mains de manière à ce que le reste de
l’eau en soit bien exprimé.
On la met ensuite dans un récipient bien
propre, que l’on place dans un grenier ou
une chambre bien aérée. On peut même
lui laisser subir les atteintes de la gelée
pendant trois ou quatre jours. Enfin, cette
terre est rentrée en serre, dans un endroit
chaud et sec, voire même sur les tuyaux du
chauffage. Cette succession de traitement
en assure à la fois la désagrégation, la des-
sication et la réoxygénation.
Les semis sont opérés de la manière sui-
vante. On place d’abord les tessons, puis
la terre, en commençant par les petites
mottes, et en terminant, à la surface, par
la terre la plus fine. Cette surface doit être
légèrement bombée. On sème enfin avec les
précautions d’usage. Jusqu’à la levée, on
n’arrose que par pulvérisations à la se-
ringue. Après la levée, la mouillure n’a lieu
que par imbibition, en plongeant les ter-
rines dans l’eau, par le fond, jusqu’au tiers
environ de leur hauteur.
On évitera complètement la toile et sans
doute d’autres maladies, en pratiquant les
CROCHET RÉGULATEUR POUR LA CHARPENTE DES ARBRES FRUITIERS.
153
diverses opérations indiquées ci-dessus.
L’ébullition préalable de la terre doit évi-
demment détruire les ferments morbides
qui peuvent s’y abriter. M. Opoix a expéri-
menté avec un plein succès la méthode qu’il
recommande, même dans un milieu que la
présence de Sélaginelles contaminées par la
toile rendait particulièrement rebelle à
l’extinction de cette maladie.
H. Dauthenay.
CROCHET REGULATEUR
POUR LA CHARPENTE DES ARBRES FRUITIERS
\
Nous venons de voir, à l’École fruitière
du Jardin des Plantes du Mans, placé sous
l’habile direction de M. le colonel Follie, un
nouveau système d’attaches mé-
talliques qui rend les plus grands
services dans la taille des arbres
à fruits.
Au lieu des attaches en osier
et des bâtons d’écartement en
bois, employés
d’ordinaire pour
le dressement
des branches
charpentières
au moment de
la taille en sec,
MM. Fontaine
père et fds, de
Fourchambaull
( Nièvre ) , ont
imaginé le petit
appareil dont
nous donnons
ci -contre le des-
sin et qu’ils ap-
pellent « Crochet
régulateur des
arbres » (fig.5f>).
L’invention con-
siste en deux
bouts de feuil-
lard d’acier, en
partie canali-
culé, larges de
12 millimètres,
et pouvant être
reliés par deux fils de fer galva-
nisés, dont l’un est tordu en
boucle à son extrémité. Les deux
petites lames de tôle, peintes en
noir vernissé pour éviter l’oxy-
dation, sont recourbées pour que l’une
saisisse une branche comme point d’appui
et que l’autre s’accroche à la branche à
rapprocher, suivant l’inclinaison ou le re-
dressement qu’on veut lui donner.
Ce crochet supprime l’emploi de l’osier,
matière qui pourrit vite, qui retient les
Fig. 56. — Cro-
chet régulateur
pour la char-
pente des ar-
bres à fruits.
insectes et qui s’inscruste dans la branche
en végétation.
Le temps employé d’ordinaire pour la régu-
larisation de la
charpente des
arbres est dimi-
nué ainsi de plus
des trois quarts.
Après la pose,
on n’a plus à re-
douter les coups
de vent, ni le
bris des bran-
ches sous le
poids des fruits,
et l’ensemble de
l’arbre est har-
monieux et régu-
lier sans qu’on
ait la vue heur-
tée par les at-
taches, car les
fils de fer sont
très-peu visibles
(lig-, 57).
Lorsque la
branche a pris
son pli, on en-
lève le crochet
et on l’applique
à une autre par-
tie de l’arbre
ou on le met au
magasin.
Pour faciliter
l’application de
ces crochets aux
diverses gros-
seurs des bran-
ches, les inven-
teurs les livrent
par assortiment composé de 10 p. 100 de
grands crochets, 40 p. 100 de moyens et
50 p. 100 de petits. Le prix est de 5 fr. le
cent de crochets ou 5 centimes la pièce et il
suffît d’adresser les demandes à MM. Fon-
taine et fils, 16, rue du Quatre-Septembre, à
Fourchambault (Nièvre). £d. André.
Fig. 57- — Arbre à branches régula-
risées par le crochet régulateur.
154
PREMIÈRES FLEURS DANS’ LE JARDIN ALPIN.
PREMIÈRES FLEURS DANS LE JARDIN ALPIN
8 février 1897.
Après un hiver qui n’en fut pas un, car
c’est à peine si nous avons vu le thermo-
mètre descendre au-dessous de 8 degrés
centigrades, le mois de février s’annonça
sous des auspices défavorables, s’il est vrai
que le vieux dicton patois ne trompe jamais
qui dit :
Se Févra ne févrotte,
Mâ vin que tô débiolte.
Un soleil de mai a fait fondre la neige
partout et fleurir les premières fleurettes
vernales qu’on aime à planter dans la plate-
bande préférée, au pied du mur ensoleillé,
tout près de sa chambre de travail. Qui n’a
pas son petit coin choisi, bien calfeutré
contre les vents du nord, où s’élabore, aux
premiers jours de printemps, toute une flo-
raison exquise et parfumée ?
Le Jardin alpin offre, lui aussi, dans les
anfractuosités des roches bien exposées et
abritées contre les vents du nord, de ces tré-
sors d’autant plus appréciés qu’ils appa-
raissent de bonne heure au printemps.
Voici d’abord un petit Ellébore jaune,
à fleur or pâle, ressemblant assez à une
Renoncule ordinaire et porté, comme en
une coupe de verdure, par un involucre rap-
proché de la fleur et formant comme une
collerette, une fraise à la Henri IV : c’est
VEranthis hyemalis, Salisb. (Hellehoriis
liyemalis, L.), petite plante indigène dans
quelques vignobles et vergers de France,
d’Allemagne, de Suisse et qui fleurit aux
premiers jours de soleil. C’est l’avant-cou-
reur du printemps et sa floraison semble
prophétiser les beaux jours. Cette année- ci,
il a fleuri à Genève le 1®^ février, tan-
dis qu’à ses côtés ont apparu les premiers
boutons de la Nivéole {Leucoium ver-
num, L.) et du Perce-Neige {Galanthus
nivalis, L.). Ce sont là les premières fleurs
de nos rocailles et ce sont aussi celles de la
plate-bande ensoleillée ; mais déjà, sur les
pentes du jardin alpin, s’est épanoui le déli-
cieux Cyclamen coum, Mill. (C. vernum^
Swet), que je voudrais voir répandu dans
tous les jardins. Originaire des régions
montagneuses, subalpines et alpines de
l’Asie Mineure où il va jusqu’à une altitude
supramarine de 2,300 mètres, ce Cycla-
men est l’un des plus gracieux et des plus
recommandables. Son tubercule estarrondi-
aplati et les feuilles partent de son centre
même ; elles sont orbiculaires-réniformes,
rouge brun vif en dessous, maculées et
marbrées en dessus, plus petites que celles
des autres Cyclamens cultivés, apparais-
sant souvent à l’arrière-automne et tou-
jours avant les fleurs ; celles-ci sont de gran-
deur moyenne, plutôt petites mais riche-
ment colorées et d’un carmin tellement vif
qu’on les aperçoit de fort loin dans leur nid
de feuilles. Elles sont légèrement odorantes
et très-nombreuses sur les tubercules
adultes. Ces fleurs, de fin janvier en mars,
émaillent la rocaille et résistent aux plus
forts vents du nord comme à de gros froids.
Il faut à la plante un sol léger, riche en
humus, un lieu mi-ombragé et bien drainé
afin d’éviter la pourriture. On en cultive
une variété à fleurs blanc pur et une autre
à feuilles plus particulièrement maculées
d’une zone (Cyclamen coum zonale, Hort.)
Beaucoup d’amateurs cultivent ce joli Cy-
clamen comme plante de serre ; c’est un tort,
car il est bien montagnard et même alpin.
Le Cyclamen ïbericum, Stev (C. cauca-
sicum, Wild.), du Caucase et des mon-
tagnes de la Perse septentrionale, diffère du
coum par ses formes plus grandes, ses
feuilles plus amples, marquées d’une zone
blanche en dessus, ses fleurs d’un rouge
vif (non carmin) et sa floraison un peu plus
tardive.
La petite Drave jaune des rochers cal-
caires {Draha aizoides, L.) entr’ouvre, elle
aussi, ses innombrables corolles d’or dès les
premiers jours de février. C’est une jolie
plante saxatile, aimant les fissures des
murs ou les fentes des rocailles en plein
soleil. Ses gentilles petites feuilles dispo-
sées en rosettes sont fortement ciliées sur
les bords et de la touffe de verdure rase
et cespiteuse s’élèvent, nombreuses, les gra-
cieuses hampes florales portant un bouquet
de corolles d’un jaune vif, avec étamines
saillantes et répandant un parfum qui
attire les premières abeilles à la recherche
de nectar. Tout sol léger et calcaire con-
vient à cette fille des hauteurs qui s’acco-
mode très-bien des conditions d’existence
que lui offrent les jardins alpins de nos
PLANTES STÉRILISÉES.
155
plaines. Elle se reproduit même spontané-
ment par le semis.
Il est une autre petite Crucifère vernale
très-peu connue qui fleurit en même temps ;
c’est Vlheris stylosa, Ten., originaire des
éboulis pierreux des Abbruzes et de l’Etna.
C’est une espèce absolument naine, aux
feuilles arrondies, charnues, toujours
vertes, aux petites fleurs lilas foncé, ramas-
sées en ombelles larges et acauleset s’élevant
à peine à 3 ou 4 centimètres. Elle aime le
cailloux et le plein soleil et se sème abon-
damment d’elle-même.
V A7idrosace Lagge^H, Huet, commence,
lui aussi, à entr’ouvrir ses gracieuses co-
rolles d’un rose vif d’abord, passant au rose
tendre après l’anthèse à mesure que s’al-
longe la tige, nulle d’abord . La plante se couvre
de ces innombrables fleurettes, qui, dans
quelques jours, seront si nombreuses qu’elles
cacheront le feuillage étroitement linéaire
et ressemblant presque à de la mousse. La
PLANTES i
Que de soins sommes- nous obligés de
donner aux plantes pour les acclimater, pour
un temps plus ou moins court, dans nos
appartements ! Combien en est-il qui, répu-
tées cependant plantes d’appartements, n’y
entrent que pour s’y voir vouées à une fin
prochaine ?
Hélas! que j’en ai vu mourir... de plantes vertes!
Lataniers dont on néglige de laver les
feuilles ; Dattiers dont on n’a pas la patience
de chercher les acai'us dans les aisselles ; As-
pidistras qu’on a la rage d’empoter dans des
pots dix fois trop grands ; Dracénas qu’on
laisse exposés à la bouche du calorifère ;
Fougères qu’on dispose en plein soleil; Bro-
méliacées dont les gaines s’emplissent de
poussière ; Agaves et Cactées qu’on enivre
d’eau claire, et tant d’autres enfin !
L’appartement, pour les plantes, est le cou-
vent de la Trappe avec le refrain de tous
les jours : « Il faut mourir ! »
Que d’articles pourtant n’a-t-on pas écrits,
que de livres n’a-t-on publiés, sur l’art de
leur donner des soins. Tout récemment en-
core, cet art venait d’être traité avec
une compétence spéciale sous ce nom sug-
gestif de domicultm'e. Cela devenait presque
une branche de l’horticulture (Flori — ,
Arbori — , Légumi — , Domi — culture).
Qu’est-ce que la Domiculture ? C’est pa-
floraison de cette jolie espèce pyrénéenne
dure parfois six .semaines. Elle aime le gra-
nit et le plein soleil et craint l’humidité.
Sur les pentes septentrionales des ro-
cailles, et dès la disparition de la neige, on
voit les touffes serrées et étalées du Saxi-
fraga opposüifolia, L., qui recherche
l’ombre et la fraîcheur, bourgeonner et
s’animer rapidement. En deux jours, la
plaque de verdure sombre change de teinte
et émet d’innombrables boutons d’un rose
carmin très-vif qui, bientôt, donnent nais-
sance à tout autant de belles fleurs d’un
beau rose, sessiles sur la touffe, serrées,
pressées les unes contre les autres et
formant comme un tapis au riche coloris.
Sa culture est facile, car les Anglais l’uti-
lisent pour la confection des bordures dans
leurs jardins ; mais il craint le soleil,
comme aussi la trop grande humidité.
H. CORREVON.
raît-il, grâce à une espèce de solécisme,
la culture des plantes en appartements,
[domus, maison : culture en chambre).
Mais le progrès marche à grands pas. Un
ingénieux industriel a trouvé le moyen de
doter les plantes d’appartement d’une longé-
vité inouïe. Du coup, il a simplifié extraor-
dinairement la Domiculture. On pourrait
même craindre qu’il ne l’ait « enfoncée ».
Voici quel était le problème : se procurer
la plante qui plaît, la rentrer chez soi, et
trouver le moyen de l’y garder toujoui's
avec le même feuillage, sans qu’il soit dé-
sormais besoin de l’arroser, de la rempoter,
de lui éviter l’action asphyxiante du poêle
mobile à faible tirage, etc., toutes sortes de
calamités qu’il s’agissait de vaincre d’un
seul coup. Frou, frou, frou... un petit coup
de plumeau, c’est tout, et c’est bien à la
portée de toutes les chambrières.
Peut-être va-t-on penser que l’inventeur
a fait intervenir faction — par inoculation
par exemple — de certaine liqueur qui se-
rait dans le règne végétal ce qu’était la li-
queur Brown-Sequard dans le règne ani-
mal ? Point du tout, car, dans le procédé
trouvé, les plantes ne poussent plus. Et ce-
pendant, au dire de l’inventeur, elles sont
7'endues plus belles. Cela ne fait-il pas
rêver ?
En cela, l’inventeur a été plus galant
que Jéhovah, qui arrêta net la femme de
156
CASSIA OGCIDENTALIS.
Loth en la changeant en statue de sel.
— Mais enfin, quel est ce moyen ? — Ce
moyen, c’est la « stérilisation des plantes ».
Voilà bien, du moins, ce que porte le pros-
pectus.
J’avoue avoir cherché aussitôt la mention
complémentaire obligée « système Pasteur » ,
mais, par respect sans doute pour l’homme
de génie que la France a perdu, l’inventeur
s’en est abstenu.
Laissez-moi d’abord vous communiquer
la substance même du prospectus, in
extenso :
Ces plantes : Palmiers, Phénix, Lataniers,
Dattiers, Ghamérops, Arécas, Ghamœdoréas,
Gycas, Dracénas, etc., entièrement naturelles,
mais stérilisées, n’ont plus besoin d’aucun soin
de culture, ni d’eau, ni d’air.
■ Le froid ou la chaleur, la sécheresse ou l’hu-
midité, la lumière ou l’obscurité ne peuvent
plus en rien leur être utiles, ni leur être nui-
sibles.
On peut les resserrer ou les replier dans une
caisse, dans une armoire et les laisser à la
cave comme au grenier, pendant un temps pro-
longé.
On les retrouve toujours jeunes, fraîches ou
vertes, souples et vigoureuses, comme des
plantes en pleine sève.
Il fallut s’enquérir, et une « gente ven-
deuse » voulut bien m’apprendre que le pro-
cédé consiste à tremper des feuilles naturelles
dans une préparation à base de glycérine.
Ces feuilles sont ensuite remontées sur une
tige artificielle, avec accompagnement obligé
des bases de pétioles devenues squammeuses,
des filaments roux, bractées, écailles, etc.,
selon les cas. Il faut ajouter, pour être juste,
que le faciès botanique est respecté.
Lorsque je me suis présenté dans la bou-
tique, une de ces pseudo-plantes venait de
subir (( la trempe ». Elle en était encore
toute luisante. J’en fis la remarque. « Oh !
monsieur — me répliqua la vendeuse —
elle sort du bain ; il lui faut le temps de se
ressuyer. Mais voyez-donc comme elle est
souple et moelleuse ! »
Ainsi « momifiées », les plantes ne
craignent plus rien, en effet, des injures du
temps ; mais si elles sont dignes de figurer
dans les vitrines d’un musée industriel,
elles n’ont plus les grâces de la nature, ni le
charme infini de la vie.
Car les plantes vivent, et doivent vivre !
Et le bonheur qu’on ressent à les élever ne
consiste pas seulement dans une admiration
passive de leurs vertes et luxuriantes fron-
daisons. Il consiste aussi à pénétrer le se-
cret de leur existence, à les voir croître de
leur mieux dans un milieu que l’on s’efforce
de modifier pour elles. Il réside surtout dans
la jouissance de les voir progressivement
vous rendre au centuple, par l’émission suc-
cessive de leurs beautés latentes, les soins
qu’on leur a donnés.
C’est pour cela que le commerce des
plantes « stérilisées », s’il a le droit, comme
tout autre, à sa place au soleil, n’est pas près
de « stériliser » celui des plantes vivantes.
H. Dauthenay.
CASSIA OGCIDENTALIS
Encore une plante linnéenne qui a presque
disparu des cultures, malgré ses qualités or-
nementales. Lorsqu’un genre contient des
espèces d’une grande valeur décorative,
comme le genre Cassia, représenté dans
nos jardins par les C. florihunda, corym-
hosa, lævigata et autres belles plantes de
serre froide, les espèces de second rang
sont sacrifiées et c’est souvent à tort,
car elles peuvent être employées à des
usages différents. Dans les Cassia, par
exemple, l’espèce rustique de l’Amérique
du Nord, C. marylandica, L., est em-
ployée dans les jardins de plein air et ne
peut être remplacée par aucune autre ; elle
n’est pas très-brillante, mais son feuillage
est gracieusement penné et ses fleurs sont
jolies : elle tient bien sa place.
Le C. occidentalis ^ est de cette nature’
Il appartient à la famille des Césalpiniées et
il est originaire des Antilles et de toutes
les régions intertropicales des Deux- Amé-
riques où je l’ai vu souvent, sous l’influence
de la chaleur, se couvrir de fleurs qui se
renouvelaient pendant de longs mois. On le
considère comme annuel, mais la plante est
vivace si on la rentre en serre. C’est ainsi
que je la traite à Lacroix, où je la rentre
en serre froide l’hiver, pour la remettre en
plein air au printemps et la voir fleurir
jusqu’aux gelées.
Les tiges rameuses de cette espèce, li-
gneuses à la base, herbacées au sommet, sont
1 Cassia occidentalis, L., Sp. pl.,311; DG. Prodr.,
II, 497.
Hciuir HoTticole
L Dsscam^ss-SacciireC del
C}i7'C'nc:zdi. JL Jçf2rc Bv
Cassia occuicrd cdi^
INFLUENCE DU PORTE-GREFFE SUR LE GREFFON.
fortes, hautes de 40 à 60 centimètres, parfois
davantage quand le sol est très-fertile, vert
teinté de rouge. Elles sont très-finement
pubérulentes, une variété même est glabre.
Les feuilles, à pétiole tuméfié, glanduleux
à la base, sont composées de quatre à six
paires de folioles opposées, sessiles, ovales-
lancéolées aiguës, pubescentes aux bords.
Les inflorescences, terminales ou en bou-
quets axillaires au sommet des tiges, sont
courtement pédonculées, composées d’ar-
ticles portant de 2 à 4 fleurs d’un beau
jaune à 10 étamines inégales. Le fruit est
un légume dressé, linéaire ou comprimé,
légèrement recourbé, large de 7 à 10 centi-
mètres, à- sutures épaissies.
Deux formes de cette espèce, l’une entiè-
157
rement glabre, C, o. glahra, à folioles
subelliptiques glabres, l’autre, C. o. aris-
tata, folioles ovales-lancéolées, pourvues
d’une longue pointe et qui se rapprochent
beaucoup de celle dont nous donnons aujour-
d’hui le portrait, sont distinguées par les
botanistes.
La culture du C. occidentalis est facile,
soit qu’on le propage par semis, sous
châssis et qu’on le traite comme plante
annuelle dans un sol riche et en plein
soleil, soit que l’on mette à la pleine terre,
en mai, les sujets hivernés en serre.
Les tiges des pieds fleuris, étant coupées,
exhalent une odeur vireuse assez peu
agréable; elles se tiennent fraîches dans
l’eau. Ed. André.
INFLUENCE DU PORTE-GREFFE SUR LE GREFFON '
Depuis longtemps déjà on avait observé
que les arbres fruitiers et notamment les
nombreuses variétés de Poiriers à fruits de
table que nous cultivons, étaient toujours
influencées dans leurs caractères suivant la
nature des porte-greffes sur lesquels elles
étaient greffées.
On avait remarqué, en effet, que si les
particularités essentielles de ces variétés
n’étaient point changées, leur vigueur et
leur hâtiveté à fructifier, ainsi que le vo-
lume, la couleur et la saveur de leurs fruits
étaient cependant notablement modifiés se-
lon qu’elles étaient greffées sur le Poirier
franc ou sur le Cognassier.
Mais jusqu’à ce jour, quoique ces obser-
vations se rapportassent à l’une des plus
importantes questions de physiologie végé-
tale, aucune n’avait été l’objet d’un contrôle
scientifique afin de leur donner toute la
précision et la vigueur indispensables.
C’est ce travail que nous avons entrepris
et que nous résumons dans cette courte
note.
Comme il fallait naturellement procéder
dans des conditions absolument semblables,
nous avons soumis à l’analyse, pendant
trois années consécutives, des fruits mûrs
de la variété de Poirier connue sous le nom
de Triomphe de Jodoigne, que nous récol-
tions sur deux arbres, dont l’un est greffé
sur franc et l’autre sur Cognassier.
Les résultats de ces analyses que nous
avons réunis sous forme de « moyennes »
* Mémoire présenté à l’Académie des Sciences
au nom des auteurs, par M. Ghatin, dans la séance
du pr mars 1897.
sont consignés dans les colonnes du tableau
ci-dessous.
Il n’est toutefois pas inutile d’ajouter de
suite que ces deux Poiriers sont du même
âge (15 ans), que leur végétation a toujours
été normale, qu’ils sont dirigés sous la
même forme et qu’ils sont plantés côte à
côte dans le même jardin ; par conséquent,
qu’ils plongent leurs racines dans le même
sol.
Ni la composition du sol, ni l’âge des
arbres, ni l’exposition, qui ont souvent
tant d’influence sur le volume et la saveur
des fruits, ne peuvent donc être invoqués
contradictoirement dans la circonstance.
ÉLÉMENTS DOSÉS
et
NATURE
DU PORTE-GREFFES
E- , S-
^3 .£
Ed 0) *cô
particularités
Poirier franc
Cognassier
o - bo
^ ® Ô
Couleur du fruit. . .
Verte
Jaune doré
teinté
de rose
du côté
du soleil
»
Poids moyen
(établi sur 10 fruits).
mh
406g'-
126 gi-
Densité des fruits.
0,993
0,9987
0,0057
Densité du jus
à 15«
1,046
1,051
0,005
Acidité
(par litre de jus
exprimée en acide
sulfurique).
(S03 HO).
lgi-070
lg«-196
Og'- 126
Gendres
(par litre de jus).
2g-- 166
2g^ 466
Og-^300
Sucre réducteur...
(par litre de jus).
90g-- 066
95g'- 466
5g>^400
Sucre total
(par litre de jus).
93g«-400
102g'’ 333
8g-^933
De la lecture de ce tableau qui résume les
158
LE GENRE GALANTHUS.
résultats des analyses exécutées pendant les
années 1894, 1895 et 1896, il est facile de
déduire :
1° Que le poids moyen des fruits récoltés
sur le Triomphe de Jodoigne greffé sur le
Cognassier est bien supérieur à celui des
fruits provenant de la même variété greffée
sur le Poirier franc ;
2® Que la densité de ces mêmes fruits est
plus élevée dans le premier cas que dans le
second ;
3® Que la proportion d'aeide libre (ex-
primé en acide sulfurique, SO"HO) est plus
grande dans le jus extrait des fruits récol-
tés sur la variété dont il s’agit greffée sur
Cognassier que dans le jus des fruits récol-
tés sur cette même variété greffée sur franc.
4® Enfin, et c’est là le fait le plus impor-
tant qu’il convenait plus particulièrement
de mettre en relief, c’est que la quantité de
suere total contenue dans le jus des fruits
récoltés sur le Triomphe de Jodoigne,
greffé sur le Cognassier, est notablement
plus élevée que dans le jus des fruits cueillis
sur cette même variété quand celle-ci est
soudée au franc.
On observe, en effet, une différence de
près de 9 grammes de sucre total par litre
de jus en faveur de la greffe sur Cognas-
sier.
Soit, en somme, pour des arbres produi-
sant annuellement chacun 300 fruits envi-
ron, de 280 grammes ou de 406 grammes,
suivant le porte-greffe : une quantité de
sucre total qui atteint seulement 7 kilos
avec le Triomphe de Jodoigne soudé au
franc, tandis qu’elle dépasse 11 kilos avec
cette même variété greffée sur Cognassier.
LE GENRE
Le genre Galanthus de Linné appartient
à la famille des Amaryllidées et, dans le
Généra d’Hooker et Bentham, à la tribu
des Amaryllées. Il se place dans le voisinage
du genre Narcissus dont il se distingue
entre autres par l’absence de couronne à
l’intérieur des pétales et du genre Leucoium
qui a toutes les lanières du périgone égales,
tandis que chez le Galanthus les trois in-
térieures sont beaucoup plus petites. D’après
la monographie des Amaryllidées de Baker
et d’après le Flora orientalis de Boissier,
les espèces de Galanthus seraient au nombre
de six, réparties en deux groupes, l’un à
anthères mutiques et l’autre à anthères acu-
minées.
Le type du premier groupe est le G. lati-
La fonction chlorophyllienne est donc
manifestement moins active dans le pre-
mier cas que dans le second.
Sans insister sur la coloration qui est
toujours beaucoup plus exaltée chez les
fruits récoltés sur le Triomphe de Jodoigne
greffé sur le Cognassier, ni sur la propor-
tion variable de cendres contenues dans le
jus de cette variété de Poires selon le porle-
greffe, quoique ces différentes particularités
ne soient pas sans importance, nous nous
permettrons cependant d’ajouter que les
recherches que nous avions entreprises sur
le même sujet, en 1887, sur la variété de
Poirier connue sous le nom de Doyenné
d’hiver, nous avaient déjà donné des résul-
tats absolument semblables à ceux que
nous venons de faire connaître.
Nous les reproduisons dans le tableau ci-
dessous :
'Nature
Nature
Sucre total
de
du sujet
Poids moyen.
par
la variété.
porte-greffe.
litre de jus.
Doyenné 1
i Cognassier.
435 s*'
115,90
d’hiver. |
' Franc.
320 8-^
90s‘-40
De l’ensemble de ces expériences, il ré-
sulte que le porte-greffe exerce une influence
considérable sur le greffon, puisqu’il jouit
de la propriété d’exalter ou d’affaiblir la
plupart des phénomènes physiologiques
dont celui-ci est le siège.
G. Bivière, g. Bailhaghe,
Professeur départemental, Préparateur-chef
Directeur à la station agronomique
de la station agronomique de Seine-et-Oise.
de Seine-et-Oise.
GALANTHUS
folius, Ruprecht, originaire du Caucase,
reconnaissable à ses feuilles larges, d’un
vert brillant et à ses scapes peu élevés. A
ses côtés viennent se placer les variétés ou
formes horticoles répandues sous les noms
de G. hyzanthinus et de G. Ikariæ, qui
s’en distinguent par les dimensions de leurs
fleurs, la forme de leurs feuilles, etc., mais
ne s’en séparent par aucun caractère bota-
nique important. La floraison de ces plantes
est un peu plus tardive que celle des sui-
vantes et elles semblent aussi un peu plus
délicates.
Dans le second groupe (anthères acumi-
nées) nous rencontrons d’abord le G. nivalis
de Linné qui croît dans une grande partie
de l’Europe. Il est de petite taille, dépassant
LA CLAYTONE DE CUBA.
159
rarement 12 à 15 centimètres. Ses feuilles
sont étroites, glauques, ses fleurs petites,
avec les lanières externes du périgone
étroites et séparées les unes des autres. Au-
tour de cette espèce viennent se placer le
G. caucasiens, Baker ( Gard. C/iron., 1887,
I, p. 312), un peu plus robuste dans toutes
ses parties, le G. Fosteri [Gard. Chron.,
1892, p. 31 3) très-voisin du type, le C.
corcyrensis, de File de Corfou, petite plante
à floraison précoce, s’épanouissant quel-
quefois dès la fin de décembre.
Le G. Elvcsii, Hooker, originaire des
montagnes de l’Asie Mineure, est une espèce
plus grande et plus robuste dans toutes ses
parties que le G. nivalis. Les feuilles, très-
glauques, sont plus larges et canaliculées.
La hampe florale atteint et dépasse 20 cen-
timètres. Les fleurs sont plus larges, plus
globuleuses, les lanières externes du péri-
gone arrivant presque à se toucher. A cette
espèce bien plus décorative que la précé-
dente nous pouvons rattacher le G. rohustus
de Damman, à Naples, qui s’en distingue
difficilement, et le G. Elvesii, var. ungui-
culata figuré en 1895 dans le Gardeners'
Chronicle, p. 361, f. 47. Cette dernière
variété a été rapportée des environs d’Aïdin
en Asie Mineure, en 1893, parM. Wiltall ;
elle est remarquable par sa vigueur et ses
grandes dimensions. La hampe florale at-
teint 25 centimètres et la fleur 4 à 5 centi-
mètres de longueur. C’est certainement la
plus belle de toutes ces formes et celle dont
la culture est le plus à recommander.
(M. Krelage, à Haarlem). Le G. græcus,
Orphanidès, décrit comme voisin du G. El-
vesii est plus petit et doit se rapprocher du
G. nivalis.
Le G. plicatus, Bieb., se distingue par
ses feuilles repliées, mais nous n’avons pas
eu l’occasion d’observer sa culture.
Enfin, le G. Olgæ, Orphanidès (distribué
souvent à faux sous le nom de G. Olgæ Re-
ginæ), est une petite espèce locale du Taygète
moins décorative que les précédentes, mais
remarquable par sa floraison automnale qui
commence déjà en octobre, au moment où
les plantes bulbeuses sont rares.
Au point de vue horticole, toutes ces es-
pèces de Galanthus méritent d’attirer l’at-
tention. Nous avons signalé au passage les
plus remarquables. Dans notre climat elles
se prêtent également à la culture en châssis
froid dans lequel leur floraison commence
avec le mois de février et à la culture en
plein air sur des pelouses bien saines et
bien égouttées qu’elles décorent de leurs
clochettes blanches dans le courant de mars.
M. Micheli.
LA CLAYTONE DE CUBA
De la vingtaine d’espèces composant ce
genre la plus ré-
pandue dans les jar-
dins , quoique elle
y soit , en réalité,
peu cultivée, est
celle qui fait f objet
de cette note. L’in-
térêt économique
qu’elle présente n’a
qu’une importance
secondaire; mais elle
est intéressante à
d’autres points de
vue, notamment par
involucre
qui entoure
ses petites inflores-
cences et lui donnent
un aspect tout parti-
culier. Quoique ori-
ginaire de l’Amérique
le grand
foliacé
Fig. 58. — Claytone de Cuba.
du Nord-Ouest, du
1 Le G. Fosteri est indiqué dans le G. Chron,'
comme très-voisin du G. latifolius. Je crois qu’il
est plus juste de le rapprocher du 'G. nivalis.
Mexique et de Cuba, cette petite plante
s’est naturalisée de-
puis longtemps sur
plusieurs points de
l’Europe, notam-
ment en France, aux
environs de Bennes,
d’où nous l’avons
reçue, et en Angle-
terre où nous l’avons
observée il y a plus
de dix ans, croissant
assez abondamment
dans les plates-
bandes du jardin de
la Société d’horticul-
ture à Chiswick,
près Londres.
La Claytone de
Cuba, ouC. perfoliée-
[Cl aytonia perfo
liata, Don), qu'on nomme encore Pourpier
d’hiver (fig. 58), appartient à la famille
des Portulacées. C’est une plante annuelle,
haute de 8 à 12 centimètres, à petites
160
LES JARDINS DU PRINTEMPS.
feuilles toutes radicales, en rosette, longue-
ment pétiolées et à limbe ovale, aigu, un
peu épais, très-glabre et sans nervure.
Vers le milieu de l’été, de nombreuses
petites tiges florales se développent entre
les feuilles et portent au sommet une
petite panicule de fleurettes pédicellées,
blanches, excessivement petites, ayant un
calice à deux sépales entiers et une co-
rolle à cinq pétales. La tige florifère, plus
longue que les feuilles, est entièrement
nue à la base, mais elle porte au-dessous
de l’inflorescence une collerette formée de
deux grandes bractées vertes, entièrement
soudées entre elles et formant un cornet
très-évasé, d’environ 2 centimètres de dia-
mètre. La figure 58 montre si nettement
le port, l’aspect de la plante, qu’elle
permet de la reconnaître à première
vue.
La valeur économique de la Glaytone de
Cuba réside dans ses feuilles et ses inflo-
rescences jeunes, qu’on peut manger en
salade ou cuites comme les Épinards, mais
sa production est si peu abondante que ce
n’est guère qu’un légume de fantaisie et,
par suite, fort peu employé.
Sa culture est néanmoins très-facile, car la
Glaytone pousse à peu près partout ; il suffit
d’en semer les graines à la volée, mais très-
clair, de mars en juin, pour voir la plante
LES JARDINS
Sur les côtes occidentales de la France et
en Angleterre le printemps se réveille de
bonne heure, les fleurs des contrées sep-
tentrionales et alpines s’ouvrent beaucoup
plus tôt que dans leurs pays d’origine. Voilà
pourquoi c’est une pratique erronée que
de laisser de côté de nombreuses espèces
à floraison printanière. On ne manque pas
d’espèces convenables ; nous trouvons à pré-
sent partout des établissements horticoles et
des jardins où l’on cultive en grand de
bonnes plantes ; mais savoir en tirer parti,
voilà la grande question trop souvent né-
gligée. Le jardin peut être à la fois riche en
plantes et pauvre en beauté.
Si l’on veut faire bon usage de l’abondante
flore printanière, il faut éviter trop de
cultures annuelles, mais il ne faut cepen-
dant pas les abandonner de prime-abord,
car la réussite dans la culture et la floraison
de beaucoup d’espèces dépend des qualités
du sol et de l’expérience acquise dans la
culture. Mais, vu les nombreuses espèces
atteindre tout son développement et fleurir
au bout de quelques mois. Les graines sont
noires, petites et très-abondantes ; il s’en
répand généralement une assez grande
quantité à terre, et il n’est pas rare de voir
alors la plante repousser, parfois pendant
quelques années, dans l’endroit où on l’a
cultivée. Gette plante pourrait, selon nous,
trouver place dans les rocailles, comme cu-
riosité végétale ; il suffirait d’y répandre
quelques pincées de graines au hasard ;
on aurait beaucoup de chance de l’y
voir se développer et peut-être se natura-
liser.
Quelques autres espèces de Glaytones ont
encore été introduites dans les jardins, no-
tamment le C. sihirica, L., à fleurs roses,
qui est vivace, à racine tubéreuse, fusiforme,
et introduit de la Sibérie en 1768 ; et le
C. virgmica, L., à fleurs blanches, qui
a également une racine tubéreuse et habite
la Virginie, comme son nom l’indique du
reste.
Ges plantes, encore rares aujourd’hui dans
les collections, sont rustiques et se culti-
vent de préférence dans les rocailles, dans
la terre de bruyère tourbeuse et humide, et
la multiplication des deux dernières peut
s’effectuer par séparation des rejets.
S. Mottet.
)U PRINTEMPS
pour lesquelles ces considérations sont su-
perflues, les jardins printaniers vraiment
précieux ne pourront exister que là où
nous ferons le meilleur usage possible des
nombreuses plantes qui ne demandent pas
d’entretien ni de soins annuels, depuis les
Trolles {Tvollius) jusqu’à l’Aubépine. Le
jardinage du printemps consiste le plus sou-
vent dans la garniture de plates-bandes de
Myosotis, Pensées, Pâquerettes, Silènes et
Jacinthes, mais cette façon de cultiver des
fleurs pour le printemps est certes la plus
coûteuse et la moins artistique; on com-
mença par là quand on ne connaissait que
quelques espèces convenables à floraison
printanière, mais aujourd’hui que nous en
possédons un grand nombre, il s’agit de
s’engager sur de meilleures voies.
Il faudrait rompre avec cette habitude de
laisser les plates-bandes de Rosiers et d’ar-
bustes de choix nues et dépourvues de toute
autre décoration florale. Dans maints cas,
elles pourraient recevoir un choix de
LES JARDINS DU PRINTEMPS.
161
, fleurs printanières telles que Pensées, Vio-
lettes, Narcisses, Scilles et beaucoup
• d’autres plantes naines, groupées entre
' les Rosiers. Les Primevères doubles se
plaisent dans ces conditions et y fleu-
rissent abondamment, car le léger ombrage
que ces plantes y reçoivent l’été leur est sa-
lutaire. Là où les plates-bandes de Rhodo-
dendrons sont plantées largement (et ces
précieux arbustes ne devraient jamais être
serrés les uns contre les autres), on peut
faire un jardin printanier d’un autre genre.
Les plantes de terre de bruyère s’y plairont
à merveille, bien mieux qu’en bordures
isolées et nues. Les Faux-Lis blancs des
bois américains (Trillium), les Sanguina-
ria, les diverses espèces de Dent-de-Chien
{Erythronium Dens canis) et bien d’au-
tres espèces bulbeuses et rhizomateuses
à floraison hâtive aiment ces légers abris
et ombrages, ainsi que la terre de bruyère
de ces plates-bandes d’arbustes.
Maintenant nous arrivons à ces espèces
favorites dont on voit si volontiers des bor-
dures, même des plates-bandes entières;
telles sont les Primevères des jardins, dans
leurs divers coloris et formes, les Prime-
vères à grandes fleurs et les Auricules’qui,
dans leurs nombreuses variations, offrent
bien des façons de jouir d’elles, plus facile-
ment que d’espèces replantées tous les ans.
‘ Avec ces plantes, on peut suivre les goûts
actuels et avec les Myosotis, Silènes, Pâque-
rettes, Pensées, Violettes, Jacinthes, Ané-
mones et Tulipes, on peut obtenir des effets
éclatants ; mais en dehors de ces groupes
à la mode, sous les fenêtres, on peut obtenir
partout de bons résultats dans la décoration
printanière, et l’éternel problème du dessin
pour les groupes et parterres ne sera plus
une question inquiétante comme par le
passé.
Plantes alpines et de rocailles
Il y a tant de plantes vivaces qui fleuris-
sent au printemps (tant d’espèces alpines
fleurissant aussitôt la neige fondue) qu’il
serait impossible de les citer toutes dans un
^ simple essai sur les plus importantes et leur
emploi dans les jardins. Nous devons ici
laisser de côté toute liste détaillée d’espèces
telles que : Adonis, Cyclamen, Draha,
Erodium, et les plus petites, Tldaspi, Di-
centra, Eumaria, Arahis, Ramondia,
Silènes et beaucoup d’autres espèces alpines
et de rocailles, lesquelles, quoiqu’indivi-
duellemeht jolies et intéressantes, font
moins d’effet dans l’ensemble du tableau.
Aubriétias et Giroflées jaunes
Gomme plantes naines pour le jardin
printanier, la première place revient à
certaines espèces des montagnes du nord,
qui chez nous fleurissent avant les arbustes
et arbres hâtifs, et parmi les premières
plantes fleuries qui viennent nous réjouir
au printemps ; telles sont les Giroflées
jaunes ; V Alyssum jaune, très- décoratif et
facile à cultiver; V Arahis vivace très-connu
et plus cultivé encore au Nord de la France
qu’en Angleterre (et qui se prête très-bien
à la formation de corbeilles) et le joli Au-
hrietia violet, une précieuse espèce des
montagnes de la Grèce et des pays d’alen-
tour, qui a produit un certain nombre de
variétés surpassant en beauté l’espèce sau-
vage. Rien n’est plus précieux pour les jar-
dins que cette plante dans presque toutes
ses formes ; à cause de son port, sa longue
floraison hâtive. Elle est vivace et rustique,
ce qui fait qu’on peut l’utiliser pour les di-
vers arrangements en plates-bandes, par-
terres et rocailles, etc. ; elle devrait se
trouver absolument partout où l’on s’occupe
un tant soit peu de jardinage pour le prin-
temps. Les Thlaspi vivaces toujours verts
produisent aussi beaucoup d’effet en plates-
bandes, bordures, et dans les parties les plus
accidentées des jardins-rocailles.
Voilà autant de plantes qui ont été utili-
sées sur une grande échelle pour les jar-
dins printaniers, mais au lieu de les planter
toujours en lignes, on en obtiendrait un bien
meilleur effet en groupes, même dispersées
irrégulièrement ou encore en tapis et cous-
sins autour de plantes élevées et de touffes
où elles auront des aspects moins bril-
lants, il est vrai, mais plus doux et plus
agréables.
La Giroflée Ravenelle, se plaisant sur les
vieux murs, ruines et rochers, est toujours
la bienvenue dans les jardins, là au moins
où le terrain n’est pas trop froid et où les
hivers ne sont pas trop rigoureux, mais
dans certains pays elle reste toujours une
plante un peu délicate. Cependant c’est une
des plantes les plus dignes de culture et de
soin et l’on pourra aussi en avoir facilement
quelques plantes au pied des murs exposés
au midi, surtout si le sol n’est pas trop hu-
mide. Les diverses variétés doubles sont, il est
vrai, assez délicates, et il faudra les réserver
plus spécialement pour les endroits où on
les réussit généralement bien. Mais on ne
regrettera ses peines et le terrain qu’on y a
consacré que quand un hiver exceptionnel-
162
LES JARDINS DU PRINTEMPS.
lement rigoureux viendra les détruire en
grand nombre.
Les Anémones forment un groupe des
plus belles fleurs du Nord et de l’Est;
certaines d’entre elles se plaisent assez bien
chez nous (telles que les Anémones bleues
d’Italie et de Grèce), tandis que d’autres,
telles que les brillantes Anémones Pavot,
affectionnent spécialement des sols légers
et chauds et même certaines contrées
chaudes ; aussi exigent-elles quelques
soins dans certains de nos sols où elles
comptent parmi les plantes qui demandent
de la culture, même quelqu’abri dans les
sols froids pour les hivers rigoureux. On
pourrait en dire autant de la brillante
Renoncule d’Asie et de ses formes si va-
riées : Perses, Turques, Françaises, ou,
quels que soient leurs noms, toutes les va-
riations de l’espèce Nord-Africaine. Autant
de raisons de plus pour qu’on cultive ces
plantes abondamment dans les terrains cal-
caires et autres sols chauds où on les
réussit bien, comme sur les côtes occiden-
tales. Le meilleur mode de culture, pro-
duisant aussi le plus d’effet, est celui en
plates-bandes de 1"™ 30, soit au potager, soit
au jardin (pépinière) des réserves.
L’Anémone des bois {Anémone nemo-
rosa) se trouve si répandue dans les bois
qu’on voit peu le besoin de la cultiver ;
quelques-unes de ses variétés ont cepen-
dant de l’importance, telle la très-jolie
Robinsoniana, une fleur d’un joli bleu
tendre produisant un charmant effet dans
les jardins printaniers et s’adaptant
presque à tout genre de culture.
L’Anémone hépatique (A. U'iloha) est
une jolie petite plante, quand le sol est
libre, quoique un peu tardive dans cer-
tains sols ; là où elle prospère, il faudrait
user largement de toutes ses variétés
pour bordures et plates-bandes d’ar-
bustes américains, ainsi que dans les
jardins-rocailles. UAnemone sylvestris est
très-gracieuse tant en boutons qu’en fleurs,
mais elle est un peu capricieuse et ne
fleurit pas régulièrement dans tous les
sols, différant en cela des Anémones des
bois, qui sont aussi constantes que les
Renoncules. U A. acaulis est jolie dans les
dunes calcaires et dans les champs de
Normandie et certaines parties de l’Angle-
terre, au printemps, mais jamais aussi jolie
dans les jardins. Elle pourrait se natu-
raliser dans certains champs, bçis ou
rivages.
Les Ancolies sont très-belles durant
les premiers mois de l’année et quand
même nous ne posséderions que l’espèce
commune {Aquilegia vulgaris) et ses varié-
tés, elles seraient déjà bien précieuses;
mais il y en a beaucoup d’autres qui pros-
pèrent dans les terrains ouverts, et parmi
lesquelles il en est de très-gracieuses
comme forme et charmantes comme co-
loris.
Le Populage {Caltha palustris), si beau
dans les prairies humides et au bord des
rivières, devrait être introduit dans les
jardins, partout où il y a de l’eau, car c’est
une plante de beaucoup d’effet si elle est
bien cultivée, et il en existe plusieurs va-
riétés, doubles et simples.
Les Clématites, surtout les variétés à
grandes fleurs, sont principalement pour
l’été, mais quelques-unes {Clematis mon-
tona, Cl. alpina, Cl. cirrhosa) sont très-
belles au printemps ; il faudrait en faire
grand usage pour la garniture des façades
de maisons, bancs couverts, arbres et
arbustes. Les Doronics {Do7'onicum) pros-
pèrent partout et sont vigoureux et beaux
dans les massifs d’arbustes et en terrains
raboteux. L’Elleborine d’hiver ou Eran-
this hyemalis (la plus hâtive des fleurs du
printemps), se plaît dans bien des sols,
mais dans quelques-uns elle diminue et
dépérit, et il ne faudrait pas la cultiver
dans les jardins, mais dans les massifs,
taillis ou bois où le sol lui convient.
Roses de Noël
Parmi les gains de ces dernières années,
le plus distinct pour le jardin printanier
est certainement celui de l’Ellébore d’O-
rient, dans ses nombreuses variétés si
belles et dont un grand nombre furent
obtenues dans les cultures. Ce sont de
fortes et superbes plantes, à grandes fleurs,
délicatement teintées. Par l’abri que leur
procurent généralement les jardins et par
le bon terrain, elles croissent vigoureuse-
ment, ont un port superbe, un riche
feuillage, de belles fleurs, excellentes
comme fleurs à couper. Ce sont des plantes
à grand effet, robustes et distinctes pour
commencer l’année fleurie, car souvent elles
fleurissent abondamment à la fin de
février et elles ont le grand mérite de ne
pas exiger de culture annuelle, les touffes
conservant leur vigueur au même endroit
pendant plusieurs années.
Parmi les plus beaux des petits arbustes
des montagnes qui furent jamais introduits
SOCIÉTÉ NATIONALE d’HORTIGULTURE DE FRANGE.
163
chez nous, compte VErica hrrhacea, qui
])rille pendant plusieurs semaines au prin-
temps. C’est une des plantes qui ne nous
manquentjamais et qui demandent seulement
d’être cultivées en grand pour produire de
l’efTet, groupées en plein soleil.
La Dent-de-Chien d’Europe {Erythro-
nium Dons canis) fait très-bien dans
l’herbe tendre, surtout là où elle pousse
bien et fleurit beaucoup, et la Fritillaire
est une habitante de l’herbe très-estimée :
elle se plaît le mieux dans les prairies
fraîches. Les variétés plus rares vont
bien dans une bonne terre de jardin ;
celles à clochettes jaune pâle sont très-
belles. Toute plante analogue, qui peut si
bien aller dans les endroits herbeux, di-
minue d’autant nos soins au jardin du
printemps et permet de réserver les plates-
bandes si précieuses du jardin fleuriste
aux plantes qui exigent quelques soins et
toujours du terrain riche.
W. Robinson.
(Traduit de l’anglais par J. Buyssens).
suivre).
\
SOCIÉTÉ NATIONALE D’HORTICULTURE DE FRANCE
SÉANCE DU 11 MARS 1897
Floriculture.
Décidément, voici le Primula ohconica mar-
chant sur les traces de son aînée, la Prime-
vère de Chine. Nous avions vu la variété rosea,
obtenuepar M. Sallier ; nous l’avions rencontrée
aussi à Maisons-Laffitte, chez M. Narbouton.
L’année dernière, MM. Vilmorin-Andrieux
et C'e nous avaient montré des exemplaires à
fleur déjà passablement grande. Aujourd’hui,
ils en présentent à grande fleur frangée et à
grande fleur hlanc pur. Les caractères sont
nettement marqués. Les plantes sont plus
« ramassées » et moins hautes que le type,
tandis que des Primula denticulata, à côté,
sont d’une végétation quasi-géante. La même
maison exhibe aussi sa magnifique collection
de Cinéraires hybrides à grande fleur, dont la
culture est toujours si remarquable, et dont
l’éloge n’est plus à faire.
La présentation des Anthurium de M. de la
Devansaye, l’amateur connu, d’Angers, est un
événement. On sait que M. de la Devansaye
acheta la fameuse collection Morel, et qu’il
l’exposa en 1889.
On remarqua, entre autres, les variétés mim-
bile, La Ville d’Angers., Album maximum,
Madame de la Devansaye, etc. Ces plantes
ont été travaillées depuis et fécondées, soit
entre elles, soit avec d’autres, et l’on nous
montre aujourd’hui, comme résultats, des spé-
cimens d’une vigueur et d’une ampleur extraor-
dinaires :
Anthurium Le Géant {A. mirabilexA. War-
dii), inédit. La plus grande fleur connue :
12 centimètres sur 18. Rouge minium ve-
louté et légèrement gouaché de blanc.
A. La Ville d’Angers x A. andegavense,
remarquable par ses panachures horizontales
blanches sur un fond pourpre à reflets lie de
vin.
A. La Ville d’Angers X A. atrosangui-
neum, à spathe ample et consistante, rouge
foncé ponctué de blanc.
A. Aurore(A. album maximum X Madame
de la Devansaye), inédit. Spathe blanc pur,
très-consistante, dans le genre de Sang gau-
lois, de Duval.
Un autre Anthurium hybride est le produit
de la fécondation d’un semis d’Eugénie Ber-
trand par VA. atrosanguineum. Spadice
ocracé, spathe d’un atrosanguin étonnant
d’intensité. La propriété du semis d’Eugénie
Bertrand futachetée par l’hybridateur.
M, de la Devansaye présentait aussi un beau
Vriesea furcata (V . Coburgii X Warmingii).
Ces divers apports ont mérité justement la
prime de l^c dasse avec félicitations qui leur a
été décernée, sans compter le certificat de mé-
rite de Re classe pour V Anthurium Le Géant.
Cette fois, M. Trutfaut a voulu démontrer
qu’il était possible de réunir, à la nuance ver-
millon intense de ses Clivia, une grosseur
d’ombelles et une ampleur de corolles remar-
quables, et il y a réussi. Le secret consisterait,
paraît-il, à traiter, en été, ces plantes avec beau-
coup d’engrais.
M. Maxime Jobert possède aussi le secret
d’obtenir de beaux Hortensias, plantes bien
faites, remarquablement trapues et uniformé-
ment floribondes. M. Jobert rentre ses plantes
à une chaleur de -j- 25® pour obtenir de nou-
velles pousses vigoureuses. Il descend ensuite
progressivement la température jusque dans le
voisinage de zéro, puis la remonte insensible-
ment jusqu’à la floraison.
M. Moser présentait deux Polygonatum mul-
tiflorurn, l’un régulièrement et nettement strié
de blanc, l’autre entièrement blanc. Nous pré-
férons le premier au second. Cette variété
striatum ou variegatum pourra rendre des
services.
Pour mémoire : Primevères de Chine et
linéaires en fleurs coupées de M. Clausse.
164 PLANTES NOUVELLES OU PEU CONNUES DÉCRITES DANS LES PUBLICATIONS ÉTRANGÈRES.
Orchidées
M. Mantin, l’amateur bien connu d’Olivet,
présentait un fort beau Lycaste Mantini^ d’un
blanc laiteux, bien consistant, avec macule
jaune à la gorge du labelle. Cet hybride nou-
veau (L. Deppei X L. Skinneri Reginæ),
semé en octobre 1890, a fleuri le 4 fé-
vrier 1897 pour la première fois.
MM. Duval et fils présentaient le Cattleya
Trianæ Mariæ, déjà vu en 1896, mais qui
n’avait pas été suffisamment éprouvé. Il a
acquis définitivement une réelle valeur. D’au-
tres plantes sont intéressantes dans leur lot :
un Lycaste Skinneri alba trouvé dans une im-
portation de L. Skinneri^ en i895, un Den-
drobium Wardianum Lowii, remarquable-
ment coloré, un CypripediumBothschildianum,
et surtout un Odontoglossum crispum de pure
race « Pacho ».
Pour les profanes, M. Duval a entretenu
l’assemblée de ce qui caractérise cette race
spéciale d’O. crispum Alexandræ. C’en est la
par'faite disposition symétrique des diverses
pièces du périanthe, qui doivent toutes sous-
crire également et à égale distance, dans
une circonférence. Leur substance doit, en
outre, être parfaitement étoffée. Et ce ne fut
qu’à Pacho (Colombie) — prononcez « Pa-
tcho », — qu’on en trouva de telles.
Nombreuse et variée collection de M. Oc-
tave Doin. Noté particulièrement un Phajus
tuberculosus au pavillon étalé horizontale-
ment, et au labelle couvert de ponctuations
comme un Mimulus ; un Cypripedium
Elliottianum, remarquablement strié de ban-
des longitudinales brunes ; puis : Cattleya
Schræderæ albescens, Dendrobium primu-
linum grandiflorum, Odontoglossum he-
braicum, O. Rossi erubescens, etc.
L’apport de M. Drieger, jardinier du châ-
teau du Monastère, se distingue surtout par
un remarquable Oncidium Sarcodes, un
Lælia acuminata et un Oncidium leuco-
chilum, assez rares, et un beau Dendrobium
superbum giganteum.
Rien à l’arboriculture ni à la culture pota-
gère. Pas de séance le 25 mars, pour cause de
Mi-Carême.
H. Dauthenay.
REVUE DES PLANTES NOUVELLES OU PEU CONNUES
FIGURÉES OU DÉCRITES DANS LES PUBLICATIONS HORTICOLES ÉTRANGÈRES
PENDANT LE SECOND SEMESTRE DE l’aNNÉE 1896 ^
Nymphæa stellata, var. eastoniensis(Nym-
phéacées), Gard, and For., 1896, p. 474, fig.
noire, 68.
Odontoglossum crispum. Ldi., var. Aswor-
thianum, O’ Brien (Orchidées), Lind.,
tab. 522.
— crispum, Lindl. var. augustum, L. Lind.
(Orchidées), Lind., tab. 524. G. C., 23 mai
1896, p. 655. — Variété qui a fleuri pour la
première fois chez MM. Dallemagne et C^o,
à Rambouillet, d’une des importations de
M. Linden. En mai dernier, elle fut ache-
tée par M. Jules Hye, de Gand, pour la
somme de 7,875 francs, prix le plus élevé qui
ait été payé pour un Odontoglossum .
— crispum, Ldi. var. Galos, L. Lind. (Orchi-
dées), Lind., tab. 518. — Variété nouvelle à
fleur d’environ 10 centimètres de diamètre.
— crispum. Ldi. var. citratum, L. Lind.
(Orchidées), Lind., tab. 521.
— crispum, Ldi. var. meleagris, L. Lind.
(Orchidées), Lind, tab. 520.
— luteo-purpureum Ashworthianum (Or-
chidées), G. G., 1896, p. 63. — Splendide va-
riété à fleurs de très-grandes dimensions.
— maculatum, La^ Llave (Orchidées), Lind.,
tab. 543. — Mexique. Espèce décrite et figu-
rée d’abord en 1825. Réintroduite définitive-
ment par M. J. Linden, vers 1869, elle est
proche voisine de l’O. cordatum, mais ses
fleurs sont moins grandes, les pétales plus
courts et plus larges, le labelle plus étalé et
plus court.
^ Voir Revue horticole, 1897, p. 9:^ et 142.
— Rossi, Lindl. var. Pauwelsiæ, L. Lind.
(Orchidées). Lind., tab. 534.
O. X rubiginosum, L. Lind. (Orchidées),
Lind., tab. 117. — Probablement un hybride
naturel entre les O. crispum et O. sceptrum.
O. X spectabile, L. Lind. (Orchidées), tab. 523.
— hybride naturel ayant une grande affinité
avec l’O. excellens.
O. X Troyanofskianum,L. Lind. (Orchidées),
Lind., tab. 540.
O. X Wilckeanum, Rchb. f. var. rufum, L.
Lind. (Orchidées), Lind., tab. 519. — Provient
d’un croisement naturel entre l’O. crispum et
l’O. luteo-purpureum.
Oncidium luridum. Lindl. (Orchidées), Lind.,
tab. 542. — Antilles. Plante très-décorative,
connue déjà du temps de Linné et réintro-
duite en 1823. Ses fleurs sont grandes et d’un
coloris agréable. Il est surprenant de ne pas
la voir figurer dans toutes les collections.
Onosma albo-roseum, Fisch. et Mey. (Borra-
ginées), The Gard., 1895, p. 250, pl. color.,
1085. — Jolie plante alpine de rocaille peu
répandue encore dans le commerce. Fleurs
blanches ou d’un blanc bleuâtre.
Parrotia Jacquemontiana , Decne. (Ha-
mamélidées). B. M., tab. 7501. — Arbuste
des hautes montagnes de l’Himalaya, qui se
rapproche davantage du Fothergilla alnifolia
que du Parrotia perslca. Il atteint 5 à 6 mè-
tres de hauteur. Ses feuilles prennent à l’au-
tomne une brillante couleur jaune orangé ou
écarlate. Fleurs blanches avec nombreuses
étamines jaune d’or.
Passif lora galbana, Mast. n. sp. (Passiflo*
PLANTES NOUVELLES OU PEU CONNUES DÉCRITES DANS LES PUBLICATIONS ÉTRANGÈRES. 165
rées), G. G., 1896, p. 555; fig. noire, 97. —
Nouvelle espèce introduite par M. R. Greighton
dans un lot de Cattleya labiata, probable-
ment du nord du Brésil. Cette Passiflore a les
rameaux grêles. Les fleurs sont d’un jaune
clair, ou jaune primevère, et ne s’ouvrent
qu’au crépuscule pour se fermer au jour. On
doit penser qu’un insecte ailé crépusculaire
est chargé du soin d’assurer la fécondation,
car les Passiflores ne peuvent être fécondées
par leur propre pollen. Cette espèce est alliée
au P. MierslL
Pentstemon azureus. Benth. (Scrophulari-
nées). B. M., tab. 7504. — Californie. Plante
vivace, ligneuse à la base, à rameaux d’un
rouge brun. Les fleurs sont en grappes, â
corolle de 3 à 4 centimètres de long, de cou-
leur bleu violet, avec la base du tube rose
pourpre. Elle s’élève jusqu’à 2,650 pieds au-
dessus du niveau de la mer, mais alors sous
une forme naine.
Phajus mishmensis, Reichb. f. (Orchidées).
B. M., tab. 7479. — Himalaya oriental. Plante
découverte dans les monts Mishmi, dans le
Haut-Assam, par Griffith, en 1836, et réintro-
duite récemment. La tige s’élève de 60 centi-
mètres à 1 mètre, portant un ou plusieurs
scapes qui sont axillaires à l’aisselle des
feuilles inférieures. Grappe de 8 à 10 fleurs
de près de 6 centimètres de large, de couleur
rose pâle ou rose plus foncé. Labelleplus pâle
et rayé; il est trilobé, à lobes latéraux larges
et' orbiculaires. Éperon grêle, recourbé, jau-
nâtre. Colonne mince, les côtés dilatés au-
dessus du milieu.
Philodendron Mamei, Ed. André. (Aroïdées).
Illustr. hort., p. 277, pl. color. — Originaire
de l’Équateur. Cette belle plante est connue
depuis 1883. La spathe est d’un brun marron
foncé, très-luisant dans sa partie inférieure;
la partie ouverte est d’un blanc extrêmement
mat, le spadice conique est blanc de lait.
Pilocarpus Jaborandi, Holmes (Rutacées),
B. M., tab. 7483. — Pernambuco. Arbrisseau
ou petit arbre à rameaux hispides. Grappes
axillaires, grêles, d’un pied de long, à rachis
d’un vert rougeâtre, portant de nombreuses
petites fleurs rose foncé. Le nom de Jabo-
randi a été appliqué indistinctement à de
nombreuses plantes de diverses familles. On
avait longtemps confondu cette plante avec le
P. pennatl folium.
Prunus subhirtella, Miquel (Rosacées), B.
M., tab. 7508. — Japon. Arbuste qui se rap-
proche à certains égards du P. japonlca. Les
fleurs paraissant avant les feuilles sont blan-
ches, disposées en fascicules et petites.
Pueraria Thunbergiana, Benth. (Légumi-
neuses), Gartenfl., 1896, p. 401, fig. colo-
riée 1429. Revue horticole. — Liane à tige
ligneuse grimpant très-haut et s’enroulant de
gauche à droite. Feuilles à trois folioles, à
limbe vert foncé à la partie supérieure, plus
clair à la partie inférieure. Étendard pourpré
avec tache à la base, passant ensuite au bleu.
Originaire du Japon, où elle sert à divers
usages. MM. Paillieux et Bois ont donné
l’histoire de celte plante dans Le Potager
d'un curieux.
Hestîo verticillatus, Spreng. (Resliacées),
Gard, and For., 1896, p. 434, fig. noire 57.
— Sud de l’Afrique. Plante d’un aspect
étrange et fort ornementale, décrite il y a
déjà trente ans par le docteur Masters. On lâ
nommait alors dans les jardins WlUdenowla
teres. Ses chaumes retombent gracieusement
et sont garnis d’une multitude de ramuscules
en forme de filaments qui rappellent les crins
de la queue d’un cheval. La plante est vi-
vace; il lui faut beaucoup d’eau.
Rhamnus crenatus, Sieb. et Zucc. (Rham-
nées), Gard, and For., 1896, p. 424, fig.
noire 56. — Japon et nord de la Chine. Ar-
buste de 2 à 3 mètres de hauteur, non épi-
neux. Il est assez décoratif à l’automne par
ses baies noires très-abondantes ; ses fleurs
sont insignifiantes.
Rhododendron serpyllifolium, Miq. (Eri-
cacées), B. M., tab. 7503. — Japon. Ce petit
arbuste est bien l’espèce la plus insignifiante
du genre, avec le R. nivale, espèce alpine
des montagnes du Sikkim. Ses fleurs, d’un
rose assez vif, sont très-petites. Spécifique-
ment il est allié au R. Indlcum.
— Smirnowi, Traut. (Éricacées). B. M.,
tab. 7495. — Cette nouvelle espèce, originaire
des montagnes du sud du Caucase, présente
des affinités dans le feuillage avec le D. luna-
tum de l’Himalaya, mais la corolle est infun-
dibuliforme et la face inférieure des feuilles
laineuse. Fleurs à large corolle de 9 centi-
mètres en diamètre, de couleur rose, avec les
bords plutôt rouges.
Salvia yunanensis, Wright (Labiées), B. K.,
1896, p. 164. — Chine. Cette espèce, aux
grandes fleurs d’un bleu cobalt, habite les
montagnes du Yunnan à une hauteur de 6,000
à 6,500 pieds. Par ses feuilles, elle ressemble
au S. scaplformls.
Sansevieria Roxburghiana, Schult. f. (Hæ-
modoracées), B. M., tab. 7486. — Indes-
Orientales. Feuilles linéaires-ensiformes de
60 à 90 centimètres de long; elles sont raides,
étroitement bordées de rouge, à face supé-
rieure concave, et contiennent des fibres tex-
tiles comme les Aloès et les Agaves. Grappe
de 0"*30 de long, portant des fascicules de
3 à 6 fleurs, à périanthe d’un blanc-verdâtre.
Sarcochilus haînanensis, Benth. et Hook. f.
(Orchidées), B. M., tab. 7489; B. K., p. 199.
— Ile de Hainan (Sud de la Chine). Cette
plante appartient à la section Cuculla carac-
térisée par le rachis comprimé des grappes,
avec des bractées pectinées. La tige, de la
grosseur d’une plume d’oie, atteint 18 centi-
mètres de hauteur. Fleurs pendantes, jaune
d’or, de 4 à 5 centimètres de long.
Saxifraga muscoides Rhei (Saxifragées),
The Gard-, 1896, p. 250, pl. color. 1085. —
Charmante plante alpine des jardins de ro-
cailles.
Scutellaria amæna, Wright (Labiées). B. K.,
1896, p. 164. — Chine. Plante herbacée à
grandes fleurs bleues qui ressemblent à celles
du -S. macrantha, mais elle diffère de cette
dernière espèce par ses feuilles oblongues et
non linéaires-Iancéolées.
Solanum cernuum, Velloz. (Solanées), B.M.,
tab. 7491. — .Sud du Brésil. Arbuste dont
le caractère le plus saillant est d’être recou-
vert sur les branches, les rameaux, le ca-
lice, etc., de longs poils bruns et flexueux. I
166
SALSIFIS ET
s’élève à 6 ou 8 pieds avec des branches
courtes et robustes. Les feuilles ont 60 centi-
mètres de long ; elles sont blanches en des-
sous, un peu tomenteuses. Fleurs blanches.
Stenomesson (Coburgia) incarnatum,
Baker (Amaryliidées), The Gard., 1896, p. 62,
pl. color. 1076. — Andes du Pérou, Bolivie et
Ecuador. Plante bulbeuse de serre que l’on
trouve seulement à Kew et dans les jardins
botaniques. Cependant, comme les fleurs pa-
raissent à une époque où les plantes de serre
sont très-recherchées, elle mériterait la cul-
ture.
Stephanandra Tanakæ, Franch. et Savat.
(Rosacées), Gartenfl., 1896. p. 506, fig.
color. 1431. — Japon, au pied ^des montagnes
Fusiyama. Les feuilles seulement de cette
Spiréacée nouvelle sont ornementales ; d’abord
grises, elles deviennent, en vieillissant, d’un
beau rouge bronzé. En raison de sa crois-
sance dans les régions élevées, cette plante
supportera les froids de nos climats.
Tigridia Pavonia, var. flava (Iridées), The
Gard., 1896, p. 22, pl. color. 1074.
Trichomanes (Hemiphlebium) Fraseri,
Jenm. ; n. sp. (Fougères). G. C., 1896, p. 266.
— Antilles. Cette Fougère est assez voisine
des T.paroulum et T. proliferum parmi les
espèces orientales, et des T. quercifoUum et
T. reptans parmi celles des Antilles.
SALSIFIS ET
Voici deux plantes potagères de la fa-
mille des Composées-Chicoracées, dont le
produit alimentaire est la racine charnue,
succulente quand elle est cuite, et qu’il va
falloir songer actuellement à semer et cul-
tiver dans le jardin potager.
Il n’est peut-être pas sans intérêt de faire
ressortir ici les caractères distinctifs de ces
deux plantes, car si elles appartiennent à
la même famille, elles sont rattachées par
les botanistes à deux genres différents.
La première, le Salsifis, Tragopogon
porrifolium, L., originaire du Midi de l’Eu-
rope, est bisannuelle, à tiges fistuleuses,
glabres, atteignant 1 mètre de hauteur et
portant des feuilles lancéolées, linéaires,
entières, 7i07i dentées, vert glauque. Les
fleurs, d’un coloris violet, sont réunies en
capitules terminaux solitaires. Les fruits
sont longs, ovales, très-striés, rudes au
toucher, hi'wxs ou quelquefois xioWâb'es et
couronnés d’une aigrette plumeuse courte-
mexit stipitée. Les racines longues, fusi-
formes sont d’un blanc jaunâtre.
La seconde. Scorsonère, Scorzojiera
hispanica, L., est également bisanuelle
et originaire de l’Europe méridionale,
mais à tiges plus hautes, atteignant 1 m. 30
à 1 m. 50, cylindriques, légèrement
cannelées, un peu cotonneuses et bran-
SCORSONÊRE.
— rorainiense, Jenm , n. sp. (Fougères)
G. C., 1896, p. 716. — Nouvelle espèce de la
Guyane, dont les frondes mesurent 12 à
15 centimètres de long.
Trichopilia crispa, var. marginata, Warner
(Orchidées), Lind., tab. 527. — Variété dé-
crite et figurée en 1862, par Robert Warner.
Valeriana sitchensis, Bong. (Valérianées),
Gard. and. For., 1896, p. 516, fig. noire 74.
— Une des plus belles plantes sauvages des
hautes montagnes du nord-est des États-Unis;
elle mériterait la culture.
Vanda hainanensis, Rolfe (Orchidées), B. K.,
1896, p. 199. — Haïnan. Cette Orchidée
appartient à la section Anota. Les fleurs sont
blanches et pourpres, odorantes.
— Kimballiana, H. -G. Rchb. f. (Orchidées),
Gartenfl., 1896, p. 337. fig. color. 1428. —
Nouvelle espèce voisine du V. Amesiana, à
fleurs aussi grandes, mais tout à fait diffé-
rentes. Grappe multiflore de 30 à 35 centi-
mètres de long. Sépales et pétales d’un blanc
pur. Labelle pourpre rosé. Éperon conique,
acuminé. Originaire du Burma,
Vitis Doaniana. (Ampélidées), Gard, and
For., 1896, p. 454, fig. noire 59. — Vigne
sauvage du Texas, qui surpasse en vigueur et
en rusticité toutes les autres espèces.
D. Bois et G. Gibault.
SCORSONÈRE
chues au sommet ; à feuilles planes, on
dulées, quelquefois dentées et plus épais-
ses que chez la précédente. Les fleurs, d’un
coloris jaune, sont de même réunies en
capitules terminaux. Les fruits sont can-
nelés, hlanchâh'es et surmontés d’une ai-
grette plumeuse non stipitée. Les racines,
à peu près de même longueur et de même
grosseur que celles du Salsifis, sont noires
et, à âge égal, cependant moins grosses au
collet.
Des caractères saillants qui précèdent, il
appert qu’on peut aisément reconnaître
l’une de l’autre, à toutes les époques de la
végétation, les deux plantes potagères que
nous examinons aujourd’hui.
La Scorsonère croît moins vite que le
Salsifis, mais par contre elle présente la
curieuse particularité de rester comestible
quoique ayant fleuri, c’est-à-dire qu’après
la floraison ses racines ne se vident pas, ne
deviennent pas filandreuses, comme on l’ob-
serve chez la plupart des légumes du même
groupe, la Carotte par exemple et le Salsifis
lui-même, de sorte que cette plante est
généralement préférée à cetfe dernière dans
les cultures.
Quoique originaires du climat méridional
de l’Europe, ces deux plantes réussissent
parfaitement dans la région parisienne où
CORRESPONDANCE.
elles réclament un sol meuble et profond,
c’est-à-dire sablonneux, un peu frais. Dans
les terrains trop compactes, leurs racines
sont susceptibles de se ramifier et de
devenir coriaces et filandreuses. Leur
multiplication ne s’effectue que par le
semis.
Celui-ci se pratique à la fin de mars,
courant d’avril et première quinzaine de
mai au plus tard, soit à la volée, soit de
préférence en rayons dist:mts de 20 centi-
mètres les uns des autres, et à raison de
100 grammes de graines de Scorsonère par
are et de 120 grammes de graines de Sal-
sifis pour la même surface. On opère dans
un sol suffisamment ressuyé en observant de
n’enterrer les semences que de 2 à 3 centi-
mètres au plus. Si la température ambiante
l’exige, on donne dans le courant d’avril de
légers bassinages aux planches de semis, et
en mai de petites mouillures pour faciliter
la levée régulière des graines. Dès que les
jeunes plantes ont 3 ou 4 feuilles, c’est-à-
dire 3 semaines ou 1 mois après le semis, il
I est bon de les éclaircir et de les maintenir
i à 10 ou 12 centimètres les uns des autres,
ipuis d’arroser aussitôt après cette opéra-
tion.
Les soins d’entretien sont peu nombreux
et consistent, surtout dans les sols secs, à
donner plusieurs mouillures de fond durant
la végétation.
Il n’est pas rare de voir monter la Scor-
sonère à fleur dès le mois de juillet qui
suit le semis. Lorsque ce fait se produit,
il faut, à ce moment, couper les tiges au rez
167
du sol, ce qui favorise le grossissement des
racines.
Cultivées et traitées ainsi, les racines de
ces plantes peuvent se récolter depuis le
courant d’octobre jusqu’au printemps, en
faisant remarquer toutefois que la Scorso-
nère est plus robuste que le Salsifis, et que
celui-ci est susceptible de geler pendant
l’hiver sous le climat parisien. Il importe
donc, pour faciliter la récolte et aussi pour
éviter cet inconvénient du Salsifis, soit de
couvrir simplement le sol d’une couche de
feuilles, soit mieux encore d’arracher au
préalable les racines et de les mettre soi-
gneusement en jauge en les recouvrant
comme il vient d’être dit.
Disons encore que lorsqu’on désire ne ré-
colter la Scorsonère qu’à la seconde année
de semis, celui-ci se pratique en août-sep-
tembre, en ayant soin à cette époque d’ar-
roser fréquemment le sol pour faciliter la
germination des graines. Par ce procédé on
obtient des racines plus grosses, mais sensi-
blement de moins bonne qualité que par la
culture précédente.
Pour l’une et l’autre de ces deux plantes,
le rendement à l’are est à peu près le même
et s’évalue à 100 bottes de 40 à 50 racines,
pesant en moyenne 1 kil. 500 à 2 kilo-
grammes, soit de 450 à 200 kilogrammes.
Ajoutons enfin que les jeunes pousses de
la Scorsonère, étiolées au printemps, à
l’instar de celles du Pissenlit ou de la Chi-
corée sauvage, ont une saveur très-fine et
peuvent être consommées en salade.
Ch. Grosdemange.
CORRESPONDANCE
L
H. G. {Loire-Inférieure). — L’examen des
feuilles de Camellia ne nous a fait découvrir
dans les parties ravagées aucune trace de
Champignons parasites, et depuis que nous
avons reçu les échantillons, nous n’avons pas
constaté de modifications dans les échancrures
produites. Nous ne pouvons donc pas vous
renseigner exactement, d’après les échantillons
reçus, sur la cause de ces altérations, et nous
pensons que les larves d’insectes n’y sont pas
étrangères.
Les branches de Fusain ne nous ont pas da-
vantage montré de parasites végétaux.
Le Palmier examiné est envahi par un para-
site végétal, un Gleosporium qui forme ses
fructifications sur toute l’étendue de la partie
malade sous l’aspect de points noirs, d’un tiers
ou d’un quart de millimètre de diamètre. Il
vous sera facile de vous débarrasser de ce pa-
rasite au moyen des sels de cuivre, car les
spores du Gleosporium ne germent pas dans
une solution très-étendue de ces sels.
Dans ce but, vous devrez passer en revue
tous vos plants de Kentia et vous couperez
toutes les parties atteintes, puis avant de ren-
trer les plants dans des bâches, vous badi-
geonnerez les parois et les vitres de ces
bâches avec la bouillie bordelaise ou bour-
guignonne. Chacun des plants sera pulvérisé
avec la bouillie bordelaise et mis en place.
Par ce moyen, vous pourrez vous débar-
rasser facilement et rapidement du parasite.
Il sera bon de grouper les plants dans les
bâches en plusieurs catégories ; 1» les plants
entièrement sains; 2» les plants à peine atta-
qués ; 3o les plants bien malades, de manière
à pouvoir surveiller de très-près la marche de
la maladie.
Quant aux fragments de feuilles malades,
vous aurez soin de les brûler immédiatement
468
CORRESPONDANCE.
(je VOUS demanderai seulement de m’en faire
adresser quelques échantillons au bureau de
la Revue).
Cette opération une fois faite, vous n’aurez
plus qu’à surveiller les Palmiers et à renou-
veler les pulvérisations sur les plantes si vous
constatez que la maladie reprend de l’extension.
La fleur de soufre est absolument inefficace
pour le traitement de cette maladie. — 'Jj. M.)
No 4i2i {Constantine). — Nous ne con-
naissons pas d’autre mode d’emballage pour
l’importation des Asperges, que celui qui con-
siste à les placer dans des cageaux à claire-
voie. Ces cageaux, faits de bois blanc, sont
plus hauts que larges, la largeur ne devant pas
excéder la longueur des bottes. Chaque cageau
peut contenir deux ou trois étages de bottes,
bien défendues de tous côtés par un « rem-
plissage » approprié. Les frisures de bois sont
beaucoup moins susceptibles de s’échauffer
que le foin, la mousse ou les feuilles sèches.
Dans une contrée chaude comme est celle
où vous êtes installé, il y aurait peut-être lieu,
au lieu de botteler les Asperges, de les dis-
poser par lits dans le cageau posé à plat, et de
remplacer les frisures de bois par du papier en
tortillons. Une première couche d’Asperges
est d’abord placée. Un tortillon de papier en
protège les pointes contre le heurt des parois.
Le second lit est ensuite placé, mais les
pointes en sens inverse, et protégées de la
même façon, et ainsi de suite.
Si vous désiriez connaître la disposition des
cageaux dont nous parlons, vous pourriez de-
mander un échantillon à M. Beaumont, embal-
leur, 22, rueEtienne-Marcel, à Paris. — (H. D.)
Ch. H. {Smyrne). — Nous pensons que,
pour mieux s’assurer de trouver la véritable
orange de Tanger ou Tangérine, que M. Hub-
bard a justement vantée il faut s’adresser
à un horticulteur du sud de l’Espagne. Si vous
n’en connaissez pas, vous pourriez vous mettre
en rapport avec M. du Clozel, consul de
France à Malaga, ville qui est en rapports
constants avec Tanger. Nous nous informerons
du mode de conservation des Oranges dont vous
nous parlez et nous vous transmettrons la
réponse.
C. (Vienne). — Nous vous conseillons
de planter les Catalpas et les Paulownias
isolément, et non alternés en avenue, ces
arbres ne contrastant pas assez.
L’Exposition quinquennale de Gand aura
lieu au printemps de l’année prochaine.
Mme J) (Paris). — La maladie noire qui
attaque vos Citronniers est la Fumagine (Fu-
mago salicina), la même qui ravage les plan-
tations d’Orangers, de Citronniers et d’Oliviers
dans le midi. On a conseillé des laits de chaux
ou d’hyposulfite de chaux, des fumigations au
^ Voir Revue horticole, 1896, p. 74.
coaltar, le pétrole, etc., mais le traitement qui
donne les meilleurs résultats consiste à recéper
les arbres malades, à changer le soi et à leur
donner une bonne nourriture, des arrosages
modérés et le grand air.
C. V. (Somme). — La Vigne à feuilles
tricolores de M. Caplat peut réussir et servir
d’arbuste grimpant et décoratif sous notre
climat, mais elle n’y mûrira pas ses fruits. Elle
sera mise prochainement au commerce.
G. et P. (Allier). — Les plus beaux
Phalænopsis Schilleriana que nous connais-
sions se trouvent chez M. A. Régnier, horticul-
teur, avenue Marigny, à Fontenay-sous-Bois
(Seine). Nous en avons vu des exemplaires
portant jusqu’à 70 fleurs roses admirables,
épanouies à la fois. C’est la plus belle Orchidée
des Philippines ; sa culture et sa floraison, en
serre chaude humide, n’offrent aucune diffi-
culté sérieuse.
A. B. (Seine-Inférieure). — Vous pourrez
vous procurer des Wellheimia capensisen vous
adressant à M. Van Tubergen, horticulteur à
Haarlem (Hollande).
C. (Hérault). — Le Salvia Rœmeriana,
Scheele, est une belle plante découverte au
Mexique (à Neubraunfels) par Rœmer. Ses
fleurs sont cramoisies. Sa taille atteint
60 centimètres de haut et plus. Vous pouvez la
traiter comme le Salvia splendens, au soleil.
X. T. (Seine). — Nous vous recomman-
dons, pour reproduire vos fruits, M. Théveny
18, rue de la Mairie, à Antony (Seine).
N" A, 121 (Constantine) . — Le moulage et la
coloration de vos Dattes pourront être faits
avec succès par le même M. Théveny.
V. T. (Hollande). — La réponse à votre
demande se trouve consignée dans l’article de
ce jour sur les Galanthus, rédigé parM.Micheli.
No 2385 (Oise). — La question que vous
nous posez relativement au traitement des
fumiers par les acides n’est pas résolue.
D’après des expériences récentes, communi-
quées par M. Dehérain à la Société nationale
d’agriculture de France, ce serait une chose ab-
solument funeste. Déjà M. Dehérain avait in-
sisté sur les modifications profondes qu’on
fait subir au fumier, en le mélangeant à des
engrais acides, tels que le superphosphate
acide de chaux. En agissant ainsi, on a un en-
grais quelconque mais qui n’est plus du vrai
fumier.
Ainsi donc, si l’on emploie des engrais chi-
miques, et principalement du superphosphate
acide, il ne faut pas les mélanger au fumier.
M. Dehérain recommande aussi pour éviter,
autant que possible, les pertes d’ammoniaque,
de maintenir dans les fumiers 75 p. ,(X) d’eau,
et d’assurer l’écoulement du purin vers une
fosse abritée de l’air.
Orléans. — lmp. G. Jacob, Paul Pigelet, successeur.
Le Directeur-Gérant t L. Bourguignon.
CHRONIQUE HORTICOLE.
169
ï CHRONIQUE HORTICOLE
y Mérite agricole. — Concours général agricole. — La prochaine exposition d’automne de la Société
^ nationale d’hoi'ticulture. — L’Exposition quinquennale de Gand en 1898. — Le temps d’avril. — La
fécondation des fleurs du Poirier, — Propriétés alimentaires du Phœnix melanocaripa. — Supério-
rité ornementale d’une Vigne japonaise. — Réduction du genre Hepatica à deux espèces. — Les
Séneçons d’ornement à Castlewellan. — Expositions annoncées. — Nécrologie : M. Ch. Eliot,
M. Channeux.
Mérite agricole. — Par arrêté du pré-
V: sident du Conseil, ministre de l’agricul-
ture, ont été nommés au grade de che-
valier dans Tordre du Mérite agricole :
MM.
Vidal-Beaume (Jean-Baptiste-Louis), ingénieur-
constructeur, fabricant de matériel agricole
à Boulogne-sur Seine (Seine) : Membre de
la Chambre syndicale des constructeurs de
machines agricoles et horticoles. Nombreu-
!| ses récompenses dans les expositions et
I . concours.
ii V Chartier (Baptiste-Henri), à Boulogne-sur-
Seine (Seine) : Fondateur et président de la
Il Société colombophile. Membre de la Société
I d’horticulture de Boulogne-sur-Seine. Dirige
Ideux importantes exploitations comprenant
ensemble 500 hectares.
Concours général agricole. — A Theure
où nous écrivons, le Concours général agri-
-, cole de 1897 est dans tout son éclat.
;ÿ- Les travaux de l’Exposition universelle,
déjà commencés, avaient nécessité son
congé du Palais de l’Industrie. On peut
dire que l’installation de cette fête agricole
au Champ de Mars, dans la Galerie des
Machines et dans la Galerie de trente mè-
tres, lui a donné un caractère de grandeur
inusité jusqu’ici. Le rassemblement de
toute la machinerie agricole au milieu de
la galerie, avec des animaux sur les côtés, a
produit à la vue, prise du premier étage,
l’effet d’un gigantesque champ de foire,
animé par le concert discordant des rumi-
nants et des gallinacés.
C’est à Textrémité opposée à l’entrée de
la Galerie des Machines qu’est placée la
partie horticole. En cet endroit du pourtour
du premier étage, des pelouses de tracé
varié ont été habilement disposées. Elles
sont émaillées de corbeilles exactement
comme dans un jardin. Un escalier monu-
mental permet, de là, aux visiteurs, d’admi-
rer, au fur et à mesure qu’ils descendent,
un charmant jardin régulier peuplé d’ar-
bustes et d’ Azalées.
Enfin les arbres verts et les arbres for-
més ne sont plus relégués, comme cela
avait lieu d’habitude, dans des recoins qui
étaient et devaient rester sombres.
Cette ingénieuse disposition fait admira-
blement ressortir l’arrangement des lots
exposés. Les Azalées, les Hortensias, les
Lilas forcés, les Clématites et les Ciné-
raires en sont les plus beaux joyaux.
L’époque du concours, reculée en avril, a
d’ailleurs permis à plusieurs exposants de
montrer de jolies plantes annuelles et des
Pélargoniums zonés. Par contre, cette
même raison a fort contrarié les produc-
teurs de fruits, qui ont eu nécessairement
beaucoup de difficultés pour conserver
jusqu’à cette époque de Tannée les produits
qu’ils voulaient exposer. Tant il est vrai
qu’on ne peut contenter tout le monde.
La partie potagère, de son côté, a beau-
coup gagné en intérêt.
La Revue horticole, d’ailleurs, ne man-
quera pas, dans son prochain numéro, de
donner un compte rendu de la partie horti-
cole, comme elle Ta fait Tan passé.
La prochaine exposition d’automne de
la Société nationale d’horticulture. —
La Société nationale d’horticulture a dé-
cidé que son exposition automnale en 1897
aurait lieu du lO au 15 novembre. Cette
exposition se tiendra au jardin des Tuile-
ries, sous une grande tente.
Cette disposition est sans doute destinée
à permettre d’obtenir de très beaux effets
d’ensemble. Mais espérons qu’il n’y fera
pas trop froid pour les visiteurs qui ne
sauraient manquer d’être nombreux, si Ton
en juge par la vogue toujours croissante des
Chrysanthèmes , ces admirables fleurs
d’hiver.
Ce sont, en effet, les Chrysanthèmes qui
en seront incontestablement le principal
attrait. Leur culture a été portée, comme
on le sait, à un haut degré de perfec-
tion. D’importantes Sociétés de chrysan-
thémistes se sont fondées, qui rivalisent
entre elles pour le progrès et la diffu-
8
16 Avril 1897
170
CHRONIQUE HORTICOLE.
sion de cette culture. La Société des
Chrysanthémistes américains et surtout la
« Royal Ghrysanthemum Society », de
Londres, sont l’incarnation de la concur-
rence étrangère à cet égard. En France, un
grand groupement, dont le siège est à Lyon,
la Société des Chrysanthémistes français,
tend à réunir sous sa vigoureuse impulsion
les efforts nationaux. Il y a aussi la Société
des Chrysanthémistes du Nord.
Puis, suivant l’exemple donné par la
province, les Chrysanthémistes de la So-
ciété nationale dliorticulture ont fondé,
au sein de la Société nationale, la Section
des Chrysanthèmes, qui vient d’avoir à
examiner dans quelles conditions devait
avoir lieu la prochaine exposition de
Chrysanthèmes.
Tous ceux qui s’intéressent aux ques-
tions d’ordre et de classification ont pu
apprécier les avantages des groupements de
Chrysanthèmes adoptés par la Société de
Londres : japonais reflexes, japonais in-
curves, anémonif ormes, alvéolés et pom-
pons.
Aussi avions-nous regretté de voir tout
d’abord la section des chrysanthémistes ne
pas tenir compte de ces groupements dans
l’établissement des concours de la pro-
chaine Exposition ; nous sommes heureux
d’apprendre qu’elle n’a pas persisté dans
cette voie.
Des concours spéciaux seront établis pour
chacun des groupements ci-dessus désignés,
et de plus il est créé un concours particu-
lier pour récompenser le meilleur mode
d’emballage des Chrysanthèmes en fleurs
coupées.
L’Exposition quinquennale de Gand en
1898. — C’est au mois d’avril 1898 que la
Société royale de Gand ouvrira sa 14« expo-
sition quinquennale et internationale. Les
amateurs, les horticulteurs et les sociétés
d’horticulture du monde entier sont admis
à y concourir. Cette fois, une importance
plus grande que par le passé sera accordée
aux cultures de plantes -spécimens. Des
prix spéciaux très-importants seront réser-
vés aux exposants qui auront le plus con-
tribué à ramener le goût de plantes autre-
fois recherchées et qu’on a délaissées à tort.
Le jury, international, sera composé des
personnalités les plus considérables de
l’horticulture. Le programme provisoire,
que nous avons sous les yeux, comprend
vingt-huit sections : Plantes nouvelles,
Orchidées fleuries , Plantes de serre
chaude, Fougères, Aroïdées, Cycadées et
Pandanées, Arbustes de pleine terre en
floraison forcée. Azalées, Rhododen-
drons, etc., etc. Chacune de ces sections
comprend un grand nombre de concours.
Un programme détaillé, qui paraîtra avant
le 1®*’ mai 1897, indiquera la répartition
des récompenses qui doivent être attribuées
à ces différents concours. De même, un
règlement ultérieur fixera les conditions de
réception, d’installation et d’enlèvement des
plantes.
Les exposants devront adresser avant le
20 mars de l’année prochaine, à M. le
Secrétaire de la Société royale d’agri-
culture et de botanique, à Gand, une
demande écrite d’admission accompa-
gnée :
1® De la liste nominative et complète
des genres de plantes et des objets quHls
désirent présenter.
2® Des numéros des concours auxquels
ils désirent participer.
Ces formalités sont obligatoires.
Tout permet de prévoir que la prochaine
Exposition internationale de Gand dépas-
sera en éclat et en magnificence celles qui
y ont été tenues depuis un demi-siècle, et
qui sont le rendez-vous du monde horticole
tout entier.
Le temps d’avril. — Un violent orage
a éclaté sur Paris le 31 mars. Le XIV® ar-
rondissement a été particulièrement éprouvé;
un charretier a été tué boulevard Raspail
et un apprenti mécanicien paralysé du côté
droit, rue Denfert-Rochereau. Cet orage a
été immédiatement suivi d’une chute de
grêlons gros comme des noisettes, heureu-
sement mêlés à l’eau des averses. Le 2 avril
enfin, il a neigé. Les arboriculteurs ne
peuvent être que désagréablement impres-
sionnés par de tels accidents atmosphé-
riques, et il est heureux que nous conti-
nuions à avoir un temps pluvieux ou tout
au moins couvert. En effet, si l’orage du
31 mars avait, comme on dit, « purgé » le
temps, nous eussions pu avoir des gelées
funestes.
D’ailleurs, si l’on en croit les dictons
campagnards, la moins dangereuse des
éventualités serait de voir se continuer le
temps mi-couvert, mi-pluvieux et quelque
peu froid :
Avril froid, pain et vin donne
En avril nuée.
En mai rosée.
CHRONIQUE HORTICOLE.
171
Tonnerre en avril,
Blé au grenier, vin au baril.
Il n’est si gentil mois d’avril
Qui n’ait son manteau de grésil.
Mais il serait dangereux, paraît-il, que
cette situation se prolongeât au delà du
25 avril, car :
Quand il pleut à la Saint-Marc
Il ne faut ni foudre ni sac.
Rien n’est donc perdu, si l’on en croit les
vieilles observations de nos ancêtres.
La fécondation des fleurs du Poirier.
— Le journal américain American Agri-
culturist nous donne des détails sur la
publication, faite par la section de patho-
logie végétale du ministère de l’agriculture
aux É^tats-Unis, d’un travail sur la pollini-
sation des fleurs du Poirier. Diverses expé-
riences ont été instituées dans diverses
localités de l’État de New-York, à l’effet de
se rendre compte des conditions les plus
i favorables dans lesquelles la fécondation de
I cet arbre fruitier devait avoir lieu. Il résulte,
I des observations faites, que beaucoup de
I variétés de Poires ont besoin, pour produire
leurs fruits, de la fécondation croisée, ce
dont on se doutait bien un peu. Mais la
I plus efficace des fécondations croisées serait
celle qui proviendrait du pollen de variétés
I différentes. Les fruits qui proviennent de
pollinisation directe ne contiendraient d’or-
dinaire que des pépins avortés, tandis que
les autres seraient pourvus de pépins par-
faits.
Il y a là des considérations qui ont un
intérêt pratique, et qui méritent, par con-
Iséquent, d’être vérifiées. La conséquence
plus directe, indiquée d’ailleurs par les
expérimentateurs, est qu’il faudrait mé-
langer le plus possible les variétés dans les
plantations.
D’autre part, il est quelques variétés qui
sont bien fertiles par fécondation directe. Il
I serait intéressant de savoir lesquelles.
Enfin, l’on nous dit que le mauvais
temps pendant la floraison tenant les
abeilles et autres insectes éloignés des
arbres, est un obstacle à la fécondation.
Évidemment. Il y a longtemps que les Nor-
I mands n’aiment pas le « temps fumeux »
\ qui empêche les Pommes de nouer.
j
I Propriétés alimentaires du Phœnix
I melanocarpa. — M.iVimé Girard a commu-
niqué à la Société nationale d’acclimatation
de France un rapport sur la composition des
fruits du Phœnix melanocarpa. Le tra-
vail de M. Aimé Girard fait ressortir com-
bien serait désirable la propagation sur le
littoral de la Provence de ce Dattier au
fruit des plus succulents. Le poids de la
matière sucrée représente les deux cin-
quièmes de celui de la pulpe. Cette ma-
tière est du lévulose. On constate l’absence
du tanin et des acides. La saveur est
beaucoup plus douce que celle des Dattes à
saccharose. La pulpe fond littéralement
dans la bouche, et son essence, très-fine, lui
communique un parfum des plus délicats.
Les conclusions du savant chimiste vien-
nent à l’appui de tout le bien que nous
avons dit à plusieurs reprises, du Phœnix
melanocarpa^.
Supériorité ornementale d’une Vigne
japonaise. — Il s’agit du Vitis Coignetiæ,
originaire de l’île de Hokkaido (Japon), et
auquel le Gardcn a consacré un intéressant
article. L’illustration qui l’accompagne est
la reproduction photographique d’un ma-
gnifique exemplaire qu’on admire en
Irlande, à Gastlewellan, résidence du comte
d’Annesley.
Cette espèce est remarquable par la lar-
geur exceptionnelle de ses feuilles, comme
par la coloration rouge qu’elles revêtent à
l’arrière-saison. Leur seul défaut est d’être
caduques, mais dès le mois d’avril, la pré-
foliaison elle-même présente un tomeyitum
d’un gris rosé. Puis, au fur et à mesure
que le feuillage se développe et prend de
l’ampleur, la coloration rouge s’accentue
sur le revers des feuilles, pour devenir d’un
rouge sang jusqu’en novembre.
D’autres beaux spécimens ont pu être
observés autre part, notamment à Narrow-
water, près Newry, chez le major Hall ;
mais, chose étrange, l’influence d’un climat
pluvieux et d’un sol humide accentue da-
vantage, à Gastlewellan, sa coloration.
Cette espèce est tout indiquée comme
plante grimpante pour garnir les bosquets,
tonnelles, pergolas, pour monter en s’en-
roulant autour des perches, mâts, etc., et
doit produire un effet ravissant, entrelacée
dans les Sapins ou autres Conifères, sur le
vert sombre desquels sa nuance doit vigou-
reusement se détacher.
L’espèce qui se rapprocherait le plus du
• Voir Revue horticole, 1892, p, 562 ; 1893,
p. 156 ; 1894, p. 493.
172
CHRONIQUE HORTICOLE.
VMis Coignetiæ serait le V. rugosa que cul-
tive M. Naudin, directeur du Jardin d’accli-
matation d’Antibes. Mais le mérite orne-
mental du y. Coignetiæ est supérieur à
celui de cette espèce. La variété nommée
Précoce Caplat est une forme du V, Coi-
gnetiæ.
Il serait intéressant de lui comparer le
V. californica, renommé pour l’ampleur
de son feuillage et la luxuriance de sa végé-
tation.
Réduction du genre Hepatica à deux
espèces. — Dans le Wiei-ier Illustrirte
Garten Zeitung, le docteur G. -R. Beck a
publié une notice monographique des Hepa-
tica (section du genre Anémone) qui s’y
trouvent réduits à deux espèces ;
H. nobilis, Schreb., 1768, plus généra-
lement connue sous le nom de H. triloha,
Gilibert, 1782;
2*^ H. transsilvanica, Fuss. dont 1’//.
angulosa, DC., n’est qu’un synonyme.
Les H. hispanica, Barloivii, superha,
vulgavis, calycina, steleantha, rhætica,
aciitüoba et obtiisa, entre autres, ne sont
que des formes de la première de ces deux
espèces, formes ne dépendant que de dif-
férences aussi fugaces que minimes dans
la conformation des feuilles ou des fleurs.
Enfin, VH. media est un hybride de VH.
nobilis et de VH. transsilvanica.
Les Séneçons d’ornement à Castlewel-
lan. — Parmi les plantes à feuillage qui
font l’ornement du parc de Gastle^vellan
(Irlande), résidence du comte d’Annesley,
plusieurs Senecio attirent particulièrement
l’attention :
Le Senecio Forsteî’i, Philippi, originaire
du Chili, est une espèce élégante et toujours
verte, avec des feuilles de belles prestance,
finement et profondément dentées en scie.
Le S. compactas produit des contrastes
agréables par la teinte de ses feuilles gris-
verdàtre et bordées de blanc. Il en est de
même avec le feuillage grisâtre du S.
Greyi.
EXPOSITIONS ANNONCÉES ^
Le Raincy, du iO au i4 juillet. — La So-
ciété régionale d’horticulture du Raincy orga-
nise une exposition des produits de l’horticul
1 La Revue horticole annonce les expositions
générales ou partielles dont le programme est
adressé au Rédacteur en chef, 26, rue Jacob,
Paris.
ture et des objets d’industriçs horticoles, quj
aura lieu au parc de Monfermeil-Franceville,
du 10 au 14 juillet.
Le programme comprend 71 concours, .ainsi
répartis : culture maraîchère, 10 concours ; —
plantes nouvelles et semis, 2 ; — belle cul-
ture, 2 ; serre chaude et tempérée, 23 ; —
pleine terre, 15 ; — fleurs coupées et garni-
tures d’appartement, 5 ; — arboriculture et
fruits, 5 ; — instruction horticole, 4 ; — indus-
tries horticoles, 5.
Adresser les demandes, avant le l®»' juillet,
à M. V, Delaitre, secrétaire général, boule-
vard de la gare, à Chelles (Seine-et-Marne).
Blois, du 5 au 8 Juin. — La Société d’hor-
ticulture du Loir-et-Cher organise une exposi-
tion générale d’horticulture et des industries
qui s’y rattachent, qui aura lieu du 5 au 8 juin,
place de la République, à Blois.
Le programme comprend 32 concours, ainsi
répartis : semis et bonne culture, 2 concours;
— plantes de serre et de plein air, 10 ; —
fleurs coupées, 3 ; — pépinières, 2 ; — fruits, 3 ;
— légumes, 3 ; — semences, 1 ; — arts et
industries, 7 ; — ornementation de l’expo-
sition, 1.
Adresser les demandes, avant le 23 mai. à
M. le Président de la Société d’horticulture à
Blois.
Nécrologie : M. Ch. Eliot. — L’art des
jardins vient de faire une grande perte dans
la personne de M. Charles Eliot, mort à
Brokline (Etats-Unis), dans sa trente-hui-
tième année, le 25 mars dernier. Il avait
été l’élève et était devenu l’associé de
M. Olmsted, le célèbre architecte-paysagiste
américain. Indépendamment des nombreux
travaux où il s’était révélé artiste consommé,
et des nombreux articles de journaux et
rapports où il savait si bien défendre la
cause de l’art, il avait été l’un des princi-
paux promoteurs des lois de conservation
des plus beaux paysages naturels de l’Etat
de Massachusetts et s’était attaché avec pas-
sion à les embellir. Ces titres sont plus que
suffisants pour assurer la durée de sa mé-
moire, mais il nous reste à ajouter que les
qualités privées de l’homme s’ajoutaient
chez lui à la grande valeur de l’artiste.
M. Charmeux. — On annonce la mort
de M. Charmeux, viticulteur, capitaine de
cavalerie en retraite, décédé à Thomery
(Seine-et-Marne), à l’âge de quatre-vingt-
deux ans. Il était fils de François Charmeux,
qui planta le premier cep de Chasselas doré,
à Thomery, en 1730.
Éd. André.
PERVENCHE DE MADAGASCAR.
173
PERVENCHE DE MADAGASCAR
Sous ce nom on cultive, plus fréquem-
inenl dans le Midi que dans le Nord, à cause
de la somme de chaleur qu’elle exige, la
belle plante très-nettement figurée ci-contre
(fig. 59) et que connaissent sans doute
beaucoup de nos lecteurs.
C’est la Pervenche de Madagascar ^ ( Vinca
rosea, L.), qui s’éloigne beaucoup des Per-
venches de nos bois (Vinca major, Linn.,
et V. minor, Linn.) par son port, par son
aspect général et non moins par sa culture.
C’est autant peut-être sur ces particularités
que sur les légères différences botaniques
qu’elle présente avec les vrais, que les
botanistes avaient fondé les genres Catha-
ranthus, Don., et Lochnera, Rchb., qui
Fig. 59. — Pervenche de Madagascar.
{Vinca rosea).
n’ont pas été conservés. Ces différences ré-
sident dans les étamines, qui sont sessiles
et insérées dans la partie supérieure du
tube de la corolle, alors qu’elles sont pour-
vues de filets comprimés et insérés au mJ-
lieu du tube chez les Vinca vrais.
La Pervenche de Madagascar est une
plante cosmopolite, car elle habite tous les
tropiques et y croît on ne peut plus facile-
ment, la chaleur étant son élément le plus
important. Elle y constitue un sous-arbris-
seau ligneux à la base, et vivace par consé-
I quent, tandis que dans les cultures euro-
péennes on la traite généralement comme
^ Nous engageons nos lecteurs à ne pas prendre
à la lettre cette appellation si connue de Pervenche
de Madagascar. En réalité, cette espèce est essen-
tiellement ubiquiste, et se rencontre spontanée
dans plusieurs régions chaudes de la terre. E. A.
plante annuelle. Son inlroduclion dans les
jardins date de 1756, c’est dire qu’elle n’est
pas précisément nouvelle, mais, malgré sa
culture séculaire, elle est restée remarqua-
blement fixe: on n’en possède guère que
trois coloris : le type à fleurs rose foncé
avec la gorge purpurine ; une variété à
fleurs blanches avec la gorge pourpre, et
une autre entièrement blanche.
La plante est trop connue pour que nous
nous attardions à la décrire et, du reste, les
figures ci-contre nous en dispensent parfai-
tement. Nous parlerons plutôt de sa culture
et de ses divers usages horticoles.
La Pervenche de Madagascar se multiplie
généralement par semis, mais ses graines
ne mûrissent guère dans le Nord que sous
verre, alors que dans le Midi on en récolte
facilement en plein air. Ces graines doivent
Fig. CO. — Pervenche de Madagascar.
Fleurs détachées, 1/2 grandeur naturelle.
être semées de bonne heure, dès février si
possible, et sous châssis et sur couche
chaude, car il leur faut une assez forte cha-
leur de fond pour germer. Lorsque les
plants ont quelques feuilles, on les repique
séparément ou par deux-trois dans des go-
dets, et l’on replace ceux-ci tout de suite
sous châssis et sur couche, en enterrant les
pots dans le terreau qui couvre celle-ci.
Si l’on a l’intention d’utiliser les plantes
pour l’ornementation estivale des jardins,
on les laisse dans les godets jusqu’au mo-
ment de leur plantation en pleine terre,
laquelle ne peul avoir lieu, sous notre cli-
mat, avant la fin de mai, et encore faut-il
choisir pour elle un endroit chaud et bien
ensoleillé.'
Si les plantes sont destinées à être élevées
en pots, pour la décoration des serres, des
vérandas, des balcons, etc., ou pour la
vente sur les marchés aux fleurs, on leur
donne un deuxième rempotage dans des
pots de P2 à '15 centimètres de diamètre
1
LES RODGEHSIA.
174
dès que les racines commencent à tapisser
la motte des godets. La terre employée
pour les rempotages doit être très-fertile,
formée par exemple de moitié terreau de
couches bien consommé et moitié de terre
de bruyère, en y ajoutant au besoin un peu
de sable pour augmenter sa porosité, car les
arrosages doivent être copieux pendant la
saison chaude, où la végétation est très-
active.
Il y a avantage à pincer les plantes au-
dessus de la huitième feuille, pour les faire
ramifier; on peut même pincer de nou-
veau les branches latérales quand elles ont
le même nombre de feuilles. Ces pincements
retardent un peu la floraison, mais ils
rendent la plante ramifiée, trapue et d’as-
pect plus étoffé. Pour atteindre plus rapide-
ment le même résultat, les fleuristes qui
font des Pervenches pour la vente sur les
marchés aux fleurs placent généralement
trois plantes par pot, et souvent les trois
coloris dans chacun, pour augmenter l’effet
décoratif.
Les Pervenches élevées en pots doivent
être tenues constamment sous châssis, sur
chaleur de fond et très-près du verre, pour
éviter l’étiolement ; il leur faut, en outre,
beaucoup de lumière ; on ne doit même les
ombrager que lorsque le soleil est très-
ardent, surtout si l’on a soin de bien les
aérer quand il fait chaud. Dans ces condi-
tions, la floraison commence en juillet et se
continue abondante et soutenue jusqu’en
octobre et pendant presque tout l’hiver si
l’on a soin de rentrer les plantes en serre
chaude à cette époque. On peut même les y
conserver plusieurs années en leur donnant
chaque année au printemps un bon rempo-
tage et des pots proportionnés à leur force,
mais il faut alors laisser les plantes se repo-
ser pendant l’hiver, en réduisant pour cela
les arrosements au strict nécessaire.
Le bouturage peut être employé comme
procédé de multiplication, quand on a eu
soin d’hiverner en serre un certain nombre
de pieds-mères, qui fourniront au prin-
temps un grand nombre de boutures si on
les pousse à la végétation. Celles-ci se font
avec les extrémités herbacées des rameaux
et s’enracinent facilement sous cloche et en
serre à multiplication. Toutefois, le semis
étant beaucoup plus simple, on n’a qu’ex-
ceptionnellement recours au bouturage.
La Pervenche de Madagascar est une
plante très-élégante et des plus décoratives,
car elle joint à une tenue parfaite, sans
aucun soutien, un bel et abondant feuillage
et de grandes et nombreuses fleurs bien
voyantes. Dans les jardins du Midi, elle
croît en plein air pendant l’été, comme les
Pétunias chez nous, et y forme de ravis-
santes corbeilles, des touffes dans les plates-
bandes, ou des lignes en bordure des mas-
sifs d’arbustes ; elle y résiste admirable-
ment aux ardeurs du plein soleil. Chez
nous, on ne peut guère la mettre en pleine
terre que lorsqu’elle va commencer à fleu-
rir, en choisissant, comme nous l’avons dit,
les endroits chauds et abrités. Aussi, la
cultive-t-on le plus généralement en pots,
et son usage se restreint alors à la décora-
tion des serres, des gradins, des balcons et
des fenêtres. Malgré cela, la Pervenche de
Madagascar est encore commune dans nos
cultures et suffisamment recommandable
pour que nous ayons cru pouvoir lui consa-
crer cette note. S. Mottet.
LES RODGERSIA
Parmi les plantes cultivées dans son jar-
din, M. Marc Micbeli cite, dans son livre
« Le Jardin du Crest », le Rodgersia po-
dophylla, Asa Gray, Saxifragacée du Japon
encore peu répandue dans les jardins, bien
que sa découverte remonte à plus de qua-
rante ans. C’est cependant une plante déco-
rative, surtout au milieu des rocailles et sur
les pelouses ; ses grandes feuilles, qui rap-
pellent assez bien celles du Marronnier
d’Inde et ses grandes panicules, formées de
nombreuses fleurs blanchâtres, sont d’un
joli effet.
Il n’y a pas lieu de rédiger ici une des-
cription détaillée du Rodgersia podophylla,
dont le Rotanical Magazine a donné une
bonne figure, tab. 6,691. Si j’en parle, c’est .
surtout pour avoir l’occasion de signaler
l’existence de trois autres espèces du même
genre qui méritent d’attirer l’attention des
amateurs de belles plantes. Ces trois espèces, ..
dont l’une est même complètement inédite, '
sont : R. pinnata {Astilhe pinnata^YrdUi- *
chet. (Plant. David, part. 2, pl. Moupin
(1888), p. 176); R. æsculifolia, Batalin g
(Act. hort. Petrop., xiii (1893), p. 96) ;
R. Henrici, espèce à fleurs pourpres qui ‘
n’a pas encore été décrite.
Avant d’établir les diagnoses compara- ■;
tives de ces quatre Rodgersia, je dirai
j
LES RODGERSIA.
175
quelques mots des Astilbe, dont les Rod-
gersia ne sont très-probablement qu’une
section, d’après Bâillon, et dont la dénomi-
nation générique n’est pas universellement
admise par les horticulteurs.
Le <^enre As tilbe, Hamilton, a été proposé
en 1825, par Don, pour une espèce des mon-
tagnes de l’Inde dont le port était si bien
celui du Spiræa Aruncus que plusieurs bo-
tanistes de grande valeur, et parmi ceux-
j ci MM. Hooker et Thompson, n’avaient pas
I cru pouvoir séparer les deux plantes, dont
l’analyse ne fournissait que des caractères
différentiels peu appréciables.
Plus tard, en 1834, Ch. Morren et De-
caisne ayant cultivé une plante du Japon,
très-voisine des Astilbe, mais dont les fleurs
étaient pourvues de pétales, crurent pou-
voir, sur cette seule particularité, élever
l’espèce du Japon au rang du genre, sous
le nom de Hoteia japonica. Ce genre ne
fut pas du reste admis par la majorité des
botanistes habitués à n’accorder qu’une
faible valeur à l’existence ou à l’absence de
pétales dans la famille des Saxifragacées ;
mais les horticulteurs retinrent le genre
Hoteia pour des motifs de commodité par-
ticulière, parfaitement justifiables d’ailleurs.
Dans l’usage, il ne saurait y avoir d’am-
j biguïté sur l’application des deux appel la-
I tiens génériques, quand on voudra bien se
\ souvenir que le nom d’Aslübe convient
I seulement aux espèces dépourvues de pé-
tales, comme c’est le cas de 1’^. rividaris,
et qu’il faut réserver celui de Hoteia aux
espèces pourvues de pétales, blancs, roses
ou violacés, telles que A. japonica, A. chi-
nensis, A. rubra, etc.
I Le genre Rodgersia n’a pas plus de va-
leur scientifique que les Hoteia ; mais dans
la pratique de l’horticulture il peut être
commode de le conserver. Tant d’autres
genres sont dans ce cas ! Il ne faut point
I oublier d’ailleurs que les coupes génériques,
; si bien établies qu’elles puissent paraître,
pèchent toujours par quelque point quand
on y regarde de près. En réalité, ce ne sont
que des moyens mnémotechniques très-heu-
I reusement trouvés pour suppléer à la fai-
blesse de notre entendement, de véritables
I compartiments en caoutchouc qu’il faut dis-
tendre ou contracter selon les besoins inces-
j - sants créés par les découvertes nouvelles.
I Quand on sera bien convaincu que le genre
1 n’est qu’une conception de l’esprit essen-
[ tiellement mobile dans ses limites, on usera
beaucoup moins d’encre et de papier à ar-
gumenter sur la préexcellence de telle ou
telle coupe générique et sur la valeur réelle
ou supposée de tel genre, admis par M. X...,
et repoussé avec vigueur par M. Z..., avec
longues dissertations à l’appui.
Le genre Piodgersia a été très-faiblement
distingué des Astilbe par A. Gray ; la
disposition digitée-peltée des folioles est
peut-être le plus saillant des caractères qu’on
puisse invoquer pour la plante type du
Japon ; dans tous les cas, c’est celui qui ap-
pelle tout d’abord l’attention. Mais comme
il arrive que, dans une autre espèce origi-
naire de la Chine, les folioles sont réelle-
ment pennées, on se trouve réduit, pour ca-
ractériser le genre, à s’appuyer seulement
sur l’absence complète des bractéoles qui se
voient à la base et le long du pédicelle des
Astilbe ; à cette faible différence on peut en
ajouter une autre tirée de la forme des pé-
tales, plus étalés, plus larges et dépourvus
d’onglet chez les Rodgersia.
Je terminerai cette note par l’exposé des
caractères différentiels des quatre Rodger-
sia connus :
R. podophijlla, Asa Gray [Dot. Jap.,
p. 389). — Plante à peu près glabre, sauf
les rameaux de l’inflorescence qui sont fine-
ment velus ; feuilles basilaires et inférieures
formées de 5 à 7 folioles digitées-peltées, les
supérieures ternées, toutes obovales-cunéi-
formes, doublement dentées tout autour,
élargies au sommet, assez profondément
trilobées avec les lobes acuminés ; fleurs en
large panicule dont les rameaux sont étalés;
calice formé de 5 à 6 sépales blanchâtres ou
blanc jaunâtre, deux fois plus courts que
les étamines au nombre de 10 à 12.
Habite le Nord du Japon, surtout dans
l’île d’Yézo, où la plante a été découverte
par G, Wright, vers 1854.
Espèce caractérisée par ses folioles élar-
gies au sommet et distinctement trilobées.
G’est la seule espèce qui soit encore intro-
duite.
R. æsculifolia, Batalin [Act. liort.
Pétrop., XII, 96). — Diffère du R. podo-
phylla par ses feuilles souvent plus grandes,
dont les folioles sont couvertes en dessous,
surtout sur les nervures, d’une pubescence
rigide formée de petits poils blancs, subu-
lés; en dessus, les poils sont plus rares et
mous ; les folioles élargies vers le sommet
sont obtuses ou arrondies, jamais trilobées
comme dans l’espèce précédente. Fleurs
blanc jaunâtre.
Habite la Chine occidentale. Découvert
en 1869, par le B. P. David, dans la princi-
pauté de Moupine ; retrouvé depuis dans le
176
EXEMPLES DE GARNITURES ESTIVALES POUR PLATES-RANDES.
Hupeh, par le Docteur Henry, et dans le
Se-tchuen, par le R. P. Farges.
Plus ample que l’espèce précédente,
pourra facilement être introduit dans les
cultures en raison de son abondance dans
la Chine occidentale où il remonte au moins
jusqu’au 38» latitude nord.
R. Henrici, sp. nov. — Ressemble
beaucoup au R. æsculifolia, mais ses fo-
lioles se terminent en pointe assez longue ;
ses Heurs sont d’un pourpre foncé, à divi-
sions ovales arrondies, un peu plus grandes
que dans les autres espèces et disposées en
grande panicule pyramidale ; les étamines
sont un peu saillantes.
Habite le Sud-Ouest de la province
de Yunnan, où cette belle espèce a été dé-
couverte par le prince Henri d’Orléans, le
11 juillet 1895. Ses fleurs rouge pourpre
ne permettent de la confondre avec aucune
des espèces connues jusqu’ici.
R. pinnata {Astilbe pinnata, Franch.,
Plantæ Davidianæ). — Les folioles ressem-
blent à celles du R. lesculi folia, c’est-à-dire
qu’elles ne se terminent point au sommet
en trois lobes saillants, mais leur disposi-
EXEMPLES DE GARNITURES E5
Les exemples qui suivent ont été relevés
en 1896 dans les jardins du château de
Versailles. A tous les points de vue, mais
surtout à celui du contraste entre les couleurs,
ces exemples nous ont paru fort bien com-
posés et dignes d’être signalés aux lecteurs
de la Revue horticole, qui pourront y
trouver des modèles à suivre pour les gar-
nitures florales de 1897.
Rr exemple.
fAgne centrale (touffes alternant avec les
Rosiers à haute tige) : — Dahlias rose vi-
neux, flanqués chacun de deux Dahlias demi-
nains orangé vif.
i®*' rang : — Agératum mexicanum.
9° rang : — Bégonia tubéreux erecta
vermillon.
3® rang : — Bégonia semperflorens
blanc.
Bordure : — Bégonia versaliensis.
2c exemple.
Ligne centrale : — Cannas divers à feuil-
lage brun, alternant avec les Rosiers-tige, et
flanqués chacun à' Ageratuin mexicanum.
tion sur le pétiole est toute particulière.
Les trois inférieures sont généralement
très-rapprochées, comme ternées ; la paire
ou les deux paires intermédiaires sont for-
mées de folioles opposées, comme on le voit
dans les feuilles pennées; enfin les trois fo-
lioles supérieures sont contiguës, la termi-
nale seule distinctement pétiolulée. La
panicule est plus étroite et plus courte
que dans les autres espèces, avec les fleurs
d’un blanc un peu rosé (selon Delavay) ou
blanches.
Habite la Chine occidentale, dans les
montagnes du Sud-Ouest de la province
de Yunnan, surtout dans les lieux om-
bragés. La racine du R. pinnata est très-
grosse, comme d’ailleurs celle de tous les
Rodgersia et constitue un excellent vulné-
raire très-employé dans le Y unnan (Delavay) .
C’est l’espèce la plus intéressante du
genre, à cause de ses feuilles à folioles en
partie pennées ; comme elle est bien connue
à Tali, à cause de ses propriétés vulnéraires,
il ne sera sans doute pas difficile de s’en pro-
curer des graines.
A. Franchet.
IVALES POUR PLATES-BANDES
rang : — Anthémis La Parisienne
entremêlés de Pentstémons hybrides.
9® rang : — Pélargonium zoné Victor
Millot ou analogue, alternant avec Calceo-
laria rugosa.
3® rang : — Pélargonium zoné Secré-
taire Cuzin ou analogue.
Bordure : — Agératum très-nain bleu
M. Lefrançois.
3® exemple.
Ligne centrale : — Salvia splendens
Ingénieur Clavenad, sur deux rangs.
'1^'" rang : — Anthémis La Parisienne
et Pentstémons.
9® rang : — Pétunia à fleurs simples vio-
let foncé.
Bordure : — Pélargonium zoné Golden
Harry Hiower.
4® exemple.
Ligne centrale : — Perilla nankinensis.
9® et 3® rangs : — mélange de Pé-
largoniums zonés Duchesse des Cars et
p}ii\)aut, Calceolaria rugosa, Lanta-
nas divers, avec touffes distancées de plan-
EXEMPLES DE GARNITURES ESTIVALES POUR PLATES-BANDES.
177
tes plus hautes : Gaura Lindheimeri, Ni-
cotiana affinis et Glaïeuls divers.
Bordure : — Pélarg-onium zone Philé-
mon.
5e exemple.
Ligne centrale : Cannas florifères à feuil-
lage vert et à fleurs jaunes.
P'^'rang'. — Anthémis alternant avec
Coleus divers, jaunes, orangés, bronzés et
rouge-hrun.
7^ang : — Salvia splendens Ingénieur
Clavenad alternant avec Pélargonium zoné
Secrétaire Cusin.
3° rang : — Œillet d’Inde double nain
jaune citron piqué éélresine Lindeni de
mètre en mètre.
Fig. 61. — Plate-bande circulaire
(square de la place d’Italie),
^ 1 Pélargonium zoné Duchesse des Cars (blanc) .
2. Agérate du Mexique nain bleu.
3. Pélargonium zoné M. Troupeau (rouge) .
4. Festons d’Œillets d’Inde double nain jaune d’or.
Bordure : — Cinéraire maritime candi-
dissima.
Citons encore dans le même parc les
deux arrangements suivants :
I
Ligne centrale : — Anthémis.
C outre -h or dur e \ — Coleus fond rouge.
Bordure : — Agérate nain.
II
Ligne centrale : — Zinnia élégant double
rose vineux.
Contre-bordure : — Œillet d’Inde nain
simple, La Légion dlionneur.
Bordure ; Pélargonium zoné 3/*“® Sal-
eron.
Les grandes plates-bandes qui limitent
le parterre de broderies étaient composées
comme suit :
Ligne centrale : Cannas divers alter-
nant avec les Pvosiers-tige et les Buis taillés
à hautes formes.
1®'’ rang : — Zinnia élégant double car-
min.
rang : — Œillet d’Inde nain simple
La légion dlionneur.
Bordure : — Pélargonium zoné 37*^® Sal-
leron.
France et Russie.
C’est sous ce nom qu’une idée originale a
présidé à l’ornementation, en 1896, du
Fig. 62. — Plate-bande circulaire
(jardins de l’asile Sainte-Anne).
1. Agérate du Mexique nain blanc.
2. Agérate du Mexique nain bleu.
3. Pélargonium zoné La Destinée (rouge).
4. Œillet d’Inde double nain jaune d’or.
square de la place d’Italie, devant la mai-
rie du XIIP arrondissement. Il s’agit
d’une plantation tricolore traversée par un
feston d’Œillet d’Inde double nain jaune
d’or.
Le dessin intérieur du square consiste
simplement en une plate-bande circulaire
qui entoure un bassin. Le bassin est en
contre-bas et le sol de la plate-bande pré-
sente une forte pente; c’est, en quelque
sorte, un cirque.
Le feston d’Œillets d’Inde, large seulement
de deux rangs de plantes, coupe la plate-
bande en compartiments, comme on peut
le voir parla fig. 61. Successivement le bleu,
le rouge et le blanc occupent chacun deux
compartiments aux sommets opposés, mais
178
LE LAC DE MELZÉAR (dEUX-SÈVRES).
côte à côte et simplement séparés par le fes-
ton.
Or, par ra'ppport à chaque masse de
bleu, de blanc ou de rouge, le feston jaune
nous a paru un peu maigre. Mais comme
ridée était bonne, nous l’avons adoptée,
en la modifiant suivant le dessin de la
fig. 62.
Ici, le feston est remplacé par une succes-
sion de panneaux inscrits dans des arcs de
cercle. Ces panneaux sont ovales — acumi-
nés, ce qui donne plus d’ampleur à la par-
ticipation delà couleur jaune, tout en ména-
geant de délicats points d’attacbe aux inter-
sections.
En outre, tout le rouge, représenté par le
Pélargonium zoné La Destinée, est placé
du même côté. L’autre côté est garni avec
les Agérates nains, bleu et blanc, alternés.
De cette manière, la plantation gagnait en
régularité, les proportions entre les couleurs
étaient mieux observées, et l’effet des con-
trastes en était augmenté.
L’année dernière, la Revue horticole a
publié quelques compositions de corbeilles
et de plates-bandes vues au jardin du
Luxembourg et au parc Monceau b En y
ajoutant les quelques exemples que nous
donnons ci-dessus, on aura un ensemble qui
pourra servir de guide pour la composition
des garnitures florales des plates-bandes.
H. Dautiienay.
LE LAC DE MELZÉAR (DEUX-SÈVRES)
Dans le département des Deux-Sèvres,
tout près de la vieille petite ville de Melle,
pittoresquement située sur les flancs d’une
de ces étroites vallées d’érosion où les étages
balbonien et bajociendu calcaire jurassique
se confondent, se trouve la terre de Melzéar.
Le sol, fissuré de toutes parts en plaquettes
de roches lamellaires d’un rouge ferrugi-
neux, est mélangé d’une argile qui forme
d’excellentes terres arables sur les plateaux,
nourrit des bois superbes sur les pentes et
constitue de riches prairies dans les dé-
pressions arrosées par de minces cours
d'eau.
Le château de Melzéar, — ancienne rési-
dence féodale fortifiée — (Mellis Arx), ré-
cemment reconstruit, est planté sur le
l)ord d’une de ses vallées, dans une situa-
tion élevée et charmante. Un parc de
soixante hectares, dont le dessin et l’exé-
cution m’ont été confiés par le propriétaire,
M. M<=® Aymé de la Chevrelière, l’accom-
pagne et montre aux visiteurs, parmi des
futaies aux arbres séculaires, des sous-bois
de Buis sauvages et antiques qui lui prêtent
un aspect singulier de paysage d’hiver.
Quand les jardins potagers et fruitiers,
les parterres à la française, les grandes
percées des bois, les abords du château, des
communs et les bâtiments d’exploitation
agricole furent terminés, il fallut songer à
compléter les scènes paysagères de la pro-
priété par la création d’une grande pièce
d’eau.
Rien, dans l’art des jardins, n’exerce une
attraction aussi grande que les eaux, lors-
qu’elles sont naturellement belles ou traitées
avec goût. L’eau, c’est la vie, c’est l’âme du
paysage ; elle l’anime et l’éclaire plus qu’au-
cun autre ornement.
Partant de ce principe que les eaux dor-
mantes, lacs ou étangs, doivent présenter
des contours plus ou moins accentués sui-
vant que les reliefs du terrain, sont plus ou
moins accidentés, on doit étudier d’abord
le nivellement du terrain ; les conditions de
« vraisemblance » doivent être la loi dans
tous les travaux artificiels des parcs et jar-
dins, et l’art véritable consiste à laisser
croire au spectateur que la nature seule a
fait les frais de la scène qui se développe
sous ses yeux.
A Melzéar, l’emplacement était celui que
montre la figure 63, tracée d’après une pho-
tographie prise avant le commencement des
travaux. La vue part de la terrasse du châ-
teau, du côté de l’angle gauche du dessin.
Sur le devant, un ruisseau bordé de cépées
d’Aulnes reportait primitivement le cours
d’eau au-dessus du thahueg véritable de la
vallée (représenté par un sillon noir au mi-
lieu de la prairie) ; une flaque d’eau, s’éta-
lant à droite, indiquait assez nettement,
l’effet lumineux à obtenir du lac futur, et les
reflets à ménager dans les masses profondes
de bois qui s’étageaient de l’autre côté du
vallon jusqu’aux lignes de l’horizon de col-
lines formant le fond du tableau.
Le premier travail consista à chercher
les courbes de niveau, et à y conformer le
tracé naturel des eaux en renvoyant le
cours du ruisseau d’amenée au milieu de la
prairie. Puis on se rendit compte du lieu
où serait placée la digue, et ce point fut
1 Voir Revue horticole, 1896, p. 465 et 509.
Le lac de melzéar (deux-sévres). 179
choisi au-dessüs d’un chemin d’exploitation
à dissimuler.
Il fallut alors fixer le profil en long du
lac, depuis le premier barrage du ruisseau
rectifié, en amont du pont D (voir le plan),
jusqu’à la vanne de décharge F. L’étude
révéla que le point neutre où le déblai
devait finir et où le sol naturel devait être
conservé jusqu’au pied intérieur de la
digue serait placé aux environs du point M,
où un gros Aulne pourrait être conservé
dans une île destinée à abriter les couvées
de canards.
Cette opération préparatoire terminée, le
tracé des bords, prenant pour base les
courbes de niveau, les rectifia en plusieurs
endroits où les saillies naturelles du sol
pouvaient être accentuées avec avantage.
C’est ainsi que le promontoire C fut rendu
plus saillant, exhaussé et couronné d’un
kiosque sur un soubassement de roches ; la
grande île fut reliée à la principale allée des
bois parun pont rustique, et agrémentée par
l’abri des bateaux B et la cabane d’oiseaux
d’eaux W placée à son extrémité. De forts
remblais de glaise pilonnée par petites
couches constituèrent la digue de retenue
des eaux entre la bifurcation X et le som-
met de la carrière pittoresquement trans-
formée et dominée par le pavillon H.
La superficie du nouveau lac de Melzéar
. est de 3 hectares, sans compter la rivière
élargie dans la partie amont de la prairie
qui n’est pas contenue dans la section du
plan que nous publions aujourd’hui.
Comme ces trente mille mètres de prairies
transformés en eau constituaient une di-
minution notable de fourrages, on en a re-
trouvé une quantité équivalente sur les
pentes des bois défrichés en aval et irrigués
^ au moyen des eaux du lac relevées. Aucune
diminution de revenu n’a donc été le résul-
tat de cette opération.
Notre vue coloriée indique la transfor-
mation réalisée. C’est une perspective
plongeante, prise de la terrasse du château,
avec une amplitude d’angle un peu plus
grande que celle donnée par la vue photo-
graphique.
Ce que cette vue à vol d’oiseau ne saurait
représenter, c’est la variété des scènes qui
se déroulent autour du lac de Melzéar en
parcourant ses rives bordées d’allées ou de
sentiers.
En descendant du château par les allées
du bois ou du bord de l’eau (bas du plan,
côté gauche), on suit les pentes rapides
que couvrent épaissement des bois çà et là
éclaircis pour former des dessous gazonnés.
Sous le couvert des grands Chênes sécu-
laires, la vue s’encadre, de distance en dis-
tance, pour former des échappées lumi-
neuses sur les prés, d’abord vers la cascade
qui précède l’expansion du lac avant le
pont D, puis pour chercher le fond du ta-
bleau occupé par la métairie A. De ce
même pont, la vue s’étend sur une nappe
d’eau de 350 mètres de longueur jusqu’à la
vanne F.
Du promontoire C, des vues reflexes
s’enfoncent sous le couvert des bois de la
rive droite, ou s’étendent, en amont et en
aval, sur tout le développement de la
scène, dont l’île, avec son abri de bateaux,
le pavillon de pêche B, la cabane
d’oiseaux d’eau W et l’îlot M constituent
les ornements principaux.
En suivant l’allée de bordure des eaux,
sur la rive gauche, on découvre, après le
promontoire C, à la fois les perspectives
du fond du lac et les clairières a a des
bois auxquels s’adosse le banc de repos Y,
centre d’une scène tout à fait différente
des précédentes.
La digue est plantée d’essences amies des
lieux aquatiques, mais les arbustes qui les
composent ont été choisis parmi les es-
pèces à racines menues, non susceptibles
de provoquer des fuites dans les remblais.
Après la pêcherie V se développe une
série de prairies riantes et fertiles, irriguées
par le trop-plein du lac. Des précautions ont
été prises pour que, dans les années d’inon-
dations comme 1896 et 1897, des exutoires
suffisants préviennent tous dégâts dans la
digue, qui a été calculée avec soin pour
résister aux pressions probables.
Une des principales attractions du site
occupé par le lac de Melzéar se révèle dans
l’ancienne carrière indiquée en bas du
plan à droite et que dominent les rochers
surmmités du kiosque H. Après avoir
extrait des rochers et du sable de cette
carrière, en grandes quantités, on en a dé-
chiré les bords, les rochers ont été réservés
et augmentés, les abords défrichés ou re-
plantés en Conifères et arbustes saxicoles,
avec le cadre des bois naturels pour accom-
pagnement. L’effet en est devenu d’autant
plus pittoresque que les bords étaient
naturellement abrupts et variés, et que la
différence entre le niveau des eaux venant
du lac sous le pont E et le sommet des
berges accores dépasse 10 à 15 mètres en
plusieurs endroits.
Sans perdre de vue le style agreste qu’il
180
LE LAC DE MELZÉAR (dEUX-SÈVRES)
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181
LE LAC DE MELZÉAR (dEUX-SÈVRES).
convenait de conserver à cette suite de
scènes sylvaines et aquatiques, la variété
des constructions qui en ornent les di-
verses parties a été assez grande. Six ponts
ont été jetés sur les points traversés par les
eaux ; tous sont d’un dessin différent,
les uns en bois rustique de ton naturel,
les autres en bois de charpente peint en
blanc, un seul avec garde-corps en fer.
L’abri des bateaux contient un pavillon de
pêche précédé d’un hall pouvant contenir
trois embarcations. Les cabanes d’oiseaux
d’eau sont en bois rustique et chaume, de
même que les kiosques ; la métairie con-
serve l’aspect rural avec couverture de
plantes grimpantes sur des treillages et des
porches ; les sièges de repos sont formés
simplement de troncs d’arbres refendus,
avec la partie convexe emmortaisée sur
deux pieds fixés dans le sol.
Donner un détail complet de la planta-
tion des abords du lac serait abuser de la
patience du lecteur. Il me suffira de dire
que ma première préoccupation a été de
conserver à l’ensemble un caractère d’har-
monie avec le paysage environnant. Pour
obtenir ce résultat, j’ai planté les parties
touchant immédiatement les bois en es-
sences semblables ou analogues à la végé-
tation ligneuse spontanée. Les groupes
détachés, les arbres et arbustes isolés ou
meublant les rochers et leurs abords,
retombant au-dessus des eaux ou s’éta-
lant sur les pentes, ont pu être choisis en
partie dans les espèces indigènes et en
partie dans les espèces exotiques, mais tout
développement trop grand du feuillage et
toute forme heurtée, toute couleur trop
contrastante en ont été rigoureusement
exclus. Avant tout il fallait conserver aux
scènes à créer ou à compléter le caractère
général du lieu.
Une énumération sommaire des végé-
taux qui ont été employés dans les princi-
paux massifs en dira plus aux amateurs de
parcs et jardins que de longues disserta-
tions sur ce sujet si complexe et si intéres-
sant. Pour éviter des erreurs de nomencla-
ture je n’emploierai pas les noms vulgaires,
qui varient dans les divers pays et même
dans les diverses régions d’un même pays.
Les noms botaniques seuls sont à l’abri des
malentendus, la question de synonymie
restant réservée :
Il convient d’abord de signaler les princi-
pales espèces indigènes, arborescentes ou
arbustives, qui constituent les bois dans les-
quels le parc de Melzéar a été dessiné. C’est la
région centre-ouest de la France, entre le
Poitou et les Gharentes, sur ces calcaires ju-
rassiques qui s’échauffent fortement l’été, et
da‘ns un climat dont le critérium est donné
par le Chêne vert spontané (Quercus Ilex) qui
s’y trouve près de son extrême limite septen-
trionale, et par ce fait que les moyennes de
température annuelles oscillent entre celles du
Bor’delais et celles de la Touraine.
Les arbres qui forment la population spon-
tanée de ces bois sont; le Chêne rouvre {Quer-
cus Robur)^ le Hêtre (Fagus sylvatica), le
Frêne (Fraxinus excelsior),\e Peuplier Tremble
(Populus Tremula), l’Orme {Ulmus campes-
tris)^ V Minier (CratægusTorminalis) , le Charme
{Carpinus Betulus), le Merisier {Cerasus Avi-
um), le Bouleau {Betula alba), le Poirier et le
Pommier sauvages {Pirus et Malus communis),
fErable champêtre et le Sycomore (Acer cam-
pestre et A. Pseudo-Platanus). Le Châtaignier
(Castanea vesca) ne vient pas sur les calcaires.
L’Aulne (Alnus glutinosa) et le Saule {Snlix
alba) croissent dans les prairies.
Parmi les arbustes et arbrisseaux, on re-
marque surtout, constituant les sous-bois :
Noisetier (Corylus Avellana)^ Viorne Obier
et Viorne Mansienne (Viburnum Opulus et
V. Lantana), Cornouiller sanguin (Cornus
sanguinea). Aubépine (Cratægus Oxyacan-
tha), Epine noire (Prunus spinosa), Néflier
(Mespilus germanica), Rosiers (Rosa) variés,
Buis en arbre (Buxus sempervirens) qui cons-
titue d’épais fourrés. Fusain d’Europe (Evo-
nymus europæus^ Troëne des bois (Ligustrum
vulgare , Chèvrefeuille ( Lonicera Pericly-
menum). Clématite (Clematis Vitalba), Ner-
pruns (Rhamnus Frangula et B. catharticus) ,
Sureau (Sambucus nigra. C’est’ tout le fond
de la flore ligneuse.
Partant de ce principe que, si cette flore est
pauvre, elle imprime cependant au paysage,
par le mélange varié des espèces, un carac-
tère harmonieux qu’il importe de conserver,
j’ai planté les abords de ces bois, soit avec les
mêmes plantes, soit avec des formes exotiques
qui leur ressemblaient.
Je citerai, auprès des bois marqués N, les
massifs S et V, comme ayant reçu les espèces
suivantes, ajoutées aux essences locales :
Populus nivea, Salix Capræa, Cytisus La-
burnum, Ribes alpinum, etc.
Le massif T a été planté de Salix rosma-
rinifolia, Coriaria myrtifolia et autres ar-
bustes à racines peu développées, par crainte
de provoquer des fuites dans la digue.
L’îlot M a été en entier couvert de Salix
rosynarinifolia.
Sur les bords du lac, dans les parties
fraîches et remblayées des massifs R, les
Alnus incana, Populus canadensis, Populus
nivea^ et pour sous-bois des Fontanesia phil-
lyreoides, Bibes alpinum, Ligustrum ita-
licum se sont ajoutés à la végétation déjà
existante.
lac de Mehéar. ( Deux Sèvr-e.^
183
LE LAC DE MELZÉAR (dEUX-SÈVRES) .
Pour encadrer la scène forestière dont la
métairie A occupe le fond, des Conifères d es-
pèces vulgaires {Pinus sylvestris et Picea
excelsa) ont ajouté une note toujours verte
aux ramures des bois N que l’hiver dépouille
de leurs feuilles caduques.
Les pentes et abords de la grotte K ont été
couverts de ClevYicitis Viticellct, de Lierre
(Hedeva Hélix), de Vignes-Vierges (Ampé-
lopsis quinquefolia) . de Lyciets {Lycium
europæum) et de Redoutes (Coriaria myv-
tifolia), avec un sous bois d’Acanthes [Acan-
thus mollis).
La grande île, partie un peu plus civilisée
du paysage, a reçu des soins particuliers. On
y a planté quelques Chênes américains
{Quercus rubra et Q. palustris), des Saules
pleureurs {Salix hahylonica et P. Hélix pen-
dula), les Aulnes à feuilles en cœur et laciniées
(Alnus cordifolia) et A. imperialis) et plu-
sieurs espèces de Peupliers (Populus nivea,
halsamea, nigra fastigiata). Parmi les ar-
bustes : Salix rosmarinifolia, Spiræa Lind-
leyana, S. opuUfolia, Rhodotypo^ Kerrioides,
Cornus alba, Hippophae rhamnoides, Ribes
Gordonianum, Rubus odoratus.
Autour de la carrière, entre le pont E et le
pavillon H : Padus virginiana, Retula dale-
carlica, Corylus Avellana laciniata, Salix
Capræa, S. pentandra, Alnus incana,
Retula papyrifera, et parmi les Conifères
Larix europæa, Abies pectinata et Pinus
sylvestris. Les arbustes du même massif sont,
sur les roches ; Pinus uncinata, Juniperus
Sabina, Liqustrum Regelianum, Rubus
odoratus, R. cratœgifolius, Forsythia sus-
pensa, Fontanesia phillyreoides, Cornus
alba, Hypericum Moserianum et H. calyci-
num, Cotoneaster horizontalis et C buxifolia,
sans parler de toute une collection variée
d’arbustes grimpants et de plantes de mon-
tagnes.
Sur ces fonds très-simples sont venus s’ap-
pliquer les dernières touches du tableau, les
groupes et les isolés, en petit nombre, en
espèces plus choisies sans être heurtées, appor-
tant l’ornement discret qui ne nuit pas à l’har-
monie générale. En voici la liste correspondant
aux numéros du plan :
1. Salix babylonica.
2. Cedrus Deodara.
3. Pinus nigra.
4. Cornus alba elegantissima.
5. Liquidambar styraciflua.
6. Ceanothus variés.
7. Robinia monophylla.
8. Pavia macrostachya.
9. Acer macrophyllum.
10. Populus tremuloides.
11. Robinia neo-mexicana.
12. Abies Douglasii.
13. Populus Bolleana.
14. Tamarix tetrandra.
15. Fraxinus americana et Ulmus fulva.
16. Quercus macrocarpa.
17. Negundo fraxinifolium.
18. Populus nivea.
19. Pinus nigra.
20. Acer eriocarpum.
21. Taxodium distichum.
22. Arbustes variés pour rochers ; Cotoneas-
ter, Hypericum, Chænomeles, Coriaria,
Forsythia, Rubus, Rosa, Juniperus.
23. Liriodendron tulipifera.
24. Populus fastigiata et Cornus variés.
25. Juniperus excelsa.
26. Populus angulata.
27. Pirus salici folia.
28. Alnus et Populus en groupes compacts.
29. Salix dasyclados.
30. Populus Simonii.
31. Quercus palustris.
32. Populus canadensis.
33. Juglans nigra.
34. Cornus alba.
35. Tamarix japonica.
36. Pterocarya caucasica.
i Abies Nordmanniana.
Larix europæa.
Pinus sylvestris.
38. Salix pentandra.
— rosrnarinifolia.
39, Populus græca.
40. Quercus palustris.
Salix alba.
41. Quercus coccinea.
42. Padus serotina.
Sur les roches éparses, de nombreuses
plantes vivaces, parmi lesquelles quelques
espèces alpines aux brillantes couleurs, ont été
mélangées aux arbustes sarmenteux, aux
Rosiers, Ronces, Clématites, Lierres, Cissus,
Jasmins nudiflores. Millepertuis, etc. A l’ombre,
des Fougères ; au soleil, des Campanules à
travers les tiges retombantes des Desmodium.
Ici le caprice a pu s’exercer et la variété a été
la loi du pittoresque, parce que les dimensions
des plantes étaient modestes, fournissant des
motifs de décorations agréables pour les vi-
siteurs placés auprès d’elles.
Ainsi traité, le lac de Melzéar n’a plus à
attendre que les années nécessaires au
complément du tableau, à l’effet total, à la
juste proportion des formes et à la fusion
cherchée des tons ; mais, tel qu’il est, il
sert déjà à démontrer la similitude frap-
pante qui existe entre la formation artificielle
des scènes de nature vivante avec les lois
de la composition invoquées parles peintres
de paysages. Ed. André.
184
TAILLE DU ROSIER.
TAILLE DU ROSIER
La taille du Rosier, de même que celle
des arbrisseaux fleurissant en plein air \
est une opération qui mérite toute l’atten-
tion du jardinier ou de l’amateur. Elle est
intimement liée à la connaissance des nom-
breuses variétés cultivées, à leur vigueur
plus ou moins grande et surtout à leur des-
tination définitive.
On a dit et l’on répète encore que la taille
appliquée au Rosier n’est nullement né-
cessaire et que dans tous les cas, elle
empêche l’apparition d’un très-grand nom-
bre de fleurs sur le même sujet. Cela est
possible, mais nous croyons pourvoir affir-
mer en retour que cette opération est
indispensable pour ce précieux arbuste et
qu’elle permet d’obtenir non seulement des
Roses d’une beauté remarquable, mais
encore de prolonger l’existence du Rosier.
A l’appui de cette assertion, si nous
comparons deux Rosiers d’une variété de
premier ordre, un Hybride de Thé, La
France, par exemple, l’un abandonné à
lui-même, non soumis à la taille et l’autre,
au contraire, soumis à une taille annuelle,
régulière et méthodique, on observera les
faits suivants : Le sujet non taillé ne tar-
dera pas à produire une quantité de
jeunes pousses grêles, qui se termineront
par autant de boutons qui ne s'épanoui-
ront pas ou s' épanouiront mal et ne
donneront jamais Vidée de la beauté, de
Vimbrication parfaite, de Vidéal enfin
d'une Rose La France; et de plus ce sujet
se dénudera, se couvrira de brindilles
sèches et ne tardera pas à mourir. Inver-
sement, le Rosier taillé ne donnera, il est
vrai, ehaque année, qu'un nombre limité
de pousses, mais de pousses vigoureuses,
fortes et rigides, qui produiront ehacune
une Rose de première beauté, et ne tar-
deront pas à se ramifier pour donner une
seconde série de fleurs, peut-être moins
volumineuses, mais qui ne le céderont en
rien aux premières en tant que grâce, épa-
nouissement et éclat. Ce que nous faisons
ressortir ici pour la variété La France est
applicable à la plupart des Roses cultivées
et démontre d’une façon péremptoire que la
taille a vraiment sa raison d’être pour le
Rosier.
Voyons maintenant quelle est la ma-
1 Revue horticole, 1897, no 2, p. 38.
nière pratique d’opérer. Pour les varié-
tés franchement buissonnanfes, celles d’une
bonne tenue, les plus nombreuses et les
plus justement recherchées, c’est-à-dire les
Thés, Rengales, Ile-Bourbon et Hybrides
remontants, comprenant les Hybrides de
Thés, les Hybrides de Noisette, etc., la
taille doit porter sur les pousses les plus
vigoureuses que l’on rabat à 3 ou 4 bons
yeux, en cherchant à donner à l’ensemble
du Rosier taillé la forme évasée, qu’il s’a-
gisse d’ailleurs d’un sujet nain ou d’une tige.
On ne conserve donc qu’un nombre raison-
nable de ces rameaux vigoureux, propor-
tionné à la force et à la vigueur de l’arbuste,
les brindilles de l’intérieur étant enlevées
avec soin. Pendant la végétation, les ra-
meaux ainsi taillés à 4 yeux donnent géné-
ralement naissance à autant de pousses.
L’année suivante, pour éviter la confusion,
on n’en conservera qu’une ou deux, les plus
basses ou de préférence celles de l’exté-
rieur, que l’on taillera chacune de nouveau à
4 yeux. Il peut arriver que certaines pousses
l’emportent sur d’autres, et que celles-ci
restent dépérissantes. Dans ce cas, à la
taille, il ne faut point hésit^^r à supprimer
totalement ces dernières et à ne conserver
que du bois jeune et bien venant.
Les Rosiers buissonnants, franchement
remontants, se soumettent bien à ce mode
de taille, surtout les francs de pied. Quant
aux Rosiers greffés bas, il faut avoir soin,
lors de cette opération, d’enlever les drageons
du sujet, soit de l’Eglantier, soit du Mulii-
flore de la Grifleraie, que le jardinier ou
l’amateur arrive toujours à distinguer très-
facilement de la variété greffée, et qui, sans
cette précaution, ne manqueraient pas de se
développer au détriment de celle-ci. Pour
les variétés vigoureuses, surtout dans les
Hybrides remontants, celles capables de
donner des pousses droites et rigides, telles
par exemple : Paul JSeyron, Edouard
Morren, Général Jacqueminot et variétés
analogues, on peut, dans le but d’utiliser
cette grande vigueur, conserver sur chaque
pied une de ces longues pousses et l’é-
bouqueter seulement à 80 centimètres ou
1 mètre au-dessus du sol. On obtient ainsi
une sorte de Rosier tige sortant de la touffe
basse, c’est-à-dire tel qu’on peut l'observer,
chaque année, dans la nombreuse et inté-
ressante collection du Jardin des Plantes.
CULTURE FORCÉE DES HORTENSIAS.
185
Ces tiges donnent de très-jolies Roses; elles
peuvent vivre plusieurs années, bien que
cependant sur certaines variétés elles s’é-
puisent assez vite. Dans ce cas on les
renouvelle si la vigueur des sujets le per-
met, sinon on maintient le Rosier en
gobelet, comme il vient d’ètre indiqué.
Les Piosiers buissonnants non remon-
tants, tels que les Provins et la plupart des
Gentfeuilles, demandent une taille plus
longue que les précédents. Ils ont, en effet,
pour particularités de drageonner abon-
damment ; aussi, lors de la taille, convient-il,
dans le but d’obtenir chez ces Rosiers une
abondante et remarquable floraison, de
supprimer seulement, chaque année, l’extré-
mité des drageons et d’enlever toutes les
ramifications mortes ou languissantes.
La même observation peut s’appliquer à
une série de Rosiers très en honneur de nos
jours, aux Rosiers rugueux (Basa rugosa)
du Japon. Ceux-ci, extrêmement vigoureux
de leur nature, très-rustiques, à pousses
fortes divariquées, non élancées, demandent
à être taillés longs au début, c’est-à-dire
à 7 ou 8 bons yeux et à 4 ou 5 les années
suivantes, en observant toujours d’obtenir
la forme évidée comme ci-dessus.
Les Rosiers dits sarmenteux, comme les
Thés : M*"® Bérard, Reine Marie-Hen-
riette, ou les Noisettes William Allen
Richardson, Rêve-d’Or et Aimée Vihert,
doivent être utilisés comme grimpants et
jamais admis dans une plantation de
Piosiers buissonnants. Chez ces variétés, la
taille consiste à . conserver, chaque année,
ces pousses sarmenteuses, à les ébouqueter
très-modérément et à supprimer celles de
l’année précédente qui se sont ramifiées et
ont fleuri. En un mot, le plus souvent ici,
les premières deviennent les remplacements
des secondes.
Quant à l’époque à laquelle il convient
de pratiquer ces diverses suppressions sur
le Rosier, elle varie nécessairement avec
les différents climats de notre pays, et aussi
avec l’état de la végétation, qui, selon les
années, peut être plus ou moins précoce.
En général, sous le climat parisien, qui
nous servira de guide en la circonstance,
c’est dans le courant de mars qu’il faut
tailler les Rosiers, soit au commencement,
soit au milieu, soit à la fin, selon que la
végétation est plus ou moins avancée. Une
taille trop tardive, faite lorsque les jeunes
bourgeons du Rosier ont déjà plusieurs
centimètres de longueur, est non seulement
un épuisement pour l’arbuste, mais elle
rend aussi peu faciles la fumure et l’ameu-
blissement du sol, qu’on doit toujours
pratiquer au trident aussitôt après cette
opération, en ce sens que, malgré toutes
les précautions possibles du jardinier, l’ins-
trument peut faire tomber un bon nombre
de jeunes bourgeons sur les rameaux ainsi
taillés. Ch. Grosdemange.
CULTURE FORCÉE DES HORTENSIAS
Vers la fin d’avril, on doit préparer une
couche pouvant donner de 15 à 20 degrés de
chaleur, la recouvrir de 10 centimètres de
terre de bruyère sableuse, bien appuyer la
terre, repiquer de bonnes boutures bien
saines et vigoureuses que, à cette époque, l’on
peut se procurer facilement sur de vieilles
touffes en pleine terre. Il faudra prendre
de préférence les pousses de la base des
rameaux. Une fois repiquées, on doit bien
mouiller les boutures, fermer hermétique-
ment les châssis, ombrer et éviter de donner
de l’air jusqu’à complète reprise, sinon
pour visiter, s’il y a pourriture, ou pour
des bassinages à donner.
Au bout de quinze à vingt jours, les bou-
tures seront suffisamment reprises pour que
f on commence à donner un peu d’air et de
lumière que l’on augmentera graduellement
suivant la température.
Quand on jugera les boutures bien re-
prises et raffermies, on préparera une
couche sourde pour recevoir ces bou-
tures que l’on rempotera dans des go-
dets de 7 à 8 centimètres. On aura soin,
en enterrant les pots, de les enterrer par-
dessus bord. On ombre alors et on tient les
châssis fermés pendant trois ou quatre
jours pour faciliter la reprise; ensuite on
donne de l’air pour habituer les plantes à
fair libre. La reprise nécessite environ
douze à quinze jours, puis on peut dépan-
neauter et ne remettre les châssis qu’en cas
d’humidité et de froid.
A l’arrivée de la saison d’hiver, il faut
préserver les plantes du froid et surtout de
l’humidité; aussi il sera bon de donner de
l’air toutes les fois que la température le
permettra, car les plantes resteront en place
jusqu’à la fin d’avril.
A cette époque, on établira une couche
comme il est dit plus haut pour recevoir les
186
UN EUCALYPTUS ROUGE.
boutures pour Tannée suivante. On prend
les extrémités des plants cultivés que
Ton coupera sans les pincer; elles ser-
viront à former la nouvelle génération. Ces
jeunes plants ainsi rabattus repoussent avec
vigueur, et au bout d’un mois ils seront
bons à mettre en pots de 15 à 18 centi-
mètres. On place généralement deux à trois
plants par pots, suivant la force. Les plants
rempotés devront être placés pendant quel-
ques jours à Tombre pour faciliter la re-
prise, ensuite on pourra les mettre en plein
soleil dans Tendroit le plus aéré du jardin.
Il ne faut pas enterrer alors les pots, chose
capitale, car Thumidité comme la séche-
resse est funeste aux Hortensias en pots;
aussi il faut avoir soin d’arroser plusieurs
fois par jour dans le courant des grandes
chaleurs.
Vers la fin de septembre, alors que la vé-
gétation sera terminée et que Thumidité est
à craindre, il sera temps de songer à abriter
les plants sous châssis ou en orangerie,
en veillant à les bien nettoyer sans les
mouiller.
L’époque de la mise en végétation des
Hortensias pour le forçage peut se faire
vers les premiers jours de décembre (du
au 10, pas avant) pour avoir des fleurs
au 15 mars, époque à laquelle ces plantes
sont très-recherchées sur les marchés aux
fleurs et par les fleuristes.
Il suffit de les placer dans une serre bien
ensoleillée et de maintenir une température
de 18 à '20 degrés centigrades. On les pré-
serve des coups de soleil et Ton donne
quelques bassinages par les temps chauds.
On aère autant que possible.
Quand on voit que les plantes acquièrent
du volume, on les espace, mais en les met-
tant toujours près delà lumière.
Vers le 15 mars, les ombelles sont déjà
bien formées; ce sera le moment de donner
de plus en plus d’air, quitte à chauffer da-
vantage, car plus on peut donner d’air, plus
les ombelles sont colorées et plus aussi les
plantes sont raffermies pour être livrables.
Les Hortensias étant dans la période ac-
tive de leur végétation exigent beaucoup
d’eau ; c’est pourquoi il faut avoir soin de
ne pas les laisser faner, ou bien on risque-
rait d’avoir une mauvai.se floraison.
Avec des plantes ainsi traitées, il n’est
pas rare d’avoir des sujets donnant de 18 à
20 ombelles de fleurs. J’en ai eu portant de
20 à 30 ombelles.
C’est la variété ordinaire qui est la plus
usitée pour le forçage, ainsi que la variété à
fleurs blanches renommée Thomas Hogg.
On avait fait grand bruit de la variété
stellata fimhriata, mais elle n’a pas ré-
pondu aux espérances qu’elle avait fait
naître.
Quant on veut avoir des Hortensias en
petits godets portant une belle ombelle de
fleurs, il suffit de détacher une pousse du
bas des plantes au forçage, de la traiter
comme bouture sans la pincer et Tannée
suivante de la forcer. Souvent, dans un
godet de 10 centimètres, on a une ombelle
énorme, et ces plantes sont d’un bon place-
ment chez les fleuristes. J. Decroix.
UN EUCALYPTUS ROUGE
L’horticulture possède aujourd’hui un
certain nombre d’arbres et d’arbrisseaux à
feuillage autrement coloré qu’en vert, les
uns d’une manière constante, c’est-à-dire
en toutes saisons, les autres temporairement
à l’entrée del’hiver; mais ces derniers, si je
ne me trompe, ont tous le feuillage caduc,
et, après avoir brillé quelques jours dans
leur parure automnale, ils se dépouillent
et rentrent dans le rang des arbres ordi-
naires.
Depuis quelques années, j’observe à la
villa Thuret quelques Eucalyptus qui
changent aussi de couleur aux premières
froidures de l’automne; il en est un, entre
autres, dont il me paraît bon de dire un
mot parce que sa métamorphose est un peu
plus prononcée que chez les autres. Très-
vert en été, il passe au rouge sombre, un
peu violet, aux premiers abaissements de
la température, et comme ses feuilles sont
persistantes, il garde cette livrée jusqu’à la
poussée des feuilles nouvelles, c’est-à-dire
au milieu du printemps, formant pendant 'j
tout l’hiver un contraste marqué avec les
autres arbres fidèles à la coloration verte. |
C’est à ce titre que je le signale aux archi- I
tectes-paysagistes et aux horticulteurs de .
notre région méditerranéenne. j
Je n’ai malheureusement pas de nom dé- ,
finitif à lui donner, parce que je ne Tai pas
encore vu fleurir, ce qui serait nécessaire 'À
pour en fixer la nomenclature.. En atten- y
dant le moment propice, je l’appellerai tout j,
simplement Eucalyptus rubescens. Il n’a jj
nullement souffert des quatre ou cinq nuits i
LES JARDINS DU PRINTEMPS.
187
de gelée assez forte (de 4 à 6°) que nous
avons eues en janvier dernier, et qui ont
un peu maltraité d’autres Eucalyptus^ no-
tamment VE. Globulus, qui passe pour
assez rustique.
A propos de la rusticité des Euccdyptus,
je profite de l’occasion pour recommander
aux amateurs de ces arbres VE. Gunnii, un
des plus beaux du genre par sa haute taille,
son épaisse frondaison et sa belle pres-
tance, et non moins remarquable par sa
résistance au froid. Pas une de ses feuilles
n’a été atteinte au moindre degré par les
gelées dont je viens de parler, et sa verdure
est aussi vive qu’avant l’hiver.
Ch. Naudin.
LES JARDINS DU PRINTEMPS ‘
Perce-neige, Crocus et Jacinthes.
La Jacinthe, plantée souvent dans les
jardins publics, par masses si compactes,
produit bien meilleur effet en la distribuant
plus naturellement, mais elle est loin
d’avoir, pour le plein air, toute l’impor-
tance de bien des fleurs de culture plus fa-
cile et d’un meilleur effet ; néanmoins, cer-
taines espèces naturelles plus élancées,
telles que H. amethystinus, sont très-
belles et dignes d’une place.
La Perce-neige a une grande valeur, sur-
tout ces dernières années, depuis qu’on en
possède de nouvelles variétés, dont quel-
ques-unes ont été importées de l’Asie
Mineure et d’autres obtenues par la cul-
ture. Dans certains sols, elle se naturalise
facilement, tandis que dans d’autres elle
dépérit ; et on pourrait en dire autant de la
Nivéole {Leucoium vernum), une très-
belle plante. Les grandes sont plus faciles
pour certains sols, et gracieuses dans cer-
taines positions ; elle se naturalise facile-
ment aussi dans les terrains des bords de
rivières.
Le Crocus., brillant entre toutes les fleurs
du printemps, ne se plaît pas dans tous
les sols au point de s’y établir définitive-
ment, mais dans certaines terres il se sent
entièrement chez lui, particulièrement dans
les terrains calcaires et il préfère souvent
une place sous les arbres, et dans bien des
jardins il est précieux pour bordures ou
tout autre usage.
La Scille bleue, tant la sauvage de nos
bois [Scilla hifolia) que celle de Sibérie,
d’un bleu vif, nous est une grande res-
source ; certaines espèces jouent un rôle
important dans le jardin, et quelques-unes,
telles que la Sc. d’Espagne, Scilla campa-
nulata, peut se fixer dans de bons ter-
rains. Des alliées de ces charmantes fleu-
rettes si précoces sont venues ces dernières
^ Voir Revue horticole, 1897, p, 160.
années vers nos jardins, le précieux Chio-
nodoxa de l’Asie Mineure, ayant à peu
près les mêmes port et aspect que les plus
jolies Scilles, mais dont quelques-unes le
dépassent même par leur charmante cou-
leur ; ces plantes comptent parmi celles qui
peuvent se planter en masse à la surface
des plates-bandes garnies de plantes à de-
meure, telles que Pmsiers, — là où les
plates-bandes de Rosiers ne sont pas cou-
vertes d’engrais, comme tous les cultiva-
teurs de Rosiers le recommandent à
tort.
Iris, Jacinthes, Narcisses et Tulipes.
Les Iris hâtifs comptent parmi les plus
belles fleurs du printemps, dans les ter-
rains chauds tout au moins ; mais, en gé-
néral, dans les jardins, les plus beaux Iris
viennent à la fin du printemps avec les va-
riétés allemandes, si volontaires et rusti-
ques dans tout notre pays. Les serres d’Or-
chidées ne donnent même pas une si riche
parure que ceux-ci en fleurs, et ils occupent
même souvent de petits jardins à eux seuls,
car ils se prêtent à de nombreux usages,
tant en bordures qu’en groupes. A peu
près en même temps viennent les précieux
Iris d’Espagne, dans leurs nombreux co-
loris, belles comme des Orchidées, et fa-
ciles à cultiver, ainsi que l’Iris anglais.
Les Jacinthes sont de jolies plantes pré-
coces du sud de l’Europe, riches en couleurs.
Elles croissent rapidement, et certaines es-
pèces vont très-bien dans l’herbe ; mais les
plus rares excellent pour bordures chaudes
et en groupes dans les jardins-rocailles.
Les Narcisses peuvent être cultivés de
toutes manières ; les variétés les plus rares
en bordures et plates-bandes préparées, et
les nombreuses autres, plus répandues,
dans quasi tous les sols frais, dans l’herbe.
Chez nous, où il y a tant de terrains frais
et riches qui permettent aux Narcisses de
se fixer ou d’être cultivés admirablement
188
LES JARDINS DU PRINTEMPS.
de bien des façons : ce sont peut-être les
plus précieuses de toutes les fleurs printa-
nières.
La Tulipe est, de toutes ses contempo-
raines, la plus somptueuse en couleurs et, à
cause de son grand effet, digne plus que
toute autre d’une culture spéciale ; en effet,
les variétés horticoles et les nombreuses
Tulipes des jardins doivent être bien culti-
vées pour qu’elles atteignent toute leur
ampleur et beauté, et la transplantation de
temps à autre est de la plus haute impor-
tance pour les Tulipes si l’on tient à des
bulbes sains et vigoureux ; mais la Tulipe
des bois et certaines espèces naturelles
peuvent se naturaliser dans nos jardins, et
l’on trouve parmi ces dernières, sinon
d’aussi grandes, toutefois d’aussi jolies que
les espèces cultivées.
La Tulipe mérite une bien meilleure
place parmi les fleurs printanières* qu’elle
n’a occupée jusqu’à ce jour, car, en dehors
des deux groupes principaux de Tulipes
hâtives et tardives, cultivées jusqu’ici dans
les jardins de l’Europe, un certain nombre
d’espèces sauvages superbes s’introduisent
actuellement de l’Asie centrale et d’autr s
contrées ; beaucoup d’entre elles sent des
Heurs précoces de toute beauté et de ri-
ches couleurs, et elles peuvent se plaire
dans notre climat; nos cultures de Tulipes
laisseront bientôt toutes nos richesses de
serres chaudes en arrière.
Pivoines et Pavots.
Les Pivoines sont d’un grand effet sous
bien des rapports. Là où l’on peut dispo-
ser d’un grand nombre de simples ou au-
tres, on pourra en obtenir de bons résultats
en les groupant dans de nouvelles planta-
tions, parmi les arbustes et arbrisseaux ;
quant aux variétés doubles d’élite, elles mé-
ritent mieux que toute autre plante d’occu-
per à elles seules un jardinet ou une plate-
bande.
Les grands Pavots écarlates sont éclatants
au printemps, et trouveront une bonne
place entre les arbres, ainsi que dans les
jardins sauvages ; et on peut en dire au-
tant du Pavot jaune, une très-belle plante
tant au printemps qu’en été et qui souvent
se sème elle-même un peut partout. Les
diverses formes des Pavots à opium et des
Pavots des champs, obtenues dans les cul-
tures, tant simples que doubles, sont très-
belles là où l’on accorde une place aux fleurs
annuelles.
Les Primevères sont d’aimables hôtes
pour le jardin, spécialement les variétés
horticoles de la Primevère commune, et
des Primevères des jardins et des prés.
Peu de plantes produisent meilleur effet
et méritent mieux une culture soignée
pour la formation de groupes, plates-bandes
ou bordures.
Renoncules et Trolles.
Certaines espèces de Renoncules rusti-
ques, les variétés herbacées doubles en-
tre autres, offrent de bons coloris et elles font
bien dans de vastes groupements. Et un
peu dans les mêmes effets, quoique plus
élevées et plus vigoureuses, nous avons les
Trolles, qui se plaisent particulièrement
dans les terrains humides, les gazons au
bord de l’eau, et qui aussi se rangent parmi
les plantes herbacées les plus faciles à cul-
tiver.
Saxifrages et Gentianes.
Les Saxifrages des Indes, à larges feuilles,
sont de culture facile dans bien des sols et
ce sont de riches fleurs pour le printemps,
à former de grands groupes, surtout cer-
taines des variétés améliorées. Quoi-
qu’on ne puisse guère jouir des petits Saxi-
frages des montagnes dans les sols rocheux
ou dans de grandes rocailles artificielles
bien comprises, nous ne pouvons nous pas-
ser de mentionner ici toute la beauté qu’elles
étalent, tant celles à fleurs blanches que
les jaunes et les cramoisies vues en masses.
Il en est de même des Gentianes ; peu
d’endroits nous offrent des dispositions
permettant d’obtenir tout l’effet que ces
belles fleurs produisent dans les montagnes.
La vieille Gentianelle {Gentiana acaulis)
fait cependant exception ici, et l’on sait com
bien elle est appréciée depuis longtemps
dans les vieux jardins écossais et anglais,
où l’on en fait de superbes bordures ; elle
est facile à cultiver dans un sol frais et c’est
peut-être la fleur bleue la plus décorative
qu’il nous soit donné d’admirer dans nos la-
titudes au printemps.
Les Phlox élevés sont des plantes esti-
vales, mais il est un groupe de Phlox nains
alpins américains, qui comptent parmi les
fleurs les plus rustiques et les plus estimées
du printemps ; ils se plaisent sur des talus
secs et dans les parties les plus sèches des
(( jardins-rocailles », et forment dans les
parterres des bordures mousseuses qui se
chargent de bonne heure au printemps
d’une écume de fleurs.
LES JARDINS DU PRINTEMPS.
189
Il Pensées.
! La famille des Viola est des plus pré-
i cieuses, non seulement pour les diverses
Violettes odorantes qui seront toujours esti-
mées dans les jardins, mais aussi pour les
nombreuses variétés de Pensées, qui fleu-
rissent si abondamment et si richement au
printemps. Peut-être les meilleures de
I toutes, pour usage artistique, sont les
Pensées toulTues, qui sont admirables dans
j leurs coloris simples — blanches, bleu pâle,
I ou lavande et mainte autre teinte délicate,
i, Demi-vivaces de nature, elles peuvent être
|: améliorées et conservées par variétés dis-
! tinctes et nous offrent ainsi des nuances
; distinctes et délicates pour des groupe-
ments aussi étendus que nous le dési-
' rons, contrairement aux éternels mé-
« langes des Pensées d’autrefois. Quoique les
fleurs de ces dernières, vues isolément,
i; soient souvent magnifiques, l’effet des
' Pensées touffues avec leurs couleurs pures
5 et délicates a plus de valeur ; et ces va-
; riétés, si précieuses pour groupes et des-
■ sins méritent aussi d’occuper quelques
I petites plates-bandes en pépinière.
]'
; Lupins.
4!
i Le Lupin commun vivace est une riche
i plante cultivée en groupes ; il se natu-
' ralise parfois et pourrait donc être associé
- -aux Pavots et Ancolies dispersés irrégu-
; lièrement dans les jardins naturels où ils
produiraient bon effet.
Myosotis
Les Myosotis comptent toujours parmi
les meilleures venues des fleurs du prin-
temps. Avant l’apparition du Myosotis
commun, le plus beau de tous « le M. des
marais », nous voyons déjà les « Ne
m'oubliez pas * des bois (M. sylvatica),
le M. dissitiflora et le 31. alpestris, tous
précieux dans les cultures printanières.
Proche parent du Myosotis tant aimé, nous
avons rOmphalode commun ou Myosotis
rampant, bonne plante de bordure, et de
plus de valeur encore pour sa nature vigou-
reuse, même planté à mi-ombre et en
presque n’importe quel terrain. Si l’on se
1 décide difficilement à lui accorder une
, bonne place, c’est encore une des ^meilleures
■ des plantes qui se développent et se conser-
vent sans nul soin.
Fleurs annuelles
Dans les fleurs annuelles qui fleurissent
au printemps, là où le sol leur est favorable,
on obtient souvent d’excellents résultats
avec les Gesses odorantes semées en au-
tomne. Partout où cela se pratique et où
elles passent bien l’hiver, elles fournissent
des haies de Heurs et bien venues de bonne
heure au printemps. Tel, aussi, le Bluet,
aimable Heur du printemps, et qui nous
présente peut-être le plus beau bleu de
toutes les Heurs annuelles. Mais pour
Tavoir de bonne heure et bien venu, il fau-
drait toujours le semer en automne, et pour
l’effet, il faudrait les grouper par grandes
masses, parfois associés aux arbustes, ou
sur des terrains récemment mis en culture
et que l’on désire couvrir. Certaines espèces
annuelles de Californie sont superbes et
vigoureuses si on les sème en automne,
bien entendu, pourvu qu’elles échappent
aux rigueurs de l’hiver. Nous avons eu de
cette façon de très-beaux Godétias blancs ;
dans un sol calcaire, sablonneux et chaud,
les plantes destinées à Heurir au printemps
sont très-vigoureuses et odoriférantes,
mais ce serait perdre son temps que de
tenter cette culture dans des sols froids.
Arbres et Arbustes à floraison
printanière
Le jardin printanier serait incomplet
s’il y manquait les nombreux arbres et
arbustes qui, par leur Horaison hâtive,
nous procurent ses meilleurs effets. Parmi
les plus beaux se rangent les Marronniers,
particulièrement lesespèces rouges, toujours
décoratifs, mais spécialement quand ils
sont vieux. Le Néflier blanc est un arbre
demi-nain, rustique, fleurissant régulière-
ment et faisant bon effet au jardin d’agré-
ment ou aux franges des bosquets. L’Aman-
dier, plus peut-être que tout autre arbuste
ou arbrisseau, chez nous et en France,
brille aux premiers jours du printemps, et,
comme la majorité des arbustes du Midi, se
plaît le mieux dans les terres des allées
chaudes, se développant plus lentement, au
contraire, dans les terres froides et lourdes.
Pour en obtenir quelqu’effet dans le
paysage, il faudrait les réunir par groupes.
Les Pêchers à fleurs doubles sont ravissants
en France, mais il en est rarement ainsi
chez nous, ce qui dépend, peut-être, du
sujet employé. De tous les arbustes rus-
M
190
LES JARDINS DU PRINTEMPS.
tiques qui furent jamais introduits dans
notre pays, on finira, peut-être, par trouver
les Azalées les plus précieuses pour produire
de l’effet. Elles sont pour la plupart origi-
naires d’Amérique et de Chine, et de
nombreuses variétés, qui furent produites
dans nos cultures, sont de la plus haute
valeur. Dans beaucoup d’endroits on man-
que encore toute la richesse des différents
groupes d’Azalées rustiques, particulière-
ment des récentes variétés obtenues ces
dernières années. Puis l’Arbre-de-Judée,
magnifique en groupes, est aussi trop né-
gligé chez nous, mais il faudrait toujours le
planter par groupes et non pas en maigre-
isolé. Les divers Cerisiers à fleurs doubles
vont admirablement bien chez nous, et
sont d’une floraison riche autant que déli-
cate ; les variétés japonaises vont aussi
bien que les anciennes variétés françaises
et anglaises, mais les arbres sont sujets à
dépérir de la greffe. Le Chionanthe d’Amé-
rique {Chionanthus virg inica) es\ ]oY\ , mà\s
certains arbres fleuris d’Amérique n’aoûtent
généralement pas assez leur bois en Angle-
terre, pour nous donner cette riche florai-
son qu’on voit dans leur pays d’origine. Les
Aubépines sont pour des hôtes natu-
rels des collines et endroits rocheux et de-
vraient nous apprendre à faire usage des
nombreuses autres espèces empruntées aux
montagnes de l’Europe et de l’Amérique,
et qui varient et prolongent l’époque de
floraison des arbustes printaniers ; et
meme notre Aubépine sauvage nous a
donné de nombreuses variétés rouges, roses,
doubles et à bois pleureur. Le vieux Cytise
Eaux-Ébénier était depuis de longues années
un objet de réjouissances par sa pluie d’or,
et dans ces derniers temps, on en obtint
bien plus d’effet encore avec les variétés
améliorées du Laburnum alpin, avec ses
longues chaînes de fleurs d’or. En vieillis-
sant, ils formeront le meilleur groupe
d’arbres fleuris, c’est pourquoi il est infi-
niment recommandable de grouper en-
semble les diverses variétés de Laburnum
qui, après développement, feront très-bien
dans le paysage par leurs différentes
formes.
Genêts et Ajoncs.
Il n’est point de plantes plus riches et à
meilleur effet par grandes masses que le
Genêt commun et tous ses parents assez
rustiques, même le petit Ajonc d’Espagne,
si beau comme coloris. Le Genêt devrait
être plus employé pour garnir des talus et
endroits sableux ou graveleux, où il réussit
et donne de l’effet mieux que toute autre
plante, et nous serions ainsi à l’abri de
toute inquiétude de devoir l’introduire dans
nos jardins. On peut en dire autant de
l'Ajonc, une si belle plante en Angleterre
et aux côtes de la France, et les Ajoncs à
fleurs doubles méritent d’être réunis par
groupes pittoresques dans les jardins. Dans
les sites de campagne, dominant des vues,
il est d’une grande valeur au premier plan,
et se reproduisant si facilement par
graines, on peut en obtenir de magnifiques
effets, quoiqu’il faille de temps en temps
l’abattre jusque près du sol par des hivers
rigoureux.
Rhododendrons et Magnolias.
Les premiers forment la gloire du prin-
temps dans nos jardins d’agrément, mais
ils occupent souvent un rang si élevé dans
la considération et l’estime populaires,
qu’ils mènent très-souvent à négliger
d’autres choses de valeur. Il serait certai-
nement difficile d’évaluer trop haut leurs
charmes, mais cependant il faudrait dis-
cerner et rejeter les variétés trop hâtives et
trop délicates. Bien des variétés sorties du
Rhododendron ponticum et des R. des
Indes, quoique réussissant dans les dis-
tricts doux du Sud de l’Angleterre et de
l’Ouest de la France, et de ci de là au voisi-
nage de la mer, ne sont généralement pas
rustiques dans l’intérieur du pays. Quel-
ques-uns de ces hybrides délicats fleuris-
sent en effet de bonne heure, mais à quoi
bon ? L’essentiel, si nous accordons une
place à un arbuste rustique, est que nous
en obtenions une floraison parfaite, et pour
cela il faudrait choisir les variétés rusti-
ques à larges feuilles, qui, pour la plupart,
sortent du très-rustique R. catawhiense de
l’Amérique du Nord ; sachons aussi grou-
per avec goût les plus beaux coloris et
n’usons jamais de plantes greffées.
Depuis de longues années, le Magnolia
Yidan, là où il est bien cultivé, est un des
plus beaux arbres des jardins au sud de
l’Angleterre, et rien ne produit plus d’effet
que 1’ « Arbre- à-Lis » dans les jardins
tels que Syon et d’autres dans la vallée de
la Tamise. En ces dernières années nous
avons vu cette famille d’arbres à fleurs la
plus remarquable s’augmenter notablement.
Certaines de ces nouveautés, telles que
M. stellata, ont déjà témoigné d’une
LA MALADIE NOIRE DES CLÉMATITES.
191
y
grande valeur ; toutes méritent d’être es-
sayées, et pour les espèces dont nous
I sommes déjà sûrs, la condition essentielle
[ est de les grouper. Même pour le Magnolia
commun (M. Yulan), Veüei de quatre ou
I ' cinq pieds associés est bien différent de
! celui d’un exemplaire isolé.
Arbustes divers.
Les Forsythia, arbustes de Chine rusti-
ques, à fleurs jaune pale, d’un effet délicieux
comme groupement pittoresque, forment
un des principaux charmes du jardin prin-
tanier, par leurs longues baguettes retom-
bantes toutes garnies de fleurs; ils font
aussi beaucoup d’effet en espaliers ou
groupés librement sur des digues ou mon-
ticules. Une autre plante d’une grande
beauté, VHalesia, est trop peu employée.
Contrairement à d’autres arbres améri-
cains, il aoûte très-bien son bois, et fleurit
souvent abondamment. Le Laurier alpin
d’Amérique (Kalmia) est une des meil-
leures plantes jamais introduites dans
notre pays, et comme fleur printanière tar-
I dive une des plus précieuses, se plaisant
I tant à mi-ombre que dans une situation
I découverte.
; . Le Pyrus japonica (Chænomeles), ma-
; gnifique vieil arbuste, souvent planté au
I pied des murs dans les jardins des villas,
' s’emploie avec succès dans bien des sols
j ,
LA. MALADIE NOIR
Depuis l’article que nous avons récem-
ment publié dans la Revue horticole
(16 février 1897), sur cette redoutable ma-
ladie, M. Maurice de Vilmorin nous a
signalé un article paru dans le Garden and
[jî Forest, en 1890, où nous avons trouvé des
!!! indications très-intéressantes sur la nature
II du terrible parasite qui fait la désolation
des cultivateurs et amateurs de Clématites.
Cet article, dû aux recherches du pro-
! fesseur américain Comstock, est trop
étendu pour que nous puissions le publier
ici en entier ; mais nous en avons extrait
les indications suivantes :
Sur les plantes malades, le professeur
t; Arthur avait déjà observé un Champignon
• (dont l’espèce n’est pas indiquée), mais il
ne fait qu’accompagner la véritable ma-
ladie, car celle-ci est très-différente ; elle
a pour cause un Nématode du genre
I Heterodera, très-voisin de celui qu’on a
pour former des groupes ou des baies. Les
Berheris toujours verts, dans les diverses
espèces, sont de très-beaux arbustes pré-
coces, à fleur d’un jaune d’or, et faisant
très-bien en groupements d’un nombre
notable de touffes. Les Deutzias et les Se-
ringas, variés et superbes, forment deux
familles très-importantes, propres à former
des masses blanches. Il ne faudrait jamais
les ensevelir entre les arbustes communs,
mais les grouper par bonnes quantités de
chaque espèce. Les Groseilliers à fleurs
(Rihes), des montagnes Nord-Ouest de
l’Amérique, avec toutes les variétés, est un
charmant arbuste précoce, qui fait très-
bien dans le paysage s’il est disposé avec
goût. Mais le plus important et le meilleur
venu peut-être de tous les arbres et arbustes
à floraison printanière est le Lilas, généra-
lement répandu sous quelques-unes de ses
formes seulement en Angleterre, alors
qu’en France on en possède de nombreuses
variétés. Beaux toujours et partout, les
Lilas font le mieux cependant groupés en-
semble ; ils jouissent ainsi en plein de l’in-
fluence du soleil pour aoûter leur bois ; le
danger d’une plantation trop serrée peut
s’éviter en intercalant des plantes vivaces
entre les Lilas, lesquels ne devraient jamais
être serrés.
W. PvOBINSON.
(Traduit de l’anglais par J. Buyssens)
(La fin au prochain numéro.)
! DES CLÉMATITES
observé en Allemagne, surtout sur les
Betteraves à sucre.
Les racines portent de petites excrois-
sances noueuses ou galles, que la plupart
des praticiens ont sans doute observées et
dans lesquelles sont logées les femelles de
l’insecte. En coupant une de ces galles, on
voit, à l’aide d’une simple loupe, noyés
dans le tissu de l’excroissance, des corpus-
cules pyriformes, de même teinte que le
tissu végétal, mais néanmoins bien appa-
rents, car leur surface est polie et luisante.
En examinant plus soigneusement ces cor-
puscules, on remarque qu’ils abritent
chacun, un ver très-fortement renflé par
les œufs qu’il renferme.
Les deux sexes de cet anguillule, ana-
logue à celui qu’on voit flotter à la surface
du vinaigre en fermentation, sont très-
petits quand ils sont jeunes ; il faut un fort
grossissement pour pouvoir les observer.
192
EXPOSITION HORTICOLE DE CANNES.
Mâles et femelles sont alors filiformes ;
ils se meuvent rapidement et s’étendent
bientôt d’une plante à l’autre. Les mâles
subissent certaines transformations remar-
quables, mais ils restent toujours filiformes.
Les femelles, au contraire, se fixent sur un
point des racines à leur convenance et,
après leur fécondation, grossissent, se
distendent énormément sous la pression
interne de leurs œufs, et deviennent alors
les corpuscules pyriformes précités. Ce
Nématode ne diffère guère de celui de la
Betterave que par la forme des femelles
ovipares et par les excroissances qu’elles
causent, alors qu’on n’observe pas ces der-
nières sur les Betteraves.
La multiplication de ce parasite est si
rapide que le sol en est bientôt infesté. Sa
dispersion dans tout un jardin et au delà
a lieu en peu de temps, car il n’est malheu-
reusement pas spécial aux Clématites.
On connaît déjà au moins 75 espèces de
plantes de différentes familles sur lesquelles
il vit ; de ce nombre sont les Rosiers, les
Pêchers, la Vigne, les Bégonias sur lesquels
il est très-fréquent, ainsi que les Choux,
Navets, Laitues, Betteraves, Panais, Au-
bergines, Melons et autres légumes.
La nature excessivement polyphage de
cet insecte microscopique rend sa destruc-
tion particulièrement difficile, sinon
presque impossible ; sa faculté d’adaptation
est si grande qu’on ne peut songer à
l’affamer, puisqu’on ne connaît pas encore
de plante sur laquelle il ne puisse vivre.
Le professeur allemand Keuen a con-
seillé l’emploi de plantes-pièges pour la
destruction du Nématode de la Betterave en
Allemagne. Ces plantes-pièges sont des
Navets, que l’on sème entre les plantes à
protéger et qu’on arrache lorsque leurs
racines sont bien envahies ; on répète ces
semis plusieurs fois pendant le cours d’une
même saison. Mais ce procédé de des-
truction est évidemment coûteux, très-
absorbant, d’une efficacité relative et par
cela même pas pratique.
Dans l’état des connaissanees actuelles,
les soins des praticiens doivent surtout
porter sur le choix de la terre à rempotages,
sur celui des carrés destinés à la mise en
plein air des Clématites et sur la propreté
des cultures.
Ajoutons-y l’usage du soufre, dont nous
avons parlé dans notre précédent article, ef
réitérons auprès des cryptogamistes et pra-
ticiens l’importance et l’utilité de nou-
velles recherches scientifiques et pratiques.
S. Mottet.
EXPOSITION HORTICOLE DE CANNES
Une exposition horticole s’est ouverte à Cannes
le 18 mars, qui, passablement différente de ses
devancières, n’est cependant ni moins jolie à
voir, ni moins instructive. Elle fait apprécier et
pour ainsi dire toucher du doigt la fertilité de
ressources de ce littoral provençal, terre pro-
mise de l’horticulture.
En 1897, un hiver remarquablement plu-
vieux et à température douce dans l’ensemble
a été marqué vers la fin de janvier par un coup
de froid subit et passager dont faction a suffi
pour endommager notablement un grand
nombre des végétaux cultivés en pleine terre.
S’il en est peu qui aient succombé aux atteintes
de la gelée, beaucoup sont atteints dans une
partie de leur feuillage ou de leurs jeunes
pousses et plus ou moins défigurés momenta-
nément.
C’est là probablement le principal motif de
l’absence presque totale de produits de la
pleine terre à fExposition de mars 1897.
Ni les établissements Martichon, Nabonnand
ou Brunnel, ni les cultures de l’Aube n’ont
apporté de ces collections de Palmiers, Cycas,
Bambous et autres plantes vertes qui consti-
tuent, plus même que les fleurs coupées, la
grande production horticole industrielle des
environs de Cannes. Cependant, les deux pre-
miers ont obligeamment prêté des touffes de
Bambous et de belles plantes vertes pour
garniture, et l’aspect des galeries de fExpo-
sition ainsi que la vaste cour intérieure sont
grandement embellies par cet apport désin-
téressé.
Chacun sait que Cannes et les localités envi-
ronnantes possèdent de nombreuses résidences
d’hiver appartenant aux plus grandes familles
de France et d’Europe.
Beaucoup de ces propriétés sont pourvues
de serres fort bien garnies de plantes et de
fleurs de toute sorte. De ces serres sont sortis
les apports les plus importants à fExposition
d’horticulture de Cannes. Elle a été, dans une
large mesure, une exposition d’amateurs.
Je ne puis constater ce fait sans un certain
retour mélancolique sur nos Expositions de
Paris où il est si difficile d’obtenir de loin en
loin quelques présentations venant des splen-
dides cultures d’amateurs si nombreuses pour-
tant aux alentours de la capitale.
EXPOSITION HORTICOLE DE CANNES.
193
Le plus beau lot et le plus nombreux en
même temps que le plus varié de ceux qui ont
figuré à l’Exposition de Cannes est celui qu’ont
fourni les serres du château Thorenc, à Cannes
même, appartenant à lord Rendel. M. Denis
Troncy, chef de culture, a présenté un massif
considérable de plantes de serre chaude : Cala-
diums, Dracénas, Crotons, Gloxinias, Arums
hybrides de semis, Gesnériacées diverses.
Plusieurs des Crotons portent les noms de
notabilités cannoises ou niçoises, ce qui fait
présumer que ce sont des graines obtenues
dans le pays même. Les formes sont très-va-
riées ainsi que les coloris, et quelques-unes des
plantes sont de forte taille.
Un autre groupe du même exposant se com-
pose de plantes demi-rustiques, mais avancées
cependant pour être en fleurs à la mi-mars :
Azalées de l’Inde et de pleine terre, Pivoines
en arbre. Clématites, Cinéraires bleu et rouge
foncé, Cyclamens de Perse variés, belle plante
conduite en boule du rare Lotus pelioryn-
chus, etc. Enfin un groupe de Phlox divari-
cata bien uniforme attire l’attention par sa
teinte bleu lilacé et recouvre le sol comme un
tapis. A part que la teinte est un peu plus gri-
sâtre, on dirait qu’on a piqué en terre, près à
près, des inflorescences de Plumbago ca-
pensis.
Très-beau et très-varié aussi l’apport de
lu. Roland, jardinier de Elder, au château
Saint-Michel. Il se compose de Palmiers fort
élégants, Arecas, Kentias, Cocos WeddelUana,
avec de jolis Dracénas et une bordure bien
fleurie d'Iberis gibraltarica.
A citer encore les jolies Azalées de l’Inde, de
couleurs claires et les Freesia de M. Autran,
jardinier de M. Chapron, à la villa Madrid.
M. Demôle, le dévoué président de la Société
horticole de Cannes, présente un groupe de
superbes Azalées de l’Inde, parfaitement fleu-
ries, entourées d’une bordure de Schizope-
talum Walkeri dont les corolles finement la-
ciniées sont fort admirées ainsi que les Cycla-
mens de M. Tournaire.
Enfin il serait injuste d’oublier quelques forts
spécimens de plantes de serre, entre autres un
superbe Medinilla et un beau Licuala grandis
prêtés par M. Fournier, le grand amateur de
Marseille.
MM. Yilmorin-Andrieux ont présenté hors
concours des lots de Cinéraires hybrides va-
riées, de Cinéraires bleues, rouges, striées et
doubles, de Primula obconica de semis, Pri-
muta denticulata, avec de fort belles Jacinthes
de Hollande et quelques Cyclamens de Perse à
grandes fleurs d’une force exceptionnelle, pro-
venant de leurs cultures d’Empel au cap d’An-
tibes.
Un des attraits de l’Exposition était la classe
des Œillets. Trois exposants y rivalisaient entre
eux et leurs trois lots, placés côte à côte, loin
de se nuire, formaient un ensemble qui rete-
nait longtemps l’attention des visiteurs.
M. Millot, d’Antibes, exposait les meilleures
races nommées et adoptées dans le pays pour
la production d’hiver des fleurs coupées; à
côté de lui, MM. Elisée Perrin et Gimello, de
Nice, présentent surtout des gains nouveaux
non encore nommés qui promettent d’intéres-
santes nouveautés pour le commerce horticole.
Les coloris sont en général très-frais et très-
vifs, la grosseur des fleurs telle que la plupart
présentent à un haut degré l’inconvénient d’être
crevards. Ils ne portent jusqu’à présent que
des numéros d’ordre. M. Perrin expose aussi
des Renoncules asiatiques, doubles et semi-
doubles d’une grande vigueur.
M. Lamarque, jardinier de M. Albert Bricka,
à Juan-les-Pins, expose une fort belle collec-
tion de Rosiers hybrides remontants forcés, en
plantes basses, bien fleuries, bien nomm.ées et
d’une santé parfaite. Les riches teintes de ces
Roses, qu’on est peu accoutumé à voir dans le
Midi, sont fort admirées.
Mais le vrai clou de l’Exposition, c’est le lot
de plantes vivantes et de fleurs coupées pré-
senté par M“e Solignac. Il est impossible de
voir et difficile d’imaginer rien de plus parfait.
Les plantes ; Azalées, Orchidées, Clivias ,
Lilas, Boules-de-Neige, sont de forme régu-
lière, de floraison parfaite, compactes et bien
garnies, ne sentant pas l’effort et paraissant
arrivées d’elles-mêmes à leur perfection pour
le jour de l’Exposition.
Ce qui dépasse tout et arrache des cris d’ad-
miration aux visiteurs, ce sont les bouquets de
Roses d’une seule variété, soit remplissant des
bourriches entières et des paniers, soit dispo-
sées sans autre accompagnement que des
pousses bronzées de Rosier Safrano dans des
vases légers. On ne sait vraiment qu’admirer
davantage, de l’art raffiné et jouant la simpli-
cité complète avec lequel ces fleurs sont pré-
sentées ou de la beauté, la grosseur et l’absolue
perfection individuelle de chacune des Roses
exposées. Chacune d’elles présentée seule au
jury aurait mérité une récompense. Il y avait
là et par douzaines des France, des Paul
Neyron, des Maréchal Niel comme nous n’en
voyons pas à Paris, et de plus des Gloire
Lyonnaise, des Marie Poussin, des Gilbert
Nabonnand et des Christine de Xoue, variétés
peu connues dans le Nord, qui sur le littoral
acquièrent une merveilleuse délicatesse de
coloris.
Des rameaux abondamment fleuris d'Eu-
phorbia jacquiniæflora et des fleurs de Ngm-
phæa de diverses couleurs complètent ce
groupe remarquable qui a été rarement égalé,
jamais dépassé dans les concours horticoles où
il m’a été donné d’assister. Il est présenté
« hors concours », mais, malgré cette précau-
tion, il a probablement écarté tous les apports
rivaux, car, à part un petit lot de la maison
Paschke, on ne trouve dans l’Exposition au-
cune autre collection de fleurs montées. Par
194
l’origine des glaïeuls cultivés.
contre, une innovation assez originale ^ a fixé,
dans l’après-midi du jour de l’ouverture, l’at-
tention du public, c’est un concours de confec-
tion de bouquets où, sous les yeux d’un jury
de dames, plusieurs concurrentes et quelques
concurrents ont dû, dans l’espace de quelques
minutes, monter en gerbes des fleurs sembla-
bles pour tous qui avaient au même moment
été mises à leur disposition. Gomme on pou-
vait s’y attendre, les doigts féminins ont su 3
conquérir les prix. «
Un jury des plus compétents - et un public (j
de choix où abondaient les Altesses royales et |!|
impériales ont rendu pleine justice aux efforts b
et aux succès des exposants. De plus en plus, . '
l’Exposition florale de Cannes tend à prendre j
une place considérable dans les fêtes horti-
coles de l’année. Henry -L. de Vilmorin. ;
L’ORIGINE DES GLAÏEULS CULTIVÉS
On doit à une intéressante communica-
tion de M. E.-H. Krelage, de Haarlern, au
journal américain Garden and Forest,
d’apporter une notable clarté sur l’origine
des Glaïeuls cultivés. On peut condenser cette
étude dans le tableau généalogique suivant :
V Gladiohis
^
1 I I
psittacinus X oppositiflorus X cardinalis X tristis
I I 1
purpureo-auratus X gandavensis X Saundersi ramosus Colvülei
I I
Saundersi X Lemoinei turicensis [ChUdsii)
nancfianus
Le Gladiolus gandavensis fut annoncé
pour la première fois sur le catalogue de
M. Louis Van Houtte, en 4841. Une note
qui parut à la même époque dans la Flore
des serres et des jardins de V Europe, le
mentionnait comme un hybride du G. car-
dinalis et du G. psittacinus. Mais plus
tard, M. Herbert émit un doute à cet
égard, des fécondations nombreuses faites
dans ce sens étant restées sans résultat.
M. Herbert ayant d’autre part croisé le
G. psittacinus avec le G. oppositiflorus,
en obtint une plante exactement semblable
à celle figurée dans la Flore des serres et
des jardins, comme G. gandavensis. Des
observations identiques furent faites par
d’autres personnes. Le G. gandavensis a
été par la suite amélioré principalement par
M. Souchet, de Fontainebleau, qui en mit
un grand nombre de variétés au commerce,
puis par ses successeurs, MM. Souillard et
Brunelet.
Le Gladiolus Lemoinei est le produit du
croisement entre le précédent et le G. pur-
1 Cette idée a déjà été réalisée l'armée dernière
à l’Exposition de Cannes, où j’avais l’honneur de
présider le jury, et nous avons raconté dans la
Bevue horticole, 1896, p. 169, comment quatre
jeunes filles et un jeune homme avaient pris part
à ce concours. — (Ed. A.)
2 Le jury de cette année a été présidé par
M. F. Sahut, de Montpellier.
pureo-auratus, plante robusle et vigou-
reuse importée du Cap il y a environ vingt-
cinq ans. M. Lemoine, son obtenteur, le
montra à l’exposition universelle de 1878.
Les nuances et la forme de ses variétés se
perfectionnent d’année en année.
Le Gladiolus turicensis fut obtenu par
M. Frœbel, de Zurich, en fécondant des
variétés du G. gandavensis par le G. Saun-
dersii, espèce importée du Gap il y a une
vingtaine d’années. M. Max Leichtlin a,
depuis, proposé un G. (.hildsii, qui n’est
que similaire du précédent, et seulement
connu, du reste, que pour avoir été trans-
mis de France à une maison américaine
qui le revendit ensuite à M. Childs, d’où
son nom.
Le Gladiolus nanceianus fut présenté
pour la première fois au public horticole à
l’exposition universelle de 1889 par M. Le-
moine. De même que le G. Lemoinei lais-
sait loin derrière lui le G. gandavensis, on
peut dire que le G. nanceianus marque un
très-grand progrès sur le G. turicensis.
Quelques-unes de ses variétés ne sont pas
aussi vigoureuses qu’on pourrait le désirer,
mais cependant, parmi les plus récentes, il
en est qui joignent une bonne robusticité à
un perfectionnement dans la forme des
fleurs, une tenue des épis et une richesse
de coloris hors de pair.
H. Dauthenay.
LES MONSTRUOSITÉS PARMI LES CAGTÉS.
195
[
1
t
LES MONSTRUOSITÉS PARMI LES CACTÉES
La grande famille des Cactées, aux re-
présentants de formes si variées, renferme
une section bien distincte de plantes appar-
tenant à tous les genres, remarquables par
leurs tiges affectant des formes monstrueuses
dignes de captiver l’attention des amateurs
de curiosités végétales. Ces monstruosités,
désignées suivant leurs traits caractéris-
tiques par leurs déterminatifs : monslrosus
et cristatus, du latin crista, crête, par al-
lusion à la forme de crête de coq des tiges
principales ou secondaires, sont très-cu-
rieuses.
Les formes dites : cristata^ plus fré-
I quentes que celles dites : mo7istrosus, se
I rencontrent le plus souvent dans le genre
il Mamillaria^ telles sont les M. bicolor cris-
II tata, multiceps^ flavovirens, longimamma^
nivea^ Odieriana, pretiosa, rhodantha,
Wildiana ; peu nombreuses dans le genre
Echinocactus : E. acutissimus, Scopa ;
parmi les Echinocerus et Echinopsis, on
trouve E. pectinatus et E. Eijriesii, mul-
tiplex Zuccarinii ; parmi les Cercus : C.
I macrogonus^ flagelliformis ; parmi les
I Pilocereus, le P. Dautwilli cristata, nou-
vellement annoncé, enfin parmi les Opun-
jl tia : O. clavarioides, cglindrica et micro-
||hasis.
Les formes cristata sont variables ;
tantôt les tiges sont doubles, triples, for-
j mées de crêtes aplaties, soudées les unes
j aux autres, tantôt disposées en serpentins
ondulés ou parfois entremêlées de parties
globulaires ou cylindriques; l’ensemble des
I ramifications forme chez certaines espèces
des masses enchevêtrées et compactes pou-
,, vant atteindre avec l’âge d’énormes dimen-
sions.
Un autre genre de monstruosité fré-
;| quente chez les Mamillaria est caractérisée
! par une bicéphalie prenant naissance au
I sommet d’une tige simple ; les deux têtes
1 s’accroissent simultanément et ont une
; forme absolument symétrique,
t L’origine des formes monstrueuses est
peu connue; on s’accorde à les considérer
I comme accidentelles, se produisant aussi
I bien dans la nature que dans les cultures.
! Un fait curieux, maintes fois constaté, c’est
que les formes cristata ne se présentent
jamais parmi les plantes de Cactées élevées
de semis de graines récoltées sur les plantes
de formes normales et, comme d’autre part
on ne récolte pas de graines sur les formes
cristata, on est obligé d’avoir recours pour
leur multiplication soit au bouturage des
ramifications, soit à leur greffage pour les
espèces chétives.
La plus belle et la plus intéressante
forme cristata entre toutes est, sans con-
tredit, le Cercus flagelliformis var. cns-
tata, connu depuis quelques années seule-
ment. Celte plante, greffée sur un tronc
droit de Cercus Spachianus ou peruviaiius,
d’une hauteur de 12 à 15 décimètres,
forme une large tête composée de crêtes
contournées, ondulées, rétrécies par places ;
leur ensemble imite assez bien la forme
d’un bois de cerf. Il arrive très-souvent que
certaines parties des tiges reprennent la
forme primitive du type et qui, bouturées,
ne reproduisent plus la monstruosité.
Notons en passant que l’on peut provo-
quer artificiellement la formation de diffor-
mités plus ou moins fantastiques sur les
tiges de la plupart des Cactées, en prati-
quant des incisions ou des ablations succes-
sives des extrémités tigellaires, mais ces
manipulations sont rarement mises en pra-
tique. Il arrive aussi quelquefois que cer-
taines plantes importées de leur patrie pré-
sentent des difformités dans la conformation
de leurs tiges ; la cause de ces faits doit être
attribuée à un accident naturel, tel qu’une
compression de la tige entre des fragments
de rochers, ou une rupture partielle de
celle-ci, d’où déviation de la sève et diffor-
mité variable, mais sans attrait.
Les formes dites monstrueuses ne se
rencontrent que dans le genre Cercus,
parmi lesquels le Cereus peruvianus mons-
trosus, bien connu etassez répandu, est une
plante atteignant de grandes dimensions; le
Cereus peruvianus monslrosus minor
est une forme plus réduite, plus ramifiée et
même plus vigoureuse, remarquable par la
teinte bleue intense de son épiderme, chez
les sujets adultes et bien cultivés. Les Cc-
reus formosus eiBeisegeli monslrosus sont
196
CORRESPONDANCE.
de dimension moyenne, également très-
appréciés : le premier est remarquable par
la couleur vert foncé de son épiderme ; le
second par la teinte glauque de ses nou-
velles pousses. Tous ces Cereus monstrosus
sont des végétaux d’autant plus précieux
qu’ils joignent à leur structure majestueuse
et des plus décoratives la facilité de les mul-
plier en grand par le bouturage de leurs
ramifications qui ne tardent pas à produire
de belles plantes en peu de temps. Comme
ces espèces croissent vigoureusement sur
leurs propres racines, on ne les greffe géné-
ralement que dans le but de leur donner la
forme d’arbustes à hautes tiges ; dans ce
cas, on choisit les sujets d’un fort diamètre,
aussi droits que possible et d’une hau-
teur variable suivant le but que l’on cherche
à atteindre.
Il va sans dire que pour toutes les espèces
ou variétés de forme monstrosus ou cris-
tata, on devra tenir compte des exigences
des greffons pour la température hivernale à
observer; quant aux soins de culture, ceux-
ci sont les mêmes que pour toutes les formes
ordinaires. W. Mœrder.
CORRESPONDANCE
il/me JT . (Bordeaux). — La meilleure manière
de cultiver le Ruscus racemosus ou Laurier
d’Alexandrie est de le placer à mi-ombre,
sous (le grands arbres dont la cime n’inter-
cepte cependant pas une action solaire, si
momentanée qu’elle soit. La terre doit être
siliceuse, profonde, fraîche, avec un peu de
matières humiques (feuilles décomposées, terre
de bruyère). Quant au mode de multiplication
de cette plante, on peut procéder indifférem-
ment par la division des touffes ou par le
semis. Mais dans l’un comme dans l’autre cas,
il faut tenir compte que la végétation de ce
Ruscus, comme celle de tous les autres, est
toujours très-lente.
Le Ruscus racemosus est aussi désigné, en
nomenclature, sous les noms de Danaë race-
mosa, Mœnch., et Danaë Laurus, Méd.
D’autre part, on applique aussi quelquefois
le nom de Laurier d’Alexandrie au Ruscus
Jlypoglossum. Cette espèce ne présente pas de
ramifications et est moins ornementale que la
première. Sa culture est identique. Elle gèle
dans les grands hivers. — (H. D.).
No 3280 (Gard). — Aux livres que vous
possédez déjà, vous pourriez ajouter le Manuel
des Plantes, de Jacques et Hérincq ; le Hand-
huch der Laubholzkunde, de Dippel, pour les
arbres et arbustes de plein air, et les ouvrages
monographiques (ils sont nombreux) relatifs à
certaines familles ou à des genres spéciaux de
plantes.
Nous avons commencé l’étude des plantes
dont vous nous avez envoyé des échantillons
secs, et nous vous répondrons dès que les dé-
terminations en seront faites.
CATALOGUES REÇUS
André Charmet, successeur de Hoste, 10, rue
des Dahlias, à Montplaisir-Lyon. — Fuchsias, Pé-
largoniums zonés, Pentstémons, Héliotropes, Can-
nas, Dahlias, etc.
Bruant, à Poitiers. — Nouveautés d’obtentions
ou d’introductions récentes, Asparagus Spren—
geri, Heuchera sanguinea, Lobelia Rivoirie, etc.
Dahlias, Cannas, Fuchsias, Pétunias, Pélargo-
niums zonés. Bégonias, Héliotropes. Plantes vi-
vaces diverses. Nombreux assortiments de plantes
pour massifs. Chrysanthèmes. Fraisiers.
Fr. Gerbeaux, 1, rue du Ruisseau, à Nancy. —
Plantes de serre froide et tempérée. Plantes pour
bordures. Bégonias, Cannas, Fuchsias, Pélargo-
niums zonés.
V. Lemoine et fils, ru® du Montet, à Nancy. —
Plantes nouvelles de serre froide et de pleine
terre. (Dodecatheon, Lemoinei, Ligustrum, Wal-
keri, etc.) Plantes de serre chaude, tempérée et
froide. Plantes vivaces de pleine terre. Arbustes ,
Clématites, Fuchsias, Lilas, Weigelas, Cannas, Pé-
largoniums zonés et à grande fleur. Glaïeuls, Bé-
gonias, etc,
Lévêque et fils, 69, rue du Liégeat, à Ivry
(Seine). — Rosiers nouveaux pour 1896-1897.
Glaïeuls, Pivoines, Bégonias. Plantes pour massifs.
A. Nonin, 20, Avenue de Paris, Châtillon-sous-
Bagneux (Seine). Pélargoniums zonés. Œillets re-
montants, Dahlias « Cactus », Cannas florifères,
Fuchsias, Ancolies et plantes diverses.
Ch. Molin, 8, place Bellecour, à Lyon. — Liste
spéciale de Chrysanthèmes nouveaux pour 1897.
Jean Héraiid, villa Brimborion, au Pont d’Avi-
gnon (Gard). — Liste spéciale de Chrysanthèmes
nouveaux pour 1897.
OriéüQs. — lmp. G. Jacob, Paul Pigelet, successeur.
Le Directeur-Gérant t L. Bourguignon.
CHRONIQUE HORTICOLE.
197
CHRONIQUE HORTICOLE
Mérite agricole. — Académie des sciences. — L’horticulture à l’Exposition de Bruxelles. — Les colis
postaux de 10 kilog. — Société des clirysanthémistes français, — Viola odorata sulfurea. —
Un Canna à feuilles panachées. — Un nouveau genre de greffage. — Le Camellia theifera usité
comme Thé en Perse. — Disparition d’un Poirier âgé de six cents ans. — La Société française
d’horticulture de Londres. — Expositions annoncées. — Florilegium Harlemense. — Une plante qui
rend chauve.
Mérite agricole. — Le Journal officiel
vient de publier les promotions et nomi-
nations faites dans l’ordre national du mé-
rite agricole^ à l’occasion du Concours gé-
néral agricole de Paris et de diverses
solennités agricoles, par décrets en date
des 14 février, 4 et 19 avril 1897, rendus
sur la proposition du président du Conseil,
ministre de Tagriculture, et par arretés en
date des 27 mars, 4, 8 et 19 avril 1897.
Nous y relevons les suivantes qui intéres-
sent l’horticulture.
1° Grade d'officier.
MM.
Comte (Benoît), horticulteur à Lyon (Rhône) :
vice-président de l’Arsociationhorlicolelyon-
naise. Nombreuses et hautes récompenses;
40 ans de pratique hortiole. Chevalier du
5 juin 1885.
Cordonnier (Anatole-Louis), horticulteur à
Bailleul (Nord) : lauréat de prix d’honneur
au Concours général agricole. Chevalier du
30 novembre 1890.
Delattre (Narcisse), pépiniériste et cultivateur
à Lompret (Nord) : nombreuses et hautes
récompenses dans les concours et exposi-
tions ; 40 ans de pratique agricole. Chevalier
du 16 juillet 1892.
Guillot-Pelletier (François-Célestin), construc-
teur de matériel horticole à Orléans (Loiret).
Nombreux diplômes d’honneur et objets
d’art. Exposant des concours généraux agri-
coles ; 38 ans de pratique. Chevalier du
16 juillet 1889.
Plésant (Émile), cultivateur-viticulteur à Mau-
vannes, près les Salins-d’Hyères (Var): vice-
président de la Société d’horticulture et d’a-
griculture d’Hyères. Expériences utiles à la
viticulture. Reconstitution de vignobles. Di-
verses récompenses. Chevalier du 22 juil-
let 1891.
2« Grade de chevalier.
Compoint (Guillaume), cultivateur spécialiste
d’ Asperges à Saint-Ouen (Seine) : a créé et
dirige avec succès une des plus importantes
exploitations de ce genre. Lauréat d’une mé-
daille d’or au Concours général agricole.
Pautet (François-Frédéric), horticulteur, ad-
joint au maire de Toulon-sur-Arroux (Saône-
et-Loire) ; membre des jurys d’horticulture.
Nombreuses récompenses ; plus de 50 ans de
pratique horticole.
Mai 1897
La liste entière publiée au Journal offi-
ciel comprenait 9 croix d’officier et 34 de
chevalier. Gomme on le voit par les déco-
rations ci-dessus, si la part faite à l’horti-
culture ou aux industries qui s’y ratta-
chent a été bien petite pour les croix de
chevalier (2 sur 34), elle a été en revanche
particulièrement remarquable pour les
croix d’officier, puisque 5 sur 9 lui ont été
attribuées.
Académie des sciences. — M. G. Bon-
nier, professeur à la Sorbonne et directeur
du laboratoire de physiologie végétale de
Fontainebleau, vient d’être élu à une grande
majorité membre de la section de botanique
de l’Académie des sciences en remplacement
de M. Trécul, décédé.
La section avait présenté en première
ligne M. Bonnier, et en seconde ligne, par
ordre alphabétique, MM. Bureau, Maxime
Cornu, Prillieux, B. Renault et Zeiller.
L’Horticulture à l’Exposition de
Bruxelles. — La section de l’horticulture
(comité 29), de l’Exposition internationale
de Bruxelles, s’est réunie le d5 avril, sous
la présidence de M. H. de Vilmorin, à l’effet
de préparer la participation des exposants
français aux prochains concours temporaires
d’horticulture.
Le tableau suivant indique les dates des
divers concours, ainsi que les délais d’ins-
cription pour chacun d’eux.
Delais
Dates
Xatiire
d’inscription.
des concours.
des concours.
15 Avril
9-12 Mai
Plantes d’ornement.
15 Avril
15-17 Mai
Culture maraîchère et
pomologique.
10 Mai
11-13 Juin
Culture maraîchère et
pomologique.
30 Mai
12-14 Juillet
Roses.
15 Juin
21-25 Juillet
Plantes d’ornement.
R»’ Juillet
2-4 Août
Culture maraîchère.
15 Août
27-28 Sept.
Culture maraîchère et
pomologique,
15 Octobre
6-8 Nûv.
Chrysanthèmes,
9
198
CHRONIQUE HORTICOLE.
Les exposants des concours temporaires
sont invités à envoyer directement leur de-
mande d’exposer, dûment accompagnée du
montant des droits d’inscription prévus par
le règlement, à la Commission belge d’orga-
nisation de chaque concours.
Ils devront, en outre, pour se mettre
en mesure avec les douanes française
et belge, envoyer à M. Abel Chatenay, à
Vitry-sur-Seine (Seine), secrétaire général
du Comité 29 [Concours temporaires) y
un double de leur déclaration pour qu’il
puisse mettre à leur disposition les for-
mules de douane et les étiquettes qui de-
vront être apposées sur les colis ou ballots
et dont ils devront indiquer le nombre.
Les colis postaux de 10 kilog. —
MM. Henri Boucher, ministre du com-
merce, et Georges Cochery, ministre des
finances, ont déposé à la Chambre des
députés un projet de loi concernant le
service des colis postaux qui ne peut man-
quer d’intéresser les horticulteurs.
La création, en 1881, du colis postal du
poids maximum de 3 kilogr. au prix de
0 fr. 60, en gare, et de 0 fr. 85 à domicile,
ayant pour but de favoriser l’échange des
menus objets a eu un plein succès, qui
s’est traduit par le développement inat-
tendu de la messagerie postale.
Dès 1892, l’Administration établissait,
de concert avec les Compagnies de chemins
de fer et avec l’approbation du Parlement,
un deuxième type de colis postal de 3 à
5 kilogr., au prix de 0 fr. 80 en gare et de
1 fr. 05 à domicile.
Mais, quatre ans à peine après la réorga-
nisation de 1892, un besoin d’expansion de
ce service se révèle de toutes parts. Aussi,
le Gouvernement a-t-il pris l’initiative de la
création des colis postaux de 10 kilogr., en
les restreignant d’abord à l'intérieur de la
France.
La convention conclue par le Gouver-
nement avec les Compagnies de chemins
de fer et dont l’approbation est demandée
aux Chambres a pour base l’article pre-
mier du projet de loi :
. Article premier. — Les Compagnies de che-
mins de fer s’engagent à etfectuer, à l’intérieur
de la France continentale, le transport des
colis postaux de 5 à 10 kilog. ne dépassant pas
la dimension de 1“ 50 dans un sens quel-
conque, au prix de 1 fr. 25 en gare et de
1 fr. 50 à domicile. Ces taxes comprennent
le droit de timbre de 0 fr. 10 revenant au
Trésor.
Les articles 2, 3 et 4 sont relatifs à l’en-
voi contre remboursement et à l’indemnité
en cas de perte.
Le projet présenté par le Gouvernement
répond aux vœux formulés par les Cham-
bres de commerce et les Conseils généraux.
Il améliore la situation des horticulteurs
qui pourront, dans une plus large mesure
que par le passé, se mettre directement en
rapport avec les consommateurs de leurs
produits.
Ajoutons que dans l’une des séances de
la dernière session de la Société des agri-
culteurs de Françe, M. H.-L. de Vilmorin
a fait adopter une proposition tendant à
obtenir que le nouveau colis postal de
10 kilog. n’ait pas de limitation de dimen-
sions, et que le retour gratuit des embal-
lages vides soit accordé aux expéditeurs
moyennant la taxe nette de 10 centimes.
Société des Chrysanthémistes fran-
çais. — Des élections ont eu lieu à
l’Assemblée générale de la Société des Chry-
santhémistes français pour le renouvel-
lement partiel du Bureau.
Ont été élus :
Vice-Présidents : MM. Bruant, Couillard,
Treyerand.
Membres du Comité général : MM. Chauré,
Ghys, Héraud, Jacob, Martinet.
Membres du Comité administratif : MM. Ca-
chât, Crozy, docteur Dor, Pitiot, Charmet.
Membres du Comité floral : MM. Albert Ch.,
Maitrepierre, Chabanne.
Le prochain Congrès est fixé au samedi
6 novembre à Orléans, en même temps
que l’Exposition spéciale des Chrysan-
thèmes organisée par la Société du Loiret.
Viola odorata sulfurea. — Nous avons
eu l’occasion devoir en fleurs cette inté-
ressante nouveauté au printemps dernier.
Elle nous avait été adressée par MM. Bar-
bier, horticulteurs Orléanais, à qui nous
en avons donné donné le nom : Viola odo-
rata sulfurea, qui nous a été communiqué
par M. Rouy. Le jaune est d’une teinte peu
commune et pour ainsi dire inattendue
chez la Violette odorante. La variété en
question a des fleurs d’un jaune, non
soufré ; elles tirent, au contraire, mais très-
faiblement sur l’orangé, et quoique bien
ouvertes, leurs dimensions n’excèdent pas
celles des Violettes des bois ; leur parfum
est faible. La plante est naine, à pédoncules
relativement courts et présente une grande
CHRONIQUE HORTICOLE.
199
différence d’ampleur quand on la voit à côté
des variétés modernes, telles que Prin-
cesse de Galles, Luxonne, etc.; elle inté-
ressera néanmoins beaucoup d’amateurs
de la plus charmante des messagères du
printemps et figurera bientôt dans leurs
collections.
Rappelons que cette plante n’a pas été
donnée comme un gain horticole, mais
comme ayant été trouvée par hasard dans
les bois, aux environs d’Orléans.
D’autre part, nous savons qu’on est arrivé
à des résultats très-analogues dans les cul-
tures. Nous pouvons donc espérer que
bientôt les Violettes jaunes, autres que les
Pensées et l’espèce alpine Viola hifolia
se répandront dans les jardins; elles ne
tarderont pas, sans doute, à y être amé-
liorées et à y acquérir l’ampleur de leurs
congénères à fleurs bleues.
Un Canna à feuilles panachées. —
Il s’agit du Canna John White, obtenu par
M. John White, à Elisabeth (New Jersey).
D’après MM. Lefellier et fils, à Caen, qui en
sont les uniques importateurs en France,
I cette nouvelle variété possède un feuillage
j rouge brun au pétiole, vert sur le limbe, cevert
s’éteignant en stries sur une panacbure
jaune plus intense aux extrémités. La fleur
^ est rouge vif, de grandeur moyenne.
I Enfin, la plante est vigoureuse.
, Il est possible que cette variété soit le
point de départ d’une nouvelle race, étant
donné le caractère décidé de panacbure
' présenté par son feuillage.
Un nouveau genre de greffage. —
I On doit à M. Robert Smith, professeur
d’horticulture, un nouveau procédé de
greffage déjà expérimenté dans le Shrops-
hire et divers autres Comités d’Angleterre.
Les résultats, d’après une communica-
tion adressée par M. R. Smith au
Gardeners’Chronicle, auraient été des
■plus satisfaisants. Cette méthode diffère de
celle en demi-fente, dite aussi « à la Pon-
toise » en ce qu’une lanière d’écorce est
laissée au greffon du côté opposé au pro-
longement qu’on insère dans la fente. Du
. côté de cette lanière, une autre fente,
I mince, est pratiquée, et l’on y insère le
prolongement de la lanière, qui passe ainsi
par-dessus la tête du sujet. L’avantage qui
I résulterait de cette manière d’opérer con-
sisterait dans la production, du côté opposé
^ celui où la greffe a eu lieip, d’une exostose
séveuse qui empêche la tête du sujet de
s’excorier au point de laisser la moelle à nu,
comme cela arrive trop fréquemment.
Cette greffe offre, en outre, une grande ré-
sistance au vent. On ne saurait trop en-
gager les praticiens à l’expérimenter.
Le Gamellîa theifera usité comme
Thé en Perse. — Il se consomme annuel-
lement en Perse une moyenne d’un
million de kilogrammes de Thé noir (Thé
de Calcutta). En outre, une sorte de Thé
blanc est particulièrement usitée dans la
province d’Yezd.
Le Bulletin of miscellaneous informa-
tion àes Jardins royaux de Kew, quia publié
ces renseignements, a fait connaître les
particularités suivantes :
Ce Thé paraît être semblable à celui qui
fut décrit par le Bulletin sous le nom de
1 P’u-èrh tea d en 1889 (pp. 118 et 139). A
l’examen de l’échantillon reçu de M. John
Preece, consul d’Angleterre à Ispahan, il
n’y a pas de doute qu’il ne s’agisse du Ca-
mellia theifera, Griff., connu en Angle-
terre sous les noms de « Assam tea » ou
Howery Pekoe Gongou ». Sa culture, primi-
tivement cantonnée dans l’Assam et dans
la Birmanie, s’est, depuis quelques années,
considérablement étendue dans cette der-
nière contrée, ainsi qu’au Tonkin.
L’infusion de ce Thé est d’un jaune pâle,
et sa saveur est celle du bon Thé de Chine.
Sa qualité est inférieure au « Lao tea »
et au <ç Leppett tea » . Il est, du reste, peu
apprécié sur le marché de Londres, mais
cela tient surtout à son prix trop peu rému-
nérateur. En effet, il ne vaudrait pas beau-
coup plus de 1 fr. 25 la livre, tandis qu’il
peut être vendu, sur certains marchés orien-
taux, jusqu’à 3 fr. 75 et même 6 fr. 25.
Disparition d’un Poirier âgé de six
cents ans. — M. Chabaud, ancien jardinier-
chef de la marine, à Toulon, possédait, dans
sa propriété, un Poirier âgé de près de six
cents ans. Ce doyen des Poiriers était connu
dans la région sous le nom de « Poirier de
la reine Jeanne » ; il mesurait 3‘"60 de cir-
conférence.
Ce spécimen six fois séculaire a été déra-
ciné par lin ouragan l’hiver dernier.
La Société française d’horticulture de
Londres. — Nous avons reçu le Bulletin de
la Société française d’horticulture de Londres
pour l’année 1896. Le rapport général qu’i|
200
CHRONIQUE HORTICOLE.
contient témoigne des efforts accomplis en
quelques années par cette Société, aujour-
d’hui solidement établie. Son but consiste
à entretenir et à développer le goût de l’hor-
ticulture entre les jardiniers français rési-
dant en Angleterre, au moyen de réunions
mensuelles. Ses membres y trouvent aussi
aide et assistance dans les moments diffi-
ciles. C’est grâce au dévouement sans bornes
et à l’active et intelligente direction de son
président, M. G. Schneider, que la Société
a enfin acquis le droit de cité dans le monde
horticole. M. G. Schneider, l’un des chefs
de culture de la maison Veitch, est d’ailleurs
son principal fondateur.
Aux secours mutuels et aux aides confra-
ternelles s’ajoutent des communications
pratiques sur l’horticulture, qui décèlent
un grand esprit d’observation de la part des
jeunes gens qui composent la Société. C’est
ainsi qu’on peut citer, dans l’intéressant
Bulletin qu’elle vient de publier : Les Cy-
pripediums hybrides de Veitchy par J.
Jaques ; les Asparagus^ par E. Tack ; les
Chrysanthèmes à V établissement Rock-
fordy par L. Lemoine ; les Dracénas à
feuillage coloréy par J. Gachelin, les
Episcia, par L. Pynaert, etc.
EXPOSITIONS ANNONCÉES ^
Tours, du 5 au 14 juin. — Une Exposition
de produits horticoles, organisée par la So-
ciété tourangelle d’horticulture aura lieu à
Tours du 7 au 14 juin.
Seront admis à cette Exposition : les plantes
en pots ou fleurs coupées, les fruits et les lé-
gumes de saison, forcés ou conservés, les
plans de parcs et jardins et les publica-
tions horticoles, les objets d’art et d’industrie
se rapportant à l’horticulture. Soixante-six
Concours seront ouverts.
Envoyer les demandes pour exposer avant
le 15 mai courant, au secrétaire généi'al de la
Société, M. Pinguet-Guindon, à Tours.
Clermont, du 12 au 14 juin. — La Société
d’horticulture de Clermont (Oise) organisei'a,
à Neuilly-en-Thelle, du 12 au 14 juin 1897, une
exposition qui coïncidera avec la fête patro-
nale.
Les exposants seront divisés en cinq catégo-
ries qui concourront séparément, savoir :
lo Les amateurs cultivant par eux-rnêmes ;
* La Revue horticole annonce les expositions
générales ou partielles dont le programme est
adressé au Rédacteur en chef, 20, rue Jacob,
rȉri8.
2o Les jardiniers de maison bourgeoise et entre-
preneurs ;
3° Les horticulteurs marchands, maraîchers,
pépiniéristes et grainetiers ;
4° Les instituteurs, soit pour les produits de
leur jardin, soit pour travaux horticoles scolaires ;
5« Les industriels fabricant des objets se ratta-
chant à l'horticulture.
Les récompenses consisteront en : un grand
prix d’honneur, objet d’art, à l’exposant, à
quelque catégorie qu’il appartienne, qui aura
le plus contribué à l’ornement de l’exposition,
par le nombre et la beauté de ses produits ; un
prix d’honneur, objet d’art, à chaque catégorie,
puis des médailles d’or, vermeil, argent, etc.
Douai, du 11 au 13 juillet. — La Société
d’horticulture de Douai organise une Exposi-
tion internationale des produits de l’horticul-
ture, qui aura lieu du 11 au 13 juillet pro-
chain.
Cette exposition coïncidera avec les fêtes de
Gagant qui attirent toujours à Douai un très-
grand nombre de visiteurs.
Pour les programmes des concours, s’adresser
au Président de la Société d’horticulture de
Douai.
Florilegium Harlemense. — Nous
avons reçu la dernière livraison du Flo-
rilegium Harlemense (tab. 7, 8 et 9). Celte
fraction du remarquable album publié par
MM. Krelage et fils contient, entre autres
planches intéressantes, le Hyachithus
maximus rose carné, les Tulipes Chryso-
lora, Kanarievogel et Wouwermariy et le
Fritillaria imperialis maxima.
Une plante qui rend chauve. — Au
Congrès de l’Association britannique pour
l’avancement des sciences, en septembre
dernier, M. le docteur Morris, directeur
adjoint des jardins royaux de Kew, a signalé
les effets pernicieux de l’usage dans l’Amé-
rique tropicale, comme plante fourragère, du
Tamarinier sauvage {Leucæna glauca). Si
l’action de cette plante n’a pas été constatée
sur le bœuf, la chèvre et le mouton, elle
est indéniable sur le cheval, l’âne et le
mulet, auxquels elle fait tomber, non seu-
lement la crinière, mais encore la queue.
Le porc, lui-même, y perd jusqu’à la der-
nière de ses soies.
On ne dit pas qu’aucun homme ait con-
senti à en consommer quelque peu, à titre
d’essai. S’il s’agissait d’une plante qui fût
un remède contre U calvitie, ce serait tout
différent |
Éd. André.
UN CHRYSANTHÈME DES JARDINS IMPÉRIAUX DU JAPON.
201
UN CHRYSANTHÈME UES JARDINS IMPÉRIAUX DU JAPON
Qui nous dira les secrets tentants, les
habiles tours de mains de la culture des
Chrysanthèmes au Japon ?
Voici ce portrait qui m’arrive de Tokio
(fjg-. 65) ; c’est une plante magnifique, un
monticule fleuri de 2 mètres de haut sur
4 m^ètres de large, émaillé de 800 capitules.
Si elle n’est pas un enseignement com-
plet, cette plante nous révèle toujours quelque
chose : c’est le talent de M. Foukouba qui
l’a obtenue de semis, et l’habileté de
M. Stchikawa qui l’a soignée sous sa
direction, pincée et surveillée jusqu’à l’épa-
nouissement complet de ses 800 fleurs, jus-
qu’au développement achevé de ses magni-
fiques proportions.
M. Foukouba est le directeur des Jardins
impériaux du Japon. J’ai eu la chance de
faire sa connaissance pendant l’été de 1896,
à Versailles, où il séjournait momentané-
: ment ; il parle assez correctement notre
langue et, à propos des Chrysanthèmes dont
je t’entretenais longuement, il me promit
de m’envoyer quelques documents photo-
graphiques.
A vrai dire, je n’en ai reçu qu’un seul,
I mais, comme certain tableau de maître,
i celui-là vaut à lui seul toute une collection.
Notez que chacune de ces 800 fleurs —
I dont beaucoup ont plus de 0”'20 de dia-
I mètre — est terminale d’une branche ; que
, ces 800 branches sont toutes dirigées, écar-
tées les unes des autres à des distances cal-
culées, puis palissées sur une armature
légère en vue de ce port pyramidal qui est
irréprochable.
Je voudrais pouvoir donner par le menu
les détails de la culture qui produit de pa-
reilles merveilles ; malheureusement, je ne
les possède point. L’un d’eux, pourtant,
m’a été donné par M. Foukouba ; il a trait
aux engrais usités dans la culture des Chry-
santhèmes.
Outre la matière fécale, les chrysanthé-
mistes japonais emploient surtout les tour-
teaux et la râpure de corne. Il n’y a là.
‘202 LE PARC DE MELZÉAR. — PLANTATIONS
comme on le voit, rien en dehors de l’or-
dinaire ; mais ces tourteaux concassés, cette
râpure de corne subissent d’abord une pré-
paration à laquelle les jardiniers de Tokio
attachent une grande importance : ils sont
mis dans des sacs de sparterie qu’on enterre
pendant une période de six ou huit mois.
C’est après ce temps que l’engrais est propre
à l’usage. Alors, en devenant plus prompte-
ment assimilable, il a perdu certaines pro-
GOMPLÉMENTAIRES DU LAC ET DE SES ABORDS. I
priétés nuisibles qui permettent de s’en |
servir à plus haute dose, et on peut en *
attendre un maximum d’action. î
Il sera facile aux lecteurs de la Revue *
d’utiliser ce mode de fertilisation et de dé- \
terminer, par des essais comparatifs, la
proportion d’engrais à employer dans les
mélanges avec la terre.
Georges Bellair.
LE PARC DE MELZÉAR (DELX-SÈVRES)
PLANTATIONS COMPLÉMENTAIRES DU LAC ET DE SES ABORDS ^
Les anciens bois du parc de Melzéar
ayant été modifiés dans leurs lignes de
bordure de chaque côté de la vallée, soit par
des dentelures pratiquées avec soin, soit par
des éclaircies variées et même des additions
de massifs rigoureusement composés d’es-
sences indigènes, l’homogénéité du fond a
été conservée au paysage.
J’ai dit que les parties nouvellement
plantées de toutes pièces, tout en se compo-
sant des mêmes formes et des mêmes cou-
leurs de végétation, avaient vu s’augmenter
le nombre des espèces employées et que
l’élément exotique avait pu y être ajouté
sans détruire l’harmonie générale. On a pu
voir, par exemple, l’Aulne à feuille en
cœur (Ahiiis cordifolia) à côté de l’Aulne
commun {A. glutinosa), mais à aucun prix
nous n’aurions admis des Paulownias ou des
Catalpas {Pauloivnia imperialis et Catalpa
hignonioides) dont les feuilles, grandes et
molles, eussent détonné dans l’ensemble et
doivent être réservées pour le voisinage im-
médiat des habitations. Telle est la note à
ne pas perdre de vue dans ces sortes de
plantations.
Pour les arbres isolés, une plus grande
liberté a été laissée au planteur. Dispersés
en petit nombre, ils ont pu contraster sans
danger avec la végétation voisine et ponc-
tuer çà et là le paysage de touches rares et
vigoureuses pour animer le tableau.
Il me reste à compléter, dans ce dernier
ordre d’idées, la plantation des arbustes de
moyenne ou faible taille, soit distribués en
petits groupes homogènes, soit en exem-
* Voir Revue horticole^ 1897, p. 178-183. Dans
cet article, un numéro inexactement placé, p. 178,
deuxième colonne, ligne 33, a fait attribuer par er-
reur la vue photographique à la figure 63, tandis
qu’elle est placée à la figure 64. — E. A.
plaires isolés, principalement sur le bord i
des eaux ou dans leur voisinage immédiat
et sur les rochers. ^
Pour avoir la claire intelligence de cette
distribution, je prie le lecteur de se reporter '
au plan déjà publié
I. Bord des Eaux. — En suivant le
courant du ruisseau à gauche du plan, on
arrive au barrage qui permet de tenir le |
bief supérieur toujours plein et d’obtenir i
du pont D tout son effet de hauteur au-
dessus du plan d’eau inférieur. j
Tout contre les rochers sont plantés de
grosses touffes des espèces suivantes : Cor-
nus alha, Fontanesia pliillyreoides, Ta- ji
marix tetrandra, Buddleia Lindlegana, p
Lonicera Morrowii, Spiræa Lindlegana ^ |‘
Forsythia suspensa, Cotoneas 1er horizon- J|
talis, C. microphylla, Hypericum patu- ;
lum, Juniperus Sahina.
Au pied des mêmes roches, des touffes
d'Acanthus mollis^ de Campanula Tra-
chelium, de Valérianes {Centranthus ru- j
ber) et un gazon de Millepertuis à grandes J
fleurs {Hypericum calycinum) descendent î
jusqu’au bord de l’eau et se mêlent aux ||
Graminées naturelles. l!
Au point de rencontre de l’eau et du |
gazon, dans de la terre tourbeuse constam- |:
ment arrosée par capillarité, des touffes
d’iris variés {Iris lævigata, I. cuprea, !
I. pseudo-Acorus) produisent des fleurs i
depuis le printemps jusqu’à l’été et ornent !
puissamment les bords de la première pe- I
tite pièce d’eau, qu’on aurait craint de,
laisser envahir par de trop grandes plantes
semi -aquatiques comme les Eupatoires et
les Salicaires.
2 Revue horticole, 1897, p. 180.
LE PARC DE MELZÉAR. —
Le grand pont D repose sur des culées
accompagnées de roches qui ont reçu des
ornements végétaux variés, surtout en ar-
bustes sarmenteux et grimpants. Quelques
Pins Mugho {Pinus uncinata) se mélan-
gent aux Sabines (Juniperus Sabina). Des
touffes de Forsythia suspensa se couvrent
de fleurs d’or en avril ; le Framboisier du
Canada (Ruhus odoratus) avoisine les Ro-
siers sarmenteux {Posa multiflora, var.
Turneri), et des Lyciets de Chine {Lycium
chineuse) retombent en chevelures ver-
doyantes. Dans les fissures des roches à
l’ombre, plusieurs Fougères (Athyrium et
Polystichum) développent leurs frondes de
dentelle verte d’une grande fraîcheur de
ton.
Suivant la rive gauche, en avançant vers
le promontoire C, au n'^ 14, un groupe de
Tamarix d’Afrique (Tamarix tetrandra)
projette capricieusement ses longs rameaux
tortueux, couverts en avril d’épis roses et
en élé de feuilles légères, au-dessus des
eaux où leurs reflets sont charmants. Nulle
taille ne leur est imposée, excepté quand
leurs branches menacent de se rompre.
A leurs pieds, accompagnant la base de
deux roches allongées au-dessus du lac et
formant un cap saillant, de grandes Mas-
settes {Typha latifolia) des Salicaires (Ly-
thrum Salicaria) et des Lysimaques (Ly-
simachia vulgaris) ont le pied dans l’eau
et mêlent agréablement leurs feuillages très-
différents et leurs inflorescences brunes,
rouges et jaunes.
Tout le golfe qui suit reste nu. Seule
la surface des eaux est occupée par des
plantes flottantes dont je parlerai tout à
l’heure.
Mais le mamelon C, dont un kiosque
rustique forme le centre, a été l’objet d’une
plus grande recherche dans la plantation.
Des rochers aux vigoureux reflets dans
l’eau en entourent la base. Aux espèces qui
sont indiquées dans la liste des isolés
(n® 22) se sont ajoutées les suivantes, dis-
posées dans un pêle-mêle calculé de ma-
nière à former des mélanges de feuillages et
de fleurs présentant une attraction nou-
velle à chaque saison de l’année : Cra-
tægus Cavrierei (arbrisseau) et C. Pyra-
cantha Lalandei, tous deux à fruits
orangés, pour l’automne; Indigofeva Dosua
major, au soleil ; Ruhus cratægifolius,
aux longs rameaux couvrant les roches de
leurs feuilles découpées ; Ceanothus azu-
reus grandiflorus, se parant tout l’été,
jusqu’aux gelées, de leurs thyrses d’azur,
203
de cobalt, d’améthyste et de neige ; Cornus
alha elegantissima (une touffe seulement,
à feuilles agréablement panachées) ; Choi-
sya ternata, couvert de fleurs comme un
Oranger ; Caryopteris Mastachanthus,
aux glomérules bleus en septembre ; Loni-
cera Alberti, aux fleurettes roses odorantes ;
Kerria japonica à fleurs simples, aux
fleurs d’or printanières. Les grosses cépées
du Rubus odoratus peuvent y étendre en
liberté leurs racines traçantes et leurs tiges
se couvrir de fleurs roses passant au violet ;
les Redoules {Coriaria myrtifolia) glis-
sent partout entre les roches leur verdure
luisante.
Au pied du monticule, la rive se frange
d'iris aux fleurs jaunes, des longues épées
vertes de VAcorus Calamus, des larges
feuilles de VAlisma Plantago, des flèches
de Sagittaria, des larges limbes du Ru-
mex Hydrolapathum, des Eupatoires
[Eupatorium cannabinumj , des Valé'^
rianes ( Valeyàana officinalis), de la Sali-
caire {Lythrum Salicaria), des Pétasites
(Petasites vulgaris et P. albus), du grand
Roseau de Provence (Arundo Donax), etc.
En avançant vers la fin du lac, toujours
sur la rive gauche, le rivage reste nu pour
ne pas obstruer la vue, mais un peu avant
la digue on a accentué le caractère de cer-
taines espèces qui avancent leurs rameaux
au-dessus des eaux. Ce sont des Pterocarya
caucasica en cépées, qui deviennent des
arbres ; des Salix Salamoni, Populus Si-
monis. Cornus sericea, C. alba, Cytisus
alpinus, Yiburnum Opulus, Padus sero-
tina, Tamarix japonica.
La digue est franchie ; les groupes du
voisinage sont plantés en essences fores-
tières dont le caractère indigène doit être
respecté, car à cette distance le paysage na-
turel a repris tous ses droits.
IL Rochers de la carrière. — Dès
que nous avons dépassé le pont E pour pé-
nétrer dans la boucle du lac qui occupe
remplacement de l’ancienne carrière, la
garniture végétale des rochers comporte un
autre genre de décoration. Les Conifères
peuvent y créer un paysage d’hiver. Sur le
fond des Pins, Sapins et Mélèzes {Pinus
sylvestris, Abies excelsa et Larix europæa)
on a pu broder une ornementation compo-
sée de Pins nains {Pinus uncinata). Gené-
vriers rampants [Juniperus Sabina) et
autres [J. sinensis, virginiana, drupacea),
Cephalotaxus Fortunei, Thuyopsis bo-
realis, Taxus baccata. Thuya gigantea
PLANTATIONS COMPLEMENTAIRES DU LAC ET DE SES ABORDS.
— PLANTATIONS COMPLÉMENTAIRES DU LAC ET DE SES ABORDS.
204 LE PARC DE MELZÉAR.
(LohhiiJ, Epicéa couché (Picea procum-
hois), etc.
A cette série de Conifères s’ajoutent des
arbustes à feuilles persistantes : Philhjrea,
Mahonia, Berheris stenophylla et Dar-
lumi, Rhamnus Alaternus; les Cotoneaster
huxifolia et C. liorizontalis sur les roches ;
des Bruyères (Erica) variées dans des poches
de terre de bruyère ; \es Cistus ladaniferus,
Coronilla glauca^ Elæagnus reflexa,
Hypericum calycinum, Genista multi-
flora, G. Andveana, Cytisus capitatuSy
Garrya elliptica, Ligustrum Rcgelianum.
Les arbustes grimpants y sont nombreux :
Vinca major ei sa forme variegata, Lierres
(ELedcra Hclix et vav.). Clématites variées,
Ampélopsis^ Vitis et Cissiis divers, Chè-
vrefeuilles iLonicera longijlora^ sinensis,
Caprifolium, Halleana, sempcrflorens] ^
Menispermum canadense, Roussingaidtia
haselloides , Rhynchospermum jasmi-
noides.
Les parties ombragées de ces rochers et
les sous-bois ont reçu des plantes vivaces :
Primiday Ruscus raccmosus, Convallaria,
Aquilcgia, Hellehorus, Fougères, Orohus,
Corydalis, Viola variés, Centaurca mon-
tana, Scilla, Spirxa Aruncus, etc., tandis
(pie sur les rochers fortement insolés, dans
toutes les parties découvertes et chaudes
s’épanouit toute une famille de Campa-
mUa, Scdum, Sempervivum, Plumbago
Larpcntæ, Myosotis.Silene^ Antirrhinum,
Alyssum, Aralis, Iberis, Dianthus, Li-
num, Helianthus, Géranium, Echinops,
Aubrietia et Aster.
III. Plantes aquatiques. —La sur-
face même du lac a du être vivifiée par des
plantes aquatiques. Pour ne pas amoindrir
l’elfet de la nappe d’eau principale, et pour
obéir à une loi naturelle qui veut que les
plantes émergées croissent dans les golfes
ou anses, parmi les eaux mortes, on a dis-
posé ainsi les plantations principales :
A. Nageantes. — En plein soleil, à
une distance de 2 mètres environ des bords,
les plus beaux types et variétés des Nymphéa-
cées rustiques sous le climat des Deux-
Sèvres : Nymphæa alba, odorata, odo-
rata rubra, Marliacea, albida, sulfurea,
Laydekeri et autres variétés nouvelles de
M. Latour-Marliac, dans les eaux dont la
profondeur varie entre 50 centimètres au
bord et 80 centimètres au milieu près des
rives; \esAponogeton distachyum aux fleurs
blanches et suaves ; puis les Polygonum
ampdiibium aux épis roses, Trèfle d’eau
(Menyanthes trifoliata) aux pétales bar-
bus et rosés, Ranunculus aquatilis aux
chevelures flottantes, aux corolles de neige ,
Villarsia nymplioides aux fleurs dorées
à trois pétales; Jussiæa grandijlora,
à fleurs jaunes , enfin le bel Eiehor-
nia azurea floribunda, aux épis bleus à
centre jaune.
B. Émergées. — Le pied dans 15 à
30 centimètres d’eau, près des rives, on a
planté : Acorus Calamus, Butomus um-
bellatus, Caltha palustris, h'is Monnieri,
Typha angustifolia et T. minima, Pon-
tederia cordata, Sagiltaria sinensis, Sau-
rurus cernuus, Sparganium ramosum,
Thalia dealbata.
C. Amphibies. — Aux espèces déjà ci-
tées çà et là sur le bord des eaux, se sont
ajoutées : Spirxa Ulmaria et ses variétés à
fleurs doubles et à feuilles panachées,
S. vemista, S. palmata, Ranuneulus
Lingua, Osmunda regalis (Fougère), Sla-
chys pahistris, Hibiscus roscus, H. gran-
diflorus, H. Moseheutos, Epilobium hir-
suium.
Telles sont les principales plantations
appelées à compléter l’ensemble des scènes
qui constituent la nouvelle création du
lac de Melzéar. J’insiste sur ce fait que
les détails qui viennent d’être donnés
n’ont point dénaturé le caractère du
lieu et que les notes discordantes en ont été
soigneusement exclues. A une exception
près, on n’y trouve point de feuilles pana-
chées. Pour rien au monde on n’y aurait
introduit le Négundo panaché {Negundo
fraxinifolium variegatum) et le Prunier
de Pissard [Prunus cerasifera foliis pur-
pureis), ni aucune plante analogue à tons
violents et inharmoniques, qui auraient
détonné dans cette symphonie de nuances
moyennes et de tons atténués.
Puissent ces considérations, appuyées
par un exemple que je ne donne pas comme
un modèle, mais où la question d’art paysa-
ger a été l’objectif constant à atteindre,
trouver de l’écho parmi les propriétaires
ruraux désireux d’embellir leur résidence
avec des moyens simples, et — je l’espère, —
parmi les dessinateurs de jardins dont la ten-
dance à chercher des effets violents et
artificiels ne saurait être encouragée, parce
qu’elle ne repose pas sur l’observation
raisonnée de la nature!
Ed. André.
LE RAJEUNISSEMENT DU PÊCHER.
205
LE RAJEUNISSEMENT DU PÊCHER
La question du rajeunissement du Pê-
cher est très-importante en arboriculture.
Nous allons faire connaître un procédé
usité depuis longtemps dans les jardins de
Montreuil, Fontenay-sous-Bois, Rosny, Ro-
mainville et Ragnolet où naquit la réputation
de Girardot, célèbre praticien du règne de
Louis XIV.
L’obtention du Pêcher franc de pied,
c’est-à-dire reproduit de semis par les
noyaux que Ton replante, est le seul moyen
d’avoir de nouvelles variétés. Greffé sur
Prunier ou sur Amandier, malgré les con-
naissances pratiques que l’on peut avoir
acquises pour le diriger et le soigner, il ne
vit pas longtemps sous le climat de Paris. La
plupart du temps il est promptement épuisé,
soit par les récoltes abondantes qu’il a pro-
Fig. 66. — Pêcher, greffé sur Amandier, après rajeunissement.
duites, soit par des chancres occasionnés
par la gomme. On ne peut ni prévoir, ni
éviter ce dernier et grave inconvénient.
Le collet des sujets, Amandiers ou Pru-
niers, porte, au-dessous du point de sou-
dure de la greffe, des yeux latents ou ad-
ventifs qui se développent et produisent
de nouveaux sujets pouvant être regreffés
dans l’année en écusson de juillet en sep-
tembre. Au printemps suivant, ces nouvelles
greffes poussent vigoureusement et pro-
duisent de nouvelles branches charpentières
sur lesquelles on peut commencer à récolter
du fruit l’année suivante, si l’on a eu le soin,
pendant la végétation, d’opérer en temps
convenable la suppression des bourgeons
inutiles, le pincement et le palissage en vert.
Quand ces arbres sont morts, si l’on doit
les remplacer, il faut : 1“ arracher non
seulement les souches mais aussi toutes les
racines qui, en pourrissant dans le sol, sont
un asile pour le « meunier » , Champignon qui
détruirait les nouvelles plantations ; 2® en-
le\er aussi toute la terre épuisée par les ra-
cines et la remplacer par d’autre que l’on
doit prendre de préférence à la surface du
sol, au milieu de carrés où il n’y a pas eu
d’autres plantations de Pêchers^
206
LES JARDINS DU PRINTEMPS.
II est encore une question très-impor-
tante en arboriculture : c’est la transplanta-
tion du Pêcher greffé sur Amandier. Les
racines de cet arbre sont de nature à s’en-
foncer verticalement dans le sol. Au mo-
ment de la mise en place, après avoir en-
levé à la serpette les parties mutilées par
l’arrachage, on plie les racines avec pré-
caution afin de les diriger aussi horizon-
talement que possible. Par ce procédé, elles
se développent dans la couche de terre
superficielle où elles sont ainsi posées. Pour
peu que le sol soit favorable à la végé-
tation, les Pêchers peuvent de cette façon
vivre fort longtemps, comme dans l’exemple
qui a été choisi pour la figure 66.
Ce dessin représente un Pêcher greffé
sur Amandier qui fut planté en 1848, dans
un sol où la couche de terre végétale n’est
épaisse que de 40 centimètres. La première
greffe de Pêcher, dont le point de soudure
était en A, a disparu depuis bien longtemps.
D’autres greffes, disparues aussi, furent
placées consécutivement sur des rejetons de
l’Amandier, dont on voit encore les « chi"
cols » en B G D. Des greffés plus récentes
sont actuellement en pleine végétation
(E, F, G, H). G’est'par milliers que l’on
pourrait compter les pieds d’arbres à peu
près semblables qui existent dans les
grandes cultures montreuillaises, et qui,
chaque année, produisent d’abondantes ré-
coltes et des fruits de premier choix.
Dans cette même région, c’est nanti de
renseignements sérieux que je puis évaluer
à 80,000 le nombre de jeunes Pêchers re-
plantés chaque année. Il en meurt beau-
coup faute d’observer les précautions in-
diquées plus haut, faute surtout de placer
les racines comme l’indique la figure.
On ne maintient pas non plus, la plupart
du temps, la terre assez fraîche, avec du
paillis. Et les vides seraient encore plus
nombreux si l’on ne rajeunissait pas les Pê-
chers par le surgreffage tel qu’il vient
d’être indiqué.
Garrelet,
Professeur d’arboricullure.
t
I
i
1
?
P
i
l
LES JARDINS DU PRINTEMPS ‘
Beauté du verger.
Ne perdons pas de vue les arbres des
vergers, car rien de ce qui est fait de main
(l’homme n’est plus beau qu’un verger au
printemps. Si nous voyons déjà de si ravis-
sants effets dans de pauvres vergers plantés
d’une seule espèce d’arbres, telle que le
Pommier, que ne pourrait-on espérer d’un
verger dans lequel toute la beauté de tous
nos arbres fruitiers rustiques serait mise
en valeur ? Si nous considérons le nombre
des espèces distinctes dans nos arbres frui-
tiers, et les nombreuses variétés de cha-
cune d’elles, nous pouvons nous faire
quelque idée des tableaux qu’on pourrait
obtenir dans un verger, à commencer par
le Prunellier des haies de clôture.
Les divers Pruniers sont magnifiques
comme floraison, surtout là où on les cul-
tive par grandes quantités.
Le Pommier varie beaucoup comme flo-
raison, comme on peut s’en rendre compte
dans les vergers du comté de Kent et de
la Normandie, où les fleurs de quelques
variétés sont d’une beauté extraordinaire.
Le Poirier, moins riche en couleur, le
Néflier, si beau par ses fleurs et son feuil-
^ Voir Bevue horticole^ 1897, p. 160 et 187.
lage, et le Gognassier, si joli par sa ffo- â
raison contemporaine des Tulipes tardives j
ne doivent point être négligés. 9
Le Gerisier est souvent un magnifique |
arbre, tant les variétés cultivées que le |
type sauvage, et les vergers de Geri- 1
siers, dans certaines parties du Kent, J
sont de vrais tableaux au moment de la |
floraison. On ne saurait faire meilleure be- I
sogne que de se choisir une pièce de bonne |
terre pour y créer un verger ; et vu le |
nombre d’arbres dignes d’une place, tant I
pour leur beauté que pour leurs fruits, j
plusieurs arpents ne sont pas de trop, même 9
pour les maisons de campagne où il faut ■
économiser le terrain.
Floraison du Pommier sauvage. B
En dehors des nombreux arbres de h'
verger cultivés pour leurs fruits, nous 9
possédons dans leurs alliés des variétés char- 9
mantes par leur floraison, quoiqu’elles 9|
soient souvent pauvres en fruits. Notre pays |B|
n’a jamais été privé de ce genre de beauté, fli
car le Pommier sauvage est aussi beau en fl
fleurs que bien des Pommiers cultivés, et fl
ses descendants sont dans tous les pays de fl
l’Europe, depuis la Russie jusqu’en Es- fl
pagne. Dans nos jardins, il y a bien des fl
LES JARDINS DU PRINTEMPS.
207
années, on trouvait le vieux Poirier double
de la Chine, arbre magnifique qui devint
vite populaire, et le Pommier sauvage
d’Amérique (P. corenaria] , qui resta
moins répandu. Mais dans ces dernières
années le Japon nous a enrichis d’autres
magnifiques Pommiers sauvages, tels que
le Malus florihunda, arbre ravissant du-
rant plusieurs semaines au printemps ; il a
produit une variété à fleurs rouges. Ces ar-
bres sont aussi rustiques que notre Pommier
indigène et varient beaucoup en couleurs
et même parfois en formes. Il est difficile
de décrire leur valeur décorative, là où
ils sont bien cultivés et surtout bien em-
ployés à leur place. Pour qu’ils pro-
duisent de l’effet, il faudra les réunir par
groupes. Outre ces espèces plus ou moins
sauvages, il en est un certain nombre
d’hybrides sortis des espèces sibériennes
et des Pommes sauvages en Amérique et
chez nous, qui, tout en étant d’une riche
floraison, sont aussi remarquables par la
beauté de leur fructification, ce qui fait
qu’on pourrait former de magnifiques bos-
quets d’arbres fleuris, uniquement des di-
vers Pommiers sauvages. Par ces nom-
breux joyaux et les Chèvrefeuilles si
variés, nous passons gaiement au temps
des Roses et des Lis, fleurs déjà estivales,
quoique certains Rosiers fleurissent sou-
vent d’assez bonne heure au pied des
murs bien exposés.
Fleurs printanières, leur exposition.
Il est intéressant d’envisager les différences
de floraison des diverses fleurs printa-
nières dans leurs diverses situations. Les
Narcisses préfèrent la mi-ombre au plein
soleil. Les Scilles et d’autres plantes bul-
beuses ont la même prédilection pour les
endroits demi-ombragés. Telle est aussi la
Couronne impériale {Fritillaria impe~
rialis), qui, tout comme les Scilles, pâlit
affreusement au plein soleil. Il n’est pas
rare de voir la Jacinthe des bois défleurie
aux versants sud d’une colline, alors qu’elle
est encore en pleine floraison et en parfaite
fraîcheur au versant nord. Les arbustes à
fleurs, plantes rampantes et plantes palissées
aux murs, et toutes les plantes précoces sont
influencées de la même façon. On peut de
bien des façons tirer bon parti de ces faits,
surtout pour les espèces dont on fait le plus
grand usage. Si les diverses situations
favorisent généralement certaines plantes
rustiques, il en sera ainsi à plus forte rai-
son des fleurs printanières, surtout quand
on est exposé aux vents froids subits, à la
neige et au grésil, tous agents capables de
détruire des fleurs hâtives. Si nous avons
la chance d’avoir les mêmes fleurs du côté
nord d’une colline ou d’un mur, nous pou-
vons toujours espérer une bonne florai-
son et une différence de deux semaines
dans l’épanouissement des mêmes espèces
dans le même jardin.
Terminons en publiant une liste des
fleurs rustiques les plus intéressantes du
printemps et du commencement de mai et
une liste d’arbres et d’arbustes rustiques et
à floraison printanière, tous recomman-
dables.
Liste des principales fleurs rustiques
du printemps et
du commencement de
Adonis.
Iheris.
Alyssum.
Iris.
Androsace.
Leucoiuyn.
Anemone.
Lychnis.
Aquilegia.
Muscari.
A^'ahis.
Myosotis.
Arenaria.
Nar^cissus.
Armeria.
Nemophila.
Asphodelus.
Omphalodes.
Aubrietia.
Ornithogalum.
Bellis.
Orobus.
Caltha.
Pæonia.
Centaurea.
Papaver.
Clematis.
Phlox.
Crocus.
Polemonium.
Convallaria.
Potentilla.
Cyclamen.
Primula.
Dentayna.
Pulmonaria.
Dianthus.
Ranunculus.
Dicentra.
Sanguinaria.
Dodecatheon.
Saponaria.
Doronicum.
Saxifraga.
Epimedium.
Scilla.
Eranthis.
Sedum.
Erinus.
Silene.
Erodium.
Trillium.
Erythronium.
Triteleia.
Fritillaria.
Trollius.
Galanthus.
Tulipa.
Gypsophila.
Uvula)‘ia.
Helleborus.
Veronica.
Hepatica.
Vinca.
Hesperns.
Viola.
Hyacinthus.
Arbres et arbustes rustiques
à floraison printanière :
Æsculus.
Amelanchier.
Amygdalus.
Azalea.
Berberis,
Cerasus .
Ce rets.
Cratægus.
Cijdonia.
Cytisus,
208
CATTLEYA X MANTINI.
Baphne.
Mespilus.
Erica.
Prunus,
Forsythia.
Pyrus.
Genista.
Rhododendron.
Halesia.
Ribes.
Kerria.
Spartium.
Lonicera.
Spiræa,
Magnolia.
Styrax.
Mahonia.
Syringa,
Malus.
Tamarix.
Ulex. Weigela.
Vibiirnum. Wistaria.
Que tous ceux qui aiment les fleurs hâ-
tives jettent un regard sur cette liste, ils y
trouveront, non toutes les plantes printan-
nières, mais un choix de charmantes es-
pèces dont l’histoire est aussi celle du
j printemps. W. Robinson.
I (Traduit de l’anglais par J. Buyssens)
CATTLEYA x MANTINI
Le bel hybride obtenu par M. Georges
Mantin entre les Cattleya Skinneri, Ba-
tern., et Cattleya Bowiana, Batem., et
qui a été nommé par l’auteur lui-même,
a bien fait son chemin depuis la pre-
mière men-
tion qui en
fut faite
dans la Re-
vue horti-
cole L La
plante a
constam-
ment eu du
succès dans
les Exposi-
tions où elle
a été pré-
sentée.Nous
avons eu la
bonne for-
tune de la
faire pein-
dre et nous
pouvons en
donner à
nos lecteurs
un portrait
fidèle.
Rappelons
en quelques
mots son
histoire. En
1889, à l’Ex-
position
universelle
de Paris, la
fécondation
artificielle fut pratiquée entre les deux
plantes précitées. Un an après, les graines
récoltées furent semées et levèrent rapide-
ment. La première floraison apparut en oc-
♦ Rp.vue horticole, 1891, p. 558 ; 1895, p. 129.
Fig. C7. — Cattleya X Mantini.
Port de la plante.
tohre 1894, dans les serres de M. G. Manlin,
au Bel-Air, près d’Orléans.
En voici la description :
Plante vigoureuse, d’un beau port (fig. 07).
Tiges pluriflores. Pseudo-bulbes du C. Skin-
neri, portant
deux feuilles
rappelant
celles du
C. Boviana.
Fleurs un
peu pen-
chées, nais-
sant par deux
ou trois sur
la hampe.
Spathe sim-
ple (non dou-
ble comme
dans le C.
Skinneri).
Sépales et
pétales du
C. Skinneri,
mais plus
étoffés et
crispés. La-
belle trian-
gulaire, fran-
chement bi-
lobé, rouge
vif foncé ve-
louté, enri-
chi par des
lignes jaune
d’or comme
dans le C.
Bowiana.
Ovaire char-
nu, opaque
(et non trans-
parent) et lé-
gèrement coloré en rouge.
La plante, présentée le 25 octobre 1894 à
la Société nationale d’horticulture de France,
y a reçu une prime de l'’® classe. Depuis
lors, elle a reçu des certificats de mérite et
Revue Horticole .
li&scamps-Saioiirec, del^
Chj'orruàTjùitu ■ J Goffaro, BraJC/îU£S
CattLeifci X Mantini .
LES BALCONS FLEURIS.
209
des médailles d’or et d’argent à Paris, à
Londres, à Bruxelles, à Florence. Ce juge-
ment a été corroboré depuis par de nom-
breux amateurs. Les fleurs sont plus
grandes que celles du C. Skinneri ^ sans
atteindre la taille de celles du C. Dowiana,
mais elles ont un coloris beaucoup plus
beau que dans la première de ces deux es-
pèces, et la forme rhomboïdale du labelle
leur imprime un cachet tout particulier. De
plus, la pluriflorité des hampes constitue
une valeur décorative de premier ordre qui
ne peut que s’accentuer.
En somme, parmi la série très-nom-
breuse des hybrides de Cattleya, nous n’en
connaissons pas de plus joli ni d’une forme
plus originale et plus caractéristique que le
C. Mantini. S’il était permis de faire à ses
fleurs un léger reproche, ce serait d’être
un peu penchées et pas complètement éta-
lées, mais, telles qu’elles sont, elles consti-
tuent une attraction de premier ordre pour
les serres à Orchidées, et nous pouvons
ajouter que la culture de cette plante ne
sera pas plus difficile que celle des autres
Gattleyas.
Comme complément aux documents qui
précèdent, nous avons reçu de M. G. Man-
tin la note suivante :
Le Cattleya X Mantini est issu d’un croise-
ment qui a été répété par d’autres semeurs et
notamment par MM. Veitch, de Londres ; les
produits de ces semis ont fleuri après la variété
que j’ai obtenue et que j’avais qualifiée, pour la
distinguer des autres, du sous-nom de bellae-
rensis. Les Anglais lui conservant, ainsi qu’aux
obtentions subséquentes, le nom de C. x Man-
tini, ont nommé nohilior les plantes venant de
mon semis. C’est dire, du moins je le pense,
en quelle estime ils tiennent mon obtention,
qui, du reste, se distingue des semis ultérieurs
de meme origine par la vigueur des plantes et
par la coloration des fleurs, plus grandes et
plus foncées.
Ainsi donc, à quelques variations près,
des croisements identiques ont produit les
mêmes résultats en France et en Angleterre
et le mérite de la priorité est très-justement
revendiqué par M. Mantin.
Nous savons, d’ailleurs, que cet orchido-
phile distingué continue ses hybridations et
qu’il vient tout récemment d’obtenir, de la
fécondation du Lycaste Skinneri par le
L. Deppei, un nouvel hybride, à la fois
très-curieux et beau, <à fleurs rose cuivré,
qui portera également le nom de l’ob-
tenteur.
Ed. André.
LES BALCONS FLEURIS
Un engouement est né chez deux peuples,
nos voisins, pour la décoration des balcons
et des fenêtres au moyen de plantes et de
fleurs. En Suisse et en Belgique il est main-
tenant de mode, dans les grands centres,
où cela d’ailleurs a surtout sa raison d’être,
de garnir le mieux possible de végétaux
choisis les ouvertures réservées dans nos
habitations pour y laisser pénétrer le soleil
et la lumière. '
Ceux qui n’ont que des fenêtres les en-
tourent d’un cadre de verdure se détachant
' gaiement sur un coin du ciel; les plus
riches, qui jouissent d’un balcon, y créent
un petit jardin suspendu ; tous trouvent une
satisfaction douce et intime à la culture des
plantes, dont la verdure repose les yeux,
dont les fleurs embaument l’air, et qui
suffisent à répandre un peu de gaîté autour
d’elles.
C’est un goût heureux que celui des
< Selon plusieurs auteurs, le Cattleya Bowrin-
giana, Veitch, et le C. Skinneri sont une seule
et même plante. Pour d’autres {Index Kewensis,
p. 4GI), ce sont deux espèces ditîérentes.
fleurs, et certes, il est plus que jamais
utile à cette époque où nous vivons de la
vie surmenée des villes. Dans nos rues
sombres et grises, dans ces coins de mai-
sons tristes et humides, les plantes et leurs
fleurs sont le rayon joyeux qui remplace le
soleil, et quel est celui de nous, si pauvre
soit-il, qui ne peut se payer le luxe d’une
jeune plante ou d’un paquet de graines ?
L'ouvrier n’a-t-il pas le Géranium et le
Fuchsia qui lui prodiguent leurs corolles
éclatantes ou gracieuses; le Réséda et l’Hé-
liotrope qui embaument son logis; la Capu-
cine, le Volubilis et le Pois de senteur qui
lui donnent leur ombre et leurs parfums?
Sous les toits et au fond des cours, on peut
faire pousser des plantes : au soleil, le Gé-
ranium, la Giroflée, l’Héliotrope; à l’ombre,
le Fuchsia, la Pervenche, la Fougère, la
Violette.
Mais, heureux sont ceux qui possèdent
un balcon et aiment les plantes, car sur
ces quelques décimètres de surface ils peu-
vent se procurer tout un monde de modestes
plaisirs.
210
LES BALCONS FLEURIS.
Dans les grandes villes, où les balcons
sont si nombreux qu’ils semblent comme
des ceintures entourant les étages, combien
peu de personnes en profitent autrement
que pour épousseter leurs tapis, ou regarder
dans la rue.
Il y a cependant un jardin en miniature
à créer sur un balcon, avec un rideau de
verdure, soit pour s’abriter du soleil ou du
vent, soit pour se garantir des regards in-
discrets des vis-à-vis. A chaque extrémité,
le Lilas, le Laurier-rose, les Troènes japo-
nais peuvent arrêter la vue et former un
écran de verdure ; dans les caisses où ils
sont plantés, on mettra la Pervenche, le
Tradescantia, le Réséda, le Pétunia.
Le devant du balcon peut n’être qu’une
barrière fleurie avec des Capucines, des
Volubilis, des Gobées, des Pois de senteur,
du Houblon du Japon, avec le Chèvrefeuille,
la Vigne vierge, ou le Lierre si l’on aime
les végétaux plus lents à pousser mais plus
durables.
A-t-on envie d’un store permanent? —
Il est facile de diriger des plantes grim-
pantes vers des ficelles qu’on leur aura ten-
dues et autour desquelles elles s’enroule-
ront à plaisir.
Nous-même avons imaginé un écran
mobile d’une construction facile : On fait
établir une caisse aussi longue que la lar-
geur de la fenêtre, pourvue de roulettes
permettant de la déplacer avec facilité. On
sème au milieu de la caisse, et parallèle-
ment à sa longueur, un rang ou deux de
plantes grimpantes en mélange et à végéta-
tion rapide : Capucine, Houblon, Gobée,
Volubilis, Haricot d’Espagne, etc. Un treil-
lage est ensuite établi avec de minces tiges
de Bambou, de façon à ce qu’il ait l’"20 à
I 50 de hauteur ; il affecte la forme cin-
trée. Les bords de la caisse peuvent être
semés en Réséda, Giroflées, Julienne de
Mahon, ou être plantés en Pétunia, Trades-
cantia qui retombent avec grâce. Tant que
le treillage n’est pas suffisamment garni et
feuillu, on laisse la caisse dans un coin du
balcon, en ayant soin que les plantes ne
prennent pas de face, ce qui s’obtient en
retournant la caisse de temps à autre. Lors-
que l’écran de verdure est formé, on roule
la caisse devant la fenêtre.
Les Palmiers, les Dracénas, les Yuccas,
les Bambous, V Aspidistra, le Phormium,
peuvent donner, en été, l’illusion d’une
végétation tropicale. Les plus belle» fleurs
croissent sur les fenêtres et les balcons, où
elles ont l’air, la lumière et souvent le soleil.
Depuis l’ouvrier jusqu’au rentier, depuis
l’enfant jusqu’au vieillard, tout le monde
peut jouir, selon ses moyens, des plaisirs de
la culture des fleurs elles sont de toutes
les bourses et de tous les âges ; aux pauvres
elles procurent une consolation ; elles dis-
traient l’oisiveté des riches! Chez l’enfant
elles éveillent de bons sentiments, elles
bercent les rêves des jeunes filles et parlent
d’espérance à la vieillesse !
Voilà pourquoi il est heureux de voir le
goût des fleurs se répandre partout et deve-
nir presque un réel besoin des mœurs ac-
tuelles.
Cette culture populaire n’est pas seule-
ment remarquable en ce qu’elle propage
l’amour des plantes chez les hommes, elle
est surtout intéressante parce qu’elle est
comme le germe d’un nouvel état d’esprit
auquel tendent les aspirations de tous, et
c’est à ce point de vue qu’il faut l’envisager.
Son influence n’est pas seulement maté-
rielle ; elle est aussi essentiellement mora-
lisatrice. L’homme ne vit pas seulement de
pain, il doit se nourrir aussi l’esprit et le
cœur de tout ce qui est bon et beau.
L’ouvrier qui rentre chez lui après sa
journée faite n’a-t-il pas besoin de trouver
dans le sourire de sa femme et de ses en-
fants la récompense de son labeur, et ne
goùtera-t-il pas un meilleur repos, s’il peut
le prendre à côté des fleurs qu’il cultive et
qu’il aime dans l’espace étroit où le con-
damnent à vivre les exigences de son mé-
tier ou les nécessités pécuniaires? N’est-ce
pas un délassement pour lui de voir si une
plante a soif, ‘si un bourgeon s’est épanoui,
si une corolle s’est en tr’ou verte?
Ceci nous remet en mémoire ce que
disait du jardin, à l’Exposition d’horticul-
ture de Boulogne-sur-Seine, M. H. Gros-
jean, inspecteur général de l’enseignement
agricole. Nous ne résistons pas au plaisir
de le citer textuellement :
Le jardin, disait-il, ne peut être conçu sans
l’existence de la culture florale, quelque res-
treinte qu’elle soit : à côté du nécessaire, re-
présenté par les légumes et les fruits, il faut
l’agréable, et cet agréable revêt souvent un
caractère marqué d’utilité. A vrai dire, le par-
terre est le complément indispensable du
potager ; c’est lui qui récrée la vue, qui
devient la source de douces et sereines satis-
factions qui souvent rend cordiales les rela-
tions entre voisins. Le jardin, ainsi compris,
développe, chez celui qui le cultive, les idées
d’ordre, d’amour du foyer, de contentement
du chez soi ; il fortifie le corps, tout en déve-
loppant dans l’esprit ce seps artistique, latent
RADIS MONSTRUEUX.
chez le commençant, et qui devient si accentué
chez le jardinier de profession.
Là ne se borne pas le rôle du jardin ; son
influence est non seulement matérielle et mo-
rale, mais elle est aussi moralisatrice : le jardin
est l’antipode du cabaret. Celui qui, le diman-
che, ou la semaine, à ses heures de loisir,
cultive quelques légumes, quelques fleurs, ne
connaît pas ou connaît peu le chemin du ca-
baret. La plante qu’il fait croître a pour lui
bien d’autres attraits que la liqueur verte ; les
corolles richement colorées ont bien plus de
charmes que les liqueurs empoisonnées aux
brillantes étiquettes.
Le jardinet accomplit ainsi doucement, sans
211
réclame bruyante, sa mission sociale ; c’est le
salut mis à la portée de beaucoup.
« L’attrait de la vie domestique, a dit
Jean-Jacques Rousseau, est le meilleur
contre-poison des mauvaises mœurs ». Les
fleurs et les plantes sont l’iin des attraits
de l’existence; qu’elles s’épanouissent sur la
mansarde ou sur le balcon, ne sont-elles
pas pour les habitants des villes comme une
parcelle de la Nature qu’ils ignorent et
comme l’illusion fleurie d’un jardin qu’ils
n’ont pas?
Jules Rudolph.
RADIS MONSTRUEUX
Les monstruosités végétales intéressent
plus la botanique morphologique que l’hor-
ticulture proprement dite, surtout lors-
qu’elles ne présentent pas un caractère utile
ou ornemental. Néanmoins, c’est dans les
jardins qu’on en observe le plus grand
nombre, soit parce que les plantes sont
examinées plus attentivement, soit et plus
encore parce que la culture et la sélection
ébranlent à un tel point la fixité spécifique,
que l’atavisme perd momentanément ses
droits et que l’équilibre végétatif se trouve
rompu.
C’est donc au jardinier qu’il appartient
de signaler celles qu’il observe, en les
entourant des indications qu’il peut re-
cueillir, ce que nous nous empressons de
faire ici. Si la monstruosité dont nous nous
occupons ne présente aucun intérêt horti-
cole, elle n’en est pas moins digne d’être
mentionnée parce qu’elle se présente d’une
façon constante, en nombre assez grand
mêmœ, dans une variété de Radis et qu’elle
fait faire un pas de plus à la connaissance
des caprices de Dame Nature.
Comme le montre notre figure (fig. 68),
la monstruosité réside dans la soudure des
deux cotylédons par leurs bords latéraux,
de façon à former une cupule en forme
d’entonnoir, de 2 centimètres J /2 de haut
et autant de diamètre à l’orifice, avec les
bords très-unis, rappelant ainsi exactement
la forme de certaines Pezizes, sauf la teinte
qui est normalement verte. A l’intérieur, on
I observe tantôt deux feuilles rudimentaires,
I libres ou plus ou moins soudées, et tantôt
absolument rien que le fond du cône
; obstrué. Dans ce cas, la tigelle faisant
I poussée dans le tube du cône, pour se dé-
I gager, rompt celui-ci et se montre au
dehors. Quant à la racine, elle est plus ou
moins renflée, de forme à peu près normale
et de teinte rouge.
Le Gardeners' Chronicle a déjà cité et
figuré cette monstruosité, d’après des
échantillons envoyés de France, disant
qu’elle n’était pas signalée dans l’ouvrage
Fig. 68. — Radis monstrueux.
sur les- semis de Sir John Lubbock. C’est
là une raison de plus pour nous engager
à la faire connaître et contribuer à son his-
toire en consignant ici ce que nous avons
appris à son égard.
Il y a quelques années déjà que la maison
Vilmorin a observé des Radis à cotylédons
soudés, dans le Radis à forcer roug* vif
212
LES ADENOSTYLES.
sans feuilles qu’elle a mis au commerce
l’an dernier sous ce nom et M. Sirodot
a remarqué qu’ils s’y trouvaient dans la
proportion de vingt pour cent, dont dix
à cotylédons complètement soudés, comme
celui figuré ci-contre, et dix autres à coty-
lédons partiellement et plus ou moins
soudés.
Du reste, le catalogue de la maison Vil-
morin dit, dans son supplément de 1896, à
l’égard de ce nouveau Radis : « Il se dis-
tingue à la levée par le développement énorme
de ses cotylédons, qui sont si gros et si
charnus qu’il est à première vue presque
impossible de les prendre pour ceux d’un
Radis. En outre, quand il est presque bon
à consommer, aux cotylédons viennent
s’ajouter une ou deux feuilles vert foncé,
LES ADE
Relies, grandes plantes vivaces qui sont
à nos régions alpines ce que le Cinéraire
{Senecio cvuentus) doit être aux vallons
ombragés et frais de l’île de Ténériffe ; ils y
constituent un élément vital et décoratif de
premier ordre sur toutes les pentes humides.
Les Alpes possèdent les trois seules es-
pèces connues et la variété hybride publiée
par de Candolle. Toutes hantent les lieux
frais et les sols légers, spongieux ou caillou-
teux de la région alpine et sous-alpine ;
seul, VAdenostyles leucophylla recherche
le soleil.
Ce sont de grandes Composées vivaces,
herbacées, aux feuilles orbiculaires plus ou
moins réniformes, plus ou moins amples et
portées généralement sur de longs pétioles.
L’A. alhifroiis y Reich., dont M. Ed. André
signalait récemment la difficulté de culture
dans la Revue, ^ est la plus grande espèce
du genre. Ses feuilles arrondies, inéga-
lement dentelées, blanchâtres en des-
sous, atteignent parfois des dimensions con-
sidérables. Nous en avons mesuré, sur les
pentes du jardin botanique de la Linnæa,
à Eourg-Saint-Pierre, où la plante croît h
l’état sauvage, qui mesuraient 60 centi-
mètres de diamètre. Les fleurs sont petites,
purpurines, en très-petits capitules réunis
par masses en larges panicules au sommet
d’une hampe simple, haute de 1 mètre à
1"^ 20.
La culture de cette belle plante, dont les
formes ornementales sont appréciées dans
les jardins alpins naturels, est malheureu-
’ Revue horticole, i807, p. 147,
courtes, entières, rugueuses et plissées, d’un
aspect singulier, qui rappelle plutôt les pre-
mières pousses d’une Pomme de terre à
feuille d' Ortie que des feuilles de Radis. î>
De là aux cotylédons soudés il n’y a qu’un
pas à faire et cela se comprend facilement,
car la réduction du feuillage est telle que la
sève, n’ayant presque plus d’issue foliaire,
passe dans les cotylédons et leur fait acqué-
rir un développement tout à fait anormal.
La soudure des cotylédons s’observe parfois,
dit le Gardeners’ Chronicle, chez certains
Delphinium et Ombellifères, mais nous ne
l’avions pas encore observée d’une façon
aussi parfaite. Nous souhaitons que ces in-
dications puissent intéresser nos lecteurs et
être de quelque utilité aux physiologistes.
S. Mottet.
sement difficile. Il lui faut un sol bien
drainé, riche en humus, léger, spongieux,
un sous-sol rocailleux, non calcaire et le
plein nord. On la multiplie très-aisément
de semis, mais les jeunes plantules pour-
rissent facilement.
L’A. alpina. Bluff et Fing., a une tige
moins élevée (à peine 50 centimètres), des
feuilles légèrement triangulaires et entière-
ment glabres et des fleurs violacées. Cette
espèce est aux Alpes calcaires ce que l’autre
est au granit ; elle s’accommode donc fort
bien des sols contenant de la chaux.
Quant à l’A. leucophylla. Reich., au
feuillage et aux tiges blanc d’argent, aux
fleurs d’un purpurin rosé, en fortes pani-
cules serrées répandant un doux parfum de
vanille, c’est l’une des plus jolies plantes
des Alpes granitiques. Elle ne croît guère
qu’entre les cailloux des pierriers et
souvent en plein soleil, mais à des alti-
tudes où, même dans cette situation, elle est
pleine d’humidité. Elle aime les fentes d’un
vieux mur de soutènement ou la niche pro-
fonde d’une rocaille au mi-soleil et un sol
caillouteux.
L’A. hybrida, DG, se rencontre entre
les parents, dans les régions hantées par les
A. albiflora et leucophylla.
Chose curieuse à noter, tous les Adenos-
tyles croissent, à l’état actuel, sur des ter-
rains en pente et dans le voisinage ou au
pied des rochers. Cela nous est une preuve
qu’ils aiment un sol frais, mais craignent
l’humidilé stagnante et que leurs parties
aériennes ont besoin d’un air constamment
humide» H. Gorrevon,
LE PLASMODIOPIIORA BRASSICÆ OU HERNIE DU CHOU.
213
LE PLASMODIOPHÜRA BRASSICÆ OU HERNIE DU CHOU
C’est un Champig’non dont le Plasmo-
dium se développe dans l’intérieur des
cellules de plantes vivantes et y produit de
profondes altérations.
Ce parasite, qui attaque les plantes
de la famille des Crucifères, cause des
dommages considérables à la culture du
Chou.
La hernie du Chou, qui est une maladie
fort dangereuse, est répandue dans toute
l’Europe.
Cette maladie est caractérisée par la pro-
duction, sur les racines du Chou, d’ex-
croissances et de nodosités dans son pre-
mier état de développement ; plus tard les
racines sont toutes atteintes, il ne reste que
Fig. 69. — Plasmodiophom Brassicæ développé
sur une racine de Chou-Fleur.
Fig. 70. — Plasmodiophora Brassicæ développé
sur la racine d’un Chou bacalan.
quelques radicelles très-grêles et longues,
partant du pivot ou de l’extrémité des
grosses racines charnues. Bientôt arrive le
dernier développement du cryptogame ;
les racines du Chou sont toutes charnues
et grosses comme les doigts (fig. 67 et 70),
puis elles entrent successivement en pour-
riture.
Le Chou, étant privé de ses racines dé-
truites par ce Champignon, se penche sur
le sol, devient glauque, blanchâtre et se
dessèche.
Si la maladie se déclare à la dernière
saison (septembre), on peut espérer encore
quelques petites pommes de Chou.
J’ai remarqué que toutes les variétés de
Choux que je cultive sont également at-
teintes ; le gros Cahus et les Choux-Fleurs
en particulier, puis les variétés de Choux
hâtifs et de Bruxelles,
J’ai fait des semis de ces Choux dans un
endroit contaminé, sans le savoir; il m’a
été impossible de me servir des plants.
Les Radis et les Navets sont également
atteints ; les racines sont renflées de part et
d’autre ; à la fm de l’automne, le Radis
214
SOCIÉTÉ NATIONALE d’hORTICULTURE DE FRANCE.
rond rose est assez curieux. On dirait deux
ou trois Radis enfilés dans un filet de ra-
cine que l’on croirait très-naturel.
Je n’ai jamais remarqué de Plasmodio-
phora sur les racines du Chou-Navet.
Pour empêcher les ravages de ce para-
site, il convient de faire brûler tous les
troncs de Choux atteints ainsi que les
plants. Le sol infecté par cette maladie sera
soumis à la loi de l’alternance, c’est-à-dire
qu’on ne devra plus y cultiver de Cruci-
fères pendant l’espace de deux ou trois
ans ; on y cultivera des plantes d’autres
familles.
Des expériences faites, il y a deux ans,
dans le département de l’Ailier par
M. Seltensperger établissent que l’on peut
purger le sol et y détruire les germinations
de Plasmodiophora autour des jeunes
pieds de Choux à l’aide de la chaux vive.
Voici comment on opère : après ou pendant
le repiquage, on dépose au pied de chaque
plant une sorte de petite cuvette profonde
de 6 à 10 centimètres pratiquée à cet effet,
on met une forte poignée de chaux vive
que l’on recouvre de terre jusqu’au niveau
du sol.
Auguste Oger,
Chef de pratique horticole
à l’École pratique d’agriculture do l’Ailier.
SOCIÉTÉ NATIONALE D’HORTICULTURE DE FRANCE
SÉANCE DU 8 AVRIL 1897
Floriculture.
Trois présentations intéressantes :
1» Erijsimum helveticinn, par MM. Cayeux
et Leclerc, Cette Crucifère sous-frutescente est
rustique et se cultive aisément comme plante
bisannuelle. L’inflorescence se rapproche beau-
coup de celle de la Giroflée Ravenelle des mu-
railles, mais les fleurs sont à la fois plus petites,
plus nombreuses et d’un jaune très-pur. Cette
plante pourra certainement rendre des services
pour la floraison printanière dans les jardins ;
2o Amaryllis vittata de semis, par M. Le-
maire. Plante de bonne venue, aux fleurs mo-
numentales par rapport à l’appareil végétatif.
Remarqué les coloris : rouge sang, rouge ver-
millon, blanc carné, blanc strié de rouge ;
3° Réséda à grande fleur amélioré, par
M. Gillard, horticulteur à Boulogne-sur-Seine.
Ce Réséda est le résultat d’une sélection opé-
rée dans le Réséda pyramidal. Mais, à l’inverse
de cette dernière variété, ses fleurs, qui lui
empruntent cependant son ampleur et sa viva-
cité de coloration, arrivent à s’épanouir toutes
à la même hauteur, formant ainsi une sorte de
(( bouquet fait ». L’inflorescence est peut-être,
dans son ensemble, un peu plus courte, mais
elle est plus élargie. On peut prédire, sans
crainte de se tromper, que cette plante sera de
bonne vente sur les marchés.
Orchidées.
M. Bleu, le semeur si connu, présentait
plusieurs hybrides. D’abord, un LæUo-Cattleya
parisiensis, qu’il indique lui-même comme
synonyme du Lælio-Cattleya eximia, obtenu
par MM. Veitch et fils. Cette plante a déjà
été primée en Angleterre ; elle a été présen-
tée aussi par M. Linden sous le nom de Lælio-
Cattleya Vassorei. Son labelle, profondément
coloré en violet intense velouté, et ses très-
amples sépales latéraux, très-consistants, en
font une plante de premier ordre.
Ensuite, un Cattleya Gigas imperialis en
fleur, ce qui est inusité à cette époque-ci, La
bizarrerie de ce spécimen est augmentée par
cette particularité, que l’inflorescence sort, ici,
directement de la souche. Enfin, trois variétés
distinctes du Cattleya Parthenia, aurea, spe-
ciosissima et gratissima. Cette dernière porte
quatre fleurs.
Les autres présentations consistaient en :
1» Dendrobium Lindleyanum, qui fleurit
rarement à cette époque, avec une abondance
telle que celle qui a pu être constatée, Cat-
tleya Schrôderæ, Cypripedium villosum au-
reum et une série d'Odontoglossum Rossi, par
MM. Duval et fils ;
2o Cypripedium villosum aureum, plante
d’un extraordinaire développement et portant
douze fleurs , et Angræcum species , par
M. Opoix. Cet A7igræcum n’a pu être exacte-
ment déterminé; il a le feuillage de VA. ci-
tratum-, d’aucuns rapprochent sa fleur de
celle de VA. miniatum, et d’autres, de l’A. Spi-
cerianum. Nous voilà bien avancés ;
S** Deux espèces botaniques, par M. Le-
vanchy, jardinier de fEcole de médecine.
L’une d’elles semble devoir promettre d’en-
trer bientôt dans l’aréopage des espèces horti-
coles. Elle ne demande qu’à être « lancée ».
C’est le Notylia alhida, introduit du Brésil
par M. Glaziou. Son inflorescence, en épi de
fleurs blanches, petites et nombreuses, retombe
gracieusement comme celle d’une Amarante
Queue-de-Renard ; elle dégage un suave par-
fum d’ Ananas. L’autre espèce est du domaine
de la curiosité : sur une tige foliacée qui res-
semble au phyllode d’un Cactus, sont insérées,
sans pédoncule, de minuscules et incolores
petites fleurs dont le labelle, lorsqu’on renverse
la tige, se meut à la façon d’une mâchoire.
C’est un Megaclinium d’espèce indéterminée.
LES PLANTES POUR CORBEILLES ET PLATES-BANDES.
215
Arboriculture fruitière.
M. Gongy, chef du potager de Ferrières-en-
Brie, nous a montré de jolis exemplaires de
Cerisiers forcés avec, à l’appui, une collection
de Cerises, de Guignes et de Bigarreaux obte-
nus par le forçage.
Un gros pot représente un fort bel échan-
tillon de la variété Frogmore Early, forcé en
première saison, et couvert de bouquets de
fruits. Ses variétés présentées en fruits cueillis
sont ; Guignes de la Maurie, Beauté de rOhio,
Précoce de Mai, noire hâtive et Courte-Queue
d'Oullins ; Bigarreaux Early Rivers, noir de
Buttner, Frogmore Early, Governor Wood,
Ramon Olivia et Reverchon ; Cerise Knight
Early.
Il est à remarquer que cette présentation
comprend une variété de Bigarreau noir de
Buttner, alors que l’on ne connaissait dans le
commerce que le jaune de Buttner qui, avec
le Donnissen et la Guigne Princesse, forment
le faible stock des fruits blancs actuellement
répandus.
Arboriculture d’ornement.
M. G. Boucher présentait une nouvelle ac-
quisition pour le groupe des arbustes à forcer.
LES PLANTES POUR CORE
Chaque année, quand le printemps re-
naît, revient avec lui une des plus grandes
préoccupations des jardiniers et de tout
ceux qui possèdent des jardins; préoccupa-
tion causée par la garniture estivale des
corbeilles et des plates-bandes.
De même qu’on ne pourrait habiter un
appartement sans meubles, on ne pourrait
se plaire dans un jardin sans fleurs. On
peut heureusement dire qu’il n’en est pas
qui en soit totalement dépourvu : \e marais
du maraîcher parisien, où chaque pouce de
terre est occupé par des cultures rémunéra-
trices ; le modeste jardinet du citadin et le
jardin de campagne, comme le parc du
millionnaire ; chacun d’eux contient des
fleurs, en plus ou moins grand nombre,
plus ou moins rares, plus ou moins belles,
il est vrai, mais ce sont néanmoins des
fleurs qui satisfont, non pas un désir, mais
bien un réel besoin, de nos jours surtout.
Si nous ajoutons à cela le besoin, naturel
aussi, d’en posséder sans cesse de nou-
velles, Y à-propos de notre article deviendra
bien vite évident et cela d’autant plus que
la saison de garnitures et plantations de
toutes sortes est arrivée.
Nous n’avons pas l’intention de faire ici
une étude générale de toutes les considéra-
II s’agit d’un Deutzia dont l’inflorescence est
corymbiforme, et auquel on ne sait s’il faut
attribuer la dénomination de 1). corymbosa ou
de D. 2^cirviflora. A cet égard, M. Maurice de
Vilmorin qui, dans une intéressante communi-
cation, a relaté les diverses circonstances de
l’importation de cette plante, n’a pu que cons-
tater les divergences d’appréciation entre Y Ar-
boretum et Y Index de Kew. Dans tous les cas,
la plante qu’on nous a montrée serait distincte
de celle qui a été répandue par MM. Lemoine
sous le nom de D. parviflora.
Culture potagère.
Aucune présentation au Comité de culture
potagère. Nos excellents collègues sont sans
doute trop occupés à vendre leurs primeurs.
Il serait pourtant intéressant, à cette époque-
ci, d’étudier les meilleurs types de Laitue
noire et de Romaine plate.
Une rectification en terminant. Dans notre
compte rendu de la précédente séance, en par-
lant des présentations de M. de la Devansaye,
nous avons rappelé « la fameuse collection
Morel ». C’est de la collection Morren qu’il
s’agissait, pour les Broméliacées seulement.
H. Dauthenay.
ILLES ET PLATES-BANDES
tions qui entrent en ligne de compte pour
le choix et l’emploi des fleurs destinées à
l’ornementation du jardin, et encore bien
moins d’en donner une liste complète ; nous
n’y parviendrions pas. Selon leur nature et
les circonstances culturales, presque toutes
les plantes d’ornement introduites dans les
jardins peuventètre utilisées ; elles n’y per-
sistent du reste que par suite de l’effet
décoratif qu’elles y produisent ou de l’intérêt
individuel qu’elles présentent.
Néanmoins, restreignant nos remarques
à l’ornementation des corbeilles et des pla-
tes-bandes spécialement consacrées à la cul-
ture des fleurs, les lecteurs ne nous sauront
sans doute pas mauvais gré de leur mettre
sous les yeux une liste des plantes les plus
recommandables et les plus généralement
employées pour cet usage, liste qui consti-
tuera pour eux une sorte de mémorandum
dans lequel ils trouveront sans doute quel-
ques idées pour le choix des plantes qu’ils
jugeront à propos d’employer.
Ce sujet n’est du reste pas nouveau dans
la Revue horticole, chaque printemps ra-
menant la question sur le tapis. Elle a
donné à ses lecteurs, dans les années précé-
dentes, de nombreuses compositions de cor-
beilles, des jardins et squares de Paris sur-
216
LES PLANTES POUR CORREILLES ET PLATES-BANDES.
tout, dont beaucoup étaient accompagnées
de figures explicatives; aussi nous contente-
rons-nous, cette année, de prier nos lecteurs
de s’y reporter.
Les plantes à corbeilles sont excessive-
ment nombreuses et non moins variées,
quant à leur mode d’emploi et surtout à
leurs exigences culturales. A ce dernier
point de vue, on peut les réunir en quatre
groupes qui sont :
1» Les plantes annuelles.
2° Les plantes vivaces.
3° Les plantes bulbeuses.
4® Les plantes de serre.
Leur multiplication, leur éducation et
leur emploi sont par suite très-différents.
On peut dire d’une façon générale :
Les filantes annuelles se propagent
par le semis, qu’on fait au printemps,
en pépinière ou en pleine terre, selon leur
nature, la saison ou la région. Elles fleu-
rissent au bout de quelques mois et sont
ainsi utilisables l’année même du semis.
Certaines plantes vivaces sont traitées
comme plantes annuelles parce qu’elles fleu-
rissent dès la première année et sont, ou
diflicilcs à conserver pendant riiiver, ou peu
décoratives par la suite.
Les plantes vivaces ne fleurissent en
général qu’à la seconde année et l’on est
ainsi obligé de les semer une année pour les
voir fleurir l’année suivante. Le semis se
fait alors à la fin du printemps et leur mise
en place a lieu dès l’automne ou au prin-
temps suivant. La nécessité de renouveler
chaque année les plantes des corbeilles fait
qu’on ne les emploie guère dans leur garni-
ture, à moins qu’on ne prenne le parti
de les détruire après leur première florai-
son. Les plates-bandes longeant les grandes
allées constituent la meilleure place. Les
plantes vivaces ont, sur les précédentes,
l’avantage de leur durée souvent fort longue,
et beaucoup fournissent une ample mois-
son de fleurs à couper ; on les néglige
beaucoup trop de nos jours.
Les plantes bulbeuses deviennent, par
suite de leur aptitude à supporter, pendant
leur période de repos, le séjour plus ou
moins prolongé hors terre, utilisables à la
façon des plantes annuelles, c’est-à-dire
qu’on plante leurs bulbes là où on le désire
au début de leur végétation et qu’on les en
retire lorsqu’elle est terminée. Beaucoup
ne pourraient, du reste, supporter la ri-
gueur de nos hivers, et l’on est ainsi obligé
de rentrer les bulbes à l’approche des gelées,
pour les replanter au printemps ; leur flo-
raison s’effectue alors dans le cours de
l’année, tandis que celles dont on plante les
bulbes à l’automne et dont plusieurs sont
rustiques, fleurissent au printemps suivant.
Les plantes de serre présentent de bien
plus grandes difficultés culturales et d’em-
ploi que les précédentes ; ce n’est que pen-
dant les quelques beaux mois de l’année
qu’elles peuvent figurer dans les parterres,
mais, par contre, elles y brillent d’un éclat
tout particulier, et ce sont elles qu’on choisit
de préférence pour effectuer de riches gar-
nitures. Leur multiplication étant généra-
lement lente, difficile ou au moins
laborieuse, on est obligé de prévoir leur
emploi environ un an à l’avance et d’opérer
leur multiplication en temps opportun,
afin de posséder la quantité nécessaire de
sujets quand le moment de leur emploi est
venu. La plupart se propagent par le bou-
turage, fait à chaud ou à froid, selon
l’époque et l’espèce.
Voici donc les premiers points à envi-
sager pour eflectuer le choix des fleurs
qu’on emploiera pour orner un jardin. Si
l’on ne possède ni serre ni châssis, il faut
naturellement abandonner les plantes de
serre, à moins qu’on ne se résigne à les ache-
ter chez un jardinier au moment de la
plantation, ce qui alors revient souvent
trop cher.
Chaque année, au moment même de la gar-
ni ture des corbeilles, nous voyons de nom-
breux amateurs venir nous demander des
conseils sur les plantes qu’ils peuvent em-
ployer. Ajoutons à cela que beaucoup dé-
sirent des fleurs rares, faisant beaucoup
d’effet, faciles à cultiver, durant longtemps
et (( ne coûtant pas cher ». La question
est, vous en conviendrez, fort embarras-
sante, sinon impossible à résoudre, car il
ne reste que les plantes annuelles et les
plantes bulbeuses pour les satisfaire, et les
unes et les autres ne remplissent pas par-
faitement les conditions exigées.
Si donc vous voulez des corbeilles et des
plates-bandes bien garnies de jolies fleurs
et cela sans frais excessifs, songez-y à
l’avance, déterminez exactement celles que
vous emploierez, en tenant compte du ma-
tériel cultural dont vous disposez, propagez-
les en temps opportun, soignez-les, et, le
moment venu, vous n’aurez plus qu’à les
mettre en place.
Voici quelques choix restreints des
plantes les plus belles et les plus utiles pour
l’ornementation générale des corbeilles et
des plates-bandes :
LES PLANTES POUR CORBEILLES ET PLATES-BANDES.
217
Plantes annuelles ou traitées comme telles.
Agératums divers.
Balsamine Gamellia.
Bluet des jardins.
Capucine naine.
Chrysanthème des jardins.
— à carène.
Clarkias divers.
Collinsia bicolor.
Coréopsis élégant.
Eschscholzia de Californie.
Gaillarde peinte.
Giroflée quarantaine.
Godétias divers.
Immortelle à bractées.
Ancolies diverses.
Anémone du Japon.
Asters divers.
Campanules diverses.
Chrysanthèmes d’automne.
— des lacs.
— tardif.
Dielytra spectabilis.
Doronicum divers.
Funkias divers.
Giroflée jaune.
Gypsophile paniculé.
Hellébore Rose de Noël.
Hémérocalles diverses.
Hibiscus palustris et autres.
Julienne de Mahon.
Lavatère à grandes fleurs.
Lin rouge.
Binaires diverses.
Lupins divers.
Myosotis divers.
Némophiles diverses.
Nigelles diverses.
Œillet de Chine.
Œillets d’Inde divers.
Pavots divers.
— Coquelicots.
Pensées diverses.
Pétunias hybrides.
Plantes vivaces.
Hypericum calycinum.
Julienne des jardins.
Lin vivace.
Lupin polyphylle.
Monardes diverses.
Œillet des fleuristes.
— Flou.
— Mignardise.
Panicum virgatum.
Pavots vivaces.
Pentstemons divers.
Phlox vivaces hybrides.
Pied d’alouette élevé et autres.
Pivoines herbacées.
Phlox deDrummond.
Pieds d’Alouette divers.
Pourpier à grandes fleurs.
Reines-Marguerites diverses.
Scabieuse à grandes fleurs.
Salvia splendens.
Seneçon élégant.
Soleils annuels.
Silène à bouquets.
Soucis doubles.
Tabac à fleurs pourpres.
Tagetes signala pumila.
Thlaspis divers.
Zinnias doubles, etc., etc.
Polémoine bleue.
Pyrèthre rose.
Rudbeckias divers.
Saxifrages divers.
Scabieuse du Caucase.
Sedum divers.
Sidalcea candida.
Soleils vivaces divers.
Stachys lanata.
Thalictrum aquilegifoUum.
Tritomas divers.
Valériane des jardins.
Verges d’or diverses.
Véronique à épis bleus, etc., etc.
Plantes bulbeuses
A floraison printanière.
Allium Moly.
Anémone des fleuristes.
Cyclamen de Naples.
Chionodora Luciliæ.
Crocus divers.
Fritillaire Couronne impériale.
Glaieuls de Colville, etc.
Iris d’Allemagne.
— bulbeux divers.
Jacinthes de Hollande.
Muguet de mai.
Narcisses divers.
Ornithogales diverses.
Perce-neige divers.
Renoncules des fleuristes.
Scilles diverses.
Tulipes diverses.
Triteleia uniflora.
A flor. estivale ou automnale.
Cannas à feuillage et florifères.
Bégonias tubér. hybrides divers.
Dahlias doubles et simples.
Glaïeuls de Gand et autres.
Lis divers.
Montbretia crocosmiæftora.
Schisostylis coccinea.
Tigridias divers.
Tubéreuse double, etc., etc.
Plantes de serre
Ce groupe, créé ici pour la commodité
des travaux pratiques, se compose de piaules
les plus diverses quant à leur nature et leur
traitement ; les unes étant, en effet, des
plantes herbacées, tandis que les autres
sont des arbustes ou même des plantes
grasses et exigeant tantôt la serre chaude
ou tempérée, tantôt une simple serre froide
ou même des châssis. Il y aurait lieu de les
grouper d’après ces caractères et aptitudes,
mais nous nous contentoronsi pour plus dê
simplicité, de les réunir en une seule liste
alphabétique :
Achyranthes divers.
Alternanthera divers.
Aralia papyrifera.
Bégonias divers.
Caladium esculentum.
Coleus (un petit nombre de variétés).
Gazania splendens,
Fuchsias divers,
Qnaphalium lanatum.
218
LES PLANTES d’ORNEMENT AU CONCOURS GÉNÉRAL AGRICOLE EN 1897.
Helichrysum rupestre.
Cassia floribunda.
Chrysanthème frutescent (jeunes sujets).
Calceolaria rugosa.
Erythrina Crista-galli.
Eucalyptus globulus, et autres, en jeunes
sujets.
Héliotropes divers.
Lantana divers.
Musa Ensete.
Pélargoniums zones, beaucoup de variétés.
— à feuilles de Lierre.
Plumbago capensis.
Solanum divers.
Phormium tenax et autres, etc., etc.
LES PLANTES
AU CONCOURS GÉNÉR
Dans son précédent numéro, la Revue hor-
ticole a dit quelques mots de l’impression de
grandeur qu’avait pu causer un coup d’œil
d’ensemble jeté sur le Concours agricole de
1897. L’époque à laquelle cette grande fête
avait été organisée ne pouvait qu’être favorable
à la floriculture.
Après avoir traversé l’immense galerie des
machines, à laquelle la présence d’une multi-
tude d’instruments donnait un regain d’actua-
lité, on tombait en arrêt devant le coquet
octogone de verdure garni par l’établissement
Trulfaut.
Au milieu d’une pelouse de style l'égulier
s’élève un massif formé de plantes de serre,
où se distinguent surtout d’élégants Cocos
flexuosa, des Lilium Harrisii, un Den-
drobium thyrsiflorum, des Cytises, des Rho-
dodendrons, des Azalées, etc. Ce groupe est
surmonté d’un magnifique Latania borbonica,
et flanqué de deux pyramides d’ Aspa7^agus
Sprengeri. La plate-bande octogonale qui
entoure la pelouse est toute scintillante de
brillantes Azalées, parmi lesquelles nous no-
tons la variété Roi de Hollande, pour sa belle
couleur d’un ponceau sanguin.
Sur le devant de cette plate-bande, ont été
disposées plusieurs belles touffes dHydrangea
Otaksa monstruosa, qu’on peut appeler, en
effet, des « Hortensias monstres ».
Au sommet de l’escalier qui part de là, le
spectacle recommence, ravissant. Les lots des
exposants forment d’élégantes corbeilles, dis-
tancées sur les pelouses d’un jardin anglais. Les
Orchidées sont représentées par l’exposition de
M. Dallé. Son lot comporte surtout des plantes
de fonds : Lælia purpuratu, Odontoglossum
Pescatorei, Lycaste Skinneri, Cattleya ame-
thystoglossa, Cymbidium Lowianum, Seleni-
pedium Dalleanum, Dendrobium thyrsiflo-
rum, Miltonia vexillana, Phalænopsis Schil-
leriana, Angr^cum sesquipedal^, etc,
Pour compléter cette étude sommaire des
plantes propres aux garnitures florales tem-
poraires, il nous resterait encore à parler
ici d’un autre groupe de végétaux non moins
utiles à ce point de vue, c’est-à-dire des
plantes propres à isoler et même des
plantes grimpantes ; mais leur utilisation
n’entrant point dans la garniture des cor-
beilles et plates-bandes proprement dites,
nous en ferons prochainement l’objet
d’études spéciales ; leur nombre, comme du
reste leur nature et leur mode d’emploi
étant très-divers et particuliers.
S. Mottet.
D’ORNEMENT
i\L AGRIGOLE EN -1897
M. G. Boucher a une corbeille de Cléma-
tites, avec quelques beaux spécimens de Lilas
au centre, et une bordure de jeunes Lilas
forcés. Parmi les Clématites, une variété,
malheureusement affublée d’un affreux barba-
risme^ : orleanensis, sort tout à fait de l’ordi-
naire. Le diamètre de ses fleurs est, ici, d’en-
viron 18 centimètres. Il serait de 25 sur une
plante cultivée en pleine terre. Parmi les Lilas,
nous notons les variétés Michel Buchner, très-
floribonde, et Madame Lemoine, double, à
très-grande fleur et à thyrse volumineux, blanc
pur. Ce massif est émaillé de quelques pieds
dExochorda grandiflora et dE. Alberti,
charmants arbustes à fleurs blanches, que
l’on devrait rencontrer plus souvent. Ces deux
espèces ont été décrites dans la Revue hor-
ticole 2.
Si l’on songe que nous ne sommes qu’en
avril, la corbeille de Cannas de MM. Billard et
Barré mérite une mention spéciale. Ce genre
de plantes, à floraison essentiellement estivale,
est représenté par une cinquantaine de va-
riétés, parmi lesquelles nous remarquons :
Ami Jules Chrétien, grande fleur couleur
abricot ; Réveil, couleur nankin ; Constella-
tion, jaune entièrement et régulièrement ponc-
tué de rouge ; enfin, par-dessus tout, Souvenir
de Madame Crozy, dont la coloration et les
1 L’appellation correcte eût été ici Clematis au-
reliana, et non C. orleanensis. Lorsqu’un obten-
teur baptise une nouveauté, qu’il lui donne un
nom français ou un nom latin, c’est son affaire ;
mais s’il se décide pour le nom latin, que ce ne
soit pas du latin de cuisine. Seulement le C. au-
reliana existe déjà ; on en connaît même une
variété superba, de sorte que si le barbarisme en
question n’eùt pas été fait, on aurait eu deîix
homonymes. Il eût été si simple de dire, par
exemple, Triomphe ou Gloire d'Orléans ! (H. D.)
- V. Revue horticole, 1891, p. 409 ; et 1896,
p. 409,
LES PLANTES D’ORNEMENT AU CONCOURS GÉNÉRAL AGRICOLE EN 1897.
219
dimensions florales sont tellement hors de
pair, qu’elles se rapprochent de la variété Ita-
lia, placée à côté. D’élégants Streptocarpus
hybrides entourent ce massif.
MM. Lévêque et fils ont deux corbeilles ;
l’une est formée d’une collection de Rosiers
nains greffés, où l’on retrouve avec plaisir des
variétés de fonds telles que : Captain Christy,
Paul Neyron, La France, La Reine, Jean
Liahaud, etc. L’autre corbeille est divisée en
trois tranches : des Lilas forcés, Charles X et
Marie Leguay ; dès Pivoines en arbre et un
bel ensemble de Rosa midtiflora Crimson
Rambler, variété qui pourra utilement servir
de tapis sous des Rosiers tiges, en grands
massifs.
MM. Vilmorin-Andrieux ont exposé une
grande corbeille de Cinéraires hybrides de
toute beauté. Les coloris s’y multiplient et s’y
affinent de plus en plus. Nous ne croyons pas
non plus leur avoir vu jusqu’à présent des
fleurs aussi grandes. Une autre corbeille de la
même maison réunit, côte à côte, des plantes
vivaces et annuelles à floraison printanière,
d’autres à floraison estivale, et même des
plantes molles à floraison tardive. C’est ainsi
que se coudoient VAubrietia grandiflora, la
Capucine naine Tom-Pouce et le Salvia splen-
dens Ingénieur Clavenad. Le tout est entouré
d’une bordure de Primula cortusoides amæna,
de coloi'is passablement variés. Enfin, le même
établissement expose sa collection d’Ognons à
fleurs en un massif étagé. Nous y notons prin-
cipalement : le Cyclamen de Perse Albert Vic-
tor, rouge sombre velouté, floribond ; les Tu-
lipes simples Thomas Moore, rouge mandarine,
et Standaart, blanc crème strié de carmin ;
puis la Tulipe semi-double à très-large fleur
Imperator rubrorum, d’un vermillon tirant
au minium.
Dans une corbeille de Rhododendrons et
d’ Azalées de M. Moser, nous signalerons sur-
tout VAzalea amæna. Ce charmant buisson
est couvert d’une multitude de petites fleurs
carmin d’un gracieux effet.
Dans un autre massif, de MM. Croux et fils,
il faut noter des Pivoines d’importation directe
du Japon. Il s’y trouve des nuances qu’on
n’avait pas encore pu obtenir jusqu’à présent.
Le n° 193, entre autres, a la fleur en globe,
rouge sur fond blanc, le rouge formant
^ macule à l’onglet et s’étendant en stries sur
le limbe, comme dans une gigantesque Tulipe
flamande. Ce groupe est surmonté d’un
Hydrangea paniculata en pleine floraison,
' chose rare en cette saison.
C’est dans l’exposition de M. Defresne que
3“ l’on rencontre la plus considérable collection
d’Hortensias. Les variétés de l’espèce Hydran-
gea Hortensia, DC., sont étiquetées Hy-
drangea hortensis. Cette dénomination est due
à Smith. Il faudrait, paraît-il, la préférer à la
première, bien qu’elle n’en soit que le calem-
|30ur. Pref, il y en ici bleus foncés et de
bleus clairs, de roses, de blancs et de ver-
dâtres, et vraiment, nous préférons beaucoup
ce mélange de nuances variées à ces lots entiè-
rement bleus et qui ne sont que le triomphe de
l’ardoise pilée. Nous remarquons aussi l’Hor-
tensia à bois rouge, qui se force bien plus faci-
lement que les autres variétés, mais dont les
fleurs tiennent moins longtemps. Ici, il est dé-
coré de la dénomination : Hydrangea hor-
tensis ramis pictis.
M. Delahaye, 18, quai de la Mégisserie,
exposait une remarquable collection d’Ognons
à fleurs. Pour les Jacinthes, le nombre des
variétés était limité aux meilleures, et chaque
coloris était représenté par un lot de dix à
vingt exemplaires. Voilà qui guide plus sûre-
ment le choix des amateurs. En effet, d’un
seul échantillon, on ne peut pas toujours dis-
cerner ce que seront les autres. Nous avons
noté de préférence (Jacinthes simples) : LaNeige-,
blanc pur; Gloire des Pays-Bas, saumon;
Czar Peter, bleu porcelaine; Grand Maître,
bleu violacé ; Grandiflora, lilas; Sir Henry
Rarkley, bleu de roi presque noir; Léonidas,
violet; Moreno, rose incarnat; Robert Steiger,
carmin; Mon bijou, solférino; Général Pé-
lissier, rouge sang; Ida, jaune. Citons aussi
une belle série de variétés du Na?æissus pseudo-
Narcissus et autres de la section des Ajàx.
Les plantes vivaces de printemps étaient re-
présentées principalement par deux corbeilles,
l’une de M. Dingeon, rue Tronchet, l’autre de
M. Dugourd, de Fontainebleau. Dans la pre-
mière, avec les Caltha palustris à fleurs
doubles, le joli Phlox divaricata, le Saxifraga
Huetii, le Doronicum caucasicum, et l’Ané-
mone à fleur de Chrysanthème, on remarquait
aussi un petit lot de Pensée cuivrée, et un autre
de Pélargonium zoné Lucie Faure : ombelle
pauciflore, fleurs larges, rondes, bien faites,
coloris de La Fraîcheur ou de Mistress Strutt ;
feuillage vert foncé, très-zoné. La corbeille de
M. Dugourd était remarquable par sa large
bordure de Sedum japonicum aureum, par
ses Primevères, ses Hellébores et ses Trollius
europæus. N’oublions pas non plus les Muguets
de M. Fortin.
Le fond de cette exposition, si habilement
disposée, était formé par les grands massifs
d’arbustes d’ornement. Lilas, Rhododendrons
et Azalées plaqués contre la cloison de la gale-
rie, de MM. Croux et fils, Moser et H. De-
fresne. Celui de MM. Croux comprenait une
notable quantité d’arbustes soumis au forçage
ou tout au moins à une culture avancée : Exo-
chorda grandiflora, Xanthoceras sorbifolia,
Amelanchier canadensis et Prunus sinensis
alba ; ce dernier se force mieux, paraît-il, que
le P. triloba. Dans le massif de M. Moser, on
remarquait un beau Lauro-cerasus caucasica
en pleine floraison, de beaux Aucuba Mose-
riana et un autre, aux feuilles d’un jaune
franc et étroitement marginées de vert foncé ;
Aucuba laticulata nova fæmina,
220
CORRESPONDANCE.
Dans ce même lot, nous trouvons, sous le
nom de Plerostyrax hispidum, un Enkianthus
japonicus, Hook. Cette plante appartient à la
famille des Styracées.
Enfin, du côté des légumes et des fruits,
la floriculture était bornée par le lot de
Palmiers et de Gycadées envoyé par M. Ri-
vière, directeur des jardins du Hamma, à Al-
ger : Phœnix, Lafania, Corypha, Rhapis,
Chamærops et Cycas ; ces derniers parfaite-
ment vigoureux.
En somme, la note caractéristique de la par-
ticipation des fleurs à cette exposition a été
l’abondance relative et très-intéressante, d’ail-
leurs, des végétaux soumis à la culture forcée.
H. Dâuthenay.
CORRESPONDANCE
No 5,i74 (Calvados). — Votre rameau de
Conifère appartient au Pinus Fremo^itiana,
Endl., espèce originaire de la Sierra-Nevada
de Californie, d’où elle fut introduite en Eu-
rope en 1847. Elle est remarquable par ses
feuilles soudées en une seule, ce qui lui a fait
donner aussi le nom de P. monophylla. On en
reçoit assez souvent des graines pour qu’il soit
inutile de le greffer, mais la greffe réussirait
bien sur le Pin Pignon (P. pinea) qui appar-
tient comme le P. Fremontiana à la section
des Pins à deux feuilles.
No 3,087 {Alpes-Maritimes) . — Vos grottes
seront très-favorables à la culture de certaines
plantes, surtout si vous les éclairez par le
haut, comme l’avait fait M. le comte d’Épré-
mesnil au Golfe Juan et comme l’a fait depuis,
dans cette localité, M. Cliabrier, à la villa
Bijou-sur-Mer. Les Fougères viennent à mer-
veille dans ces conditions.
Pour former votre collection de Palmiers, les
horticulteurs de la région méditerranéenne
vous fourniront d’abord tout ce qu’ils possèdent
et vous pourrez ensuite trouver des raretés
dans les collections de serre provenant des
régions tempérées-froides. Lisez d’abord le
livre de M. Sauvaigo sur ce sujet. Nous ne de-
mandons pas mieux que de vous aider à former
la collection que vous cherchez.
IjC Caraguata cardinalis, introduit de Co-
lombie par M. Ed. André, est une plante de
serre chaude qui ne résisterait pas en plein
air ù Nice. Ce que les habitants de La Plata
appellent Caraguatas ne sont que des espèces
diverses de Karatas, Broméliacées à longues
feuilles épineuses qui sont à peu près rustiques
sur notre littoral.
Nous allons dresser une liste des Bromélia-
cées et Orchidées que vous pouvez essayer en
plein air avec succès et nous vous l’adresserons
prochainement.
F. P. — \ os Araucaria excelsa ne repous-
seront pas du pied si vous les recépez. Mais
vous pouvez employer le moyen usité par les
horticulteurs : il consiste à couper la tête des
plantes, qui donnent alors une couronne de
jeunes pousses droites à rameaux verticillés,
que l’on bouture ensuite en serre froide, sous
cloche, en terre de bruyère,
N® i682 {Fure\ — Voici contre le puceron
lanigère un nouveau remède, recommandé par
M. Bougon du Castel, et que vous pourriez
essayer.
Colle de poisson 20 grammes.
Sous-carbonate de soude . 100 —
Acide phénique pur. ... 20 —
Eau tiède 1 —
Badigeonner avec cette composition le bois
des arbres avec un linge pour les parties qu’il
est facile d’atteindre, et avec un pinceau pour
les anfractuosités, les angles d’insertion des
branches et les plaies.
CATALOGUES REÇUS
Jean Beurrier, 807, avenue des Ponts, Mon-
plaisir, Lyon. — Œillets remontants lyonnais;
Pélargoniums à grandes fleurs. Cannas, Bégonias
bulbeux, Phlox, etc. Plantes pour massifs.
E. Cappe et fils, au Vésinet (Seine-et-Oise).
Bégonias inédits pour 1897. Plantes de serre
chaude et tempérée. Orchidées, Crotons, Cannas,
Dahlias, Chrysanthèmes à grande fleur.
Charles Simon, 42, rue des Épinettes, à Saint-
üuen (Seine). — Cactées. Euphorbiacées. Alve,
Agave et plantes grasses diverses. Nouveautés an-
glaises de Phyllocactus. Plantes grasses nouvelles
'diverses.
Letellier et fils, à Caen (Calvados). — Groseil-
liers à maquereau sans épine; Fraisier Louis
Gauthier.
Lévêque et fils, 69, rue du Liégat, à Ivry-sur-
Seine. — Catalogue spécial de Rosiers. Choix de
Rosiers groupés par coloris. Engrais pour Rosiers.
F. Morel et fils, 33, rue du Souvenir, à Lyon-
Vaise. — Arbres fruitiers et d’ornement. Arbustes
et plantes grimpantes. Conifères, Rosiers, Pivoines,
Magnolias, Plantes vivaces.
Rozain-Boucharlat, à Cuire-lès-Lyon. — Pélar-
goniums nouveaux. Pélargoniums à grande fleur,
zonés, et à feuille de Lieire. Fuchsias, Dahlias,
Lantanas, Héliotropes. Hibiscus, Abutilons, Pents-
temons. Chrysanthèmes nouveaux pour 1897.
E. Schmitt, à Lyon. — Liste spéciale de plantes
pour garnitures de massifs.
Treyve-Marie, à Moulins (Allier). — Plantes
pour massifs, classées par série 4e prix au cent;
plaintes diverses,
Orléans. lmp. G. Jattb) Paul Ptgelet, successeur.
Le Direùteur-Oirant i L. Dâurguiffno&
CHRONIQUE HORTICOLE.
221
CHRONIQUE HORTICOLE
Le Mérite agricole. — Les Halles centrales de Paris : règlement d’administration publique. — Société
française de viticulture et d’ampélographie. — Nomination de jardiniers-chefs à Fontainebleau et à
Trianon. — Le successeur de M. Verlot aux cultures expérimentales de Verrières. — Nomination au
jardin botanique de Saint-Pétersbourg. — La médaille de Robert Hogg pour fruits. — A quelle
époque est la lune rousse ? — Les fruits véreux. — Canna Burbanck. — Ouvrages reçus. —
Expositions annoncées. — Clemalis « Orleaneyxsis ». — A propos du Florilegium Harlemense.
Mérite agricole. — Parmi les nomina-
tions au grade de chevalier du Mérite agri-
cole faites à l’occasion du dernier voyage du
Président de la République, nous relevons
les suivantes qui intéressent l’horticulture :
MM.
Benon (François), chef ouvrier jardinier de
l’hôpital maritime de Rochefort (Charente-
Inférieure) ; 25 ans de services.
Guichard (Henri), horticulteur à Nantes (Loire-
Inférieure) : président de la Société des
horticulteurs de Nantes. Nombreuses ré-
compenses, dont un grand diplôme d’hon-
neur ; plus de 20 ans de pratique horticole.
Guichard (François-Pierre, horticulteur à Save-
nay (Loire-Inférieure) : nombreuses récom-
penses, dont 5 diplômes d’honneur; 26 ans
de pratique horticole.
Pommier (Hippolyte), pépiniériste à Niort
(Deux-Sèvres) : membre du jury dans divers
concours. Nombreuses et hautes récom-
penses; plus de 20 ans de pratique horticole.
Les Halles centrales de Paris. —
Règlement d'administration. — On sait
qu’une loi nouvelle réglementant la vente
des produits aux Halles centrales de Paris a
I été promulguée il y a près d’un an ; nous
i en avons donné alors l’économie générale L
Le Journal offîeiel vient de publier le
j règlement d’administration publique relatif
à l’exécution de cette loi. Il comprend
63 articles divisés en 9 titres traitant :
lo Des pavillons affectés aux ventes en gros
• et demi-gros ;
, 2“ De l’admission des mandataires ;
I .' 3® De leur cautionnement ;
2*> De la répartition et de l’attribution des
emplacements ;
5» Des devoirs des mandataires, de la rému-
'I nération et des frais tarifés :
I 6» Du contrôle administratif ;
7o Des agents de la préfecture de la Seine et
! de la préfecture de police ;
j 8° Du carreau forain ;
90 Des dispositions générales.
* Voir Revue horticole ^ 1896, p. 400.
16 Mai 1897
La loi du 11 juin 1896 et le règlement
d’administration publique du 23 avril 1897
paraissent devoir donner toute sécurité aux
producteurs qui expédient leurs denrées aux
Halles. Les mandataires sont responsables
des marchandises qui leur sont envoyées
et sont tenus, saut convention contraire,
d’adresser aux expéditeurs le montant de la
vente le jour même ou le lendemain au plus
tard. Le préfet de police fait afficher chaque
jour, après la clôture des ventes, le cours
atteint par chacune des espèces de denrées,
en tenant compte de leur provenance.
Les ventes en gros et en demi-gros ne
peuvent être opérées que dans les pavillons
spécialement affectés à ces ventes.
Le carreau forain est réservé aux cultiva-
teurs qui y amènent leurs produits et aux
approvisionneurs des Halles vendant des
denrées dont ils sont propriétaires ou qu’ils
ont achetées en dehors du périmètre des
Halles ; mais la vente au regrat est inter-
dite, c’est-à-dire qu’il est défendu de re-
veiiilre, marché tenant, des marchandises
qui auraient été achetées dans le périmètre
des Halles.
Société française de viticulture et
d’ampélographie. — La Société française
de viticulture et d’ampélographie a tenu en
avril son assemblée générale, dans l’hôtel
de la Société d’encouragement pour l’in-
dustrie nationale, sous la présidence de
M. de Verninac, sénateur, son président.
MM. Sahut, Maxime Cornu et Georges
Gouanon, secrétaire général, avaient pris
place au bureau.
Un grand nombre de viticulteurs assis-
taientàcetteréunion, notamment MM. Mouil-
lefert, Couderc, Rattanchon, Maldant, Vi-
mont, Prosper Gervais, Nanot, Franc,
Salomon, etc.
M. le président a ouvert la séance par un
discours rappelant le but de la Société, qui
est de s’occuper des intérêts professionnels
de la viticulture nationale et d’étudier les
cépages.
10
222
CHRONIQUE HORTICOLE.
M. Gouanon a présenté ensuite, dans son
rapport, la situation de la Société. Sortie
du congrès de Bordeaux, en 1895, avec
92 membres, elle en compte actuellement
près de 600. — En 1896, elle a organisé
les congrès et concours de Chalon-sur-
Saône, qui ont eu le plus grand succès ; elle
a participé aux expositions de Raisins de
Montpellier, de Bazas et de Blois.
Après cette communication, l’assemblée
a décidé de tenir son congrès annuel fin
septembre prochain à Toulouse.
Parmi les résolutions adoptées, signalons
le vœu que les cépages de toute provenance
puissent être présentés librement à l’Expo-
sition universelle de 1900.
La séance s’est terminée par l’élection du
bureau. L’ancien bureau a été réélu avec
l’adjonction d’un quatrième vice-président.
Le bureau, pour l’année 1897-1898 est
ainsi composé :
Président, M. de Verninac;
Vice-présidents : MM. Maxime Cornu,
Etienne Salomon, Prosper Gervais, Daniel
Bethmont ;
Secrétaire général : M. Georges Gouanon ;
Secrétaire général adjoint : M. Charles De-
loncle;
Secrétaires: MM. Marsais, Rousseaux, Barba;
Trésorier : M. de Martel.
Nominations de jardiniers-chefs à
Fontainebleau et à Trianon. — Au palais
de Fontainebleau, le nouveau jardinier en
chef est M. Edouard Gauthier, qui était
jardinier-chef à Trianon. Là, il est remplacé
par M. Louis Thouvenin, qui était premier
jardinier à l’orangerie de Versailles, sous
la direction de M. Georges Bellair, notre
collaborateur.
Le successeur de M. Verlot aux cul-
tures expérimentales de Verrières. —
Nous sommes heureux d’annoncer à nos
lecteurs que le successeur de M. B. Verlot
à la direction des cultures expérimentales
de MM. Vilmorin-Andrieux et G‘% à Ver-
rières-le-Buisson, est M. S. Mottet, auteur
de nombreux ouvrages horticoles et l’un de
nos actifs collaborateurs. Nous sommes
persuadé que, dans ce poste, M. Mottet
trouvera un nouveau et vaste champ à ses
investigations et à ses études, dont les
lecteurs de la Revue hoy'ticole seront
toujours heureux de profiter.
Nomination au Jardin botanique de
Saint - Pétersbourq . — M . Fischer
de Waldheim, qui fut délégué du gouver-
nement russe à l’Exposition internationale
d’horticulture de 1895, à Paris, a été nommé
directeur du Jardin botanique de Saint-
Pétersbourg. M. de Waldheim, qui remplace
M. Bataline, décédé, était directeur du
Jardin botanique de Varsovie.
La médaille de Robert Hogg pour fruits.
— A l’instar de la médaille commémora-
tive de Veitch, qui a pour but de récom-
penser les services éminents rendus à l’hor-
ticulture, et qui a été attribuée cette année
à notre éminent collaborateur, M. Charles
Naudin, le Gardeners* Chronicle a pro-
posé d’instituer une « Robert Hogg fruit
medal », qui serait décernée chaque année
au plus beau lot de fruits exposé. On ne
saurait trop approuver cette excellente ma-
nière de perpétuer la mémoire d’hommes
qui ont incontestablement honoré l’horti-
culture par leurs travaux.
A quelle époque est la « lune rousse » ?
— Le nombre est très-grand de personnes
qui, au printemps, demandent à tous les
jardiniers qu’elles rencontrent « quand
tombe exactement la lune rousse » ?
Naturellement, plus les jardiniers sont
éclairés, moins bien ils répondent, car on
commence, en horticulture, à reléguer la
lune dite rousse au vieil arsenal des erreurs
et préjugés.
Certains cultivateurs soutiennent que la
lune « rousse » est celle qui suit la lune où
est Pâques. D’autres, au contraire, pré-
tendent que c’est précisément la lune de
Pâques. La plupart des dictionnaires disent
que la lune rousse est celle qui commence
en avril. C’est ainsi, en effet, que la ques-
tion doit être résolue. Ainsi donc, lorsque
la lune de Pâques est placée assez tôt pour
que le commencement de celle qui la suit
se trouve en avril, c’est bien cette dernière
qui est la lune « rousse ». Mais si la lune
de Pâques commence elle-même en avril,
comme cela a eu lieu cette année, c’est à
elle, dans ce cas, que revient cette qualifi-
cation injurieuse. Elle ne s’en porte pas
plus mal, d’ailleurs.
Cette année, la lune « rousse » a com-
mencé le 2 avril, à 4 h. 33 du matin, et a
fini le 30 avril, à 8 h. 56 du soir.
Les fruits véreux. — M. Charles Mohr,
chimiste à Liège (Belgique), indique dans
le Journal de la Société agricole de Bra-
bant un moyen simple d’empêcher les
CHRONIQUE HORTICOLE.
223
fruits à pépins, Pommes et Poires, de de-
venir véreux :
L’insecte ailé de la Carpocapsa pomonana
dépose un œuf dans la rosette du fruit peu de
temps après la floraison, quand le fruit est à
peine noué. Cet œuf ne tarde pas à éclore, et
la petite chenille qui en sort perce un trou pour
pénétrer jusqu’au cœur du fruit, qui n’en conti-
nue pas moins à grossir. Or, tout fruit piqué est
facilement reconnaissable déjà un mois après
la floraison. Tant que le ver séjourne encore
dans le creux où l’œuf a été déposé, il est facile
de le détruire par l’aspersion avec un bon in-
secticide. Je me sers pour les petites formes du
jardin, pyramides, espalier, etc., d’un vapori-
sateur et d’un liquide insecticide fait par moi,
dilué avec dix fois autant d’eau.
Gomme il ne faut qu’une goutte de ce liquide
injecté dans le creux pour tuer le ver, ce
procédé n’est pas dispendieux. Il suffira de
passer la revue des arbres de temps en temps
aux mois d’avril et mai, et de traiter de la
sorte les fruits suspects.
La condition essentielle de réussite repose
dans l’emploi de l’insecticide fait en temps pro-
pice. Si on tarde à agir, le ver cheminera vers
l’intérieur et, dans ce cas, toute peine devien-
dra inutile.
En ce qui concerne le traitement des arbres
de haute tige du verger, le travail deviendra
forcément un peu plus coûteux, car il faut se
servir d’un pulvérisateur portatif à dos, et puis
il faut aussi un peu plus de liquide que pour
les petites formes.
Néanmoins l’opération sera encore rémuné-
ratrice. Il est inutile d’asperger tout l’arbre ;
il suffira d’atteindre les branches inférieures.
Les fruits attachés à ces branches sont seuls
envahis par les vers, tandis que les branches
supérieures n’ont généralement pas de fruits
piqués.
Pour cette opération, je me sers, comme in-
secticide, d’une solution de sulfure de calcium
glycériné, dilué avec dix fois autant d’eau.
C’est cette préparation chimique seule qui
n’occasionne pas de brûlures aux feuilles, tout
en tuant le ver.
Les pulvérisateurs en cuivre, dont on se sert
pour l’emploi de la bouillie bordelaise, ne
peuvent être utilisés pour cette solution de
sulfure, car le cuivre s’allie au soufre et déna-
ture l’insecticide. Je me sers d’un récipient en
tôle émaillée à l’intérieur, propre pour toutes
sortes de liquides. Une petite chenille apparte-
nant aux tortricides, qui enroule les feuilles et
attaque les bourgeons, est détruite par ce
même traitement, puisqu’elle vient à la même
époque.
La solution de sulfure de calcium gly-
cériné proposée comme insecticide par
M. Charles Mohr est préparée par la maison
Georg Zimmer, à Mannheim (Allemagne) .
Canna Burbank. — La Revue horticole
a annoncé en 1895 ^ l’apparition des pre-
miers Cannas dérivés du C. flaccida. En
1896, nous avons traité de ces nouveau-
tés avec les détails que comportait leur in-
contestable valeur, et, en particulier, du
C. Italia, obtenu par MM. Damman et C‘®,
de San Giovanni à Teduccio, près de Na-
ples Aujourd’hui, la Môller'’s Gartner
Zeitung signale l’introduction en Alle-
magne d’un nouveau Canna de cette caté-
gorie, le Canna Burhank, fort prisé en
Amérique. Cette nouveauté, mise au com-
merce par M. J.-C. Vaughan, de Chicago,
provient d’un croisement entre la variété
Madame Crozy et le C. flaccida., indigène
du sud de la Caroline et de la Floride. Les
fleurs en mesureraient environ 16 centi-
mètres de diamètre, et l’on en compterait
parfois jusqu’à dix ouvertes sur le même
épi. Leur couleur est jaune canari mou-
cheté de rouge vers l’onglet. Le feuillage
est vert clair, et la croissance plus rapide
que celle de Madame Crozy.
Le défaut que présente cet hybride améri-
cain, analogue aux CannasJ/ta?êa eiAustria,
est le même qu’on a peut-être trop promp-
tement reproché à ces derniers. Les fleurs
se faneraient trop rapidement. Mais c’est là
un inconvénient susceptible de disparaître
à la longue, par une sélection bien conduite
et des croisements bien entendus. Y a-t-il
d’ailleurs beaucoup d’hybrides qui soient
entrés de plain pied dans la catégorie des
plantes d’ornement sans trahir, pendant
quelque temps, des imperfections ataviques?
Quoi qu’il en soit, le fait de l’apparition
simultanée, en Amérique et en Italie, d’hy-
brides analogues, dans le genre Canna,
mérite d’être signalée. C’est là une conco-
mitance comme il s’en produit quelquefois
dans différents autres genres.
OUVRAGES REÇUS
Dictionnaire historique et artistique de
la Rose, par Albert Belmont. — Un volume
de 208 pages, prix : 2 fr. — Chez E. Drosne,
24, rue Bancel, à Melun. — Dans sa courte
mais bonne préface, l’auteur dit modestement
n’avoir pas prétendu faire une œuvre littéraire.
Cependant, il a consigné dans cet intéressant
travail, et avec une patience digne d’éloges,
toutes des particularités historiques, les tradi-
tions, contes, légendes, qu’il a pu recueillir
concernant la Rose, ses origines, ses pro-
priétés, son rôle dans la vie publique et privée,
* Voir Revue horticole, 1895, p. 510.
- Voir Revue horticole, 1896, p. 84.
224
CHRONIQUE HORTICOLE.
qui se rattache à l’art du jardinage et de l’hor- 5
ticulture, produits et instruments. S,
Cette Exposition aura lieu les 22, 23, 24, î
25, 26 et 27 mai ; elle est spéciale aux dépar-
tements de Maine-et-Loire, Sarthe, Mayenne, (
Ille-et-Vilaine, Loire-Inférieure, Vendée, Deux-
Sèvres, Vienne et Indre-et-Loire. 5
Epernay, du 26 au 30 juin. — Une Expo- *
sition de plantes grimpantes et rampantes f
(arbres et arbustes de pleine terre, plantes de C
serre, plantes vivaces et annuelles), les i
Fuchsias, les Géraniums et les légumes (tous ^
légumes compris), sera tenue à Épernay du }
26 au 30 juin 1897.
Le programme comprend sept divisions :
Arbres et arbustes de pleine terre. Plantes T'
de serre. Plantes annuelles. Plantes vivaces, r
Plantes tleuries. Légumes. Treillages.
Adresser les demandes pour exposer, avant
le 1er juin, à M. le secrétaire général de la So- v
ciété d’horticulture et de viticulture d’Épernay.
Clematis « Orleanensis » . — Dans ;
son compte rendu sur la participation de ^
l’horticulture au Concours général agri- ^
cole, notre collaborateur, M. Dauthenay, a v
critiqué à juste titre la manie de latiniser
tant bien que mal les dénominations de ’
variétés. C’était à l’occasion d’une Cléma- ^
tite, très-belle d’ailleurs, exposée par M. G.
Boucher, et dénommée Orleanensis.
M. G. Boucher nous écrit qu’il a trouvé
cette plante, déjà nommée, chez un pépi- ' ;
niériste d’Angers. Ce pépiniériste se l’était „
procurée lui-même à Orléans, toujours sous
le même vocable. La variété en question est .
une amélioration évidente et bien fixée du
Clematis aureliana superha, ou de la Clé-
matite Eugène Delattre.
M. G. Boucher nous fait remarquer qu’il tl'
n’est pour rien dans la dénomination criti-
quée. Il ajoute qu’il est lui-même l’adver-
saire déclaré des latinisations inutiles, et, à :
plus forte raison, des barbarismes. Mais,
dans l’espèce, il lui était impossible de
débaptiser la plante, sans s’arroger un droit
qu’il n’avait pas.
les cérémonies du culte, la décoration. Pour
ne citer qu’un exemple typique, on peut lire,
au mot PROVERBES, une kyrielle des dictons et
proverbes qui concernent la Rose. Il n’y en a
pas moins de quarante- cinq, et nous avons
même quelque idée que tout n’y est pas,
puisque la jolie expression : Viv7'e ce que
vivent les Roses ! n’y figure pas. C’est vrai-
ment un livre de littérature horticole que
l’auteur nous a donné.
La culture des Chrysanthèmes 'à grande
fleur et à taille basse, par MM. J. Ghabanne
et A. Choulet, 2« édition, chez MM. Rivoire
père et fils, 16, rue d’Algérie, à Lyon.
Cet ouvrage est très-apprécié des amateurs
de Chrysanthèmes. Son grand mérite est
d’avoir mis au point les plus récents perfec-
tionnements apportés dans la culture de cette
belle spécialité.
Les erreurs et les préjugés dans l’an-
cienne horticulture, par G. Gibault. —
Extrait du Journal de la Société d'horticul-
ture de France, brochure in-80 de 24 pages.
EXPOSITIONS ANNONCÉES ^
Dijon, du il au 2i novembre. — La So-
ciété d’horticulture et de viticulture de la
Côte-d’Or ouvrira, du 17 au 21 novembre, une
Exposition générale de Chrysanthèmes, Cycla-
mens et Œillets. Les exposants seront divisés
en deux classes concourant séparément : hor-
ticulteurs et amateurs et jardiniers d’ama-
teurs.
Les personnes qui voudront prendre part à
cette Exposition devront en adresser la de-
mande, avant le 5 novembre 1897, à M. A. Pin-
geon, secrétaire de la Société d’horticulture et
viticulture, cour des Pompes, Hôtel de
Ville.
Melun, du 3 au 7 septembre. — La So-
ciété horticole et botanique de l’arrondis-
sement de Melun tiendra, à Melun, du 3 au
7 septembre 1897 inclusivement, une Exposi-
tion générale d’horticulture, comprenant : lé-
gumes, fruits, arbres et arbustes fruitiers et
d’ornement, fleurs, plantes diverses, ensei-
gnement horticole, sylviculture, apiculture,
arts et industries se rattachant à l’horticul-
ture.
Adresser les demandes pour exposer, avant
le 15 août, délai de rigueur, à M. Deiss, se-
crétaire général, 19, pré Chamblain, à Melun.
Saumur, du 22 au 27 mai. — Le Comice
agricole de l’arrondissement de Saumur a dé-
cidé l’organisation dans cette ville d’une Expo-
sition régionale d’horticulture et de tout ce
* La Revue horticole annonce les expositions
générales ou partielles dont le programme est
adressé au Rédacteur en chef, ^6, rue Jacob,
Pari».
A propos du Florilegium Harlemense.
— MM. Krelage et fils que, dans notre der-
nière chronique, nous avions indiqués
comme éditeurs du Florilegium Harlemense
nous prient de rectifier cette erreur. Cet
ouvrage est édité par la librairie Héritiers
Loosjes, à Haarlem, sous les auspices de la
Société royale de bulbiculture qui examine
et approuve chaque planche avant la publi-
cation.
Ed. André.
TRAITEMENT DES BRANCHES FRUITIÈRES DU POIRIER.
22S
TRAITEMENT DES BRANCHES FRUITIÈRES DU POIRIER
L’étude qu’on va lire est une leçon de
M. Hardy telle que je la pris, il y a environ
dix-huit ans, à son cours de l’École nationale
d’horticulture. Je la publie pour deux raisons:
d’abord parce que je la crois inédite (elle dif-
fère du moins de celle publiée dans le livre du
maître ^), ensuite à titre d’hommage au sou-
venir de M. Hardy, parce que cette étude me
semble mettre tout particulièrement en relief
le jugement et l’esprit d’observation du pro-
fesseur.
Georges Bellair.
UNE LEÇON DE M. A.-F. HARDY
Dès la seconde année de la taille d’un
Poirier, vous devez vous occuper de l’obten-
tion et de la formation de ses branches
fruitières ou coursonnes.
Emplacement des branches fruitières.
Avec les arbres à forme libre et sur les
contre-espaliers, les coursonnes se prennent
partout, sur toute l’étendue et toutes les
faces des branches de charpente. Cepen-
dant, avec les contre-espaliers, cela peut
présenter un léger inconvénient à cause
des « dessous »' qui s’affaiblissent promp-
tement au profit des « dessus ».
Dans les formes en espalier, les meil-
leures coursonnes s’établissent de chaque
côté des branches charpentières, que celles-
ci soient horizontales ou verticales. Jamais
on ne les choisit derrière et rarement on
les prend devant, ces deux positions étant
défavorables, la première surtout, qui
pèche par défaut d’éclairage.
A part ces exceptions, les coursonnes
sont bien où elles naissent, et il est impos-
J sible de les distancer régulièrement ; tou-
- tefois, elles ne doivent jamais être rappro-
' chées à plus de 8 ou 10 centimètres, car il
importe qu’elles ne se couvrent pas par
leurs feuilles, l’air et la lumière étant in-
dispensables pour une prompte mise à fruit.
Certains arboriculteurs, et particulière-
ment M. Courtois, de Chartres, avaient
pensé régulariser la distance des cour-
sonnes en s’appuyant sur la disposition des
feuilles d’après le cycle 2/5 ; ils prenaient
deux coursonnes par an, avec les yeux
avoisinant l’œil de taille. Ce procédé,
quant à la régularité, donne de médiocres
résultats; de plus, lorsqu’une coursonne
disparaît, cela a l’inconvénient de créer un
> vide considérable.
Comment naissent les branches fruitières.
Si vous observez, depuis le printemps
jusqu’à la chute des feuilles, un prolonge-
ment débranché charpentière taillé préala-
blement à une longueur déterminée, voici
ce que vous remarquerez : l’œil de la taille
se développe pour prolonger une fois de
plus la charpente ; les 2, 3 ou 4 yeux ve-
nant après donnent des rameaux à bois et,
au-dessous d’eux, de plus en plus bas, les
autres yeux poussent en jets de moins en
moins vigoureux.
C’est-à-dire qu’après la végétation, le
prolongement en question présente, de
haut en bas et dans l’ordre suivant, d’abord
des pousses à bois proprement dites, puis
des brindilles, des dards, et enfin des yeux
restés sans changement appréciable. Cha-
cune de ces productions deviendra une
branche fruitière ; voici comment :
Taille de première année.
L’année de leur formation, les pousses à
bois, futures branches fruitières, se déve-
loppent plus ou moins vigoureusement ;
or, pour les affaiblir et protéger à la fois le
prolongement nouveau sorti de l’œil de
taille et les organes (dards, brindilles)
poussant au-dessous d’elles, vous devrez
les pincer à une longueur déterminée par
leur vigueur, c’est-à-dire au-dessus de 3,
4 ou 5 feuilles (p, fig. 71). Chaque feuille
devant porter à son aisselle un œil bien
constitué, les folioles de la base, dont fais-
selle est vide, ne sont nécessairement pas
comptées.
Plus une pousse est vigoureuse, plus elle
a besoin d’être affaiblie, c’est-à-dire pincée
court ; si sa vigueur est extrême, vous
pincez sur la troisième feuille ; si elle est
modérée,, sur la quatrième, et si elle est
très-faible, sur la cinquième. Si, enfin, à la
forme effilée d’une pousse vous recon-
naissez qu’elle va se transformer en brin-
’ Traité de la taille des arbres fruitiers, par
A.-F. Hardy. éd. Librairie agricole de la
Maison rustique, 20, rue Jacob. Prix ; 5 Cr. 50.
226
TRAITEMENT DES BRANCHES FRUITIÈRES DU POIRIER.
dille, laissez-la libre et entière, votre
action est inutile.
Époque du pincement. — C’est quand
elles sont déjà un peu consistantes à la
base et encore assez herbacées au sommet
pour être amputées avec l’ongle qu’on
pince les pousses. La pratique seule peut
indiquer d’une manière précise le moment
favorable.
Vous remarquerez qu’un pincement trop
hâtif provoque parfois un retrait de sève
dans la partie pincée qui se flétrit, tandis
qu’un pincement trop tardif amène le déve-
loppement en bourgeons anticipés de
presque tous les yeux du rameau pincé, ce
qui est un recul d’un an dans la fructifi-
cation.
Il faudra donc observer les arbres, de
manière à pincer en temps utile et succes-
sivement, depuis la fin d’avril jusqu’en mai
et juin.
Si l’œil de pincement reste inerte,
laissez les choses en leur état. Mais le plus
souvent cet œil se développe, alors le bour-
geon anticipé qu’il procure se pince à une
ou deux feuilles (p, fig. 71). Si l’œil de ce
second pincement se développe à son tour
avec assez de force, pratiquez un autre pin-
Fig. 71. — Taille d’une branche
fruitière d’un an ayant subi
deux pincements l’année précé-
dente et déjà pourvue de jeunes
dards.
Fig. 72. — Brindille d’un an
à fruit.
Fig. 73. — Taille d’une branche
fruitière d’un an ne portant que
des yeux.
cernent à deux feuilles, comme lejprécédent.
En général, le besoin de cette troisième
intervention ne se fait pas sentir.
Sous l’influence de ces amputations re-
nouvelées, les yeux de la base deviennent
des dards qui se transforment progressi-
vement en boutons. La transformation peut
avoir lieu la même année sur les arbres
âgés ; elle s’opère généralement la deuxième,
troisième ou quatrième année sur les arbres
jeunes.
Dans la portion inférieure du prolonge-
ment de la branche de charpente, il naît
aussi des dards et des brindilles; ces or-
ganes ne reçoivent aucun traitement jus-
qu’à l’année suivante, dont nous allons
parler.
Taille de seconde année.
Lors de la taille d’hiver, les jeunes dards
de 1 à 2 centimètres, nés directement sur
la charpente, sont laissés intacts, mais s’ils
ont entre eux des vides trop grands prove-
nant du non développement des yeux inter-
médiaires, vous pratiquerez l’entaille au-
dessus d’un ou de plusieurs de ces yeux
pour les faire développer en branches frui-
tières normales.
Quant aux brindilles, laissez-les éga-j
TRAITEMENT DES BRANCHES FRUITIÈRES DU POIRIER.
227
lement entières si elles ne dépassent pas
12 à 15 centimètres ; alors leurs yeux laté-
raux procurent assez régulièrement des
dards et, souvent, l’œil terminal est un bou-
ton à fruit (fig. 7^). D’autre part, si la brin-
dille mesure de 18 à 25 centimètres de
long, il ne faut pas encore la tailler, sur-
tout la tailler court, mais la casser seule-
ment sur le troisième
ou quatrième œil, ou
l’arquer en éborgnant
son œil terminal.
Voici maintenant les
branches fruitières nor-
males ; ce sont celles
qu’on a pincées pendant
le cours de l’année pré-
cédente, elles portent
généralement à leur
base des dards nais-
sants qu’il faut empê-
cher de pousser à bois;
pour cela, vous rap-
prochez simplement la
partie pincée sur un ou
deux yeux (T, fig. 71),
selon la vigueur de la
coursonne. Une taille
plus courte provoque-
rait presque certaine-
ment le développement
i| t' des dards en pousses à
bois.
Si telle ou telle de
1 ces branches était d’une
J •: vigueur exagérée, il ne
. faudrait pas hésiter à
I la rabattre sur son em-
pâtement pour provo-
!| quer le développement
d’un des yeux stipu-
laires en une branche
moins forte, plus apte
à fructifier.
Mais tout en ayant
I une vigueur moyenne,
une branche fruitière
peut se présenter dé-
pourvue de dard et ne portant que des yeux ;
dans ce cas, vous taillez au-dessus de trois
ou quatre de ces organes bien apparents,
bien distincts (T, fig. 73). Alors, l’œil de
taille pousse en rameau à bois, et les autres
ont des chances pour s’allonger lentement
en petits dards. Du reste, lorsque le rameau
sorti de l’œiî de baille a atteint 15 à 20 cen-
timètres, vous le pincez à trois ou quatre
.feuilles; il est le régulateur de la pousse
des yeux inférieurs : si ces yeux restent
inertes, il faut revenir sur le premier pin-
cement, au-dessus de deux ou trois feuilles,
cette fois, pas moins, pour ne point
jeter la sève trop fort à la base de la
branche.
Si plusieurs des yeux de la branche frui-
tière donnent des rameaux, comme il n’en
faut qu’un seul par coursonne, on est
souvent amené à conserver le plus infé-
rieur, à l’exclusion des autres qu’on sup-
prime par une taille en vert. Cette mé-
thode est défectueuse ; il est préférable
de pincer les rameaux inférieurs à une
feuille ou de les sectionner sur les rides
basilaires et de conserver le rameau le
plus élevé comme régulateur de la bran-
che (a, fig. 74).
Fig. 74. — Branche fruitière négligée.
La pousse supérieure aurait clù être abattue en a, et la pousse du sommet pincée en b.
228
TRAITEMENT DES BRANCHES PRUITIÊRES DU POIRIER.
Taille de troisième année.
Pendant l’été de l’année précédente (2® an-
née), des brindilles et des dards de char-
pente ont pu former des boutons à fruit,
mais ceci est l’exception. Le plus souvent,
ce n’est que la troisième année que ce ré-
sultat s’acquiert, sur les jeunes arbres du
moins ; aussi, la taille d’biver étant faite
comme celle de la seconde année, faut-il
suivre très-attentivement les pincements, à
cause des dards qui pourraient s’annuler si
on ne pinçait pas et, ce qui est pis, pousser
à bois si on pinçait trop.
Ce dernier inconvénient s’évite déjà en
Fig. 75. — Taille d’une branche fruitière de trois
ans qui a été mise à fruit l’année précédente
par un pincement long de son rameau terminal.
partie : 1® par une taille longue du prolon-
gement de la charpente qui peut ainsi,
grâce à une absorption considérable, tem-
pérer l’action de la sève sur les organes
fructifères en préparation ; 2® par un pin-
cement pratiqué long et assez tôt, surtout
dans le voisinage des dards, pour que la
sève soit élaborée par le bourgeon pincé
(P, fig- 75).
Taille de quatrième année.
La quatrième année, l’arbre est généra-
lement à fruit, c’est-à-dire qu’il porte des
boutons fruitiers ; mais, outre ces organes.
vous rencontrerez naturellement des dards,
des brindilles et des rameaux à traiter en
vue des fructifications futures. A la fin de
cette quatrième année, vous verrez même
apparaître un organe nouveau qui est la
conséquence de la fructification accomplie :
c'est la bourse (fig. 76). Sur la bourse, les
yeux se mettent facilement à fruit la se-
conde année ; c’est une production précieuse
dont on doit tailler seulement l’extrémité
qui a été meurtrie par la séparation du
fruit.
Si la branche porte un seul bouton à
fruit, taillez toujours à deux yeux à bois
au-dessus, quitte à pincer court pendant
la végétation.
Yous devrez également, et dans tous les
cas, tailler sur deux yeux à bois au-dessus
d’un dard, de manière que la branche frui-
tière ait son sommet végétatif assez distant
du dard pour en éviter la pousse à bois,
assez rapproché cependant pour le nourrir
et en accélérer la métamorphose en bouton.
Mais il faudra ne conserver qu’une seule
pousse à bois, et, vers fin mai, la pincer
sur quatre ou cinq feuilles de manière à
concentrer l’action de la sève élaborée sur
ce même dard, car, sans ébourgeonnement
et sans pincement, il peut dépérir et s’an-
nuler.
Vous pouvez tailler sur le bouton à fruit,
directement quand il en existe deux ou
trois par branche (T, fig. 75). Il n’y a dans
ce cas aucune altération à craindre puisque
toujours, dans les boutons, il se développe
des yeux à bois; vous obtenez ainsi les
branches courtes qui donnent de très-beaux
fruits. Cependant, dans quelques variétés,
le Beurré magnifique, par exemple, on
obtient aussi de belles Poires au bout des
brindilles; ceci n’empêche pas qu’il soit
avantageux d’avoir des coursonnes courtes,
et de les renouveler, car les branches frui-
tières jeunes, elles aussi, donnent toujours
des fruits supérieurs en volume à ceux ve-
nus sur des branches fruitières décrépites
par la succession des tailles, et ridées par
l’accumulation des cicatrices des feuilles.
229
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LES AROÏDÉES EXOTIQUES.
I Alternance des récoltes.
; , L’arbre étant à fruit, il reste à empêcher
I l’alternance des récoltes. Vous éviterez cette
I alternance en modérant chaque production
annuelle et, surtout, en préparant avec soin
I la fructification des bourses. Vous savez que
I ces organes essentiellement fertiles portent
. en eux toute une succession de germes
I fructifères.
I Si, par exemple, les yeux de bourse se
! ‘ développent en rameaux et non en dards, il
1 faut pincer ces rameaux à deux feuilles.
Ne laissez pas les branches fruitières
s’épuiser par une fructification trop abon-
dante; pratiquez l’éclaircie des boutons et
des fruits. Avec cette précaution et au
moyen des bourses qui, du reste, sont d’âges
différents et rapportent tour à tour, vous
pouvez obtenir des récoltes régulières. J’ex-
cepte les cas où ces récoltes se trouvent
annulées par des accidents de saison, contre
lesquels nous ne sommes pas toujours suffi-
samment armés.
Georges Bëllair.
(D’après M. A. -F. Hardy.)
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LES AROÏDÉES EXOTIQUES
Les Aroïdées, en général, présentent un
I cachet distinctif qui les fait reconnaître,
entre tous les végétaux, comme plantes de
la même famille naturelle.
■ Que l’on examine le vulgaire Gouet de
nos bois, les Richardia du Gap et les An-
thurium ou Alocasia tropicaux, on trouve,
I entre chacun de ces genres différents, une
' affinité trop visible pour qu’elle passe ina-
] perçue, même aux yeux du vulgaire. C’est
I peut-être une des familles les plus natu-
I relies du règne végétal, aussi bien sous le
rapport des caractères botaniques que sous
] celui des principes culturaux.
Les Aroïdées peuvent être considérées à
deux points de vue différents :
Comme plantes florales;
2” Comme plantes à feuillage ornemen-
tal.
Le genre Anthurium fournit à lui seul,
dans les serres, les belles fleurs d’Aroïdées.
. Aussi singulières par les diverses formes
qu’elles affectent que remarquables par la
richesse des couleurs dont elles sont parées,
[. les fleurs A Anthurium sont de dignes ri-
vales des plus belles Orchidées; il n’est plus
[ fait maintenant de jolis bouquets sans elles ;
f j elles donnent, partout où on les place, un
4 air d’exotisme et d’originalité que les plus
L curieuses « Filles de l’air » ne peuvent leur
disputer avec avantage.
Là, comme chez presque toutes les
: plantes, c’est à de savants horticulteurs
^ spécialistes et à d’heureuses introductions,
^ même relativement récentes, que nous de-
? J vons de pouvoir admirer ces magnifiques
végétaux. L’hybridation a joué un rôle pré-
pondérant dans l’obtention des Anthurium^
I rôle surtout remarquable en ce qu’il nous a
I procuré des coloris et des formes nouvelles ;
nous sommes loin, aujourd’hui, de VA.
Scherzerianum, type trouvé par Scherzer
au Guatemala et du premier A. Andrea-
num, rapporté de Colombie par M. Ed.
André, en les comparant aux hybrides ou
variétés de ces plantes obtenus tant en
France qu’à l’étranger.
A notre époque, où l’on semble ne vou-
loir admettre comme belles que les fleurs
qui ne sont pas conformées comme les
autres, c’est-à-dire les Orchidées, les Chry-
santhèmes japonais et duveteux, les Reines-
Marguerites à ligules irrégulières et frisées,
on ne peut guère demander aux Anthu-
rium plus que le cachet original et particu-
lier que nous offrent leurs fleurs. Tantôt la
spathe forme une courbe élégante et gra-
cieuse, tout en semblant vouloir encore en-
tourer le spadice qui est lui-même droit et
raide chez certaines espèces ; tantôt, dans
d’autres, il se replie vers la spathe en
formant une courbe, ou encore se contourne
en spirale. La spathe elle-même varie de
forme et de position ; quelquefois elle est
horizontale et forme un angle droit avec le
spadice ; dans d’autres cas, au contraire,
elle est réfléchie et s’incline même sur le
pédoncule, donnant alors une vague idée
d’une voile de vaisseau gonflée par le vent.
Parfois aussi, unie comme un miroir, elle
montre une surface luisante et vernissée,
alors que chez d’autres plantes on la voit se
crisper, se buller, les nervures devenir sail-
lantes, et il vient à l’idée que la sève est trop
abondante pour circuler dans les parties
qu’elle doit nourrir.
Les fleurs des Anthurium revêtent les
coloris les plus brillants. Depuis le blanc le.
plus pur jusqu’au rouge le plus foncé, on,
possède toutes les nuances intermédiaires du
carné, du rose, du carmin, de l’écarlate, du'
pourpre, du rouge sang le plus intense,,
230
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LES AROÏDÉES EXOTIQUES.
ainsi que des variétés dont la spathe est ta-
chetée ou mouchetée d’une couleur diffé-
rente, formant un agréable contraste. La
beauté des fleurs à' Anthurium est égalée
par leur durée, car il est peu de fleurs se
conservant aussi longtemps ; nous avons
remarqué des spathes d’ff. carneum et
ferrierense durer plus de trois mois en bon
état de fraîcheur.
Si l’on passe maintenant en revue les
plantes à feuillage ornemental de la famille
des Aroïdées, on est frappé tout d’abord de
la diversité des formes qu’elles affectent,
des brillantes couleurs dont elles sont pa-
rées, et, partant de là, des ressources nom-
breuses qu’elles offrent aussi bien pour la
garniture des serres froides et des apparte-
ments pendant l’été que pour celle des
serres chaudes et des serres tempérées. Les
Alocasia sont des végétaux incomparables
pour la beauté du feuillage, l’étrangeté ou
l’ampleur des formes et la singularité du
coloris; quelquefois le limbe est énorme,
comme chez VA. Thibautiana^ et sa surface
plane, en forme de cœur, d’un beau vert
foncé luisant, est sillonnée par des bor-
dures blanc métallique encadrant les ner-
vures ; ajoutons à cela que la feuille se
tient presque verticalement, évoquant
l’idée d’un bouclier fantaisiste. Chez VA.
metallica, la teinte métallique est plus ac-
centuée encore et fait penser à une feuille
exécutée en vieux bronze, alors que VA.
macrorrhiza contraste par un feuillage
abondant et d’un vert gai, presque toujours
panaché du tiers de sa surface de blanc pur;
l’ff. Sanderiana présente des feuilles dont
les bords sont profondément sinués et bor-
dés, ainsi que les nervures, du blanc qui
orne VA. Thibautiana; on croirait vrai-
ment voir une plante artificielle créée de
toutes pièces par un habile fleuriste.
Les Anthurium cultivés pour leur feuil-
lage peuvent rivaliser quelquefois avec les
plus beaux des Alocasia: VA. crystalli-
num, aux feuilles amples, presque rondes,
d’un vert foncé velouté ; l’yi. Veitchii, aux
longues feuilles verticales aux nervures
saillantes; VA. regale, etc., n’ont pas
d’égaux. Si l’on regarde les Caladium du
Brésil, on est étonné de la disproportion
qui existe entre la contexture des Aroïdées
précitées et de celles-ci ; autant le limbe
des Alocasia et des Anthurium semble
épais, coriace, autant celui des Caladium
paraît léger, fragile.
La nature s’est plue à épuiser toutes les
ressources de la panachure, de la bariolure
et de la moucheture, pour décorer ces
limbes étonnants. Le blanc, le rose, le
rouge, le jaunâtre et toutes leurs nuances
sont représentés sur ces feuilles quelque-
fois unies, ou tourmentées et cloquées,
parfois même diaphanes, toujours belles.
Les Caladium sont indispensables pour la
décoration des serres vides pendant l’été ;
la facilité de leur culture et leur beauté
spéciale en ont vite fait les favoris de la
mode. Chaque amateur en cultive tant soit
peu et ils ont encore l’avantage d’exiger
peu de place en hiver.
D’autres genres sont encore cultivés pour
la beauté de leur feuillage, et, sans pou-
voir rivaliser avec ceux précités, n’en ap-
portent pas moins leur part de décoration
dans la serre chaude. Les Curmeria, les
Aglaonema, les Dieffenbachia, les Schis-
matoglottis sont autant de genres diffé-
rents et de plantes diverses qui ne de-
vraient manquer dans aucun abri chaud.
Les Curmeria peuvent très-bien tenir
compagnie aux Bertolonia et aux Sone~
rila ; les Dieffenbachia et les Homalo-
aux Anthurium et aux Alocasia;
ce voisinage ne fera pas honte à ces der-
niers.
Là ne s’arrête pas encore l’énumération
des plus belles Aroïdées cultivées, car il
reste un groupe de plantes caulescentes,
sarmenteuses et grimpantes, qui ont une
présence obligée dans chaque serre. Quel-
ques Anthurium peuvent s’élever à une
certaine hauteur et le groupe des Philoden-
dron et des Pothos est remarquable par la
diversité de ses formes bizarres. Le Philo-
dendron pertusum des horticulteurs (Tor-
nelia fragrans) est une plante géante, aux
tiges grosses, charnues, grimpantes, aux
grandes feuilles cordiformes, toutes décou-
pées sur les bords, et dont le milieu est
perforé de trous irréguliers qui paraissent
avoir été faits par un emporte-pièce ; cette
tige peut atteindre une grande hauteur et,
de place en place, descendent de longues
racines adventives qui viennent puiser de
l’humidité dans le sol. Une plante plus cu-
rieuse encore est le Pothos celatocaulis :
que l’on s’imagine des feuilles d’un beau
vert sombre, plus grandes que la main et
s’imbriquant l’une sur l’autre contre l’ap-
pui où grimpe la tige qui est entièrement
cachée par elles ; d’autres Pothos, d’une
grande vigueur, forment des festons de
verdure.
Le genre Dieffenbachia dote nos serres
de plantes caulescentes, aux tiges droites
VIOLETTE CORNUE ET VIOLETTE DE MUNBY.
231
et charnues, aux feuilles le plus souvent
grandes, amples, de tous les tons du vert
sur lequel s’étendent des macules blanches
ou jaunâtres, irrégulières et jolies ; parfois
le pétiole est lui-même coloré, mais sous
ces dehors superbes se cache un poison vio-
lent. Enfin, le Pistia Stratiotes est une
jolie petite plante aquatique, formant une
élégante rosace de feuilles d’un vert clair ;
ces feuilles paraissent épaisses, mais sont,
VIOLETTE CORNUE ET
Parmi les nombreuses Violettes connues
et cultivées dans les jardins, les deux es-
pèces qui font l’objet de cet article sont in-
téressantes au double point de vue de leurs
caractères et surtout de leur mérite comme
plante d’ornement.
Elles constituent, en eftet, une sorte de
trait d’union entre les Pensées et les Vio-
lettes proprement dites. Des premières, elles
ont le feuillage ; des dernières, les fleurs et
une durée de floraison qui s’étend depuis
le printemps jusqu’en automne. Quoique
leurs fleurs soient abondantes en été, en au-
tomne et surtout au printemps, il est bien
Fig. 77, — Viola cornuta.
I rare, même pendant les grandes chaleurs,
Ide voir des pieds qui en soient dépourvus ;
, il ne leur manque que le parfum. Mais
elles rachètent amplement ce défaut par
une floraison très abondante au printemps,
chez la Violette deMunby surtout; lorsqu’on
en a vu quelques touffes au moment de leur
L pleine floraison, c’est-à-dire en avril- mai,
j on est peu susceptible de les oublier et il
^ faudrait absolument détester les plantes
li pour ne pas éprouver le désir de les possé-
J der dans son jardin, ce qui est heureuse-
) ment facile, ces plantes produisant des
r graines en abondance.
en réalité, remplies d’air, qui sert à main-
tenir la plante sur l’eau où elle flotte li-
brement.
Dans les serres chaudes, où notre science
et notre art amassent des richesses et
créent des merveilles, avec leur faciès exo-
tique et particulier, les Aroïdées resteront
toujours parmi les plus beaux végétaux
qu’il soit donné à l’homme de contempler.
Jules Rudolpii.
VIOLETTE DE MUNBY
On pourrait croire que ces deux Violettes
sont naturellement cultivées partout ; le con-
traire est cependant la vérité, car c’est à
peine si on les rencontre dans les jardins des
amateurs passionnés. Cela tient sans doute
à ce que, pour en avoir toujours de belles
touffes, il faut en faire des semis tous les
ans ou autrement dit les traiter comme
bisannuelles et par conséquent les renou-
Fig. 78. — Viola Munbyana.
veler après leur première floraison.
Les deux figures ci-contre pourraient à la
rigueur nous dispenser de parler de leurs
caractères distinctifs ; cependant la descrip-
tion complétant l’image, voici quelques
indications sur chacune d’elles :
Violette cornue {Viola cornuta, Linn.)
(fig. 77). — Plante vivace, originaire des
Pyrénées, à rameaux assez longs, étalés, garnis
de feuilles courtenient pétiolées, oblongues-
lancéolées, dentées et accompagnées de deux
grandes stipules foliacées et profondément
incisées.
Fleurs d’un bleu-lilas clair, munies de très-
232
VIGNE ÉPINEUSE MADAME VICTOR CAPLAT.
longs pédoncules anguleux, à pétales inégaux,
un peu étroits et dont l’inférieur se prolonge
en arrière en un long éperon étroit, cylin-
drique et un peu relevé au sommet. Cette
jolie Violette a été introduite dans les jardins
il y a plus d’un siècle. Elle y a produit
quelques variétés, notamment une à fleur
blanc pur et une autre nommée La Lorraine,
à fleur bleu mêlé de blanc, mais cette dernière
est peu connue.
Violette de {Viola Munhyana, Boiss.
et Reut.) (fig. 78). — Primitivement con-
fondue avec les V. cornuta et V. calcarata,
cette espèce se rapproche évidemment de
la précédente par ses caractères botaniques,
mais elle en diffère néanmoins par ses
fleurs plus amples, plus arrondies, comme
le montre la figure ci-contre, et aussi beau-
coup plus nombreuses, surtout au printemps.
Introduite d’Algérie il y a une quinzaine d’an-
nées, la Violette de Munby forme, dans de
bonnes conditions culturales, des touffes volu-
mineuses, touffues et compactes, car ses tiges
sont excessivement ramifiées et garnies d’un
feuillage abondant, analogue à celui de l’espèce
précédente. Ses fleurs sont aussi munies de
pédoncules très-longs, dressés et les portant
bien au-dessus du feuillage ; elles sont d’un
beau violet franc et foncé, à pétales amples,
les deux supérieurs surtout arrondis, se repi-
quant par leurs bords et l’inférieur longuement
éperonné. Ces fleurs ont un peu l’aspect de cer-
taines variétés modernes de Violettes odo-
rantes, telles Amiral Avellan, La France, eic.,
et peuvent comme elles servir à la confection
des bouquets, moins le parfum qui leur fait
défaut. Nous pensons même que cette espèce,
bien cultivée, pourrait devenir très-avantageuse
pour les fleuristes qui font de la fleur coupée.
Sa floraison principale correspond exactement
avec celle du Viola cucullata, que l’on cultive
assez en grand dans la région de Sceaux, mal-
gré son manque total de parfum, pour succé-
der à la Violette odorante, et les fleurs de la
Violette de Munby sont bien plus grandes et
plus richement colorées que celles de la pre-
mière. On en trouve facilement des graines
dans le commerce. La Violette de Munby pos-
sède une variété à fleur jaune clair presque
uni, mais elle est rare dans les cultures.
Au point de vue décoratif, les deux Vio-
lettes dont nous venons de parler, sont sus-
ceptibles de nombreux emplois. On peut en
effet en former de ravissantes bordures le
long des grandes allées, des touffes éparses
dans les plates-bandes et sur les rocailles et
même en garnir complètement ou partielle-
ment les corbeilles, comme on le fait avec
les Pensées. Pour ce dernier usage, la Vio-
lette de Munby nous paraît préférable à la
Violette cornue, à cause de son port très-
touffu et surtout de la masse de fleurs
qu’elle produit en avril-mai. Dans ce cas,
les plantes sont élevées et tenues en pépi-
nière jusqu’à l’automne, époque à laquelle
on les plante alors en place. Enfin, les fleurs
des deux espèces sont éminemment propres
à la confection des petits bouquets, surtout si
l’on peut y mêler quelques Violettes odo-
rantes.
Leur traitement général est celui des
Pensées, avec cette différence, toutefois, que
leur développement étant plus lent il faut les
semer plus tôt, dès le mois de mai, en
pleine terre et en pépinière, puis repiquer
les plants en pépinière, plusieurs fois si on
le peut et les mettre enfin en place à l’au-
tomne. C’est ainsi qu’on obtient les touffes
si volumineuses et floribondes dont nous
avons parlé. Qnand on sème plus tard, en
été ou en automne, les plantes restent
-grêles et fleurissent plus tardivement.
S. Mottet.
VIGNE ÉPINEUSE MADAME VICTOR CAPLAT
Lorsque M. Carrière publia, le 1®’’ février
1885, dans la Revue horticole, p. 55-56,
un article accompagné de gravures de la
Vigne chinoise qu’il nommait Spinovitis
Davidi, il parlait d’une autre espèce que
celle qui avait été désignée déjà sous ce
nom par M. Romanet du Caillaud dans une
communication faite cinq ans auparavant à
l’Académie des sciences L S’il faut en croire
M. J.-C. Planchon % le Spinovitis de Car-
rière serait le Vitis Romaneti, Rom.
^ Comptes rendus, 1881, p. 1056.
2 Monogr. Ampelid., suites au Prodr., p. 365.
I du Cail., et le Spinovitis Davidi de
I M. Romanet du Caillaud se rapporterait à
l’espèce décrite en 1831 par Bunge sous le
nom de Vitis ficifolia
Les deux plantes sont maintenant répan-
dues dans quelques collections d’amateurs
qui feraient bien de lire attentivement les
descriptions de Planchon pour les distin-
guer nettement et éviter les confusions.
C’est à l’une de ces deux espèces, proba-
blement le Vitis Romaneti, si l’on admet
la détermination de Planchon, qui n’avait
3 Enum.pl. Chin. bor., p. 12,
Bcunr Horticole
\ ique panachée Mcuïame CapLat
^examps-Saèoureà del
Chronoolzth, J L Gc-ffaTC. Bruxelles
I
233
LES ARBRES ET LES ARBRISSEAUX DANS LES JARDINS.
iir
If:
" cependant pas vu les fruits, qu’appartient
ii^' la très-jolie forme à feuilles panachées que
; nous figurons aujourd’hui.
Voici d’abord la description du type
vert :
Plante très-vigoureuse et à très-longs ra-
meaux hérissés, comme les pétioles, d’aiguil-
lons glanduleux, piquants, purpurescents.
Vrilles interrompues. Feuilles très-amples,
, orbiculaires-cordiformes, à trois lobes angu-
leux peu accusés, grossièrement dentées-cré-
nelées, épaisses, les adultes glabres en dessus
ou pourvues de poils rares et courts, et cou-
vertes en dessous, surtout aux nervures, de
, poils simples, non aranéeux ni floconneux.
Fruits en grappes; baies noires comestibles et
vinifères ; graines globuleuses-ovoïdes briè-
vement rostrées, à chalaze dorsale orbicu-
laire.
C’est dans la forêt, près du village de
Ho-Chen-Miao, province de Ghen-Si, à une
I altitude de 1,300 à 1,400 mètres, et environ
I par 33° 20’ de latitude N. et 105° de longi-
tude E., sur un sol granitique où la neige
I n’était pas encore fondue le 8 mars, que le
célèbre explorateur-naturaliste, l’ahbé Ar-
mand David, trouva cette belle et curieuse
espèce. Les beaux pétioles rouges de ses
grandes feuilles les rendent très- ornemen-
tales, et leurs pétioles spinescents leur
prêtent un cachet d’originalité indiscu-
table.
La variété Madame Victor Caplat^ que
représente la planche coloriée ci-contre, est
très-remarquable par sa coloration, les
autres caractères de végétation restant ceux
du type. On peut voir combien ces nuances
varient du blanc pur au rose tendre et
carné, au rose vif, au saumon, au rouge
même, se mêlant de façon élégante sur le
vert et comprenant les jeunes rameaux
qui gardent leur spinescence caractéris-
tique. Jusqu’à présent, le soleil normand
n’a pas brûlé ces jeunes pousses et ces
jolies feuilles ; il pourrait bien en être dif-
féremment dans les pays plus chauds, plus
secs et plus ensoleillés.
Il s’agit maintenant de multiplier ce joli
lusus naturæ. M. Gaplat, croyons-nous,
l’a déjà tenté avec succès, et nous verrons
prochainement la plante dans les jardins.
Ed. André.
LES ARBRES ET LES ARBRISSEAUX DANS LES JARDINS
Les arbres et les arbrisseaux jouent, on
peut le dire, un rôle prépondérant dans l’en-
semble de l’ornementation des parcs et des
jardins ; aussi ne saurait-on apporter trop
d’attention dans le choix de ces végétaux,
et trop de soins et de recherches pour leur
bonne répartition générale, leurs groupe-
ments ou dispositions, en vue d’en obtenir
le plus et le mieux toute la décoration pos-
sible.
L’ornementation qui est obtenue dans les
jardins à l’aide des arbres et arbrisseaux,
soit en isolés, soit dans la composition des
massifs généralement employés, est, en
effet, bien différente, plus ou moins agréable
et durable, pour des causes diverses et nom-
breuses, dont les principales sont les sui-
vantes :
D’abord en raison du choix plus ou moins
judicieusement fait des essences selon les
convenances locales, la nature et l’état du
sol, du climat, etc., la variété suffisante ou
non des essences, les dispositions et les
^ groupements différents, la mise en valeur
plus ou moins favorable de ces végétaux.
Il est certain qu’un choix bien fait des
■?, espèces et variétés convenables en raison
des convenances locales, et une diversité
suffisante des essences bien réparties sont
les conditions primordiales essentielles pour
une belle décoration arbustive des jardins.
Mais il est bien évident aussi que des dis-
positions diverses, des rapprochements ou
groupements différents de mêmes végétaux
peuvent modifier, augmenter ou changer
considérablement l’ornementation produite
par des arbres ou arbrisseaux déterminés.
Il convient donc toujours de rechercher,
en dehors d’une diversité suffisante d’es-
sences, dans l’emploi des végétaux divers,
dans leurs répartitions, leurs groupements
ou rapprochements, des effets variés don-
nant des impressions diverses, nouvelles ou
différentes.
La diversité et la variété des impressions
agréables sont une des conditions essentielles
de la décoration des jardins.
C’est donc sur la variation dans la com-
position des massifs, les groupements et les
rapprochements des végétaux ligneux et des
arbrisseaux particulièrement que nous dési-
rons ici appeler l’attention.
Dans le choix assez varié qu’il convient
toujours de faire des arbres et arbrisseaux,-
en raison des considérations générales de
sol et de convenances locales, nous avons
234
LES ARBRES ET LES ARBRISSEAUX DANS LES JARDINS.
déjà conseillé d’introduire le plus possible
dans les jardins des espèces et variétés fleu-
rissant à des époques très-distinctes de l’an-
née, de façon à avoir pendant la plus longue
période de temps possible, presque pendant
toute l’année, quelques arbustes en fleurs.
On peut obtenir ce résultat en plantant
quelques sujets des espèces suivantes dans
les emplacements convenables, parmi les
autres végétaux.
Pour janvier, février, mars, on choisira :
Chimonanthus fragrans, à fleurs blanc jau-
nâtre, très-odorantes ;
Jasminum nudiflorum, à fleurs jaunes;
Daphné Mezereum, à fleurs blanches et la
variété à fleurs violettes, très-odorantes ;
Prunus Mume Alphandi^ à fleurs roses ;
Persica Davidiana, à fleurs blanches et à
fleurs roses;
Rhododendron dahuricum, à fleurs vio-
lettes, et sa variété à grandes fleurs.
Pour mars et avril :
Amijgdalus nana, Amandier nain, à fleurs
blanches ou à fleurs roses ;
Prunus triloba, à fleurs roses doubles ;
f'orsgthia Fortunei, à fleurs jaunes ;
Spiræa Thunbergi et <S. prunifolia, à fleurs
blanches ;
Ribes sanguineum^ Gordonianum, malva-
ceum, albidum, à fleurs rouge vif, rouge,
rouge-jaunâtre et blanches.
En mai-juin :
Cerasus Sieboldi, C. arâon, à fleurs roses ou
blanches doubles;
Vibiirnum Opulus sterilis^ la Boule de Neige;
Cytisus Laburnum, à fleurs jaunes ;
Lilas variés ;
Tamarix tetrandra, à fleurs roses ;
Spiræa Van-Houttei, à fleurs blanches ;
Deutzia, Diervilla, PhüadelphuSy à fleurs
blanches, roses et rouges.
En juillet, août, septembre :
Pavia macrostachya, à fleur blanche rosée ;
Amorpha fruticosa, à fleurs pourpres fon-
cées ;
Tamarix indica, à fleurs roses ;
Abelia rupestris, à fleurs roses, odorantes ;
Les Ceanothus bleus, blancs et roses ;
Indigojera Dosua, à fleurs roses-rouges ;
Buddleia Lindleyana et variabilis, à fleurs
violettes ;
Clerodendron Bungei et C. iricholomum ^
à fleurs rouges et roses ;
Les Hibiscus variés, blanc, rose, lilas, bleu ;
Vitex Agnus castuSf à fleurs violettes ou
blanches ;
Carijopteris Mastachanthus^i fleurs bleues.
Ce ne sont là que des indications^ car
beaucoup d’autres espèces pourraient être
choisies.
Nous avons aussi rappelé l’avantage orne-
mental qui résulte de la présence dans les
jardins de groupes d’arbres et d’arbrisseaux
de genres et espèces différents, à floraison
simultanée, aux principales époques de l’an-
née. Ces groupements sont faciles à com-
biner et produisent le plus heureux effet.
Aujourd’hui, nous voulons recommander
un mode de rapprochement qui présente un
attrait spécial, qui donne une impression
particulière différente de celles produites
par les autres rapprochements habituels de
végétaux. Nous voulons parler de groupe-
ments, plus ou moins importants, formés
de variétés d’arbrisseaux appartenant au
même genre.
Ces groupements d’espèces voisines, ou
de variétés d’un même genre, sont possibles
pour un assez grand nombre d’arbres et
d’arbrisseaux bien connus dont les espèces
et les variétés méritantes sont assez nom-
breuses.
Un groupe d’arbrisseaux composé de va-
riétés d’une même espèce, ou d’espèces voi-
sines, donne une impression toute particu-
lière, tout autre, bien différente de celle
produite par ces mêmes variétés vues sépa-
rément, isolément ou disséminées, réparties
parmi d’autres espèces végétales.
La vue d’ensemble et de détail de ces
réunions de variétés plus ou moins dis-
tinctes donne certainement une impression
particulière agréable, résultant d’un en-
semble harmonieux naturel, qui constitue
assurément une augmentation de l’agrément
et de l’intérêt que peuvent présenter ces ar-
brisseaux dans les jardins.
Parmi les genres d’arbrisseaux qui peu-
vent se prêter à ce mode de groupement,
nous citerons en première ligne le genre
Syringa ou Lilas. On peut, en effet, fa-
cilement trouver et réunir trente à qua-
rante belles variétés de Lilas de la série des
Syringa vulgaris^ à fleurs simples ou à
fleurs doubles, aux coloris et nuances si
variés.
Nous recommandons tout particulière-
ment d’abord parmi les variétés de Lilas à
fleurs simples :
Alba virginalis, fleurs blanches, élégantes.
Alba grandiflora, fleurs blanches, grandes.
Aline Mocqueris, fleurs rouges, énormes.
Ambroise Verschaffelt^ fleurs rouge clair,
Berthe Dammann^ fleurs blanches,
Charles X, fleurs lilas vif.
De CroncelSf fleurs lilas clair.
FRUITS, ARBRES FRUITIERS ET LÉGUMES AU CONCOURS GÉNÉRAL AGRICOLE DE PARIS. 235
Docteur Lindlcy, fleurs lilas foncé.
Docteur Regel, fleurs roses venant blanches.
Géant des Batailles, fleurs rouge pourpre.
Gloire de Lorraine, fleurs lilas violet.
Gloire de Moulins, fleurs lilas.
Insignis rubra, fleurs lilas, rouge.
James Roth, fleurs lilas foncé.
Madame Briot, fleurs lilas rouge.
Madame Moser, fleurs blanches.
Marie Legraye, fleurs blanc pur.
Rouge de Trianon, fleurs rouge vif.
Souvenir de Louis Spcith, fleurs pourpre
écarlate.
Parmi les Lilas à fleurs doubles :
Alphonse Lavallée, fleurs lilas bleu foncé.
Comte Horace de Choiseul, fleurs lilas violet.
Condorcet, fleurs ardoisé, reflet blanc.
Jean Bart, fleurs rose carmin.
Emile J^emoine, fleurs lilas clair.
Léon Simon, fleurs lilas violacé bleuâtre.
Jules Finger, fleurs lilas rose satiné.
Madame Lemoine, fleurs blanches.
Michel Buchner, fleurs lilas rose.
Maxime Cornu, fleurs lilas rose violacé.
Tournefort, fleurs lilas bleuâtre.
Sénateur Volland, fleurs lilas rouge.
Virginité, fleurs rose tendre.
Ajoutons-y quelques variétés de Lilas de
Perse, Varin et Saugé ; enfin les Syringa
Emodi, Josikæa, puhescens, etc., augmen-
teront encore Tintérêt de ce mode de grou-
pement et contribueront grandement à
l’ornementation générale, par leur aspect
particulier.
Les genres ; Spiræa, Ceanothus, Hibis-
cus, Weigela et d’autres peuvent aussi
fournir facilement de très-beaux groupes
formés exclusivement de leurs variétés
assez nombreuses.
Ce mode de groupement des variétés
d’une même espèce d’arbuste, que nous re-
commandons pour produire un effet spécial
agréable, différant des effets obtenus par
les groupements habituels, ajoutera, nous
en sommes assuré, un attrait particulier de
plus à l’ornementation arbustive dans les
jardins. A. Chargueraud.
LES FRUITS, LES ARBRES FRUITIERS ET LES LÉGUMES
AU CONCOURS GÉNÉRAL AGRICOLE DE PARIS
Les arbres formés ne sont plus, comme au-
trefois au Palais de l’Industrie, relégués dans
les « pieds humides j>, et l’on peut examiner
au grand jour les spécimens de MM. Boucher,
Rothberg et Bruneau. L’exposition de M. Bru-
neau est particulièrement intéressante, car elle
renseigne parfaitement le public sur les meil-
leures formes â donner aux arbres selon leurs
positions respectives et selon la meilleure uti-
lisation du terrain. Pyramides, fuseaux, gobe-
lets, palmettes, cordons, etc., toutes ces
formes, bien conduites, sont exactement repré-
sentées.
Nombreux sont les lots de fruits. Ceux qui
nous ont paru hors de pair sont les suivants :
1“ Les Cerisiers forcés de M. Meslé, jardi-
nier chez Mme Mandrot, au château de Mi-
gnaux, près Poissy. Les arbustes, exposés en
pots, sont d’une vigueur et d’une fécondité in-
comparables. On ne voit pas tous les jours des
bouquets portant chacun de quinze à trente
fruits, sur des Cerisiers forcés. Un spécimen
porte 85 fruits, un autre 88, un troisième 118.
Les variétés soumises à cette culture sont les
Cerises anglaise et anglaise hâtive. Cette expo-
sition, qui comprenait aussi les Fraises Docteur
Morère en culture forcée, a valu â son auteur
les félicitations de M. le Ministre de l’agricul-
ture.
Les Poires et Pommes de M. Chevallier,
professeur d’arboriculture à Montreuil. Cette
collection est nombreuse et bien étiquetée.
Remarqué entre autres : les Poires Doyenné
dliiver, Catillac, Belle angevine et Berga-
mote de Parthenay ; les Pommes — sans
compter Reinettes et Calvilles — Doux d'ar-
gent., de Canterbury, Quétier, Belle- du-bois,
Dunlow’s seedling et Linnæous Pippin. Ces
six variétés font toutes l’effet d’être en beurre
frais ;
3° Les Raisins, Fraises et Pêches, de
M. Anatole Cordonnier. On admire surtout les
caisses de Raisin Black Alicante, en culture
retardée, et les grappes de Forster's seedling, à
grain blanc, et de Frankenihal, en culture
forcée du 15 novembre. Puis, les Fraises
Louis Vilmorin et Marguerite, ainsi que les
Pêches Amsden, en culture forcée du 1®*’ dé-
cembre. Une médaille d’or a été décernée aux
Raisins de culture retardée, présentés dans un
tel état de perfection qu’il fallait un œil exercé
pour les distinguer des Raisins forcés, exposés,
ceux-là, avec sarments garnis de feuilles.
Deux autres expositions intéressantes en
fruits forcés étaient celles de M. Parent, à
Rueil, dont le lot était composé de Vignes
blanche et rouge d'Argenieuil, de Cerises an-
glaise hâtive et May Duke, de Pêche
Amsden et de Framboise Hornet ; puis celle
de M. Crémont, à Sarcelles, de Fraises et de
Cerises diverses.
Les Pommes et Poires de garde cons-
tituaient les lots de MM. Rothberg, à Genne-
villiers ; Gémond, à Epinay ; Paul Dupont, à
Montreuil; Bureau, à Rosny; Pathonot, à
Corbigny (Nièvre) ; Butin, à Louchy (Allier),
236
CYPRIPEDIUM AMANDINÆ.
et Berme, à Coudes (Puy-de-Dôme). Nous
avons noté les particularités suivantes : Dans
le lot de M. Rothberg, belles Pommes Calville
Lesans et Quêtier. Dans celui de M. Gémand,
belles Poires Beurré Bretonneau, Doyenné
d'hiver, Catillac et Belle angevine ; belles
Pommes Reinettes et Calvilles. Dans celui de
M. Pathonot, belles Poires Doyenné d'hiver.
Dans celui de M. Butin, belles Pommes Viger
douce, Belle-Ville, Canada et Calville blanc.
Dans celui de M. Bureau, belles Pommes Cal-
ville blanche et Calville rouge ; belles Poires
Duchesse d'hiver. Dans celui de M. Dupont,
belles Poires Bergamote Esperen et Doyenné
de Bordeaux ; belles Pommes Reinettes, Cal-
ville et Api. Les Pommes de M. Berme sont
pai'ticulières aux cultures d’Auvergne, en prés-
vergers ; il y a de très-belles Reinettes du
Canada et Canada gris, ainsi qu’une variété
locale. Rouge d'hiver, haute de forme, à peau
rouge et striée de rouge foncé.
Enfin, les fruits à cidre sont représentés par
le lot de M. Ragaine, à Tanville (Orne), qui
expose une belle collection de Pommes Bédan,
Bérat, Cuisse-Madame, Coquerelle, Nor-
gère, etc.
M. A. Theveny, peintre de fruits, racines
et légumes, 18, rue de la Mairie, à Antony,
est décidément l’émule de Buchetet. Ses
Poires, ses Pommes, ses Pêches, sont d’une
ressemblance absolue, et tellement frappante
de vérité, que la plupart des visiteurs s’y
laissaient prendre. La vitrine de cet exposant
a été très-admirée.
Culture potagère.
La si complète et impeccable collection de
légumes de MM. Vilmorin-Andrieux et Qie
constitue presque un musée. On peut y étu-
dier, en effet, toutes les sortes potagères qu’il
a été possible de réunir en cette saison. A côté
des racines de parfaite conservation, telles que
Betteraves, Carottes, Choux-Navets, Radis d’hi-
ver, etc., on trouve des légumes forcés, toute
une série de Haricots déjà en cosses, par
exemple : Beurre nain doré, Chevrier, {'Iné-
puisable, nain vert de Vaudreuil, Bagnolet
vert, nain paisrien, etc. Les salades printa-
nières sont aussi très-intéressantes, et l’on
peut aisément comparer entre elles les Lai-
tues gottes à graine noire et à graine blanche,
crêpe, Georges, blonde d'été et de Versailles,
Tom-Pouce, etc., et les Romaines verte,
grise, blonde et jolate maraîchère. Dans les
racines, il nous semble que le collet de la
rouge demi-longue nantaise est en train de
s’élargir. Est-ce une illusion ?
Très-belle et ingénieusement installée est
l’exposition d’Asperges forcées de M. Guil-
laume Gompoint, de Saint-Ouen. C’est une
véritable leçon de choses. On voit d’abord, à
nu, des griffes d’un an, puis de deux ans,
avec leurs bourgeons commençant à pointer.
On voit ensuite, dans des caisses ad hoc, la
végétation du plant de semis, puis celle du
plant d’un an, puis celle du plant de deux ans.
On voit enfin ce même plant, garnissant à
« touche-touche » une plus grande caisse
dont une paroi est de verre, de manière que
le visiteur puisse constater le mode de plan-
tation ; les pointes vertes s’élancent, vigou-
reuses, et cela représente exactement ce qui
se passe dans les serres à forcer de M. Com-
point. Plus loin, une série de petits bottillons
d’Asperges qui ont été triées par grosseur,
vient aboutir à la confection des bottes, dans
des botteleurs spéciaux, inventés par l’expo-
sant. Enfin, à l’autre extrémité, on a laissé les
Asperges monter ; elles n’ont que quarante
jours de plantation, et mesurent déjà 3 centi-
mètres et demi de tour à leur base !
M. Alexandre Picard, à Villeneuve-le-Roi,
expose une collection de légumes assez variée.
Nous y notons de francs Ognons des Vertus
et rouge pâle de Niort, et, parmi les racines,
la Carotte de Chantenay.
M. Dingeon, rue Tronchet, a de beaux Gar-
dons, de beaux Choux Fraise- de-veau et de
beaux Haricots forcés hâtif de Chalandray et
Triomphe des châssis. A signaler aussi, une
belle petite provision de tubercules d'Oxalis
crenata.
Les Haricots de M. Jacques Butin, à Lou-
chy, près Saint-Pourçain (Allier), sont des
touffes séchées et conservées avec leurs cosses.
Nous notons quatre variétés bien caractérisées :
Beurre du Mont-d'Or, Chevrier, zébré gris et
Bagnolet. Viennent ensuite d’interminables
séries de Pommes de terre, deux vraies
collections, l’une de Hyacinthe Rigault, l’autre
de M. Rochas, à Gonnartin (Saône-et-Loire).
Celle-ci ne compte pas moins de 300 variétés ; il
y en a de tous les pays du monde.
Terminons sur les senteurs odoriférantes des
plantes officinales exposées par M. Gagnet,
cultivateur spécialiste, à Aubervilliers. Un
étiquetage très-exact et très-complet ajoute un
attrait à leur examen.
Et souhaitons la Galerie des Machines aux
expositions horticoles futures : point ne serait
besoin d’y dresser des tentes.
H. Dauthenay.
CYPRIPEDIUM AMYNDINÆ
Ce Cypripède [hybride nouveau provient
de la fécondation du C. Spicerianum par
]e C. politum. Il a été obtenu par MM, Com-
bat et Biessy, horticulteurs à Monplaisir-
Lyon. Nous résumons ci-dessous la des-
cription qu’en a donnée dans le Jommal de
LES CAMPANULES.
la Société d'horticulture pratique du
Rhône M. R. Gérard, professeur à la Fa-
culté des sciences et Directeur du Jardin
botanique de Lyon :
Plante vigoureuse, présentant après cinq ans
de semis quatre tiges bien constituées parmi
lesquelles une fleurie mesurant 18 centimètres
et une cinquième qui commence à se dévelop-
per. Feuilles distiques, lancéolées, au nombre
de 6 dans la tige fleurie, consistantes, vert
brillant en dessus, vert blanchâtre en dessous,
sauf vers le point d’attache où elles sont ma-
culées lie-de-vin, mesurant 13 centimètres de
long sur 33 centimètres de large.
Fleur terminale, isolée, sur un pédoncule
lie-de-vin de 8 centimètres de hauteur, avec,
au tiers supérieur, une bractée appliquée vert
pâle sur les deux faces et tachetée de lie-de-
vin. La fleur, plus grande que celle des pa-
rents, a 9 centimètres de diamètre.
Sépale inferieur vert blanchâtre, trans-
lucide, cordiforme, de 4 centimètres de long
sur 3 centimètres de large. Sépale supérieur
rappelant celui du C. Spicerianum, mais
moins contourné, large de 5 centimètres, pres-
que arrondi, sauf un plissement dans sa partie
supérieure et médiane. Sa base, jusqu’au tiers
inférieur, est vert jaunâtre relevé de points
rougeâtres et de lignes plus foncées qui
s’étendent un peu sur la partie supérieure du
limbe, blanche, sauf sur les bords de la ner-
237
vure médiane, rosés sur le blanc, bruns sur le
vert.
Sépales latéraux (pétales) ondulés sur leurs
bords, légèrement recourbés en avant, lie-
de-vin sur leur moitié supérieure, qui est bor-
dée et striée de vert. Moitié inférieure verte
et striée de rouge, avec poils fortement colorés.
Labelle mesurant 0‘“ 05 X 03. Sabot lie-
de-vin supérieurement, vert inférieurement.
L’étamine stérile présente un point médian
vert jaunâtre, et est rose latéralement. Base
de la colonne et du labelle couverte de poils
rouges.
M. Gérard ajoute que la plante possède le
feuillage du C. Spicerianum. Quant à la
fleur, elle est bien de forme intermédiaire
entre celles de ses deux parents. Les sépales
latéraux (pétales) ne portent plus les émer-
gences qui, dans le C. politum, dénoncent
son origine hybride (probablement C. har-
hatumXC. venustum).
Ce que fait surtout et avec raison res-
sortir M. Gérard, c’est le caractère particu-
liérement ornemental du sépale supérieur,
beaucoup plus large et beaucoup plus bril-
lant chez ce nouvel hybride que chez ses
deux parents. Gela suffirait évidemment à
le placer au-dessus d’eux.
J. Fr. Favard.
LES CAMPANULES
Les Campanules brillent par leur élé-
gance, par la diversité de leurs formes et
par le nombre de leurs espèces ; on en
connaît près de 250, abondantes sur-
tout dans la région méditerranéenne. Notre
pays est très-riche en Campanules, car
plus de 30 espèces y croissent spontané-
ment et plusieurs assez abondamment.
Nombreuses aussi sont les espèces qui ont
franchi la porte de nos jardins, car presque
toutes sont décoratives ou au moins inté-
ressantes à un point de vue quelconque.
Enumérons les plus belles et les plus
généralement cultivées, puis celles qui inté-
ressent surtout les amateurs.
Le nombre des Campanules que culti-
vent les fleuristes pour la vente et qu’on
emploie aujourd’hui d’une façon générale
pour l’ornementation proprement dite des
jardins est très-restreint, car on n’en compte
guère qu’une demi-douzaine et encore peut-
on en exclure, au point de vue botanique,
les C. grandiflora et. C. Spéculum, qui
constituent les genres Platy codon et Spe-
cularia, généralement admis. En tête delà
liste, nous plaçons le :
Campanula Medium, Linn. Campanule
à grosses fleurs, encore nommée Violette
marine. Carillon, etc. — C’est une magni-
fique plante bisannuelle, spontanée dans le
Midi de la France, et qui forme des touffes
pyramidales, hautes de 50 à 60 centimètres,
se couvrant en mai-juin de grandes et belles
fleurs en forme de cloche, violet bleuâtre chez
le type et de couleurs très variées chez ses
variétés horticoles ; on en a obtenu et fixé une
race à fleurs doubles et, dans la variété calij-
canthemo, (fig. 79), également fixée, le calice
est transformé en une grande collerette péta-
loïde, entourant la corolle et de même
teinte qu’elle. Cette modification augmente
beaucoup l’effet décoratif des fleurs et rend
la race tout particulièrement méritante. Les
coloris que présentent ces Campanules sont
le blanc, le rose, le lilas et le violet rou-
geâtre et le blanc strié de violet.
La Campanule à grosses fleurs est émi-
nemment décorative pendant la durée de sa
238
LES CAMPANULES.
floraison, aussi l’emploie-t-on à divers
usages, mais c’est surtout en toufTes
éparses dans les parterres et dans les grandes
plates-bandes longeant les allées qu’elle
produit le plus bel efTet. On peut aussi l’é-
lever en pots pour l’ornement des terrasses
et des balcons ; les lleuristes la vendent du
reste sur les marchés aux fleurs pour cet
usage. Sa multiplication s’efTectue uni-
quement par semis faits en pépinière, au
printemps de l’année précédente celle de sa
floraison.
C. glomerata, Linn. Campanule à
fleurs en tète. — Également indigène,
mais vivace, cette espèce est assez net-
tement caractérisée par ses tiges sim-
ples, effilées, hautes d’environ 50 centi-
Fig. 79. — Campanula Medium
var. calycanthema.
mètres, et qui se terminent par deux ou
trois bouquets très-compacts de fleurs d’un
beau bleu violet luisant et entourés chacun
de deux feuilles sessiles, formant une sorte
d’involucre. Sa floraison a lieu en mai-
juin. On en connaît une variété à fleurs
doubles, composées de plusieurs corolles
emboîtées, mais elle est peu répandue,
tandis que la variété speciosa, DG. (fig. 80),
remplace presque totalement le type sauvage
dans les jardins, ses fleurs étant plus
grandes et formant des capitules attei-
gnant jusqu’à 8 centimètres de diamètre.
Cette Campanule a également sa place
toute indiquée dans les plates-bandes,
qu’elle orne admirablement, mais, en outre,
ses longues tiges et la disposition de ses
fleurs la rendent éminemment propre à la
confection des bouquets ; les fleuristes la
cultivent du reste pour cet unique usage
et elle se vend beaucoup en bottes sur les
marchés aux fleurs. Comme elle ne donne
pas de graines, sa multiplication a uni-
quement lieu par la division des touffes.
C. pyramidalis, Linn. (fig. 8i). —
Originaire d’Italie et sub-spontanée en
Fig. 80. — Campanula glomerata
var. speciosa.
France, cette belle espèce est remarquable
par sa robusticité et par la hauteur excep-
tionnelle, pour une Campanule, qu’attei-
gnent ses tiges florifères. Avec l’àge, elle
forme une grosse souche charnue, garnie de
feuilles pétiolées, ovales-cordiformes, assez
touffues et d’entre lesquelles sortent plusieurs
grosses tiges, qui se tiennent bien droites
Fig. 81. — Campanula pyramidalis.
d’elles-mêmes et atteignent jusqu’à 2 mètres
de haut ; elles émettent de petites ramifica-
tions dressées, leur donnant un aspect fusi-
forme et qui se couvrent de juillet en sep-
tembre d’une multitude de petites fleurs
bleues, ou blanches chez sa variété.
Cette Campanule, qu’on cultive beaucoup,
jusque dans les campagnes, parfois dans de
LES CAMPANULES.
239
vieilles marmiies, aime les endroits chauds
et secs et demande fort peu de soins ; on la
voit assez fréquemment croître d’elle-même
sur les vieux murs et dans les lieux arides,
où elle produit un effet pittoresque, qui in-
dique tout le païti qu’on peut en tirer pour
décorer les ruines et les rocailles. Au jar-
Fig. 82. — Campanula lalifolia macrantha.
din, on l’utilise avantageusement dans les
endroits chauds et secs, en touffes isolées
sur les pelouses ou dans les plates-bandes.
Les fleuristes la cultivent beaucoup pour la
vente sur les marchés aux fleurs, mais ses
Fig. 83. — Campanula Trachelium.
tiges florales étant trop longues pour la faci-
lité des manipulations, ils les disposent en
éventail et courbent, à mesure de leur dé-
veloppement, leur extrémité en arc de cercle ;
les ramilles latérales se redressent alors et
produisent un elïet on né peut plus gracieux ;
on peut du reste donner à ces tiges toutes
les formes désirables.
Cullivée en pots, cette Campanule est une
des meilleures plantes pour l’ornement des
terrasses, des fenêtres et autres endroits
analogues. Elle présente, en outre, la remar-
quable aptitude de s’accommoder facilement
de l’ombre et de pouvoir continuer à épa-
nouir ses fleurs dans les appartements très-
modérément éclairés. Ces diverses qualités
en font une plante excessivement populaire.
Sa multiplication s’effectue facilement par
semis et par séparation, au printemps, des
rejetons des vieilles souches.
Campanula carpatica, Jacq. Campa-
nule des monts Garpathes. — Originaire
de la Hongrie, cette espèce est vivace,
rustique et la plus cultivée parmi les Cam-
panules naines et cespiteuses. Elle forme
des touffes ramassées, dont les tiges flori-
fères, grêles et dressées, atteignent 20 à
Fig. 84. — Campanula turbinata.
25 centimètres de hauteur et se couvrent,
de juin en août, de nombreuses fleurs de
2 centimètres environ de diamètre et d’un
beau bleu franc. Il en existe une variété à
fleurs blanches.
Cette jolie Campanule s’emploie fréquem-
ment pour l’ornement estival des jardins.
On en forme de charmantes bordures ou
des touffes éparses dans les plates-bandes
et on la fait beaucoup entrer aujourd’hui
dans la composition des corbeilles multico-
lores,_ où le bleu de ses fleurs s’associe
très-heureusement avec le blanc ou le
jaune des autres plantes ; on peut la voir
chaque année dans les riches garnitures
qu’effectue la ville de Paris dans ses squares
et jardins publics. Quoique susceptible de
trouver des emplois tout aussi judicieux, la
variété blanche est moins généralement em-
240
LES CAMPANULES.
ployée. Cette Campanule se propage par
éclats et de préférence par le semis.
Ces quatre espèces ont seules une réelle
importance horticole, mais le nombre des
autres Campanules existant encore comme
plantes de collections dans les jardins d’ama-
teurs est si grand que nous ne ferons que
de jeter un coup d’œil rapide sur les plus
remarquables, afin d’attirer l’attention sur
elles et de contribuer à les faire sortir de
l’oubli fâcheux dans lequel elles sont au-
jourd’hui tombées.
Les voici par ordre d’affinités :
C. nobilis, Lindl. — Espèce chinoise,
vivace, haute de 40 à 50 centimètres, à
grandes fleurs rouge violacé, tachées de
pourpre à l’intérieur, longues de 7 à 8 cen-
timètres, pendantes et disposées en grappes
lâches. Il existe une variété à fleurs blanches.
C. sibirica, Linn. — Plante bisan-
nuelle, se ramifiant en pyramide, attei-
gnant 40 centimètres environ et se
couvrant de grappes de petites fleurs un
peu tubuleuses, d’un blanc lilacé chez le
type. Par la culture, on en a obtenu des
coloris lilas, rose et violet. Cette belle
espèce est fréquente dans les jardins, où on
la cultive et l’emploie comme la Campanule
à grosses fleurs.
C. latifolia, Linn. — Indigène et
haute d’environ 75 centimètres, cette espèce
produit de longues grappes de fleurs d’un
bleu très-intense. On en connaît aussi une
variété à fleurs blanches. Sa forme ma-
cvantha, Fisch. (fig. 82), est remarquable
par son ampleur et surtout par la grandeur
de ses fleurs, qui atteignent jusqu’à 6 centi-
mètres de long. Avec l’âge, elle émet de nom-
breuses tiges florales et forme alors des
touffes de toute beauté. On ne saurait trop
recommander la culture de cette belle
plante ; sa multiplication s’opère par semis
et par division.
G. Trachelium, Linn. (fig. 83). — Es-
pèce assez commune dans nos bois et
familièrement désignée sous les noms de
Gantelée ou Gant de Notre-Dame. Ses
fleurs sont grandes, bleues, disposées en
grappes lâches, sur des tiges de 60 à
80 centimètres de haut. Il en existe des
variétés à fleurs blanches simples, bleues
et blanches doubles.
Le C. urticæfolia, Willd., également
indigène, se rapproche beaucoup de la
Gantelée et n’en diffère que par de légers
caractères. Il en existe aussi des variétés
à fleurs blanches et à fleurs doubles.
G. turbinât a, Schott. (fig. 84). —
Plante vivace habitant l’Europe centrale,
si voisine du C. carpatica que certains
auteurs l’ont réduite à l’état de variété,
mais elle est plus naine, plus feuillue à la
base, à rameaux grêles, portant des fleurs
plus grandes, plus évasées, en forme de
toupie et d’un beau bleu violet. Elle convient
aux mêmes usages, mais moins parfaitement
qu’elle.
G. rotundifolia, Linn. — Cette petite
espèce vivace, si commune dans les pe-
louses, a produit en cultures une intéres-
sante variété à fleurs doubles, qui peut
avantageusement trouver place dans les
rocailles.
G. cæspitosa, Scop. — Charmante petite
plante alpine, gazonnante, traçante, haute
de 15 centimètres au plus, produisant des
grappes de petites fleurs bleu pâle. Il en
existe une variété à fleurs blanches. Sa
culture est facile et elle produit le meilleur
effet dans les rocailles.
G. fragilis, Cyrill. — Originaire delà
Sicile, cette Campanule est un peu délicate
sous notre climat. Ses tiges, longues de 15
à 20 centimètres, sont étalées, diffuses, re-
tombantes même et ses fleurs sont assez
grandes et d’un bleu clair. On l’emploie par-
fois avec succès pour orner les suspensions.
G. persicifolia , Linn. — Indigène,
même dans la région parisienne, à Fontai-
nebleau notamment, cette Campanule est
très-élégante et cultivée depuis fort long-
temps dans les jardins. Ses tiges simples^
droites, raides et garnies de longues feuilles,
se terminent par une grappe de jolies fleurs
bleu pâle, larges de 3 centimètres ou plus
et s’épanouissant én juillet-août.
Elle a produit les variétés à fleurs blanches
simples, doubles blanches et bleues et une
coronata, dans laquelle le calice est,
comme chez les Campanules à grosses fleurs
calycanthèmes, transformé en coronule ou
collerette pétaloïde.
Nous pourrions allonger encore beaucoup
cette liste, en y faisant entrer une foule
d’autres espèces presque aussi remar-
quables. Contentons-nous de citer les
C. grandis^ Fisch. et Mey.; G. garganica,
Ten. ; C. thyrsoidea, Lapeyr.; C. celtidi-
folia, Boiss. ; C. macrostyla, «Boiss. et
Heldr. ; C. muraliSy C. Vidalii, C. H.Wats.;
C. ahietma, Griseb. et Schenk; C.spicata,
Linn.; C. h ononiensis, Lirm. ; C. rhomhoi-
dalis, Linn. ; C. harhata, Linn. ; C. lamii-
folia, Bieb. ; G. lactiflora, Bieb., etc., la
plupart des Campanules ayant droit de cité
dans les jardins. . S. Mottet.
SOCIÉTÉ NATIONALE D’HORTICULTURE RE FRANCE,
241
SOCIÉTÉ NATIONALE D’HORTICULTURE DE FRANCE
SÉANCE DU 25 AVRIL 1897
Floriculture
Il faut ranger, dans les présentations les
plus intéressantes :
De M. Urbain, horlicultureur à Glamart,
un Bégonia tubéreux, demi-nain, dénommé
Souvenir de Russie. Les fleurs sont très-
pleines, très-nombreuses, bien dressées, et de
couleur jaune crémeux. Plante d’avenir pour
massifs ;
2*^ De M. Hector Lorct, chef jardinier
chez la comtesse A. de Pourtalès, à
Bandeville, près Dourdan (Seine-et-Oise),
deux Anthurium Scherzerianum de semis ;
l’un, âgé de quatre ans, possède une très-
large spathe, consistante au point qu’on la
dirait en cuir; elle est d’un blanc mat poin-
tillé de rouge. L’autre plante a trois ans,
aussi est-elle moins ample, son coloris est in-
verse, rouge pointillé de blanc;
3» De M. Sardanac, jardinier de M. O. Doin,
un superbe spécimen de Medinilla magnifica^
dont la tige florale, pendante, montre huit
bractées d’une grande ampleur, d’un vieux
rose tout particulier ;
De M. Bernardan, 27, rue Escudier, à
Boulogne-sur-Seine, un lot de Réséda pyrami-
dal à grande fleur. Les épis floraux méritent
bien l’épithète de « pyramidaux », et les fleurs
en sont très-nombreuses. La feuille est légère-
ment cloquée ;
5» De MM. Vilmorin-Andrieux et G'e, un lot
de Ginéraires hybrides naines, dans lesquelles
on remarque surtout la variété à grande
fleur blanche (mais à disque noir). Get apport
vaut à ses présentateurs une prime de pre-
mière classe avec félicitations ;
6“ Des mêmes, une collection de plantes
alpines en voie de devenir horticoles. Ge sont
à peu près les mêmes qui furent présentées
l’année dernière à pareille époque. Gependant,
il faut en retenir en outre : le Meconopsis in-
tegrifolia, espèce voisine des Pavots, à feuilles
entières ; elle est, nous dit M. Mottet, parfai-
tement rustique en pleine terre ; un Megasea
(Saxifraga) peltata, un Saxifraga atropur-
purea, des Uvulayûa, des Myosotis, des Pole-
m onium, etc ;
7» Des mêmes, un lot de Primula ohconica
à grande fleur rose vif, qui décroche aussi, à
juste titre, une prime de première classe. Voilà
cette espèce bien en voie de devenir l’égale des
Primevères de Ghine ;
8o De MM. Cayeux et Leclerc, plusieurs Tu-
lipes intéressantes : Holopherne, blanc jau-
nâtre liseré et légèrement marginé de rose ;
Gesneriana, simple rouge à grande fleur ;
Cardinal Billiet, jaune avec quelques taches
rouges. Puis des Anémones dont une, La
Fiancée, blanc pur, est digne d’attirer l’atten-
tion. Enfin, dans le même apport, se trouvent
de magnifiques et sombres Iris suziana et le
Ranunculus aconitifolius ;
00 De M. Huré, une énorme potée de Bégo-
nia Rex dénommé VAlhissin. Ses feuilles, au
nombre de 70 à 80, sont d’un gris de fer à re-
flets métalliques, et présentent à peine des
traces de panachure brunes.
Mentionnons, pour mémoire, les Anthurium
Scherzerianum de M. Huré, un Salvia Alfred
Ragueneau, demi-nain, compact, à épis hauts
et nombreux de bractées rouges ; nous n’en
connaissons pas le présentateur; puis une col-
lection variée éélris pumila, de M, Georges
Boucher.
Orchidées
Ge n’étaient pas des présentations, mais un
concours, où les appréciations des jurés ne
se traduisent que par leurs décisions. Nous
avons surtout remarqué, dans le lot de
M. Peeters, l’amateur bien connu, de Bruxelles,
un bien beau Masdevallia Veitchii gran-
diflora, un Miltonïa Vexillaria gigantea,
dont le diamètre est énorme, un Zygopeta-
lum X Perrenoudi hybride du Z. interme-
dium et du Z. Gauthieri, et enfin des Odonto-
glossum crispum de formes parfaites.
M. Bleu concourait, comme toujours, avec
quelques spécimens irréprochables : Cattleya
Mossiæ, C. Schrœderæ et C. Mendeli Blunti.
Nous avons particulièrement noté, dans le
lot de M. Drieger, jardinier-chef au château du
Monastère, près Ville-d’Avray, un Cattleya
lohata, plante qui fleurit rarement, un Odonto-
glossum cirrhosum, aux longs sépales effilés,
un Oncidium Sarcodes bien maculé inférieu-
rement et enfin un Odonioglossum Hallii, dont
la hampe mesurait lm30.
M. Bert, de Bois-Golombes, exposait, entre
autres, trois exemplaires de Cattleya Laivren-
ceana, parmi lesquels se trouvait une variété
très-foncée, atroruhens ; un Cattleya Schille-
riana Am alla ; un C. Skinneri -, quelques
Odontoglossum crispum Alexandræ en bonne
forme, « de Pacho » et un Dendrobium Bryme-
rianum.
MM. Duval et fils concouraient avec une cor-
beille de rutilants Cypripedium Lawrencea*
num^ d’un diamètre inusité*
242
l’exposition d’horticulture de FLORENCE.
Arboriculture fruitière.
On nous montre deux pots de Framboisiers
forcés, appartenant à la variété Falsiaff. Ces
Framboisiers, soumis au forçage le 10 jan-
vier 1897, n’ont donc mis qu’un peu plus de
3 mois pour donner leurs beaux fruits rouges.
Ils sont présentés par M. Gongy, chef des cul-
tures alimentaires du domaine de Ferrières-en-
Brie.
Arboriculture d’ornement
Un bouquet de Lilas est présenté par
M. Georges Boucher. Ce Lilas est la variété Sou-
venir de Spath, dont le coloris, d’un rouge à la
fois vineux et éclatant, rivalise avec celui d'Aline
Mocqueris.
De culture potagère, toujours point.
H. Dauthenay.
L’EXPOSITION D’HORTICULTURE DE FLORENCE
Pesta dei Fiori, la Fête des fleurs, c’est de ce
nom poétique que la Société royale d’horti-
culture de Toscane a baptisé le concours auquel
elle nous a conviés. Elle pouvait difficilement
faire une proposition plus engageante : les
charmes de Florence joints à l’intérêt d’une
exposition dans ce jardin qu’est la vallée de
l’Arno! Aussi les jurés étrangers étaient prêts
à répondre à l’appel le Dr mai au matin.
L’exposition d’horticulture marquait la fin, et
en même temps le couronnement de l’exposi-
tion des beaux-arts, ouverte pendant tout l’hiver.
Elle était divisée en deux parties, malheureu-
sement un peu distantes l’uhe de l’autre, l’une
dans l’intérieur de la ville, près de la place
Victor-Emmanuel, et l’autre dans les beaux
jardins que possède la Société d’horticulture en
dehors de l’ancienne enceinte. La première
section, de beaucoup la plus importante, était
répartie en dix-huit locaux distincts (salles,
tentes, galeries, cours). Cette dissémination est
évidemment un inconvénient : le coup d’œil d’en-
semble manque, et la coordination de tout ce
qui est exposé devint un vrai travail. Mais cet
inconvénient est en partie racheté par le grou-
pement, dans un même local, des plantes d’un
exposant, et par la faculté qui lui est ainsi donnée
de disposer son apport suivant son goût per-
sonnel. Telle salle, garnie des Anthuriums, des
Aroïdées de l’École d’horticulture, telle autre
que décorent en groupes pittoresques les plantes
de serre du marquis Torrigiani en sont la preuve.
L’exposition de Florence présente deux ca-
ractères qui la distinguent de beaucoup d’autres
et qui méritent d’être mis en lumière. C’est,
d’une part, l’importance des apports d’amateurs,
qui balancent presque ceux des horticulteurs
professionnels ; et, d’autre part, la beauté, la
grandeur de beaucoup de plantes exposées.
Nous avons noté, par exemple, des massifs
avec des Anthuriums de plus de deux mètres,
un Medinilla avec 15 inflorescences épanouies,
un Vanda de 2 mètres de hauteur, des Crotons
géants, etc.
On entend souvent exprimer le regret du
petit nombre d’amateurs qui prennent part aux
joutes horticoles; jamais, dans aucune exposi-
tion, nous n’en avons vu apporter des lots
aussi nombreux et aussi importants. Nous cite-
rons le marquis Ridolfi, président de la Société
d’horticulture de Toscane, qui a pris part à
14 concours différents, avec des Orchidées, des
Anthuriums, des Azalées, des Rosiers, etc. ;
le marquis Torrigiani (13 concours), avec des
plantes de serre, des Crotons, des plantes à
feuillage, des Pélargoniums, etc. ; la comtesse
Bastoggi (20 concours), avec des plantes de serre
à feuillage, des Orchidées, des Fougères, des
Anthuriums, des Dracénas, des Crotons, des
plantes de plein air, etc. Une mention aussi au
lot de 100 plantes indigènes présenté par le
jardinier de la marquise Paulucci, membre
elle-même du jury ; ces végétaux, bien cul-
tivés, bien groupés, montraient toutes les res-
sources décoratives de la flore locale. Parmi
les exposants collectifs et au moins en partie
hors concours, nous avons admiré les plantes
de serre, les Palmiers, les Cycadées, les Fou-
gères du jardin botanique de Florence, les
fruits, les Œillets, les Pélargoniums, etc., des
jardins royaux Boboli, Petraia et Castello, etc.;
les lots aussi nombreux qu’importants répartis
en 12 concours de l’École de pomologie et
d’horticulture de Florence.
Les horticulteurs ne sont pas restés en ar-
rière et chacun s’arrêtait devant les groupes de
M. R. Mercatelli, à Florence, inscrit dans
28 concours, qui a exposé des plantes de serre,
des Palmiers, des Crotons, des Orchidées, des
Conifères, des arbustes de plein air, etc.;
M. Gelli, de Florence, a une belle collection
de plantes gjdmpantes, de Lierres, etc. ; M. Me-
negazzoli, à Vérone, des Cinéraires, des Pélar-
goniums, des Araucarias, etc.; M. Linari, à
Florence, des Orchidées, des Anthuriums, des
Dracénas, des Crotons, etc. ; M. Bartolini, de
Pistoie, des Cactées et des plantes grasses, et
enfin M. Whnter, de Bordighera, un lot très-
important de Palmiers et arbustes d’orangerie.
L’exposition, nationale dans certaines par-
ties, était internationale dans d’autres ; quelques
étrangers avaient répondu à l’appel et nous
avons remarcjué une belle collection d’Œillets
et fleurs coupées de M. Perrin, à Nice ; des
Anthuriums Scherzerianum blancs et des
Azalea pontica à fleurs doubles de M. de Smet,
à Gand; des plans de jardins de MM. Baviot, à
Lausanne.
Sans entrer dans plus de détails et sans en-
treprendre l’énumération des nombreuses ré-
EMPLOI DES BAMBOUS EN MALAISIE.
243
compenses décernées, qui ne seraient qu’un
long palmarès, nous en avons assez dit pour
montrer combien l’exposition de Florence par-
ticipe au caractère aimable et accueillant de la
ville qui l’abrite. Si elle ne se distingue pas par
la présence de nouveautés inédites, au succès
bruyant, elle attire et retient le visiteur par la
beauté des apports et par le goût exquis qui a
présidé à son organisation.
Marc Micheli.
EMPLOI DES BAMBOUS EN MALAISIE
Des nombreuses espèces de cette impor-
tante Graminée, disséminées sur l’Asie mé-
ridionale, l’Afrique équatoriale et l’Amé-
rique centrale, les plus grandes habitent
l’Inde et la Malaisie où elles forment de vé-
ritables forêts impénétrables connues sous le
nom de jungle. Quelques-unes ont été propa-
gées dans les pays intertropicaux, où elles
n’étaient pas indigènes, à cause des services
multipliés qu’elles rendent aux habitants de
ces contrées.
La longueur, la rondeur et la légèreté du
Bambou, la facilité avec laquelle on peut le
fendre avec régularité, le poli naturel de sa
partie extérieure, le vide intérieur, sa
grande abondance et la rapidité de sa crois-
sance sont des qualités qui le rendent utile à
de multiples usages remplaçant d’autres
matériaux plus lourds qui demanderaient
une préparation plus pénible.
Quelle somme de travail est en effet épar-
gnée à l’homme sauvage qui, n’ayant pour
tout outil qu’une hache ou un couteau, serait
obligé d’abattre et de débiter ces arbres gi-
gantesques qui peuplentles forêts dans les-
quelles il vit, si la nature ne lui eût fait don
d’un végétal si admirable et si étonnant
qu’il approprie à tous ses besoins sans beau-
coup d’efforts.
Veut-il construire une habitation ! Six
ou huit Bambous de la plus grosse espèce
lui servent de pilotis sur lesquels repose
le plancher à claire-voie composé de ba-
guettes de la même essence assemblées à
l’aide de rotin ou autre liane. Fendant la
tige en plusieurs endroits et l’aplatissant, il
obtient d’excellentes planches avec lesquelles
il compose les parois de sa case et si, à proxi-
mité, il ne rencontre ni feuilles de Palmier
ni hautes herbes, c’est encore avec le Bam-
bou qu’il formera la toiture en juxtaposant
les tiges fendues en deux de manière que la
pluie ne puisse pénétrer à l’intérieur.
Que peut-on trouver de plus admirable
dans ces contrées lointaines où la civilisation
n’est pas encore entrée, qu’une de ces habi-
tations, capable d’abriter plusieurs grandes
familles, entièrement construite avec des
tiges de cette gigantesqueGraminée assem-
blées avec des lianes et où l’on ne saurait
tiouver le moindre morceau de fer, même
sous la forme d’un clou.
S’il veut traverser un torrent au cours ra-
pide, l’indigène abattra quelques chaumes
qu’il fixera au tronc des arbres croissant
sur les rives et formera un pont léger et so-
lide.
Si l’eau potable est loin de sa demeure, il
l’amène à proximité à l’aide de Bambous
ouverts reposant sur des fourchettes de bois
La gaine de son couteau et la plupart de ses
ustensiles, va ses à conserver les fruits, verres,
cruches, etc., ne sont autres que des Bam-
bous.
Débitant ce végétal en petites baguettes,
le naturel compose ses nasses et autres engins
de pêche, des cages pour enfermer ses vo-
lailles ; il forme également des pièges pour
prendre le sanglier ou autres animaux.
Lorsque les Dayaks de Bornéo veulent grim-
per sur un arbre, soit pour chercher des
fruits, soit pour récolter lemiel, si le tronc est
trop gros pour en permettre l’ascension, ils
enfoncent dans le corps de l’arbre des chevil-
les de Bambou bien effilées, obtenant ainsi
une échelle qui permet d’atteindre les plus
hautes branches.
Les principales espèces de Bambous que
les indigènes de la Malaisie emploient le plus
souvent sont les suivantes :
Le Dendrocalamus giganteus, Munro,qui
croît particulièrement près des cours d’eau et
atteint une hauteur de 20 à 25 mètres ; j’ai vu
des spécimens mesurant 18 centimètres de
diamètre ; on l’emploie principalement à la
corxStruction des cases, ponts, aqueducs, etc.
Les tiges du Dendrocalamus flagellifer,
Munro, aux nœuds distants de 75 centimètres
à 80 centimètres, se fendent facilement et
sont choisies de préférence pour former les
cloisons et parois des habitations.
Le Dendrocalamus strictus, Nees, n’est pas
aussi volumineux que le premier, mais il est
plus fort ; son écorce est lisse et ses bran-
ches sont épineuses ; son bois est presque
incorruptible ; aussi s’en sert-on pour con-
fectionner des récipients de toutes sortes.
Le Dendrocalamus sericeus, Munro, au
244
CORRESPONDANCE.
bois moins consistant que celui des espèces
déjà nommées, sert à maintenir l’équilibre
des embarcations légères.
Avec les tiges minces du Dendrocalamus
membranaceus, Munro, on fabrique des
verres et autres ustensiles.
En formant des flèches ou des lances avec
le bois du Bambusa longispathus, Kurz,
et mettant la pointe au feu, on obtient
une arme vénéneuse dont les blessures sont
presque toutes mortelles. Les fines tiges du
Beesha Rheedii, Kunth, sont employées
comme tuyaux de pipes.
Les jeunes pousses de Bambou fournissent
un excellent légume que j’ai eu l’occasion
d’apprécier pendant mon séjourà Singapore
où les Chinois en font une culture spéciale.
Eug. Langlassé.
CORRESPONDANCE
No 3H6 {Sèine-et-Marne) . — Les échantil-
lons de jeunes fruits de Poiriers que vous nous
avez adi essés sont effectivement attaqués par
la tavelure {Fusidadium pyrinum) et par une
larve qui n’est autre que celle du Rhynddtes
Bacdius, petit Coléoptère à reflets métalliques
que les jardiniers appellent mouche de la
Saint-Marc, et qui est cousin germain de l’An-
thonome des Pommiers.
Contre la tavelure, le seul remède qui se
soit montré jusqu’à présent assez efficace con-
siste en pulvérisations au sulfate de fer, à rai-
son de i gr. 1/2 à 2 gr. par litre d’eau pour de
jeunes fruits. On peut aller jusqu’à 5 grammes
pour les fruits parvenus à leur grosseur nor-
male. Un autre remède, parfois employé avec
succès, consiste à faire bouillir pendant un quart
d’heure, 1 kilog de fleur de soufre et 800 gr. de
chaux vive dans 10 à 12 litres d’eau. Ajouter
20 litres d’eau au moment de s’en servir,
et pulvériser avec le liquide ainsi obtenu.
M. Prillieux a proposé l’emploi du sulfate
de cuivre, en pulvérisations, à raison de 2 ki-
log. 500 alliés à 2 kilog. de chaux, par 100 litres
d’eau.
Contre la piqûre du Rhynchites Bacchus,
on recommande aujourd’hui le remède suivant,
toujours en pulvérisations :
Eau 25 litres.
Sulfure de potassium . . 100 gr.
Glycérine brute du com-
merce 250 gr.
Nous expérimentons en ce moment cette solu-
tion. Il est un autre moyen de combattre les ra-
vages de cet insecte; ce moyen, s’il ne donne
pas d’effets immédiats, en donne toutefois
pour l’avenir ; c’est de recueillir soigneu-
sement tous les fruits piqués et de les
écraser avec les larves qu’ils contiennent. Mais
il faudrait que tout le monde fît de même.
Enfin, à l’égard des deux fléaux que vous
nous signalez, et qui sont d’ailleurs très-répan-
dus cette année, la méthode préventive est
encore la meilleure. Les praticiens ont re-
marqué que la tavelure est d’autant plus fré-
quente sur les jeunes fruits que le sol est plus
appauvri. D’autre part, les mousses du sol
servent d’asile, en hiver, au Rhynchite.Dans les
deux cas, l’incorporation hivernale du sulfate
de fer au sol est tout indiquée (de 30 à 60 gr.
par mètre carré).
Un dernier mot. Si vous voulez vous conser-
ver quelques beaux fruits, enfermez quelques
bouquets, sitôt la fécondation opérée, dans des
sacs à raisins cylindriques, hermétiquement
fermés. Nous venons de réussir, par ce moyen,
à gêner considérablement la dissémination des
spores de la tavelure et l’intrusion du Rhyn-
chite. — (H. D.)
CATALOGUES REÇUS.
V. Boutin, à Saintes (Charente-Inférieure). —
Catalogue général. Nouveautés. Plantes pour mas-
sifs : Cannas, Dahlias, Fuchsias, Pélargoniums
zonés (Géraniums), à grandes fleurs, et à feuilles
de Lierre. Plantes de serres, Chrysanthèmes, etc.
B. Comte, 47, rue de Bourgogne, à Lyon-
Vaise (Rhône). — Plantes rares et nouveautés.
Plantes de serre chaude, de serre tempérée, de
serre froide et d’orangerie. Cannas, Dahlias,
Fuchsias, Pélargoniums, Chrysanthèmes, Phlox,
Plantes aquatiques.
Machet aîné et Josem, à Chàlons-sur-Marne
(Marne). — Catalogue général. Plantes d’obten-
tion ou d’introduction récente : Fuchsias, Pélargo-
niums zonés ; plantes à fleurs et à feuillage ;
Conifères.
L. Paillet, à Châtenay, près Paris (Seine). —
Culture générale de tous les végétaux rustiques de
plein air. Spécialité de Dahlias « Cactus ». Hy-
drangea paniculata grandiflora.
Ed. Pynaert-Van Geert, à Gand (Belgique). —
Spécialité de plantes nouvelles, rares ou peu ré-
pandues {Azaleodevdron, Disa, Lourya, Cyrtos-
tachys., Cyathea Mastersii, Carex Vilmorini, etc.,
collections de Cypripedium hybrides, de Phyllo-
caclus de Veitch, de Fougères rares, etc.).
P. Simon, 99, route de Montrouge, à Malakolf
(Seine). — Plantes pour garnitures de corbeilles,
massifs et plates-bandes, en arrachis et en pots :
Agérates, Anthémis, Bégonias, Fuchsias, Hélio-
tropes, Pélargoniums zonés (Géraniums), Ver-
veines, Zinnias, etc.
Orléans. ^ lmp. G. Jaeobi Paul Pigelet, successeuj.
Le Direêteur- Gérant / L. Bourguignon.
CHRONIQUE HORTICOLE.
245
CHRONIQUE HORTICOLE
Ordre du Mérite agricole. — Exposition de la Société nationale d’horticulture. — Les gelées tardives. —
La taille des Vignes gelées et celle des Vignes grêlées. — Les bouquets à la main à l’Exposition des
Tuileries. — Congrès horticole de 18Ü7. — Hemerocallis flavo-Middenclorffli. — Les fruits confits du
Citrus triplera. — Sur l’introduction du Canna Burbayik. — Exposition internationale d’horticulture
de Gand. — Union incomplète de la grelfe et du sujet. — Ouvrages reçus. — Expositions annoncées.
— Exposition internationale de Bruxelles.
Ordre du Mérite agricole. — Parmi
les décorations du Mérite agricole décernées
à l’occasion du concours régional de Valence,
nous relevons la suivante qui intéresse
l’horticulture :
Grade d’officier.
M. Reboul (Charles-Joseph), horticulteur-pé-
piniériste à Montélimar i^Drôme) : lauréat
de nombreux concours et expositions. 30
ans de pratique horticole. Chevalier du
7 avril J 888.
Exposition de la Société nationale
d’horticulture. — L’Exposition générale
annuelle d’horticulture, à laquelle chaque
année le public parisien fait un accueil si em-
pressé, ouvrira ses portes le mercredi 2 juin.
L’Exposition se tiendra, comme les an-
nées précédentes, dans le Jardin des Tuile-
ries, allée des Orangers, et terrasse du Jeu
de Paume, près la rue de Rivoli.
Les visiteurs pourront jouir gratuitement
d’un charmant Concert qui sera donné
tous les jours, de 3 à 5 heures, dans le Jar-
din de l’Exposition.
Clôture de l’Exposition le lundi 7 juin, à
6 heures du soir.
Les gelées tardives. — Il a gelé, à peu
près partout en France, dans les nuits du
11 au 12 mai et du 12 au 13 mai. La gelée
a été d’autant plus fatale à la culture qu’en
raison de la bénignité de l’hiver 1896-1897,
la végétation était généralement fort avan-
cée. D’où qu’elles soient venues, les nouvelles
que nous avons reçues sont navrantes. Si
l’Est a été relativement peu éprouvé, le
Centre l’a été beaucoup. C’est surtout dans
le département du Cher que la dévastation
a atteint son maximum d’intensité. Non
seulement les Vignes y sont complètement
gelées, mais aussi les Pommes de terre, les
Haricots, les Fraisiers. Les Pêchers n’ont
plus de feuilles. Les Noyers et les Chênes
ont été touchés. Les jeunes fruits des arbres
fruitiers sont noircis et tombent. Nombre
de pousses d’arbres, d’arbustes d’ornement
ont été grillées. On avait commencé à gar-
le'' Juin 1897
nir quelques corbeilles : ce qui avait été
sorti est perdu. Cette situation lamentable
a fait tache d’huile sur une région que,
quant à présent, on peut délimiter entre la
Champagne et les Charentes dans son plus
grand diamètre, et, dans son plus petit,
entre Seine-et-Oise et l’Ailier. C’est dire que
la Bourgogne, la Touraine, le Maçonnais,
l’Auvergne ont considérablement souffert.
Aux confins de cette triste scène, on
signale des dégâts localisés ou survenus par
des causes analogues. C’est ainsi qu’à
Angers, la gelée a ravagé les cultures du
sud de la Loire tandis que le nord est resté
à peu près indemne. Dans la région pari-
sienne, le plateau de Villejuif, Montlhéry et
Limours ont particulièrement souffert.
Dans la Gironde, ce sont les plaines basses
qui ont été atteintes. Il a neigé en Franche-
Comté, et un vent aride et froid a désolé la
Provence.
Ce n’est pas la première fois que la pé-
riode comprise entre le ii et le 13 mai
nous réserve d’aussi tristes surprises. Elle
correspond à celle que nos pères appelaient
les (( saints de glace » Mamert, Pancrace et
Gervais — « qui sans froid ne vont jamais ».
Il en est de cela comme des giboulées de
mars accompagnées du 25 au 29 du vent
(c Voccarious » ou de « Galerne » ; comme
aussi, entre le 23 et le 25 avril, puis entre
le 3 et le 6 mai, soufflent presque toujours
les vents secs et froids dits « Cavaliers ».
Le malheur est que, cette année, toutes ces
circonstances quasi-normales aient vu leurs
effets s’aggraver par suite d’une très -grande
humidité de l’hiver. En même temps qu’elle
favorisait un départ prématuré de la végé-
tation, cette humidité préparait un champ
d’action trop facile à la gelée tardive.
Mais rien ne servira de se lamenter.
Puisqu’il ne reste plus, du moins pour la
Vigne, qu’à préparer le bois de l’année
prochaine par une bonne taille en vert, il
faut le faire. On peut encore recommencer
les Haricots et les Pommes de terre les plus
hâtives. Quant aux corbeilles de fleurs, on
peut aisément se consoler de leur perte en
les recommençant.
11
246
CHRONIQUE HORTICOLE.
La taille des Vignes gelées et celle des
Vignes grêlées. — La Revue de viticul-
ture nous donne, an sujet de la taille des
vig'nes gelées et des vignes grêlées, les con-
seils suivants, qui, malheureusement, ne
sont que trop de circonstance :
Pour les Vignes gelées :
(( La taille en vert des rameaux gelés, aussi
bien que des rameaux altérés par la grêle, est
une opération excellente et à laquelle il faut
toujours avoir recours lorsque l’accident se
produit de bonne heure et avant la floraison ;
on obtient ainsi sûrement de beaux bois pour
la taille suivante et souvent une nouvelle flo-
raison, d’oû peut même résulter une récolte
partielle. Il faut supprimer, avec le sécateur,
toute la partie altérée du rameau herbacé, et
si l’altération atteint presque tout le rameau,
faire la taille cà deux yeux francs sur le rameau
herbacé, et plutôt sur l’empâtement. Les Vignes
ainsi taillées en vert, en pleine végétation
active, donnent, comme nous le disions dans
notre dernier numéro, beaucoup de rejets ou
pousses sur le vieux bois : or, il est nécessaire
de procéder avec soin, et à plusieurs reprises,
à un ébourgeonnement (épamprage) de ces
rameaux adventifs pour concentrer la végé-
tation sur les rameaux qui partiront, soit de
l’empâtement du bourgeon herbacé, soit du
bourrillon et de la couronne du courson de la
taille d’hiver, d
2^ Pour les Vignes grêlées :
(( Quand le mal est peu considérable, il n’y
a pas à se préoccuper des quelques plaies que
les rameaux ou les grappes peuvent porter : la
végétation se continue néanmoins dans de
bonnes conditions. Mais, quand ces lésions
sont plus nombreuses, quand les rameaux et
les feuilles sont plus ou moins brisés et dé-
chirés, il en est tout autrement ; et le seul
moyen de se ménager une récolte, et, pour
l’année suivante, de beaux bois de taille, c’est
de procéder à une taille en vert générale. Tous
les rameaux sérieusement atteints, qui ne
peuvent se développer normalement par la
suite, sont coupés près de leur insertion, à
un ceil. Ceux, et il y en a toujours, qui n’ont
que l’extrémité de très-altérée, sont taillés au-
dessus des formâmes saines. On ne conserve
que ce qui peut se développer normalement
pendant la végétation, c’est-à-dire fes pampres
ou portions de pampre qui n’ont pas été trop
endommagées. »
Notre confrère ajoute avec raison que
cette taille ne peut être éxécutée que jusque
vers la fin de juin ; dès qu’on arrive en
juillet, il faut s’en abstenir ; le remède alors
serait pire que le mal, puisque l’hiver vien-
drait surprendre la Vigne en pleine végé-
tation.
Les bouquets à la main à l’Exposition
des Tuileries. — Un des plus charmants
attraits de l’Exposition qui va s’ouvrir de-
main au Jardin des Tuileries, sera assuré-
ment le concours de bouquets à la main.
Ce concours a lieu le mercredi 2 juin, à
9 heures du matin pour les fleuristes pro-
fessionnelles, et à 40 heures du matin pour
les amateurs (dames et jeunes filles).
Les bouquets seront confectionnés sous
les yeux d’un Jury composé de dames pa-
tronnesses. Le temps affecté à la confection
des bouquets sera de 20 minutes. Ceux
auxquels des récompenses auront été attri-
buées resteront exposés pendant la durée de
l’Exposition, à charge pour les personnes ré-
compensées de les entretenir par des renou-
vellements en fleurs fraîches.
On peut assurément prédire un succès
mérité à ce concours dont les organisateurs
de l’Exposition de Cannes eurent les pre-
miers l’idée en 1896..
Congrès horticole de 1897. — La com-
mission d’organisation du Congrès, après
examen approfondi des différents mémoires
préliminaires qui lui ont été remis, a dé-
cerné les récompenses suivantes ;
d’argent
ex æquo
4« Question.
4‘e Question. — Du choix des espèces et
des meilleures variétés fruitières à planter sur
les routes. Premiers essais faits en France et
résultats obtenus.
Petite médaille d’argent, M. Philbert, con-
ducteur municipal des travaux de Paris.
2e Question. — Culture des fleurs par les
enfants et par les ouvriers.
Grande médaille d’argent, M. Charles de
Bosschere, publiciste horticole à Anvers.
, . , - ( M. Deliège, instituteur à
f ^ Betheny (Marne).
J M. Maumené, publiciste
[ horticole.
— Des résultats obtenus par
l’hybridation dans les Orchidées.
Le mémoire de M. Guillochon, chef de cul-
ture chez MM. Duval, à Versailles, est admis à
l’impression.
5e Question. — De la dégénérescence de
certaines espèces d’Orchidées.
Médaille d’or, à MM. Georges Trulfaul et
Alexandre Hébert, à Versailles.
6‘e Question. — Étude comparative des dif-
férents sujets propres au greffage des Rosiers.
Médaille d’or, M. GharlesBaltet, à Troyes.
8e Question. — Classement des meilleures
variétés de Rosiers dans les sections : Hybrides
remontants, Thés, Noisettes, Bout-bons, Hy-
brides de Thés, Rugosa, Provins, etc.
Le mémoire de M. P. Large, horticulteur à
Albigny (Rhône), est adnus à l’impression.
CHRONIQUE HORTICOLE.
Qe Question. — Étude des mœurs du ver
des Pommes {Carpocapsa), et des moyens de
le détruire.
Grande médaille d’argent, M. F. Ducaux, de
Neuilly-sur-Seine.
iO^ Question. — Étude des maladies para-
sitaires qui attaquent les composées horticoles
et des moyens de les combattre.
Médaille de vermeil, M. Charles Julien, de
Grignon.
Cette année, le nombre des mémoires pré-
sentés a été en grande augmentation sur
celui des années précédentes ; la valeur en
était aussi supérieure. Sur dix questions
qui figuraient au programme, huit ont été
traitées et quelques-unes même d’une façon
remarquable. Sur la deuxième question,
par exemple, la commission a dû étudier
sept mémoires.
En somme, grand succès pour le 13® Con-
grès de la Société nationale d’horticulture
de France.
Heraerocallis flavo-Middendorffii. ■—
M. le docteur Christ, de Bâle, a obtenu une
jolie plante hybride entre deux plantes vi-
vaces bien connues et toutes deux intéres-
santes, les Hemerocallis flava^ L., et
H. Midde^idorffiiy Trautv. et Mey. Elle est
née dans son jardin à Liestal, près de Bâle.
Les feuilles, couleur de la corolle, bractées
et hampes sont analogues à celles de VH.
Middendorffii, tandis que Finfiorescence
et la longueur du tube se rapprochent de
VH. flava.
Voici d’ailleurs la description de V Heme-
rocallis flavo-Middendorffii, Christ :
Plante en touffe lâche; hampes peu nom-
breuses, de 30 à 35 centimètres de long ;
feuilles larges, carénées, pliées et repliées vers
les bords; inflorescence en cyme dichotome, à
rameaux allongés ; bractées ovales ; tube de la
corolle linéaire, trois fois plus court que les
sépales ; pédoncule égalant à peu près la lon-
gueur du tube ; corolle jaune citron, à sépales
externes couleur brique sur le côté extérieur.
Espérons que les jardins posséderont
bientôt cette intéressante nouveauté.
Les fruits confits du Citrus triptera.
— M. Doumet-Adanson, grand amateur
de dendrologie, propriétaire du superbe
parc de Baleine (Allier), vient de présenter
à la Société nationale d’agriculture des
fruits confits qui ont été récoltés sur le Ci-
tronnier rustique {Citrus triptera) dont la
Revue a publié depuis longtemps la des-
cription et le portrait colorié en rameaux.
fleurs, fruits verts et fruits mûrs. Ces
fruits ne sont pas comestibles à l’état frais. .
Mais M. Doumet a démontré que les jeunes,
encore verts, pouvaient être consommés en
guise de « chinois ». Nous les avons
goûtés; ils sont bons, ayant un goût
d’orange mélangé d’une saveur de genièvre
très-accentuée et qui trouvera certainement
des amateurs.
Sur l’introduction du Canna Bur-
bank. — Nous recevons, sur cette ques-
tion intéressante, une lettre de M. Victor
Lagarrigue, horticulteur à Murviel (Hé-
rault), que nous nous empressons d’insérer ,
non pas seulement parce qu’elle montre
que la plante existait en France en même
temps qu’en Allemagne, mais parce qu’elle
exprime une opinion éclairée sur la valeur,
décorative du Canna Burhank :
« D’après ce que je viens de lire dans la
chronique du dernier numéro de la Revue'
horticole, nous écrit M. Lagarrigue, il sem-
blerait, d’après la « Môller’s Gartner Zeitung »
que les premiers introducteurs du Canna
Burhank seraient des Allemands. Or, je pos-
sède depuis près d’un an un certain nombre
de Cannas américains à grandes fleurs parmf
lesquels se trouvent les variétés :
Burhank, Stella-Kanst, Yellow Crozy^*
Florence Vaughan.
Le Canna Burhank est plus florifère que le
C. Austria de Damman : c’est un Austria
amélioré. »
Exposition internationale d’horticul-
ture de Gand. — La Société royale d’a-
griculture et de botanique de Gand tiendra
sa 14® Exposition internationale à Gand,"
du 16 au 24 avril 1898.
Il sera formé 28 groupes et 71G concours.
1. Plantes nouvelles, 24 concours ;
2. Orchidées, G2 concours ;
3. Plantes de serre chaude, 52 concours ;
4. Aroïdées, 29 concours ;
5. Palmiers, 45 concours ;
G. Cycadées et Pandancées, 15 concours ;
7. Fougères, 30 concours ;
8. Plantes de serre fleuries et non fleuries
(Miscellanées), 15 concours ;
9. Concours spéciaux de culture et de flo-.
raison, 19 concours ; ,
10. Plantes fleuries de serre, 73 concours ;
11. Arbustes de pleine terre en floraison forcée,
37 concours ;
12. Plantes vivaces fleuries, 20 concours ;
13. Plantes molles et herbacées fleuries,
40 concours.
14. Plantes bulbeuses et tubéreuses de serre,
28 concours ; ^
248 CHRONIQUE
15. Plantes bulbeuses et tubéreuses de pleine
terre, 22 concours ;
16. Azalea indica fleuris, 20 concours ;
17. Camellias fleuris, 4 concours ;
18. Azalea de pleine terre, 14 concours ;
19. Rhododendrons rustiques, 9 concours ;
20. — de serre, 7 concours ;
21. Plantes ornementales de serre froide,
34 concours ;
22. Plantes ornementales de pleine terre,
20 concours ;
23. Agave, Alœ, Yucca, etc., 15 concours;
24. Conifères, 14 concours ;
25. Fruits, 2 concours.
26. Préparations pouvant servir à l’enseigne-
ment de la botanique, 21 concours ;
27. Bouquets et autres ornements fleuris,
15 concours ;
28. Art et industrie horticole, 16 concours.
Les amateurs, les horticulteurs, les éta-
blissements publics de botanique et d’horti-
culture sont invités à prendre part à cette
Exposition. Les exposants devront adresser
leur demande d’inscription le 19 mars 1898,
au plus tard, à M. Fierens, secrétaire de la
Société, avec la liste nominative et complète
des plantes et des objets qu’ils présenteront
à l’Exposition; les numéros des concours
auxquels ils entendent prendre part.
Pour les serres, bâches et abris vitrés, les
demandes d’inscription doivent être formées
et présentées avant le l®*’ février. Les serres
avec appareils de chauffage devront être
complètement installées avant le ^5 mars.
Union incomplète de la greffe et du
sujet. — Pour montrer une fois de plus
combien la soudure entre le sujet et la
greffe est parfois incomplète, nous avons à
citer le fait suivant :
Dans la propriété de M. Louis Fournier,
à la Cavalière, près de Marseille, un Hêtre
pourpre, âgé de plus de 40 ans, vient d’être
cassé par le vent à 30 centimètres du sol. A
la grande surprise de tout le monde, il fut
constaté que, bien que la trace des deux par-
ties fût de même grosseur, soit 40 centi-
mètres de diamètre, la seule portion qui
fournissait la sève nécessaire à la portion
de ce grand arbre, au centre du tronc, n’ex-
cédait pas 5 centimètres de long sur 4 centi-
mètre et demi de large dans sa plus grande
largeur. Les écorces étaient juxtaposées,
mais non soudées. L’arbre avait 20 mètres
environ de hauteur.
On voit souvent de vieux arbres vivre par
un lambeau d’écorce ; il est beaucoup plus
rare d’en trouver qui s’alimentent seule-
ment par le milieu du bois.
HORTICOLE.
OUVRAGES REÇUS
Les insectes nuisibles, par A. Acloque. —
4 vol. in-32, avec 67 gravures dans le texte.
Broché, 60 centimes, Félix Alcan, éditeur.
Dans ce petit livre, M. A. Acloque a résumé
l’histoire des insectes les plus nuisibles et a
indiqué les moyens de destruction appropriés.
On peut en recommander la lecture aux agri-
culteurs. Ils y trouveront, sous une forme
claire, nombre de renseignements sur les pe-
tits ennemis de leurs récoltes.
EXPOSITIONS ANNONCÉES ^
Beaune, i2 et iS juin. — L’Association
horticole de l’arrondissement de Beaune orga-
nise une exposition de Roses en fleurs coupées,
qui aura lieu les 42 et 43 juin, salle du pavil-
lon du jardin anglais.
Il sera formé un concours.
Adresser les demandes pour exposer, avant
le 5 juin, à M. Adolphe Loiseau, secrétaire
général de l’Association à Beaune.
Genève, du il au 22 juin. — Le Cercle
horticole de Genève organise une exposition
florale qui comprendra tous les genres de
plantes vertes, plantes fleuries et fleurs cou-
pées. Cette exposition, réservée aux membres
du Cercle, aura lieu du 47 au 22 juin.
Melun, du 3 au 1 septembre. — La Société
horticole et botanique de l’arrondissement de
Melun tiendra, à Melun, du 3 au 7 septembre
4897 inclusivement, une exposition générale
d’horticulture, comprenant ; légumes, fruits,
arbres et arbustes fruitiers et d’ornement,
fleurs, plantes diverses, enseignement horticole,
sylviculture, apiculture, arts et industries se
rattachant à l’horticulture.
Adresser les demandes pour exposer, avant
le 45 août, à M. Deiss, secrétaire général,
49, pré Chamblain, à Melun.
Exposition internationale de Bruxel-
les. — La première exposition d’horticul-
ture vient d’avoir lieu à Tervueren (12 ki-
lomètres de l’Exposition de Bruxelles).
Elle comprenait des plantes de serre, des
Palmiers et des Orchidées.
Une médaille d’or d’une valeur de 400 fr.
a été décernée à M. Paillet, de Ghâtenay
(Seine), pour sa collection de 450 variétés
de Pivoines en fleurs coupées qui a fait
l’admiration de tous les horticulteurs
belges.
Ed. André.
* La Revue horticole annonce les expositions
générales ou partielles dont le programme est
adressé au Rédacteur en chef, 26, rue Jacob,
Paris.
LES CONSTRUCTIONS PITTORESQUES DU LAC DE MELZÉAR.
‘249
LES CONSTRUCTIONS PITTORESQUES DU LAC DE MELZÉAR
L’ornementation végétale d’une grande
expansion d’eau et de ses abords, comme
le lac de Melzéar, dont nous avons entre-
tenu précédemment nos lecteurs, ne suffi-
rait pas à agrémenter comme il convient
une scène dont l’attrait s’augmente beau-
coup par la variété. Un jardin ou un parc
doit être un objet d’art, et non une copie
servile de la nature. Toute la difticulté ré-
side dans la manière dont l’artiste comprend
l’iiarmonie de l’ensemble, l’appropriation
au caractère du lieu, la subordination de
l’ornement à la masse, la combinaison de
l’utilité et de l’agrément.
Si le paysage naturel a été réellement
embelli, non dénaturé, il faut que les habi-
tants de la propriété viennent avec plaisir
visiter ce coin du parc, s’y complaire et s’y
attarder.
Aussi le choix, la forme, la couleur des
constructions pittoresques qui conviennent
à de pareilles scènes de nature ornée doi-
vent-ils être l’objet des soins particuliers de
rarcbilecte-paysagiste.
Fig. 85, — Lac de Melzéar. Pont rustique de File.
Avec un cadre comme celui de Melzéar,
il fallait d’abord proscrire tout caractère
architectural dans les constructions qui de-
vaient accompagner le lac. Le paysage y est
essentiellement riant et agreste ; de beaux
bois encadrent les deux côtés de la petite
vallée, dont les prairies sont fraîches,
riches et charmantes : les pentes latérales
sont modérément accidentées ; les lignes des
lointains sont calmes. Tout contribue à
donner au pays un aspect tranquille et re-
posé.
Or, on se demande quels effets produi-
raient, dans un tel cadre, des ornements
disparates comme un pont en pierre de
taille, un temple de marbre sur une émi-
nence médiocre, un abri en maçonnerie
pour les bateaux, ou des pavillons luxueux
en fer forgé.
Les constructions en bois rustique ou en
bois de charpente bien taillé et chanfreiné
aux angles suffiront, au contraire, à donner
aux accessoires d’utilité et d’agrément les
formes indiquées par la situation et le
souci de l’harmonie générale.
Examinons quelques-unes de ces cons-
tructions :
1'’ Ppnt rustique de Tîle. — Pour
francliir le bras du lac qui sépare l’île de
la terre ferme, le p mt (fig. 85) en bois
rustique écorcé et verni au goudr’on de ba-
teaux (glu marine) repose sur des souiras-
sements de roches à demi recouvertes par
une végétation sarmenteuse et par des
250
LES CONSTRUCTIONS PITTORESQUES DU LAC DE MELZÉAR.
plantes vivaces variées. Le dessin de ce
pont a été fait d’après un croquis que j’ai
rapporté des Andes de Colombie, où des
Indiens l’avaient construit en Bambous lé-
gers, trouvant d’instinct, et du premier
coup, les formes les plus rationnelles de la
construction. Lorsque de pareils ponts ont
une grande portée, on se trouve bien, pour
parer à toute cause d’accident, si les bois
venaient à se pourrir, de doubler intérieu-
rement les poutres du tablier par deux
longrines en fer qui leur sont parallèles.
Fig. 87. — Lac de Melzéar. Embarcadère à l’air libre.
restent invisibles et servent à appuyer le
platelage, sans rien craindre de la détério-
ration causée par les années.
2. Abri des bateaux et embarcadère
couvert. — C’est encore dans 1 île qu a
pris place l’abri des bateaux que représente
la figure 86. Il est construit en bois de
charpente fondé sur un soubassement en
251
LES^ CONSTRUCTIONS PITTORESQUES DU LAC DE MELZÉAR.
maçonnerie. Cette substructure peut être
remplacée par des pieux moisés et recou-
verts d’un plancher solide et goudronné en
dessous. Des arcs-boutants posés sur des
semelles horizontales consolident l’édicule
et lui donnent de l’élégance. La toiture
Fig. 88. — Lac de Melzéar. Cabane pour oiseaux d’eau.
peut être construite de diverses manières ;
l’une des plus légères et des plus durables
se fait avec des demi-rondins de bois minces
et doublés en dessous d’une feuille de zinc
qui assure l’étanchéité du comble. Les quais
d’embarquement sont en bois que l’on peut
garnir en avant de tresses en fibres de coco
pour empêcher les frottements et les éra-
flures au bordage des embarcations. Deux
moufles, installés sous la toiture, dans
l’axe du faîtage, permettent de hisser en
l’air un second bateau, en plus de celui qui
Fig. 89. — Lac de Melzéar. Kiosque rustique du promontoire.
est à flot, et même de les protéger tous
deux l’hiver par cette suspension à cou-
vert.
Cette petite construction, dont les dimen-
sions peuvent varier suivant la grandeur
des embarcations à abriter, est parfois
complétée par une partie pleine, construite
en pans de bois et briques, placée à l’ar-
252
LES DAHLIAS-CA.GTUS ET LES DAHLIAS DÉCORATIFS,
rière et servant de salle fermée, destinée
aux instruments de pêche, aux accessoires
de navigation et au besoin formant une
pièce réservée aux baigneurs.
3. Embarcadère à l’air libre. — Toute
navigation de plaisance suppose des embar-
cadères. L’extrémité de Tîle est tout indi-
quée ici pour en placer un à découvert, si
l’on ne veut pas embarquer sous l’abri
même des bateaux, ou si l’on tient à mettre
à l’eau les deux embarcations à la fois. Ces
petites estacades font bon effet quand elles
sont construites en bois de charpente et
peintes soit en blanc, soit en ton de bois
clair, se détachant agréablement sur la ver-
dure, comme l’indique la figure 87. Nulle
difficulté ne surgit si le niveau de l’eau
reste constant, mais si ce niveau change,
on peut disposer à l’avant de la construc-
tion un plancher incliné, mobile et flot-
tant, ou fixe et retenu par des chaînes que
l’on peut faire fléchir à volonté.
4. Cabane pour oiseaux d’eau. — Les
cabanes et abris divers pour les oiseaux
aquatiques, qui donnent tant de vie aux
pièces d’eau peuvent être variées de for-
mes à condition de rester discrètes dans
leur coloration. Soit qu’on les construise en
bois avec toiture en rondins et lambrequins
comme la figure 88, soit qu’on préfère le
bois rustique avec remplissage en torchis
rosé et couverture en chaume, — ce qui est
encore mieux dans le ton, — il faut toujours
ajouter une planche à tasseaux pour per-
mettre aux volatiles de descendre à l’eau et
laisser une porte à l’arrière de la cabane
pour permettre de la visiter. On recom-
mande d’orienter, de préférence, l’ouverture
principale du côté du levant.
5. Kiosque rustique du promontoire. —
Les kiosques produisent de bons effets
pittoresques si leur place est bien choisie.
Celui de Melzéar (fig. 89), dont on peut voir
LES DAHLIAS-CACTUS ET
Dans ses efforts persévérants, l’horticul-
ture, visant de plus en plus à obtenir des
choses nouvelles, voit ses espérances plus
que réalisées et se surpasse en quelque
sorte par l’étrangeté des résultats obtenus.
A quelle surprise ne nous a-t-on déjà
pas conduits dans cette bataille aux nou-
veautés de Chrysanthèmes qui passionnent
aujourd’hui tant d’amateurs autrefois si in-
différents ?
Nous sommes actuellement lancés dans
la même voie pour les Dahlias.
l’emplacement sur un promontoire dans la
vue à vol d’oiseau que nous avons publiée,
émerge d’un soubassement de roches plus
élevé que l’exiguïté de notre dessin ne nous
a permis de le faire, et s’élève entre les ar-
bustes et les plantes du rocher qui des-
cendent jusqu’au bord du lac. Construit en
bois rustique écorcé et verni, couvert en
roseau, ce kiosque a été laissé ouvert pour
que la vue rayonne librement autour de lui,
mais il peut être fermé et vitré si l’on désire
le transformer soit en un abri pour l’au-
tomne, soit en un pavillon destiné à la lec-
ture, soit encore à recevoir de menus engins
de pêche.
Une scène aussi étendue que celle que
nous avons décrite comporte d’autres cons-
tructions pittoresques que je me contenterai
d’énumérer. Ce sont : des bancs couverts,
ornés de plantes grimpantes ; des bancs
simples, formés d’un tronc d’arbre refendu
et dont la partie convexe repose sur deux
pieux fichés en terre ; des .sièges variés,
adossés au bois, orientés sur les axes des
vues ; des escaliers rustiques en bois ou en
ciment, pour descendre au bord de l’eau ;
des retraites en forme de grotte ouverte et
des bancs de repos en forme de roches
naturelles du côté de l’ancienne car-
rière transformée au fond du lac sur la rive
droite ; d’autres ponts de service, des gués
en roches ou en sable, des pieux d’amarrage
pour les bateaux, etc., etc.
Il suffit d’indiquer somamirement ces
ornements variés, sur lesquels la fantaisie
individuelle pourra s’exercer librement,
pour montrer à nos lecteurs que les acces-
soires pittoresques autres que les végétaux
peuvent jouer leur rôle dans la décoration
des parcs et notamment des scènes aqua-
tiques, et que l’art de l’architecte ne doit
rien négliger pour orner les paysages créés
ou transformés par ses soins. Ed. André.
LES DAHLIAS DÉCORATIFS
L’ancienne race de Dahlias que caracté-
rise la régularité de sa forme symétrique-
ment tuyautée, recherchée encore par un
assez grand nombre d’amateurs, ne trouvait
plus chez d’autres les mêmes bonnes dispo-
sitions et finissait même par être supprimée
de leurs jardins. Des hybridations eurent
lieu où intervinrent le Dahlia variabilis ei
le Dahlia coccinea, et des formes nouvelles
apparurent.
On connaît depuis un certain nombre
d’années la race des Dahlias- Cactus qui
LES DAHLIAS-CACTUS ET LES DAHLIAS DÉCORATIFS.
253
doit son nom à la forme originale des pé-
tales de ses fleurs. Le D. Juarezii, appelé
aussi V Etoile du Diable, ouvrait la marche,
et depuis, chaque année, de nouvelles va-
riétés venaient augmenter une collection de-
venue aujourd’hui des plus intéressantes.
Il semblerait que, jaloux des succès de
son rival le Chrysanthème, le Dahlia ait
voulu se parer des mêmes ornements, et lui
aussi s’est mis à prendre des allures éche-
velées, contournées et crochues. Nous avons
déjà nommé le D. Juarezii auquel il faut
ajouter, luttant d’originalité de formes et de
couleurs diverses :
Mistress A. Peart, blanc crème à pétales
roulés en dessous.
Baron Schrader, cerise à reflet violet et co-
quettement échevelé.
Robert Cannell, pétales roulés en dehors,
rose lavé violet.
Auguste Nonin, écarlate clair à grande fleur
élégante et curieusement échevelée.
Apollo, écarlate nuancé rose et chamois.
Monsieur L. Grenthe, carmin nuancé de
l'ouge pourpre à revers violacé, à pétales con-
tournés.
Bertha Mawlay, grande fleur écarlate coc-
ciné, nuancé violet, éclairé de jaune à la base.
Mistress Charles Turner, jaune brillant à
fleur grande et à pétales roulés.
Gloriosa, rouge cocciné, revers rayé lilas.
Sainte Catherine, fond jaune nuancé nankin
et saumon à pétales échevelés.
Purple Gem, violet franc, très-petite fleur
pompon, floraison abondante.
Countess of Radnor, nankin nuancé abricot
à pétales échevelés.
Professeur Baldwin, écarlate nuancé de car-
min.
Delicata, de nuance blanc chair, à centre
jaune soufre, pétales échevelés.
Mistress Thornton, très-grande fleur rose
foncé nuancé magenta.
Échevelé, à fond jaune teinté acajou, revers
des pétales violacé.
Beauté d'Arundel, grande fleur fond rouge
velouté violacé sur le bord des pétales.
Nous ne mentionnons ici, bien entendu,
qu’une petite partie des variétés apparte-
nant à cette curieuse race. Le lecteur en
trouvera une liste plus complète sur le cata-
logue spécial de Dahlias qu’a publié la
maison Vilmorin.
Une autre forme de Dahlias, tout aussi
intéressante, a été obtenue ces dernières
années. Celle-ci ne présente plus ou
presque plus ce caractère spécial qui dis-
tingue les Dahlias à fleur de Cactus ; au
lieu d’avoir les pétales allongés en lanières
plus ou moins échevelées ou enroulées, ces
pétales sont écartés et presque étalés à la
façon des Zinnias. Ils ont pour la plupart
absolument perdu cette forme tuyautée de
l’ancienne race.
En disant que presque tous ont perdu
cette forme tuyautée, nous admettons qu’il
y a des exceptions, et nous en voyons une
dans la variété bien curieuse en même
temps que bien jolie, le Grand-duc Alexis,
dont les pétales d’une blancheur de neige
sont enroulés en dedans, formant autant
d’alvéoles ovoïdes percées au sommet.
Plusieurs variétés affectent cette forme,
mais, de toutes, c’est elle la plus belle et la
plus volumineuse.
Cette nouvelle race de Dahlias est appelée
Dahlias décoratifs, pour ne pas être con-
fondue avec les Dahlias à fleurs de Cactus
ni avec les Dahlias à grandes fleurs ordi-
naires, dont ils sont ainsi une forme inter-
médiaire.
Nous donnons ici quelques noms choi-
sis parmi les plus belles variétés:
Perle de la Tête-d'Or, fleur blanc pur,
imbriquée de pétales échancrés, à floraison
soutenue abondante et de tenue parfaite.
Charmante fiancée, fond blanc crème
bordé et rayé lilas foncé.
Esmeralda, fond blanc nuancé et pointé
rose lilacé, à pétales curieusement échancrés.
Madame Burel, fond blanc rosé, strié
carmin .
Beauté de Bentwood, très-grande fleur
rose violacé légèrement panachée de blanc
rosé.
Malvina, forte fleur rose satiné.
Duc de Kôstritz, très-grande fleur rose
tendre lavé et pointé argent.
Rosacactus, grande fleur rose nuancé lilas.
Jacques Welker, sugerhe fleur magenta clair,
passant au lilas; une des variétés les plus flo-
rifères.
Beauté Lyonnaise, fond blanc lavé et bordé
groseille, pointé blanc à l’extrémité des pé-
tales; forme parfaite, les fleurs sortant bien du
feuillage.
Colosse, la plus grosse fleur de Dahlia con-
nue, de couleur écarlate, nuancé carmin.
Impératrice des Indes, couleur cramoisi
foncé ombré marron et à très-grande fleur.
Minos, très-forte fleur marron noir ve-
louté.
Hauptmann Powel, très-joli coloris à fond
saumon cuivré pointé or, belle et grande fleur.
Nous ne parlons pas ici des Dahlias à
fleur simple qui forment une si élégante
section de plus en plus à la mode. Nous
avons limité cette petite étude aux Dahlias
à fleur de Cactus et aux Dahlias dits déco-
ratifs. G. Legros.
254
CAMPANULE MIROIR DE VÉNUS.
CAMPANULE MIROIR DE VÉNUS
La plante à laquelle nous consacrons cette
note est la plus connue et la plus répandue
du petit genre Specularia, Heister, aujour-
d’hui généralement admis, et qui constitue
un démembrement du grand genre Cam-
panida,
Botaniquement, ce genre se distingue
des Campanula par ses fleurs petites mais
très-nombreuses, axillaires ou paniculées
supérieurement, sessiles ou à peu près, à
corolle très-ouverte, étalée en roue et à cinq
lobes anguleux, par ses cinq étamines à
filets libres et aplatis et surtout par la cap-
sule qui est linéaire-oblongue, prismatique
et à trois loges s’ouvrant en autant de valves.
Les Specularia diffèrent en outre des
Fig. 90. — Campanula {Prismalocarpus)
Spéculum à fleurs doubles.
Campanula par leur durée annuelle, leur
port rameux, touffu, étalé et, du reste, par
leur aspect général. On en connaît sept ou
huit espèces, très-largement dispersées dans
l’hémisphère boréal et dont quatre croissent
spontanément en France.
Le S. Spéculum., A. DC., ou Campa-
nule Miroir de Vénus est le plus commun,
car abonde dans la plupart des terres
labourées et en particulier dans les mois-
sons. C’est aussi le seul cultivé d’une
façon générale et sa culture est même assez
ancienne. Il acquiert, du reste, de bien plus
fortes proportions dans les jardins et y
forme des touffes qui atteignent 30 centi-
mètres de diamètre sans dépasser une ving-
taine de centimètres de hauteur. Ces touffes
gazonnantes se couvrent à partir de juin et
jusqu’en août de centaines de fleurettes qui
se ferment la nuit et dont la corolle pré-
sente alors cinq angles saillants. Chez le
type, ces fleurs sont d’un beau bleu-
violet, mais on en a obtenu par la culture
des coloris variant entre le blanc et le
lilas pâle, une race à fleurs doubles,
(fig. 90), et une à tiges étalées (fig. 91).
La Campanule Miroir de Vénus est une
de ces bonnes plantes vigoureuses, rus-
tiques, très-floribondes et si faciles à culti-
ver qu’on ne saurait trop en recommander
l’emploi. Elle forme en effet de charmantes
bordures et garnit aussi fort bien les cor-
beilles ; on peut même l’associer à d’autres
plantes basses et en obtenir d’heureux con-
irastes de couleurs. C’est, en outre, une
des plantes annuelles qui supportent le plus
facilement la chaleur et la sécheresse.
Pour en obtenir des touffes fortes et fleu-
rissant de bonne heure, il convient de semer
cette Campanule à l’automne, en pépinière,
de repiquer les plants également en pépi-
nière et de les mettre en place en mars, en
Spéculum, var. procumbens.
motte et à environ 30 centimètres de dis-
tance. On la sème aussi au printemps, en
place ou pépinière, mais on repique alors
les plants à 15 centimètres seulement, parce
qu’ils prennent un bien moins grand déve-
loppement. Enfin, on peut encore la semer
en place jusqu’à la fin de juin et en obtenir
une floraison autommale susceptible de
rendre des services. Semée ou repiquée en
pots, elle forme de jolies touffes qu’on peut
avantageusement utiliser pour orner les fe-
nêtres ou les balcons ensoleillés. Les -S. pen-
tagonia, A. DC. ; S. hybrida, A. DC. et S.
falcata, A. DC., tous trois français, et le <S.
perfoliata, A. DC., de l’Amérique du Nord,
ontaussi été introduits dansles jardins, mais
ils y sont à peu près réduits à l’état de plantes
de collections, qu’on ne rencontre guère que
dans les jardins botaniques ou chez quelques
rares amateurs. S. Mottet.
A PROPOS d’un nouveau MODE DE GREFFAGE. — CATTLEYA FERNAND DENIS. 255
A PROPOS D’UN NOUVEAU MODE DE GREFFAGE
Dans sa chronique du l®'* mai dernier^ la
Revue horticole signale un nouveau mode de
greffage, recommandé par Robert Smith,
professeur d’horticulture en Angleterre,
(( déjà expérimenté dans le Shropshire et
divers autres comtés d’Angleterre ».
Permettez-moi de faire observer que,
dans sa Monographie des greffes, parue
vers 1820, le célèbre André Thouin,
membre de l’Institut de France, profes-
seur de culture au Muséum d’histoire natu-
relle de Paris, a décrit ce procédé de la
façon suivante (page 51), avec figure :
IV. Synonymie. — A new method of graf-
ting. Transactions of the horticuUural
Society of London (t. I, p. 240).
Opération : Couper obliquement la tête du
sujet, inciser l’écorce.
Choisir un jeune sauvageon d’un diamètre au
moins moitié plus petit que celui du sujet ; le
fendre inférieurement en deux parties égales
dont l’une sera amincie en bec d’oiseau pour
être introduite dans l’écorce incisée du sujet et
dont l’autre s’appliquera sur la coupe oblique
de ce même sujet.
Usages : Elle est employée dans le Here-
fordshire pour les Pommiers et les Poiriers.
Elle s’effectue rapidement et sans difficulté.
Dénomination : Du nom de son inventeur :
Richard-Antony Salisbury, Esq., membre de la
Société horticulturale de Londres et auteur de
plusieurs mémoires relatifs au jardinage, qui
se trouvent dans cet ouvrage.
Nous-même, à la suite d’une visite aux
pépinières de Toulouse, avons parlé d’un
système semblable ou à peu près dans la
troisième édition de VArt de greffer
(1882, p. 104), appliqué au greffage en
couronne dite perfectionnée :
« A Toulouse, les pépiniéristes se contentent
de soulever l’écorce qui reste sur le dos du
biseau pour rabattre ensuite cette lanière sur
l’écorce du sujet. Un Anglais, Salisbury, avait
jadis prôné une modification analogue pour le
greffage du Poirier et du Pommier, dans le
Herefordshire. Un Français, Leclerc, greffait en
couronne, à cheval, deux parties à diamètre
égal, les pointes du greffon embrassant le
sujet, sous son écorce.
Ces petits changements, dus au raisonne-
ment et à la pratique, modifiables à l’infini,
ont pour but d’augmenter le nombre des
points de contact afin de hâter la soudure de
la greffe. Etant donnés les avantages de la
greffe en couronne ordinaire, on n’a guère
recours à ces modifications que chez les
espèces difficiles à la reprise ».
Après essai de cette greffe à lanière,
nous dûmes l’abandonner ; cette petite
bande d’écorce séchait et gênait la cica-
trisation de la coupe du sujet.
Pareil fait ne s’est-il pas présenté à
l’écussonnage ? André Thouin cite le pro-
cédé dédié à « la mémoire de Sintard,
jardinier en chef du Jardin des Plantes de
Paris, au commencement du siècle der-
nier » et qu’il employait à la multiplication
des Rosiers d’Alexandrie... Il s’agit de
placer sur l’écusson une petite lame
d’écorce percée à l’endroit de l’œil-écusson.
L’auteur déclare l’opération difficile et mi-
nutieuse. En effet, on n’en parle plus.
Mais voici une méthode tout opposée
qui vient d’être pratiquée avec succès sur la
Vigne, dans le Lot. M. Massabie, cultiva-
teur à Duravel, gratte l’écorce de l’écusson
avec l’ongle ou avec le greffoir, au moment
de le lever, de façon à mettre à nu le liber
de sa face externe, et l’insère aussitôt sur le
sujet par une incision en T ou une bouton-
nière, de telle sorte que le bourgeon-écusson
baigne en plein cambium par tous ses
pores. L’opération, à œil poussant, a
complètement réussi sur des milliers de
plants de Vigne ainsi greffés.
Si l’on ne trouve plus de greffes nou-
velles, on découvre toujours quelques per-
fectionnements et quelques applications
ignorées jusqu’alors.
Charles Raltet.
CATTLEYA FERNAND DENIS
De tout temps, les Cattleya Aclandiæ et
Schilleriana ont dû tenter les hybridateurs
d’Orchidées par leur magnifique coloris et
par leur port nain et trapu ; ils sont un
peu aux Cattleya ce qu’est aux Cypripe-
dium le C. hellatulum.
Le nouveau gain que je viens d’obtenir et
que je suis heureux de dédier à M. Denis,
ingénieur-directeur de l’usine de l’Oseraie,
près Avignon, et grand amateur d’horticul-
ture, est une preuve que tout ce qui sortira
d’un tel parentage sera absolument supé-
FLEURS LT FRUITS DE l’iIOWEA (kENTIa) RELMOREANA.
256
rieur. Cette plante est issue du C. Aclandiæ
fécondé par le C. Gvjas.
En voici la description :
Fleurs deO*» 17 de large ; sépales droits, longs
de Oni 08, larges de 0>^25, légèrement roulés
sur les bords, d’un coloris chair-pourpré
difficile à décrire (rose mélangé avec le brun
brillant du C. Aclandiæ et parsemé de points
violet intense) ; pétales longs de 0™08 sur 0«i05
de large, ondulés et à peu près de même colo-
ris que les sépales, parsemés également et
principalement sur les bords d’une quantité
de petits points d’un violet intense qui forment
presque une ligne continue. Labelle énorme,
bien étalé, d’une forme absolument nouvelle, à
gorge largement ouverte et laissant voir en
entier le gynostème qui est d’un coloris violet
foncé et qui tranche agréablement sur le rose
clair du fond du labelle; il est large de 0n^05
sur une longueur de 0™ 07. Le tablier lui-
même, depuis la gorge, mesure 0'» 05 de large;
il a conservé le coloris du C. Gigas sur lequel
on peut distinguer les lignes empruntées au
tablier du labelle du C. Aclandiæ ; les deux
macules jaune crème du C. Gigas sont égale-
ment conservées au milieu du labelle juste à la
naissance des deux segments supérieurs qui
s’ouvrent largement, ainsi que je l’ai dit plus
haut, et qui sont d’un rose clair traversé par
dos nervures plus foncées.
L’ensemble de la fleur est très-régulier et
d’une tenue parfaite ; elle dégage de plus
une odeur délicieuse.
Le port de la plante est celui d’un
C\ Aclandiæ ; les bulbes portent indistinc-
tement une ou deux feuilles comme tous les
hybrides dont l’un des parents est mono-
phylle et l’autre diphylle. Celui qui vient
de fleurir mesure 0"‘ 12 de hauteur avec
deux feuilles de 0“'ll à 0»‘12 de long sur
0‘" 055 de large, d’un beau vert foncé marbré
de brun rougeâtre principalement aux extré-
mités et sur la nervure médiane.
La plante qui vient de me fleurir pour la
première fois est encore jeune, puisque
le semis en a été fait le 1®*’ août 1893, mais
elle est déjà très- vigoureuse et ses bulbes,
qui deviendront probablement plus forts,
donneront également plusieurs fleurs sur
chaque tige.
La grande distance qui me sépare de Paris
m’a empêché de présenter cette nouveauté au
concours d’Orchidées du 22 avril, mais ce
n’est que partie remise. Ch. Maron.
FLEURS ET FRUITS UE L’HOWEA (KENTIA) RELMOREANA
En relatant le curieux phénomène de
dichogamie protérandre que présentent les
fleurs du Kentia Belmoreana (plus cor-
rectement nommé Howea Belmoreana) et
qui a été simultanément observé au Jardin
botanique de Lisbonne et chez M. L. Four-
nier, à Marseille, nous disions qu’il man-
quait encore des fruits mûrs pour com-
pléter notre étude L
Ces fruits, nous les possédons aujour-
d’hui. Nous les devons à M. Cayeux, suc-
cesseur de M. J. Daveau à la direction du
Jardin liotanique de Lisbonne, oû ils se sont
développés jusqu’à maturité.
Pour donner à nos lecteurs une idée com-
plète de la floraison et de la fructification
de ce beau Palmier, nous l’avons fait
peindre en fleur chez M. L. Fournier, à
Marseille. Jji plante est si répandue dans
les serres et les appartements, sous sa
forme juvénile, qu’il peut être intéressant
de connaître son aspect à l’état adulte,
fleurie et fructifiée.
^ Voir Revue horticole, 1896, p. 76,
Le spadice, qui sort dans un anneau à la
base des feuilles, est simple, long de 50 à
60 centimètres et d’abord enveloppé d’une
gaine subcyJindrique d’abord verte, puis
brune, qui se déchire pour laisser les fleurs
s’épanouir à l’air (fig. 92). Le long du ra-
chis, les fleurs sessiles sont disposées en
spirales et insérées sur des coussinets sail-
lants (fig. 93). Les fleurs mâles, d’un
jaune roux, sont accolées deux à deux et
s’épanouissent simultanément. Leurs trois
pétales crustacés, insérés sur le calice
court (fig. 94), renferment de nombreuses
étamines jaune pâle, après la déhiscence
desquelles les fleurs tombent. C’est après
cette chute que l’on aperçoit, dans le fond
de la cavité oû étaient insérées les deux
fleurs mâles, une petite protubérance qui
est la fleur femelle destinée à s’épanouir
l’année suivante et à être fécondée par
d’autres fleurs mâles nées ultérieurement
sur un autre spadice.
A ces fleurs femelles fécondées succèdent
des fruits qui mettent de longs mois à se
développer et qui présentent la forme des
HoTticoïe
5:aînps Sabourei. dé.
^hri;TQ /li;h L,.vji'ffart Bruxéi
Holuca Behnoieaua
FLEURS ET FRUITS DE l’hOWEA (kENTIA) HELMOREANA. ‘i57
figures 95 et 96. Ces frai ( s, d’un vert foncé,
longs de 32 millimètres, larges de 16, sont
oliviformes-allongés au sommet en un muc-
ron cicatriculaire, à trois côtes saillantes, à
la base enveloppée des Irois pétales crustacés
triangulaires et roussâtres et des sépales
orbiculaires persistants. La coupe (fig. 96)
raplié partant de la base, se relevant vers le
sommet et retombant en courbe du côté
opposé. L’albumen est blanc, corné, très-
dur.
Sans être d’un effet véritablement déco-
ratif, les inflorescences que montre notre
planche coloriée sont assez gracieuses et
paraissent vouloir se montrer chaque année
sur le gros exemplaire à tige annelée qui
orne le grand jardin d’hiver de M. Four-
Fig. 94. — Kentia Belmoreana.
Fleurs mâles de grandeur naturelle.
nier. Les magnifiques frondes vertes de cet
exemplaire, qui atteint aujourd’hui une
dizaine de mètres, en font un végétal d’or-
nement d’ordre supérieur et donnent l’idée
de ce que doit être ce beau Palmier dans
son pays natal.
D’abord Kentia Belmoreana, Wendland
etDrude, la plante est devenue un i/o leea
d’après M. Beccari, et le Grisehachia Bel-
moreana de Wendland et Drude. Nous
Partie d’inflorescence de gran- Spadice long de GO cen-
deur naturelle, montrant les timètres et couvert de
fleurs mâles en glomérules, ses fleurs ouvertes,
deux à deux, et en bas une
fleur femelle rudimentaire.
montre que l’albumen remplit largement
la cavité intérieure et que la coque, peu
épaisse et ligneuse comme celle d’une noi-
sette, recouverte d’un péricarpe très-
peu épais, renferme une amande ovoïde
ou elliptique. Cette amande est couverte
d’une peau gris jaunâtre clair et sillonnée
du faisceau des nervures rayonnantes du
nous rangeons à l’opinion des auteurs du
Généra jüantarum, MM. Bentham et
Hooker, qui font rentrer cette espèce dans
le genre Howea. Ce Palmier est originaire
des îles de Lord Howe, petites îles de
rOcéân Pacifique, situées à l’est de l’Aus-
tralie, sous un climat tempéré, ce qui en fait
un des plus rustiques et des plus beaux
arbres de nos serres froides.
Ed. André.
Fig. 93.
Howea Belmoreana.
Fig. 92.
Howea Belmoreana.
Fig. 95 et 96. — Kentia Belmoreana
Fruit entier. Fruit coupé longitudinalement.
Grandeur naturelle.
258
MULTIPLICATION DES PLANTES AQUATIQUES ORNEMENTALES DE PLEIN AIR.
MULTIPLICATION DES PLANTES AQUATIQUES ORNEMENTALES
DE PLEIN AIR
La flore aquatique de nos jardins est
presque exclusivement composée de végé-
taux indigènes, très-répandus, en général,
dans toute la France. Seules, quelques
rares espèces exotiques peuvent supporter
les rigueurs du climat de Paris, pour être
adjointes à la liste des plantes aquatiques
ornementales de plein air.
La végétation de toutes ces plantes est
presque identique, et les moyens que la na-
ture met en œuvre pour assurer la perpé-
tuation de l’espèce ne diffèrent guère entre
eux et se réduisent aux procédés suivants :
Le semis des graines ;
2® Le sectionnement des rhizomes ou
bourgeons et la division des touffes.
Et encore la propagation par les graines
ne doit-elle être envisagée que comme un
moyen secondaire de multiplication, si l’on
songe que presque tous les végétaux aqua-
tiques et amphibies possèdent un système
d’extension continue, au moyen de rhizomes
traçants, de tiges stolonifères à enracine-
ment simple et facile.
Nous allons donc étudier et décrire ce que
chacun de ces modes de multiplication
offre d’avantages et d’inconvénients, com-
ment il se pratique, et quel est, en somme,
le résultat final de son application.
R Semis.
Le semis des graines a l’avantage in-
contestable de pouvoir aider, soit incons-
ciemment (variation naturelle), soit d’après
la volonté humaine (fécondation artifi-
cielle croisée), à la création des nouveaux
types, dans le but d’obtenir des varia-
tions remarquables à un titre quelcon-
que; mais, au point de vue cultural, c’est
un moyen beaucoup plus long et plus
ennuyeux que la division -des touffes pour
l’obtention de plantes ornementales devant
servir à la décoration des lieux aquatiques.
Disons ici que la voie de la fécondation ar-
tificielle a seulement été ouverte jusqu’à ce
jour, pour le genre Nymphæa, et les résul-
tats obtenus par M. Latour-Marliac, aussi
beaux qu’intéressants, devraient encoura-
ger des spécialistes à aborder d’autres
genres indigènes dans les opérations de la
sélection et de l’hybridation raisonnées ;
nul doute que le succès couronnât leurs
efforts, et l’on arriverait ainsi à posséder une
flore aquatique choisie, sinon abondante.
Au point de vue pratique, la multiplica-
tion des végétaux aquatiques par le semis
est un procédé assez lent et demandant des
soins particuliers qui, sans être difficiles,
font néanmoins reculer l’amateur qui n’a
en vue que la rapide propagation des es-
pèces dont il a besoin et qui préfère alors se
les procurer par divisions ou éclats de
touffes ou par portions de rhizomes.
Le semis peut être fait :
En place, pour certains végétaux
flottants (peu employé) ;
2® En terrine, pour toutes les espèces
flottantes, émergées et amphibies ;
3® En pleine terre, sous châssis froid, pour
certaines plantes émergées et amphibies.
Nous ne parlerons que pour mémoire du
semis fait directement en place, qui ne se
pratique guère, et qui consiste à jeter dans
une pièce d’eau quelconque, à fond vaseux
et à même le sol, à un endroit choisi, une
poignée de graines de Nymphæa alba
(Nénuphar blanc) ou de Nuphar luteum
(Nénuphar jaune), en les abandonnant à
tous les caprices du hasard. Si l’on veut
employer ce moyen, nous conseillons soit
d’envelopper les graines dans un sac de
toile métallique, soit de les entourer d’ar-
gile sous forme de boulette, afin de les
soustraire à la voracité des poissons qui en
sont très-friands. Le semis en place des
plantes émergées et amphibies se réduirait
à épandre les semences sur une berge, une
petite plage, à l’abri des courants et où le
niveau de l’eau ne dépasserait pas en
moyenne 2 à 5 centimètres au-dessus du
sol ; on recouvrirait légèrement les graines
avec du sable ; il n’y aurait d’ailleurs qu’à
prendre pour exemple de cette façon de se-
mer les levées naturelles, que l’on peut ob-
server assez souvent, des Alisma, Caltha,
MULTIPLICATION DES PLANTES AQUATIQUES ORNEMENTALES DE PLEIN AIR. 259
Cyperus, Juncus, Myosotis^ et autres,
dont les jeunes plantes pullulent parfois au-
tour du pied-mère.
Semer en terrine, c’est cherchera donner
aux graines les éléments indispensables à,
leur nature, c’est-à-dire tenir dans un sol
immergé plus ou moins celles des espèces
flottantes, donner à celles qui sont émergées
une humidité constante et entretenir, pour
les amphibies, un sol au moins toujours
frais.
Voici la manière d’opérer:
On prend une terrine /îcrçde, c’est-à-dire
un récipient plus large que haut, d’un dia-
mètre variant suivant l’importancedu semis
ou la grosseur des graines ; on établit au
fond de cette terrine un drainage composé
de tessons propres et de morceaux de char-
bon de bois, disposé de telle façon que les
gros tessons occupent le fond de la terrine,
alors que les petits remplissent les inters-
tices à la partie supérieure ; la hauteur de
la couche de tessons doit varier suivant la
nature des plantes à semer et peut se régler
comme suit :
1/3 de la hauteur du pot employé pour
les végétaux flottants.
2/5 de la hauteur du pot employé pour
les végétaux émergés et amphibies.
Une fois le drainage établi aussi régulière-
ment que possible, on dispose sur le tout,
soit une couche de sphagnum, soit de la
terre de bruyère fibreuse, en mottes gros-
sièrement concassées, de façon que la terre
du semis ne puisse être entraînée par l’eau
à travers le drainage.
Au-dessus de cette couche préservatrice
on étend la quantité de terre nécessaire au
semis ; ce sol devra être de préférence de
la terre argileuse ou argilo-sahlonneuse, à
laquelle on aura mêlé environ 1/5 de ter-
reau de feuilles bien décomposées. La hau-
teur de la couche doit être de 1/3 de la
hauteur du récipient pour les végétaux
flottants, 2[5 pour ceux émergés et amphi-
bies. On bassine, puis, lorsque la terre est
I tassée par l’arrosage, on effectue le semis
r qui doit être plutôt clair que dru, en enter-
j, rant les graines volumineuses de près de
1 centimètre et en ne recouvrant pas celles
V qui sont fines. On étend ensuite sur toute
- > la surface du sol de la terrine environ 1[2
Ly centimètre de sable et préférablement celui
r de rivière. Ceci fait, on transporte la ter-
rine semée dans une autre plus grande, non
j - percée, en la posant sur un pot renversé
1 ■ destiné à la maintenir presque au. même
tT ; niveau que l’autre. (Fig. 97).
Il est maintenant bon de connaître la hau-
teur d’eau que l’on doit donner au semis,
eu égard au tempérament de l’espèce. Nous
conseillons ce qui suit : remplir la grande
terrine d’eau jusqu’à ce que, par capillarité,
le niveau du liquide atteigne environ 1 ou
2 centimètres au-dessus du sol de la terrine
ensemencée, pour les végétaux flottants;
pour ceux émergés, régler un niveau per-
manent qui atteigne la surface du sol de la
terrine semée. La même règle peut servir
pour les végétaux amphibies, c’est-à-dire
que le bas de la terrine soit seulement
baigné par le liquide. Les soins généraux
consistent à entretenir l’eau propre en la
renouvelant de temps à autre, ce qui est
très-facile et s’obtient en enlevant la ter-
rine semée pendant que l’on vide et remplit
l’autre. On peut encore, si le diamètre de
la grande terrine le permet, mettre dans
l’eau quelques petits poissons qui, on le
Fig. 97. — Terrines disposées pour un semis de
plantes aquatiques.
A. Terrine percée destinée au semis.
B. — non percée devant contenir un niveau d’eau
variable.
sait, ont pour avantage de maintenir l’eau
en bon état de propreté.
La levée des graines est quelquefois ca-
pricieuse ou assez lente^ et le laps de temps
que celles-ci mettent à germer varie sui-
vant les espèces ; dans tous les cas, la sur-
face de la terre du semis devra être tenue
très-nette, surtout pour les végétaux émer-
gés et amphibies que l’eau ne recouvre pas;
il faudra veiller à empêcher les mousses
d’envahir le sol, ce que l’on obtient en
partie en étendant sur la terrine une légère
couche de charbon de bois pilé ou de cendres
fines:
Il reste encore à examiner quelle est l’é-
poque la plus favorable pour exécuter le
semis et dans quel endroit les terrines doi-
vent être placées. Les plantes bottantes de-
mandent à être semées dès la maturité des
260 MULTIPLICATION DES PLANTES AQUATIQUES ORNEMENTALES DE PLEIN AIR.
graines, ce qui a lieu, suivant les genres,
de juillet à octobre; dans cette catégorie
entrent Aponogeton, Calla, Hgdrocleis,
Nuphar, Ranunculus, Trapa, Villar-
siciy etc. Si, pour une raison quelconque,
on ne peut semer qu’au printemps suivant,
il est de toute nécessité de stratifier les se-
mences dans un récipient non percé, en
terre argileuse ou sablonneuse mélangée
à du cbarbon de bois pilé, le tout en-
tretenu humide, sans alternative de séche-
resse et placé, à l’abri de la gelée, dans un
lieu frais et mi-obscur. Les terrines doi-
vent être mises dans un endroit abrité : une
serre froide, un cotfre recouvert de châssis,
établi au nord de préférence. Enfin, quel-
ques genres, surtout ceux exotiques, peu-
vent avoir leur terrine mise sur couche
chaude au printemps, ou en serre chaude,
pour activer la levée des graines. Nous ci-
terons dans ceiordve d’idées\es H outtuy nia,
Pontederia, Sagittaria exotiques, Sau-
rurus, ViUarsia, etc. Dans tous les cas, il
convient d’hiverner les terrines de semis de
plantes aquatiques, soit en orangerie, soit
en serre froide ou en tout autre lieu où la
gelée ne pénètre pas et où l’obscurité ne soit
pas complète.
Lorsque la germination des semis de vé-
gétaux flottants se manifeste et que leurs
premières feuilles se développent, il est bon
d’augmenter légèrement la couche d’eau et
surtout de la maintenir dans une grande
propreté. Le repiquage des jeunes plants ne
doit se faire que lorsque ceux-ci ont deux
ou trois feuilles, en godets, isolément, pour
les végétaux flottants ; en petites terrines,
par plusieurs, suivant leur vigueur natu-
relle, pour les plantes émergées et amphi-
bies ; on les replace ensuite dans les condi-
tions où se trouvait la terrine du semis,
jusqu’à ce que leur développement permette
de les mettre en place, en grands récipients
ou à même le sol.
Certains végétaux émergés, et surtout les
amphibies, réussissent aussi bien en étant
semés en pleine terre, dans un endroit
frais, qu’en terrine et sol inondé. Ce mode
de semis se pratique dès la maturité des
graines, ou plus généralement au printemps,
et voici comment l’on opère :
Dans un endroit frais, de préférence au
nord, dans un compost composé de moitié
terre de bruyère, un quart de terreau, un
quart de terre franche, on sème, en terrines
que l’on recouvre de cloches ou dans la
pleine terre d’un coffre pourvu de châssis, [
les graines que l’on enterre suivant
leur volume, en ayant soin d’étendre sur
le sol une couche de sable, de charbon
pilé ou de cendres pour empêcher l’enva-
hissement de la terre par les mou.sses. Le
sol doit être maintenu frais au moyen de
bassinages fréquents, et, lorsque la levée a
lieu, on aère progressivement, puis on re-
pique les jeunes plants sous châssis, dans
un sol semblable à celui du semis, à l’ombre
ou à mi-ombre, en les espaçant de 5 à
10 centimètres en tous sens, jusqu’à ce
qu’ils soient assez vigoureux pour être mis
en place.
Réussissent bien à être semés ainsi les :
Caltha, Carex, Cardamine, Cyperus in-
digènes, Epilohium, Eriophorum, Juncus,
Lysimachia, Lythrum, Myosotis, Phrag-
mites, Rumex, Sium, Typha, etc.
Le Cyperus Papyrus doit être semé en
serre chaude ou sur couche, dès février,
repiqué en godet, rempoté à temps et mis
en place en mai, comme plante amphi-
bie.
2® Division des plantes.
La multiplication par le sectionnement des
rhizomes ou des bourgeons latéraux n’est
possible que chez les espèces pourvues de ce
moyen naturel d’extension ; nous citerons
comme exemple les Acorus, Houttuynia,
Hydrocleis, Iris, Menyanthes, Nelum-
bium, Nymphæa, Nuphar, Phragmites,
Saururus, Typha, etc.
On sait que le rhizome est une tige sou-
terraine garnie d’écailles ou de cicatrices
remplaçant les feuilles, et à l’aisselle des-
quelles peuvent se développer des bour-
geons latéraux ; ces rhizomes ont la faculté
d’émettre sur leur longueur, et principa-
lement aux nœuds ou cicatrices, des ra-
cines adventives parfois abondantes et qui,
à un moment donné, peuvent servir à la
nourriture du tronçon séparé d’avec sa
mère.
Le sectionnement des rhizomes a lieu gé-
néralement au printemps, à l’entrée de la
végétation des plantes ; il consiste sim-
plement à couper par tronçons, variant en
longueur, des rhizomes dont chaque por-
tion doit posséder au moins trois ou quatre
yeux latéraux ou préférablement l’œil ter-
minal. Ces portions de rhizomes, généra-
lement pourvues de racines plus ou moins
développées, sont plantées soit en pots, ter-
rines, bacs, et mises à l’abri, en serre ou
sous châssis, pour favoriser la reprise.
EXPOSITION d’horticulture DE VERSAILLES.
261
Pour les Nymphæa vigoureux et rus-
tiques, il suffit même d’attacher un tronçon
de rhizome à une pierre et de le jeter dans
la vase, à l’endroit où l’on désire voir se
développer ces plantes ; bien souvent le pro-
cédé réussit, mais pour plus de précaution
on peut planter la partie rhizomateuse dans
un vieux panier et immerger le tout.
Par contre, certaines espèces délicates ou
difficiles à multiplier demandent des soins
spéciaux pour opérer le sectionnement des
bourgeons ou des rhizomes ; nous citerons
dans ce cas le Nymphæa Caspary (N.
sphœrocarpa) dont la souche, très-grosse,
donne rarement des bourgeons latéraux (il
est vrai que, par compensation, il graine
abondamment), le N. tuberosa dont la
souche forme une masse charnue volumi-
neuse, garnie de bourgeons nombreux qu’il
faut amputer du pied-mère et soigner en
terrines, en serre, jusqu’à la reprise ; enfin,
dans la magnifique série des Nymphæa
hybrides de M. Latour-Marliac, il existe des
variétés donnant peu ou pas de bourgeons
latéraux.
La division ou éclatage est le moyen le
plus rapide et le plus facile pour propager
la majeure partie des végétaux aquatiques.
Elle consiste à séparer d’une plante une
portion de sa touffe, vigoureuse autant que
possible, c’est-à-dire prise à sa partie exté-
rieure. Cette opération se pratique généra-
lement au début de la végétation, en avril-
mai, au moyen d’une bêche, et les éclats sont
plantés aussitôt à plein sol ou en terrines,
à l’air libre ou sous châssis pour les espèces
délicates ou peu vigoureuses, dans un com-
post formé de trois quarts terre franche ar-
gileuse ou argilo-sableuse, un quart sable,
additionné d’un peu de terreau de feuilles
décomposées, et placées, suivant leur habitat,
sous l’eau, le pied immergé ou seulement
humide. C’est de cette façon que se propa-
gent les plantes des genres suivants :
AUsma\ Butomus, Caltha, Iloultuynia,
Iris, Menyanthes, Sagittaria, Saururus,
Sium, Typha, Pontederia, Equisetum,
Scirpus, Osmuiida, Rumex, Phrag-
mites, Arundo, Epilobium, Lysimachia,
Lythrum, Juncus, Senecio aquatiques, etc.
Il nous reste encore à mentionner l’en-
racinement facile des tiges flottantes, cou-
pées et piquées dans un terrain inondé ou
au moins humide, des genres : Menyan-
thes, Myosotis, Calla, Jussieua, Ranun-
culus, Villarsia, ainsi que la production
par tubercules, séparés de la plante-mère,
chez les Aponogeton et Richardia. Ces opé-
rations se pratiquent au printemps, lors de
la végétation de ces plantes.
Tels sont, en pratique, les moyens em-
ployés pour la reproduction des plantes
aquatiques ornementales de plein air.
Jules Rudolph.
EXPOSITION D’HORTICULTURE DE VERSAILLES
D’habitude, l’Exposition d’horticulture de
Versailles avait heu après celle de Paris. Cette
année, la Société nationale d’horticulture de
France, désireuse de ménager aux amateurs
d’horticulture la possibilité de visiter l’expo-
sition de Temple Show, qui ouvre le 20 mai,
à Londres, a tenu à reculer au 2 juin l’ouver-
ture de l’Exposition de Paris. Aussi, sous
peine d’arriver à une époque trop tardive pour
la bonne présentation des plantes, la Société
d’horticulture de Seine-et-Oise a dû organiser,
cette année, son Exposition avant celle de
Paris. Il en est résulté que les horticulteurs,
soignant leurs meilleurs spécimens pour les
amener à point à Paris, ont moins « donné »
que d’habitude à Versailles. Cependant, cela
s’est heureusement peu aperçu, grâce au con-
cours d’établissements tenus à toujours bien
faire, tels que ceux de MM. Truffant, Duval,
Moser et Vilmorin, giâce aussi à l’excellente
participation qui ne sera jamais assez grande,
d’ailleurs, des amateurs et des jardiniers de
maison bourgeoise.
L’Exposition est installée sous une tente en
forme de rotonde. La lumière diffuse, tendre
et délicatement voilée, (jue laisse filtrer la
toile, y fait ressortir joliment l’éclat des fleui-s,
aux massifs nombreux et même quelque peu _
trop côte à côte. C’est une véritable corbeille
de fleurs que cefte installation coupée par
des sentiers circulaires.
Nous avons tout d’abord admiré le colossal
massif de plantes annuelles de MM. Vilmorin-
Andrieux et C»e, celui des Orchidées de M. Ro-
bert Lebaudy, et celui, culminant au centre
de la rotonde, de M. Albert Truffaut. Mais
rapport de la maison Vilmorin consiste encore
en corbeilles spéciales, tout entières, les unes
de Calcéolaires, les autres de Cinéraires dou-
bles, d’autres encore d’Ancolies, de Pétunias,
de Ciroflées grosse es})èce, et surtout très-
remarquées de Chrysanthèmes à carène et de
Pavots. 11 y a, dans ceux-ci, un Pavot
Tulipe, étonnant d’éclat, il est « carrément
rouge », a dit une dame.
Le massif de M. Robert Lebaudy a été habi-
262
EXPOSITION d’horticulture DE VERSAILLES.
lement disposé par i\l. Page, son jardinier en
chef. Une masse d’Orchidées, dont les Catlleya
Mossiæ, Mendeli et Warneri forment le fond,
est entremêlée de Crotons et de Caladium;
cet arrangement produit très-bon effet. Un
Anguloa Cloivesii, aux fleurs globuleuses
comme de grosses Renoncules, et un Onci-
dium Painlio major, aux « antennes » gigan-
tesques, intéressent beaucoup les visiteurs.
Le même exposant a aussi de très-belles cor-
beilles de Nægélias, de Streptocarpus, de
Gloxinias et de Galadiums.
La pyramide de grandes plantes vertes de
M. Trutfaut semble soutenir le faîte de la
tente. Elle est entourée de végétaux intéres-
sants, tels que : Dieffenbachia Fournieri,
grande Aroïdée aux larges feuilles maculées
de blanc ; Anthurium Scherzerianum Roths-
childianum, blanc à macules pourpres et re-
vers rouge; Caladium Aurore boréale, lavé
et veiné de rouge carmin, Croton Andreanum,
vigoureuse plante vert vif nervé de jaune;
Bougainvillea glabra Sanderiana, Caladium
minus (?) erubescens, etc.
Les expositions les plus importantes en-
suite sont celles de MM. Duval, Halphen,
Moser, Pigier et Derudder. Chez M. Duval, on
peut étudier des plantes raies ou nouvelles ;
Le Dracæna Sanderiana, au port d’Alstroë-
mère, aux feuilles marginées de blanc; il fut
exposé pour la première fois à Gand en 1893.
A noter VÆchmea fasciata, Bak., qui fut
dénommé à tort par Lemaire, dans la Flore des
serres et des jardins, Billbergia rhodocyanea-,
le Caraguat a Plumier i, Mez, {Tillandsia mar-
tinicensis, Bak.), plante anciennement connue
mais peu ou point répandue en horticulture ;
le Vriesea Pœlmani, nouveauté de 1896 ; le
Caraguata Peacocki foliis rubris, extrê-
mement joli mais extrêmement rare; puis une
série d' Anthurium Scherzerianum sélectionnés
par l’exposant : A. S. Rex rubrum, spathe de
16 centimètres de long, pourpre ; puis les va-
riétés Rudolf, Seidel, roseum perfectum,
Etendard, etc.
Les Orchidées de Mme Halphen témoignent
de la belle culture que leur applique son jar-
dinier en chef, M. Drieger ; il y a en outre des
plantes de collection. Notons d’abord un
Catlleya Mossiæ hors de pair par son labelle
très-ample et magnifiquement coloré ; c’est le
« clou » des C. Mossiæ présents. Puis un
Miltonia spèctabilis très-fleuri , un Odoyito-
glossum crispum à très-grandes divisions on-
dulées ; un O. Pescatorei dont les labelles pos-
sèdent une macule carmin sortant tout à fait
de l’ordinaire ; enfin, deux espèces d’habitude
rebelles à la floraison : Oncidium Sphacela-
tum et Odontoglossum ramosissimum.
Avec sa belle collection d’Azalées et de
Rhododendrons, M. Moser expose deux Clé-
matites nouvelles, encore plus jolies que René
Moser et Marcel Moser, si prisées l’an der-
nier : Nelly Moser, de l8 centimètres de dia-
mètre, fond rose tendre avec une macule rose
carmin le long de la nervure médiane, et
M. Magne, de fond plus lilacé. Puisque nous
sommes sur les Clématites, citons, avec la
belle collection de M. Bellanger (successeur
de Ghristen), la nouveauté Papa Christen, du
même ton que Nelly Moser, mais à macule
plus brune.
M. Pigier nous montre de beaux massifs de
plantes à feuillage ornemental et de plantes
pour garnitures. Mais le plus beau de ses ap-
ports est sans contredit son lot de Cattleya
Mossiæ; sur cinquante, il n’y en a pas deux
qui se ressemblent sous le rapport de la colo-
ration du labelle.
L’exposition de M. Derudders est complexe.
A côté de Dracénas superbes: D. congesta dis-
color, Rruanti, Cantrelli, amabilis, on re-
marque une corbeille de Scolopendrium un-
dulatum, puis des Rhododendrons, des
Phormiums, des Araucarias. Dans ces der-
niers, V Araucaria excelsa glauca, très-carac-
térisé, est tout à fait digne de remarque. Le
même exposant nous montre aussi une longue
série de Fusains japonais à feuillage panaché.
Les plantes pour garnitures estivales de
plein air sont principalement représentées par-
les lots de MM. Bidoux, Le Couteulx et Blet.
Citons tout d’abord une Anthémis nouvelle de
M. Pidoux. Elle a la fleur de la variété Com-
tesse de Chambord, avec le feuillage un peu
plus fin que celui de La Parisienne, rappe-
lant plutôt celui de l’ancienne Val-de-GrCice.
Elle est très-floribonde et paraît devoir fleurir
toute l’année. Ce sera là une précieuse acqui-
sition. Le même exposant a aussi de très-
jolis Pélargoniums zonés. Hortensias, Anthé-
mis, etc.
M. Le Couteulx s’est distingué cette année
par ses diverses plantes d’introduction, nou-
velles ou peu connues : Salvia splendens
Charles Le Couteulx, nain compact, à brac-
tées agglomérées, dont la Revue horticole a
déjà parlé *; Chrysanthemummacrophyllum,
magnifique plante pour isoler, décrite aussi
dans la Revue horticole en l896^; Coleus
M. Vazon, à feuille curieusement et inégale-
ment laciniée, Genista Andreana, Campa-
nula glomerata major, etc. Enfin, deux nou-
veaux Pélargoniums zonés de semis : Grande-
duchesse Olga, à fleur nuancée de saumon,
dérivé de la race belge Lilliput et Queen Vic-
toria, nain, à feuillage quadricolore, qu’il ne
faudra pas confondre avec Mac-Mahon, à
fleur saumon déjà dénommé Queen Vic-
toria.
Les Bégonias tubéreux de M. Plet, bien que
de dimensions colossales, conservent cepen-
dant la fleur bien ronde et bien plate. H en est
un dont le diamètre mesure jusqu’à 20 centi-
mètres. Ce lot est aussi très-varié de coloris
1 Voir Revue horticole, 1897, p. 28.
- Voir Revue horticole, 1896, p. 565.
APPROVISIONNEMENT DE LÉGUMES.
263
Dans les plantes de même catégorie, notons
aussi les Pétunias doubles de M. Benoît, les
Pélargoniums doubles de M. Desmonts, les
Primevères du Japon de M. Hardre, les Pyrè-
thres de M. Admirai et les Renoncules de
M. Mondain.
Parmi les spécialités de serre, il faut citer les
Fougères de M. Le Couteulx, et surtout son
Platy cérium grande; VAralia Kerchoveana
de M. Pidoux, aux feuilles sinuées-dentées
commecelles du Chêne; les Azalées de M. Stein-
bacli ; la belle et nombreuse collection de
Crotons de M. Robert, jardinier-chef de M. le
duc de la Rochefoucauld et les Cypripedium
de M. Wilm.
11 faut nous arrêter un instant sur deux in-
troductions exposées par M. Wilm et rappor-
tées d’Ürizaba (Mexique), par le capitaine Lc-
maistre. De l’une, Orchidée non dénommée,
nous ne j'ouvons que la supposer Maxülaria
ou Lælia. Mais l’autre, étiquetée PUcairnia
j)ungem, est le P. heterophylla, très-répandu
dans l’Amérique intertropicale.
Si nous terminions sur la bonne bouche ?
Avec M. Parent, à Rueil, qui expose des Pê-
ches, des Prunes et des Cerises forcées, c’est
l’Ecole nationale d’hoiMiculture de Versailles
qui nous l’otlVii'a, avec ses beaux pots de Ce-
rise anglaise hâtive forcée, ses Pêches Amsden
et Précoce de Hâle, ses Raisins Pour datés et
Forster‘’.s seediing^ et surtout ses Melons et
ses Fraises aux senteurs odoriféi’antes et apé-
l'itives.
II. Dauthenay.
APPROVISIONNEMENT DE LÉGUMES
Prenez, s’il vous plaît, ce titre dans sa
plus large acception, car il s’agit d’apporter,
sur la table des repas, autre chose que le
monotone ordinaire des réfectoires de col-
lèges, où les Pommes de terre et les Haricots
alternent av;ec la désespérante régularité que
vous savez.
Nous voulons, en quatre mots, approvi-
sionner la cuisine de quatorze légumes j)ar
semaine, deux par jour.
Est-il possible de réaliser ce chiffre sans
répéter un légume plus d’une fois par hui-
taine ? Oui, facilement, pendant la période
qui va de décembre à mars.
Au printemps et en été, la chose devient
moins commode ; mais, alors, il n’y a pas
d’inconvénient à renouveler un peu plus
fréquemment certains plats, tels que l’As-
perge, les Pois, les Haricots verts, etc., qui
ne sont de saison que pendant un temps
relativement court.
La question ainsi comprise, on peut
dresser de la façon suivante le tableau d’ap-
provisionnement pour l’année.
Par semaine.
10. Navets 1 fois.
li . Pommes de terre —
12. Salsifis ou Scorsonère —
13. Topinambour —
14. Witloof (Endive) —
Tous les
jours
à volonté.
Hors-d’œuvre. — Radis.
Salades. — Pissenlit, Barbe de
capucin. Cresson ou Laitue,
Betterave.
Dessert. — Fraises en juin.
Condiments variés.
II
PÉRIODE d’avril A .JUIN
Par semaine.
1. Asperges 2 fois.
2. Carottes 1 —
3. Choux 1 —
4. Chou-fleur de printemps. ... 1 —
5. Epinards 1 —
6. Fèves (à partir de juin) .... 1 —
7. Haricots secs 1 —
8. Poireau L 1 —
9. Pois (à partir de juin) 2 —
10. Pommes de terre 2 —
11 . Scorsonère 1 —
Tableau d’approvisionnement de légumes
pour chaque semaine.
I
PÉRIODE DE NOVEMBRE A MARS
Par semaine.
1. Cardon 1 fois.
2. Carottes —
3. Céleris rave ou en branche . . —
4. Cerfeuil bulbeux —
5. Crosnes —
6. Choux —
7. Chou de Bruxelles —
8. Epinards —
9. Haricots secs —
Hors-d’œuvre. — Radis noir.
Tous les l Salades. — Mâche, Cresson, Barbe
jours 1 de capucin,
à volonté. I Potage. — Potiron.
' Condiments variés.
III
PÉRIODE DE JUILLET A OCTOBRE
Par semaine.
1. Artichaux 1 fois.
2. Carottes 1 —
3. Chicorées ou Laitues cuites . . 1 —
1 Consommés parfois à la façon des Asperges, en
mars et avril.
264
LE MOINEAU.
Par semaine.
4. Choux 1 fois.
5. Chou-fleur i —
(). Haricots verts 2 —
7. Haricots en grains frais . ... 1 —
8. Haricots mange-tout 1 —
9. Petits pois 2 —
10. Pommes de terre nouvelles. . . 2 —
11. Tétragone(remplaçant l’Epinard) 1 —
Tous les
jours
à volonté.
I Hors-d’œuvre. — Melon , Con-
combre.
\ Salades. — Laitue, Romaine, Chi-
) Corée frisée ou Scarole.
(Dessert. — Fraises des quatre
saisons, Rhubai'be pour com-
pote.
Condiments variés.
Mais, direz-vous, tout cela c’est beaucoup
de légumes, et, en admettant qu’on ait le
temps de les cultiver, la surface de notre
potager peut n’y pas suffire.
Qu’à cela ne tienne ; vous pouvez aug-
menter la surface de votre jardin d’un bon
tiers sans bourse délier, par l’adoption des
cultures dérobées qui sont la base des exploi-
tations maraîchères.
Les cultures dérobées sont celles faites
pendant l’année, en sus d’une récolte nor-
male, et qui auraient nécessité, autrement,
une portion de sol consacré à elles exclusi-
vement.
La Carotte d’automne et d’hiver, par
exemple, qu’on a semée fin juillet sur ter-
rain venant de produire des Pommes de
terre précoces, est une culture dérobée.
Le Céleri rave semé en pépinière, en mai,
repiqué en pépinière, planté fin juillet, par
dessus une récolte de Pois, est une culture
dérobée.
En voici encore quelques-unes :
Les Poireaux de troisième saison, semés
en pépinière, en mai-juin, repiqués en
juillet-août, à la place de Pommes de terre
précoces ;
Les Radis, semés tous les vingt jours, en
petite quantité, parmi les autres légumes à
développement plus lent : (Carotte, Salades,
Scorsonère, Céleri,) où ils se récoltent au
bout d’un mois, avant d’avoir pu nuire aux
légumes associés ou d’être gênés par eux;
L’Ognon de printemps semé en septem-
bre, repiqué en octobre, à la place de Pommes
de terre ;
La Laitue d’hiver semée en août, plantée
en septembre-octobre, sur ados ou côtière,
par dessus une récolte d’Ognons, de Pois ou
de Carottes d’été ;
Les Laitues et romaines d’été et d’au-
tomne, contre-plantées entre elles-mêmes
et entre les Choux, les Artichauts, ou sur
terrain récolté en Pommes de terre précoces ;
Les Chicorées et Scaroles, semées en mai-
juin en pépinière, plantées en juillet et
août sur sol récolté en Pois ;
L’Epinard d’automne et d’hiver semé fin
août commencement de septembre, sur ré-
colte de Pommes de terre demi-précoces ;
La Mâche cultivée de la même façon, etc.
Si, à ces procédés, vous joignez quelques
tours de main tels que le semis du Cerfeuil
bulbeux en graine stratifiée ; le semis très
dru des Pois en janviei*, sous châssis, avec
repiquage sur côtière ou sur planche en
mars; le semis, dans les mêmes conditions,
mais au mois d’avril, des Haricots nains,
avec repiquage dans la seconde quinzaine
de mai, vous obtiendrez encore une sensible
économie de terrain et, par surcroît, une
économie de, temps.
Cette économie de temps a son impor-
tance, surtout avec les Pois et les Haricots
verts, désirés d’autant plus qu’ils sont nou-
veaux pour l’année. Georges Bell air.
LE M0INE4U
Il y a bien longtemps déjà qu’on a re-
connu dans tous les pays que le Moineau
était un oiseau nuisible au dernier point et
qu’il fallait absolument le détruire. Chacun
sait cela ; ceux qui possèdent des jardins, et
plus particulièrement les fermiers lui payent
chaque année un plus ou moins lourd
tribut.
Mais ce qu’il y a de plus singulier, c’est
qu’on ne le détruise pas. Tout au plus se
contente-t-on de mettre quelques filets par
ci, par là, ou des épouvantails dont il se
joue, et de formuler contre lui des plaintes
plus ou moins amères. Les moyens de
destruction ne manquent pourtant pas,
et sa chasse a au moins l’avantage sur celle
des autres animaux nuisibles, de fournir
quelques jolies brochettes de petits pieds,
en été surtout, alors qu’ils sont gras et
dodus.
Le Moineau est très-vorace, il s’attaque à
tout. : légumes, fruits, graines, etc., il se
propage avec une très-grande rapidité et
souille les murs de nos habitations de ses
déjections, en choisissant les cavités dès
toitures pour y établir son nid. Très-hardi,
LE MOINEAU.
265
r i) vit autour de nous, nous amusant peut-
être de ses sautillements, mais nous les fai-
! sant encore payer en prélevant tout ce qu’il
peut sur la ration des volailles de la basse-
cour. Sa nature querelleuse, aidée de la puis-
sance de son bec, éloigne de notre voisinage
: et surtout des jardins une foule d’autres
>. oiseaux bien meilleurs chanteurs et surtout
infiniment plus utiles pour la destruction
! des insectes nuisibles.
P Ses défenseurs ont prétendu qu’il dévo-
J rait une grande quantité d’insectes, sur-
I tout au temps des couvées ; il faut cepen-
' dant en rabattre des qualités qu’on lui attri-
I bue; tout au plus donne-t-il quelques larves
et œufs d’insectes, des hannetons, à ses petits
pendant les premiers jours qui suivent leur
éclosion. On a maintes fois et à différentes
époques examiné le contenu de l’estomac des
1 , Moineaux, et la quantité d’insectes ne consti-
tuait qu’une très faible partie de la totalité,
î Du reste, la nature de son bec court et fort
, indique clairement qu’il est granivore et,
1 de fait, c’est de toutes sortes de graines et
surtout de celles des céréales, notamment
. du blé, qu’il fait sa principale nourriture.
I Dans les régions où il abonde, ses dégâts
sont considérables et s’augmentent encore
de ce qu’il fait tomber en pure perte, en dé-
tachant les grains de leurs épis. Dans les
' ' jardins, chacun sait combien il se montre
I'.. friand des Cerises, du Raisin et même des
À Groseilles. Les Pois sont sa proie quand il
j .. peut en déterrer les graines, et lorsqu’ils
germent, il en coupe les bourgeons. Les
ÿ jeunes semis de fleurs et légumes, tels que
les Radis, les Navets, Choux, etc., subissent
parfois le même sort, et lorsqu’on laisse ces
1 plantes monter à graines, il faut toujours
^ compter avec lui, car il sait se faire la
(grasse part. Nous pourrions encore citer
, bien d’autres méfaits du Moineau et chacun
- pourrait lui reprocher quelques dégâts
' particuliers.
^ Pourquoi gardons-nous ce pillard invé-
'' téré ?
: Elle n’est pas nouvelle la question du
Moineau. Doué d’une grande faculté d’adap-
'î tation, il s’est naturalisé sur plusieurs points
V du globe et de partout la même opinion dé-
favorable surgit des nombreux écrits qui lui
i?- ont été consacrés.
B L’Australie et surtout l’Amérique du
Nord en sont infestées et regrettent amère-
ment son introduction.
Un procès retentissant contre le Moineau
S eut lieu il y a quelques années en Amérique
«et a donné lieu dans beaucoup d’États à une
guerre d’extermination qui persista pen-
dant plusieurs années et fit naturellement
beaucoup de bien à l’agriculture. Une
longue et fort intéressante étude de ce pro-
cès a été publiée par M. Rrézol dans la Revue
des Sciences naturelles appliquées {Bulle-
tin de la Société natio7iale d'acclimatation)
année 1890-91. Les personnes que ce sujet
intéresse consulteront avec intérêt ce
consciencieux travail, de même aussi qu’un
ouvrage publié à Londres, en 1885, par
plusieurs auteurs, sous le titre : The House
Sparrow and the English Sparrow in
America. Après la lecture de ces travaux,
les plus sceptiques deviendront, nous n’en
doutons pas, d’ardents destructeurs du
Moineau.
C’est du reste à souhaiter, car chez nous
on n’a fait jusqu’ici que peu de choses pour
sa destruction. Mais cet état d’indifférence
ne saurait persister longtemps encore, car
le Conseil général du département de la
Seine s’est justement ému des nombreuses
plaintes des cultivateurs des environs de
Paris, et a ordonné une enquête sur les
dégradations que cause le Moineau, afin de
savoir s’il y a lieu d’autoriser sa destruction.
La Revue horticole a déjà fait connaître
les résultats de l’enquête à laquelle s’est
livré M. Paul Vincey. Quarante-six communes
se sont déclarées favorables à la destruction
de ce ravageur, et l’auteur évalue à plus de
200,000 francs la totalité de ses dégradations
dans le département de la Seine seulement.
Quel est le chiffre de ses dommages pour
la France entière? L’assimilation du Moi-
neau aux autres oiseaux nuisibles ne nous
semble plus pouvoir faire l’objet d’aucune
controverse, et nous souhaitons de voir
bientôt sa destruction autorisée pendant
toute l’année.
Les moyens ne manquent pas pour cela.
Pour les amateurs de chasse, le tir au fusil
fournira, en dehors du coût des munitions,
un sport aussi agréable qu’utile, surtout
quand on tire dans un vol. Mais c’est sur-
tout en dénichant les nids qu’on en fait pé-
rir le plus grand nombre et qu’on se débar-
rasse d’hôtes aussi incommodes.
Il y a encore les bâtons englués, le fdet, les
pièges de toutes sortes, à trébuchet ou à
ressort, et surtout le panier dit à Moineau,
sorte de nasse en osier, dans laquelle on
place un jeune qui y attire les autres par
ses cris. Et c’est un plaisir que de les voir
bêtement se presser, se disputer leur tour
d’entrée dans le panier, où ils s’entassent,
se foulent sans pouvoir en sortir. Nous en
266
SOCIÉTÉ NATIONALE d’hORTICULTURE DE FRANCE.
avons vu en campagne plusieurs douzaines
dans cette sorte de piège économique, mais
il ne faut pas en user longtemps, car les
vieux, les plus rusés, enseignent bien vite
le danger aux autres.
Enfin, et pour terminer, mentionnons
un procédé aussi ingénieux et agréable
qu’utile, qui a été récemment indiqué par
M. Lesne : il consiste tout simplement à gri-
ser les Moineaux. Pour cela, on fait tremper
du blé cuit dans de l’alcool, puis on le leur
donne en pâture. L’effet toxique ne tarde
pas à se produire et l’on voit ainsi les pil-
lards tituber, dans l’incapacité de prendre
leur essor. On peut alors s’offrir le plaisir
de les prendre à la main, pour les faire
ensuite passer à la casserole.
Mais comme il en revient sans cesse de
nouveaux, il faut naturellement mettre les
plantes ou les fruits les plus précieux à
l’abri de leurs ravages. Et c’est alors qu’on
a recours aux cages ou aux filets, d’une
efficacité certaine, il est vrai, mais trop
coûteux pour qu’on puisse les employer
d’une façon générale. Quant aux épouvan-
tails de toutes sortes : pantins, moulinets,
fils de laine et autres engins, ils s’en jouent
avec la plus grande désinvolture au bout
de quelques jours, sauf un cependant, que
nous avons vu employer avec succès dans
les cultures de la Maison Vilmorin. Il se
compose de morceaux de verre cassés, sus-
pendus le long d’une corde ou d’un fil de
fer, assez près pour qu’ils se heurtent sous
la poussée du vent. Leur miroitement au
soleil et surtout le son vibrant que rend
leur choc est tout à fait particulier et éloigne
sans cesse les Moineaux les plus hardis. La
meilleure manière de suspendre les mor-
ceaux de verre est de pratiquer, à l’aide
d’un diamant ou même d’une pince, une
petite entaille de chaque côté de la partie
la plus étroite, pour donner prise à l’attache,
qu’on fait avec du fil de fer mince et souple,
en serrant le plus possible pour qu’ils ne
puissent tomber. S. Mottet.
SOCIÉTÉ NATIONALE D’HORTICULTURE DE FRANCE
SÉANCE DU 13 MAI 1897
Floriculture.
La maison Vilmorin-Andrieux et C>e conti-
nue la présentation de ses plantes alpines,
qu’elle fait tous ses efforts pour rendre horti-
coles. Presque toutes celles qu’on nous montre
proviennent de semis. S’il en est qui soient
encore difficiles à cultiver, a dit M. Mottet à la
compagnie, (c il suffit de les aimer et de les
observer avec sollicitude pour leur arracher le
secret de leur culture. » Noté entre autres ;
VAsfer alpinus, V Androsace lactea, le Saxi-
fraga umbrosa vera, le Ranunculus Thora,
le Trollius caucasicus, le Gypsophila ceras-
toides, le Jasione humilis, etc.
Les Ancolies hybrides des mêmes présenta-
teurs sont très-admirées, ainsi que les Pensées
à grandes macules de M. Falaise et le Bégonia
lucida variété Anne Basset , obtenu par
M. Page.
Orchidées.
Un fort lot de M. Dallé, en belle culture,
attire tout d’abord l’attention : les Miltonia
vexillaria , Cypripedium caudatum, Cattleya
Mossiæ imperialis, Lælia purpurata et sa va-
riété rosea, Odontoglossum Andersoni, O.
HailÜ xanthoglossum^ Vanda Veitchii et Co-
chlioda Nœzliana grandiflora, y sont remar-
quables d’ampleur.
Dans l’apport important de M. O. Doin, on
admire surtout un O. Pescatorei qui porte
97 fleurs ! puis un O. polyxanthum très beau,
tacheté de marron foncé sur fond jaune, un
Trichopilia suavis alba^ jolie petite plante
aux divisions frangées, blanches ; un Epiden-
drum Stamfordianum^ un Saccolobium cur-
vifolium, etc. Mais la plante la plus rare y est
sans contredit le Cattleya Mossiæ amæa gran-
diflora, superbe variété à labelle très grand,
allongé, très-coloré.
M. Bert, de Bois-Colombes, présente un
Cattleya Mossiæ remarquable par la blancheur
de sa marge, un Cypripedium bellatidum,
toujours curieux, et un Odontoglossum, hy-
bride naturel du groupe des O. Ruckerianum.
M. Thibaut, jardinier de M. Libreck, pré-
sente un Saccolabium ampullaceum, un iVa-
nodes Mantini, un Oncidium Janeirense
et un beau Cattleya Mossiæ.
Mais les nouveautés, comme les raretés, nous
paraissent résider surtout dans les plantes sui-
vantes :
Un Lælio-Cattleya Margaritæ (L. grandis
X C. Mossiæ variabilis) ; cette fécondation,
obtenue par M. Mantin, n’a pas encore été si-
gnalée ; elle présente quelques affinités végéta-
tives avec le Lælia grandis tenebrosa, mais
possède la couleur et l’ampleur florales du
C. Mossiæ,.
2’ Les Cattleya de M. Piret : C. Mossiæ
grandiflora, C. Mossiæ alba Wagneri et
C. Mossiæ alba variabilis ;
3“ Un fort beau Cattleya Mossiæ, de
I |M ■W.-.^WIW ^ I- WP|»>.‘|^LJJP< I
CORRESPONDANCE.
267
M. Gauthier, jardinier de M. le D»‘ Fournier ;
la coloration violet évêque du labelle est nette-
ment arrêtée, comme par une ligne droite, à
la naissance de la gorge ;
4“ Sept Cattlei/a Mendeli, de MM. Duval et
fils, spécimens d’élite triés dans une grande
quantité de plantes de cette espèce. Il s’y
trouve des labelles d’un pourpre éclalant.
Puis aussi, des mômes, un Pachystoma
Thompsonianwn.
Enfin, M. Lavanchy, jardinieiNchef de l’École
de médecine, avait apporté des Anæclochilus
dont le feuillage est si ornemental; A discolor
et A. Rivieri, selon les uns ; ou plutôt A. Daiv-
soniiy selon les autres.
Arboriculture d’ornement
M. Lemoine, à Nancy. C’est donc une ques-
tion de controverse horticole aujourd’hui élu-
cidée. •
Au môme Comité, la maison Simon (Louis)
frères, de Plantières-lez-Metz, avait envoyé le
Spartocytisiis albus, sorte de Genêt blanc ;
le Cytisus purpuveus et le C. elongatus major,
un Nuitallia cerasiformis à tleurs herma-
phrodites, des Ribes, des Erables, etc.
M. G. Boucher présentait la Rose panachée
de Bordeaux, nouveauté issue de la variété
de Madame Georges Desse, et M. Desfossé -
Thuillier, d’Oiléans, une magnifique Pivoine
en arbre. Comtesse de Tuder, à fleur très-
pleine, d’un ton chair très-chaud, ainsi que des
rameaux fleuris de Vihurnum plicatum
tomentosum.
C’est ici peut-être que réside la plus grande
somme d’intérêt de toute la séance, avec la
communication de M. Henry, chef des cultures
au Muséum d’histoire naturelle. M. Henry
présentait plusieurs espèces de Lilas et leurs
croisements :
lo Syrmga Emodirosea ou Lilas deBretsch-
neider, epèce caractérisée par l’ampleur de
son feuillage et de ses inflorescences qui sont
toujours terminales, solitaires, et qui s’épa-
nouissent à l’extrémité des jeunes pousses de
Tannée, lorsqu’elles portent déjà une dizaine
de feuilles ;
2° Syringa Josikæa ou Lilas de Hongrie,
remarquable par sa coloration d’un violet très-
foncé ;
3» Syringa persica laciniata, forme à fleurs
blanches, tardives ;
4® S. Emodi rosea X S. Josikæa, pré-
cieuse acquisition horticole, car elle possède à
la fois l’ampleur végétative du premier et la
belle coloration du second ;
5» L’hybride inverse : S. Josikæa X S.
Emodi rosea, de coloris notablement moins
vif que le précédent.
M. Henry a fait remarquer en même temps
que le croisement du <S. vulgaris avec le
S. persica laciniata avait donné, au Muséum,
le S. dubia. La Revue horticole ‘ a déjà si-
gnalé que le même fait s’était produit chez
Arboriculture fruitière.
M. Congy, chef des cultures potagères du
domaine de Ferrières, était seul présentateur,
avec deux beaux Pêchers cultivés en pots, et
portant de beaux fruits de la Précoce de Haie.
Culture potagère.
Enfin! plusieurs présentations intéressantes
cette fois. D’abord, de MM. Vilmorin-Andrieux
et Cic, vingt-quatre variétés de Radis et un
panier portant six pots de la Fraise Saint-
Joseph, nettement remontante. Il faut savoir
gré à la maison Vilmorin d’avoir distingué et
reproduit cette utile nouveauté de 1894, qui
fut alors présentée par Tabbé Thivollet.
Puis un Pois très-hâtif, à grain vert, parais-
sant voisin du Pois Express, mais remarqua-
blement plus hâtif que ce dernier. Le présen-
tateur, M. Gravereau, nous le montrera de
nouveau Tannée prochaine, avec des variétés
hâtives en comparaison, semées en même
temps et soumises à la même culture.
Enfin, de M. Goulas, maraîcher à Croissy,
deux Melons de la variété dite de 28 jours
Ils ont été récollés sur des pieds semés sur
couches dans la deuxième quinzaine de dé-
cembre. Voilà des « 28 jours » augmentés
d’un sérieux « rabiot ». H. Dauthenay.
CORRESPONDANCE
r N° 3822 (Seine-et-Oise). — Les racines du
I Kentia sont bien saines, et les amas que vous
r avez observés sont constitués par une croûte
épaisse de gypse déposée sous la forme d’un
[' manchon autour des radicelles dans la région
L absorbante. Ce dépôt est dû à ce que Teau d’ar-
b rosage est très gypseuse et que les racines ab-
I sorbant une plus grande proportion d’eau pui e
L que de gypse, ce dernier se dépose autour
p. des racines.
Ë Vos Palmiers sont cependant malades, et la
k
’ Voir Bévue horticole, 1897, p. 52.
\À
maladie qui siège dans les feuilles paraît être
due à un champignon parasite appartenant au
genre Phoma. Nous ne pouvons pas spécifier
davantage en raison de l’état d’imperfection des
fructifications. Pour détruire ce parasite vous
devrez faire des pulvérisations à la bouillie bor-
delaise ou à la bouillie bourguignonne. — Les
pulvérisations devront avoir lieu sur les plantes
sainescommesurlesplantes malades. — (L.-M.)
N" 3Ï11 {Maine-et-Loire). — La Rose dont
vous nous avez adressé un échantillon est
Vldéale, très-jolie variété sarmenteuse de la
268
CORRESPONDANCE.
série des coloris jaunes nuancés. Le caractère
que vous nous signalez, de fleurir en abon-
dance et par « paquets » est précisément celui
qui lui est propre, surtout lorsqu’elle est,
comme la vôtre, exposée au midi. — ( H. D.)
No 5,515 (Roumanie). — Pour détruire
les courtilières, commencez par entourer vos
carrés ou vos plates-bandes avec des planches
posées sur champ et enfoncées de 7 à 8 cen-
timètres dans la terre. Ne joignez pas les bouts
des planches, mais intercalez, entre ces bouts,
des pots à fleurs vides, d’au moins 14 centi-
mètres de diamètre. Enterrez ces pots à 7 ou
8 centimètres plus bas que le niveau du sol.
La nuit, les courtilières en forant leurs gale-
ries, viendront se heurter contre les planches ;
elles les suivront et viendront tomber au fond
des pots d’où elles ne pourront pas remonter.
Puis, si les ravages continuent, il faudra
après chaque récolte ou après chaque arra-
chage de fleurs, ratisser le terrain, enlever
tout le dessus à la pelle, et bien lisser la sur-
face du sol ainsi baissée de quelques centi-
mètres, avec le dos du riUeau. Les courtilières
alors s’enfonceront dans leurs galeries en les
creusant davantage ; elles trahiront ainsi leur
présence par de petites buttes de terre, que
vous pourrez compter à une près. Alors, il
faudra dégager l’entrée de toutes les galeries
avec le doigt, et verser dans ces galeries, avec
un arrosoir à long goulot, de l’huile lourde ou
de l’huile de gaz, que l’on peut trouver à bon
marché. Les courtilières remonteront instan-
tanément à l’air en mourant. S’il en est qui
courent encore un peu, il sera facile de les
écraser.
Enfin, en septembre-octobre, époque à la-
quelle la ponte a eu lieu, les galeries peuvent
contenir non seulement des insectes parfaits et
des larves, mais aussi d’incroyables quantités
d’œufs, surtout dans les terreaux de couches.
Il faut alors renouveler en grand l’opération
précitée. Lorsqu’on relève les terreaux pour
les mettre en tas, il faut préalablement, à la
mise en tas, les étaler au grand air et les
exposer ainsi étalés aux effets de la gelée. Ni
insectes, ni larves, ni œufs ne survivent aux
grands froids. — (H. D.).
No 5451 {Italie). — Les étiquettes chro-
molithographiées qui sont collées sur les pa-
quets de semences sont aujourd’hui, en effet,
beaucoup plus répandues qu’elles ne l’étaient
il y a quelques années. La maison Vilmorin-
Andrieux et Gi^ a fabriqué elle-même les
siennes. Les autres maisons, nombreuses au-
jourd’hui, qui se servent d’étiquettes similaires,
s’adressent, pour se les procurer, à des fabri-
cants spéciaux dont voici les noms et les
adresses, tout au moins pour Paris : Marin,
rue Sylvanie, à Saint-Maur-des-Fossés, et De-
vrès, 12, rue Lagrange, à Paris. Nous ne con-
naissons pas les fabricants de la région lyon-
naise ni ceux de la Belgique. A Paris, les
principales maisons de commerce de graines
qui, à l’exemple de la maison Vilmorin, em-
ploient les sachets coloriés sont : MM. Cayeux et
Leclerc (successeurs de Forgeot et G'c), Thié-
bautaîné, Thiébaut-Legendre, Chouvet, Glausse
(successeur de Lecaron et de Paul Tollard),
Delahaye, Dingeon, Roquet (successeur de
Delaville), Dupanloup et G*®, Larocque, etc.
No 3087 {Alpes-Maritimes). — Vous ne
pouvez guère mieux trouver, pour garnir vos
murs, que le Bignonia Unguis, qui s’accroche
de lui-même avec les vrilles de ses feuilles.
Vos talus seront garnis avec les deux grandes
Ficoïdes {Mesembrianthemum edule et M.
acinaciforme) . Ge sont deux plantes très ré-
pandues dans le Midi, dont une à fleur blanc-
jaunâtre ou rosé, et l’autre à corolles d’un vio-
let pourpre admirable ; elles ne s’épanouissent
qu’au soleil, et ont une végétation luxuriante
que n’arrête aucune sécheresse.
iV" 3108, L. M. {Ardennes). — Votre plante
est le Vanda teres et non une autre espèce.
Seulement il se présente des variétés plus ou
moins belles et la vôtre peut être classée dans
les meilleures par la grandeur des fleurs et la
coloration du labelle. G’est la variété nommée
aurorea, caractérisée par des sépales blancs,
des pétales blancs teintés de rose, la gorge
couleur ocre avec lobes rosés ayant deux rangs
de marques pourprées et la colonne rosée.
M. L. B. (Corrèze). — Nous avons reçu le
Gitron contenant des graines germées que vous
nous avez adressé. Ge cas se présente de temps
en temps sur des fruits pendants sur l’arbre,
lorsque les graines sont très-mûres et que la
température extérieure est élevée. Mais le fait
que vous signalez est curieux pour une région
froide comme la vôtre. Sous les tropiques,
nombre d’espèces présentent cette particula-
rité. L’un des plus singuliers végétaux, sous ce
rapport, est le Manglier ou Palétuvier {Rhizo-
phore Mangle) dont les fruits germent régu-
lièrement sur l’arbre, laissant pendre de lon-
gues radicules du plus bizarre effet.
ili'iie M. G. (Puy-de-Dôme). — Le Rhus
integrifolia est un arbuste originaire de Gali-
fornie, où il a été découvert à San-Diego par
Bolander. Il en existe une variété qui diffère
du type à feuilles entières par des feuilles den-
tées en scie. La plante est décrite par Engler
{in DC. Mon- phaner. IV, 387). Elle est rare
dans les collections européennes à l’état vivant.
Rustique sur la côte méditerranéenne, elle de-
mande la serre froide sous votre climat.
Orléans. — lmp. G. Jacob, Paul Pigelet, successeur.
Le Directeur-Gérant t L. Bourguignon.
CHRONIQUE HORTICOLE.
269
CHRONIQUE HORTICOLE
Mérite agricole. — Exposition de la Société nationale d’horticulture de France. — Sur la pollinisation
des Cannas italiens. — Affection morbide des Lilas. — Notice à l’usage des émigrants en Tunisie. —
Cyclamen Papilio. — Araucaria imbricata. — Ouvrages reçus : Les maladies des plantes causées
par les parasites végétaux, par M. Prillieux ; Album fur Teppichgàrtnerei, par M. Gôtze. —
Expositions annoncées. — Nécrologie: MM. Doumet-Adanson et Aristakes Azarian Effendi. —
Erratum.
Mérite agricole. — A l’occasion de
l’exposition annuelle de la Société nationale
d’horticulture de France et de la visite du
Président de la République à cette exposi-
tion, la décoration du Mérite agricole a été
conférée, par décret rendu sur la proposi-
tion du président du Conseil, ministre de
l’agriculture, et par arrêté en date du 2 juin
courant, aux personnes ci-après désignées :
Grade d'officier.
M. Lévéque, horticulteur à Ivry-sur-Seine, con-
seiller général de la Seine ; lauréat de nom-
breux concours et expositions. Officier de la
Légion d’honneur.
Grade de chevalier,
MM.
Lambert (Eugène), jardinier-chef à l’hospice
de Bicêtre (Seine) : bonne tenue d’une im-
portante exploitation potagère. Plusieurs
récompenses dans les expositions d’horticul-
ture ; 20 ans de pratique horticole.
Guion (Pierre-Auguste), constructeur d’appa-
reils de chauffage de serres, à Paris : inven-
tion de divers appareils de chauffage.
Membre du jury et lauréat de nombreuses
expositions; 25 ans de pratique.
Exposition de la Société nationale
d’horticulture de France. — C’est aux
Tuileries, comme l’année dernière, que s’est
tenue l’Exposition de la Société nationale
d’horticulture de France, du 2 au 7 juin ;
et le succès de cette fête horticole, si appré-
ciée du public parisien, a été complet.
C’est tout ce que nous avons à constater
ici, lais.sant à nos collaborateurs, MM. Dau-
thenay et Ringelmann, le soin de rendre
compte de ses diverses parties.
Voici la liste des hautes récompenses at-
tribuées par le jury spécial :
Grand prix d’honneur.
Objet d'art offert par M. le Président de la
République : MM. Croux et fds, pour Arbustes
à feuillage persistant.
Prix d’honneur.
Objet d'art offert par le Ministre de Vlns-
16 Juin 1897
truction publique et des Beaux-Arts : M. Fat-
zer, pour Fruits forcés.
Médaille d" or du Ministre de V Agriculture ;
MM. Lévéque et fils, pour Rosiers.
Médaille d’or du Ministre de V Agriculture :
M. Bert (Elienne), pour Orchidées.
Prix du département de la Seine : MM. Yil-
morin-Andrieux et C'*-', pour Légumes.
Prix de la ville de Paris : Société de se-
cours mutuels des Jardiniers de la Seine, pour
Légumes.
Médailles d’honneur.
Prix des Dames patronnesses : M. G. De-
brie (maison Lachaurne), pour Bouquets et
Garnitures.
Prix de MM. de Vilmorin : M. Jjebaudy
(Robert), pour Plantes de serre (amateur).
Prix de M. Lecoq-Dumesnil : MM. Vilmo-
rin-Andrieux et Gie^ pour dispositions de mas-
sifs de Plantes annuelles.
Prix du maréchal Vaillant : MM. Bergerol,
SchA'arfz et Meurer, pour Serres et Grilles.
Prix du docteur Andry : M. Simon (Charles),
pour Phyllocactus.
Prix Joubert de l'Hiberderie : MM. Billard
et Barré, pour Cannas.
L’objet d’art offert par le Comité de l’art des
Jardins a été attribué à M. Philippon (Louis),
pour Constructions rustiques.
Le Jury adresse ses plus vives télicitations à
M. Opoix, jardinier en chef du Luxembourg,
pour son magnifique lot de Plantes de serre
variées.
Nos lecteurs trouveront plus loin la liste
des récompenses décernées à V Horticulture,
et dans le prochain numéro celle des récom-
penses décernées aux Arts et Industries
horticoles.
Sur la pollinisation des Cannas
(( italiens », — En publiant [Rev. hort.,
1895, p. 516) nos premières notes sur les
Canna Italia et Austria, dits Cannas
« italiens », qui ont tant fait parler d’eux
et qui ont résisté victorieusement à toutes
les critiques, nous avions insisté surl’oppor-
tunité de croiser ces variétés entre elles
et avec celles dites « race Crozy », pour
en obtenir des fleurs plus consistantes.
12
270
CHRONIQUE HORTICOLE.
M. Ferdinand Cayeux nous écrit la lettre
suivante, qui prouve qu’il partage notre
manière de voir et qui ajoute une observa-
tion personnelle très- intéressante :
Monsieur le Rédacteur en chef,
Comme tous ceux qui suivent astentivement
les progrès incessants des obtenteurs dans l’un
des plus beaux genres si travaillés, pendant
ces dernières années, j’ai lu avec beaucoup
d’intérêt la note que vous avez consacrée, dans
le dernier numéro de la Revue horticole, au
Canna américain nouveau Burhank.
Il est un fait évident, c’est que les variétés
de Cannas mises au commerce et annoncées
comme provenant de croisements des Cannas
florifères « race Crozy » et du Canna flac-
cida ont donné des plantes remarquables tant
par leur vigoureuse et belle végétation que
par la grandeur de leurs fleurs.
Au point de vue de leur valeur ornementale,
comme plantes à grouper ou à isoler en plein
air, on leur reproche avec raison, à mon avis,
de n’épanouir que quelques fleurs à la fois,
lesquelles durent très-peu, probablement par
suite de leur contexture fragile.
Ces critiques sont justes, si l’on considère
les plantes végétant en plein air sous le climat
de Paris, sous celui de l’Ouest, du Centre ou
même du Sud-Est de la France, mais en Pro-
vence, par exemple, les reproches ci-dessus
s’atténuent déjà, et sous une latitude rappelant
leur lieu originaire, il est incontestable que ce
sont de jolies plantes. C’est donc, je crois, une
question de milieu.
Peut-être, comme vous le dites fort juste-
ment, par sélection arriverait-on à posséder,
pour cette catégorie de Canna, des variétés à
fleurs plus résistantes et à floraison plus abon-
dante.
Quant à essayer d’obtenir ces résultats par
hybridation (et il est bien entendu que j’ai seu-
lement ici en vue les deux variétés Itàlia et
Austria), je doute qu’on y parvienne par la
raison que les deux plantes sont infertiles,
leur pollen n’est pas déhiscent, et si on apporte
sur les stigmates du pollen d’une autre espèce
ou variété, les ovaires grossissent quelquefois,
mais jamais on n’obtient de graines fertiles.
Ces observations, que j’ai pu faire l’an der-
nier dans nos cultures, m’ont été confirmées
par bon nombre de collègues, placés sous di-
vers climats, notamment par mon frère,
M. Henri Cayeux, à Lisbonne, et la présente
n’a d’autre but que de porter ces constatations
à la connaissance des nombreux lecteurs de la
Revue.
J’apprendrais avec plaisir que l’un d’eux a
été plus heureux que nous.
Ferd. Cayeux.
Il nous reste un mot à ajouter à l’obser-
vation de M. F. Cayeux sur la stérilité du
pollen dans les anthères de ces Cannas,
c’est qu’il faudrait savoir maintenant si ce ‘
phénomène se produit dans d’autres ré- ^
gions et surtout à Naples, où ces belles
plantes ont pris naissance et ont fourni
toute une série de même allure. Nous
entretiendrons nos lecteurs de l’enquête
que nous faisons sur ce sujet.
Affection morbide des Lilas. — A
propos de la nouvelle maladie des Lilas,
mentionnée dans la chronique de la Revue
horticole du 16 mars dernier, un grand
pépiniériste de la région parisienne nous
a appris que le mal a pour cause un Cham-
pignon, qui forme des taches souvent cicu-
laires sur les branches, au-dessus du ni-
veau du sol. Celles qui sont ainsi atteintes
ne fleurissent pas, ce qui explique pourquoi
les Lilas malades ont certaines branches
qui fleurissent normalement, alors que les
boutons des autres se dessèchent et tom-
bent au lieu de se gonfler et fleurir.
Les Lilas greffés et élevés en pots ne
sont pas seuls atteints, car on a observé la
maladie sur les Lilas de Marly élevés en
pleine terre pour le forçage et c’est surtout
sur les pieds qui ont été enjaugés et qui
sont restés en plein air pendant une partie
de l’hiver que le mal est le plus intense.
Cela se comprend facilement, les Champi-
gnons parasites se développant surtout
sous l’influence de l’humidité et d’une
température douce. Les Lilas arrachés et .
mis au sec sous des hangars, comme le
font les véritables forceurs, n’ont presque
pas souffert, tandis que les Lilas greffés
nains et élevés en pots, qu’on laisse habi-
tuellement en plein air jusqu’à leur rentrée
en serre, ont, au contraire, été fortement
atteints.
Le remède s’indique donc de lui-même ;
il faut rentrer de bonne heure sous abri
tous les Lilas destinés au forçage et ne pas
craindre de les tenir secs, car on voit que
cette dessication partielle, que les forceurs ■;
poussent jusqu’à un degré invraisemblable,
rend la floraison plus hâtive, plus certaine
et plus belle.
Quant à la connaissance scientifique du
parasite, on ne sait encore rien ; c’est donc
un nouveau champ d’études ouvert à la
sagacité des cryptogamistes.
A
Notice à l’usage des émigrants en ^
Tunisie. — Le directeur de l'agriculture
et du commerce en Tunisie, M. Dybowski,
vient de publier une notice destinée à ren- 7
seigner, aussi exactement que possible, les ^
CHRONIQUE HORTICOLE.
271
cultivateurs français désireux d’émigrer en
Tunisie. La brochure est envoyée gratuite-
ment à tous ceux qui la demandent à la
' Direction de l’agriculture et du commerce,
22, rue d’Angleterre, à Tunis, ou à l’Union
coloniale, 56, rue de Provence, Paris. C’est
une notice très-intéressante et qu’on con-
' sultera avec profit, tous les renseignements
; désirables s’y trouvent. Ajoutons qu’il est
regrettable que, depuis longtemps, on n’ait
pas fait, pour l’Algérie, ce qu’on a fait pour
la Tunisie presque au début du protectorat.
M. Dybowski a été bien inspiré en publiant
ces renseignements et en les mettant à la
disposition de tous.
Cyclamen « Papilio ». — Cette nou-
velle forme de Cyclamen a été obtenue par
M. de Langhe-Vervaene. Elle est issue du
Cyclamen persicum var. giganteum, par
suite d’un « sport » ou accident tératolo-
gique fixé. L’obtenteur est parvenu à ce
-- résultat après une sélection suivie depuis
douze ans. Les divisions pétaloïdes de la
fleur sont élargies et étalées en éventail.
Elles sont légèrement contournées à leur
partie supérieure, dont les bords sont
(franchement frangés, à l’instar de la Pri-
mevère de Chine à fleur frangée. Si,
/ lorsque les graines de cette nouvelle forme
I seront répandues dans le commerce, elles
I reproduisent en proportions convenables
j les caractères indiqués ; si, d’autre part, on
a la chance qu’il en soit ainsi pour cet
i autre accident fixé, le Cyclamen à fleurs
! ^ (( cristées », l’horticulture sera dotée dé-
I ’ fînitivement de deux races de Cyclamens
I / qui ne manqueront pas d’attrait.
Araucaria imbricata. — Le Gardeners’
: Chronicle a récemment publié une belle
^ figure représentant un grand exemplaire de
cette remarquable Conifère, malheureuse-
{V ment arraché par un ouragan le 3 mars
dernier en Angleterre. L’arbre avait été
5 planté en d 832, il mesurait 20 mètres de
l ’ ^ hauteur et son tronc avait 1 mètre de dia-
. "t; mètre à la base.
Les Araucaria imbricata de proportions
comparables à celles indiquées ci-dessus ne
sont pas très-rares en Angleterre ; on en
connaît même de taille respectable sur le
littoral nord de l’Océan, notamment en Bre-
tagne. Mais, au delà de ces régions, où l’air
est constamment et fortement chargé d’hu-
midité, on n’en voit plus, à moins qu’ils ne
soient tout récemment importés et alors de
% proportions m.oindres et ne donnant pas
du tout l’idée du caractère imposant que cet
arbre revêt avec l’âge. L’air de notre climat,
surtout pendant l’été, est absolument trop
sec pour lui ; c’est là la cause de l’insuccès
de sa culture dans la plus grande partie de
la France, et même plus au nord que la ré-
gion parisienne.
La preuve en est faite depuis longtemps,
car des amateurs désireux de posséder cet
arbre magnifique dans leurs parcs ont par-
fois fait des sacrifices considérables pour en
importer de beaux exemplaires, mais ils
ont tous péri plus ou moins rapidement.
C’est que de toutes intempéries contre
lesquelles le jardinier doit lutter, l’humi-
dité atmosphérique est celle vis à- vis de
laquelle il est complètement désarmé, quand
il s’agit du plein air.
Nous n’avons donc qu’à faire notre deuil
de y Araucaria imbricata ; bien d’autres
plantes sont, du reste, incultivables chez
nous, soit par suite du manque d’humidité
dans l’air pendant l’été, ou de son excès
pendant l’hiver.
OUVRAGES REÇUS
Maladies des plantes agricoles et des
arbres fruitiers et forestiers causées par des
parasites végétaux, par Ed. Prillieux, profes-
seur à ITnstitut agronomique. — 2 vol. in-8
brochés. Prix 12 fr. à la librairie Firmin-
Didot.
L’étude des maladies cryptogamiques des
plantes cultivées a pris une grande extension
depuis une vingtaine d’années. En nous faisant
connaître exactement le mode de vie et les
conditions de développement de chaque para-
site, elle est la base de toutes les recherches
relatives aux procédés de préservation et aux
modes de traitement. L’ouvrage de M. Pril-
lieux permettra à ceux qu’intéressent ces re-
cherches d’aborder avec fruit l’étude des
parasites cryptogames, causes de si nombreuses
maladies chez nos plantes cultivées.
On se figure volontiers ces études comme
exigeant des aptitudes tout à fait particulières.
Il n’en est rien. 11 suffit d’être observateur, de
savoir manier un microscope et de posséder
des notions exactes sur l’organisation des
plantes pour s’initier, à Taide d’un guide tel
que fouvrage dont nous parlons, aux phéno-
mènes souvent compliqués de la vie des Cham-
pignons parasites.
M. Prillieux donne au débutant d’excellents
conseils pour la préparation et l’examen des
coupes. La partie descriptive de l’ouvrage,
consacrée presque entièrement aux Champi-
gnons parasites, est illustrée de figures nom-*
breuses, claires et instructives. L’auteur a
fait d’ailleurs la part qui convenait aux mala-
dies bactériennes et à celles causées par le»
272
CHRONIQUE HORTICOLE.
parasites phanérogames. Dans la plupart des
cas, il indique les moyens de combattre le
mal.
Album für Teppichgàrtnerei und Grup-
penpflanzung. — M. Karl Gotze vient de pu-
blier, chez M. Ludwig Muller, à Erfurt, un
recueil petit in-folio contenant une série de
nombreux dessins relatifs à ce que l’on appelle
en France la « Mosaïculture » et qu’en Alle-
magne on a beaucoup développé récemment
sous le nom de Jardinage Tapis [Teppichgart-
nerei). On y trouve 300 plans et 366 gravures
clairement dessinés, numérotés, avec les listes
de plantes correspondantes. Pour faciliter son
emploi dans divers pays, un vocabulaire donne
les noms jardiniques usités en Allemagne,
France, Angleterre, Italie et Hollande.
EXPOSITIONS ANNONCÉES ^
Avranches, du 9 au il juillet. — La So-
ciété d’horticulture d’Avranches organise une
exposition qui aura lieu à Avranches, dans
le jardin de la Société, du 9 au 11 juillet pro-
chain.
Le programme comprend 31 concours : lé-
gumes, fruits, floriculture de pleine terre et
deserres, industries horticoles.
Adresser les demandes concernant l’exposi-
tion à M. le président de la Société d’horticul-
ture à Avranches.
Meaux, du 26 au 21 septembre. — La So-
ciété d’horticulture de l’arrondissement de
Meaux organise une exposition horticole qui
aura lieu à Meaux, place Lafayette, du 25 au
27 septembre.
H n’est pas établi de programme de concours.
Les apports sont classés dans douze sections et
chaque apport concourra pour sa valeur artis-
tique.
Adresser les demandes pour exposer, au
plus tard le 17 septembre, au président de la
Société d’horticulture à Meaux.
Vincennes, du 22 au 30 août. — La Société
d'horticulture de Vincennes organise une
grande exposition générale des produits de
l’horticulture qui se tiendra à Vincennes du 22
au 30 août.
Le programme comprend huit sections sans
indication de concours.
Les demandes d’admission devront être adres-
sées avant le 16 août à M. Ghapuis, 101, rue de
Fontenay, à Vincennes (Seine).
Nécrologie : M. Doumet-Adanson. —
Un des amateurs les plus distingués de
l’horticulture française, M. Doumet-Adan-
son, président de la Société d’horticulture
* La Revue horticole annonce les expositions
générales ou partielles dont le programme est
adressé au Rédacteur en chef, 26, rue Jacob,
Paris.
de l’Ailier, vient de mourir presque subite-
ment, à l’àge de 61 ans, au retour d’un
voyage qu’il avait fait en Corse en compa-
gnie de MM. Maurice et Philippe de Vilmo-
rin. Propriétaire du beau parc de Haleine,
dans l’Ailier, héritier de ce beau nom
d’Adanson qui a marqué dans la botanique
et l’agriculture de notre pays, cet homme
de bien, ce savant distingué avait rendu de
signalés services à la science des plantes et
à la sylviculture. Sa mort est une perte
très-sérieuse, et sa mémoire mérite que
nous revenions, plus tard, sur la descrip-
tion de ses principaux travaux. Notre der-
nier numéro contenait la mention d’une
récente communication de lui à la Société
nationale d’agriculture, sur l’utilisalion des
jeunes fruits du Citrus triplera.
Aristakes Azarian Ejfendi. — C’est un
amateur enthousiaste de l’horticulture qui
est mort le 18 mai, en Turquie, à un âge
avancé. Ses collections de Buyukdéré, sur
le Bosphore, étaient dirigées avec une
grande compétence par le jardinier-chef,
notre correspondant M. Dekkers, et étaient
très-riches en Palmiers, Orchidées, etc.
Mais c’est surtout dans la culture et la fruc-
tification des végétaux fruitiers des tro-
piques qu’il avait obtenu les plus beaux
résultats. Nous pouvons citer notamment,
comme ayant fructifié chez lui, les Anona
squamosa et A. Chcrimolia, A. Che-
rimolia Joxensis, A. muricata, Averrhoa
Carambola et A. Bilimbii, Carissa gran-
dijlora, Carica Papaya et C. cundina-
marcensis^- Cookea punctata, Chryso-
phyllum lanceæfolium, Jambosa vulga-
ris, J. aquea et J. malaccensis, Pliyllo-
calyx eduliSf différentes sortes de Psidium^
Peroea gratissima, Nephelium longanum,
différentes sortes de Musa et de Citrus de-
cumana, les Stauntonia latifolia et hexa-
phylla, Spondias tuberosa, Vanilla pla-
nifolia, Eriobotrya japonica, Kakis du
Japon, etc., etc.
Espérons que cet exemple sera suivi par
ses successeurs.
Erratum. — Une faute d’impression a
été commise dans l’article de notre collabo-
rateur, M. Marc Micheli, sur l’Exposition
horticole de Florence, page 242, au bas de
la colonne de droite. Au lieu de : « MM. Ba-
viot, à Lausanne », il faut lire : « MM. Bar-
riot, père et fils, architectes-paysagistes à
Lyon et à Lausanne ».
Ed. André.
PANICUM TONSUM.
273
PANICUM TONSUM
J’ai reçu cette jolie Graminée (fig. 98) de
MM. Dammaim et G'®, horticulteurs à San
Giovanni a Teduccio, près Naples. Bien
qu’elle soit vivace, elle a été cultivée comme
annuelle et s’est montrée fort élégante
lorsque se sont développées ses panicules de
fleurs à glu-
mes rouge fon-
cé violacé, fine-
ment soyeuses.
La plante,
originaire de
l’Afrique aus-
trale, a été dé-
crite parNees ^
comme un Tri-
cholæna, mais
elle n’est qu’u-
ne des très-
nombreuses
espèces du
genre Pani-
ciim, un des
plus fournis de
tout le règne
végétal.
Description :
Plante vivace à
racines fibreu-
ses d’où s’élan-
cent des chau-
mes velus, grê-
les, hauts de
60 centimètres
à i mètre, ra-
meux à la base
et infraclés vers
les premières
articulations tu-
méfiées, d’où
partent des gai-
nes hérissées ou
barbues. Feuil-
les longues, linéaires, acuminées, raides, sca-
bres, glaucescentes. Inflorescence en panicule
lâche, composée de fleurs éparses sur des
ramilles flexueuses et pubescentes ; épillets
laineux longs de quelques millimètres seule-
ment; glume inférieure très-petite, la supérieure
et la valvule inférieure du glomérule mâle
portant des soies au-dessous du sommet bifide,
les parcelles laineuses du milieu plus longues,
j mais dépassant à peine le sommet de la soie ;
1 Nees, Fl. afr. anstr., T, 16. — Steudel,
plant. Gramin., 92.
S\jn
fleurs hermaphrodites d’un tiers plus courtes
que les mâles, lisses et glabres.
J’ai essayé cette plante de diverses ma-
nières pour l’ornementation du jardin. En-
tourant une corbeille de Cannas, son feuil-
lage était trop grêle, et ses tiges devenaient
trop longues et
décombantes
sous l’influen-
ce des arrosa-
ges abondants.
Avec des Pen-
niselum lon-
gistylum le
contraste des
panicules vio-
lacées et des
épis blancs
soyeux était
frappant, mais
les tiges se te-
naient mal et
se confon-
daient dans un
désordre inélé-
gant. Au total,
ce qui m’a sem-
blé son meil-
leur emploi a
été de mêler
ses chaumes
glaucescents et
ses inflores-
cences légères,
plumeuses et
foncées parmi
des plantes à
fleurs, comme
des Glaïeuls,
des Crocos-
mia, des Gaii-
ra, des Cassia
floribiinda, etc., en ayant soin de planter le
Panicum tonsiim un peu loin de la bordure,
pour que ses tiges scient soutenues par les
plantes voisines. En modérant beaucoup les
arrosements, la plante poussera moins, aura
un meilleur port et un aspect plus régulier.
Je conseille delà planter dans les sols un peu
maigres et sablonneux, et même dans les
rocailles peu ou pas arrosées. Ses inflores-
cences délicates font ainsi très-bon effet dans
les bouquets et gerbes décoratives des appar-
tements. Ed. André.
98. — Panicum tonsum.
Panicule de fleurs.
274
lOCHROMA TUBULOSUM.
lOCHROMA TUBULOSUM
Le nombre des plantes introduites dans
nos serres est si grand que beaucoup d’en-
tre elles ne survivent pas au bien qu’en
disent les auteurs qui les mentionnent les
premiers. Elles disparaissent plus ou moins
rapidement de la scène horticole, ne lais-
sant derrière elles que des souvenirs ense-
velis dans les recueils et parfois quelques
rares exemplaires qui s’en vont dormir dans
les jardins botaniques ou échouent chez des
amateurs qui les conservent grâce à leur
peu d’exigences, le plus souvent même
sans connaître leur nom.
Ce cas est exactement celui d’une plante
qui nous a été récemment communiquée
pour la déterminer et à laquelle nous con-
sacrons cette note, pour la faire revivre dans
l’esprit des amateurs et lui donner un
regain de popularité, ce dont elle est bien
digne.
'Ulochroma tuhulosum est un arbuste
introduit de la Colombie (Nouvelle-Grenade)
en 1843, que Lindley décrivit et figura le
premier, en 1845, dans \e Botanical Régis-
tei\ sous le nom Hahroliamnus cyaneus.
Mais Bentham en changea bientôt le nom
générique et créa pour lui le genre lo-
chroma.
Depuis, une quinzaine d’autres espèces
ont été ajoutées à ce genre et notamment
les /. fiichsioidcs, Miers, à fleurs écarlate
orangé (introduit des Andes en 1873) ;
I. grandiflora,BeïïÜi.y à fleurs d’un beau
rouge pourpre (introduit du Pérou avant
1868) et I. lanceolata, Miers., à fleurs d’un
beau bleu purpurin (introduit du Chili
en 1847). Ces espèces, décrites et figurées
lors de leur introduction, sont, comme la
précédente, sinon disparues, du moins rares
dans les cultures et n’y figurent plus guère
que comme plantes de collections.
U lochroma tuhulosum ^ est un arbuste
atteignant 2 à 3 mètres dans son pays natal, à ra-
meaux garnis au sommet de feuilles caduques,
alternes, pétiolées, ovales-oblongues, finement
1 lochroma tiibidos2Wi, Benth. , Flore des serres,
vol. 1, p. r>6, tab. 2"2; Habrohamnus cyaneus,
Liiidl. ; Bot. licy., 18t5, tab. 20.
pubescentes, vert gai, de 10 à 12 centimètres de
long et environ G de large. De juillet en sep-
tembre, se montrent au sommet des rameaux
des inflorescences en cyme composées d’une
douzaine de fleurs à pédicelles de 4 à 5 centi-
mètres de long, avec un calice court, renflé
en grelot et à cinq dents ; la corolle, d’un
beau bleu violet foncé et luisant, a un tube de
cinq centimètres environ de long, un peu bossu
au milieu, resserré à la gorge et se terminant
en un petit limbe de 3 centimètres de dia-
mètre, à cinq lobes triangulaires ; le tube
cache cinq étamines à filets insérés vers sa
base et affleurant la gorge, de même que le
style qui est simple et à stigmate capité. Le -
fruit devient une baie à pulpe mince, incluse
dans le calice persistant.
La culture de ce charmant arbuste, de
même que celle de ses congénères introduits,
est des plus faciles. L’hiver, il lui faut la
serre tempérée, mais, l’été, il prospère en
plein air, en pots ou même en pleine terre,
ce qui permet de l’utiliser pour l’ornemen-
tation des jardins, à la manière des Fuchsia,
dont son mode de traitement se rapproche
du reste. Cultivé en pots, il lui faut un mé-
lange de terre franche, de terre de bruyère
et de terreau en parties à peu près égales, .
un endroit chaud et un peu ombragé, ainsi
que de copieux arrosements pendant sa pé-
riode de végétation. Les pieds mis en pleine
terre à la fin de mai doivent être relevés et
empotés à la fin de septembre, pour les
hiverner avec ceux en pots, dans une serre -
pas trop froide et, pendant cette période
de repos, les arrosages doivent être pres-
que nuis. Au printemps, en mars par
exemple, on raccourcit un peu les pousses
de l’année précédente, on empote les plan-
tes dans de la terre neuve et on les met .
en végétation en serre tempérée ou sur :
couche.
Quant à sa multiplication, on l’effectue ‘
facilement au printemps, par bouturage -,
des jeunes pousses herbacées qui se sont
développées en serre, et que l’on fait ainsi '
sous cloches et à chaud. Ces boutures s’enra- î
cinent facilement et, bien traitées, elles four-
nissent, dans l’année même, des plantes déjà ^
très-décoratives. •>
S. Mottet.
l’exposition de la société nationale d’horticulture de FRANCE.
275
L’EXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D’HORTICULTURE
DE FRANCE
fi,
t
Les Tuileries ont vu cette année, comme
les années précédentes depuis 1894, la
grande Floralie printanière se tenir dans
l’espace compris entre la porte de la rue
de Gastiglione et la place de la Concorde,
embrassant ainsi toute la terrasse des
Feuillants et la petite Provence.
La Société nationale d’horticulture de
France avait, cette fois, fixé l’époque de
cette Exposition du 2 au 7 juin, la retardant
ainsi de dix à douze jours sur les dates
ordinairement choisies. Disons tout de
suite que les craintes que l’on avait pu
concevoir à cause de cette décision, à
l’égard de la floraison des Azalées, des
Rhododendrons et des autres genres d’ordre
plus secondaire, ne se sont pas réalisées.
Est-ce un effet de l’abaissement prolongé
de la température du dernier mois de mai,
ou bien les exposants intéressés ont-ils
réussi, par les précautions prises, à retarder
à point les éclosions précoces ? Il y a de
l’un et de Fautre. Aussi la réunion des
végétaux a-t-elle été semblable à celles
qu’on avait coutume d’admirer.
7- Dirons-nous trop semblable, meme? Oui,
au point de vue de la répétition de la plu-
'y part des grosses collections, admiraliles
d’ailleurs, mais toujours presque identiques.
II faut bien convenir que l’introduction des
y ■ nouveautés devient tellement faible, compa-
Û rativement à ce qui se passe en Angleterre
et en Belgique, que la composition de ces
collections ne peut guère en être modifiée.
y Pour ce qui concerne les plantes de serre,
à part de très-jolis semis de Crotons vus
• dans le lot de M. Dallé ; à part surtout les
- hybrides de grande valeur qui ont été
obtenus, dans les Orchidées, entre LæJia
V et Cattleya, par des semeurs tels que
' • M. Mantin, M. Maron, M. Bleu, etc., le
bagage reste mince, et c’est plutôt dans la
: , floriculture de plein air, dans ce qu’on
•; a coutume d’appeler dédaigneusement
les (( herbes à lapins » qu’il faut aller cher-
cher le plus grand nombre d’obtentions
. qui ont le plus de chances d’être adoptées.
- A ce point de vue, c’est même peut-être
là qu’est la caractéristique de l’Exposi-
tion de 1897. Et les plantes les plus sou-
vent notées par les visiteurs sont à coup
sûr les magnifiques Clématites de M. Moser,
les Boses panachées de M. Boucher, les
Cannas de MM. Billard et Barré, Charon,
Boutard, les Bégonias de MM. Urbain,
Vacherot, Buisson, etc.
Il faut bien reconnaître, d’ailleurs, que
l’Exposition tombant tous les ans à peu
près à la même époque, ce sont évidem-
ment les mêmes genres de plantes qu’il faut
s’attendre à y rencontrer.
Peut - être pourrait - on différencier les
expositions par le moyen suivant : éta-
blir un roulement entre des dates telles
que celles-ci ; du 10 au 15 mai — du 20
au 25 mai — du 2 au 7 juin — du 10
au 15 juin. Cela irait de la fin des
Tulipes jusqu’au commencement des Dah-
lias.
Sur l’ensemble de l’exposition, on se-
rait au moins assuré d’avoir quelques
variantes ; tels spécialistes lésés une année
seraient avantagés l’autre, et une exacte
régularité dans le roulement assurerait aux
uns et aux autres une participation égale.
Au point de vue des procédés, quel mobile
plus puissant inciterait les praticiens à
nous montrer leurs efïbrts, soit en culture
forcée, soit en culture retardée? Déjà, sous
ce rapport, nous avons constaté, cette fois-
ci, quelques résultats dignes de remarque.
Non seulement les Rhododendrons de
M. Croux et de M. Moser étaient impec-
cables, mais leurs Kalmias étaient empreints
d’une grande fraîcheur, et les Azalées de
l’Inde de M. Moser ne se sont fanées qu’en
même temps que les Boses, les deux der-
niers jours. Nous avons vu aussi des
Ilydrangea Otaksa, forcés en serre par
M. Boucher, et cependant pourvus de la
plénitude de leur coloris. Il y a même eu
un essai de présentation de Dahlias, de
MM. Billard et Barré. Tout cela témoigne
d’eflbrts produits pour arriver à la date
exigée, soit en ralentissant, soit en activant
la végétation.
Si nous avons émis l’appréciation que les
276
l’exposition de la. société nationale d’horticulture de FRANCE.
expositions se suivent... et se ressemblent,
ce n’est pas au point de vue de leur tracé,
ni des dispositions adoptées. En effet, il y
a eu, à cet égard, cette année, de notables
modifications. D’abord, le tracé est devenu
plus symétrique. C’est avec raison, car
rien ne favorise mieux la circulation des
visiteurs autour des lots, que ces corbeilles
rectangulaires, disposées sans pelouses, sur
quatre grandes allées, échelonnées simple-
ment les unes au bout des autres. Nous vou-
drions même voir les diflérentes sortes de
cultures encore plus scindées, et les divers
lots des mêmes genres de plantes encore plus
côte à côte.
Plus il en sera ainsi, plus les compa-
raisons seront commodes et par consé-
quent fructueuses.
Un lot de plantes de serre chaude qui se-
rait au milieu de Pélargoniums ou de
plantes annuelles me paraîtrait « un dragon
dans les lanciers ». D’ailleurs, il me semble
que les expositions sont faites pour l’instruc-
tion des visiteurs, et non pas pour leur
Fig. Ü9. — Vue deb tnassüb de plantes de serre
à l'E.vposilion de la Société nationale d’horticulture de France.
offrir le spectacle d’un jardin soi-disant
paysager, d’un goût quelquefois contes-
table, et la plupart du temps étriqué.
Est-ce à dire qu’il ne faille jamais tirer
parti de certaines situations? Loin de là.
Sous ce rapport, l’apposition du massif des
forts exemplaires de Rhododendrons de
M. Moserle long du mur de soutènement de
la terrasse est une chose heureusement
trouvée. De cette plate-forme d’où la vue
embrassait toute l’étendue de la grande
tente, on se fût volontiers cru au sommet
d’un roc féérique, aux aspérités tapissées
de fleurs. Non moins heureuse est la .
disposition du massif des plantes de serre
de M. Truffant, autour de l’Hercule de
Bosio. C’est la vue de cette partie de l’Expo-
sition que nous donnons dans la figure 99, I
vue prise sur la gauche de la terrasse et !
dirigée obliquement vers la droite, le mas- J
sif des plantes de serre de M"'® Chantin
la bordant de ce côté.
Sur la gauche, celui qui était formé des |
Orchidées entremêlées de plantes de serre |
(Galadiums, Grotons, Anthuriums) de r
M. Robert Lebaudy, des Bégonias de |'
f'
'-Jh
L'EXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d’iIORTICULTURE DE FRANCE 277
M. Cappe et des Broméliacées de M. Bavai,
était absolument charmant. Il est repré-
senté ici par la figure 100.
A notre avis, il ne manquait plus au
tableau de cette partie de l’Exposition que
les rocailles groupant les Orchidées le long
de l’escalier de la terrasse, à l’abri des
frondaisons de hautes plantes de serre,
comme en 1896, à la condition qu’elles ne
fussent pas écrasées sur les bords par le
public. Pourtant, aucune contradiction
n’existe entre un tracé général symétrique
de l’ensemble de l’Exposition, voire même
entre le groupement des genres par spé-
cialités, et l’arrangementpittoresque de cette
partie de la scène : il n’y a qu’à en mé-
nager habilement les transitions.
Il nous reste une critique à faire. Le
massif de plantes annuelles, placé à quelque
distance de l’entrée et lui faisant face, était
d’un mètre cinquante trop élevé à son
sommet. Cela coupait en deux la première
impression des visiteurs.
V
5»*''
I:
r
'As-
Fig. 100. — Massif d’Orchidées et de plantes de serre
à l’Exposition de la Société nationale d’horticulture de France.
Quant à envelopper l’exhibition de nos
trésors horticoles d’un décor autrement
qu’horticole lui-même, ou à les entourer
d’attractions pompeuses, comme le pro-
posent quelques-uns de nos grands confrères
politiques, c’est là une question bien com-
plexe. Ceux qui ont été visiter l’Exposition
de Hambourg sont restés frappés de la
somptuosité déployée par ses organisateurs.
Beux millions et demi y ont été dépensés.
Le bâtiment où avait lieu l’Exposition était
une nef de style vieil allemand. Autour
étaient éparpillés des pavillons d’un style
prétentieux, lourd et monotone. Trois ou
quatre musiques y jouaient tous les jours.
C’est un peu ce qui se passe à certains de
nos concours régionaux agricoles, à côté
desquels les municipalités organisent des
festivals, des fêtes de toutes sortes. A
certains moments, les fêtes sont pleines,
mais les concours sont vides.
B’ailleurs, est il bien sûr que pour des
yeux, pour des sens français, la magnifi-
cence de nos fleurs ait besoin d’un décor
quelconque?
H. Bautiienay.
278 CLASSlFlCATfON DES RE[NES-MA RGÜERITES SUIVANT LEURS APTITUDES d’eMPLOI.
CLASSIFICATION DES REINES-MARGUERITE
SUIVANT LEURS APTITUDES D’EMPLOI
Nous comprenons les hésitations qu’é-
prouvent les jardiniers et les amateurs en
feuilletant un catalogue de marchand-grai-
nier, à l’article Reine-Marguerite ; ces hési-
tations, toutes naturelles chez des personnes
non spécialistes en la matière, proviennent
de la grande multiplicité des races de cette
fleur et partant de l’impossihilité où l’on se
trouve de choisir à son désir et selon ses be-
soins, soit une plante pour bouquets, ou
pour la culture en pots, ou encore pour
bordures.
Aussi avons-nous cru bien faire en es-
quissant un genre de classification compre-
nant trois sections répondant aux trois buts
cherchés généralement dans l’emploi de
cette Composée : la décoration des bordures,
la culture en pots, la confection des bouquets.
Il faut dire que nous i)’avons adopté que les
races les plus recommandables et les plus
aptes à remplir leurs rôles respectifs ; aux
intéressés à choisir dans les listes qui
suivent.
1» Plantes pour bordures.
Gomme destinées à cet usage, nous avons
employé des races naines, pour la plu-
part, se tenant bien, florifères, toutes qua-
lités exigibles d’une vraie plante de bor-
dure.
R.-M. très-naine. Hauteur 15 à 20 centi-
mètres. — Fleurs nombreuses, petites, dont
l’ensemble forme une boule. Bonne tenue. La
sous-race appelée R.-M. très-naine pompon
est à port plus compact, à fleurs plus petites,
en forme de pompon, nombreuses et de bonne
tenue.
(^’est la plus naine des races de Reines-
Marguerites, utilisable surtout pour bordure
basse et exiguë, avec d’autres plantes très-
naines.
B.-M. globe naine. Hauteur 20 à 25 centi-
mètres. — Fleurs nombreuses et grandes, bien
pleines, portées par des rameaux légèrement
arqués ; l’ensemble des capitules forme cepen-
dant un corymbe assez régulier. Bonne tenue.
R. - M. Chrysanthème naine. Hauteur
25 centimètres. — Fleurs nombreuses, grandes,
à pétales récurvés ; floraison franchement co-
rymbiforme. Très-bonne tenue. La R.-M.
Triomphé des Marchés se rapproche de cette
^'ace.
R.-M. demi-naine multiflore. Hauteur 25
à 30 centimètres. — Fleurs très-nombreuses,
grandes, formant un beau corymbe. Plante se
tenant très-bien. La grandeur des fleurs varie
avec les différents coloris et la sous-race appelée
B.-M. demi-naine multiflore couronnée
(à centre blanc) se compose de plantes un peu
plus élevées.
R.-M. pyramidale naine. Hauteur 30
à 35 centimètres. — Fleurs moyennes, nom-
breuses ; port franchement pyramidal. Bonne
tenue.
R. - M. Pivoine demi-naine. Hauteur 30
à 35 centimètres. — Fleurs moyennes ou
grandes, globuleuses, à pétales incurvés, s’épa-
nouissant en corymbe. Bonne tenue
R.-M. Comète. Hauteur 30 à 35 centimètres.
— Fleurs moyennes, nombreuses, très-jolies
et élégantes pour la disposition irrégulière et
échevelée des pétales, simulant un Chrysan-
thème japonais ; floraison presque en corymbe.
Bonne tenue. Extra.
R.-M. pyr. Arlequin demi-naine. Hauteur
35 à 40 centimètres. — Fleurs petites et nom-
breuses, à pétales diversement colorés donnant
aux fleurs un aspect original ; port pyramidal.
Très-bonne tenue.
R.-M. Lilliput. Hauteur 35 à 40 centi-
mètres. — Fleurs petites, très-nombreuses,
disposées en pyramide. Très-bonne tenue.
2« Plantes pour la culture en pots.
Les plantes destinées à être vendues en
pots sur les marchés doivent nécessairement
posséder une tenue n’exigeant pas de tuteu-
rage, être florifères, à fleurs belles ou nom-
breuses et former dans leur ensemble une
touffe produisant un effet décoratif.
La majeure partie des races recommandées
comme plantes de bordure peut servir au
présent usage.
R.-M. globe naine.
— Chrysanthème naine.
— demi-naine multiflore.
— pyramidale naine.
— Pivoine demi-7taine et Triomphe des
Marchés.
— Comète.
— pyramidale Arlequin demi-naine.
— Lilliput.
— pyramidale à bouquet. Hauteur
40 à 50 centimètres. — Fleurs petites, très-
nombreuses, formant une pyramide parfaite.
Très-bonne tenue.
3» Plantes pour bouquets.
H est certain qu’cà la rigueur toute fleur
peut servir à la confection d’un bouquet.
qu’elle possède un pédoncule ou non ; dans
ce dernier cas on la monte artificiellement,
mais il n’en est pas moins vrai que tout le
monde préfère avoir dans son jardin des
fleurs à longues tiges, excellentes surtout
pour les gerbes et les bouquets naturels,
composés à mesure de la cueillette des
fleurs. Dans cet ordre d’idées, nous recom-
mandons les races suivantes de Reines-Mar-
guerites, qui sont certainement les meil-
leures pour l’usage des bouquets. Elles
peuvent servir, en outre, à la garniture des
grandes plates-bandes, des corbeilles, des
larges bordures de massifs ; la hauteur indi-
quée à chaque race permet de choisir et de
combiner un ordre de plantation réglé
d’après la taille respective des différentes
sortes.
celles de la race imbriquée jwmpon, à centre
blanc cerclé d’une autre couleur.
Il-M. Arlequin. Hauteuj' 50 centimètres. —
Fleurs moyennes, curieuses par la disposition
de la coloration des pétales, justifiant bien son
nom.
Ll.-M. Comète géante. Hauteur 60 centi-
mètres. — Fleurs très-grandes, très-élégantes,
par la disposition irrégulière des pétales, simu-
lant un Ghrysantème japonais dans toute son
originalité. C’est la seule race, chez les Reines-
Marguerite, où la régularité désespérante
des fleurons n‘existe plus. Extra pour bou-
quets.
R.-M. japonaise. Hauteur 40 à 50 centi-
mètres. — Fleurs très-larges, plates, formées
de pétales roulés en aiguilles comme dans le
Chrysanthème variété Gloire rayonnante. Ori-
ginal et nouveau chez les Reines-Marguerites.
Recommandable.
R.'M. pyramidale à aiguilles. Hauteur
50 à 60 centimètres. — Fleurs très-élégantes,
formées de longs tubes en forme d’aiguille et
rayonnants. Extra pour bouquets.
R.-M. Pivoine. Hauteur 50 à GO centimètres.
— Fleurs grandes, globuleuses, à pétales incur-
vés simulant un Chrysanthème chinois. Extra
pour bouquets.
R.-M. perfection. Hauteur 50 à GO centi-
mètres. — Fleurs très-grandes, très-étoflées, à
pétales presque érigés, d’une régularité par-
faite de forme.
R.-M. imbriquée. Hauteur 50 à GO centi-
mètres. — Fleurs très-grandes, un peu plates,
formées par des pétales imbriqués régulière-
ment.
R.-M. imbriquée pompon. Hauteur 60 cen-
timètres. — Fleurs moyennes, demi-sphériques,
très-régulières comme imbrication. Recom-
mandable pour petits bouquets.
R.-M. Chrysanthème. Hauteur 50 à 60 cen-
timètres. — Fleurs très-grandes, très-étoffées,
mais paraissant légères par la disposition par-
ticulière des pétales. Extra pour bouquets.
R.-M. couronnée. Hauteur 50 à 60 centi-
mètres. — Fleurs de la grandeur de celles de la
race perfection^ à centre blanc couronné d’une
autre couleur.
R.- M. couronnée pompon. Hauteur 50
à 60 centimètres. — Fleurs de la grandeur de
Pour la confection des petits bouquets à
la main, les races précédemment mention-
nées sont presque toutes employables.
Nous citerons encore pour mémoire les
Reines-Marguerites hâtives, telles que la
printanière^ la parisierine, la reine des
Halles, utilisables pour bouquets, mais ces
races sont, comme beauté, aux Reines-Mar-
guerite à floraison normale, ce que les
Chrysanthèmes hâtifs sont à ceux d’au-
tomne; tout leur mérite réside dans la
qualité de hâtivité, recommandable aux
personnes désirant jouir le plus tôt possible
de la vue de ces fleurs.
Ces trois listes sont suffisamment longues
pour que l’amateur le plus difficile y puisse
faire un choix approprié à ses goûts et à ses
besoins, et l’horticulteur y trier la race
la plus apte à son genre commercial ; nous
les avons établies consciencieusement et en
connaissance de cause, estimant que, peut-
être, ce petit travail sommaire ne sera pas
tout à fait inutile aux personnes nombreuses
qui aiment et cultivent cette jolie fleur chi-
noise, sœur d’été et rivale du beau Chrysan-
thème.
Jules Rudolph.
LA. TAILLE EN AILERON
11 n’est bruit en ce moment en Cham-
[pagne que de l’apparition d’un nouveau sys-
tème de taille de la Vigne, préconisé par
M. Léon Devivaise, viticulteur bien connu.
Dans ce système, l’aileron ou bourgeon an-
ticipé est employé de préférence à la branche
■ ordinaire, que l’on rogne le plus tôt possible.
Ce bourgeon est, dit M. Devivaise, plus
souple, plus flexible et plus tenace que
cette dernière.
(( Par des arcures ou des inflexions plus ou
moins allongées ou accentuées suivant les be-
soins de la taille ou du palissage, j’en fais ce
que je veux. Il produit, je l’ai montré, tout
aussi bien verticalement, horizontalement et la
tête en bas. Je puis aussi bien appliquer ce
280
EREMURUS ELWESII.
procédé à la basse vigne, greffée ou non
greffée, qu’à la vigne moyenne ou en cordons,
et à la vigne en chaintres ou à la haute vigne.
On taille plus ou moins long, on fait des ar-
cures plus ou moins prononcées que l’on sup-
prime l’année suivante, et voilà tout. Le prin-
cipe reste le môme.
Vu la très-grande vigueur de l’aileron, on
peut, sans plus de fatigue pour la vigne et sans
plus d’engrais, récolter en moyenne deux ou
trois fois plus, et plus régulièrement, même
dans les années infertiles, que par la méthode
ordinaire, qui ne favorise pas assez le dévelop-
pement des yeux de la base.
Malgré la grande charge de raisms sur les
bois d’ailerons, les ceps taillés d’après ma mé-
thode sont plus vigoureux que mes autres ceps
taillés d’après la méthode ordinaire... Ils ont
donné de très-beaux bois de remplacement
pour la taille prochaine ; je n’ai que l’embar-
ras du choix. »
Ajoutons que le Comice de Reims avait
envoyé une commission visiter les vignobles
de M. Devivaise. Cette commission a dé-
claré, à Vunanimité, que les résultats ob-
servés ont été absolument probants.
Il sera intéressant de suivre une telle en-
treprise, et de savoir si elle méritera, à
posteriori, l’épithète de « révolution horti-
cole )) qui lui a été décernée par le Bulle-
tin de la Société d’horticulture des
Vosges. J. -Fr. Favart.
EREMURUS ELWESII
La Revue horticole a signalé à diffé-
rentes reprises le genre Eremurus et son
rôle possible dans la décoration des jardins.
J’ai moi-même, en 1894, en énumérant les
espèces les plus intéressantes, indiqué leur
subdivision en deux groupes, l’un caracté-
risé par le fruit qui, après la floraison, est
porté sur un pédicelle étalé, tandis que
chez l’autre le pédicelle se relève et le fruit
vient s’appliquer contre la hampe. Le pre-
mier groupe renferme des espèces à grandes
fleurs, telles que VE. rohustus, VE. hima-
laicus, VE, Bungei, VE. Olgæ ; c’est celui qui
nous occupe ici. Au second groupe se rat-
tachent des espèces en général moins bril-
lantes, telles que VE. altaicus, VE. Kauf-
mannianus, VE. speclahiUs, VE. iurkes-
tanicus L
Rappelons encore que les Eremurus sont
des plantes très-robustes qui ne redoutent
aucun froid de l’hiver et ne craignent
qu’une humidité exagérée pendant leur pé-
riode de repos en juillet, août et septembre.
J’ai vu dernièrement, dans les jardins de
Kew, VE. rohustus employé conjointement
Dans ses travaux sur le genre Eremurus, Re-
gel indique une subdivision en deux sections (éle-
vées même au rang de genres par Karelin et Kiri-
low; : Ammolirion et Henningiadisimgaées surtout
par la disposition et le nombre des nervures dans
les lanières du périgone (folioles externes 3 à 5
nervées dans la première, 1 nervée dans la se-
conde). Boissier, dans Flora Orienlalis, établit
quatre sections fondées sur des caractères du pé-
rigone et des étamines. Sans me prononcer sur la
valeur de ces caractères qui demanderaient à être
discutés dans une monographie, je crois que la
subdivision que j’indique répartit les espèces (au
moins celles qui sont cultivées) d’une manière suf-
fisamment naturelle et plus pratique.
avec le Lilium giganteum pour décorer
des groupes de Bambous. L’effet de ces im-
menses hampes florales au milieu du feuil-
lage léger des Bambous est des plus heu-
reux. Cet arrangement n’est toutefois
possible que dans une terre légère et ab-
solument perméable, l’humidité nécessaire
aux Bambous n’étant guère favorable à la
végétation des Eremurus.
Il y a quelques années, M. Leitchtlin,
l’infatigable importateur de plantes rus-
tiques nouvelles, reçut de Saint-Pétersbourg,
au milieu d’un lot dVE. rohustus, une
plante qui le frappa par son aspect différent
du type. Il l’éleva, la multiplia et la distri-
bua sous le, nom VE. rohustus var. Elwesii,
la dédiant au distingué auteur de la mono-
graphie des Lis. Aysnt étudié de près cette
plante dans mes collections, j’ai pu me
convaincre qu’elle diffère absolument de
VE. rohustus. Elle se rapproche beaucoup
plus de VE. himalaicus dont elle est toute-
fois suffisamment distincte, et ainsi que je
l’ai indiqué autre part [Le Jardin du Crest,
p. 175), je crois qu’elle peut être décrite
comme une espèce nouvelle.
V E . Elle esiP forme une touffe qui atteint
fréquemment 80 centimètres de diamètre.
~ Eremurus Elwesii, caule usque ad 3 met.
alto, foliis læle viridihus, ad apicem tomentellis,
ovato-lanceolatis, obtusis, complanatis, margine
haud scabris, usque ad 1 met. longis et W cent,
latis, racemo maximo fere metrali, pedicellis pa-
tulis, bracteas scarioso-membranaceas, triangu-
lari-lanceolatas, basi dilatatas, lanato-ciliatas
superantibus, perigonii rosei foliolis patulis,
omnibus uninerviis, exterioribus latioribus, cap-
sulis a scapo patentibus, lævibus, seminibus
triquetris, anguste alatis.
MÊsm
Horticoh'
Kremiiriis Bfii>esii
/ Planle entière au -xè de (jrandeur naturelle. ^2 Sonunel de l ui/ loreseenee.-d Fleur de qrandeur naturelle
^a.fede linflore.veenee a uee fruits. Coupe (ransoersale de ta /èiulù’ .C. Coupe transoersalc de la fèiulle de l’E lufmatadiu
/. Coupe transoervale d'une fèuèlle de CE r olustu.i _d. FUiu de CE. hpmatcùcus .
LES PLANTES NOUVELLES A L’eXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d’hORTICULTURE. 281
Les feuilles, d’un vert franc, sont planes,
peu charnues, arrondies à l’extrémité; elles
atteignent 20 à 25 centimètres de largeur
et près d’un mètre de longueur au moment
de la floraison. Elles ont 4 à 5 millimètres
d’épaisseur et sont parcourues par environ
80 nervures parallèles ; légèrement pubes-
centes dans leur jeunesse, elles ne le sont
plus à l’état adulte que vers le sommet.
Au milieu d’un grand nombre de feuilles
dont les extérieures sont les plus grandes,
s’élève la hampe florale qui atteint jusqu’à
3 mètres de hauteur et qui porte des fleurs
à peu près dans son tiers supérieur. Les
fleurs, portées sur des pédicelles étalés après
la floraison, rappellent beaucoup celles de
VE. rohustus. Comme chez celui-ci, les pé-
tales sont inégaux, les extérieurs plus larges
et plus obtus, les intérieurs plus étroits et
plus aigus; ils sont d’une couleur rose plus
accentuée que chez VE. rohustus. Les an-
thères sont allongées et, comme chez plu-
sieurs Eremurus, les fleurs sont protéran-
driques, c’est-à-dire que le style réfléchi au
moment de la floraison ne se redresse pour
recevoir le pollen que lorsque les anthères
sont déjà desséchées. La capsule, lisse
comme celle de VE. atteint environ
2 cenlimètres de diamètre. Un peu charnue
au moment de la floraison, elle est à peu
près sèche au moment de la maturation de
la graine qui est assez grosse, triquètre et
irrégulièrement ailée.
Gomme tous les Eremurus, VE. Elivesii
a de la tendance à se multiplier de lui-
même et un rhizome planté dans un terrain
favorable ne tarde pas à se diviser en trois
ou quatre. En outre, les graines germent
facilement, mais le développement de la
plante est lent.
Cette nouvelle espèce est intermédiaire
entre VE. rohustus et VE. himalaicus,
mais n’a à aucun degré le caractère d’un
hybride entre les deux. Elle se distingue
très-nettement de VE. rohustus par la
feuille qui, chez celui-ci, est plus courte,
presque triangulaire, d’un vert très-glauque
et déjà en partie fanée au moment de la
floraison. Elle se rapproche davantage de VE.
himalaicus dont le séparent ses feuilles
moins charnues, ses hampes plus élevées,
ses fleurs plus grandes, plus colorées, etc.
Plus tardif que ce dernier, VE. Ehoesii
fleurit avant VE. rohustus.
Il m’a semblé que cette belle plante, rare
encore dans les collections, méritait d’être
figurée dans la Revue, bien qu’il soit diffi-
cile de donner, au moyen d’une planche, une
idée exacte des végétaux de cette nature.
Marc Micheli.
LES PLANTES NOUVELLES
A L’EXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D’HORTICULTURE DE FRANCE
I. — Plantes nouvelles de serre.
En première ligne, il convient de signaler
les Orchidées hybrides de notre collaborateur
M. Maron, le premier en tête des lauréats du
concours des plantes de semis non encore au
commerce :
Lælio-Cattteya hybride de Lælia purpurata
et de Cattleya Mossiæ ; labelle entièrement
rose violacé veiné de violet évêque ; pétales
longs, étroits, lilacés ; — Lælio- Cattleya,
L. purpurata Schrœderæ X C. Mossiæ aurea,
labelle très-évasé, aux veines régulièrement dis-
posées en éventail, violet carminé velouté sur
fond un peu mauve ; fond du tube jaune à re-
flets cuivrés ; pétales blancs lavés de chair un
peu rosé. Plante à fleurs magnifiques ; — autre
Lælio- Cattleya de même origine : labelle très-
large au limbe étalé, entièrement violet évêque
avec un liseré blanc nettement dessiné sur le
pourtour. Cette disposition est de la plus
grande rareté, et extrêmement belle.
Plus nombreuses et non moins intéressantes
sont les Orchidées hybrides de semis de
M. Mantin, l’amateur distingué du château
d’Olivet: Cypripedium Viyerianum {C. har-
batum purpurciim x superciliare cjrandiflo-
rum) ; labelle chocolat, pétales de même
nuance éclairés de blanc, pavillon nuancé de
vert au centre, très-blanc sur la marge, avec
lignes brunes sur le vert, roses sur le blanc ; —
Cypripedium Heloisiæ {C . gemmiferum X
Boxalli nigrescens) ; pavillon très-grand,
ample, consistant, ondulé, vert à sa naissance
et se dégradant jusqu’au blanc pur à son som-
met, très-nettement ligné de veines brunes qui
s’éteignent en marbrures roses sur le blanc ;
labelle de couleur vieux bronze rosé ; pétales
d’un vert brun métallique. Grand feuillage vert
clair maculé de points marrons. Obtention de
haut mérite; — Cypripedium BAmhertianum
(C. ciliare X Hookeræ luteum) ; feuillage ma-
culé, d’où monte une hampe florale haute d’en-
viron 40 centimètres ; pavillon vert marginé de
blanc, ligné de brun; labelle fort et long, brun;
pétales palissandre pointillé plus foncé sur
fond plus clair; — Cypripedium Russellianum
(C. Swanianum xSpicerianum magnificum) ;
gros labelle vert oseille ; pétales de même
nuance mais garnis d’un fin pointillé brun ; pa-
282 LES PLANTES NOUVELLES A L’eXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d’iIORTICUI.TUPE.
Villon vei-t à l’onglet, blanc pur au limbe ;
lignes brunes sur le vert, vertes sur le blanc ;
— Cypripeclium almiim X Svmnianum; la-
belle marron-noir, pavillon vert dégradé en
blanc, pétales pourpres. Le labelle est profon-
dément échancré à son origine, couverte d’un
pointillé très-apparent. Le pavillon est étroit,
petit, dressé, ligné de palissandre ; — Cypripe-
cliiim Margaritæ ( C. Crossianum X harhatum
Warnerianum) ; pavillon allongé à fond palis-
sandre clair, dégradé en blanc et ligné noir ;
sabot petit, allongé, très-écliancré à son ori-
gine, et pourvu de revers jaune maïs. Forme
curieuse; — Lælio-CattleyaoHvatensis (L. an-
ceps morada X C. Bowringiana), semis
de 1892 ; pièces de la fleur étroites ; structure
du Lælia, coloris du Cattleya, d’une belle
nuance d’un carmin chaud.
M. Régnier exposait un Cypripedium de
semis, dénommé Madame Régnier et issu du
croisement du C. callosum par le C. Godefroy a-
num, sabot étroit, hautement colleté, taché
uniformément de brun sur le dessous ; pavil-
lon large et court, à fond vert ligné régulière-
ment de palissandre ; pétales étroits, très-obtus
à leur extrémité, entièrement mouchetés d’un
gros pointillé brun-noir. Feuilles courtes,
vert sombre maculé de taches d’un vert blan-
châtre.
Les amateurs savent que M. Piret s’attache
à travailler plus particulièrement les Cattleya
Mossiæ alha. Nous revoyons ici la sous-variété
Reineckiana, au périanthe à pièces très-
amples, d’un blanc délicatement lavé d’ar-
doisé.
Les semis de M. Bleu consistent en : Cypyn-
pedium macrocarpum, hybride de deuxième
degré, de nuance claire, à large pavillon ondulé
à fond verdâtre, ligné brun clair, marginé de
blanc ; — Cypripedium nohile, hybride de
deuxième degré, à pavillon très-élargi, fond
vert, marge blanche, ligné brun sur le blanc,
vert foncé sur le vert ; sabot de couleur choco-
lat ; de gros points noirs saillants mouchètent
les pétales verts ; — Lælio-Cattleya fastuosa
(L. purpurata X C. Mossiæ), au labelle com-
plètement violet, dessus comme dessous et à
partir de son origine ; — Lælio-Cattleya Mi-
randa, hybride de même croisement que le
précédent, au labelle très-évasé, violet seule-
ment sur le limbe ; — Puis deux formes de
Lælia grandis tenehrosa, l’une dont les pétales
et le sépale dorsal sont de couleur chaudron,
l’autre dans laquelle ces mêmes pièces sont de
couleur cuir de Russie. Dans celle-ci, le labelle
est entièrement violet.
Avec ses semis d'Orchidées, M. Bleu en ex-
pose aussi de Bertolonia et de Caladium. Les
Bertolonia ne sont pas dénommés ; il y en a
deux formes de fond rouge nervé plus ou
moins de carmin, et une d’un vert métallique
nervé et ponctué de blanc verdâtre. Les semis
de Caladium, la plupart non dénommés, sont
en général de fond couleur fraise écrasée.
Mentionnons en même temps les Anthurium
de semis de M. Dutremblay du May, non dé-
nommés non plus, et sur lesquels il y aura â
revenir.
M. Dallé avait une série de Grotons de semis
vraiment remarquables par Fintensité de leurs
nuances et par leur belle culture. Nous avons
relevé particulièrement les formes inédites
suivantes ; Duchesse d’Uzès, feuilles lan-
céolées, longues de 20 centimètres, rigides ;
les plus âgées rouge sombre â reflets ver-
dâtres, â nervures et saillies feu sombre ; les
plus jeunes de contour vert clair, la partie mé-
diane irrégulièrement brisée de macules chau-
dron ; — Mme Filleul (semis n« 10) : bois et
pétioles rouges ; feuilles âgées, les unes brun-
marron reflété de verdâtre et nervé ponceau ;
les autres plus vertes, à nervures et macules
médianes carmin gouaché; jeunes feuilles
jaune d’or franc sur fond vert liseré de rouge;
— Semis n« 3 : d’un éclat extraordinaire. Les
feuilles ovales acuminées présentent des ner-
vures secondaires qui, parties de la nervure
médiane à angle droit, se bifurquent presque
régulièrement à mi-chemin de leur longueur.
Sans distinction d’étages, le fond du coloris du
parenchyme est tantôt vert cru, tantôt vert
sombre, tantôt vert d’eau. Sur le premier de
ces verts, les nervures courent en rouge-sang
sur taches chaudron. Sur le second, elles pas-
sent â l’acajou, sur taches nankin ; sur le troi-
sième, les macules sont d’un jaune d’or franc,
et les nervures éteintes ; — Blanche Dallé ;
feuilles très-longues , en languettes retom-
bantes, vert sombre maculé de jaune ca-
I nari ; — Maurice Dallé : teinte générale feu ;
1 les feuilles âgées vert sombre maculé pon-
ceau ; les intermédiaires vert oseille maculé
feu; les jeunes vert tendre nervé jaune. —
Louis Dallé : feuilles d’abord élargies en forme
de spatule, puis brusquement rétrécies aux
deux tiers de leur longueur par une languette
acurninée ; teinte générale de la plante inférieu-
rement d’un vert noirâtre nervé framboise, le
haut vert nervé rose sur taches saumon,
les feuilles de l’extrémité sont vert tendre nervé
jaune ; — Semis n^ 6 ; feuilles ovales-oblongues
brusquement acuminées, de teinte générale
fraise gouachée, à mi-hauteur, les extré-
mités vertes ; — M. Tisserand, feuilles ovales
lancéolées, celles du bas acajou, presque
toute la masse d’un feu fulgurant, les supé-
rieures brique saumoné, celles de l’extré-
mité entièrement vertes ; — M'^^e Hochon,
larges feuilles ovales-oblongues jaune canari
brillant, peu de vert, seulement dans le bas de
la plante. — Citons enfin, pour compléter
cette magnifique série : Comtesse de Dortan,
semis n° ii, semis n^ 9 et divers autres.
En outre de diverses plantes d’introduction
récente, MM. Ghantrier frères exposaient
aussi deux Grotons nouveaux de leur obtention :
Madame Berthe Fournier, feuilles spatulées-
obtuses, d’une nuance générale feu qu’on peut
LES PLANTES NOUVELLES A l’eXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ NATIONAT.E d’ HORTICULTURE. ^8^
comparer à celle de la flamme qui s’échappe
d’un creuset de fonderie lorsqu’on brise l’ori-
fice. — Puis un autre semis non dénommé,
aux feuilles d’un contour bizarre, de largeur
partout inégale, vert sombre dans le bas de la
plante, jaune d’or dans le haut. Une large ma-
cule cuivrée est traversée par les nervures
médianes, éteintes à l’extrémité.
Les Bégonias à feuillage de semis étaient
représentés principalement par le Bégonia
Rex Danemarck, exposé par M. Sallier. Ro-
buste, de croissance rapide, développant de
larges feuilles arrondies, bien étalées, d’un
rouge carmin brillant, satinées, à reflets cha-
toyants, métalliques, étincelants, rehaussés en-
core par une marge argentée. La puissance et
le contraste de ces deux couleurs sont extraor-
dinaires. Plante de marché robuste, de déco-
ration remarquable et d’avenir certain. -- Un
Bégonia Amiral Mouchez, obtenu par M. Au-
guste Ghantin : joli feuillage vert mousse très-
consistant et bien velouté ; à la naissance des
nervures est une tache marron foncé qui
s’étend en un liseré nettement défini sur les
bords de la feuille. Le dessus du limbe est
marqué de points blancs presque régulière-
ment espacés. — Une série d’hybrides de
B. Bex décora, dénommés Louise Closon,
Grande-Duchesse Olga, Madame Femelle,
Mrs John Laing, Secrétaire D. Bois, Ami
Chantrier, Madame A. Ghantin, Secrétaire
Ami Vacherot, tous semis de 1896.
Gomme Fougères nouvelles de serre, nous
n’avons à enregistrer que le Doryopteris Du-
vali, issu du croisement du D. nobilis par le
D. palmata. Cette obtention de M. Duval est
remarquable par un fort beau port qu’elle
emprunte au D. nobilis, joint à la division
palmée de ses frondes ; celles-ci sont d’une
belle consistance, l’aspect de la plante révèle
une bonne solidité.
II. — Plantes nouvelles de plein air.
Parmi les nouveautés ligneuses de plein air,
signalons tout d’abord les magnifiques Cléma-
tites de M. Moser, Nelly Moser et Monsieur G.
Magne, dont nous avons déjà donné la descrip-
tion dans notre compte rendu de l’Exposition
de Versailles
Parmi les Rhododendrons de semis de
M. Groux, il convient d’en citer quelques-uns.
L’un d’eux, d’un rouge sombre éclairé de car-
min et maculé de jaune brun, tient à peu
près le milieu, comme teinte, entre Mrs
Holford et Joseph Witworth. Un autre, violet
à macule jaune pointillé de vert, est de ton
plus froid que Thomas Sebright. Un troi-
sième, d’un carmin très-brillant, est de nuance
intermédiaire entre Countess of Clamarty et
Sir Henry Midmay. Enfin un autre est remar-
quable par sa nuance légèrement lavée et mar-
ginée de mauve tendre.
Dans ceux de M. Moser nous notons surtout
Madame Thomas, de fond blanc rosé, très-
tendre, se liserant de rose-incarnat avec ma-
cule très-apparente, bronze pointillé.
M. Boyer, à Gambais, exposait aussi des
nouveaux Rhododendrons. Son semis n° 400,
d’un rose carmin très-tendre et très-chaud,
mérite d’ôtfe apprécié.
M. Boucher exposait deux Roses nouvelles.
Panachée de Bordeaux et Cocpcette Borde-
laise, toutes deux de Duprat. Leur couleur
générale, rose vif, est nettement traversée par
des stries ou par des macules longitudinales
blanches, comme on en rencontre dans les
Gamellias. Signalons aussi, de M. Niklaus, une
Rose Thé Jeanne Forgeot, jaune maïs, et un
hybride de Thé, Souvenir de Madame Ca-
musat, rose tendre.
Dans les plantes pour garnitures de mas-
sifs, tout le monde a proclamé l’incontestable
succès obtenu avec leurs Gannas par MM. Bil-
lard et Barré. Gomme nouveauté, ces expo-
sants présentaient un semis demi-nain, à fleur
jaune citron uni, nuance qui n’avait pas en-
core été obtenue, très-florifère. En outre des
nouveautés citées déjà à l’occasion du con-
cours agricole nous notons : Réveil, feuil-
lage vert, fleur chair d’abricot ; Comte de
Sachs, feuillage vert, rouge sang intense;
Madame Massé, feuillage vert cru, fleurs de
grandeur moyenne, mais nombreuses sur
l’épi ; couleur jaune d’or lavé d’une large
tache rouge rabattue.
MM. Letellier etfils, à Gaen, nous montraient
le Canna John White, nouveauté américaine
dont ils sont les importateurs. Comme on a pu
le voir, les descriptions qui en ont été données
sont exactes
Les nouveautés de Gannas florifères de
M. Gharron, jardinier à Viry (Oise), ont
aussi fait sensation : Van den Èeede, abricot ;
Louis Voraz, abricot rougeâtre uni; Secrétaire
Chabanne, orangé rougeâtre; Comte de Turin,
jaune orangé marginé de jaune ; Madame
I^éon Leclerc, orangé marginé rouge ; {'Abon-
dance, orangé moucheté de rouge; Georges
Lachaud, vermillon nuancé et lavé de plus vif;
Député Ravarin, rouge sang intense ; Parthé-
nope, très-grande fleur rouge ponceau bordé
de marron; tous ces semis sont à feuillage
vert; le dernier est d’origine italienne. Dans
ceux à feuillage rouge-brun, nous notons :
Stattgartner, très-grande fleur de la nuance du
Van den Heede ; Damoclès, couleur fraise ;
Mrs Fr. Estein, de la nuance du Louis Voraz;
ceux-là sont d’origine allemande. Enfin, du
même exposant, on remarque beaucoup une
curieuse obtention. Madame Férard; la
plante est toute basse et n’a pas dit son der-
Voir Revue horticole, 1897, p. 262.
- Revue horticole, 1897, p. 218.
^ Revue horticole, 1897, p. 199.
284 LE MONUMENT DE PIERRE JOIGNEAUX. MÉDAILLE D’HONNEUR DU SALON DE 1897.
nier mot; les fleurs sont d’une chair un peu
nankin et extrêmement tendre; feuillage vert.
M. Boutard, jardinier de M. le marquis de
Nadhailhac, a obtenu aussi un Canna nain,
très-florifère, ayant quelque ressemblance
avec le Madame Massé deM. Billard, feuillage
vert cru, étroit, pointu ; fleurs jaune d’or
franc.
Si des Cannas nous passons aux Bégonias
de plein air, nous féliciterons tout d’abord
M. Urbain, pour son excellente nouveauté le
Bégonia tubéreux Lucie Faure. Cette obtention
est extrêmement Horibonde et multiflore ; les
fleurs en sont très-pleines ; on peut y compter
jusqu’à quinze imbricatures successives ; le co-
loris en est jaune soufre passant au saumon
en plein épanouissement. Du même obtenteur,
on notait : les B. Souvenir de Russie, double
jaune éclatant, et Surpasse Davisü, d’un rouge
intense.
M. Buisson est l’obtenteur d’une excellente
acquisition pour bordures : un Bégonia issu
du B. versaliensis, dénommé Julie Buisson,
à feuilles arrondies, vert intense, à grappes
multiflores, et formant tapis.
Dans la collection de Bégonias tubéreux dou-
bles de M. Yacherot, se trouvait un excellent
gain de l’exposant. Ce semis, qui paraît appar-
tenir à la race des B. erecta, porte douze
fleurs sur une seule hampe florale très-rami-
fiée. La fleur possède une collerette assez mar-
quée, la duplicature y est contournée et cache
quelques organes reproducteurs ; coloris rouge
ponceau.
Les autres nouveautés de la floriculture de
plein air peuvent être ainsi groupées :
lo Les Dahlias simples; semis inédits de
MM. Billard et Barré : Zénith, H. Vacher ot,
H. Dauthenay, L'Eblouissant, Président Me-
rillon, Auguste Chantin, etc.
2*^ Les Œillets obtenus par M. Régnier :
Madame Hinque, Docteur Ritt, M. Finet,
Comte René de Mortema^J, Madame Fournier,
Comte d'Harcourt, Madame A. Régnier,
Comtesse de Gannay, etc.
3« Plantes nouvelles exposées par M. Sal-
lier :
Phlox decussata variegata Comtesse de Jar-
nac, obtenu par M. Lacour, jardinier-chef de
M. le comte de Jarnac. — Fuchsias à rameaux
pleureurs : Monsieur Aubin, Charlotte Sallier,
Monsieur Keteleer. — Coleus Monsieur Vazou
et Salvia splendens Ch. Le Couteulx, déjà vus
à l’Exposition de Versailles ^ dans l’apport de
M. Le Couteulx.
4» Les Pélargoniums zonés nouveaux :
Triomphe des Parterres, très-nain et très-
florifère à bordures obtenu par M. Fa-
roult, exposé par M. Nonin; Grande-Du-
chesse Olga, rose tendre; Mélina Ix Couteulx,
couleur chair, et Corinne Le Couteulx, blanc
pur ; tous trois doubles, issus de croisements
de divers doubles français avec la race belge
des Lilliput, et obtenus par M. Le Couteulx ;
Marcel Requedat, à feuilles palmées, exposé
par M. Sallier.
5» Enfin, un Salvia nain. Monsieur Alfred
Ragueneau, issu du Salvia splendens Ingé-
nieur Clavenad, de M. Nonin; une série de
Capucines, une de Pavots, une autre de Reines-
Marguerites, des Schizanthus de MM. Vil-
morin, et une sélection de Calcéolaires hy-
brides de ligneuses et d’herbacées deM. Tabar.
H. Dauthenay.
LE MONUMENT DE PIERRE JOIGNEAUX
MÉDAILLE D'HONNEUR DU SALON DE -1897
Le nom de Pierre Joigneaux est resté si
populaire parmi tous ceux qui s’intéressent
aux choses de l’horticulture que nos lec-
teurs nous sauront gré de leur donner ici
la reproduction, d’après une photographie,
du beau monument en marbre blanc qui
sera prochainement érigé à Beaune, à la
mémoire de l’éminent agronome.
C’est une œuvre artistique, aussi remar-
quable par sa belle conception que par son
exécution irréprochable, et par le bonheur
d’expression avec lequel le sculpteur a su
rendre les traits du vénéré fondateur de
l’École nationale d’horticulture de Ver-
sailles. Rien de plus vrai que cette figure
expressive ; rien de plus gracieux que cette
femme, la Côte-d’Or, présentant une palme
à l’homme de talent et de cœur, qui l’honore
grandement ; rien de plus charmant que ce
génie, un enfant assis sur le socle et écrivant
sur une tablette le nom de Pierre Joigneaux !
Derrière, une charrue, une gerbe, de la !
Vigne, les attributs de l’agriculture rap-
pellent les écrits du maître. ;
Aussi, le jury du Salon des Champs- i
Élysées a attribué à l’artiste, M. Mathurin j
Moreau, sa plus haute récompense, la mé-
daille d’honneur de la sculpture. Nous en 'i
avons éprouvé une vive joie ; le Comité s’es- |
time heureux d’avoir confié à ce grand
statuaire, qui est, lui aussi, un enfant de la |
Bourgogne, l’exécution du monument, et la
ville de Beaune pourra être fière de possé- .
der une pareille œuvre d’art.
Et Pierre Joigneaux méritait bien un pa-
reil souvenir. On sait que toute son exis- ^
MONUMENT DE PIERRE JOIGNEAUX DESTINÉ A LA VILLE DE BEAUNE
Médaille d’hovncur du Salon de iS^j.
J
UN COUP d’œil sur l’exposition d’horticulture de LYON.
lence n’a été que dévouement, sacrifice à
ses convictions et travail acharné. Tout le
monde connaît ses ouvrages sur l’agricul-
ture et sur l’horticulture, écrits dans ce
style si simple et si clair qui était la carac-
téristique de son talent ; et on n’a pas ou-
blié ses articles de journaux, tous marqués
au coin d’une science et d’une expérience
hors ligne.
Déjà le gouvernement avait voulu qu’un
buste de Pierre Joigneaux fût placé dans la
287
cour d’honneur de l’Ecole nationale d’horti-
culture de Versailles, à la fondation de la-
quelle il avait tant contribué.
Bientôt la ville de Beaune consacrera son
souvenir en plaçant, dans un jardin public,
au milieu de la verdure et des fleurs, le
remarquable monument que nous repro-
duisons ici. On peut dire du sculpteur
Mathurin Moreau, qu’il a fait une œuvre
tout à la fois digne de son grand talent et
digne de Pierre Joigneaux. A. Lesne.
UN COUP D’ŒIL SUR L’EXPOSITION D’HORTICULTURE DE LYON
S’il faut en croire la voix publique, ce se-
rait vraiment la perle de nos Expositions que
celle dont on lira ci-dessous le bref compte
rendu. Un des Pères de l’Église.... horticole
lyonnaise, M. Liabaud, déclare qu’il n’en a ja-
mais vu de plus intéressante et surtout déplus
harmonieusement disposée.
Quoi qu’en puisse souffrir ma modestie d’au-
teur, je devais cette citation de l’opinion de
notre redoutable critique sur la splendide flo-
ralie que l’Association horticole lyonnaise
m’avait chargé d’installer.
A l’inauguration, les autorités civiles, maire
et préfet, ont brillé par leur absence, mais
Son Eminence l’archevêque et le général-
gouverneur de Lyon se sont montrés fort cu-
rieux des choses horticoles ; ils ont presque
épuisé, par leurs questions judicieuses et pré-
cises, le savoir encyclopédique de notre secré-
taire général, M. Viviand-Morel.
Les spécialités qui sont l’honneur de nos
cultures lyonnaises, les Cannas, les Roses, les
Œillets, etc., étaient, naturellement, les mieux
représentées.
Les Cannas surtout : d’abord par une pre-
mière collection de fortes plantes fleuries ame-
nées à la perfection dans les cultures de
M. Crozy, qui, dédaigneux de pompeux apprêts
pour présenter ses enfants, se contente de la
gloire inestimable d’être leur père. C’est un
titre en effet qui peut le dispenser d’en ambi-
tionner d’autres.
Plus de 1,000 Rosiers en pots, parfaitement
fleuris, nuancent de tons d’une incomparable
fraîcheur corbeilles et plates-bandes ; l’air en
est embaumé.
Innombrables amis de la reine des fleurs,
était-il possible de mieux solliciter vos re-
gards et mériter vos suffrages ? C’est à
MM. Gamond, Dubreuil, Drevet-Dervieux,
Jacquier fils, etc., que revient l’honneur —
avec le profit — de cette manifestation rho-
dophile, la plus complète et la mieux réussie
que nous ayons encore vue ici.
Les Œillets lyonnais, pour n’être pas cul-
tivés par des mains qui gagnaient des ba-
tailles, n’en sont pas moins fort en progrès sur
leurs devanciers du grand siècle. Voyez un peu
ce que sont devenus, entre les mains tout à fait
pacifiques de M. Léonard Lille, ces Mignar-
dises profusément remontantes, aux tendres
nuances, et dont Alégatière avait rêvé et com-
mencé la transformation!
Notre floriculture triomphe encore avec le
lot de plantes fleuries de MM. Benet-Lamaud
et Musset, une des merveilles de l’Exposition
par la culture et l’arrangement avec les Pétu-
nias doubles et simples de M. L. Lille, les
Mimulus Diadème de M. Rivoire, les Pélar-
gonium à grandes fleurs de MM. Charton,
Bret et Brevet, les P. zonale et les P. laieripes
de MM. Brevet et Fraisse, les Œillets variés
de MM. Molin, Brevet, Crozy, etc.
Au bout du parterre si brillamment décoré
par la réunion de tous ces lots fleuris se trouve
le jardin alpin.
Il est, près de Grenoble, entre ciel et terre,
de grandes terrasses gazonnées que suppor-
tent dans les airs des piédestaux de quelques
milliers de mètres de hauteur. Les ayant plus
près de lui, le Bon Dieu les orna de fleurs
plus choisies et je ne m’étonnerais pas qu’il y
descendît jardiner de temps à autre — au
printemps.
Chaque fois que j’y monte, moi, j’y recon-
nais sa main. Qui donc aurait semé en si larges
tapis cette Gentiane acaule à fleurs si grandes
et si bleues que Villars a distinguée sous le nom
de G. anguslifolia, et qu’on ne retrouve nulle
part ailleurs, et ces gazons d’Androsaces qui
habillent les roches nues du sommet, et ces
groupes de Pulsatilles blanches, de Trolles
d’or, d’Orchis purpurins, et tout le reste?
C’est une de ces prairies que j’ai essayé de
descendre dans la plaine encore cette année, à
la joie du public qui semble y prendre un
plaisir extrême et toujours nouveau. Tout le
monde veut voir les « Edehveis ):. et les Rhodo-
dendrons.
N’est-ce pas une chose bien attendrissante,
et qui témoigne de la délicatesse infinie de
de l’arne du peuple, que cet attachement pour
d’humbles fleurettes de montagnes, que rend
encore plus humbles le voisinage des brillantes
288
LES EUCALYPTUS.
parures de nos serres et de nos jardins? Mon
voisin, M. Pitrat, m’a aidé à le peupler de jo-
lies plantes vivaces et alpestres
Il y a beaucoup de gens à qui il faut faire
des discours pour leur persuader que les Clé-
matites à grandes fleurs ne sont pas des
plantes de serre. A les voir si belles, on se re-
fuse à les croire rustiques, et je tiens le pari
que la moitié des visiteurs qui ont admiré les
superbes variétés exposées par M. Jacquier fils
continuent à les vouer à la serre et à les appe-
ler « Passiflores ». — Quelles merveilleuses
lianes ! et si elles ne sont fleurs de la Passion,
combien dignes d’en faire naître, des passions
et des plus durables ! En ce moment, ce sont
les C. florida, les païens, les lanuginosa qui
ouvrent tout grands leurs calices étoilés, bleus,
blancs, lilas, violets. Dans quelques jours com-
menceront à s’épanouir, en guirlandes indéfi-
nies, les C. Viticellaet leurs vigoureux hybrides
remontants, aux coloris plus chauds, gagnant
du côté du rouge jusqu’au pourpre carminé et
au rose violacé avec les variétés François Mo-
rel, Madame Fur tado- Heine, Viticella ker-
mesina, V. grandiflora ruhra. Madame Ed.
Andi'é, Colette Deville, etc. On commence à
en voir quelques pieds isolés dans le lot de
M. Jacquier fils, et un peu plus dans celui de
M. Fr. Morel.
Les plantes de serres sont brillamment re-
présentées. C’est de tradition ici, avec des
exposants comme MM. Comte, Perraud, Dre-
vet, Bret-Jourdan, Fraisse, etc. Comme lots à
sensation, il y a surtout la collection de plantes
de serre chaude de M. Comte, et celle de
M. Perraud ; la collection de Caladiums de
M. Comte également, et le plus bel arrange-
ment de plantes de serre de M. Perraud; puis
une nombreuse collection de plantes grasses de
M. Gindre.
Les fleurs coupées garnissent une galerie de
plus de cent mètres de long. Les Roses de
MM. Pernet-Ducher, Bernaix, Duplat-Jacquet,
tiennent la place d’honneur, et, parmi elles,
plusieurs semis récompensés par des médailles
d’or. — Rosiéristes à l’affût de la nouveauté,
ne perdez pas Lyon de vue cette année.
A part les collections générales de fleurs
coupées, plantes vivaces et annuelles, quelques
spécialités sont particulièrement remarquables :
Pivoines herbacées de MM. Joanon et Jacquier
fils. Iris et plantes bulbeuses de M, Rivoire,
arbres et arbustes à fleur et à feuillage de
M. Jacquier fils, etc.
Dans les arts et industries appliquées à
l’horticulture, il faut signaler un nouveau
système d’installation permettant de placer
la chaudière du thermosiphon au-dessus des
tuyaux de chauffage sans que la circulation
d’eau chaude soit aucunement troublée —
intéressante et ingénieuse combinaison pou-
vant rendre des services en diverses circons-
tances.
Fr. Morel.
LES EUCALYPTUS
Parmi les genres de végétaux si spéciaux
à la Nouvelle-Hollande, aucun n’est peut-
être plus nettement caractérisé, plus mul-
tiple en espèces et d’une importance écono-
mique plus grande que les Eucalyptus. On
en connaît aujourd’hui environ cent cin-
quante espèces, habitant toutes l’Australie,
où elles constituent l’essence forestière
la plus commune et la plus importante.
Ce sont en effet des arbres, parfois très-
élevés ou rarement des arbrisseaux à feuilles
persistantes, alternes ou opposées, souvent
biformes, c’est-à-dire revêtant chez les
jeunes sujets une forme et une disposition
particulières et parfois très-différentes de
celles qu’elles prendront sur le même indi-
vidu à l’état adulte. Cette différence est très-
accentuée chez VE. Glohulus et facile à ob-
server sur cette espèce, car c’est la plus
répandue dans les cultures. Quelques es-
pèces, cependant, ont des feuilles uniformes,
notamment VE. amygdalina.
Les fleurs sont disposées en petit nombre
en cymes ou ombelles axillaires ou termi-
nales ; elles sont composées d’un calice
épais, campanulé ou turbiné, soudé avec
l’ovaire et dont l’ouverture est fermée dans
le bouton par un opercule en forme de coiffe,
convexe et mucroné, qui se détache circu-
lairement au moment de l’épanouissement,
comme le couvercle d’une boîte à savonnette,
et qui, morphologiquement, représente la
corolle dont toutes les pièces sont soudées
ensemble.
Les étamines sont très-nombreuses, mul-
tisériées, à longs filets infléchis dans le bou-
ton, mais se redressant et s’étalant en
houpe jaunâtre et luisante au moment de la
floraison. Le fruit, inclus dans le calice, est
une capsule à trois à six loges renfermant des
graines nombreuses et fort petites, fait re-
marquable étant donnée la grandeur de ces
arbres.
L’aire de variation des caractères spéci-
fiques est relativement peu étendue et rend
la connaissance des espèces assez difficile,
d’autant plus que le feuillage est poly-
morphe, mais les fleurs et les fruits four-
nissent des caractères constants, sur les-
quels on base les déterminations.
LES EUCALYPTUS.
289
L’hybridité est très-rare chez les Euca-
lyptus et même contestée par certaines
personnes ; le docteur Trabut en a cepen-
dant obtenu et décrit un, le premier peut-
être, sous le nom d’E". Rameliana.
Au point de vue économique, l’impor-
tance des Eucalyptus est grande, car leur
bois de fût a un grain fin et serré, une
grande résistance à l’humidité et une très-
longue durée. On l’emploie, en Australie,
à une foule d’usages, notamment dans l’in-
dustrie du bâtiment, la construction des
navires, l’ébénisterie, etc. ; on en a même
introduit en Europe pour le pavage des
rues. Ces qualités varient naturellement
d’une espèce à l’autre.
Presque tous les Eucalyptus renferment
une gomme-résine balsamique à odeur forte
qui leur a valu le nom de Gommiers sous
lequel les colons australiens les désignent
familièrement en le faisant suivre d’un
qualificatif approprié. Cette résine est douée
de propriétés antiseptiques et même thé-
rapeutiques aujourd’hui bien connues et
qui font employer assez fréquemment les
feuilles de VE. Globulus en infusions
contre les rhumes; son alcaloïde, l’eucalyp-
tine, est aussi entré dans la pharmacopée
moderne. Chez VE. citriodora^ cette résine
dégage une agréable odeur de citron, d’où
le nom spécifique.
La vigueur de végétation de certains
Eucalyptus est telle que la quantité d’eau
qu’ils absorbent et transpirent par leurs
feuilles après l’avoir élaborée est énorme,
et rend, en outre des propriétés précitées,
ces arbres précieux pour assainir les terres
basses et marécageuses. A ce point de vue,
VE. Globulus est le plus précieux et le plus
employé.
Certains Eucalyptus comptent parmi
. les géants du règne végétal, notamment
VE. amyçjdalina., qui, malgré son feuil-
lage fin et ses fruits tout petits, est peut-
être le plus grand de tous les arbres. Il
existe à Kew une photographie de la base
d’un E. amygdalina, connu à Victoria
' sous le nom anglais de « Big-Ben », qui
! mesurait 28 mètres de circonférence à la
base et atteignait 130 mètres de hauteur ;
: on en cite même un autre qui atteint
I. 155 mètres, dépassant ainsi de beaucoup
les fameux Séquoia gigantea de Californie.
A la nomenclature et la connaissance
scientifique de ces beaux arbres s’atta-
chent les noms de deux botanistes émi-
nents de notre siècle ; le baron F. von
Mueller, botaniste du gouvernement en I
Australie, récemment décédé, et M. Ch.
Naudin, directeur de la villa Thuret, à
Antibes. Placés presque aux antipodes, le
premier a pu étudier les Eucalyptus chez
eux et surplace, tandis que le dernier a
minutieusement suivi leur introduction et
leur développement en p]urope. C’est à eux
surtout que l’on doit leur connaissance ac-
tuelle. Le baron F. von Mueller a publié un
grand ouvrage iconographique intitulé :
Eucalyptograqyhia, et M. Ch. Naudin a
écrit, en outre des nombreux articles in-
sérés dans la Revue horticole et dans le
Bulletin de la Société botanique de
France.^ deux brochures intitulées : Des-
cription et emploi des Eucalyptus intro-
duits en Europe (1883-1891), qui contien-
nent d’excellentes descriptions et des notes
sur les aptitudes et emplois des espèces
introduites.
Grâce à l’abondance de leurs graines, à
la facilité de germination et d’éducation, un
très-grand nombre, la plupart des espèces
ont été introduites en Europe. Mais, comme
ces arbres ne peuvent vivre en plein air
sous notre climat du Nord, quelques espèces
seulement y sont cultivées dans les orange-
ries et jardins d’hiver ; tandis que dans le
midi de la France, l’Algérie, l’Italie, l’Es-
pagne, etc., ils croissent à merveille et
abondent aujourd’hui. Cependant, le long
des côtes de l’Océan réchauffées par leGulf-
Stream, en Bretagne et jusqu’en Angle-
terre, notamment dans le Devonshire et
même en Ecosse, certaines espèces résistent
longtemps en plein air et atteignent des
dimensions respectables.
L’arbre le plus remarquable, sous ce rap-
port, est celui du Comte de Devon, à Pow-
derham Castle, près d’Exeter, un E. cocci-
fera, qui atteignait, en 1880, plus de 18
mètres, avec 2 mètres de circonférence à la
base ; cet exemplaire a supporté des froids
de 14 à 16 degrés ; c’est donc le plus rus-
tique que l’on connaisse. Mais, de même que
les E. amygdalma, E. Gunnii, E. urni-
gera^ que l’on recommande comme résis-
tant aux froids, il est illusoire d’espérer les
voir résister indéfiniment dans le centre et
tout le nord de la France ; les hivers de
1879-80'et 1890 ne l’ont que trop prouvé.
Sous le climat parisien, on ne cultive que
quelques espèces, en pots, pour l’ornemen-
tation estivale des jardins, pour la décora-
tion temporaire des appartements et pour
garnir, pendant la mauvaise saison, les
serres froides et les jardins d’hiver. Ce
sont surtout les E. Globulus, E. robusta^
290 LISTE DES RÉCOMPENSES DE L’eXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d’hORTICULTURE
E. colossca et VE. citriodora, ce dernier à
cause de la bonne odeur que répand son
feuillage.
C’est sur le versant méditerranéen, cette
région favorisée, .qu’on a si justement
nommée la Côte d’azur, qui s’étend depuis
le Var jusqu’aux Alpes-Maritimes et en
Italie, que tous les Eucalyptus vivent et
prospèrent parfaitement en pleine terre ; ils
y abondent aujourd’hui et y forment de
jjeaux arbres d’ornement qui, joints aux
Acacia^ à certaines Protéacées et autres,
impriment au paysage ce cachet pittoresque,
exotique en quelque sorte, qu’admirent
tant les nombreux étrangers qui viennent
y passer l’hiver.
L’introduction en Europe des Eucalyp-
tus, notamment dans le Midi, est toute mo-
derne, car elle s’est effectuée successivement
depuis 1860. Le premier, en date, comme
sous tous les autres rapports, est toujours
VE. GlohidusK II fallut, pour faire recon-
naître la valeur et l’utilité qu’il a amplement
justifiées depuis, le zèle et l’ardeur infati-
gable de quelques personnes entièrement
dévouées à sa cause, en tête desquelles il
faut placer feu Ramel, qui fut pour lui un
véritable apôtre. Cette cause est aujourd’hui
amplement gagnée, car une cinquantaine
d’espèces sont aujourd’hui communes dans
le Midi, une bonne vingtaine y existent à
l’état de plantes de collection, et plusieurs
y sont encore à l’étude, attendant qu’ils se
caractérisent et fleurissent pour qu’on
puisse les rapprocher des espèces déjà
connues ou en former des nouvelles.
Dans un prochain article nous décrirons
quelques espèces les plus belles et les plus
intéressantes et indiquerons leur multi-
plication, leur culture et leurs emplois.
S. Mottet.
LISTE DES RÉCOMPENSES
DÉCERNÉES A L’EXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D’HORTICULTURE
DE FRANCE
HORTICULTURE
Bellanger (A.), horticulteur, 6, rue Saint-
Jules, à Versailles. — Méd. or (Clématites).
Beranek (Charles), horticulteur, 36, rue de
Babylone, à Paris. — Méd. arg. (Orchidées).
Bert(É.), hort.,68, rue Victor-Hugo, à Colombes
(Seine) — Prix d’honneur, méd. or (Orchidées).
Berlin (Jules), horticulteur, 54, rue de l’Église,
à Paris. — Méd. verm. (Orchidées) ; méd. arg.
fEpiphyllum Gartneri).
Billiard et Barré, horticulteurs, 20, rue de Châ-
ter.ay, à Fontenay-aux-Roses (Seine). — Méd. d’hon-
neur ; méd. or; méd. verm, (Cannas); méd. arg.
(Dahlias simples).
Bleu (Alfred), 48, avenue d’Italie, à Paris. — 2 gr.
méd. verm. (pl. nouv. de semis. Orchidées et Cala-
diums ; Sonérilas et Bertolonias) ; 2 gr. méd. arg.
(Orchidées et Caladiums); méd. arg. (Bertolonias).
Boucher (Georges), horticulteur, 164, avenue
d’Italie, à Paris. — Méd. or (Clématites) ; méd.
verm. (arbustes fruitiers en pots) ; 5 gr. méd. arg.
(Rosiers haute et basse tige. Rosiers grimpants,
Hydrangea Hortensia ; méd. arg. (Rosiers basse
tige); remerciements (pl. d’introd. nouv. Hedy-
sarum multijugum).
Bouchet (M“o J.), amateur-fleuriste, 11, rue
Darcetj à Paris. — Méd. arg ; méd. br. (bouquets).
Boudard, 9, rue des Bruyères, Les Lilas (Seine).
Remerciements (pl. nouv. de semis. Pélargonium).
Boutart, jardinier au Château de Rougemont —
Méd. arg. (pl. nouv. de semis. Cannas).
Boutreux, hort., 89, rue de Paris, à Montreuil-
s-Bois (Seine). — Méd. or; gr, méd. verm.
(Pélargoniums)
Boyer (F.) et fils, horticulteurs, à Gambais-lès
Houdan (Seine-et-Oise). — Méd, br, (pl. nouv. de
semis, Rhododendrons).
Brimeau (Désiré), horticulteur, à Bourg-la-Reine
(Seine). — Méd. or (arbres fruitiers) ; gr. méd.
verm. (arbres fruitiers cultivés en pots).
Buisson (Jean), horticulteur, 75, rue Larnbrecht,
à Courbevoie (Seine). — Méd. arg. (pl. nouv. de
semis. Bégonia).
Burlot (M.), 1 bis, rue de Strasbourg, Saint-
Denis (Seine). — Méd. arg. (Fraises).
Cadot, jardinier au chât. de Montgobert (Aisne).
— 2 méd. arg. {Saintpaulia ionanlha, Œillets).
Gappe (E.) et fils, horticulteurs, au Vésinet
(Seine-et-Oise). — Méd. or (Orchidées); méd.
verm. (Crotons) ; méd. arg. (Bégonia rhizomaUtux);
méd. br. (Bégonia décora).
Carnet (L.), pépiniériste. Le Mesnil-Amelot. —
2gr. méd. arg. (Conifères) ; méd. arg. {Calceolaria
rugosa).
Cayeux et Le Clerc, horticulteurs-marchands-
grainiers, 8, quai de la Mégisserie, à Paris. —
2 gr. méd. verm. (Mimulus, plantes annuelles) ;
méd. verm. (Choux) ; gr. méd. arg. (Pyrèthre du
Caucase) ; méd. arg. (Calceolaria rugosa).
Chantin (Veuve et enfants Antoine), horticul-
teurs, 32, avenue de Châtillon, à Paris. — Méd.
or (plantes de serre) ; 2 méd. verm. (Orchidées,
Fougère arbor.); gr. méd. arg. (belle cuit. Zamia).
Chantin (Auguste), horticulteur, 83, rue de
l’Arniral-Mouchez, à Paris. — Méd. or (pl. nouv.
1 Voir l’article de M. Ed. André publié dans la
Revue horticole, 1863, p. 47-
LISTE DES RÉCOMPENSES DE L’eXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d’hORTICULTURE. 291
de semis, Bégonia) ; méd. verm. (Rosiers haute
tige) ; méd. br. (pl. nouv. de semis, Bégonia).
Chantrier frères, horticulteurs-pépiniéristes, à
Mortefontaine, par Plailly (Oise). — Méd. or
(plantes de serre) ; 2 méd. verm. (pl. d’introd.
nouvelle, Alocasia; pl. nouv. Crolon) ; gr. méd.
arg. (pl. d’introd. nouv., Alocasia et Maranla).
Charron (V.), horticulteur, 132 et 136, boulevard
de l’Hôpital, à Paris. — Méd. or (Dracænas).
Charron (Charles), jardinier, à Viry (Seine-et-
Oise). — Méd. verm. (pl. nouv. de semis, Cannas).
Chevalier (Edmond), horticulteur, cultivateur
d’Asperges, 12, rue de Traverse, à ArgenteuU
(Seine-et-Oise ) — Gr. méd. verm. (Asperges).
Clarion (Ernest), horticulteur, à Ollioules(Var).
— Méd. arg. (fleurs coupées).
Costantin et Matruchot, professeurs, 45, rue
d’Ulm, à Paris. — Méd. arg. (Champignons).
Croux et fils, pépiniéristes, au Val-d’Aulnay,
par Châtenay (Seine). — Grand prix d’honneur
et objet d’art (arbustes à feuillage persistant) ;
5 méd. d’or (Rhododendrons, plantes à feuillage
ornemental, plantes fleuries, arbustes à feuillage
persistant, Pivoines) ; gr. méd. verm. (plantes
fleuries; méd. verra, (arbres fruitiers) ; méd. arg.
(Kalmias),
Dallé (Louis), horticulteur, 29, rue Pierre-Char-
ron, à Paris. — Gr. méd. verm. (plantes de serre).
Debrie (G.) (Maison Lachaume), fleuriste, 10>
rue Royale, à Paris. — Méd. d’honneur ; 3 méd. or
(bouquets, garnitures et fleurs).
Defresne (Honoré) fils, pépiniériste, à Vitry
(Seine). — Méd. or (Conifères); gr. méd. verm.
{Iris germanica); remerciements (Conifères).
Delimoges (H.), hort., 66, rue Barbés, à Ivry-
sur-Seine (Seine). — Gr. méd. arg. (Iris); méd.
arg. (Roses).
Derudder, horticulteur, 14, rue Saint-Charles, à
’Versailles (Seine-et-Oise). — Gr. méd. verm.
(arbustes à feuillage persistant).
Dessert (A.), horticulteur, à Chenonceaux
(Indre-et-Loire). — Méd. verm. (Pivoines).
Dingeon (C.), marchand-grainier, 19, rue Tron-
chet, à Paris. — Méd. or (plantes vivaces).
Dugourd (Jean-Pierre), horticulteur, 16, rue
Auguste-Barbier, à Fontainebleau (Seine-et-Marne).
— 3 méd. arg. (plantes vivaces. Orchidées de pleine
terre, fleurs coupées, Sediim).
Dupanloup et C^e, marchands-grainiers,19, qua‘
de la Mégisserie, à Paris. — 3 méd. arg. (Cannas’
Rhodanthe).
Du Seuil, horticulteur, à Vitry-sur-Seine (Seine).
— Méd. arg. (Pensées).
Dutremblay du May, amateur, 27, rue Lam-
bretch , à Courbevoie (Seine). — Méd. arg. (pl. nouv.
de semis. Anthurium) ; méd. br. (plantes de serre).
Duval et fils, horticulteurs, 8, rue de l’Ermitage,
à Versailles (Seine-et-Oise) — Gr. méd. verm,
(Broméliacées) ; 2 méd. verm. ^Orchidées, A nthu-
rium Scherzerianum) ; gr, méd, arg. (pl. nouv.
Fougères); méd. arg. (Asparagus Sprengeri).
Falaise aîné, horticulteur, 129, rue du Vieux-
Pont-de-Sèvres, à Billancourt (Seine). — Gr. méd.
verm. (Pensées).
Fatzer, à Quessy (Aisne), — Prix d’honneur,
objet d’art et méd. or (fruits forcés).
Férard (Louis), marchand-grainier, 15, rue de
’Arçade, à Paris. — Méd. or (plantes annuelles).
Friche ainé, amateur, 4, rue Dumont, à Vitry
(Seine). — Méd, or. (Bouquets et garnitures).
Garden (J.), horti., 4, av, des Bellevues, à Bois-
Colombes (Seine). — Gr. méd. verm. (Orchidées).
Gillard (Auguste), hortic., 4, rue Maître-Jacques,
à Boulogne (Seine). — Méd. verm. (belle cuit.
Anthémis) ; méd. arg. (Chrysanthèmes Étoile-d’Or).
Girardin (Eugène), cultivateur -horticulteur,
28, rue de l’Hôtel-Dieu, à Argenteuil (Seine-et-
Oise). — Gr. méd. arg. (Asperges).
Hervé (Lucien), jardinier chez M>»û Henri
Cartier, 12, route de Flandre, à Pantin (Seine).
— Gr. méd. verm. (plantes de serre).
Hochard et C^e, horticulteurs, à Pierrefitte
(Seine). — Méd. arg. (Œillets).
Hoïbian, marchand-grainier, 16, quai de la
Mégisserie, à Paris. — Gr. méd. arg. (Iris).
Jarles (Louis), horticulteur-primeuriste, 198, rue
de Paris, à Taverny (Seine-et-Oise). — 2 méd.
arg. (Melons cantaloups et Fraises).
Jupeau (L.), hortic,, 135, route de Fontainebleau,
à Kremlin-Bicêtre (Seine . — Méd. or et gr, méd.
verra,, 2 méd. verm. (Rosiers haute et basse tige).
Lacôte (Jean-Alexandre), ingénieur, 3, place
Jussieu, à Paris. — Méd, br. (Urtica nivea).
Lacroix-Lhérault, hortic., 72, rue de Pontoise,
Argenteuil (Seine-et-Oise). — Méd. arg. (Asperges).
Lambert (Eugène), jardinier-chef, Hospice de
Bicètre (Seine). — Gr. méd. verm, (légumes et
salades forcés).
Lebaudy (Robert), amateur, à Bougival (Seine-
et-Oise). — Méd. d’honneur et méd. or (plantes
de serre) ; méd. verm. (Gloxinias) ; méd. arg.
(Streptocarpus).
Lecointre (A.), pépiniériste, à Louveciennes
(Seine-et-Oise). — ■ Gr, méd. arg. (Pivoines).
Le Couteulx (Camille-Charles), horticulteur-
grainier, à Tgny (Seine-et-Oise). — Méd. arg. (Fou-
gères herbacées); méd. br. ipl. nouv. de semis.
Pélargonium zonale).
Lelièvre (Eugène), sculpteur, 83, boulevard
Richard-Lenoir, à Paris. — Méd. arg. (groupe-
ment de fleurs en vases décoratifs).
Lemaire (L.), horticulteur, 26, rue Friant,
Paris. — Gr. méd. verm. (Chrysanthèmes).
Letellier et fils, pépiniéristes, à Caen (Calva-
dos). — Méd. arg. (Conifères); méd. br. (pl. nouv.
de semis, Cannas à feuilles panachées).
Levavasseur et fils, pépiniéristes, à Orléans
(Loiret). — Méd. arg. (Rosiers nouveaux).
Lévêqiie et fils, horticulteurs, à Ivry (Seine). —
Prix d’honneur (Rosiers); 4 méd. or, 3 gr.méd,
verm. 2gr. méd. arg. (Rosiers haute et basse tige.
Rosier polyantha).
Malot-Boulley, horticulteur, 71, rue Victor-Gui-
chard, à Sens (Yonne). — Gr. méd. arg, (Roses).
Marcoz, 9, avenue Victoria, à Paris. — Méd.
arg. (Fougères).
Maron.(Ch.), à la Cavalière-St-Barnabé, à Mar-
seille (Bouches-du-Rhône). — Méd. or (pl. nouv.
de semis. Orchidées).
Millet fils, horticulteur, à Bourg -la -Reine
(Seine). — Méd. or (Fraisiers en pots) ; 2 gr.
méd. verm. (Fraises) ; 2 méd. verm. (Pivoines et
Fraises) ; méd. arg. (Iris) ; remerciements (ar-
bustes fruitiers en pots).
Monnier père, horticulteur, 60, ‘ ■
Malakoff, à Paris. — Remerciements (Fusains).
292 LISTE DES RÉCOMPENSES DE l’eXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d’hORTICULTURE.
Morimoto artiste japonaise, 57, rue de
Chazelles, à Paris. — xMéd. or. (Ornementation ja-
ponaise).
Moser, horticulteur, 1, me Saint Symphorien,
à Versailles (Seine-et-Oise). — Méd. or (Rhodo-
dendrons) ; 4 gr. méd. verm. (Rhododendrons et
pl. nouv. de semis, Clématites) ; 2 méd. verm.
(Azalées, Fougères) ; 2 méd. arg. (Rhododendrons
et Azalées).
Niklaus (Théophile), horticulteur, 23, avenue
Rouget-de-l’Isle, à Vitry-sur-Seine (Seine). — Méd.
verm. (Rosiers nains forcés).
Nonin (Auguste), horticulteur, 20, avenue de
Paris, à Châtillon-sous-Bagneux (Seine). — Gr-
méd. verm. (Pélargoniums) ; méd. verm. (Œillets) ;
gr. méd. arg. {^Bégonia gigantea) ; 2 méd. arg-
(Pélargonium et pl. nouv. de semis Salvia).
Opoix (Octave), jardinier en chef au jardin du
Luxembourg, Oi-, boulevard Saint-Michel, à Paris.
— Diplôme d’honneur (plantes de serre) ; félicita-
tions pour son lot de plantes de serre variées.
Paillet (L.) fils, horticulteur, vallée de Cbàtenay,
près Paris (Seine). — 3 gr. méd. verm. (Conifères
et Pivoines) ; méd. verm. (arbustes à feuillage
décoratif) ; gr. méd. arg. {ügdrangea panicnlata))
4 méd. arg. (Conifères, Pivoines, arbustes à feuil-
lage décoratif).
Parent (J. -G.), horticulteur, 2, rue du Vieux-
Chemin-de-Paris, àRueil (Seine-et-Oise). — Méd.
verm. (fruits forcés) ; gr. méd. arg. (Verveines).
Piret (Alcide), horticulteur, 9, boulevard de
Sannois, à Argenteuil (Seine-et-Oise). — Membre
du jury ; félicitations {Cattleija Mossiæ blanc).
Plet (Gabriel), hortic., au Plessis-Piquet (Seine).
— Gr. méd. verm. (Bégonias tubéreux de semis\
Poirier (A.) et fils, horticulteurs, 12, rue de la
Bonne-.Vvenlure, à Versailles (Seine-et-Oise). —
Méd. or (Pélargoniums) ; 2 méd. verm. (Pélargo-
niums zonale et inquinoms).
Queneau-Poirier, hortic., à St-Cyr-Tours (Indre-
et-Loire). — Gr. méd. arg. (Bruyère).
Régnier (A.\ hortic., à Fontenay-s. -Bois. —
Gr. méd. verm. (Œillets) ; méd. verm. (pl. nouv.
de semis, Cypripedium); méd. arg. (Orchidées).
Rothberg (Adolphe), horticulteur, à Gennevil-
liers (Seine). — Méd. or, gr. méd. verm. (Rosiers
grimpants) ; 2 méd. verm. (Rosiers et Rosiers
basse tige); gr. méd. arg. ; 2 méd. arg. (Rosiers
haute tige).
Sallier (Joanni), horticulteur, 9, rue Delaize-
ment, à Ncuilly (Seine). — Gr. méd. arg. (pl. nouv.
de semis. Bégonia) ; 3 méd. arg. {Fuchsia pen-
dula, Boronia et plantes nouvelles de semis);
méd. br. (plante d’introd. nouv. Campanule).
Simon (Charles), horticulteur, rue des Fon-
taines, à Saint-Ouen (Seine). — Méd. d’honneur
et méd. or {P hgllocaclus) ; 2 méd. arg. (belle cul-
ture, Cactées fleuries).
Société de secours mutuels des Jardiniers-
Maraîchers de la Seine. Président : M. Piver
(Pierre-Marie), 42 6is, rond-poind Victor-Hugo, à
Issy-les-Moulineaux (Seine). — Prix d’honneur
(légumes) ; méd. or (légumes et salades forcés).
Tabar fils, horticulteur, 38, rue Grétry, à Mont-
morency (Seine-et-Oise\ — Méd. verm. (Calcéo-
laires); méd. arg. (pl. nouv., Carex); méd. br. (pl.
nouv. de semis, Calcéolaires).
Thiébaut-Legendre, horticulteur, 8, avenue
Victoria, à Paris. — Gr. méd. verm. (plantes bul-
beuses) ; méd. verm., méd. arg. (plantes vivaces).
Torcy-Vannier, grainier-horliculleur, 12, rue
de la Juiverie, à Melun (Seine-et-Marne). — Méd.
or (Caladium); gr. méd. arg. (Iris).
Truffant (A.), horticulteur, 40, rue des Chantiers
à Versailles — Méd. or (plantes de serre).
Urbain (Louis), horticulteur, 42, rue de Sèvres,
à Clamart (Seine). — Gr. méd, verm. et méd. verra .
(pl. nouv. de semis. Bégonia).
Vacherot (Henri), horticulteur, 53, rue de Paris,
à Boissy-Saint-Léger (Seine-et-Oise). — 2 gr. méd.
verm. (Bégonias tubéreux).
Vallerand frères, horticulteurs, 28, avenue Fai-
dherbe, à Bois-Colombes (Seine). — Méd. or
(Gloxinias) ; gr. méd. arg. (Bégonias tubéreux de
semis) ; méd. arg. {Bégonia cristata).
Vigneron, horticulteur, à Olivet (Loiret). —
Méd. verm. (Roses) ; méd. arg. (Iris).
Vilmorin-Andrieux et Ci®, marchands-gt ainiers,
4, quai, de la Mégisserie, à Paris. — Prix
d’honneur (légumes) ; méd. d’honneur (pl. an-
nuelles); 3 méd. or (légumes forcés: salades, Cal-
céolaires, Pommes de terre) ; 4 gr. rriéd. verm.
(pl. vivaces et annuelles, Reines-Marguerites, Capu-
cines) ; 4 méd. verm. (Salades, Pois et Haricots
forcés. Pavots) ; 2 gr. méd. arg. [Calceoiaria
rugosa et pl.nouv. de semis. Pavots) ; 7 méd. arg.
(Mîwm^ms, Muffier, Chrysanthème à carène. Can-
nas et pl. nouv. de semis, Schizanthus) ; méd. br.
(pl. nouv. de semis, Coleus).
Vouette (A.), horticulteur, 2, rue Ernest-Renan
à Issy (Seine). — Méd. or (plantes de serre).
CONCOURS SPÉCIAL DE BOUQUETS
EXPOS.4NTS PROFESSIONNELS
Bouquets à la main faits sur place : Méd,
d'or. M. Griess. — Gr. méd. de verm. M. Bérard et
MmeHardouin. — Méd. br. M^o Horel et C‘0. —
Ment. hon. M“>e Chénier, M^o Freling (Berlhe),
M"û Laille (Maria).
Gerbes : Méd. d'or. M®® Chénier. — Gr. méd.
verm. MH® Griess. — Méd. verm. M. Bérard. —Méd.
br. Mn>® Freling (Berthe), M»!® Hardouin. — Ment,
hon. M. Crégut, MHe Laille (Maria), M. Mézart.
EXPOS.'^NTS AMATEURS
Bouquets à la main faits sur place : Méd'
rf’arq.MHode Vilmorin. — Méd. br. M^o de Bertrand.
— Ment. hon. MHo Carré (Isabelle), MHod’Aguiard
(Marie-Thérèse).
Gerbes : Félicitations unanimes du Jury.
Mfn®de Bourgoing. — Méd.. verm. M®>® André
Déroulède. — Med. d’arg. MHo Tissot, MHo de
Bertrand, M"®® Villard (A.), M^® Dolfus (E.),
Mme Kinen (Anita). — Méd. br. MHo Villard (Thé-
rèse), MHo Eustis (Lydia), MHc d’Aguiard (Marie-
Thérèse), M®® Hochon, M^o Pouzadoux — Ment,
hon. MHo Lefèvre, MHo Rodrigues, MH® Molinos
(Geneviève), MHo Molinos (Marie), M^e Molinos
(Marguerite), MHo Carré (Isabelle), MHo Villemer
(A.), MH® Villard (Abeille).
Orléans. — lmp. G. Jacob, Paul Pigelet, successeur.
Le Directeur- Gérant i L. Bourguignon.
CIIRONIQCÆ HORTICOLE.
2!K3
CHRONIQUE HORTICOLE
Le cyclone du 18 juin 1897 à Paris. — Expositions et Concours en 1898 et 1899 à la Galerie des
Machines. — École d’arboriculture de la ville de Paris. — Rusticité de VArmicaria hnbricata. —
Exposition d’horticulture de Marseille. — Concours de Pomologie à l’Exposition ée Bruxelles. —
Hommage à Pierre Duchartre. — Expositions annoncées. ~ Nécrologie : MM. Bourderioux, Ilosle,
Louis Faucon. — Erratum.
Le cyclone du 18 juin 1897, à Paris. —
Un cyclone, d’une violence extrême pour
notre climat, et bien plus terrible que ceux
de l’année dernière, s’est abattu, le 18 juin
dernier, sur une partie de la banlieue pari-
sienne. La trombe dévastatrice s’est formée
à 4 h. 1/2, dans la plaine de la Garenne-
Colombes. Comme une gigantesque toupie,
elle a secoué, en « ronflant », les gens, les
arbres, les maisons, les usines dé six terri-
toires.
Il y a eu six morts et de nombreux
blessés ; on signale même deux cas de folie.
Des maisons sont éventrées, des murs dé-
molis, des toitures scalpées ; le sol est jon-
ché d’arbres, de madriers, de réverbères,
de cheminées, de débris de toutes sortes.
Le cyclone a traversé d’abord La Ga-
renne par le boulevard de la République, le
Rond-Point du Centre et la rue Voltaire. Il
est venu d’un bond s’abattre sur Rois-Co-
lombes, dévastant la rue de la Côle-Saint-
Thibaut, la rue des Rourguignons , et
s’attaquant avec furie au promontoire qui
sépare les lignes d’Argenteuil et de Saint-
Germain, et où sont les ateliers de la
Compagnie de l’Ouest. Un train de voya-
geurs est passé là quelques secondes avant
la trombe ; il eût été sans doute fortement
secoué si elle l’avait heurté.
Continuant sa course, le cyclone s’est jeté
sur le nord-est d’Asnières, où il n’a rien
laissé debout. Les arbres de l’avenue Pereire
sont déracinés, les palissades du chemin de
fer sont emportées. On peut suivre la
marche du fléau rue de la Promenade, rue
du Bac, place de la Comète, route d’Argen-
teuil, rue Saint-Denis, route des Grésillons,
où la trouée mesure 40 mètres environ de
largeur, et place Voltaire, où une fête
foraine a été balayée. Puis, prenant à l’est,
il est venu s’abattre sur le vieux Saint-
Ouen. Là, sur la Seine, un bateau-lavoir a
été coupé en deux. Plus loin, le désastre est
aussi grand qu’à Asnières et à Bois-Co-
lombes : rues de Paris, du Rempart, de
l’Écu-de-France, du Petit-Hôtel, du Landy,
1er Juillet 1897
de Seine, et boulevard de la Révolte. Rue
du Laridy, chez l’un de nos abonnés,
M. Guillaume Compoint, un cheval est tué
sur le coup, dans son écurie, par la chute
de la toiture d’une grange. Le désastre a
atteint Saint-Denis. En passant sur la
plaine, il a entièrement saccagé l’exploita-
tion maraîchère de M. Dumur. Enfin, la
trombe paraît s’être lassée à la Courneuve :
elle s’y est affalée en hachant toutes les cul-
tures.
Toutes celles, d’ailleurs, qui existaient
sur son passage, entre les villages où il n’a
été que trop facile, hélas ! de le relever,
sont considérablement endommagées. Les
Asperges sont arrachées, les Blés hachés,
les arbres fruitiers déracinés. Dans cette
région désolée, comme dans celles où a sévi
la gelée des 11 et 12 mai derniers, voilà
une fois de plus la patience et les ressources
des cultivateurs soumises à une rude
épreuve.
Ce n’est pas la première catastrophe de
ce genre qui se produit sous le climat sé-
quanien. En 1893, une trombe désola Mai-
sons-Laffite. On a encore présent à la mé-
moire le cyclone qui dévasta le faubourg
Saint-Thibaut, à Dreux, en 1889. Une partie
de la forêt de Gompiègne, près de Pierre-
fonds, fut dévastée en 1876.
Ce qui devient inquiétant, c’est la fré-
quence de tels phénomènes, que les météo-
rologistes ne réussissent guère à expliquer.
Expositions et Concours en 1898 et 1899
à la Galerie des Machines. — Une com-
mission nommée en vue d’étudier l’instal-
lation, pour 1898 et 1899, des salons de
peinture et des concours hippique et agri-
cole avait approuvé un projet qui consistait
à édifier, pour les abriter, un vaste hall sur
l’emplacement des Tuileries, là où un élé-
gant jardin français relie si heureusement
le Carrousel au jardin des Tuileries.
Le Conseil des ministres, dans sa séance
du 6 juin dernier, a décidé, contrairement à
l’avis exprimé par cette Commission, que
13
294
CHRONIQUE HORTICOLE.
J\IM.
1. Ghallmagne (G.).
2. Laurent (Esp.).
3. Poupion (Jules) .
4. Kerpezdron (Émi-
le de).
5. Beaufour (Pierre).
6. Blier (Gélestin).
7. Hubert (Louis).
8. Dufour(Fernand).
9. Launay (Lucien).
10. Lévêque (Jean).
11. Patrie (Joseph).
MM.
12. Lemoine (Jules).
13. Gautier (Georges)
14. Gerbet (Gharles).
15. Hondemarck (ɻ9-
16. Belot (Joseph).
17. Prégermain (J.).
18. Veyre (Louis).
19. Marguet (Léonce).
20. Boucherat(Léon).
21. Lacourt (Valéry).
22. Jolly (Alphonse).
23. Vanderchruyssen
MxM.
24. Goste (Léon).
25. Personne (Léo.).
26. Jandot (Glaude).
27. Delacoud (Pierre).
28. Bourdier (Edm.) .
29. Stock (Johnn).
MM.
30. Gartaud (Jules).
31. Lormeau (Aug.).
32. Bœuf (François).
33. Gautherot (Aug.).
34. Daumary (Victor).
35. Bereau (Louis).
pendant les années dont il s’agit, la Gale-
rie des Machines serait affectée à ces diffé-
rentes expositions. Gela vaudra assurément
mieux que d’anéantir la charmante scène
encadrée par les palais qui font encore par-
tie de la richesse architecturale delà grande
Gité^ et dont la vue eût été ainsi grande-
ment masquée.
Notre collahorateur, M. H. Dauthenay,
émettait récemment le vœu que les futures
expositions d’horticulture fussent installées
dans la Galerie des Machines.
C’est un désir dont la réalisation ne sera
guère compatible avec la décision qui vient
d’être prise, à moins de faire de l’Exposition
d’horticulture ce qu’elle était autrefois, une
annexe de l’Exposition des Beaux-Arts, et
certainement personne, dans le monde hor-
ticole, ne peut y songer.
École d’arboriculture de la ville de
Paris. — Conformément au règlement de
l’École municipale et départementale d’ar-
boriculture, les examens de fin d’année des
élèves qui ont suivi le cours de M. Char-
gueraud, professeur pendant la période de
icS96-l897, ont eu lieu les 22 et 23 juin.
Le jury, nommé par M. le Préfet de la
Seine, était composé de ;
MM.
Pierre Baudin, conseiller municipal. — Prési-
dent.
Gornu, professeur au iMuséum. — Vice-prési-
dent.
Lévêque, conseiller général.
Ilétier, ingénieur en chef du département.
Boreux, ingénieur en chef chargé du service
des promenades.
Rivet, professeur de sylviculture à l’Institut
national agronomique.
M.-L. de Vilmorin, horticulteur.
Jamin, liorticulteur.
Gatellier, conducteur municipal du service des
promenades.
Voici, par ordre de classement les élèves
qui ont obtenu le certificat d’aptitude :
Rusticité de l’Araucaria imbricata. —
Ce que nous avons dit, dans notre dernier
numéro, des conditions climatériques né-
cessaires à la prospérité de l’Araucaria
du Chili, nous a valu deux lettres très-
intéressantes dont nous publions les ex-
traits suivants avant de conclure :
U Araucaria imbricata peut être cultivé
avec succès en pays sec, à condition qu’il ne
soit pas isolé. Il faut le placer dans un gazon
entouré de Conifères isolés, le dominant, et qui
lui servent d’écran contre le soleil d’un côté,
contre le mistral et les bises de l’autre. On en
voit des exemplaires très-réguliers et de plu-
sieurs mètres de hauteur aux environs de
Genève, localité sécharde par excellence.
Cette lettre nous est adressée par un de
nos correspondants, habitant les bords du
lac de Genève (canton de Vaud).
La seconde lettre est due à notre collabo-
rateur et ami, M. Fr. Morel, de Lyon.
Elle soutient une thèse différente :
A l’appui de votre note sur les conditions
atmosphériques réclamées par V Araucaria im-
hricata, je puis vous fournir cette [indication :
c’est qu’à Lyon et aux environs il est pour
ainsi dire incultivable, tandis que dans les
montagnes du Haut-Beaujolais, au-dessus de la
région des vignes et dans celle des prairies et
des bois, il prospère à merveille, jusqu’à ce
qu’un hiver trop rigoureux le mutile ou le
tue. Mais à ce dernier point de vue, vous serez
peut-être étonné d’apprendre qu’il a supporté
sans abri, en janvier 1893, 25" centigrades
sous zéro par le vent du Nord. Je souligne
cette dernière condition parce qu’un froid pa-
reil amené par le vent du Midi, bien plus
chargé de vapeurs, est incomparablement plus
funeste à la plupart des végétaux.
Mais, pour en revenir aux causes qui le
favorisent dans le Haut-Beaujolais, il faut les
chercher dans les indications du pluviomètre.
Tandis que Lyon appartient à une zone udo- ^
métrique caractérisée par une moyenne an-
nuelle de 730 millimètres environ, Monsol,
centre de la région beaujolaise la plus boisée,
reçoit 1042 millimètres 1/2 et parfois jusqu’à f
1600 en certaines années. Il serait donc inté-
ressant de comparer l’humidité atmosphérique ;;
de cette région avec celle des autres régions où
réussit V Araucaria. F. Morel. n
Nous pouvons, de notre côté ajouter ceci : 1
CHRONIQUE HORTICOLE.
295
Les Araucaria imbricata de M. Boc-
card, exposés à Genève l’année dernière,
étaient fort beaux. Celui de Prégny, près
de Genève, chez M™® la baronne Adolphe
de Rothschild, est un superbe exemplaire,
très-garni de branches, qui prospère parfai-
tement en plein air.
Bien plus, ceux de M. L. Fournier, à la
Cavalière, près de Marseille, et ceux de
M. Sahut, à Latles, près de Montpellier,
atteignent 5 à 6 mètres de hauteur ou
même plus et produisent des cônes. Nous
en connaissons encore d’autres dans le Midi.
Mais quelle comparaison pourrait-on
faire de ces arbres, grêles pour la plupart,
à branches trop distantes, séchant bien
souvent par la base, avec les admirables
exemplaires qui prospèrent dans les climats
humides et tempérés comme ceux qu’adou-
cissent les effluves salutaires du Gulf-
Stream! Dans la presqu’île normande,
depuis le Cotentin jusqu’à Cherbourg,
dans les îles de la Manche, chez M. de Ker-
sauzon en Bretagne et dans cent autres
endroits de ces contrées ; à Dropmore et
ailleurs en Angleterre, il faut admirer
V Araucaria imbricata et son épaisse ra-
mure, avec ses longues branches traînant
jusqu’à terre.
C’est vraiment là qu’il faut le voir, pros-
pérant comme aux Andes chiliennes, en
concluant que le climat humide lui est né-
cessaire et que la sécheresse ne lui va géné-
ralement pas.
Exposition d’horticulture de Marseille.
— Le 3 juin a eu lieu, à Marseille, l’ouver-
ture de l’Exposition d’horticulture, qui a
été très-brillante, sous la présidence de
M. Heckel, président de la Société d’horti-
culture et de botanique de Marseille, une
des illustrations de la botanique contempo-
raine. La disposition donnée à cette Exposi-
tion a été des plus heureuses. Nous sommes
heureux d’apprendre que le prix d’honneur
de l’Exposition a été obtenu par M. Maron,
notre distingué collaborateur, pour ses Or-
chidées. MM. Feuillet, F. Nicoles, Thabot
frères, J. -B. Ricard, se sont partagé les
autres prix principaux. On a beaucoup ad-
miré les 140 espèces et variétés de plantes in-
digènes de M. V. Davin ; les Hibiscus à
fleurs doubles de M. Coste ; les plantes orne-
mentales de M. Monteil ; les fruits de
M. Gauvin ; les Courges-Patates de M. Hec-
kel ; les Œillets et Melons de primeur de
l’École d’Antibes, les Orchidées et les plantes
'de serre chaude de M. Fournier.
Rarement on a vu à Marseille une si
nombreuse collection de plantes, disposées
avec autant de goût.
Concours de Pomologie à l’Exposition
de Bruxelles. — A l’Exposition interna-
tionale de Bruxelles, le premier prix unique
du concours de Pomologie a été décerné à
notre compatriote, M. Honoré Defresne,
pour fruits frais de la récolte de 1896.
Nous sommes heureux d’en pouvoir féli-
citer ici le distingué pépiniériste dont le
nom est si justement connu.
Hommage à Pierre Duchartre. — Le
23 mai dernier, la petite commune de Por-
tiragnes, près de Béziers, était en fête. Il
s’agissait de commémorer la naissance de l’il-
lustre botaniste, Pierre Duchartre, membre
de l’Institut, qui y vint au monde, en 1811.
Une plaque en marl)re noir avec l’ins-
cription suivante : Pierre Duchartre, bota-
niste, 181 i-l891, a été placée sur la mai-
son où il est né.
EXPOSITIONS ANNONCÉES ^
Saint-Germain-en-Laye, du il au 15 sep-
tembre. — La Société d’horticulture de Saint-
Germain-en-Laye organise une Exposition, qui
aura lieu sur le parterre du Château, du 11 au
15 septembre prochain.
Le programme comprend 100 Concours,
ainsi répartis : introductions et semis, 5 con-
cours; — belle culture, 3; — serre chaude, 18;
— serre tempérée, 18 ; — pleine terre, 28; —
fruits, 8 ; — légumes, 7 ; — ornementation flo-
rale, 3 ; — arts et industries, 10.
S’adresser, pour renseignements et de-
mandes d’exposer, à M. Thinard, 151, rue de
Pologne, à Saint-Germain-en-Laye.
Besançon, du il au 14 septembre. — La
Société d’horticulture du Doubs ouvrira, du
11 au 14 septembre, une Exposition générale
des produits de l’horticulture, de la viticulture,
de l’apiculture et des objets d’art ou d’indus-
trie utilisés pour le jardinage, ou servant à la
décoration des parcs et des jardins.
Le programme comprend 33 Concours ;
culture maraîchère, 4 concours ; — floricul-
ture, 9 ; — arboriculture, 5 ; — viticulture,
10; — cidres et poirés, 2; — apiculture, 2; —
matériel -horticole, 1.
Adresser les demandes, avant le 30 août
prochain, à A. Laureaux, président de la So-
ciété, 5, rue de Lorraine, à Besançon.
1 La Rerue horticole annonce les expositions
générales ou partielles dont le programme est
adressé au Rédacteur en chef, 26, rue Ja,cob,
Paris.
296
LE JUBILÉ DE LA REINE VICTORIA.
Nécrologie : M. Bourderioux. — Nous
avons appris avec un vif regret la mort
de M. Bourderioux, chef des cultures géné-
rales de la maison Vilmorin, à Verrières-le-
Buisson, décédé le 28 mai 1897. Né le
3 mars 1834, M. Bourderioux appartenait à
cet établissement depuis l’année 1859. Long-
temps attaché au laboratoire de M. Henry
de Vilmorin, il devint le chef des cultures
de Verrières et resta 17 ans à ce poste,
qu’il honora par d’excellents et loyaux
services. Son souvenir restera au cœur de
tous ceux qui l’ont connu.
M. Hoste. — Récemment décédé,
M. Hoste fut un des horticulteurs lyonnais
les plus connus pour leurs obtentions de
plantes nouvelles en floriculture de plein
air. Aussi ses confrères lui dédiaient-ils
souvent certaines de leurs nouveautés. C’est
ainsi que bon nombre de Rosiers, de
Chrysanthèmes, de Dahlias, de Pélargo-
niums, etc., portent son nom. M. Hoste vi-
vait retiré depuis deux ans à Talmay (Côte-
d’Or).
M. Louis Faucon. — L’horticulture
perd, en M. L. Faucon, un collectionneur
émérite. Ses collections de Chrysanthèmes
étaient remarquables. C’est à lui que l’on
doit l’idée de la submersion des vignes pour
lutter contre le Phylloxéra, remède efficace
mais qui malheureusement ne pouvait
s’appliquer que dans un petit nombre de
cas.
. Erratum. — Dans notre dernier nu-
méro, page 287, première colonne, article
de M. F. Morel, une ligne oubliée a déna-
turé le sens d’une phrase, qui doit être ré-
tablie ainsi :
« Les Cannas surtout, (étaient repré-
« sentés) : d’abord par une collection de
(( fortes plantes fleuries amenées à la perfec-
« tion dans les cultures de M. Molin, en-
« suite par une seconde collection de
(( M. Crozy,... etc...)
Ed. André.
LE JUBILÉ DE LA REINE VICTORIA
Les fêtes commémoratives de la soixan-
tième année du règne de la reine Victoria
d’Angleterre ont commencé le 22 juin, et
se sont accomplies avec un éclat extraordi-
naire partout où bat le cœur d’un Anglais.
Cette explosion universelle de « loyalisme »
est un trait caractéristique de l’unanimité
d’un grand peuple dans l’affection pour son
souverain. Nos lecteurs ont eu connaissance
de ces réjouissances sans égales. Nous ne
voulons en retenir ici que ce qui concerne
l’horticulture dans ses rapports avec le
jubilé de la reine. Nous trouvons les élé-
ments de cette notice dans le soin qui a été
pris par la presse horticole anglaise de réu-
nir tout ce qui pouvait rappeler le nom de
« Sa Gracieuse Majesté ». Notre excellent
confrère The Gardeners' Chronicle^ entre
autres, a consacré tout un numéro à cet
intéressant sujet.
D’abord les résidences royales : Windsor,
où tant d’événements historiques se sont
déroulés, où l’importance du palais et la
beauté de la position trouvent peu d’égales,
où le parc, les terrasses, les parterres sont
si bien tenus ; Frogmore, remarquable par
ses serres à forcer les fruits, sa grande
serre à Palmiers, son jardin d’hiver; Kew-
Palace, palais de brique, aujourd’hui inoc-
cupé, et où la reine Charlotte mourut, en
1805 ; Kensington-Palace, où la reine Vic-
toria naquit, le 24 mai 1819, et où elle
passa son enfance, jardins aux belles ave-
nues de verdure, dont l’une s’appelle la
« Promenade-des-Fleurs » [Floicer-Walk),
où John Leech représenta un enfant disant
à qui lui montrait un tout jeune Kœlreu-
teria paniculata : « Pourquoi une si petite
plante a-t-elle un nom si long ? »
Dans Londres même, entourés de hautes
murailles, se trouvent les beaux jardins de
Buckingham-Palace, que peu de visiteurs
ont vus, excepté ceux qui assistent aux gar-
den parties de Sa Majesté et qui contien-
nent de belles scènes paysagères calmes
et reposantes au milieu du bruit, des
brouillards et de la fumée de la grande
cité.
Combien le lieu de prédilection de la reine
dans l’ouest de l’Angleterre, Osborne, près
de Cowes, est plus riant et plus agréable !
L'étiquette sévère de Windsor et de Buckin-
gham-Palace n’y est plus nécessaire, et la
ferme modèle, le palais en villa italienne, v
les pentes descendant vers la rivière So-
lent, les jardins où le Myrte, le Camellia ;
etle Palmier de Chine {Chamærops excelsa) ^
croissent vigoureusement et défient les hi-
vers, les terrasses et les parterres, jusqu’au
Sciadopytis verticillata planté par la reine,
LE JULILÉ DE LA
sont autant d’attractions de cette charmante
localité.
Enfin Baimoral, en Écosse, est un autre
lieu de retraite où la reine Victoria se plaît
infiniment, au milieu d’une nature plus
grandiose et plus sauvage.
Ce long règne de soixante années, pen-
dant lequel le nombre de 18 millions de su-
jets de la reine devait doubler, a été fertile
en progrès horticoles. Si les Anglais recon-
naissent aujourd’hui qu’il serait désirable
de renforcer l’éducation de leurs jeunes jar-
diniers par un enseignement technique qui
leur a fait jusqu’à présent défaut, ils n’en
sont pas moins passés maîtres dans bien
des cultures spéciales, comme la culture
des Orchidées, du Raisin sous verre, des
plantes de serre froide, etc.
Depuis 1837, année où Victoria monta
sur le trône, jusqu’à nos jours, les bota-
nistes et les horticulteurs dont l’Angleterre
peut s’enorgueillir forment une véritable
légion. C’est cette année même que Bindley
nomma Victoria regina la gigantesque
Nymphéacée brésilienne. Puis de nom-
breuses plantes portèrent le nom de la sou-
veraine : Charles Noble obtint le Rhododen-
dron The Queen; Th. Moore publia l’Agarc
Victoriæ reginæ (qui n’était autre, cepen-
dant, que l’A. Consideranti déjà nommé
en France) ; Rennett mit au jour la Rose
lier Majesty, sans parler de nombreux
Œillets, Pélargoniums, Crotons, Bégonias,
Dracénas, etc., qui rappelèrent le nom de
la reine Victoria.
Dès le commencement du règne, Loudon,
Bindley, William Hooker étaient déjà cé-
lèbres. Herbert était le type de l’horticulteur
érudit. Puis vinrent sir Joseph Hooker et le
grand Darwin. Au nombre des plus célèbres
explorateurs, on a compté Douglas, Fortune
et tant d’autres. Parmi les horticulteurs-
marchands, les noms de Veitch, de Paul, de
Standish, de Turner, de Waterer, de Jack-
man, etc., sont restés populaires.
Dans la presse horticole, il faudrait citer
de nombreux noms, comme ceux de Mas-
ters, de Robert Hogg, de Moore, de W. Ro-
binson, de Shirley Hibbert, etc.,
On sait quel énorme développement ont
pris les colonies anglaises, qui excitent l’en-
vie du monde entier et ont conduit 1’ Union
Jack», c’est-à-dire le pavillon delà Grande-
Bretagne, sur toutes les mers. Ba botanique
et l’horticulture y ont toujours été l’objet des
plus grandes sollicitudes. Sous la haute ins-
piration du magnifique établissement de
Kew, les cultures tropicales ont pris un
REINE VICTÜKIA. 21)7
grand essor dans les possessions lointaines
de l’Angleterre
Nombreux sont les arbres plantés par la
reine pour commémorer une date de son
existence. A Windsor, un Cèdre du Biban
planté en 1840 et un Cèdre Déodara portent
son nom ; à Osborne on montre un Abies
Hnsapo, de 1849 ; un Cupressus Lamher-
tiana, de 1862; un Thuya Lohhii, de 1857;
un Abies grandis, de 1866; un Abies
Nordmanniana, àQ \ un Thuyopsis
dolabrata, de 1873, un Abies lasiocarpa,
de 1883. A Ghatsworth, la jeune princesse
Victoria planta à sa première visite, en 1832,
un Chêne qui est superbe aujourd’hui ;
à Taymouth, en 1842, la reine plante un
Pinus sylvestris et un Chêne ; à Drum-
mond-Gastle, la même année, un Hêtre
pourpre ; à Blair Athole, en 1844, deux
Chênes ; en 1847, à Ardverikie (Écosse),
un Pin sylvestre ; à Haddo House, en 1857,
un Wellingtonia ; à Balmoral, de 1862
à 1890, 12 arbres divers ; à Dunkela,
en 1865, un Cedrus atlantica ; à Floars,
Gastle, enl867, un Wellingtonia\ àinverary
Castle, en 1875, un Abies pectinata et un
Cedrus Libani ; à Broxmouth Park,
en 1878, un Cedrus Deodora.
Bes bouquets, les décorations florales de
tout genre ont été prodigués avec une pro-
fusion extraordinaire à l’occasion du Jubilé
de diamant « Diamond Jubilee day ».
Parmi les recommandations les plus gra-
cieuses qui aient été faites et qui ont été
suivies en grande partie, il faut compter
celle du doyen de Rochester, le D*’ Hole, qui
avait suggéré l’idée que chacun portât à sa
boutonnière une Rose en ce jour mémo-
rable, et que plus tard le 22 juin restât
connu familièrement comme le « Jour
royal des Roses » {Royal Rose day).
B’empressement des horticulteurs actuels
à ajouter de nouvelles plantes à celles qui
portent déjà le nom de la reine s’est donné
libre carrière. Ce n’est pas assez que nous
ayons déjà la Rhubarbe (( Victoria » et le
Concombre « Empress of India », le jour du
Jubilé donne lieu à une invasion de légumes
commémoratifs. Il est difficile de garder la
mesure en toutes choses.
Mais cet enthousiasme est touchant même
dans sa forme naïve; il montre que l’affection
et la reconnaissance régnent dans les cœurs
des Anglais pour la souveraine sous le
règne de laquelle leur pays est arrivé à un
haut degré de gloire et de prospérité.
Ed. André.
298
L ART DE KAIRE LES BOUQUETS.
L’ART DE FAIRE LES BOLQIJETS
li y a maintenant deux sortes de bouque-
tières : celles qui le deviennent par appren-
tissage et celles qui le deviennent par
passe-temps. Nous connaissions les pre-
mières ; les secondes viennent de se révéler
à l’Exposition d’horticulture de Paris où
l’on a organisé, comme l’an passé, un con-
cours de bouquets à leur intention.
Le concours a même eu, cette fois, une
forme tout à fait piquante ; il comportait
une sorte d’examen pratique de 20 minutes
pendant lesquelles les concurrentes ont dû,
sous les yeux d’un jury de dames, faire
leurs bouquets à la main.
Je souhaitais humblement aux personnes
qui devaient prendre part à celte lutte toute
d’émulation et de talent de ne pas se laisser
intimider par leurs juges, et je désirais vi-
vement que les délicates attaches de leurs
poignets ne fussent pas trop fatiguées à serrer
les hampes des fleurs qu’elles avaient à as-
sembler. Ces vœux ont été exaucés.
La commission qui a eu l’heureuse idée
de ce concours avait ses raisons pour l’or-
ganiser comme elle l’avait décidé.
Il n’en est pas moins vrai que le bouquet
fait à la main est difficilement autre chose
qu’un médiocre bouquet. Pourquoi cela ?
Parce qu’il est lié.
Il eût été préférable, plus commode, moins
fatigant, de donner aux candidates, pour y
édifier leurs bouquets, des vases ad hoc ;
un cornet, une potiche, ou le svelte porte-
bouquet au galbe infundibuliforme, élégant
et hardi, qui rappelle les verres de Bohême
du XVIP siècle.
J’ajoute que cette disposition permettrait
d’apprécier une chose importante : les pro-
portions du bouquet par rapport au vase-
support. Gela a bien son intérêt.
On fabrique aujourd’hui des porte-bou-
quets de même aspect que les verres de
Bohême, mais les lèvres en sont légèrement
recourbées à la façon des bords d’une co-
rolle de Liseron, et la base, terminée en
pointe, s’emboîte dans un pied métallique
non fragile.
Dans un de ces vases, mettez une poignée
d’épis de Glaïeuls variés et de hauteurs
inégales, vous aurez un bouquet, un vrai.
Quelques feuilles, deux ou trois épis non
encore fleuris, mais dont les premiers bou-
tons s’enlr’ouvrent, achèvent de le bien ca-
ractériser; ces épis finissent d’indiquer dans
toutes ses parties la plante qui vous a
fourni les éléments du bouquet; ils vous
montrent tous les états de la floraison des
Glaïeuls.
Gequeje dis pour les Glaïeuls, il faudrait
le répéter pour les Roses, les Ghrysantbèmes,
les Pivoines, etc.
Dans les petits vases, deux ou trois Heurs
suffisent généralement, posées sans re-
cherche, pour procurer d’un seul coup un
de ces effets d’opposition ou d’harmonie que
nous aimons tant.
Une branche de Balisier, une Rose thé,
un brin de Graminée (Phalaride roseau)
réunis, procurent un de ces effets-là, et l’on
peut les obtenir de cent autres façons.
L’essentiel est de grouper les fleurs, au-
tant que possible, telles qu’elles se pré-
sentent sur la plante où on les a cueillies.
Si un fruit pend à l’une des branches, ne
l’enlevez pas : c’est un caractère.
D’ailleurs, c’est précisément quand on les
observe au jardin, dans la liberté de leur
croissance, que les plantes peuvent nous
suggérer des idées sur la forme idéale des
bouquets. Ici, rien ne les entrave, rien ne
les lie : leurs branches rayonnent, elles s’é-
cartent, se dressent à l’aise, sans qu’aucun
pli vienne froisser une feuille ou meurtrir un
pétale; l’air les inonde, la lumière les baigne,
mettant, par son jeu, tanlôt une ombre
douce, tantôt une tache éclatante sur le lui-
sant des feuilles. Des fleurs sont épanouies ;
d’autres, encore fermées, demeurent cachées
dans le bouton dont la peau tendue va s’ou-
vrir. Toutes s’élèvent au-dessus delà plante,
se dégagent de la masse feuillée, se dissé-
minent au gré del’éparpillementdes pousses.
G’est cela qu’on voit dans les jardins ; le
sentir est affaire d’attention ; s’en inspirer,
affaire de pratique.
Donc, peu importe la forme pyramidale
ou irrégulière de l’ensemble : l’essentiel est
que les branches du bouquet rayonnent, se
dégagent les unes des autres et nous
montrent tout ce qu’il y a d’harmonieux,
d’ondoyant, dans les contours des feuilles
et des fleurs.
Les Japonais, « qui sont les premiers dé-
corateurs du monde », n’admettent pas
qu’un bouquet soit lié ; ils ne conçoivent
point, non plus, qu’il ait une symétrie.
Ainsi, pour eux, placer une lleur entre
deux branches de feuillage ou une branche
CERATOPTERIS TIIALICTROIDES.
299
de feuillage entre deux Heurs, c’est com-
mettre une lourde faute d’esthétique.
Les Japonais veulent que les bouquets
soient simples et naturels; aussi ne suis-je
pas surpris qu’ils aient créé des lois de l’art
iloral et des écoles pour les enseigner.
£n France nous n’avons encore rien de
pareil ; mais voyez la curieuse coïncidence :
tandis que la Société d’horticulture crée ce
concours de bouquets, qui est peut-être bien
un commencement d’école, un grand jour-
nal mondain enregistre le fait très-suggestif
de ce couple japonais, installé à Paris, et
dont la femme, « une petite personne mi-
gnonne comme une poupée », a pour métier
d’aller en ville apprendre aux belles dames
l’art si délicat de grouper des fleurs dans un
vase. Georges Bellair.
CERATOPTERIS THALICTROIDES
Le genre Ceratopteris (du grec keras,
corne, et Pteris, Fougère), a été fondé
par Ad. Brongniart pour une Fougère
annuelle et aquatique, originaire des
eaux stagnantes de l’Asie et de l’Amérique
tropicales.
Ce genre monotypique est constitué par
l’espèce suivante : Ceratopteris thalie-
troides , Brongnt (Acrostichum thalie-
troides, L. ; Pteris thalictroides, Siv. ;
Ellabocarpus oleraeeus, KaulL; Barkeria
pteroides).
Description : Plante annuelle, aquatique,
émergée et amphibie, atteignant 40 à 50 cen-
timètres de hauteur dans les cultures ;
pétioles renflés, en touffe, portant des frondes
d’aspect charnu : les inférieures sinuées ou à
peine pinnatifides, les secondes bipinnatifides,
et les troisièmes tripinnatifîdes, à divisions
très-étroites. Les frondes de cette Fougère
sont d’un vert très-gai ; les supérieures sont
seules fertiles et produisent à leur page in-
férieure une quantité de sporanges assez gros
renfermant un grand nombre d’organes re-
producteurs ou spores, sous forme d’une
poussière jaune d’or. Les frondes stériles sont
gemmifères, c’est-à-dire qu’elles produisent na-
turellement sur leur surface des bourgeons
qui, étant isolés, constituent des individus dis-
tincts. Ces bourgeons apparaissent plus nom-
breux lorsqu’une fronde est mise en contact
avec l’eau ou toute autre surface humide.
Culture. — Le Ceratopteris exige une
température minima de 18 à IG» G., pour
végéter ; c’est donc une plante de serre
chaude, qui peut aussi se cultiver en serre
froide ou en orangerie pendant l’été, mais
pas en plein air avec succès. Aquatique de
sa nature, il faut donc la cultiver en pots
plongés dans l’eau au moins jusqu’à moitié
de leur hauteur, préférablement jusqu’aux
deux tiers, dans les bassins des serres, les
aquariums, ou simplement dans des
terrines non percées. Cette plante aime
beaucoup la lumière et s’étiole d’autant
plus qu’elle est plus éloignée du vitrage et
tenue dans un milieu plus chaud. C’est en
serre froide, pendant l’été, qu’elle nous a
le mieux réussi.
On l’obtient de la façon suivante : On
sème — le plus clair possible — en février-
mars, en serre chaude, sur des terrines ou
des pots remplis de terre de bruyère
fibreuse, reposant sur un bon drainage, et
que l’on place ensuite dans une terrine
plus grande ou bassin, de façon à ce que le
récipient soit à moitié baigné par le liquide.
La levée est rapide. Lorsque les 2 ou 3 pre-
mières feuilles apparaissent, on repique le
plant en godet de 5 à 6 centimètres, iso-
lément, en terre de bruyère grossière. Ces
godets sont replacés dans l’eau et espacés à
mesure que les plantes se développent.
Peu de temps après on rempote en pots
ou en terrines de 10 à 15 centimètres de
diamètre, en terre de bruyère à laquelle on
aura ajouté un quart de terre franche et un
peu de fumier de vache bien consommé.
Les plantes sont alors espacées suivant leur
force, et placées dans un endroit de la serre
qui leur soit favorable, car il faut dire ici
que le grand défaut de ces plantes réside
dans l’extrême fragilité de leurs frondes
que le moindre choc, parfois même leur
propre poids, brise, sans qu’elles puissent
se relever. C’est donc un point capital de
les placer hors de toute atteinte et de les
manipuler le moins souvent possible.
La multiplication par les bourgeons que
produisent les frondes est très-facile et
consiste à séparer ces bourgeons lorsqu’ils
sont assez développés et pourvus de quelques
racines dont on aura favorisé la venue en
courbant les feuilles sur la terre humide
d’un pot. Mais le semis est si facile et les
semences si nombreuses qu’il vaut mieux
préférer ce moyen de propagation. La ré-
colte des spores a lieu lorsque les frondes
supérieures jaunissent et laissent échapper
300 GARNITURES d’aPPARTEMENT ET BUUQUE’
Jeur poussière : on coupe quelques frondes
qu’on met sécher et que l’on conserve en
lieu bien sec.
Le semis peut être fait toute l’année,
permettant ainsi d’avoir des plantes tou-
jours jeunes et vigoureuses.
Le Ceratopteris peut servir à décorer
tous les lieux aquatiques des serres :
bassins, aquariums ; tenu en terrine, il est
TS A l’exposition UE LA SOCIÉTÉ NATIONALE.
susceptible d’y prendre un beau dévelop-
pement. Ce n’est pas une très-belle Fou-
gère, mais elle est intéressante parce qu’elle
est annuelle et aquatique^ et ses droits
à la culture se font valoir dans une végé-
tation vigoureuse et rapide, une grande
facilité de reproduction, et dans un feuil-
lage d’un vert gai qui n’est pas sans mé-
rite ornemental. Jules Rudolpii.
LES GARNITURES D’APPARTEMENT ET LES BOUQUETS
A L’EXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D’HORTICULTURE DE FRANCE
G^est dans la matinée du mercredi 2 juin
qu’ont eu lieu les concours de bouquets
organisés, dans son Exposition, par la
Société nationale d’horticulture de France.
Parmi ces concours, il en est un qui
concerne les bouquets confectionnés devant
le jury. La première idée d’un aussi intéres-
sant et agréable tournoi fut émise en 1895
par les organisateurs de l’Exposition de
Cannes, à propos de bouquets et de gerbes
qui y avaient été très-remiarqués. L’idée fut
mise à exécution l’année suivante, et l’Ex-
position de Cannes vit, en 1896, le premier
concours de bouquets. Il y en eut un aussi
à celle de Paris, mais exclusivement con-
sacré aux bouquets confectionnés à l’avance.
La tentative a été renouvelée cette année à
Cannes et à Paris, mais dans des conditions
bien différentes !
A Cannes, le concours est public ; aussi
ne laisse-t-il pas que d’être un des attraits
les plus exquis et les plus recherchés de
l’Exposition. Les concurrents, rangés devant
une table surélevée, sont isolés l’un de
l’autre par un paravent ; ils ne se voient
donc pas et personne ne peut les aider. Ils
reçoivent chacun un panier de fleurs, en
quantités égales et également variées.
A Paris, le concours n’a pas été public.
Peut-être étonnerons-nous nos lecteurs en
ajoutant que c’est à peine si la presse horti-
cole a pu y assister. Puis, la Société ne
fournissant pas les fleurs, il arrive que les
approvisionnements des concurrentes sont
dissemblables : il en est qui arrivent avec
des fleurs montées ; d’autres, point. Ainsi,
les difficultés ne sont pas égales pour toutes.
Enfin, comme il n’existait, pour ce concours,
aucun aménagement semblable à celui de
Cannes, les jurées — dames patronnesses —
et les concurrentes ont dû, au travers de
flaques d’eau bourbeuse laisées çà et là par
l’orage, déambuler jusqu’à la buvette, où.
sous une tente décorée des affiches-réclames
du Moulin-Rouge et du Jardin de Paris, et
sur des guéridons d’une propreté probléma-
tique, elles ont du confectionner tout à fait
« à la bonne franquette » leurs bouquets en
20 minutes !
Le concours était divisé en deux parties :
l’une pour les fleuristes professionnelles,
l’autre pour les dames et les demoiselles
amateurs.
C’est M**® de Vilmorin qui obtient le pre-
mier prix avec un admirable bouquet de
Roses. Viennent ensuite Marie-Louise
de Rertrand, avec des Roses entremêlées
de Gypsophile, et M**® Marie - Thérèse
d’Aguiard, avec une gerbe légère et gracieuse
d’Œillets clairsemés dans du Gypsophile.
Du côté des professionnelles, M’*® Alber-
tine Griess parvient, enl5 minutes, à confec-
tionner un superbe et gracieux bouquet de
Roses, de Lilas blanc et d’Orchidées.
Avec de pareilles fleurs, M‘"® Hardouin
exécute aussi un bouquet rond en 16 mi-
nutes. M'^® Chénier confectionne rapide-
ment un bouquet blanc de Tubéreuses,
de Roses blanches, d’ Odontoglossum , le
tout entouré de feuilles d’ Adiantum res-
sortant sur une collerette de papier-dentelle.
Il faudrait citer aussi les bouquets de
Mn>e Fréling, de M^^® Laïlle, et de M'’^® Horel.
A côté de ce concours, il en était un autre,
de bouquets confectionnés à l’avance et
dans lesquels se trouvaient de véritables
merveilles.
Au premier rang de celles-ci M'"® la ba-
ronne de Rourgoing enlève les félicitations
du jury avec une superbe gerbe, dans la-
quelle se côtoient sans s’entrechoquer la
rouge flamme de quelques Lilium elegans,
le bleu intense des Delqdiinium^ et la
fraîche blancheur des Kalmia (fig. 102).
Mais M®^® de Rourgoing, présidente du
jury, est hors concours.
GARNITURES d’a PPARTEMENT ET ROUOIJETS
Le premier prix est décerné à la gerl)c ex-
posée par Déroiilède : des Glaïeuls s’y
balancent avec des Lis des Lermndes, dans
un flot transparent de Folle-Avoine et d’din-
A i/kX POSITION DE LA SOClÉI'É NATIONALE,
thrÎROi^ si/Ivcfilris. Les gerlies ainsi que la
garniture d’une potirhe en llorlensias et
Jris, de M"“= Villaivl, élaient frès-remar-
quées. M'*'’ Lydia Fiislis s’est signalée par
Fig. lO^. — Gerbe fleurie Je la baronne de Bourgoing.
(Félicitations unanimes du jury)
un bouquet de fleurs des champs : Coqueli-
cots, Iris des marais, Marguerites des prés,
sortant d’un flot de Spiræa Anmcus. Citons
encore la gerbe de Pivoines et d’iris de
M"*! Villemer ; les gerbes de Pivoines, Œil-
lets, Glaïeuls et Roses de Molinos ;
celle d’Œillets entremêlés de Larjurus ova-
tus, d’Aira pulchella et d' Adiantum de
Anita Kinen ; celle, toule en lilas blanc,
de M. Friche, etc.
302 GARNITURES d’APPARTEMENT ET BOUQUETS A l’eXPOSITION DE LA SOC.IÉTÉ NATIONALE.
Du côté des professionnelles, la première I
médaille d’or de ce concours échoit, avec les |
félicitations du jury, à Chénier, lleu-
riste, 7, rue de Provence. Et c’est à très
juste titre, car sa gerbe légère est la plus
remarquable de toutes, par le montage de
ses Pensées, aussi délicat et aussi dissimulé
que possible, et s’échappant d’un nuage
Ôl Asparagus Sprengeri qu’émaillent des
Caitleya Mossiæ.W'^^ Alhertine Griess, 10,
rue Auber, se signale par un véritable feu
d’artifice de Delpbiniums et d’iris jaunes
sortant d’un flot de Spirées. Notons aussi
une gerbe exposée par Bouchet et
composée de Roses diverses, de Cypripe-
diums et de Lilas blancs, avec une gra-
cieuse courbure en Odontoglossum cris-
pum.
Fig. 103. — Garniture d’appartement exposée par M. G. Debrie (maison Lachaume).
(Médaille d’honneur des dames patronnesses).
Quant aux garnitures florales d’apparte-
ment, la palme doit être accordée, sans ré-
serves, à M. Debrie-Lachaume pour les jo-
lies créations dont nous donnons ici le
dessin. Dans l’une (fig. 103), d’un jonc par-
tagé en deux ramifications de hauteur diffé-
rente, pendent, à gauche, deux grappes
diAerides odoratum. La plus haute rami-
fication se termine par une tige florale de
Cymbidium Lowii sortant d’un flot de
Cattlega Mossiæ, que surmonte une fine ^
crête d’ Odontoglossum cirrhosum. Un
élégant Cocos Weddelliana émergeant du C
centre de la jardinière accompagne le jonc
depuis son départ. Une grappe d’ Odonto-
glossum crispum en dissimule la bifurca-
tion, et d’un groupe de Lælia purparata
placé à quelque distance en dessous, s’é- N
cbappe, à gauche, une tige de Sobralia y
macrantha. Le fond de la jartlinière
GARNITUIILS d’aPPAUTEMENT ET BOUQUETS A i/eXPOSITION DE LA SOUIÉFÉ NATIONALE. 1)03
cache la naissance du jonc et du Cocos par
un flot à' Asparagus Sprengeri, d’où s’é-
lancent des Cgpripedium^ des Catllega,
des Oncidium Cavendishianum, des
Odontoglossum Ilarrganum; on y voit
même, au milieu, une fleur de Masdevallia .
L’autre composition (fl^^
g-rande, est étagée sur un jonc courbé en
arcade et dont les deux extrémités plongent
dans une jardinière. Un Kentia accom-
pagne le montant de gauche. A moitié de
sa hauteur se voient, à droite, une lielle
Fig. 104. — Garniture d’appaiTement^exposée par M. G. Debrie (maison Lachaume).
(Médaille d’honneur des dames patronnasses).
t : grappe de Saccolohium Blumei, à gauche,
t I deux fleurs de Cattleya Mendeli, un peu
\ plus haut, une tige, avec ses feuilles de
' Sohralia macrantha. Divers groupes
I I qV Odontoglossum crispum ornent la cour-
! hure jusque vers le bas du montant de
i droite dans un nuage d’Asparagiis plu-
mosus, d’où émergent, à droite, un Onci-
dium Papilio, à gauche et en dessous, un
Anthurium ornatum. La jardinière elle-
même, luxueusement garnie, laisse s’é-
chapper d’uii flot cV Adiantum, de Pteris
et d' Asparagus Sprengeri, des Cattleya
Mossiæ, des Lælia, Oncidium, Epiden-
304
EUGENIA GUABIJU.
drum, eic. Du côté droit s’étaiicenf de gra-
cieux Selenipedium caudatum.
La Revue horticole a donné, dans son
dernier numéro, la liste des récompenses
qui ont été distribuées dans ces concours.
Mais c’est un concours imprévu qui, dans
cette section de l’Exposition, a semblé acca-
parer l’intérêt, jusqu’à soulever d’acerbes et
piquantes polémiques. Une Japonaise,
Mme Morimoto, « artiste pour l’arrangement
et la disposition des plantes et des fleurs
naturelles », dit sa carte, — a garni à sa
façon avec une quantité incroyablement ré-
duite de fleurs ou de branches fleuries un
certain nombre de vases et d’objets de di-
verses formes, en bronze ou en laque.
Le procédé est d’un sens artistique évi-
dent. Il consiste à tenir compte du maintien
ordinaire des branches fleuries sur le végé-
tal qui les porte. Qui n’a rencontré au bord
des chemins, sur la lisière des bois, des
branches de Genêt commun brusquement
écartées de leurs touffes, et comme cher-
chant à se replier sur elles-mêmes ? Les
rameaux osseux et à direction indécise
de la Pivoine en arhre n’ont-ils pas l’aspect
de hras cataleptiques ? Et ne voit-on jamais
de grosses Pivoines de Chine faire courber
sous leur poids la faible tige herbacée qui
les porte ? Les hampes du Glaïeul ne pren-
nent-elles pas une attitude quelque peu
penchée ?
Or, en disposant quelques Genêts, quel-
ques Pivoines, quelques Glaïeuls, dans les
objets qu’elle est chargée de garnir, ou
simplement sur ceux qu’elle doit orner,
Mme Morimoto fait adroitement ressortir leur
attitude naturelle, tout en la respectant
religieusement. L’art de l’arrangement des
plantes est fort en honneur au Japon, et cet
art ne peut qu’éclairer d’un reflet particulier
la science de nos fleuristes b
A part cela, Mme Morimoto avait sus-
pendu au plafond de son éventaire une
grise calebasse qui ressemblait énormément
à un crâne, et dans laquelle elle avait placé
une poignée d’Œillets. Nos adroits et élé-
gants fleuristes sont libres de ne pas pous-
ser le japonisme jusque-là.
H. Dauthenay.
1 M. H. Dauthenay a terminé son compte-rendu
du Concours de bouquets par quelques considéra-
tions générales auxquelles nous n’avons rien voulu
retrancher, bien qu’elles semblent, sous certains rap-
ports, faire double emploi avec l’excellent article
queM. G. Bellair nous avait envoyé sur « l’Art de
faire les bouquets » et que nos lecteurs ont lu plus
haut. On verra que nos deux collaborateurs pensent
de même sur ce sujet tout d’actualité.
(Note de la Rédaction).
EUGENIA GUABIJU
On trouve peu de bons fruits dans la
zone subtropicale Si les régions chaudes
du glohe
nourrissent
des végé-
taux à pro-
duits exquis
comme l’A-
nanas, le
Mangous-
tan, le Du-
rio, la Man-
gue, etc.,
produits
dontl’ahsor-
ption n’est
pas toujours
sans danger
dans les
contrées où
règne la fiè-
vre, — on ne peut en dire autant des pays
tempérés où nos fruits d’Europe régnent
partout en maîtres. Tous les climats analo-
gues à celui de la Plata ne sauraient mettre
en ligne, comme venant de leur flore indi-
gène, un
ensemble
comme la
Poire, la
Pêche, l’A-
hricot, la
Prune, l’O-
range, la
Cerise et le
Raisin.
Cela ne
fait aucun
doute. Mais
on y trouve
cependant
de bonnes
choses.
L’homme a
des goûts
très-variés, il faut les satisfaire. Une Gro-
seille peut paraître agréable, même à côté
d’un Brugnon savoureux, et les Fraises les
Fig. 105. — Eugenia Guahiju.
Ramule fleurie, de grandeur naturelle.
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I He/^ur Horticole .
Eu qcri la Ciia hifi ï .
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Chrorti^ltthc JL GcffoTC. Bniccelles .
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DEUX DONNES GREFFES POUR LES l'ETITS SUJETS.
305
plus parfumées n’empechent pas un Alsa-
cien (le se délecter d’une tarte aux Brim-
belles (Vaccinium Myrtillus).
Dans cet ordre d’idées une place hono-
rable peut être réservée à ce que j’appel-
lerai les fructus minores de la zone sub-
tropicale et intertropicale qui sont suscep-
tibles d’être cultivés avec succès sur notre
littoral méditerranéen. C’est ainsi que nous
possédons déjà le Goyavier de Gattley
(Psidium Cattleyanum)^ le Cerisier de
Cayenne ou Pitanga (Kiuienia Michelii) \
le Phyllocalyx comestible (Ph. edulix) du
Brésil, le Bananier de Chine {Musa Caven-
dishii)y le Noisetier d’Australie {Macada-
mia terni folia) les Dattiers à fruits noirs
{Phoenix melanoeavpa), etc.
Un certain nombre de Myrtacées, appar-
tenant surtout au genre Eugenia, produi-
sent des baies succulentes, mais à l’excep-
tion de VE. Ugni, du Chili (plus correcte-
ment nommé Myrtus Ugnï) et de VE.
Miehelii, ces fruits sont petits et peu sa-
voureux.
Il n’en est pas de même de la plante que
nous figurons aujourd’hui et qui constitue
un véritable arbuste ou arbrisseau fruitier.
Je l’ai vu dans l’Uruguayen 1890, et j’ai
réussi à l’introduire en Europe grâce aux
soins de mon ami M. Gantera, qui m’en a
envoyé des exemplaires vivants dans une
caisse à la Ward dont le modèle m’avait été
donné obligeamment par M. Milne Edwards,
directeur du Muséum. Le pied que j’ai
planté dans mon jardin de la villa Colom-
bia, au golfe Juan, s’est couvert de fleurs
et de fruits l’année dernière et a fourni de
bons éléments pour une planche coloriée et
pour la description suivante :
Arbuste ou arbrisseau glabre, buissonneux,
à rameaux érigés, acutangles ; bois fin, lisse,
gris-clair et brun-rouge. Feuilles opposées,
coriaces, étalées, dressées, ovales-aiguës, à
mucronnoir, brièvement pétiolées, très-entières,
vert forcé luisant en dessus, plus pâles en des-
sous, longues de 6 à 7 centimètres, larges de
30 à 35 millimètres, à surface un peu ondulée.
à nervures peu apparentes, accompagnées à la
base (le deux fines stipules linéaires, pubes-
centes. En mai-juin, fleurs à odeur suave, soli-
taires, axillaires ou extra-axillaires et alors
accompagnées d’une bractée menue, linéaire ou
lancéolée-aiguë ; pédoncule pubérulent, grêle,
long de 15 à 20 millimètres ; calice à tube court
en mamelon globuleux/pubérulent, glaucescent,
à 4 segments cucullés, dont 2 obtus et 2 aigus,
vert bordé de brun rouge ; 4 pétales cucullés
cochléiformes, blanc-verdâtre, très-caduques,
de 6 millimètres de diamètre ; étamines très-
nombreuses et caduques, à filet blanc filiforme
plié dans le bouton i)uis se redressant et por-
tant une anthère punctiforme, jaune; style
long de 5 à 6 millimètres, blanc, dressé au
centre d’un large disque blanc, charnu, aplati
avec 5 dépressions latérales et surmontant
l’ovaire globuleux. A la mi-septembre, fruit
bacciforme, devenant d’un beau noir-bleu prui-
neux à la maturité, atteignant la grosseur d’une
cerise (60 millimètres de circonférence), sphé-
rique, à sommet protubérant formé par les
lobes accrescents obtus et cucullés, violet-noir,
du calice persistant ; pistil persistant, dressé,
au sommet de la dépression apicale ; peau
épaisse ; chair pulpeuse et transparente ,
blanc-jaunâtre, douce et sucrée, agréable, avec
un arrière-goût de térébenthine comme beau-
coup de fruits des tropiques ; noyau osseux,
ovoïde, lisse, gris-clair.
Ce joli petit arbre fruitier, représenté en
Europe par le seul exemplaire dont je viens
de donner la description, est mis dès à pré-
sent en multiplication.
J’ai cherché en vain une description qui
lui convienne parmi les 700 espèces eVEu-
genia actuellement décrites, et dans l’im-
possibilité de l’identifier avec un nom connu,
je l’ai gratifié du nom « Guabiju », que
les indigènes guaranis lui donnent sur les
rives de l’Uruguay ou de ses affluents. Ce
sera donc, sauf plus ample informé, VEu-
genia Guahiju, que je tâcherai de répandre
bientôt dans les jardins de la Côte d’Azur,
apportant à la fois un fruit de plus et un
végétal d’ornement parfaitement rustique,
qui s’ajoutera à la flore cultivée du bassin
méditerranéen. Ed. André.
DEUX BONNES GREFFES POUR LES PETITS SUJETS
Nous voudrions aujourd’hui appeler tout
particulièrement l’attention des lecteurs de
la Revue horticole sur deux modes de gref-
fage qui nous paraissent trop peu répandus
Voir Revue horticole, 1889, p. 582.
2 Voir Revue horticole, 1891, p. 819.
et qui, dans tous les cas, méritent d’être
plus appréciés de quiconque s’occupe d’ar-
boriculture ; ce sont, d’une part, la greffe en
couronne perfectionnée, et d’autre part la
greffe anglaise, dite au galop, qui sont
surtout précieuses pour les petits sujets.
Disons tout de suite qu’on ne peut abor-
306
DEUX BONNES GREFFES POUR LES PETITS SUJETS.
(1er cette intéressante et toujours curieuse
opération du greffage, sans rappeler le tra-
vail scientifique et pratique de M. Gh. Bal-
tet. Son ouvrage, VArt de greffer, est en
effet un guide sûr et éclairé en la matière.
Nous avons été à même de mettre ces
deux greffes en pratique en diverses cir-
constances, et chaque fois elles nous ont
donné de si bons résultats que nous n’hési-
tons pas à les recommander, car elles sont
peu compliquées, faciles à exécuter et d’une
reprise certaine.
I. — Greffe en couronne perfectionnée.
Cette greffe nous a été indiquée, pour la
première fois, en 1880, par un de nos
maîtres en arboriculture, par feu le pro-
fesseur Du Breuil. Elle consiste à rabattre
le sujet à 20 centimètres environ au-dessus
du sol suivant un plan oblique bien accusé
fig. 106, puis, avec la lame du greffoir, à inci-
ser et soulever légèrement et longitudinale-
ment l’écorce, tà droite et à gauche, vers le
sommet de la coupe oblique, indiquant
Fig. 1(Xi. — Greffe en couronne perfectionnée.
ainsi le logement du greffon. La difficulté
de cette greffe réside surtout dans la prépa-
ration de celui-ci, qui demande une petite
liabileté de main. Le greffon B doit pré-
senter, en effet, un cran oblique d que
l’on obtient facilement au moyen d’un trait
de greffoir suffisamment profond et donné
à l’opposé d’un œil et de bas en haut. Ün
second trait de greffoir donné dans le même
sens produit l’évidement. B ne reste plus
qu’à préparer la base du greffon selon la
forme d’un bec de flûte aminci en dirigeant
le greffoir de haut en bas, comme on le fait
pour la greffe en couronne ordinaire. On
obtient ainsi le greffon B auquel on ne doit
laisser que deux bons yeux. Ainsi préparé,
ce greffon s’inocule sous l’écorce, au sommet
du sujet oû le cran d vient chevaucher en
e, sur la coupe oblique de celui-là. On liga-
ture et on englue copieusement toutes les
parties tronquées ou incisées du sujet et du
greffon.
Cette très-bonne greffe pourrait être mo-
difiée de la manière suivante ; au lieu de
soulever l’écorce du sujet des deux côtés et
d’enchâsser le greffon au centre, on pourrait
ne pratiquer cette opération que d’un seul
côté en entamant très-légèrement la parlie
du greffon correspondante qui viendrait se
juxtaposer contre l’écorce non soulevée du
sujet. Toutefois, à notre avis, ce procédé ne
vaut pas celui que nous venons (l’indiquer,
car il peut arriver que la base du greffon se
trouve plus épaisse que l’écorce du sujet, et
que de ce fait il n’y ait point coïncidence
parfaite.
II. — - Greffe anglaise au galop.
Pour cette greffe, le sujet A (fig. 107) se
a B c
Fig. 107. — Greffe anglaise au galop.
tronque obliquement de même que chez
la précédente. On l’entame sur le côté, à la
partie supérieure opposée à la coupe oblique,
suivant une longueur de 3 à 4 centimètres,
en ayant soin d’enlever une portion suffi-
sante de ligneux de façon à mettre bien en
évidence les parties constituantes de
l’écorce ; puis, environ vers le tiers supé-
rieur de cette plaie longitudinale, en c,
avec la lame du greffoir dirigée de haut en
bas, on pratique une incision oblique pro-
fon(le seulement d’un demi centimètre. Le
greffon B se prépare comme celui de la
EXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d’iIORTIGULTURE DE FRANCE.
307
£»Teffe GQ couronne ordinaire, c’est-à-dire
en bec de flûte aminci, opposé et à partir
de la hauteur d’un œil, mais avec cette dif-
férence que vers le tiers inférieur de cette
coupe, en /, on pratique avec la lame du
greffoir dirigée de bas en haut une incision
en sens inverse et de même profondeur que
chez le sujet. On assemble ensuite ces deux
incisions, véritables agrafes, en prenant le
soin de faire coïncider l’écorce du greffon
avec celle du sujet, au moins d’un côté, de
façon à obtenir ce que nous indiquons
en C. Dans cette greffe appliquée aux
petits sujets, nous pensons que la coupe
oblique de ceux-ci est préférable à une
coupe horizontale, et que de plus, pour per-
mettre une cicatrisation rapide de cette
coupe, il est bon que le greffon, une fois
ajusté, présente une légère partie entamée
en d, d’où se produira un bourrelet de
tissu cellulaire qui gagnera de proche en
proche et recouvrira bientôt la plaie du
sujet produite par son ablation. Ici, de
même que pour la greffe en couronne per-
fectionnée, il faut ligaturer et engluer.
Cette greflh diffère essentiellement de la
greffe anglaise appliquée à la Vigne, en ce
sens que, le greffon préparé cependant de la
même manière, mais avec biseau plus
allongé, est ajusté sur le côté et non sur le
plan oblique du sujet.
La serpette ou le greffoir Kunde, de
Dresde, sont très-commodes pour l’exé-
cution rapide de ces deux greffes et parti-
culièrement pour la seconde. L’époque à
laquelle il convient d’opérer est le cou-
rant d’avril, les greffons ayant été, bien
entendu, récoltés en février ou plus tôt et
mis soigneusement en stratification.
Ces deux greffes nous paraissent parti-
culièrement recommandables pour le gref-
fage, soit sur place, soit sur table, des
petits sujets de Poirier franc, de Pommier
doucin et de Pommier paradis, de Pruniers
de toutenature, domestica, spinofia,
Myroholana, etc. C’est d’ailleurs à l’aide
de la greffe anglaise au galop sur table que
nous avons réussi avec plein succès le gref-
fage des Pêchers de Chine sur Prunier L
Nous ajouterons encore qu’en arboriculture
ornementale ces deux greffes donneront
toujours d’excellents résultats pour le
F rêne en employant les sommités de gref-
fons ; pour l’Orme, le Robinia, le Catalpa,
l’Aubépine, le Chionanthe, etc., etc., c’est-
à-dire toutes les fois qu’on voudra avoir
recours aux petits sujets sur lesquels les
autres modes de greffage par rameaux
détachés ne pourraient être avantageuse-
ment employés.
Ch. Grosdemange.
EXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D’HORTICULTURE DE FRANCE
PLANTES DE SERRE, ORCHIDÉES
PLANTES DE PLEIN AIR, ARRORIGULTURE D’ORNEMENT, CULTURE POTAGÈRE
I. — Les plantes de serre
Gomme tous les ans, les plantes de serre
étaient avantageusement représentées par les
massifs de MM. Truffant, Duval, Robert Le-
baudy, Opoix, jardinier en chef du Sénat,
Mnio veuve Ghantin et ses enfants, MM. Chan-
trier frères, MM. Gappe et fils, Auguste Glian-
tin. Dallé, etc. Félicitons cette fois de nou-
veaux venus d’être entrés dans la lice :
MM. Derudder, de Versailles ; V. Gharon, de
Paris ; et Vouette, d’Issy, avec des lots impor-
tants de plantes de serre variées. Au moins
pouvons-nous espérer quelque émulation pour
l’avenir dans cette partie de nos Expositions.
De même les collections que l’on a pris l’ha-
bitude d’admirer sont là : Gloxinias de M. Val-
lerand, Anthuriums et Broméliacées de M, Du-
val, Bégonias à feuillage de MM. Gappe et fils
et xAuguste Ghantin, Phyllocactus de M. Si-
mon, etc. Mais, cette fois, la traditionnelle col-
lection de Galadiums, au lieu d’être de
M. Bleu, est de M. Torcy-Vannier.
Dans l’exposition de M. Truffant, nous avons
retrouvé avec plaisir le Licucda grandis, VHe-
liconia illustris ruhricaulis et le Davallia fid-
jiensis plumosa de l’année dernière; noté un
Anthurium Veitchii d’un développement
extraordinaire: les feuilles ont jusqu’à 1 20
de limbe ; noté aussi un beau Nepenthes Mor-
ganiæ, un délicat Lygodium elegans, un Ara-
lia elegantissima, un Encholirion Vriesea par-
pureum glaucum, une grosse touffe d’AZpmm
vittata, et un très-beau spécimen d' Adiantum
Farleyense.
Dans le lot de M. Duval, il n’est pas inu-
tile de noter de nouveau les plantes rares
vues à Versailles * : Vriesea Poelmanni, Ca-
raguata Peacockii foliis rubris, Æchmea
fasciata, auxquelles il faut ajouter les Nidu-
larium Innocenti, N. striatum, Vriesea Baril-
letii, V. splendens major, V. Elmireana,
Caraguata Zahni, etc. Il faut y joindre de
^ Voir Revue horticole, 1894, p. 8.
- Voir Revue horticole, 1897, p. 262.
EXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d’hORTICULTURE DE FRANCE.
30(S
magnifiques spécimens à* Asparagus Sprengeri
et la collection à' Anthurium si admirée l’année
dernière à Paris et à Versailles récemment.
Il est intéressant d’étudier, dans le superbe
apport de M. Opoix, les variétés de Crotons
dues aux différences de forme et de structure
des feuilles, d’une part, et le classement des
races de Cypripedium, d’autre part. Ainsi,
dans les Crotons, on a les variétés ; undu-
latum, aux feuilles ondulées ; volutum, cour-
bées comme une corne de bouc; spirale,
dont le limbe est contourné autour de la
nervure médiane — c’est une rareté de la
phyllotaxie ; — cornutum, dans laquelle
une division irrégulière s’échappe du limbe,
tantôt plus courte, tantôt plus longue que
lui. Quant aux Cypripedium, ce sont des
types choisis de chaque section : harhatum,
ciliare, Dayanum, Lawrenceanum, VeitchU,
Swanianum, etc., puis des hybrides de la
plupart de ces espèces-types.
L’éloge des spécimens monumentaux de l’é-
tablisssement de veuve Ghantin n’est plus
à faire. On ne peut se lasser d’admirer cer-
taines Cycadées, telles que le Katakidozamia
Mac-Leayi, ni le curieux Araucaria Bidwilli,
le Dieffenhachia imperialis, le Cocoloba pu-
hescens, le Martinezia Caryotæfolia, le Ce-
roxylon niveum , Palmier penné dont le.
revers des feuilles est recouvert d’une pruine
blanche. Remarqué aussi : VÆchmea Chan-
tini, nouveauté de 189(3 et la jolie Ru -
tacée, Boronia elatior, exposée aussi par
M. Sallier.
Un très-beau Sphœrogyne cinnamommea,
haut de plus de deux mètres, surplombe le
massif de MM. Ghantrier frères, dans lequel,
mêlée aux Alocasia, aux Nepenthes, aux An-
thurium et aux Crotons, on peut remarquer
une belle série de Dracæna rouges : striata,
Comte de Germiny, Directeur Alphand,
Laingii, Chelsonii, Manouk-Bey, etc. La pré-
sence d’un grand nombre de variétés de ce
genre, cette année, est d’ailleurs remarquable :
c’est ainsi que M, V. Gharon en expose une
collection de 60 à 70 variétés, en fort belle
culture, et qu’on en retrouve de non moins
belles, mais en plus petit nombre, dans les
lots de M. Derudder et de M. Vouette.
La sélection que continue, avec tant de per-
sévérance, M. Vallerand dans les Gloxinias,
semble devoir y produire deux races assez dis-
tinctes : l’une, caractérisée par un pointillé sur
toute l’étendue du limbe de la corolle ; l’autre,
dans laquelle ce limbe est complètement
entouré par un liseré blanc ou très-clair et
nettement dessiné. G’est ainsi que, dans la pre-
mière race, on peut noter Eugénie Martion ou
Czarine comme type à fond violet, Nicolas II
ou Germain Vuillermoz, à fond rouge. Dans
la seconde race, on pourra retenir, pour les
fonds violets. Patrie et le n" i36, et, pour les
fonds rouges, iSO et 873.
’ Voir Revue horticole, 1896, p. 250.
II. — Les Orchidées.
G’est ici le cas de dire que les comparaisons
ont du être peu faciles à faire, car une notable
distance séparait le massif dans lequel se trou-
vaient les Orchidées de M. Duval et de M. Page
de la petite chambre où les lots de MM. Bert,
Garden, Dallé et quelques autres se regardaient
positivement « dans le blanc des yeux ».
On ne saurait dénier toutes les marques
d’une belle culture et d’une grande richesse au
lot de M. Garden où se trouvent de beaux Cat-
tleyaMossiæ, Odontoglossum erispum Alexan-
dræ, Cattleya labiata Warneri, G. Mendeli,
Lælia purpurea atropurpurea, etc., ainsi
qu’au lot de M. Bert, où l’on remarque un
Cattleya Mossiæ imperialis, dont le diamètre
est bien de 20 centimètres en longueur et
de 12 centimètres en largeur. Il y a aussi un
gigantesque Oncidium Papilio, un Cattleya
Mossiæ Beineckiana, un Cattleya Mossiæ
aurea, un Cattleya nobilior, des Cypripedium
bellatulum, Anguloa Clowesii et Buckeri,
Cattleya Schilleriana , Lælia purpurata,
L. grandis, des Odontoglossum, des Masde-
valia, etc., etc.
Tout à ses Grotons, M. Dallé n’a usé que
modérément des Orchidées; on remarque cepen-
dant dans son lot un Aerides Fieldingii, un
Cattleya Acklandiæ, des Odontoglossum, Cat-
tleya, et un bel exemplaire AOncidium Mar-
shallianum.
Nous notons aussi, de M. Régnier, un Aerides
Godefroyanum et un beau Cattleya Mendeli.
Le fond du lot des Orchidées de MM. Duval et
füs comporte principalement, en beaux exem-
plaires : un Anguloa Clowesii, un Lælia gran-
dis tenebrosa, un joli Selenipedium cauda-
tum, un grand Cypripedium Lawrenceanum,
un Cattleya labiata Warneri, un Cypripe-
dium superbiens, etc. Mais nous mentionnons
spécialement VEpidendrum Friderici Gui-
lielmi, pour son port, son inflorescence, et
même sa couleur ; tout cela nous rappelle —
d’ün peu loin, s’entend — l’Epilobe ou la Sali-
caire.
III. — Les plantes de plein air.
Dans les collections de Rhododendrons, les
plus beaux sont toujours : Michel Waterer,
puis Hélène Waterer et Mistress Walter, tous
deux à grandes macules blanches. Dans les
Azalées pontiques de M. Moser, se remarquent
surtout ; l’^l. Van Houttei flore pleno, le
Sang de Gendbrugge et Vénus.
Signalons aussi, de M. Moser, une très-in-
téressante collection de Fougères de plein air,
où les amateurs qui ont des sous-bois frais et
mouvementés à garnir ont pu noter une am-
ple provision de choses intéressantes : Stru-
thiopteris germanica, Polystichum angulare
setosum, Athyrium filix fæmina multifida et
Fieldæ, Cystopteris regia, Onoclea sensibilis.
EXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d’iIORTICULTURE DE EUANCE.
Osmunda cinnamomea, Lastrea intermedia,
Scolopendriumundulatum, etc.
M. Boucher perfectionne d’année en année
la présentation de ses Clématites. C’est ainsi
que l’étiquette de chaque variété porte l’indi-
cation du type auquel elle appartient. Par
exemple, les variétés : Star of India, Elisa
Schenk, et la belle variété grenat, très-llori-
bonde, Madame Ed. André, représentent
avantageusement le type Jackmani ; Fairij
Queen, Lawsoniana et Ville de Paris, le type
lanuginosa-, Juliette Dodu, Madame Moser
et Modesta, le type Viticella, etc.
De l’avis unanime, les collections de Roses
de M. Lévôque ont été l’une des plus grandes
attractions de l’Exposition. On n’attendra pas
de nous de trier un choix ici, dans plus de
2,000 Rosiers. Pourtant, voici trois variétés aux
nuances peu communes : Marie Guillot, Rose
thé, blanc à reflet vert d’eau ; Souvenir de
Rend Lévêque, de couleur grenat noirâtre et
velouté, bien pleine, et Luciole, aux pétales
curieusement chiffonnés, jaune passant au
rouge feu, puis au carmin au centre.
Une Rose sœur de celle-là est bien carac-
térisée dans le lot de M. Rothberg ; c’est
VIdéale, aux pétales repliés longitudinalement
sur leurs bords, de nuance jaune feu passant
au feu carminé.
Ajoutons-y celle-ci, de ton très-chaud, sau-
mon passant au cuivré : Comtesse Riza du
Parc, notée dans le lot de M. Jupeau. Puis,
chez M. Boucher, Commandant Beaurepaire,
rose clair strié de brun foncé, et Belle Sie-
brecht, rose très-satiné, et chez M. Auguste
Ghantin, Victor Lemoine, d’un rouge sang
noirâtre, et nous avons un choix de nuances
peu communes.
Les Rosiers sarmenteux de M. Rothberg,
palissés sur armatures en fil de fer, sont fort
bien présentés. La collection de M. Ghantin est
remarquable par sa belle végétation.
On s’est accordé à dire que les Gannas de
MM. Billard et Barré avaient été le « clou »
des plantes de massifs, sous le triple rapport
de la belle végétation, de l’abondante floribon-
dité, et du choix des variétés. Nous y retrou-
vons celles déjà vues au Goncours agricole
puis A.mi Jules Chrétien, Czar Alexandre III,
Incendie, Yvette Guilbert, nouveautés de 189ü,
sans compter les meilleures des variétés de
fonds. On note aussi, dans le lot de MM. Du-
panloup et G‘^, de belles variétés, telles que :
Sénateur Laubry, à feuillage vert bleuâtre à
fleur abricot et Obélisque, à feuillage noir et à
fleur orange cuivré.
Dans les plantes annuelles de la Maison
Vilmorin, celles qui frappent le plus la vue
sont les Gapucines naines et les Pavots. Les
Pavots d’Orient, Pavots- tulipes et Goquelicots
japonais sont très-remarqués. Puis le Schi-
zanthus Grahami rose vif et certains Mu-
' Voir Revue horticole, 1897, p. 218.
o09
(tiers tels que les kermesina splendens et
Constantin Tretiakoff. MM. Gayeux et Le-
clerc ont une bonne collection de Pyrethrum
roseum, des plantes annuelles bien cultivées, et
la rustique Galcéolaire Triomphe de Versailles,
hybride de C. rugosa.
Aux Bégonias nouveaux de M. Urbain,
ajoutons, en plantes de fonds, les variétés :
Cocpuette de Clamart obtenue en 1890 ^ et
Lafayette. Dans la grande collection de
M. Vallerand, on remarque surtout ses varié-
tés cristées dont la Revue horticole a déjà
parlé M. Gappe expose aussi son charmant
petit Triomphe des Belvédères, nouveauté
de 1896 h Avec une belle collection de Bégo-
nias tubéreux doubles, M. Vacherot nous
montre toute une corbeille de sa nouveauté
de 1896, Abondance de Roissy très-bonne
pour massifs.
Notons enfin : 1» dans les Pélargoniums de
M. Boutreux, trois variétés à grandes macules
blanches : Empress of India, Ronsard et Gé-
néral Lassalle; 2^ dans les Pélargoniums
zonés de M. Poirier : Madame Bruant, Fleur
Poitevine, Belle Alliance, nouveautés à fleurs
panachées de 1896 ; Le Rhône, Madame Hoste,
Renommée lyonnaise, de la sélection à centre
blanc de Jules Ghrétien ; 3^ dans ceux de
M. Nonin : Boizard, peut-être le meilleur
double à fleur vermillon vif; Alfred Maury,
le plus orangé de tous ; Turenne, de nuance
entre Poirier et Eurêka ; 4® la Calcéolaire
Simon Durand, le Bégonia gigantea, le Jus-
ticia velutina compacta et les belles Ancolies
hybrides, de M. Nonin ; 5° les Anthémis Com-
tesse de Chambord et Etoile d’Or de M. Gil-
lard.
M. Thiébaut-Legendre avait présenté une
belle collection de plantes vivaces : Agros-
temma coronaria, Hieracium aurantiacum,
Gypsophila repens, Lilium Thunbergianum,
Aster alpinus, Campanula persicifolia
Backhousei, etc. Mais l’apport de cet exposant
est surtout remarquable par ses Delphinium
doubles et sa collection de trente-huit variétés
de Doclecatheon Meadia. Les plantes vivaces
de M. Férard étaient tout aussi intéressantes.
On y remarquait surtout le Delphinium Bar-
lowii, l’Œillet de poète rouge éclatant, VInula
glandidosa, le Campanula p)orsicifolia et de
beaux Amaryllis vittafa variés.
Le lot de M. Dugoud contenait, comme
d’habitude, une collection très-intéressante
d’Orchidées indigènes, ainsi qu’un Sedum à
feuillage jaune d’or.
Nous ne dirons rien d’un lot de plantes
vivaces, rempli d’erreurs et de fautes de nomen-
clature tellement « criardes » qu’un grand
nombre de visiteurs ont pu les constater.
- Voir Revue horticole, 1896, p. 462.
3 Voir Revue horticole, 1896, p. 61, 461.
'• Voir Revue horticole, 1896, p. 439.
’ Voir Revue horticole, 1895, p.l31, 1896, p- 462
310
EXPOSITION DE LA SOCIÉrÉ NATIONALE d’hORTIGULTURE DE FRANGE.
IV. — L’arboriculture d’ornement.
Les arbres et arbustes d’ornement étaient
représentés par les lots de M. Honoré De-
fresne, Groux et lils, Paillet, auxquels on est
heureux d’ajouter ceux de M. Carnet, du Mes-
nil-Amelot, de M. Derudder, de Versailles, et
un petit lot de Juniperus^ de M. Letellier,
de Caen. M. Defresne avait surtout une fort
belle collection de cinquante Conifères de choix,
parmi lesquels on remarquait surtout de vi-
goureux Abies commutata glauca, A. concolor
violacea, A. pungens, A. numidica, ainsi
qu’un spécimen de Piniis parvifolia,
Avec cette collection, on doit noter celle de
cinquante arbustes à feuillage persistant, expo-
sée par M. Groux, et dans laquelle on retrouve
avec plaisir des arbustes trop peu répandus
et pourtant robustes et rustiques, tels que
VOsmanthiis ilicifolius, le Phillyrea oleifolia,
le Sciadopitys verticillata, etc.
Nous avons retrouvé, avec M. Paillet, l’inté-
ressante série d’Acer Negundo et d'Acer japo-
nicum de l’année dernière, et noté en particu-
lier un bel exemplaire d’A. pseudo-platanus
Lcopoldi. Très-remarquable aussi était la col-
lection de douze Conifères à feuillage panaché
exposée par M. Carnet ; il s’y trouvait un fort
beau Cupressus Lawsoniana argentea.
V. — L’arboriculture fruitière
Deux grands apports d’arbres fruitiers for-
més, bien placés pour être vus de tout le monde.
L’un d’eux, appartenant à M. Groux, remar-
({uable par de belles et impeccables pal-
mettes de diverses formes : Verrier à 5 bran-
ches, Gossonet, etc., et par des lignes de Pom-
miers en M entre-croisés, de formes basses.
L’autre lot, exposé par M. A. Nomblot,
contenait, entre autre choses intéressantes, des
palmettes à hautes tiges pour grands murs,
ainsi que des modèles de pyramides à ailes,
sur lesquels nous reviendrons.
Nous avons noté aussi, dans cette exposition,
de remarquables exemples d’arbres fruitiers
cultivés en pots, à formes basses : Cerise an-
glaise hâtive, pied portant plus de 120 fruits ;
Cerise Ramon Oliva, Guigne noire à gros
fruit, Pomme Ménagère, qu’il ne faut pas
confondre avec la Belle Joséphine ; puis des
Groseillersà hautes tiges : Groseille à grappes
blanche de Hollande, greffée sur Ribes au-
reum ; Groseilles à maquereau diverses gref-
fées sur Ribes Gordonianum R. uva-crispa
ou R. sanguineum.
Dans les fruits forcés et fruits conservés, l’ex-
position des Forceries de l’Aisne, dont le direc-
teur est M. Fatzer, était tout à fait hors de pair.
De belles Pêches Précoce de Haie, Grosse mi-
gnonne hâtive, etc., de belles grappes de Rai-
sin Frankenthal, Muscat d’Alexandrie, etc.,
étaient montrées tout emballées dans les pa-
niers spéciaux que l’établissement emploie
pour ses expéditions à la Halle de Paris.
M. Parent, de Rueil, avait aussi une vitrine
fort bien garnie en nombreuses variétés de
Pêches : Précoce de Haie, Grosse mignonne
hâtive, Brugnons Galopin, Lord Napier, Féli-
gny, etc.
VI. — Culture potagère.
Il convient tout d’abord d’en examiner les
nouveautés, et, sous ce rapport, ce sont les
Fraises de M. Millet qui occupent le premier
rang, avec un semis de Fraisiers des Quatre-
Saisons dénommé Belle de Paris et plusieurs
introductions anglaises et allemandes. La
Fraise Belle de Paris se distingue principa-
lement par son feuillage fortement gaufré et
frisé et son fruit gros et long; elle paraît être
remontante et productive, et a l’avantage
d’émettre peu de coulants, ce qui en fait une
bonne variété pour bordures. Dans les intro-
ductions, nous notons les variétés à gros fruit :
Royal Sovereign, White Knight, Kœnig
Albert, Austria eijielgoland. Ces deux der-
nières sont très-florifères ; elles ont c( de
l’étoile », selon l’expression des praticiens,
c’est-à-dire que leur calice est solide, ce qui
est tout à la fois signe de générosité et de
robusticité.
Le Chou cœur- de-bœuf frisé, présenté par
MM. Cayeux et Leclerc, est une nouveauté in-
téressante. Remarquablement frisé et régulier,
il est volumineux pour un Chou de première
saison. Une notice qui y est jointe nous ap-
prend que, comme précocité, il vient immédia-
tement après le Chou d’York. Si les plants de
ce Chou se comportent l’hiver aussi bien que
ceux des Choux cœi^r-de-6œw/ ordinaires — et
c’est ce qu’il faut savoir — ce sera là une
très-bonne acquisition pour la culture maraî-
chère.
Comme collections légumières, nous avons
retrouvé celles qu’on a l’habitude de contem-
pler, de la Maison Vilmorin-Andrieux et Cîe,
de la Société de secours mutuels des jardi-
niers-maraîchers de la Seine, et des cultures
potagères de Bicêtre. Dans la première, les
pieds de Tomates portant leurs fruits déjà
gros sont dignes d’être notés, ainsi que le
Haricot beurre nain de Digoin, très-productif
et à fort bon aspect. Dans la seconde, la série
des Choux cœur-de-bœuf gros, moyen de la
Halle, hâtif d’Étampes, etc., est digne de re-
marque. Que dirons-nous de l’Exposition de
Bicêtre, sinon qu’elle augmente d’importance
et d’intérêt d’année en année, et que c’est à juste
titre que les louables efforts de M. Lambert,
jardinier-chef de cet établissement, ont été ré-
compensés par la croix du Mérite agricole. 11
faut louer particulièrement M. Lambert d’avoir
exposé, dans sa nombreuse collection, une
série de Pommes de terre hâtives avec leurs
fanes tout entières, fraîchement récoltées :
VERONICA. SYRIACA.
311
Belle de Fontenay, Heine de Mai, Anglaise,
Négresse, Marjolin, Têtard, Joseph Ri-
gault, etc.
tant que collections, il resterait à exami-
ner celle de M. Millet, contenant 134 variétés
de Fraises, mais la place nous manquerait ici.
Nous voudrions dire que cette année, l’expo-
sition d’Asperges de M. Chevalier, d’Argen-
teuil, était particulièrement soignée, et faire
ressortir l’excellence du lot de Melons Canta-
loups et de Fraises exposé par M. Jarles, de
Taverny. Ces Fraises — Général Chanzy et
Docteur Morère — placées une à une dans
une vitiine garnie de feuilles de Vigne, de-
vaient être les premières « du bouquet ».
Enfin, si nous ajoutons, aux apports précé-
dents, le blanc de Champignon stérilisé et mis
en cartouches, de MM. Costantin et Matruchot,
et les lots d’Asperges de M. Girardin et de
M. Lhérault, nous aurons donné la mesure de
l’importance, d’ailleurs moyenne, de cette
partie de l’Exposition.
Nous ne voulons pas terminer ce compte
rendu sans signaler les modèles de fruits de
M. Théveny, artiste peintre, et de qui nous
avons déjà dit qu’il continuerait la tradition de
feu Buchetet. Les fruits sont imités à s’y mé-
prendre, et le souci de rester vrai d’après des
documents authentiques y est très-grand.
C’est ainsi que nous avons retrouvé, dans sa
vitrine, la Poire Jeanne Hardy, dont il parut
une planche coloriée en 1890 dans la Revue
horticole. C’est le meme fruit qui servit de
modèle alors à M. Godard, qui fut remis par
celui-ci à M. Théveny pour être reproduit
moulé et peint. H. Dauthenay.
VERONICA SYRIACA
Parmi les nombreuses plantes dont les
premiers beaux jours font éclore les fleurs,
se place la Véronique de Syrie (fig. 108),
charmante espèce naine et annuelle à laquelle
nous devons rendre justice pour son élé-
gance et ses mérites trop oubliés.
C’est, à notre connaissance, la plus char-
mante des Véroniques annuelles, pourtant
si nombreuses, chez nous notamment, où
elles ne constituent que de mauvaises
herbes. Elle se rapproche, comme carac-
tère et surtout par ses fleurs, de notre
Veronica agrestis, mais elles sont bien
plus grandes, plus abondantes et d’un plus
beau bleu. La plante étant peu connue
malgré sa longue existence dans nos
jardins, en voici une description som-
maire :
Veronica syriaca, Rœm. et Schult. —
Plante annuelle, haute de 10 à 15 centimètres,
très-rameuse et étalée, à feuilles opposées ;
les inférieures pétiolées, les supérieures ses-
siles, ovales, oblongues ou un peu lancéolées
et toutes plus ou moins profondément dentées.
Fleurs très-nombreuses, assez longuement pé-
dicellées et disposées en grappes lâches, ter-
minales ; corolle ayant près de 15 millimètres
de diamètre, à divisions très-inégales ; la supé-
rieure et les latérales sont amples et d’un beau
bleu clair, tandis que l’inférieure est petite,
blanche, et le centre ou gorge de la fleur
jaunâtre ; les deux étamines sont saillantes et
à anthères purpurines. Il en existe une va-
riété â fleurs entièrement blanches. Fleurit
depuis avril jusqu’en juin. Introduit de la
Syrie en 1857.
La Véronique de Syrie est la bienvenue
dans les jardins qui manquent de plantes
au printemps, car elle est susceptible de
nombreux emplois décoratifs. On peut en
former de ravissantes bordures ou en gar-
nir avantageusement les petites corbeilles
avoisinant les habitations, ou en obtenir des
potées très-élégantes si l’on place une demi-
douzaine de sujets par pot d’environ
12 centimètres de diamètre.
Son traitement est, en général, celui des
autres plantes à floraison printanière, sauf
qu’elle a un peu moins de rusticité, c’est-à-
dire qu’il faut la semer de préférence
Fig. 1Ü8. — Veronica syriaca,
au quart de grandeur naturelle.
en septembre, en pépinière ; on repique
les plants dans un endroit chaud et abrité,
ou mieux sous châssis quand on le peut,
puis on met les plants en place en mars,
à environ 20 centimètres de distance.
On peut encore semer cette Véronique
au printemps, en mars, mais alors en place.
Toutefois, les plantes deviennent bien
moins fortes et la floraison plus tardive et
moins abondante; aussi recommandons-
nous de préférence le semis d’automne.
S. Mottet.
312 ARTS ET INDUSTRIES HORTICOLES A L’eXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE.
LES ARTS ET INDUSTRIES HORTICOLES
A L’EXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D’HORTICULTURE DE FRANGE
La section des arts et industries horticoles,
annexée à la dernière Exposition de la So-
ciété nationale d’horticulture de France, com-
prenait 184 exposants inscrits au catalogue
officiel : 25 exposants de serres ; 5 de serres
et d’appareils de chauffage ; 11 d’appareils de
chauffage ; 7 de pulvérisateurs, fumiga-
teurs, etc. ; 4 de machines et instruments de
jardinage ; 13 de pompes; 7 d’appareils d’ar-
rosage, tuyaux, etc., et 112 objets divers tels
que : claies, quincaillerie, kiosques, vases,
statues, etc.
Nous n’aurons que peu de choses à indi-
quer ou à détailler dans ce compte rendu, à
moins de faire double emploi avec nos rap-
ports des années antérieures.
Serres et constructions diverses. — Signa-
lons, parmi le bel ensemble exposé, les serres
de MM. Ferry, Brochard, Ozanne ; la serre
en fer de MM. Bergerot, Schwartz et Meurer ;
les châssis et coffres, ainsi que les serres
d’amateur 1er et bois de M. Eug. Gochu ; les
serres, grilles et châssis de M. G Solfier; une
serre d’amateur en fer, par M. Guillot-Pel-
letier; les serres en bois de M. Boutard et
celle à vitrage mobile de la Société des
ateliers de Neuilly ; la serre à double
vitrage de jM. Moutier ; les serres de culture de
MM. Leduc, Mathian, Bellard ; la serre trans-
formable de M. Beaufils ; le faitage articulé
exposé par M. Michaux ; les nouveaux mo-
dèles de châssis présentés par MM. Perrier
fils, lligault, Garpentier ; les constructions
rustiques, kiosques, claies et treillages de
M. Ernest Dorléans ; les serres et châssis de
M. Girardot ; les grilles, grillages, ponts et
kiosques de MM. Tautffieb et Ghaussard ; les
châssis et coffres de MM. Rouard et Vanden-
driessche ; enfin la serre en verre exposée par
la Société des verreries de Dorignies.
Appareils de chauffage. — MM. Bail,
Pozzy et G>e exposent des vaporigènes ima-
ginés par M. Gh. Bourdon, professeur à l’Ecole
centrale. Ges appareils, destinés au chaufiage
des appartements à l’aide de la vapeur sans
pression, peuvent trouver des applications en
horticulture, d’autant plus que leur fonction-
nement est automatique. Dans le type ver-
tical, un poêle à combustion continue chauffe
une chaudière annulaire qui est en communi-
cation avec un récipient latéral où s’effectue
le retour d’eau ; la pression de la vapeur,
limitée à 1/20 d’atmosphère, c’est-à-dire à
50 grammes par centimètre carré, est main-
tenue constante par un régulateur automa-
tique qui agit sur le tirage de la cheminée et
pai’ suite sur l’activité du foyer; ces petits appa-
reils produisent 25 kilogs de vapeur par heure.
M. Durand-Vaillant présente une chaudière
verticale portative en fonte ; l’appareil est à
feu continu comme les poêles à combustion
lente et porte à l’intérieur la chaudière à eau
chaude; l’appareil, de 1 mètre de hauteur et de
30 centimètres de diamètre, peut chauffer 25 mè-
tres de tuyaux de 10 centimètres de diamètre.
Signalons encore : le poêle portatif à ai-
lettes, à combustion continue, de M. Mathieu;
le chauffage à foyer tubulaire amovible de
M. Perrier; celui de M. Blanquier, destiné aux
petites serres, et les expositions de MM. Le-
bœuf, Guion et Damien, Grodet, Martre et
fils; les vannes pour chauffage exposées par
M. J. Moine et par MM. Zehren frères.
Pompes. — Mentionnons les expositions
de MM. Vidal-Beaume, Debray, Anceaux, Bro-
quet, Buzelin, Hirt, David, Durey-Sohy, dont
les machines sont déjà connues des lecteurs
de la Revue horticole.
M. Eylé expose un bélier hydraulique dans
lequel l’axe de la soupape d’écoulement est
horizontal et situé dans le prolongement de la
conduite d’arrivée d’eau.
Instruments divers. — MM. Besnard père
et fils présentent leurs nouveaux modèles de
pulvérisateurs et notamment la machine à
traction dans laquelle la pression est fournie
par l’acide carbonique liquide. D’autres pulvé-
risateurs sont exposés par M. A. Beaume fils,
M. Muratori, etc.
La nouvelle tondeuse de gazon, présentée
par M. Vidal, est pourvue de roues motrices
de grand diamètre (30 centimètres environ) qui
commandent l’axe des couteaux par une trans-
mission enfermée dans une boîte en fonte.
M. Jamin-Lemée expose un tombereau lé-
ger, monté sur roues de 22 centimètres de
largeur, destiné au service des parcs ; les
jantes des roues sont formées de deux pièces
de bois parallèles réunies par des boulons, et
la grande largeur des fers permet le passage du
véhicule sur les pelouses sans risquer de les
détériorer.
Mentionnons, en terminant, les intéressantes
expositions de quincaillerie horticole de
M. Thiolon, des établissements Allez frèrss,
de M. Tissot, de M. Méténier ; la coutellerie
horticole de M. Aubry, les porte-fruits de
M. Barbon ; l’exposition de M. Fontaine, où
nous avons remarqué d’ingénieux appareils
horticoles de son invention, parmi lesquels les
crochets régulateurs de la charpente des arbres
dont la Revue a parlé récemment ; les caisses et
bacs de M. Figus ; et enfin le mastic à greffer
depuis si longtemps connu de M. Lhomme-
Lefort, pour montrer que nous avons parcouru
toutes les sections comprises sous la rubrique
« Arts et industries horticoles. »
Max. Ringelmann.
LISTE DES RÉCOMPENSES DE l’eXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D’HORTICULTURE. 313
LISTE DES RÉCOMPENSES
DÉCERNÉES A L’EXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D’HORTICULTURE
DE FRANCE
ARTS ET INDUSTRIES HORTICOLES
Exposants hors concours, membres du jury.
Anfroy (H.) Ris, à Andilly, près Montmorency
(Seine-et-Oise). — Claies à ombrer, abris d’espa-
liers, paillassons, paniers à Orchidées.
Aubry, coutelier, 131, rue Vieille-du-Temple,
à Paris. — Coutellerie horticole,
Brochard (Emile), fils, 40, boulevard Richard-
Lenoir, à Paris. — Serres de culture et d’amateurs
en fer, abris mobiles vitrés, châssis et coffres nou-
veaux, appareils d’arrosage,
Dorléans (Ernest), architecte, 13, rue du Tandy,
à Clichy (Seine). — Constructions rustiques, kios-
ques, claies, stores, paillassons et treillages.
Bon (Ernest), 13, rue des Boulangers, à Paris. —
Instruments de précision.
Ferry (P.), 65-07, rue de Pontoise, à l’Isle-Adam
(Seine-et-Oise). — Serres de culture et d’amateurs,
châssis de couche.
Guion, de la maison Paul Lebœuf, Guion et
Damien, 14, rue des Meuniers à Paris, — Chauf-
fage de serre.
Lebœuf (Henri', 7, rue Vésale, à Paris. — Claies
à ombrer et paillassons.
Martre et fils, constructeurs, 15, rue du Jura,
à Paris. — Chauffage, vaporisateurs, vases, appa-
reils d’arrosage.
Méténier, quincaillier, 15, rueTronchet, àParis.
— QuincaiPerie horticole.
Ozanne (G.) et fils, constructeurs, 11, rue Marq-
froy, à Paris. — Serres, châssis et kiosques.
Wiriot (E.), poteries, 29, boulevard Saint-Jacques
à Paris. — Poteries usuelles.
Hot's concours. Déjà lauréat d’un grand prix
d. honneur.
Cochu (Eug.), constructeur, 19, rue Pinel, à
Saint-Denis (Seine). — Châssis et coffres, serres
d’amateurs, fer et bois.
Abondance et G*^, claies et paillassons, 265, rue
de Paris, à Taverny (Seine-et-Oise). — 2 méd.
arg. (claies, paillassons, châssis en bois); méd.
br. (treillages en bois).
Alexandre (H.), fabricant de paillassons, à Vil-
liers-sur-Marne (Seine-et-Oise). — Mention hono-
rable (claies et paillassons).
Anceaux (G.), constructeur, 10, boulevard de la
Contrescarpe, à Paris. — Gr. méd. verm. (pom-
pes).
Bail-Pozzi et G'°, ingénieurs-constructeurs,
143, quai Valmy, à Paris. — Méd. verm. (chauf-
fage de serres).
Baladiez, 30, rue Monsieur-le-Prince, à Paris. —
Gr. méd. arg. (dessins horticoles).
Barbon fils, 52, rue Montmartre, à Paris. —
Méd. br. (porte-fruits).
Bay (G.), coutelier, 16, cour des Petites-Ecu-
ries, à Paris. — Méd, arg. (échenilloirs).
Beaucantin, à Rouen. — Méd. arg. (plans de
jardins).
Beaufils (G.), constructeur, 23, rue du Port, au
Mans (Sarthe), — Gr. méd. verm. (serre trans-
foimable).
Beaume (A.) fils, ingénieur-constructeur, 53,
rue de Châteaudun, à Paris. — Gr. méd. verm.
(vases et jardinières) ; 2 méd. verm. (pulvérisa-
teurs, jardinières et tondeuses).
Bellard (A.), constructeur, 89, boulevard Dide-
rot, à Paris — Gr, méd. arg. (serres de culture
en fer); méd. br. (châssis).
Bergerot, Schwartz, Meurer, ingénieurs-cons-
tructeurs, 76, boulevard de la Villette, à Paris.
— Méd d’hon. (serres et grilles) ; méd. or. (grilles
en fer forgé).
Besnard père, fils et gendres, fabricants, 28,
rue Geoffroy-Lasnier, à Paris. — Gr. méd. verm.
(pulvérisateurs); méd. arg. (alambics).
Billot, représentant, 10, rue Primatice, à
Paris, — Rappel de méd. arg. (poteries usuelles).
Blanquier (L.), constructeur, 20, rue de l’Évan-
gile, à Paris. — Méd. or (chauffage de serres).
Bourceret (A.), 67, rue du Théâtre, à Paris. —
Méd, br. (échelles).
Boutard (A.), constructeur, 280, rue de Paris, à
Montreuil (Seine). — Méd. verm. (serres en bois).
Broquet, constructeur, 121, rue Oberkampf, à
Paris. — Méd. verm. (pompes).
Bruno (E.), dessinateur, 50, r. deVilliers,Neuilly-
Levallois (Seine). — • Méd, br. (plans de jardins).
Bué fils, constructeur, 7, rue du Plessis, à
Fontenay-aux-Roses (Seine). — Méd. arg. (échel-
les et brouettes).
Buzelin (F. -J,), constructeur, 81, rue de Paris,
aux Lilas (Seine). — Méd. verm. (pompes).
Garpentier (E.), constructeur, 16, rue Tur-
bigo, à Paris. — Méd. verm. (châssis et versant
circulaire) ; méd. arg. (serres en fer).
Garré fils aîné et G‘o, ingénieurs-constructeurs,
127, quai d’Orsay, à Paris. — Méd. arg. (appa-
reils d’arrosage).
Ghapal, ingénieur, directeur des clôtures fer et
bois, à Voutenay (Yonne). — Rappel de gr. méd.
verm. (clôtures fer et bois) ; méd. arg. (bacs).
Ghaumeton (E.), rocailleur, 5 bis, boulevard
'Victor-Hugo, Parc de Neuilly (Seine). — Gr. méd.
argent (rochers, ouvrages en ciment).
Ghazal (H.-M.), instituteur, à Estivaux (Corrèze).
— Méd. br. (dessins horticoles).
Ghéron et fils, poteries, à Liancourt (Oise). —
Méd. arg. (poteries).
Ghertier (veuve), ornements, 9, rue Paul-Louis-
Courier, *à Paris. — Méd. verm. (vases anciens,
vasques en marbre).
Clinard (T.), constructeur, 43, 45, rue de la
Légion-d’Honneur, à Saint-Denis (Seine). — Méd.
br. (chauffage de serres).
Couppez et Leonet, constructeurs, 118, rue
d’Angoulême, à Paris. — Méd. br. (pompes).
Danrée (L.) fils, entrepreneur de menui-
serie, 189, rue de 'Villeneuve, à Alfortville (Seine)
314 LISTE DES RÉCOMPENSES DE L’EXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D’hORTICULTURE.
— Gr. méd. arg. (chalets démontables); méd. arg,
(serres de culture).
Debray fils, pompes, 38, rue de la Folie-Méri-
court, à Paris — Méd. br, (pompes).
Dedieii (M.) et Hallay, constructeurs, 7, ruelle
Gandon, à Paris. — Méd. br. (chauffage de
serres).
Deliége (E.), instituteur, à Betheny, par Reims
(Marne). — Méd. br. (dessins horticoles).
Denis (A.), peintre-verrier, 72, quai de l’Hôtel-
de-Ville, à Paris. — Méd. arg. (petites serres
d’appartement).
Doloir, (P.), 6, rue Castellane, à Paris. — Ment,
bon. (cache-pots).
Donlton et C‘®, fabricants, 03, boulevard Bes-
sières, à Clichy (Seine). — Méd. or (vases, céra-
mique vernissée).
Dreux. — Méd. arg. (serres) ; méd. br. (châs-
sis).
Dubois (Th.), constructions rustiques, 9, avenue
Berthet, à Sannois (Seine-et-Oise). — Rappel de
méd. or (kiosques).
Dubos (Paul) et 0'°, bétons agglomérés, 6, rue
Coignet, à Saint-Denis (Seine). — Rappel de méd.
or (statues, vases et balustres).
Dubrulle (A ), rocailleur, 5, place d’Italie, à
Paris. — Méd. arg. (ouvrages en ciment).
Dufour et Cio, 48, faubourg Saint-Denis, à
Paris. — Méd. arg. (vaporisateurs).
Duquenne (J.), aquarelliste, 2, allée de Long-
champs, le Ferreux (Seine) , — Méd. verm.
(aquarelles).
Durand-Vaillant, constructeur, 120, boulevard
de Charonne, à Paris. — Gr. méd. verm. (chauf-
fage de serres).
Durey-Sohy (G.), ingénieur-constructeur, 17 et
19, rue Lebrun, à Paris. — Méd. or (pompes).
Établissements Allez frères, 1, rue Saint-
Martin, à Paris. — Rappel de gr. méd. arg. (en-
semble de leur exposition).
Eylé, constructeur, 6, impasse de l’Orillon, à
Paris. — Méd. arg. (pompes).
Figus (Paul), 121, rue de Charonne, à Paris. —
Méd. arg. (caisses et bacs).
Floucaud, ingénieur, 65, rue de Bagnolet, à
Paris. — 2 méd. arg. (seringues et pulvérisa-
teurs) ; méd. br. (arrosoirs).
Fontaine père et fils, à Fourchambault (Nièvre).
— Méd. arg. (colliers et tuteurs).
Girardot (J.), constructeur, 36, rue Picpus, à
Paris. — Méd. arg. (serres en fer) ; méd. br.
(châssis).
Grelle (A.-C.), industriel, 63, boulevard de Bel-
leville, à Paris. — Gr. méd. arg. (tente-abri).
Grodet(E.), constructeur, 3, rue de Dunkerque,
à Paris. — Gr. méd. arg. (chauffage de serres).
Guillot-Pelletier (F.), constructeur, 62, rue
d’Hauteville, à Paris, — Gr. méd. arg. (serres
d’amateur en fer).
Henry (P.), poteries, à Marigny (Saône-et-
Loire). — Méd. arg. (poteries;.
Hirt (A ), mécanicien, 56, boulevard Magenta,
à Paris. — Méd. arg. (pompes).
Hirt (X.), aîné, constructeur-mécanicien, 11, rue
du Faubourg-Saint-Martin, à Paris. — Gr. méd.
arg. (pompes).
Jamin-Lemée. — Méd. br. (tombereaux).
Jarry-Clément, architecte-paysagiste, avenue
Baudin, à Limoges (Haute-Vienne). — Gr. méd.
arg. (plans de jardins).
Jollivet, à Saint-Prix (Seine-et-Oise). — Méd.
arg. (porte-fruits).
Labaume (Ch.) et Gérôme (A.), bamboutiers-
décorateurs, 11, rue Hélène, à Paris. — Gr. méd.
arg. (treillage jonc et bambou).
Lavaud, 44, rue Véron, à Paris. — Méd. verm.
(ensemble de son exposition); méd. arg. (meubles
de jardin).
Laverrière et fils, 115, rue de Paris, à Ivry
(Seine). — Méd. br. (robinets et siphons).
Lavialle (J. -B.), instituteur à Condat (Corrèze).
— Méd. br. (dessins horticoles).
Lavoivre (E.), porcelaines, 71, rue du Bac, à
Paris. — Méd. arg. (vases).
Lebrun (René), fabricant de bacs, 59, avenue de
Neuilly, à Neuilly (Seine). — Méd. arg. (bacs).
Leduc (L.), constructeur,àAndilly, près Montmo-
rency (Seine-et-Oise). — Gr. méd. verm. (serres de
culture).
Lefèvre (Ed.), fabricant, 22, rue de Meudon, à
Issy-les-Moulineaux (Seine). — Méd. arg. (éti-
quettes).
Legendre (E.), poteries, 12, rue Monte-Christo,
à Paris. — Gr. méd. arg. (poteries rustiques).
Lelarge (J.), constructeur à Boissy-Saint-Léger
(Seine-et-Oise). — Gr. méd. arg. (caisses démon-
tables).
Le Melle, constructeur, 42, rue Lafayette, à
Paris. — Gr. méd. verm. (tondeuses françaises).
Lerch (FélixL fabricant, 61, boulevard Richard-
Lenoir, à Paris. — Rappel de gr. méd. arg.
(échelles).
Liem (G.), constructeur, 72, rue de Bondy, à
Paris. — Méd. br. (pompes).
Maillard, constructeur, place de l’Eglise à
Choisy-le-Roi (Seine). — 2 méd. arg. (serres d’ama-
teurs et chaulfage de serres).
Mansion (Félix), fabricant de bacs, 19, rue de
Versailles, àBougival (Seine-et-Oise). — Rappel de
gr. méd. verm. (paniers à Orchidées).
Marchai, fabricant, 37, rue du Plateau, à Vin-
cennes (Seine). — Méd. arg. (claies et paillas-
sons).
Marin (Ch.), dessinateur, 7, rue Sylvanie, Parc-
St-Maur (Seine). — Méd. arg. (photographies de
plantes).
Marin (Mii°J.), dessinateur, 7, rue Sylvanie,
Parc-St-Maur (Seine). — Méd. arg. (dessins
horticoles).
Martin, constructeur, 16, rue de Jessaint, à Pa-
ris. — Méd. arg. (ratissoirs).
Mathian (G.), constructeur, 25, rue Daniesme,
à Paris. — Méd. verm; méd. arg. (serres de cul-
ture).
Mathieu, 16, rue de la Tour-des-Dames, à Paris.
— Méd. arg. (cache-pots rustiques).
Maurel et fils, industriels, 140, rue de Rivoli
à Paris. — Méd. br. (tuyaux de caoutchouc).
Maurice (A.), fabricant, à Cbâteau-du-Loir
(Sarthe). — Rappel de méd. d’arg. (bacs).
Méry, fabricant de bacs à Noailles (Oise). —
Rappel de gr. méd. verm. (bacs).
Michaux (Albert), constructeur, 81, avenue de
Courbevoie, à Asnières (Seine). — Méd- or (faîtage
de serre articulée).
315
SOCIÉTÉ NATIONALE d’hORTICULTURE DE FRANCE.
® Michelin (A.), ingénieur-constructeur, 115, rue
S; de Bagnolet, à Paris. — 2 méd. arg. (serres de cul-
ture et d’amateur).
Moine (J.), fabricant, 24, rue Émile-Lepeu, à
V Paris. — Méd. arg. (vannes pour chauffage).
'y.. Monlezun, coutelier, à Alençon (Orne). — Méd.
arg. (coutellerie horticole).
Monservier, fabricant, à Bordeaux (Gironde). —
4, Méd. arg. (pulvérisateurs).
|j^ M»«® Motte (veuve A.), fabricant, 23, rue Vicq-
d’Azir, à Paris. — Méd. arg. (raccords de pompes).
Moutier (Eug.), ingénieur-constructeur, 11 et 13,
rue des Coches, à Saint-Germain-en-Laye (Seine-
'>£■ et-Oise). — Méd. verm. (serre à double vitrage);
| y méd. arg. (serre de culture en fer).
1(; Muratori (F.', constructeur, 26, rue Folie-Méii-
I V, court, à Paris. — Méd. arg. (pulvérisateurs).
L Paris (Ch.) et Ci®, industriels, au Bourget (Seine-
et-Oise). — Gr. méd. arg. (socles et vases fonte
r' émaillée).
f', Pasteyer (Ch,), 38, quai des Célestins, à Paris.
^ — Rappel de méd. arg. (étiquettes).
Pelletier (J.), 12 et 14, rue Hudri, à Courbe-
voie (Seine). — Méd. arg. (coffres et châssis); méd.
;t br. (claies et paillassons) .
I ' Perrier fils, ingénieur-constructeur, 164, rue
Michel-Bizot, à Paris. — 2 méd. or (serres avec
p, châssis nouveaux; chauffage à foyer tubulaire).
E;. Peschard (Auguste), 8 et 10, quai de la Mégis-
serie, à Paris. — Méd. arg. (ensemble de son
exposition).
\ Pescheux (Auguste), 44, rue de Lévis, à Paris.
I — Méd. arg. (porte-pots).
' Philippon (Louis), entrepreneur de kiosques et
, treillages, à Robinson, près Sceaux (Seine). —
Méd. or et objet d’art (constructions rustiques, pa-
! rasol).
Plançon, constructions rustiques, 29, rue de
l’Aigle, à la Garenne-Colombes (Seine). — Rappel
c de méd. or. (kiosques et ponts); gr. méd. verm.
(couvertures démontables) ; méd. br. (claies et
, paillassons) .
Ponchon (J.), paillassons et stores, 63, avenue
Niel, à Paris. — Méd. br. (abris de chasse et
y kiosques).
!?' Pradines (Léon), coutelier-fabricant, 27, rue de
^ Courcelles, à Levallois-Perret (Seine). — Gr. méd.
y verm . (inciseur à vigne).
Proot (F.), entrepreneur -paysagiste, 1, rua
J: Volta, à Canteleu-Lille (Nord). — Méd. br. (plans
de Jardins).
ÿ Qiiéroy et Allouard, constructeurs, 72, rue du
Chemin-Vert, à Paris. •— Méd. arg. (tuyaux mé-
talliques).
■7. Ricada (A.), fils aîné, constructeur, 26-28, rue
'y du Vieux-Versailles, à Versailles (Seine-et-Oise) .
y- — Méd. arg. (chauffage de serres); méd. br. (va-
■i" porisateurs).
Rigault (A.), constructeur, 22, boulevard de la
Mairie, à Croissy (Seine-et-Oise). — Gr. méd.
verm. (serres et châssis nouveaux)
Rouard (L ). et Vandendriessche, construc-
teurs, 5, cour Ragot, à Saint-Denis (Seine). — Méd.
verm. (châssis et cotfre) ; méd. arg. (serres en bois
fixe).
Royer (L.), constructeur, 38, rue Glaude-Velle-
faux, à Paris. — Méd. br. (tente-abri).
Rudolph (Ch.), 66, rue du Théâtre, à Paris. —
Méd argent (tuyaux flexibles).
Sabot (P.), menuisier, 4, rue Marbeau, à Paris.
— Gr. méd. br. (échelles et caisses).
Sertel (F.), industriel, 57, rue Bayen, à Paris.
— Méd. br. (constructions rustiques en bois).
Siry fJ.), paillassons et claies, 4, rue du Châ-
teau, à la Garenne-Colombes (Seine). — Gr. méd.
arg. (kiosque, volière, champignons).
Société anonyme des anciens Ateliers de
Neuilly, 32, rue Greffulhe, à Levallois-Perret
(Seine). — Méd. verra, (châssis en bois, vitrage
mobile) ; 2 méd. arg. (serre en bois double vi-
trage, grille).
Société anonyme des Verreries de Dorignies
(Nord), 146, rue Lafayelte, à Paris. — Gr. méd. arg.
(serre en verre).
Société du Val d’Osne, 58, boulevard Voltaire,
à Paris. — Gr. méd. verm. (statues et vases en
fonte).
Sohier (G.), constructeur, 121, rue Lafayette, à
Paris. — Gr. méd. verm. (grille monumentale) ;
méd. arg. (serre d’amateur en fer).
Stremsdoerfer, ingénieur, 110, rue de Bagno-
let, à Paris. — Méd. arg. (chauffage de serres).
Théveny (Achille), artiste peintre, 18, rue de la
Mairie, à Antony (Seine). — Gr. méd. verm.
(fruits et légumes imités).
Taufflieb (A.) et Chaussard (V.), constructeurs,
à Issoudun (Indre). Dépôt : 12, quai de la Mégis-
serie, à Paris. — Méd. arg. (tondeuses et jardi-
nières) .
Thiollon (V.), constructeur, 10, quai du Louvre,
à Paris. — Méd. arg. (quincaillerie horticole).
Tinot, méd. arg. (châssis).
Tissot (J.-C.) et G‘o, fabricants, 31, rue des
Bourdonnais, à Paris. — Méd. arg. (ensemble de
leur exposition).
Vélard, menuisier, 71 et 73, rue des Pyrénées,
à Paris. — Méd. arg. (châssis et coffres en
bois).
Vidal- Beaiime , ingénieur- constructeur, 66,
avenue de la Reine, à Boulogne (Seine). — Gr.
méd. verm. (pompes).
Zehren frères, constructeurs, 144, boulevard de
la Villette, à Paris — Gr. méd. verm. (vannes
pour chauffage).
SOCIÉTÉ NATIONALE D’HORTICULTURE DE FRANCE
SÉANCE DU 10 JUIN mi
If'
f. Floriculture.
; Au lendemain de l’Exposition de la Société
nationale d’horticulture de France, il était à
v,.prévoir que sa séance serait peu fertile en pré-
sentations. La maison Vilmorin - Andrieux
et C*e montrait cependant une belle collection
de plantes alpines dont beaucoup déjà culti-
vables, telles que: Dracocephalurn Rmyschiana ,
Campanula barhata, Saxifraga Cotylédon,
CORRESPONDANCE.
316
Astrantia major , Mentha Requienii, Campa-
nuïa garganica, etc.
Le même établissement montrait aussi un
Pyrethrum Parthenium bien développé, au
feuillage vert sombre, et aux capitules jaunes,
ronds et pleins comme des boutons de guêtres.
Puis de très-jolis et nouveaux coloris de Salpi-
glossis hybrides, et, enfin, un Bégonia issu
de graines introduites de la province du Se
Tchuen en Chine. Il s’agit du B. laciniata,
Roxb., var. nepalensis, dont la première in-
troduction, nous dit M. Maurice de Vilmoiln,
remonte à peine à 1858. La souche en est ram-
pante et rhizomateuse, propre à la division
par fragmentation. Son feuillage est élancé et
découpé dans le genre de celui d’un Ahutilon.
Orchidées.
Il y a, cette fois-ci, un maître « clou » aux
Orchidées. C’est un Cattleya Mossiæ Wagneri
au maintien tellement majestueux, aux formes
tellement impeccables, à la texture tellement
consistante, qu’on le croirait un modèle en
cire. Les franges du labelle sont d’un contour
rigoureusement régulier ; les sépales latéraux
sont symétriquement opposés l’un à l’autre et
sur le même plan ; le sépale dorsal est érigé,
roide comme un couteau à papier. Cette mer-
veilleuse variété, présentée par M. Belin, d’Ar-
genteuil, a été, séance tenante, dénommée
Belini.
Du même présentateur, il y avait aussi un
Cattleya Mossiæ aureagigantea^ un Cypripe-
dium Curtisii, un Læ.lia grandis tenebrosa,
puis trois formes de Cattleya Mossiæ, très-
frangées. Puis, de M. Gautier, un très-coloré
Lælia grandis tenehrosa, et de M. Bleu, un
Lælio-Caitleya nouveau {Lælia purpurata
X Cattleya Mossiæ Bœzlii), au labelle solfé-
rino ligné de jaune au fond, et aux divisions
lilacées.
Arboriculture fruitière
M. Espaullard, de Noisy-le-Sec, présentait
de beaux Bigarreaux qui paraissent avoir la va-
leur de bonnes Guignes et que l’on a supposé
être des Bigarreaux Beverchon.
M. Nomblot, de Bourg-la-Reine, avait ap-
porté, à titre de leçon de choses, toute une
collection de Guignes et de Bigarreaux. Il y en
a de très-hâtifs, comme la Guigne A'Annonay,
de très-succulents mais peu productifs et de
végétation capricieuse, tels que les Bigarreaux
Jahoulay et Précoce de Bivers, puis de bonnes
variétés productives de fonds, telles que
les Guignes Belle d’Orléans, Beauté de
VOhio, etc.
Enfin, M. Savait, de Bagnolet, nous montrait
des Groseilles rouges, ressemblant assez à la
variété Grosse de Belleville, et provenant de
semis d’un Groseillier épineux.
Culture potagère.
M. Édouard Lefort continuait la présenta-
tion, déjà commencée en 1806, d’un Fraisier
remontant qu’il dit être sorti de la variété
Saint-Joseph, et auquel il donne le nom de
Jeanne d’Arc. Le pied apporté cette fois-ci
aurait porté jusqu’à 350 coulants dont quel-
ques-uns auraient atteint l«i50. M. Lefort
nous démontrera plus tard que cette nouvelle
Fraise est la plus remontante de toutes.
Ajoutons, pour terminer :
lo De M. Gongy, chef des cultures potagères
du domaine de Ferrières, de beaux Choux-
Fleurs de Chambourcy amélioré et demi-dur
de Paris, ainsi que des fruits du Concombre
anglais « AU the year round », c’est-à-dire des
Quatre-Saisons.
De M. Gauthier, de Vitry, de monumen-
taux Artichaux de la variété vert de Laon.
H. Dautiienay.
CORRESPONDANCE
]tfmc M. C. C. {Boumanie). — On ne peut,
en effet, parler des arbustes du premier
printemps, sans mentionner le Cognassier dn
Japon et ses variétés. On le connaît sous le
nom de Cydonia japonica et aussi, comme
genre spécial, sous celui de Chænomeles.
Quant aux Chèvrefeuilles très-printaniers, il
n’y a à citer que les Lonicera fragrantissima
et Standishii, à fleurs blanches sentant la fleur
d’oranger. Toute la série des Chèvrefeuilles
autres que ces deux espèces sont de la fin du
printemps ou du commencement de l’été. Vous
avez raison de rappeler le souvenir de ces
fleurs des premiers beaux jours. Ces char-
mants arbustes sont, en effet, des plus pré-
cieux pour la décoration des jardins... mais
on ne peut tout citer.
JV“ 3668 (Haut-Bhin). — Il n’existe pas
d’altérations cryptogamiques sur vos Fuchsia
et vos Hortensia, mais nous y avons trouvé des
acariens, du genre Tetrarhynchus, assez abon-
dants dans toutes les parties malades. C’est sans
doute à ces animaux qu’il faut attribuer l’avor-
tement des rameaux et des fleurs. Vous pourrez
vous en débarrasser au moyen d’une émulsion
de pétrole dans l’eau de savon (5 % de savon
blanc, \6% de pétrole) ; vous pourrez essayer
de remplacer aussi le pétrole par l’alcool arny-
lique. — (L. M.)
Orléans. — lmp. G. Jacob, Paul Pipelet, successeur.
Le Directeur- Gérant t L. Bourguignon.
CHRONIQUE HORTICOLE.
317
CHRONIQUE HORTICOLE
Mérite agricole. — Orages et inondations, — Société française Je viticulture et d’ampélographie. —
Chambre syndicale des constructeurs d’instruments agricoles et horticoles. — Excursion en Belgique
des élèves de l’Ecole d’horticulture de Versailles. — Excursion de la Société botanique de France. —
École pratique d’agriculture et d’horticulture d’Antibes. — Distribution des prix à l’Associatioti
philotechnique. — La pollinisation des Cannas italiens. — Encore X Araucaria imbricala. — Ouvrages
reçus. — Expositions annoncées. — Clematis Viticella flore pleno. — Le potager du Roi et l’Ecole
nalionale d’horticulture de Versailles
Mérite agricole. — Parmi les promo-
tions ou nominations dans l’ordre national
du Mérite agricole, faites à l’occasion des
concours régionaux ou de solennités di-
verses, nous relevons les suivantes qui in-
téressent l’horticulture :
Grade d’officier :
M. Folletais (Pierre-Mathurin), en religion
frère Henri, chef de culture à l’institution
Saint-Vincent à Rennes (Ille et-Vilaine) : vice-
président de la Société d’horticulture d’Ille-
et-Vilaine. Membre de la Société nationale
d’horticulture de France. Publications agri-
coles. Importants services rendus à l’ensei-
gnement horticole. Chevalier du 18 mai 1887.
Grade de chevalier :
M. Duval (Glotaire-Emilien-Nicolas-Géleste) ,
horticulteur à Fontainebleau (Seine-et-
Marne) : secrétaire de la Société d’horti-
culture de Melun-Fontainebleau. Vice-secré-
taire de la Société botanique de France.
Membre du jury dans les expositions. Pu-
blications ; 25 ans de pratique horticole.
Orages et inondations. — La seconde
quinzaine de juin et la première semaine
de juillet ont été marquées par de violents
orages chargés de grêle, qui ont sévi dans
presque toutes les régions ; partout où ils se
sont abattus, les récoltes ont été complè-
tement saccagées. Dans la région du Sud-
Ouest et particulièrement dans la Haute-
Garonne et le Gers, des trombes d’eau ont
causé des inondations épouvantables : un
grand nombre de maisons ont été démolies,
le bétail a été noyé et beaucoup d’habitants
ont péri.
Il n’entre pas dans le cadre de ce journal
de rendre compte de tous les désastres qui
viennent de frapper les diverses régions de
la France. Nous nous bornons à constater
que l’année 1897 sera caractérisée par une
suite de perturbations atmosphériques sans
précédent : pluies extraordinairement abon-
dantes suivies d’inondations au printemps ;
gelées désastreuses au mois de mai ; orages
16 Juillet 1897
multipliés et inondations durant l’été ; cy-
clones, grêles avec gréions d’une grosseur
vraiment prodigieuse, tous les fléaux ont
été réunis.
Société française de viticulture et
d’ampélographie. — La Société française
de viticulture et d’ampélographie tiendra
cette année, à Toulouse, au mois de sep-
tembre prochain, son congrès et son con-
cours annuels d’ampélographie.
Cette Société organise en outre, pour le
commencement de l’année 1898, un grand
congrès viticole qui aura lieu à Paris pen-
dant la durée du concours général agricole
et où seront discutées plusieurs questions
intéressant au plus haut point notre viti-
culture nationale, entre autres la question
des gelées dans les vignes.
Le programme des travaux de ce con-
grès sera du reste prochainement publié.
Le siège de cette Société a été transféré
définitivement, 84, rue de Grenelle.
Chambre syndicale des constructeurs
de machines et d’instruments d’agricul-
ture et d’horticulture de France. —
M. Méline, président du Conseil, ministre
de l’agriculture, a reçu, le 23 juin, le nou-
veau bureau de la Chambre syndicale des
constructeurs de machines et d’instruments
d’agriculture et d’horticulture de France,
qui lui a été présenté par M. Gautreau,
président sortant.
Ce nouveau bureau se compose comme
suit pour l’année 1897 :
Président ... M. Egrot.
Vice-Présidents MM. Paupier et Senet.
Secrétaire. . . M. Bariat.
Trésorier . . . M. Lefebvre -Albaret.
Le bureau a entretenu M. le ministre de
l’agriculture de plusieurs questions intéres-
sant la Chambre, relatives au concours
agricole et au transport des machines et
intruments, questions pour la solution des-
quelles M. Méline a bien voulu promettre
son appui.
14
318
CHRONIQUE HORTICOLE.
L’Ecole nationale française d’horti-
culture en Belgique. — M. Nanot, direc*
teur, a eu l’heureuse idée de conduire en
Belgique, le 19 juin dernier, les trente-
sept élèves de troisième année de l’Ecole
nationale d’horticulture de Versailles, pour
un examen horticole qui a duré cinq jours.
Rien n’est plus apte à former l’esprit
des jeunes gens que de pareilles leçons
de choses. C’est un complément parfait
de l’enseignement scolaire. La compa-
raison entre les méthodes enseignées et la
pratique de ce que 'font les cultivateurs
étrangers est le plus fécond des raisonne-
ments.
Grâce à une bonne direction, à une sage
économie, cette visite a parfaitement
réussi et n’a coûté à chaque élève qu’une
somme minime.
Successivement les élèves ont visité
Bruxelles et ses cultures d’Orchidées ; le
Jardin botanique dirigé par M. Lubbers et
l’Exposition universelle; Hoeylaert et les
grapperies Sohie et autres ; Gand, avec les
établissements de Smet, Dallière, Pynaert,
de Cock, société Van Houtte père, et le
splendide Jardin d’biver dont notre ami
le comte O. de Kerchove leur a fait les
honneurs avec sa bonne grâce habituelle.
A l’Ecole d’horticulture de l’État, à Gand,
si bien dirigée par notre excellent confrère
Rodigas, les jeunes élèves des deux nations
ont cordialement fraternisé. Avec un en-
train, une cordialité, un sens pratique sans
pareil, notre vieil ami Edouard Pynaert a
guidé les visiteurs et leur a facilité toutes
les excursions, les logements, etc. Bruges,
avec le bel établissement que M. Sander y
a fondé ; Ostende et ses bains de mer, et
enfin Lille avec ses beaux jardins publics
que leur a montrés leur habile directeur,
M. Saint-Léger, ont formé le complément
de ce voyage qui laissera dans ces jeunes
intelligences de féconds enseignements et
de charmants souvenirs.
Excursion de la Société botanique
de France. — L’excursion annuelle des
membres de la Société aura lieu cette
année à Barcelonnette (Basses- Alpes) et dans
les environs. C’est une région très-riche à
explorer et les excursionnistes reviendront
sûrement les mains pleines de richesses
végétales alpines. Nous leur souhaitons
beau temps et plein succès. Les demandes
de renseignements doivent être adressées au
secrétariat général de la Société, 84, rue
de Grenelle, à Paris.
Ecole pratique d’agriculture et d’hor-
ticulture d’Antibes. — Les examens
d’admission à cette école auront lieu à la
préfecture de Nice le 5 octobre prochain.
Par sa situation privilégiée entre Nice et
Cannes, et surtout par la valeur de son
enseignement théorique et pratique, cet
établissement a acquis, en quelques années,
une importance exceptionnelle ; il compte
actuellement 37 élèves répartis en 2 pro-
motions.
L’établissement horticole qui lui a été
adjoint est un des plus beaux du littoral ; et
ses produits, fleurs et primeurs, ont reçu
dans les expositions de Cannes, Hyères et
Marseille, les récompenses les plus élevées.
Pour recevoir le programme et les condi-
tions d’admission, s’adresser à M. Farrenc,
directeur de l’Ecole, à Antibes.
Distribution des prix à l’Association
philotechnique. — Le dimanche 27 juin
dernier, lors de la distribution des prix de
l’Association pbilotechnique, au Trocadéro,
nous avons vu avec plaisir le succès remporté
par plusieurs ouvriers jardiniers.
C’est ainsi que MM. Barbarin (Claude)
et Pâquet (Lucien), tous deux jardiniers au
Muséum; M. Lelièvre (Gustave), jardinier,
rue d’Assas, et M. Doucet (Charles), jar-
dinier à Asnières, ont obtenu chacun,
outre le certificat d’études relatif aux
Sciences agricoles^ des livrets de Caisse
d’épargne.
Ajoutons que l’Association philotech-
nique, grande œuvre d’éducation populaire,
fait tout son possible pour vulgariser chaque
hiver, à Paris, les notions d’horticulture, à
sa section du lycée Charlemagne.
La pollinisation des Cannas « italiens » .
— M. Max Leitchlin, de Baden-Baden,
l’amateur très-distingué à qui l’horticulture
est redevable d’un grand nombre de plantes
d’introduction directe, nous a écrit, au sujet
de la pollinisation des Cannas italiens, une
lettre dans laquelle il émet l’opinion que la
nature met spontanément une limite aux
hybridations à l’infini :
Cette limite, — dit M. Leitchlin, — ne peut
être franchie par l’homme sous quelque climat
ou dans quelques circonstances que ce soit; les
sujets sont et resteront infertiles. Cette inferti-
lité pourra avoir lieu après le premier ou le
dixième croisement, mais les lois de la nature
sont inaltérables.
Notre correspondant, en parlant ainsi,
CHRONIQUE HORTICOLE.
s’appuie, — dit-il, — sur une expérience
de cinquante années.
Gomme lui, nous pensons qu’il y a un
terme à l’hybridation artificielle. Quel est ce
terme, nous ne le connaissons pas. Il faut
essayer encore, essayer toujours. Ce qui ne
réussit pas avec un type réussit avec un
autre. La liste serait longue des résultats
inattendus qui ont été obtenus de croise-
ment entre espèces et même entre genres
très-dissemblables en apparence. La question
des affinités reste éternellement posée. Dans
les Cannas, si la race dite « Crozy » se montre
parfaitement fertile, c’est que les éléments
qui ont servi à la constituer cadraient bien
ensemble. C’est l’expérience seule, et, jus-
qu’à présent, plutôt le tâtonnement que le
raisonnement, qui a conduit les hybridateurs
à des résultats si remarquables, surtout dans
la floricullure d’ornement.
Gela ne veut pas dire que nous soyons
en contradiction avec M. Max Leichtlin, à
l’expérience et au savoir de qui nous sommes
les premiers à rendre hommage. Nous vou-
lons simplement dire que les faits seuls ont
de la valeur en horticulture, et qu’il faut
toujours se méfier des généralisations.
Voici, d’autre part, ce qu’en pensent
MM. Dammann, de Naples, les obtenteurs
des Cannas « italiens » :
<( Nous avons lu avec intérêt dans le n° du
16 juin de la Revue horticole ce que vous dites
sur la pollinisation des Cannas italiens ainsi
que la lettre de M. Ferdinand Bayeux sur le
même sujet. Nous avions naturellement déjà
constaté nous-mêmes dès l’introduction de nos
Cannas que cette nouvelle race ne produit pas
de graines, mais depuis l’année dernière nous
avons essayé de féconder ces Cannas avec des
espèces anciennes. Il est encore trop tôt pour
en avoir le résultat, mais nous ne manquerons
pas de vous en parler en son temps. »
La lettre de MM. Dammann vient à l’ap-
pui de l’opinion que nous avons exprimée.
Encore l’Araucaria imbricata. —
Aux opinions exprimées dans nos deux
derniers numéros, sur le climat qui con-
vient le mieux à cet arbre, nous devons
ajouter celle de M. Gatros-Gérand, horti-
culteur à Bordeaux, qui nous écrit :
« La réussite de ces arbres dans nos con-
trés est assez irrégulière ; dans le jeune
âge, ils sont jolis, vigoureux, et plus tard ils
disparaissent peu à peu, malgré les soins les
mieux entendus. On peut voir dans nos jar-
dins trois magnifiques sujets, reste d’un semis
que nous avons fait il y a une quarantaine
319
d’années; nous n’en connaissons pas d’autres
dans le département. Depuis quelque temps ils
portent des cônes énormes et des graines fer-
tiles. ))
D’une autre source, nous apprenons
que plus au Sud, dans les environs de
Pau, ou voit de fort beaux Araucaria
imbricata qui ne doivent leur bel aspect
qu’à ce climat réputé par son humidité cons-
tante et la régularité de sa température.
Ouvrages reçus
Dictionnaire d’horticulture, par M. D. Bois,
assistant de la chaire de culture au Muséum
d’histoire naturelle, secrétaire-rédacteur de la
Société nationale d’horticulture de Ih’ance. —
A la librairie Klincksieck, Paris.
La publication de cette œuvre patiente et
judicieuse de notre collaborateur, M. D. Bois,
se continue régulièrement. La 21e livraison
qui vient de paraître comprend la lettre H.,
depuis le mot Haquetia jusqu’au mot Holcus.
Les vilaines bêtes, par Armand Leyritz,
1 vol. petit in-8'’ de 228 pages, avec nom-
breuses figures, à la librairie Juveu et Cie,
10, rue Saint-Joseph, à Paris. Prix : 3 fr. 50,
Dans un volume fort bien illustré et orné
d’une Jolie couverture en couleurs, avec pré-
face de Max de Nansouty, M. Armand Leyritz,
le distingué préparateur des sciences physiques
et naturelles de l’Ecole J. -B. Say, à Paris,
nous présente « Les vilaines bêtes ».
Tout ce qui pique, tout ce qui se traîne,
tout ce qui grouille, est passé en revue dans
ce livre attrayant et fort documenté, écrit
dans un style simple, intéressant et instructif.
Traité d’arboriculture fruitière, par Pierre
Passy, maître de conférences à l’Ecole na-
tionale de Grignon. — Chez J. -B. Baillière et
fils, à Paris.
L’auteur a partagé son livre en trois parties :
I. — La Greffe^ la Pëqnnière, le Jardin
fruitier, la Taille des arbres : 2 francs.
II. — Le Poirier et le Pommier ; 2 francs.
III. — Pêcher, Abricotier, Prunier, Ce-
risier, Vigne, Groseillier, Figuier, Noise-
tier, etc : 2 francs.
Dans la 'première partie, qui vient de pa-
raître, l’auteur étudie les greffes, les condi-
tions nécessaires à leur réussite, la manière de
les exécuter, puis V Arboriculture générale :
création économique d’un jardin fruitier,
meilleures dispositions à adopter, plantation
des arbres, etc. Les principes généraux de la
taille sont ensuite étudiés en détail; enfin il
examine les principales formes auxquelles on
peut soumettre les arbres fruitiers et la ma-
nière de les obtenir. Après ces généralités il
aborde l’étude des espèces fruitières. Chaque
320
CHRONIQUE HORTICOLE.
espèce est étudiée soigneusement, la taille spé-
ciale qui lui convient exposée en détail, les
principales variétés passées en revue, enfin les
ennemis de chaque arbre (insectes, cham-
pignons) sont décrits et les moyens pratiques
de destruction indiqués.
La 2® et la 3' partie n’ont pas encore paru.
L’ouvrage complet, couronné par la Société
nationale d’horticulture, sera illustré de
300 figures.
Les Insectes nuisibles, Ravages, Moyens
de destruction, par A. Acloque. (1 vol. in-32
de la Bibliothèque utile, avec 67 gravures dans
le texte, broché 60 cent., cartonné à l’anglaise
1 fr, — Félix Alcan, éditeur.)
Pour vaincre l’ennemi, il faut connaître ses
mœurs, ses ruses, ses retraites, ses instincts,
ses préférénces. C’est une description que
donne M. Acloque sous une forme claire et in-
téressante, en même temps qu’il indique les
moyens suggérés par l’expérience pour dé-
truire les insectes qui ravagent les champs,
les forêts, les jardins ou les parasites qui s’at-
taquent à l’homme et aux animaux. De nom-
breuses gravures dans le texte nous donnent
les portraits de ces insectes et contribuent à
faire de ce petit livre un ouvrage utile.
EXPOSITIONS ANNONCÉES ^
Paris, du iO au 14 novembre. — La So-
ciété nationale d’horticulture de France ou-
vrira, dans le Jardin des Tuileries, à Paris, le
10 novembre prochain, une Exposition de
Chrysanthèmes, fruits, arbres fruitiers, plantes
fleuries et légumes de saison. Cette Exposition
durera jusqu’au 14 novembre. Le programme
comprend 31 concours de Chrysanthèmes en
pots, 18 concours de Chrysanthèmes en fleurs
coupées, 2 concours emballage et appareils de
présentation ; 14 concours de fruits ; 11 con-
cours de plantes fleuries en pots ; 8 concours
de bouquets et garnitures d’appartement ;
6 concours de légumes.
Tous les horticulteurs et amateurs français
sont invités à prendre part à cette Exposition.
Adresser les demandes, avant le 31 octobre, à
M. le Président de la Société, 84, rue de Gre-
nelle, Paris.
Angûulême, du 5 au iO novembre. — La
Société d’horticulture et de viticulture de la
Charente a décidé d’organiser une Exposition
départementale, spéciale aux Chrysanthèmes,
qui aura lieu dans cette ville du 5 au 10 no-
vembre prochain. Elle comprendra 10 concours
entre horticulteurs et 12 entre amateurs,
1 concours entre tous les exposants et 2 con-
cours d’honneur. Les demandes d’admission
* La Revue horticole annonce les expositions
générales ou partielles dont le programme est
adressé au Rédacteur en chef, rue Jacob,
Paris.
doivent parvenir avant le 25 octobre à M. Ba-
chelier, président de la Société à Angoulême.
Le Havre, du iS au 15 septembre. — Une
Exposition de Chrysanthèmes, de fleurs de sai-
son, pomologique, de culture maraîchère et
d’arboriculture, aura lieu au Havre du 13 au
15 septembre. Le programme comprend
Chrysanthèmes, 20 concours ; fruits de table,
6 concours ; pommes à cidre, 1 concours ;
fruits montés, 1 concours; concours spécial
de fruits, 1 concours ; arboriculture, 3 con-
cours ; culture maraîchère, 1 concours.
Adresser les demandes pour exposer, avant
le 1er décembre, à M. H. Candon, président
de la Société, 38, rue d’Ignanval, à Sainte-
Adresse (Seine-Inférieure).
Clematis Viticella flore pleno. —
Notre collaborateur M. F. Morel nous écrit
de Lyon qu’il possède actuellement une
variété nouvelle à fleurs doubles de Cle-
matis Viticella qui est une plante extraor-
dinaire, d’une floribondité sans pareille et
d’une rusticité absolue. Elle offre cette
particularité que, dans les semis de M.
Morel, il se produit, depuis plusieurs an-
nées, des répétitions presque absolues de
cette variété, dont nous publierons prochai-
nement la description.
Le Potager du Roi et l’Ecole nationale
d’horticulture de Versailles. — Sous ce
titre, le dernier fascicule du Bulletin de
VAssociation des anciens élèves de
VEcole nationale d'horticulture contient
une étude très-documentée, d’une centaine
de pages, due à la collaboration du direc-
teur de l’Ecole, M. Nanot, et de M. Charles
Deloncle.
Prenant comme point de départ le tra-
vail que nous avons publié sur l’Ecole en
1890 *, les auteurs se sont surtout préoc-
cupés d’écrire l’histoire du « Potager de
Versailles », devenu établissement de l’Etat.
Ils l’ont fait avec un rare discernement, un
vrai talent dans le groupement des docu-
ments qu’ils ont trouvés, et dont l’existence
ne pouvait être soupçonnée que par les
chercheurs les plus consciencieux. La lec-
ture de cette brochure est très-attachante ;
elle s’éclaire encore de plans, gravures et
portraits très-intéressants et pour la plupart
inédits.
Ed. André.
* VEcole nationale d'horticulture de Versailles,
par Ed. André, brochure grand in-8<> de 60 pages,
avec un plan colorié et 12 figures noires. Paris,
librairie agricole, 26, rue Jacob. — Prix : 2 fr.
LES CULTURES DE QUINQUINAS DE L'ÉCÜLE SUl'ÉRIEURE DE PHARMACIE DE PARIS. 3'21
LES CULTUBES DE ÜUINÜUINAS
DE L’ÉCOLE SUPÉRIEURE DE PHARMACIE DE PARIS
Parmi les plantes médicinales exotiques,
les Quinquinas tiennent une place considé-
rable ; peu de médicaments, en effet, sont
plus usités que leurs écorces et que le sul-
fate de quinine qui en
est retiré.
Les Quinquinas sont
tous originaires de
l’Amérique du Sud ;
leur distribution géo-
graphique est nette-
ment délimitée ainsi
que l’altitude de leur
zone de croissance. Ils
se rencontrent dans les
Andes, entre 10° de
latitude N. et 19’ de
latitude S., et leur zone
de croissance est com-
prise entre 1,600 et
2,400 mètres environ.
Autrefois toutes les
écorces de Quinquina
commerciales étaient
fournies par des es-
pèces sauvages. Depuis
lors, étant donné le
procédé d’exploitation
primitif qui consistait
dans l’abattage de l’ar-
bre, le nombre de ces
végétaux a considéra-
blement diminué; aussi
a-t-on songé à cultiver
les Quinquinas, et cette
branche lucrative de
l’exploitation agricole a
pris, notamment à Java
et aux Indes, une ex-
tension considérable.
Les écorces de Quin-
quina officinales étaient
autrefois rapportées à trois types :
Quinquina gris, attribué au Cinchona
officinalis, L. ;
Quinquina jaune, attribué au C. Cali-
saya^ Wedd. ;
Quinquina rouge, attribué au C. succi-
rubra, Pavon.
Depuis l’extension apportée à leur cul-
ture, le nombre des espèces fournissant les
écorces est devenu très-considérable, et l’on
peut évaluer à vingt-cinq environ le nondire
des espèces ou variétés donnant des pro-
duits commerciaux courants.
Les Cinchona sont des plantes assez exi-
geantes au point de vue
des conditions de cul-
ture. La constance as-
sez grande de la tempé-
rature de leurs régions
d’origine et surtout du
sol de ces régions en
rend l’acclimatation dé-
licate. En outre, ces
plantes sont extrême-
ment sensibles aux
agents extérieurs, et les
parasites habituels des
serres : pucerons, moi-
sissures, etc., leur
causent un préjudice
beaucoup plus grand
qu’ils ne peuvent faire
à toutes les autres
plantes.
Pour ces causes mul-
tiples, les Quinquinas
sont très-rares dans
nos serres, et c’est à
grand’peine que les jar-
dins botaniques peu-
vent, à force de soins,
en posséder quelques
rares échantillons.
Aussi doit-on enre-
gistrer, comme un vé-
ritable succès, les résul-
tats obtenus à l’École
de pharmacie dans la
culture des Quinquinas.
Il n’en existe, en efîet,
pas moins de 45 pieds
dans les serres de cet
établissement, sans compter les boutures
et les plantes en état de germination.
Ces plantes proviennent toutes de graines
qui ont été envoyées de Java par M. Treub,
directeur du jardin botanique de Bui-
tenzorg. Mises en germination dès leur
arrivée, elles ont donné, grâce aux soins
habiles et incessants du jardinier en chef,
M. Demilly, la magnifique collection pos-
sédée aujourd’hui par l’École de pharmacie.
Fig. 109. — Quinquina cultivé en pot
{Cinchona cordi folia).
Poit d’une jeune plante
322
LA. SOCIÉTÉ LES AMIS DES ARDUES.
Pour arriver à ce résultat, les germina-
tions ont été faites dans des terrines, en
bâche chaude ; au fur et à mesure de leur
germination, les jeunes plantes étaient re-
piquées en godets maintenus dans cette
hache. Plusieurs rempotages furent effec-
tués, suivant le besoin. Lorsque les plantes
ont atteint une hauteur de 50 à 60 centi-
mètres, elles sont transportées dans une
serre à température plus modérée, mais les
pots sont enterrés de façon que leur fond
soit peu éloigné des tuyaux du calorifère.
De cette façon se trouve réalisée la cons-
tance de température du sol qui est pour le
Cinchona de si haute importance.
Les parasites, ain-si que je l’ai dit plus
haut, sont des ennemis terribles pour les
Quinquinas, et, si l’on n’y prend garde, ils
peuvent, en peu de jours, anéantir la plus
belle collection. Aussi faut-il, par des exa-
mens fréquents et minutieux, rechercher
les plus petites traces de Champignons ou
de pucerons, et les détruire soigneusement.
L’eau de savon faible et le jus de tabac
sont utilisés avec avantage pour cette des-
truction.
Les Quinquinas de l’École de pharmacie
appartiennent aux espèces : C. Hasskar-
liana, Miq. ; C. Ledgeriana, Moens;
C. offici)ialis, L., et à une de ses variétés
cultivées, C. javanica ; C. caloplcra,
Miq. ; C. cordifolia, Mutis ; C. ScliiiJd,'mft,
variété cultivée du C. Calisaya, Wedd. ;
C. pitagensis, Wed.; C. succiruhra, Pavon,
Le plus bel exemplaire de la collection est
un C. cordifolia (fig. 109) qui atteint actuel-
lement 50 de hauteur et dont la vigueur
de végétation est tout à fait remarquable.
Cette espèce est, du reste, beaucoup plus
rustique que les autres, et peut-être par-
viendrait-on, avec quelques soins, à la
cultiver dans un certain nombre de serres.
Outre l’intérêt scientifique qu’il présente,
ce Cinchona ferait très bonne figure comme
plante ornementale, et ses vastes feuilles,
vert sombre et très-nombreuses, en per-
mettraient un bon emploi décoratif.
Les autres espèces se plieraient beau-
coup moins à ces exigences ; leurs tiges
sont généralement assez grêles et leurs
feuilles lancéolées et peu nombreuses; mais
il leur reste l’intérêt qui s’attache à des
échantillons scientifiques de haute valeur
et qui est loin d’être diminué par la difti-
culté de leur culture.
Aussi serait' il à souhaiter que d’autres
établissements pussent également cul-
tiver des Cinchona et augmenter ainsi le
nombre de ces plantes, malheureusement
trop rares dans nos serres. L. Lutz.
LA SOCIÉTÉ DES AMIS DES ARBRES
On connait les sympathies générales dont
jouissent aux États-Unis les Sociétés de
(( l’Arbor day ». Les plantations annuelles
d’un arbre par les corporations, groupes
scolaires, l’entretien religieux des arbres
plantés sont des traits bien connus des
usages américains. Sous une apparence
d’une trompeuse puérilité se cache une
pensée ou une réunion de pensées d’une
sérieuse portée pratique rehaussée de con-
sidérations morales.
Le rôle bienfaisant de l’arbre en un
pays de climats extrêmes, de plaines im-
menses parfois, n’est pas le seul motif de
l’encouragement universel donné aux So-
ciétés de « l’Arbor day ». L’intérêt dirigé
vers les choses de la nature, le lien créé
entre les sociétaires par un objet matériel
et palpable, les congés donnés aux Écoles
pour un motif excluant tout prétexte de
dissentiment d’aucune sorte expliquent
encore le succès et l’immense dévelop-
pement de ces Associations.
Il y a une dizaine d’années, un grou-
pement de personnes d’un esprit assez
réAéchi pour juger du rôle bienfaisant
des arbres surtout en montagne, se créa
dans les Alpes-Maritimes sous l’impul-
sion d’un homme de science qui fut
aussi un homme de bien, non pas un
doctrinaire, mais un initiateur ardent.
Le docteur Jeannel, ancien médecin prin-
cipal de la marine, donna cette heu-
reuse impulsion et groupa autour de lui,
en dehors même du département des Alpes-
Maritimes, des personnalités éminentes.
Arrivé à un âge très-avancé, M. le docteur
Jeannel sentant que la Société des amis des
arbres devait, pour acquérir tout son déve-
loppement, transporter son siège principal
à Paris, demanda à M. Demontzey, ancien
administrateur des forêts, de le suppléer
dans la présidence générale et de créer à
Paris un bureau central servant de lien à
des sections principales.
Cette organisation logique devait porter
ses. fruits. Des sections régionales s’orga-
nisèrent, demandant à leurs adhérents une
LA SOCIÉTÉ DES AMIS DES ARBRES.
323
faible cotisation, variable d’ailleurs suivant
les convenances de ces sections et sur le
montant desquelles un prélèvement géné-
ralement très-modeste est fait au profit du
bureau parisien auquel incombent les frais
généraux.
Cette organisation, beaucoup de lecteurs
delà Revue f auront reconnue ; c’est celle du
Club alpin français et de plusieurs puis-
santes unions et sociétés.
Après une présidence trop courte, M. De-
montzey, l’auteur de savants travaux sur le
reboisement des montagnes et l’extinction
des torrents, travaux acclamés et cités
comme modèle lors de la réunion à Vienne
en 1890 d’un imposant Congrès interna-
tional agricole et forestier, M. Demontzey,
dis-je, retenu de plus en plus en Provence
loin du centre de la Société, en confiait la
direction à la méthodique et active impul-
sien de M. Calvet, sénateur des Charentes,
ancien inspecteur des forêts.
La Société a pour raison d’étre et pour
objet le rôle d’auxiliaire volontaire de l’ad-
ministration forestière en vue du reboi-
sement des friches, coteaux, montagnes,
qu’il peut être utile de soustraire par l’ins-
tallation du manteau forestier à des condi-
tions climatériques ou hydrologiques, en
appelant l’attention des intéressés et celle
des pouvoirs publics sur la préservation des
sources, desVuisseaux, la consolidation des
versanls de montagnes ou coteaux là où
leur dégradation est grosse de conséquences
fâcheuses.
Ce rôle n’est pas sans importance si l’on
considère l’étendue du domaine forestier
des particuliers, supérieur au domaine pu-
blic, et le nombre si considérable de kilo-
mètres carrés qui seraient vivifiés par la
mise en état forestier.
La Société se propose aussi de grouper
les renseignements relatifs au régime des
eaux, de façon à fournir aux intéressés les
renseignements les plus sûrs et à favoriser
de tout son pouvoir les syndicats de planta-
tion en pays de montagne ou d’exploitation
des forces hydrauliques créées et régularisées
par des travaux collectifs. Avec le progrès
journalier de la science du transport élec-
trique de la force, ces entreprises peuvent
prendre une importance considérable.
L’importance de ce rôle primordial, sa
concordance manifeste avec celui de l’admi-
nistration forestière ont valu à la Société
des amis des arbres l’appui déclaré de
celle-ci et de nombreuses recrues parmi
ses chefs les plus- autorisés.
S’adressant à l’initiative privée, la So-
ciété pouvait prendre un autre rôle que le
service forestier ne peut prudemment as-
sumer en notre pays. Il s’agit des essais à
faire, en des circonstances diverses, pour
utiliser les aptitudes des arbres forestiers
exotiques. A coup sur, la Société des amis
des arbres considère comme toujours vraies
les sages réflexions de M. Mathieu dans sa
dernière préface du livre classique et ré-
puté : La Flore forestière L Oui, l’on
peut toujours dire que la France avec sa
diversité de climats, de sols et d’essences
forestières a, dans la variété, le nombre et
la valeur de ses arbres indigènes, de quoi
suffire à tous ses besoins. Cela est vrai,
mais l’exemple de futilisation du Peuplier
de Virginie, du Noyer, du Robinier, prouve
que pourtant des essais d’introduction
peuvent être utilement tentés en dehors du
massif forestier ; et pour ce qui concerne
celui-ci, des ordonnances impériales ne
prescrivaient-elles pas dès 1880, en Alle-
magne, des essais en massif pur à instituer
en diveres forêts avec plusieurs arbres
exotiques et en particulier avec le Sapin de
Douglas (Ahies Douglasiï).
Les premiers résultats de constatation
décennale n’encouragent-ils pas des espé-
rances sur le résultat favorable de ces es-
sais ? Il semble qu’il y ait là un terrain où
une administration domaniale prudente
comme la nôtre, et d’ailleurs liée par la na-
ture de ses obligations budgétaires, ne sera
point tentée de s’exposer à des essais coû-
teux, mais où des particuliers peuvent se
risquer avec discernement et dans des con-
ditions judicieuses de superficie, écono-
mie, etc. La centralisation des résultats
obtenus, bons et mauvais, peut constituer
un enseignement intéressant.
Mais jusqu’ici nous n’avons pas parlé du
rôle éducateur par excellence, du côté plus
vivant et actuel de l’action de la Société des
amis des arbres.
Donner le goût, famour de l’arbre, fût-
ce de l’arbre isolé, fùt-ce l’amour non en-
tièrement désintéressé de l’arbre fruitier,
répandre la connaissance de ses conditions
vitales, de son utilité, de son charme,
parmi la classe rurale et surtout parmi les
élèves des écoles rurales, pépinière des fu-
turs cultivateurs^ exciter leur intérêt, leur
émulation par des récompenses à décerner
chaque année dans toutes les sections, aux
1. Troisième édition. Une quatrième édition
mise à jour par M. Fliche a paru cette année.
324 LES ARTS HORTICOLES A l’eXPOSITION
enfants et aux instituteurs, par les soins
d’un jury composé essentiellement de mem-
bres des sections régionales, c’est non la
dernière, mais la plus vivante partie du
rôle de la Société des amis des arbres.
Cette action est propre entre toutes à créer
et cimenter des liens de solidarité désirable
entre la population des campagnes et sur-
tout la population scolaire, les maîtres qui
lui donneront quelques instructions pra-
tiques sur la conduite des arbres, sujet
intéressant entre tous, entre les candidats
aux récompenses et les adhérents membres
.’égionaux de la Société; enfin, entre ceux-
ci et la direction centrale qui, pour son ac-
DE la société nationale d’iiorticulture .
tion éducatrice, a reçu ces jours- ci encore
les assurances les plus favorables d’appui
et de concours de la part des ministres de
l’Agriculture et de l’Instruction publique,
comme elle a reçu les plus sérieux encou-
ragements des organes les plus autorisés de
la Presse quotidienne ou périodique, qui
savent faire une juste place aux questions
économiques et de portée sociale.
Maiirice-L. de Vilmorin.
P.-S. — Le siège de la Société est à Paris,
25, quai Saint-Michel. Secrétaire général,
M. Pérard, ingénieur des arts et manufac-
tures.
LES ARTS HORTICOLES
A L’EXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D’HORTICULTURE DE FRANCE
Chaque année, les lecteurs de la Revue
horticole trouvent, sous le titre : « les Arts
et les Industries horticoles à l’Exposition
d’horticulture», un compte rendu fort in-
téressant dû à la plume autorisée d’un de
nos plus érudits collaborateurs.
Mais s’il nous décrit très-clairement et
complètement les pompes, les pulvérisa-
teurs, les instruments de toutes sortes qui
se recommandent à l’attention des prati-
ciens, et se rangent sous la bannière de
V Industrie, l’auteur reste malheureusement
muet sur la première partie de son titre :
les Arts horticoles.
Est-ce à dire que ces Arts n’existent que
dans l’imagination d’un des rédacteurs du
catalogue ou qu’ils soient si pauvrement
représentés à l’Exposition qu’ils ne méritent
pas quelques lignes de bienveillant intérêt ?
Non certes, ils ont leur importance et si
les exposants s’y comptent en moins grand
nombre que chez leurs voisins, ils n’en
doivent pas moins attirer l’attention du pu-
blic.
Il faut bien dire, il est vrai, que l’Exposi-
tion des Arts horticoles pourrait réunir une
collection plus riche des constructions lé-
gères qui forment une des attractions prin-
cipales des parcs paysagers. Il y aurait en
effet un intéressant groupement à faire de
ces ornements précieux pour lesquels les
architectes - paysagistes, comme les pro-
priétaires, devraient être toujours en quête
de dessins originaux, gracieux, appropriés
au site et au style de l’œuvre qu’ils ornent.
A noire avis, une exhibition complète de
Kiosques, Pavillons de repos. Tourelles,
Pigeonniers, Embarcadères, Abris de ba-
teaux, Cabanes d’oiseaux d’eau, Volières,
Faisanderies, Pergolas, Ponts, etc., cons-
tituerait une attraction de premier ordre si
elle était présentée en bonne place.
Elle servirait à épurer le goût des cons-
tructeurs, à susciter leur émulation, à
provoquer, chez les amateurs, le désir d’en
voir les spécimens mis en valeur à la place
qu’ils doivent occuper dans les paysages.
Les constructions d’ornement, les « Fa-
briques », comme on disait au siècle der- i
nier, sont en effet, au point de vue décora- <
tif, d’une utilité incontestable, aussi bien
dans les petits jardins de ville que dans
les grands parcs paysagers et forestiers. Ce
ne sont pas des joujoux de fantaisie, comme
le croient certains amateurs de naturalisme .
aigu, ils doivent jouer leur rôle, discret '
mais juste, dans la réalisation des scènes
conçues par le paysagiste.
Un délicat critique d’art, populaire aux '
États-Unis, Mme Van Rensselaer, a A
écrit que l’architecte-paysagiste « lui sem- '
blait un peintre dont la toile et les pinceaux
étaient la nature ». Examinez les œuvres ■■
de nos grands paysagistes, Troyon, Rous- ^
seau, Daubigny, Corot ; votre regard ne J
sera-t-il pas attiré d’abord par une tache lu-
mineuse dont l’artiste aura fait le point
d’intérêt de la scène naturelle qu'il poétisait : ÿ
ce sera un être humain, un animal, une
cabane, un pont, que sais-je, et c’est cette
tache qui donnera la vie à toute l’œuvre. ^
Ainsi en est-il des tableaux que l’archi-
tecte-paysagiste peint avec les arbres, les
eaux, les prairies ; la tache lumineuse ÿ
lui sera fournie, dans le lointain, ou au pre- ^
mier plan, par un kiosque rustique, un 'Ç::
LES ARTS HORTICOLES A L’eXPOSITION DE LV SOCIÉTÉ NATIONALE d’HORTICULTIJRE. 325
ponceau de couleur claire, une tourelle
dont les pans scintilleront au soleil comme
les facettes d’un prisme. Quelques exemples
des effets qu’on peut tirer des constructions
d’ornement ont été donnés dans une série
d’articles publiés récemment dans ce jour-
nal par son rédacteur en chef: ils pourraient
être multipliés à l’infini.
Pour rentrer dans notre rôle de descrip-
teur, nous allons passer en revue un certain
nombre de constructions que nous avons
particulièrement remarquées à l’Exposition
d’horticulture et dont nous donnons ci-
contre la reproduction.
Celle qui attirait surtout les regards, au
coin de la Terrasse des Feuillants, et que re-
présente la figure 110, était exposée par
M. Philippon. C’est un champignon rus-
tique à couverture de chaume, d’une jolie
ordonnance et de proportions élégantes,
placé au centre d’une plate-forme octogo-
nale, de 4 mètres de diamètre, limitée par
une balustrade en bois rustique. Par l’un
des côtés de l’octogone, on accède à la plate
forme ou moyen d’un escalier également
Voir Bevue horticole, 1897, p. 249.
en bois. Une des caractéristiques de ce
champignon est une élégante galerie,
placée -immédiatement au-dessous de la
sablière, et composée de 8 petits arcs
en bois courbé ; à chaque retombée de
l’arc, un poinçon supporte un panier d’où
s’échappe un bouquet de Géraniums-
Lierres. Nous approuvons également l’idée
qu’a eue le constructeur d’accompagner
son champignon d’une balustrade, au des-
3'26 LES ARTS HORTICOLES A L’EXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D’hORTICULTURE .
sin ferme et vigoureux : cela enlève à l’édi-
fice principal ce que sa forme a d’un peu
désobligeant et d’isolé dans l’espace.
Cette petite construction trouverait sa
place par exemple sur un promontoire
avancé au-dessus d’un lac, couronnant un
groupe de rochers plongeant dans l’eau et
se détachant sur un fond sombre et compact
d’arbres résineux à grande végétation.
Non loin de là, M. Dubois exposait un
grand kiosque point-de-vue d’une forme ori-
ginale. Un escalier à double volée (fig.UH),
soutenu par des pieux de gros diamètre,
mène à une plate-forme avec balustrade et à
un kiosque demi-octogonal reposant sur de
forts poteaux et sur des consoles qui donnent
Fig. 111. — Kiosque avec escalier et abri pour bateaux de M. Dubois à l’Exposition horticole de Paris.
beaucoup de légèreté à l’ensemble. L’idée
de faire jouer à l’escalier un nMe important
dans la création d’un kiosque point-de-vue
nous paraît intéressante, quoiqu’au point
de vue paysager nous eussions préféré voir
l’escalier reporté en arrière, permettant au
spectateur d’arriver par le fond et de s’ac-
couder à une balustrade continue pour jouir
des paysages sans être distrait par un pre-
mier plan sans intérêt. Mais la vraie desti-
nation que nous donnerions à une construc-
tion de ce genre serait celle d’un abri de
bateaux. L’escalier double reposerait sur le
sol ferme et ferait accéder d’un embarcadère
rustique à ce kiosque de repos supérieur ;
entre les deux escaliers on ménagerait un
étroit canal couvert qui servirait à abriter
les embarcations. Le tout devrait être accom-
pagné, en arrière et sur les cotés, de ver-
dures sombres et de plantes grimpantes.
LES ARTS HORTICOLES A L’eXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D’iIORTICULTURE. 327
D’autres constructeurs, MM. Plançon,
Siry, Danrée, Ponchon avaient exposé un
certain nombre de kiosques, ponts, cham-
pignons dont nous connaissions déjà les
formes générales et les détails d’exécution.
Nous devons tout au moins signaler chez
M. Plançon un système pratique de cou-
verture lui permettant de démonter ses
constructions en panneaux faciles à em-
porter et à remonter sans le concours
toujours coûteux d’un spécialiste.
La petite volière, exposée par M. Siry
et représentée par la figure 112, nous
paraît mériter une attention particulière,
surtout à titre d’indication. Nous trouvons
en effet qu’il y aurait avantage, en certains
cas, à remplacer le fer et le grillage par
le bois rustique et la couverture en
chaume pour varier l’aspect des volières et
des faisanderies qui sont fréquemment ap-
pelées à jouer un rôle dans l’ornementation
des parcs. C’est là une tentative que nous
Fig. 112. — Volière de M. Siry
à l'Exposition horticole de Paris.
n’avions pas encore vue réalisée et nous en
félicitons son auteur : il y a encore de jolies
trouvailles à faire en suivant cette voie.
Qu’on nous permette de terminer en in-
diquant un desideratum auquel nombre de
lecteurs auront sans doute pensé comme nous.
Pourquoi les exposants de constructions
pittoresques se bornent-ils à nous mon-
trer les emplois divers du seul bois rustique ?
N’auraient'ils pas de charmants modèles à
nous proposer en se servant des bois équarris,
dont le travail relève plus spécialement de la
charpente et de la menuiserie et dont nous
trouvons en Normandie des exemples pleins
de grâce et d’imprévu : clôtures en bois ou
en fer, balustrades de ponts, pergolas, etc.,
pouvant donner à des artistes d’excellentes
occasions d’exercer leur verve et leur imagi-
nation. Nous souhailons vivement d’en
trouver des échantillons à la prochaine Ex-
position des Arts horticoles organisée par la
Société nationale d’horticulture de France.
René-Ed. André,
Ingénieur des arts et manufactures.
328
VARIÉTÉS NOUVELLES DE NYMPH/EA STELLATA-ZANZIBARENSIS.
VARIÉTÉS NOUVELLES DE NYMPLIÆA STELLATA ZANZIBARENSIS
En décrivant, en 1895 et 18961, Jes nou-
veautés de Nymphæa hybrides qui ont été
obtenues par M. Latour-Marliac, à Temple-
sur-Lot, dans ces dernières années, j’ai dit
que ses efforts actuels tendaient à dévelop-
per davantage l’admirable série des demi-
rustiques. C’est une race particulière, obte-
nue des N. zanziharensû et stellata. Le
parti que l’habile semeur a su tii’er de ces
délicieuses plantes est surprenant. Grâce
aux eaux vives qui sourdent des collines
placées au-dessus de son jardin, et qui
laissent échapper des sources constantes, à
la température uniforme de 10®, été comme
hiver, ces Nymphéacées africaines résistent
parfaitement aux hivers. Elles ajoutent la
note bleue, violette, mauve, lilas, toute la
série cyanique, à la nombreuse tribu des
rustiques, où les tons rouge cramoisi, car-
min, rose chair, rose de Chine, saumon,
groseille, jaune paille, blanc pur, blanc
carné, blanc et jaune, constituent aujour-
d’hui la plus riche palette de nuances déli-
cates.
De plus, l’odeur des N. zanziharensis est
d’une grande suavité, et c’est un attrait de
plus pour ces admirables plantes.
Les deux variétés nouvelles que repré-
sente aujourd’hui notre planche coloriée
sont :
1» Nymphæa zanziharensis azurea. C’est la
plus grande des deux fleurs. Elle atteint jus-
qu’à 18 centimètres de diamètre. Son feuillage
robuste, vert lustré, un peu maculé de violet
foncé, orbiculaire et grossièrement denté, sert
de fond aux belles fleurs, érigées au-dessus de
l’eau, dont les nombreux pétales bleu violet
forment une large couronne au-dessus des sé-
pales cucullés, verts en dehors et violets en
dedans. La couronne staminale, à filets jaunes
et à anthères violettes, augmente encore
l’attrait de cette superbe fleur au doux parfum.
2® N. stellata cærulea. C’est la plus petite
des deux fleurs. Elle est plus réduite aussi
comme feuillage. Ses grands et courts sépales
sont verts, épais, et ses pétales, ovales-aigus,
bleu de ciel, ne dépassent guère 5 centimètres,
ce qui porte le diamètre de la fleur, dans son
ensemble, à 12 centimètres environ. La cou-
’ Voir Revue horticole, 1895, p. 258, et 189G,
p. 852.
ronne staminale, en grosse houppe centrale
assez dense, est composée de filets jaunes sur-
montés d’anthères azurées. L’odeur est égale-
ment exquise.
Une particularité étrange du N. stellata
est de produire des bourgeons adventifs sur
la face supérieure des feuilles, à la nais-
sance du pétiole. C’est surtout au moyen
de ces bourgeons que s’opère la multiplica-
tion de cette espèce, dont les graines sont
stériles.
Jusqu’à présent, les Nymphéas de cette
section zanziharensis-stellata sont restés
demi-rustiques, et leur culture en plein air
n’est possible que dans les conditions où se
trouve M. Latour-Marliac, avec des sources
constantes qui déversent dans les bacs une
eau dont la température ne s’abaisse jamais
au-dessous de 10® centigrades, ou bien dans
un aquarium, dont l’eau doit être chauffée
artificiellement lorsqu’elle arrive à une tem-
pérature moindre que celle-ci. C’est dire
que les eaux d’évacuation de nombreuses
usines, sortant constamment chaudes ou
tièdes, peuvent permettre ce genre de cul-
ture à un grand nombre de manufacturiers,
qui peuvent se donner ainsi un plaisir de
haut goût.
En dehors de ces conditions de tempéra-
ture, les soins de culture sont à peu près
nuis, car les rhizomes peuvent rester tout
l’hiver dans des bassins cimentés ou dans
des bacs, et aux beaux jours le soleil
mettra rapidement les plantes en végéta-
tion.
Réussira-t-on à hybrider ces magnifiques
habitantes des eaux avec la première série
rustique sortie de Nymphæa alba et odo-
rata, qui furent fécondés avec les N. ruhra
et autres espèces à fleurs rouges, série qui a
déjà donné de si belles choses et qui en
fournira encore ? C’est ce que l’avenir nous
apprendra, mais jusqu’à présent les fécon-
dations artificielles n’ont rien produit. Si le
bleu intervenait dans les coloris des Nym-
phéas rustiques, nos pièces d’eau revêti-
raient une parure incomparable, que nous
ne devons pas désespérer de contempler un
jour.
Ed. André.
I (U-U'(('s' nounci/cs c/^' Xif/Np/ufccr sic/Iala •.<-/// v//v//ivmv'.s’
829
INFLUENCE DIT SUJET SUR LE GREFFON. — IIAELITZIA TAMNOIDES.
INFLUENCE DU SUJET SUR LE GREFFON
La Revue du 1®*’ avril dernier a publié
un article intéressant de MM. G. Rivière et
G. Railhache intitulé : « Influence du
porte-greffe sur le greffon » .
Il s’agit du Poirier Triomphe de Jo-
doifpie, qui, greffé sur Cognassier, a donné
des fruits plus beaux et plus savoureux
que la même variété greffée sur franc ou
sauvageon de Poirier.
Il faut dire que le sujet dit franc plonge
ses racines dans le sous-sol, plus froid et
plus humide que la couche arable où se
complaît le Cognassier, couche de terre
plus souvent réchauffée par le soleil, la lu-
mière, le vent, la culture, etc. La Poire
Trimnphe de Jodoigne, comme Conseiller
de la Cour et autres, a la chair d’autant
plus fine, juteuse et sucrée qu’elle ac-
quiert une bonne grosseur et un épiderme
clair ou coloré. Il conviendrait de répéter
la même expérience sur des variétés telles
que : Seigneur (Esperen), Doyenné du
Comice, Beurré Millet, toujours exquises
en suc, quelle que soit la grosseur du fruit,
ou sa couleur, et qu’ il soit venu au soleil ou
à l’ombre.
iVinsi que nous l’avons souvent expli-
qué, le bourrelet de la greffe est plus ac-
centué lorsqu’il unit deux genres différents,
par exemple le Poirier avec le Cognassier.
Or, la présence de ce bourrelet provoque
une certaine perturbation dans le mouve-
HABLITZIA
Le genre IJahlitzia a été dédié à Von
Hablitz, botaniste et voyageur allemand, par
Bieberstein,' pour une Chénopodiacée ori-
ginaire du Caucase et introduite en 1828. .
Ce genre est monotypique et constitué
par l’espèce suivante : Ilahlitzia tamnoides
Bieb.
Description. — Vivace, grimpante -volubile.
Racine renflée, napifornie; tiges pouvant s’éle-
ver jusqu’à 4 à 5 mètres de hauteur, portant
des feuilles alternes, longuement pétiolées,
triangulaires-cordiformes, acuminées, entières,
glabres et minces, nervées. En juillet-octobre,
fleurs petites, vertes, pédicellées et réunies en
cymes rameuses, sessiles ou terminales.
U Hahlitzia tamnoides n’est guère cul-
tivé et ne se rencontre que dans quel-
ques collections botaniques ; il pourrait
cependant rendre quelques services dans
les jardins comme plante grimpante rus-
ment de la sève. Cet arrêt est cause que les
organes aériens, ayant moins de sève à éla-
borer, fourniront, sous l’action de l’atmos-
phère, une plus grande somme de car-
bone aux tissus ligneux ; ils solidifieront
le cambium et prépareront les bourgeons
à la fructification. C’est ainsi que nous
avons expliqué l’incision annulaire; on sait
que l’annellation raisonnée d’une branche
fruitière entrave la coulure de la fleur, ac-
croît la beauté du fruit et en hâte la pé-
riode de maturation.
D’ailleurs, la dégustation et les labora-
toires d’analyse ont constaté une plus
grande richesse de sucre et d’alcool chez
les vins de sujets greffés.
A coté de l’influence du sujet sur le
greffon, la thèse contraire est soutenue,
aujourd’hui encore, dans le dernier bulletin
de la Société d’horticulture pratique du
Rhône, à propos de plants débiles entés par
un cépage à végétation luxuriante. Il s’agit
ici, non plus de deux genres, mais de deux
espèces d’un même genre ( En fait
de juxtaposition de deux variétés d’une
même espèce, nous citerons l’Abutilon à
feuilles panachées qui rend chlorotique le
sujet à feuilles vertes sur lequel on le greffe.
Le praticien aurait à signaler de nom-
breux faits de ce genre, non encore expli-
qués.
Charles Baltet,
TAMNOIDES
tique et facile à cultiver. C’est une herbe
volubile, atteignant de grandes dimen-
sions, aux feuilles cordées, d’un vert clair
ainsi que les fleurs, et se plaisant dans
tous les terrains et à toute exposition, avec
une préférence marquée pour les sols frais
et humeux et les endroits mi-ombragés.
On multiplie facilement cette plante par la
division des touffes, au printemps, et par le
semis des graines fait directement en
place, en terrain préparé, au printemps,
mars-avril. V Hahlitzia pourrait convenir
à garnir les troncs d’arbres dénudés, les
murailles, les ruines, où il formerait des
guirlandes de verdure claire et gaie ; il est
aussi ornemental que l’Igname de Chine et
le Tamne commun et il végète sans soins
et sans culture, grimpant autour des
appuis qu’on veut bien lui donner.
Jules Rudolpii.
330 LES VARIÉTÉS DE CHRYSANTHÈMES JUGÉES AU SUFFRAGE A DEUX DEGRÉS.
LES VARIÉTÉS DE CHRYSANTHÈMES
JUGÉES AU SUFFRAGE A DEUX DEGRÉS
Depuis quelques années, quand il s’agit
de déterminer un choix de variétés d’une
espèce horticole quelconque, il est de mode
de faire un plébiscite. Le suffrage direct
serait certainement excellent, s’il y avait
plus de votants ; mais il y en a, en général,
si peu, que les indications qu’on se procure
ainsi manquent évidemment d’autorité.
Désireux de déterminer un beau choix de
Chrysanthèmes, nous avons eu l’idée d’or-
ganiser, tout seul, sans appel aux urnes, un
véritable suffrage à deux degrés. Nous avions
en effet à notre disposition les votes des di-
verses Sociétés créées depuis quelques an-
nées, pour l’étude des Chrysanthèmes. Ne
suffisait-il pas de comparer tous ces votes
pour en déduire, comme d’un suffrage à
deux degrés, les qualités les plus générale-
ment reconnues aux diverses variétés de
Chrysanthèmes?
En 1896, Wllevue horticole a publié les
listes des meilleures variétés de Chrysan-
thèmes, à divers points de vue, que dressa
la Section des Chrysanthémistes de la
Société nationale d’horticulture de France.
Ces listes existaient déjà au moment du
Congrès organisé à Bourges en novem-
bre 1896 parla Société française des Chry-
santhémistes.
A l’issue du Congrès de Bourges, deux
listes provisoires des meilleurs Chrysan-
thèmes furent publiées par les organisa-
teurs ; l’une pour la culture à grande fleur,
l’autre pour la culture en pots.
Depuis, le Comité floral de ladite Société
eut à décerner plusieurs certificats de mérite.
B en fut de même au sein de la Société
des Chrysanthémistes du Nord.
Enfin, la dernière étude d’ensemble sur un
choix des meilleures variétés, qui me soit
passée sous les yeux, a paru dans \e Journal
de la Société royale d'horticulture de
Londres, en mars 1897, sous la signature de
M. W.-H. Lees.
J’ai tenu compte de tous les avis conte-
nus dans les différents travaux précités, et
j’y ai ajouté aussi des appréciations faites
sous forme positive par M. Harman Payne
pour les duveteuses aptes à toutes cultures,
et par le journal The Garden pour les nou-
veautés.
Mais à ces différentes sources, je n’ai pris
que les variétés mentionnées au moins deux
fois.
Par exemple, je n’ai retenu des listes de
la section des Chrysanthémistes de Paris
que les variétés mentionnées au moins une
fois autre part. J’ai agi de même pour les
autres listes.
La raison et les auteurs des choix sont
représentés par la lettre qui figure en tête
des indications suivantes ;
Groupements divers d’après lesquels ont été réparties les meilleures variétés de Chrysanthèmes
par les Sociétés spéciales, les Congrès, etc.
a) Les meilleures variétés pour la culture à très-grande fleur. \
h) — — pour grandes fleurs en touffes basses . . I
c) — — pour spécimens (sfcmdards) [ D’après la section de la
<l) Les plus tardives ) Société nationale d’horti-
c) Les meilleures variétés pour culture à tète \ culture de France.
f) — — duveteuses j
y) — — précoces I
h)
i)
pour culture à grande fleur .
pour culture en pots . . .
} D’après le Congrès de
S Bourges.
j) Les 24 meilleures Japonaises
h) Les 12 plus précoces pour bordures . . . .
l) Les 18 plus tardives décoratives ......
m) Les 24 meilleures incurves
] D’après le journal de la
V « Royal Ilorticultural So-
^ ciety ».
n) Les duveteuses aptes à toute culture
o) Nouveautés recommandées ....
D’après M. G. Harman Payne.
D’après le Garden.
p) Certificats de mérite
q) Certificats de mérite
D’après la Société des
Chrysanthémistes du Nord.
D’après la Société française
des Chrysanthémistes.
LES VARIÉTÉS DE CHRYSANTHÈMES JUGÉES AU SUFFRAGE A DEUX DEGRÉS. 331
Cela posé, considérons, par exemple, la
variété Viviand-Morel : elle se trouve —
c’était prévu — parmi celles ayant été choi-
sies le plus souvent. Pour indiquer à quels
titres et par qui, nous ferons suivre son nom
des lettres qui, dans le tableau précédent,
indiquent précisément par qui elle a été
choisie, et pour quelle raison.
Ainsi la variété Yiviand- Morel sui-
vie des a. h. c. i. j. ce qui, en se reportant
au tableau précédent, signifie que cette va-
riété est recommandée :
a. Par la section des Chrysanthémistes
de Paris pour la culture à très-grande fleur.
h. Par la même section pour la culture en
toufïes basses ;
c. Par la même section comme plante
spécimen ;
i. Par le Congrès de Bourges pour la cul-
ture en pots ;
j. Par M. Lees (Journal de la Royal hor-
ticultural Society), parmi les 24 meilleures
Japonaises.
Ces explications données, voici les résul-
tats de mon petit scrutin qui est, comme
on le voit, à la fois quantitatif et quali-
tatif :
W. Lincoln (Japon), arrive en tête avec
7 lettres : a. b. c. d. e. h. i.
Il est suivi de près par les deux variétés
suivantes :
Colonel W. B. Smith (Spaulding), avec
G lettres : a. b. c. j. k. p.
Reine d'Angleterre (Calvat), de même avec
6 lettres : a. b. c. e. h. k.
Viennent ensuite différents groupes de
variétés avec cinq lettres, avec quatre, trois,
ou deux lettres ;
Variétés avec cinq mentions.
Colosse Grenoblois (Calvat) : a. b. c. h. i.
Etoile de Lyon (Boucharlat) : a. c. d. e. i.
Florence Ravis (Davis) : a. b. c. e. h.
Louise (Calvat) : a. b. h. i.j.
Madame Calvat (Calvat) : a. d. g. h. i.
Viviand-Morel (Lacroix) : a. b. c. i. j.
W. Tricker ( Amérique) : a. b. c. e. j.
Variétés avec quatre mentions.
Chénon de Léché (Calvat) : a. b. h. j.
Commandant Blusset (Calvat) : a. b. g. i.
Edwin Molyneux (Cannell) : a. b. d.j.
Enfant des Deux-Mondes (Crozy) : b. f. g. i.
Harrg Wonder (Jones) : a. f. i. n.
Lady Canning (Amérique) ; d. h. i. l.
Louis Bœhmer (Japon) : b. e. f. i.
Phœbus (Lacroix) : a. b. i. j.
Souvenir de Petite Amie (Calvat) : h. i. j. p.
Variétés avec trois mentions.
Beauté Lyonnaise (Crozy) : f. i. n.
Catros-Gérand (Hostei : a. b.Ji.
Charles Davis (^Davis) : a. i.j.
Chrysanthémiste Délaux (Dél.): b. f. i.
Gloire Lyonnaise (Crozy): f. i. n.
Gloriosum (Waterer) : a. e. i.
IL- J. Jones (Calvat) : a. h. p.
Le Moucherotte (Calvat) : a. d. i.
Lilian Bird (Japon) : a. d. h.
Madame Carnot (Calvat) : a. b. j.
Thérèse Rey (Calvat) : a. h. j.
W. Falconer (Spaulding): f. h. i.
W. Seward (Seward) : a. b. i.
Variétés avec deux mentions.
M. J. Allemand (Calvat) : a. i.
Calvafs Australian Gold (Calvat) :j. o.
Deuil de Jules Ferry (Calvat) : a. h.
Duchess of York (Carrutbers) : a. h.
E. Forgeot (Forgeot): b. i.
Globe d'or (Bruant) : a. yn.
Good Gracious (Japon) ; a. h.
Henri Jacotot fils (Calvat) : a. i.
Jules Chrétien (Calvat): b. h.
Lucile Mathieu de Prome (de Reyd.) \ b. p.
Madame A. Bynin (Calvat) : p. q.
Madame Ch. Molin (Calvat) : i. j.
Madame Fleuy'-de-Lix (Chabanne) : a. p.
Madame Lucien Chaw'é (de Reyd.) ; b. i.
Madame Marie Massé (Délaux) : g. k.
Madame Ph. Rivoire (Ri voire) : a. h.
Madame A. Roux (Calvat) : a. i.
Maine Recoura (Calvat) : d. h.
Miss Ethel Addisson (Jones) : a. i.
Mishxss H. Robinson (Amér.) : a. h.
Nyanza (Smith) : i. o.
Occana (Amérique) : j. o.
M. Panckouke (Calvat) : a. j.
Présideiît Nonin (Calvat) : p. q.
Président Smith (Hill) : a. h.
Saturne (Lacroix) : a. h.
J. Schynmpton (?) : i. p.
Source d'or (Délaux): e. L
Thomas Wilkins (Davis): b.j.
Les lettres qui se répètent le plus fré-
quemment sont : a 37 fois ; i 30 fois ;
h 25 fois ; h 22 fois.
Les lettres a et h concernent les choix
faits pour la culture à grandes fleurs, d’une
part par la section des Chrysanthémistes, et
d’autre part par le Congrès de Bourges.
Les lettres beti concernent les choix faits
par les mêmes groupements, pour la culture
en touffes basses en pots.
Ces deux sortes de cidtuy'e sont donc
aujourd'hui les plus en vogue, et les
deux groupements précités sont la plupart
du temps d’accord pour désigner les variétés
qui s’y prêtent le mieux.
332
CONGRÈS HORTICOLE DE PARIS.
Vient ensuite la lettre j qui se reproduit
16 fois. D’où cette conclusion : Les formes
japonaises sont aujourd’hui les 2^lus re-
cherchées.
La lettre d se reproduit 8 fois ; et les
variétés les plus recommandées pour llo-
raison tardive sont : Etoile de Lyon,
Madame Calvat, Edwin Molyneux, Lady
Canning, Le Moucherotte^ Lilian Bird,
Marie Recoura, W. Lincoln.
C’est le même nombre pour les spécimens,
les duveteuses, les formes en tête. 11 n’y a
qu’à se reporter aux variétés qui, respective-
ment, possèdent les lettres c. e. f. pour les
connaître.
Et ainsi de suite...., en attendant que les
assises du prochain automne viennent con-
firmer ou infirmer les conclusions que nous
venons d’exposer.
H. Dauthenay.
CONGRÈS HORTICOLE DE PARIS
Le Congrès horticole de Paris qu’organise
chaque année la Société nationale d’horticul-
ture de France s’est tenu le jeudi 3 juin, à
2 heures, au siège de la Société.
M. Viger, le président de la Société, en a
fait l’ouverture et a prononcé une allocution
fort goûtée, dans laquelle, après avoir souhaité
la bienvenue aux congressistes, plus nombreux
encore que les années précédentes, il a tout
spécialement félicité la Commission d’organisa-
tion du succès de son treizième Congrès, dont
les mémoires préliminaires, distribués aux
congressistes quelques jours avant la séance,
montrent l’intérêt toujours croissant que prend
le monde horticole à cette réunion annuelle.
Après avoir donné lecture des noms des lau-
réats que nous avons déjà publiés dans notre
numéro du juin, M. Viger appelle l’attention
sur deux questions qui lui paraissent extrême-
ment importantes : la première, qui traite
« Du choix des espèces et des meilleures va-
riétés fruitières à planter sur les routes ; pre-
mier's essais faits en France et résultats obte-
nus ». Il r'egr-ette de tr'ouver chez nous un
esprit de r'outine auquel nous nous heurtons,
tandis qu’à l’étranger cette plantation d’arbres
fruitier's sur les routes a déjà réussi depuis de
nornbr’euses années et donné des résultats
surpr’enants, auxquels on ne s’attendait même
pas, non seulement au point de vue esthétique,
mais aussi au point de vue du rapport, ce qui
doit toujours pr’éoccuper l’administrateur vrai-
ment digne de ce nom. En dehors du mémoire
primé, la Commission en avait reçu un autre
excessivement important de M. Baltet, mais
que, vu son étendue, le règlement ne lui per-
mettait pas d’insérer.
La deuxième question, « Culture des fleurs
par les enfants et par les ouvriers», présente,
dit le président, une importance considérable
au point de vue social ; elle a donné naissance
à sept mémoires, dont trois ont été primés.
Ces derniers tout à fait remarquables, dus à
MM. Ch. de Bosschere, Maumené et Deliège.
Lorsqu’on parle d’améliorer la situation
sociale de l’ouvrier et de combattre l’alcoo-
lisme, ce n’est pas par des moyens artificiels
qu’on y réussira, c’est surtout en tâchant d’in-
téresser l’esprit de l’homme à des choses plus
sérieuses que le cabaret. Or, répandre dans le
peuple l’amour de la culture des fleurs, c’est
répandre un germe de moralisation. M. le pré-
sident croit avec raison que l’enseignement de
l’horticulture dans les écoles primaires donne-
rait des résultats autrement utiles que l’ensei-
gnement de l’agriculture, car l’instituteur ne
peut avoir à sa disposition qu’un champ très-
peu étendu, c’est-à-dire un jardin, et bien mal-
gré lui il habitue ses enfants à considérer
l’agriculture comme un jardinage; si, au con-
traire, il tait passer ses élèves de la culture
des légumes et des fleurs à la culture des
plantes en grand, comme le blé et la vigne, il
les habitue à passer du simple au composé, et
il leur donne des leçons qui ne sont pas per-
dues. Sur cent enfants auxquels vous donne-
rez l’enseignement agricole, soixante-dix ou
quatre-vingts iront à l’atelier ou à l’usine, cela
ne leur sera donc d’aucun profit ; si, au con-
traire, on leur a donné l’enseignement horti-
cole, cela pourra être utile à tous, car si mo-
deste que soit l’ouvrier, il trouvera, surtout à
la campagne, un petit jardin où il pourra
appliquer les connaissances qu’il aura acquises
à l’école primaire ; dans les grandes villes
même, il trouvera toujours une fenêtre, un
balcon, une cour, quelquefois un petit coin,
un jardin même, où il pourra cultiver quelques
plantes. Il y a donc là une question à laquelle
doivent s’intéresser, non seulement toutes les
Sociétés d’horticulture, mais aussi les Sociétés
philanthropiques.
M. le Président regrette que les travaux
parlementaires ne lui permettent pas de rester
plus longtemps au Congrès, et il cède la prési-
dence au premier vice-président de la Société,
M. Henry de Vilmorin.
Sur les dix questions au programme, huit
avaient été traitées dans les mémoires prélimi-
naires, et, au Congrès même, deux questions
seulement ont surtout donné lieu à une discus-
sion assez longue; c’est d’abord la troisième
question ainsi conçue : « De la dégénérescence
de certaines Orchidées», sur laquelle MM. Truf-
faut et Hébert ont publié un mémoire prélimi-
naire qui peut se résumer en ceci : que ces
messieurs considèrent comme un fait acquis
qu’un très-grand nombre d’Orchidées dégé-
MATRICAIRES ET PYRÈTHRES.
333
nèrent dans les cultures plus ou moins vite
selon les espèces et le genre de culture qui
leur est donné, mais cette dégénérescence est
un fait reconnu, et, après un temps plus ou
moins long, l’Orchidée dégénère fatalement.
Ladite dégénérescence ne pouvant être causée
que par une alimentation différente de celle
que les Orchidées ont à l’état naturel, ces mes-
sieurs se sont livrés sur les Cattleya à un
nombre considérable d’expériences et d’ana-
lyses et citent des chiffres à l’appui de leurs
affirmations. La Revue publie plus loin le
texte de cette intéressante communication.
M. Grignan est venu réfuter l’assertion de
MM. Truffant et Hébert en se basant sur l’opi-
nion d’un certain nombre d’amateurs et culti-
vateurs d’Orchidées qui lui ont affirmé que,
d’après leur expérience, les Orchidées ne dégé-
néraient pas. M. Truffant père a répondu en
disant avec raison que, si les Orchidées ne dégé-
néraient pas, comment se faisait-il que malgré
les milliers et milliers d’Orchidées importées
chaque année, on en trouvait si peu dans les
cultures et surtout si peu d’un certain âge.
Après une discussion animée entre divers
orateurs, le Congrès décide de demander
à la Société nationale d’horticulture de France
d’établir un questionnaire qui sera envoyé à
toutes les personnes s’occupant d’Orchidées et
de leur culture. Avec une aussi vaste consul-
tation, on ne peut en retirer que des rensei-
gnements utiles.
Quant à la huitième question sur « la classi-
fication des Rosiers », elle a donné lieu à un
échange d’observations intéressantes entre
M. Sirodot, doyen de la Faculté des sciences
de Rennes, et M. Vigneron, horticulteur-rosié-
riste à Orléans, l’un voyant les choses au point
de vue horticole et marchand. Il a été demandé
que cette question, qui est loin d’être résolue,
reste au programme pour l’an prochain.
Après le dépôt de différentes questions qui
seront soumises à l’adoption du Conseil de la
Société pour le programme de l’an prochain,
programme qui sera publié dans le courant de
juillet, la séance a été levée vers cinq heures
et demie.
Ernest Bergman.
M4TRICMRES ET PYRÈTHRES
Si, botaniquement, les deux genres
Malricaria, Linn. et Pyrethrum, Gærtn.,
sont parfaitement distincts et admis par
tous les auteurs, en horticulture, nous dési-
gnons sous ces noms francisés des plantes
du seul genre Pyrethrum et même d’une
seule espèce, le Pyrethrum Parthenium,
Smith.
C’est un exemple du peu de précision des
noms français et familiers et aussi de la
sélection dirigée longtemps et d’une façon
continue en deux sens opposés, car les Ma-
tricaires Mendianes ne ressemblent aucune-
ment par leur port et leur aspect aux Py-
rèthres dorés de nos jardins.
Un cas analogue se trouve dans le Cynara
Cardunculus, qui, par la culture et surtout
la sélection, nous a fourni l’Artichaut et le
Cardon, entièrement distincts par leur par-
tie culinaire.
Les Matricaires Mendianes sont des
plantes élevées, ramifiées, touffues et décora-
tives par leurs fleurs blanches, générale-
ment doubles, tandis que les Pyrèthres do-
rés sont des plantes nanifiées, presque sans
tige et fleurissant peu mais formant des
touffes compactes de feuilles d’un vert très-
pâle, presque jaune et qui contraste agréa-
blement avec le vert foncé des autres plantes
d’ornement.
Ces deux sortes de plantes, très -décora-
tives et de culture facile, sont aujourd’hui
très-répandues dans les jardins, mais il
y existe aussi une véritable Matricaire, le
Matricaria inodora, sous sa forme double
qu’on désigne sous le nom de Matricaire
double blanc de neige, et qui est également
une excellente plante d’ornement, pas au-
tant cultivée qu’elle le mérite.
Ces remarques d’ordre scientifique ter-
minées, nous envisagerons maintenant ces
plantes au point de vue horticole.
La Matricaria blanc de neige (Matri-
caria inodora flore pleno) (fig. 113) est une
plante annuelle, très-vigoureuse et rustique,
rameuse, touffue, haute de 40 à 50 centi-
mètres, à rameaux étalés, garnis de feuilles
vert foncé, découpées en segments filiformes.
Les fleurs, très-nombreuses et se succédant
pendant presque tout l’été, sont larges de
4 à 5 centimètres, parfaitement doubles et
formées de nombreuses languettes d’un
beau blanc pur ; l’ensemble du capitule
rappelle aussi certaines petites Reines-Mar-
guerites.
La plante convient parfaitement à Forne-
ment des grandes plates-bandes ou des cor-
beilles qu’on ne peut beaucoup arroser et
ses longues tiges fleuries peuvent avanta-
334
MATRICAIRES ET PYRÈniRES.
geusement entrer dans les gerbes et gros
bouquets de fleurs.
On sème les graines de cette jolie Matri-
caire à l’automne, en pépinière; on repique
les plants en place au printemps, à
40 ou 50 centimètres environ de distance.
On peut aussi semer au printemps, en pépi-
nière, comme la plupart des autres plantes
annuelles, ou même en place, mais alors
très-clair, car chaque pied prend un grand
développement.
La Matricaire .Mendiane (Pyrethnim
Parlhenium, Smith.) est une plante cul-
tivée depuis fort longtemps dans les jardins,
où elle se ressème souvent d’elle-même et
Fig. 113. — Malricarla inodora flore pletw.
familièrement nommée, mais à tort. Camo-
mille. Ses fleurs sont souvent employées
commes telles dans les campagnes, pour
faire des infusions stomachiques. Toutes
ses parties, mais surtout les feuilles, exha-
lent une odeur forte, aromatique.
Les jardiniers soigneux ne cultivent que
ses variétés à fleurs grandes bien doubles,
mais dans les jardins ruraux et sur-
tout lorsqu’elle y croît sub -spontané
ment, ses fleurs sont petites et simples ou
semi-doubles, laissant voir un petit cœur
jaune.
La plante est vivace, très-rustique et
forme avec l’âge des touffes volumineuses,
hautes de 60 à 80 centimètres, dont le feuil-
lage d’un vert clair est très -élégant et les
tiges fortes et droites se terminent par une
panicule de fleurs blanches, qu’on peut
avantageusement faire entrer dans les
gerbes et bouquets de fleurs. Sa floraison
se prolonge depuis juin jusqu’en octobre.
Ses variétés horticoles, au nombre de
cinq ou six, sont toutes à fleurs doubles,
toujours blanches et préférables au point
de vue décoratif ; ce sont :
M. double blanche, à capitules parfaitement
doubles formés de fleurons tous ligulés, plans
et imbriqués, simulant de petits pompons,
M. eximia, dont les capitules sont formés
de deux ou trois rangs de fleurons ligulés et
étalés en forme de collerette, tandis que ceux
du centre sont tubuleux, mais agrandis, nom-
breux, formant un disque bombé et devenu
blanc comme les fleurons de la circonférence.
La plante est dressée, ramifiée et forme d’élé-
gantes touffes.
M. eximia grandiflora, forme de la précé-
dente à fleurs plus grandes ; la plante est aussi
moins dressée, très-vigoureuse et excessive-
ment florifère.
M. eximia pyramidalis, remarquable par
son port dressé, raide, dont les nombreuses
ramifications forment un élégant buisson pyra-
midal.
M. eximia crispa (fig. 114), forme curieuse et
élégante par ses feuilles dont les bords sont for-
tement ondulés, crispés et rappelant celles du
Persil frisé ; les fleurs, toujours blanches et
doubles, sont étagées les unes au-dessus des
autres vers le sommet de la tige et par suite
moins convenables pour les bouquets, mais la
plante est très-décorative par son beau feuil-
MATRICAIRES ET PYRÈTÜRES. 3‘J5
lage et forme de charmantes touffes isolées
dans les plates-bandes.
Toutes ces plantes sont des plus faciles
à cultiver, s’accommodant de tous les sols,
même ceux de qualité médiocre, et résis-
tent parfaitement à la sécheresse. On les
sème en pépinière, à l’automne ou au prin-
temps, et on repique les plants en place
lorsqu’ils sont suffisamment forts. Semées
de bonne heure, les plantes fleurissent
dès la première année et forment des
touffes très-décoratives. Quoique un peu
plus délicates que le type, ces variétés per-
sistent pendant l’hiver si le sol est sain et
deviennent plus volumineuses dans les
années suivantes, mais dans les jardins ri-
chement garnis de fleurs on les détruit
après la première floraison, afin de varier
chaque année les décorations florales.
Le Pyrèthre doré (Pyrethriim Parthe-
nium aureuniy Hort.) (fig. 115), quoique
de même descendance, comme nous l’avons
expliqué au début de cet article, n’a plus
horticolement aucune ressemblance avec les
plantes précédentes. Il forme des petites
touffes très-compactes et hautes de 10 à
15 centimètres, d’un feuillage découpé et
d’un beau vert jaune doré. C’est unique-
ment cette teinte agréable et très-distincte
qui le fait tant employer de nos jours pour
former des bordures; tous les jardiniers le
connaissent et le cultivent en quantité par-
fois très-grande pour cet usage; il est donc
inutile d’insister plus longuement sur ce
point. Gomme pour toutes les plantes beau-
coup cultivées, on s’est appliqué sans cesse
à les modifier et les adapter le plus parfai-
tement possible à l’usage auquel elles sont
destinées; on en a ainsi obtenu et fixé
quelques variétés bien distinctes dont voici
les principales :
P. aureum discoideum, qui se distingue
très-nettement du type par ses capitules dé-
pourvus de fleurons blancs ; seul, le disque
jaune persiste et sa teinte se confond ainsi
avec celle du feuillage et ne le dépare pas.
P. aureum selagenoides, ainsi nommée
parce que les lobes de ses feuilles sont très-
finement découpés, ce qui donne à la plante un
aspect frisé, très-élégant.
P. aureum muscoides ou plus familièrement
mousse^ variété très-réduite dont les feuilles
sont étroites et encore recroquevillées sur
elles-mêmes, ce qui donne à la plante un port
très-touffu et un aspect moussu. Le peu de
développement que prend cette petite variété et
sa teinte excessivement jaune la font recher-
cher et employer pour la mosaïculture, malgré
soR peu de vigueur^ sa délicatesse «n peu plus
grande que celle des autres variétés.
On connaît encore quelques variétés de
Pyrètbres dorés, plus ou moins distinctes
des précédentes, notamment une nommée
Bijou d'Or.
Nous pourrions parfaitement nous dis-
penser de parler de la culture de ces
plantes, tant elles sont maintenant em-
ployées pour les garnitures estivales des
jardins.
Ajoutons cependant, pour ceux qui ne
sont pas très au courant du jardinage,
qu’on peut les semer dès l’automne, en pé-
pinière, si l’on désire obtenir des plantes
fortes de bonne heure et qu’on puisse hiver-
ner les plants sous châssis; mais plus géné-
ralement on sème en février-mars, en serre
ou de préférence sur couche, on repique les
Fig. Ii5. — Pijrelhrum Pj.) thcniam aureum.
plants une fois en pépinière si le semis est
fait de très-bonne heure. On les met ensuite
en godets et on les tient sous châssis jus-
qu’au moment de la plantation des cor-
beilles, en les poussant plus ou moins à la
végétation, de façon à obtenir à la fin de
mai des petites touffes faisant de l’effet peu
de temps après leur mise en pleine terre.
Là, ne se termine pas l’énumération des
espèces de Pyrètbres horticoles, car plu-
sieurs autres y sont cultivées, même d’une
façon non moins générale que les précé-
dentes, notamment le Pyrèthre rose {Pyre-
thrum roseum) et le Pyrèthre gazonnant
(Pyrethrum Tchihatchewii) et y consti-
tuent des plantes non moins ornementales,
mais entièrement distinctes et dont nous
parlerons ultérieurement.
Mottet.
336
SOCIÉTÉ NATIONALE D'HORTIGULTURE DE FRANCE.
SOCIÉTÉ NATIONALE D’HORTICULTURE DE FRANCE
SÉANCE DU 24 JUIN 1897
Floriculture.
On se pressait autour de deux beaux apports
de M. Lemaire, qui, décidément, cultive bien :
Un fort lot d’iris Kæmpferi, d’une forme et
d’une largeur rares, et d’une tenue irrépro-
chable, en 11 variétés nommées. Puis un autre
gros lot du Chrysanthème Madame Liger-
Ligneai(^ première variété précoce à fleur
jaune pur, dont la Revue a récemment parlé L
Il y avait aussi la variété Gustave Grünertvaid,
qui sera bientôt le Chrysanthème « des quatre
saisons », puis une bonne collection de Godetia.
MM. Duval et fils présentaient un Vriesea
nouveau très-intéressant par suite de la rami-
fication de son inflorescence. En etlet, à part
quelques espèces peu horticoles de ce genre,
telles que le F. macropetala, les Vriesea com-
merciaux ont leurs grappes florales roides et
guindées, un peu comme des couteaux à papier.
Or, le nouveau Vriesea de M. Duval, F. Espe-
ranza (F. Kitteliana X F. Saundersii),
présente deux ramifications latérales. L’in-
llorescence tout entière a des bractées serrées,
d’un rouge très-vif.
MM. Vilmorin-Andrieux et C'e avaient un
ensemble d’apports variés : Giroflées quaran-
taines et quarantaines Kiris, Pieds d’ Alouettes
des jardins et des Blés doubles. Œillets de
Chine et de Heddewig, Pois de senteur Cupi-
don, etc. Il faut signaler une nouveauté inté-
ressante : le Pois de senteur Cupidon rose, ce
qui détruira heureusement la monotonie de
cette’ nouveauté. Puis un excellent Œillet de
Chine trop négligé, la variété diadematus, à
Heur nettement marquée d’une panachure, dont
l’aspect l’a fait nommer ainsi.
Terminons par un bon Œillet semi-double
issu du Dianthus barbatus, un autre dénommé
I). floribundus (?) double, et un Sedum pro-
lifcrum (?) luteum, de M. Dugourd, de Fon-
tainebleau. Puis, par le Pétunia Mistress San-
der, présenté par M. Sander, de Saint-Albans.
Cette nouveauté, très-double et très-crispée,
devra être essayée en plein air avant d’être
jugée à fond.
Orchidées.
La salle de la Société nationale était trans-
formée en une véritable exposition, car il
s’agissait, cette fois, d’un grand concours d’Or-
chidées. Dans le lot de M. Maiitin, nous re-
trouvons le Lælio-Cattleya olivatensis, les
Cypripedium Vigerianum et Helosiæ, déjà
vus à l’Exposition des Tuileries puis le Sele-
’ Voir Revue horticole, 189G, p. 515.
~ Voir Revue horticole, 1897, p,
nipedium Duvali, qui y figurait aussi, et don
nous n’avons pas parlé par oubli. Cet hybride
{S. longifolium X S. Lindleyanum) est con-
fondu à tort, d’après M. Mantin, avec le Cypri-
pedium Klotzschianum. Dans ce même lot,
nous notons aussi : Cattleya Russelliana {G.
labiata Waimeri X G. Schilleriana Reynel-
liana), à la fleur d’un rouge lie-de-vin; Lælio-
Cattleya delicata [L. pumila X G. Eldorado
virginalis), dont le labelle, pourpre velouté
au sommet, est de forme mixte entre ses deux
parents ; Lælio-Cattleya bellaerensis {L. au-
tiimnalis atrorubens X G. Bowringiana flo-
ribunda colorata) ; Stanhopea bellaerensis,
Catlleyà Rousseavii, etc.
M. Opoix avait apporté un choix de Cypri-
pedium obtenus dans les serres du Luxem-
bourg, remarquables par la tenue érigée de
leur hampe et de leur sépale dorsal, ainsi que
par la netteté de leurs stries et de leurs
pointillés. Nous avons surtout noté, dans ce
genre : G. M. Paul Descombes (G. Dauthieri
X Lawrenceanum) , G. superciliare X Daya-
num, G. nitens X barbatum superbum, G.
Veitchii x Lawrenceanum, etc. Noté aussi,
du même présentateur, un bel Epidendrum
inversum.
M. Peeters, de Bruxelles, présentait une
plante de premier ordre, très-admirée : le Mil-
tonia vexillaria virginalis. M. Poirier, jardi-
nier de M. Cardoso, présentait un très-beau
Cattleya Mossiæ Madame Cardoso, au revers
saumoné, ainsi qu’un Cattleya Mossiæ aurea
bien caractérisé, et, entre autres plantes de
collection, un beau Thunia Bensoniæ.
Dans la collection, nombreuse et variée, de
M. Bert, nous avons remarqué surtout : Epi-
dendrum vitellinum, Saccolabium relusum,
Cochlioda Nœtzliana, Cattleya Mendeli, au
labelle très-régulièrement frangé, Lælia gran-
dis tenebrosa, très-coloré, etc. Dans celle de
M. Garden, de beaux Odontoglossum luleo-
purpureum, Schillerianum et hastilabium,
un Cattleya labiata Warneri de premier ordre,
des Cypripedium Druryi, gandavense, Cook-
soni, etc. Dans celle de M. Belin, de beaux
spécimens de Cattleya labiata : Reineckeana,
Wagneri et variabilis.
Enfin, M. Duval, hors concours, exposait un
superbe exemplaire de Dendrobium moscha-
tum cupreum, et diverses autres plantes :
Lælia grandis tenebrosa, Cattleya Gigas, etc.
Arboriculture d’ornement.
Deux apports importants : 1° de jM. Croux,
25 rameaux d’arbres et d’arbustes d’ornement
eu pleine Heur, d’espèces et de variétés trop
ÉTUDE CHIMIQUE SUR LA
peu répandues : Elæagnus longipès ou Ghalef
comestible, arbuste de port élégant, aux ra-
meaux divergents et légèrement penchés, au
feuillage blanchâtre sur le revers, aux grappes
de fruits rouges, allongés, d’une agréable sa-
veur acidulée : Spiræa Bumalda ruberrima,
S. Bumalda Anthony Waterer^, et un semis
inédit, d’inflorescence aplatie en ombelle
comme les précédentes, et d’un rouge beau-
coup plus vif que la variété Anthony Wa~
terer et tout ce qui existe jusqu’à pr ésent ;
Cytisus èlongatus, Hedysarum multijugum,
Hydrangea stellata rubra, Genista tincto-
ria flore pleno, etc., puis une collection de
variétés de Ceanothus azureus ; Gladiateur^
Gloire de Versailles, Marie Simon, Le
Géant, Président Réveil, Triomphe d'An-
gers, etc.
2o De M. G. Boucher ; les mêmes Spiræa
Bumalda ruberrima et Anthony Waterer,
Hedysarum multijugum et Genista tinctoria
flore pleno ; puis le Cytisus shipkaensis, à
fleurs blanches, et le Deutzia corymbosa,
dont la Revue horticole a déjà parlé^.
Arboriculture fruitière.
M. Fatzer, directeur des forceries de l’Aisne,
présentait des Brugnons Lord Napier, obtenus
par un forçage commencé le 1er février; le ré-
sultat obtenu ainsi serait donc supérieur à
CULTURE DES CATTLEYAS. 337
celui que l’on tire de la variété Précoce de
Conçois.
M G. Boucher montrait de belles Pêches
Waterloo provenant d’arbres arrachés puis
mis sous abri vitré en avril. C’est donc là,
pour un laps de temps de trois mois, un ré-
sultat satisfaisant.
Notons aussi la Groseille à maquereau
Précoce savant, présentée par M. Savart, d’un
rouge incomparablement plus vif que celui
des anciennes variétés autrefois cultivées à
Belle-ville.
Culture potagère
Une poignée de Chicorées frisées et Scaroles
en deux lots ; celui de la maison Vilmorin
pour démontrer que ces salades peuvent par-
faitement toutes se cultiver de printemps, et
celui de M. Lambert, qui s’augmente de toute
une série de Choux hâtifs de printemps :
Chou nantais hâtif. Chou Milan très-hâtif de
Paris, Chou Milan de la Saint-Jean, etc.
M. Gauthier présentait sa nouvelle Fraise
Louis Gauthier, déjà présentée, il est vrai, non
par lui-même, mais par les horticulteurs mar-
chands qui l’annoncent.
Cette variété a le défaut d’être peu colorée
pour la vente au marché, mais elle est très-
prolifique, grosse et succulente, et, partant,
excellente pour maisons bourgeoises.
H. Dauthenay.
ÉTUDE CHIMIQUE SUR LA CULTURE DES CATTLEYAS =
« La plupart des horticulteurs recon-
naissent que les Orchidées exotiques, qui
sont exploitées pour leurs fleurs, sont plus
ou moins rebelles à l’acclimatement et que,
après une courte période de vigueur exu-
bérante, ces plantes, à part quelques rares
exemplaires, fleurissent de plus en plus
difficilement et, après quelques années,
finissent par périr. Les cultivateurs de ce
genre de végétaux, d’une valeur élevée, au-
raient cependant grand intérêt à pouvoir
les conserver et les multiplier dans de
bonnes conditions pour éviter des importa-
tions coûteuses.
« Nous avons pensé que l’analyse chi-
mique, qui nous avait déjà fourni de
1 Le Spiræa Bumalda Anthony Waterer,
obtenu par M. A. Waterer, fut décrit pour la pré-
mière fois dans le Journal The Garden en 1894,
et mentionné la même année par le Journal de
la Société nationale d'horticulture de France.
Rappelons en même temps que le Spiræa Bu-
malda n'est lui-même qu’une forme du S. japo-
nica. — (H.-D.)
2 Voir Revue horticole, 1897, p. 215,
bonnes indications dans le cas des Cycla-
men pourrait aussi nous renseigner sur
les causes de l’affaiblissement des Orchidées
et sur les moyens d’y remédier.
« C’est dans cet ordre d’idées que nous
avons étudié spécialement les Cattleya la-
biata autumnalis. Ces végétaux, monoco-
tylédonés, de la famille des Orchidées,
groupe des Épidendrées, sont originaires
de l’Amérique du Sud ; ce sont des plantes
épiphytes, vivaces, à rhizomes dont les
yeux produisent chaque année des tiges
monophylles se transformant en pseudo-
bulbes de réserve, n’ayant chacun qu’une
seule floraison de six fleurs au maximum.
Ces Orchidées se reproduisent naturelle-
ment .par graines et artificiellement par
sectionnement; elles fleurissent tous les
ans, en octobre ou novembre. On les cultive
en serre, dans un mélange de racines de
3 Communication de MM. Alex. Hébert et G.
Truffaut à l’Académie des sciences.
* Étude physiologique des Cyclamen (Comptes
rendus, t. GXXII, p. 1212).
338
ÉTUDE CHIMIQUE SUR LA. CULTURE DES C.ATTLEYAS.
Fougèrés {Polypodium vulgare) et de
mousse (Sphagnum), très -peu nutritif et
qui joue le rôle de soutien.
« L’affaiblissement de ces plantes se
produit au bout de six ou sept ans; on peut
souvent s’en rendre compte par les pseudo-
bulbes qui prennent naissance chaque année
et qui diminuent de taille et de grosseur ;
cette sorte de dégénérescence ne peut guère
avoir de causes physiques, car on repro-
duit dans les serres toutes les conditions de
culture auxquelles sont soumis ces végétaux
à l’état naturel; il ne restait probable que
le fait d’une alimentation défectueuse qui
amènerait une modification dans la compo-
sition chimique et qui aurait pour effet
d’affaiblir les plantes et de les empêcher de
fleurir. Pour vérifier cette hypothèse, il
convenait d’examiner, au point de vue chi-
mique, les Cattleya au début et à la fin de
leur période sensible; on devrait avoir
vraisemblablement en même temps l’indi-
cation de la nature des engrais à ajouter
pour maintenir ces plantes dans un état de
culture satisfaisant, sinon prospère.
« Des Cattleya, importés en 1891, ont
été analysés à cette époque, puis au mois
de février dernier, quand ces végétaux
étaient parvenus à un état tel que leur
exploitation ultérieure semblait peu profi-
table.
« Le tableau suivant donne les résultats
de ces deux séries d’analyses ; pour la faci-
lité de l’interprétation, nous y rapportons
les proportions des éléments à 1
kilog. de
matière végétale normale
1891
1897
Différences
gr-
gr.
gr.
908,79 939,03
-f 30,24
Matière sèche . .
91,21
60,97
-30,24
Cendres. . .
4,150
3,254
- 0,896
Matière organique
87,06
57,72
—29,34
Azote
1,10
0,511
— 0,589
Silice
0,124
0,253
F 0,129
Chlore .....
Traces
0,109
-h 0,109
Acide sulfurique.
Traces
0,180
+ 0,180
Acide phosplioriq.
Oxyde de fer et alu-
J25
00
O
0,065
— 0,015
mine
0,008
0,109
+ 0,101
Chaux
1,580
0,879
— 0,701
Magnésie ....
0,290
0,149
- 0,141
Potasse
1,040
0,372
- 0,668
Soude
Oxyde de manga-
Traces
0,035
0,03o
nèse
Traces
»
»
(£ Ces chiffres montrent
que les
Cattleya
dégénérés contiennent moins de matière
sèche, de substances organiques et azotées
et de cendres; parmi celles-ci, la dimi-
nution porte sur la potasse, la chaux, la
magnésie et l’acide phosphorique, c’est-à-
dire sur les principaux éléments fertili-
sants.
« Les Cattleya étant cultivés dans un sol
à peu près inerte, leur affaiblissement doit
être attribué à l’exportation des fleurs pour
lesquelles ils sont cultivés. Pour le vérifier,
nous avons procédé à l’analyse de ces fleurs
et nous avons déterminé, d’après leur quan-
tité (350 gr.) correspondant à la floraison
de 1 kilog. de Cattleya entiers, de 1891 à
1897, les pertes en éléments fertilisants
que ces végétaux subissent de ce fait.
Elles sont exprimées par le tableau ci-
dessous :
Eau
Matière sèche
Cendres
Matière organique. . .
Azote
Silice
Chlore
Acide sulfurique. . . .
Acide phosphorique . .
Oxyde de fer et alumine
Chaux ........
Magnésie
Potasse
Soude
Oxyde de manganèse .
gr.
321,30
28,70
3,384
25,316
0,364
0,1106
0,2593
0,0619
0,1386
0,0336
0,5810
0,2800
1,1025
traces.
»
« On peut constater que la matière orga-
nique des fleurs renferme une quantité
assez importante d’azote et que les cendres
sont particulièrement riches en potasse, en
chaux, en magnésie et en acide phospho-
rique; l’appauvrissement des Cattleya, re-
lativement à ces éléments, s’explique donc
d’une façon évidente, ces résultats indi-
quant bien que la dégénérescence de ces
végétaux doit être attribuée à la production
et à l’exportation des fleurs.
« Au point de vue pratique horticole, on
doit conclure de cette étude que les Cattleya
devront recevoir, si l’on veut entraver leur
affaiblissement, un mélange d’engrais ap-
propriés renfermant principalement de
l’azote, de l’acide phosphorique, de la po-
tasse, de la chaux et de la magnésie. Des
expériences sont déjà commencées depuis
quelque temps dans ce sens et semblent
bien confirmer nos conclusions. »
. A. Hébert et G. Truffaut,
CORRESPONDANCE.
339
CORRESPONDANCE
A"® 34G8 [Maine-et-Loire). — Le meilleur
moyen de faire fleurir vos Strelitzia reginæ
est de les rapprocher de la lumière. Il est à
supposer que vous les tenez dans une partie un
peu ombragée de la serre. Nous avons vu ce
simple moyen réussir le plus souvent pour faire
fleurir les plantes rebelles. Celles que l’on
plante à Cannes en plein air, sous le grand
soleil, fleurissent abondamment et leurs
feuilles de même que les hampes sont plus
courtes qu’à l’ombre.
H. M. (Vienne). — Nous n’avons pas vu,
parmi les racines et le sphagnum que vous
nous avez adressé, rien qui pût nous rensei-
gner sur la maladie de vos Dendrobium. Il
faudrait nous adresser les feuilles et la tige
des plantes malades, — Quoi qu’il en soit,
vous ferez sagement de recueillir avec soin tous
les débris des plantes avec les racines et le
sphagnum et vous les brûlerez ; quant aux pots,
vous les tremperez dans une solution de sul-
fate de cuivre à 1 et vous les laverez ensuite
à l’eau. — (L. M.).
Au cas oû vous nous adresseriez des feuilles
et des tiges des plantes malades, nous vous
prions de ne pas faire cet envoi sans nous
en aviser par une lettre oû vous nous rappelle-
riez de quoi il s’agit. — (Note de la rédaction).
M. de B. {Seine-et Marne). — Les
feuilles de Poirier sont envahies par un aca-
rien, le Phytoptus pyri, qui se loge dans le
parenchyme de la feuille, y pond des œufs et
détermine la production de taches brunes
dans le parenchyme vert. Le seul remède
consiste à enlever toutes les feuilles at-
teintes et à les brûler, puis on pulvérisera
sur les parties saines une émulsion de pétrole
à iO % dans l’eau de savon à 4 ou b %.
2° Les feuilles de Cerisier sont envahies par
la fumagine, poussière noire formée par les
Champignons qui vivent, à la surface de la
feuille, dans les matières sucrées exsudées de la
feuille ou déposées par des insectes. Vous
pourrez vous en débarrasser par des pulvéri-
sations au moyen d’un liquide obtenu en
faisant dissoudre dans 1 litre d’eau bouillante
45 grammes de savon blanc et 15 grammes de
naphtol jS, et en étendant de 9 litres d’eau.
3‘^ Les feuilles de Pommier sont couvertes
de taches brunes formées par des Champignons
dont nous n’avons pas vu les spores et qui
paraissent voisines des Taphrina. Vous pourrez
empêcher la maladie de se propager sur les
feuilles saines en pulvérisant vos arbres avec
la bouillie bordelaise, la bouillie bourgui-
gnonne ou une solution de sulfate de cuivre à
8 %. ~ (L. M.) I
S. J. [Belfort). — Vous nous deman-
dez s’il n’est pas trop tard pour planter des
Rosiers. Dès que le mois d’avril est passé,
pour réussir une plantation de Rosiers, qu’ils
soient francs de pied ou greffés, il est néces-
saire de se les procurer en pots, rempotés
dans ces pots depuis novembre ou commence-
ment de février, et il faut les planter tels quels
avec leurs pots. Il faut, de plus, pendant tout
l’été, les (( tenir à l’eau », c’est-à-dire les arro-
ser copieusement, de façon qu’ils soient tou-
jours humides. Quand l’automne est arrivé, on
déchausse chaque pot en enlevant de la terre
autour, et on le casse, puis on en enlève les
morceaux de manière que les racines du Ro-
sier soient dérangées le moins possible.
On peut faire ces sortes de plantations ainsi
pendant tout l’été, mais en observant les re-
commandations suivantes : 1^* Exiger du pépi-
niériste qu’il ne livre que des Rosiers dont les
grosses racines n’aient pas a piqué », c’est-à-
dire ne soient pas sorties par les trous des
pots pour aller chercher leur nourriture dans
le sol oû ces pots avaient été enterrés ; 2® La
mise en place doit s’opérer par un temps cou-
vert ou pluvieux ; 3® Un bon paillis doit re-
couvrir le sol.
Nous devons ajouter que ces sortes de plan-
tations en plein été sont toujours risquées, et à
moins de nécessité absolue, le parti le plus
sage est d’attendre l’époque normale des plan-
tations, c’est-à-dire octobre, ou mieux no-
vembie, surtout lorsqu’il n’y a plus que trois
ou quatre mois pour y arriver.
Vous nous demandez à qui vous devez vous
adresser pour avoir une jolie collection, ro-
buste et variée, de Rosiers francs de pied. Nous
n’hésitons pas à donner des adresses toutes
les fois qu’il s’agit de spécialités qu’on ne
trouve que chez tels ou tels horticulteurs, mais
dans le cas présent, vous aurez satisfaction
chez tous les bons pépiniéristes, qui sont au
courant de ces sortes de fournitures. Vous en
indiquer un, ce serait le favoriser au détri-
ment de confrères qui le valent : vous n’avez
qu’à demander leurs catalogues à ceux dont
vous trouvez les noms aux annonces de la
Revue. — (H. D.)
S6V2 (Belfort). — Les plantes que vous
nous avez envoyées appartiennent à une Or-
chidée très-commune, VOrchis maculata, L.,
qui présente, en effet, des fleurs lilas, rosées
et blanches, et varie beaucoup en couleur
dans ses stations naturelles.
M. D. {Alp>es-Maritimes) . — Comme il a
été dit dans l’article, VEugenia Guabiju est en
multiplication. On ne pourra obtenir ce
340
CORRESPONDANCE.
nouvel arbre fruitier des tropiques que l’année
prochaine, probablement en échange d’autres
plantes.
JVo 3025 [Aisne). — L’arbuste dont vous
avez vu faire des haies en Angleterre est le
Prunier myrobolan [Prunus cerasifera) Ehrh.
On peut l’employer avec le même succès en
France, mais de préférence dans les terrains
siliceux.
L. (Paris). — Non, il n’existe pas à Paris
de dépôt des produits insecticides fabriqués par
M. Cari Zimmer, à Mannheim (Allemagne),
d’après les formules de M. Ch. Mohr. Si vous
voulez vous procurer la cuprocalcite, la
benzoline ou la sulfurine, vous devez
vous adresser directement au fabricant
dont nous vous donnons ci-dessus l’adresse,
et qui vous enverra ses prix et condi-
tions de vente. — (H. D.).
iV« 4800 [Seine). — La période pendant
laquelle il est utile de tenir les Pommes Cal-
ville dans des sacs de papier est celle com-
prise entre l’époque où les fruits sont gros
comme des noix (commencement de juillet), et
celle qui précède la récolte de quinze jours ou
trois semaines (fin septembre).
Les sacs de 18 ou 20 centimètres de long
sur 10 à 12 centimètres de large, sont faits en
papier ordinaire, ou papier d’un journal solide.
On les fixe à l’aide d’un fil de plomb. — (G. B.).
A. L. — Vous nous demandez quels soins
il faut donner aux Pélargoniums et aux Gar-
dénias pour bien réussir. Pour répondre com-
plètement à cette question, il nous faudrait
énumérer ici tous les détails de la culture de
ces deux sortes de plantes, depuis l’époque de
leur bouturage jusqu’à celle de leur conserva-
tion à l’état de repos. Et cela peut faire la ma-
tière d’un volume. Aussi, s’il s’agit de Pélar-
goniums zonés et à feuille de Lierre, nous ne
saurions mieux faire que vous conseiller
d’acheter l’ouvrage : Les Géraniums (Pélar-
gonium zonale et inquinans), par H. Dauthe-
nay, en vente à la Librairie agricole, 26, rue
Jacob, au prix de 2 fr. 50. Ce traité pourra
vous servir, d’ailleurs, pour les autres Pélar-
goniums, car la culture en est la même. Pour
les Pélargoniums à grandes fleurs et à ma-
cules, il est important de les tenir, en hiver, le
plus près possible du verre, dans une serre
très-éclairée ; de ne les arroser que très-modé-
rément en hiver, de leur donner le plus d’air
et de lumière possible au printemps, et de
bien fouler la terre des rempotages. On les
arrose copieusement et on les ombre pendant
leur floraison. Lorsqu’elle est terminée, on
rabat les plantes et on les place en plein air,
en plein soleil, jusqu’à l’automne, époque à
laquelle on pourra les remettre en végétation.
Les Gardénias sont faciles à cultiver si l’on a
soin de leur donner un traitement bien en rap-
port avec leurs périodes de végétation et de
repos. Ainsi, lorsqu’on introduit, dans une
serre, des boutures faites et repiquées dans
une bâche à multiplication dont la chaleur de
fond fut de 20 à 24 degrés, il est indispensable
de continuer à leur donner le plus de chaleur
et le plus d’humidité possible, si on veut les
voir pousser vigoureusement et fleurir dans la
même année. Lorsque la période de floraison
est terminée, les plantes entrent en repos.
C’est alors seulement qu’on abaisse graduel-
lement la température de la serre et qu’on
donne de l’air de plus en plus. Lorsque les
Gardénias ont été cultivés en pots, le mieux
est de les transporter dans une serre moins
chaude. Il n’y a aucun avantage, d’ailleurs, à
conserver de vieilles plantes, qui fleurissent
beaucoup moins, et moins facilement, que les
boutures de l’année.
iVo H91 (Oise). — Voici un remède contre
le blanc du rosier que conseille M. Laugier
dans la Revue Mycologique :
l» Dissoudre 50 grammes de polysulfure de
potassium des pharmacies dans 1 litre d’eau ;
2o Etendre, un peu avant l’emploi, 20 centi-
mètres cubes de cette solution dans 1 litre
d’eau ;
3o Appliquer cette nouvelle solution en pul-
vérisation, sur les feuilles du Rosier.
iV» 4608 [Seine- et-Oise). — L’ouvrage de
M. Prillieux : Les maladies des plantes agri-
coles, des arbres fruitiers et forestiers donne
non seulement la description des maladies,
mais aussi les moyens connus de les combattre.
Vous pouvez vous le procurer à la librairie
agricole, 26, rue Jacob. L’ouvrage comprend
2 vol. et coûte 12 francs.
jVo 5545 [Suisse). — La Revue a précisé-
ment donné dans son dernier numéro, à la
liste des récompenses décernées aux arts et
industries horticoles l’adresse que vous deman-
dez. M. Théveny, dont les fruits moulés sont
d’une remarquable exécution demeure rue de la
Mairie, 18, à Antony (Seine).
No 564i [Espagne). — Le Catalogue des
fruits adoptés par le Congrès pomologique
coûte 6 fr., et le supplément au catalogue
coûte 3 fr. 50. Vous pouvez les demander à la
Librairie agricole, 26, rue Jacob, en lui en-
voyant les prix indiqués. — Pour VEugenia
Guabiju, voyez la réponse à M. D. ci-dessus.
Orléans. — lmp. G. Jacob, Paul Pigelet, successeur.
Le Directeur-Gérant : L. Bourguignon.
CHRONIQU.E HORTICOLE.
341
CHRONIQUE HORTICOLE
Mérite agricole. — Les expositions et la presse horticole. — La distribution des prix à l’École
d’horticulture de Villepreux. — École d’arboriculture de Saint-Mandé. — Plantes offertes par le
Muséum. — L’amélioration du Safran cultivé. — Fraise remontante Orégon. — Les huiles d’olives de
Tunisie. — Bulbophylliirn Ericssoni. — Mipiocarpa longipes. — Bouton-couronne et bouton terminal
— Les haies de Citronniers dans le Queensland — Nouveau procédé de préparation de la Vanille. —
Les Fraises à l'Exposition d’horticulture de Bruxelles,. — Nécrologie : M. Marc Luizet.
Mérite agricole- — A l’occasion de
l’inauguration de la statue de Perronnet
qui a eu lieu à Neuilly-sur-Seine, et par
arreté en date du 4 juillet 1897, la décora-
tion du Mérite agricole a été conférée à :
M. Branchard (Jules-Gustave-Alexandre), jar-
dinier-chef à Neuilly-sur-Seine : fonda-
teur et président de l’Association nationale
de prévoyance et de secours des jardiniers
de France ; 38 ans de pratique horticole.
Les Expositions et la Presse horticole.
— Les lecteurs de la Revue horticole
trouveront plus loin, dans le compte rendu
de la distribution des récompenses à la
Société nationale d’horticulture de France,
le discours qu’a prononcé son président,
M. Viger. Ce discours sera certes lu avec
le plus grand plaisir par toutes les personnes
qui n’ont pu l’entendre et qui s’intéressent
aux progrès de l’horticulture.
C’est avec une satisfaction bien naturelle
que nous avons entendu M. Viger parler,
comme il l’a fait, du rôle de la Presse, et
de la Presse horticole en particulier. Nous
sommes surs que les organisateurs des pro-
chaines expositions s’inspireront des idées
qu’a émises à cet égard l’affable et dévoué
président de la Société nationale d’horticul-
ture de France pour permettre à la Presse
horticole de remplir entièrement ce rôle,
dont M. Viger a bien voulu reconnaître
l’importance.
Si les journaux, et surtout les journaux
spéciaux, tiennent à honneur de rendre
compte de toutes les parties de nos exposi-
tions, à en faire ressortir les beautés et à
rendre justice aux mérites des exposants, il
faut tout au moins que les organisateurs
facilitent leur tâche à tous les collabora-
teurs de ces journaux, y compris les dessi-
nateurs et les photographes, en leur lais-
sant le libre accès dans toutes les parties de
l’exposition, à des heures où le public
n’est pas admis, et en leur permettant de
recueillir tous les matériaux nécessaires à
l’accomplissement de leur devoir profes-
sionnel.
La distribution des prix à l’Ecole
d’horticulture de Villepreux. — Le
18 juillet a eu lieu la distribution des prix
aux élèves de l’École professionnelle d’hor-
ticulture Le Nôtre, à Villepreux, sous la
présidence de M. le D'’ Navarre, conseiller
général de la Seine, assisté de M. Guil-
laume, directeur de l’École et de plusieurs
représentants de la préfecture de la Seine
et de l’Assistance publique. Pmpondant aux
souhaits de bienvenue que le directeur de
l’École lui a adressés au nom des élèves,
M. le D'’ Navarre a fait ressortir les bien-
faits de l’enseignement horticole pratique,
sous lequel la théorie reste stérile. M. Na-
varre a ajouté :
Ce n’est pas sans raison que nous avons
placé l’école sous le patronage de Le Nôtre,
l’illustre jardinier. Gomme lui, vous devez
tendre à devenir des artistes dans cette pro-
fession qui est un art et dans laquelle se joint
à la botanique et à la chimie horticole l’en-
tente de l'harmonie de la ligne et de la cou-
leur.
Le président a terminé en félicitant
M. Guillaume de l’activité et du dévouement
qu’il n’a cessé d’apporter à l’organisation
de l’École qui, aujourd’hui, commence à
donner les résultats qu’on en attendait.
Ecole d’arboriculture de Saint-Mandé.
— - L’école municipale et départementale
d’arboriculture d’alignement et d’ornement,
située avenue Daumesnil, 1 his, à Saint-
Mandé, a pour but de donner gratuitement
l’instruction théorique et pratique néces-
saire aux jeunes gens qui désirent devenir
jardiniers des plantations urbaines ou dé-
partementales, des parcs et jardins publics
ou particuliers. Un concours pour l’admis-
sion d^ six places d’apprentis-élèves aura
lieu dans cet établissement le 30 septembre,
à huit heures du matin.
Les candidats devront être français et
habiter Paris ou le département de la Seine ;
ils devront être âgés de 14 ans accomplis à
la date du 30 septembre 1897, présenter les
conditions d’aptitude physique aux travaux
1er Août 1897
15
342
CHRONIQUE HORTICOLE.
horticoles constatées par une visite médi-
cale, et avoir obtenu le certificat d’études
primaires.
L’examen comprend :
1» Une dictée permettant d’apprécier les
candidats au point de vue de l’écriture et de
l’orthographe;
2“ Une composition d’arithmétique sur les
quatre premières règles et le système mé-
trique ;
3» Une manipulation de travaux d’horticul-
ture.
Le régime de l’école est l’externat; les
élèves-apprentis reçoivent gratuitement le
déjeuner et le goûter. La durée des cours
est de trois ans. L’enseignement théorique
et pratique comprend les matières et tra-
vaux ci -après :
li'c ANNÉE. — Leçons théoriques : éléments
de botanique et de physiologie végétale, prin-
cipes élémentaires de culture; géométrie élé-
mentaire; écriture; orthographe.
Leçons pratiques : premiers travaux de cul-
ture; labour; règlement du sol; semis; repi-
quages; reconnaissance de végétaux.
2c ANNÉE. — Leçons théoriques : étude des
lois naturelles de la végétation ; théories des
cultures spéciales; terres, engrais; dessins de
jardins; nivellement; arithmétique; géomé-
trie.
Leçons pratiques: tloriculture ; décoration
des jardins; culture potagère; pépinières,
multiplications diverses ; garnitures d’apparte-
ments.
3® ANNÉE. — Leçons théoriques : lois géné-
rales de l’ornementation des jardins; choix des
végétaux, disposition, groupement; architec-
ture des parcs et jardins; rédaction.
Leçons pratiques : arboriculture d’ornement
et d’alignement; arboriculture fruitière ; bou-
quets et ornementation ; serres; levés de plans,
devis.
Un certificat d’études horticoles est déli-
vré à ceux des élèves qui subissent avec
succès les examens de sortie de l’école d’ar-
boriculture.
Les candidats devront se faire inscrire
au secrétariat de l’école, 74, route de Saint-
Mandé, à Saint-Maurice (Seine), de dix
heures à cinq heures et produire leur acte
de naissance.
Plantes offertes par le Muséum. —
Le Muséum d’histoire naturelle vient de
publier la liste des plantes vivantes (plantes
de serre et d’orangerie, plantes de plein air,
plantes non dénommées) offertes en échange
aux jardins botaniques, pour l’été de 1897.
Les demandes devront parvenir avant
le 5 août, terme de rigueur ; après celte
date, il ne pourra plus y être fait droit.
Les expéditions seront faites par les voies
les plus rapides en port dû.
L’amélioration du Safran cultivé. —
Sous ce titre, la Revue horticole a déjà eu
l’occasion d’enregistrer les remarquables
progrès accomplis par M. Ghappelier dans
l’obtention de pieds du Crocus sativus
X C. græcus, riches en stigmates L On sait
que la multiplication de cet organe est la
source de la production du Safran. Or, une
note de M. Lutz à la Société botanique de
France^ nous apprend que, dans un spé-
cimen présenté par M. Ghappelier, « la pis-
tillodie est poussée au plus extrême degré.
Outre les stigmates normaux, on peut voir
la plupart des étamines surmontées d’un
stigmate ; les diverses pièces du périanthe
ont subi une transformation de même
nature et elles ont pris l’aspect de stigmates
normaux. Enfin, ce qui est le plus curieux,
les écailles qui entourent l’inflorescence,
ainsi que plusieurs feuilles, sont devenues
stigmatifères. »
La stigmatisation des écailles et surtout
celle des feuilles est un phénomène térato-
logique surprenant et du plus haut intérêt.
En outre de l’espoir qu’il est permis de
fonder, pour l’amélioration de la culture du
Safran, sur la reproduction fort possible de
cette monstruosité, il est hors de doute que
son examen ouvre aux botanistes un champ
d’études des plus rares et tout à fait inat-
tendu. En effet si, d’une part, la transfor-
mation des verticilles terminaux du pé-
rianthe en verticilles plus externes est assez
fréquente, les exemples du contraire sont
très-rares. Encore n’ont-ils jamais, jusqu’à
présent, intéressé les parties foliacées du
végétal .
Fraise remontante Orégon. — Gomme
son nom l’indique, la Fraise dont il est
question ici est d’origine américaine. Nous
avons eu l’occasion d’en voir quelques pieds
chez M. L. Paillet, horticulteur à Ghatenay,
et cette variété paraît supérieure à toutes
les variétés remontantes proposées jusqu’à
présent.
La Fraise Louis Gauthier, dont le goût et
la saveur sont d’ailleurs excellents, manque
décoloration. LaFvaise Samt- Joseph donne^
en remontant, des fruits trop petits. Une
' Voir Revue horticole, 1897, p. 99.
2 Bulletin de la Soc, bot. de Franco, mai 1897.
CHRONIQUE HORTICOLE.
forme ou im semis de celle-ci — qui dérive
elle -meme de rancienne vuhicunda — si ce
n’est elle — et que M. Ed. Lefort dénomme
Jeanne d' Arc, n’en diffère guère que
par une végétation un peu plus rigou-
reuse.
La Fraise Orégon, si elle se maintient,
est d’une grande fertilité, remarquable par
la constance du volume de ses fruits ainsi
que par leur qualité. Il est vraisemblalile
que si l’on avait soin de supprimer la pre-
mière floraison — inutile au moment où
donnent toutes les autres Fraises — on
obtiendrait encore de meilleurs résultats.
Les huiles d’olive de Tunisie. — Le
directeur de l’agriculture et du commerce
de la régence de Tunis, M. J. Dybowski,
nous adresse au sujet des huiles d’olive de
Tunisie une note que nous croyons devoir
reproduire, bien qu’elle n’ait pas un carac-
tère spécialement horticole :
Le bruit a couru récemment que des mé-
langes d’huile de coton et d’huile d’olive
étaient pratiqués en Tunisie.
Ces fraudes étant de nature à causer un
grave préjudice au commerce d’exportation en
jetant le discrédit sur l’huile tunisienne, le
gouvernement du protectorat a prescrit aux
contrôleurs civils de prélever deux échantil-
lons sur chacune des expéditions d’huile pour
laquelle un certificat d’origine est demandé.
On sait que ces certificats sont exigés par la
loi du 19 juillet 1890 pour tout envoi d’huile.
L’un de ces échantillons est analysé par le la-
boratoire de chimie de la direction de l’agri-
culture et du commerce à Tunis et l’autre par
le laboratoire d’essais techniques du ministère
de l’agriculture à Marseille. Le certificat d’o-
rigine serait refusé à toute huile dont la pureté
ne serait pas absolue.
Cent quarante-sept échantillons ont été pré-
levés jusqu’ici sur un nombre égal d’expédi-
tions, aucun n’a été reconnu falsifié.
Les résultats concordants de ces analyses
contradictoires sont la meilleure réponse à
faire aux détracteurs de l’industide oléicole de
la régence.
Bulbophyllum Ericssoni. — Le Gar-
deners’ Chronicle a figuré, sous ce nom,
une espèce nouvelle des plus curieuses
et à la fois la plus remarquable et la plus
belle du genre. Elle a été recueillie,
en 1893, dans la Nouvelle-Guinée, par
M. Ericsson, collecteur de MM. Sander
et G*'-', et fut à cette époque décrite dans ce
même journal, d’après des spécimens des-
séchés. La plante vient de fleurir en An-
gleterre, chez le baron de Rothschild, et la
343
I belle figure à laquelle nous faisons allusion
a été faite d’après cet exemplaire.
La hampe porte à son sommet de neuf à
douze grandes fleurs rappelant celles de
certains Masdevallias ; les sépales sont, en
effet, longs de 10 cenü mètres, lancéolés et
rétrécis en queue tordue ; les pétales sont
semblables, mais plus courts ; tous sont à
fond blanc jaunâtre et fortement tachetés
de brun ; le labelle, liien plus court que
les autres divisions, est rouge avec le disque
de consistance spongieuse, très-particu-
lière. Les feuilles sont amples, vert brillant,
insérées au sommet de pseudo-bulbes
allongés et grêles. Il est à souhaiter que
cette curieuse plante se répande rapide-
ment dans les cultures, car elle fera cer-
tainement les délices des Orchidophiles.
Myriocarpa longipes, — Le Gardeners’
Chronicle a publié une belle figure noire
(la première sans doute) de cette rare
et peu connue Urticacée. C’est un ar-
buste mexicain, introduit dans les cultures
en 1887, de serre chaude et ornemental
par l’ampleur et la beauté de son feuil-
lage. Chez la plante figurée — une bou-
ture d’un an — la tige est ample, haute de
plus de 2 mètres et porte supérieurement
une douzaine de pétioles longs de 15 à 20 cen-
timètres et à limbe elliptique, arrondi à la
base et au sommet, de 40 à 50 centimètres
de long et 25 à 30 centimètres de large
dans son plus grand diamètre, poilu et d’un
vert clair à reflets argentés.
Les fleurs sont dioïques, petites, blan-
châtres et insignifiantes au point de vue dé-
coratif, mais cependant curieuses par leur
disposition en longues et nombreuses
grappes filiformes prenant naissance
entre les feuilles et pendant jusqu’à la base
du pot.
Le Myriocarpa longipes est tout particu-
lièrement recommandable pour l’ornemen-
tation des grandes serres chaudes, car il est
facile d’en obtenir rapidement des exem-
plaires majestueux et sa multiplication
s’effectue facilement par boutures.
Bouton-couronne et bouton terminal.
— M. Auguste Nonin est assurément un
chrysanthémiste autorisé. Voici, d’après lui,
comment se distinguent le bouton-couronne
et le bouton terminal.
Le bouton terminal est le dernier que
puisse produire une tige de Chrysanthème.
Son apparition est précédée parcelle, succes-
sive, de plusieurs boutons-couronne. Le
344
CHRONIQUE HORTICOLE.
bouton terminal occupe le centre d’une in-
florescence terminale, et lorsqu’on le ré-
serve seul, à l’exclusion des boutons à fleurs
latéraux, qui font partie du même corymbe,
et que l’on supprime, on pratique Vébou-
tonnage.
Les boutons à fleurs qui apparaissent en
été, pendant le cours de la végétation, et au
fur et à mesure que la plante émet ses ra-
mifications, sont les boutons-couronne. Ils
sont toujours accompagnés de bourgeons à
bois, destinés à prolonger la charpente.
Lorsque l’on veut conserver le bouton -cou-
ronne, on arrête la ramification en prati-
quant V ébourgeonnage^ c’est-à-dire en sup-
primant les bourgeons qui sont autour du
bouton-couronne. On fait ainsi de ce bouton
un bouton « terminal », mais ce n’est pas
le vrai, comme on le voit.
Les boutons qui paraissent avant le
mois d’août sont presque toujours avortés.
Quant à la question de savoir lequel des
deux doit être choisi, du bouton-couronne
ou du bouton terminal, pour obtenir de la
grosse fleur, c’est selon les variétés et aussi
selon l’époque du bouturage. Le prochain
Congrès de la Société française des Ghrysan-
thémistes nous éclairera bientôt sur ce
point.
Les haies de Citronniers dàns le
Queensland. — Dans le Queensland (Aus-
tralie), le mouvement actuel de morcellement
des grandes propriétés nécessite la création
d’un nombre considérable de clôtures.
Aussi déboise-t-on un peu partout sans
souci aucun de l’avenir des forêts. Cet état
de choses a déterminé le « Département de
l’Agriculture » du Queensland à recom-
mander aux colons la constitution de haies
vives au moyen du Citronnier (Citrus me-
dicOy var. Limonium), auquel le climat de
cette contrée est favorable. Sans rien dé-
ranger des clôtures actuelles, il suffirait de
pratiquer, à leurs pieds, des semis en
ligne de pépins de Citronnier, à 45 centi-
mètres environ les uns des autres. Il
paraît, par des exemples de haies existantes
et qui ont été constituées de cette façon,
qu’au bout de quatre ou cinq ans aucun
homme ni animal ne saurait les franchir, et
qu’à la septième année, il faudrait, pour les
traverser, la force d’une « locomotive ».
Nous devons ajouter que nous ne garantis-
sons pas l’exactitude de la chose.
Malgré une période d’insuccès pendant
laquelle des Citrus medica acida péri-
rent e:i masse, dans des sols défavo-
rables, la méthode recommandée par le
gouvernement queenslandais tendrait de
nouveau à s’établir.
Cette indication peut être utile pour la
formation des haies dans quelques parties
de nos côtes méditerranéennes.
Nouveau procédé de préparation de la
Vanille. — Plusieurs revues scientifiques
et commerciales d’Outre-Manche se sont ré-
cemment occupées d’une communication
lue à une séance du Syndicat des Agricul-
teurs de l’Ile de la Réunion. Il s’agit d’un
nouveau procédé pour le traitement de la
gousse de la Vanille. Ce procédé consiste à
sécher la Vanille dans des bocaux herméti-
quement clos dans lesquels on introduit du
chlorite de calcium dans la proportion de
1 kilog. par chaque kilog. de Vanille. La
même substance peut facilement servir à
plusieurs séchages successifs, à la condi-
tion qu’au sortir des bocaux, on la fasse
chaufier dans un récipient de fer ou de
cuivre. Par ce procédé, 2 kil. 980 de Vanille
fraîche suffiraient à donner 1 kilog de
vanille préparée, proportion beaucoup
moindre que le moyen habituel, qui consis-
tait tout simplement à laisser la Vanille
exposée à l’air pendant plusieurs se-
maines.
Les Fraises à l’Exposition d’horticul-
ture de Bruxelles. — Nous avons appris
avec plaisir que M. Millet, horticulteur à
Bourg-la-Reine (Seine), a remporté une
grande médaille d’or avec félicitations du
jury, pour son exposition de Fraises au
dernier concours temporaire de fruits à
l’exposition de Bruxelles.
M. Millet y avait présenté plus de cent va-
riétés de fruits extra, en caisses plates
couvrant, dans leur ensemble, une super-
ficie de vingt mètres carrés.
Nécrologie : M. Marc Luizet. — Nous
avons appris, avec le plus vif regret, la
mort de M. Marc-Antoine Luizet, d’Ecully
(Rhône), décédé le 7 juillet à l’âge de
soixante-dix-sept ans. Arboriculteur-pépi-
niériste, dessinateur de parcs et jardins,
M. Luizet avait parcouru sa carrière avec
une grande distinction ; il était très jus-
tement considéré comme un des représen-
tants les plus distingués de l’horticulture
lyonnaise, et il laissera les souvenirs d’un
homme de grand mérite et de grande
loyauté.
Ed. Anuré.
TILLANDSIA ÜIIANDIS.
L545
TILLANDSIA. GRANDIS*
Fig. 116. — Tillandsia grandis.
Celte belle Broméliacée, mise au com-
merce par la maison Jacob-Makoy, de Liège,
sous le nom Tillandsia macropetala, fut
découverte au Mexique par
Scliiede et Deppe, à la Ha-
cienda de la Laguna ; elle est
très-rare dans les cultures.
L’exemplaire que nous fi-
gurons (fig. 116) et décrivons
aujourd’hui a fleuri au prin-
temps dernier dans la riche
collection de Broméliacées du
docteur Le Bêle, au Mans.
Je crois que M. Duval, horti-
culteur à Versailles, possède
également le T. grandis.
Description : Plante acaule,
vigoureuse, forte, portant une
rosette de nombreuses feuilles
lépidotes ponctuées surtout en
dessous, vertes et brunes, mo-
dérément fermes, longues de
40 à 50 centimètres, larges
de 7 à 8, subarrondies au
comprimés, plus longs que les bractées supé-
rieures et portant des fleurs distiques, sub-
^ dressées, à bractées florifères glabres, obtuses,
non carénées, beaucoup plus
courtes que le calice, à sé-
pales libres et arrondis ; pétales
longs de 7 centimètres, sub-
dressés , d’un blanc vires-
cent, un peu plus courts
que les étamines; style très-
saillant.
La vigueur et la belle tenue
du feuillage et de l’inflores-
cence de cette plante sont ses
meilleures qualités ornemen-
tales. D’autres espèces ont des
panicules ou des épis bril-
lamment colorés de rouge,
de jaune ou d’orangé, des
fleurs violettes, blanches,
jaunes ou lilas; certaines
bractées - mères sont parées
de plus riches couleurs.
Mais il y a place pour d’autres
Plante fleurie au 10® de grandeur naturelle.
sommet, avec une pointe large et réfléchie.
Hampe robuste, dressée, à gaines non em-
brassantes, haute de 30 et plus avec l’in-
florescence paniculée, à articles ou épis
1 Tillandsia grandis, SchlechtenJahl, in Lin-
næa, XVII, 425 ; Baker, Brom., p. 227 ; Mez,
Brom., 700. — T. macropetala, Wawra, in Œs-
terr. III. Garlenz., 1887. — T. Deppeana, Baker,
{non Steud.), Syn. Till., p. 62.
plantes également décoratives par la beauté
simple de leur port. C’est ainsi que le
superbe Tillandsia secunda, H. B. K., que
j’ai trouvé fréquemment en Colombie et
dans l’Écuador dans les régions chaudes
et sèches et dont j’ai introduit des graines
qui ont bien germé, mais dont les pro-
duits ont péri, est peu brillant par ses
couleurs, tandis qu’aucune espèce ne le sur-
346
SUR UNE MALADIE DES ORCHIDÉES.
passe par la fière allure et la régularité de
son feuillage, la disposition symétrique de
ses inflorescences, l’ensemble de sa tenue
noble et majestueuse. Un de mes vifs desi-
derata serait de revoir celte plante en
Europe, vivante et bien cultivée ; elle ral-
lierait tous les suffrages.
Le Tillandsia grandis offre un aspect
un peu analogue. C’est une plante de beau
port. Entre les mains des hybridateurs, ces,
qualités peuvent s’unir aux coloris d’autres
espèces plus riches de ton, et ses grandes
fleurs sont, en la circonstance, un carac-
tère qui peut jouer un rôle heureux dans
les produits futurs de la fécondation artifi-
cielle. Ed. André.
SUR UNE MALADIE DES ORCHIDÉES
J’ai eu l’occasion d’observer, il y a
quelques mois, un certain nombre d’Or-
chidées appartenant aux genres Lxlia et
Cattleya, décimées par une maladie qui a
fait périr un grand nombre d’espèces ou de
variétés de ces genres dans les serres d’un
amateur distingué dont les cultures avaient
été jusqu’à ces derniers temps dans un ex-
cellent état.
J’ai pu constater que le dépérissement
et la mort des Lælia et des Cattleya étaient
en grande partie dus à la présence d’un
Champignon parasite, le Glæosporium
macropus, Sacc., déjà signalé par l’émi-
nent mycologue M. Saccardo, sur les feuilles
de Hoya carnosa, de Citrus Aurantium
dans les jardins de Pavie, et sur les hampes
d’Aloès dans le jardin Hanbury, à la Mor-
tola.
Aspect des plantes malades.
Les parties atteintes sont presque exclu-
sivement les tiges ; elles manifestent les
premiers prodromes de la maladie par une
décoloration des tissus ; la couleur verte
devient peu à peu vert-jaunâtre, puis jaune
et enfin jaune pâle ; en même temps les
tissus perdent leur dureté, deviennent
mous et cèdent sous le doigt; si l’on déchire
à ce moment l’épiderme très-épais qui les
protège, la blessure laisse exsuder sous la
pression un liquide incolore. A cet état, les
feuilles portées par les plantes malades jau-
nissent et tombent, mais on n’observe encore
aucune trace de fructification.
On ne distingue, au milieu des tissus en-
vahis, que le mycélium du parasite, cons-
titué par des tubes assez fins, cloisonnés,
qui cheminent dans les espaces intercellu-
laires et qui, détruisant peu à peu le ci-
ment qui unit les diverses cellules des
tissus, provoque la dissociation de ces der-
niers et amène progressivement la mollesse
des tiges dont nous avons parlé.
Formation
des fructifications.
Quand la maladie est
arrivée à ce degré, les
parties malades peu-
vent être retranchées,
ou bien, après la
chute des feuilles, on
laisse tout ou partie
des liges envahies; à
partir de ce moment
l’évolution du parasite
se produit rapide -
ment, de larges taches
noires apparaissent et
bientôt on voit se
Fig. — 117. — Aspect des tiges malades, avec
les fructifications du Glæosporium.
former çà et là sur l’épiderme de petites
proéminences (fig. 117) qui noircissent et
crèvent bientôt en laissant sortir un bou-
quet de filaments ; ce sont les fructifications
du Glæosporium macropus. Si l’on fait une
section transversale de la tige dans les par-
SUR UNE MALADIE DES ORCHIDÉES.
347
Fig. 118. — Coupe transversale de la tige attaquée par
le Glæosporium ; /, filaments mycéliens provoquant
le décollement de la cuticule c ; ép, épiderme.
lies noircies (fig. 118), on aperçoit les fila-
ments mycéliens, qui sont noirs, intercalés
entre les cellules du parenchyme ; dans les
parties profondes, ils occupent surtout les
espaces intercel-
lulaires situés J
à l’angle des
cellules, puis
dans les assises
superficielles
(épiderme et as-
sise sous-ja-
cente) ; ils se
multiplient en
grand nombre
et déterminent
la séparation
complète des
cellules en s’in-
sinuant entre
elles ; ils déter-
minent aussi le
décollement des
couches cuticu-
laires épaisses
de l’épiderme.
C’est à ce-
moment qu’en
certains points
(fig. 119) les
filaments du
Champignon se
multiplient et
forment un tis-
su compact co-
loré en noir qui
peut se faire
place entre les
cellules épider-
miques et la cu-
ticule , soulève
celle-ci en for-
me d’ampoule
et détermine
l’apparition des
proéminences
qui couvrent les
parties malades;
peu à peu, à
mesure que le
tissu formé par
le Champignon
augmente, l’am-
poule grossit, et finalement la cuticule se
déchire et se replie en dehors tout autour
de la déchirure en laissant apparaître un
bouquet de filaments (fig. 120).
Il suffit alors de dissocier, sous le mi-
ep
croscope, avec des aiguilles, le bouquet de
filaments pour apercevoir ceux-ci (fig. 121,
I et II) dressés à la surface de l’épiderme,
avec.de nombreuses ramifications étroite-
ment appliquées
les unes contre
les autres et ter-
minées chacune
par une spore
allongée, sou-
vent un peu ar-
quée. L’échelle
placée à coté de
la figure 121
montre les di-
mensions très-
faibles des spo-
res : on voit
qu’elles ont 2 à
3 millièmes de
millimètre de
largeur et 12 à
15 millième de
millimètre de
Fig. 119. — Début de la
entre la cuticule c et
êp, épiderme.
formation d’une ampoule a
les cellules épidermiques ;
Fig. 1*20. — Fructifications développées du Glæospoi'iumb ;
c, cuticule.
Germination
' des spores.
Les spores du
Glæosporium
germent facile-
ment dans l’eau
pure (a, figure
122), mais la
germination est
très-lente à 10*^,
car elle ne com-
mence guère
qu’au bout de
vingt-quatre
heures ; à la
température de
20® ordinaire-
ment réalisée
dans les serres,
elle a lieu au
bout de six à
huit heures. On
voit alors une
cloison se for-
mer au milieu
de la spore,
puis à l’une des extrémités libres, soit
très-souvent aux deux extrémités, un léger
rendement se produit et se transforme
bientôt en un tube dont le diamètre est la
moitié ou le tiers de la spore ; ce tube s’al-
348
SUR UNE MALADIE DES ORCHIDÉES.
longe peu à peu comme on le voit en c
(fig. ^22), et se ramifie; c’est par ces fila-
ments que le parasite s’introduit dans les
tissus.
Si la germination des spores a lieu aisé-
ment dans l’eau pure, elle ne se produit
pas quand on ajoute à celle-ci des subs-
tances antiseptiques diverses. J’ai essayé
notamment le sulfate de cuivre et le napbtol (3
en poudre.
Dans une solution de sulfate de cuivre,
les spores ne germent pas tant que la
dilution n’atteint pas 1/lÜOOO, c’est-à-dire
tant que la solution renferme plus de
1 gramme de sulfate de cuivre par 10 li-
Fig. Fil. — Fragment des filaments ou basides 6
poilant les spores 5. — I. développes d^ns l’air
sec ; H. développés dans l’air humide. On voit à
droite de la figure I les divisions indiquant j0
grossissement en millièmes de millimètres (y.).
1res d’eau ; mais si la solution est étendue
au 1/10000, la germination a lieu lente-
ment en donnant lieu à des tubes souvent
courts, irrégulièrement renflés ou contour-
nés (b, fig. 122) et sur lesquels se développent
bientôt des spores secondaires.
Le napbtol /3 en poudre paraît plus actif,
quoique peu soluble (un litre dissout à
peine 1 gramme de cette substance) car la
solution de napbtol /3 empêche absolument
les spores de germer.
Inoculation de la maladie
La plupart des parasites s’introduisent
dans les plantes, soit par les orifices des sto-
mates, soit en pci forant l’épiderme au moyen
des filaments germinatifs issus de la spore
(Rouilles, Péronosporées).
Dans le cas qui nous occupe, ces deux
modes de pénétration sont rendus impos-
sibles, d’une part à cause de l’épaisseur consi-
dérable de la couebe cuticulaire protégeant
l’épiderme de la tige de Lælia et des Cat-
tleya, d’autre part à cause de l’absence des
stomates sur ces mêmes tiges. Les stomates
existent, il est vrai, sur les feuilles, mais je
n’ai ohsevYé\e Glæosporium qu’une fois sur
les feuilles.
Aussi n’ai -je pas réussi à contaminer des
tiges saines en déposant les spores du
Glæosporium dans une goutte d’eau sur la
surface intacte des tiges.
Je n’ai obtenu de résultats très-nets qu’en
déchirant l’épiderme et en mouillant la bles-
Fig. 122. — a, s et c, Spores gerreantdans l’eau ; —
b. Spores germant dans le sulfate de cuivre au
1/10000.
sure ainsi faite avec de l’eau renfermant en
suspension les spores du parasite.
La transmission de la maladie a donc
lieu sur les tiges par des blessures, soit
par celles que l’on fait en dédoublant les
pieds, soit par celles qui résultent de l’arra-
chement des pédoncules fructifères après la
floraison.
Il est important de remarquer que l’ino-
culation ne réussit pas toujours même par
les blessures ; si les échantillons employés
sont languissants, affaiblis par le séjour
dans une serre mal aérée, ou par une nutri-
tion insuffisante, les résultats de l’inocula-
tion sont constants et la maladie fait de ra-
pides progrès.
Si au contraire les plantes inoculées sont
vigoureuses, elles résistent à l’infection et la
blessure se cicatrise avant que le parasite
LA SOI-DISANT CULTURE RETARDÉE.
349
ait eu le temps de s’introduire dans les tis-
sus.
Moyens de remédier à l’envahissement
du parasite.
On a vu plus haut que chacune des petites
pustules qui se développent sur les tiges
mortes renferment un grand nombre de
spores que les arrosages ou les bassinages
dispersent sur les parties saines.
1° Un des premiers soins à prendre con-
siste donc à enlever toutes les parties ou
les plantes malades avec le sphagnum, et à
les brûler au lieu de les jeter au fumier,
comme on le fait trop souvent ;
D’autre part, l’action des sels de cuivre
et du naphtol |3 permet d’employer les solu-
tions de ces substances en pulvérisations
sur les parties saines pour empêcher les
spores de germer. Les sels de cuivre pour-
ront être employés à l’état de bouillie bor-
delaise ou de bouillie bourguignonne ; mais
si l’on craint de salir les plantes on emploiera
simplement une solution de sulfate de
cuivre à 2 % ; le naphtol |3 en poudre pourra
être employé en pulvérisations à 2 % ;
3o Mais on ne doit pas se dissimuler que
les meilleurs moyens de lutter contre les
parasites qui déciment une espèce ou un
genre déterminé consistent, d’une part, à
varier les cultures ou à mélanger les
espèces ; c’est ainsi qu’on évitera, dans le
cas d’infection, de rassembler dans la même
serre un grand nombre d’espèces sem-
blables.
D’autre part, c’est une règle presque tou-
jours vérifiée qu’un organisme bien nourri
résiste mieux aux attaques des parasites
que celui qui est en état de misère physio -
logique. On devra donc s’attacher surtout à
rendre vigoureux les plants de Lælia et de
en les soumettant à une aération
renouvelée et à un régime nutritif conve-
nable. L. Mangin.
LA SOI-DISANT CULTURE RETARDÉE
Qu’est-ce, en culture de fruits sous verre,
que la culture retardée ? Beaucoup de cul-
tivateurs et d’amateurs se sont en effet bien
des fois demandé comment il fallait s’y
prendre pour retarder la Vigne, par exemple.
Voulant serrer cette question de près, je re-
cherchai les ouvrages ou brochures qui la
traitaient, et ne trouvai que quelques ren-
seignements, d’ailleurs intéressants. C’est
ainsi que j’appris que : « La culture re-
tardée n’est pratiquée que depuis une quin-
zaine d’années en Angleterre, et depuis 1888
en Belgique ». — « La culture retardée
consiste, après avoir réuni dans une même
serre des variétés très-tardives, à retarder
autant que faire se peut le départ de la
végétation, en aérant beaucoup et en ar-
rosant peu. Au départ de la végétation,
on cultive comme dans la cidture hâtée,
en aérant cependant davantage. Au mois
de septembre, il faut commencer à sou-
tenir la végétation par la chaleur artificielle
et maintenir une température suffisante
jusqu’à la maturité complète qui arrive en
novembre, décembre ou janvier, suivant le
traitement donné. A partir de ce moment,
aérer quand on le peut, et se contenter
d’une chaleur très-tempérée, variant entre
3 et 8 degrés. Les derniers soins consistent à
protéger la récolte des rayons du soleil par
un badigeonnage sur les carreaux de la
serre; on peut ainsi conserver le Baisin
sur la Vigne jusqu’au mois de mars. »
Ces détails de culture ne m’étonnaient
pas beaucoup. Bs sont connus. Et je pen-
sais, en moi-même, que, pour la chose, les
mots (( culture retardée » étaient des mots
bien gros. Car enfin, il ne s’agissait là que
de variétés très -tardives, assurément de
quatrième saison. Je voyais aussi une con-
tradiction dans ce départ de végétation
que Von retarde, mais cependant que l’on
traite comme dans la culture hâtée, c’est-
à-dire en chauffant, bien qu’on aère davan-
tage. Je trouvais aussi qu’une culture que
Von soutient en sèptembre jmr la chaleur
artificielle et une température suffisante,
est une culture forcée, moins forcée que les
autres, et qu’à cette culture, le mot <ï re-
tardé » n’est peut-être pas approprié.
Bref, j’en étais resté là de mes réflexions,
quand, à la dernière exposition des Tuile-
leries, je pus lire, au-dessus de la vitrine des
Forceries de l’Aisne, une pancarte où il
était écrit : « Baisins à tous les degrés de
développement, depuis avant la floraison
jusqu’à maturité complète. Les grappes en
boutons, en fleurs, et venant d’être cise-
lées, proviennent de Vignes cultivées pour
produire en quatrième saison ; c’est ce
qu’on appelle improprement « culture re-
tardée » ; ce sont les Baisins récoltés en
quatrième saison et conservés au fruitier
ou sur latreille, qui fournissent à la con-
350
NOTE DU JARDIN DE CREST : PLANTES RARES OU NOUVELLES.
sommation pendant Vliiver, en attendant
l’arrivée des premiers Raisins hâtifs de
première saison.
Rencontrant depuis M. Fatzer, directeur
des Forceries de l’Aisne, je lui ai demandé
quelques explications complémentaires,
qu’il m’a données, d’ailleurs, de la meil-
leure grâce du monde. En voici la subs-
tance : On aurait pu appeler cette culture,
culture des Raisins ta7'difs, puisque les
Raisins récoltés en quatrième saison sont
presque tous des variétés demandant une
très-longue période de végétation ; tels sont
les G'ros Colmaii, Alicante, Lady Dow-
nc’s Seedling, Muscat d’ Alexandine, etc.,
que l’on ne force pas habituellement, mais
qui, se consei'vant U'ës-hien en liivei^, se
cultivent en quantités considérables pour
la vente à partir d’octobre jusqu’en avril.
On peut, aussitôt maturité, couper les
grappes et les mettre au fruitier pour les
conserver comme le Chasselas à la Tho-
mery, ou bien les laisser sur la treille
en ayant soin de badigeonner la serre
et d’y maintenir une température le plus
près possible de 3 degrés centigrades. Il n’y
a donc pas de différence entre le Raisin con-
servé sur la treille ou celui conservé au
NOTE DU JARDIN DE CREST ; I
A. Espèces introduites récemment
Knipiiofia. — Ce genre s’est enriclii de
quelques types nouveaux et intéressants qui
méritent d’être signalés. M. Leichtlin a intro-
duit, il y a 2 ou 3 ans, le K. Tysoni (Baker,
Journ. of Bot., 1889, p. 43).
C’est une plante robuste, rustique à Genève,
à feuilles rigides à peine infléchies à l’extré-
mité, longues de Rî20, glauques, triquètres,
scabres sur les angles. La hampe florale,
haute d’environ I mètre, se termine par une
grappe de 25 centimètres. Les fleurs, rougeâ-
tres dans le bouton, sont, au moment de la flo-
raison, d’un jaune soufre à nervures vertes.
Les étamines sont longuement exsertes.
Sans être un des plus brillants parmi ses
congénères, le K. Tysoni, par sa vigueur, le
grand nombre de ses hampes florales et sa flo-
raison précoce (juin-juillet), mérite de tenir
sa place dans les collections. M. Leichtlin a
encore distribué l’automne dernier un autre
Kniphofia sans nom spécifique qui se rap-
proche du précédent mais s’en distingue par
sa taille plus basse, ses feuilles plus cour-
tes, etc.
Le K, iVeïsoni (Masters, Gay^d. Chron., 1892)
appartient à un autre groupe d’espèces.
C’est une plante basse, ne dépassant pas 40
fruitier, les deux ayant mûri à la même
époque.
Les Raisins cités plus haut demandent
une longue période de végétation ; aussi,
pour les avoir à maturité avant l’hiver, il
est mdispensahle de les chauffe^' au prm-
temps, c’est-à-dire de hâter leur mise en
végétation ; on chauffe presque partout le
Colman à partir de fin mars, et les autres
dans la première quinzaine d’avril. Si l’on
n’agissait pas ainsi, on risquerait d’avoir,
en octobre-novembre, des Raisins pas assez
avancés pour être amenés ci matuiùté.
Il y aurait alors des défectuosités dans leur
goût comme dans leur aspect ; les Raisins
noirs ne seraient pas assez colorés et les
blancs resteraient verts ; tous manque-
raient de saveur. Rref, il ne saurait être
question ciue d'en hâter plus ou moins
doucement la végétation, mais non pas de
la « retarder » jamais.
En résumé, pour ce qui concerne, du
moins, les Raisins cultivés sous verre,
l’expression de « culture retardée » ne
nous paraît pas donner une idée exacte des
faits.
H. Dautiienay.
.ANTES RARES OU NOUVELLES
à 50 centimètres, à feuilles linéaires. Les fleurs
écarlates sont longues de 5 à 6 centimètres.
Les étamines sont plus courtes que le tube.
Cette espèce fort jolie est gazonnante et,
contrairement à la plupart de ses congénères,
demande une exposition quelque peu fraîche
et ombragée.
Je signalerai enfin la floraison en plein air
du K. ^ertliæ, grande espèce à tige comme le
K. caulesceyis dont la Revue a parlé plusieurs
fois. Elle est encore plus grande que cette der-
nière, a des feuilles larges de 20 centimètres
et une forte hampe chargée de fleurs qui passent
du jaune au rose. Cette espèce, plus délicate
que bien d’autres, vient de passer deux hivers
en plein air recouverte d’une caisse garnie de
feuilles sèches.
Gilia âgghegata. — Cette plante, qui m’a
été envoyée cette année par M. Sundermann,
de Lindau, n’est point une nouveauté bota-
nique puisque sa description se trouve déjà
dans le Systema Vegetahilium de Sprengel,
mais, à ma connaissance, elle n’a pas encore
été cultivée ; je n’en ai du moins trouvé la
trace dans aucune publication horticole. Elle
mérite cependant d’être signalée aux amateurs.
C’est une plante érigée, de 40 à 50 centimètres
de hauteur; les feuilles laciniées, à lanières
étroites, sont fortement pubescentes en dessus.
UN CURIEUX ET BEL EFFET DÉCORATIF.
351
Les tiges, bien ramifiées, portent des grappes
lâches de fleurs qui se succèdent longtemps.
Les premières se sont épanouies dans un châs-
sis froid le 7 avril et la floraison a continué
sans interruption, La fleur, longue de 2 à3 mil-
limètres, d’un beau rouge minium ponctué de
blanc à la gorge, rappelle en quelque mesure
celle de VIpomopsis elegans (généralement
rattaché aujourd’hui au genre Gilia). La bonne
tenue, la couleur brillante et la floraison de
cette espèce en font une plante très-recomman-
dable pour les parterres.
Le Pentstemon Bridgesii, Asa Gray (Cali-
fornie, Sundermann), est une jolie plante de 40
à 50 centimètres de hauteur, à feuilles glau-
ques allongées rappelant celles du P. azureus.
La tige érigée porte une longue grappe compo-
sée. Les fleurs se succèdent pendant quel-
ques semaines sur les rameaux de la
grappe. Le calice est pubescent glanduleux. La
corolle, longue de 1 à 2 centimètres, d’un
rouge vif, présente à peu près la forme de celle
du P. barbatus {Chelone barbata). La lèvre
supérieure est droite et bifide, l’inférieure a
3 lobes étalés-réfléchis. Les anthères à loges
confluentes s’ouvrent par une fente unique pro-
longée sur la moitié de leur longueur, carac-
tère qui fait rentrer cette espèce dans le sous-
genre Saccanthera de Hooker et Bentham. En
somme, c’est une espèce de mérite dont la
rusticité est encore à étudier.
B. — Hybrides d’origine horticole
Iris Alcmene. — On a essayé, à différentes
reprises, de faire entrer, au moyen de l’hybri-
dation, dans la culture courante, quelques-uns
des superbes Iris du groupe Oncocyclus, si
difficiles à maintenir dans de bonnes condi-
tions, Déjà en 1895, M. le professeur Foster,
de Cambridge, a décrit dans le Gardeners’
Chronicle un hybride remarquable obtenu par
le croisement de VIris paradoxa avec 1’/. Ko-
rolkowi. MM. Dammann, de Naples, ont offert
cette année VIris Alcmene, issu de 1'/. para-
doxa et de 1’/. Swerlii. Le premier est une
petite espèce délicate et difficile à cultiver
(Bot. Mag., t. 7081), mais fort jolie et inté-
ressante. Les lanières intérieures du périgone,
larges et bien élevées, sont d’un lilas clair,
brillant, tandis que les extérieures sont plus
étroites, un peu épaisses, d’un pourpre ve-
louté, de riche nuance et couvertes de poils
bruns. L’/. Swertii est un Pogoniris du
groupe pallida, à fleurs blanches veinées de
pourpre et de lilas. Le croisement de ces deux
espèces a produit une plante beaucoup plus
vigoureuse que 1’/. paradoxa, à feuilles larges,
à spathe foliacée et biflore. La heur a le tube
allongé, les lanières extérieures du périgone
planes, plus larges que chez 1’/. paradoxa,
veloutées, d’un pourpre foncé avec stries plus
claires et poils bruns. Les lanières intérieures,
érigées, sont d’un beau violet clair, striées à
la base. Les lames stigmatiques sont jaunâtres
et violettes au sommet.
La végétation de cette plante se prolonge
beaucoup plus longtemps que celle des Onco-
cyclus et, le 15 juillet, les feuilles étaient
encore bien vertes.
Gazania fivea grandiflora (Lemoine, Cat.,
1897). Cette nouveauté, produit du croisement
de G. splendens, plante bien connue dans les
jardins, avec G. nivea, espèce de l’Afrique aus-
trale, à petites fleurs blanches, mérite d’être
signalée. Ses grandes fleurs, de la taille de
G. splendens, sont d’un blanc pur avec la base
des ligules jaune. Robuste et très-florifère,
elle constitue une plante de bordure remar-
quables.
Lavatera hybride (L. Grestiana, Gard,
Chron., 1897, I. p. 9). J’ai déjà signalé aux
lecteurs de la Revue (1897, p. 6) une Mal-
vacée hybride qui s’est développée spontané-
ment dans mon jardin et qui provient, selon
toute apparence, du croisement de L. trimes-
tris avec L. maritima. Les jeunes plantes éle-
vées de bouture sont maintenant en pleine
floraison. Hautes de 50, d'un bon port,
elles portent depuis déjà trois semaines leurs
grandes fleurs roses qui vont continuer jus-
qu’aux gelées d’automne. Marc Migiieli.
UN CURIEUX ET BEL EFFET DÉCORATIF
On ne saurait trop chercher à augmenter
l’attrait que peuvent présenter les jardins
par la diversité des effets obtenus de l’utili-
sation particulière, variable, que l’on peut
faire de végétaux d’ailleurs bien connus
par leur aspect, leur caractère, leur mode
de végétation.
Nous recommandons l’emploi de végé-
taux dont on doit bien connaître les carac-
tères, parce que cela permet de combiner
plus sûrement un effet décoratif voulu.
Gomme exemple de ce fait, nous recom-
mandons le rapprochement des végétaux
suivants: soit un Erable à feuilles
panachées, de trois à quatre mètres de hau-
teur, assez élégamment formé, se trouvant
détaché sur une pelouse à une distance de
15 à 20 mètres d’une allée, et accompagné
de deux ou trois sous-arbrisseaux formant
touffes basses à quelques mètres de dis-
tance.
A un mètre environ du pied du Negundo,
sur un côté choisi, nous avons planté deux
Clématites à grandes fleurs, l’une apparte-
VAN DA KIMBALLIANA.
352
nant à la variété Jackmani superba dont
on connaît les belles fleurs violet foncé
nuancé pourpre ; l’autre à une variété ana-
logue à celle appelée Madame Édouard
André, à fleurs rouges très-jolies b
Ces deux Clématites, déjà fortes, poussant
vigoureusement, sont dirigées vers la tige
puis sur les branches du Negundo sur les-
quelles elles se fixent librement. Il suffit
d’aider un peu, au début de la végétation, à
la direction des jeunes pousses pour que
leurs rameaux se répartissent assez réguliè-
rement, sans toutefois chercher la symétrie.
Au moment de la floraison des Cléma-
tites, toutes les personnes qui connaissent
la beauté individuelle de ces plantes peuvent
aisément se faire une idée de l’effet produit
par ces fleurs bleues et rouges dans le
feuillage blanc et léger du Negundo pa-
naché.
L’utilisation de plantes sarmenteuses ou
grimpantes au pied d’un Erable Negundo
est relativement facile, car cet arbuste ne
donne pas un couvert épais, et les quelques
soins et arrosages utiles aux Clématites sont
aussi favorables au Negundo.
Dans le cas où des Clématites ne pour-
raient être utilisées, ou pour varier ce
genre d’effet décoratif dont il ne faut pas
abuser toutefois, on peut utiliser certains
Rosiers sarmenteux vigoureux ; les va-
riétés : Madame Sancy de Parahère et Mul-
tiflore de la Grifferaie, par exemple.
A. Chargueraud.
VANDA KIMBALLIANA
Cet admirable genre d’Orchidées asia-
tiques est d’un polymorphisme extraordi-
naire. Les espèces qu’il renferme sont
extrêmement dissemblables, et rien ne dif-
fère plus d’aspect, par exemple, que l’es-
pèce géante qui constitue le Valida Bate-
mani et la jolie petite plante que nous
figurons aujourd’hui.
Depuis 1820 où apparut, dans les cul-
tures, la première fleur du V. Roxburghii,
jusqu’à ces dernières années, le nombre
des beaux Vandas s’est considérablement
accru. Les uns, comme les Vanda suavis,
tricolor, gigantea, Batemani, allient à
une taille élevée la beauté des fleurs, et par-
fois un parfum suave et pénétrant; les
autres, comme le magnifique V. cærulea
aux fleurs bleues, et le V. Sanderiana,
portent de larges périanthes; le V. teres
est aussi remarquable par l’étrangeté que
par la grâce de ses inflorescences roses sur
un feuillage cylindrique. Le V. Amesiana
porte des fleurs blanches teintées de rose ;
elles sont jaunes, tachées de brun rouge
dans le V. Batemani; azurées dans le V,
cærulescens ; jaunes curieusement zébrées
de brun dans le V. Carthecartii ; blanches
dans le V. Denisoniana ; jaunes et canelle
dans le V. gigantea; Idanches et magenta
dans le V. Hookeriana ; mélangées de
jaune, de blanc, de rose dans le V. insi-
gnis et ses variétés ; blanches et lilas dans
le V. Kimballiana ; jaune verdâtre ponc-
tué de rouge, avec labelle blanc dans le
y. Parishii.
* Bevue horticole, 1893, p, 180, pl. color.
Le y. Roxburghii présente des pétales
blancs dehors, jaunâtres et brun dedans
avec un labelle violet pourpre ; le V. San-
deriana est superbe avec ses grandes fleurs
roses parsemées de rouge, de jaune et de
cramoisi. Le Y. suavis joint la suavité de
l’odeur aux fleurs blanches marquées de
rouge avec le labelle rose; enfin le V. tri-
color a de nombreuses formes où le jaune
forme le fond sur lequel le rouge et le jaune
se mêlent de diverses et charmantes ma-
nières.
Lorsque parut la ravissante espèce qui
fut mise au commerce sous le nom de
Vanda Kimballiana, dont notre planche
est un portrait fidèle d’après l’exemplaire
qui m’a fleuri en serre chaude à Lacroix,
les introducteurs, MM. Low, horticulteurs
à Glapton (Angleterre), firent de cette nou-
veauté un grand éloge, qui fut immédia-
tement justifié. La plante fleurit chez eux
pour la première fois à l’automne de 1889
et fut décrite aussitôt dans le Gardeners
Chronicle
Description : Sorte d’intermédiaire entre
les y. teres et V. Amesiana, le V. Kim-
balliana diffère profondément de toutes les
autres espèces du genre. Ses feuilles sont
étroites, d’aspect cylindrique, longues de 20 à
30 centimètres, subulées, étroitement canali-
culées en dessus, disposées distiquement le
long de la tige, serrées en gaine à la base et
assez rapprochées. La grappe, étalée, porte de
5 à 10 fleurs qui mesurent 5 à 7 centimètres
de diamètre; les sépales et les pétales sont
blanc pur, brillant, concolores, les trois
Gardeners Chronicle, 1889, VI, p. 335.
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Hortfcole
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SOCIÉTÉ NATIONALE D’IIORTICULTURE DE FRANCE.
353
premiers étant elliptiques (dont les deux laté-
raux décurves, plus grands que les pétales
ovales onguiculés et dressés) ; le labelle
rhomboïdal est rétréci à la base, obtus, émar-
giné, un peu gaufré au bord, d’un beau
violet clair et pourpré veiné de lignes plus
foncées, avec deux petits lobes latéraux et
basilaires jaunes ponctués de brun; réperon
est rose, long de 2 centimètres environ, étroi-
tement conique.
Pas plus que pour le V. Amesùma, in-
troduit deux ans plus tôt, en 1887, MM.Low
n’ont fait connaître la patrie exacte de cette
plante. On a dit seulement qu’elle était ori-
ginaire de l’Inde.
La culture des Vandas n’offre pas de
réelles difficultés pour l’orchidophile. On
sait que la période de repos et même de
sécheresse est indispensable à certaines
espèces comme le V. ter es. Les pots
remplis de sphagnum et de charbon con-
viennent aux grandes espèces, tandis que
les petites se plaisent mieux en paniers ou
cylindres de liège. Beaucoup de lumière
leur est indispensable. On arrose forte-
ment de mars à octobre, époque de la
grande végétation, et l’on donne de l’air
fréquemment. On diminue ensuite les
arrosements et l’on rempote en mars, au
début de la reprise de la végétation, en
ayant soin de mettre le nouveau compost
sans blesser les racines. La serre chaude
humide ordinaire est la température de-
mandée. Ed. André.
SOCIÉTÉ NATIONALE D’HORTICULTURE DE FRANCE
SÉANCE DU 8 JUILLET 1897
Floriculture.
Bien que cette séance fût une assemblée
générale consacrée à la distribution des récom-
penses, elle n’en était pas moins assez fertile
en présentations. Une série de Pétunias, pré-
sentés en fleurs coupées par la maison Vilmo-
rin attirait surtout les regards. On y voyait,
entre autres, la variété superbissima^ qui pos-
sède des fleurs dont le diamètre témoigne des
progrès accomplis par la culture dans ce genre.
Du même exposant, on notait aussi le Pois de
senteur nain Cupiclon rose , envoyé par le
semeur américain Burpee, et un Bégonia erecta
campanulata .
Un important envoi de Roses, par M. Piron,
à Suisnes, se partageait avec le précédent l’in-
térêt de la journée. On y remarquait surtout
beaucoup de variétés de fond fort bien carac-
térisées : Paul Neyron, Madame Scipion-
Cochet, Catherine Mermet, John Oppert,
Madame Bérard, Capitaine CIwisty, W. Allen
Richardson, Souvenir de la Malmaison, Ma-
man Cochet, La France, Madame Isaac
Pereire, etc.
Un autre apport intéressant était celui de
MM. Dupanloup et Ci®; il consistait en une
collection de Glaïeuls aux tons particulièrement
fauves et en cinq Glaïeuls à fleurs doubles;
bien qu’on ait un peu reproché à ceux-ci leur
aspect « encapuchonné », nous émettrons l’opi-
nion que leur obtention constitue non seule-
ment un fait intéressant, mais qu’il peut être
le point de départ d’une nouvelle race. Il en
est de même pour les Mufliers à fleurs doubles
présentés par M. Le Gouteulx. Ce présentateur
avait aussi une Matricaire Boule d'or, un Bégo-
nia nouveau (B. versaliensis ruhra X B. sem-
per/lorens Vernon), et un Phlox vivace à
feuillage panaché de jaune dénommé Président
Savoye et qui, malgré ses mérites, a été furieu-
sement discuté. Nous nous expliquons mal
qu’en guise d’encouragement on soit quelque-
fois si dur aux apports des petits horticul-
teurs.
Notons, pour mémoire, le Coleus nain Louis
Montfort et le semis de Gloxinia de M. Huré,
ainsi que VAtaccia cristata de M. Sadarnac,
VOpuntia Rafinesquiana de M. Logel, et le
Zinnia hybride du Mexique de MM. Cayeux et
Le Clerc.
Orchidées.
M. Mantin continue à exciter l’intérêt par son
abondante production d’Orchidées hybrides ;
Cattleya Russeliana {C. labiata Warneri X
C. Schilleriana Regnellii), Cattleya olivetensis
{C. Loddigesii superba X C. maæima peru-
viensis), Ejyi-Lælia X bellaerensis (L. au-
tumnalis X Epidendrum ciliare), Cypripe-
dium aurelianum {C. callosum X C.javanico-
superbum), et Stanhopea bellaerensis (S.
insignis X S. oculata). Nous reviendrons sur
les plus importantes de ces obtentions.
M. Dallé présentait un bel exemplaire du
Stauropsis lissochiloides, Vandée découverte
par Gaudichaud en 1820 dans une île de l’ar-
chipel des Moluques, puis retrouvée par Blume
dans.l’île de Bali, près de Java, en 1846. Sa
première floraison date de cette époque, à
laquelle elle fut introduite chez M. Bateman,
qui la dénomma 8. Batemani. Mais l’espèce
avait été précédemment décrite, en 1826, sous
le nom cité plus haut. L’exemplaire présenté
par M. Dallé fleurit pour la première fois,
depuis huit ans qu’il le possédait. Ce présen-
tateur avait apporté aussi un Cattleya Mossiæ
354
LE PIN LARICIO EN CORSE.
eæimia, un C. Mossiæ Schüleriana, un Aerides
quinquevulnerum^ un Cypripedium Curüsii
superbum et un Vanda cærulæa.
Citons encore :
1® De M. Opoix, le Cypripedium M. Scellier
de Gisors {C. Lawrenceanum X C. Bauthieri),
et le Thunia Marshalli {T. Bensoniæ X T.
alba) ;
2° De M. Poirier, jardinier chez M. Gardoso:
un beau Cattleya Gigas Sanderæ et un Catt-
Jeya Scheffieldiana ;
3° De M. Bert : un très-intéressant Cochlioda
Nœtzliana atrorubens, un Cattleya Gigas et
un Cattleya guttata Leopoldi ;
4° De M. Piret : un Cattleya Mendeli de
forme et de couleur parfaites , dénommé
unique ;
5» De M. Thibaut, jardinier chez M. Libreck :
un Dendrobium filiforme et un Promenea
stapelioides.
Arboriculture fruitière.
Une seule présentation, mais combien allé-
chante ! Une grande caisse apportée par
M. Fatzer, directeur des Forceries de l’Aisne,
et contenant des Pêches forcées Lord Napier,
aussi grosses que des Pommes Belle de Pon~
toise, savoureuses, juteuses et parfumées à la
dégustation ; puis de magnifiques grappes de
Raisins Frankenthal et Chasselas de Fontai-
nebleau.
Culture potagère.
De M. Lefièvre, jardinier au château de
Gonches, près Lagny, des hybrides de Melons,
d’un intérêt relatif, ainsi que du Haricot nain
parisien, aux gousses très-longues et consti-
tuant un excellent « filet » pas assez connu.
Puis, de MM. Vilmorin-Andrieux, de jeunes
bourgeons issus des premiers stolons de la
Fraise Saint- Joseph, et en fleur.
H. Dauthenây.
LE PIN LARICIO EN CORSE
Nous avons déjà donné, il y a plusieurs
années \ quelques renseignements géné-
raux sur les stations principales du Pinus
Laricio autour des rivages septentrionaux
de la Méditerranée, puis abordé un thème
spécial, l’étude des Pins de Calabre et la
croissance en France de cette variété.
On sait combien cette croissance est de
longue durée et quel développement pren-
nent les Laricios dans leur pays d’ori-
gine.
Une visite aux forêts de Corse était bien
tentante, des récits anciens nous faisaient
connaître des détails alléchants; la réponse
d’un garde général en Corse aux directeurs
de l’Exposition de 1867 : « Impossible de
vous adresser, comme vous me le deman-
dez, des rondelles du tronc de nos plus
gros Laricios, nos plus longues scies sont
plus courtes que le diamètre de nos très-
gros arbres ! » Puis c’étaient les impres-
sions plus récentes de voyageurs en Corse ;
ceux-ci toutefois, après leurs descriptions
enthousiastes, ne manquaient guère d’ajou-
ter : « Hâtez-vous si vous voulez encore
voir de très-vieux arbres et des forêts à
l’état de nature ! » Une excursion en Corse
fut donc organisée pour le printemps
de 1897. Une bande de bons amis devaient
composer la caravane. Mais ni les grandes
affaires commerciales, ni la direction de
publications comme la Revue horticole et
le Garden ne permettent des loisirs bien
^ Revue horticole, 1889, p. 27*2.
assurés ; M. Édouard André me quittait, à
mi-chemin, en Provence, pour regagner
Paris, non sans regrets peut-être ; mon
frère et M. W. Robinson me prévenaient de
n’avoir pas à compter sur eux. Les excur-
sionnistes, réduits’au nombre de quatre, se
rendaient à Ajaccio sous la conduite d’un
Corse d’adoption, sinon de naissance,
M. Doumet-Adanson, que la mort devait
frapper si soudainement peu de jours
après notre retour en France, et dont
le souvenir se trouve fortuitement fixé
dans la gravure ci -contre, car c’est
notre ami regretté qu’on voit assis au
pied de l’arbre dont j’ai pris la photo-
graphie.
Cette fin si imprévue grave encore plus
profondément dans le cœur de ses compa-
gnons les mille souvenirs récents de l’affa-
bilité et de la cordiale simplicité de cet
homme de bien qui, héritier d’un nom il-
lustre, l’a honoré par son savoir et par son
caractère.
Nous reçûmes à Ajaccio, avec le plus ai-
mable accueil de la part du Conservateur
des forêts, des indications précieuses sur
l’état actuel des forêts de Pin Laricio.
En dehors de renseignements sur l’ex-
ploitation et l’emploi du Laricio, M. Ma-
baret voulut bien nous fixer l’itinéraire qui
nous permettrait de voir les plus beaux
exemplaires accessibles de Laricio pendant
le temps, malheureusement limité, de notre
excursion.
Les renseignements que nous avons
LE PIN LARICIO EN CORSE.
355
reçus sont précieux pour les touristes et
pour les amis des arbres'^. Nous les résu-
mons donc ici.
Les forêts de Corse sont en majorité très-
accessibles aujourd’hui, le service des ponts
et chaussées ayant créé en Corse des
routes merveilleuses, mais ces forêts ont
généralement payé la confection des routes
Fig. 123. — Tronc d’un vieux Pin Laricio dans la forêt de Valdoniello (Corse).
qui les desservent par l’abandon au conces-
sionnaire de l’exploitation du matériel par-
venu à toute maturité ou même caduc ; ou,
s’il n’y a pas eu exploitation directe par le
1 Revue horticole, 1897, page 322 (La Société
des amis des arbres).
concessionnaire, le prix réalisé a fourni les
fonds d’établissement des routes, ce qui
revient à peu près au même résultat.
Dans l’un et l’autre cas, les arbres très-
vieux et très-gros ont été abattus, soit à
cause de leur grande valeur, soit parce qu’ils
356
LE PIN LARICIO EN CORSE.
risquaient de perdre assez rapidement ce
qui leur restait de valeur. C’est là de la
bonne administration, et si le pittoresque y
perd, la viabilité y gagne. Le principe est
juste, mais peut-être gagnerait-il à ad-
mettre quelques tempéraments.
D’autres forêts sont situées dans des val-
lées écartées qui n’ont pu encore recevoir
des voies d’accès perfectionnées. On les
aborde par des chemins muletiers ou des
sentiers de montagne. Les arbres les plus
gros, même caducs, y restent sur pied,
leur extraction ne pouvant se faire écono-
miquement. Des arbres isolés, situés dans
des parties très-rocheuses et peu acces-
sibles à l’écart des forêts aménagées,
peuvent rester inexploités pour les mêmes
causes.
Ces explications traçaient une limite
précise à notre excursion de cette année ;
le corps explorateur, comprenant une per-
sonne déjà avancée en âge et de santé déli-
cate, ne pouvait aborder les chemins mu-
letiers ni les marches en montagne ; les
plus belles forêts à visiter par nous étaient
donc Aitone, Valdoniello, Vezzana, Mar-
mano, Bonifato, les quatre premières si-
tuées dans l’arrondissement de Corte et la
dernière dans celui de Calvi, et toutes tra-
versées par de bonnes routes. C’est la forêt
de Valdoniello avec celle de Marmano qui
peuvent présenter facilement au touriste
les plus beaux arbres dans un cadre des
plus pittoresques. Lavallée d’Asco, presque
seule, pourrait montrer encore aujourd’hui
de vieux arbres inexploités. Nous avons dû
renoncer à cette partie de l’exploitation, mais
elle reste un de nos objectifs pour l’avenir.
Peut-être pourrons-nous parler un jour aux
lecteurs de la Revue horticole de quelque
vénérable géant végétal préservé de la des-
truction par la solitude tutélaire, mais dès
maintenant nous formulons le vœu que, si
la vallée venait à être ouverte par une
bonne route permettant l’exploitation, le
service forestier fît réserver une demi-
douzaine des arbres les plus gros et les
plus pittoresques. Souvent ces arbres ont
perdu beaucoup de leur valeur marchande ;
n’est-ce pas une raison de les conserver
comme une attraction pour les amis des
beautés naturelles?
Les plus beaux spécimens de Pinus Lari-
cio que nous ayons rencontrés ne dépassent
pas 6 mètres de circonférence. Celui que
représentent les deux figures 123 et 124
croît dans la forêt de Valdoniello, à l’altitude
d’environ 1,100 mètres, à mi-chemin entre
la maison forestière de Popaya et le col
conduisant à Aïtone; on peut l’apercevoir
sur la droite, à 100 mètres environ de la
route et un peu en contrebas. Il se divise
en deux têtes, dont l’une est morte et
sèche; toutes deux ont pris la forme ho-
rizontale caractéristique des très-vieux ar-
bres ; la hauteur est de 33 mètres environ ;
à 1 mètre du sol, la circonférence mesure
6 mètres, on pourrait même compter un
peu plus, car une brûlure entame sensi-
blement la base. Il est connu dans le voisi-
nage sous le nom d’El Rey ; ce nom est un
héritage imparfaitement justifié par des
dimensions qui sont belles, sans être vrai-
ment majestueuses.
Il y a sept ou huit ans encore, existaient
au bas de la forêt de Valdoniello, près de
la fontaine de Carolina, à peu de distance
du ruisseau venant d’Albertache et à moins
d’un kilomètre de la maison forestière de
Popaya, deux vieux arbres, El Rey et la
Régina ; tous deux avaient 9 mètres
de tour. En existe-t-il encore de sem-
blables ?
C’est assez fréquemment que nous avons
vu des arbres de 4*" 50 à 5 mètres de tour.
Quelques-uns atteignent plus de 40 mètres,
mais la hauteur moyenne des beaux vieux
arbres est de 35 mètres. C’est dans la forêt
de Marmano, au voisinage du col de Verde,
que se trouvent les arbres à la fois les plus
hauts et les mieux faits, dans de belles
dimensions de 3"^ 50 à 4"‘50 de tour et de
40 mètres de hauteur. Ils sont en massif
pur ou fortement mélangés de Hêtres et de
quelques Sapins.
Le Laricio se rencontre en Corse, sur
les versants des montagnes, avec prédilec-
tion marquée pour l’exposition du nord, à
partir de 900 mètres environ, limite du
Pin maritime, et jusqu’à 1,800 mètres. Il
devient rare à cette altitude, non qu’il n’y
puisse prospérer, car de forts spécimens se
voient à la limite supérieure des forêts,
notamment à Aitone et Bonifato, mais
parce que les hauteurs servent de pâturage
d’été aux troupeaux de moutons et chèvres.
En dehors de cette zone élevée, le réense-
mencement naturel se fait très-facilement;
le grand danger pour la jeune forêt vient
de risques d’incendie pendant les mois
chauds et secs de l’été; les parties plus
âgées de la forêt courent moins de danger,
les troncs étant dégarnis de basses branches
et le sous-bois ayant été généralement
étouffé par le Pin.
On voit alors des massifs aussi fournis
LE PIN LARIGIO EN CORSE.
357
et rég’uliers que dans nos forêts continen-
tales d’Epicéas et de Sapins argentés ; telles
sont certaines parties de la forêt d’Aitone,
l’une des plus régulières comme peuplement.
Mais c’est à la limite supérieure des
forêts que le Pin Laricio est le plus pitto-
resque ; là il est clairsemé, parce que les
conditions d’existence sont plus dures et
Fig. 124. — Le Pin Laricio dans ses forêts natales en Corse,
surtout parce que la dent des troupeaux
entrave la croissance de la plupart des
plants réduits à l’état de Conifères japo-
nais. Luttant contre le vent et la neige,
l’arbre ne se développe pas autant en hau-
teur, le tronc s’élargit, forme quelques
branches puissantes, la flèche s’oblitère, la
cime devient plate et élargie. En présence
de certains Laricios avoisinant le col de
Saint-Pierre, à la limite entre les forêts
358
CHOU CŒUR-DE-BŒUF FRISÉ.
d’Aitone et de Valdoniello, on a peine à se
persuader que l’on n’a pas sous les yeux des
Cèdres de l’Atlas, tels qu’ils croissent sur
les plus hauts sommets algériens. A qui
peut-on dès lors se fier quand le Laricio
se déjuge de la sorte, le Laricio, l’arbre
colonnaire, le type des fûts élancés, des
belles flèches et de la ligne droite ?
Maurice-L. de Vilmorin.
CHOU C(EUR-DE-B(E[]F FRISÉ
On sait qu’il existe deux groupes distincts
de Choux pommés : 1*^ les Choux cahus, ca-
ractérisés par leur feuillage lisse, leurs
pommes blanches, leurs côtes plus ou
moins grosses, et leur goût, plus ou moins
fortement musqué ;
2» Les Choux pommés frisés ou Choux
de Milan, qui se distinguent des premiers
par leur feuillage d’un vert plus ou moins
foncé, plus ou moins cloqué, leurs pommes
blanc-jaunâtre, leurs côtes généralement
plus fines, et un goût moins prononcé et
plus délicat.
Dans la culture ordinaire, les principales
variétés de Choux sont ainsi classées par
ordre de précocité :
A l’examen de ce classement, on remar-
quera :
1“ Qu’à l’exception du Chou nantais
hâtif et du Chou Bacalan hâtif, les mêmes
variétés hâtives peuvent être cultivées d’au-
tomne comme de printemps. Toutefois les
choux d’ York gros et cœur-de-hœuf gros
se prêtent mal au semisde printemps, car ils
deviennent alors souvent trop feuillus. Quant
aux Choux nantais hâtif et Bacalan hâtif,
leur origine bretonne les empêche d’être
suffisamment rustiques pour passer l’hiver
sous le climat de Paris.
C’est, de plus, avec intention que nous
classons le Chou nantais hâtif avant les
Choux d'York gros et cœur-de-hœuf gros.
En effet, semé de bonne heure, sur couche
au printemps, il les dépasse par sa préco-
cité.
2® Que les plus hâtifs des Choux de Milan
ne viennent qu’en même temps que les
derniers Choux cahus hâtifs. On ne peut
pas, pour gagner du temps, semer ces
sortes de Choux en septembre, leur faible
rusticité ne leur permettant pas de pas-
ser l’hiver en
plants ; d’ailleurs,
beaucoup de
pieds seraient su-
jets à monter à
graines au prin-
temps.
Nous ne par-
lons ici, bien en-
tendu, que des
conditions ordi-
naires dans les-
quelles s’effectue
la culture pota-
gère en grand.
Il existait donc
jusqu’ici une la-
cune : on ne pou-
vait offrir à la
consommation
printanière que
des variétés de
Choux caûus, à feuilles lisses, à côtes plus ou
moins grosses et à goût plus ou moins for-
tement musqué. A cette saison, il n’exis-
tait aucun Chou à goût fin pour les palais
délicats.
Or, le problème est aujourd’hui résolu.
MM. Cayeux et Leclerc ont obtenu un Chou
à feuilles cloquées, ayant à la fois la con-
texture des Choux de Milan et la forme,
Classement des Choux par ordre de précocité
CHOUX CABUS
^ Chou Express.
CHOUX DE MILAN
»
1 1
1 — d'York petit hâtif.
»
Cl.
O ^
) — cœur-de-hœuf petit.
»
O
j — très-hâtif d'Étamp es.
))
1 1
' — d'York gros.
»
1 '
^ — cœur-de-hœuf gros.
ï'
c/3 i
' Chou Express.
»
— d’ York petit hâtif.
»
s
1 — cœur-de-hœuf petit.
»
1 — très -hâtif d'Étampes.
»
O ^
j — nantais hâtif.
»
' — d’ York gros.
))
C f
— cœur-de-hœuf gros.
Chou de Milan très -hâtif de Paris.
^ — bacalan hâtif.
— — de la Saint-Jean.
LA. DISTRIBUTION DES RÉCOMPENSES A LA SOCIÉTÉ NATIONALE D’iIORTICULTURE. 359
la végétation et la rusticité d’un Chou
cœur-de-hœuf [Ÿvy. 125). Les obtenteurs le
Fig. — 125. — Chou cæur-de-hœuf frisé.
dénomment Chou cœuv-de-hœuf frisé, et
les visiteurs de l’exposition des Tuileries de
cette année ont pu en admirer de beaux spé-
cimens.
D’après MM. Cayeux et Le Clerc, ce nou-
veau Chou, parfaitement fixé, peut être
semé d’automne comme de printemps.
Dans le premier cas, il serait d’une préco-
cité égale au Chou très-hâtif d'Etampes ;
dans le second cas, assimilé au Chou nan-
tais hâtif pour la culture, il arriverait en
même temps que celui-ci.
S’il en est ainsi, ce sera une excellente
acquisition pour les marchés, et principa-
lement pour celui de Paris.
H. Dauthenay.
LA DISTRIBUTION DES RÉCOMPENSES
A LA SOCIÉTÉ NATIONALE D’HORTICULTURE DE FRANCE
C’est le 8 juillet dernier que la Société natio-
nale d’horticulture de France a procédé à la
distribution des récompenses aux nombreux
lauréats de son exposition de printemps, aux
vieux serviteurs qui lui ont été signalés pour
leurs longs et bons services, ainsi qu’aux hor-
ticulteurs, jardiniers, amateurs et publicistes
horticoles dont les travaux ont été l’objet de
rapports favorables pendant le premier se-
mestre de l’année 1897.
La séance était présidée par M. Vassilière,
directeur de l’agriculture.
M. Viger, président de la Société nationale
d’horticulture de France, a prononcé un dis-
cours fréquemment applaudi ; nous en pu-
blions toute la partie relative à l’horticulture
en général, et aux progrès que la dernière
Exposition a permis de constater.
Messieurs,
« L’orateur, après avoir prononcé un dis-
cours ; le littérateur qui vient de publier un
livre ; le peintre et le sculpteur, au lendemain
du jour où leurs œuvres ont été exposées,
attendent avec impatience le jugement de la
presse.
'( De nos jours, en effet, l’opinion des jour-
naux est comme la sanction de celle du public.
Avoir une bonne presse, signifie que ses juge-
ments ont, dans leur ensemble, été favorables
à l’artiste.
(( Aussi est-ce avec le plus vif plaisir que je
constate l’unanimité des feuilles spéciales et
même des grands journaux pour apprécier
avec éloges notre belle exposition de juin.
Nous avons eu non seulement une bonne
presse, mais nous pouvons le dire avec orgueil,
une excellente presse.
« On dit de cette dernière qu’elle constitue
un autre pouvoir, à côté du législatif et de
l’exécutif ; nous avons donc reçu l’approbation
de tous les pouvoirs. C’est un résultat dont
nos horticulteurs ont le droit d’être fiers et
qui couronne glorieusement leurs laborieux
efforts.
« Edmond About, dans son beau livre sur le
Progrès, cite ce proverbe indien : l’homme
qui plante un arbre, avant de mourir, n’a
point passé inutile sur cette terre. Combien
alors sont méritants nos horticulteurs, eux qui
plantent, font planter, cultivent et apprennent
à cultiver des multitudes d’arbres et d’ar-
bustes.
« L’arboriculteur est un véritable créateur,
car il transforme les plus simples d’entre les
arbres et par une série de sélections ou de
croisements successifs, il nous donne ces
beaux arbres ornementaux destinés à parer
nos pelouses ou les massifs gracieux de nos
parcs paysagers.
« Après avoir modifié le feuillage de l’ar-
buste, l’horticulteur en transforme la fleur et
nous donne le magique spectacle de ces admi-
rables massifs de Rhododendrons aux coloris
si variés, bordés de gracieux Kalmias aux
nuances délicatement rosées qui étaient, pour
employer l’expression habituelle, comme le
clou de l’exposition. Mais l’horticulteur ne se
borne pas à nous réjouir les yeux ; il tient
encore à déployer toute son ingéniosité, à ren-
verser, pour notre utilité ou notre agrément,
l’ordre établi par la nature.
« Plus de latitudes, quand nous voyons
réunis sur le même point ces belles plantes
variées, Palmiers, Pandanées, Gycadées, Bro-
méliacées, où les grandes feuilles ornemen-
tales du Caladium font ressortir les feuillages
si diversement colorés des Grotons, d’où
360 LA DISTRIBUTION DES RÉCOMPENSES A LA SOCIÉTÉ NATIONALE D’HORTICULTURE.
s’élancent de brillantes aigrettes, les spatlies
écarlates de l’Anthurium.
(( Plus de climats, puisque sous les neiges
même on peut se créer l’illusion des tropi-
ques en réunissant dans la serre la flore des
tropiques.
« Plus d’altitudes, car je remarquais parmi
les plantes exposées une jolie Saxifrage, à
laquelle on donne le nom de Reine des
Pyrénées, et qui fleurit sur les sommets de nos
grandes montagnes.
« Je me rappelle, en effet, dans mes péré-
grinations de botaniste amateur, être allé sou-
vent, et non sans danger quelquefois, chercher
des exemplaires de cette jolie plante pour enri-
chir mon herbier et celui d’un ami, tandis qu’il
nous est donné maintenant de la voir entrer
dans la culture courante et de contempler
dans nos jardins sa gracieuse panicule blanche
s’élevant au milieu de nos plates-bandes...
(( L’ensemble de notre belle exposition se
présentait du haut de cette terrasse où l’œil
ravi pouvait contempler les massifs différents,
Gloxinias, Pélargoniums, Géraniums, Bégo-
nias, Galcéolaires, formant par leur assemblage
une palette sur laquelle un peintre inimitable
avait disposé les tons les plus variés comme k s
plus éclatants.
a Ne quittons pas ce merveilleux assemblage
sans parler des massifs de fleurs vivaces et an-
nuelles de pleine terre, dont la disposition
pleine d’art et de variété est justement appré-
ciée et constitue un des titres les plus sérieux
de nos grandes maisons parisiennes.
(( Je dois noter, à ce propos, la réflexion d’un
grand orateur, d’un éminent homme d’État
que je remarquai au lendemain de notre ouver-
ture, très-longuement arrêté devant un de ces
massifs, et qui me disait : Je viens de prendre
une leçon de géographie botanique en exami-
nant ces multiples variétés de plantes, j’en
admire l’arrangement, qui décèle un goût si
sûr ; mais ce qui m’étonne encore plus, c’est
cette puissance d’ingéniosité des horticulteurs
qui rassemble ici ces plantes venant de
contrées si diverses pour en démocratiser la
vente.
« Mesdames, Messieurs, nous venons de
faire une analyse des fleurs exposées ; mais la
science nous apprend que cette analyse ne se-
rait pas complète si nous ne faisions l’opéra-
tion inverse. Or, la synthèse des fleurs, c’est
le bouquet. Ces bouquets, auxquels nos
habiles fleuristes parisiennes savent donner
tant de grâce, font l’objet d’un brillant con-
cours dont nos dames patronnesses, juges si
éclairés quand il s’agit d’apprécier le charme
et l’élégance, nous désignent les lauréats.
Quant à nous. Messieurs, nous nous bornons
à admirer, dans l’indécision où nous sommes
d’attribuer la palme aux fleurs, aux lauréats
ou aux juges
« Un homme d’esprit prétend que c’est le su-
perflu qui est le plus nécessaire. A ce compte-
là, devrions-nous parler de notre exposition
de légumes? Mais il faut sourire du paradoxe
et admirer, comme elle le mérite, notre horti-
culture maraîchère.
« Le maraîcher parisien n’a-t-il pas donné
des leçons aux agriculteurs avant même que la
théorie se fût affirmée dans ses principes
scientifiques? Le maraîcher parisien a montré
ce que peut la culture intensive pour faire
produire au même sol ce qu'en mécanique on
appelle son maximum d’effet utile.
« C’est qu’à un excellent esprit d’observation,
il joint l’amour du travail et l’esprit d’ordre.
« Il aime le progrès, mais il entend rester son
maître, et en fait de réglementation du travail
il demande à ceux qui prêchent la journée de
huit heures, il demande, dis-je, de faire lever
le soleil un peu plus tôt et de prolonger le cré-
puscule plus tard pour lui permettre de tirer
un profit encore plus grand de celte parcelle
de terre qu’il cultive si vaillamment. Et puis,
la culture des potagers n’est pas non plus,
pour l’amateur, une distraction à dédaigner ;
elle a son mérite utilitaire et ses satisfactions
d’amour-propre.
« N’avons -nous pas entendu parler de ce
tyran de l’antiquité qui, déchu de son trône,
se consolait en cultivant son potager ? Il pré-
tendait que la culture de ses salades le conso-
lait de la perte de sa puissance au même titre
que la philosophie du divin Platon, régime qui
gardait à un règne disparu une honorable fidé-
lité. Il oubliait gaiement influence et dignités,
en cultivant des légumes, et son potager, oû
souvent nous échangions des idées sur les
hommes et sur les choses du temps présent,
aurait pu servir de champ d’application au bel
ouvrage de M. Bois, notre distingué secrétaire-
rédacteur : Le potager d'un Curieux.
c( Notre esprit en ce moment est orienté vers
un avenir prochain dont nous désirons ardem-
ment assurer le succès.
(( Nous voulons parler de l’Exposition inter-
nationale de 1900 et de la section d’Horticul-
ture dont nous avons spécialement à nous oc-
cuper.
« L’éminent commissaire général, M. Pi-
cart, et son collaborateur, M. Bouvard, sont
absolument favorables à notre cause. Ils com-
prennent l’importance que présente pour la
réussite de leur grande œuvre le succès de la
partie horticole. Des pourparlers ont été en-
gagés, et nous pouvons vous donner l’assu-
rance que les intérêts de nos exposants ne se-
ront pas négligés... il nous construira un su-
perbe palais horticole et nous avons le ferme
espoir que nos exposants seront dignes de ce
palais.
(( L’horticulture française moissonnera de
nouveaux lauriers dans ce grand tournoi inter-
national — lauriers moins glorieux sans doute
que ceux des combats, mais lauriers qui n’ont
pas été arrosés du sang de nos soldats et qui
ne coûtent point de larmes aux mères !... »
LE PITCH-PIN.
361
Le discours de M. Yiger, fréquemment
applaudi, a été suivi de quelques observations
intéressantes du secrétaire général, M. Abel
Gliatenay, relatives aux progrès que l’horticul-
ture a mis en évidence à la fête de juin der-
nier, et aux prochaines expositions de la So-
ciété nationale.
M. D. Bois, secrétaire-rédacteur, a ensuite
proclamé les récompenses décernées d’après
les rapports des commissions compétentes.
Nous nous bornerons ici à signaler celles ayant
trait à l’obtention de variétés nouvelles et mé-
ritantes, à l’amélioration de procédés de cul-
ture ou de matériel horticole, et à la publica-
tion d’ouvrages jugés recommandables.
1° Obtentions de nouveautés, cultures amélio-
rées, inventions horticoles.
Médailles d'or : M. Albert TrufïiAut, pour les
perfectionnements généraux apportés dans la cul-
ture des plantes de serre tleuries et à feuillage, et
pour la mise au commerce d’un grand nombre de
variétés nouvelles : Adiantum versaliense, Vriesea
Mariæ, V. Alberti^ Nidularium versaliense^ etc.
— MM. Duval et fils, pour les perfectionnements
apportés dans la culture des plantes de serre et à
feuillage, et pour la mise au commerce d’un grand
nombre de variétés nouvelles, principalement en
Broméliacées, Orchidées et Anthuriums. — M. G,
Compoint, pour la création, en grand, de la cul-
ture d’Asperges, de primeurs chauffées en serre. —
M. Calvat. pour ses nombreuses obtentions de
Chrysanthèmes nouveaux à grande fleur, dont
l’ensemble, constituant une nouvelle race, a été
la source d’une impulsion inconnue jusqu’alors
dans celte culture.
Grande médaille de vermeil : M. de Reydellet,
pour l’obtention de Chrysanthèmes nouveaux à
grandes fleurs.
Médailles de vermeil : Yaya ben Kassem, indi-
gène M’zabite qui, après un certain nombre d’expé-
LE Pi;
Sous ce nom et celui de Pitch-Pine Qiàe
Ycllow-Pine (Pin à poix et Pin jaune),
les Américains désignent un arbre de la
nombreuse famille des Conifères (tribu des
Abiétinées), \q Pinus australis, Michx.
Ce Pin, qui a encore pour synonyme le
nom de Pinus loalustris, Mill., habite la
Virginie, la Géorgie, la Caroline et la Flo-
ride où il est très-commun, mais plus parti-
culièrement les dunes voisines de la mer
appelées pour cette raison Landes à Pin
(Pine Barrens). Dans ces contrées et dans
ces conditions, il atteint facilement de 25 à
30 mètres de hauteur sur 60 à 80 centi-
mètres de diamètre ; mais chez nous, sous
le climat parisien, il n’est pas rustique et
demande l’abri durant l’hiver. Toutefois
dans nos départements méridionaux et sur-
riences concluantes, a introduit, dans le nord de
l’Algérie, la culture d’un Dattier très-précoce du
M’zab.
Médaille de vermeil : M. Plançon, pour un nou-
veau système de fabrication de kiosques, ponts et
portiques rustiques.
Grandes médailles d'argent : M. Géry, insti-
tuteur à Jenfosse, pour encouragements à la des-
truction des insectes nuisibles par les enfants des
écoles, et M. Lelarge four une nouvelle caisse à
ossature métallique.
2^ Publications horticoles.
Médaille d'or : M. Power, pour son remarquable
ouvrage sur la Cidture des Pommiers à cidre^ et
sur les meilleurs procédés de fabrication du cidre.
Médaille de vermeil : MM. Cochet-Cochet et S.
Mollet, pour leur ouvrage sur les Rosiers.
Grande médaille d’argent : M. H Dauthenay,
pour son ouvrage sur les « Géraniums » (Pélargo-
nium zonale et inqidnans) .
Médailles d'argent : M. Guillochon, pour son
Calendrier mensuel du cultivateur d’Orchidées.
— M. A. Maumené, pour son ouvrage sur laMosaï-
culture pratique. — M. J. Rudolph, pour son ou-
vrage sur les Calcéolaires, Cinéraires., etc. —
M. L. Henry, pour son Agenda horticole.
Le prix Joubert de l’Hyberderie a été fractionné
entre M. Chargueraud, pour son livre sur les
Plantations d'alignement; M. G. Truffaut, pour
son livre Sols., terres et composts, et M. L. Duval,
pour ses divers ouvrages sur les Orchidées, Aza-
lées et Broméliacées.
M. Chouvet, secrétaire, a ensuite donné lec-
ture du palmarès de l’Exposition d’horticulture
du printemps 1897, et la séance s’est terminée
pa)‘ la distribution des médaillles. Ajoutons
que des intermèdes musicaux ont donné à cette
fête un attrait particulier.
H. Dauthenay.
:h-pin
tout dans ceux du Sud-Ouest, non loin du
voisinage de la mer où la température est
plus égale, on parviendrait à l’y naturaliser
bien qu’on l’y rencontre rarement à l’état
de forts spécimens dans les propriétés
privées.
Dans tous les cas, c’est un arbre plutôt
curieux que svelte et plantureux comme la
plupart de ses congénères. Son tronc et ses
branches sont en effet le plus souvent dé-
nudés, et ses feuilles, gracieusement re-
tombantes, douces, longues de 20 à 30 cen-
timètres, sont réunies par 3 à la gaine.
Dans son pays d’origine, celles-ci sont em-
ployées à l’instar des ramilles du Bouleau
chez nous, ce qui lui a valu aussi le nom de
Pin à balai. Ses cônes, longs de 15 à
20 centimètres et larges de 6 à 7 centimè-
362 PLANTES NOUVELLES OU PEU CONNUES DÉCRITES DANS LES PUBLICATIONS ÉTRANGÈRES.
très à la base, sont souvent légèrement
courbés et ressemblent assez à ceux du
Pin maritime. Ses graines, recouvertes
d’une coque mince et grisâtre, sont munies
d’une aile cartilagineuse longue de 35 à
40 millimètres et large de 8 à 10 mil-
limètres, d’un beau brun luisant tout à
fait caractéristique.
Bien que ce Pin soit qualifié de palus-
tris, c’est-à-dire des marais, il se plaît
surtout et prospère dans un sol siliceux un
peu frais. D’une très-grande utilité dans
son pays d’origine, où il est surtout re-
cherché et exploité en ébénisterie sous le
nom de Pitch-Pin pour les qualités pré-
cieuses de son bois, il fournit aussi, sous le
nom de Térébenthine de Bostomx, ner ésine
de qualité supérieure.
Introduit en Europe depuis 1730, le
Pinus australis, même dans les régions
où il ne gèle pas, ne présente aucun avan-
tage sérieux chez nous, au point de vue
ornemental ou industriel. Il est présumable
que dans le commerce des bois, ce que l’on
qualifie vulgairement sous le nom de
Pitch-Pin est le produit, non pas exclusif
de l’arbre qui fait l’objet de cette étude,
mais d’autres Pins rustiques et vigoureux
et peut-être plus particulièrement d’une
espèce du même groupe, c’est-à-dire de la
section des Tæda, le Pinus rigida, de
l’Amérique septentrionale.
On peut assez facilement se procurer des
graines du Pitch-Pin chez nos principaux
marchands-grainiers de Paris, mais en
raison de la rareté de cette semence, elle
atteint toujours un prix relativement élevé.
Gomme pour la plupart des Conifères déli-
cats, le semis doit se faire en terrines,
sous châssis, sur couche tiède, en terre de
bruyère sableuse maintenue fraîche par un
léger paillis de mousse triturée. Les graines
germent habituellement au bout de peu de
temps, et les jeunes plants se repiquent sé-
parément en petits godets de 6 à 7 centi-
mètres dès qu’ils sont jugés assez forts.
Ch. Grosdemange.
REVUE DES PLANTES NOUVELLES OU PEU CONNUES
FIGURÉES OU DÉCRITES DANS LES PUBLICATIONS HORTICOLES ÉTRANGÈRES
PENDANT LE PREMIER SEMESTRE DE L’aNNÉE 1897
EXPLICATION DES ABRÉVIATIONS.
B. M. {Botanical Magazine).
G. C. (The Gardeners Chronicle).
Garlenfl. (Garten/lora).
Gard, and For. [Garden and Forest).
Lind. (Lindenia).
Rev. hort. helg. (Revue de l'horliculiure belge).
The Gard. (The Garden).
Abutilon vitifolium, Presl. (Malvacées), The
Gard., 1897, p. 331, t. 1117. — Chili. Bel
arbuste réintroduit depuis quelques années.
Il peut s’élever à lü ou 15 pieds de hauteur
et porte, en mai et juin, des fascicules axil-
laires de fleurs de 6 centimètres de diamètre,
d’une agréable teinte bleu pâle.
Æschynanthus speciosus, Hook. ^Gesnériacées .
— Java. The Gard., 1897, p. 188, pl. color.
1 109.
Agave attenuata, Salm Dyck (Arnaryllidées),
Gard. and. For., 1897, p. 95, tig. 12; Revue
horticole, 1875, lig. 31 et 32. — Mexique.
Belle espèce introduite dans les cultures vers
1834.
— HaseloffiijJacobi (Arnaryllidées) B. M., tab.
7527. — Mexique. Cet Agave appartient à 1a
section Aloideæ Les feuilles, au nombre de
30 à 40, sont en rosette dense; hampe de
1 mètre de longueur. Fleurs en épi dense, à
périanthe campanulé. Limbe d’un brun ver-
dâtre.
— kewensis, Jacobi (Arnaryllidées), B. M., tab.
7532. — Mexique. Cet Agave appartient au
groupe des Agaves à feuilles relativement char-
nues, moins rustiques et plus rares dans les
cultures que les A. americana, rigida, etc. Les
feuilles sont au nombre de 30 à 40, en rosette
lâclie, de 1 mètre à l'^»30 de longueur. Hampe
de 3 mètres de longueur, portant une panicule
de fleurs nombreuses, à périanthe jaunâtre.
Aristolochia clypeata, Ed. André (.\ristolochia-
cées), B. M., tab. 7512. — Nouvelle-Grenade.
Plante grimpante à tige ligneuse profondément
cannelée. Feuilles orbiculaires, de 9 à 12 centi-
mètres de diamètre. Fleurs pendantes dont la
grandeur approche celles de l’A. gigantea et de
VA . Gigas. Tube du périanthe court, infundibuli-
forme, pourpre noir, se dilatant en un limbe cir-
culaire de 18 à 30 centimètresde diamètre, jaune
pâle, avec d’innombrables taches irrégulières
pourpre foncé. L'A. clypeata est assez voisin
de l’A . Duchartrd.
Asphodeline taurica, Kunth (Liliacées), G. G.,
1897, p. 174, fig. noire 52. — Asie Mineure.
Belle espèce alpine nouvellement introduite.
Tiges robustes ; à feuilles linéaires. Fleurs
blanches, munies d’une bractée blanche et dis-
posées en longues grappes, denses et cylin-
driques.
Aster junceus, Ait. (Composées), Ga'^d. and
For., 1897, p. 61, fig. noire 9. — États-Unis.
Plante à tiges grêles, à feuilles linéaires, se
rapprochant assez de FA. longifolius. Rayons
du disque variant du blanc au rose, au cramoisi,
et au bleu-violet.
Aster tardiflorus, L. (Composées), Gard, and
PLANTES NOUVELLES OU PEU CONNUES DÉCRITES DANS LES PUBLICATIONS ÉTRANGÈRES. 363
Fo)\, 1897, p. 14, fig. noire 4. — États-Unis.
Aster peu commun, dont les formes nombreuses
ont clé décrites sous les noms de A. patulus,
longifolins, puniceus, Lindleyanus, etc.
Berkheya Adlami, Hook. f. (Composées), B. M.,
tab. 7514. — Transvaal. Herbe de 2 mètres de
hauteur, à tige ailée, spinescente. Feuilles
radicales, très-larges, à dents épineuses, blan-
ches en dessous. Feuilles caulinaires tachées
de brun en dessus. Capitules de 10 centimètres
environ de diamètre. Rayons nombreux, jaune
piirnevère, de 3 centimètres de long. Fleurs
du disque très-nombreuses formant une masse
convexe jaune d’or.
Bignonia buccinatoria, Mairct (Bignoniacées), B.
M., tab, 7516, — Montagnes du Mexique cen-
tral. Liane ligneuse à feuilles bifoliolées, d’intro-
duction ancienne. Les fleurs sont pendantes, en
grappes terminales. Corolle de 12 centimètres
de longueur, un peu pubescente, à tube court,
jaune pâle, qui se termine en une sorte de
trompette d’un beau rouge sang.
Calceolaria alba, Ruiz, et Pav, (Scrophularinées),
The Gard., 1897, p. 60, pl. color. — Chili. Joli
sous-arbrisseau de 60 centimètres de haut, à
fleurs blanches, globuleuses. C’est l’une des
plus gracieuses espèces parmi celles à petites
fleurs ; elle fait de charmantes potées. Im-
porté en 1844, le C. alba a été réintroduit ré-
cemment par M. Max Leichtlin.
Calpurnia aurea, Baker (Légumineuses), The
Gard., 1897. p. 280, pl. color. 1114. — Natal.
Gracieux petit arbre de 3 mètres de hauteur;
il offre une ressemblance superficielle avec le
Cylisus Laburnum. Décrit autrefois sous le
nom de Virgilia intriisa, il a été introduit par
les jardins de Kew. Cet arbuste ferait un bel
ornement des serres tempérées, par son feuil-
lage demi persistant et ses grappes longues
de 18 centimètres, bien fournies de fleurs jaune
d’or. Floraison de septembre à mai.
Catasetumx splendens, Cogn. var. rubiginosum,
L. Lind. ^.Orchidées). Lind., tab. 555.
Gattleya Grossii, Krzl. (Orchidées) Gartenfl. 1897,
tab. 1436, — Peut-être un hybride entre le C.
bicolor fécondé par le G. guttata.
— labiata, Lindl. varietates (Orchidées), Lind.,
tab. 550-551 :
lo Ardens; 4° Lucienne;
2« moortebeekiensis ; 5o Melusine;
3» albo-marginata ; 6° flamboyante.
— labiata, Lindl. var. superba, L. Lind. (Orchi-
dées), Lind. , tab. 560.
— X Le Czar, L. Lind. (Orchidées), Lind., tab.
554. Hybride naturel que l’on croit issu du
C. labiata et du C. granulosa.
— maxima, Lindl., var. virginalis, L. Lind. (Or-
chidées^ ; Lind., tab. 558.
— Trianæi, Lind., var. deliciosa, L. Lind. (Or-
chidées) ; Lind., tab. 564.
— Trianæi, Lind., var. exornata, Lind. (Orchi-
dées); Lind. tab. 556.
Chironia floribunda, Paxt. (Gentianées). Bev.
hort. belg., 1897, p. 3, pl. color. — Cap de
Bonne-Espérance. Bonne plante ancienne, très-
décorative, introduite en 1843 par Paxton. C’est
un arbuste de serre froide qu’il serait bon de
remettre en vogue ; il forme une jolie touffe de
50 centimètres de hauteur couverte d’abon-
dantes fleurs roses, de juin à octobre.
Cleisostoma Zollingerianiim, Krzl. (Orchidées) G.
C., 1897, p. 70. — Curieuse espèce cultivée
surtout dans les jardins botaniques; elle a le
port d’un Vanda. L’épi est court, avec une seule
fleur de 2 à 5 centimètres de diamètre. Sépales
et pétales d’un beau jaune, rayés de mauve
pourpre.
Gochlioda miniata, L. Lind. (Orchidées), Lind.
tab. 562. — Hybride naturel entre C. Nœtzlia-
na et C. vulcanica.
Gœlogyne Massangeana, Rchb. F. (Orchidées),
{Lind., tab. 548. — Patrie inconnue. Fleurs de
5 à 7 1/2 centimètres de diamètre. Fleurs en
grappe grêle et pendante, de couleur jaune
brunâtre clair, à labelle grisâtre. Cette plante
doit être cultivée en panier suspendu ; elle ré-
clame beaucoup de chaleur et d’humidité atmos-
phérique.
Gonandron ramondioides, Sieb. et Zucc. (Ges-
nériacées), The Gard., 1897, p. 6, pl. color. —
Japon. Jolie plante herbacée de serre froide,
rustique dans le sud de l’Angleterre. Introduite
en 1879, elle a été considérée jusqu’ici seule-
ment au point de vue botanique. Port tout à
fait semblable à celui des Ramondia et des
Streptocarpus, cette plante relie les Gesnéria-
cées aux Scrophularinées. Avec ses abondantes
fleurs roses, elle mériterait l’introduction dans
les jardins.
Gornus asperifolia, Michx, (Cornées), Gard, and
For., 1897, p. 104, fig. 13. — États-Unis. Beau
Cornouiller peu répandu dans les jardins; il
s’élève à une hauteur de 3 à 5 mètres.
Grinum Laurent!, Durand et de Wild (Amarylli-
dées). Rev. hort. belg ,1897, p. 97, pl. color. —
Congo. Belle acquisition pour les amateurs de
plantes bulbeuses. Hampe florale d’environ
30 centimètres de hauteur. Fleurs blanches, au
nombre de 2-4, en ombelle. Périanthe étalé, à
face externe verdâtre. Tube verdâtre de 14 cen-
timètres de longueur. Ce nouveau Grinum
constituerait un sous-genre intermédiaire entre
Platyaster et Codocrinum. Serre tempérée.
Grinum Moorei roseum, Hort., Rev. hort. belg.,
1897, p. 61, pl. color.
Groton Eluteria, L. (Euphorbiacées). R. M., tab.
7515. — Iles Bahamas. Petit arbuste à bran-
ches grêles, à fleurs monoïques, dont l’écorce
fournit la Cascarille du commerce.
Gycnoches chlorochilon, Lindl. (Orchidées). The
Gard., 1897, p. 172, pl color. 1108. — Deme-
rara. Magnifique plante introduite en 1838 et
qui n’a jamais été très-répandue dans les cul-
tures.
Cynoglossum nervosum, Benth. (Borraginées).
B. M., tab. 7513. — Himalaya. Beau Gxjno-
glossum des régions tempérées et subalpines.
C’est une herbe dressée, atteignant 1 mètre de
hauteur, rameuse, plus ou moins pubescente.
Grappes nombreuses de 9 à 18 centimètres de
longueur, à fleurs nombreuses, lâches. Corolle
à tube carnpanulé ; limbe de 1 centimètre et
demi de diamètre, d’un bleu cobalt intense.
Gypripedium insigne, Wall., varietates novæ.
(Orchidées) Lind., tab. 563. funcuni', pic-
turatum ; 3° immaculatum.
— Lawrenceanum, Rchb., F., var. viridis, L.
Lind. (Orchidées), Lind., tab. 546.
364 PLANTES NOUVELLES OU PEU CONNUES DÉCRITES DANS LES PUBLICATIONS ÉTRANGÈRES.
— X Massaianum,Weathers (Orchidées), Lind.,
tib. 549.
— triiimphans Sallieri Hyeanum x Œnanthum
superbum (Orchidées), G. C., 1897, p. 134.
— Victoriæ Mariæ, Hort. (Orchidées), Lind.,
tab. 559.
Cyrtanthus X Marian, G. G., 1897, p. 149 (Ama-
ryllidées). — Bel hybride issu du C. lutescens
fécondé par le C. Tucki.
Dendrobium Johnsoniæ, F. Muell. (Orchidées),
The Gard, 1897, p. 262, pl. color. 1113. —
Nouvelle-Guinée. Un des plus beaux Dendro-
bium cultivés. Les fleurs ont un diamètre de
plus de 12 centimètres. Les pétales, les sé-
pales et le labelle sont d’un blanc pur, avec
quelques taches pourpre-magenta sur le côté
intérieur. Celte plante, réintroduite en 1889,
demande beaucoup de chaleur, d’humidité et
de lumière.
— Phalænopsis, Fitzg., var. Schrœderianum
(Orchidées), Rev. hort. belg., 1897, p. 85, pl
color., forme géographique de l’espèce type.
— sarmentosum, Rolfe (Orchidées), B. M.,
tab. 7525. — Burma. Plante à tiges grêles,
sarmenteuses. Fleurs blanches, à odeur de
Violette, de 3 centimètres environ de diamètre.
Lobe médian du labelle jaune d'or ; lobes la-
téraux striés de rouge.
Didymocarpus malayanus, Hook. f., (Gesneiia-
cées), B. M., tab. 7526. — Penang ? Belle
plante acaule, à feuilles radicales ovales.
Hampe portant au sommet 3 ou 4 fleurs à co-
rolle infundibuliforme-campanulée, à tube
jaune-paille, renflé à la gorge et pubescent.
Limbe étalé, jaune d’or, de 3 centimètres de
diamètre.
Dimorphotheca Eckloni, D.C. (Composées).
B. M., tab. 7535. — Sud de l’Afrique. Plante
suft'rutescente, dressée, robuste, rameuse,
appartenant à la section Osteospermopsis. Le
capitule, longuement pédonculé, a 9centimètres
de diamètre. Les rayons, au nombre de 16 en-
viron, sont blancs en dessus, d’un bleu-violet
strié en dessous, et largement bordés de blanc.
Disque petit, à fleurons de couleur azur. Flo-
raison en juillet.
Dipladenia Sanderi, Hemsl. (Apocynées). The
Gard, 1897, p. 226, pl. color. 1111. — Brésil.
Belle espèce nouvelle à fleurs très-grandes,
d’un beau rose, avec une remarquable tache
jaune à la gorge de la corolle.
Dracæna Godseffiana, The Gard., 1897, p. 298,
pl. color. 1115. — Lagos (Guinée). Petit arbris-
seau, d’un mètre de hauteur ou plus, à feuilles
d’un vert luisant, parsemées de taches blanches.
Fleurs verdâtres. Fruits rouges, bacciformes,
assez gros. Cette plante ressemble fort peu
.aux Dracæna vulgaires qui sont, pour la plu-
part, des Cordyline.
Epidendrum porphyræum, Liudley (Orchidées),
G. C., 1897, p. 230, — Colombie et Ecuador.
Belle espèce qui offre une grande ressemblance
avec VE. paniculatum, mais ses fleurs sont plus
grandes et différentes comme couleur. Panicule
touffue, très-florifère. Sépales d’un beau rouge ;
pétales de même couleur ; labelle trilobé, d’un
rose tendre ou d’une jolie nuance orangée.
Culture de V Odontoylossum cirrosum.
Eranthemum nervosum, R. B. {Dædalacanlhus
nervosüs T. Anders.) The Gard., 1897, p. 352,
pl. color. 1118 (Acanthacées). — Monts Hima-
laya. Arbuste touffu trop peu cultivé. Il forme
un des plus beaux ornements des serres avec
ses épis de fleurs d’un bleu superbe, qui s’ou-
vrent au milieu de l’hiver et durent longtemps.
Il a été aussi appelé Justicia et Ruellia.
L’appellation correcte est Dædalacanlhus ner-
vosus.
Erythronium Johnsoni, The Gard., 1897, p. 136,
pl. color. — Jolie espèce d’introduction récente,
à floraison printanière.
Eulophiella Peetersiana (n. sp.) Krzl. i^Orchi-
dées), G. C., 1897, p. 182, — Nouveauté de
premiér ordre. Bulbe énorme (28 centimètres).
La tige florifère atteint 1 mètre de longueur;
elle forme une grappe de 20 à 25 fleurs splen-
dides de 7 centimètres de diamètre, d’un rouge
pourpre. Labelle avec une grande tache jaune
d’or au milieu.
Galanthus cilicicus, Baker, G. C., 1897, p. 214
(Amaryllidées). — Monts Taurus. Ce nouveau
Perce-Neige diffère du G. Fosteri, de l’Asie
Mineure, surtout par l’absence d’une large tache
verte située sur le dos des segments intérieurs
du périanthe.
Gentiana tibetica, King (Gentianées), D. M., tab.
7528. — Himalaya. Espèce de grande taille,
assez voisine du G. rchusta ; elle habite à une
hauteur de 11,000 pieds environ. Tige forte, de
54 centimètres de hauteur et plus. Fleurs en
fascicules à l’aisselle des feuilles réunies au
sommet de la tige. Lobes de la corolle d’un
jaune sale, avec nombreux points noirs.
Gomphocarpus setosus, Br. (Asclépiadées),
B. M., tab. 7536. — Sud de l’Arabie. Plante
assez voisine du genre Asclepias et d’un in-
térêt plutôt botanique qu’horticole.
Gongora tricolor, Reichb. f. (Orchidées), B. M.,
tab. 7530. — Costa Rica. Le G. tricolor est
allié aux G. quinquenervis,maculata, fulca,eic.
Les pseudobulbes sont ovoïdes, à 6 côtes. La
grappe est pendante, longuement pédonculée ;
le rachis et les pédoncules des fleurs étant d’un
rouge sombre. Fleurs de forme très-irrégu-
lière, ayant environ 6 centimètres de longueur.
Les sépales latéraux sont d’un rouge pourpre
sombre et réfléchis. Labelle jaune d’or.
Grevillea Hilliana, F. Muell. (Protéacées), B. M.,
tab. 7524. — Australie orientale. Arbre à ra-
meaux légèrement tomenteux, à feuilles argen-
tées à la face inférieure. Fleurs petites, en
grappes spiciforines, denses, cylindriques, de
18 à 24 centimètres de longueur. Serre tem-
pérée. D. Bois et G. Gibault.
Orléans. — lmp. G. Jacob, Paul Pigelet, successeur.
Le Directeur-Gérant / L. Bourguignon.
chroniquæ: horticole.
365
CHRONIQUE HORTICOLE
Légion d'honneur. — _^Société pomologique de France à Rennes. — Concours et congrès pomologiques
de Nantes. — École nationale d’horticulture de Versailles. — Excursion en Belgique des élèves de
l’école de Villepreux. — Un bosquet de Thuya. — Le pincement des Ahies. — La Fraise Orégon. —
Première floraison de deux Palmiers dans le Midi. — Epicattleya x matutina. — Polygonum
Baldschuanicum.— Œilletonnage du Centaurea candidissima. — Ponr obtenir des boutures d’Anthémis.
— Un Rosier blanc rustique. — Chrysanthèmes singuliers. — Nouveau Dahlia-Cactus C/mr/ofle Dcegeu.
— Nouveaux Posa polyantha. — Valeur thérapeutique de quelques plantes potagères. — Fin tragique
d’un Abricotier géant. — La sécheresse en Australie. — Nécrologie : Docteur Sachs., M. J. -B. Gibson.
Légion d’honneur. — Parmi les promo-
tions et nominations dans l’ordre de la Lé-
gion d’honneur faites à l’occasion dul4 juil-
let, nous relevons les suivantes qui inté-
ressent l’horticulture :
Grade de chevalier
MM.
Ghatenay (Louis-Abel), horticulteur-pépinié-
riste à Vitry (Seine). Secrétaire général de
la Société nationale d’horticulture de France
et de l’Union commerciale des horticulteurs
grainiers de France. Délégué du gouverne-
ment français à diverses expositions interna-
tionales. Travaux importants sur l’horticul-
ture et l’arboriculture fruitière. Nombreuses
récompenses ; 28 ans de pratique horticole.
Grosjean (Henri), inspecteur général de l’en-
seignement agricole ; 16 ans de services.
Titres exceptionnels : missions agricoles en
Europe et aux Etats-Unis. Travaux impor-
tants et publications sur l’enseignement agri-
cole en France et à l’étranger.
Société pomologique de France à
Rennes. — A l’occasion du Congrès que
tiendra à Rennes, du 30 septembre au
2 octobre 1897, la Société pomologique de
France (siège de la Société, à Lyon, place
Sathonay, 3), la Société centrale d’horticul-
ture d’Ille-et-Vilaine organisera une Expo-
sition générale des fruits de table de sai-
son (à l’exclusion des fruits à cidre), à la-
laquelle sont invités les horticulteurs mar-
chands et les amateurs de la région.
Calvados.
Côtes-du-Nord.
Eure.
Eure-et-Loir.
Finistère.
Ille-et-Vilaine.
Loire-Inférieure.
Maine-et-Loire.
Manche.
Mayenne.
Morbihan.
Orne.
Sarthe.
Seine-Inférieure.
Concours et Congrès pomologiques de
Nantes. — Le 14” concours général et le
15® congrès pomologiques, organisés par
l’Association pomologique de l’Ouest, auront
lieu à Nantes, du 7 au 10 octobre.
Le concours comprendra comme d’habi-
tude les fruits de pressoir et les cidres,
poirés et eaux-de-vie, en fûts et en bou-
teilles. Tous les instruments servant à la
fabrication et à la distillation des cidres,
et les appareils, ustensiles et outils employés
pour la culture des Pommiers seront admis
à l’exposition ; mais les pressoirs seront
seuls l’objet d’essais spéciaux.
Pour prendre part à ce concours spécial
de pressoirs, il faut deux déclarations
adressées, l’une au commissaire général du
concours, M. Andouard, directeur de la
Station agronomique à Nantes, l’autre à
M. Ringelmann, directeur de la Station
d’essais de machines, 47, rue Jenner, à Paris.
Les déclarations seront reçues jusqu’au
septembre 1897.
Parmi les questions inscrites à l’ordre du
jour du congrès, voici celles qui sont rela-
tives aux fruits à cidre :
lo Parasites et maladies du Pommier.
2» Des divers principes existant dans les
fruits à cidre ; en particulier, étude du tannin
et de la matière colorante.
3« De la sélection des fruits à cidre.
4° Plantation des Pommiers à cidre. Culture
en verger et en plein champ. Des engrais à
employer pour conserver la fertilité et la vi-
gueur des Pommiers .
5® Du choix des porte-greffes ou intermé-
diaires dans l’élevage du Pommier. Indiquer
les intermédiaires employés dans chaque ré-
gion, leurs avantages et leurs inconvénients.
6° Recherches des influences produites par
les terrains de nature différente sur les qualités
des fruits d'une même espèce.
7o De la dessication des fruits à cidre.
S’adresser, pour renseignements, à M. le
Secrétaire général de la Société centrale
d’horticulture d’Ille-et-Vilaine, 1, contour
de la Motte, à Rennes.
Des questions non inscrites au pro-
gramme pourront être admises à la discus-
sion, si elles ont fait l’objet d’un mémoire
remis avant la première seance du Congrès
16 Août 1897
16
366
CHRONIQUE HORTICOLE.
au président de l’Association, qui consul-
tera le conseil sur l’opportunité de leur
discussion.
Ecole nationale d’horticulture de
Versailles. — A la suite des examens de
fin d’année, le Conseil des professeurs de
l’Ecole a proposé à M. le Président du
Conseil, ministre de l’agriculture, pour le
diplôme, les trente élèves suivants :
1. Nomblot.
16,
Rouillaux.
2. Bertoux.
17.
Ledru.
3. Sanitas.
18.
Potage.
4. Mathiaud.
19.
Gaschereau.
5. Lesourd.
20.
Laumonnier.
6. Roux.
21.
Monnier.
7. Meigne.
22.
Cartier.
8. Dupau.
23.
Lemoine.
9. Gajon.
24.
Rannier.
10. Cavalier.
25.
Ferré.
12. Pierson.
26.
Gourron.
12. Despinoy.
27.
Rézel.
12. Molland.
28.
Giraud.
14. Béhagnon.
29.
Guichard.
15. Lalaurie.
30.
Bielski.
Il a été demandé.
en outre, un stage
d’une année pour
les élèves Nomblot et
Bertoux, classés les
deux
premiers, une
médaille d’or pour
l’élève
Sanitas classé
troisième, une d’argent pour l’élève Ma-
thiaud classé quatrième et une de bronze
pour l’élève Lesourd classé cinquième.
Excursion en Belgique des élèves de
l’Ecole de Villepreux. — En raison de
l’Exposition de Bruxelles, le voyage annuel
des élèves de l’École de Villepreux a eu lieu
en Belgique.
Sous la conduite du directeur de l’École,
accompagné d’un chef de culture, les dix
élèves qui composaient la petite caravane
ont visité successivement : à Quessy, les
Forceries de l’Aisne; — à Bruxelles, la
Compagnie continentale d’horticulture, le
Jardin botanique, Laeken, et bien entendu,
l’Exposition; — à Hoeylaert, les Forceries
de M. Sohie et autres; — à Anvers, le
Jardin zoologique et le port; — à Gand,
les établissements de Smet, Pynaert, Van
Houtte, etc. ; — à Bruges, les maisons
Sander et Vinck.
Les élèves sont revenus par Ostende et
Lille, enchantés d’un voyage instructif qui
leur laissera les plus agréables souvenirs.
Un bosquet de Thuya. — Au cours
d’une visite aux pépinières de M. Croux,
visite à laquelle avaient été conviés le pré-
sident et quelques membres du bureau de
la Société nationale d’horticulture de France,
ainsi que des représentants de la Presse
horticole, notre collaborateur, M. Dauthe-
nay, a noté plusieurs particularités intéres-
santes, dont il sera rendu compte dans la
Revue, et parmi lesquelles on peut citer en
première ligne un Thuya oceidentalis qui
fait l’un des plus beaux ornements du parc
de M. Croux. Ce Thuya, haut d’une dizaine
de mètres, s’est autrefois marcotté de lui-
même à la base, par ses ramifications infé-
rieures. Ces ramifications sont devenues
des troncs qui se sont relevés à quelques
mètres du fût central, et ont, comme lui,
redressé leurs cimes vers le ciel. Cette pre-
mière génération de marcottes en a produit
une seconde, la seconde une troisième ; la
quatrième génération est en voie de forma-
tion. La réunion de toutes les cimes, relati-
vement rapprochées les unes des autres,
constitue un bosquet frais et ombragé d’une
aire dont le diamètre varie de douze à quinze
mètres, et qui donne la sensation d’un petit
coin de forêt canadienne.
Le pincement des Abies. — Dans les
cultures du même établissement, on peut
voir des Ahies excelsa, isolés sur une pe-
louse, véritablement remarquables par la
grande régularité de leur aspect.
On sait qu’en général la végétation de
cette Conifère est irrégulière : certaines
branches restent courtes, d’autres s’al-
longent au contraire démesurément ; enfin
il est des étages de ramifications parfois
avortés, si bien qu’en somme, on voit trop
souvent des « trous » dans la végétation de
l’arbre.
Chez M. Croux, ces défauts ont été corri-
gés par de patients pincements opérés
chaque année. Ces pincements doivent’avoir
lieu immédiatement après le départ de la
végétation : il suffit de casser l’extrémité du
bourgeon qui commençait à se développer,
pour que les jeunes branches se ramifient.
Les pincements doivent être d’autant plus
abondants que les branches présentent plus
de tendance à l’élongation ; il faut bien en-
tendu, s’en abstenir sur les rameaux qui
sont restés courts. On arrive ainsi à établir
une sorte d’équilibre dans la croissance des
rameaux et à obtenir des spécimens tout à
fait coniques et bien remplis.
La Fraise Orégon. — Nous avons reçu
de M. Paillet fils, à propos de la Fraise Oré
gon, la lettre suivante :
CHRONIQUE HORTICOLE.
367
Vous avez signalé la Fraise remontante Oré-
gon dans le dernier numéro de la Revue hor-^
ticole \ permettez - moi d’ajouter quelques
renseignements sur les mérites de ce Frai-
sier.
J’ai vu passer pas mal de variétés de Frai-
siers dans mes cultures ; je n’en ai jamais
trouvé une destinée à rendre d’aussi grands
services : 1° dans les pays où l’on cultive la
Fraise pour alimenter les marchés, et 2» éga-
lement pour la culture particulière.
J’ai actuellement sur mes Fraisiers encore de
très-beaux fruits et d’autres qui vont succé-
der ; malheureusement ils n’ont pas tout leur
développement parce que nous laissons actuel-
lement les coulants pour nous faire du plant ;
mais si ces derniers étaient supprimés, comme
cela se tait dans la culture du Fraisier, ces
fruits seraient encore bien plus gros.
De plus, comme il n’est pas nécessaire de
cueillir des Fraises sur cette variété, au mo-
ment où les bonnes variétés connues, telles que
Héricart de Thury, Docteur Morère, etc.,
donnent leurs fruits, en supprimant les mon-
tants de la première récolte, on obtiendrait
sûrement sur les montants qui donnent des
fruits à cette époque-ci des fruits relativement
plus gros. Autrement dit, il s’agirait de sacri-
fier la première récolte au profit des récoltes
suivantes.
La variété n’est pas très-nouvelle, mais elle
n’est, pour ainsi dire, pas répandue : je l’ai
chez moi depuis deux ou trois ans.
C’est une variété extrêmement vigoureuse, qui
donne depuis mai jusqu’aux gelées, des fruits de
toute première qualité, d’une riche couleur, cra-
moisi foncé ; certains fruits sont ronds et légère-
ment aplatis, d’autres légèrement allongés et à
chair blanche légèrement rosée, très -parfu-
mée. De plus ce qui caractérise cette variété,
c’est que les coulants qui poussent dans les
mois de juillet-août fleurissent et donnent
également des fruits en août, septembre, oc-
tobre de la meme année.
L. Paillet,
Horticulteur à Chatenay.
Nous n’avons pas expérimenté nous-
mêrne la Fraise Orégon, et nous sommes
obligé de laisser à M. Paillet la respon-
sabilité de l’éloge qu’il en fait. Si ces qua-
lités se maintiennent telles que M. Paillet
les décrit, la Fraise Orégon rendra certai-
nement de grands services ; notre devoir
se borne aujourd’hui à la signaler à nos
lecteurs.
Première floraison de deux Palmiers
dans le Midi. — Erythea armata, S.
Watson. Ce très beau Palmier, originaire
du sud de la Californie, vient de fleurir,
pour la première fois, dans les jardins de
Monte-Carlo, à ce que nous a appris M.
Louis Fournier, l’orchidophile marseillais,
qui a observé le fait. Cette plante, plus con-
nue sous le nom de Brahea Rœzlii par les
horticulteurs, bien qu’elle appartienne net-
tement au genre Erytltea fondé par Sereno
Watson, est remarquable par son feuillage
argenté.
Washingtonia rohusta, H. Wendland.
Autre Palmier dont la beauté ne le cède en
rien au précédent. C’est dans mon jardin
de Colombia, au Golfe-Juan, qu’il vient de
fleurir, pour la première fois en Europe.
En décrivant la floraison du Washingtonia
filifera je disais qu’il ne nous restait plus
qu’à attendre la floraison du W. rohusta
pour déterminer sa valeur spécifique. Nous
en avons aujourd’hui le moyen.
Epicattleyaxmatutina. — - Cette inté-
ressante et nouvelle Orchidée hybride
provient de la fécondation du Cattleya
Bowringiana par VEpidendrum radi-
cans, et a été présentée le 23 mars 1896, à
la Société royale d’horticulture de Londres,
par MM. James Veitch and Sons, de
Chelsea (Londres). Le port de la plante est
celui de VEpidendrum radicans. La base
de la tige paraît cependant avoir une ten-
dance à l’épaisseur qui pourra s’accentuer
avec l’âge. Dans les fleurs, les caractères du
labelle ne semblent pas non plus bien fixés;
il en est un qui, différent des autres, mon-
tre une tendance à la forme trilobée. Les
sépales et pétales sont jaune nuancé de ver-
millon. Le labelle est jaune à la base et
passe au rouge sur le limbe.
Ce nouvel hybride se perfectionnera sans
doute lorsqu’il sera entièrement établi et,
comme les Epidendrum, se cultivera et se
propagera facilement.
Polygonum Baldschuanicum.— Le Po-
lygonum Baldschuanicum, Regel, intro-
duit de Boukharie en 1882, mérite d’être
considéré comme une des meilleures
plantes vivaces grimpantes. Ses fleurs sont
blanches à peine teintées de rose, et for-
ment de belles et abondantes grappes qui
se chargent, à l’arrière-saison, de petits
fruits ailés devenant d’un rouge vif, et à
l’aspect très-décoratif. Un pied de près de
5 mètres de haut est en ce moment en
pleine floraison à Kew, et divers journaux
anglais et américains en font l’éloge. Rap-
pelons à cette occasion que cette plante a
été présentée à la Société nationale d’hor-
1 Revue horticole, 1895, p. 155.
368
CHRONIQUE HORTICOLE.
ticulliire de France, en 1894, par le Mu-
séum d’histoire naturelle de Paris, qui le
possédait depuis 1892, et qu’elle est cul-
tivée par MM. Lemoine et fils, de Nancy,
depuis deux ans.
Œilletonnage du Centaurea candi-
dissima. — Dans le courant de l’année
dernière, la Revue liorlieole ^ citait le
Centaurea candidissima comme ayant
facilement traversé l’hiver 1895-1896 qui
fut, comme on le sait, très-peu rigoureux.
Ce fait dut se produire sans doute dans
beaucoup de localités. Le journal The
Garden nous a appris que, non seule-
ment il s’en est trouvé des cas en An-
gleterre, mais qu’on en a profité pour
multiplier le Centaurea candidissima par
éclats au lieu de procéder par semis,
comme cela se fait d’habitude. Le mode
de multiplication a quelque analogie
avec l’œilletonnage des Artichauts, avec
cette différence que les œilletons — ou
boutures à talon — ont d’abord été repi-
qués dans des pots de 7 à 8 centimètres
de diamètre. Le compost a été formé de
moitié de terreau de feuilles et de moitié de
sable de route.
Cette multiplication peut se faire en fé-
vrier-mars, sur couche, et l’on pourra
obtenir ainsi de fortes plantes bonnes à
planter de bonne heure.
Si l’on considère que l’hiver 1896-1897
a été aussi bénin que le précédent, il y a
des chances pour que l’opération que nous
citons ait été pratiquée deux années de suite
sur des plantes de même lignée, par quelque
jardinier ingénieux.
Pour obtenir des boutures d’Anthé-
mis. — Il arrive fréquemment que les An-
thémis {Chrysanthemum frutescens) se
maintiennent en état de floraison depuis
leur plantation jusqu’aux gelées, au point
que les jardiniers n’y trouvent que très-peu
de boutures, toutes les ramifications produi-
sant constamment des fleurs. Nous tenons
de M. Glliard, horticulteur à Boulogne-sur-
Seine, le procédé suivant qui obvie à cet
inconvénient :
On réserve un certain nombre d’Anthé-
mis que l’on empote en grands pots (de 12
à 18 centimètres de diamètre selon la force
des pieds). On laisse fleurir ces potées jus-
qu’au milieu de la belle saison, puis on les
taille. Cette taille consiste en un demi-ra-
^ Voir Ri vue horticole^ 1896, p. 175.
battage des rameaux ; de cette façon, il sort
de leurs aisselles une quantité de rameaux
secondaires qui n’auront pas le temps de
« prendre le bouton » avant l’arrière-sai-
son. Aussitôt après cette taille et jusqu’au
moment de la prise des boutures(septembre),
il faut tenir la main à donner aux plantes
des arrosements abondants, pour favoriser
ce nouveau départ de végétation.
Un Rosier blanc rustique. — Il s’agit
du Rosa kamtschatica hlanc double
de Couhert, qui fut mis au commerce
en 1893 par M. Cochet-Cochet. Une branche
fleurie de ce Rosier fut présentée à la
Société nationale d’horticulture. Longue
de 10, elle portait 38 fleurs. Les fleurs en
sont doubles, presque pleines, réunies en
corymbes de 6 à 10, s’ouvrant par 2 et 3 à la
fois. Le diamètre de chaque fleur peut
atteindre jusqu’à 12 centimètres. Le Jowna?
des Roses, auquel nous emprunlons ces dé-
tails, revient sur cette variété peu répandue
pour la signaler comme étant absolument
réfractaire à la gelée. Elle est aussi très-
décorative dans les parcs.
Chrysanthèmes singuliers. — A propos
des formes bizarres que présentent certains
Chrysanthèmes nouveaux, M. Viviand-Morel
fait ressortir combien sont différents les avis
des horticulteurs touchant l’introduction de
ces formes dans les collections. Notre con-
frère fait observer avec beaucoup de raison
que l’adoption d’une nouveauté doit être su-
bordonnée à l’usage que l’on veut en faire. Il
va de soi, par exemple, qu’un fleuriste qui
fait le commerce de la fleur coupée devra y
regarder à deux fois avant de donner une
place dans ses cultures à des variétés de
structure plus ou moins irrégulière. Mais il
n’en est pas de même de l’amateur qui, lui,
s’attache d’abord aux formes intéressantes,
qu’elles soient « de bonne vente » ou non.
Aussi, M. Viviand-Morel n’hésite-t-il pas à
recommander à ces derniers les variétés
nouvelles : Shavings, dont le capitule semble
donner naissance à de longs copeaux con-
tournés, et Mistress W. H. Rand, aux
longues et étroites ligules en lanières.
Nouveau Dahlia - Cactus Charlotte
Deegen. — Sous ce nom, on annonce
une intéressante nouveauté obtenue par
M. Max Deegen, de Kostriz. La forme des
fleurs de ce Dahlia serait sensiblement per-
fectionnée ; les ligules, tout en conservant
CHRONIQUE HORTICOLE.
369
la former Cactus », seraient gracieusement
incurvées. La couleur serait jaune citron
passant, vers l’extrémité des ligules, au
blanc avec une pointe d’un jaune éclatant.
Nouveaux Rosa polyantha. — Le
Gardeners' Chronicle, dans son numéro
du l®** mai 1897, appelle l’attention de ses
lecteurs sur trois nouvelles variétés de
Roses, voisines de la Rose multiflore
Crimson Rambler. Ces nouveautés, mises
au commerce par M. P. Lambert, à Trêves,
portent les noms des trois Grâces : Aglaia,
Euphrosyne et Thalia. Elles ne provien-
nent pas du hasard d’un semis, mais de
fécondations artificielles entre les Rosa
polyantha sarmentosa et des variétés
d’autres groupes.
Aglaia a les fleurs bien doubles, en
coupe, dans le genre de la Rose Gloire des
Polyantha, de couleur jaune-verdâtre bril-
lant et à odeur de Rose-Thé.
Euphrosyne a les fleurs rose-clair et le
revers des boutons d’un rouge carmin très-
brillant.
Les fleurs de Thalia sont d’un blanc
pur.
Valeur thérapeutique de quelques
plantes potagères. — Jusqu’ici, on ne
connaissait guère que les qualités culinaires
de l’Ognon. Un de ses principaux mérites,
celui de faire la « soupe à l’Ognon », com-
pensait le défaut qu’il avait de faire
pleurer les cuisinières. Un ouvrage mé-
dical allemand indique d’autres pro-
priétés de rOgnon que nous citons ici
sous toutes réserves et qui nous paraissent
rentrer dans les recettes des formulaires
du moyen âge : un Ognon entier, mangé
en se mettant au lit, arrête un refroidisse-
ment. En cataplasme, ses bulbes sont un
remède souverain contre l’enrouement.
Enfin, le jus d’un Ognon écrasé contient
une substance propre à calmer les nerfs.
Le Céleri, pris à temps, détourne la mi-
graine et les névralgies. Mangez du Cé-
leri de temps en temps, dit l’auteur, cela
vous permettra de supporter certains en-
nuis qui ne manquent pas de nous assaillir
tous. » L’auteur a oublié d’indiquer les-
quels ?
Pour l’Épinard, il résulte, d’une commu-
nication du célèbre chimiste Bünge, que
ce légume contient une grande quantité de
fer. On sait déjà qu’il a été baptisé le balai
des voies digestives.
Voilà qui est pour fortifier la thèse de
M. Sarcey et de M. Viaud, les apôtres
convaincus et persévérants du végétarisme.
Fin tragique d’un Abricotier géant. —
La Revue horticole des Bouches-du-
Rhône s. s\gm\é la disparition d’un Abrico-
tier presque séculaire, qui faisait, à Hyères,
l’orgueil d’un verger. Le tronc de ce géant
mesurait 2"^ 70 de tour. Ses branches
s’étendaient sur un cercle de quinze mètres
de circonférence. Sous son ombrage, vingt-
cinq personnes pouvaient s’abriter du so-
leil. R a produit jusqu’à 4,000 kilos de
fruits en une seule saison. Plusieurs fois,
sa récolte sur pied fut vendue 500 francs.
Cet Abricotier, qui appartenait à la va-
riété dite Abricot royal, avait poussé au
hasard. Il fut planté il y a 70 ans.
Avec l’âge, une partie du tronc finit par
s’évider, et des frôlons vinrent s’établir
dans son creux. Dernièrement, le proprié-
taire, tenant à le débarrasser de ses loca-
taires incommodes, voulut les étouffer en
allumant du soufre à l’orifice, et s’en re-
tourna, l’opération terminée, pensant avoir
fait un beau coup.
Malheureusement, le feu qui couvait à
l’intérieur de l’arbre, activé par le souffle
du mistral, le consuma pendant la nuit.
Le lendemain, plus d’arbre, mais, sur le
sol, des débris calcinés. Le propriétaire,
dit-on, en fut stupéfait. Il y avait de quoi.
La sécheresse en Australie. — La
Feuille d'information du ministère de
V Agriculture nous apprend qu’une ef-
froyable sécheresse désole actuellement, en
Australie, la colonie de Victoria et une
partie de la Nouvelle-Galles du Sud. Des
régions entières manquent totalement
d’eau, et l’on n’y rencontre plus même un
brin d’herbe. Il ne restera bientôt plus de
bétail vivant. Les pertes sont incalculables.
Nécrologie : Docteur Sachs. — Un des
botanistes les plus connus de l’Allemagne,
mort le 29 mai à Wurzbourg, où il était
professeur à l’Université. Il avait 65 ans.
On a de lui un excellent traité de botanique
qui a été traduit en français par M. Van
Tieghem.
M. J. T. Gibson. — Inspecteur général
des parcs royaux de Londres, M. Gibson
est mort le 17 mai dernier, à l’âge de 57
ans. Sous sa direction, l’art de décorer les
jardins publics avait fait de grands progrès
dans la capitale de l’Angleterre.
Éd. André.
370
DESCRIPTION DES PLUS BELLES^ESPÈCES d’eUCALYPTUS.
DESCRIPTION DES PLUS BELLES ESPÈCES D’EUCALYPTUS ‘
Nous n’entreprendrons pas de décrire ici
toutes les espèces introduites dans les cul-
tures ; nous limiterons, au contraire, notre
choix à un petit nombre d’espèces les plus
intéressantes par leur beauté, leur rusticité,
leur emploi ornemental ou par quelques
autres particularités.
E. Globulus, Labill. (fig. 126). — C’est le
« Elue Gum Tree » des Australiens ; de beaucoup
le plus important du genre, le premier introduit
et le plus répandu non seulement en Europe,
mais dans presque tous les pays du monde.
Son état juvénile est, comme on le sait, très-
diftérent de l’état adulte. Sa teinte excessive-
ment glauque, pruineuse même, est des plus
caractéristiques et motive son emploi ornemen-
tal à l’état de jeune plante. Sous cette forme,
* Eevue horticole^ 1897, page 288.
ses rameaux portent des feuilles opposées, ses-
sibles et cordiformes, tandis qu’à l’état adulte
elles sont alternes, pétiolées, étroitement lancéo-
lées, très-épaisses, coriaces, fortement arquées.
Les fleurs sont grosses, axillaires, généralement
solitaires, sessiles, à calice verruqueux, présen-
tant cinq côtes, de même que l’opercule qui est
déprimé et apiculé. Le fruit conserve la
forme primitive du calice et présente à la ma-
turité une large ouverture à cinq dents. En Tas-
manie, son pays natal, cet arbre magnifique
atteint jusqu’à 100 mètres de haut. Nous par-
lerons plus loin de ses emplois horticoles.
E. amygdalina, Labill. — Très-grand arbre.
DESCRIPTION DES PLUS BELLES ESPÈCES D^EUCALYPTUS.
371
nommé en anglais « Giant ou Swamp Gum,
Mountain Ash », dont les rameaux, minces et
flexueux, portent à l’état adulte des feuilles
très-étroites, longues, pendantes et luisantes.
Les fleurs sont très-petites, réunies par quinze
environ, en bouquets axillaires, à opercule ob-
tus et devenant un tout petit fruit pyriforme
de la grosseur d’un grain de Chanvre.
E. Andreana, Naudin (fig. 127). — Belle es-
pèce décrite ici il y a quelques années ‘ et qui se
rapproche de l’espèce précédente, avec laquelle
on l’avait sans doute confondue, quoique bien
distincte. La figure ci-contre nous dispense
d’en indiquer l’aspect général. C’est un arbre
hautement ornemental, déjà répandu en Pro-
vence, où il a été introduit par M. Ed. André.
E. calophylla, R. Br. — Très-bel arbre d’une
quarantaine de mètres, à larges feuilles ovales -
lancéolées, mucronées et rigides. Les fleurs
sont assez grandes, surmontées d’un opercule
déprimé, obtus et disposées en panicules termi-
nales lâches et à pédoncules aplatis ; les
fruits, de la’grosseur d’une Noix, sont urcéolés
et ligneux. L’arbre est très- décoratif par son
grand et beau feuillage.
E. citriodora, Ilook. — Bel arbre à port élancé,
très-décoratif pour les serres, à feuilles lan-
céolées, de 10 centimètres environ de long, lui-
santes, exhalant lorsqu’on les froisse une agréa-
ble odeur aromatique et citronnée. Les fleurs
ont un opercule pointu et sont disposées
par trois-cinq en panicules terminales. Les
Fig. 128. — Eucalyptus Cosmophylla.
fruits, gros comme un pois, sont un peu
urcéolés.
E. cosmophylla, F. Muell. (fig. 128j. — Petit
arbre à feuilles uniformes, ovales ou lancéo-
lées, droites ou arquées et longues de 7 à
10 centimètres à l’état adulte. Les fleurs sont
disposées en cymes axillaires, avec un opercule
déprimé, mais pointu et les fruits, arrondis,
atteignent la grosseur d’une Noisette.
E. coccifera, Hook. — Petit arbre recomman-
dable par sa grande rusticité, dont les feuilles
à l’état juvénile sont opposées et ovales, tandis
que celles de l’état adulte sont alternes, ovales-
lancéolées, mucronées, arquées et très-glau-
’ Revue horticole, 1890, p. 346.
ques. Les fleurs sont purpurines, disposées en
ombelles axillaires, claviformes en bouton,
avec un opercule à peine distinct. Le fruit est
gros comme un pois et pyriforme ou tur-
biné.
E. diversicolor, F. Muell. (Syn. E. colossea,
Hort. i. — Grand arbre atteignant des propor-
tions telles qu’elles lui ont valu son nom horti-
cole, car on le dit dépasser 100 mètres de hau-
teur dans son pays natal. Ses feuilles sont uni-
formes, ovales quand elles sont jeunes, puis
lancéolées et arquées à l’état adulte, avec une
longueur de 8 à 12 centimètres. Les fleurs sont
disposées de sept à onze en ombelles axillaires
ou parfois solitaires, avec un opercule conique
et obtus; le fruit est gros et arrondi comme
un pois, avec une petite ouverture. Ce bel
372
DESCRIPTION DES PLUS BELLES ESPÈCES d’eUCALYPTUS.
arbre est assez répandu en Provence et en Al-
gérie.
E. gomphocephala, D G. (fig. 129). — Le
« Touart» des Australiens, remarquable par son
port pyramidal et son beau feuillage, dont les
feuilles uniformes sont largement ovales, ai-
guës, droites ou à peu près et longues de 12 à
15 centimètres. Ses fleurs sont réunies par
trois à sept en cymes axillaires, à pédoncules
aplatis et tordus, avec un grand opercule plus
large que le calice, obtus et verruqueux. Le
fruit est conique, à capsule un peu exserte.
E, Gunnii, Hook. — C’est un petit arbre de
10 à 12 mètres de haut, très-résistant et nommé
par les colons anglais « Gider Tree et Swamp
Gum », parce qu’il croît dans les lieux hu-
mides. Ses feuilles sont dimorphes; les adultes
ovales, ondulées et longues de 12 à 15 centi-
mètres. Les fleurs sont blanches, réunies par
trois sur de très-courts pédoncules axillaires,
à opercule conique, ainsi que les fruits, dont la
grosseur égale celle d’un Pois.
E. marginata, Smith, (fig. 130). — Nommé
« Jarrah ou Mahogany Eucalypt », en Aus-
tralie, c’est-à-dire Acajou, parce que son bois
est très-dur, à grain fin et très-résistant à l’eau ;
on l’importe en Europe pour divers usages.
G’est un bel arbre de 30 mètres et plus de haut,
mais très-rare, paraît-il, en Europe ; ses
feuilles sont longues de 10 à 12 centimètres,
arquées et luisantes en dessus, pâles en dessous.
Les fleurs sont réunies en ombelles axillaires
vers le sommet des rameaux et surmontées d’un
opercule conique. Le fruit devient sphérique,
gros comme une Noisette, avec une ouverture
étroite.
E. occidentalis, Endl. — Arbre moyen, dont
la cime devient, avec l’âge, large et déprimée,
d’où son nom anglais de « Flat-topped Yate »
et fleurissant très-jeune. Ses feuilles attei-
gnent 6 à 10 centimètres de long et sont droites
ou arquées. Les fleurs sont disposées par sept en
ombelles axillaires, à pédoncules plus longs
que les feuilles, et les fruits sont pendants,
campanulés, de la grosseur d’un Pois.
E. Preissiana, Schauer. — G’est un arbuste
rigide, de 3 à 4 mètres de hauteur, à rameaux
anguleux, très-distinct par son port et décoratif
par ses grandes fleurs jaune citron, réunies
par trois sur de larges pédoncules, avec un
opercule hémisphérique et mamelonné. Le fruit
est obconique, gros comme une Noix et large-
ment ouvert au sommet. Lesfeuilles sont presque
toutes opposées, de forme variable, ovales ou
lancéolées, très-épaisses et longues de 8 à
12 centimètres.
E. robusta, Smith, (fig. 131). — Le « Swamp
Mahogany » ou Acajou des marécages, des
Australiens, est un bel arbre de 30 mètres et
plus, commun en Provence, très-décoratif à
l’état adulte et aussi un des plus beaux à l’état
de jeunes plantes, pour les garnitures tempo-
raires. La figure ci-contre montre si nettement
ses caract( res que nous avons peu à y ajouter.
Ses grandes feuilles sont épaisses, coriaces,
et d’un beau vert luisant. Ses fleurs sont assez
grandes, élégantes, disposées en ombelles axil-
laires, à pédoncule commun aplati; l’opercule
DESCRIPTION DES PLUS BELLES ESPÈCES d’eUCALYPTUS. 373
est sphéiique et assez longuement apiculé; le a la grosseur d’un grain de poivre et la capsule
fruit est assez gros et reste largement ouvert au est très - saillante.
sommet.
Fig. 131. — Eucalyptus robusta.
E. rostrata, Schleclit. — Connue sous le
nom anglais de « Red Gum », cette espèce est
très-méritante et commune dans le Midi et en
U. urnigera, Hook. — Arbre moyen, recom-
mandable pour sa rusticité, qui lui permet de
supporter, dit-on, jusqu’à 12 degrés |de froid.
Il fructifie parfaitement en Bretagne et jus-
qu’en Écosse. Ses feuilles sont dimorphes ; les
adultes lancéolées et longues de 5 à 7 centi-
mètres. Les fleurs sont réunies par trois, avec
Fig. 130. — Eucalyptus marginata.
Algérie, où elle dispute la place à VE. Globu-
lus, à cause des qualités de son bois ; sa hau-
teur dépasse, dit-on, 100 mètres dans son
pays natal. Ses feuilles sont uniformes, lan-
céolées, pendantes, presque droites, de 10 à
15 centimètres de long et glaucescentes. Les.
fleurs, réunies jusqu’à vingt-cinq en ombelles
axillaires, ont un opercule longuement pro-
longé en bec, d’où son nom spécifique. Le fruit
un opercule déprimé, mais mamelonné au
centre et les fruits, gros comme un Pois, sont
urcéolés, avec la capsule profondément in-
cluse.
E. viminalis, Labill. — C’est un bel arbre
haut d’une trentaine de mètres, de forme pyra-
midale, dont les longs rameaux flexueux, ainsi
que les feuilles longuement lancéolées, droites
et pendantes, ont une teinte vert jaunâtre qui
lui donne un peu l’aspect d’un Saule, d’où son
nom spécifique. Les Anglais le désignent sous
les noms de « Manna Gum » ou « White Gum ».
374
LES PERFECTIONNEMENTS DU PRIMULA OBCONIGA.
Ses fleurs sont réunies par trois et coiffées d’un
opercule jun peu conique. Le fruit est subglo-
buleux et gros comme un Pois.
Nous pourrions ajouter à cette liste, déjà
longue, encore beaucoup d’autres espèces
intéressantes à divers points de vue, mais
nous pensons avoir signalé les plus méri-
tantes et un nombre suffisant pour satisfaire
aux désirs des lecteurs qui peuvent en
entreprendre la culture.
Nous parlerons, dans un prochain nu-
méro, de la culture et de la multiplication
des Eucalyptus.
S, Mottet.
LES PERFECTIONNEMENTS DU PRIMULA ORCONICA
Le Primula ohconica, Hance, est origi-
naire de Chine, où il fut trouvé une pre-
mière fois en 1869 par l’abbé David, au
Thibet, puis une deuxième fois, par l’abbé
Delavay, dans le Yunnan. La Revue hor-
ticole en a signalé, en 1890, l’introduction
en Europe L E. A. Carrière en donna la
description en 1892 ^ 11 pressentait alors
que cette espèce serait bientôt la souche de
variations importantes. « Tout, chez ces
plantes, — disait- il, tend à se modifier
dans les fleurs, même très-sensiblement, et
comme cette espèce est très-vigoureuse et
qu’elle graine facilement, il est donc hors
de doute que, dans un avenir prochain, le
commerce sera en possession d’un nombre
considérable de variétés. - Déjà, entre la
forme, les dimensions, l’aspect, la couleur
et la nuance des fleurs, il y a des modi-
fications très-diverses, ce qui est un signe à
peu près sûr de la sortie prochaine de belles
et bonnes variétés ». D’ailleurs, à cette
époque, M. Léonard Lille, de Lyon, en an-
nonçait déjà une forme : P. ohconica
grandiflora. En 1893, la Revue horticole
signala une variation obtenue de semis par
MM. Vilmorin-Andrieux et C‘°% et qui,
plus floribonde que le type, possédait des
fleurs sensiblement plus grandes. MM. Vil-
morin présentèrent en 1896 à la Société na-
tionale d’horticulture de France un Pri-
mula ohconica grandiflora alba remar-
quable, non seulement par les dimensions
inusitées des fleurs, mais par leur régularité
et par la première apparition d’une légère
fimbriature. En examinant cette plante, les
horticulteurs doués d’un certain « flair »
pouvaient se demander sérieusement si un
tel progrès n’était pas dû à l’intervention
du pollen de nos si jolies variétés à grande
fleur et à grande fleur frangée du Pri-
^ Voir Revue horticole, 1890, p. 92.
2 Voir Revue horticole, 1892, p. 113.
3 Voir Revue horticole, 1893, p. 123.
^ Voir Revue horticole, 1897, p. 136.
muta smensis. La même année^, M. Jules
Rudolph, comparant entre elles les deux
espèces, faisait ressortir que si toutes les
perfections de forme étaient pour le P. si-
nensis, le P. ohconica l’emportait par son
extraordinaire floribondité et sa grande
rusticité. Le croisement entre ces deux es-
pèces était tout indiqué, et sans que les se-
meurs aient dévoilé leurs secrets à cet
égard, il est permis de penser que cela a été
fait. Il nous a d’ailleurs été donné d’appré-
cier les efforts tentés dans ce sens par plu-
sieurs autres horticulteurs et jardiniers
français ; ceux qui, à notre connaissance,
sont arrivés le plus près des perfectionne-
ments obtenus par la maison Vilmorin sont
M. J. Sallier, l’horticulteur bien connu
de Neuilly-sur-Seine, et M. Narbouton,
jardinier de M. Binder, à Maisons-Laffitte.
Cette année-ci, on a pu admirer, le 25 juil-
let de très -purs spécimens de Pri-
mula ohconica rosea, obtenus par M. J.
Sallier, et, le 11 mars \ des exemplaires fort
bien caractérisés de P. ohconica à graiide
fleur frangée et à grande fleur hlanc }our,
obtenus par MM. Vilmorin-Andrieux etC‘e.
En Angleterre, l’amélioration de l’espèce
qui nous occupe a suivi, pour ainsi dire,
-une marche similaire et parallèle. Le jour-
nal The Garden a publié une planche colo-
riée représentant un pied de P. ohconica
dont les fleurs ne mesurent pas moins de
4 centimètres de diamètre. Ce pied est, en
réalité, une forme sélectionnée de la forme
grandiflora connue. Nombreuses ont été,
ces dernières années et particulièrement en
1896, les présentations à la Société royale
de Londres, de perfectionnements successifs
du P. ohconica, soit dans le sens rosea,
soit dans le sens grandiflora. Il faut citer,
entre autres, celles faites par M. le D*" Mas-
ters, MM. Veitch et fils, M. T.-S. Ware,
s Voir Revue horticole, 1896, p. 238.
Voir Revue horticole, 1897, p. 141.
' Voir Revue horticole, 1897, p. 163.
DIX POIRES CONTESTÉES.
375
M. Hyde, etc. Pour plusieurs d’entre elles,
la fécondation par le P. sinensis a été indi-
quée, sans qu’aucun caractère organogra-
phique de cette espèce ait jamais affecté os-
tensiblement le produit des croisements.
Des explications concluantes ontété données
à cet égard par M. le professeur Hunslow et
M. le D'’ Masters. H. Dauthenay.
DIX POIRES CONTESTÉES
Voici bien longtemps qu’on nous entre-
tient des bons fruits ; si nous parlions un
peu des médiocres !
L’année dernière, M. Croux a eu le pre-
mier cette pensée et il a proposé à la sec-
tion de Pornologie de la Société nationale
d’horticulture de France la suppression des
Poires dont les noms suivent :
Anna Audusson.
Beurré de Nivelles.
Beurré Gambier.
Boutoc.
Broom Park.
Duvergnies.
Favorite Joannon.
Madame Grégoire.
Marie Parent.
Professeur Hortolès.
Pour ma part, je sais gré au pépiniériste
de la vallée d’Aulnay d’avoir émis cette
proposition hardie. La section pornologique
de Paris, il est vrai, ne l’a pas adoptée,
trouvant qu’elle est l’expression d’un juge-
ment trop sévère.
Eh bien ! cela ne fait rien : sévère ou
non, la proposition — avec une liste peut-
être plus longue — reviendra devant ses
juges qui se rendront à l’évidence et fini-
ront par la ratifier.
Mais, direz-vous, ce sont des fruits qui
ont été adoptés par la Société pornologique
de France.
A cela je répondrai que ces radiations
n’incriminent en rien la valeur des appré-
ciations de cette Société.
En effet : qu’est- ce que se proposent les
Congrès pomologiques ? Ils se proposent de
rechercher des fruits meilleurs et de les
faire connaître.
Si vous admettez qu’il apparaît des
fruits supérieurs à ceux déjà connus — et
il faut bien l’admettre, bien que ce soient là
des faits assez rares — vous admettez, en
même temps, la suppression des fruits
dont les qualités de goût, de volume, de
précocité, de tardivité ou de fertilité ont
été dépassées par celles des nouveaux venus.
Je vais donc plus loin que M. Croux :
je pense que la Société pornologique, elle-
même, devrait recommencer à étudier pa-
rallèlement et d’une manière sévère, en
même temps que les fruits proposés pour
l’adoption, ceux qu’on désignera pour la
radiation.
En quelques années d’un travail de ce
genre, la nomenclature des fruits sera
expurgée d’un trop plein sans valeur, et les
lecteurs des catalogues de pornologie n’au-
ront plus l’embarras qu’ils éprouvent au-
jourd’hui devant tant de Poires, de Pom-
mes, de Pêches cotées bonnes, et cependant
si différentes même au point de vue de la
saveur.
Il y aurait bien un autre moyen d’éviter
cet embarras ; ce serait d’avoir un plus
grand nombre de degrés dans le mode
d’appréciation de la valeur sapide ; la So-
ciété pornologique n’en a que deux : bon et
très-bon. C’est tout à fait insuffisant.
M. Paul de Mortillet, plus pratique, en
avait adopté 5, représentés par des chiffres,
de simples cotes, dont la moyenne est 5 et
le maximum 10.
Ainsi, l’auteur de « Quarante Poires »,
en donnant la cote de bonté : 10 au Passe-
Colmar et 5 seulement au Beurré Clair-
geau, nous fait apprécier tout de suite les
nuances qui séparent le goût de la pre-
mière Poire du goût de la seconde.
Mettez aussi, comme l’a fait encore
M. de Mortillet, 5 degrés pour apprécier la
beauté de ces mêmes fruits, 5 degrés pour
la fertilité de l’arbre et 5 pour sa vigueur,
vous arrivez ainsi à une détermination
beaucoup plus précise de la valeur relative
de chaque arbre.
Essayons de voir, par ce procédé, ce
qu’est la Poire Anna Audusson, la pre-
mière présentée pour être rayée des fruits
recommandables sur la liste de M. Croux,
nous trouvons :
Cotes.
Saveur 3
Volume 5
Fertilité de l’arbre. ... 2
Vigueur 3
J’ai souligné exprès les qualités regar-
dées avec raison comme essentielles : la
saveur du fruit et la fertilité de l’arbre ;
or, ces qualités — telle est, du moins, mon
opinion — n’atteignent même pas la
moyenne chez la variété Anna Audusson.
C’est donc une Poire à rejeter d'une ma-
nière absolue ; en l’adoptant, la Société po-
376
PHYSALIS FRANCHETI.
mologique de France a-t-elle été abusée par
ses sens ; a-t-elle obéi à une de ces forces d’en-
gouement qui ne peuvent ni s’expliquer ni
se combattre, ou bien, la saveur de la
Poire s’est-elle amoindrie, comme le croit
André Leroy ?
Ceci est sans conséquence ; ce qui im-
porte, c’est l’état actuel de l’arbre qui
donne des fruits de troisième qualité, mé-
diocres par conséquent.
Arriverait-on à un jugement aussi sé-
vère en faisant passer pareil examen aux
autres fruits : Beurré de Nivelles, Beurré
Gamhier, etc., composant la liste donnée
plus haut? Je ne crois pas; mais il faut
considérer que certains d’entre eux,
quoique bons, mûrissent en même temps
que d’autres tout à fait exquis ; de là leur
infériorité.
Le jugement en appel demandé par
M. Croux à ses collègues de la Société na-
tionale d’horticulture avait donc sa raison
d’être, et les Poires dont nous avons donné
la liste ont une tare ; à ce titre, il n’était pas
inutile de les signaler, ce qui est fait.
Georges Bell air.
PHYSALIS FRANCHETI
Depuis l’apparition de cette jolie plante de
pleine terre dans les cultures européennes
où elle a été importée du Japon, la Revue
horticole en a plusieurs fois parlé. Cette an-
née même, notre collaborateur M. S. Mot-
tet, dans une étude bien faite accompagnée
d’une figure que nous reproduisons ici
(fi g. 132) pour que
nos lecteurs aient
sous les yeux le
port de la plante,
en même temps
que son fruit en
couleurs a établi
l’acte de naissance
du Phy salis Fran-
cheti et l’a pré-
senté à nos lec-
teurs avec un si-
gnalement som-
maire, d’une clarté
parfaite.
Je voudrais, en
revenant aujour-
d’hui sur cette
plante et en pu-
bliant une figure
coloriée très-exacte
de ces fruits si
curieux et si
brillants, dire
quelle est la valeur
de cette Solanée
comme espèce ou
comme variété, et établir ses affinités.
Elle ne constitue pas une espèce dans le
sens large du mot, mais simplement une
forme géante née au Japon du Coqueret ou
Phy salis Alkekengi, L., si commun dans
^ Revue horticole, 1897, p. 35.
toute l’Europe centrale, et qui se retrouve
dans le Levant, la Perse, le Turkestan, la
Corée, etc. Son nom spécifique dérive de
l’arabe.
Lorsque la plante que nous figurons fut
soumise, en échantillons secs, à M. Fran-
che!, au Muséum de Paris, parmi d’autres
types qu’il rangeait
dans les Ph. an-
gulata, L. et Ph.
pubescens, L., en'
remarquant com-
bien il était diffi-
cile de se pronon-
cer sur les limites
spécifiques des
Physalis croissant
au Japon il n’y
trouva qu’une
(( forme robuste »
du Ph. Alkekengi,
et il en donna une
brève description
latine qui peut se
traduire ainsi :
Plante annuelle (à
peine bisannuelle et
non vivace), dépas-
sant 60 centimètres
de haut, robuste, gla-
brescente ; feuilles
amples, atteignant
jusqu’à 10 centi-
mètres de longj
ovales, sinueuses, dentées ; corolle large d’en-
viron 25 millimètres, d’un blanc terne uni-
forme, d’abord campanulée puis largement
ouverte et subrotacée ; anthères jaunes ; calice
fructifère cocciné à la maturité, très-renflé,
2 Enumeratio plantarum japonicariim, II,
p. 453.
Fig. 132. — Physalis Francheti.
Port de la plante réduite.
HoT-ticoIe
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A . (’oupc Uviqitiidinale du calice oésiculeii.r ei accresce/it , moaira/U à lifuericnr un fruit inùr .
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TRAITEMENT DES GADOUES AUX ÉTATS-UNIS.
377
atteignant jusqu’à G centimètres de long, sub-
cordiforme à la base.
Ainsi comprise, cette forme ne différait
du type que par sa végétation dite annuelle
ou bisannuelle, tandis qu’elle est parfaite-
ment vivace, comme M. J. Sallier l’a
démontré. Il faut signaler d’ailleurs un
certain polymorphisme dans cette espèce au
Japon ; la plupart des botanistes qui ont
parcouru cette région y ont rencontré une
autre forme, monstrueuse celle-ci, où la
fleur est remplacée, à l’aisselle des feuilles,
par une grappe pendante et assez longue,
simple ou dichotome et qui n’est pas consti-
tuée par des fleurs, mais par une suite
de bractées lancéolées- concaves, veinées,
vertes ou rouges, formant parfois un faux
verti cille. C’est le « Forakou Odzonki » des
Japonais, plante fort curieuse qu’il serait
très-intéressant d’introduire dans nos
cultures.
Le docteur Maxwell Masters, en décrivant
à son tour notre plante sous le nom de
Ph. Francheti, et fixant ainsi le souvenir
de notre éminent collaborateur, M. Fran-
chet, qui a tant et si bien travaillé les flores
de la Chine et du Japon, déclara^ qu’il lui
était, à lui aussi, difficile d’élever au rang
d’espèce cette forme amplifiée du Ph. Alke-
kengi. Mais elle est si distincte au point de
vue horticole qu’il décida d’en fixer ainsi
l’appellation et la description latine que
nous traduisons comme suffisamment dé-
taillée et précise :
Physalis Francheti, Masters, l. c. Plante
annuelle, haute de 60 centimètres et plus, ro-
buste, glabrescente, à tiges dressées, non ram-
pantes à la base, de la grosseur d’une plume
de cygne, très-tuméfiées aux nœuds, à peine
rameuses, fortement anguleuses ; feuilles am-
ples, pourvues de pétioles de 4 à 5 centimètres
de long, comparativement plus courts que dans
le Ph. Alkekengi, à limbe de 10 à 13 centi-
mètres de long sur 7 à 8 de large, ovales, brus-
quement acuminées sinuées, subarrondies ou
cunéiformes à la base; tube du calice d’abord
cylindrique, sépales oblongs obtus ; corolle
d’environ 25 millimètres de diamètre, d’un
blanc jaunâtre, largement ouverte, rotacée ; an-
thères jaunes; pédoncule fructifère long de
5 centimètres, glabre ; calice accrescent d’un
rouge pâle orangé^ d’environ 6 à 7 centimètres
de long, sur 6 au moins de large, très-renflé,
à 5 angles un peu ailés accompagnés de plus
petites nervures intermédiaires, ovale ou sub-
orbiculaire, à base enfoncée, renfermant une
baie globuleuse, orangée, de la grosseur d’une
Cerise.
Voilà le Physalis Francheti répandu
déjà dans de nombreux jardins. Il le sera
davantage encore, car ses beaux calices coc-
cinés sont un ornement d’hiver dont on
peut tirer un très-beau parti dans les ap-
partements et même dehors. Il est de cul-
ture facile et garnit bien les pentes au
soleil et les rochers, sur lesquels je l’em-
ploie pour obtenir des effets très -brillants
et très-pittoresques. C’est encore une bonne
plante de plus que nous devons à cet iné-
puisable Japon. Ed. André.
TRAITEMENT DES GADOUES AUX ÉTATS-UNIS
L’enlèvement et l’utilisation des gadoues
ont été récemment l’objet de discussions
dans le monde des hygiénistes comme dans
celui des cultivateurs. La Revue horticole
a exposé ^ quel tort ferait aux maraîchers
suburbains l’incinération des ordures ména-
gères. A la Société nationale des agricul-
teurs de France, M. Aimé Girard a indiqué,
d’après M. Achille Livache, un ingénieux
procédé de traitement des gadoues, dont on
commence à faire usage aux Etats-Unis.
^ Gardeners' Chronicle, 1894, II, p. 434.
- On voit, par la planche ci-jointe, que la cou-
leur rouge pâle orangée que le Masters :wait
observée en Angleterre se change, en France et
ailleurs, en un ton cocciné de la plus grande vi-
gueur et d’un effet ornemental superbe. — E. A.
3 Voir Revue horticole., 1897, p. 112.
Comme on va le voir, ce procédé concilierait
les exigences de l’hygiène avec les besoins
de la culture. Voici comment M. Girard ré-
sume la communication de M. Livache :
(( Les ordures ménagères, collectées au
moyen de chariots métalliques soigneuse-
ment couverts, sont distribuées automati-
quement dans de grands digesteurs en tôle
d’acier de 1'"'" 6 d’épaisseur, et pouvant
contenir 7 tonnes 5 par opération.
« Ces digesteurs reçoivent de la vapeur à
4 atmosphères, 5 pendant 6 à 7 heures ;
quand on juge l’opération terminée, on
laisse la condensation de la vapeur s’effec-
tuer, on fait tomber les matières dans une
vaste caisse munie d’un faux fond pouvant
contenir jusqu’à 250 tonnes.
« Le liquide de condensation qui s’écoule
est constitué par une véritable émulsion de
378
FRUCTIFICATION DE L’eLÆAGNUS REFLEXA.
la matière grasse, que l’on sépare ensuite
par repos et décantation.
« D’autre part, les matières solides, après
avoir été soumises à l’action de fortes
presses, sont envoyées dans un dessiccateur.
Grâce à la coction subie dans le digesteur
la matière séchée est devenue éminemment
friable, et, après pulvérisation et blutage,
elle fournit un produit pulvérulent, ino-
dore, parfaitement sec et susceptible d'être
conservé sans altération.
« 100 parties d’ordures ménagères, à
l’état vert, fournissent finalement 2,5 à 5 %
de matière grasse, vendue couramment
0 fr. 30 le kilogramme avant toute épura-
tion et de 12 à 18 % de matière sèche
vendue en moyenne 40 francs la tonne,
FRUCTIFICATION DE
Le dimanche 16 mai dernier, en condui-
sant les élèves de l’Association philotech-
nique de Paris chez MM. Groux et fils, pé-
piniéristes au Val d’Aulnay (Seine), nous
fûmes agréablement surpris en constatant,
au cours de notre promenade dans ce re-
marquable établissement, la fructification
abondante de VElæagnus reflexa, Dcne.
Ce fait nous a paru d’autant plus intéres-
sant que l’on n’a pas coutume de l’observer,
que nous sachions du moins, sous le climat
parisien ; et, à notre avis, il ne peut être at-
tribué qu’à la douceur relative du dernier
hiver. Il serait difficile en effet d’expliquer
autrement la fructification d’une espèce
qui, dans la région parisienne, fleurit nor-
malement en octobre-novembre, c’est-à-dire
à l’apparition des premiers froids, et que
l’on considère le plus souvent comme
plante d’orangerie.
Disons tout de suite que le spécimen sur
lequel nous avons pu observer une si bril-
lante fructification se trouvait dans une si-
tuation probablement très -favorable à
l’arbuste, c’est-à-dire au bas d’un talus lé-
gèrement abrité des rayons solaires, à
proximité d’un pont et tout au bord d’une
rivière, où ses rameaux longs, divariqués
et flexibles, produisaient, étant chargés de
ses nombreux petits fruits rougeâtres, en
forme d’olive, le plus gracieux effet qu’on
puisse imaginer.
Habituellement le mérite ornemental de
VElæagnus reflexa réside dans la beauté
de ses feuilles qui sont persistantes, alter-
nes, ovales, légèrement coriaces, assez
courtement pétiolées, d’un vert gai luisant
contenant la totalité de V azote et de V acide
phosphorique de la matière verte, mais
ayant une teneur un peu plus faible en po-
tasse. »
Ce procédé est appliqué depuis plusieurs
années à Philadelphie. C’est à la suite d’un
concours qu’il a été adopté par la ville de
New- York.
Une Compagnie s’est engagée à traiter
500 tonnes par jour et le traitement a com-
mencé le 1®^ août 1896.
Espérons que la question de l’incinération
des gadoues est définitivement enterrée.
Mais si on la soulevait de nouveau, il y au-
rait lieu de demander aux pouvoirs compé-
tents la mise à l’étude du traitement que
nous venons de signaler. H. Dauthenay.
,’ELÆAGNUS REFLEXA
et comme parsemées de petites écailles au
reflet argenté en dessus, écailles s’enlevant
facilement sous le grattement de l’ongle et
d’un riche coloris vieil argent pointillé de
rouille en dessous ; ces teintes contrastent
très-heureusement l’une avec l’autre lors du
mouvement des feuilles sous le souffle du
vent.
Les pétioles des feuilles et les jeunes
pousses sont recouverts d’une légère couche
écailleuse de rouille qui vient s’ajouter à
l’élégance originale du feuillage de l’ar-
buste.
Les fleurs nombreuses, relativement pe-
tites, tubuleuses, jaunâtres sont axillaires
et à odeur agréable. Elles sont le plus sou-
vent hermaphrodites, quelquefois aussi
unisexuées et se montrent en octobre et
novembre, ce qui explique la fructification
rare de cette intéressante espèce sous notre
climat.
Les fruits solitaires, géminés ou ternés,
charnus, courtement pédonculés, en forme
de petite olive, longs de 18 à 20 millimè-
tres, larges de 10 millimètres, souvent mu-
nis à leur extrémité du tube desséché du
périanthe, sont d’un coloris rouge terne
pointillé d’assez grosses écailles blanchâ-
tres. La partie charnue constituée par le
torus, c’est-à-dire par le pourtour du ré-
ceptacle qui dans le présent cas tapisse le
fruit avec adhérence et se moule sur lui,
est mangeable et sucrée. Le fruit propre-
ment dit est pourvu extérieurement de
huit sillons longitudinaux bien accusés ve-
nant se réunir aux deux extrémités, et
comprend une enveloppe coriace, feutrée et
NOUVEAUX DODÉCATHÉONS.
379
cotonneuse lorsqu’on la rompt, renfermant
une graine unique, brune, ovale, longue
(le 14 millimètres et large de 6 millimè-
tres.
UElæagnus reflexa n’est nullement dif-
ficile sur la qualité du terrain ; il s’accom-
mode volontiers des sols secs et calcaires,
mais prospère surtout dans ceux silico-ar-
gileux un peu frais. Il redoute les terrains
trop humides ou d’une trop grande compa-
cité.
Son climat de prédilection chez nous est
celui de l’Ouest et du Sud-Ouest qui a
beaucoup d’analogie avec celui de son pays
d’origine, c’est-à-dire le Japon où la flore
est si riche et si puissante.
Il peut atteindre des dimensions plus ou
moins grandes suivant les conditions de
sol et d’exposition. Dans un terrain qui lui
plaît, en situation plutôt ombragée que
trop insolée, ses rameaux prennent parfois
un grand développement, et il n’est pas
rare de leur voir acquérir une longueur de
7 à 8 mètres. On peut dans ce cas l’utiliser
pour tapisser des rocailles à l’exposition du
nord. En situation plus découverte, on peut
l’admettre dans les plantations en massif,
comme nous l’avons vu chez M. Croux, au
bord d’une pièce d’eau, site qui, nous le
répétons, semble lui être très-favorable, où
il se maintient plutôt touffu que trop
élancé.
La taille ne lui convient guère. On l’a-
dopte cependant lorsqu’il s’agit de régula-
riser sa forme parfois déséquilibrée. On le
multiplie soit par le semis pratiqué en
mars-avril en terrines en sol léger, soit le
plus souvent par le bouturage mi-herbacé
pratiqué en juillet-août, sous châssis, en
plein soleil, sans air et sans ombre, mais
en bassinant fréquemment, soit aussi par
le marcottage avec incision en Y fait à la
même époque que le bouturage.
VElæagnus reflexa^ d’après M. Charles
Baltet, est utilisé comme sujet pour rece-
voir la greffe des variétés intéressantes qu’il
a produit, notamment : V Elæagnus reflexa
foliis variegatis ; E. r. foins marginatis et
E. r. foliis pictis que l’on obtient ainsi plus
vigoureuses que franches de pied.
Ajoutons encore que, au cours de notre
promenade du 16 mai, nous avons aussi
constaté chez M. Croux la fructification
d’une espèce bien voisine de la précédente :
V Elæagnus pungens, Thunb. (E. Simonii,
Carr.), qui s’en distingue par un port plus
touffu, moins divariqué et plus régulier,
par ses feuilles à face inférieure vieil argent
mais non pointillées de rouille et par ses
fruits de même volume mais d’un coloris
rouge plus orangé.
Ces fructifications nous ont paru suffi-
samment intéressantes pour être consi-
gnées dans ce recueil et soumises à
l’attention des dendrologistes.
C. Grosdemange.
NOUVEAUX DODÉCATHÉONS
Beaucoup de visiteurs de l’Exposition
d’horticulture qui s’est tenue aux Tui-
leries, en juin dernier, ont pu remarquer
un groupe de fleurs coupées de Gyroselles
(Dodécathéons) exposées par M. E.Thiébaut,
30, place de la Madeleine, Paris. Cet apport
formait une collection de 32 variétés et es-
pèces ou hybrides, dont presque toutes sont
des nouveautés, que l’on pouvait voir pour
la première fois en France et qui offrent un
intérêt tout particulier.
Il est à souhaiter que cette obtention de
formes nouvelles puisse tirer de l’oubli cette
charmante Primulacée, qui paraît bien
douée de toutes les qualités nécessaires
pour devenir maintenant une des plus dé-
licieuses plantes de collection pour ama-
teurs.
Que l’on se figure de toutes mignonnes
fleurs de Cyclamen réunies en bouquet,
au sommet d’une tige nue et mince, sor-
tant d’une touffe de feuilles ovales ; ces
fleurs sont roses, ou blanches, ou lilacées,
avec une charmante couronne à la base,
au point où leurs pétales se renversent pour
imiter ceux des Cyclamen.
Linné, trouvant une allusion poétique
aux douze grands dieux de l’Olympe, dans
les fleurs, généralement au nombre de 12,
qui composent l’ombelle de cette char-
mante plante, l’a appelée Dodecatheon
(des mots grecs dodeca, douze et théos
dieu) ; en France, nous la dénommons Gy-
roselle de Virginie ou plus simplement
encore Douze-dieux.
Le genre Dodecatheon, fondé par Linné,
appartient à la famille des Primulacées et
comprend quelques espèces de plantes vi-
vaces, rustiques sous notre climat, prove-
nant des régions froides de l’Amérique
septentrionale. En voici une brève des-
cription :
380
NOUVEAUX DODÉCATHÉONS.
Dodecatheon Clevelandi, Greene. Califor-
nie, 1890. — Pâleurs violet-bleu, à centre jaune
et noir. Paraît voisin du D. Meadia.
D. integrifolium, Mich. Amérique du Nord,
1829. Synonyme : D. splendens^ Hort. —
Feuilles petites, ovales, entières, presque spatu-
lées ; hampe de 15 à 18 centimètres terminée
par 3 à 8 fleurs dressées, d’un rose lilas ou
pourpre, avec les pétales blancs à la base. Flo-
raison de mai en juin. Gracieuse espèce naine.
D. Lemoinei, Hort., 1889. — Hybride ob-
tenu par M. Lemoine, de Nancy, entre le D.
integrifolium et le D. Jeffreyi (D. Meadia lan-
ci/oh'wm). Intermédiaire entre les deux parents.
D. Lemoinei robustum, Hort., Lemoine. —
La couleur des fleurs est d’un beau rose
fuchsine cerclé de blanc ; c’est le D. integri-
folium plus robuste, plus élevé et à plus
grandes fleurs.
D. Meadia, Linné. Amérique du Nord, 1744.
— Feuilles en touffe toutes radicales, presque
dressées, ovales oblongues, atténuées en pé-
tioles et irrégulièrement dentées ; hampe cylin-
drique de 25 à 40 centimètres, terminée gé-
néralement par douze fleurs élégamment pen-
chées, à divisions relevées comme chez les
Cyclamens, d’un rose pupurin, marquées d’une
tache verdâtre et portant une élégante cou-
ronne de dix taches pourpres sur fond jaune
au point où les divisions se renversent. Florai-
son de mai en juin.
Cette dernière espèce a produit plusieurs
jolies variétés dont voici les plus connues :
D. Meadia flore albo, Hort. — Fleurs blan-
ches, un peu plus délicates que le type.
D. M. elegans, Hort. — Feuilles plus courtes,
plus larges que chez le D. Meadia; la hampe
florale est aussi plus courte et les fleurs sont
plus nombreuses et de couleur foncée.
D. M. frigidum, Hort.
D. M. giganteum, Hort. — Plante plus forte
dans toutes ses parties que le type ; feuillage
plus blond et floraison un peu plus hâlive. On
en cite une variété à fleurs blanches.
D. M. Jeffreyanum, Hort., Montagnes Ro-
cheuses, 1867. Synon. : D. M. lancifolium,
Hort. — Cette plante est portée sur les cata-
logues horticoles simplement sous le nom de
D. Jeffreyanum ou plus souvent Jaffrayanum
ou Jaffrayanus ; on la considère cependant
comme une variété bien distincte du D. Meadia.
— Feuilles grandes, de 15 à 25 centimètres de
long, étroitement spatulées, rétrécies à la base,
ayant un peu de ressemblance avec de grandes
feuilles d’Oseille ; hampe atteignant 50 à 60 cen-
timètres de hauteur, portant une ombelle bien
fournie de fleurs grandes, rose vif ou lilacé,
jaunes à la base. Floraison en mai et juin.
D. M. splendidum, Hort. — Fleurs au
nombre de quatre à dix, cramoisies, avec un
cercle jaune.
Les plantes susnommées, qui appar-
tiennent toutes au commerce, se trouvaient
éclipsées, dans l’exposition de M. E. Thié-
baut, par une série de 26 nouveautés bien
supérieures, sous tous les rapports, aux
types connus jusqu’à ce jour.
Ces nouveautés, auxquelles on peut ac-
corder une origine hybride, sont le résul-
tat de fécondations artificielles bien com-
prises, complétées par une sélection
soigneuse tendant à augmenter la grandeur
des fleurs et à varier leurs coloris.
La liste qui suit comprend des plantes
toutes jolies où l’on trouve des coloris nou-
veaux dans le genre, variant du blanc pur
au violet, en passant par toute une gamme
de ton rose, carmin et lilas.
Alice, blanc légèrement rosé.
Bucephalus, lilas.
CatOy lilas clair et carmin.
Clorinde, blanc et rose.
Darling, lilas très-clair.
Donna Maria, rose.
Giant, lilas.
Ja7nes Cook, lilas.
Longffellow, rose tendre.
Lord Salisbury, blanc légèremenl rosé.
Maximus, rose.
Mont-Blanc, blanc.
Multiflora, blanc rosé.
Premier Gladstone, lilas et blanc.
Pink Beauty, rose carné.
Pink Perfection, rose.
Princesse Wilhelmine, blanc légèrement
rosé.
Rose Qween, lilas rosé.
Rosy Gem, lilas et rose.
Sir John Faxbourg, lilas rosé.
Sir Walter Scott, blanc teinté rose et car-
min.
Snowflake, blanc pur.
Victor Hugo, blanc.
Village Maid, blanc pur.
Vondel, violet.
White Siuan, blanc pur.
Les Gyroselles affectionnent les expositions
mi-ombragées, à l’abri des rayons directs
du soleil, et végètent particulièrement bien
dans la terre de bruyère grossière ou du
terreau de feuilles additionné de sable ; les
terres légères et sableuses leur conviennent
aussi, mais elles ne donnent presque jamais
de bons résultats dans les sols argileux et
froids.
On ne peut mieux comparer leur culture
qu’à celle des Auricu\es, des Primula jap o-
nica et P. cortusoides ; elles se plaisent,
comme ces végétaux, en plates-bandes de
bruyère ou de terre franche légère exposées
au nord ou au levant. Elles conviennent aussi
très-bien pour former de jolies bordures au-
LE CONCOURS PUBLIC DE FLORICULTURE DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d’iIORTIGULTURE. 381
tour des massifs de plantes de terre de
bruyère : Azalea^ Rhododendron^ Kcdmia
et autres Ericacées, où elles font très-bon
effet ; enfin, la culture des plantes alpines
réussit bien à leur nature et elles peuvent
rivaliser, comme beauté, avec les plus déli-
cates fleurs des Alpes.
Les Gyroselles sont rustiques et sup-
portent parfaitement les rigueurs de nos
hivers ; quelques variétés sont cependant
un peu délicates et souffrent des hivers hu-
mides ; il est bon de couvrir leur souche
d’une couche de feuilles sèches ou de paille
longue. Leur plantation peut se faire à la
rigueur au printemps, mais il est préférable
sous tous les rapports de la pratiquer d’août
en novembre, lorsque ces plantes sont à
l’état de repos ; c’est d’ailleurs à cette époque
que les spécialistes recommandent la planta-
tion. On peut les multiplier par la division
des touffes et par le semis des graines. Les
touffes doivent être divisées en automne,
au moment de la plantation. Le semis, peu
employé, est assez difficile dans sa réussite ;
il vaut mieux semer les graines dès leur
maturité, en terre de bruyère fine, en
terrines que l’on place sous châssis froid,
au nord, comme un semis de plantes des
Alpes. On peut encore semer de décembre
en mars, en même temps que les Primevères
des jardins et autres plantes vivaces, mais
toujours à froid et à l’ombre.
Les délicates fleurs des Gyroselles sont
d’autant ptus. jolies qu’elles fleurissent
mieux à l’abri des intempéries, et comme
elles gagnent surtout à être vues de près,
nous conseillons aux amateurs d’employer
le moyen suivant pour les admirer à l’aise :
empoter les touffes en octobre-novembre,
dans de la terre de bruyère un peu tour-
beuse, les hiverner sous châssis froid et les
mettre en mars dans la serre froide bien
aérée et le plus près du vitrage.
Ces plantes ne réussissent pas si elles sont
soumises au forçage.
Jules Rudolpii.
LE CONCOURS PUBLIC DE FLORICULTURE
DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D’HORTICULTURE DE FRANCE
Dès rentrée, et en plein air, le visiteur s’ar-
rêtait devant une gracieuse corbeille renfer-
mant 60 variétés de Fuchsias exposées par
M. A. Nonin. Il en est un certain nombre que
leurs coloris tranchés et leur forme distincte
désignent de préférence à l’attention des ama-
teurs, tels que : Phénoménal, dont la fleur
mesure 6 centimètres de diamètre, à calice
rouge, corolle à très-larges pièces, semi-dou-
ble, violette; Amélie Aubin, calice blanc et
corolle rouge ; LVecto compacta, fleurs dres-
sées, calice rose tendre, corolle rose, tube ca-
licinal allongé ; Antigone, fleur courte à tube
très-court, calice blanc aux sépales infléchis,
corolle rouge; Gloire des Marchés, calice rouge
aux sépales réflexes, corolle très-pleine, blan-
che ; Cupidon, calice aux sépales étalés en
étoile, rouge ; corolle violette à divisions larges,
plante très^florifère ; etc.
Le centre de la salle était occupé par les
Cannas. Ceux de MM. Billard et Barré n’ont
pas démenti la réputation qu Us ont acquise.
On y remarque une plante de semis non en-
core dénommée, à feuillage pourpre brun, aux
fleurs très-grandes, étalées, consistantes, d’un
diamètre allant jusqu’à 13 centimètres en long
comme en large; sur le même épi, 6 fleurs
sont ainsi épanouies à la fois. La couleur est
d’un rouge cuivré uniforme et reflété de feu.
On retrouve aussi dans le même lot les Cannas
Austria et Italia; celui-ci présente un épi dont
4 fleurs sont bien épanouies à la fois. Puis on
note de fort belles variétés qui représentent
les derniers progrès obtenus dans la sélection
de la race Crozy : Alexandre Billard, feuil-
lage brun, épi volumineux, fleurs rouge sang;
Ami Jules Chrétien, très-large fleur abricot,
feuillage vert ; Agnès Sorel, couleur de la Gi-
roflée jaune nuancée rouge, feuillage vert;
Madame Perrin des Isles, rose cerise pâlis-
sant au centre, feuillage vert; Madame Barré,
rouge et cuivre, très-florifère, feuillage vert;
et enfin d’excellentes variétés de fond telles
que : Souvenir de Madame Crozy, Baronne
Thénard, Mademoiselle Liska Lorenez, Ami-
ral Avellan (Rozain 1894), Mme d’or, nou-
veauté de 1896, feuillage vert, fleurs très-nom-
breuses, jaune presque pur; plante très-flori-
bonde.
Le lot de Cannas de M. Massé, horticulteur
à Lagny, était fort bien présenté, avec un éti-
quetage judicieux, mentionnant, non seulement
les noms des obtenteurs, mais l’année des ob-
tentions. Ce lot comprenait plusieurs variétés
inédites; à recommander : Attika, deDammann
et .C‘% plante à feuillage pourpre brun, ne
s’élevant pas à plus d’un mètre, aux fleurs très-
grandes, résistant bien au soleil, de couleur
abricot passant au chamois; H. Wendland,
amélioration, obtenue par l’exposant, du Canna
Italia; Goliath, d’importation allemande, à
épi volumineux, portant un grand nombre de
fleurs bien ouvertes, d’un rouge sang éclatant;
feuillage vert; la plante est à la fois peu feuil-
UN INSECTE NUISIBLE AU POIRIER : AGRILUS SINUATUS.
382
lue, très-floribonde et de grand effet; Madame
Férard (Grozy, 1897), plante de végétation
lente, mais peu feuillue ; feuillage vert, fleurs
très-grandes saumon rosé. On note aussi
d’excellentes variétés un peu moins récentes,
telles que Secrétaire Viviand-Morel, pétales
vermillon vif et écailles d’un beau nankin;
Charles Paul, d’une végétation étonnamment
vigoureuse, aux grosses tiges, aux énormes
bourgeons, à fleur orange; Président Elysée
Garnier, ne dépassant pas un mètre, etc.
Mais le gros intérêt de ce concours public
résidait assurément dans la présentation re-
marquable des Glaïeuls de MM. V. Lemoine
et fds, de Nancy.
Il nous paraît impossible de rêver, dans ce
genre, des formes plus parfaites, des tenues
plus irréprochables, des nuances plus rares et
plus délicates. A ce dernier point de vue, nous
présenterons aux lecteurs une série échelonnée
des coloris bleu-violacés et violets que nous y
avons notés; ils sont numérotés du plus clair
au plus foncé :
1. Marc Micheli. 5. Général de Nansouty
2. Nébuleuse. 6. Tombouctou.
3. Schiapparelli. 7. Baron Joseph Mulot.
4. Micromégas.
Dans les autres nuances, on remarquait
surtout : Madame Desbordes-Valmore, chair
avec deux macules capucine ; Deuil de Carnot,
palissandre velouté; Ferdinand Kegeljan,
rouge grenadine à reflets glacés; Tsarine,
lilas de Perse; G.-A. G?iijk, solférino clair
maculé de blanc; Peau-Rouge, rouge lavé d’ar-
doise comme si un encrier avait été renversé
sur les fleurs ; Jarry-Desloges, rouge ponceau
velouté, etc.
MM. Lemoine exposaient aussi toute une
série de Glaïeuls nouveaux, à macules jaunes,
hybrides du Gladiolus dracocephalus.
Après avoir vu ces belles variétés, que
dire des autres présentations de Glaïeuls,
si bien composées et si bien ordonnées qu’elles
soient? Celles de M. Tréfoux, d’Auxerre, et de
M. Gravereau, de Neauphle, étaient assuré-
ment intéressantes. Il faut signaler, dans celle
de M. Gravereau, une nouveauté. Triomphe de
Paris, remarquable par son inflorescence, qui
est fleurie sur toutes ses faces. Le coloris est
d’un joli jaune crème avec des stries rouge ce-
rise ; les fleurs sont grandes et très-bien ou-
vertes. Le même exposant avait aussi de bons
Zinnias.
Les amateurs de Phlox vivaces pouvaient
composer de beaux choix dans les lots de M. Mil-
let, de Bourg-la-Reine et M. Boivin, de Louve-
ciennes.
On revoyait aussi avec plaisir les beaux
Monthretia de M. Welker, et les Bégonias flo-
rifères deM. Welker fils.
Terminons par l’exposition de M. J. Sallier ;
c’était la seule en plantes de serre fleuries. On
y remarquait surtout un beau spécimen de
Medinilla magnifica, un pied de Cissus disco-
lor, un autre de Plumbago capensis, puis des
Saintpaulia ionantha Campylobotrys Ghies-
breghtii, et une collection de 40 Lantana par
noms. Enfin M. Sallier a raison de recomman-
der le Convolvulus mauritaniens : c’est une
plante à la fois grimpante et tapissante, très-
floribonde, et dont l’emploi devrait être plus
répandu. H. Dauthenay.
UN INSECTE NUISIBLE AU POIRIER : AGRILUS SINUATUS
Le 10 juin courant, j’ai fait sur VAgrilus
sinuatus une communication à la Société
nationale d’horticulture. Il m’a été de-
mandé d’en faire un extrait pour la Revue
horticole. Je me rends avec plaisir à cette
invitation.
Cet insecte a déjà été l’objet d’un ar-
ticle de M. Gitton L II pourrait donc sem-
bler superflu d’y revenir ; cependant,
comme il existe, entre les différents obser-
vateurs, des divergences d’opinions, no-
tamment en ce qui concerne la marche de
la larve, j’ai cru intéressant de relater ici
les observations que j’ai faites à ce sujet :
C’est en juin 1889 que j’ai, pour la pre-
mière fois, constaté les ravages de la larve,
sans connaître l’espèce à laquelle elle ap-
partenait. Jusqu’en mai 1896 j’ai observé à
maintes reprises cette larve et les dégâts
qu’elle occasionne. A cette date j’ai pu
trouver dans leurs loges de transformation
quelques insectes parfaits que j’ai remis
le 25 février au docteur Laboulbène, qui a
bien voulu m’en donner la détermination
spécifique et faire à ce sujet une communi-
cation intéressante
Les observations que j’ai faites au sujet
de cet insecte concordent, presqu’en tous
points, avec celles que M. Gitton a relatées
dans son article.
J’ai observé l’insecte non seulement fré-
quemment chez moi (aux environs de
Saint-Germain), mais encore en divers
autres points de Seine-et-Oise : Ecoles de
2 Docteur Laboulbène. Communication à la So-
ciété nationale d’agriculture de France, 19 mai
1897 (Bulletin de juin 1897).
^ Revue horticole, 1897, p. 133.
UN INSECTE NUISIBLE AU POIRIER : AGRILUS SINUATUS.
383
Grignon, de Villepreux, d’horticulture de
Versailles ; à Louveciennes, etc.
Lors de ma communication à la Société
d’horticulture, divers arhoriculteurs m’ont
dit avoir constaté également les ravages de
la larve, mais sans savoir à quel insecte
elle appartenait
L’insecte parfait éclôt généralement fin
mai ; après l’accouplement, la femelle pond
sur les branches ou la tige des Poiriers dont
l'écorce est encore lisse. Les œufs éclosent
peu après et la petite larve pénètre dans
l’épaisseur de l’écorce traçant une galerie
peu sinueuse, dont la direction est presque
toujours descendante. Au-dessus du pas-
sage de la larve on voit alors, le plus sou-
vent, l’écorce se crevasser légèrement,
marquant ainsi le passage de la larve
(AA’, fig. 133).
Après avoir ainsi tracé dans l’épaisseur
de l’écorce, tout en se rapprochant du bois,
une galerie dont la longueur est d’environ
10 centimètres, la larve arrive dans la zone
génératrice et poursuit sa marche descen-
dante, se nourrissant des jeunes tissus en
formation, aubier et liber. Sa galerie de-
vient alors de plus en plus sinueuse (A B)
en zigzags accentués. L’amplitude des si-
nuosités est à peu près constante, comme
on le voit sur la figure. Souvent, mais non
pas toujours, la larve décrit un cercle
complet autour de la branche, puis reprend
sa marche descendante en zigzags.
Sur le trajet de la galerie on voit l’écorce
se dessécher, puis s’exfolier par places (elle
présente ainsi l’aspect d’un chancre débu-
tant).
Vers le mois de septembre de la deuxième
année, la larve atteint tout son développe-
ment ; elle pénètre alors obliquement dans
le bois et s’y creuse une loge oblongue, ou-
verte sous l’écorce Cette loge achevée, la
larve en bouche, avec un peu de sciure,
l’extrémité affleurant sous l’écorce, puis
attend sa transformation en insecte par-
fait, qui n’a lieu qu’au printemps sui-
vant.
La distance qui sépare le point de départ
de la loge à transformation est, suivant les
cas, de 40 à 80 centimètres, parfois plus.
Si l’on songe que la galerie est fort si-
nueuse, ou voit que la longueur totale de
1 II faut bien se garder de confondre cette larve
avec d’autres larves vivant dans le bois ; larves de
longicornes, de Cossus, etc.
- La larve creuse parfois sa loge plus tôt. J’ai
trouvé cette année, dès le mois de juin, des larves
ayant achevé leurs loges.
I i
la galerie est beaucoup plus considérable
A la fin de mai, l’insecte débouche l’ex-
trémité de sa loge,
puis tranche l’é-
corce, générale-
ment complète-
ment morte et
desséchée en cet
endroit et s’é-
chappe de sa pri-
son. On aperçoit
alors, sur l’écofce
desséchée, le trou
par lequel l’in-
secte est sorti et
dont la forme est
en rapport avec
celle du corps de
l’insecte; en voûte
fortement sur-
baissée.
L’insecte par-
fait (fig. 134) a
de 9 à 10 milli-
mètres de long
sur 1 à 3 milli-
mètres de large.
La tête est grosse,
presque cubique ;
les yeux sont gros
et saillants ; les
antennes presque
filiformes. Le cor-
selet est court ;
les élytres, à épau-
les saillantes, sont
allongés, termi-
nés en pointe. Le
dessus du corps,
en entier d’un
violet cuivreux,
est finement ru-
gueux. Les seg-
ments de l’abdo-
men, lisses, por-
-
3 M. Puton n’assi-
gne à ces galeries
qu’une longueur de
10 à 25 centimètres
(Voyez Revue horti-
cole, du 16 mars
1897). J’ai toujours,
comme M. Gitton,
observé une lon-
gueur beaucoup plus
grande. D’ailleurs,
avec une aussi faible
longueur, la larve ne
pourrait trouver la somme de nourriture néces-
saire à son développement. (F. P.)
Fig. 133. — Branche atta-
quée par la larve de l’A-
grilus sinualus.
AA’. Crevasse de l’écorce au-
dessus du passage de la
larve.
A’B. Galerie creusée dans l’au-
bier, branche écorcée.
B. Loge de transformation.
384
UN INSECTE NUISIBLE AU POIRIER : AGRILUS SINUATUS.
tant quelques poils rares, sont d’un vert
métallique nuancé de violet. Les dessous
du corselet et de la tête sont finement ru-
gueux.
La larve apode (fig. 135), très-molle, est
aplatie; ses deux bords sont sensiblement
parallèles ; sa coloration est d’un blanc
nacré. La tête noire est enfoncée dans le
premier segment thoracique qui est plus
large que les deux autres et que les seg-
ments abdominaux. Le deuxième et le troi-
sième segment sont courts, presque annu-
laires. Les segments suivants, jusqu’au
neuvième, sont sensiblement rectangu-
laires, un peu ailés. L’avant- dernier article
est généralement élargi à sa base. Le der-
nier article, subdivisé en deux, est terminé
Fig. 134. — Agrilus Fig. 135. — Larve de
sinuatKs. V Agrilus sinuatus.
Insecte parfait grossi 5 fois. Grossie 3 fois.
par deux appendices cornés, pointus, de
couleur brune, formant une sorte de pince.
La forme de la larve n’est pas absolument
constante et, suivant les cas, elle est relati-
vement plus ou moins allongée. La forme
de l’avant-dernier segment est assez va-
riable ; tantôt à peine élargi, il se présente
au contraire parfois comme garni de deux
tubercules (fig. 136).
La larve de V Agrilus est fort nuisible au
Poirier. Les branches attaquées languis-
sent, puis le plus souvent périssent. Elles
souffrent notamment à la suite de la péné-
tration de la larve dans le bois. Sur les
branches très-vigoureuses la mort ne suit
pas l’attaque (en général du moins), mais
elles languissent plus ou moins et les bour-
relets cicatriciels semblent ne pas pouvoir
recouvrir la galerie décrite par la larve, qui
ainsi persiste pendant denombreusesannées.
L’insecte peut déposer ses œufs sur la tige
des arbres qui alors périssent en entier, le
plus souvent.
On peut trouver plusieurs larves dans
une même branche.
Il n’y a pas de moyens pratiques de
soustraire les arbres à l’attaque de cet in-
secte.
L’insecte, très-agile, est difficile à cap-
turer, il s’envole au moindre danger et
jamais je n’ai pu même le voir sur les
feuilles. C’est contre la larve qu'il faut sur-
tout lutter.
Lorsque l’on constate l’attaque sur une
branche, il faut suivre la galerie, recher-
cher la larve et la tuer. Si l’opération est
faite assez tôt, la branche se guérit la plu-
part du temps. Si, au contraire, la larve
poursuit sa marche, la mort de la branche
survient souvent, ou tout au mçins elle
Fig. 136. — Partie postérieure de la larve.
Grossie 5 fois.
reste languissante pendant fort longtemps.
La blessure produite par le couteau est ce-
pendant plus étendue, souvent plus pro-
fonde, que celle produite par la larve, et
cependant sa guérison est plus facile ! Il
■ me paraît hors de doute que la larve sé-
crète un principe qui est toxique pour la
branche, une « toxine » qui détermine
la mort de l’écorce au-dessus de la galerie
et du bois, tout à l’entour et au delà même
de cette galerie. L’arbre tout entier semble
souvent souffrir de cette attaque, comme si
le poison se diffusait dans tout son être, et
il faut parfois de nombreuses années pour
qu’il surmonte l’état de souffrance qui en
résulte.
Tous les arboriculteurs savent que l’on
peut impunément, dans la majorité des
cas, pratiquer sur les ramifications du
Poirier des blessures assez étendues et
qu’elles se cicatrisent très-facilement en
général. La galerie très-peu profonde de la
larve, au contraire, entraîne la mort de
l’écorce et du bois sur une assez grande
SOCIÉTÉ NATIONALE D^HORTIGULTURE DE FRANCE.
B85
profondeur et à la suite souvent la mort de
la branche, ce qui semble bien indiquer
l’etfet d’une sorte de poison h Aussi lors-
qu’une branche est fortement attaquée, le
mieux est, en général, de la couper et de
provoquer ainsi l’émission d’un bourgeon
de remplacement qui servira à établir une
nouvelle branche charpentière.
Les fragments attaqués seront brûlés,
peur assurer la destruction des larves qu’ils
pourraient contenir.
VAgrilus sinuatus n’a jusqu’à présent
été signalé dans aucun traité d’arboricul-
ture. Aucun des traités d’entomologie agri-
cole que l’on consulte en général, Brehm,
Maurice Girard, etc., ne cite l’insecte.
Kaltenbach, dans son travail sur les enne-
mis du Poirier, ne le signale pas non plus.
Boisduval citel’/4. viridis (Linné) comme
nuisible au Poirier; il lui donne comme
synonymie le nom d’A. Pyri. Cette espèce
très -polymorphe habite, en réalité, les
bois, et je crois qu’elle n’attaque pas les
Poiriers ; en tout cas, je ne l’y ai jamais
observée. B semble très-probable que
Boisduval a fait confusion entre VA. viri-
dis et 1’^. sinuatus ^
L’A . sinuatus dont il est question ici a
été observé, signalé et décrit par de Mar-
seul le docteur Puton \ le capitaine
Xambeu (la larve) % M. Gitton et l’auteur
de ces lignes \ Pierre Passy,
Arboriculteur,
Maître de conférences à l’École de Grignon.
SOCIÉTÉ NATIONALE D’HORTICULTURE DE FRANCE
SÉANCE DU 8 JUILLET 1897
Très-peu de présentations au Comité, étant
donné le concours public de ftoriculture qui
ouvrait le même jour. Le plus curieux des ap-
ports était assurément le beau et énorme pied
dTpomopside élégante présenté par M. Ferdi-
nand Jamin. Il est rare que cette plante
bisannuelle soit aussi parfaite de forme et d’ap-
parence aussi robuste que celle qu’on nous a
montrée. On a cherché les divers noms qu’elle
porte ; en voici quelques-uns ; Gilia coronopi-
folia, Pers. ; Cantua coronopifolia, Willd. ; C.
elegans, Poir. ; C. incta, Poit. ; C. pinnatifida,
Lamk.; Ipomopsis elegans, Michx. Aujour-
d’hui leslpomopsis sont généralement rattachés
au genre Gilia, de môme que les Fenzlia et les
Leptosiphon.
Notons pour mémoire les fleurs coupées de
Giroflée quarantaine à grande fleur de
MM. Cayeux et Leclerc, les Œillets de Chine
de M. Le Gouteulx, les Bégonias nouveaux (?)
de M. Couturier et le semis de Tritoma San-
dersi, plus beau que le type, de M. Cochet-
Cochet.
Orchidées
M. Mantin continue la présentation de ses
hybrides. Nous y retrouvons le Lælio-Gattleya
olivetensis, mais indiqué cette fois comme étant
le résultat du croisement du Lælia pumila
supérha et du Cattleya Leopoldi, tandis
qu’à l’exposition des Tuileries nous croyons
avoir lu : L. anceps morada X C. Bowrin-
giana. Et comme nous n’avons pu comparer
les deux spécimens, nous ignorons s’il s’agit de
1 Le docteur Laboiilbène partage cette opinion ;
il pense que ce sont les glandes salivaires qui se-
crétent le poison.
deux hybrides différents ou s’il y a une erreur
quelconque dans nos indications. M. Mantin
présentait aussi deux formes provenant du croi-
sement des Cattleya Labiata Warneri et C.
Scliilleriana ; l’une, dénommée C. Russelliana
major, a. le labelled’un pourpre intense; l’autre,
jaune soufre, est le C. Russelliana sul-
phurea ; puis un Cattleya Heloisiæ {C. Mos-
siæ X C. Forbesii superba), de quelque res-
semblance avec le C. Parthenia, ainsi qu’un
Cypripedium Charpinianum {C. Spiceria-
num X C. Morganiæ), dont malheureusement
la forme n’est pas parfaite.
M. Ragot avait, comme apport, deux plantes
intéressantes : le Cattleya Rex, aux sépales
blancs et au labelle pourpre entouré de jaune;
et le Miltonia vexillaria radiosa, belle fleur
d’un rose uni Un bon point aussi à M. Lavan-
chy pour son joli Trichopilia suavis margi-
nata de couleur lie-de-vin.
Section des Roses
M. Cochet-Cochet avait apporté des rameaux
d’un Rosier hybride des Rosa rugosa et R.
lutea, et qui pourra devenir intéressant plus
tard. Une collection de 800 variétés de Roses,
en fleurs coupées, de M. Rothberg, nous eût
certainement paru digne de figurer au con-
cours de ftoriculture, au lieu d’une simple
- Boisduval, Essai sur V entomologie horticole,
1867.
3 Journal V Abeille, 1865.
^ Revue d'entomologie. Caen, 1883.
s Revue d' entomologie, Caen, 1893.
s Revue horticole, 16 mars 1897.
7 Journal de la Société d' horticulture et Traité
d’arboriculture fruitière, juin 1897.
386 PLANTES NOUVELLES OU PEU CONNUES DÉCRITES DANS LES PUBLICATIONS ÉTRANGÈRES.
présentation du Comité. Mais ce ne fut pas
l’avis du jury du concours qui l’a refusée, sous
ce prétexte « que les Roses ne sont pas aujour-
d’hui des fleurs de saison ». Ceci prouve qu’il
faut s’attendre à tout. Cette collection était
remarquable tout à la fois par le grand nombre
de variétés de fond qu’elle contenait, et par
la belle venue des fleurs.
Arboriculture d’ornement
Une série d’apports intéressants, présentés
par M. Charles Baltet : des rameaux fleuris
de deux Althéas {Hibiscus Syriacus) de semis,
l’un carmin vif et l’autre bleu ardoisé ; des ra-
meaux fleuris du Troène de Quihou, qui est une
bonne plante pour rocailles, à l’instar des
Cotoneaster. Puis des fruits plutôt ornemen-
taux, voire même industriels, qu’alimentaires,
— témoins ceux du Ptelea trifoliata, qui riva-
liseraient avec le Houblon pour la fabrication
de la bière, à l’instar du Buis, si les Houblons
n’étaient pas en baisse; ceux du Prunus
Mume^ que les soldats japonais mettent dans
leurs sacs et qu’ils mangent pour apaiser leur
soif; ceux du Berheris dulcis, comestibles
à Magellan, etc.
Une jolie touffe de Cissus helerophyllus
foliis variegatis était présentée par M. Du-
mont-Carlin.
Arboriculture fruitière
Toujours de très-beaux apports deM. Fatzer :
cinq monstrueuses grappes de Raisin Fran-
kenthal et cinq non moins monstrueuses de
Raisin Gradiska. Puis 15 Pêches de semis,
nouvelle variété dénommée Louis Fontaine^
fruit gros, très-coloré, fondant, juteux, jugé
bon par le Comité à la dégustation ; chair légè-
rement vineuse autour du noyau; variété à
essayer en culture de plein air.
De M. Enfer, du domaine de Pontchartrain,
de très-beaux Raisins Muscat cV Alexandrie ^
soumis à la culture forcée, ainsi que de très-
belles Pêches Grosse Mignonne ^ de même cul-
ture. Voilà qui est bien pour encourager les
forceurs à pratiquer cette spécialité sur une
plus grande échelle.
M. Grive, amateur à Villeneuve-le-Roi, pré-
sentait une corbeille de Prunes hâtives Bonne
de Bry, fruit très-bon, à recommander. M. G.
Boucher avait apporté une caisse d’une Poire
hâtive Lawson^ venant d’Amérique. Le fruit
est peu juteux, légèrement parfumé, assez bon
en somme, mais il est gros et très-coloré.
Culture potagère
Avec la Fraise remontante Jeanne d’Arc, de
végétation vigoureuse et de floraison proli-
fique, que présentait M. Édouard Lefort, nous
voilà en présence de quatre variétés réelle-
ment remontantes. Laquelle détiendra défini-
tivement le « record » de cette course au filet
fructifère? Pour l’état actuel de la question,
nous renvoyons le lecteur au précédent nu-
méro de la Revue horticole L
Une autre variété intéressante est le Fraisier
des Quatre-Saisons sans filets, obtenu de semis
par M. Lapierre, et qu’il présentait à cette
même séance. Elle forme d’énormes touffes
pourvues d’une abondante production.
H. Dauthenay.
REVUE DES PLANTES NOUVELLES OU PEU CONNUES
FIGURÉES OU DÉCRITES DANS LES PUBLICATIONS HORTICOLES ÉTRANGÈRES
PENDANT LE PREMIER SEMESTRE DE L’ ANNÉE 1897*
Hemipilia amethystina, Rolfe (Orchidées), B. M.,
tab. 7521. — Burma. Genre dont '6 espèces seu-
lement sont décrites. Fleurs petites, à pétales
blancs et pourpres. Labelle bordé de blanc ;
disque de couleur améthiste.
Holothrix orthoceras, Reichb. f. (Orchidées),
B. M., tab, 7523. — Afrique du Sud. Espèce
voisine de VH. Lindleyana, à petites fleurs,
nombreuses, blanches, rayées de rouge-pourpre
sur le labelle.
Hoodia Gordoni, Sweet, Gard. and. For., 1897,
p. 76, fig. noire, 10 (Asclépiadées). — Afrique
australe. Plante voisine des Stapelia, dont le
port rappelle exactement celui d’un Cactus.
Côtes garnies d’épines de couleur jaune. Fleurs
naissant en glomérules au sommet de la tige,
à corolle rotacée, à limbe étalé, de 12 centi-
mètres, d'un brun jaunâtre teinté de rose. Cou-
' Voir Revue horticole, 1897, p. 342.
2 Voir Revue horticole, 1897, p. 362.
ronne cramoisie marquée d’un œil, de couleur
rose.
Leptospermum scoparium, Forst., var. grandi-
florum, The Gard., 1897, p. 390, pl. color.
1120 (Myrtacées). — C’est un des plus beaux
arbrisseaux cultivés dans les serres. Introduit
depuis 1817, de graines reçues de Port-Jackson.
Il est peu connu. Pendant la moitié de l’année,
il se couvre de charmantes fleurs roses ou
blanches teintées de rose.
Ligustrum coriaceum, Nois. (Oléinées), B. M.,
tab. 7519, Revue horticole, 1874, p. 418, fig. 56
et 1888, p. 439, fig. 101. — Japon. Cet ai buste,
introduit en Angleterre par Fortune, n’est peut-
être qu’une forme du L. japonicum. Il s’élève
à l'n ou 2“ de hauteur ; ses feuilles sont per-
sistantes, coriaces, avec une étroite bordure
rouge sur la face supérieure. Fleurs d’un blanc
jaunâtre, petites, en têtes globuleuses, formant
une panicule de 6 à 12 centimètres de lon^
gueur.
PLANTES NOUVELLES OU PEU CONNUES DÉCRITES DANS LES PUBLICATIONS ÉTRANGÈRES. 387
Lilium pardalinum, Kellogg. (Liliacées), Gard,
and For., 1897, p. 144. — Californie. Espèce
très-variable de formes; elle aime les lieux
humides et peut s’élever à 2 mètres de hau-
teur.
Masdevallia X Henriettæ, Krânzl. (Orchidées),
Lind., tab. 557. — Hybride entre M. ignea, var.
et M. Shuttleworthi.
Maxillaria Houtteana, Reichb. f. (Orchidées),
B. M., tab. 7533. — Guatémala et Vénézuéla.
Le M. Houtteana est très-voisin du M. tenui-
folia. Il fleurit en serre froide, à Kew, en avril;
ses fleurs durent un mois ou plus. Les fleurs
ont 6 centimètres de diamètre, à sépales jaune
terne en dehors, d’un brillant rouge pourpre au
dedans et bordés de jaune d’or. Labeile non
lobé, arrondi au sommet. Gallus avec taches
rouge brun et stries pourpres.
Maxillaria Sanderiana, Reichb. f. (Orchidées), B.
M., tab. 7518. Bevue horticole, 1894, p. 326. —
Écuador. Le M. Sanderiana, une des plus
belles espèces du genre, est assez voisin du
M. grandiflora. Il s’élève jusqu’à une altitude
de 1,300 mètres dans les Andes du Pérou. Fleurs
de 12 centimètres environ de diamètre. Sé-
pales et pétales d’un blanc pur, excepté vers la
base qui est d’un beau rouge pourpre, couleur
qui s’étale au-dessus pour former des macules.
Labeile à lobe terminal jaune, à bords cris-
pés et légèrement rayés de pourpre. Cul-
ture en serre froide.
Melastoma heteromallum, D. Don {Tibouchina
heteromalla, Cogn.) (Mélastomacées), The
Gard. 1897, p. 244; pl. color. 1112. — Brésil.
Relie plante de serre chaude.
Michauxia Tchihatchewii, Fischer et Meyer
(Campanulacées). G. C., 1897, p. 181, figure
noire 53. — Monts Taurus. Belle plante, sans
doute bisannuelle et rustique sous nos climats ;
elle croît à une hauteur de 1,600 mètres et porte
un magnifique épi de fleurs blanches de 60 cen-
timètres de long, la plante s’élevant elle-même
à 2 mètres environ.
Muscari conicum, Baker. The Gard., 1897,
p. 136, pl. color. — Charmante espèce très-flo-
rifère, aux épis d’un beau bleu. Patrie ?
Myrmecodia Antoinii, Beccari (Rubiacées), B.
M., tab. 7517. — Détroits de Torrès. Plante
singulière surtout par les dimensions considé-
rables de son tubercule globuleux et épineux
qui atteint, sur l’exemplaire cultivé à Kew,
60 centimètres de circonférence.
Odontoglossum crispum, Lindl., var. diverses
(Orchidées), Lind., tab. 545-568.
— Ruckerianum, Rchb. f., var. ocellatum (Or-
chidées^ G. C., 1897, p.265. — Très-belle forme
de l’O. Andersonianum .
Oncidiiim Phalænopsis, Lind. et Rchb. f., var.
excellens, L. Lind. (Orchidées), Linrf., tab. 553*
Paracaryum heliocarpum, Kerner. (Borraginées),
B. M., tab. 7520. — Plante vivace, rustique,
des plus hautes montagnes de l’Himalaya. In-
troduite en 1840, elle est disparue des cultures.
Cymes pèles, à longs pédoncules; fleurs éloi-
gnées, à corolle campanulée, rose pourpre avec
un limbe d’un bleu foncé. Fleuiit en mai, aux
jardins de Kew.
Phajus X Marthæ, Hort. (Orchidées), Lind., tab.
561. — Hybride issu des P. Bhmei et P. tuber-
culosus.
Phajus X Norman (Sanderianus, Hort. X tu-
berculosus). (Orchidées), G. G., 1897, p. 245.
— Nouvel hybride horticole.
Pseudotsuga macrocarpa (Conifères), Gard. and.
For., 1897, p. 24, fig. noire 5. — Montagnes de
la Californie. Bel arbre remarquable par ses
cônes de grandes dimensions (18 à 24 centi-
mètres de longueur) et par son feuillage d’un
gris-bleuâtre particulier. Il a été décrit par
Torrey, en 1860, comme Abies Douglasii, var.
macrocarpa. Introduit dans les cultures, il
constituerait un arbre ornemental de valeur
pour la région méditerranéenne.
Pyrus occidentalis (Rosacées), Gard. and. For.,
1897, p. 86, fig. noire 11. — Jolie petite espèce
alpine, distincte, des hautes montagnes de la
Californie, s’élevant à peine à 1 mètre de hau-
teur.
Ribes erythrocarpum (Saxifragées), Gard. and.
Por. ,18J7,p. 184, fig. noire 21. — Joli Groseillier
découvert en 1896 par M. le D' F.-V. Coville,
dans les montagnes de l’Orégon, à une altitude
de plus de 2,000 mètres. C’est un arbrisseau à
tiges couchées, non épineuses, hirsutes, qui
portent des grappes de fleurs rougeâtres aux-
quelles succèdent des fruits écarlates. Cet ar-
buste mériterait peut-être d’entrer dans les jar-
dins.
Sambucus leiosperma, Leib. (Caprifoliacées),
Gard. and. For., 1897, p. 174, fig. noire 20.
— Nouveau Sureau â baies rouges des hautes
montagnes de l’Orégon et de Washington; il a
été distingué du S. racemosa par M. John
B. Leiberg.
Sambucus melanocarpa, A. Gray (Caprifolia-
cées), Gard. and. For., 1897, p. 134, fig. noire
16. — Montagnes-Rocheuses. Cet arbrisseau ne
se distingue guère du S. racemosa que par ses
fruits noirs.
Selenipedium Boissierianum, Rchb. f. (Orchi-
dées), G. G., 1897, p. 54, fig. noires 13 et 14. —
Pérou. Belle espèce peu connue, décrite pour la
première fois en 1858.
Senecio Smithii, D. G, (Composées), B. M., tab.
7531. — Sud du Chili et Terre-de-Feu. Beau
Séneçon découvert en 1769 par Banks et So-
lander dans le premier voyage de Cook. C’est
une herbe vivace pouvant s’élever à plus de
1 mètre de haut. Les capitules sont nombreux,
réunis en corymbe terminal. Fleurs ligulées,
blanches, au nombre de 20 ou 30. Disque jaune
d’or.
Syringa (Ligustrina) amurensis, Rupr. (Oléi-
nées), B. M., tab. 7534. Revue horticole, 1877,
p. 453. — Arbrisseau ou petit arbre très-remar-
quable introduit du Japon en Amérique par le
professeur Sargent. Il est aussi indigène en
Chine, Mandchourie et Corée. Ses fleurs,
presque inodores, paraissent en juin à Kew ;
elles sont petites, nombreuses, d’un blanc crème
pâle et disposées en têtes globuleuses dont l’en-
semble forme une énorme panicule composée
de 30 à 60 centimètres de longueur sur 16 à
24 centimètres de largeur.
Tillandsia Dugesii, Baker (Broméliacées), Gard,
and. For., 1897, p. 44, fig. noire 7. —
Mexique. Superbe et rare Tillandsia à feuilles
longues, glauques, ensiformes-sétacées. Brac-
tées inférieures longues, d’un cramoisi brillant
à rachis de même couleur. Panicule de 30 cen-
timètres ou plus, composée d’épis de fleurs
388
CORRESPONDANCE.
corolle d’environ 4 centimètres et d’un pourpre
foncé. Plante de serre très-ornementale.
Tremandra verticillata, Hueg. (Trémandrées),
Rev. hort. belg., 1897, p. 133, pl. color. —
Australie. Jolie plante introduite vers 1842 et
disparue des cultures après avoir eu beaucoup
de vogue en Belgique. Rameaux grêles avec un
délicat feuillage verticillé rappelant, par l’aspect,
celui des Asparagus de serre. Fleurs nom-
breuses, à corolle campanulée d’un beau
violet.
Trevoria Chloris, F. G. Lehm. (Orchidées), G. C.,
1897, p. 345, fig. noire 128. — Nouvelle espèce à
petites fleurs verdâtres qui croît à 1,700 mètres
dans les Andes de Colombie.
Trichopilia brevis (Orchidées), The Gard.., 1897,
p. 370, pl. color. 1109. — Pérou. Belle plante in-
troduite il y a soixante ans, et peu répandue.
Pseudobulbes de 10 à 12 centimètres de hau-
teur portant une feuille unique d’environ 24 cen-
timètres de longueur. Sépales et pétales d’un
jaune variable et ornés souvent de larges ma-
cules brun marron. Labelle d’un blanc pur.
Fleurs en grappes courtes.
Tristania laurina, Br. (Myrtacées), B. M., tab.
7529. — Australie orientale. Arbuste ou arbre de
grande taille à rameaux et pétioles d’un rouge
brun. Feuilles lancéolées, vert foncé à la face
supérieure. Les fleurs sont d’un beau jaune
orange, en cymes axillaires courtement pétio-
lées.
Vanda Sanderiana, Rchb. f. (Orchidées), Lind.,
tab. 547. — lies Philippines. Une des merveilles
de la serre chaude. Sépales et pétales plats,
largement arrondis, délicatement colorés de
rose. Sépales latéraux réticulés de pourpre sur
fond jaune. Labelle court, non éperonné. Ce
Vanda réclame beaucoup de lumière,
Wistaria chinensis, var. multijuga. Van Houtte
(Légumineuses) B. A/., tab. 7522. — Japon. Va-
riété remarquable par ses grappes de üO centi-
mètres et plus de longueur. Les fleurs sont plus
petites de moitié que dans le type de l’espèce.
D. Bois et G. Gibault.
CORRESPONDANCE
M. G. L. (Pas-de-Calais). — Des deux
plantes dont vous nous avez envoyé des échan-
tillons secs, la première, à fleurs violettes, est le
Géranium sylvaticum^ belle espèce commune
dans les pays de montagnes. La seconde est
l’Immortelle blanche du Gap (Helichrysum
vestitum, Less.).
M. A. B. {Seine-Inférieure). — Le Luculia
gratissima se rencontre trop rarement dans le
commerce, à cause de la difficulté de sa cul-
ture. Le Muséum de Paris le cultive. Vous
pourriez peut-être essayer, en écrivant au di-
recteur, de l’obtenir en échange d’une autre
plante que cet établissement ne posséderait
pas.
Quant aux Podalyres du Gap, on ne les
cultive plus et cela est regrettable. La plante
dont vous avez pu vous procurer des graines
est la Podalyre de la Caroline (Baptisia aus-
fmîis), jolie plante qu’on peut avoir facilement.
No 3329 (Hérault). — 1° Coupez la tête à
votre Araucaria excelsa, il repoussera très-
bien. C’est même le moyen qui est employé
pour obtenir des boutures de flèches à rameaux
bien verticillés. Mais quand les sujets sont de
mauvaise forme ou dénudés des branches du
bas, il vaut mieux en élever d’autres que de
chercher à les refaire.
2o Le Traité des Conifères de Carrière, ex-
cellent livre, est épuisé en librairie. Essayez de
le chercher chez un bouquiniste. Nous pouvons
encore vous indiquer l’ouvrage de Beissner,
mais il est en allemand, et celui de Veitch
(Manual of Coniferæ) en anglais.
3o Le spécialiste tout désigné pour les Né-
rions est M. F. Sahut, horticulteur à Mont-
pellier (Hérault).
iV° 3274 (Gard). — Votre plante est le Li-
gustrum Regelianum. L'autre échantillon ap-
partient à un arbuste très-joli et très-rare, le
Fendlera rupicola.
Nous vous enverrons les autres renseigne-
ments demandés dès que nous pourrons nous
les procurer.
M. N. S. (Tarn). — Les nouvelles variétés
à fleurs doubles de Clematis Viticella sont, en
effet, des plus curieuses. Plusieurs ont des
fleurs pleines comme des Roses Pompon. Jus-
qu’à présent, elles restent dans la gamme vio-
lette ou lilas plus ou moins foncé. La Revue
suit de près ces nouveautés dont plusieurs
seront prochainement publiées.
No 3569 (Nord). — - Les Raisins que vous
avez envoyés ne présentent pas trace de pa-
rasites végétaux ; aucune des maladies bien
connues et redoutables (mildiou, oïdium) ne
peut être incriminée ; les altérations rappellent
beaucoup l’aspect des grains soumis à l’échau-
dage, c’est-à-dire ayant subi l’action d’un soleil
très -intense. Si vous observez des altéra-
tions nouvelles, vous pourrez nous adresser
des échantillons ; les traitements anticrypto-
gamiques étant inefficaces dans le cas que vous
nous soumettez. — (L.-M.).
Orléans. — lmp. G. Jacob, Paul Pigelet, successeur.
Le Directeur- Gérant t L. Bourguignon.
CHRONIQUE HORTICOLE.
389
CHRONIQUE HORTICOLE
Le Mérite agricole. — Lycoris sqiiamigera. — Adjonction aux Bégoniacées. — Croissance des plantes
diurne et nocturne. — Pour faire fleurir le Romneya CoulterL — Lælio-Callleya X Pallas. —
Fasciation d’une tige de Rosier. — Les progrès des jardins royaux de Kew. — L’Ortie comestible.
— L’absorption du calorique par les plantes à feuillage rouge.
Le Mérite agricole. — Le Journal offi-
ciel du 15 août a publié les promotions et
nominations faites dans l’ordre du Mérite
agricole, à l’occasion de la fête nationale
du 14 juillet. Nous y relevons celles qui
intéressent l’horticulture :
1° Grade d’officier :
MM.
Grousse (François-Félix) horticulteur à Nancy
(Meurthe-et-Moselle) : lauréat de nombreux
concours et expositions. Plus de 30 ans de
pratique agricole. Chevalier du 13 juil-
let 1887.
Forestier (Jean-Glaude-Nicolas), conservateur
du bois de Vincennes, directeur de l’École
municipale et départementale d’arboricul-
ture. Chevalier du 22 novembre 1887.
Henneguy, professeur à l’École nationale d’hor-
ticulture de Versailles : 22 ans de services.
Chevalier du 10 novembre 1889.
Jacquart (Élie), négociant et horticulteur à
Bain-de-Bretagne (Ble-et-Vilaine) : nom-
breuses et importantes récompenses dans
les concours et expositions en Érance et à
l’étranger. Chevalier du 24 juillet 1890.
2° Grade de chevalier ;
MM.
Aubépart (Joseph), horticulteur-maraîcher à
Chaumont (Haute-Marne) : a professé l’arbo-
riculture à l’École normale d’instituteurs.
Travaux de culture des champs d’expériences
et de démonstration. Nombreuses récom-
penses ; 30 ans de pratique horticole.
Boutin (Victor), horticulteur à Saintes (Cha-
rente-Inférieure) ; a dirigé pendant plusieurs
années la pépinière départementale et le
cours de greffage. 30 médailles, dont 5 en
or, dans divers concours régionaux agricoles.
Lauréat de la prime d’honneur d’horticul-
ture (1894); 35 ans de pratique horticole.
Cabourg (Georges-Prosper), président de la
Société régionale d’horticulture d’Elbeuf
(Seine-Inférieure) ; création de cours d’ar-
boriculture. Membre du jury dans de nom-
breuses expositions d’horticulture ; 15 ans
de pratique horticole.
Gaillol (Fortuné-François), jardinier en chef
de la ville de Marseille (Bouches-du-Rhône) ;
50 ans de pratique hortioole.
1er Septembre 1897 »
Debrie (Bernard), horticulteur à Paris (Seine):
plusieurs récompenses dans diverses expo-
sitions internationales ; 28 ans de pratique
horticole.
Dencausse (Dominique), horticulteur à Ba-
gnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées) : ser-
vices rendus à l’horticulture de la région.
Plusieurs récompenses dans différents co-
mices agricoles.
Deneux (Louis-Paul-Adalbert), industriel et
propriétaire-horticulteur, maire de Gagny-
les-Amiens (Somme) : création d’une vaste
culture horticole. Plusieurs récompenses ;
18 ans de pratique horticole.
Farjenel (Octave-Chéri- Amédée), commandant
d’infanterie en retraite, propriétaire à Bourges
(Cher) : mise en valeur de terrains incultes.
Création de potagers militaires. Reconstitu-
tion de vignobles.
Ferhat (Mouley abda ben Taïeb) adjoint indi-
gène des Béni Maïda (Alger) : plantations
d’arbres fruitiers, d’essences forestières et
de vignes. Transformation de l’outillage
agricole ; 34 ans de pratique agricole.
Ferret-Régis (Gustave), propriétaire-horticul-
teur à Bordeaux (Gironde) : vice-président
de la Société d’horticulture de la Gironde.
Plus de 30 récompenses dans divers con-
cours et expositions ; 30 ans de pratique
horticole.
Gétiaux (Gharles), secrétaire de la Société
d’horticulture de Sedan (Ardennes) : services
importants rendus à l’enseignement agricole.
Publications agricoles ; 20 ans de pratique.
Guéroult (Noël), ancien jardinier à Mirville
(Seine-Inférieure) ; travaux importants de
drainage. Propagation des meilleures espèces
fruitières. Publications agricoles ; 45 ans de
pratique agricole.
Héricourt (Léon-Félix), cultivateur à Fontenay-
sous-Bois (Seine) : professeur du cours pra-
tique d’arboriculture aux écoles 'de Fontenay-
sous-Bois. Concours exceptionnel pour l’exé-
cution de la statistique agricole- décennale
de 1892.
Hugues (Prosper-Hippolyte), directeur de l’é-
cole Saint-Roch à Nice (Alpes-Maritimes) :
services rendus à l’enseignement agricole et
horticole. Introduction dans la région de dif-
férents instruments aratoires perfectionnés.
A collaboré à l’établissement de la statis-
tique décennale agricole. Plusieurs récom-
penses ; 28 ans de pratique agricole et hor-
ticole.
17
390
CHRONIQUE HORTICOLE.
Jalbert (Marie -René-Hippolyte), notaire et
agriculteur à Saint-Chély-d’Apcher (Lozère) :
travaux de drainage. Amélioration des di-
verses races d’animaux de trait et de repro-
duction. Développement de l’arboriculture ;
15 ans de pratique agricole.
Jusseaud (Claude), horticulteur à Sainte-Foy-
les-Lyon (Rhône) : organisation d’écoles de
greffage. Membre du jury dans divers con-
cours et expositions agricoles ; 28 ans de
pratique horticole.
Lascoux (Antoine), ingénieur agronome à Ar-
bois (Jura) : président de la Société de viti-
culture et d’horticulture d’Arbois.
Lequatre (Jean-Marie), maraîcher à Ivry (Seine):
concours exceptionnel pour l’exécution de la
statistique agricole décennale de 1892; 35 ans
de pratique agricole.
Levadoux (Jean), horticulteur à Riom (Puy-de-
Dôme) : services rendus à l’arboriculture de
la région par la sélection d’essences frui-
tières. Nombreuses récompenses, dont plu-
sieurs médailles d’or et membre du jury
dans divers concours et expositions ; 60 ans
de pratique horticole.
Loron (Antoine-Claude), horticulteur-pépinié-
riste à Dammartin(Seine-et-Marne) : amélio-
rations importantes des pépinières de la ré-
gion. 75 médailles d’or et d’argent dans di-
vers concours et expositions horticoles et
agricoles ; 17 ans de pratique.
Marenge (Albert-François), propriétaire-horti-
culteur à Caudéran (Gironde) : secrétaire de
la Société d’horticulture de la Gironde, Nom-
breuses récompenses, dont plusieurs mé-
dailles d’or, dans diverses expositions horti-
coles ; plus de 20 ans de pratique.
Messerschrnitt (Valentin), propriétaire, maire
de Guélaat-bou-Sba (Gonstantine) : impor-
tants travaux de plantations et de greffages.
Propagation des meilleures méthodes em-
ployées en horticulture. Plusieurs récom-
penses ; 46 ans de pratique agricole.
Moïse (Léonce), chef de culture à Messempré
(Ardennes) : mise en valeur de différents
engrais. Améliorations de terrains. Plusieurs
récompenses et membre du jury dans divers
concours et expositions agricoles. Publica-
tions agricoles; 18 ans de pratique agricole
et horticole.
Nadal (Pierre), horticulteur à Périgueux (Dor-
dogne) : amélioration de la culture des
plantes de serre chaude. Plus de 70 mé-
dailles dans divers concours régionaux et co-
mices agricoles ; 47 ans de pratique horti-
cole.
Nicolas (Victor-Marie-Henri), horticulteur à
Marseille (Bouches-du-Rhône) : nombreuses
récompenses dans différentes expositions
horticoles et industrielles ; 15 ans de pra-
tique horticole.
Nivet (Henri), horticulteur-paysagiste à Limo-
ges (Haute-Vienne) ; secrétaire de la Société
d’horticulture de Limoges. Vive impulsion
donnée à la culture des fleurs. Nombreux ar-
ticles sur les questions agricoles. Plusieurs
récompenses; 15 ans de pratique horticole.
Pottier (Arsène), directeur du jardin d’acclima-
tation à Hyères (Var) : membre du jury dans
de nombreuses expositions horticoles fran-
çaises et étrangères. Importants voyages
scientifiques ; 43 ans de pratique horticole.
Sallier (Hippolyte), horticulteur à Blois (Loir-
et-Cher) : services rendus à l’horticulture
de sa région ; 50 anè de pratique horticole.
Mme Savigny, horticulteur à Seillans (Var) :
importants travaux d’irrigation. Mise en va-
leur de terrains incultes. Grande extension
donnée à l’horticulture de la région. Nom-
breuses récompenses.
Simon (Pierre-Jean), horticulteur à Malakoff
(Seine) : plusieurs récompenses dans diver-
ses expositions d’horticulture. A collaboré
aux travaux de statistique agricole décen-
nale ; 29 ans de pratique horticole.
Tillier (Jean-Benoît), constructeur de ser-
rurerie à Marcigny (Saône-et-Loire) : inven-
tion et perfectionnement d’instruments agri-
coles et horticoles. Nombreuses récom-
penses ; 30 ans de pratique.
Lycoris squamigera. — Notre collabora-
teur, M. Micheli nous écrit les lignes sui-
vantes sur une jolie Amaryllidée dont la
culture doit être spécialement recommandée :
« Le Botanical Magazine^ dans son numéro
dule’' août (T. 4547), a figuré le Lycoris squami-
gera. Je ne veux pas laisser passer cette publi-
cation sans attirer, sur cette plante, l’attention
des lecteurs de la Revue horticole. Elle est
absolument rustique : depuis plus de 20 ans,
je la vois ffeurir chaque année dans le jardin
de M. le Di* Hénon, à Annemasse (Haute-Sa-
voie) qui l’a rapportée lui-même du Japon. De
là, elle a passé dans mon jardin où elle fleurit
également très -facilement. C’est une plante
très-décorative dont les grappes de fleurs roses
attirent l’attention de tous ceux qui la voient.
Son apparence générale rappelle beaucoup
celle de V Amaryllis Belladona. Mais elle
fleurit plus facilement que celle-ci, qui sou-
vent se borne à émettre des feuilles au prin-
temps et laisse passer l’automne sans donner
de fleurs. Elle est en même temps un peu
plus précoce et fleurit trois à quatre semaines
plus tôt (du 1er au 15 août). Comme chez beau-
coup d’Amaryllidées, la corolle porte, près de
la base des étamines, un anneau formé de
petites écailles, première trace de la couronne
développée chez les Narcisses. L’absence de
cet anneau est justement un des caractères dis-
dinctifs du genre Lycoris. D’autre part, notre
plante est bien différente d’aspect des Lycoris
aurea, radiata, etc. Il y a donc là une ques-
tion de nomenclature à revoir. Il faut ou revi-
ser les caractères des Lycoris ou rattacher la
plante qui nous occupe à un autre genre, Du
CHRONIQUE HORTICOLE.
391
reste tous ces genres, produit du démembre-
ment de l’ancien genre Amaryllis, sont très-
voisins les uns des autres et difficiles à distin-
guer. »
En attendant le règlement de la question
scientifique, nous pouvons nous contenter de
la valeur ornementale de cette plante, qui
formera une nouvelle et aimable recrue
à nos parterres.
Adjonction aux Bégoniacées. — M. Ca-
simir de Candolle ne se consacre pas seule-
ment à l’étude des Pipéracées. Il se préoc-
cupe aussi de compléter les travaux de son
illustre père, et, tout récemment encore,
il s’est livré à une étude approfondie des
Bégoniacées. Il a examiné les espèces spon-
tanées à Gosta-Rica, représentées, ainsi
que plusieurs autres, dans une collec-
tion que MM. Durand et Pittier lui ont
confiée. Le savant botaniste a pu y déter-
miner cinq espèces nouvelles : Bégonia
cuspidaia, B. harhayia, B. Biolleyi, B.
Tonduzii, B. hygrophylla, ainsi que
deux variétés de ce dernier, B. hygro-
phylla puherula et pilosior et une variété
tuberosa du B. ignea. On ne peut encore
savoir jusqu’à quel point ces espèces pour-
ront avoir un intérêt horticole ; aussi
renvoyons-nous les personnes que leur des-
cription exacte pourrait intéresser dès à
présent au Bulletin de la Société royale
de botanique de Belgique, tome XXXV
première partie.
Croissance des plantes, diurne et noc-
turne. — M. A. Buyssens, jardinier chez
M. le comte O. de Kerchove, à Gand, s’est
livré à d’intéressantes expériences sur la
croissance comparée des plantes le jour et
la nuit. La conclusion en est bien celle qu’il
fallait en attendre : les plantes poussent
toujours plus le jour que la nuit, aussi bien
en serre — chaude, tempérée ou froide — et
à température égale qu’en plein air.
Les tableaux que publie, à cet égard, la
Revue de V Horticulture belge et étrangère,
indiquent des observations intéressantes.
Par exemple, en serre tempérée, le Mé-
déola {Myrsiphyllum asparagoides, Y^iWd.)
pousse, en moyenne, le jour, de 9 milli-
mètres, et la nuit, de 6. U Asparagus te-
nuissimus, en serre chaude, croît environ
de 13 millimètres le jour, et de 8 la nuit.
A chaleur modérée mais égale (-{- 18®), il
croît de 9 millimètres le jour et de 4 la
nuit. U Anthurium Hookeri pousse en
longueur, le jour, par -{- 19», de 30 milli-
mètres et demi, et en largeur, de 17 milli-
mètres. La nuit, par -|- 16®, sa croissance
n’est plus que de 17 millimètres en lon-
gueur et de 5 en largeur.
Pour faire fleurir le Romneya Coulteri.
— Les amateurs qui cultivent le Romneya
Coulteri savent combien il est difficile de le
faire fleurir. Notre collaborateur, M. Marc
Micheli le sait mieux que personne, car il en
possède, au Cres.t,en pleine terre le long d’un
mur, une grosse touffe qui ne peut arriver à
donner des fleurs. Parmi les moyens indi-
qués pour y arriver, la manière suivante
est recommandée ; Les plantes doivent
rester en pots tout l’été et jusqu’aux pre-
miers froids. Mais après deux ou trois ge-
lées piquantes, alors que les boutons de-
meurent durs et paraissent ne plus vouloir
s’ouvrir, il suffit de rentrer les plantes en
serre froide. On a pu obtenir ainsi de su-
perbes fleurs, sous des climats analogues à
celui de Genève.
Lælio-Gattleya x Pallas. — M. O. de
Kerchove a signalé, dans la Revue de Vhor-
ticulture belge et étrangère, le Lælio-
Cattleya X Pallas comme étant l’une des
plus belles obtentions de MM. Veitch et fils.
Les sépales et les pétales de ce nouvel
hybride sont de couleur rose pourpre clair
nuancé de blanc. Les pétales, ondulés,
sont plus larges que les sépales. Le labelle
rappelle celui du Cattleya Dowiana, es-
pèce qui, dans ce croisement, a servi à
féconder le Lælia crispa.
Fasciation d’une tige de Rosier. —
La fasciation des liges ou des pédoncules
s’observe assez souvent chez un certain
nombre de végétaux que la culture inten-
sive rend pléthoriques, tels que la Renon-
cule asiatique, l’Amarante Crête-de-Coq,
le Réséda, le Myosotis, les Pélargoniums
zonés à gros bois, etc. Cet accident, par
lequel la forme aplatie ou rubanée se subs-
titue à la forme cylindrique, se fixe même
parfois par le semis, témoin le Samhucus
nigra monstrosa. Mais il ne s’observe
que très-rarement dans le genre Rosa.
C’êst la raison pour laquelle il faut enre-
gistrer la présentation faite par M. Émile
Lucet à la Société centrale d’horticulture
de la Seine-Inférieure, d’un Rosier issu de
la variété Paul Neyron, à tige franche-
ment fasciée. D’après le mémoire et la pho-
tographie insérés dans le bulletin de ladite
Société, la plante présenterait l’aspect d’un
392
CHRONIQUE HORTICOLE.
Phyllocactus phyllaiithoides, et aurait la
forme d’un (( sabre de cavalerie recourbé »,
de 65 centimètres de longueur, la plus grande
largeur étant au sommet. Alors, ce serait
plus exactement comparable à un cime-
terre turc. Il convient d’ajouter que la
végétation qui naît de cette curieuse tige
est d’un développement général assez limité,
et d’une chétive production florale.
Les progrès des Jardins royaux de
Kew. — Le Kew Bulletin a publié à
plusieurs reprises des détails historiques
et statistiques qui témoignent des progrès
accomplis par les Jardins royaux de Kew
depuis 1841, époque à laquelle ils furent
réorganisés. A cette époque, sir William
Hooker, nommé directeur, apporta de
l’Université de Glasgow son herbier et sa
bibliothèque, et il déploya une infati-
gable assiduité dans les recherches scienti-
fiques et dans l’universelle correspondance
qu’il entretint avec tous les voyageurs et les
botanistes de son temps. Sous sa direction,
l’établissement de Kew prit une fois pour
toutes le rang d’une institution botanique de
premier ordre. L’impulsion qu’il en reçut a
continué depuis à s’affermir, et il paraît cer-
tain qu’elle ne s’affaiblira pas dans l’avenir.
C’est en 1852 que l’herbier de sir W.
Hooker fut transféré sur l’emplacement
qu’il occupe actuellement. M. Georges Ben-
tham y réunit le sien, ainsi que sa biblio-
thèque, en 1854. En 1858, la Compagnie
des Indes Orientales transmit à Kew les
énormes collections botaniques recueillies
et réunies par ses agents. En 1867, à la
mort de sir W. Hooker, le gouvernement
de la Reine décréta propriété publique le
musée de Kew ainsi constitué.
C’est de Kew que sont sortis les plus
importants travaux de nomenclature bota-
nique de ce temps- ci : le Généra Planta-
rum, de MM. Bentham et Joseph Hooker,
commencé en 1862 et complété en 1883 ;
puis VBîdex KewensiSy commencé en 1885
par M. B. D. Jackson, secrétaire de la
Société Linnéenne de Londres, lequel fut
engagé pour une période de dix années
à cette tâche, aux frais de la famille de
Charles Darwin. U Index Kewensis repré-
sente aujourd’hui une somme de travail
que ne surpasse aucun des recueils publiés
par les autres établissements similaires du
monde.
Le nombre des ouvrages botaniques pu
bliés à Kew depuis 1841 est évalué à
environ 1,800.
Le nombre des visiteurs, pour la période
comprise entre 1886 et 1895, a presque
atteint un million et demi par an.
La quantité de plantes ayant un intérêt
horticole, décrites chaque année par les
soins de l’établissement, devient tellement
considérable que la publication annuelle
d’une liste de ces plantes a été jugée indis-
pensable.
L’horticulture et la botanique du monde
entier doivent à ce vaste établissement, si
bien doté, dirigé avec tant de science, d’art
et de dévouement, des bienfaits dont elles
doivent se montrer reconnaissantes.
L’Ortie comestible. — Notre confrère,
M. Viviand-Morel, a publié dans le Lyon-
Horticole une lettre d’un de ses correspon-
dants, M. Sarcé, de la Société des Agricul-
teurs de France. Cette lettre jette un jour
— peut-être pas si nouveau qu’on le pense
— sur l’utilisation de l’Ortie :
Une cuisinière, très « cordon bleu »,
n’était pas toujours prévenue par son maître
des invitations qu’il faisait. Il lui arrivait
parfois sept à huit invités qu’elle n’atten-
dait pas. Ne sachant plus, un jour, où don-
ner de la tête, elle fit des « épinards »
avec... des Orties, et reçut des compliments.
Ce fut tellement (( réussi » que le signa-
taire de cette communication a adopté ce plat.
MM. Paillieux et Bois, dans leur ou-
vrage sur les Nouveaux Légumes dliiver,
ont traité quelque peu de l’étiolat appliqué
à l’Ortie. Mais ils n’ont pas prévu son
emploi en vert.
Quand nous disons que cet emploi n’est
peut être pas très-inédit, nous faisons allu-
sion à certaines fruitières parisiennes qui,
dans la mauvaise saison, ont toujours à
vendre des « herbes cuites », comme on dit
à Lyon.
L’absorption du calorique par les
plantes à feuillage rouge. — M. Emile
Rodigas, dans le Bidletin d* arboriculture
de Gand, a résumé, au pointdevue horticole,
les recherches du professeur Stahl sur le
rôle physiologique de l’érythrophylle. Il
demeure acquis que cette substance absorbe
plus de calorique que le chlorophylle. Aussi
les plantes à feuillage rouge transpirent-elles
davantage que les autres, et présentent-elles
un plus grand degré de tension des tissus.
Même à l’ombre, les feuilles colorées de
rouge restent plus longtemps chaudes
quand l’air ambiant s’est déjà refroidi.
Éd. André.
BAUHINIA GflANDIFLORA.
393
BAUHINIA GRANDIFLORA
C’est un (les plus beaux végétaux' des ré-
gions équatoriales. Découvert d’abord au
Pérou par Dombey, il a été rarement re-
trouvé par les botanistes et paraît avoir une
aire géographique très-restreinte entre
l’Ecuador et le Pérou.
Lorsque M. Marc Michel! étudia et pu-
blia 1 les 156 espèces de Légumineuses que
je rapportai de
mon voyage
dans la Cordil-
lère des Andes
en 1876, il re-
marqua, sous
le n® 4317, de
beaux échan-
tillons fleuris
de cette es-
pèce, récoltés
sur les bords
du rio Daulé,
cours d’eau
important qui
descend des
pentes occi-
dentales du
Chimborazo
pour se jeter
dans le rio
Guayas. La
plante lui pa-
rut si belle
qu’il voulut
lui faire les
honneurs
d’une planche
spéciale, et il
s’exprimaainsi
à cette occa-
sion :
(( Nous avons pensé bien taire en donnant une
planche de cette magnifique espèce, qui bien
qu’anciennement connue et décrite dans le Pro-
dromes d’après un échantillon rapporté du
Pérou par Dombey, n’a jamais été figurée.
Elle est, du reste, peu commune dans les her-
biers et comme elle n’est pas de nature à
échapper aux collecteurs, elle est probablement
rare partout. t>
Avec ces échantillons complets et les ren-
1 Les Légumineuses de l'Ecuador et de la
Nouvelle-Grenade, de la collection de M. Ed. An-
dré, par M. Michel! (in Journ. de Bot., avril-
juin 1892).
seignements pris sur place, on peut établir
la description du Baiihinia grandiflora
(fig. 12G), qui est maintenant une plante in-
troduite, que je possède dans mon jardin
de Colombia, au golfe Juan, et qui a fleuri
dans le jardin botanique de Lisbonne, d’où
M. J. Daveau m’en a envoyé des fleurs, et
M. Cayeux de bonnes graines.
B au h ini a
g randiflora,
Jussieu 2. Petit
arbre, apparte-
nant à la section
Pauletia du
genre Bauhi-
nia, de 5 à
6 mètres de
hauteur, peu
touffu, à ra-
meaux pourvus
d’épines stipu-
laires. Feuilles
ovales ou sub-
cordées à la
base, tomenteu-
ses en dessous,
à folioles ovales-
obtuses parcou-
rues par 3 ou
4 nervures ; ra-
mules jeunes et
calices pubes-
cents. Fleurs
très-grandes,
s’ouvrant la
nuit, d’un blanc
pur, rappelant
la taille et l’as-
pect d’un beau
Cattleya blanc;
pédoncules axil-
laires portaîit
de 1 à 3 fleurs
ou le plus souvent solitaires ; bractéoles acu-
minées soyeuses; étamines plus courtes que
les pétales.
Grâce à l’introduction à Lisbonne et à
Cannes d’un arbre aussi rare et aussi beau
par ses fleurs, les amateurs de la côte médi-
terranéenne vont pouvoir le cultiver. Il y
fleurira aussi bien que les autres espèces
que l’on y possède déjà, soit à fleurs
blanches, soit à fleurs violettes. Les Bauhi-
nias sont remarquables, non seulement par
- In Foie. Suppl , I, p. 500 PC; Prodr., II,
p. 513; Journ. de Botan., jui* 1892, pl. IX.
394
GUÉRISON DE LA HERNIE DU CHOU.
leurs belles fleurs, mais par leur feuillage
étrange, à deux grands lobes obtus, le plus
souvent séparés jusqu’à la base, et qui se
replient pour le sommeil nocturne, comme
les feuillets d’un livre. Leurs rameaux sont
allongés ; leur feuillage est caduc, mais
dans le Midi ils gardent longtemps leurs
feuilles que les dernières rigueurs de l’hiver
font seules tomber.
Notre collaborateur M. Francisque Morel,
horticulteur à Lyon, possède quelques pieds
du Bauhinia grandiflora^ à la disposition
de ceux qui désireraient le cultiver.
Ajoutons qu’on peut l’obtenir en serre
froide ou tempérée, pourvu qu’elle soit
haute de 3 ou 4 mètres et puisse permettre
ainsi aux rameaux florifères de s’établir
librement. Ed. André.
GUÉRISON DE LA HERNIE DU CHOU
La hernie du Chou est due à un champi-
gnon microscopique ( Plasmadiophora
Brassicæ), qui se développe à la naissance
des racines primaires; elle est caractérisée
par la production d’excroissances et de nodo-
sités qui atteignent bientôt toutes les ra-
cinesL
Lorsqu’un terrain est envahi par ce para-
site, les Choux qu’on y cultive sont condam-
nés à mort avant d’avoir formé leur pomme.
Le seul remède, indiqué jusqu’ici pour se
débarrasser de cette maladie, était de rester
pendant trois ans de suite sans faire de
Choux à la même place. Souvent, c’est en
arrachant les vieux pieds que l’on s’aperçoit
du développement du champignon ; on met
de côté tous les pieds qui sont atteints de la
maladie et on les brûle quand l’arrachage
est terminé.
Il y a trois ans à pareille époque, nous
étions sur le point d’abandonner la culture
du Chou, lorsque nous eûmes l’idée d’em-
ployer les scories de chaux. On sait que les
scories de chaux ne sont pas autre chose
que des déhris de chaux mêlés ou non de
cendres de houille et provenant de la cuis-
son de la chaux, et que Ton jette habituel-
lement au remblai* quand la chaux est dé-
fournée.
A titre d’expérience, on bêcha trois
planches côte à côte. Quand elles furent
bêchées, hersées et râtelées, on sema, à
la pelle et dans la planche du milieu
des scories de chaux qui furent enterrées
par un tour de bêche à cinq centimètres
de profondeur ; ensuite on les mélangea
au sol par un hon hersage à la fourche,
puis on ensemença les trois planches.
Ceci fait, on couvrit les graines par un
léger hersage, de façon à ne pas trop les
enterrer. Pour les soustraire à la lumière et
les préserver de l’action desséchante de l’air
et du « pied noir », on les piétina par un
1 Voir Revue horticole^ 1897, p. 213.
temps sec. Nous appelons « pied noir » une
maladie qui n’est peut-être pas autre chose
que la pourriture « noire » ordinaire des
racines.
Cette maladie fait pourrir l’écorce des
jeunes plantes depuis la naissance des ra-
cines primaires jusqu’aux cotylédons. Lors-
qu’il n’y a plus de traces d’écorce, nos vieux
jardiniers disent que les plantes ont « la
jambe de bois ».
Or, le piétinage a pour effet de donner
aux jeunes plants une robuste constitution.
Qui n’a pas souvent remarqué que les
graines égarées dans les sentiers séparant
les planches donnent des plants plus vigou-
reux, plus trapus et plus sains que les autres ?
Mais on comprend que si l’on piétinait une
terre forte lorsqu’elle est encore humide,
on la tasserait au point que les graines, ne
trouvant plus la force de percer, en ger-
mant, un sol mastiqué, pourriraient en
terre. Nous piétinons donc toujours par un
temps sec; nous arrosons le semis deux
heures avant l’arrachage des plants, que
nous tirons, pour les arracher, un à un par
leurs feuilles ; on les a ainsi avec toutes leurs
radicelles, sans en casser une seule. Il est
à considérer aussi que les plants levés dans
un sol piétiné sont munis d’un très-grand
nombre de radicelles formant chevelu, ce
qui facilite beaucoup la reprise, tandis que
ceux qui ont poussé dans un sol par trop
meuble sont seulement pourvus d’une racine
pivotante et peu ramifiée.
Mais revenons à notre expérience. Le se-
mis fut opéré avec toutes les précautions
que nous avons indiquées plus haut. Toutes
les graines levèrent admirablement ; mais
seuls^ les semis de la planche intermé-
diaire furent exempts de maladie.
En présence de ce résultat efficace, tous
les plants de cette planche furent repiqués
et plantés en terre préalablement chaulée
avec des scories de chaux, et pas un seul
sujet n’a été atteint.
DE LA CONSERVATION DES GRAINES DANS LA TERRE.
395
Quant aux deux autres planches, elles
n’ont rien rapporté ; les semis étaient morts
avant d’avoir émis leur quatrième feuille,
tant la terre de notre jardin était infestée.
Au printemps dernier, nous avons planté
dans un jardinet attenant à notre maison
une douzaine de plants du Chou rouge nain
hâtif d’Erfurt. Quoique ce petit coin de
terre n’ait pas été planté en Choux depuis
huit à dix ans, cela ne les a pas em-
pêchés d’être violemment attaqués par la
hernie. Nous les avons radicalement guéris
en les arrosant au pied avec un lait de
chaux ; leur pomme était superbe au 1®*’ juil-
let.
Comme essai préventif, nous avions eu
l’idée, sans toutefois en espérer de bons ré-
DE U CONSERVATION DES
En 1894, la Revue horticole ^ eut l’oc-
casion de signaler un cas de longévité des
graines. En 1870, des champs couverts de
mauvaises herbes furent convertis en prai-
ries permanentes par M. James Salter, à
Basingfield (Angleterre). Chaque année, le
propriétaire faisait du foin avec sa pre-
mière récolte d’herbe et abandonnait la se-
conde aux moutons. Aucune des plantes
qui caractérisaient la végétation spontanée :
Sinapis arvensis, Papaver Rhœas, Fu-
maria officinalis, ne reparut. Mais en 1893,
c’est-à-dire vingt-trois ans après, M. Salter
ayant eu besoin de faire remuer une partie
du sol de cette prairie à 8 pouces de pro-
fondeur, de la terre de la couche inférieure
fut ramenée à la surface et il y leva une
grande quantité des herbes ci-dessus, no-
tamment la Moutarde (Smagns) et le Co-
quelicot [Papaver). De même plus tard, des
roues d’un chariot pesamment chargé
laissèrent des sillons qui restèrent quelque
temps tracés en rouge et en jaune par la
floraison de ces deux plantes.
Récemment, l’éminant collaborateur de
la Revue horticole., M. Ch. Naudin,
membre de l’Institut, a signalé à l’attention
de la Société nationale d’acclimatation de
France deux exemples curieux de conser-
vation des graines dans la terre.
En 1895, M. Naudin reçut du Gabon,
par les soins de M?*’ Leroy, évêque d’A-
linda et directeur des Missions dans cette
colonie, une certaine quantité de graines
que l’expéditeur avait emballées dans de la
‘ Voir Revue horticole, 1894, p. 343.
sultats, de plonger dans un lait de vieille
chaux une certaine quantité de pieds de
Choux-fleurs, avant de les planter à de-
meure; quatre jours après leur mise en
place, leurs racines étaient brûlées.
Si nous signalons cette mésaventure
caustique à l’attention des intéressés, c’est
uniquement pour leur épargner une perte
de temps et d’argent.
Pour en finir, résumons-nous en disant
qu’on se débarrasse facilement et prompte-
ment de la hernie du Chou en enterrant
à fleur de terre des scories de chaux dans
la proportion d’un hectolitre environ par
are de terrain.
Mahieu-Sanson.
Maraîcher, à Arques-la-Bataille.
GRAINES DANS LA TERRE
terre du pays. Il y en avait moins d’un
kilogramme et, si peu que ce fût, M. Nau-
din eut l’idée de semer cette terre dans un
pot. Quinze jours après, il y leva une ving-
taine de petites plantes, dont les graines, à
l’insu du collecteur, étaient contenues dans
la terre. Toutes ces plantes sont devenues
très-belles, grâce au climat de la Provence ;
elles possèdent des tiges et des rameaux
sarmenteux de 5 à 6 mètres de longueur.
Toutes sont des Gucurbitacées, mais il n’a
pas encore été possible d’en déterminer le
genre ni l’espèce, l’été de 1896 n’ayant pas
été assez chaud pour les faire fleurir. De là
à recommander aux collecteurs de végétaux
de recueillir de la terre autour des plantes
desquelles ils ne trouvent que des graines
peu mûres ou en mauvais état, ou encore
risquant d’être avariées par le voyage, il
n’y avait qu’un pas. M. Naudin le franchit,
et, à l’objection qu’il faudrait alors compter
sur le hasard, répond « sans doute, comme
le pêcheur qui jette son fdet à la mer sans
savoir s’il en ramènera quelque chose,
mais qui, en définitive, prend du poisson ».
C’est le fait relaté ci-dessus qui a amené
M. Naudin à rappeler un cas identique qui
se produisit chez lui il y a environ vingt-
cinq ans. Ayant reçu un petit sachet de
terre du Sahara, il l’étala dans un coin de
plate-bande et y vit sortir, après les pluies,
un Helianthemum à fleurs jaunes dont il
ne s’occupa pas alors autrement. La déduc-
tion est claire : si, par un changement de
régime pluvial comme il s’en produit par-
fois dans le cours des siècles, le Sahara de-
venait comparable au Soudan, cette vaste-
396
UNE VISITE AU JARDIN BOTANIQUE DE SINGAPORE.
région, aujourd’hui torride, ne tarderait
pas à se couvrir d’une épaisse végétation.
Des cas analogues à plusieurs de ceux
dont nous parlons se produisent parfois,
mais on ne les remarque pas toujours ;
ou bien, si on les remarque, on ne prend
pas toujours la peine de les faire connaître.
Pour ma part, je profite de l’occasion pour
signaler le suivant, que j’ai observé en 1889
dans les cultures dont j’ai la charge.
Le plateau de Montsouris, au sud de
Paris, est traversé longitudinalement par
le chemin de fer de Sceaux. Avant d’ar-
river au parc de Montsouris, on aperçoit,
en contre-bas d’une quinzaine de mètres de
la ligne, une partie des cultures de l’Asile
Sainte-Anne. Cette partie fut nivelée en
1867, pendant la période de fondation de
l’établissement. En 1889, c’est-à-dire
vingt-deux ans après, on eut besoin de
prolonger vers le jardin un séchoir à air
libre ; cette opération mit à nu une cer-
taine quantité de terre qui n’avait pas été
remuée depuis 1867. Cette terre étant
UNE VISITE AU JARDIN I
Il serait difficile de décrire l’enthou-
siasme du voyageur se rendant en Extrême-
Orient, quand, après avoir contemplé les
îles nues et brûlées qui parsèment la mer
Rouge et les côtes arides de l’Arabie, il
se trouve, après quelques jours de navi-
gation, en vue des côtes de Ceylan cou-
vertes de Palmiers au port si gracieux et au
feuillage si vert. Après un amoncellement
de noires scories où les yeux cherchent
vainement une plante, une trace de vie vé-
gétale, le luxe de la végétation équatoriale
lui est tout à coup révélé, mais son admi-
ration s’accroît encore, lorsque, dans le dé-
troit de Malacca, à quelques milles de Sin-
gapore, il passe près des nombreuses petites
îles couvertes d’une végétation tropicale qui,
sous ces latitudes, acquiert son plus splen-
dide développement.
A peine le paquebot est-il amarré à Sin-
gapore, que le passager peut admirer les
superbes Ravenala madagascariensis qui^
plantés sur le sommet d’une colline, res-
semblent à autant de larges éventails placés
là comme pour parer les rayons d’un soleil
ardent.
Après avoir visité cette ville si intéres-
sante, l’Européen ne peut renoncer au désir de
voir de près la brousse avec ses arbres gi-
restée étalée en une couche non loin de là,
il y leva au printemps suivant toute une
flore. Gela me permit de compléter certaines
lacunes de mon herbier : il y avait du Linaria
supina, de VA^itirrhmum Orontium^ du
Papaver duhium^ du Stachys recta, es-
pèces qui, sans être rares, ne courent pas
les chemins. Mais ce qui caractérisa sur-
tout l’apparition de ladite flore, ce fut la
présence, en grandes quantités, du Bark-
hausia setosa, sorte de Crépis rare aux
environs de Paris, et considéré d’ailleurs
comme y étant subspontané. Pourtant, je
n’ai pas trouvé ce Barkhausia dans les
terrains vagues des environs, et je suis
porté à croire qu’il fut apporté là avec les
terresqui, vingt-deux ansauparavant, furent
étalées sur le sous-sol calcaire, et avant l’ap-
port des terres arables qui les recouvrirent
ensuite, à 40 centimètres de hauteur. Les
graines s’en seraient donc conservées, pen-
dant ce laps de temps, dans la terre.
H. Dautiienay.
ITANIQUE DE SINGAPORE
gantesques et ses lianes qui se croisent dans
tous les sens.
Suivant une longue avenue plantée de
Mimosées américaines aux fleurs écarlates
et de Ficus henjaminea aux racines pen-
dantes, aux branches garnies de Dendro-
bium multiflorum, sous lesquels les Mi-
mosa pudica forment un épais tapis de
verdure constellé de boules roses; après
avoir traversé le quartier européen, remar-
quable par la beauté de ses parterres plantés
de Palmiers, de Bananiers, de Bambous, de
Grotons, de Dracénas et autres plantes tropi-
cales, le touriste arrive devant l’entrée du jar-
din botanique (fig. 127). Habilement dessiné,
situé dans un endroit vallonné, planté d’ar-
bres et d’arbustes distribués avec goût sur
un tapis de gazon vert foncé et de plantes
introduites de toutes les contrées chaudes
qui, sous le climat de Singapore, croissent
avec une vigueur extraordinaire, ce jardin
laisse dans l’esprit du visiteur un souvenir
ineffaçable.
Suivant l’allée principale qui fait le tour
de l’immense parterre, je remarque, à l’en-
trée, deux corbeilles de Lonicera ma-
crantha, Chèvrefeuille nain du Népaul, en
fleurs; VElæis guinecnsis, Palmier à huile,
étale ses longues feuilles à côté de VHy-
Fig. 127. — Vue dans le jardin botanique de Singapore.
UNE VISITE AU JARDIN BOTANIQUE DE SINGAPORE.
397
mcnxa verrucosa de Madagascar. Voici
le Jonesia Asoca de Java, avec ses cu-
rieuses fleurs orange et rouge fixées sur
le tronc de l’arbuste. Çà et là, des cor-
beilles de Coleus variés, d’Achyranthes
et à’ AllernantJiera resplendissent au soleil.
U Eugenia xanthocarpa et VE. Moo-
niana de Ceylan forment, avec le Phyllan-
thus myrtifolius de la môme île, un su-
perbe massif. Plus loin, on voit une touffe
énorme de Sagus lævis, Sagoutier de la Pé-
ninsule malaise et, plantés isolément, un
Dacrydium elatum, Goni fère de la Malaisie;
un Caryota urens e\un Araucaria Bidwilli
de Moreton Bay.
Un arbrisseau de la [Péninsule malaise,
VIpomæa arhorea^ montre ses charmantes
fleurs roses à côté du Calliandra hæma-
toccphala de l’Amérique du Sud aux fleurs
rouges en forme de touffe et du Bauhinia
fusconervia aux corolles jaunâtres.
Dans un petit bassin, les Nelumbium
398
UNE VISITE AU J-ARDIN BOTANIQUE DE SINGAPORE.
speciosum, ou Lotus sacrés de l’Inde, 'mêlent
leurs feuilles rondes vert clair avec celles
des autres plantes aquatiques et montrent
une fleur l)lanc rosé mesurant 12 centi-
mètres de diamètre.
Autour d’une large pièce d’eau croissent
le Jacaranda mimosæfolia du Brésil, aux
fleurs bleues, contrastant avec celles d’un
beau rouge de V Hibiscus Rosa sinensis ; le
curieux Podocarpus cupressina de la Pé-
ninsule malaise ; les Mangifera indica qui
donnent leurs fruits savoureux, et le ma-
gnifique Cupressus fimehris de la Chine,
à l’aspect d’un Saule pleureur.
Au milieu de ce bassin, un petit îlot
planté des Pandanus utilis, javanicus et
autres, de quelques Bambous et divers
Bananiers, vous donne un aperçu de l’aspect
des îles qui composent l’archipel malais.
Parmi les rocailles artistement placées,
des Sarracenia aux feuilles marbrées, des
Euphorbia trigona de l’Inde et de nom-
breuses Cactées américaines se distinguent
par leur végétation particulière.
Une allée bordée de Sabal Palmelto,
aux larges feuilles, aboutit à une avenue
plantée de Rhopaloblasie hexandra de
Java, au tronc élancé et à l’aspect gra-
cieux.
Passant sous une tonnelle où s’entrecroi-
sent les Faradaya papuana, aux fleurs
blanches, avec les Bignonia venusta, j’ar-
rive en face d’un bosquet composé d'Hi-
biscus variés et d’Allamaiida nobilis dis-
paraissant sous une multitude de fleurs
jaune vif, et d’une corbeille de Crotons dont
les tons varient à l’infini, entourée de Cu-
curligo aux feuilles plissées,
Voici deux grosses touffes de Gramma-
tophyllum speciosum, Orchidées sur chaque
pied desquelles on a compté plus de sept
cents fleurs au moment de l’anthèse.
Un chemin bordé d'Arenga sacchavi-
fera dont les feuilles abritent une plate-
bande de Pitcairnia latifolia splendens,
P. discolor et autres Broméliacées, conduit
au Palmarium^ un des coins les plus pitto-
resques du jardin. Pour ne citer que les es-
pèces de Palmiers les moins répandues dans
nos serres, j’indiquerai le Pholidocarpus
Ihur de la Malaisie, aux branches épi-
neuses ; une touffe de Cyrtostachys Lakka
de Singapore ; V Archontophœnix Alexan-
dræ d’Australie, à la base renflée ; des
Calamus aux tiges rampantes; le Loxo-
coccus rupicola de Ceylan ; des touffes de
Pinanga maculata; le Cyrtostachys Renda
de Java, au tronc rouge ; le Ptychosperma
Mac Arthurii de l’Australie tropicale ; le
Sabal umbrac'idifera aux feuilles si éten-
dues; le Latania Loddigesii aux feuilles
glauques; le curieux Martinezia caryotæ-
folia de la Nouvelle Grenade, au tronc épi-
neux; des SeaforthiaBicksoni\dQS>Orania
macroclada de Malacca ; le Palmier royal
Oreodoxa regia ; des Livistona chinensis
et rotundifolia ; des Corypha data, etc.
La Fougeraie, installée à l’ombre d’ar-
bres élevés, contient également des exem-
plaires de tous les genres, depuis la plus
petite Sélaginelle jusqu’aux Fougères arbo-
rescentes ; les rocailles sont tapissées de
Pteris, d’ Adia7itum, deGym7iog7'amme,de
Scolopend'rimn, dWsple^iiam, etc., tandis
que les Dicksonia, Cibotium, Blechnum,
Diplaziu^n, etc., se distinguent par leurs
formes arborescentes. Quelques Platyce-
7'icum grande et alcico'rne appliqués sur
les troncs d’arbres végètent dans toute leur
splendeur.
Les plantes à feuillage ornemental, telles
que : Alocasia, Maraiita, Dieffenbachia,
Heliconia, A7ithmnam, quelques Fougères
rares, en un mot, toutes les plantes que nous
cultivons en serre chaude croissent ici sous
de simples abris qui atténuent la force des
rayons solaires.
Les Orchidées, Vanda, Dendrobium, Cy-
pripedium, Phalænopsis, Cœlogyne, etc.,
ont été pour la plupart collectées dans les
îles environnantes.
Autour d’une plate-forme sur laquelle la
musique des régiments de Singapore vient
donner ses concerts, je distingue de su-
perbes touffes de Rhapis flabellifoi'mis,
des Cycas revoluta, des Clusia odorata et
un arbrisseau de l’Amérique du Sud
couvert de fleurs violettes, le Bougam-
villea glabra, des corbeilles de Canna
variés et d' Ao'undinai'ia ba^nbusæfolia au
feuillage léger.
En admirant les larges Banyans aux ra-
cines adventives ressemblant à des piliers,
aux branches couvertes de Fougères, de
Cymbidium, de Valida, d^Aei'ides et au-
tres plantes épiphytes, je passe devant l’ha-
bitation renfermant l’herbier qui contient
de nombreux exemplaires de la flore
malaise, en majeure partie collectés
par le Directeur du jardin, l’honorable
M. J. Bidley à qui l’on doit l’introduction
en Europe de beaucoup de plantes peu con-
nues, et je me trouve enfin sur la route de
Djaliore qui traverse la Jungle.
Eugène L.-vnglassé.
SIMPLES RÉFLEXIONS A PROPOS DES BOUQUETS.
399
SIMPLES RÉFLEXIONS A PROPOS DES ROUQUETS
Les articles récemment publiés dans la
Revue horticole, à propos du dernier con-
cours de bouquets de la Société d’horticul-
ture et le bruit qu’on a fait autour d’une
décoration japonaise, m’ont suggéré quel-
ques réflexions que je soumets à l’apprécia-
tion des lecteurs.
Gomme tout professionnel et amateur
passionné, je m’intéresse vivement à l’art
du groupement des fleurs. J’ai vu l’éven-
taire de Morimoto, et je puis bien dire,
tout d’abord, que je ne partage pas tout à
fait l’admiration que cette présentation a
inspirée à beaucoup de personnes. Il me
semble qu’en la circonstance, notre grande
faiblesse pour la nouveauté a été la princi-
pale cause de cet enthousiasme.
Il y a, certes, dans ce style de décoration
florale, beaucoup de recherche et un pro-
fond talent d’observation sous un aspect de
simplicité extraordinaire, mais de là à dire
que ce style est plus artistique et vaut
mieux que le nôtre, je le conteste, surtout si
l’on fait entrer en ligne de compte l’art tel
qu’on le conçoit.
J’ai, en effet, questionné plusieurs ar-
tistes à ce sujet, beaucoup m’ont répondu
que l’art ne consistait pas simplement dans
la reproduction fidèle des plus belles
œuvres de la nature, mais bien dans une
conception idéale plus parfaite, ce qui per-
met à nos artistes de nous présenter, sous
le nom de travaux d’art, toutes les fantai-
sies de leur imagination, comme s’il était
donné à l’homme de pouvoir retoucher les
œuvres du Créateur. C’est déjà beaucoup
qu’il puisse en faire une copie approchante.
Les Japonais font donc œuvre d’art en
rendant des arbres informes et minuscules
par des mutilations de toutes sortes, en fai-
sant des Chrysanthèmes gros comme des
Chicorées ou en plaçant quelques fleurs
dans un milieu somptueusement décoré et
qui ne serait pas beaucoup moins beau sans
elles.
Nos fleuristes, d’après cette opinion de
l’art, ne font que preuve de talent dans
leurs riches groupements de fleurs et feuil-
lages, mais je ne cache pas que je préfère
beaucoup leur simple talent à l’art étrange
des Japonais.
M. Bellair nous dit que « les Japonais
n’admettent pas qu’un bouquet soit lié, ils
ne conçoivent pas non plus qu’il ait une sy-
métrie ». Fort bien ! mais si, maintenant,
bien pénétré de cette maxime, nous allons
au jardin cueillir des fleurs, que ferons-
nous en les tenant d’une main, tandis que
l’autre les coupe, sinon un bouquet. Et,
lorsque la main en sera pleine, ne cher-
cherons-nous pas un lien quelconque pour
les tenir rassemblées?
C’est là l’origine même du bouquet, et
quoi qu’on dise, quoi qu’on fasse, ce mode
de groupement des fleurs sera toujours
pratiqué, parce qu’il est le plus simple, le
plus naturel et celui qu’on effectue même
sans y songer.
Il arrive même parfois que les fleurs
mises ainsi au hasard en paquet se pré-
sentent sous un aspect plus gracieux, plus
agréable même que lorsqu’on cherche à les
grouper avec symétrie. Pourquoi ? Parce
que la nature a horreur de la symétrie,
des choses cherchées, calculées, et que
c’est dans un désordre, dans le mélange
intime de toutes les œuvres de la création
que nous trouvons les contrastes les plus
frappants comme aussi les harmonies les
plus parfaites.
De là à dire qu’il ne faille plus apporter
aucun soin au groupement des fleurs, il
n’y aurait qu’un pas, mais faire ce pas se-
rait folie. Car s’il ne nous est pas donné
d’améliorer la nature, nous pouvons au
moins, quand nous cueillons ses plus beaux
joyaux, les placer de telle façon qu’ils se
présentent sous leur plus belle face, qu’ils
conservent leur grâce naturelle et qu’ils se
fassent même valoir par un rapprochement
judicieux.
De même aussi, nous blâmons le bou-
quet dit « à tête de Champignon », où
les fleurs forment un hémisphère ou un
cône parfait et sont pressées les unes contre
les autres et ne laissent voir que l’intérieur
de leurs corolles.
Un gigantesque cornet de papier blanc
cache encore la vue horizontale du bou-
quet ; il faut absolument mettre le nez
dans le cornet pour savoir ce qu’il contient.
Qui ne connaît dans V Assommoir la plai-
santerie de (( Mes Bottes » apportant à
Germaine, pour sa fête, un petit bouquet
de Violettes entouré d’un immense cornet
de papier. Zola a spirituellement tourné en
ridicule cette mode stupide, sans cependant
lui porter la moindre atteinte, tant elle est
400
LE TROPŒOLUM HYBRIDUM LEICHTLINI ET LES CAPUCINES TUBÉREUSES.
profondément ancrée dans les mœurs du
peuple. De nos jours encore, beaucoup de
gens n’oseraient pas offrir un bouquet
de fête, fût-il fait des fleurs les plus rares,
s’il n’était entouré du traditionnel cornet
de papier.
Quant à l’art japonais, qu’on prône tant
en ce moment, nous pensons que, pour
avoir trop cherché à présenter les fleurs
dans la position où elles se trouvent à l’état
naturel, ou sur la plante qui les produit,
les Japonais sont tombés dans une regret-
table erreur, et qu’ils n’imitent pas la nature
— l’artiste des artistes. — Car, s’ils par-
viennent à placer telle plante ou fleur dans
sa position primitive, ils ne la placent pas
dans le cadre de verdure qui l’environnait.
Et, pour lui donner de l’espace, ils réduisent
le nombre de fleurs au point de ne presque
rien mettre dans les vases somptueux qui
leur sont destinés. C’est ce qui nous fait
dire que le bouquet japonais brille sur-
tout par la nudité qui V environne et par
Vabsenee des fleurs qui devraient le eom-
poser.
La partie la plus intéressante de ce style
de décorations florales réside surtout dans
les vases et potiches qui contiennent les
fleurs. De fait, l’exposition de M'"® Mori-
moto n’eût pas beaucoup été moins inté-
ressante si on en eût retiré la poignée de
fleurs éparpillées dans les vases ; c’eût sim-
plement été une exposition d’objets japo-
nais.
Certes, les fleurs ne doivent jamais être
tassées, ni disposées trop symétriquement,
et chacun peut se rendre facilement compte
chez soi qu’en plaçant les fleurs sans symé-
trie et sans les serrer, on obtient un effet
bien plus naturel et plus gracieux ; mais
ne poussez pas cette pratique jusqu’à ne
mettre qu’une seule fleur dans vos vases,
car vous sortez de la raison d’être du bou-
quet : un assemblage de fleurs fait pour
pouvoir jouir de près et chez soi de leurs
belles formes, de leur coloris et de leur
parfum.
J’aime à croire que si nos habiles fleu-
ristes ont depuis longtemps abandonné le
style du bouquet à tête de Champignon,
ils ne sont pas prêts à tomber dans le ja-
ponisme, car le point auquel ils ont au-
jourd’hui poussé le talent du groupement
des fleurs est à notre avis bien supérieur.
Il ne nous paraît pas nécessaire d’évoquer
le mot d’art pour mettre quelques fleurs
seulement dans un vase quelconque, mais
il y faut au contraire une grande pratique
et un véritable talent pour assembler un
grand nombre de fleurs ou feuilles de
formes et couleurs différentes, de façon
à ce qu’elles se présentent chacune dans
leur grâce naturelle, qu’elles se fassent va-
loir par la combinaison de leur rapproche-
ment et que l’ensemble soit à la fois léger,
varié d’espèces, de formes, de couleurs,
et constitue un tout, comme les cor-
beilles et les gerbes présentées à la der-
nière Exposition d’horticulture et dont la
Revue hortieole a figuré dernièrement
quelques beaux spécimens.
Laissons donc les japonaiseries aux Ja-
ponais, conservons nos belles composi-
tions florales dont nous gratifient nos jar-
diniers et nos fleuristes et ne tombons pas
en admiration devant des bouquets sans
fleurs.
S. Mottet.
LE TROPŒOLUM HYBRIDUM LEICHTLINI
ET LES CAPUCINES TUBÉREUSES
Si chacun connaît la Capucine (Tro-
pœolum majus), cette plante « bon enfant »
par excellence qui se prête aussi bien à la
décoration des parterres qu’à la garniture
de la fenêtre de l’ouvrière, plusieurs espèces
du genre Tropœolum sont probablement
moins familières à quelques-uns des lec-
teurs de la Revue hortieole. Il peut y avoir
de l’intérêt à attirer l’attention sur elles,
en particulier sur celles dont la racine est
tuberculeuse et qui sont toutes originaires
de l’Amérique australe.
Nous signalerons d’abord les espèces de
serre froide, qui proviennent du Chili. Ce
sont en général des plantes délicates,
munies d’un tubercule arrondi, compact, un
peu plus gros qu’un œuf de pigeon. Celui-
ci émet une petite tige grêle dont le dia-
mètre ne dépasse pas, parfois, 3 à 4 milli-
mètres ; elle s’accroche à un treillis qu’elle
ne tarde pas à recouvrir de ses nom-
breuses ramifications. La plante porte en
même temps une grande quantité de fleurs
bleu d’azur chez les T. azureum et lepidum,
rouge écarlate à pétales orange chez le
T. tricolor, jaunes chez le T. brachyceras,
' Rcoac Horticole
Tropœoluni x Lcic/i/lun .
PLANTES NOUVELLES.
401
blanc jaunâtre chez le T. albiflorum. Ces
Capucines, qui fleurissent en avril ou mai,
sont d’un aspect charmant, mais elles sont
délicates et redoutent des changements trop
brusques de température et d’humidité ;
leur tige si frêle est sujette à bien des
accidents.
Le T. pentaphyllum est voisin des pré-
cédents, il est moins brillant, sa couleur
est plus terne et ses fleurs plus petites.
Mais il est plus robuste et presque rustique
dans notre climat. J’en ai conservé des
pieds pèndant plusieurs années contre un
mur au midi. Le T. umhellatum se rat-
tache à la même série de formes, mais se
distingue des autres par ses fleurs en
grappes et non pas solitaires à l’aisselle des
feuilles. Introduit il y a près de 50 ans, il a
à peu près disparu des cultures et je n’ai
pas pu m’en procurer un exemplaire vivant
(Bot. Mag., t, 4337). Le T. speciosum
(Bot. Mag. , t. 4323) est une des plus jolies es-
pèces du genre. Dans les climats qui lui
conviennent, il couvre des pans entiers de
murs de ses innombrables fleurs vermillon
devenant jaunes vers la gorge. Cette espèce
ne redoute pas beaucoup le froid, mais elle
craint une atmosphère trop sèche et des va-
riations de température trop brusques. Elle
prospère admirablement dans diverses
parties de l’Angleterre et même en Écosse.
Mais, malgré plusieurs essais, je n’ai jamais
eu le plaisir de la voir prospérer sous le cli-
mat de Genève.
Deux autres espèces beaucoup plus vi-
goureuses, mais, à ce que je crois, peu ré-
PLANTES
Nous avons reçu tout récemment, de
MM. Chantrier frères, horticulteurs à Mor-
tefontaine (Oise), une série de plantes nou-
velles provenant de leurs semis ou de leurs
introductions, et parmi lesquelles nous
avons été heureux de rencontrer des plantes
d’une valeur décorative de premier ordre.
Nous les décrivons et publions aujourd’hui.
On voit que l’horticulture française s’af-
firme par des créations qui n’ont pas be-
soin de toujours venir de l’étranger pour
avoir du mérite, et nous avons un très-
grand plaisir à enregistrer de tels succès à
son actif.
Maranta Chantrieri (Ed. André). — Plante
acaiile, glabre, vigoureuse, formant une large
touffe étalée. Feuilles radicales, sortant de
gaines oblongues, involutées, d’abord brun-
pandues dans les jardins, méritent d’être
signalées. Ce sont le T. edule, à fleurs
jaunes et le T. polyphyllum (Bot. Mag.
4042. — Flore des Serres, t. 2066) qui a
de longs rhizomes ramifiés et dont les tiges
traînantes de plus d’un mètre de longueur,
se prêtent admirablement à la décoration
des talus, rocailles, etc. Le T. Leitehtlini,
qui fait l’objet de la planche ci-contre, a
été obtenu, il y a quelques années, par
M. Max Leichtlin en fécondant le T. poly-
phyllum au moyen de pollen du T. edule.
En voici la description sommaire : tubercules
compacts, arrondis, de la grosseur d’une
petite Pomme de terre. Tiges traînantes,
de 1 mètre à 1'" 50. Feuilles glauques, de 5
à 6 centimètres de diamètre, à limbe pro-
fondément découpé en lanières étroites.
Fleurs de 2 à 3 centimètres de diamètre,
solitaires dans les aisselles, très-nom-
breuses, disposées en grappes simples qui
atteignent près de 1 mètre de longeur.
Calice à éperon allongé. Pétales de 2 centi-
mètre de longueur, d’un jaune orangé très-
éclatant, ponctués de rouge. Fleurs géné-
ralement stériles.
La plante est robuste ; elle passe l’hiver
dehors dans un terrain bien drainé, sous
une légère couverture de feuilles, pousse
au printemps de nombreuses tiges couchées
et se couvre fin mai et juin d’innom-
brables fleurs très-brillantes. Les tiges
sèchent bientôt après et disparaissent avant
la fin de juillet. Dans un terrain qui leur
convient les tubercules se multiplient rapi-
dement. M. Migheli.
rouge, puis brunes et scarieuses ; pétiole fin,
cylindracé, long de 10 à 20 centimètres, lon-
guement géniculé, d’un vert clair avec articu-
lation pubescente vert olive ; limbe atteignant
30 à 40 centimètres de long sur 15 à 20 de
large, glabre, ovale cordiforme aigu avec lobes
basilaires obtus et sinus acutangulaire très-
étroit; page supérieure à surface ondulée, d’un
vert cendré traversé par des bandes ovales-
oblongues aiguës vert foncé et d’autres inter-
médiaires filiformes, de même couleur, se réu-
nissant à la périphérie en une bordure sombre,
le tout relié par de fines barres transversales
plus claires; côte médiane mince, légèrement
canaliculéé de la base au milieu, vert foncé;
page inférieure plus pâle à nervures princi-
pales pennées, subégales, transversalement
barrées d’un ton plus clair.
Belle nouveauté, d’une nuance cendrée.
402
PLANTES NOUVELLES.
tendre, contrastant agréablement avec les
feuillages plus sombres. Originaire duBrésil.
Acalypha Chantrieri (Ed. André). — Eu-
phorbiacée à tige cylindrique, verte, couverte
au sommet et sur les pétioles de poils dressés,
blancs. Feuilles alternes, à pétiole inséré à
angle droit sur la tige, à peine tuméfié à l’in-
sertion, vert, long de 10 centimètres ou plus ;
limbe étalé ou décombant, ovale acuminé
ou subcordiforme, à pointe allongée, oblique,
long de 20 à 25 centimètres, large de 12 à 14,
un peu canaliculé ; page supérieure hispide,
l’inférieure glabre, toutes deux vert brillant,
concolores, crénelées de dents grosses, dis-
tantes, un peu ciliées, blanc pur ou légère-
ment jaunâtre. Fleurs mâles...? Inflorescences
femelles en épis axillaires, à pédoncule presque
parallèle au pétiole, portant des fleurs petites,
vertes, sessiles, distantes, à calice campanulé,
fissuré, â stigmates blancs, filiformes, recour-
bés et branchus .
Le feuillage de cette nouveauté, obtenue
d’un croisement entre les Acalypha Hamil-
toniana et A . macrophylla, est surtout re-
marquable par ses dents marginales, for-
mant une ligne nette d’un blanc pur.
Acalypha morfontanensis (Ghantrier). —
Tige dressée, hispide, comme les pétioles et
les jeunes limbes, par des poils blancs dressés.
Pétioles grêles, vert pâle, longs de 12 â 15 cen-
timètres. Hétérophyllie accentuée par des lim-
bes divers, longs de 12 â 15 centimètres, larges
de 6 â 7, de forme générale ovale-lancéolée
mais non cordiforme à la base, souvent pour-
vus de lobes déchiquetés, parfois rhomboïdaux
ou trapézoïdaux, grossièrement crénelés de
dents éloignées, obtuses ou lobées, blanches ou
jaunâtres ; page supérieure irrégulièrement
tachetée de blanc ou de jaunâtre surtout vers
le bord et entre les nervures principales, à
sommet longuement cuspidé obtus, terminé par
un fin mucron aigu.
Cette plante curieuse, qui paraît une sim-
ple forme hétérophylle de la précédente, est
cependant d’une origine différente : elle
est le produit de V Acalypha Hamiltoniana
fécondé parl’A. marginata.
Croton Baron de Rothschild (Ghantrier). —
Plante vigoureuse, à port trapu, à tige courte,
gris-rougeâtre et rugueuse, abondamment feuil-
lue depuis la base. Feuilles très-nombreuses,
étalées, rassemblées en colonne serrée ; pétiole
gros et charnu, long de 5 â 7 centimètres, lon-
guement tuméfié à la base verte et au sommet
blanc; limbe long de 25 à 30 centimètres, large
de 12 à 15, elliptique ou un peu obovale arrondi
près du pétiole, brusquement aigu au sommet ;
nuance de fond rouge vif orangé brillant plus
ou moins éclairé d’aurore, plus vif sur les ner-
vures et aux bords, entremêlé de plaques intra-
nervales vert foncé et olive marbré de vert
plus clair ; face inférieure plus fortement colo-
rée en rouge.
Superbe plante, de tenue parfaite et du
plus riche coloris.
Maranta miner (Ghantrier). — Petite
plante rameuse, glabre, à tiges couchées et gé-
niculées ; pétiole vert clair, longuement embras-
sant par une gaine aplatie ; limbe courtement
elliptique, subcordiforme â la base, â mucron
apical court et oblique, vert émeraude taché
de 6 plaques distantes, anguleuses, brun rouge
foncé.
Espèce originaire du Brésil, et intéres-
sante pour la culture en suspension ou
pour les rocailles dans les serres chaudes.
Alocasia gibba. — Cette nouvelle Aroïdée
peut être classée parmi les grandes espèces
du genre. Elle se rapproche de VA. Thibau-
tiana et autres formes qui sont issues de
cette espèce, mais elle se caractérise nette-
ment par la saillie du genou correspondant
à l’insertion du pétiole et par l’état défléchi
du limbe, qui prend la forme d’une cloche
en devenant adulte.
Plante acaule. Pétiole long de 1 mètre, cylin-
dro-conique, fin, d’un ton gris rosé terne, finement
zébré de petites lignes brunes ; limbe subpelté,
ovale, très-longuement acuminé, devenant gib-
beux en dessus à l’insertion du pétiole saillant en
forme de genou ; nervures très-saillantes en
dessus, d’un vert presque blanc argenté ainsi
que la zone qui les entoure et qui s’irradie, sur
le fond vert olive du limbe en un fin réseau
argenté courant également sur toute la péri-
phérie. Pédoncule dressé, du quart de la lon-
gueur du pétiole dont il a la couleur. Spathe
ovoïde et vert clair à la base, puis brusque-
ment contractée en lanière aiguë, blanc ver-
dâtre, striée, longue de 13 centimètres, large
de 3; organes mâles du spadice dressé â demi
exserts, blancs ; partie stérile en queue de rat,
d’un jaune ocracé.
Cette nouveauté a été obtenue d’une
fécondation artificielle entre les Alocasia
Pucciana et argyræa.
Alocasia Gigas (Ghantrier). — Feuilles
dressées, atteignant 1^60 y compris le pétiole
cylindro-conique à base violacée engainante
sur le tiers de sa hauteur, le reste vert olive
s’éclairant au sommet et couvert de zébrures
plus foncées; limbe profondément pinnatiséqué
avec impaire, long de 80 centimètres en com-
prenant les lobes basilaires, large de 50 centi-
mètres, composé de 4 à 5 paires de lobes lori-
formes, falqués, libres presquejusqu’à leur base
décurrente sur le pétiole, longs de 25 centi-
mètres, larges au milieu de 4 à 5, à bords très-
ondulés; lobes basilaires divergents, à sinus
LES GLORIOSA ET LEUR CULTURE.
403
étroit, inégalement pinnatiséqués ; côte et ner-
vure principale saillantes, méplates, plus pales
que le vert intense de la face supérieure, à
peine plus pâles en dessous.
Cette espèce, venue sans nom chez
MM. Ghantrier, est parmi les plus grandes
du genre ; elle est remarquable par sa stature,
les profondes laciniures de son feuillage et
le ton peau de serpent pâle de ses pétioles.
Croton Madame Berthe Fournier (Ghan-
trier). — Plante bien tenue, d’une régularité
parfaite, à écorce fortement gercée. Feuilles
dressées-étalées, bien rangées, à pétiole peu
tuméfié, vert pâle â la base et au sommet, long
de 5 à 8 centimètres; limbe ovale-lancéolé acu-
miné aigu, plan ou un peu convexe, d’abord
régulièrement jaune sur la zone qui entoure
la côte et les nervures principales, passant au
jaune orangé puis au rouge très-vif; le vert
des entrenervures d’abord clair puis devenant
vert foncé pourpré.
L’ensemble des feuilles de cette superbe
plante paraît régulièrement caissonné de
rouge et de vert foncé.
Croton Warneri (Ghantrierj. — Port com-
pact; végétation moyenne. Tige gris clair; pé-
tioles ascendants, longs de 4 à 7 centimètres, à
base verte et rouge foncé au milieu et à
sommet blanc rosé ; limbe étalé-décurve,
oblong, longuement atténué aux deux extrémi-
tés, long de 25 à 30 centimètres, large de 8 à
LES GLORIOSA E
Que tous ceux qui ne connaissent pas les
Gloriosa supposent un instant une tige
mince, dont les feuilles lancéolées sont ter-
minées par des vrilles qui s’attachent aux
corps qu’elles rencontrent et rendent la
plante grimpante ; de l’aisselle de ces feuilles
sortent des fleurs dont la conformation
étrange rend la description bien difficile :
C’est une corolle renversée, dans laquelle
les pétales auraient été découpés en minces
rubans qui se seraient ondulés et crispés
en se renversant, pour presque se toucher
en arrière. Un beau rouge orangé ou aurore
colore ces divisions, dont la base est jaune,
et le contraste résultant de l’opposition de
de ces deux couleurs est frappant. Le pé-
doncule maintient la fleur horizontale et du
centre de celle-ci se dirigent dans tous les
sens des étamines portées par de longs
filets rouges. L’Orchidée la plus curieuse ne
peut surpasser l’originalité de cette fleur,
qui paraît d’autant plus fantastique qu’elle
s’épanouit dans les airs.
10, à page supérieure ondulée, mi-partie jaune
et verte passant an carmin orangé brillant au-
tour des nervures et à la périphérie, avec des
intervalles vert noir.
Bonne plante à port dressé, vigoureux
sans excès, bonne tenue et très-brillante
décoration foliaire.
Croton macrophyllum (Ghantrier). — Tige
dressée, très-vigoureuse, grise zébrée de blanc,
à extrémité rouge, jaune et vert foncé. Feuilles
énormes à pétiole long de 5 à 7 centimètres,
tuméfié aux deux extrémités, brusquement
coudé et assurgent au sommet; limbe étalé,
atteignant jusqu’à 45 centimètres de longueur
sur 18 de large, atténué à la base, trilobé au
sommet aigu, à lobes latéraux courts et plus
ou moins saillants, obtus ou acutiuscules, for-
mant parfois un sinus peu 'profond; page
supérieure à nuance de fond d’abord d’un beau
jaune mi-parti vert entre les nervures et la
bordure, passant à un riche ton jaune orange
avec réseau de nervures bordées de carmdn.
Cette plante possède peut-être les plus
grandes feuilles du genre, richement co-
lorées et très- décoratives.
Cette série de nouveautés inédites de
MM. Ghantrier ne sera pas toute mise au
commerce actuellement. Une partie seule-
ment de ces descriptions paraîtront sur
leur catalogue d’automne.
Ed. André.
' LEUR CULTURE
Linné nomma ce genre de plantes Glo-
riosa — c’est-à-dire plein de gloire — et
jamais baptême générique ne fut mieux
appliqué.
Ces végétaux sont pourtant rares dans les
cultures, et il faut croire que c’est parce
qu’ils n’y sont pas nouveaux, car ils ne sont
ni coûteux à se procurer, ni bien difficiles
à cultiver, et ils auraient dû, alors, toujours
rester en faveur auprès des amateurs sérieux
et avides de beau.
Voici leur description et leur culture :
Gloriosa, L. {Clinostylis, Hochst.; Metho-
nica, Juss.). — Genre de Liliacées comprenant
deux espèces qui habitent l’Asie et l’Afrique
tropicales.
Gloriosa superba, L. {Methonica superba,
Lamk.). — Asie et Afrique tropicales. Mala-
bar, Geylan, Népaul. Noms français : Superbe
du Malabar ; Glorieuse du Malabar. Introduit
en 1690. Plante vivace, grimpante, à végétation
annuelle. Racine tubéreuse, jaune, générale-
ment bifurquée, très-cassante, amère. Tige
404
LES GLORIOSA ET LEUR CULTURE.
sarraenteuse, atteignant 2 à 3 mètres de lon-
gueur, simple, ou seulement ramifiée vers
l’extrémité, mince, cylindrique, lisse, portant
des feuilles oblongues - lancéolées de 15 à
20 centimètres de long sur 3 à 4 de large, ter-
minées en vrilles qui s’attachent aux corps
voisins et rendent la plante grimpante ; ces
feuilles sont alternes ou opposées, ou encore
parfois verticillées sur les rameaux. Fleurs
d’un beau rouge orangé ou aurore, jaune d’or
à la base, vertes avant leur épanouissement et
se colorant successivement, pendantes, mais à
6 divisions redressées, conniventes au sommet
et fortement ondulées-crispées sur les bords ;
pédoncules allongés, horizontaux ; 6 étamines
à longs filets rouges divergents ; style arqué
vers les étamines. Ovaire à 3 loges renfermant
une quantité variable de graines rouges,
presque globuleuses. Floraison, de juillet en
octobre ; fleurs de très-longue durée, offrant
î
Fig. 128 — Racine de Gloriosa pendant sa
végétation.
différents tons, suivant leur état de développe-
ment ; divisions de la corolle marcescentes,
c’est-à-dire persistant après que la floraison est
passée.
Gloriosa simplex, L. (G. virescens, Lindl. ;
Methonica virescens, Kunth). — 1823. Végéta-
tion semblable à celle du précédent, mais tiges
plus longues ; fleurs d’un jaune verdâtre, à
onglet jaune, ainsi que le bord et le sommet
des divisions, qui ne sont pas crispées, mais
légèrement ondulées. Le G. simplex B. Plan-
ta, Loud., est une variété à fleurs d’un jaune
rougeâtre, et la B. grandiflora {Methonica
grandiflora) en est une forme â fleurs bien
plus grandes.
Miller a cité, dans son Dictionnaire des
Jardiniers, édité il y a environ un siècle,
une espèce appelée Gloriosa cærulea, à
fleurs bleues, — mais il ajoute que per-
sonne n’avait vu fleurir cette plante. Qui
pourra donner des renseignements sur celle
question ?
La plus belle espèce est jusqu’à mainte-
nant le Gloriosa superba.
Les Gloriosa sont des plantes tubercu-
leuses, à végétation annuelle, qui ont
besoin d’êire remises à pousser après un
temps de repos déterminé. A cette époque
de remise en végétation correspond le re-
nouvellement de la terre des pots et la mul-
tiplication des plantes. La plantation est
assez curieuse par elle-même pour que nous
ayons cherché à l’expliquer par le croquis
ci-contre. La figure 128 représente un
Gloriosa à la fin de sa saison végétative,
c’est-à-dire en automne ; les deux tubercules
se sont développés pendant le cours de
l’année et on voit au point inférieur de
S
Fig. 129. — Gomment on doit la planter l’année
suivante.
bifurcation la trace du tubercule mère, qui
s’est vidé et a disparu au profit des deux
autres nouveaux.
La figure 129 représente le même tuber-
cule placé dans la position nécessaire pour
que les tiges puissent se développer, par
conséquent renversé. Le Gloriosa offre en
effet cette particularité que le point végétatif
se trouve toujours être placé à l’extrémité
de la racine tuberculeuse par rapport à la
situation de celle-ci dans le sol ; il se recon-
naît assez facilement à ce que la racine est
plus épaisse ou souvent obtuse à son
endroit. Mais, par suite du volume qu’elle
peut atteindre, on laisse rarement à une
racine ses deux ramifications, qui sont
séparées par une section nette au point de
jonction (fig. 129), et les plaies recouvertes
de poussière de charbon de bois. Cette divi-
LES GLORIOSA ET LEUR CULTURE.
405
sion forme la multiplication de la plante,
dont on arrive ainsi à doubler le nombre
presque chaque année, quoiqu’il arrive
parfois qu’un seul tubercule naisse sur
l’ancien sans se ramifier b
Ceci expliqué, nous supposons le lecteur
possesseur de Gloriosa.
En février, on empote les racines dans
des demi-pots ou terrines à Caladium pro-
portionnés à leur grandeur, ou préférable-
ment dans des terrines à semis plates, dans
lesquelles les racines sont placées horizon-
talement, isolées ; on emploie pour l’empo-
tage de la terre de bruyère pure et neuve,
ou bien du terreau de feuilles, reposant sur
un bon drainage. Les racines sont disposées
de telle manière que l’endroit où doit se
développer la tige se trouve être placé au
niveau de la terre ou légèrement recouvert
par elle. Un bassinage léger est donné, puis
la surface des terrines est recouverte d’une
couche de 2 à 3 centimètres de Sphagnum
vivant, qui sera maintenu frais par de
légers bassinages. Les terrines sont ensuite
transportées dans la serre à multiplication,
où on les soumet à la chaleur de fond en
les enterrant dans la tannée ou dans les
cendres de la bâche, au-dessus des tuyaux
de chauffage. Les soins consistent à tenir le
sol frais, et la couche de Sphagnum suffit
presque toujours à maintenir cet état jus-
qu’au départ de la végétation. Celle-ci est
assez capricieuse et se manifeste plus ou
moins vite. La tige, au sortir de terre, est
nue sur une assez grande longueur et
pousse d’autant plus rapidement que la
température de la serre est plus élevée. Il
faut lui donner un tuteur dès que cela
devient nécessaire, et multiplier les arrose-
ments à mesure que la végétation s’accé-
lère. Les récipients dans lesquels on a mis
pousser les racines ne peuvent longtemps
procurer assez de nourriture aux plantes,
qui doivent être rempotées dès que l’on
s’aperçoit que les petites racines deviennent
abondantes. Le rempotage demande de
l’attention, car les racines sont très-sen-
sibles et souffrent beaucoup d’être dé-
rangées.
On rempote en terrines, de préférence de
25 à 40 centimètres de diamètre, sur 15 à 25
en hauteur suivant la force des plantes, en
plaçant les racines obliquement, dans un
compost formé de moitié terre de bruyère
^ Contrairement à tous les livres de jardinage
mentionnant ces plantes, nous ne leur avons
jamais vu produire de caïeux ou de petits tuber-
cules à la base. — J. R.
OU terreau de feuilles neuf, un quart ter-
reau de couche décomposé, un quart terre
franche, le tout bien mélangé et préparé à
l’avance. Il est bon de mêler un peu de
sable au compost. Le dépotage des plantes
exige des précautions et sera d’autant plus
facile que les racines auront été mises dans
des récipients plus réduits lors de la mise en
végétation.
Les plantes, une fois rempotées, seront
bassinées et transportées dans la serre
chaude où elles accompliront leur période
végétative, et, pendant quelque temps après
le rempotage, il sera bon de modérer les ar-
rosements pour les augmenter ensuite gra-
duellement. Un tuteur soutiendra la tige
dont le développement augmentera avec
rapidité, et des fils parallèles au vitrage de
la serre seront établis pour que les feuilles
vrillées des plantes puissent s’y accrocher
et soutenir la tige. La distance à observer
du vitrage est de 15 à 20 centimètres. On
peut encore établir des treillages, des tu-
teurs sur lesquels on attache les plantes.
Si l’on désire cultiver ces végétaux en serre
froide l’été, on transforme celle-ci en serre
chaude, emmaganisant la chaleur solaire et,
au besoin, en faisant un peu de feu la nuit
pour éviter l’abaissement de la température
nocturne.
Les soins à venir consistent à tenir le sol
en bon état de fraîcheur et à donner, une
fois par semaine, un arrosement à l’engrais
liquide, purin, engrais humain, bouse de
vache, à un dixième. On surveille la direc-
tion des tiges en les attachant, de place en
place, avec un lien de raphia. La floraison
commence en juillet et se continue jusqu’en
octobre. Nous avons remarqué qu’elle est
plus belle dans les serres dont l’air est fré-
quemment renouvelé que dans celles dont
l’atmosphère est humide : la buée doit être
évitée ainsi que les seringages qui tachent
les fleurs. Deux détails intéressants à noter :
les pièces florales étant marcescentes, il
est bon de les enlever à la main pour ne
pas nuire à la beauté du coup d’œil, et, à
moins que l’on ne vise à la récolte des
graines, il est préférable de supprimer les
fleurs à mesure qu’elles se fanent. La fécon-
dation a parfois lieu naturellement dans les
serres aérées, mais on l’accomplit avec faci-
lité en fécondant artificiellement les fleurs
par une belle journée. Les graines mettent
assez longtemps à mûrir et ne doivent se
récolter que lorsque leur capsule s’entr’ouvre
et qu’elles sont bien rouges.
Une fois parvenues à leur entier dévelop-
CULTURE ET MULTIPLICATION DES EUCALYPTUS.
406
pement et quand elles sont en pleine florai-
son, les plantes ne doivent plus être arrosées
que modérément; quand la floraison touche
à sa fin, on diminue encore les arrosements
pour les supprimer tout à fait vers les pre-
miers jours d’octobre. La tige est alors cou-
pée à quelques centimètres au-dessus du sol
et les terrines mises en serre chaude ou en
serre tempérée, le long des tuyaux de chauf-
fage, où on les laisse à sec, jusqu’en
février, époque de rempotage et de la remise
en végétation.
La reproduction par les graines est pos-
sible et facile, mais exige beaucoup de
temps pour donner un beau résultat, les
plantes de semis ne fleurissant guère avant
leur cinquième ou sixième année.
Voici comment l’on opère : les graines,
qui sont assez grosses, doivent être semées
de janvier en mars, en serre chaude ou sur
couche, en terrines ou en pots assez grands,
de 16 à 18 centimètres, en les enterrant
d’environ 1 centimètre et en les espaçant
entre elles de 2 centimètres au moins ; la
levée est assez rapide et régulière, mais les
jeunes plants ne peuvent être repiqués la
première année ; on laisse reposer les pots
de semis l’hiver, au printemps suivant
on empote chaque racine en godet, et,
suivant sa vigueur, on lui donne un rempo-
tage en la traitant comme plante faite. Les
tiges des jeunes semis ne grimpent que la
deuxième ou troisième année. Notre dessin
représente une racine de deux ans, demi-
grandeur naturelle, et comme l’une des deux
ramifications est toujours plus forte que
l’autre, on a avantage à supprimer la plus
faible pour que celle qui reste profite davan-
tage.
En décrivant les Gloriosa et leur culture,
nous avons voulu rappeler aux amateurs
l’existence de l’une des plus belles et des
plus curieuses plantes exotiques, qu’il est
bien difficile à d’autres fleurs de surpasser
comme originalité de formes et beauté de
coloris. Jules Rudolph.
CULTURE ET MULTIPLICATION DES EUCALYPTUS *
Les Eucalyptus sont faciles à cultiver,
tant en pots qu’en pleine terre, mais, dans
toutes les régions où le thermomètre descend
au-dessous de 6 à 8 degrés, il est illusoire
d’espérer les voir résister en plein air, et
encore cette résistance varie selon les espèces
et est bien moins grande quand les sujets
sont jeunes. Ce n’est donc, comme nous l’a-
vons dit précédemment, que dans la région
méditerranéenne et sur quelques points favo-
risés du littoral de l’Océan qu’on peut les
cultiver avec succès en pleine terre. Il est
cependant possible de protéger le pied à
l’aide d’une épaisse couche de litière et
lorsque la tête vient à être gelée, ils re-
poussent alors vigoureusement sur le tronc,
mais ils perdent ainsi leur port majestueux
et décoratif, et ne deviennent plus que des
sortes de têtards sans caractère. Nous avons
cependant vu, aux environs de Londres, un
grand massif d’E. Glohulus ainsi traité,
qui produisait un bel effet à distance, par sa
masse de feuillage glauque.
Que les jeunes plantes soient destinées à
être mises en pleine terre ou à être élevées
en pot, leur multiplication reste la même.
Elle a presque toujours lieu par le se-
mis. On trouve des graines de la plu-
part des espèces dans le commerce, car
^ Voir Revue horticole, 1897, p. 2^8 et 370.
outre qu’on les importe facilement d’Aus-
tralie, on en récolte aujourd’hui de
plusieurs espèces dans le Midi, en Algé-
rie, etc. La germination est généralement
rapide et l’on obtient de beaux sujets en
quelques années. Le semis se fait au prin-
temps, en terrines, en terre légère, très-clair
et en recouvrant superficiellement les grai-
nes ; on place ensuite les terrines sous châs-
sis froid ou, si on le peut, sur une petite
couche, pour activer la germination.
Le repiquage est la phase critique de la
multiplication ; il doit être fait alors que les
plants sont encore tout jeunes et avec beau-
coup de soin. On empote chaque plant
dans un petit pot, en lui conservant le plus
de terre possible autour des racines et en
employant une terre légère et fertile, par
exemple un compost de terre franche
siliceuse et de terreau bien décomposé,
additionné au besoin d’un peu de sable,
pour le rendre bien perméable. On place
ensuite les plants sous châssis, on les
mouille convenablement et on les tient
étouffés et ombrés jusqu’à ce que leur re-
prise soit effectuée.
Les rempotages ultérieurs se font au fur
et à mesure des besoins, en tenant compte
que la grande vigueur des plantes nécessite
des pots assez grands. Pendant l’été, on met
les plantes en planches, dans un endroit
SOCIÉTÉ NATIONALE d'HORTIGULTURE DE FRANCE.
407
chaud et abrité^ en enterrant les pots, et on
les arrose copieusement ; on leur donne
même quelques doses d’eng’rais liquide, si
l’on désire activer la végétation. Pendant
l’hiver, on les tient en serre froide ou en
orangerie, près du jour et on les arrose
modérément.
Dès la deuxième année, on peut les plan-
ter définitivement en pleine terre ou les
utiliser pour l’ornementation estivale des
corbeilles, tandis que, pour les garnitures
temporaires, il est utile que les plantes aient
au moins deux ou trois ans pour faire de
l’effet.
En semant VE. Glohulus en août et en
tenant les jeunes plantes au chaud et en
végétation pendant tout l’hiver, on en obtient
en mai des plantes propres aux garnitures,
aussi fortes, sinon plus, que celles provenant
d’un semis fait au printemps et hivernées à
froid, mais il faut avoir soin de les endurcir
avant leur mise en pleine terre.
Par sa grande vigueur et la belle teinte
glauque de son feuillage, VE. Glohulus est
SOCIÉTÉ NATIONALE D’Hi
SÉANCE DU
Floriculture
Pas de grandes collections, mais beaucoup
d’apports. MM. Cayeux et Le Clerc avaient une
belle série de Dahlias « Cactus » de semis ; on
remarquait surtout la variété Madame Ferdi-
nand Cayeux, de forme parfaite et d’un beau
vermillon. Les mêmes présentaient un curieux
Rudbeckia laciniata flore pleno, un beau Phy-
sostegia virginica, une série du Zinnia du
Mexique hybride, plante qui pourra donner
naissance plus tard à des coloris plus chauds,
qui, s’ils s’unissent à de grandes fleurs, feront
sensation dans le genre Zinnia-, puis aussi une
série de variétés de choix du Lohelia Gerardi:
Gerardi type, violet; Rivoirei, saumon; ama-
rantina, amarante; lugdunensis, carmin; et
surtout splende^is, d’un vermillon fulgurant.
M. Clausse, successeur de M. Paul Tollard,
avait apporté une collection de Reines-Margue-
rites diverses, en fleurs coupées, une Capucine
hybride, le Zinnia à fleurs p)ompoyi Mignon,
un Pétunia très-nain compact à bordures,
dont quelques pieds, dérivés de Vlnimitahle,
étaient intéressants ; puis quelques plantes en
pots de la Reine-Marguerite Victoria, belle
race aux fleurs imbriquées dans la plupart des
coloris, quelquefois tuyautées dans d’autres,
mais toujours de fort bonne tenue.
M. Millet nous a étonné avec un hybride
(V Harpalium rigidum et d' Helianthus lætiflo-
rus. Le port tient de V Harpalium, la fleur
le plus employé pour la garniture des cor-
beilles ; on l’y plante généralement à une
grande distance, 1 mètre environ et on
tapisse le fond avec une plante basse , la
Verveine, par exemple, ou bien on l’associe à
d’autres grandes plantes à feuillage ou à
fleurs, avec lesquelles il contraste très-agréa-
blement. On peut aussi en former des petits
groupes de trois sujets, isolés sur les points
les plus en vue des pelouses, ou même y pla-
cer une seule plante forte et élevée à cet effet
en pot ou en caisse.
Il est plus avantageux de laisser périr ou
détruire les jeunes plantes mises en pleine
terre au printemps et d’en élever chaque an-
née la quantité nécessaire pour les rempla-
cer, car les sujets que l’on déplante et met
en pots à l’automne, pour les hiverner et
replanter l’année suivante, ne sont ensuite
jamais aussi beaux que la première année.
Si l’on désire obtenir de fortes plantes, le
mieux est de les tenir constamment en
pots.
S. Mottet.
mCULTURE DE FRANCE
2 AOÛT 1897
rappelle celle de VHelianthus. La plante fleuri
avant VHelianthus et après VHarpalium.
M. Legrand, amateur à Vincennes, présen-
tait une Reine-Marguerite caractérisée par une
teinte saumonée de ton chaud, et comme il
n’en existe pas dans ce genre, c’est à suivre
avec intérêt.
Notons aussi de bons Glaïeuls de M. David
et les Coleus de semis, aux feuilles monstres,
de M. Leroux.
Orchidées
M. Sadarnac, jardinier de M. O. Doin, pré-
sentait un Eriopsis biloba et un OJontoglossum
coronarium, tous deux en pleine floraison ;
puis un Cattleya aurea de bonne forme et de
belle couleur, et un Anguloa Ruckeri auquel
on avait ajouté à tort l’épithète de sanguinea.
M. Dallé exposait des plantes remarquables
par leur belle culture: Cattleya Gigas, Dendro-
bium formosum giganteum, Oncidium incur-
vum, etc. Sous ce rapport, il faut citer aussi
le Stanhopea tigrina de M. Poirier, le Cy-
pripedium Youngianum macranthum de
M. Page, et les Cattleya Bowiana et Gigas de
M Gibez.
M. Gibez présentait aussi un certain nombre
de variétés de Cypripedium provenant de fé-
condations artificielles diverses, mais qui, de
l’avis de plusieurs connaisseurs, rappellent
beaucoup de formes issues du C. Lecanum.
408
LES VÉGÉTAUX DANS LES FÊTES OFFICIELLES AVANT LA RÉVOLUTION.
Enfin, on admirait, de M. Duval, VOdonto-
glossum cariniferum et V Anæchtochilus San-
derlanus.
Arboriculture d’ornement
Intéressante communication de M. Maurice
L. de Vilmorin qui présentait un joli petit Loni-
cera à odeur de Lilas. Ce Lonicera, qui res-
semble, par ses caractères généraux, au L. ru-
picola, fut introduit de l’Asie centrale par
l’abbé Farges; il a été depuis reconnu iden-
tique à celui qu’en 1871 MM. Bureau et Fran-
chet dénommèrent L. thibetica. La plante
croît en une touffe arrondie, frutescente,
n’excédant pas 60 centimètres de hauteur; son
feuillage est bien fourni_, d’un vert gai en des-
sus, tomenteux blanchâtre en dessous, verti-
cillé. Les fleurs, axillaires, rose pâle, fleu-
rissent sur le bois nouveau et dégagent une
pénétrante odeur de Lilas. Enfin, cette espèce
paraît résister victorieusement à la sécheresse,
ce qu’indiquait a priori son tomentum.
Les Althéas [Hibiscus Syriacus) sont repré-
sentés par une collection de 24 variétés,
à M. Nomblot, parmi lesquelles il faut ci-
ter deux doubles ; lutea plena et punicea
plenuj ainsi que par une collection de
variétés, à M. Baltet. On y remarque deux
variétés inédites, la simple et la double
rose carné, provenant, par dichroïsme, de
l’Althéa à fleurs de Pivoine, puis plusieurs
nouveautés : Jeanne d’Arc, speciosa rubra
et Souvenir de Lebreton, cdle-ci à fleurs
panachées. A signaler aussi, de M. Baltet, le
gracieux Pommier microcarpe spectabilis Re-
versa.
Arboriculture fruitière
M. Fatzer continue à nous montrer des
spécimens colossaux de Raisins forcés. Cette
fois-ci, ce sont des grappes de Chasselas
doré, de Gradiska et de Frankenthal qui at-
tirent tous les regards et excitent les convoi-
tises. A côté, M. Charles Savart montre
12 Pêches Girardot, et M. Paullard, 28 Pê-
ches Paullard\ ces deux variétés seront ju-
gées, l’année prochaine, sur l’arbre.
On examine aussi une petite exposition de
M. Nomblot qui sert de leçon de choses.
On y étudie les Pommes d’été : Transparentes
blanche, verte et rouge ; Grand Sultan, Api
d'été, Pigeon d'été et Borowitzky. Puis les
Poires Chaumontel d'été, Clapp's Favorite,
Beurré Giffard, Docteur Guyot, Ah! mon
Dieu! etc., et enfin quelques beaux fruits 'des
Pruniers Jefferson, de Montfort et Comte
d'Althann.
Culture potagère
M. Edouard Lefort ne se tient pas pour
battu avec sa nouvelle Fraise remontante
Jeanne d’Arc, d’une plus grande vigueur que
la Fraise Saint-Joseph. Le filet spécimen qu’il
nous montre est chargé de fruits de la gros-
seur de ceux de la Fraise Comtesse Héricart
de Thury. Cela n’enlève pas le mérite particu-
lier à chacune des variétés remontantes qui se
partagent en ce moment la faveur des cher-
cheurs. Il y aura toujours de la place pour
toutes sur les catalogues.
Présentation intéressante de M. Hyacinthe
Rigault, en Pommes de terre Victor, Belle de
Fontenay, k feuille d' Ortie et Marjolin. Enor-
mes et beaux Concombres blancs de M. Sa-
darnac. Quant au Haricot sabre à cosse jaune
de M. Henry, il m’a paru être proche parent
de ces variétés « Giant long pod y> américaines,
desquelles on ne sait si elles doivent être ou
non sans parchemin.
H. Dauthenay.
LES VÉGÉTAUX DANS LES FÊTES OFFICIELLES AVANT LA RÉVOLUTION
Chacun se rappelle les merveilleuses
décorations florales qui ornaient l’an der-
nier notre capitale pendant la visite d’hôtes
illustres. Le spectacle inoubliable qu’il
nous a été donné de voir se renouvelle,
en ce moment même, à Saint-Pétersbourg.
Cette fois encore, on signale une extraor-
dinaire profusion de fleurs et de verdure
dans les décorations de cette ville.
Aussi nous pensons qu’il est intéressant
de rappeler ici le rôle joué par les végé-
taux dans les fêtes officielles avant la Révo-
lution.
Chez nos pères, dans des circonstances
semblables, le rôle décoratif des végétaux
était plus limité. On paraissait préférer les
splendeurs coûteuses de l’art humain aux
simples beautés de la nature. D’ailleurs, il
faut dire que l’ancienne horticulture n’of-
frait pas les abondantes ressources dont
nous disposons aujourd’hui. Notre siècle
seulement a vu l’introduction des belles
plantes à feuillage ornemental, des splen-
dides Orchidées si en faveur aujourd’hui.
On pourrait en dire autant de la plupart
des richesses végétales de nos serres.
Avant la Révolution, les réceptions dans
les villes, les entrées solennelles de souve-
rains, de princes ou de grands personnages
étaient fréquentes. Il est même parvenu
jusqu’à nous de nombreuses relations dé-
taillées de ces événements mémorables
pour les cités, car souvent les contempo-
rains ont désiré conserver à la postérité le
LES VÉGÉTAUX DANS LES FÊTES OFFICIELLES AVANT LA RÉVOLUTION.
409
souvenir des magnificences qu’ils avaient
déployées en l’honneur des puissants de
l’époque.
L’humanité a toujours aimé voir ceux
qui la gouvernent ! On peut donc croire
qu’autrefois comme aujourd’hui, l’enthou-
siasme de la foule débordait dans les solen-
nités de ce genre, surtout lorsqu’elle assis-
tait au spectacle de l’imposant cortège qui
se déroulait dans les rues pavoisées et jon-
chées de fleurs ou de feuillages. La déco-
ration des maisons était alors obligatoire
pour le propriétaire. Il était tenu de dissi-
muler la nudité des murailles au moyen de
tapisseries ou detentures. Quelques-uns em-
ployaient la verdure du Lierre, du Buis,
du Houx, du Genêt, du Laurier et du Ge-
névrier ; ce sont, du moins, les plantes que
l’on trouve le plus souvent citées pour cet
usage. Certains récits font encore mention
de mâts enguirlandés, d’ornements divers
formés des feuillages du Buis et du
Lierre.
A Orléans, en 4576, les guirlandes de
Lierre coûtaient 43 sous la toise, environ
2 fr. 40 de notre monnaie. Enfin, et ceci
montre combien les choses changent peu,
parmi les monuments improvisés qui s’éle-
vaient sur les places publiques et dans les
carrefours, on remarquait des estrades où
de nombreux figurants, singulièrement
costumés, exécutaient des chants ou réci-
taient des vers de circonstance.
C’étaient encore des pyramides, des arcs
de triomphe et des portiques construits
selon les règles de l’architecture, tous sur-
chargés d’emblèmes, de devises, de statues
allégoriques dont le goût n’était pas tou-
jours heureux.
Pour une entrée solennelle de Charles IX,
à Lyon, en 4564, on s’était avisé de placer,
sur le passage du roi, une sculpture repro-
duisant l’image d’un homme écorché qui
regardait, dit la relation, (c avec des yeux
hydeux ». Franchement, si on avait l’in-
tention de personnifier l’hérésie, on aurait
pu trouver une représentation moins ma-
cabre.
Plus réjouissante était la décoration citée
par M. Baudin à l’inauguration récente de
la rue Béaumur : « à l’entrée de Louis XL
il y avait à la fontaine du Ponceau trois
belles filles, faisant personnages de Sirènes,
toutes nues, lesquelles en faisant voir leurs
beaux seins disaient de petits motets et
bergerettes. »
L’usage de répandre des fleurs dans les
rues était habituel autrefois. L’historien
Malingre, dans ses Annales de la Ville de
Paris, décrit ainsi l’entrée de Philippe
de Valois, en 1328 : « Les rues de son
passage (comme la saison le permettoit)
estoicnt jonchées de rameaux de fleurs et
d’herbes odoriférantes. »
Il cite encore le même fait pour une en-
trée de Louis XI à Paris, probablement celle
dont nous parlions plus haut.
Henri IV étant de passage dans la ville
d’Amiens, en 4594, la municipalité or-
donne que : « le jour de laditte entrée sera
commandé à tous les habitants, de tendre
leurs maisons de tapisseries, de nettoyer
le devant de leurs maisons et y répandre
herbes et fleurs ».
L’entrée de Charles IX à Lyon, que nous
citions tout à l’heure, offrait une décoration
végétale plus compliquée. Les archives de
la ville notent un paiement fait « A Martin
Loup, 12 livres tournois à luy accordez
pour sept batellées de huy qu’il avoit fourny
pour faire les festons autour des armoyries
du Boy qui ont estez mises au dessouhz
des toilles qui ont couvert les rues le jour
de l’entrée ». On avait ainsi suspendu dans
les rues douze cent cinquante écussons
peints aux armes royales ; chacun d’eux
était entouré d’une guirlande de Buis, au-
tour de laquelle s’enroulait une bande de
papier tricolore : bleu, blanc et rouge. Ces
couleurs étaient celles de la livrée person-
nelle de Charles IX et de plusieurs autres
rois de France.
Un registre des Archives nationales men-
tionne un achat de verdure consistant en
Buis et en Lierre destinés à la confection
de guirlandes ou garnitures végétales pour
une entrée solennelle du roi, à Paris,
en 1571. Il paraît que ces sortes d’infiorati
étaient une mode venue d’Italie. On en
voit les premières traces à la fin du
siècle, époque où l’influence de l’art
italien commençait à s’étendre, en France,
sur l’architecture et le style des jardins.
Charles VIII étant de passage à Lyon,
en 1595, « ... en plus de cent endroits, il
y avoit au travers des rues des écussons
pendant en l’air, à la mode d’Italie, envi-
ronnés de chapelets de fleurs et autres
verdures joyeuses ‘ ».
En dehors de cette verdure peu variée,
les végétaux d’ornement en caisses ou en
vases figuraient-ils dans les salles destinées
aux fêtes et aux banquets ? Le fait a dù se
^ Relation des entrées solennelles dans la
ville de Lyon. 1752, p. 77.
410
LES VÉGÉTAUX DANS LES FÊTES OFEICIELLES AVANT LA RÉVOLUTION.
produire puisqu’un intéressant document
énumère les plantes qui décoraient la salle
d’un banquet sous le règne de François 1^^.
On commençait alors à introduire dans
nos régions et comme culture de luxe,
l’Oranger, le Grenadier et quelques autres
arbres d’orangerie. L’effet produit par ces
« raretés » semblait merveilleux aux yeux
des contemporains. Ils ne trouvaient pas
d’épithètes assez laudatives pour exprimer
leur admiration. Que diraient-ils donc
aujourd’hui ?
Le 22 décembre 1518, la cour de la Bas-
tille avait été transformée en salle de ban-
quet, à l’occasion d’une fête donnée aux
ambassadeurs envoyés à François I®*" par
le roi d’Angleterre. Dès l’entrée du pont
conduisant à la porte de la forteresse, les
jardiniers avaient déployé leurs talents. Ils
avaient élevé des « hastes d’hyerre », c’est-
à-dire des mâts garnis de Lierre qui por-
taient des écussons aux armoiries royales
dans des cercles de bois doré, le tout orné
de branches de Buis artistement arrangées.
En outre, « une voûte faite de bouys et
de hyerre couvrait tout le pont d’ung mer-
veilleux art ».
L’entrée de la Bastille était aussi « tyssue
de bouys ». Décidément on abusait de cette
décoration hivernale à la senteur peu plai-
sante. La salle à manger improvisée mesu-
rait 60 mètres de long sur 22 de large. Au
milieu s’élevait une magnifique estrade ou
tribune destinée au roi et à ses principaux
invités. On y accédait par des degrés et
l’entrée était agrémentée de colonnes char-
gées de trophées ; les côtés, garnis de drap
d’or, étaient encore parés de Buis et de
Boses blanches ou rouges. Une voûte faite
de Buis, piquée çà et là de Boses rouges et
blanches, couvrait entièrement la tribune
royale. Mais laissons au chroniqueur le soin
de décrire ces merveilles :
« ... A chacun des quatre angles du tri-
bunal pendoient toutes sortes de pommes
(fruits) et non pas moins la multitude et la
copiosité des arbres verdoyans faisoient hon-
neur à l’ayre du tribunal. Entre lesquelles
choses estoit ung Cèdre reboussé (infléchi)
de coustume de porter charge. Après estoit
un vieil olivier onctueux; un Laurier vert
qui n’est jamais frappé du tonnerre ; ung
Citronnier ayant tousiours belle formosité
de fueilles ; pommes de grenades, en yver
spirant odeur très-suave. Pour lesquelles
causes, les sages jugèrent d’une voix una-
nime estre en icelluy lieu la vraye ymage de
région fortunée, ou l’isle de délices, ou la
félicité de Arabie ou en la parfin estre ung
Paradis terrestre ^ ».
Les récits des vieux auteurs présentent
souvent pour nous des obscurités qui tien-
nent surtout à notre connaissance très-im-
parfaite des idées, des croyances anciennes
et aussi parce que le sens d’un mot pouvait
être autrefois différent du sens qu’on lui
donne actuellement. Ainsi, les « Pommes »
qui décoraient les angles de la tribune
étaient des trophées composés des diverses
sortes de fruits de la saison. Gomme chez
les Latins, on entendait encore parj? orna la
plupart des fruits charnus. Le Cèdre dont
il était question ne pouvait être le Cèdre
du Liban et encore moins le Cedrus atlan-
tica. Il s’agissait probablement d’un Cyprès
commun dans le Midi de l’Europe et qui
exige l’orangerie sous nos climats. Le Cu-
pressus lusitanica, vulgairement Cèdre de
Goa, possède bien les rameaux inclinés ou
pendants auxquels le chroniqueur faisait
allusion. L’immunité contre la foudre qu’il
attribuait au Laurier résultait d’une croyance
fausse qui existait déjà à l’époque de Pline.
Les entrées et les réceptions solennelles
de personnages dans les villes de l’ancienne
France étaient encore marquées par une
coutume qui intéresse l’histoire de la pomo-
logie. Dans ces temps d’heureuse simplicité,
c’était, en effet, un usage général pour les
municipalités d’offrir à leurs nobles hôtes
des présents variés parmi lesquels figu-
raient fort souvent des corbeilles de fruits
de choix.
En 1551, la municipalité d’Orléans offrit
à la reine Catherine de Médicis « de gros
abricots, poires et prunes » qui, d’après
les archives de la ville, coûtèrent 2 sols
15 deniers le cent (11 fr. 27).
On offre, à Senlis, en 1589, à MM*"®* de
Montmorency et de Torcy « pommes de Ca-
pendu, abricots, poires et bigarreaux ».
Selon Claude Mollet, c’était une circons-
tance de ce genre qui avait fait donner son
nom à une nouvelle variété de Poire à cuire,
le Bésy-Henri. « Cette espèce, dit-il, est
venue de Bretagne depuis peu de temps;
les Bretons lui ont donné le nom de Besi de
Herij, qui veut dire Poire de Henry^ car
lorsque le roy Henry-le-Grand fit son voyage
en Bretagne, comme il étoit à Nantes, les
Messieurs de Bennes envoyèrent un panier
de ce fruit à sa Majesté. »
En 1632, la reine Anne d’Autriche étant
^ Alfr. Bonnardot. Les Rues et Églises de Paris
vers i500, p. 53.
CORRESPONDANCE.
411
de passage à Lyon « ... le 14 septembre,
au moment de l’embarquement, le prévost
des marchands lui présenta encore une cor-
beille pleine de beaux melons et de boëtes
de confitures, le tout couvert de fleurs ; et
encore des bouquets de fleurs d’orange et
dë Jasmin d’Espagne... »
Les Poires figuraient souvent dans ces
présents rustiques. Pour recevoir Louis XIV,
en 1650, la municipalité de Troyes acheta
250 Poires de Bon-Chrétien à 4 sous la
pièce. Elisabeth Farnèse, reine d’Espagne,
passait à Audi le 23 novembre 1714, et
malgré son incognito, les consuls se firent
un devoir de lui offrir un présent semblable,
dit la délibération communale, à celui des
ducs de Berry et de Bourgogne, lors de leur
passage à Auch en 1701 : ce présent consis-
iV® 3736' (Seine- eUMar né). — Nous
avons examiné les grappes de Raisin, déjà
mûres, et, somme toute, en assez bon état,
que vous nous avez envoyées, et nous croyons
que leur rachis n’est atteint que d’un peu
d’ Oïdium. Cependant, ce que vous nous
dites de l’apparition, au printemps, sur les
jeunes bourgeons, de sortes de boules blan-
ches laissant un point noir sur le bois, nous
fait supposer que votre Vigne est peut-être
attaquée par le Coniothyrium diplodiella,
dont les fructifications sont amassées
et entourées d’une enveloppe, et dont les
effets sont analogues, a ‘priori, à ceux de
l’Oïdium sur les grappes. Cette maladie, en-
core peu répandue, a été observée en Italie et
à Nîmes en 1879. Elle résiste malheureuse-
ment aux préparations cupriques et aux sou-
frages. Il faudrait donc essayer l’hyposulfite
de calcium glycériné, remède employé avec
succès contre les ce Blancs » et les « Meu-
niers ». L’hyposulfite de calcium glycériné
s’obtient en faisant agir à chaud une solution
de sulfite calcique neutre sur une autre de
sulfure calcique légèrement glycériné. On
prépare à la densité de 8» Baumé, et l’on fait
une solution au dixième, que l’on projette
préventivement sur les bourgeons et sur les
feuilles, dès le départ de la végétation, à l’aide
d’un vaporisateur. Ce remède est d’ailleurs
très - efficace aussi contre l’Oïdium ; malheu-
reusement la préparation n’en peut guère être
faite que par les chimistes. Au printemps, dès
que vous constaterez la présence des boules
blanches dont vous nous avez parlé, ne man-
quez pas de nous en adresser des échantillons
à divers états, pour que nous puissions nous
assurer de la nature exacte de la maladie.
* Hevue de Gascogne, année 1869, p. 878.
sistait en Poires de Bon-Chrétien d’Auch.
On fit emplette à plusieurs particuliers
de 20 douzaines de ces Poires, dont le coût
s’éleva à 143 livres. Les dames religieuses
de Sainte-Ursule et le sieur Bedout, mar-
chand, fournirent, moyennant 72 livres,
« 18 boëtes de paille » dans lesquelles on
enferma lesdites Poires « ornées de taffetas
et de rubans et placées sur deux nappes
fines, "i » A Toulouse, en 1721, on offrait
encore à Mehemet Effendi, ambassadeur
envoyé à Louis XV par le sultan, des Poires
de Bon-Chrétien d’Auch, des Pommes de
Reinette et des Oranges de Portugal.
Ces quelques citations suffisent pour
donner un aperçu de l’emploi des végétaux
dans les réceptions officielles de l’ancien
temps. Georges Gibault.
2» Le meilleur engrais pour la Vigne est
un engrais composé de la manière suivante :
Par hectare.
Superphosphate de chaux titrant
environ 15 p, 100 d’acide phospho-
rique soluble 400 kil.
Carbonate de potasse raffiné ne
contenant pas plus de 10 p. 100 de
sels étrangers 200 kil.
Sulfate de chaux 400 kil.
1.000 kil.
La manière d’employer cet engrais est des
plus simples : on creuse à la bêche, autour de
chaque cep, une petite cuvette, dans laquelle
on répand la quantité d’engrais déterminée en
divisant 1,000 kilos par le nombre de ceps
contenus à l’hectare. Puis on recouvre l’en-
grais en comblant la cuvette avec la terre du
déblai.
Un autre bon mode de fumer la Vigne con-
siste à enterrer deux ou trois fourchetées de
fumier de cheval riche en crottin si la terre
est forte, ou de fumier de vache si elle est lé-
gère, au pied de chaque cep, à la condition
que ce fumier soit placé au-dessus des racines j
et jamais en dessous. Puis, après avoir recou-
vert le fumier avec la terre de la cuvette, on
répand sur le sol du plâtre à raison de
3,000 kil. environ à l’hectare. Ce plâtre sera
enterré par un labour ultérieur, mais pas plus
tard qu’en février.
3° La maladie de vos Œillets est causée
par V Heterosporium echinulatum, Champi-
gnon parasite de la famille des Hyphomycètes.
Le remède, que la Revue horticole a d’ailleurs
déjà indiqué consiste en pulvérisations à la
bouillie bourguignonne, à raison de 1 kilo de
2 Voir Revue horticole, 1894, p. 41ü.
412
CORRESPONDANCE.
sulfate de cuivre et 500 carbonate de soude
pour 100 litres d’eau.
4o Pour détruire le pou collant des Bromé-
liacées et autres plantes de serre chaude, il
faut, à l’aide d’un petit bâton mince comme un
porte-plume et au bout duquel on a fixé un
petit tampon de linge, que l’on trempe dans de
l’eau saturée de nicotine au trentième, tout
simplement décoller le pou et l’enlever.
(H. D.)
iVo 3386 {Loir-et-Cher). — Vous nous
demandez un remède contre la rouille des
gazons. Pour que nous puissions vous indi-
quer un traitement prophylactique exact, il
faudrait que nous déterminions, sur le vu
d’échantillons, la nature exacte de la maladie
que vous appelez « rouille ». S’il s’agit d’une
maladie cryptogamique, ce peut être une Puc-
cinie ou un Champignon du groupe des
Oïdium ; dans ces deux cas, il faudrait ré-
pandre à la volée un mélange, par moitié, de
soufre et de chaux en poudre. Mais ce peut
être aussi une Péronosporée, et alors, l’arro-
sage au sulfate de cuivre à 3 0/0 serait indi-
qué. Mais pour les gazons et pour les prés, le
remède le plus sûr consiste à les prémunir
contre les attaques de ce genre par un traite-
ment nutritif au plus haut degré : En hiver,
on lépand du superphosphate de chaux de
bonne fabrication ^soluble et titrant 15 0/0 en-
viron d’acide phosphorique) à raison de
400 kilogr. à l’hectare. Vers le mois de janvier,
on répand du sulfate de fer à la dose de
300 kilogr. à l’hectare. Puis, en février, on
étale sur le gazon fauché très-ras, une légère
couche — 5 centimètres tout au plus — de ter-
reau, sinon neuf, du moins pas trop usé. Ce
terreau est étalé avec le dos du râteau Avec un
tel traitement, vous posséderez un gazon très-
dru, très-vert et exempt de toutes les maladies,
cryptogames, mousses, etc., qui envahissent
les pelouses fatiguées, trop humides ou sur
sols trop calcaires.
2« Pour détruire le Liseron appelé « Vril-
lée » en Touraine et qui n’est autre que le
Liseron universellement répandu (Convolvuliis
arvensis), il existe plusieurs moyens :
1° Piocher attentivement le sol et retirer les
racines en les tirant doucement pour qu’elles
ne se cassent pas. Il faudrait piocher jusqu’à
une profondeur telle que l’extrémité de ces
racines soit extirpée, puis passer la terre,
avant de la remettre en place, dans une claie â
trous fins de manière qu’elle ne contienne
plus un seul fragment de racines. En effet, le
moindre de ces fragments constitue une bou-
ture qui redonnera promptement une nou-
velle plante.
2t> Ratisser fréquemment les allées. La phy-
siologie nous apprend que la présence des
feuilles, par où les plantes respirent et se
nourrissent d’éléments aériens, est nécessaire
â leur existence même. En supprimant donc
constamment, par des binages ou des ratis-
sages répétés, les parties aériennes du Liseron,
on arrive, après plusieurs années, à s’en dé-
bari’asser â peu près.
3» Détruire, par un procédé chimique, toutes
les herbes des allées, et par conséquent le Li-
seron aussi. Ce procédé consiste â faire bouillir
ensemble :
Eau de lessive .... 100 litres.
Chaux grasse 15 kilog.
Soufre 3 —
On arrose copieusement avec cette mixture
le sol de l’allée, après l’avoir ameubli au pio-
chon ou â la houe. En opérant au printemps,
vous n’aurez pas de traces de végétation dans
vos allées avant l’arrière-saison (H. D.).
N° 4206 {Ardennes) . — Il existe de nom-
breux et excellents procédés de purification des
eaux calcaires, mais de toute façon, il faut sa-
voir :
Si cette eau est exclusivement calcaire ',
2o Si elle est calcaire et séléniteuse ;
3« Calcaire et magnésienne.
Seul un chimiste ^ pourra vous dire ce que
votre eau contient par litre soit de chaux, de
sulfate de chaux, ou de magnésie.
A ce moment, nous publierons un article
qui vous donnera tous les renseignements pré-
cis sur la manière de purifier vos eaux et les
procédés â employer, mais il faut préalablement
être bien fixé sur le nombre de grammes soit
de chaux, de magnésie ou de sulfate de chaux
contenu dans un litre de votre eau. Car les pro-
cédés que nous vous indi(|uerions pourraient
tomber, dans un cas ou dans un autre, à faux
et vous causer des inconvénients pires que l’avan-
tage que vous auriez chance d’en retirer. —
G. T.
No 5575 {Seine- et- Mar ne). — Les feuilles
de vos Rosiers sont atteintes de « blanc » {Ery-
siphe pannosa). Si les soufrages répétés ne
réussissent pas â enrayer la maladie, bassinez
fortement avec de l’eau salée â raison de 15 gr.
de sel par litre d’eau. — (H. D.)
^ Chimiste s’occupant d’analyses d’eau, M. Hé-
bert, 66, rue Gay-Lussac, Paris.
Orléans. — lmp. G. Jacob, Paul Pigelet, successeur.
Le Directeur-Gérant : L. Bourguignon.
CHRONIQU.E HORTICOLE.
413
CHRONIQUE HORTICOLE
Mérite agricole. — France et Russie : télégrammes échangés entre la Société impériale d’horticulture
de Russie et la Société nationale d’horticulture de France, — L’exposition d’horticulture de Vin-
cennes. — La nouvelle réglementation des Halles centrales de Paris. — Concours de Dahlias,
Glaïeuls, Bégonias, Fleurs de saison et fruits de table. — Résultat du concours pour le parc public
de Vitry-le-François. — Les fruits et légumes aux Halles en 1896. — Floraison du Washingtonia
robusta. — Cineraria Lynchei. — Polygonum amplexicaule oxyphyllum. — Miltonia Bleuana
virginalis. — Le Jadoo, matière fibreuse pour plantes en pots. — Expositions internationales
d’horticulture de Bruxelles et de Hambourg. — Exposition annoncée — Ouvrages reçus. — Les
Œillets en 1676. — Nécrologie : M. Alfred Sutton.
Mérite agricole. — Dans la liste des
nouveaux décorés du Mérite agricole, par
décret du 10 août dernier, et dont la publi-
cation a été faite au Journal officiel le d5
du même mois, nous avons oublié de
relever le nom de M. Pierre Fulconis, horti-
culteur-fleuriste à Antibes, promu au grade
d’officier. Nous sommes d’autant plus heu-
reux de réparer notre oubli que M. Fulconis
est un habile cultivateur, et un semeur
d’Œillets qui a doté l’horticulture d’un
nombre considérable de variétés nouvelles
et magnifiques.
D’autre part, M. Barsac, secrétaire ad-
joint de la Société horticole et viticole de la
Gironde, nous prie de rectifier une erreur
qui a été commise au Journal officiel, et
reproduite par la Revue, dans les titres de
M. Ferret-Régis. Le nouveau chevalier du
Mérite agricole est vice-président de la
Société horticole et viticole de la Gironde,
et non de la Société d’horticulture de la
Gironde.
France et Russie. — La Revue horticole
n’a pu donner dans son dernier numéro les
télégrammes de sympathie échangés entre
la Société impériale d’horticulture de
Russie et la Société nationale d’horticulture
de France, à l’occasion de la réception
grandiose faite par le Tsar et le peuple
russe au Président de la République fran-
çaise. La proclamation officielle de l’alliance
franco-russe, quia été l’éclatante conclusion
du voyage de M. Félix Faure, est un fait
trop important pour que la Revue n’en
marque pas aujourd’hui le souvenir, en
publiant les télégrammes échangés par les
deux Sociétés.
La Société impériale d’horticulture de
Russie avait adressé à la Société nationale
d’horticulture de France le télégramme
suivant :
Au moment où le représentant de la France
touche le sol de notre patrie, la Société impé-
16 Septembre 1897.
riale d’horticulture de Russie sent un besoin
absolu d’exprimer à sa sœur aînée, la Société
nationale d’horticulture de France, combien
nous sommes heureux que le grand ami de
notre Auguste Souverain soit venu en hôte
tant désiré de la Russie resserrer encore plus
les liens qui unissent les deux grandes nations
amies.
Le Président : Speransky.
M. Viger, président de la Société natio-
nale d’horticulture de France a répondu au
nom de la Société par le télégramme sui-
vant :
Je viens de donner connaissance, à la réunion
de ce jour, aux membres de la Société natio-
nale d’horticulture de France, de votre télé-
gramme en date du 23 août. L’assemblée m’a
chargé de vous exprimer sa profonde sympa-
thie et ses affectueux remerciements pour les
sentiments de confraternité que vous exprimez
à votre Société sœur. Gomme tous les bons
Français, les membres de notre Société ont été
unis de cœur à nos amis de Russie, et ils éprou-
vent une profonde et patriotique émotion de
l’accueil qui a été fait par Leurs Majestés Im-
périales et la vaillante nation russe au Prési-
dent de la République française.
Le Président, ancien Ministre
de l'Agriculture,
Viger.
L’Exposition d’horticulture de Vin-
cennes. — La Société régionale d’horticul-
ture de Vincennes, qui n’avait fait l’an der-
nier qu’un concours de Chrysanthèmes
entre ses sociétaires, avait organisé cette
année, sous l’intelligente et vigoureuse im-
pulsion de son président, M. Laurent Hé-
brard, une exposition générale d’une réelle
importance qui attira, malgré le mauvais
temps, un grand nombre de visiteurs, et ob-
tint un succès mérité.
Voici ce que nous communique au sujet
de cette exposition notre collaborateur,
M. H. Dauthenay.
Le lot de M. Alfred Nomblot, pépiniériste à
Bourg-la-Reine, auquel le premier prix a été
18
414
CHRONIQUE HORTICOLE.
attribué, comprenait des séries très-complètes
d’arbres fruitiers formés, et en pots, parmi les-
quels on admirait de belles Prunes Pand’s
Seedling et de belles Pommes Grand Alexan-
dre en collections : Poires, Pommes, Prunes,
Pêches, Raisins, etc. Les fleurs coupées, du
même exposant, étaient très-remarquées. On
y voyait des collections de Roses et d’Althéas,
ainsi que des rameaux fleuris d’arbustes de
saison : Kerria^ Tamarix, Ceanothus, Spiræa,
Leycesteria, Indigo fera, Lespedeza, etc.
Les principaux lots de la floriculture étaient
ceux de M. Thiébaut-Legendre et de M. Simon.
Le premier contenait des collections de Bé-
gonias tubéreux et discolor Rex, de Reines-
Marguerites Victoria, de Phlox vivaces nains
et des plantes vivaces telles que : Rudbeckia
speciosa, purpurea et laciniata flore pleno ;
Harpaliiim rigidum Helianthus Maximiliani,
Solidago gigantea, Gaillardia divers, etc.
Helenium autumnale superbum, mis au
commerce par M. Barbier, à Orléans, en 1896,
s’y faisait remarquer par sa haute taille : en-
viron 2'" 50 dont lni60 de tige sans aucune ra-
mification et 1 mètre de tête sur 80 centimè-
tres de diamètre, bien garnie de branches,
celles-ci couvertes de capitules jaune foncé
brillant, de grandes dimensions (5 à 7 centi-
mètres) ; les quatre exemplaires tout à fait pa-
reils. Nous avons eu l’occasion d’admirer, chez
M. Lapierre, pépiniériste au Grand Mont-
Rouge, de semblables spécimens de cette
excellente acquisition. L’usage que l’on peut en
faire est tout indiqué ; isolé ou par groupes
sur les grandes pelouses.
Ont été aussi très-remarqués, dans le même
lot : le Physostegia virginica et sa variété
blanche ; le Salvia farinacea ; le Salvia nou-
veau, Merveille de Paris dérivé du S. Cocci-
nea, mais en touffe régulière compacte moins
élevée que celle des autres variétés et commen-
çant à développer ses longs épis de fleurs
rouge intense à partir du commencement de
juin, soit deux mois plus tôt que les anciennes
variétés qu’il laisse loin en arrière, et enfin
le Lobelia cardinalis Nanseniana, très-ramifié
dès sa base, très-florifère et d’un violet pourpre
contrastant avec le rouge vif de la variété Firefly .
Le lot de M. Pierre Simon, horticulteur,
99, route de Montrouge, à Malakoff (Seine),
était surtout remarquable par des Zinnia de
toute beauté, d’une régularité impeccable et
aux fleurs d’une plénitude et d’une imbricature
parfaites.
Dans la partie potagère, il faut accorder une
mention spéciale au lot de M. Chemin, d’Ar-
cueil-Gachan, très-varié en Laitues, Ghoux-
lleurs, Melons, Céleris, etc., mais où domi-
naient de superbes Tomates, d’une rare per-
fection.
La nouvelle réglementation des Halles
centrales de Paris. — La préfecture de
police vient de publier l’ordonnance con-
cernant la vente en gros des fruits et légu-
mes aux Halles centrales de Paris. Nous
publierons plus loin in-extenso ce document
officiel.
Concours de Dahlias, Glaïeuls, Bégo-
nias, Fleurs de saison et Fruits de table.
— Un concours de Dahlias, Glaïeuls, Bé-
gonias, Fleurs de saison et Fruits de table
aura lieu à l’hotel de la Société nationale
d’horticulture de France les 23 et 24 sep-
tembre prochain.
L’hôtel de la Société sera ouvert au public,
qui pourra visiter gratuitement ce con-
cours, le jeudi 23 septembre, de 2 à 6 heures
du soir, et le vendredi 24 septembre, de
9 heures du matin à 6 heures du soir.
Les horticulteurs et amateurs étrangers
sont admis dans le concours de nouveautés.
Résultat du concours pour le parc
public de Vitry-le-François. — La mu-
nicipalité de Vitry-le-François a ouvert un
Concours entre tous les architectes-paysa-
gistes et dessinateurs de jardins de France,
à l’effet d’établir un jardin public sur la
place de l’Hôtel-de-Ville et la place Carnot
contiguë à la première.
Le Concours a été brillant ; six concur-
rents se sont présentés. Le jury, dont nous
avions l’honneur de faire partie, a décerné
le premier prix à MM. Vacherot, jardinier
principal de la Ville de Paris, et S. Ber-
thier, paysagiste à Paris, qui s’étaient as-
sociés pour prendre part au Concours.
Le premier prix assurait au laurérat,
d’après les conditions du Concours, l’exé-
cution des travaux.
Les fruits et légumes aux Halles en
1896. — Nous extrayons du Rapport an-
nuel sur les services municipaux de
V approvisionnement {Fruits et légumes)
les renseignements suivants :
et En 1896, les introductions ont été de
12 millions 807,250 kilogrammes contre 12 mil-
lions 251,810 kilogrammes en 1895; soit une
augmentation de 555,440 kilogrammes.
Cette augmentation est due aux apports con-
sidérables de Cresson dont la culture a été favo-
risée par la douceur de la température des
mois d’hiver : 5 millions 414,100 kilogrammes
en 1896, contre 4 millions 836,225 kilogrammes
en 1895. D’autre part, il y a eu augmentation
de 14,000 kilogrammes sur les fruits et dimi-
nution de 36,525 kilogrammes sur les légumes.
La sécheresse du printemps a été préjudi-
ciable aux légumes, particulièrement aux Hari-
cots et aux Pois verts.
CHRONIQUE HORTICOLE.
415
Le Raisin de France a été abondant ; il y a
eu, en 1896, une augmentation de 270,780 ki-
logrammes dans les apports. Les expéditions
de Raisins en caisse sont beaucoup plus faibles,
par suite de la plus grande utilisation des wa-
gons à étagères, qui permettent de faire arri-
ver le Raisin en panier en aussi bon état et à
moins de frais qu’en caisse.
En 1896, les diminutions ont porté sur : les
Cerises (187,200 kilogrammes), les Haricots
verts (151,790 kilogrammes), les Pêches en
paniers (112,855 kilogrammes), le Raisin en
caisse (60,820 kilogrammes), les Asperges
(39,140 kilogrammes).
Les principales augmentations ont été, en
1896 : Pommes de terre de France, 142,230
kilogrammes ; Pommes de France, 130,815 ki-
logrammes ; Oranges d’Espagne, 92,575 kilo-
grammes; Citrons d’Espagne, 27,910 kilo-
grammes; Bananes des Iles Canaries, 49,870
kilogrammes; Cresson, 577,875 kilogrammes.
Voici les époques des premiers arrivages aux
Halles centrales, classés par ordre chronolo-
gique, des diverses denrées horticoles :
Rr mars
Pommes de
20 juin
Abricots.
terre.
4 juillet Poires.
7 —
Asperges.
10 —
Tomates.
15 avril
Fraises.
12 —
Prunes.
1er niai
Pois verts.
15 —
Amandes.
"1er
Artichauts.
22 -
Raisins.
25 —
Cerises.
19 sept.
Pommes.
10 juin
Melons.
6 oct.
Marrons.
15 —
Pêches
25 nov.
Oranges.
Floraison du Washingtonia robusta. —
A peine ai -je signalé la première florai-
son du Washingtonia rohusta dans mon
jardin de la villa Colombia, au Golfe Juan,
que voici le même fait qui se produit sur
d’autres points.
D’abord à la villa Ghauvassaigne, à Men-
ton, d’où le jardinier, M. Chaput, nous
envoie des fruits parfaitement développés,
exactement à la même époque que ceux de
mon exemplaire de Colombia.
Puis à Valence (Espagne) chez MM. Robil-
lard, horticulteurs, qui nous annoncent
l’envoi d’un colis postal contenant un frag-
ment de régime, des fruits et quelques jeu-
nes plants provenant de graines de l’année
dernière, sans pouvoir affirmer que l’espèce
qu’ils possèdent est le W. rohusta ou le
W. filifera. Nous serons prochainement
fixés sur l’identité de l’espèce dont ils par-
lent.
Ce n’est pas la première fois que nous
avons à signaler de pareilles concomitances
dans la floraison et la fructification des
plantes rares ; nos lecteurs se souviennent
que le fait s’est déjà produit pour le W.
filifera, mais c’est toujours une curieuse
constatation à faire, dont la valeur s''aug-
mente présentement de l’intérêt taxono-
mique qui va en résulter en facilitant des
déterminations exactes d’espèces ou de
variétés.
Cineraria Lynchei. — Divers croise-
ments ont été opérés par M. Irwin Lynch,
au jardin botanique de Cambridge, entre le
Senecio muUiflorus et la Cinéraire hybride
des jardins, dont la souche est, comme on
sait, le S. cruentus. Dans ces croisements,
il en est où le Senecio muUiflorus a servi
de mâle, et d’autres où il a servi de
femelle. Bien que, dans les deux cas, les
jolis coloris de la Cinéraire se soient fidèle-
ment reproduits, c’est dans le second que
les meilleurs spécimens ont été réservés,
grâce à leur bonne tenue. Le port rappelle
celui du *S. muUiflorus, avec plus d'am-
pleur dans le feuillage. Le corymbe floral
est plus lâche mais la floraison est plus pro-
longée et les couleurs ainsi que les dimen-
sions des fleurs rappellent absolument celles
de la Cinéraire. Enfin, la plante remonte
bien lorsque ses premières inflorescence sont
été coupées.
Ce nouvel hybride, décrit et représenté
par une planche coloriée dans le journal
The Garden du 17 juillet, a été dénommé
Cineraria Lynchei par M. Watson, dans le
Garden and Forest de février dernier. Il
constitue vraisemblablement une bonne
obtention horticole.
Polygonum amplexicaule oxyphyllum.
— La Revue horticole a eu, en 1895 1,
l’occasion de signaler à ses lecteurs cette
plante vivace d’un haut intérêt ornemental.
Nous n’en avions reçu à cette époque que
des échantillons fleuris, de MM. Barbier
frères, horticulteurs à Orléans. Dernière-
ment, on a pu lavoir dans un certain nom-
bre de jardins : à Orléans même et en Tou-
raine, où la plante commence à se répandre ;
dans les pépinières de M. Lapierre, au
Grand-Montrouge (Seine) et ailleurs. Nous
ne saurions mieux faire que de con-
firmer aujourd’hui ce que nous en disions
alors : , <r La plante est étalée, touffue,
haute de 75 centimètres sur 1 mètre 50 de
largeur. Les fleurs, qui sont d’un blanc pur
passant au rose tendre, très-odorantes, sont
assemblées en grappes terminales de 40
centimètres de haut sur 20 à 25 centimètres
de largeur. »
> Voir Revue horticole, 1895, p. 515.
416
CHRONIQUE HORTICOLE.
Ajoutons que le feuillage est très-ample,
d’un beau vert gai, et que les nombreuses
qualités de cette belle plante la désignent
pour être employée isolément ou en groupes
sur les pelouses de même que sur les pentes
pittoresques.
MiltoniaBleuanavirginalis. — La Re-
vue horticole a signalé à plusieurs reprises!
l’obtention, par M. Alfred Bleu, de diverses
formes du Miltonia Bleuana.
Cette espèce, créée par l’habile semeur,
est le résultat du croisement du M. Roezli
et du M. vexillaria. Le labelle de sa fleur,
blanc pur à la base, est coloré plus haut
d’un superbe disque pourpre ; les sépales en
sont blanc pur et les pétales blancs avec
une légère teinte rosée à la base.
Or, dans sa variété virgmalis^ la fleur est
entièrement blanc pur, la coloration du la-
belle et celle des pétales y ayant complète-
ment disparu. Plusieurs exemplaires de
cette belle variété française ont été remar-
qués en Angleterre, à l’exposition du Temple
Show et à plusieurs au! res. Le journal The
Garden du 3J juillet 1897, rapporte qu’un
très-fort spécimen en existe dans la riche
collection de l’amateur bien connu, M. E.
Ashworth, Harefield Hall, Gheshire, chez
qui elle a dernièrement fleuri.
Le Jadoo, matière fibreuse pour plantes
eu pots. — Le journal américain Viek's
Magazine nous apprend qu’un industriel an-
glais a confectionné une matière fibreuse
qu’il appelle « jadoo » et qui est appelée à
nourrir abondamment les plantes en pots,
aux lieu et place de terre. Il paraît que le
« jadoo » aurait acquis en Angleterre, depuis
deux ans, une réputation méritée. Il est
aujourd’hui tellement prisé en Amérique
— où pourtant la terre neuve ne manque
pas — que le stock s’en est trouvé vite
limité au point qu’il a fallu établir une
fabrique succursale à Philadelphie. La
« Compagnie américaine du jadoo » pro-
clame ainsi les nombreuses vertus de cette
matière fibreuse :
« Cette fibre produit une plus vigoureuse et
plus rapide action des racines, et convient à
toutes sortes de plantes, dispensant ainsi de la
nécessité de préparer des composts pour dif-
férentes espèces de plantes.
a Elle est plus propre à travailler que le
1 Voir Revue horticole^ 1894, p. 414; 1895,
p. 17-2; 1896, p. 251 ; 1897, p. 140,
sol. Elle reste toujours douce et évite l’odeur
de terre aigre dans les appartements.
« Elle n’est que moitié moins lourde que le
sol, ce qui est un point appréciable, spécia-
lement avec les plantes buissonnantes ou dans
les suspensions. Elle retient l’humidité deux
fois aussi longtemps que le sol.
« Il ne s’introduit dans la plante ni mauvaises
herbes, ni limaces, vers ou insectes qui ne
peuvent y subsister.
<L On dit que les plantes poussent mieux
dans le jadoo que dans le sol, le brillant dans
la couleur des fleurs est accru, la saveur des
fruits et légumes est rehaussée.
« Les semences y germent plus vivement que
dans le sol et les boutures s’enracinent en
moitié moins de temps.
(( Les plantes en pot de jadoo n’exigent pas
un dépotage aussi fréquent et l’on peut se
servir de pots de moindres dimensions,
« En plaçant en pleine terre les plantes de
pot poussées dans le jadoo, la boule de fibres
contenant les racines est transférée sans per-
turbation et les plantes n’éprouvent pas de
dommage du changement. »
Si nous faisons la part de la réclame,
dans laquelle excellent les Américains,
peut-être penserons-nous qu’il ne s’agit, en
somme, que de quelque chose d’analogue
au loam des Anglais.
EXPOSITIONS
Exposition internationale de Bruxelles. —
Les modifications suivantes viennent d’être
apportées au programme du concours tempo-
raire de septembre (21 au 25) ;
lo Horticulture.
Concours de fleurs de Dahlias
Collection de 100 variétés à fleurs doubles ;
Médaille d’or de 50 fr. — Médaille de vermeil,
grand module.
Collection de 100 variétés à fleurs simples :
Médaille d’or de 50 fr. — Médaille de vermeil
G. M.
Collection de 50 variétés à fleurs doubles :
Médaille de vermeil G. M. — Médaille de ver-
meil.
Collection de 50 variétés à fleurs simples :
Médaille de vermeil G. M. — Médaille de ver-
meil.
Collection de 25 variétés à fleurs doubles :
Médaille de vermeil. — Médaille d’argent.
Collection de 12 variétés les plus méritantes
(fleurs doubles) 1 Médaille de vermeil. — Mé-
daille d’argent.
Collection de 25 variétés de Dahlias Lilliput :
Médaille de vermeil. — Médaille d’argent.
CHRONIQUE HORTICOLE.
Collection de 25 variétés à fleurs de Cactus :
Médaille de vermeil. — Médaille d’argent.
Des médailles de vermeil G. M., de vermeil,
d’argent, sont mises à la disposition du jury
pour récompenser les envois de fleurs cueil-
lies, notamment les Roses, les Œillets, les
Glaïeuls, etc...
Les exposants de fleurs coupées sont priés
de se munir des flacons qui leur seraient né-
cessaires.
2° Pomologie
20e Concours. — « Collection de'400 variétés
de Poires (fruits de table) : 100 fr., 75 fr.,
50 fr.
Concours. — Collection de 50 variétés
de Poires (fruits de table : 75 fr., 50 fr., 25 fr.
22e Concours. — Collection de 25 variétés
de Poires (fruits de table) : 50 fr., 25 fr., 20 fr.
25e Concours. — Collection d’arbres frui-
tiers en pots : 50 fr., 25 fr.
Les inscriptions pour l’ancien programme
sont définitivement closes.
Pour les deux nouveaux addendas, les ins-
criptions doivent être adressées au commis-
sariat général du Gouvernement belge, à
Turvueren.
Comité de l’Exposition internationale
d’horticulture de Hambourg. — Nous avons
reçu trop tard pour l’insérer dans le dernier
numéro de la Revue le programme de l’Expo-
sition de fruits qui se tiendra à Hambourg du
24 septembre à la fermeture de l’Exposition.
Il comprend 19 concours avec 57 prix pour les
fruils de table, et 6 Concours avec 18 prix
pour les fruits de grande culture.
L’installation des exposants devra être ter-
minée le 22 septembre.
EXPOSITIONS ANNONCÉES ^
Troyes, du 4 au 1 novembre. — La Société
horticole, vigneronne et forestière de l’Aube
ouvrira du 4 au 7 novembre prochain, à
Troyes, une Exposition spéciale de Chrysan-
thèmes et de fleurs de saison.
A cette occasion, un concours de bouquets,
gerbes et parures de fleurs, faits et montés
sur place, sera organisé entre amateurs et
professionnels.
Le soir, l’Exposition sera éclairée à l’électri-
cité.
• S’adresser à M. Charles Baltet, président de
la Société, à Troyes.
OUVRAGES REÇUS
Manuel d’arboriculture fruitière, par A.
Berne, jardinier en chef et professeur d’arbo-
* La Revue horticole annonce les expositions
générales ou partielles dont le programme est
adressé au Rédacteur en chef, 26, rue Jacob,
Paris.
417
riculture de Montpellier. — Chez Masson,
12 b boulevard Saint-Germain, Paris.
L’arboriculture fruitière a été l’objet de
nombreux traités, dans les climats tempérés
et dans le nord. Elle est plus rarement
étudiée dans la région méridionale, où elle
réclame un savoir et des soins particuliers.
C’est cette culture spéciale que vient d’étu-
dier M. Berne, sans négliger l’arboriculture
fruitière dans ses traits généraux, et il l’a
fait avec une autorité que justifient une pra-
tique déjà longue et un savoir incontestable.
Dictionnaire d’horticulture, par M. D.
Bois, assistant de la chaire de culture au
Muséum d’histoire naturelle, secrétaire-rédac-
teur de la Société nationale d’horticulture de
France. — A la librairie Klincksieck, Paris.
La 23® livraison, qui vient de paraître, va
jusqu’à la lettre K. Elle contient, au mot Jar-
din^ un paragraphe des plus substantiels et qui
sera consulté avec fruit par tous les amateurs
de jardins.
Les Œillets en 1676. — Sous ce titre,
le Journal de la Société nationale d'hor-
ticulture de France résume une commu-
nication de l’un de ses membres hono-
raires, M. Abot. M. Abot a trouvé un Nou-
veau Traité des Œillets, imprimé en 4676,
où 298 variétés sont énumérées. D’après
quelques descriptions, on possédait à cette
époque des variétés d’Œillets « crevards »
dont les fleurs étaient non moins mons-
trueuses que celles d’aujourd’hui. La Grosse
Magdeloyi, entre autres, portait 15 pouces
de tour, soit 40 centimètres. Le Roy de
Flandres et Le Sauvage en portaient 14.
Il en est des fleurs comme des cha-
peaux : les modes, en changeant, tour-
nent dans un cycle d’où elles s’échap-
pent difficilement. Qui sait, si, dans deux
siècles, nos descendants ne seront pas
surpris, eux aussi, de retrouver, men-
tionnés dans de poudreuses archives, des
Chrysanthèmes à grosses fleurs ?
Nécrologie : M. Alfred Sutton. —
M. Alfred Sutton, qui coopéra longtemps à
la direction de l’importante maison anglaise
Sutton et fils, s’est éteint à l’âge de 79 ans,
le 7 août dernier, dans sa résidence de Rea-
ding. M. Alfred Sutton avait quittélesaffaires
en 1888 en même temps que son frère,
M. Martin Hope Sutton, léguant à ses fils
la direction de l’établissement. Il s’était con-
sacré depuis à un grand nombre d’œuvres
d’éducation et de charité. Sa mort laissera
au cœur de tous ceux qui l’ont connu de
vifs et légitimes regrets.
Éd. André.
418
ANÉMONE LA FIANCÉE A FLEURS PLEINES.
ANÉMONE LA FIANCÉE A FLEURS PLEINES
Les figures ci-contre (fig. 130 et 131) sont
la reproduction de photographies prises chez
MM. Krelage et fils, à Haarlem, d’une de
leurs plus importantes obtentions : l’Ané-
mone Ln Fiancée.
Cette variété nouvelle présente une
structure qui peut être considérée comme
intermédiaire entre celle de la race commune
nommée Anémone des Fleuristes à fleurs
doubles et celle de la race dite à fleurs de
Fig. 130. — Anémone La Fiancée à fleurs pleines.
Port de la plante.
Chrysanthèmes. Elle réunit d’ailleurs les
qualités inhérentes à chacune de ces deux
races.
En voici la description, telle que nous la
communiquent les obtenteurs :
Anemone Coronaria flore pleno
« La Fiancée ».
Racines tubéreuses, pattes aplaties, noi-
râtres, souvent rameuses, d’où naissent de
toutes parts des racines fibreuses. Tiges hautes
'de 30 centimètres, très-fermes et droites.
Feuillage bien découpé et épais. Fleurs nom-
breuses, très-pleines, d’un blanc légèrement
verdâtre dans le bouton, passant au blanc
pur à reflets argentés en s’épanouissant.
Pièces florales toutes transformées en pé-
tales en forme de languettes longues et étroites,
extrêmement nombreuses, serrées et imbri-
quées les unes sur les autres. Étamines tou
I
ANÉMONE LA FIANCÉE A FLEURS PLEINES.
419
Fig. 131, — Anémone La Fiancée à fleurs pleines,
Fleurs coupées.
420
LES HYDRANGÉAS A INFLORESCENCES ÉNORMES.
jours transformées en pièces pétaloïdes. Pistils
transformés le plus souvent, mais conservés
quelquefois comme une agglomération en
forme de tête conique.
La culture de cette nouveauté ne diffère
pas de celle des autres Anémones ; nous
la résumons ci-dessous.
Les Anémones des fleuristes se plantent
soit à l’automne, soit au printemps. Dans
le premier cas, on obtient une plus vigou-
reuse végétation et une plus belle floraison
que dans le second. Mais pendant l’hiver
on recouvrira la plantation de feuilles
sèches, de mousse ou de paille toutes les
fois que le temps se mettra à la gelée. Mais
on enlèvera cette couverture toutes les
fois qu’il se radoucira.
La plantation printanière fleurit un peu
plus tard que l’automnale. Si, d’ailleurs,
on désirait posséder des fleurs toute l’an-
née, on pourrait opérer des plantations tar-
dives, même jusqu’à la fin de juillet. Mais,
dans ce cas, il faudrait choisir des empla-
cements bien aérés et non exposés à un so-
leil ardent. Il y aurait aussi à arroser co-
pieusement et souvent pendant les fortes
chaleurs.
Ces Anémones préfèrent, de tous les sols,
ceux qui sont légers et perméables, mais à
la condition qu’ils soient nutritifs. Lorsque
la terre est maigre, on la fume avec du vieux
fumier, du fumier de vache déjà consommé,
du terreau de feuilles ou bien des mottes
de gazon décomposées. Il est excellent que
celte fumure, au lieu d’être introduite dans
le sol au moment du labour qui précède
immédiatement la plantation, y ait été in-
corporée une saison à l’avance.
Les pattes d’Anémones sont très-fragiles ;
on en opère la multiplication au moment
de la plantation en les cassant de manière
que chaque fragment soit muni d’un œil
que l’on a bien soin, lorsqu’on l’enfonce
dans la terre, de diriger vers le haut. Le la-
bour doit avoir été soigneusement fait, car
les divisions de pattes que l’on plante pour-
raient se sectionner encore et malencon-
treusement, cette fois, par des heurts
contre des mottes dures ou des cailloux.
La]profondeur à laquelle on enterre les
pattes d’Anémones est d’environ 6 centi-
mètres. L’espacement à observer entre
elles varie de 15 à 25 centimètres, selon leur
grosseur.
Lorsque la végétation des plantes est
terminée, on les relève de terre en récol-
tant les pattes, que l’on laisse se ressuyer à
l’air, mais non au soleil ; on les conserve
ensuite en lieu sec, dans des tiroirs ou sur
des tablettes, jusqu’à la prochaine plantation.
Étant issue de la variété bien connue
La Fiancée à fleurs simples^ qui est si
généralement appréciée, elle en a conservé
toutes les qualités de vigueur et de rus-
ticité.
La nouvelle forme à fleurs pleines sera
recherchée surtout pour la confection des
bouquets, puisque ses fleurs, coupées, se
conservent fraîches très-longtemps dans
l’eau. H. D.authenay.
LES HYDRANGÉAS A INFLORESCENCES ÉNORMES
C’est particulièrement de V Hydrangea
Otaksa, var. monstr osa, dont nous voulons
dire quelques mots.
U Hydrangea Otaksa a été introduit du
Japon par Siebold, vers 1868. Cette plante
était déjà recommandable par ses fortes in-
florescences; la variété monstrosa, mise au
commerce par M. Lemoine, de Nancy, il y
a quelques années, lui est bien supérieure ;
ses fleurs, roses, grandes, réunies en cymes
terminales globuleuses, peuvent constituer
des inflorescences de dimensions énormes.
Les feuilles sont opposées, larges, obo-
vales et fortement dentées en scie.
Cet Hydrangea, de même que les Hor-
tensias ordinaires, ne résiste pas bien habi-
tuellement en pleine terre sans abri, sous
le climat de Paris, au moins dans les hivers
rigoureux. C’est dans l’Ouest de la France
qu’on rencontre les plus beaux Hortensias
en pleine terre.
Nous avons eu occasion de voir chez
un amateur d’horticulture, à Viry, près
Paris, une douzaine de touffes d' Hydrangea
Otaksa monstrosa qui étaient des plus re-
marquables comme force et vigueur gé-
nérale de végétation, et présentaient des
inflorescences de dimensions extraordi-
naires. Nous en avons mesuré ayant plus
de 30 centimètres de diamètre sur des ra-
meaux ayant 1 mètre de hauteur et 1 dia-
mètre de plus de 2 centimètres.
Quelques-unes de ces touffes, formées de
deux pieds, montraient simultanément cinq
à huit inflorescences de même dimension
et quelques autres rameaux avec des fleurs
moins avancées.
Ces Hydrangéas se trouvaient sur une
421
ESPÈCES NOUVELLES DE CONIFÈRES DE L’AMÉRIQUE OCCIDENTALE.
terrasse découverte, en plein soleil, dans
des bacs ronds, formés de demi-tonneaux
d’un diamètre de 60 centimètres sur 45 de
profondeur.
Chaque bac contenait deux pieds d’ify-
drangea, formant touffes, plantés en bonne
terre de bruyère. Le fond des bacs, bien
drainé et percé de trous, permettait l’écou-
lement facile de l’eau d’arrosage.
Ces Hydrangéas sont rentrés en orangerie
pendant l’hiver. Au printemps, en mai-
juin, ils sont mis dehors, en plein soleil, et
on leur donne alors des arrosages réguliers,
'copieux, en moyenne 8 à 10 litres d’eau
tous les jours.
Aucun engrais n’est utilisé. Au moment
de la végétation, on taille les rameaux qui
ont porté fleur sur un ou deux yeux vigou-
reux, les plus rapprochés de la base, en ob-
servant de ne conserver sur chaque pied
que cinq ou six rameaux, ce qui en fait par
touffe dix ou douze qui devront se ter-
miner par les fleurs ; les autres rameaux
sont supprimés et les pousses latérales, s’il
en vient, sont pincées au fur et à mesure
de leur apparition.
Tous les deux ou trois ans, on procède au
rencaissage nécessaire pour renouveler la
terre et en même temps faire la division ou
séparation des touffes et le rajeunissement
des pieds par le bouturage si cela est utile.
Ce fait démontre que, contrairement à
l’idée généralement admise, les Hydrangéas
peuvent se développer vigoureusement en
plein soleil et que leurs inflorescences peu-
vent acquérir des dimensions extraordinaires
sans l’emploi d’engrais spéciaux. Il suffit
d’un sol convenable, d’arrosages suffisants
et d’opérations de taille et d’ébourgeon-
nement judicieusement pratiquées.
Cet Hydrangéa se prêle avec assez de faci-
lité au bouturage des rameaux florifères,
qui donnent alors des plantes basses, naines,
couronnées de fleurs formant une vaste
cyme arrondie.
Une autre espèce d’Hydrangéa, VHy-
drangea paniculata grandiflora, intro-
duite du Japon depuis 1864, et mise aussi
au commerce par M. Lemoine, donne éga-
lement des inflorescences de très-grandes
dimensions et qu’on pourrait appeler
monstrueuses, formant de grandes pani-
cules allongées terminales de rameaux vi-
goureux.
Cette variété à' Hydrangéa paniculata
a l’avantage d’être de plein air et très-rus-
tique, de même que l’espèce type, et peut
former un arbrisseau à tige de lf"50 et
plus. Ses feuilles sont opposées ou plus sou-
vent verticillées par trois.
Cet arbrisseau est des plus recommanda-
bles et cependant il est encore peu répandu ; il
donne des inflorescences qui sont d’autant
plus grandes que le sujet est plus vigou-
reux et se trouve dans des conditions plus
favorables de végétation (il demande un sol
non calcaire, léger, frais et humifère), et que
par les opérations de taille et de pincement
voulus on ne lui laisse développer, selon sa
force et sa vigueur, que deux à six rameaux
florifères qui donnent alors des inflores-
cences qui peuvent atteindre 50 centimètres
et plus de longueur et 1 diamètre de plus
de 25 centimètres à la base.
L’époque normale de floraison de ces
Hydrangéas en plein air est de juillet à la fin
de septembre. Ce sont donc des végétaux
tout spécialement recommandables pour la
décoration automnale des jardins, et qui
se prêtent aussi assez facilement à la cul-
ture forcée en serre pour floraison d’hiver
et de premier printemps.
Ce qu’on nomme communément la fleur
de ces Hydrangéas est constitué simplement
par les calices des fleurs dont les .sépales de-
viennent pétaloïdes en prenant un grand
développement au détriment des autres or-
ganes de la fleur, corolle et étamines, qui
disparaissent parfois même complètement.
A. ClIARGUERAUD.
ESPÈCES NOUVELLES DE CONIFÈRES DE L’AMÉRIQUE OCCIDENTALE
Le botaniste américain M. Lemmon,
après avoir étudié de très-près plusieurs
formes de divers Pins polymorphes de
l’Amérique occidentale, a établi dans le Gar-
den and Forest du 12 mai 1897 les es-
pèces suivantes :
lo Pinus scopuloriim, Lemm. (P. ponderosa
var. scopiilorum, Englm.). — Pin jaune des
Montagnes Rocheuses. Petit aibre e.xcédant
rarement 30 mètres de haut sur 1^20 de dia
mètre, s’élevant en flèche vers le ciel, à écorce
grisâtre, plus mince et plus rude, à aubier plus
dense, à cônes plus petits et possédant des
écailles plus fermes et plus foncées que dans
le P. po.iderosa type. Feuillage plus clairsemé,
ayant une tendance à se former en touffes à
l’extrémité des ramifications. Feuilles ordinai-
rement par trois, souvent par deux.
Épars sur les hauts coteaux et les plateaux
422
LES FLEURS SIMPLES ET LES FLEURS DOUBLES.
des Montagnes Rocheuses de la Colombie an-
glaise, puis en allant vers le sud, par Montana,
Idaho, Wyoming et le Colorado, jusqu’au nord
du Nouveau-Mexique, et, vers l’est, jusqu’au
nord du Dakota et du Nebraska.
« Le Pinus ponderosa, — dit M. Lem-
mon — , est éminemment polymorphe, et a
son quartier général dans la Sierra Nevada,
en Californie. Sa distribution s’étend sur les
côtes ouest jusqu’au delà de l’Orégon vers le
nord, et au delà de l’Arizona jusqu’à la So-
nora, vers le Sud. Sur une telle étendue, il
comprend sans doute plusieurs autres formes
assez marquées pour être élevées au rang
d’espèces, notamment le Pin « à écorce
marron », P. ponderosa nigricans, Lemm.,
qui constitue presque e.x:clusivement une
grande forêt sur le plateau du Colorado,
au centre de l’Arizona et du Nouveau-
Mexique. »
2° Picea columbiana, Lemm. (P. Engel-
manni, var., Englm.). — Arbre généralement
petit et élancé, excédant rarement 25 mètres
de haut sur 1 mètre de diamètre, à écorce
de couleur claire, mince, dure et écailleuse, à
branches courtes, spécialement celles de la
moitié ou des deux tiers supérieurs de la hau-
teur du tronc, donnant à l’arbre l’aspect d’une
flèche ; rameaux annuels sveltes, gros tout au
plus de 2 à 3 millimètres, ceux des branches
supérieures garnis, pendant la saison de pro-
duction, de nombreux petits cônes étroitement
elliptiques, jaunâtres, aux écailles minces,
ovales-obtuses, scarieuses et à bords ridés ; les
bractées de leur base très-petites, d’environ
5 millimètres de long, aiguës. Graines petites,
de 2 à 3 millimètres de long, brunes, munies
d’ailes brillantes, ovales et convexes.
Constitue une partie des forêts montagneuses
de l’Orégon, Washington, Idaho, Montana, et
de la Colombie britannique, où il est réduit, à
l’extrême-nord, à de simples buissons.
M. Lemmon ajoute que le Picea Engel-
manni type habite les montagnes du Wyo-
ming, Colorado, Utah, Nouveau-Mexique et
Arizona. Son tronc dépasse quelquefois
40 mètres de haut sur 4"‘ 50 de diamètre.
Il se distingue surtout par son écorce
épaisse de couleur foncée et profondément
ridée. Sa forme générale est celle d’un pain
de sucre. Les cônes sont beaucoup plus
gros que ceux du Picea columbiana.
3® Abi<*.s shastensis, Lemm. (Abies nobilis,
var. magnifica, Mast., A magnificat Murr. ;
A. magnifica, var. shastensis, Lemm.). — Sapin
Shasta rouge. Arbre atteignant souvent 30 à
35 mètres de haut sur 1 mètre à 1™20 de dia-
mètre. Écorce noirâtre extérieurement, rouge
intérieurement, profondément ridée. Feuillage
moins robuste que celui de VA. magnifica type.
Cônes généralement elliptiques, avec écailles
plus protubérantes, les apophyses revêtues de
poils courts, raides, récurves, brunâtres,
les bractées généralement développées sur une
grande longueur, s’étendant souvent de 12 mil-
limètres jusqu’à 25 millimètres de long entre
les écailles. Habite principalement autour de
la base du Mont Shasta, en iCalifornie, jusqu’à
l’altitude de 1,500 à 2,500 mètres, où il forme
presque exclusivement une grande et dense
forêt de Sapins. Quelques individus se rencon-
trent aussi sur les pentes du Scott, Trinity,
Sistriou, et à l’extrémité sud des Cascades de
l’Orégon.
« U Abies magnifica type, sapin rouge
de Californie, originaire des hautes parties
inexplorées de la Sierra Nevada et jusqu’à
l’est de San-Francisco, atteint un bien plus
gros volume, souvent de 75 à 90 mètres de
haut sur 2“ 20 à 4 mètres de diamètre L Son
magnifique tronc, en colonne nue jusqu’à
une hauteur de 30 mètres, a l’écorce plutôt
brun clair extérieurement. Ses grands cônes
sont presque cylindriques, jaunes, presque
écarlates, aux écailles peu développées, ordi-
nairement dissimulées ».
On voit qu’il existe d’importantes diffé-
rences entre le Sapin rouge des monts
Shasta et le Sapin rouge de Californie ;
celui-ci « habite la haute Sierra, de part
en part, le plus souvent mêlé à d’autres
essences, sauf dans certaines portions du
centre, où il constitue presque exclusive-
ment l’étendue des forêts. »
J. -Fr. Favard.
LES FLEURS SIMPLES ET LES FLEURS DOURLES
La beauté des fleurs, comme toute beauté
physique, résulte en général d’un ensemble
harmonieux de formes, de proportions et
de couleurs, et nous concevons d’autant
mieux cet idéal que la fleur est une
création nativement élégante, chez laquelle
on ne peut qu’affirmer ces principes du
beau en les développant ou en variant leur
nature.
Ce fut là l’œuvre de la culture, et si l’on
veut une comparaison, nous serions tentés
* Nous pensons que l’annonce de proportions
aussi énormes pour V Abies magnifica demande
confirmation. — (E. A.)
LES FLEURS SIMPLES ET LES FLEURS DOURLES.
423
de la faire, en disant : La Nature, c'est
V Églantier , et V Horticulture, c’est la
Rose.
Mais ces transformations florales, recher-
chées et accueillies presque toujours comme
un embellissement des formes, n’ont-elles
pas souvent amené chez les fleurs qui en
ont été l’objet un changement complet de
leur beauté ? A l’accroissement des pièces
florales et à leur amplification, n’a-t-on
pas sacrifié la plupart du temps une élé-
gante simplicité ou une gracieuse confor-
mation particulière ?
En d’autres termes, la question est
celle-ci : Quelle est la plus belle d’une fleur
simple ou d’une fleur double ?
Si la beauté des fleurs réside dans une
harmonie de formes et de proportions, on
doit admettre que la duplicature aide à
développer ces caractères tant qu’elle n’en
détruit pas l’harmonie, mais elle amène
presque toujours, suivant son degré de
perfection, une disparition graduelle des
charmes essentiels d’une fleur.
On peut dire, d’une manière générale,
qu’elle ajoute à la beauté des fleurs, quand
les fleurs sont petites et sans caractère
particulier, parce qu’elle agrandit les for-
mes, et tout particulièrement chez cer-
taines fleurs disposées en grappes ou en
épis.
Par contre, elle devient inutile chez les
corolles qui sont naturellement grandes, ou
que leur conformation spéciale a douées
d’un caractère individuel de beauté ; là
encore, cependant, elle joue un beau rôle,
si elle arrive à conserver son ensemble na-
turel à la fleur.
Malheureusement, le contraire se pro-
duit fréquemment et la duplicature change
souvent une fleur en un amas de pétales,
véritable chaos qui n’a plus de nom.
En résumé, la duplicature embellit beau-
coup de fleurs qui, dans leur état naturel,
ne sont pas assez belles.
Pour exemple de cette assertion, prenons
quelques types de fleurs cultivées, et
essayons de discerner les limites où la
duplicature doit céder le pas à la sim-
plicité.
J’ai dit que les fleurs en épis ou en
grappes gagnaient le plus souvent à devenir
doubles : la Giroflée, la Julienne, le Pied-
d’ Alouette, la Rose-Trémière, sont des
exemples frappants où la multiplicité des
pièces pétaloïdes ajoute à la beauté de
l’ensemble.
Si, par contre, nous prenons maintenant
des fleurs spontanément grandes, nous
jugerons cette duplicature parfois inutile et
le plus souvent disgracieuse : les Bégonias,
les Lis, les Campanules, les Cinéraires, les
Soleils, les Anémones, les Tulipes, les
Glaïeuls, les Narcisses, les Pétunias, les
Dahlias, offrent des exemples assez connus
où les fleurs simples sont plus belles que
les doubles.
Mais la duplicature enlaidit surtout les
fleurs qui ont un charme particulier à
rester telles que la nature les a faites ; on
a parlé ces temps derniers d’iris doubles,
de Glaïeuls doubles, de Cyclamens doubles,
de Mufliers doubles, même certaines Papi-
lionacées, et ceux qui connaissent ces
fleurs peuvent-ils admettre une déforma-
tion dans leurs formes si élégantes ?
D’autres fleurs, au contraire, et des
plus remarquables, ont gagné à la trans-
formation, et le plus bel exemple, la Rose
nous montre bien qu’elle a su conserver,
malgré la sélection, sa grâce originelle ;
l’Œillet nous donne un non moins bel
exemple de duplicature élégante ; il en est
de même des Balsamines, des Camellias,
des Chrysanthèmes, des Pâquerettes, des
Pavots, des Potentilles, des Reines-Mar-
guerites, des Renoncules, etc.
Chez toutes ces fleurs, il existe une har-
monie de proportions dans les formes telle
que la plénitude a pu s’effectuer sans nuire
à l’effet d’ensemble, mais cette harmonie
disparaît dès que les proportions cessent,
tels les Œillets crevards, ou les Roses,
comme la Rose Paul Neyron.
D’autres fois, la disproportion arrive à un
tel degré, comme dans les Pétunias, les
Bégonias, les Fuchsias, les Dahlias, qu’on
voit leurs fleurs ne plus pouvoir être sou-
tenues par les pédoncules qui les portent,
et pendre comme des chiffons.
Dans d’autres cas, la duplicature atteint
souvent à une régularité si parfaite, à une
symétrie si absolue, qu’on ne peut plus se
les figurer naturelles, et qu’on pourrait
croire les Dahlias doubles façonnés avec
un fer à tuyauter, et les Zinnias confec-
tionnés à la main par le plus habile fleu-
riste..
Si nous n’envisagions que notre goût
personnel, nous dirions : quel que soit son
rôle dans la transformation qu’elle fait
subir aux fleurs, il ne faut pas regarder la
duplicature comme un progrès toujours
certain ; il ne faut pas chercher à la pro-
duire partout et quand même ; il faut, au
contraire, savoir discerner les cas où son
424
SOLA.NUM SEAFORTHIANUM.
application augmentera la beauté des fleurs
de cas où elle la diminuera.
Mais si nous nous plaçons au point de
vue pratique, si nous reconnaissons que
l’on ne discute pas des goûts et des cou-
leurs, nous dirons, au contraire, que toute
modification d’une fleur peut trouver ses
partisans, et nos horticulteurs ont raison
de chercher du nouveau, toujours du nou-
veau. Jules Rudolph.
SOLANUM SEAFORTHIANUM ‘
Parmi les Solanum cultivés pour la
couleur et l’élégance de leurs fleurs, celui-
ci peut se placer au premier rang. Il a été
découvert dans les Antilles par lord Sea-
forth, qui l’a introduit en 1804, mais il est
resté rare dans les cultures, parce qu’on l’a
trop souvent considéré comme une plante
de serre. Cultivé, au contraire, en plein
air soit seul, soit associé au Solanum jas-
minoides, le S. Seaforthianum constitue
Fig. 132. — Solanum Seaforthianum.
Port d’un exemplaire cultivé dans le parc de Lacroix ^Indre-et-Loire) au 20' de grandeur naturelle.
l’une des plus jolies plantes sarmento-
grimpantes qui se puissent imaginer. Nous
le cultivons depuis plusieurs années sur
une armature de fer qu’il enlace de ses
nombreux rameaux ornés d’un feuillage
vert foncé, brillant, léger de forme et cons-
tellé de grappes d’un beau bleu violet, pen-
dant de façon gracieuse.
1 Solanum Seaforthianum., Andrews, Bot.
Rep., t. 501 ; Bot. Mcg., t. 5823 {suh S. venus-
tum, Kunth) ; Bev. hort, 1893, p. 177 ; 1890,
p. 171 ; The Garden, 1895, p. 171.
Pu-’inœ Uortu'oLe
CJ-J-CJfuUoi- . J.L.G-o£f<Xrt
■csL.if '.p5 -Scibo'uret , del
Solanurn Scafort/uamun .
POUR FAVORISER LA FRUCTIFICATION DES ARBRES.
425
Description. — Sur des tiges cylindriques,
volubiles, non épineuses, vertes, tuméfiées aux
insertions des pétioles et des pédoncules, se
placent des feuilles alternes, glabres comme
toute la plante, insérées à angle droit, à long
pétiole bisulqué en dessus, les supérieures en-
tières ou peu lobées, de forme variable, lan-
céolées ou obovales, les autres pennées ou
pinnatiséquées à segments variés : les infé-
rieurs courtement pédicellés, les supérieurs
à base décurrente sur le pétiole, le terminal
plus grand, tous lancéolés acuminés entiers, à
pointe obtuse, à surface vert foncé en dessus,
à nervures peu saillantes. Inflorescences nais-
sant à l’opposé d’une feuille, en cymes extra-
axillaires, paniculées, pendantes, à pédoncule
et pédicelles grêles, divariqués, ébractéolés,
portant des fleurs de 35 millimètres de dia-
mètre; calice minuscule, à cinq dents noires,
très-peu visibles ; corolles d’un beau violet
clair ou lilas, éclairé de blanc au centre, à
lobes libres jusqu’à la base, ovales, acuminés,
aigus et à bords détléchis ; étamines dressées,
à filets blancs, à anthères connées au sommet,
jaune d’or, dépassées par le style lilacé à stig-
mate ponctiforme. Fruit en baie globuleuse,
rouge orangé.
Depuis le commencement de l’été, cette
jolie plante ne cesse pas de fleurir. Les
grappes durent longtemps, et les fleurs pas-
sées tombent sans se flétrir, l’arbuste restant
toujours vert et bien garni de ses feuilles
finement découpées et de ses fleurs.
Nous lui donnons une place sur les pe-
louses, comme plante isolée, sur une légère
carcasse en fer (fig. 132) à laquelle on peut
imposer la forme globuleuse, elliptique, py-
POUR FAVORISER LA FRI
Il existe, parmi les arbres fruitiers, quel-
ques variétés qui fleurissent abondamment
chaque année, et dont les fleurs tombent
bientôt sans qu’aucun fruit noue, quoique
le sol, l’exposition et les soins du cultiva-
teur semblent concourir également au suc-
cès de la récolte. Toute la sève de ces ar-
bres, généralement plus vigoureux que les
autres, semble s’épuiser en une production
surabondante de fleurs, et si l’art n’y porte
secours, il ne reste pas assez de force à
l’arbre pour développer les fruits. On re-
médie avec succès à un tel inconvénient,
en coupant avec des ciseaux une partie des
fleurs ou boutons à fleurs formant le co-
rymbe, aussitôt qu’ils se sont suffisam-
ment allongés pour pouvoir faire passer
entre eux la pointe de l’instrument, quel-
ques jours avant leur épanouissement ; on
laisse seulement cinq ou six fleurs sur
ramidale, en parasol, etc. Il importe seule-
ment de lui donner une nourriture substan-
tielle et abondante, terre franche addition -
née de terreau de couche et de terre de
bruyère, car elle est d’autant plus belle
qu’elle est plus vigoureuse. C’est pour cela
qu’au lieu de la cultiver en serre, où elle
peut prendre des insectes et devient grêle,
nous préférons de beaucoup l’avoir en
plein air, où ses inflorescences sont sou-
vent plus fortes que celle que représente
notre planche coloriée.
La multiplication du Solanum Seafor-
thimium se fait par boutures avec la plus
grande facilité. Les jeunes plantes peuvent
fleurir la même année. Cependant nous ren-
trons tous les ans en serre froide quelques
gros pieds qui sont bien plus floribonds
que les jeunes et produisent rapidement
un très-bel effet.
Pour couvrir un mur ou un treillage, le
S. Seaforthianum, mélangé à la variété
florihunda du S. jasminoides, donne un
très-agréable spectacle lorsque ses grappes
violettes se mêlent aux jolies cymes de la
seconde espèce, d’une forme et d’une cou-
leur blanche qui rappellent le Jasmin.
Enfin, il convient d’ajouter que, si nous
n’avons pas encore aperçu cette plante sur
la côte de la Méditerranée, il serait désirable
de Fy voir cultivée, car elle résisterait pro-
bablement aux hivers ordinaires et y fleu-
rirait encore plus abondamment que dans
le centre-nord de la France et dans l’ouest.
Ed. André.
CTIFICATION DES ARRRES
chaque corymbe, selon sa force, ayant la
précaution de conserver, de préférence, les
fleurs portées par les pédoncules les plus
vigoureux et qui se trouvent en même
temps le plus près du centre. Cette opéra-
tion a pour effet de faire refluer la sève aux
fleurs conservées et de leur donner assez de
force pour produire deux ou trois fruits sur
chaque ombelle, lequel produit suffît pour
indemniser des soins qu’il demande. On peut
aussi faire une autre opération plus simple
qui est employée avec succès sur les jeunes
arbres; elle consiste à retarder la taille ou
le raccourcissement des nouveaux rameaux
jusqu’au moment où les fleurs sont parve-
nues au degré de développement ci-dessus in-
diqué, et de les couper alors à la longueur
habituelle. Le retard, ainsi occasionné dans
le mouvement de la sève, fait nouer le fruit
en abondance. Henri Theulier fils.
426
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DES BÉGONIAS.
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DES BÉGONIAS
Une grande multiplicité de formes, une
floraison d’une générosité incomparable, et,
parfois, une coloration brillante du feuil-
lage, telles sont les qualités essentielles qui
font des Bégonias un des genres les plus
décoratifs et les plus recherchés pour l’or-
nementation des jardins.
On leur a reproché de ne point supporter
les longues insolations. Ce reproche n’est
pas fondé, et certaines espèces, certains hy-
brides, au contraire, tels que : B. ascot-
tiensis, atropurpurea, Bruanti, elegan-
tissima, Abondance^ Corbeille de feu, etc.,
ne montrent leur entière puissance flori-
fère que cultivés à l’air libre, en dehors de
l’action de tout obstacle ombrageant.
Pour trouver des espèces ou variétés
presque némorales, il faut chercher dans la
catégorie des B. Rex et des 5. discolor ou
encore parmi les hybrides issus de ces deux
espèces, hybrides dont MM. Bruant, de
Poitiers et Urbain, de Glamart, ont doté notre
horticulture.
Les Bégonia erecta eux-mêmes redou-
tent, au-dessus d’eux, la frondaison des
grands arbres et, associés dans ces condi-
tions aux Impatiens Sultani, fleurissent
beaucoup moins que cette jolie Balsa-
mine,
Le seul grief sérieux qu’on puisse avoir
contre les Bégonias, c’est leur développe-
ment nul ou maladif dans les sols cal-
caires ; ils présentent, en effet, pour le
carbonate de chaux, le même défaut d’af-
finité que les Vignes américaines ; mais il
n’est pas prouvé qu’ils l’ont tous à un degré
égal. D’autre part, les jardiniers à qui in-
combe la direction des parcs boisés ont la
ressource de l’enfouissement des feuilles ou
des terreaux de feuilles capables de neutra-
iser, au moins pendant un temps, l’action
nuisible du carbonate de chaux sur la vé-
gétation de certaines plantes.
Nous avons cité tout une série de Bégo-
nias parfaitement accoutumés à l’insolation
de nos étés ; parmi eux, il en est de bien
connus, de très-répandus ; d’autres le sont
moins, par exemple : les B. Abondance et
Corbeille de feu, deux hybrides que
M. Lemoine a obtenus du croisement entre
le B. semperflorens et le B. fuchsioides mi~
niata. Ce sont des plantes rappelant un
peu le B. ascottiensis, mais avec un port
moins élevé et des mérithalles plus courts,
ce qui, en rapprochant les inflorescences,
donne à l’ensemble de la plante un aspect
beaucoup plus fleuri. Ces inflorescences,
en cymes bipares, sont d’ailleurs plus
CONTRIBUTION A l’ÉTUDE DES BÉGONIAS.
427
nombreuses, plus fournies, et dressées ou
subdressées au lieu d’être pendantes ; leur
couleur est d’un rose carné pâle dans
Abondance, qui peut atteindre 60 cen-
timètres de haut, et rouge corail brillant
dans Corbeille de feu (fig. 133) haut seu-
lement de 35 à 40 centimètres.
Si le foisonnement et la précocité de la
floraison sont des qualités essentielles, la
facilité de la reproduction en est une autre,
sans laquelle les plantes ne peuvent être
introduites dans les jardins d’une grande
importance. Nos Bégonias doivent donc
donner soit des graines, comme celles de
la race Vernon, les reproduisant identique-
ment ; soit une grande quantité de reje-
tons ou de pousses propres au bouturage.
Sous ce dernier rapport, les hybrides sté-
riles versaliensis, Abondance, Corbeille
de feu, Bruanti, sont bien doués ; elegan-
tissima rosea l’est moins ; Madame Cha-
rat l’est très-peu, et l’on attribue à ce dé-
faut l’expansion à peu près nulle dans les
cultures ornementales de ce dernier Bé-
gonia qui est Cependant de toute beauté.
Par pousses propres au bouturage,
nous entendons désigner seulement celles
dont un bourgeon basilaire assure le déve-
Jeune plante.
loppemeni normal de la plante en un suf-
fruticule touffu et non en ce mince bâton
feuillé tel qu’il naît des boutures à aisselles
vides.
Les Bégonias tubéreux ou rhizomateux
non plus, ne redoutent pas le soleil.
Cependant les vieilles espèces dites : B.
erecta n’y résistent pas beaucoup ; aussi
sont-ce celles-là qu’on choisit pour cul-
tiver dans les endroits demi-ombragés. Il
faut leur joindre, pour être traités de même,
les B. Davisii, B. Pearcei, B. Rex et B.
discolor; ces deux dernières espèces sont
presque némorales, ainsi que nous l’avons
constaté.
Dans le B. Bertini que MM. de Vil-
morin ont fait connaître avec tant de suc-
cès, les B. fulgens et B. Baumanni, nous
retrouvons des formes qu’on peut laisser
en plein soleil ; il faut leur ajouter tout une
collection de variétés à fleurs doubles
parmi lesquelles figurent au premier
rang :
Lafayette, de M. Lemoine; Madame
Courtois, rosea florïbunda, etc., etc., de
M. Urbain ; Docteur Gaillard, Louise
Robert, etc., de M. Robert, sans compter
d’autres variétés sorties des semis de
MM. Couturier, Vacherot et Vallerand que
nous n’avons pas encore cultivées.
428 DE l’influence de la sélection dans le bouturage et le greffage.
Quant au port des Bégonias rhizomateux,
on a commencé à le modifier, mais pas
encore assez, à notre pointdevue. Dans la race
des erecta, beaucoup d’individus ont des
hampes florales trop courtes qui laissent la
fleur enfouie sous le feuillage ; d’autres ont
les hampes molles ou obliques et alors le
poids des fleurs les entraîne et les courbe
jusqu’à terre.
Pour éviter ces deux défauts fréquents
particulièrement chez les erecta à fleurs
doubles, il faudrait augmenter le volume.
la rigidité, la longueur des hampes et, en
même temps, leur donner un port érigé ; la
chose est facile, en amenant dans les croise-
ments l’intervention du Bégonia Bau~
manni (fig. 134) qui a par excellence les
qualités nécessaires. Ce croisement, M. Le-
moine l’a fait ; il en a obtenu tout une sé-
rie de Bégonias simples et le B. odoratis-
sima alha plena qui sont des modèles de
belles formes et d’irréprochable tenue.
Georges Bellair.
DE L’INFLUENCE DE LA SÉLECTION
DANS LE BOUTURAGE ET LE GREFFAGE
Cette question, posée cette année par le
Congrès de la Société nationale d’horticul-
ture de France, nous a fourni l’occasion de
faire quelques réflexions, sans doute trop
superficielles et incomplètes pour être li-
vrées à l’examen critique et sagace d’un
corps savant, mais que nous croyons pour-
tant pouvoir publier, pour servir au besoin
de matériaux à une étude plus approfon-
die à laquelle quelques lecteurs pourraient
peut-être se livrer.
Tout d’abord, le mot sélection veut dire
choix, et, dans les plantes, quand on choi-
sit les plus belles à notre goût pour pro-
duire de la graine ou les plus beaux ra-
meaux pour faire des boutures ou des
greffes, on fait tout simplement de la sélec-
tion.
On sait que chaque fragment de plante
est doué de la faculté de pouvoir reproduire
tous les caractères essentiels de la plante
dont il était issu. C’est sur cette remar-
quable faculté qu’est basée toute la théorie
des multiplications par voie artificielle,
c’est-à-dire par fragments et par suite con-
tinuation du même individu. Sans cette
faculté, nous ne pourrions pas reproduire
et conserver sans aucune modification les
innombrables variétés de végétaux, ligneux
surtout et en particulier les arbres à fruits,
qu’il a fallu des siècles pour obtenir.
On sait aussi que les plantes ne varient
pas uniquement par le semis, car, acciden-
tellement il est vrai, mais assez fréquem-
ment, on voit des parties qui ne sont pas
semblables aux autres, soit des fleurs
rouges sur un pied qui n’en porte que des
blanches, soit des fruits de forme, gros-
seur, couleur, saveur ou précocité différents
de leurs voisins, ou bien des rameaux à
feuilles différemment découpées ou pana-
chées, alors que les autres ne le sont pas. Ce
sont là autant de cas de dichroïsme (s’il
s’agit de couleur), de morphisme (s’il s’agit
de formes), intéressants à constater au point
de vue physiologique et qu’il y a souvent
intérêt à conserver et multiplier au point de
vue horticole.
Or, la faculté de conservation des carac-
tères acquis est poussée si loin chez les vé-
gétaux qu’elle permet de fixer d’un seul
coup ces variations accidentelles par un
des procédés artificiels de multiplication,
principalement par le bouturage et le gref-
fage. Et c’est sur l’étude de cette faculté en
quelque sorte supplémentaire, qu’est basée
la question posée par le Congrès précité.
Tous les bons jardiniers connaissent cette
faculté extraordinaire de reproduction des
caractères, même accidentels, par voie de
sectionnement et en tirent un avantageux
parti pour se procurer des nouveautés. Ils
mettent même souvent sans s’en douter
cette théorie en application, lorsqu’ils choi-
sissent, pour faire des multiplications, les
rameaux les mieux caractérisés, par exemple
ceux dont les fleurs ou les fruits sont les
plus beaux ou bien ceux dont les décou-
pures ou les panachures des feuilles sont
les mieux accentuées. A plus forte raison,
lorsqu’une variation intéressante se présente,
ils s’empressent de la saisir et de la fixer
par le bouturage ou par le greffage sur un
sujet apte à la faire vivre.
Nombreuses aujourd’hui sont les variétés
de plantes ainsi obtenues, surtout parmi
les essences ligneuses ; beaucoup de Roses
doivent leur origine à des cas de dichroïsme
ou de dimorphisme judicieusement saisis
et propagés par des praticiens expérimentés ;
quelques variétés d’arbres fruitiers ont
ainsi été obtenues et les variations de forme
A PROPOS DES CONCOURS INTERNATIONAUX DE POMOLOGIE.
et de couleur du feuillage ne sont pas moins
abondantes. Nous pourrions, en compilant
les publications et les catalogues horticoles,
établir une longue liste des variations qui
ont été saisies, propagées et qui ont enfin
pris place dans les rangs de nos belles et
bonnes variétés horticoles, mais cette liste
n’aurait d’autre intérêt que la connaissance
des plantes ainsi obtenues, car ici la mise
en pratique confirme pleinement le fait.
Pour les plantes herbacées, on peut par-
fois fixer par le bouturage leurs variations
accidentelles si elles sont d’espèce vivace,
mais, pour celles qui sont annuelles, on en
est réduit à ne plus compter que sur le se-
mis pour voir ces variations se reproduire
et alors souvent en très petit nombre d’indi-
vidus et pas toujours identiques, surtout s’il
y a dans le voisinage des plantes de même
429
genre ou espèce dont le pollen aura influencé
l’identité de reproduction.
Si le rameau-bouture ou greffon conserve
les qualités qu’il a acquises, il hérite au
même titre de ses imperfections et ses dé-
fauts, et les parties peu vigoureuses, chlo-
rotiques ou qui présentent des malforma-
tions quelconques conserveraient ces défauts
si on les utilisait comme multiplications ; il
faut donc les rebuter et mieux vaut ne
rien propager que d’employer des parties
défectueuses, même légèrement.
En résumé, l’influence de la sélection
dans le choix des boutures et des greffons
est un fait des plus évidents que la pratique
confirme et met en pleine lumière, il y a
donc lieu de s’en préoccuper d’une façon
toute spéciale quand on fait des multiplica-
tions artificielles. S. Motiet.
A PROPOS DES CONCOURS INTERNATIONAUX DE POMOLOGIE
En ce moment où s’accusent de plus en
plus les efforts de la concurrence étrangère
sur les fruits, où le marché français est
menacé par la concurrence des pays voi-
sins, et où le marché européen l’est lui-
même par les envois considérables de l’A-
mérique, de l’Australie et du Cap, il était à
prévoir que les concours de pomologie orga-
nisés au sein des expositions internatio-
nales de Hambourg et de Bruxelles pren-
draient une importance considérable.
Saisie à peu près au dernier moment de
la question de savoir si elle participerait ou
non officiellement à l’exposition pomolo-
gique de Hambourg, la Société nationale
d’horticulture de France a jugé qu’il était
trop tard pour organiser les envois, de fa-
çon qu’ils pussent concourir avec toutes les
chances de succès. Elle n’a pas cru que
nous étions prêts. Elle a préféré s’abstenir
de toute participation officielle et, pour des
raisons que nous n’avons pas à développer,
mais que tout le monde devine et com-
prend, nous estimons qu’elle a bien
fait.
Pourtant, il est du plus haut intérêt pour
l’arboriculture française de faire connaître
ses meilleurs produits aux acheteurs de
l’étranger, en même temps que de se ren-
seigner sur l’importance et la qualité des
siens. Mais autre part qu’à Hambourg, il
était un terrain neutre, l’exposition de
Bruxelles, sur lequel nous pouvions faire
bonne figure. Sans doute à cause de l’im-
portance des envois annoncés de toutes
parts, le gouvernement belge a augmenté
le nombre des concours de pomologie ;
malheureusement, les producteurs fran-
çais ne s’y sont pas trouvés en nombre suf-
fisant pour lutter avec avantage contre
leurs concurrents.
Peut-être n’ont-ils pas été sollicités avec
assez de persistance? Les Comités n’ont
peut-être pas pris les mesures nécessaires
d’abord pour faire connaître les concours
eux-mêmes, ensuite pour donner les ren-
seignements indispensables. Nous ne fai-
sons que signaler ces points, sans porter
de jugement. Il eût fallu s’y prendre de
bonne heure pour se préparer, se rensei-
gner sur les tarifs, adresser au besoin des
demandes de détaxes aux Compagnies de
chemins de fer, se grouper pour éviter
ou pour diminuer des frais, etc.
On savait bien cependant depuis long-
temps, dans les cercles horticoles, que des
expositions pomologiques auraient lieu en
septembre 1897, non seulement à Ham-
bourg, organisées par l’initiative privée,
mais à Bruxelles organisées officiellement
par le gouvernement belge.
Il n’en a pas été de même pour les pro-
ducteurs des autres pays : Angleterre, Aus-
tralie, Canada, Cap, Etats-Unis, Tyrol, etc.;
puisque les expositions de Hambourg et de
Bruxelles ont dù augmenter la place ré-
servée à la pomologie.
A en juger par les efforts que viennent
de faire les étrangers, on peut prévoir ce
qu’ils feront en 1900, et le rude assaut
430
LES PLANTES NOUVELLES AUX EXPOSITIONS ÉTRANGÈRES.
qu’ils se préparent à livrer à l’Exposition
de Paris ; mais là, du moins, nous sommes
tranquilles; pépiniéristes et producteurs
de fruits feront le nécessaire pour que la
bataille qui se livrera sur leur propre ter-
rain se termine pour eux par une éclatante
victoire.
H. Dauthenay.
LES PLANTES NOUVELLES AUX EXPOSITIONS ÉTRANGÈRES
C’est surtout à l’exposition internationale
qui a lieu à Gand tous les cinq ans que se
mesurent d’habitude les progrès accomplis
à l’étranger comme en France, non seule-
ment dans les procédés de culture, mais
avant tout dans l’obtention des hautes nou-
veautés. Doit-on dire que les expositions de
cette année ont présenté le caractère d’un
prélude de ce grand tournoi international ?
Il paraît évident que les semeurs di primo
cartello ont en général réservé pour le
champ clos de l’année prochaine leurs nou-
veautés à sensation. La Revue horticole a
fait d’ailleurs ressortir la faiblesse de la
participation des plantes nouvelles aux
expositions françaises, à celle de Paris prin-
cipalement L La même remarque a été
faite à l’exposition internationale de Ham-
bourg. C’est peut-être au « Temple Show»,
à Londres, qu’on a le plus rencontré de
nouveautés. Il faut noter cependant qu’à
l’étranger, comme en France, c’est prin-
cipalement dans les Orchidées que leur
nombre est élevé. Cela s’explique assez par
la vogue dont jouissent ces plantes, et
par des facilités relatives dans leur hybri-
dation.
A ce sujet, M. le comte Oswald de Ker-
chove, constatant que le nombre des Lælio-
Cattleya, par exemple, s’accroît de plus en
plus, faisait remarquer, dernièrement, dans
la Revue de VHorticuUure helge^ que,
lorsqu’il s’agit d’hybrides obtenus de di-
verses parts par le croisement d’espèces
identiques, on aboutit souvent à des formes
similaires. Aussi, nous ne pouvons que
l’approuver lorsqu’il conclut à la néces-
sité de s’entendre dans le monde horticole
et d’admettre ce que demandait le bota-
niste M. Rolfe, et ce qu’il a formulé en
ces termes : ne créer qu’un seul hybride
pour les différents croisements obtenus
entre deux espèces données. Les différences
que ces croisements pourraient présenter ne
seraient plus considérées que comme des
sous-variétés. Mais on aurait alors à lutter
contre l’amour-propre des semeurs et l’esprit
^ Voir Revue horticole, 1897, p. 275.
mercantile ! Aura-t-on, à Gand, la possi-
bilité de « voir clair » dans la confusion
actuelle ?
Quoiqu’il en soit, un certain nombre de
plantes obtenues par l’hybridation, ainsi
que d’autres plus ou moins récemment
introduites, présentées par des horticulteurs
ou des amateurs étrangers, au Temple Show
et à Hambourg, méritent d’ores et déjà
d’être signalées.
1" A l’Exposition de Hambourg
Azalea rustica flore pleno Amalia Rei-
chers, exposé par M. Reichers. Fleur très-
pleine, rose saumoné ; pétales bordés de
blanc.
Caladium albanense, feuilles longues et
étroites, rouge sombre marginé de vert ;
Canna Sanderæ, remarquable par son
coloris blanc jaunâtre avec nuances longitu-
dinales plus blanches et marginé de rouge
vif;
Dracæna Godseffîana. Ces trois plantes
présentées par MM. Sander et G»®. Ce Dra-
gonnier, introduit du Lagos, fut déjà
exposé à Gand en 1893 par MM. Sander.
Remarquable au point de vue horticole
par son feuillage élégant, d’un beau vert
panaché de nombreuses macules blanches ;
il ne paraît pas cependant avoir été répandu
dans les cultures. La Revue horticole l’a
signalé en 1893, puis en 1895 Il a été
décrit ainsi en 1894 par M. J. Baker :
(( Tiges grêles, glabres, dressées, dont plu-
sieurs nœuds ne portent que de petites
feuilles dressées, lancéolées, appliquées
contre la tige ; les autres nœuds portent
souvent trois feuilles en verticilles, étalées,
oblongues ou ovales, cuspidées, sessiles,
longues de 0^015 à 0"*10, larges, au-
dessous de leur milieu, de 0™035 à
0™050, fermes de texture et persistantes,
d’un beau vert panaché de nombreuses
macules blanches. Grappes de fruits ter-
minales, à pédoncule court ; bractées
très-petites ; fruits globuleux, jaune ver-
2 Voir Revue horticole, 1893, p. 201 ; 1895,
p. 148.
LES PLANTES NOUVELLES AUX EXPOSITIONS ÉTRANGÈRES.
431
dâtre, ayant près de 25 millimètres de dia-
mètre \ »
Miltonia vexillaria radiata Hyeana,
pourvu d’un joli disque pourpre sur le plat
du labelle ; présenté à Hambourg et au
Temple Show par M. Peeters.
2® A l’Exposition de Temple Show
ORCHIDÉES
Cattleya Mendeli Shawiaiia, remar-
quable par sa nuance blanc délicatement
teinté de rose, obtenu par M. Shaw.
C. Mossiæ Empress Queen, au labelle
énorme ; Princesse de Galles^ au labelle
pourpre et or ; mortebeekensis^ pourpre
plus vif et jaune clair; Ami Alexis, rose
pâle et jaune foncé ; ces quatre plantes de
l’établissement Linden.
Cattleya intermedia, var., forme pres-
que double : deux labelles sont emboîtés
l’un dans l’autre ; de M. Ashworth.
Lælia purpurata Ashworthiana, aux
sépales latéraux d’un développement aussi
large que le labelle et richement colorés,
obtenu par M. Ashworth et décrit dans le
Gardeners' Chronicle en 1896.
L. purpurata hella, très-éclatant ; Rossi,
de nuance plus tendre, et Millisiana, au
labelle délicatement nuancé ; présentés par
MM. Lewis et
Lælio- Cattleya Electra {L. purpurata
X C. Percivaliana), sépales et pétales rose
foncé, labelle cramoisi-pourpre passant au
vert au fond de la gorge ; exposé par M. G.
J. Ingram.
L.-C. D. S. Brown (L. X elegans X C.
Trianæ), labelle très-étalé, cramoisi-pour-
pre, avec macule jaune d’or à la gorge.
L.-C. The Queen, labelle d’un rubis très-
velouté avec macule orangée ; tous deux de
MM. Sander et G‘®.
L.-C. Lady Wig an {L. purpurata Rus-
selliana X C. Mossiæ aurea), pièces du
périanthe toutes sur le même plan, blanc
rosé, labelle très-bien fait, au contour régu-
lièrement arrondi, pétales frangés, limbe
du labelle pourpre, gorge jaune. Exposé
par MM. Gharleswqrth et G^e.
L.-C. tyntesfieldei^sis (L.9 X C. Do-
lüiana?), sépales et pétales blanc crème,
veinés et nuancés de rose ; labelle frangé,
rubis velouté, avec macule jaune à la gorge;
présenté par M. G. W. Law-Schoffîeld.
Miltonia vexillaria radiata Hyeana,
1 Journal de la Société nationale d’Hort. de
France, 1894 (reproduit du Gardeners* Chronicle,
1894).
cité plus haut, et M. vexillaria virginalis,
d’un blanc extrêmement pur ; présentés
par M. Peeters.
Odontoglosum crispum Peetersii, sépales
et pétales également maculés de pourpre, de
M. Peeters. — O. Princess of Wales,
remarquable par ses grandes et nombreuses
fleurs, d’un blanc très-pur ; exposé par
M. le duc de Sutherland. — O. Queen
Victoria, au pointillé très-apparent et très-
foncé, de MM. Hugh Low et Ci®. — O. Pré-
sident Faure, rouge, rose et blanc, et O.
crispum Reine des Belges, blanc pur, de
l’établissement Linden. — O. Starlight,
fleurs grandes, blanc rosé, recouvertes d’une
quantité de points bruns ; pétales frangés ;
de M. Brooman-White. — O. Sanderia-
num, blanc rougeâtre pointillé de pourpre
sur toute l’étendue de la fleur, et O. luteo-
purpureum Veryls peakeanum, d’un
jaune particulièrement vif ; tous deux du
baron Schrœder.
O. Pescatorei imgjeriale, à large fleur
recouverte d’un gros pointillé pourpre ;
de MM. Linden et G^®.
PLANTES DIVERSES.
Adiantum æthiopicum aureum. Char-
mante Capillaire, introduite de l’État libre
d’Orange. Feuillage jaune, sauf sur l’extré-
mité des pinnules, rachis noir, port léger
et élégant ; exposée par M. Birkenhead. —
Azalea rustica flore pleno Freya, de
nuance saumon rosé ; par MM. Veitch
et fils.
Bégonias tubéreux à fleurs doubles : Dia-
mond Juhilee, jaune vif, et Queen of
Queens, jaune abricot, présentés par M. J.
B. Box; Duchess o f Marlborough, k (\eur
aussi bien faite qu’un Gamellia, rose sau-
moné ; par MM. John Laing et fils.
Galadiums de semis, obtenus par M. Peed ;
six nouveautés dont voici les plus distinctes :
Duchess of Teck, aux feuilles d’un blanc
laiteux, avec une macule rougeâtre à l’ex-
trémité du pétiole, et s’étendant parfois
sur les veines ; Thomas Peed, plante naine
et compacte, aux feuilles larges d’environ
10 centimètres sur 15 centimètres de long,
rose .brillant veiné de carmin, avec du vert
en marge.
Clematis coccinea, var. Duchess of Al-
hany, rose avec macule longitudinale rouge
sur chaque segment ; Countess of Onslow,
cramoisi foncé, et Duchess of York, blanc
rosé avec macule rose vif ; obtentions de
M. Jackman.
432 ORDONNANCE CONCERNANT LA VENTE
Croton Her Majesty, présenté par MM.
Fischer et Sibray. Port élégant, feuilles
longues et étroites, jaune foncé sur la
première moitié de leur longueur, lors
qu’elles sont bien développées ; le jaune
s’épanchant parfois en macules sur la moitié
verte.
hybrides, de MM. J. Veitch
et fils ; parmi de nombreux semis, les deux
EN GROS DES FRUITS ET LÉGUMES.
suivants ont obtenu un certificat de mérite :
Adonis, rose tendre, eiSyren, rose panaché
de saumon, centre rose foncé.
Rose Thé Princess Alexandra of Russia,
coloris d’un riche rouge laque reflété de
saumon cuivré ; exposée par MM. Paul et
fils. C’est, dit le Gardeners' Chronicle, en
fait de Roses, la seule nouveauté remar-
quable de l’exposition. J. Fr. Favard.
PARTIE OFFICIELLE
ORDONNANCE CONCERNANT LA VENTE EN GROS DES FRUITS ET LÉGUMES
AUX HALLES DE PARIS
Paris, le 20 juillet 1897.
Nous, Préfet du police.
Vu : 1» La loi des 15-24 août 1790 (titre XI),
et celle des 19-22 juillet 1791 ;
2o La loi du 11 juin 1896 sur les Halles
centrales et le décret du 23 avril 1897, rendu
pour son exécution ;
3® Les arrêtés réglementaires en date des
28 novembre 1 893, 17 octobre et 28 novembre
1896;
4° L’ordonnance du 30 décembre 1865 con-
cernant la police des marchés publics ;
Ordonnons ce qui suit :
Article premier. — Le marché en gros des
fruits et légumes et des grains et farines se
tiendra tous les jours.
Les ventes des fruits et légumes auront lieu
de quatre heures à dix heures, du l^r avril au
30 septembre ; de cinq heures à dix heures
du lcr octobre au 31 mars.
Art. 2. — L’ouverture et la clôture des
ventes seront annoncées à son de cloche.
Il est interdit d’opérer des transactions en
dehors des heures réglementaires.
Art. 3. — En cas de retard des arrivages
par chemins de fer, les agents des deux pré-
fectures, après s’être concertés, pourront re-
tarder la clôture des ventes.
Art. 4. — A l’exception des préposés de
l’Administration, des expéditeurs justifiant de
leur qualité, des mandataires et de leurs em-
ployés qui seront munis d’une carte d’identité
signée d’un mandataire et visée par l’inspec-
teur principal du pavillon, il est interdit à
toute personne de pénétrer sur le marché en
dehors des heures de vente.
11 est également interdit de stationner sans
nécessité sur le marché pendant la durée des
ventes.
Art. 5. — Toutes les personnes étrangères
aux services de l’Administration et au person-
nel des mandataires devront quitter le pavil-
lon immédiatement après la clôture des ventes
annoncée à son de cloche. Le marché devra
être fermé un quart d’heure avant la clôture
des ventes.
Art. 6. — La décharge et la manutention
des marchandises amenées sur le marché,
la garde des marchandises mises en res-
serre ou en consigne et la livraison aux ache-
teurs seront exclusivement effectuées par les
forts.
L’intervention de ces ouvriers peut, en
outre, être demandée par les acquéreurs pour
le comptage des fruits et légumes vendus au
nombre. Ge contrôle est effectué en présence
du mandataire dans le poste de vente.
Le service de ces ouvriers ainsi que le tarif
de leurs salaires sont déterminés par la con-
signe et le tableau annexés à la présente
ordonnance.
Art. 7. — Les marchandises seront ven-
dues dans leur emballage d’origine à l’ex-
ception des Pommes de terre d’Afrique
expédiées en tonneaux qui pourront être ven-
dues par 25 kilogrammes, et des Oranges, Ci-
trons et Mandarines expédiés en caisse, baril
ou en vrac, qui pourront être vendus par cent
fruits.
Art. 8. — Les marchandises destinées à
être vendues au poids seront pesées avant
la proclamation de la vente. Un bulletin
indiquant le poids brut sera placé sur chaque
colis.
Les expéditeurs seront tenus de faire con-
naître sur chaque colis le poids représentant la
tare.
En cas d’omission de cette prescription, la
tare sera déterminée par celles des embal-
lages de mêmes nature et dimension où elle
sera faite approximativement s’il n’existe pas
de point de comparaison au moment de la
vente.
Le poids de la tare sera indiqué sur le
bulletin de pesage donnant déjà le poids brut.
Le colis contenant des marchandises desti-
nées à être vendues au nombre ou à la me-
sure, seront pourvus d’une note indicative de
leur contenance.
Pour les fruits forcés vendus au poids,
chaque colis d’emballage devra porter en
chiffres apparents, le poids net de la mar-
chandise contenue dans le colis.
ORDONNANCE CONCERNANT LA VENTE EN GROS DES FRUITS ET LÉGUMES. 433
Les indications de tare et de contenance
devront être reproduites par les expéditeurs
sur les lettres d’envoi adressées aux manda-
taires ,
Art. 9. — Il est expressément défendu de
mettre au fond des paniers ou de tout autre
colis, des fruits ou autres denrées d’une espèce
ou d’une qualité inférieure à celles qui sont
au-dessus.
Il est également défendu de mettre au fond
des paniers, contenant des fruits ou légumes
destinés à être vendus en bloc par colis, tel
qu’il se comporte, des matières d’emballage
dans des proportions exagérées, inutiles à la
conservation des fruits ou légumes, et de
nature à fausser l’évaluation du contenu des-
dits paniers.
Les marchandises vendues au volume, en
mannes ou à bottes, doivent, lors de la con-
fection des colis ou des bottes, être disposées
de façon à éviter les vides et à donner, par le
seul aspect de l’emballage ou du bottelage,
l’idée exacte du volume de la marchandise.
Les infractions seront constatées et déférées,
s’il y a lieu, au Tribunal correctionnel.
Les dispositions du présent article et de l’ar-
ticle précédent seront portées à la connaissance
des expéditeurs par les mandataires qui les
représentent sur le marché .
Art. 10. — Les inspecteurs du marché
examineront les marchandises mises en vente
et saisiront celles qui seraient impropres à la
consommation.
Art. 11. — Tout expéditeur qui voudra fixer
le prix minimum de ses marchandises devra le
faire par lettre ou télégramme adressé à son
mandataire avant l’ouverture des ventes.
Art. 12. — Le mandataire, en mettant un ou
plusieurs colis en vente, devra annoncer la
nature et l’espèce ainsi que le poids net de la
marchandise, si la vente a lieu au poids ; le
nombre ou la mesure, s’il s’agit de l’un de ces
deux modes de vente.
Il fera connaître, en outre, si le colis est
vendu en bloc et tel qu’il se comporte.
Dans le cas de mise en vente de plusieurs
colis en bloc, le mandataire fixera la mise à
prix pour l’ensemble du lot.
Art. 13. — Les marchandises pour les-
quelles le mandataire aura fixé une mise à
prix en s’adressant impersonnellement à plu-
sieurs acheteurs réunis, seront considérées
comme mises en vente à la criée et devront être
adjugées au plus offrant.
Le mandataire est alors tenu d’agréer la
première offre de mise à prix et les enchères
successives, aboutissant à une adjudication.
Pour les ventes à la criée, les enchères se
prendront .
Par 0 fr. 10 c. au-dessous de 5 francs ;
Par 0 fr. 25 c. de 5 à 10 francs.
Par 0 fr. 60 c. de 10 à 20 francs ;
Et par 1 franc au-dessus de cette somme.
Art. 14. — Pour faciliter le contrôle au mo-
ment de la livraison des marchandises à la
grille du pavillon ou dans le parc de consigne,
les mandataires délivreront aux acquéreurs une
note d’achat portant les indications suffisantes
pour établir leur concordance avec le volant
n^’ 1 du carnet à souches.
Le lot ne sera délivré par les forts que sur
la présentation de ce bulletin qui restera entre
leurs mains.
Art. 15. — Il est interdit de transporter les
marchandises d’un poste dans un autre.
Dans l’intérêt du bon ordre et de la circula-
tion, lorsqu’un mandataire recevra plus de
marchandises que son poste ne peut en conte-
nir, le trop plein sera momentanément déposé,
après entente avec le représentant de la préfec-
ture de la Seine, dans les dépendances d’un
des postes les moins encombrés, mais ne
pourra être vendu que sur le banc de vente du
mandataire auquel la marchandise est adres-
sée.
Art. 16. — Il est expressément défendu aux
employés et aux ouvriers du marché, qui appar-
tiennent à la préfecture de police d’y acheter
des denrées pour leur propre compte ou pour
le compte d’autrui .
La même défense est faite aux employés des
mandataires.
Art. 17. — La déclaration de resserre et le
résumé des opérations prescrits par les articles
47 et 53 du décret du 23 avril 1897, seront éta-
blis conformément aux modèles annexés à la
présente ordonnance.
La déclaration de resserre sera remise, aus-
sitôt après la clôture des ventes, pour le con-
trôle des marchandises, au syndic des forts de
garde, qui la tiendra à la disposition de l’ins-
pecteur principal.
Le résumé des opérations sera remis à l’ins-
pecteur pi incipal le lendemain, avant l’ouver-
ture des ventes.
Art. 18. — Il est interdit aux mandataires
d’introduire sur le marché, en dehors du ma-
tériel prévu à l’article 18 du décret du 23 avril
1897, des objets tels que tables, balances, etc.,
sans en avoir préalablement obtenu l’autorisa-
tion.
Les demandes adressées à cet effet à l’admi-
nistration devront indiquer la nature et la
dimension des objets.
Art. 19. — Les dispositions générales de
l’ordonnance du 30 décembre 1865 concernant
la police des marchés publics sont applicables
sur le marché de la vente en gros des fruits et
légumes.
Art. 20. — Les contraventions seront consta-
tées par des procès-verbaux ou rapports qui
nous seront adressés à telles fins que de droit.
Art. 21. — Sont abrogés :
lo L’ordonnance de police du 18 m.ai 1855;
2° L’arrêté du 2 avril 1837 et les décisions
des 17 novembre 1876, 4 novembre 1878 et
18 juin 1885 fixant le tarif du salaire des forts;
3o Les règlements ou décisions antérieurs
434
SOCIÉTÉ NATIONALE D'HORTICULTURE DE FRANCE.
qui déterminent les heures d’ouverture et de
clôture du marché ainsi que le minimum des
lots.
Art. 22. — La présente ordonnance sera im-
primée, publiée et affichée.
L’inspecteur divisionnaire des halles et des
marchés, le commissaire spécial des Halles,
l’inspecteur principal et les inspecteurs de la
vente en gros des fruits et légumes, sont char~
gés, chacun en ce qui le concerne, d’en assu-
rer l’exécution.
Le Préfet de police^
Lépine.
Par le Préfet de police :
Le Secrétaire général^
E. Laurent.
SOCIÉTÉ NATIONALE D’HORTICULTURE DE FRANCE
SÉANCE DU 26 AOUT 1897
Floriculture
Le plus fort et le plus intéressant des
apports était celui de MM. Cayeux et
Leclerc, consistant surtout en Dahlias nou-
veaux, récents, ou importés. Dans les Dahlias
« Cactus » doubles inédits, on notait : Ma-
dame Léon Leclerc, jaune ; Tante Aline, gro-
seille, de formes parfaites ; Souvenir de Ger-
maine, incurvé cramoisi ; J. -B. Jusseau, qui
se couvre d’une multitude de fleurs jaune
taché feu ; Béatrice Martin, blanc légèrement
rosé, aux ligules mucronées ; Matchless,
marron noir aux ligules acuminées ; Aurora,
très-florifère feu ; CannelVs Gem, aussi flori-
fère et de même couleur que le précédent,
mais à fleurs plus grosses ; Monsieur L.
Grenthe, semis de M. Forgeot, aux ligules
étroites, etc. Les variétés : Madame Léon
J^eclerc, Tante Aline, Souvenir de Germaine,
sont, avec Mistress Francis Fell, dont le port est
infléchi, issues de la variété anglaise Mistress
Peart et en sont de bonnes améliorations. Il
faut noter aussi une superbe nouveauté, non
encore dénommée, le n° 229, dont les ligules
sont curieusement contournées, et dont la cou-
leur est d’un cramoisi intense et très-velouté.
Dans la série des Dahlias dits décoratifs (de
forme intermédiaire entre les Dahlias-Cactus
et les anciens à grosses formes pleines), il
faut surtout mentionner la variété : Gloire de
Paris (Cayeux), déjà admirée en 1896 \ et Le
Colosse (Chrétien^, rouge ponceau aux ligules
pointues; toutes deux d’un énorme diamètre;
Grand-duc Alexis, blanc pointé rose, l’extré-
mité de chaque ligule tronquée, réunissant ce-
pendant ses deux coins de manière à former une
collerette ou un croissant presque fermé ; Le
Siam, rose gouaché blanc, avec des points et
des macules palissandre; Madame Auguste
Nonin (de Reydellet), blanc rosé énorme ;
Hermann Schubert, rose vif à cœur jaune ;
Distinction, mauve brillant, excellent pour la
fleur coupée, etc.
Enfin, les mêmes présentateurs montraient
une charmante Composée-Radiée, le Stokesia
cyanea, au large capitule bleu de ciel à cœur
^ V. Revue horticole, 1896, p. 461. Lire : Gloire
de Paris au lieu de ; Gloire de Dijon.
jaune ; cette plante, demi-naine, robuste, au
port roide et de bonne tenue, dont la Revue a
parlé si souvent et dont elle a publié une
planche coloriée en 1863, p. 211, mériterait
d’être plus répandue qu’elle ne l’est.
Un nouveau et méritant Bégonia tubéreux
à fleurs doubles carmin vif était présenté par
M. Arnould : c’est le Triomphe de Savigny.
Son port est érigé ; ses feuilles sont larges,
vert foncé, légèrement veloutées ; ses fleurs me-
surent jusqu’à 12 centimètres de diamètre.
MM. Lheureux et Opoix présentaient aussi un
Bégonia du groupe des B. semperflo7'ens,
nain compact à fleurs blanches : Germaine
Lheureux.
Les Pétunias hybrides à grandes fleurs fran-
gées, séparées par couleurs distinctes de
M. Massé, sont vraiment remarquables, étant
donné qu’il s’agit d’une seconde floraison. La
Véronique naine Perle des Blanches, de
M. Henry, à Vincennes, pourra être une
bonne plante de marché.
Mentionnons aussi une belle collection de
Glaïeuls de M. David et l’Anthémis Etoile
d'or vraie, de M. Gillard ; nous l’engageons
vivement à multiplier cette variété, dont on ne
possède la plupart du temps que des dégéné-
rescences.
Orchidées
Une seule présentation de M. Poirier, un
bel Oncidium Forbesii, bien pointillé sur ton
cuivre et un Cypripedium Veitchii X Dau-
thierii Madame Silva Freire : sépale dorsal
blanc, labelle lie de vin clair, pétales latéraux
blanc lavé lie de vin rayé palissandre.
Arboriculture d’ornement
M. Ballet continue à nous montrer ses
Pommes microcarpes; les variétés : Orange
Transcendant et Général Grant sont d’impor-
tation américaine. Elles sont très rustiques,
robustes et se chargent au printemps d’une
jolie floraison. Nous notons aussi les variétés:
Cerise, translucens, turbinata, etc.
Arboriculture fruitière
M. Goulombier présentait une série de
belles Pêches qui lui furent transmises par le
CORRESPONDANCE.
regretté Alexis Lepère : La France, sortie
à'Early Rivers, mais plus vigoureuse ; Impé-
ratrice Eugénie, qui fut obtenue par Grain-
dorge ; Marie Talabot, obtenue par Talabot,
de très-gros volume ; Coulombier et Belle
Henri Finaud, qui furent mises au commerce
par Alexis Lepère.
La Prune Abbaye d'Arton, que recommande
M. Michelin, n’est pas une Quetsche comme
on le croyait tout d’abord, mais une belle et
bonne forme de Prune d^Agen.
M. Charles Baltet présentait les Poires
Docteur Jules Guyot, Triomphe de Vienne
qui se bronze notablement quand elle est
privée d’air, et Kirtland's Seckel. Cette der-
nière, jugée bonne, est d’importation améri-
caine. Nous la retrouvons décrite dès 1867,
dans la Pomologie d’André Leroy, où elle est
appréciée très-bonne, sous le nom de Beurré
Kirtland (syn : Seedlmg Seckel, Kirtland’s
seedling). Elle provient d’un semis de la
Poire Seckel, fait par H. T. Kirtland, de Po-
land (Ohio). Le pied-type donna ses premiers
fruits en 1850 ou 1851.
Mentionnons enfin une belle corbeille de
Pêches Alexis Lepère, de M. Ledoux, les Pê-
ches Wheatland, de M. Boucher et les Prunes
de semis de M. Minguet; celles-là devront
être jugées de nouveau après greffage.
Culture potagère
Suite de la Fraise Jeanne d’Arc, que M. Le-
fort nous montre, à chaque séance, entrain de
marcher, comme au cinématographe : chaque
coulant parti directement du pied-mère en a
rapidement donné trois autres. Ces trois cou-
lants ont donné, dans l’espace d’un mois seu-
lement, de jeunes plants qui ont très vite
passé à l’état de grosses touffes couvertes de
fruits. C’est ainsi que le pied primitif s’entoure,
dans l’espacé de deux mois, d’une vingtaine
de pieds secondaires et tertiaires ; chacune de
ces deux générations fructifiera pendant six
semaines.
M. Louis Gauthier envoie des filets remon-
435
tants de sa Fraise Louis Gauthier. L’obtenteur
garantit 60 p. 100 de filets remontants.
P.-S. — Nous avons reçu de M. Fichot,
secrétaire du jury du dernier concours de flo-
riculture, la lettre suivante :
« Je viens de lire dans le compte rendu de la
la séance du ‘22 juillet, une phrase dans laquelle
il est dit que le jury du concours organisé parla
Société d’horticulture de France aurait refusé de
juger les Roses exposées par M. Rothberg sous
prétexte que les Roses ne sont pas des fleurs de
saison, en ajoutant : ceci prouve qu'il faut s'at-
tendre à tout ?
« Comme secrétaire de ce jury, je vous prie de
rectifier cet article en disant que le jury avait le
désir de récompenser ce joli apport, mais que
l’exposant n’étant pas inscrit dans ce concours, le
jury ne pouvait statuer et qu’il devait être renvoyé
à la section des Roses. »
Nous sommes très heureux d’apprendre que
le jury avait le désir de récompenser l’apport
de M. Rothberg, mais nous regrettons qu’il
n’en ait pas vu le moyen.
Il est possible que la création récente de
sections de Chrysanthèmes et de Roses ait
pour résultat de renvoyer à des sections spé-
ciales tout apport de Chrysanthèmes ou de
Roses ; mais il faudrait que ce fût bien entendu
à l’avance. Or nous ne pensons pas qu’aucune
décision de ce genre ait été prise jusqu’ici par
le Conseil d’administration de la Société, et
nous persistons à croire qu’à moins d’indica-
tion contraire bien précise, quand on appelle
à un concours public le 22 juillet, les fleurs
de saison, les Roses ont quelque droit d’y être
admises.
Quant à l’argument tiré de ce que l’expo-
sant n’était pas inscrit pour ce concours, nous
avons vu trop souvent les inscriptions se faire
au moment même des apports, pour que
nous nous y arrêtions. On pourrait évi-
demment prendre aussi, à ce point de vue, des
décisions précises, mais il faudrait alors
qu’elles fussent connues d’avance, et surtout
qu’elles fussent toujours exécutées.
H. Dauthenay.
CORRESPONDANCE
iVo 4598 {Morbihan). — Nous avons dû
faire des recherches assez longues pour trou-
ver le nom de la plante dont vous nous aviez
envoyé un petit fragment. C’est par hasard que
nous venons de la rencontrer et nous pouvons
vous donner son nom. C’est VOzothamnus
rosmarinifolius, qui doit être rustique chez
vous comme il l’est dans le Sud de l’Angle-
terre.
Il n’est pas rare de voir le Cobæa scandens
résister aux hivers doux de l’Ouest et s’y cou-
vrir pendant plusieurs années de fleurs et de
fruits.
iV® 3386 {Loir-et-Cher). — Le Musa japo-
nica peut être changé de place sans qu’on
risque de perdre la plante. La meilleure saison
pour cela est le printemps. Cette espèce est
rustique et passe l’hiver dehors à condition
que la base du tronc soit entourée d’un amas
de feuilles. Seules, les feuilles sont atteintes
par le froid et tombent ; mais comme il en
repousse de nouvelles au pi intemps, cela n’en-
traîne aucunement la mort de la plante.
(H. D.)
JVo 4151 {Maine-et-Loire). — La galle que
CORRESPONDA.NCE.
436
vous nous avez envoyée est la maladie connue
sous le nom de Broussin de la vigne. On
admet généralement qu’elle est produite par
les gelées. Pour le combattre, il faut rabattre
les ceps au-dessous de l’insertion de la gros-
seur, et si le mal persiste il n’y a rien à faire,
il faut arracher la vigne et planter dans un
autre terrain moins exposé au soleil.
2» Les arbres dont vous nous demandez les
noms sont l’un, celui à feuilles grises, le Mû-
rier à papier (Broussonetia papyrifera) et
l’autre le Mûrier blanc, variété à grandes
feuilles. Le premier n’est qu’un arbre d’orne-
ment et le second, tout en étant aussi orne-
mentental peut servir à Télevage des vers à
soie. — (P. M.)
IV® i548 [Lot-et-Garonne). — Les Bouvar-
dias demandent la serre chaude. En hiver, on
en fait des boutures qu’on pique en pots placés
sur couche chaude ; aussitôt enracinées, on
empote ces boutures séparément et on les
maintient à la chaleur. Leur végétation étant
rapide et vigoureuse, il y a lieu de pincer
plusieurs lois. On rempote ensuite une seconde
fois en {)ots bien drainés avec des sphagnum
au-dessus des tessons, le compost sera formé
de terreau, de feuilles, terre franche, fumier
de vache décomposé et sable. Arroser. On met
alors ces plantes sous châssis à froid, on les
prive d’air pendant quelques jours et on bas-
sine. Par les beaux jours de la fin de l’été, on
découvre les châssis, les bouvardias se dur-
cissent et deviennent plus florifères. Quant aux
vieux pieds, on les rabat, on les met en végé-
tation en serre tempérée, on les rempote et on
leur fait subir le même traitement qu’aux
jeunes plantes.
iV® i325 {Sarthe). — Pour rétablir les
citronniers et les orangers, déjà vieux, qui
dépérissent, et étant donné que le rencaissage
n’a pas produit les résultats qu’on en attendait,
vous pouvez encore en soutenir un peu la vé-
gétation jusqu’au moment de leur repos hiver-
nal, pai‘ des arrosements au purin â raison de
1 litre par 10 litres d’eau, mais il faudra agir
de la manière suivante :
lo Au printemps, dans un endroit bien ex-
posé et abrité des vents du nord et de l’ouest,
établir une couche chaude de 80 centimètres
d’épaisseur et la recouvrir de 30 à 40 centi-
mètres de bon terreau.
2» Lorsque la couche aura jeté son feu, dé-
caisser complètement les plantes malades, en
secouer fortement la motte, de manière à faire
tomber toute la terre des racines ; laver ces
racines dans un bassin d’eau claire, et les
« habiller > convenablement, en retranchant,
à la serpette, toutes les parties usées, malades
ou blessées. Puis, rabattre toutes les branches
de la charpente près de la tige, en leur laissant
cependant une certaine longueur, de manière
à former une tête arrondie â l’arbuste.
3® Planter alors les arbustes sur la couche â
des distances variant selon la grosseur de leur
tête, mais jamais inférieures â 1^50, pour lais-
ser aux racines toute la latitude pour se nour-
rir et former un nouveau chevelu.
4» Biner et arroser souvent en été. On peut,
deux ou trois fois seulement, diluer de l’engrais
humain au dixième dans l’eau des arrosements.
A l’automne, il aura repoussé de nombreux et
vigoureux rameaux couverts de feuilles amples
et d’un beau vert, et l’écorce du tronc sera
saine et lisse.
5® Mettre en caisses à la fin de septembre
avec le compost suivant :
Pour
100 parties
Terre franche bien ameublie 44
Terre de bruyère tamisée 22
Terreau de fumier de vache 22
Vidange liquide de fosses d’aisance. . 12
Ce compost doit être préparé deux ou trois
mois à l’avance et brassé plusieurs fois.
- (H.-D.)
No i4i3 (Saône-et-Loire). — Il y a plusieurs
moyens de détruire les fourmis dans les
jardins. Si la fourmilière n’est pas à proximité
de plantes que le feu ou l’eau bouillante puisse
endommager, on enfonce dans le nid un chif-
fon imbibé de pétrole auquel on met le feu et
on rejette par-dessus avec une pelle tous les in-
sectes qui cherchent â fuir. Ou bien, on arrose la
fourmilière d’eau bouillante. Près des plantes, en
été, il est facile de s’emparer de la population
presque entière d’une fourmilière : on place
par-dessus une cloche en verre, les ouvrières
apportent au dehors les nymphes et les larves
pour les exposer à la chaleur ; alors vers deux
à trois heures de l’après-midi, on enlève la
cloche, avec une pelle, on ramasse larves,
nymphes et ouvrières et on les jette dans un
seau d’eau à laquelle on aura ajouté un peu de
pétrole. Replacer la cloche pour recommencer
les jours suivants la même opération. Quand
les fourmis montent aux arbres, on entoure la
tige d’une feuille de papier reposant sur un
coussin de filasse et on goudronne ce papier,
les fourmis ne dépassent pas l’obstacle. Enfin,
avec une dame ou une bûche de bois, on peut
écraser les fourmilières et peu d’insectes
échappent â la destruction.
Orléans. — lmp. G. Jacob, Paul Pigelet, successeur.
Le Directeur-Gérant / L. Bourguignon.
CHRONIQU-E HORTICOLE.
437
CHRONIQUE HORTICOLE
Les colis postaux de 10 kilos. — Le nouveau tarif douanier des États-Unis. — Loi relative aux arbres
malades en Pensylvanie. — Contre le Black-rot. — La maturation des dernières Tomates. — Agaves
polycarpiques. — Nemesia strumosa SiiUoni. — Canna à feuilles tricolores de Sander. — Quelques
bons fruits peu connus. — Fraises recommandées en Angleterre. — Une bonne terre franche pour
composts. — Une recette contre les coupures. L’arbre qui siffle.
Les colis postaux de 10 kilos. —
M. Boucher, ministre du commerce, de
l’industrie, des postes et des télégraphes,
et M. Delpeuch, sous- secrétaire d’État des
postes et des télégraphes, viennent de se
mettre d’accord avec les grandes Compa-
gnies de chemins de fer pour que les nou-
velles conventions concernant le service des
colis postaux soient mises en vigueur le
15 septembre.
Il n’est pas sans intérêt de rappeler les
principales dispositions qui régissent les
colis de 5 à 10 kilos :
Le prix de transport sera de 1 fr. 25 en gare
et de 1 fr. 50 à domicile ; les dimensions ne
pourront excéder 1^50 sur une face quel-
conque.
Ces nouveaux colis pourront être expédiés
contre remboursement, et avec déclaration de
valeur. La taxe afférente au retour d’un rem-
boursement de 500 francs et au-dessus est
fixée à 60 centimes, quand le remboursement
devra être effectué entre les mains de l’expé-
diteur à la gare, ou au bureau de ville d’expé-
dition, et à 85 centimes lorsque le rembour-
sement sera effectué à domicile.
En cas de perte, d’avarie ou de spoliation,
l’indemnité pourra atteindre 40 fr., et pour les
colis avec valeur déclarée, le montant de cette
valeur.
Pour les colis avec valeur déclarée, l’indem-
nité pourra s’élever jusqu’au montant de cette
valeur.
La taxe additionnelle des colis postaux de
0 à 10 kilogr. de Paris pour Paris expédiés
contre remboursement jusqu’à concurrence
de 500 fr. sera fixée à 30 centimes, y compris
le droit de timbre de 10 centimes. Ces colis
pourront également être expédiés avec déclara-
tion de valeur jusqu’à concurrence de 500 fr.
moyennant un droit spécial d’assurance de
10 centimes.
Le maximum de l’indemnité afférente à la
perte, à l’avarie ou à la spoliation d’un colis
postal ordinaire de Paris pour Paris ne pourra
dépasser 25 ou 40 fr. suivant que le poids
n’excédera pas ou excédera 5 kilogr., et, pour
les colis avec valeur déclarée, le montant de
cette valeur.
Le régime qui vient d’être inauguré à l’inté -
1er Octobre 1897.
rieur de la France continentale sera progres-
sivement étendu aux relations avec la Corse,
l’Algérie et la Tunisie.
Le nouveau tarif douanier des États-
Unis. — Nous donnons ci-dessous le
texte des articles du nouveau tarif doua-
nier des États-Unis, qui concernent les im-
portations horticoles. Ce tarif a été adopté
par le Sénat américain dans sa séance du
23 juin dernier. Le tarif précédemment en
vigueur datait du 28 août 1894. D’après ce
tarif, les Orchidées, Palmiers, Azalées, Mu-
guet, plantes et Ognons cultivés pour la
fleur coupée ou pour la décoration payaient
un droit d’entrée de 10 p. 100 ad valorem.
Les articles de pépinières, arbres, arbustes,
vignes, ainsi que les fleurs coupées, étaient
importés en franchise.
Voici maintenant le tarif actuel, pro-
mulgué depuis le commencement du mois
d’août :
Article 251. — Orchidées, Palmiers, Dra-
cénas, Crotons et Azalées, Tulipes, Jacinthes,
Narcisses, Jonquilles, Lis divers, Muguet, et
tous autres bulbes. Racines bulbeuses ou dra-
geons cultivés pour la fleur. — Fleurs natu-
relles en tous genres, desséchées ou fraîches,
propres à la décoration, vingt-cinq pour cent
ad valorem.
Article 252. — Greffes, boutures ou semis
de Prunier Myrobolan, Cerisier Mahaleb,
âgés de trois ans ou moins, cinquante cents
par mille plantes et quinze pour cent ad va-
lorem.
Greffes, boutures ou semis de Poirier, Pom-
mier, Cognassier et Prunier Saint-Julien,'
âgés de trois ans ou moins — semis d’arbres à
feuilles persistantes ; un dollar par mille
plantes et quinze pour cent ad valorem.
Rosiers greffés, écussonnés ou francs de
pied, deux cents et demi par plante.
Greffes, boutures et semis de tous arbres
fruitiers, arbres d’ornement à feuilles persis-
tantes ou caduques, arbustes. Vignes, Rosiers
Manetti, Roses-trémières ainsi que tous ar-
bres, arbustes, plantes et vignes connus sous
le nom de plantes de serres ou de pépinières,-
et non spécialement tarifés ; vingt-cinq pour
cent ad valorem.
19
438
CHRONIQUE HORTICOLE.
Article 640. — Plantes, arbres, arbustes,
racines, cônes de graines, et graines importés
par le département de l’agriculture ou par les
Jardins botaniques des États-Unis, en fran-
chise.
Le dollar vaut environ 5 francs de notre
monnaie. Le cent, qui en est la centième
partie, représente donc à peu près 5 cen-
times. Par exemple, un plant de Rosier
d’une valeur marchande de 5 centimes en
France, payant à son entrée aux États-Unis
deux cents et demi de droit, c’est-à-dire
12 centimes et demi, vaudra donc 17 cen-
times et demi, sans compter le coût du
transport et autres frais.
D’ailleurs, une simple comparaison entre
le nouveau tarif américain et l’ancien que
nous avons rappelé ci-dessus, indiquera la
mesure et l’importance que les Américains
ont voulu donner à leur décision, qui nous
semble appeler, à notre avis, de sérieuses
représailles.
Loi relative aux arbres malades en
Pensylvanie. — Le journal American
Gardening, dàns son numéro du 21 août
dernier, nous apprend que l’État de Pensyl-
vanie a promulgué, le 18 janvier 1897, une
loi réprimant les négligences des cultiva-
teurs dans la lutte qu’ils doivent soutenir
contre la maladie des arbres fruitiers. Ainsi,
il est contraire à la loi de conserver chez
soi n’importe quel arbre contaminé par les
maladies cryptogamiques, puceron lanigère,
kermès, tavelure, etc., et même atteint de
chlorose. Les arbres et les fruits attaqués
seront détruits comme constituant un dan-
ger public toutes les fois que leur proprié-
taire aura refusé de les traiter. De plus, au-
cun recours ne pourra avoir lieu en justice
contre les officiers municipaux qui auront
pénétré dans les vergers pour exécuter la
loi.
On voit que les Américains ne perdent
pas de temps pour prendre leurs pré-
cautions. Que doivent penser de notre
apathie ceux qui peuvent voir nos vergers
français ?
Contre le Black-rot. — On a passa-
blement disputé cette année sur la question
de savoir si les sels de cuivre avaient réel-
lement une action efficace contre la terrible
maladie de la Vigne, le Black-rot. Bien que
cette question ne nous paraisse pas encore
complètement élucidée, il faut noter les con-
clusions qu’a déposées à cet égard M. Sil-
vestre, secrétaire général d’un syndicat de
vignerons de la région lyonnaise, à la So-
ciété de viticulture de Lyon. Voici le ré-
sumé de ces conclusions :
U Les sels de cuivre ont une action certaine
et indéniable contre le black-rot ;
2o La proportion de sulfate de cuivre à in-
troduire dans les bouillies (bourguignonne,
bordelaise ou sucrée) est de 2 p. 100 pour le
premier traitement et de 3 pour les autres ;
3® Les traitements doivent commencer dès
que les bourgeons ont 5 centimètres. Ils doi-
vent être répétés tous les 15 ou 20 jours, et
atteindre tous les organes de la Vigne ; on peut
atteindre ce résultat avec 4 à 500 litres par hec-
tare et par opération, pour les deux premiers
traitements et avec 1.000 à 1.200 litres pour
chacun des autres, toujours par hectare.
M. Silvestre donne ensuite les conseils
suivants, qui ne nous paraissent pas des
moins importants :
1® Enlever les feuilles et les grains tachés
au début de l’invasion ;
2® Brûler les vrilles, feuilles et grappes ta-
chées restées sur les Vignes après la ven-
dange ;
3® Ne jamais laisser dans les Vignes ou à
proximité des tas de sarments provenant de la
taille précédente ;
4® N’étendre, en aucun cas, sur le sol de la
Vigne les marcs non distillés ;
5® Entretenir d’une manière constante la
propreté du sol par de fréquents binages et
l’aération de la Vigne par le rognage et l’acco-
lement ;
6® Favoriser, chacun dans son rayon, les
sulfatages réguliers et généraux.
Pour combattre le Black-rot, aussi bien
que le Mildiou, le Rot-gris, l’Oïdium et au-
tres maladies parasitaires, il faudrait évi-
demment que tout le monde agît de même,
car une Vigne bien soignée qui est avoi-
sinée par une qui ne l’est pas du tout court
quand même de bien grands dangers. Nous
avons pu nous rendre compte de cette vé-
rité en examinant dernièrement le vignoble
de M. Gompoint, à Saint-Ouen.
Peut-être bien que la solution vraie sera
de faire là-dessus une loi analogue à celles
du hannetonnage et de l’échenillage.
La maturation des dernières Tomates.
— La plupart du temps, alors que l’action
des rayons solaires devient insuffisante pour
parfaire la maturation des dernières To-
mates, on les cueille et on les place sous
cloches, sous châssis ou 'en serre, sur une
tablette près du verre, de manière que
l’action du soleil soit augmentée par l’inter-
position du vitrage, et aussi pour que les
CHRONIQUE HORTICOLE.
439
brumes automnales ou la pluie ne soient pas,
pour ces fruits, une source de pourriture.
Le procédé que M. Chemin, le maraîcher
bien connu, emploie pour faire mûrir ses
dernières Tomates, est bien le même ; mais
il s’augmente de la précaution suivante : au
Heu de cueillir les fruits, il arrache entiè-
rement les pieds. Sous les châssis, il les
range en les étendant sur un lit de feuilles
sèches* Les fruits mûrissent ainsi plus sû-
rement et ne perdent rien de leurs qualités.
C’est là une méthode qui ne saurait être
trop recommandée.
Agaves polycarpiques. — Jusqu’ici on
considérait généralement tous les Agaves
comme des plantes monocarpiques, c’est-
à-dire périssant après avoir fleuri et grainé
pour la première fois. Or, un intéressant
article de M. W. Watson, publié dans le
Gardeners' Chronicle, prouve aujourd’hui
le contraire, c’est-à-dire qu’il existe cer-
taines espèces dont le tronc, parfois très-
volumineux, persiste et fleurit successive-
ment, comme les Yucca caulescents, sur des
branches axillaires, lorsque le bourgeon
terminal a lui-même rempli son rôle. Parmi
les vingt-cinq espèces qui ont fleuri à
Kew, depuis 1888, neuf ont persisté et sont
ainssi devenues polycarpiques. Ce sont : A,
albicans, A. Boucheiy A. Celsiana, A.
dasylirioideSy A. densifîora, A. Haseloffiy
A. polyacantha^ A. Sartori et striata. Il
est à remarquer que toutes les espèces
précitées appartiennent au sou s- genre
Littæa, tandis que les vrais Agave^ dont
VA. americana est le type, sont tous
monocarpiques. Chez une seule espèce,
VA. Sartori f la hampe florale est latérale ;
chez tous les autres elle est terminale,
et, au-dessous d’elle il se développe, chez
les espèces polycarpiques, des bourgeons
qui continuent l’évolution de la plante.
Il ne faut pas confondre les pousses cauli-
naires avec les stolons souterrains qui
sont souvent très-abondants et dont le rôle
est de produire de nouveaux individus bien
plus que de continuer le même, et qui se
ramifient rapidement lorsque le bourgeon
terminal vient à être cassé.
L’auteur signale encore la viviparité de
la hampe florale de certaines espèces après
la maturité de la hampe. Chez VA. rvjida
SisalanUy cultivé en Amérique pour la
fibre très- résistante qu’il fournit et qui est
connue sous le nom anglais de « Sisal
Hemp », on a compté jusqu’à 2,500 bulbil-
es sur la même hampe, et ces bulbilles
servent, comme les stolons souterrains, à
propager l’espèce. Il ne faut donc pas couper
les hampes d'Agave si l’on désire propager
l’espèce et surtout lorsque les stolons sou-
terrains font défaut ; le cas s’est présenté
l’an dernier à Kew pour VA. keioensis,
qu’on supposait perdu par suite de sa flo-
raison et qui a fini par donner de nombreux
rejetons sur sa hampe.
Nemesia strumosa Suttoni. — Nous
avons eu l’occasion d’admirer récemment,
dans les cultures de M. Gravereau, à Neau-
phle-le-Château { Seine-et-Oise) , ^cette
charmante plante annuelle, que l’on ne
connaissait guère jusqu’à présent que par
les éloges qu’en faisaient les journaux
anglais. Ces éloges sont mérités. Le Neme-
sia strumosa Suttoni, qui appartient à la
famille des Scrophuiarinées, a quelque
analogie avec les Linaria, mais ses cou-
leurs sont beaucoup plus vives. Il a été
introduit récemment de l’Afrique du Sud.
Les nombreux spécimens que nous en avons
vus ne dépassent pas 30 à 40 centimètres
et sont extrêmement floribonds et robustes.
Cette curieuse plante est appelée à rendre
de grands [services dans la décoration 'des
corbeilles, massifs, où elle produit beaucoup
d’effet par ses différents tons. Pour la fleur
coupée, elle sera également précieuse
quand elle sera connue. A cet effet,
on a soumis quelques plantes à des cou-
pages successifs, et elles n’ont pas cessé de
fleurir depuis les premiers jours de juin
jusqu’aux gelées.
Les principaux coloris que l’on y trouve
sont : le jaune, pâle et foncé ; le blanc ; le
rouge cramoisi, écarlate, orangé, etc., cer-
tains même sont finement pointillés et
striés.
Les Nemesia se sèment, à partir de
mars, en terre substantielle, fibreuse, mais
jamais dans le terreau, où ils ne tardent
pas à dépérir. La germination étant quel-
quefois capricieuse, on ne devra pas se
hâter de faire des semis hâtifs ; au con-
traire, on réussira mieux sous châssis à
froid bien aéré. Mis en place en mai, les
jeunes plants commencent à fleurir aux
premiers jours de juin.
Canna à feuilles tricolores de Sander.
— MM Sander et oui importé récem-
ment des îles Salomon un Canna dont les
feuilles sont d’un vert clair largement ma-
culé de jaune et de rouge, avec des raies
longitudinales de ces rnêmes couleurs, et
440
CHRONIQUE HORTICOLE.
marginées de cramoisi. Il paraît que, sous
ce rapport, son aspect décoratif rivaliserait
avec celui de VHeliconia illustris ruhri-
caulis. Les fleurs de ce nouveau Canna
sont rouge vermillon clair. Son port est à
la fois ample et' érigé. Sa rusticité serait
égale à celle des Cannas florifères actuelle-
ment répandus. Si cela est vrai, voilà qui
laisserait en arrière le Canna à feuilles
panachées John White, que nous avons
cultivé cette' année et qui n’a pas tenu toutes
ses promesses de belle coloration, peut-être
parce que l’humidité a été excessive.
t
Quelques bons fruits peu connus. —
Sous ce titre la Pomologie française,
bulletin de la Société pomologique de
France, signale quelques fruits nouveaux
ou d’obtention récente, que leurs mérites
recommandent à l’attention des amateurs.
Ces fruits sont : l’Abricot A c/iard, le Bigar-
reau géant d' Hadelfingen, la Pêche Prési-
dent Chassagnon, la Nectarine hâtive de
Hivers, les Poires Bergamote Nanot,
Idaho et Jules Demaret, la Prune Le Czar,
et enfin la Prune Reine-Claude Gabriel
Combes, dont nous avons déjà ici signalé
les qualités.
Fraises recommandées en Angle-
terre. — Le Journal de la Société royale
d'horticulture de Londres (août 1897),
que nous avons reçu dernièrement, contient
un rapport sur des essais comparatifs de
Fraises qui ont eu lieu à Chiswick. Les va-
riétés qui ont été reconnues comme étant de
premier choix sont :
Auguste Boisselot.
Couni ess.
Edouard Lefort.
Latest of ail (Laxton).
Leader (Laxton).
Monarch (Laxton).
Pioneer.
Royal Sovereign (Laxton).
' V eitch* s Perfection {L Yüiich).
Comme on le voit, il se trouve, dans ce
choix, deux variétés d’origine française :
Auguste Boisselot et Edouard Lefort.
Parmi les variétés anglaises, il en est une
qui, à notre avis, mérite d’être essayée par
tous les amateurs, comme Fraise à forcer
en deuxième saison : c’est la Rptjal Sove-
■reign, sur les mérites de laquelle nous
nous promettons bien de revenir.
Une bonne terre franche pour com-
posts. — Au Petit-Bicêtre, sur la route de
Chevreuse, tout contre une pépinière ap-
partenant à M. Moynet, le forceur de Lilas
bien connu, une carrière fut ouverte l’an-
née dernière, et une briquerie installée.
Les diverses couches qu’on y exploite :
argiles à meulières, pierres meulières,
grès, sables quartzeux, etc., sont recou-
vertes d’un sol arable qui ne mesure pas
moins de 1 mètre 50 à 2 mètres d’épaisseur.
Ce sol est constitué par une excellente terre
franche, légèrement sableuse, ne se for-
mant pas en mottes ni en grumeaux durs,
et paraissant passablement ferrugineuse.
La plupart des horticulteurs de la région y
puisent leur provision. M. Urbain, le spé-
cialiste en Bégonias, de Clamart, ne se sert
plus que de cette terre pour la confection de
ses composts pour rempotages. M. Dauthe-
nay, -à l’asile Sainte-Anne, n’en emploie
plus d’autres pour le même objet, et l’on
commence, paraît-il, à l’utiliser avec succès
aux serres du Luxembourg.
Il serait intéressant d’analyser cette terre
afin d’être fixé sur sa valeur réelle, qui
paraît, pour l’instant, devoir surpasser celle
de Garches.
Une recette contre les coupures. —
Quelques plantes ont le don, lorsqu’on en
écrase les feuilles sur les blessures qui
peuvent se produire, par exemple, par le
maniement de la serpette ou du sécateur,
d’arrêter le sang et d’empêcher que la plaie
ne s’envenime. A la Valériane officinale ou
« Herbe aux coupures > et à rAchillée-Mil-
lefeuille ou « Herbe au charpentier », on
pourrait ajouter le Pélargonium zoné, d’après
ce que dit le Journal de la Société d'horti-
culture du Nord.
Voilà un remède à la portée de tous les
jardiniers.
L’arbre qui siffle. — Le Schwein-
furt rapporte au Pharmaceutical Journal
qu’il a rencontré, dans le cours de ses
explorations au cœur de l’Afrique, un arbre
siffleur. Cet arbre, désigné sous le nom de
« Tsofar », produit une gomme appelée
« Gédaref », et qui est l’objet d’un grand
commerce par l’intermédiaire des traitants
arabes. Mais cette gomme est aussi recher-
chée par un insecte qui, pour la sucer,
perfore de part en part les branches de
cet arbre. Si bien que, lorsque le vent
souffle dans son branchage, il s’y produit
des sons analogues à ceux d’une flûte. Si
les forêts africaines ont leur dieu Pan,
c’est bien certainement sur cet arbre qu’il
coupe le bois dont il fait ses flûtes.
Éd. André.
FICUS EARBATA.
441
FICUS BARBATA
Les services rendus dans les serres par
le Figuier rampant {Ficus stipulata^
Thunbg., F. repens des horticulteurs)
sont considérables. Il s’applique étroite-
ment sur les murs avant d’arriver à l’état
adulte, et il les couvre d’un rideau de
feuilles suborbicu-
laires, aplaties, ver-
tes et agréablement
nervées.
La rapidité de sa
croissance et la fa-
cilité de sa culture
lui assurent une fa-
veur constante.
Quand il passe de
l’état juvénile à sa
forme définitive,
ses rameaux gros-
sissent et s’écartent
de la muraille, ses
feuilles s’allongent
en ellipse et s'épais-
sissent, et l’on voit
surgir des fruits
turbinés, mame-
lonnés, de la gros-
seur d’une Figue
moyenne, mais
non comestibles.
Sont-ils un simple
ornement de la
plante ? Nous les
avons figurés dans
hRevue horticole^ .
Dans le midi de
la France, à Nice, à
Cannes, etc., la
plante vient en plein
air, couvre rapide-
ment les murs, sur-
tout au nord et à
l’est où le soleil ne
la brûle pas, et elle résiste bien aux hivers
tempérés du littoral méditerranéen.
Mais le Ficus stipulata est devenu si
commun qu’on finit par s’en lasser, et on
est venu à lui chercher des succédanés.
Rien ne peut mieux le remplacer qu’une
autre espèce appartenant au même genre,
que nous figurons aujourd’hui, le Ficus
barhata. C’est une espèce nommée par
Wallich {Catal., 4576; F. villo sa, B\umë),
introduite des Indes orientales dès 1832, et
qui cependant se rencontre très-rarement
dans les serres chaudes et tempérées. Les
jolies feuilles alternes, disposées d’une ma-
nière distique, s’appliquent sur les murailles
des serres aussi bien que celles du F. stipu-
lata-, elles sont longues de 7 à 10 centimè-
tres, cordiformes à
la base, lancéolées,
assez longuement
acuminées, bordées
de poils bruns qui
les renden t barbues
(d’où le nom de l’es-
pèce), et leur sur-
face rugueuse est
d’un beau vert fon-
cé. Les rameaux
s’enracinent sur
presque toute leur
longueur et s’accro-
chent ainsi forte-
ment aux surfaces
verticales.
L’ensemble de la
plante (fig. 135) est
net et agréable. Sa
végétation est ra-
pide et l’on ne doit
pas craindre de re-
commander le F.
barbata comme un
précieux tapis pour
garnir des surfaces
dont la nudité serait
désagréable. Nous
avons même vu
d’autres plantes à
belles fleurs,
comme Plumbago
rosea, P. capen-
sis, Hibiscus Posa
sinensis palissées
par-dessus et le
recouvrant de leurs charmantes corolles
roses, bleues ou ponceau, auxquelles notre
plante servait de fond ou de repoussoir, le
tout d’tin aspect très-heureux.
L’extrême rapidité avec laquelle les ra-
meaux se couvrent de racines adventives
indique le genre de multiplication à em-
ployer, c’est-à-dire le bouturage en serre,
en tout temps. Ed. André.
1 1891, p. 448 (planche coloriée).
Fig. 135. — Ficus barbata.
Port d’une jeune plante.
442
LES MEILLEURS CHRYSANTHÈMES.
LES MEILLEURS CHRYSANTHÈMES
Sous ce titre, la Revue horticole a donné
en 1896 ^ la liste des variétés de Chrysan-
thèmes choisies, comme étant les meilleures,
par la section des Chrysanthémistes de la
Société nationale d’horticulture de France.
Cette liste comprenait sept groupements
correspondant aux divers genres de culture
auxquels le Chrysanthème peut être soumis.
La section a procédé dernièrement à la
révision de cette liste. Elle s’est adressée à
'tous ses membres correspondants de la
France et de l’étranger en les priant de bien
vouloir envoyer une liste des variétés re-
connues les plus méritantes parmi les nou-
veautés mises au commerce en 1896, et
correspondant aux différents groupements
établis. En récapitulant les voix obtenues
par chaque variété et en choisissant celles
ayant obtenu le plus de suffrages, la Section
a établi les groupements en conservant le
même nombre de variétés, mais en rempla-
çant les variétés de moindre valeur par
celles d’un plus grand mérite.
Nous donnons ci-dessous des modifica-
tions apportées à chacun des groupements,
c’est-à-dire la liste des nouvelles variétés
adoptées, et la liste des anciennes qu’elles
ont remplacées.
Premier groupement.
Les 20 plus belles variétés
à fleurs duveteuses.
Les quatre variétés nouvelles adoptées
sont les suivantes :
Capitaine Lucien Chauré (Galvat).
Monsieur Compaguya (Ghantrier).
Monsieur Piquemal de Rozeville.
Suint-Bar Ihélemy (Ghantrier).
Remplaçant les quatre variétés suivantes
qui ont été éliminées :
Charles Bonamy, Délaux-mon-Rêvey Dra-
gon et Ida.
Deuxième groupement.
Les 30 meilleures variétés très-précoces
pour formation de massifs en plein air
et fleurissant du 1er septembre au 10 octobre.
Les trois variétés nouvelles adoptées sont
les suivantes :
Henri Yvon (Lemaire).
Louis Lemaire (Lemaire).
Madame Liger-Ligneau (Liger-Ligneau).
^ Voir Revue îiortîcole, 1896, p. 508 et 549.
Remplaçant les trois variétés suivantes qui
ont été éliminées :
Gustave Grünerwaldy J. -P. Stahl et Vahhe
Morlot.
Troisième groupement.
Les 50 meilleures variétés
naines à grandes fleurs, formant touffes basses.
Les sept variétés nouvelles adoptées sont
les suivantes :
Baronne de Rothschild (Galvat).
Calvafs A. Gold (Galvat).
Madame Gustave Henry (Galvat).
Mademoiselle Eugénie Boutreux (Ghan-
trier).
Monsieur André Charmet (Galvat).
Monsieur Hoste (Galvat).
Souvenir de ma sœur (Galvat).
Remplaçant les sept variétés suivantes
qui ont été éliminées :
C. Harman-Payne, Madame Laillant, Ma-
dame Antoinette Cordonnier, Philadelphie,
Président Carnot, Surprise et Viscountess
Hamhledon.
Quatrième groupement.
Les 100 meilleures variétés
pour la très-grande fleur.
Les douze variétés nouvelles adoptées
sont les suivantes :
Australia (Austrier).
Le Chaos (Ghantrier).
U Emir Aldema (Ghantrier).
Mademoiselle Eugénie Boutreux (Ghan-
trier).
Mistress E. C. Séa (M^® E. G Séa).
Monsieur Demay -Taillandier (Galvat).
Monsieur Edouard André (Galvat).
Monsieur Gérand (Nonin).
Oceana (Australie).
Reine Nathalie (Ghantrier),
Robert B. Lair (Anglais).
Y allée de Gestein (Ghantrier).
Remplaçant les douze variétés suivantes
qui ont été éliminées :
Alcazar, A.-P. Arthur, Directeur Tisse-
rand, Fratelli Catlaneo, Gloriosum, Hairy
Wonder, Madame Antoinette Cordonnier,
Madame Garbe, Président Carnot, Raffaello
Mercatelli, Secrétaire-général Delaire, Tho-
mas H. Brown.
LE GYMNObPORANGIUM SAIHNÆ.
Cinquième groupement
Les 30 variétés les plus tardives
fleurissant du 20 novembre au 20 décembre.
Les quatre variétés nouvelles adoptées
sont les suivantes :
Le Gédro-Cline (Ghantrier).
Owens Thomas (Américain).
Rohert Crawford (Anglais).
Villeneuve-But el (Galvat).
Remplaçant les quatre variétés suivantes
qui ont été éliminées :
Ella May, Harry H. Whidener, La Meije,
et Secretary Farson.
Sixième groupement
Les 20 meilleures variétés
pour la culture à tige formant tête.
Les deux variétés nouvelles adoptées sont
les suivantes :
UEmindra (Galvat).
Monsieur Legouvé (Nonin).
443
Remplaçant les deux variétés suivantes
qui ont été éliminées :
Holborn Dragon et Peculiarily .
Septième groupement.
Les 10 meilleures variétés
pour être cultivées comme spécimens.
Aucune modification. — Ce groupement
reste constitué comme en 1896.
Si, maintenant, nos lecteurs veulent bien
se reporter à l’article que nous avons pu-
blié le 16 juillet dernier dansla/ieuue hor-
ticole 1 sous le titre : Les Chrysanthèmes
jugés par le suffrage à deux degrés, ils
pourront constater que sur les 60 variétés
que nous avons indiquées comme ayant
réuni le plus de suffrages, 2 seulement, les
variétés Gloriosum et Hairg Wonder,
perdent leur place avec le groupement des
meilleures variétés pour la très grande
fleur.
H. Dauthenay.
LE GYMNOSPORANGIIJM SABINÆ
Réponse au N<> 3540 (Meuse)
Les feuilles de votre Poirier sont enva-
hies par une espèce de rouille qui accom-
plit son développement complet sur deux
plantes différentes : c’est le Gymnospo-
rangium Sahinæ qui habite successi-
vement les Genévriers et les Poiriers.
C’est au printemps, vers la fin du mois
d’avril, que les Genévriers, envahis par
cette rouille, montrent le parasite sous
l’aspect . de petites masses gélatineuses,
jaune orangé ou jaune brun affectant la
forme de petites langues qui s’échappent
de crevasses formées dans l’écorce.
Ces masses gélatineuses sont formées
par un grand nombre de spores, les téleu-
tospores ; la pluie dissout la gelée qui les
unit, le vent disperse les téleutospores sur
les arbres voisins et si ceux-ci sont des Poi-
riers, les téleutospores germent et pénètrent
dans les feuilles du Poirier.
Au mois de juillet et d’août, les feuilles
se couvrent de grandes taches jaune orangé
ou rouge, et les fructifications que pré-
sentent les feuilles que vous nous avez
adressées font leur apparition ; ce sont des
sacs remplis de spores nommées Œcidios-
pores qui s’échappent à travers des fentes
de l’enveloppe ; cette forme œcidienne est
depuis longtemps désignée sous le nom de :
Rœstelia cancellata ou rouille grillagée.
A cet état, le parasite peut causer dans
les vergers des dégâts considérables, non
seulement en attaquant les feuilles et en
épuisant l’arbre, mais encore en détruisant
les fruits qui sont déformés, petits, dessé-
chés, de sorte que la récolte devient nulle.
Si vous avez peu de Poiriers et que ces
arbres soient de petite taille, vous pourrez
les protéger efficacement par deux pulvé-
risations à la bouillie bordelaise réalisées à
la fin d’avril et à la fin de mai.
Mais si votre verger est important, la
pulvérisation des sels de cuivre n’est pas
pratiquée et le procédé le plus simple pour
vous prémunir contre les attaques de ce
parasite consiste à arracher tous les pieds
de Genévriers.
* Voir Revue horticole, 1897, p. 310.
L. Mangin.
444
ROSA SERICEA.
ROSA SERICEA
Alors que tous les yeux sont sans cesse
tournésvers les innombrablesvariétés qu’ont
su produire les semeurs de la Rose, il n’est
pas sans intérêt de jeter de temps à autre
un coup d’œil sur celles qu’a créées dame
Nature. Si nous n’y trouvons pas le volume,
la duplicature et les riches coloris dont sont
parées les belles Roses de nos jardins, nous
y voyons au moins leurs prototypes, dont
l’élégance et la simplicilé de forme nous
charment souvent autant sinon plus que la
plénitude des variétés borticoles. Qui n’a
admiré, savouré le parfum exquis des ravis-
santes fleurs rosées des Eglantiers sauvages
Fig. 136. — Rosa sericea.
Rameau florifère.
sur la lisière de nos bois ? Ne cultive-t-on
pas aujourd’hui avec raison diverses variétés
de Roses simples, et ne rachètent- elles pas
par l’abondance et l’éclat de leur floraison
leur petitesse et leur simplicité ?
C’est, en effet, d’une Rose simple, d’une
excellente espèce et même d’un type bota-
nique très-caractéristique, Rosa sericea,
que nous allons entretenir aujourd’hui les
lecteurs, moins peut-être à cause de sa
beauté horticole qu’à cause de l’intérêt orga-
nographique qu’il présente, et aussi parce
que c’est une espèce rare et peu connue. A
ces titres nous pensons que certains ama-
teurs seront bien aises de faire sa connais-
sance et peut-être même de la posséder dans
leur jardin. Toute bonne collection de Ro-
siers devrait même comprendre, à côté des
belles variétés dont s’est enrichie la flore de
nos jardins, un certain nombre de types
botaniques qui, outre l’intérêt qu’ils pré-
sentent pour le véritable amateur de plantes,
ROSA SERICEA.
445
constitueraient une petite école d’ancêtres
et des sortes de témoins montrant le chemin
parcouru par les gains horticoles.
Le Rosa sericea est exceptionnellement
intéressant au point de vue botanique par
la construction tétramère de ses fleurs ;
elles n’ont constamment que quatre sépales
et quatre pétales. C’est le seul Rosier que
l’on connaisse qui présente cette singulière
particularité, car tous les autres ont des
fleurs régulièrement pentamères. Voici du
reste sa description, que complète fort heu-
reusement la figure ci-contre :
Rosa sericea, Lindl. ^ (tig. 136). Arbuste de
1 mètre environ de haut, assez touffu, déprimé
supérieurement, à rameaux étalés, garnis de
nombreuses ramilles disposées en éventail.
Aiguillons géminés sous les feuilles, d'environ
1 centimètre de long, minces, mais larges ou
parfois très-larges à la base et brusquement
rétrécis en pointe droite, brun-purpurin, per-
Fig. 137. -
Fleur.
rement pendant, caduc à la maturité, surmonté
des sépales persistants et dressés, d’un rouge
vif, à péricarpe assez épais et renfermant 5
à 8 graines blanches, moyennes et anguleuses.
Habite les Indes et l’IIimalaya, d’où il a été
introduit en 1822. Fleurit en avril-mai et mûrit
ses fruits en juin-juillet.
La description qui précède et la figure
136 ont été faites sur le vif, d’après les
quelques exemplaires que M. Henry de Vil-
morin en possède dans ses collections de Ver-
rières. Les plantes y sont d’une belle venue
et y résistent sans souffrir à nos hivers.
Elles ont abondamment fleuri et grainé
cette année. Des rameaux fleuris avaient été
présentés en mai dernier à la Société natio-
nale d’horticulture, qui a jugé la plante très-
intéressante et a récompensé cette présen-
tation.
Les graines ont été récoltées et seront
^ Rosarum Monograph., p. 105, tab. 12; Bot.
Mag., tab. 5200.
sistants et même accrescents. Feuilles petites,
d’un vert spécial, rougeâtres sur les bords, à
rachis mince, à peine épineux, court, portant
5 à 7 petites folioles ovales, de 10 à 15 milli-
mètres de long, bordées de dents fines et
aiguës dans leur moitié supérieure, glabres sur
les deux faces et glauques en dessous ; sti-
pules assez amples, soudées au pétiole, libres
supérieurement, lancéolées-obtuses et attei-
gnant la première paire de folioles. Fleurs
(fig. 137) solitaires sur les ramilles, axillaires,
nombreuses, très-courtement pédicellées et
pendantes sous les rameaux ; ovaire allongé
(fig. 137), glabre ; sépales quatre, sub-trian-
guiaires et assez longuement mucronés, d’à
peine 1 centimètre de long, glabres en dehors,
mais finement soyeux en dedans et surtout sur
les bords persistants et dressés sur le fruit ;
pétales quatre, blancs, de 2 centimètres et
demi environ de long et presque autant de
large, obcordés, écliancrés au sommet. Fruit
assez gros (fig. 137), en forme de poire allon-
gée, de 2 1/2 à 3 centimètres de long, entiè-
Rosa sericea.
Ovaire. Fruit mûr.
mises au commerce cette année par la mai-
son Vilmorin-Andrieux et
Le Rosa sericea étant une espèce très-
pure, se reproduira franchement de semis.
Les amateurs et collectionneurs pourront
donc se le procurer facilement. Nous con-
seillons d’en semer ou au moins de mettre
les graines (après les avoir sorties des fruits)
de suite en stratification. Les jeunes plantes
seront d’abord mises en pots lorsqu’elles
auront quelques feuilles, puis livrées à la
pleine terre un ou deux ans après.
Nous profiterons de cet article pour men-
tionner un autre Rosier botanique, égale-
ment intéressant, vivant dans les collections
de M.'H. de Vilmorin, et sans doute plus
rare encore que le précédent, car il n’est
décrit dans aucun ouvrage horticole de notre
connaissance. C’est le Rosafoliolosa,^M\i.
originaire de l’Amérique du Nord. Il forme
2 Torr.et Gray, Flora of North. America, vol. I,
p. 400.
446 UNE ARISTOLOCHE HYBRIDE. — LE NITRATE DE SOUDE EN CULTURE POTAGÈRE.
un petit arbuste à rameaux grêles, ne portant
qu’une seule épine aciculaire sous chaque
feuille ; celles-ci ont 7 à 9 folioles allongées,
étroites, fortement dentées, et les fleurs
sont solitaires, terminales blanches, à
ovaire et sépales fortement chargés de sé-
tules glanduleux au sommet ; les sépales
sont, en outre, bractéolés latéralement et
surmontés d’une bractée fort longue, étroite.
et atteignant presque le sommet des pétales.
Le fruit est gros, globuleux et fortement
chargé de situles.
Mais la plante est encore trop jeune et
faible pour que nous puissions en parler
avec plus de précision ; nous y reviendrons,
du reste, ultérieurement s’il y a lieu.
S. Mottet.
UNE ARISTOLOCHE HYBRIDE
Le Gardeners'Chronicle mentionne l’ob-
tention, en Angleterre, d’une Aristoloche
hybride. C’est là un fait d’autant plus im-
portant qu’on n’a jamais entendu parler,
jusqu’à présent, d’aucun hybride dans ce
genre. Cette obtention d’un haut intérêt est
due à M. J.-M. Bell, jardinier du Révérend
Chanoine Prettyman, de South ; elle est le
résultat d’une fécondation de V Aristolochia
hrasiliensis Tp3iV \e pollen de VA. elegans.
L’obtenteur raconte que pour atteindre au
stigmate, il découpa une pièce triangulaire
du périanthe, et, après avoir appliqué le
pollen, replaça le morceau enlevé en le col-
lant avec de la gomme. La fécondation réus-
sit fort bien et sitôt que les graines eurent
mûri, en mars 1895, elles furent semées.
Les jeunes plantes se montrèrent peu vi-
goureuses. L’une d’elles, ayant paru vouloir
fleurir, M. Bell en greffa en rameau sur
un pied d'Aristolochia Gigas Sturtevanti,
qui croissait bien, mais ne fleurissait ja-
mais. Cette greffe put fleurir à deux re-
prises; elle est encore en fleurs maintenant,
et est empreinte d’une bonne vigueur.
A ce propos, le Gardeners' Chronicle
rappelle que V Aristolochia hrasiliensis et
VA. elegans appartiennent à des sections
très-différentes. Dans celle de VA. elegans,
le périanthe prend supérieurement son ex-
tension en une membrane élargie, en forme
de bouclier, dont la partie supérieure est
beaucoup plus large que la plus basse, bien
LE NITRATE DE SOUDE
M. Foussat, chef des travaux horticles de
l’Ecole d’agriculture Mathieu de Dombasle,
a récemment publié le résultat de ses inté-
ressantes expériences sur l’emploi du nitrate
de soude dans la culture potagère.
Toute une série de légumes ont été culti-
vés comparativement par lui dans cinq par-
que ce périanthe ne soit pas scindé en deux
lèvres. Au contraire, le périanthe de VA.
hrasiliensis forme deux lèvres, la supé-
rieure longue, repliée au milieu, l’infé-
rieure beaucoup plus large, avec deux lobes
arrondis s’étendant horizontalement, chif-
fonnés, couleur crème avec un réseau de
macules pourpres.
Dans l’hybride obtenu, le périanthe est
d’abord constitué par un tube ventriculeux
jaune crème nervé de pourpre, d’environ
20 centimètres de long, distendu antérieu-
rement de 7 centimètres, puis recourbé et
rétréci non loin de son orifice. Le limbe est
de forme intermédiaire entre celui de VA.
hrasiliensis et celui de VA. elegans, et me-
sure environ 10 centimètres sur 7 à 8.
Il est oblong, émoussé, légèrement chif-
fonné, de couleur crème recouverte en
grande partie d’une maculature dessinant
de nombreuses arborescences pourpres. La
gorge est jaune clair comme dansl’A. ele-
gans, avec de nombreuses veines pourprées
qui rayonnent à l’intérieur du ventricule.
Par contre, les villosités et les organes de
la génération rappellent VA. hrasiliensis. 11
en est de même du feuillage, qui est ce-
pendant moins glauque.
Cette nouveauté de bon aspect, outre
l’intérêt qu’elle présente au point de vue
botanique, pourra être une acquisition hor-
ticole de valeur.
J. -Fr. Favard.
EN CULTURE POTAGÈRE
celles de terre de 20 mètres carrés cha-
cune.
L’une de ces parcelles, non fumée, ser-
vait de témoin.
Les quatre autres recevaient :
La 2% 60 kil. de terreau équivalent à
30,000 kil. par hectare;
LE NITRATE DE SOUDE EN CULTURE POTAGÈRE. . 447
La 3®, 200 gr. de nitrate de soude équi-
valant à 100 kil. par hectare ;
La 4®, 400 gr. de nitrate de soude équiva-
lant à 200 kil. par hectare ;
Et la 5®, 600 gr. de nitrate de soude équi-
valant à 300 kil. par hectare.
Les légumes cultivés par M. Foussat sont
les suivants, au nombre de quinze :
1. Betterave.
2. Gardon.
3. Carotte.
4. Céleri-Rave.
5. Chicorée frisée.
6. Chou de Milan,
7. Chou-Fleur.
8. Concombre.
9. Epinard.
10. Laitue Romaine.
11. Laitue d’été.
12. Navet.
13. Poireau.
14. Pomme de terre.
15. Radis.
Le fait capital qui se dégage de ces expé-
riences, c’est que tous les légumes, sauf le
Céleri, ont produit, sous l’influence du ni-
trate de soude, même à la dose minimum
de 200 grammes par parcelle, un rende-
ment supérieur à celui des parcelles fumées
au terreau.
Voici quelques exemples pris au ha-
sard :
Parcelles de 20 mètres carrés
et engrais.
Rendement
Betterave
Chicorée
frisée
Épinard
Kil.
Kil.
Kil.
1. témoin (sans engrais)
61.800
17.500
4.500
II. 60^ de terreau . . .
67. »
20. »
5. »
III. 0^ 200g'' nitrate de
soude
80. »
24. »
8. »
IV. 0i^400g‘- — —
95. »
27. »
9.050
V. Ok 600g>^ — —
105. »
34. »
10.150
On remarque, dans le tableau relatif aux
Épinards, une différence de rendement de
plus du double entre la parcelle II, fumée au
terreau, qui produit 5 kil. et la parcelle V,
fumée avec 600 grammes de nitrate de
soude, qui donne 10 kil. 150.
Mais où le nitrate a procuré des effets
surprenants, c’est dans la culture du Ra-
dis.
Voici les observations recueillies sur ce lé-
gume.
Radis.
Parcelles de 20 mètres carrés
Rendements
Nombre
de
et engrais.
en poids
en botte^
racines
par botte
I. témoin (sans engrais)
Kil.
13.500
27
40
II. 60^ de terreau . . .
15 850
30
40
III. O*' 2009'- nitrate de
soude
28.700
53
30
IV. 0'v400g‘‘ — —
33.700
61
30
V. OkOOOgr — -
37.200
64
30
Le tout récolté 41 jours après le se-
mis.
Ici le rendement a été double, et au delà,
dans la parcelle n® IV qui ne reçoit que 400
gr. de nitrate, soit l’équivalent de 200 kil. à
l’hectare.
D’autre part, dans les parcelles non nitra-
tées, les racines sont généralement plus
petites, ce qui force à en mettre 40 par
botte au lieu de 30.
Le nitrate a donc communiqué aux Ra-
dis, outre une augmentation en poids, une
certaine précocité de développement radicu-
laire qui est à considérer. A diverses re-
prises, M. Foussat enregistre des faits du
genre de ceux qui précèdent, à la fois très-
imprévus et très-instructifs ; ainsi, dans
l’expérience sur les Carottes et dans celle
sur les Épinards, il observe que la germi-
nation des graines qui n’avaient point reçu
de nitrate s’est faite plus régulièrement et
plus rapidement, et que l’apparition des
tiges florales, chez les ICpinards cultivés au
nitrate de soude, a été retardée de cinq à
six jours.
Dans un cas, M. Foussat a cru voir une
action nuisible du nitrate sur les racines, et
par suite, sur tout l’organisme de la plante :
c’est lorsqu’il a expérimenté sur les Poi-
reaux.
Avec ce légume, l’on voit, en effet, le
rendement maximum (67 kil.) appartenir à
la parcelle III qui a eu seulement 200 gram-
mes de nitrate, alors que les parcelles IV et
V, fumées à 400 et 600 grammes du même
engrais, ne produisent plus que 60 et 54 ki-
los.
Le Céleri-Rave s’étant montré réfrac-
taire à l’action des nitrates, on peut se
demander s’il a été, lui aussi, incom-
modé par ce sel ; c’est ce qu’on ne saurait
affirmer avant de nouvelles expériences.
Les engrais étaient appliqués de la ma-
nière suivante :
Chaque parcelle, après un labour exécuté
à la bêche dans d’excellentes conditions,
recevait :
La l"® : rien ;
La 2® : 60 kil. de terreau, épandu le
jour même du semis ou de la plantation
et incorporé par un vigoureux croche-
tage.
La 3® : 100 grammes de ni- ^
trate de soude ; i Incorporé
La 4® : 200 grammes de ni- (
) pdl U.11
trate de soude ; l
La 5® : 300 grammes de ni- ' crochetage,
trate de soude. I
448
CYPRIPEDIUM INSIGNE GITRINUM.
Les autres doses de nitrate étaient appli-
quées plus tard, en couverture, lorsque la
végétation des légumes laissait supposer
que le moment était opportun.
Au point de vue pratique, le travail de
M. Foussat, dont nous n’avons donné qu’une
succincte analyse, est d’un saisissant inté-
rêt ; il montre nettement la possibilité de
donner aux produits de la culture potagère,
par le seul fait de l’emploi raisonné du
nitrate de soude, une plus-value qui peut
monter du simple au double et quelquefois
plus haut.
Georges Bellair.
CYPRIPEDIUM INSIGNE CITRINUM
Le type spécifique de cetle nouveauté, le
Cypripedium insigne, Wallich, est une
Orchidée originaire du Népaul, qui a été
introduite dans les serres de l’Europe dès
1820. La plante s’est rapidement vulgarisée,
grâce à la facilité de sa culture, qui peut se
faire en serre froide et même en orangerie
ou en appartement. Nous nous souvenons
d’avoir vu d’énormes potées de cette espèce
conservées chez M. L. Leroy, à Angers, en
1857 ; elles fleurissaient abondamment
tout l’hiver dans une orangerie qui n’était
jamais chauffée, au milieu des Gamellias et
des Azalées rentrés pour la fleur cou-
pée.
Longtemps relégué dans les collections
vulgaires, en des situations sacrifiées, à
cause de ses fleurs ternes où le vert, le jaune
et le blanc ne revêtaient que des tons effa-
cés, le C. insigne ne prit faveur qu’avec
l’introduction d’autres espèces aux tons plus
brillants, de formes très-diverses, et sur-
tout après que des variétés supérieures et
des hybrides nombreux eurent fait une
sorte de révolution dans le genre. Des ama-
teurs fanatiques surgirent. Parmi les orchi-
dopbiles, il y eut le clan des « Gypripé-
pédistes ». Des prix extravagants furent at-
teints ; on paya plusieurs milliers de francs
un petit exemplaire d’une variété nou-
velle.
Les hybridations, faciles à opérer, et la
rapidité relative de la floraison des jeunes
semis encouragèrent les producteurs et les
Gypripèdes devinrent légion. C’est ainsi que
le Dictionnaire des Orchidées hybrides de
Bohnhof énumère 530 différents Cypripe-
dmm connus aul‘^*’janvierl895;M. Hansen,
dans The Orchids Hyhrids, listes arrêtées
au 15 octobre 1895, en retient seulement
404 nommés, y compris les Selenipedium,
mais en excluant les synonymes. Et il y en
a eu beaucoup d’autres depuis. C’est à s’y
perdre. Aussi une réaction s’est-elle pro-
duite, et ces plantes ne sont déjà plus les
favorites de la mode comme elles l’étaient il
y a peu de temps encore.
B est des exceptions cependant pour les
variétés de premier choix comme celle que
nous figurons aujourd’hui, et que M. A.
Truffant a trouvée dans un lot d’Orchidées
achetées en vente publique. La plante, qui
est une forme presque concolore du Cypri-
pedium insigne, peut lutter avec les meil-
leures variétés de cette espèce, comme les
C. i. Chantini, Maulei, Sanderæ, etc. Le
Cypripedium insigne citrinum^, indé-
pendamment de son sépale supérieur très-
ample et largement hordé de hlanc pur, a
toutes les autres parties de la fleur d’un
jaune citron qui lui a valu son qualificatif
spécial. Les hords des pétales sont fortement
ondulés, d’une nuance citron pâle, d’un
vert léger à la base, avec quelques veines
rouges ou vert gai. Le labelle est très-grand,
sacciforme comme dans le type, d’un beau
ton citron comme le staminode qui porte
une verrue centrale et des veines oran-
gées.
La culture du C. insigne et de ses bonnes
variétés, loin de diminuer comme celle de
beaucoup d’autres Gypripèdes, s’est beau-
coup augmentée dans ces derniers temps
pour la fleur coupée pendant l’hiver. Ces
plantes, au lieu d’être tenues presque au
froid, sont devenues l’objet d’un traitement
spécial où une chaleur modérée et appro-
priée détermine des floraisons abondantes
et par suite des ventes rémunératrices.
Quand le Cypripedium insigne citrinum
aura été multiplié et aura quitté les
collections de choix pour entrer dans la
culture générale, il tiendra une bonne place
dans les meilleures formes de cette pré-
cieuse espèce.
Ed. André.
^ Gardeners’ Chronicle, 1895, p. 39.
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Rcoiie Horlicole
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CULTURE ET MULTIPLICATION UES DIEFFENBACHIA.
449
CULTURE ET MULTIPLICATION DES DIEFFENBACHIA
Ce genre d’Aroïdées comprend des es-
pèces remarquables au point de vue de la
beauté ou de l’ampleur du feuillage; ce
sont des plantes caulescentes, charnues, à
végétation généralement vigoureuse et à
développement rapide, à feuilles le plus
souvent grandes, se rapprochant plus ou
moins de la forme ovale, d’une contexture
le plus souvent épaisse, offrant toutes les
teintes du vert sur lequel tranchent des
macules presque toujours irrégulières,
blanches, parfois transparentes et qui for-
ment un joli contraste ; quelquefois le
pétiole lui-même est coloré.
Les Dieffenhachia ne sont pas difficiles
à cultiver, mais ils exigent néanmoins
quelques conditions indispensables pour
acquérir toute leur beauté, celle-ci rési-
dant exclusivement dans le feuillage au-
quel il faut chercher à donner le plus d’am-
pleur et la plus grande abondance qu’il est
susceptible d’atteindre. On y parvient géné-
ralement au moyen d’un compost approprié
et de l’emploi d’engrais azotés aidés de la
chaleur, des bassinages et de l’humidité
athmosphérique. Voici comment nous les
cultivons :
Les Dieffenhachia sont tenus en serre
chaude humide dont la température varie
peu entre 18 à 20 degrés centigrades la
nuit et 22 à 28 degrés centigrades le jour.
Les plantes sont placées sur la tablette de
la serre où on les tourne tous les mois en-
viron afin de leur éviter de prendi’e une
face ; les espèces très- vigoureuses et à
grand développement sont posées sur un
gradin qui leur laisse la place nécessaire
pour bien croître en liberté. Les plantes
sont rempotées chaque année au mois de
mars, dans un compost qui puisse fournir
la nourriture nécessaire à leur exubérante
végétation. Nous employons le mélange sui-
vant : trois quarts de terrreau de feuilles
ou de terre de bruyère neuve, un quart de
terre franche et plutôt argileuse, le tout
préparé quelque temps à l’avance. Le drai-
nage doit atteindre au moins 2 à 3 centi-
mèlres de hauteur. Le rempotage ne doit
pas être trop serré. On arrose modérément
jusqu’à ce que les plantes paraissent reprises
dans leur nouveau récipient.
Peu après, il est bon d’appliquer de l’en-
grais pour activer la végétation et lui faire
atteindre son plus grand développement.
Nous employons la bouse de vache délayée
dans de l’eau, ou l’engrais humain; ce der-
nier est plus actif. La dose doit être d’un
dixième pour commencer, en augmentant
progressivement jusqu’à concurrence d’un
litre d’engrais pour cinq litres d’eau. La
poudrette et le sang desséché doivent pro-
duire aussi de bons résultats, et il serait
intéressant d’essayer l’action des engrais
chimiques fortement azotés sur l’économie
de ces plantes. Les arrosements à l’engrais
peuvent être donnés depuis trois fois par
semaine pendant la grande végétation de
ces Aroïdées, mais il faut les cesser à partir
du mois de septembre.
Pendant les jours ensoleillés de la belle
saison, il est bon de ne pas ménager les
bassinages qui doivent au moins se répéter
deux ou trois fois par jour ; l’ombrage doit
être mobile et procuré aux plantes dès que
le soleil prend de la force ; mais sitôt qu’il
n’est plus à craindre, il faut donner la
pleine lumière en roulant les claies des
serres. Les pots ne doivent pas être enterrés
dans la tannée ou les cendres de la hache.
Les arrosements ont besoin d’être copieux
de mars en octobre ; à partir de cette
époque, on les diminue sensiblement de
façon à maintenir la végétation station-
naire en hiver. Les bassinages sont aussi
supprimés. Cette période doit se continuer
jusqu’en mars, et c’est pendant ce dernier
mois qu’il faut songer à la multiplication
des plantes. Celle-ci s’effectue au moyen
du bouturage des rameaux et des bour-
geons, et du marcottage aérien ; nous ne
parlerons pas du semis, dont nous n’a-
vons jamais entendu parler et qui, en tout
cas, devrait se pratiquer comme pour les
Anthurium et les Caladium.
Comme cela arrive vite et facilement, on
possède toujours des Dieffenhachia dont
la tige est trop longue, dénudée, chez les-
quels la végétation n’est plus vigoureuse et
qui demandent alors à être étêtés. On
coupe horizontalement et par une section
nette sous la dernière feuille bien verte, la
tête des plantes ; après avoir saupoudré de
poussière de charbon de bois la coupe de la
bouture, on l’empote en godet, en terre de
bruyère sableuse, puis on la place dans la
vitrine de la serre à multiplication, à l’é-
touffée et à la chaleur de fond ; des bassi-
nages fréquents sont donnés sur les feuilles
450
CULTURE ET MULTIPLICATION DES DIEFFENBACIIIA.
afin d’éviter une trop grande fanaison et,
au besoin même, on les attache ensemble.
La reprise est prompte et arrive ordinaire-
ment après trois à cinq semaines. La
plante mère étêtée peut être placée dans la
serre à multiplication où elle développera
des bourgeons latéraux qui seront coupés
dès qu’ils auront quelques feuilles, en opé-
rant l’ablation avec un petit morceau de
talon qui assurera la reprise ; on les traite
d’ailleurs comme les boutures de tête.
Il existe encore un autre moyen d’utiliser
les troncs des Dieffenhachia, c’est de les
couper par tronçons variant en longueur
de 15 à 30 centimètres environ ; ces tron-
çons peuvent rester entiers ou être coupés
en deux dans le sens de leur longueur ;
après les avoir saupoudrés de charbon et
avoir laissé quelques jours la plaie sécher à
l’air, ce qui a pour but de prévenir la pour-
riture, on les enterre soit dans le gravier de
la bâche à multiplier, soit dans la cendre,
à la chaleur de fond et à l’étouffée ; c’est
d’ailleurs le même procédé que nous em-
ployons pour les Dracæna. Des bourgeons
se développent après un certain temps ;
lorsqu’ils ont deux ou trois feuilles, on les
sèvre du tronc où ils ont pris naissance en
ayant soin de leur laisser un talon. Ce
moyen procure une multiplication facile et
rapide de ces plantes, surtout avantageuse
en ce qu’elle fait obtenir des sujets pourvus
pendant quelque temps de feuilles jusqu’à
leur base, ce qu’il est presque impossible
d’obtenir avec des boutures de tête.
Pour l’obtention de beaux spécimens,
nous pratiquons le marcottage aérien. On
prépare d’abord la tige à marcotter en enle-
vant toutes les feuilles tant soit peu jaunes
ou vieilles ; le plus près possible de celles
qui restent on fait une incision circu-
laire avec enlèvement d’écorce, large d’en-
viron 2 centimètres et profonde de 5 à
4 centimètre, suivant l’épaisseur de la tige,
on saupoudre de charbon.
Au préalable, on aura fendu un pot de
12 à 15 centimètres de diamètre en deux
parties, dans le sens de la longueur, et
agrandi le trou de drainage qui devra
laisser passer la tige. Les deux parties du
pot seront alors réunies, entourant la tige et
serrées au moyen d’un fil de fer de telle
façon que l’incision se trouve être environ
au milieu de la hauteur du récipient. S’il
existe des vides au fond du pot, on les
bouche avec des tessons, puis on remplit
celui-ci avec un compost formé de deux
parties de terre de bruyère fibreuse et une
partie de sphagnum vivant, le tout bien
mélangé ; à la surface on étend encore une
couche de cette mousse qui maintiendra
l’humidité.
Il faut bassiner chaque jour de façon à
tenir le compost humide. On peut placer
un tuteur comme soutien au pot, mais c’est
presque toujours inutile lorsqu’il s’agit de
marcotter des tig,es droites. Ce marcottage
doit se pratiquer en mars, époque
de la végétation nouvelle de ces plantes.
Deux à quatre mois sont presque toujours
suffisants pour l’enracinement des mar-
cottes, quoique cela puisse exiger davan-
tage de temps. Lorsque l’on voit que les
racines sont développées, on peut com-
mencer le sevrage graduel des mar(iottes.
A cet effet, on opère juste sous le pot de la
tige marcottée une incision pénétrant en-
viron au tiers du diamètre de celle-ci ; si
les feuilles ne fanent pas, l’opération est
recommencée une quinzaine de jours plus
tard, en incisant alors jusqu’à la moitié.
Un tuteur devient nécessaire pour soutenir
la tête ; huit jours après on coupe entière-
ment la plante qui est de suite rempotée si
les racines sont abondantes et placée dans
la vitrine de la serre à multiplication, à
une bonne chaleur de fond, bassinée fré-
quemment sur le feuillage et tenue à l’om-
bre quelques jours pour la reprise.
Par ce procédé, nous perdons rarement
plus d’une ou deux feuilles ; de plus, elles
ont gardé leur ampleur puisqu’elles pro-
viennent d’une plante adulte et, résultat
surtout remarquable, la tige est garnie
jusqu’à la base. Au rempotage suivant, on
l’enterre le plus possible et la plante traitée
à l’engrais forme vite un spécimen de très-
belle venue.
Placés sur couche chaude, dans une
bâche maçonnée et profonde, avec des bas-
sinages réitérés et de la chaleur de fond,
les Dieffeiihachia prennent des dimensions
extraordinaires ; mais cette dernière cul-
ture est peu recommandable et ne doit être
pratiquée que sur des sujets cultivés en
vue des expositions.
On peut recommander surtout la culture
des espèces et variétés suivantes :
Dieffenbachia amœna, Hort.
— antioquiensis, Lind. et André.
— Baraquiniana, Lemaire.
— Bausei, Regel.
— Bowmani, Hort.
— Carderi, W. Bull.
— eburnea^ Hort.
— gigantea, A. Verschaffelt.
DAHLIAS LILLIPUT ET DAHLIAS A FLEURS MOYENNES.
451
Dieffenhachia imperialisy Lind. et André.
— Jenmanni, Veitch.
— lancifolia, Lind, et André,
— latimaculata, Lind. et André.
— Leopoldi, Bull.
— noHliSy Bull.
— Farlatorei, Lind. et André.
— Regina, W. Bull.
— triuwphans, W. Bull.
Les Dieffenhachia sont rarement atta-
qués par les insectes ; dans les serres trop
sèches cependant, ces plantes ont pour
ennemies l’araignée rouge et la cochenille ;
on s’en débarrasse à l’aide de lavages avec
une éponge douce trempée dans une solu-
tion nicotinée à un dixième. Des bassinages
plus fréquents et une atmosphère plus
humide préviennent facilement le retour de
ces hôtes habituels des plantes de serre
chaude. Jules Rudolph.
DAHLIAS LILLIPUT ET DAHLIAS A FLEURS MOYENNES
Sous ce titre, nous avons voulu faire res-
sortir deux races éminemment décoratives à
tous les points de vue.
Les Dahlias à très-grosse fleur ont assu-
rément leur mérite particulier et sont juste-
ment appréciés par un grand nombre d’a-
mateurs ; mais leur utilisation est différente,
précisément en raison de la différence de
leur mode de végétation.
En effet, ces Dahlias laissés à eux-mêmes
poussent, il est vrai, très-vigoureusement ;
mais les fleurs restent souvent cachées dans
leur feuillage, et c’est par des pincements
et des ébourgeonnages répétés que l’on ar-
rive à les rendre plus apparentes et à don-
ner à la plante une bonne tenue. Ce n’est
pas là ce que l’on peut appeler des plantes
décoratives. Là où ces grosses fleurs trou-
vent toujours bien leur place, c’est dans les
appartements, sur des coupes avec de la
mousse humide ou dans de petits vases,
associées à des fleurs plus délicates ou des
feuilles de Fougères. Des fleurs uniques pla-
cées çà et là sur des meubles sont d’un heu-
reux effet et disent souvent mieux que plu-
sieurs réunies en groupes ou en bouquets.
Nous n’insistons pas davantage sur les
mérites incontestables de la race de Dahlias
à grande fleur si appréciée dans les expo-
sitions, notre principal but étant de pré-
senter aux lecteurs de ce journal les races
qui méritent le plus le titre de pla-ntes dé-
coratives, Nos parlerons ici des Dahlias
Lilliput et des Dahlias à fleurs moyennes.
Ce sont précisément ces Dahlias si flori-
fères et si méritants que l’on cultive le
moins. Pourquoi? Simplement parce qu’on
ne les connaît pas assez et qu’ils endossent
injustement le même reproche adressé aux
Dahlias à grosse fleur.
Les Dahlias Lilliput, ainsi appelés, non
parce qu’ils sont nains comme le mot semble
le dire, mais par la petite dimension de leurs
fleurs, sont, quant au port des plantes, de
tailles assez variables, comme dans les races
à grandes et à moyennes fleurs. Ils com-
prennent des plantes n’ayant pas plus de
70 centimètres de hauteur et d’autres qui
ont environ 1 mètre ou 1*" 30. Mais ce qui
fait tout leur mérite, c’est leur tenue par-
faite, l’abondance, la finesse et la longueur
de leurs tiges florales qui sortent franche-
ment du feuillage, le grand nombre de leurs
fleurs, leur légèreté et leur aptitude spéciale
à servir de garniture dans les appartements
et à la confection des bouquets.
C’est la race par excellence pour former
les corbeilles, pour garnir les plates-bandes
ou pour former des groupes isolés sur les
pelouses.
Elle a été le point de départ de toutes les
variétés à ligules roulées ou alvéolées, den-
tées ou laciniées. Le Dahlia Grand-Duc
Alexis, quoique à grande fleur, en est un
exemplaire intéressant.
Quant aux Dahlias à fleurs moyennes,
dont, entre parenthèses, il serait utile de faire
une catégorie à part, ils produisent les
mêmes effets que les Lilliput: c’est le même
mode de végétation, la même richesse de
coloris, la même abondance de floraison,
bien détachée du feuillage. Les plantes, de
bonne tenue, font également de jolies cor-
beilles et ornent aussi bien les plates-bandes.
Enfin, comme les Lilliput, les fleurs cou-
pées qui se conservent longtemps dans l’eau
sont très-propres à la décoration des appar-
tements.
Cette race ne diffère des Lilliput que par
la dimension des fleurs, intermédiaire entre
les deux races.
Nous avions essayé de dresser une liste
des variétés les plus méritantes ; mais leur
nombre est si considérable que nous préfé-
rons renvoyer purement et simplement l’a-
mateur aux catalogues des maisons spé-
ciales.
Clémencet.
452
LES ORMES DE LA MALLE.
LES ORMES DE LA MALLE
Dans la recherche des gros et vieux
arbres de France à laquelle nous nous li-
vrons depuis quelques années et qui nous a
permis de donner, de temps en temps, aux
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Fig. 138. — Les Ormes du Parc de la Malle (Bouches-du-Rhône).
lecteurs de la Revue hoy'ticole, quelques
renseignements précieux pour l’histoire
dendrologique de la France, nous rencon-
trons peu d’Ormes.
Le type de l’Orme ou Ormeau commun
{Ulmus campestris, Linn.) et ses variétés à
larges feuilles qui furent plantés sur les
places publiques de notre pays par le grand
ministre du roi Henri IV, et qui ont con-
servé jusqu’à nos jours les noms de Sullys
deviennent de plus en plus rares, mais on
en connaît pourtant de beaux. Mais on
SOCIÉTÉ NATIONALE D'HORTIGULTURE DE FRANGE.
453
rencontre plus rarement encore des Ormes
gigantesques dans les propriétés privées.
Aussi est-ce avec un grand intérêt que
nous avons observé, dans le département
des Bouches-du-Rhône, les deux Ormes ma-
gnifiques dont nous donnons aujourd’hui
l’image fidèle, d’après une bonne photo-
graphie (fig. 438).
Ces deux arbres se trouvent dans le parc
qui entoure le château de la Malle, situé
dans la commune de Bouc, et près de la
station de Bouc-Gabriès, sur le chemin de
fer de Marseille à Aix-en-Provence. Ils ap-
appartiennent à M. Jacques Normand.
Ces deux Ormes, plantés dans un sol très-
riche d’alluvions calcaires, sont énormes.
Le plus gros, — celui que l’on voit sur le de-
vant du dessin, — mesure 5™40 de circonfé-
rence au tronc, à 1 mètre du sol. Leur hau-
teur est de 30 mètres environ. Ils étaient
beaucoup plus élevés autrefois, mais on a été
obligé de tailler leurs gigantesques branches,
il y a un certain nombre d’années, pour leur
redonner de la vigueur. Avant de se bifur-
quer, le tronc montre de très-grosses bosses,
des loupes colossales qui, si on les exploi-
tait, produiraient un bois précieux pour
les ébénistes.
On ne connaît pas l’âge de ces deux
Ormes, les anciens plans n’étant pas anté-
rieurs aux constructions actuelles près des-
quelles ils sont . placés et qui datent du com-
mencement de ce siècle. Tout ce que l’on
sait, c’est que les arbres existaient avant ces
constructions qui en ont remplacé d’autres
beaucoup plus anciennes. La tradition locale
leur attribue plus de 450 ans, ce qui ne nous
surprend pas.
A en juger par leur vigueur actuelle, les
deux Ormes de la Malle, s’il ne leur arrive
pas d’accident, paraissent destinés à fournir
encore une longue carrière. Ed. André.
SOCIÉTÉ NATIONALE D’HORTICULTURE DE FRANCE
SÉANCE DU 9 SEPTEMBRE 1897
Floriculture.
Deux lots assez importants, de la maison
Vilmorin-Andrieux et G>e ; l’un, de plantes vi-
vaces en fleurs coupées ; l’autre, de plantes
alpines et de Fougères rustiques de plein air.
Parmi les plantes vivaces, il faut noter VHe-
lianthus lætiflorus Miss Mellish, assez ré-
pandu en Angleterre, aux fleurs plus grandes
et plus nombreuses que dans le type ; VHe-
lianthus multiflorus flore pleno Soleil d'or,
dont la Revue horticole a déjà parlé * ; le
Grindelia squarrosa, autre Composée jaune ;
une série d’ Anémones du Japon, parmi les-
quelles la variété Whirlwind, de Lemoine ; le
curieux Alstrœmeria psittacina, et plusieurs
Monthretia : Chrysis, jaune d’or, œil-de-
dragon, rouge éclatant, etc.
Remarqué, dans les plantes vivaces, le
Bocconia macrocarpa, bien différent du B.
cordata ; le Selaginella denticulata, rustique
en plein air, et qu’il ne faut pas confondre
avec celui des serres, S. Crossiana, qui est
exotique; les deux plantes gazonnantes : Sa-
gina subulata (Spergule pilifère) et Arenaria
balearica; disons tout de suite que, pour mo-
saïque et pour bordures rases, la première est
cent fois préférable à la seconde. Puis, dans
les Fougères, le très-élégant Polystichnm acu-
leatum var. subtripinnatifida.
M. Legros, jardinier-chef du domaine de
La-Gelle-Saint-Cloud, présentait trois Bégonias
intéressants :
4o Mastodonte, obtenu par Lemoine en
‘ Revue horticole, 1896, p. 443.
1896. Ge sera le point de départ des Bégonias
« à gros bois », qui seront aux autres Bégo-
nias ce que sont, aux Pélargoniums zonés or-
dinaires, les zonés « à gros bois » de Bruant
et des Lyonnais.
2'’ Madame Legros, semis du présentateur.
Très-florifère et très-floribond. Il paraît avoir
du sang du B. lucida.
3° Triomphe des Belvédères, obtenu par
M. Gappe, et dont la Revue horticole a déjà
parlé
MM. Vallerand frères présentaient aussi
d’admirables touffes de Bégonias tubéreux à
très-grandes fleurs : erecta marmorata picta,
obtenu par eux ; double rouge et doubles en
couleurs diverses, à très-grandes fleurs ; puis
doubles en couleurs diverses, multiflores, pro-
venant de leurs semis.
Mentionnons aussi, pour mémoire, la série
des Bégonias florifères issus des B. semperflo-
rens et versaliensis, de M. Ragot.
M. Louis Dallé avait apporté une belle
collection de Grotons nouveaux : ceux qui lui
ont valu un premier prix à l’Exposition de
Bruxelles. On trouvera la description des va-
variétés 31onsieur Tisserand, Maurice Dallé,
Louis Dallé dans notre compte rendu de l’Ex-
position de juin dernier L Nous donnerons
prochainement celle de : Comtesse de Dortan,
Impératrice de Russie, Duchesse d’Orléans,
Monsieur Villars, Victor Charron, Madame
Louis Dallé et Madame Hochon.
Voir Revue horticole, 1896, p. 439.
3 Voir Revue horticole, 1897, p. 282.
454
LE MARAÎCHER DE PARIS.
Enfin, votre serviteur présentait, hors con-
cours, une série d’Asters hâtifs présentant un
intérêt horticole, grâce â l’éclat de leurs colo-
ris et la bonne tenue de leurs tiges : Aster
Amellus, A. bessarabicus et A. cassubicus,
espèces très-voisines ; VA. bessarabicus est le
plus hâtif; Aster scaber, Fortunei, floribundus
et car O linianus ; ces deux derniers paraissant
très-voisins l’un de l’autre ; puis Galatella
punctata, fleurissant en « bouquet tout
fait ».
Section des Roses.
M. Mottet présentait, pour la maison Vil-
morin, une espèce type de Rosiers, dont la vé-
gétation est positivement horizontale : le
Rosa Wichuraiana, Grépin, originaire du
Japon.
Orchidées.
Un beau lot, de M. Bert, comprenant un
joli Vanda cærulæa, un Miltonia Clowesii
bien marbré, un M. candida et un Aerides
Sanderianum^ muni d’un très-beau labelle en
sabot.
M. Dallé avait aussi un beau lot où se remar-
quait le Vanda Kimballiana grandis^ VOnei-
dium Lanceanum, le Cattleya maxirna et
le Cattleya Dowiana.
Puis M. Lange montrait un fort spécimen de
Cœlogyne Massangeana de belle culture.
Arboriculture d’ornement
C’était une véritable exposition que l’apport
de M. Charles Baltet. Les rameaux de Pom-
miers microcarpes y occupaient la première
place : Minnesota, intermedia, floribunda,
serotina, nigra, longifolia, etc. Les arbustes
d’ornement y étaient bien représentés : Berberis
vulgaris macrocarpa, Cratægus pyracantlia
Lalandei, C. Crux-galli, C. pyriformis, etc.,
Evonymus canadensis , Rhodotipus Ker -
rioides, Phillyrea Vilmoriniana, Pterocarya
caucasica, Cotoneaster horizontalis, micro-
phylla et hymalaica, etc. On pouvait aussi
y apprécier â leur valeur les rameaux du
Desmodium marylandiciim.
Arboriculture fruitière
M. G. Potrat, chef des cultures fruitières à
l’École Lepeletier-Saint-Fargeau, présentait de
beaux fruits bien caractérisés, des variétés qui
doivent former le fonds d’une bonne plantation
fruitière : Poires Beurré Diel, Beurré Six,
Beurre super fin, Louise bonne d'Avr anches.
Duchesse cVAngoulême, Figue d'Alençon, etc.;
Pommes Belle de Pontoise, Belle Dubois,
Calville Saint -Sauveur, Reine des Reinettes,
Reinette de Caux, etc.
Au même point de vue, s’imposait l’examen
d’un lot de M. Grandais, dans lequel on remar-
quait aussi les Poires Conseiller de la Cour,
Beurré gris, Beurré Hardy, Beurré Picquery,
Nouveau Poiteau, Jacques Chamaret, Van
Marum et William's Duchess.
Les Pêches de saison étaient représentées
par un lot de Pêches Madame Houdard,
Alexis Lepère et Téton de Vénus présenté
par M. Houdard, ainsi que par une belle Cor-
beille de Pêches Blondeau apportée par
M. Bureau, de Rosny.
Culture potagère
La Tomate ponderosa écarlate, provenant
des cultures de la Maison Vilmorin, faisait tous
les frais de la séance du comité. Cette variété,
un peu tardive, est d’une production abondante
et donne des fruits extrêmement gros.
H. Dauthenay.
LE MARAÎCHER DE PARIS
La culture légumière a une grande
importance dans le département de la Seine,
elle comprend la culture des légumes de
primeur et la culture des légumes de
pleine terre.
Ces cultures, à toutes les époques, ont
occupé une grande surface à l’intérieur de
Paris et en dehors de son enceinte. C’est
principalement les parties basses, fraîches
et fertiles qui furent utilisées par la culture
des légumes. Ces terrains spéciaux étant
alors désignés sous le nom de marais, ceux
qui les cultivèrent firent de la cultw^e ma-
raîchère et prirent le nom de maraîchers.
Les jardiniers continuèrent à faire de la
culture potagère dans les jardins apparte-
nant à la bourgeoisie.
Les marais situés dans l’enceinte de
Paris furent pendant longtemps désignés
sous les noms de coulture, courtille^, etc.,
ainsi que le témoignent les noms suivants :
culture Sainte-Catherine, marais, cour-
tille, etc., donnés à des rues ou à d’impor-
tantes surfaces. Le marais, sous Louis XIII,
comprenait de nombreux courtils.
Les jardiniers-maraîchers de Paris for-
mèrent, pendant plusieurs siècles, une
communauté qui était régie par un statut
* Courtil désignait un jardin clos de murs.
LE MARAÎCHER DE PARIS.
455
de 1273. D’après les articles XVII et XVIII,
nul jardinier, sous peine de 40 sous d'a-
mende et d’emprisonnement, ne pouvait
exercer son art s’il n’était maître juré.
L’apprentissage durait quatre ans, et le
compagnonnage deux ans. Le brevet coû-
tait 15 livres et la maîtrise 200 livres. Cette
communauté fut supprimée en 1776.
D’après une charte de 1176, les marais
situés en dehors de l’enceinte de Paris,
dans lesquels on cultive les légumes, s’éten-
daient de la rue Saint-Antoine à Cliaillot,
et de Paris à Montreuil. Ils étaient traver-
sés par le ruisseau de Ménilmontant. En
1154, une partie de ces marais avaient été
Goricédés à divers particuliers pour qu’ils les
défrichassent moyennant 12 deniers par
arpent.
Suivant les plans des enceintes de Paris,
les marais légumiers de 1367 à 1383 s’é-
tendaient de la porte Saint-Antoine au
village de La Ville-L’Evêque (quartier Saint-
Augustin) ; ils occupaient les carrefours
Saint-Martin, Saint-Denis, Grange-Bate-
lière, chaussée d’Antin et du Roule. De
1842 à 1589, ils couvraient les courtils
Sainte- Catherine, du Temple et de Saint-
Martin. De 1590 à 1643, ils étaient aussi
situés au nord de l'enceinte de Paris.
Pendant ces diverses époques, les jardi-
niers-maraîchers furent désignés sous les
noms de verduriers, courtilliers ou légu-
miers. Henri III, dans une ordonnance de
1576, appelle les maraîchers ses bien aimés
maîtres jardiniers de la bonne ville de
Paris.
En 1780, les jardins maraîchers occu-
paient encore toute la partie située au nord
du boulevard qui va de la Madeleine à la
Bastille. Les marais de la chaussée d’Antin
étaient alors très-vastes. Regnard, qui vi-
vait encore au commencement du xviiP siècle
habitait un hôtel situé rue de Richelieu.
De ses fenêtres, il dominait ces cultures
légumières. Voici comment il décrit le
plaisir que lui causaient ces cultures :
les yeux satisfaits
Se promènent au loin sur de vastes marais,
C’est là qu’en mille endroits, laissant errer ma vue,
Je vois croître à plaisir l’Oseille et la Laitue;
C’est là, que dans son temps, des moissons d’Arti-
Du jardinier actif fécondent les travaux. [chauts
Les Asperges et les Artichauts étaient
rares à Paris au temps de Henri IL En
1533, époque à laquelle Ghampier publia
son Horlus gallicuSy on mangeait en salade
les extrémités des pousses de la Mauve, du
Houblon et de la Bryone.
Tous les terrains occupés par la culture
maraîchère sont argilo-sableux, profonds,
à sous-sol perméable et clos de murs. Leur
étendue moyenne varie de 60 à 70 ares.
La terre, dans ces jardins légumiers,
ne se repose jamais ; elle est sans cesse
occupée par divers légumes, végétant sou-
vent simultanément dans le même carré,
c’est pourquoi elle produit chaque année
deux ou trois récoltes. Les plates-
bandes situées à la base des murs sont
appelées côtières ; celles exposées au midi
sont occupées par les plantes qui demandent
beaucoup de chaleur ; les plates-bandes si-
tuées à l’ouest el qu’on nomme souvent
côtières d'ombî^e, sont réservées pour les
légumes qui demandent pendant l’été le
plus de fraîcheur possible.
Les plantes potagères qu’on cultive dans
les jardins maraîchers exigent beaucoup de
travail, des engrais en abondance, des arro-
sages copieux et fréquents et souvent des
abris artificiels : cloches, châssis et paillas-
sons. Les panneaux et les cloches changent
de place tous les ans. Le fumier de cheval
employé pour monter les couches reste sou-
vent en tas pendant cinq à six mois. Les
planches non occupées par ces abris sont
fertilisées par le terreau fourni par les an-
ciennes couches. Les arrosages ont lieu soir
et matin, à Varrosoir, ou à la lance lorsque
le marais a un réservoir élevé de plusieurs
mètres au-dessus du sol. Dans le premier cas,
on remplit les arrosoirs dans des tonneaux
qui sont enterrés le long des allées princi-
pales. Dans tous les marais on rend les arro-
sages moins fréquents et plus efficaces en
faisant un paillis sur toute la surface des
planches aussitôt que les légumes ont été
repiqués. Le paillis se fait en répandant du
fumier court à demi-consommé.
On opère la culture simultanée en con-
treplantant une rangée de Laitue entre
deux rangs de Romaine ou une rangée de
Choux-fleurs entre deux rangs de Laitue,
c’est-à-dire en associant une plante qui se
développe promptement à un légume qui
doit occuper le sol pendant un temps plus
considérable. Par cette méthode, il n’y a
pas de vide dans les planches, et les plantes
peuvent facilement végéter, puisqu’il arrive
un moment où une seule espèce occupe le
terrain.
La vie du maraîcher de Paris est labo-
rieuse et pénible. Dans tous les marais on
se lève à deux heures du matin en été et à
quatre heures en hiver. Le maître est tou-
jours à la tète des garçons maraîchers, et
456
LES JARDINS BOTANIQUES DANS LES ALPES.
la maîtresse surveille sans cesse les femmes.
Ce sont ces dernières qui récoltent les Épi-
nards, rOseille, le Persil, et qui montent
les voies, c’est-à-dire les hottes à claire-
voie, les mannes ou grands paniers sans
anses pour les Épinards, les mannettes ou
corbeilles pour les Choux-fleurs, et les calais
ou petits mannequins pour la Laitue. Le
maître cueille les Melons, les Cantaloups,
les Tomates, et les garçons arrachent,
lavent et disposent en bottes les Carottes.
C’est la maîtresse seule qui s’occupe de la
vente des légumes.
Le garçon qui conduit, à la pointe du
jour, la voiture de légumes à la halle, dé-
charge les voies, les mannes, etc., va
chercher du fumier et revient au marais.
Lorsque les légumes ne sont pas vendus en
bloc, ce qui arrive aujourd’hui assez sou-
vent, la maîtresse et la fdle restent à la
halle jusqu’à huit ou neuf heures du matin.
En général, les maraîchers de Paris cul-
tivent le Chou-fleur d’été, le Melon et le
Cantaloup, la Laitue, la Romaine, le Persil,
rOgnon blanc, la Tomate, le Concombre, le
Céleri, les Radis. Ces légumes sont remar-
quables par leur fraîcheur et leur qualité.
Les légumes désignés souvent sous le nom
de gros légumes : Asperge, Artichaut,
Poireau, Choux, Pommes, Salsifis, Navet,
Pomme de terre hâtive, etc., appar-
tiennent principalement à la petite et à
la moyenne culture. R en est de même
des Fraisiers, des Potirons, des Courges, etc.
La culture forcée des légumes n’est pas
très-ancienne. C’est Tassère, jardinier du
duc d’Orléans et parent de Thouïn qui,
en 1764, imagina le premier, à Ragnolet,
la culture des primeurs ; c’est en 1780 que
Fournier adopta les panneaux vitrés dans
les jardins maraîchers de Paris. Ces abris
permirent, en 1788, à Découflé, de forcer
le Haricot, à Sainville, en 1791, la Chi-
corée frisée d’Italie, à Quentin, en 1792,
l’Asperge blanche, à Marie, en 1799, les
Petits Pois et les Concombres, et, en 1800,
l’Asperge verte, à Resnard, en 1811, le
Chou-fleur, à Dulac et Duchemin, en 1812,
la Romaine, aux frères Quentin, en 1814,
le Haricot Ragnolet, à Gros, en 1826, la
Carotte courte hâtive de Hollande.
Ces diverses cultures forcées sont tou-
jours pratiquées par divers maraîchers de
Paris, malgré l’arrivée des légumes obtenus
pendant l’hiver sur les rives de la Méditer-
ranée, en Espagne et en Algérie, parce que
les produits importés de ces contrées
chaudes n’ont jamais la fraîcheur, la déli-
catesse des mêmes légumes obtenus sous
châssis à la même époque par les habiles
maraîchers de la contrée parisienne.
Gustave Heuzé.
LES JARDINS BOTANIQUES DANS LES ALPES
JARDIN DU NVEISSHORN. — JARDINS DU ZERMATT, DU GRAND SAINT-BERNARD ET DE SION.
LA LINNÆA. — LA DAPHNÆA
JARDIN DE CIIAMPROUSSE. — LA RAMBERTIA. — LA THOMASIA. — LA CHANOUSIA.
On s’occupe beaucoup, depuis quelques
années, d’établir et d’entretenir, à des
altitudes variées, dans les différentes chaî-
nes de montagnes de l’Europe, des jardins
botaniques situés dans les centres les plus
riches en plantes rares ou dans les lieux
les plus fréquentés des touristes. G’est une
conséquence naturelle des investigations
auxquelles on se livre de plus en plus dans
le domaine alpin et aussi du développement
toujours plus considérable des ascensions
et courses de montagnes.
I
Le premier en date est celui qu’en
juillet 1885 nous fondions autour de l’hôtel
du Weisshorn, dans le val d’Anniviers, à
2,300 mètres d’altitude, en Valais, et
auquel la Gazette de Lausanne, du 24 août
de la même année, consacrait une notice-
Ce n’était qu’une vulgaire plate-bande,
il est vrai, avec une pyramide de rochers
fort peu élégante, élevée avec peine par
l’hôtelier d’alors, mais ce premier essai fit
plaisir au public et fut bien accueilli de
lui. Il attira dans cet endroit un certain
nombre de botanistes anglais qui, depuis
lors, n’ont cessé de fréquenter l’hôtel en
question, et ont voué à ce petit jardinet un
intérêt spécial. Les plantes pyrénéennes
semblent y réussir plus particulièrement.
II
Puis vint la Société valaisanne des
sciences naturelles qui décida la création
de trois jardins semblables, l’un à Zer-
matt, qui existe encore autour de la Cha-
pelle anglaise, l’autre, auprès de l’hospice
LES JARDINS BOTANIQUES DANS LES ALPES.
457
du Grand-Saint-Bernard, à 2,500 mètres
d’altitude, qui a dû être abandonné peu
après sa fondation et enfin. Je troisième, à
Sion, dans la région des plaines.
Malheureusement cette Société, dans sa
réunion générale tenue à Riddes le 27 juil-
let dernier, a décidé d’abandonner ces
jardins, les frais qu’ils occasionnent étant
hors de proportion avec les services rendus.
III
En 1889, l’Association pour la protection
des plantes établit à Bourg-Saint-Pierre,
au-dessus de Martigny (Valais), et à trois
heures plus bas que l’hospice du Saint-
Bernard, dans une situation superbe, celui
de ces jardins qui, jusqu’à ce jour, semble
avoir eu le plus de succès. Nous avons
nommé le jardin de la Linnæa, auquel
M. le docteur Sauvageau, professeur à la
Faculté des sciences de Lyon, a consacré
dans le Bulletm de la Société botanique
de France ^ un important et remarquable
article. Ceux de nos lecteurs que le côté
scientifique de la question intéresse
pourront consulter ce travail et en retire-
ront d’utiles enseignements.
Notons seulement que le jardin de la
Linnæa, qui est à 1,700 mètres d’altitude,
s’étend sur les flancs d’un mamelon isolé
qui se dresse au sud du village de Bourg-
Saint-Pierre et mesure 60 mètres de haut
sur 2 hectares de terrain, dont les 8/10® ap-
partiennent au Jardin. Plusieurs sentiers
zigzaguent de tous les côtés, au travers des
rocailles naturelles ou artificielles, des ro-
chers, d’un joli bois de Mélèzes, qui s’étend
sur le versant nord ou des différents pla-
teaux qui se superposent au-dessus de la
route, sur le côté occidental.
Chaque année, une petite avalanche
sillonne au printemps le flanc septentrional
de la Linnæa ; pour lui former une bar-
rière et prévenir ses dégâts, on a fait, en
cet endroit, une plantation de Mélèzes et
d’Aroles {Pinus Cemhra) qui se développe
admirablement.
Le jardin appartient à un comité de
trente membres de diverses nationalités. Le
gouvernement fédéral, le Club alpin suisse,
l’Association pour la protection des plantes
donnent des subventions au jardin et les
entrées des visiteurs sont également une
source de revenus.
Le système d’après lequel les plantes sont
^ BulL de la Soc. botanique de France, 1894,
P ccv à ccxvi.
groupées, au jardin de la Linnæa, n’est point
strictement scientifique ; il dépend plutôt
de la phytogéographie. On a trouvé un
plateau naturel sur lequel on a concentré la
flore des Pyrénées, tandis qu’un autre pla-
teau admirablement situé, à l’ouest du jar-
din, renferme celle du Caucase ; ailleurs on
a disposé, en des rocailles plus ou moins
étendues, les flores de l’Himalaya, de la Si-
bérie, des Andes et des Cordillères, des ré-
gions arctiques et antarctiques.
La flore de la chaîne alpine proprement dite
et celles du Jura, des Vosges, des Sudètes
sont plus richement représentées. Elles occu-
pent toute la partie orientale et sud-oriental
du cône montagneux sur lequel s’étale le
jardin et presque tout le sommet. On a con-
sacré à ces plantes huit grandes rocailles
dont une est spécialement destinée aux Saxi-
frages, une autre aux Primula et une autre
aux Alchemilla dont on cultive 26 espèces
différentes à la Linnæa. Sur le versant nord
on a établi une Fougeraie et, au pied de la
pente humide, à l’entrée même du jardin,
deux grands assortiments qui contiennent
toute la végétation alpine et montagnarde
(internationale) qui réclame l’ombre et la
fraîcheur.
La flore indigène de la Linnæa est déjà,
par elle-même, un bel ornement ; le Rho-
dodendron ferrugineum, les Gentiana
purpurea, verna, acaulis, campestris, le
Primula viscosa dont les masses de fleurs,
d’un carmin très-vif commencent à animer
tous les rochers naturels à partir de la fin
d’avril ; les Saxifraga aizoides, Aizoon as-
pera, le Sempei'vivum arachnoideum
aux fleurs rouges, vraies étoiles terrestres,
les Lis Martagon dont on possède trois
plantes à fleurs blanc pur croissant sponta-
nément dans le jardin ; les charmants Lis de
Saint-Bruno (Paradisia Liliastrum) qui
forment de vrais champs sur la partie orien-
tale où il y en a des myriades ; V Adenostyles
albifrons, qui envahit toute la partie sep-
tentrionale et dont les grandes panicules
purpurines sont l’un des ornements natu-
rels de ce jardin pendant les mois de
juillet, août et septembre, et tant d’autres
plantes aimées, trop longues à énumérer
forment le tapis naturel du jardin.
D’autre part, certaines espèces que nous
avons introduites ont pris un rapide déve-
loppement et tendent à envahir. Citons
les Polemonium cœruleum, Campanula
cæspitosa, Saxifraga longifolia, dont on
aperçoit dans les rochers de jeunes
plantes et même des descendants hybridés
LES JARDINS BOTANIQUES DANS LES ALPES.
458
avec la race indigène (S. Aizoon), Meconop-
sis cambricay Papaver nudicaule et cauca-
sicuYYiy Braya alpina, Draha aizoides,
Dianthus neglectus^ Primula sikkimen-
sis, et d’autres encore.
Presque toutes les plantes grainent bien
à la Linnasa, à l’exception des And rosaces
bimalayennes qui n’y ont pas trouvé l’in-
secte auxiliaire de leur fécondation. Il est
même, des espèces, renommées par la diffi-
culté de leur acclimatation dans nos jardins,
qui se ressèment naturellement avec beau-
coup de bonne volonté dans les niches
avoisinantes. Telles sont : A7idrosace gla-
çialiSy càrnea, cylindi'ica, ciliatay puhes-
eeixSy Ei'iMchium ^lanurriy Se^xecio uni-
jloi'us, Cx'epis juhata et Campanula
excisa.
. Cette dernière, que l’on a de la peine à
acclimater dans les rocailles de plaines,
a même envahi rapidement toute la partie
occidentale de l’enrochement du sommet et
se répand sur plus de 10 mètres carrés
tant et si bien qu’on est obligé de f en arra-
cher constamment. Les plantes les plus dé-
licates en plaine sont superbes à la Linnæa.
7'ous les Primula y viennent admirablement,
sauf pourtant l’Auricule qui n’y trouve pas
assez de calcaire ; les Campanula Allioni,
ca^'nicay coxisia, Raiixei'i, Wamxex'i,
y sont tout à fait « chez elles », de même
que le superbe Vei^onica Allioxxi des
Alpes dauphinoises et les merveilleux Si-
lène Elisahelhæ et Pumilio du Tyrol
italien.
Le nombre total des espèces de plantes
montagnardes cultivées à la Linnæa est de
près de 2,500, y compris celles appartenant
à la jlore locale.
11 y a, en outre, un assez grand nombre
de plantes non identifiées, provenant des
explorations de botanistes tels que MM. Le-
vier, Sommier et Albofî dans le Caucase,
Silene et de Lagerheim dans les zones
arctiques, Alboff dans les montagnes de la
Terre-de-Feu et de la Patagonie, Duthie
dans THimalaya, Cockayne en Nouvelle-
Zélande, Mangini, Chaffanjon et Gay en
Sibérie, et en Mongolie, etc.
Toutes ces graines, récoltées dans de ré-
cents voyages et adressées au Jardin, sont
semées à Genève, au Jardin alpin d’accli-
matation, puis transportées soit à la Linnæa
pour les espèces provenant des régions
granitiques) soit au jardin de la Rambertia
pour celles du calcaire.
Le docteur Sauvageau a terminé le travail
dont, nous avons parlé plus haut par ces
lignes qu’on nous permettra de transcrire
ici :
« D’après les observations faites jusqu’à
maintenant, les espèces exotiques ou celles des
hauts sommets ne subissent pas de transforma-
tions par leur culture à la Linnæa ; mais plu-
sieurs s’y trouvent mieux que dans la nature à
cause des soins dont elles sont entourées, y
prennent de plus amples proportions que dans
leurs stations habituelles. Il est cependant à
remarquer que les espèces à fleurs sessiles
dans les hautes altitudes, VEritrichium nanum
par exemple, y développent des pédoncules plus
ou moins longs.
Le jardin alpin de la Linnæa est de fondation
encore bien récente pour qu’il ait pu donner
tous les résultats qu’on est en droit d’en
attendre, mais il est appelé à rendre de réels
services à la botanique, à tous ceux qui s’inté-
ressent à la culture des plantes alpines et qui
ne veulent pas voir disparaître les plus rares
d’entre elles, aux questions si intéressantes de
la mobilité ou de la stabilité de l’espèce, des
relations des fleurs avec les insectes. »
IV
Peu après la Linnæa vint la Daphnæa
que la section milanaise du Club alpin ita-
lien fonda, en 1891, au sommet du Monte-
Baro, sur Lecco (Lac de Gôme). Il est à
800 mètres d’altitude, sur un sol rocailleux
que recouvre le Daphné Cixeorum, abon-
dant dans le pays, et comprend un terrain
de 1,300 mètres carrés. On y a construit un
pavillon-chàlet où se tient un jardinier et un
grand nombre de rocailles calcaires admira-
blement distribuées et très-habilement cons-
truites. Il est plus particulièrement destiné
à la flore italienne.
V
En France c’est dans le Dauphiné que se
trouve le plus ancien et le plus intéressant
de ces jardins. A la suite de deux confé-
rences qui nous avaient été demandées et
que nous fîmes à Grenoble, le 24 mai 1891,
sous les auspices de la Société des touristes
du Dauphiné, d’une part, et le 7 août de la
même année au Congrès du Club alpin fran-
çais, d’autre part, il fut décidé qu’on établi-
rait dans les Alpes du Dauphiné un jardin
botanique alpin qui serait aux Alpes dau-
phinoises ce que celui de la Linnæa est aux
Alpes Pennines.
Ce jardin, situé à 1,850 mètres, à l’Alpe
de Charnprousse, est dans une position
excellente. Il a, ce qui manque à celui de
Bourg-Saint-Pierre, de l’eau en abondance
et se trouve au sein d’un territoire calcaire.
LES JARDINS BOTANIQUES DANS LES ALPES.
459
Sa superficie est de près de 5,000 mètres
carrés.
Une circulaire datée de Grenoble, le
18 décembre 1893, et signée de MM. Lach-
mann, professeur. Allemand et Ginet, an-
nonce que ce jardin est fondé par la Société
des Touristes du Dauphiné en collabora-
tion avec la Société horticole dauphinoise
et que le but des fondateurs est de cons-
tituer une grande collection de plantes
alpines des principales chaînes de monta-
gnes du Globe, de faire des observations et
des expériences relatives à l’influence du
climat alpin sur la végétation, enfin de
s’occuper de l’acclimatation de certaines
plantes alimentaires. Ce dernier point est
certainement intéressant ; l’École polytech-
nique de Zurich, qui entretient dans les
Grisons, à une altitude semblable et dans un
but essentiellement utilitaire et pratique,
un jardin du même genre, a déjà eu de si
intéressants résultats qu’on ne peut que
saluer avec joie la multiplication de ces
champs d’essais. Malheureusement, ils sont
rares ; car, à cette altitude, il est difficile
de faire des observations suivies et cela
coûte cher.
A Ghamprousse, on a planté à peu près
les mêmes espèces herbacées que celles qui
figurent à la Linnæa. Mais on a développé
davantage la partie dendrologique et l’on a
cherché à y acclimater les Ahies Douglasi,
canadensis, Phisapo, cephalonicay Nord-
manniana et orientalis, le Cèdre du Liban,
le Cyprès chauve, les Thuyas d’Orient
et d’Occident, deux espèces de Thuyop-
sis, etc. On y a même essayé le Fusain du
Japon, le Lilas ordinaire, le Lilas-Varin,
les Weigélas, etc.
Mais c’est surtout dans l’acclimatation de
nouveaux légumes, en vue de l’améliora-
tion du sort des habitants de la haute mon-
tagne que le jardin dauphinois offrira de
l’intérêt. M. Lachmann, qui a pris cette
affaire en mains, est persuadé — et nous
le sommes avec lui — qu’il arrivera à de
bons résultats. Au point de vue horticole,
cette station d’essai a une très-grande im-
portance et il est à souhaiter que le monde
horticole français s’intéresse à cette créa-
tion.
VI
On a fondé, il y a deux ans, à Montreux,
une Société dite de la Rambertia, en l’hon-
neur de feu Eugène Rambert, le poète et le
naturaliste qui a le plus contribué à faire
aimer les Alpes vaudoises. Son but est la
fondation et l’entretien d’un jardin bota-
nique alpin de 4 à 5 hectares, situé près du
sommet des rochers de Naye. Ce jardin
court le long de la crête rocheuse et très-
déchiquetée de la montagne, il en descend
la pente oriento-méridionale et s’étale sur
un gracieux vallon de 3 hectares, qui se
nomme le plan d’Arènaz, et dans lequel on
va créer un beau parc alpin, planté des
essences pouvant prospérer à ces altitudes.
Du plateau en question, jusqu’au sommet
de la crête, il y a 150 mètres de différence
en altitude, ce qui permettra la culture,
dans ce très-vaste jardin, de nombreux végé-
taux. Le territoire étant calcaire, on pourra
introduire ici la flore calcicole qui ne
réussit pas à la Linnæa. En un mot, la
Rambertia sera aux Alpes calcaires ce que
la Linnæa est à celles du granit.
L’an dernier, les pluies continuelles dont
nous avons été gratifiés n’ont pas permis
à ce jardin de se développer comme on eût
aimé à le voir. Il a fallu se borner au
plus important et l’attention du Comité s’est
surtout portée sur la question des clôtures.
Cette année, on a beaucoup avancé et de
nombreuses rocailles ont été établies sur
les bords du gracieux sentier qui zigzague
dans la gorge pittoresque que dominent les
deux Dentaux, sommités de 30 à 50 mètres
de haut, qui forment les deux gigantesques
piliers entre lesquels se trouve la porte du
jardin. Ici, le point de vue n’est ni utili-
taire ni scientifique ; il est tout simplement
artistique. Le Comité a désiré faire un
jardin alpin qui soit agréable à la vue,
tant par sa forme et son caractère pitto-
resque que par les fleurs qu’il contient.
Des tapis de Pavots alpins s’étendent sur
les pentes septentrionales des Dentaux
tandis que, au midi, on a planté des mil-
liers éé Edelweiss^ à' Aster alpinus, de Pri-
mula Auricula. Dans la gorge, les Ra-
mondia des Pyrénées tapissent les lieux
ombragés, alors que les plus délicates d’entre
les plantes glaciaires animent les rocailles
ensoleillées. Des touffes de Rhododendrons
{Rh. ferrugineuniy hirsutum, Chamæcis-
tus et punctatum) surgissent de part en part
et le plus naturellement possible tandis
qu’un champ de Chardons bleus {Eryngium
alpinum) s’étale ailleurs et fait rêver au
ciel du Midi.
Gejardin-là est, de tous, le plus visité
parce qu’il est à deux pas de la station du
chemin de fer de montagne Glion-
Naye et que, chaque jour, plusieurs cen-
taines, quand ce n’est pas plusieurs mil
460
CORRESPONDANCE.
liers de touristes, sont conduits à sa porte
par la vapeur. Comme le jardin est très-
fréquenté, et que ses finances sont pros-
pères, nous espérons qu’il pourra se déve-
lopper.
VII
La Faculté des sciences de l’Université
de Lausanne vient, elle aussi, de fonder
une station d’essai dans la montagne. C’est
un jardin botanique dédié à la mémoire du
botaniste vaudois Thomas (La Thomasia)
et qu’on a établi dans un joli pavillon des
Alpes de Bex, à Pont-de-Nant. Il a de
l’eau en abondance et se trouve sur le
calcaire.
VIII
Enfin, pour terminer cette revue, chrono-
logiquement déroulée, disons deux mots
d’une création toute nouvelle, qui vient
d’être installée au Petit Saint-Bernard, à
50 mètres à peine de la frontière française,
sur le sol italien, à 2,160 mètres d’altitude.
C’est le vénérable abbé Chanoux, recteur
de l’hospice, qui en a eu l’idée. Depuis sept
ans il y travaille et il a réuni là de fort
belles choses, en plantes, en pierres et en
minéraux. C’est un musée botanique et pé-
M. P. (Mantes). — Les Raisins que vous
nous avez énvoyés sont envahis par le Black-rot.
Bien entendu, il n’y a plus rien à faire cette
année ; mais nous vous engageons à prendre
vos mesures l’an prochain dès l’apparition des
premières feuilles.
Le seul remède qu'on ait trouvé jusqu’à pré-
sent contre ce fléau consiste en pulvérisations
répétées, à la bouillie bordelaise ou bourgui-
gnonne, ou encore à la bouillie sucrée ; la base
des unes! comme des autres est le sulfate de
cuivre à raison de 3 kilos pour 100 litres d’eau ;
dans la première, on y allie 4 à 5 kilos de chaux
vive, dans la seconde, 3 k. 500 de carbonate de
soude ; dans la troisième, 6 kil. de mélasse. Le
traitement doit se répéter au moins trois ou
quatre fois à un mois d’intervalle; il devrait
être pour ainsi dire continu : il faudrait dès
qu’on a fini par un bout, recommencer par
l’autre. Maheureusement, jusqu’à présent, les
résultats n’en sont pas toujours assurés.
11 serait indispensable qu’à l'automne, toutes
les grappes desséchées qui restent sur les
treilles fussent, par tous les possesseurs de
trologique qu’il a fait là et son jardin offre
un cachet d’originalité très-caractéristique.
Imaginez un vaste cercle d’un hectare, en-
touré d’un mur épais en pierres sèches,
haut de 2 mètres et formant une vraie en-
ceinte fortifiée. Ajoutez deux torrents natu-
rels, qui descendent des sommets environ-
nants et partagent le jardin où ils forment
ici un marécage charmant, là une cascade,
ailleurs un petit lac. Puis placez, à gauche,
un monticule vert, semé de beaux gazons
naturels et qu’on a planté d’Aroles et de
Mélèzes ; enfin, imaginez dans le fond, entre
les torrents mugissants, une dizaine de ro-
cailles diverses, qui ont été construites ces
dernières années et qui contiennent, l’une
la flore locale, une autre celle des Alpes
d’Aoste, une autre celle des sommets du
Piémont, d’autres enfin celles des Alpes,
des Pyrénées, des Balkans, de l’Himalaya,
de la Sibérie, etc., et vous aurez à peu près
l’idée de ce jardin, que nous avons pris la
liberté de baptiser « Chanousia » en l’hon-
neur de celui qui a le mérite de l’avoir
conçu .
La fête d’inauguration, à laquelle les bo-
tanistes français, italiens et suisses ont pris
part, a eu lieu le 29 juillet dernier et a été
célébrée avec un grand éclat.
Henri Gorrevon.
Vigne, recueillies et brûlées. Voyez Revue
horticole^ 1896, p. 370 et 407. — (IL D.)
M. de VE. (Somme). — Il suffit générale-
ment de récolter des graines des meilleures
variétés de Dahlias simples et de les semer au
printemps ; les plantes fleurissent la même
année. Mais nous vous conseillons de relever
à la fin de l’automne les tubercules des meil-
leures variétés que vous désirez con.server et
de les bouturer au printemps comme des
Dahlias ordinaires, une des plus belles va-
riétés est encore le Dahlia coccinea type du
Mexique.
Cte A. T. (Pologne russe). — La flore ar-
borescente et arbustive des parcs et jardins de
votre région est peu riche en espèces, sans
doute, mais elle permet cependant d’obtenir
des effets paysagers à peu près aussi complets
que dans des régions plus méridionales. Nous
publierons sur ce sujet une étude spéciale.
No 3540 (Meuse). — Voir article spécial sur
le Gymnosporàngium Sabinæ dans le présent
numéro.
Orléans. — lmp. G. Jacob, Paul Pigelet, successeur.
Le Directeur- Gérant i L. Bourguignon.
CHRONIQUE HORTICOLE.
461
CHRONIQUE HORTICOLE
Mérite agricole. — Société française des Chrysanthémistes : Congrès d’Orléans. — Le Congrès des
Rosiéristes. — L’enseignement horticole pour 1897-98 à l’Association philotechnique. — Cours public
et gratuit d’arboriculture d’alignement et d’ornement. —Banquet offert à M, Abel Chatenay. — Une
belle fructification du Cereus triangularis* — Expositions annoncées. — Nécrologie: M. Lambin.
Mérite agricole. — Parmi les nomina-
tions dans l’ordre national du Mérite agri-
cole faites à l’occasion des divers voyages
ministériels, nous relevons les suivantes qui
intéressent l’horticulture.
Grade de chevalier :
MM.
Chantrier (Alfred-François), jardinier chef à
Bayonne (Basses-Pyrénées) ; nombreuses
récompenses dont 3 médailles d’or dans
divers comices, concours et expositions
agricoles; 34 ans de pratique horticole.
Raymond (Antoine), horticulteur à Saint-Cha-
mond, vice-président de la Société generale
d’horticulture de la Loire. Plusieii.’s ré-
compenses dans les concours et expositions,
dont un prix d’honneur.
Société française des Chrysanthémistes.
— Congrès d’Orléans. — Ainsi qu’on l’a
déjà annoncé, la Société française des
Chrysanthémistes tiendra, du 6 novembre
au 8 novembre, à Orléans, son deuxième
Congrès annuel à Foccasion de l’exposition
importante organisée par la Société d’hor-
ticulture du Loiret.
Le succès du premier Congrès tenu l’an
passé à Bourges sera dépassé par celui du
second, car les adhésions arrivent plus nom-
breuses encore et de tous les points de la
France. L’Angleterre même sera représentée
par une délégation de la National Chrysan-
themum Society dans laquelle figureront
notamment MM. Harman Payne et Jones.
M. le Ministre de l’agriculture a dési-
gné pour le représenter, M. Vassilière,
l’éminent directeur de l’agriculture.
La réduction de 50 % sur les che-
mins de fer a été demandée pour les con-
gressistes. Quatre compagnies, le Nord,
l’Orléans, l’Ouest et l’État ont déjà répondu
affirmativement ; nous avons tout lieu de
croire que l’Est, le P.-L.-M. et le Midi sui-
vront leur exemple.
Les personnes qui ne feraient pas partie
de la Société, et qui voudraient cependant
prendre part au Congrès, sont priées de
s’adresser au Secrétaire général : M. Ph.
Rivoire, 16, rue d’Algérie, à Lyon, dans le
plus bref délai possible.
Voici la liste des questions à fordre du
jour du Congrès :
De la fécondation des Chrysanthèmes ;
2» Qu’entend-on par races en Chrysan-
thèmes?
3^ Des meilleures compositions de terre à
employer pour les différents rempotages. Des
engrais en solution pour arrosages.
4° Maladies et parasites ;
5® Bouton couronne et bouton terminal. Eta-
blissement d’une première liste des variétés
pour lesquelles il convient de prendre l’un ou
l’autre de ces boutons ;
6“ Des difficultés de classification de cer-
tains noms de variétés dans les catalogues.
Quel est le mot qui doit guider l’ordre alpha-
bétique;
Vote de la médaille du Congrès ;
8» f ixation du lieu du Congrès de 1898.
Les mémoires doivent être également
adressés, en cas d’absence de l’auteur, au
secrétaire, qui en donnera connaissance au
Congrès.
La même Société a tenu samedi 25 sep-
tembre, à Lyon, la première réunion de
son comité floral pour juger les semis de
Chrysanthèmes, dans les variétés précoces.
Trois certificats de mérite ont été accor-
dés ; deux à des semis de M. Liger-Ligneau
d’Orléans, dénommés Madame Liger-
Ligneau Qi Marie- Adèle (ce dernier comme
plante décorative), et un à M. Crozy, de
Lyon, pour la variété Cagnotte. Une autre va-
riété, Coquetterie des félicitations.
Le Congrès des rosiéristes. — La So-
ciété française des rosiéristes a tenu son
premier Congrès le 12 septembre dernier,
à Orléans. Le bureau définitif a été, par
acclamation, ainsi constitué :
Président d’honneur : M. Viger ; assesseurs ;
MM. Albert Barbier; Léon Chesneau, Jules
GoucKault, Guillot et Foucard ; secrétaire gé-
néral: M. Octave Meyrand ; secrétaire adjoint :
M. Arthur Robichon.
Le Congrès a ensuite procédé à l’étude
des questions que la Société avait décidé
de lui soumettre :
lo De la classification des Roses.
16 Octobre 1897.
20
462
CHRONIQUE HORTICOLE.
2« De la valeur des divers porte-greffes usités.
3» Des maladies du Rosier et des meilleurs
remèdes à y apporter.
4® Des synonymies chez les Roses.
Tous les mémoires présentés sur ces
diverses questions ont été approuvés par le
Congrès, et M. Vigeren a félicité les auteurs.
Le prochain Congrès aura lieu à Lyon,
en 1898.
L’enseignement horticole pour 1897-98
à l’Association philotechnique. — L’As-
sociation philotechnique ouvrira ses cours,
pour la section du lycée Charlemagne, le
lundi 18 octobre courant. Le programme
des cours- de cette section en comprend un
certain nombre qui intéressent les jardi-
niers et les amateurs d’horticulture :
Culture potagère. — Tous les lundis, à
partir du 8 novembre 1897, M. Fr. Follet,
chef des cultures de MM. Lemaire, Lasnet
et C'c, traitera de la disposition à donner au
jardin potager, de l’emploi et de l’aména-
gement des eaux, de l’établissement des cou-
ches, de la succession des cultures, etc.
Floriculture de plein air. — Tous les
mardis, à partir du 19 octobre 1897, notre
collaborateur, M. Dauthenay, exposera les
principes de la technologie horticole. Il étu-
diera notamment les grandes collections ;
Asters, Bégonias, Cannas, Chrysanthèmes,
Dahlias, Géraniums, Pélargoniums, Roses,
Spirées, Tulipes, etc. Il présentera des clés ana-
lytiques facilitant la détermination des variétés.
Arboriculture fruitière. — Tous les mer-
credis, à partir du 20 octobre 1897, M. Gros-
demange, chef des pépinières du Muséum
d’histoire naturelle, notre collaborateur, après
avoir fait ressortir le rôle important de l’arbo-
riculture fruitière, traitera de la multiplica-
tion des végétaux fruitiers, de la récolte et de
la conservation des fruits. Des applications
auront lieu sur le terrain dans les princi-
paux établissements arboricoles des environs
de Paris.
Les cours ont lieu le soir de huit heures
et demie à dix heures au lycée Charle-
magne, 14, rue Charlemagne. Si l’on
ajoute, à ceux que nous venons de citer,
un cours de botanique qui sera sous peu
réinstallé, on se rendra compte des efforts
que fait la section du lycée Charlemagne
pour étendre et populariser l’enseignement
de l’horticulture. Nous croyons savoir que
les efforts persévérants de M. Grosdemange
sont pour beaucoup dans l’impulsion don-
née à cet enseignement.
Ajoutons qu’en fin d’année, des ^certifi-
cats d’études pour les sciences agricoles
sont accordés aux élèves les plus méritants.
Cours public et gratuit d’arboricul-
ture d’alignement et d’ornement. —
M. Chargueraud, professeur, commencera
le vendredi 42 novembre, à huit heures du
soir^ dans l’amphithéâtre de la Société
d’horticulture, rue de Grenelle-Saint-Ger-
main, 84, à Paris, son cours théorique et
pratique d’arboriculture d’alignement et
d’ornement.
Ce cours consistera en dix leçons théo-
riques, qui auront lieu tous les vendredis,
à la même heure, et en trente leçons prati-
ques, à partir du dimanche 14 novembre,
de huit heures à onze heures du matin, et
pour lesquelles le lieu de réunion sera in-
diqué à la fin de la séance précédente.
OBJET DU COURS :
Leçons théoriques. — Éléments de physio-
logie végétale, de géologie, de physique et de
chimie appliquées à l’arboriculture. — Prin-
cipes généraux de culture. — Sols. — Terre
végétale. — Amendements. — Fumiers et en-
grais. — Arrosements. — Drainages. — Pépi-
nières. — Multiplication, élevage et conserva-
tion des plantes. — Serres et Orangerie. —
Bâches. — Châssis. — Abris. — Plantations
d’alignement dans les villes, sur les routes.
— Étude des meilleures essences. — Installa-
tion. — Soins. — Maladies. — Insectes. —
Plantations d’ornement des parcs, squares et
jardins. — Choix et groupement des végétaux.
— Garnitures florales. — Gazons.
Leçons pratiques. — Sur l’exécution et
l’entretien des plantations. — Les soins de
culture, la pratique delà taille et de l’élagage.
— Étude des plantations sur les boulevards,
avenues, parcs et squares. — Sur les routes
départementales. — Au bois de Boulogne, à la
Muette. — Au bois de Vincennes, à l’École
d’arboriculture, à Saint-Mandé et dans les pé-
pinières de la Ville.
A la fin du cours, un jury d’examen
proposera au Préfet de la Seine de délivrer
des certificats d’aptitude aux élèves qui
rempliront les conditions indiquées par le
programme d’examen.
Banquet offert à M. Abel Chatenay.
— Le mardi 12 octobre, un banquet offert
à M. Abel Chatenay, secrétaire général de
la Société nationaled’horticulture de France,
réunissait au restaurant Marguery une cen-
taine de ses collègues et amis, qui venaient
fêter sa récente nomination au grade de
chevalier de fa Légion d’honneur.
Cette fête de famille était présidée par le
CHRONIQUE HORTICOLE.
463
président de la Société, M. Viger, ancien
ministre de l’agriculture, ayant à ses côtés
M. Vassillière, directeur de l’agriculture,
qui avait bien voulu accepter la présidence
d’honneur, et le bureau tout entier de la
Société nationale d’horticulture de France.
Au dessert, M. Viger, avec l’humour
qu’on lui connaît, a porté un toast d’abord
au Président de la République, dont la sol-
licitude accompagne toujours les efforts de
l’horticulture vers le progrès ; puis à M. Mé-
line, dont la vie tout entière a été consa-
crée aux intérêts agricoles, et qui même
en politique, a dit M. Viger, a pu avoir des
adversaires, mais n’est pas parvenu à se
faire des ennemis ; ensuite à M. Abel Cha-
tenay, dont la nomination au grade de
chevalier de la Légion d’honneur vient de
récompenser le long dévouement à l’horti-
culture ; enfin à la Presse horticole dont le
concours est acquis d’avance à toutes les
bonnes causes.
D’autres toasts ont été portés par M. Al-
bert Truffant, président de l’Union des
horticulteurs- marchands; par M. Vassil-
lière, directeur de l’agriculture ; par
M. Henry de Vilmorin, premier vice-pré-
sident de la Société nationale d’horticul-
ture ; par M. Charles Ballet, l’un des
doyens des pépiniéristes français ; par
M. Laurent Hébrard, président de la So-
ciété de secours mutuels des jardiniers de
la Seine ; et enfin par notre collaborateur,
M. H. Dauthenay, au nom de la presse
horticole.
Excellente soirée, non seulement pour
celui à qui la fête était offerte, mais pour
tous les convives, qui en garderont le meil-
leur souvenir, et qui en sont sortis encore
plus étroitement unis pour la défense des
intérêts de l’horticulture.
Une belle fructification du Cereus
triangularis. — Un vieil exemplaire de
Cereus triangularis qui fleurissait, à
Kew, tous les ans en abondance, mais sans
fructifier, a mûri cette année un gros fruit.
Dans l’espoir d’obtenir un hybride, on avait
posé du pollen de C. grandiflorus sur le
stigmate d’une seule fleur de C. triangu-
laris, mais les étamines de cette dernière
n’ayant pas été supprimées, il n’est pas
certain que le croisement ait réussi. Ce
croisement est cependant très- probable si
l’on considère que cette fleur est la seule
qui ait donné le fruit dont il est question.
Le fruit s’est formé dans l’espace de trois
mois et pesait exactement 2 livres anglaises
(907 grammes) lorsqu’il est arrivé à com-
plète maturité. Sa forme et son volume
étaient ceux d’un œuf d’autruche et la
pulpe qu’il contenait a été jugée d’un goût
agréable et d’une saveur légèrement aci-
dulée. Le signataire de la note qui a paru
sur ce sujet dans le Gardeners’ Chronicle
et à laquelle nous empruntons ces détails,
a même trouvé ce fruit supérieur à tous les
les fruits à’ Opuntia qu’il a goûtés jusquA
présent. Il conclut qu’avec des soins on
pourrait peut-être arriver à reproduire en
grand le fait signalé, dans le but d’agré-
menter les tables de luxe.
EXPOSITIONS ANNONCÉES ^
Alger, du 13 au 14 novembre. — La So-
ciété d’horticulture d’Alger organise pour les
12, 13 et 14 novembre prochain une exposition
de Chrysanthèmes et de produits horticoles de
la saison.
Demander le programme des concours et le
règlement de l’Exposition au secrétaire de la
Société d’horticulture, M. Porcher, rue Horace-
Vernet-Mustapha.
Montauban, du 12 au 14 novembre. — La
Société d’horticulture et d’acclimatation de
Tarn-et-Garonne organise une exposition de
Chrysanthèmes, produits maraîchers et fruits
de saison, qui aura lieu à Montauban, du 12 au
14 novembre.
Le programme comporte 10 concours ré-
partis en 6 sections. Les demandes d’admission
devront être adressées à M. Edouard Vidal, se-
crétaire général de la Société, à Montauban,
avant le 1er novembre.
Périgueux, du li au 22 novembre. — La
Société d’horticulture et d’acclimatation de la
Dordogne organise une exposition de Chrysan-
thèmes, fruits, fleurs et bouquets, qui aura lieu
à Périgueux, du 14 au 22 novembre.
Le programme comporte 26 concours ré-
partis en 7 sections. Les demandes d’admis-
sion doivent être adressées à M, le Président
de la Société d’horticulture, à Périgueux.
Cambrai, du 17 au 21 novembre. — La
section d’horticulture du Comice agricole de
Cambrai organise une exposition internatio-
nale de Chrysanthèmes, plantes ornementales,
fleurs de saison, arts et industries horticoles,
qui se tiendra à Cambrai, du 17 au 21 no-
vembre.
Le programme comporte 31 concours, dont
22 sont relatifs aux Chrysanthèmes. Adresser
les demandes à M. Brisse-Pourpoint, rue du
* La Revue horticole annonce les expositions
générales ou partielles dont le programme est
adressé au Rédacteur en chef, 26, rue Jacob,
Paris.
464 QUELQUES ARBRISSEAUX
Petit-Séminaire, n» 16, à Cambrai, avant le
25 octobre.
Cherbourg, du i 3 au iô novembre. — La
Société d’horticulture de l’arrondissement de
Cherbourg organise une exposition de Chry-
santhèmes et de fruits qui aura lieu à Cher-
bourg, du 13 au 16 novembre.
Le programme comporte 8 concours pour
les Chrysanthèmes et 5 concours pour les
fruits. Adresser les demandes au Président de
la Société, à Cherbourg, avant le 5 novembre.
Nécrologie : M. Lambin. — Notre
excellent et dévoué collaborateur et ami
E. Lambin vient de mourir. C’est un
grand deuil pour l’horticulture champe-
noise. Professeur d’horticulture à Soissons
QUELQUES ARBRISSEAUX
Il est souvent demandé par les amateurs
d’horticulture, et particulièrement par ceux
qui prolongent leur villégiature jusqu’à
l’hiver, des renseignements pour avoir
dans leurs jardins à l’automne, et aussi
tard que possible en saison, des arbres et
arbrisseaux de pleine terre en fleurs. Il est
bien certain aussi que les citadins seraient
très-heureux de pouvoir contempler à cette
époque de l’année des arbrisseaux fleuris
dans les parcs et squares des villes, où
malheureusement ces végétaux font trop
souvent défaut.
Nous avons eu déjà l’occasion de rappe-
ler dans la Revue quelques-uns des arbres
et arbrisseaux à utiliser pour la décoration
automnale, pour leurs fleurs, leurs fruits
ou leur feuillage.
Nous voulons aujourd’hui indiquer les
principaux qui peuvent être très-avanta-
geusement utilisés à cause de leur floraison
particulièrement tardive.
Il existe, en effet, un assez grand nom-
bre d’espèces et de variétés d’arbrisseaux
dont la floraison se prolonge jusqu’à la fin
de septembre, et même en octobre. Quel-
ques autres refleurissent régulièrement à
l’automne après une première floraison au
printemps. D’autres refleurissent irréguliè-
rement, ou seulement lorsqu’après un prin-
temps sec vient un été humide. Il en est
aussi quelques-uns chez lesquels les opéra-
tions de taille ou de déplantation déter-
minent une seconde pousse ainsi qu’une
seconde floraison. Enfin, il est possible.
FLORAISON AUTOMNALE.
et directeur du Jardin d’essais de la So-
ciété d’horticulture de l’Aisne, il rendait
depuis de longues années de grands ser-
vices à son pays. Il avait transformé, par
ses préceptes et par ses exemples, la cul-
ture légumière et fruitière de l’Aisne et
avait partout, dans les campagnes les plus
reculées, substitué les bonnes variétés aux
mauvaises. Tous nos lecteurs- se rappel-
lent avec quelle compétence il faisait chaque
année, à la Revue, la critique des nou-
veaux légumes.
Lambin était un laborieux, un cher-
cheur, un excellent homme, un fidèle ami.
Sa mémoire vivra dans le cœur de tous
ceux qui l’ont connu.
Éd. André.
L FLORAISON AUTOMNALE
par le choix d’emplacements convenables,
situés au nord ou bien dans une position
abritée contre les ardeurs du soleil, et dans
les sols un peu frais, de retarder beaucoup
l’époque de la floraison de certains arbres
et d’en prolonger la durée.
On remarque, en effet, assez fréquem-
ment, une différence d’un mois et plus dans
l’époque et dans la durée de la floraison
d’arbres ou d’arbrisseaux d’une même es-
pèce ou d’une même variété, selon qu’ils
sont plantés au nord ou plantés au sud,
dans un sol sec ou dans un sol humide.
Cette particularité peut être utilisée très-
avantageusement pour l’ornementation.
Parmi les principaux arbrisseaux à fleurs
ornementales de plein air dont la floraison
se prolonge ordinairement jusqu’à la fin de
septembre, nous recommandons particuliè-
rement les suivants :
Buddleia. — Le B. Lindleyana, à fleurs
violettes, et le B. variabilis, à. fleurs lilas rosé.
Caryopteris. — Le C. Mastacanthus, à
fleurs bleues et celui à fleurs blanches.
Ceanothus. — Le C. azureus, sa variété
Gloire de Versailles, et diverses autres à fleurs
roses et à fleurs blanches.
Clerodendron. — Le C. Bungei, à fleurs
rouges, et le C. trichotomiim, à corolle
blanche et à calice rouge, d’une odeur
agréable.
Fuchsia. — Le F. Riccartoni, se couvrant
d’une multitude de petites fleurs rouges, très-
élégantes.
Hibiscus. — L’H. syriacus, dans ses belles
variétés à fleurs simples ou semi-doubles seu-
QUELQUES ARBRISSEAUX A FLORAISON AUTOMNALE. 465
lement : blanches, roses, rouges, bleues ou
violettes.
Indigofera. — L7. Dosua, à fleurs rouge
carmin.
Leycesteria. — Le L. formosa, portant en
même temps des fleurs blanc rosé et des fruits
pourpres.
Tamarix. — Le T. indica, à fleurs roses en
grandes panicules.
Vitex. — Le V. Agnus-castus, au feuillage
digité, aux fleurs en épis, blanches ou vio-
lettes.
Quelques arbustes â feuillage persistant
montrent leurs fleurs en septembre-oc-
tobre ; citons-en les meilleurs :
Daphné. — Le petit D. Laureola, aux
fleurs blanc-verdâtre, très-odorantes.
Elæagnus. — UE. pungens, aux fleurs
blanc-verdâtre et odorantes.
Osmanthus. — L’O. ilicifolius, aux fleurs
blanc pur, également odorantes.
Les quatre sous-arbrisseaux suivants
produisent de très-jolis effets à l’arrière-
saison. Ce sont plus exactement des plantes
vivaces, car leurs tiges meurent tous les ans
pour être remplacées par de nouvelles tiges
qui reparaissent Tannée suivante :
Cassia. — Le C. marylandica, à fleurs
jaunes.
Clematis. — Le C. tubulosa, à fleurs
bleues, tubuleuses, et le C. Davidiana, â
fleurs bleues, très-odorantes.
Desmodium. — Le D. penduliflorum, à
fleurs violet pourpre, réunies en longues pani-
cules.
Les arbrisseaux sarmenteux les plus re-
commandables pour le but qui nous occupe
sont les suivants :
Clematis. — Les C. paniculata, â très-
belles fleurs blanc pur, et C. orientalis, à
fleurs jaunes accompagnées de ses curieux
fruits plumeux, provenant des fleurs précé-
dentes.
Solanum. — Le joli S. Dulcamara foliis
argenteis, charmante plante portant en même
temps, sur le même rameau, des fleurs blan-
ches, très-jolies, des fruits d’un beau rouge
corail et des feuilles d’un blanc d’argent.
Enfin, on peut aussi utiliser les arbris-
seaux dont la floraison automnale est due à
une refloraison, caractère distinctif de
quelques variétés, qui se manifeste plus ou
moins régulièrement, que Ton peut provo-
quer, et qui se présente surtout dans les
années où Tété a été humide :
Abelia. — L’^4. rupestris, â fleurs blanc
rosé, d’une odeur fine et agréable.
Berberis. — Le B. stenophylla, aux fleurs
d’un beau jaune orangé.
Cornus. — Les C. sanguinea et C. alba^
tous deux à fleurs blanches, mais le premier
portant des baies rouges et le second des baies
blanches ressemblant à des perles.
Cytisus. — Le C. Laburnum var. bifera, â
fleurs jaunes.
Kerria. — Le K. japonica, à fleurs jaunes
doubles, improprement désigné parfois sous le
nom de Corchorus, qui appartient à une autre
plante.
Lonicera. — Les L. Halleana et L. con-
fusa, espèces japonaises, à fleurs blanches et
à odeur suave.
Robinia. — Les R. semperflorens, R. vis-
cosa, et surtout B. hispida et sa variété arbo-
rea, à grandes fleurs roses.
Sambucus. — Les S. pubens et S. semper-
florens, tous deux à fleurs blanches.
Pour un certain nombre de ces végétaux
l’époque de floraison normale peut être
retardée par l’application de tailles courtes
faites au printemps, et aussi pour d’autres
en taillant tard, c’est-à-dire après le départ
de la végétation, lorsque les pousses nou-
velles ont déjà quelques centimètres de
longueur. C’est le cas pour le Tamarix in-
dica, les Ceanothus, le Vitex, les Hibis-
cus et les Buddleia.
D’autre part, pour avoir ces végétaux en
fleurs aussi tard que possible en saison, il
convient de les placer dans des situations
abritées, au nord, non pas sous des végé-
taux plus grands, mais seulement à Tabri
du soleil du milieu du jour.
Ces végétaux, bien répartis dans les jar-
dins, dans des situations bien différentes
par rapport à l’exposition et au sol, peuvent
constituer une décoration florale d’au-
tomne de très-longue durée.
On peut aussi en composer des groupes
ou massifs remarquablement fleuris. A cet
égard, nous recommandons les rapproche-
ments suivants : Robinia hispida arborea,
à fleurs roses très-grandes ; Buddleia
Lindleyana et B. variabilis, à fleurs
bleues et lilacées ; Vitex, à fleurs blanches,
et Indigofera Dosua, à fleurs rouges ;
Ceanothus, à fleurs blanches, à fleurs roses
et à fleurs bleues. Sur le devant de ces
végétaux et formant bordure détachée, le
Desmodium penduliflorum, à fleurs pur-
purines ; le Clematis Davidiana, à bou-
quets de fleurs bleues ; le Fuchsia Riccar-
toni, à fleurs rouges très -élégantes, et le
Caryopteris Mastacantus, à fleurs bleues
et à fleurs blanches.
A. Chargueraud.
466
DEUTZTA CORYMBOSA.
DEl]TZ[A CORYMBOSA
Sous ce nom, trois plantes différentes se
rencontrent dans les collections : l’une dé-
crite par Ro-
bert Brown et
s’appliquant à
une espèce
himalayenne ;
l’autre qui est
une forme ja-
ponaise du
Philadelphus
coronarius
n’ayant par
conséquent
rien à voir avec
les Deutzia ;
la troisième
enfin, Deutzia
c orymbosa,
de Bindley ^
qui n’est autre
que la variété
Brunoniana
du Deutzia sta-
minea, R. Br.
Bien que
l’histoire de la
plante que
nous figurons
a ujourd’hui
soit encore
assez obscure,
nous pensons
que l’échan-
tillon qui lui
a servi de mo-
dèle et qui a
été exposé au
printemps der-
nier par M. Maurice de Vilmorin dans
une des séances de la Société nationale
d’horticulture de France, lui appartient
légitimement.
C’est un arbuste (fig. 439) à rameaux
grêles, à bois gris jaunâtre ; ses feuilles
sont ovales-lancéolées, aiguës, longues de
5 à 7 centimètres, larges de 3 à 5 centi-
mètres, d’un vert foncé, tomenteuses, un
peu scabres, couvertes de poils étoilés et
brièvement pétiolées. Ses fleurs paraissent
en mai-juin en panicules dressées, accom-
pagnées de feuilles opposées et formées
^ Bot. Reg., 26, t. 5,
I de petits bouquets terminaux pauci-
I flores (fig. 140). Les lobes du calice sont
étroits, aigus
et ponctués ;
les pétales sont
ovales, arron-
dis ou aigus,
de la longueur
des sépales
et d’un blanc
pur.
Sans pré-
tendre égaler
en beauté les
autres espèces
du genre DeuD
zia si riches
par leur flo-
raison et si
généralement
utilisées pour
leur rusticité,
leur facile cul-
ture et la beau-
té de leur port,
le D. co7'ym~
hosa apporte
une note spé-
ciale dans le
genre, et à ce
titre il doit
être bien ac-
cueilli. Sans
être nouveau,
il est très-peu
répandu dans
les collections
européennes.
D’ailleurs,pour
fixer exactement son état-civil, il serait
bon de cultiver côte à côte toutes les es-
pèces introduites de diverses provenances,
car leur nomenclature chez les pépinié-
ristes est fort embrouillée.
Le joli D. parviflora, dont on a parlé
récemment comme d’une plante nouvelle
bien qu’il eût été décrit dès 1831 par
Bunge dans les Mémoh'es des Savants
étrangers de V Académie de Saint-Péters-
bourg^ en est une preuve, car il a été intro-
duit sous plusieurs noms.
Le D. gracüis a un faciès tellement par-
ticulier qu’il ne peut prêter à aucune équi- "•
voque, mais voici qu’en l’hybridant avec le
Fi5. 139. — Deutzia corymbosa.
Port de la plante.
LES FLEURS ET LES FRUITS DE SAISON AU DEUXIÈME CONCOURS DE LA SOCIÉTÉ. 467
D. parviflora on a de quoi donner de la
tablature aux botanistes qui auraient à dé-
crire plus tard ce produit sans certificat
d’origine. M. Lemoine, de Nancy, en do-
tant l’horticulture des charmantes formes
nouvelles qui sont sorties de ses hybrida-
tions, s’est de-
puis longtemps
préparé de cette
façon à embar-
rasser les phy-
tographes.
Le D. Siehol-
diana, de Maxi-
mowicz , qui
n’est autre, dit-
on, que le J),
scahra, de Sie-
bold etZuccarini,
ne serait pas le
même que le D.
scahra de Thun-
berg. Est- on bien
sûr qu’il n’ait
pas été confondu
avec le D. corym-
hosa, et où est
la vérité dans
l’identification de
ces deux espèces,
c’est ce qu’il
est difficile de
démêler.
La tâche est
plus aisée en ce
qui concerne le
D. crenata, de
Lindley, et ses variétés angustifolia et
flore pleno, blanche et rose. Tous les
horticulteurs les connaissent parfaitement
et ne sauraient s’y tromper.
Voici donc une tâche intéressante à
remplir, un de-
sideratum bo-
tanico - horticole
auquel il serait
bon de don-
ner satisfaction
et que nous si-
gnalons à l’atten-
tion des spécia-
listes en figu-
rant l’agréable
plante que M.
Maurice de Vil-
morin nous a
montrée. Ces ar-
bustes présentent
un intérêt d’au-
tant plus vif
qu’ils sont par-
faitement rusti-
ques sur tout le
territoire fran-
çais et qu’ils ne
craignent que
les hivers très-
rigoureux des
parties septen-
trionales de l’Eu-
rope.
Ed. André.
Fig. 140. — Deutzia corpnbosa.
Rameau fleuri au tiers de grandeur naturelle.
LES FLEURS ET LES FRUITS DE SAISON
AU DEUXIÈME CONCOURS PUBLIC DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D’HORTICULTURE
DE FRANCE
Le deuxième Concours de floriculture de la
Société nationale d’horticulture de France, ou-
vert les 23 et 24 septembre au public dans la
grande salle de la rue de Grenelle, et auquel
avaient été joints les fruits de table, a été cou-
ronné d’un franc et légitime succès. Contrai-
rement à ce qui s’était produit au premier
Concours, il y a eu cette fois affluence de pu-
blic, grâce sans doute à la publicité un peu
plus grande donnée à ce concours.
I. — Fleurs de saison.
Les collections de Dahlias en fleurs coupées
formaient le fonds de cette partie de l’exposi-
tion. L’intérêt qu’offrent ces fleurs se partageait
entre les lots de MM. Vilmorin-Andrieux etCi^^,
Cayeux et Leclerc, Paillet fils, Auguste Nonin,
Dupanloup et C^®. La maison Vilmorin avait
les cinq collections de : Dahlias « Cactus »,
Dahlias décoratifs, Dahlias à grandes fleurs,
Dahlias Lilliput et Dahlias à fleurs simples.
Entreprendre une énumération des plus belles
fleurs nous mènerait loin . Nous citerons
cependant: 1® dans les Dahlias-Cactus d’ob-
tention récente ; Kaiserin, jaune canari très-
florifère ; Purple Gem^ violet à petite fleur ;
Baron Schrader, cerise à reflets violets, à
ligules échevelées ; 2® dans les Dahlias déco-
ratifs récents : Cendrülon, fond blanc partiel-
lement recouvert de rose pointé de blanc;
Monsieur Hoste, très-large fleur groseille à
468 LES FLEURS ET LES FRUITS DE SAISON AU DEUXIÈME CONCOURS DE LA SOCIÉTÉ.
reflets roses; Vice-Président David, grande
fleur rouge ponceau pointé de blanc; 3“ dans
les Dahlias à grandes fleurs ; Gloire de Lyon,
blanc pur ; Madame William Slak, rose glacé
blanc et pointé de violet; Mandarin chinois,
jaune soufre panaché de rose pâle, etc.
Pour les Dahlias à fleurs moyennes et à
fleurs Lilliput, on pouvait se référer à un lot
de plantes en pots. Notons aussi que les fleurs
coupées étaient pour la plupart disposées
dans leurs vases entourées de fin et gracieux
feuillage d’Asperge pour en corriger la lour-
deur.
La maison Cayeux et Leclerc avait disposé
la plus grande partie de ses fleurs « à l’an-
glaise i, c’est-à-dire émergeant des vases sur
un même plan, mais sans le secours d’aucune
armature en fil de fer, de manière à éviter
toute raideur. Il faut ici donner le premier pas
à des nouveautés inédites, de fort belle appa-
rence : Madame Ferdinand Cayeux, aux li-
gules élégamment allongées, d’un jaune de
chrome extrêmement brillant ; Madame Léon
Leclerc, autre fleur jaune un peu en forme de
tasse à thé, aux ligules mucronées ; Madame
Louis Henry, large fleur brun-marron^ de
style décoratif ; puis une plante non dénom-
mée, aux ligules larges, s’imbriquant en alter-
nant leurs pointes, d’un rouge palissandre
presque noir ; sans compter de bonnes variétés
de fonds qu’il serait trop long d’énumérer.
Parmi les fleurs coupées de M. Paillet fils,
celles qui étaient sur vases étaient disposées à
« l’anglaise », à plat sur une armature ; on les
voit ainsi très-bien. M. Paillet paraît s’être at-
taché à cultiver une forme « cactus » fort ori-
ginale : les ligules y sont contournées dans le
sens de leur longueur, et joignent presque
leurs bords par dessous, de manière à se ter-
miner en pointes de navettes ; noté : Starfish,
tuile brillant; Cinderella, magenta ; Bri-
desmaid, jaune paille à reflets bleutés ; The
Queen, blanc pur ; Ensign, laque carminée ;
puis des variétés moins nouvelles bien que
récentes; Aurora, Miss Green, Gem, Har-
mony, etc., ainsi que d’autres formes ; Lady
Penzance, qui se rapproche un peu de Ma-
dame F. Cayeux, etc.
Nous retrouvons, dans le lot de M. Auguste
Nonin, des variétés de choix notées déjà dans
les précédentslots, telles que Baron Schrader,
Monsieur Hostc, Le Colosse, Gloire de Paris,
Madame Auguste Nonin, etc., mais il faut
noter ici, comme chez M. Paillet, des variétés
récentes, à ligules en navettes, telles que :
Béatrice, mauve ; Austin Cannell, carmin
foncé éclairé de blanc ; puis d’autres, à larges
ligules, comme : Kynerith, ponceau ; Lady
Seymour, fond jaune teinté de vieux rose ;
Lancelot, rouge chaudron ; Présidait Faure,
amarante devenant cramoisi par places, très-ve-
louté ; Mistress Glass, palissandre velouté ;
Earl of Pemhroke, Prune de Monsieur ve-
louté; et enfin un semis i, chair d’abricot.
MM. Dupanloup et Gîe exposaient les collec-
tions de Dahlias-Cactus, décoratifs, à grandes
fleurs. Lilliput et à fleurs simples. Le fond en
était d’ailleurs composé avec des variétés de
choix, parmi lesquelles plusieurs déjà notées
dans les collections Vilmorin et Cayeux. Pour
terminer avec les Dahlias, il faut accorder une
mention honorable aux jolis semis envoyés par
M. Simon Délaux, de Toulouse ; il y en a cou-
leur de vin rouge, vermillon éclatant, jaune
bronze à revers rouge, etc. On ne peut que
regretter qu’ils ne soient pas dénommés.
Si nous passons aux Bégonias, qui ont
fourni après les Dahlias l’appoint le plus im-
portant, nous accorderons les premières places
aux lots de MM. Vallerand frères, pour les
Bégonias tubéreux à fleurs cristées, et de
M. Leroux, jardinier chez Mme Avizard, à
Rueil (Seine-et-Oise), pour les Bégonias de
serre, à feuillage ornemental. 11 se trouve dans
celui-ci des plantes hautes de 70 centimètres et
larges de 50 à 60, qui possèdent encore leur
première feuille.
MM. Gappe et fils exposaient leurs hybrides
de Bégonia RexXdecora, qui ont obtenu un si
légitime succès en 1896 et 1897 ; Président
Viger, plus récent, à feuillage brun, y occupe
la place d’honneur. Les Bégonias tubéreux à
grandes fleurs simples, mais larges parfois
comme des assiettes, exposés par M. Plet,
excitent la curiosité des visiteurs. Enfin, un lot
envoyé par M. Machet, de Ghâlons, comprend
la plupart des nouveautés méritantes obtenues
ces temps derniers dans les Bégonias florifères
pour massifs : Goliath et Mastodonte, tous
deux à gros bois ; Abondance, Corbeille de feu.
Roi des massifs, etc.
En plantes de serre, on pouvait admirer
un beau massif de Gesnériacées variées, de
MM. Vallerand frères : Tydæa, Nægelia,
Streptocarpus, Gloxinia, etc.
Les seuls Glaïeuls étaient ceux de M. Torcy-
Vannier. En fleurs les mieux faites et portant
en même temps de beaux coloris, nous avons
noté Dr Bailly, rouge pêche; , Béatrix, gris
porcelaine ; Boïeldieu, carmin ; Deuil de Lor-
raine, rouge lavé d’ardoise ; Médicis, rose
vineux ; Célimène, rose saumoné ; etc.
Il y avait beaucoup à étudier dans les deux
collections d’Asters, l’une de M. Baltet, l’autre
de M. Gérand, de Malakoff. Dans la première,
composée d’un très grand nombre d’espèces et
de variétés horticoles, nous avons noté que le
Robert Parker nous semble être une forme
VA. Amellus, et que le Melpomène en est une
de VA. Novæ—Angliæ. Enfin, il serait bien in-
téressant que l’on connût l’origine de ces deux
charmantes plantes à fleurs roses, VA . Borrei (?)
et VA. Moulinse (?). Le lot de M. Gérand com-
prenait de très bonnes espèces-types ; A. ni-
veus, A. lævis, A. vimineus, A. ptarmicoides,
ainsi que de bonnes variétés telles que A. Ma-
dame Soymier et A. Amellus cassubicus. Noté
aussi, dans ce même lot, d’excellentes et trop
PYRÈTHRE GAZONNANT.
469
peu répandues plantes vivaces telles que : Plum-
bago Larpentæ, Stokesia cyanea, Œnothera
Fraseri, Èupatorium ageratoides, etc.
Mais parlons donc des modestes Violettes.
La belle variété La France, très odorante, très-
consistante, brillante et rigide, dont la flerwe
horticole publie précisément aujourd’hui une
planche coloriée, et la variété Patrie, à fleurs
doubles, deux obtentions de M. Millet, ont
obtenu un vrai succès.
Nous ne quitterons pas les fleurs de saison
sans accorder aux Roses et aux Chrysanthèmes
la place que ces fleurs méritaient. MM. Lévêque
et fils avaient apporté une nombreuse collec-
tion de Roses remontantes, où de nombreux
choix seraient à faire. M. Carnet du Mesnil-
Amelot avait aussi de jolies Roses.
Les Chrysanthèmes précoces de M. Lemaire
étaient surtout remarquables par le cadre d’or
que faisait la belle variété Liger-Ligneau,
à la non moins belle variété, Lucie Faure,
d’un beau blanc mat.
Ceux de M. Lionnet, de Maisons-Laffitte,
étaient une preuve qu’avec d’anciennes variétés,
telles que Castex-Desgranges, on peut
encore obtenir de belles plantes, couvertes
de fleurs de dimensions fort raisonnables.
Félicitons donc cette fois le jury d’avoir per-
mis aux Roses remontantes et aux Chrysan-
thèmes précoces d’apporter à cette véritable ex-
position le charme de leurs concours imprévus.
IL — Les fruits de table.
Ce sont surtout des amateurs qui avaient
répondu à l’appel de la Société nationale
d’horticulture. M. E. Grandet, jardinier-chef
chez M"ie Guyot, à Massy (Seine-et-Oise), avait
un lot considérable. Les fruits qui s’y trouvaient
mûrs « à point » sont les suivants : Poires Lebrun,
Beurré Hardy, Souvenir du Congrès, Soldat
Laboureur, Jalousie de Fontenay, Nouvelle
Fulvie; Pommes Reine des Reinettes, Trans-
parente de Croncels, Ménagère et Grand
Alexandre.
M. Gorion, à Épinay, exposait une énorme
corbeille de Pommes Rambour d'Amérique,
ainsi qu’une belle et complète collection de
Poires. : On notait surtout en fruits mûrs :
Charles-Ernest, Président Mas, Louise-Bonne
d' Avranches, Beurré Diel, Duchesse d'Angou-
lême; et, en fruits énormes : Conseiller de la
PYRÈTHRE
La plante à laquelle nous consacrons
aujourd’hui cette note est, sans doute,
connue de beaucoup de nos lecteurs, soit
sous le nom de Pyrethrum Tchihatchewii
Boiss, soit et plus peut-être sous celui de
Pyrèthre gazonnant, qui sied mieux à
notre prononciation et qui a l’avantage
d’indiquer une des principales qualités.
Le Pyrèthre de Tchihatcheff (figure 141)
Cour, Saint-Germain Vauquelin, Jacques Cha-
maret. Doyenné Boussoch, etc. A noter aussi
un joli fruit de Coing de Portugal.
De M. Léon Carnet du Mesnil-Amelot,
on remarquait des variétés excellentes bien
que peu répandues : Poires Beurré Aurore,
Belle de Bruxelles, Comte de Paris, Bon
Vicaire, etc., puis une belle collection de
Pommes « à deux fins » (à couteau et à cidre) :
Reinette Abry, Châtaignier hâtif, Châtaignier
tendre et Châtaignier Faraud, etc.
La collection de M. Grive, à Villeneuve-le-
Roi, était une bonne leçon de choses, avec son
étiquetage rédigé au point de vue historique in-
diquant, par exemple, que Doyenné du Co-
mice fut adopté en 1849 par le Comice d’An-
gers; que Duchesse d'Angoulême fut trouvée
en Maine-et-Loire en 1808 ; que lYiomphe
de Jodoigne était connu en 1840, Nouveau
Poiteau, en 1847, et que Soldat iMboureur
fut obtenu en 1820 par le major Espéren.
Mme veuve Vallée, àWissous (Seine-et-Oise),
exposait une collection de fort beaux fruits
parmi lesquels on notait ; Poires William's
Duchess, Lebrun, Beurré Picquery, Beurré
Diel, Louise-Bonne d’ Avranches, etc.
Le lot présenté par la Ferme fruitière des
fruits de table, de Clermont (Oise), était re-
marquable, non seulement par la beauté de
ses fruits — il y avait de superbes Poires
Doyenné du Comice de plein vent — mais
aussi avec une installation et un emballage par-
ticulièrement soignés.
Un lot de Raisin C/iasseZas de Fontainebleau
provenant des cultures à air libre de M. Cra-
potte, à Gonflans-Sainte-Honorine (Seine-et-
Oise), excitait l’admiration des visiteurs, de
même que trois corbeilles de magnifiques
Pêches Blondeau et Impératrice Eugénie, ap-
portées par M. Blondeau, de Rosny.
Enfin, M. Charles Baltet avait envoyé une
série de Poires de semis, parmi lesquelles se
montraient des fruits de belle apparence, et
qui seront jugés sous peu par le Congrès po-
mologique.
En somme, la participation des fruits de
table a largement contribué à l’importance
qu’a prise le deuxième concours public institué
par la Société nationale d’horticulture de
France.
H. Dauthenay.
GAZONNANT
est, en effet, une plante gazonnante par
excellence , vivace , de longue durée
même, exceptionnellement rustique et sur-
tout résistante à la sécheresse. La figure
ci-contre en montre nettement le port et
ses jolies fleurs de Marguerites blanches.
Introduit de l’Asie-Mineure il y a près
de trente ans, il s’est rapidement répandu
dans les jardins, mais nombreux encore
470
OBSERVATIONS SUR LA CULTURE DES CYPRIPEDIUM INSIGNE.
sont ceux où il pourrait avantageusement
trouver place, pour former des bordures,
des tapis, gazonner les talus et autres
lieux secs où toute autre végétation par-
vient difficilement à prendre pied.
Ses tiges nombreuses, couchées et radi-
cantes couvrent rapidement le sol d’un
gazon de verdure finement découpée, d’un
Fig. 139. — Pyrelhrum Tchihatcheivü.
vert foncé un peu grisâtre pendant la
sécheresse, mais y résistant néanmoins
parfaitement et persistant aussi pendant
l’hiver. En mai-juin, les tiges s’allongent et
développent un pédoncule long de 10 à
20 centimètres, assez fort, quoique déjeté, et
se terminant par une jolie Marguerite blan-
che, à cœur jaune et large de 4 à 5 centi-
mètres. Ces fleurs font le meilleur effet en
bordures d’allées et peuvent même être
utilisées pour bouquets.
Partout où l’on a besoin d’une plante à
bordure très-robuste et de longue durée, le
Pyrèthre gazonnant est, sans doute, la
meilleure plante que l’on puisse choisir ; il
convient, en outre, tout particulièrement
pour garnir les talus à pente rapide et for-
mer, dans les endroits très-secs, des petits
gazons qu’on n’a pas besoin de tondre ni
d’arroser. Une fois bien établi, il n’exige
aucun entretien et dure de nombreuses an-
nées sans nécessiter une autre transplanta-
tion. Quand on l’emploie en bordures, il suffit
de le trancher à la bêche lorsqu’il s’étend
au-delà des limites qui lui sont assignées ;
toutefois, il est bon que les bordures aient
une certaine largeur, au moins 25 centimè-
tres, afin qu’il puisse s’étendre à son aise.
Sa multiplication s’effectue très facile-
ment par la division des pieds ou le simple
sectionnement de ses tiges radicantes, dont
chaque éclat s’enracine très-facilement au
printemps. On plante ces divisions à
15 centimètres environ de distance, au
moins sur deux rangs en bordure, et
quelques mois après la terre se trouve bien-
tôt couverte de sa végétation gazonnante.
La plante produisant assez abondam-
ment des graines en cultures, on peut avan-
tageusement avoir recours au semis lors-
qu’on manque de sujets à diviser ou pour
obtenir un très-grand nombre de plants.
Les graines se sèment, si l’on peut, dès la
maturité ou au printemps, en pépinière,
à froid sous châssis ou un peu plus tard en
plein air et l’on repique ensuite les plants
en place lorsqu’ils sont assez forts, comme
s’il s’agissait d’éclats ou sections de tiges.
S. Mottet.
OBSERVATIONS SUR LA CULTURE DES CYPRIPEDIUM INSIGNE
A PROPOS DU CYPRIPEDIUM INSIGNE CITRINUM
La Revue Horticole a publié, dans son
dernier numéro, une belle planche coloriée
d’un Cypripedium nouveau, le Cypripe-
dium insigne citrinum.
Comme l’a dit M. Ed. André dans l’article
qui accompagnait la planche^, cette variété
a été trouvée par hasard ; elle venait d’une
importation de Cypripedium insigne won-
tanum. C’est une variété florifère cultivée en
serre tempérée-chaude ; elle peut fleurir
deux fois par an.
La forme générale et la couleur des
fleurs du C. i. citrinum le distingue du
rare C. i. Sanderæ qui est d’un jaune plus
accentué. Dans le même groupe on a trouvé
également, dans des importations de C. i.
^ Voir Revue horticole^ 1897, p. 448.
montanum, deux variétés ressemblant au
C. i. citrinum, mais différentes cependant :
le C. i. Dallemagneanum et le C. i. vesi-
netense.
La variété dont nous nous occupons ici est
très vigoureuse. Pour en donner une idée,
nous dirons que la division de la plante mère
a produit 6 plantes en deux ans. Cette variété
aime la serre tempérée-chaude, mais elle se
contente parfaitement de la serre froide
comme toutes les autres variétés du C. in-
signe et sa culture est des plus faciles. On
rempote dans un mélange de 1/3 de terre de
bruyère motteuse, 1/3 de fibres de Polypo-
dium et 1/3 de Sphagnum. Il est utile,
quand on divise les plantes, de mettre
autour de chaque pousse quelques têtes de
beau Sphagnum frais, ce qui favorise
LES RIVALES DES ORCHIDÉES.
471
l’émission des racines partant des collets.
Nous avons remarqué que ces plantes
aiment à être tenues assez humides du pied ;
pour éviter cependant la pourriture des
feuilles de la base, il est bon de placer ces
Cypripedium soit sur des claies, soit sur
des pots retournés. On peut facilement
bassiner entre ces pots sans risquer de
tremper les plantes et cette humidité cons-
tante favorise le développement des racines
qui se collent bientôt à la paroi extérieure
des pots. Dans ces conditions le Sphagnum
pousse aussi beaucoup plus vigoureusement.
La période la plus favorable pour effec-
tuer les divisions est le mois d’avril ou de
mai; il ne faut pas oublier de donner, après
la floraison, une légère période de repos.
De tous les ennemis des Cypripedium
les thrips sont les plus redoutables ; on ne
peut s’en débarrasser que par des fumiga-
tions fréquentes et des lavages à la nicotine.
Il faut se rappeler que ces lavages et fumi-
gations doivent surtout être préventifs.
Dans certains cas, on a cultivé avec
grand succès les Cypripedium insigne en
pleine terre. Ce procédé donne d’excellents
résultats quand on place chaque touffe sur
une éminence composée de racines de
bruyères, de tessons de pots, puis de mottes
LES RIVALES ]
Ce titre peut paraître prétentieux, sur-
tout si l’on songe que j’oppose, comme ri-
vales aux Orchidées, des fleurs parfois
communes, de nulle valeur commerciale,
mais dans lesquelles on retrouve pourtant,
à mon avis, tous les charmes de nos fleurs
à la mode.
Je ne conteste nullement aux premières
d’être, comme on les a souvent appelées, les
« fleurs du paradis » à cause de leur mer-
veilleuse beauté, les a filles de l’air » à
cause de leur légèreté, et les « singes du
règne végétal », à cause de la ressem-
blance qu’elles affectent parfois avec des pa-
pillons, des mouches, des araignées, etc.,
et mon imagination ne peut se lasser d’ad-
mirer en elles les plus bizarres créations
florales de la nature, où l’étrangeté des
formes, la bizarrerie de leurs aspects
sont rendus encore plus étonnants par les
coloris dont elles sont parées et par la diver-
sité de leur habitat.
Mais au sentiment de curiosité et d’inté-
rêt qu’elles éveillent en nous s’ajoute sur-
tout une admiration respectueuse lorsqu’on
a appris qu’elles viennent de loin et qu’elles
de terre de bruyère et enfin d’un mélange de
Polgpodium et de Sphagnum. Il faut
assurer un drainage très parfait et laisser
un assez grand espace entre chaque touffe.
En septembre-octobre les boutons à fleurs
se montrent ; dès que les tiges florales ont
atteint environ la moitié de leur hauteur il
faillies tuteurer. Cette opération faite tardi-
vement est toujours défectueuse et les fleurs
se présentent mal.
Comme les Cypripedium sont, de toutes
les Orchidées, les plus faciles à cultiver et
à multiplier, il n’est pas inutile de rappeler
qu’il existe déjà un assez grand nombre de
belles formes du C. insigne, en particulier
le C. i. Chantini au sépale dorsal maculé
de violet ; le C. i. Maulei; le C. i. mon-
tanum qui a du reste produit un grand
nombre de sous variétés de formes et de
couleur variables ; le C. i. albo-margina-
tum ; le C. i. Sanderæ, le C. i. sylhetense
et nombre d’autres formes moins populaires et
moins remarquables. Cette belle variété res-
tera, comme le C. i. Chantini, une vraie
plante « pour le million », comme disent
les Anglais, et sera dans quelques années
partout répandue grâce à ses qualités de vi-
gueur et de croissance facile.
A. Truffaut.
ES ORCHIDÉES
coûtent cher. Les rivales dont je veux parler
n’ont pas ces deux titres à la considération
mondaine ; beaucoup de personnes les igno-
rent, et certaines d’entre elles vivent ou-
bliées dans l’ombre de cette scène horticole
sur laquelle se pavanent aujourd’hui les
Orchidées.
Je ne puis me les rappeler toutes, tant
elles sont nombreuses ; que l’on me per-
mette seulement d’en citer quelques-unes
qui me viennent à l’esprit en écrivant :
Combien d’exemples remarquables nous
offrent d’abord les serres. Les Broméliacées
épiphytes ont-elles quelque chose à envier
aux Orchidées qui, comme elles, vivent sur
l’écorce des arbres ?
Le Strelitzia, oiseau fantastique ; VAtac-
cia à tête de Méduse; les Glohha et les
Hedychium; les Anthurium aux formes
étranges, les Sanseviera, les Ceropegia,
les Stapelia même, ne semblent-ils pas
parents des Orchidées ?
Parmi les plantes grimpantes, peut-on
citer quelque chose de plus original que
les Hoya, les Gloriosa, les Aristolochia,
les Tacsonia elles Passiflora? Les Berto-
472
LES VIOLETTES ET LA VARIÉTÉ LA FRANCE.
lonia, les Sonerila^\e% Curmeria, certains
Eranthemum, sont les dignes compagnons
des Anæctochilus et des Goodyera.
Dans les jardins, peut-être mieux en-
core, on trouve des parallèles heureux :
L’7Ws gevmanica, le vulgaire habitant
des toits de chaume, ne vaut-il pas le plus
brillant des Cattleya 9
Dans la seule famille des Papilionacées,
que d’exemples charmants de fleurs irrégu-
lières ! Les grappes des Rohinia, des Gly-
cines, des Cytises, ne font-elles pas rêver à
celles de certains Dendrobium, et depuis
le Pois de senteur jusqu’aux Clianthus,
aux Lupins, aux Swainsonia, quelle série
variée dans ses formes et ses coloris !
Parmi les fleurs annuelles, les Clarkia,
Lopezia, Eucharidium, Loasa, Capucines,
Mimulus et Gaura sont autant de genres
divers et de formes dissemblables.
En quoi les Schizantlius et la Capucine des
LES VIOLETTES ET LA
Le suave parfum de l’humble Violette
est depuis de longues années passé dans le
goût des femmes françaises. De la plus mo-
deste ouvrière jusqu’à la plus grande dame,
toutes ont le désir du petit bouquet ornant
et embaumant le corsage. Peu d’entre elles,
assurément, se demandent s’il en était
ainsi déjà du temps de leurs trisaïeules ?
Oui, nos arrières-grands-mères savouraient
aussi le parfum de la Violette, mais seule-
ment au printemps. Encore ne s’agissait-il
que de petites Violettes qu’on allait cueillir
dans les bois.
La fin du siècle passé vit les premiers
essais de culture commerciale de cette fleur,
dans un village du département de la Seine,
à Fresnes-Rungis. Les habitants allaient
cueillir la Violette dans les bois voisins et en
vendaient à Paris les petits bouquets. Mais
comme elle devenait de plus en plus rare, ils
en tentèrent la culture dans leurs jardins,
et ne tardèrent pas ainsi à obtenir des récol-
tes plus abondantes et de plus jolies fleurs.
Ce problème résolu, ils cherchèrent à
obtenir des variétés remontantes. C’est
alors que des semis furent faits et que,
parmi ces semis, on trouva la Violette des
quatre saiso7is. Cette race fut par la suite
cultivée sur une grande échelle à Fontenay,
Bourg-la-Reine, Sceaux, Verrières, etc. R
en fut ainsi jusqu’en 1850, époque à
laquelle la Violetle de Parme vint partager,
avec la Violette des quatre saisons, la fa-
veur publique.
Canaries ne valent-ils pas les Oncidium ?
Les Dodecatheon, les Cyclamen, les
Epimedium, les Dielytra, les Ei'ythro-
nium sont des fleurs incomparables. L’A-
conit, l’Ancolie, le Canna, le Muflier
même, n’ont pas à jalouser les Orchidées,
et la Galcéolaire n’est-elle pas le Cypripe-
dium du pauvre !
Mais pourquoi aller plus loin? devrait-on
seulement être obligé de parler de jolies fleurs
qu’on oublie ou qu’on délaisse pour des rai-
sons puériles qui dirigent l’esprit un moment?
Ont-elles besoin d’être à la mode pour
qu’on les choie et les admire ? et quel idéal
existe donc pour ceux qui ne les voient d’un
bon œil que lorsqu’elles ont un nom
étrange, une patrie lointaine et un prix
élevé? Pour l’amour que nous leur portons,
et pour nous-mêmes, ne jugeons les fleurs
qu’à leur beauté, pour les estimer à leur
valeur. Jules Rudolph.
VARIÉTÉ LA FRANCE
Introduite de l’Asie et de Constantinople
dans le midi de l’Europe, puis en France,
la Violette de Paimie resta longtemps con-
finée dans les jardins royaux. Cependant, les
cultivateurs de Provence se mirent à la tra-
vailler en grand pour en tirer l’essence con-
curremment avec quelques très-anciennes
variétés à fleurs doubles, que l’on a tout
lieu de croire originaires d’Europe. C’étaient
la Violette bleue double, la rose double et
la blanche double.
Le grand développement de la culture des
Violettes pour la fleur coupée date du pre-
mier empire ; le second empire vit son
apogée. De 1860 à 1870, près de vmgt mille
châssis étaient consacrés au forçage des
Violettes, et leur culture en pleine terre
n’occupait pas moins d’une centaine d’hec-
tares. A cette époque. Millet père en était
un grand cultivateur. Il semait sans cesse,
cherchant toujours à obtenir des variétés
améliorées, à floraison plus précoce et de
tempérament plus hivernal.
C’est alors qu’il obtint une Violette à
très-grande fleur par rapport aux précé-
dentes et qui fit rapidement son chemin
sous le nom de Violette Millet. Cette variété
est cultivée encore aujourd’hui sous le nom
de Souvenir de Millet pëi'e. Elle est
l’origine des Violettes à grandes fleurs
d’aujourd’hui : d’abord Le Czar, puis
Gloire de Bow'g-lo-Reine.
A partir de ce moment, les obtentions à
fleurs énormes ne se comptent plus :
Revu^ Horticole
. ; -A
l lo leite L a Fr a n ce .
LÆLIO-GATTLEYA STELZNERIANO-HARDYANA.
473
i
i
r
i
k
i
I
i
t.
t
Madame Millet, Violette de Parme à fleurs
roses, obtenue de semis, chose rare, car
cette race graine très-rarement ; La
Luxonne, suivie de Dyhowski, Welsiana,
Amiral Avellan, et enfin Princesse de
Galles. Cette dernière nouveauté possède
des fleurs qui ne sont guère plus grandes
que celles de La Luxonne, mais les pétales
sont bien arrondis dans le genre de la
Gloire de Bourg-la-Reine, et la fleur se
présente bien sur un long pédoncule. Le Midi
cultive aujourd’hui cette variété en grand.
La variété La France, dont la Revue
horticole publie aujourd’hui une planche
coloriée, est une des plus récentes à tous les
points de vue, et nous ajouterions une des
plus méritantes, si nous n’en étions l’obten-
teur.
Ses fleurs, larges et bien arrondies, bien
(( corsées » en un mot, atteignent et sou-
vent dépassent les dimensions d’une pièce
de cinq francs. La couleur en est d’un bleu-
violet, à reflets métalliques. Toutes les fleurs,
bien érigées, sont supportées par des pé-
doncules d’un vert violacé, très-fermes,
allongés et dégageant bien la floraison au-
dessus du feuillage. La rigidité remar-
quable de ces pédoncules permet de confec-
tionner les bouquets et les corbeilles très-
facilement. Les feuilles sont larges et bien
rondes, légèrement dentées, et d’un beau
vert sombre veiné.
La culture de la Violette La France est
aussi facile que celle de ses congénères. On
met les jeunes plants en place dans des
planches dressées dans le plein du po-
LÆLIO-CATTLEYA STE
Un nouvel et très-bel hybride entre
Lælia elegans Stelzneriana et Cattleya
Hardyana vient de donner sa première
floraison dans les serres de M. L. Fournier,
à Marseille. Voici la description de cette
plante, dont les proportions augmenteront
certainement avec l’âge :
Plante vigoureuse, dont les bulbes sont in-
distinctement pourvus d’une ou deux feuilles
qui atteignent 25 centimètres de long sur 6 de
large, d’un beau vert foncé. Bulbes de 18 à
20 centimètres de hauteur, renflés dans leur
partie supérieure et allant en se rétrécissant
jusqu’à la base. Fleur de 16 centimètres
de diamètre ; sépales longs de 8 centimètres,
' d’un rose pâle très-clair et un peu plus foncé
sur les bords; pétales longs de 8 centimètres
et larges de 47 millimètres, ondulés sur les
bords qui sont rosés avec une teinte crème
tager. La Violette La France, poussant
beaucoup plus vigoureusement que les Vio-
lettes ordinaires, il faut avoir soin de laisser
entre les plants une bonne distance, soit
de 25 à 30 centimètres en tous sens, soit en
quinconces de 40 en 40 centimètres, sur
les rangs espacés de 20 à 25 centimètres.
La Violette La France est pour le moins
aussi rustique que ses congénères ; elle ré-
clame surtout le plus d'air et le plus de
lumière possible et elle donnera, du
15 septembre à fin mars, toutes les fois bien
entendu que le froid ne sera pas trop rigou-
reux, une floraison abondante et parfumée.
Si l’on tient à cueillir des fleurs en hiver,
même par la neige ou pendant les plus
grands froids, il aura fallu commencer par
donner aux planches des dimensions cor-
respondantes à celles des coffres qu’il
faudra placer dessus dès que les premières
gelées seront à craindre.
Dès qu’il gèle ou qu’il neige, on place
les châssis, ou simplement des paillassons,
sur les coffres, en les soutenant par des
tringles placées transversalement. Contre les
très-durs froids nocturnes, on couvre les
châssis de paillassons, ou bien l’on double
la couverture de paillassons lorsqu’on ne
possède pas de châssis. Enfin, si l’intensité
du froid devient telle que les plantes se
congelant, la cueillette en soit rendue im-
possible, on entoure les coffres avec des
accots de feuilles ou même de fumier.
La Violette La France peut être cultivée
dans tous les jardins, grands ou petits, pour-
vus ou non d’abris. Millet fils.
,ZNERIANO-HARDYANA
presque blanche dans leur milieu. Labelle
d’une forme et d’une tenue parfaite, large
de 52 millimètres et d’une ouverture de 5 cen-
timètres en hauteur ; tablier de 35 millimètres
de long, d’un coloris pourpre magenta, très-
frisé et ondulé sur ses bords qui sont un peu
plus clairs ; centre du labelle pourvu d’une
ligne pourpre de près d’un centimètre de lar-
geur qui se prolonge jusqu’au fond de la
gorge; à l’entrée de la gorge et de chaque
côté de cette ligne se trouvent deux larges
macules blanc crème ; bords supérieurs du
labelle d’un pourpre pâle et comme marbrés
de lignes très-nombreuses.
L’ensemble de la fleur est tout ce que
l’on peut imaginer de plus parfait et d’un
coloris tout à fait séduisant. J’ajoute que le
semis en a été fait le 18 juillet 1893 et que
la première floraison a eu lieu le 29 août
1897. Ch. Maron.
474
NOUVEAUX COLLIERS ET SERRE-JOINTS POUR LE TUTEURAGE.
NOUVEAUX COLLIERS ET SERRE-JOINTS POUR LE TUTEURAGE
M. Ed. André a fait connaître, dans le
numéro de l®*” avril 1897 de la Revue hor-
ticole une ingénieuse invention due à
M. Fontaine, de Fourchambault : le crochet
régulateur des arbres.
M. Fontaine a continué d’essayerà rendre
plus simples, plus expéditives et plus pro-
pres, certaines opérations qui dépendent de
la conduite des arbres fruitiers ou d’aligne-
ment : dressage, tuteurage, étayage etc. Ses
colliers -attaches ontd’ailleurs été primés à la
dernière exposition d’horticulture de Paris.
Fig. U±
Vu de face.
\R
Fig. 143.
)Our tuteu]
Vu de profil.
Fig. 144. — Collier courbé,
comme on le voit quand il est en place.
Ces colliers, ainsi que divers autres ob-
jets de l’invention de M. Fontaine, ont été
expérimentés cette année dans le parc de
M. André à la Croix (Indre-et-Loire), dans
les cultures de l’Asile Sainte-Anne, et dans
plusieurs autres jardins.
Parmi ces divers objets, nous avons défi-
nitivement adopté les colliers, ainsi qu’un
serre-joints qui facilite considérablement les
attachages.
1 Voir Revue Horticole^ 1897, p. 153.
Dans les colliers ordinairement en usage,
une tresse de paille en garnit l’intérieur de
manière à garantir l’écorce des arbres
contre toute lésion qui ne manque-
rait pas de se produire par suite du ser-
rage du métal contre l’écorce. Ce système
constituait déjà une grande amélioration
par rapport aux primitifs procédés d’atta-
chage qu’on employait jadis. Il était aussi
plus propre ; cependant, si bien tressée
que soit la paille, et bien que sulfatée, il
arrive tôt bu tard un moment où la tresse
NOUVEAUX COLLIERS ET SERRE-JOINTS POUR LE TUTEURAGE.
475
se désagrège en brins de paille noircis,
s’usant ainsi plus ou moins complètement .
Frappé de cet inconvénient, M. Fontaine a
tout simplement remplacé la paille par des
rondelles en liège ou en feutre. La fig. 142
montre un collier non encore courbé
et vu de face. La tig. 143 montre le même
collier vu de profil. Les rondelles R sont en
feutre, et fixées par des attaches a, à sur-
face lisse et ne blessant par conséquent pas
l’écorce. On voit en ff le fil de fer qui sera
enroulé derrière le tuteur. L’une des at-
taches est représentée grossie, en A.
La fig. 144 montre le collier courbé, les
rondelles R à l’intérieur, le bout des at-
taches a à l’extérieur, et le fil de fer f atta-
ché à la pince, comme si le collier était fixé
à l’arbre et à son tuteur.
D’autre part, on sait combien il est par-
fois peu aisé, pour un homme seul, de main-
tenir l’arbre et le tuteur rapprochés l’un de
l’autre dans la direction à obtenir, pendant
Fig. 146. — Serre-joints muni d’un taquet pour
tuteur en fer.
que l’on opère l’attacbage. Le serre-
joints inventé par M. Fontaine supprime
toute gêne relative à ce genre d’opérations.
Fabriqué beaucoup plus simplement que les
outils analogues employés en menuiserie ou
en ébénisterie, il coûte beaucoup moins
cher. R ne craint pas non plus les disjonc-
tions causées par l’humidité, grâce au feuil-
lard dont il est recouvert.
La fig. 145 montre l’opération terminée,
et le serre-joints non encore enlevé. Un
coussinet de feutre ou de liège c, adhé-
rent à la paroi interne de l’instrument est
destiné à préserver l’écorce de l’arbre contre
tout frottement. Une vis de serrage V est
destinée à obtenir le rapprochement pres-
que complet du tuteur et de l’arbre, de ma-
nière que l’opérateur puisse avoir les mains
absolument libres pour procéder à l’atta-
chage des colliers. La fig. 145 montre
d’ailleurs, comme nous venons de le dire,
le serre-joints tenant seul après l’arbre et
son tuteur, puis un collier attaché un peu
plus haut. Pour éviter le frottement de
l’écorce de l’arbre contre le tuteur, une ron-
delle de feutre ou de liège, qu’on aperçoit
en noir dans l’ombre, a été glissée entre les
deux avant l’attachage du collier.
La fig. 146 montre un serre-joints d’un
plus petit modèle, servant pour les arbustes-
tige, et muni, dans son évidement, d’un ta-
quet en bois P. R peut arriver, en effet,
qu’on ait affaire à des tuteurs en fer.
Etant donné que l’extrémité de la vis mor-
drait mal et s’émousserait sur la surface
trop lisse et trop restreinte du
tuteur en fer, l’inventeur a
interposé entre la vis et ce
tuteur un taquet en bois,
évidé, maintenu en dessus et
en-dessous par une lamelle
de fer qui se fixe à volonté à
l’aide d’un écrou e dans l’un
ou l’autre des trous à ce
destinés, t, t. On peut donc
le placer plus ou moins loin
du coussinet c, de manière à
bien prendre l’arbre et le
tuteur entre ce taquet et le
coussinet. C’est dans l’en -
coche û, ménagée sur le ta-
quet, que se place le tuteur,
et la vis vient alors agir sur
le taquet.
Enfin M. Fontaine a in-
venté un tuteur en fer creux
qui pourra rendre des ser-
vices dans les cultures qui
doivent être tenues très pro-
prement. Ce tuteur est d’une
très grande légèreté. R est
terminé à sa partie inférieure
par un évidement (n, fig. 147)
qui lui donnerait un peu
l’aspect d’une gouge coupe-
asperges, si deux replis m
n’en terminaient l’extrémité
en pointe. Cette pointe lors- xutèur e^fer
qu’on enfonce le tuteur, force creux,
l’entrée du sol sans qu’au-
cun caillou ne puisse engorger l’évide-
ment. Les bords tranchants de cet évide-
ment facilitent ensuite l’enfoncement dans
le sol.
De ces divers objets, nous avons fait des
applications continuelles et variées, aussi
bien sur des arbres fruitiers de plein vent
que sur des Groseilliers et des Rosiers tiges,
et nous en avons été satisfait tout à la fois
au point de vue de la propreté et de l’éco-
nomie de main-d’œuvre.
H. Dauthemay.
476
SUR LES OGNONS A FLEURS.
SUR LES OGNONS A FLEURS
Voici le moment de planter la majeure
partie des plantes bulbeuses qui fleurissent
au printemps et que l’on trouve dans le com-
merce maintenant, nous venant principale-
ment de la Hollande et aussi de la France,
pour quelques espèces.
Mais les tendances générales de notre
époque sont portées vers les végétaux qui
produisent vite et beaucoup, et qui nous font
oublier un peu trop les plantes bulbeuses et
toutes les ressources qu’elles offrent dans la
décoration des jardins et déshabitations.
Cet oubli est justement occasionné par le
reproche que l’on adresse à ce genre de vé-
gétaux de durer peu longtemps, eu égard
au laps de temps qu’ils mettent à parcourir
les phases de leur végétation et à donner
une nouvelle floraison. Si juste que puisse
paraître ce grief à première vue, il est ce-
pendant excessif, et, avec les raffinements
et les artifices culturaux d’aujourd’hui, on
peut considérer les Ognons à fleurs précisé-
ment comme des végétaux qui produisent
vite et longtemps.
Leurs fleurs sont de celles que l’on aime
toujours à voir non seulement pour leur
beauté quelquefois incomparable, mais sur-
tout parce qu’elles s’épanouissent les pre-
mières et sont la poésie du printemps et le
premier charme des jardins.
Elles sont encore et surtout les fleurs ai-
mables qu’un peu de chaleur artificielle
suffit à faire éclore au cœur de l’hiver, pour
nous donner comme un sourire de la nature
endormie.
La culture forcée a trouvé, en effet, dans
quelques genres de ces plantes bulbeuses,
des espèces se prêtant non seulement au
forçage, mais supportant encore d’être cul-
tivées dans des conditions anormales consti-
tuant une culture aussi curieuse qu’agréa-
ble à suivre : nous voulons parler des
Ognons qui croissent sur l’eau et dans la
mousse.
Les Jacinthes, les Tulipes hâtives, les
Narcisses, les Crocus sont les espèces les
plus employées et les meilleures pour être
forcées, mais d’autres plantes s’y prêtent
encore avantageusement, tels sont : VAl-
lium neapolitanum aux fleurs blanches en
ombelle, le Chionodoxa Luciliæ aux fleurs
d’un bleu admirable, les Freesia à l’odeur
d’oranger, les Fritillaria Meleagris aux
dessins en damier, l’Iris de Perse, l’Orni-
thogale d’Arabie, les Scilles hâtives aux
clochettes bleues, blanches ou roses, la
Scille du Pérou au beau bouquet bleu ou
blanc, le Triteleia wiiflora, etc., qui sont
autant de genres divers à jolies fleurs, dont
l’association avec les espèces classiques sur
les Jacinthes, Tulipes, Crocus, procure une
variété agréable.
Les horticulteurs et les jardiniers des
maisons particulières trouvent une res-
source importante dans le forçage, les pre-
miers pour la vente, les autres pour les gar-
nitures, et il n’existe pas de végétaux ca-
pables de donner un résultat aussi prompt
et aussi sûr, puisqu’un praticien habile ar-
rive à savoir qu’en chauffant telle espèce
tant de jours il l’aura fleurie pour telle
époque.
En allant plus loin même, quelle est la
personne, disons-nous, qui, aimant les
plantes, ne connaît pas la saison où elle
pourra acheter un ou deux Ognons de Ja-
cinthe, de Tulipe, ou de Narcisse, et aussi
quelques Crocus, qu’elle cultivera chez elle,
sur sa cheminée ou à l’intérieur de sa fe-
nêtre, pour goûter le plaisir de voir pousser
les feuilles, apparaître les boutons et s’épa-
nouir les fleurs ?
Et pour ceux qui cherchent à populariser
le goût des fleurs chez les classes ouvrières,
quels moyens d’action plus faciles que les
plantes bulbeuses s’offrent à eux pour dé-
velopper cet amour des plantes ?
Mais revenons à notre sujet, et parlons un
peu des différents genres et des emplois
qu’ils peuvent remplir dans nos jardins.
Nous nous placerions volontiers au point
de vue pratique en classant les espèces
en plantes de bordures, de corbeilles pour
sous bois, etc., mais à vrai dire presque
chaque sorte peut remplir ces divers rôles
suivant les jardins, leur importance et leur
disposition, et c’est plutôt à l’amateur et au
jardinier à leur donner un emplacement
convenable.
Si nous suivons, au contraire, les époques
de floraison, nous verrons d’abord le Perce-
neige paraître souvent en février, avec ses
petites fleurs blanches tachées de vert, qui
semblent s’être penchées pour mieux résis-
ter à la neige qui tombe encore et à la bise
qui souffle. C’est la première fleur, la moins
belle, et pourtant celle qui nous fait le plus
de plaisir, et c’est près des habitations, en
SUR LES OGNONS A FLEURS.
477
bordures ou en touffes qu’on aime surtout
à la rencontrer.
Le Crocus le suit avec ses jolies fleurs en
cloches dressées, aux couleurs variées et
éclatantes, dont la présence jette une note si
gaie sur la terre nue et triste. Cette plante
a partout sa place, au bord des massifs dans
les parterres, en bordure ou disséminée dans
le gazon des pelouses, a chaque endroit où
la vue puisse la distinguer.
La Nivéole de printemps, qui paraît être
comme la sœur aînée delà Perce-neige, tant
elle lui ressemble, est une miniature qui se
plaît dans les bosquets, sous les massifs,
sur les talus, en bordures ou en groupes, et
que l’on voit paraître dès que les rayons du
soleil ont un peu de force.
Alors commencent à s’ouvrir des fleurs
charmantes et agréables, dont aucun jardin
ne devrait être privé des espèces nom-
breuses et variées de Scilles'Lleues, blanches
ou roses, aux fleurs campanulées, disposées
en grappes gracieusement penchées ou
dressées, qui les font ressembler souvent
à de mignonnes Jacinthes ; des Muscaris qui,
comme le M. raisin {Muscari hotryoides)
ont des fleurs globuleuses en épi, bleues,
blanches ou roses ; le Muscari plumeux
(M. comosum) plus connu sous le nom de
« Lilas de terre », à cause de ses grosses
grappes ; le M. odorant {M. moschatum)
aux fleurs insignifiantes mais d’une odeur
si suave ; les Tulipes hâtives, aux fleurs
moyennes et un peu odorantes qui s’épa-
nouissent en même temps que ces diverses
plantes pour orner tous les endroits d’un
jardin et servir à tous les emplois.
Puis viennent les Narcisses, ces fleurs
élégantes et variées de formes, parfois déli-
cieusement parfumées, et dont les Anglais
se plaisent tant à admirer la beauté qu’ils
en font une de leurs fleurs de prédilection !
La Fritillaire pintade ou Méléagre, aux
fleurs en cloches pendantes dessinées de
carrés foncés et clairs formant damier, et
la F. Couronne Impériale, au port majes-
tueux, dont la tige se termine par une
couronne de fleurs pendantes imitant
des Tulipes renversées surmontées d’un
bouquet de feuilles, est un des plus beaux
ornements de nos parterres à cette époque.
Mais les espèces précitées sont peut-être
inférieures, au point de vue de la beauté et
des services qu’elles peuvent rendre, aux
Jacinthes, Tulipes, Anémones et Renon-
cules qui, cultivées depuis bien longtemps,
ont non seulement acquis une popularité
font grande, mais aussi une perfection et
une variété dans les formes telles que peu
de végétaux, même parmi ceux de collec-
tion, peuvent en offrir des semblables.
Les Jacinthes, au point où nous les voyons
aujourd’hui, sont des fleurs parfaites en
leur genre et une de celles qui sont peut-
être les plus riches en couleurs et en
nuances : à une odeur délicieuse elles joi-
gnent le mérite de durer longtemps, de
demander peu de soins et de croître à
toutes les places qu’on veut bien leur assi-
gner ; mais c’est surtout en corbeilles, mé-
langées aux Tulipes, qu’elles produisent
leur maximum d’effet.
Aux personnes qui n’aiment pas l’en-
semble impeccable des Jacinthes de Hollande,
il reste les Jacinthes parisiennes, moins
guindées, d’un effet d’ensemble un peu
moindre, mais aussi plus gracieuses, plus
rustiques, et ne dégénérant pas. Parmi
elles, la Jacinthe romaine est une race
hâtive, à fleur blanche, dont tous les horti-
culteurs connaissent la valeur comme plante
à forcer.
Les Tulipes nous rappellent leur histoire
et leur gloire d’antan, les passions dont elles
ont été l’objet et qu’aucune autre fleur n’a
encore pu susciter.
J’ai dans ma bibliothèque un Traité sur
les Tulipes, écrit par un anonyme et édité
en 1765; voici comment on y parle de cette
fleur :
« Considérez avec toute l’attention qui est
due au sujet, considérez d’abord dans la tige
cette colonne fièredu superbe chapiteau qu’elle
supporte, et dans ce chapiteau fleuri la régu-
larité de sa forme, l’ampleur de son volume,
la richesse de son étoffe, l’élégance et la sin-
gularité des ornements qui en relèvent le fond,
les nuances infinies qu’on distingue dans ses
couleurs ! >
Si exaltée que puisse nous paraitre au-
jourd’hui cette .admiration, elle est cepen-
dant justement méritée, car il est peu de
fleurs capables de rivaliser avec les Tulipes :
l’élégance du port, celle de la fleur, la
richesse des couleurs qui la parent et l’in-
finie diversité de leurs nuances et de leurs
panachures sont les charmes distinctifs de
cette plante.
Les races précoces ont un grand mérite
par leur floraison hâtive et parleur aptitude
à être forcées, et celles tardives ou « Tulipes
d’amateurs » sont les belles variétés aux-
quelles les Hollandais ont consacré une
renommée impérissable. Parmi elles, les
Tulipes monstrueuses ou perroquet mon-
trent des fleurs aussi bizarres par leur
478
CONGRÈS POMOLOGIQUE DE RENNES.
conformation singulière que par la curieuse
disposition de leur couleur que pourrait
leur envier] plus d’une Orchidée ! Les cor-
beilles, les plates-bandes, les bordures, le
bord des massifs, sont les endroits les plus
favorables à la culture des Tulipes où, asso-
ciées avec les Jacinthes, elles produisent un
contraste heureux de formes et de cou-
leurs.
Les Anémones sont de ces plantes nati-
vement élégantes dont une bonne cul-
ture n’a fait que développer les charmes.
Dans les races cultivées actuellement ces
plantes nous offrent des coloris aussi variés
que jolis, et des formes parfois diverses, mais
toujours intéressantes. A une culture des
plus faciles, d’une grande rusticité et beau-
coup de vigueur naturelle, elles joignent
le mérite presque unique de pouvoir
être obtenues en fleurs presqu’en toute sai-
son, au moyen de plantations successives.
Les parterres, les corbeilles, les larges bor-
dures, aux endroits éclairés et sains sont
les places qui leur conviennent le mieux.
Les Renoncules paraissent bien parentes
des Anémones en fait d’élégance, et leurs
fleurs ne le cèdent guère aux Tulipes
comme variété de nuances et diversité
dans leur dispositions. La culture très an-
cienne de ces plantes les a amenées à un état
de perfection qu’il paraît impossible de dé-
passer aujourd’hui et qui réside surtout
dans la régularité remarquable des pièces
florales.
Ce sont des végétaux charmants, auxquels
COr^GRÈS POMOLO
La Société pomologique de France a tenu
sa 39® session du 30 septembre au 2 oc-
tobre dernier, à Rennes, sous les auspices
de la Société centrale d’horticulture d’Ille-
et-Vilaine. Sous l’impulsion de son digne
président, M. de Goniac, cette dernière
Société avait organisé une belle et intéress-
ante exposition fruitière.
La patrie du Bési de Quessoy et du
Beurré d* Amanlis a prouvé que la culture
des bons fruits était en progrès dans l’Ille-
et-Vilaine. La teinte grise des Poires
qu’on voyait à l’Exposition provient-elle du
voisinage du littoral ? et les noms presque
inconnus de certaines Pommes ne prouvent-
ils pas la présence de variétés locales ? Nous
ne le savons pas, mais, en tout cas, les belles
grappes de Raisins, nacrées ou pruinées,
démontrent l’influence des abris dans ce
convient une terre saine, riche et fraîche,
dans un endroit aéré et ensoleillé des plates-
bandes, des parterres ou des corbeilles.
De même que les Anémones, elles peuvent
donner une floraison échelonnée par des
plantations successives.
Les plantes que nous venons de citer
diminueraient beaucoup d’intérêt si, devant
être plantées à une époque déterminée, elles
ne pouvaient donner qu’une floraison régu-
lière ; mais c’est justement là qu’elles de-
viennent plus méritantes par la facilité à
laquelle elles se prêtent à être plantées à des
époques différentes, qui influant naturelle-
ment sur celle de la floraison retarde ou
avance celle-ci, ce qui permet de se pro-
curer une plus longue jouissance de ces
fleurs.
Pendant la floraison normale des espèces
précitées se prépare celle d’autres genres
qui ne les valent pas en beauté mais n’en
apportent pas moins un contingent remar-
quable et varié de jolies fleurs : ce sont les
Allium, les Iris d’Espagne et d’Angle-
terre aux couleurs si riches, les Glaïeuls
de Col ville blanc et violet, les Ornithoga-
les, etc., etc.
Mais là doit s’arrêter l’esquisse que nous
avons voulu tracer des principales espèces
à planter maintenant.
Ces ognons à fleurs ne sont-ils pas comme
des pierres précieuses confiées à la terre
en automne, et que le soleil découvre
au printemps pour en faire sa première
parure ? Jules Rudolph.
;IQUE DE RENNES
coin de la Rretagne où la Vigne est à peu
près inconnue.
Le concours se tenait à l’Hôtel de ville, et
le Congrès également.
Le bureau de la session a été composé
de la manière suivante :
Présidents d'honneur : M. de Goniac, pré-
sident de la Société d’horticulture et M. Le-
chartier, président de l’Association pomolo-
gique (cidre), doyen de la Faculté des sciences
à Rennes.
Président : M. Jamin, de la Société nationale
d’horticulture de France.
Vice-Présidents : MM. Charles Baltet, prési-
dent de la Société de l’Aube ; Daurel, prési-
dent de la Société de la Gironde ; Sahut, pré-
sident de la Société de l’Hérault; Frère Henri,
vice-président de la Société d’Ille-et-Vilaine.
Secrétaire général : M. Gusin, de Lyon.
Secrétaires : MM. Michelin, de Paris; Pêche,
479
CONGRÈS POMOLOGIQUE DE RENNES.
de Rennes; Bonamour, d’Écully; Rey-Dubois-
sieux, de Rennes.
Trésoriers : MM. de Vayssière et Bizet,
de la Société du Rhône.
A la suite des discours d’usage et des
souhaits de bienvenue, le rapport de la
Commission permanente expose la situation
financière — toujours en bonne voie — et
n’oublie pas un souvenir confraternel aux
Sociétaires décédés depuis la dernière ses-
sion : MM. Acbard, comte de Romans,
Robert Hogg, Alexis Jordan, Lefièvre,
Lepage et Marc Luizet, celui-ci déjà rem-
placé à la vice-présidence de la Société par
son fils Gabriel.
Le programme des travaux à l’ordre du
jour portait :
De Vinftuence du sujet sur le greffon
et du greffon sur le sujet. Question vaste,
diversement traitée d’après le rôle des mi-
lieux : sol, climat, nature et vigueur du su-
jet, nature et vigueur du greffon, mode de
greffage, espèce ou variété en cause. Il est
assez difficile de formuler, sur ce double
point, des principes immuables. Plus d’une
communication faite à la Revue horticole
le démontre. De jeunes professeurs, MM.
Daniel et Rey-Duboissieux, s’arrêtant plutôt
aux greffages herbacés, cherchaient à en
tirer des conséquences au point de vue de
la production de la graine et de la qualité
des fruits-semis issus du greffage ou du
surgreffage.
Des pépiniéristes tels que MM. Jamin,
Baltet, Sahut, Hérault, Sannier ont riposté
par des faits et des exceptions plus faciles
à constater qu’à expliquer. A cette occa-
sion, M. Sannier, le semeur rouennais, dé-
clarait que, pour hâter la fructification de
ses gains, il greffait la jeune flèche du plant
de l’année sur un Cognassier à tige.
Ici, le frère Henry démontre, preuves en
main, qu’il n’y a aucun inconvénient à con-
server une légère épaisseur d’aubier sous
l’écorce du. bourgeon-écusson, lors de son
inoculation.
2° Le Congrès doit-il s'occuper des
Fraises"! Oui, a-t-on répondu, car elles
tiennent leur rang au jardin fruitier. Les
amateurs seront donc invités à fournir à la
prochaine session une liste des meilleures
Fraises à cultiver : 4 variétés à petit fruit ;
12 à gros fruit.
Ce modeste plébiscite, ainsi restreint, sera
utile à consulter, et cela d’autant mieux que
l’on relatera la valeur des plantes pour la
grande ou la petite culture, le forçage, le
marché, l’emploi, l’exportation.
Abordant l’examen des variétés fruitières
inscrites antérieurement « à l’étude » l’As-
semblée a admis au rang des plus recom-
mandables :
Abricot sucré de Holub, fruit très-gros,
très-sucré, excellent, mûrissant au commen-
cement d’août. (Gain Holub.)
Pêche Clémence Aubert^ très gros fruit
à chair abricotée, de bonne qualité, mur au
commencement d’octobre, entre la Baltet (à
chair blanche) et la Salwuy (à chair jaune).
Arbre fertile (Gain Troubad).
Poire Comtesse de Paris, fruit oblong, à
chair fine, douce et bonne, mûrissant en dé-
cembre-janvier, arbre ramifié. (Gain Fourcine.)
Poire Directeur Hardy, très-beau et très-
bon fruit, nuancé de safran, Isabelle et aurore ;
chair fine, fondante, juteuse, sucrée, vineuse,
exquise ; mûrissant en octobre. Arbre productif,
d’un beau port. (Gain Tourasse, mis au com-
merce par la maison Baltet.)
Poire Joyau de septembre, un peu allon-
gée et colorée ; chair fine, fondante, sucrée,
parfumée ; mûrissant en septembre, préférant
un climat tempéré. (Gain Hérault.)
Parmi les variétés rejetées ou ajournées,
faute de renseignements, citons :
La Pêche Sallie-Worel ; les Poires Beurré
Auguste (JAoivdiïv), Ferdinand Gaillard, malgré
sa fécondité, La Gracieuse, Laure Gilbert,
Secrétaire Vigneau, Souvenir de V Evêque;
les Pommes BulVs Golden pippin, Non-pa-
reille blanche.
Un membre avait proposé, par lettre,
de remettre en discussion le mérite des
Poires Anna Audusson, Beurré de Ni-
velles, Beurré Gambier, Broompark,
Devergnies, Favorite J oanon, Marie Pa-
rent, Professeur Hortolès. Cette discus-
sion est ajournée au prochain Congrès.
Sur la proposition de divers Comités,
— particulièrement ceux de la région pa-
risienne et de la région lyonnaise — la
Compagnie a accepté la mise à l’étude des
bonnes variétés suivantes :
Pêches Belle de Neuville-sur- Saône, l'riom-
phe de Saint- Laurent, Précoce Michelin, La
France (colorée). Nectarine Lily Baltet (très-
précoce).
Poires Madame Baltet (tardive); Eilis
(américaine) : Beurré de Naghin et Triomphe
de Tournai (d’hiver); Le Fils de Giffard (fin
juillet) ; Souvenir de Valmy, mûrissant vers le
20 septembre.
Prune violette Gloire d’Épinay, des envi-
rons de Paris.
Cerise Bigarreau blanc de Groll.
Noisette de la Bergerie, très-fertile.
Il est bien entendu que les variétés ad-
480
ROSIERS NOUVEAUX POUR 1897.
mises à l’élude en 1895 et 1896 y sont res-
tées pour être adoptées, ajournées ou reje-
tées dans une session ultérieure, à l’exception
de la Poire Direeteur Hardy qui, d'un
bond a gagné le premier rang ; c’est un
bel arbre vigoureux et fertile, fruit très
beau et très bon.
Sur la réclamation des habitants de
Chambourcy, le Reine-Claude tardive de
Latinois a repris son nom primitif Reine-
Claude de Chambourcy, en souvenir de
la localité où elle est née, et où elle reste l’objet
d’une grande culture et d’une exploitation
profitable pour le marché parisien.
Partant du même principe que la déno-
mination primitive annule toutes les syno-
nymies, la Pêche Late admirable a été
déclarée Rourdine et la Crimson Galande
notre Galande de Montreuil. Enfin, la syno-
nymie de la Poire Bési de Saint-Agil,
appelée depuis — et sans scrupule, dit-on
— Beurré Alexandre Lucas, a été signa-
lée, sauf examen nouveau, car il y a doute.
Conformément à la tradition, une mé-
daille d’honneur était tenue à la disposition
de l’Assemblée. Le vote l’a attribuée à
M. Hérault, d’Angers, semeur.
Après avoir décidé que la session de 1898
se tiendrait à Dijon, vers la mi-septembre,
les congressistes se sont dirigés vers les
plages de Saint-Malo et du Mont Saint-
Michel. Charles Baltet.
ROSIERS NOUVEAUX POUR 1897
Afin de permettre aux amateurs de Roses
de tenir leurs collections à jour en y ajou-
tant les variétés nouvelles qu’ils croiront
devoir adopter, nous donnons ci-dessous
la liste des Rosiers nouveaux mis au com-
merce à l’automne de 1897 par leurs obten-
teurs eux-mêmes.
Les descripiions données sont celles des
obtenteurs, et nous leur en laissons par
conséquent la responsabilité.
(Note de la rédaction].
M. Alexandre Bernaix, chemin de la
Bouteille, à Lyon-Villeurbanne (Rhône) :
Baronne Henriette Snoy (thé). — Fleur
très-grande, d’une duplicature parfaite. Cou-
leur incarnat intérieurement avec l’onglet
jaune, rose de Chine carminé extérieurement
et produisant une agréable sensation.
Marquise de Chaponnay (théù — Bouton
très-beau, d’un frais coloris incarnat sau-
moné ; fleur bien double, couleur beurre frais
au centre, jaune canari sur l’onglet, blanc rosé
saumoné à la partie supérieure.
Souvenir de Madame Léonie Viennot (thé).
— Fleur grande, belle forme, jaune canari à
l’onglet, revers bismuth, intérieurement rose
carmin passant au chamois.
M. Boutigny, villa des Roses, à Rouen
(Seine-Inférieure) :
M. Louis Ricard. — Fleur très-grande, me-
surant de 10 à 12 centimètres de diamètre,
pleine, globuleuse, en forme de Pivoine, odo-
rante et d’une très-belle tenue, pourpre noi-
râtre excessivement velouté, éclairé de ver-
millon brillant; arbuste très-vigoureux, très-
florifère ; une des plus belles Roses foncées.
Issu de Simon Saint-Jean X Abel Car-
rière.
Cette Rose, bien qu’elle ait été obtenue
en 1891, n’est mise au commerce que par
souscription et ne sera livrable qu’en 1898.
M. Emmanuel Buatois, rue Hugues-Au-
briot, Dijon (Côte-d’Or) :
Antoinette Cuillerat (bengale). — Fleur semi
pleine, coloris blanc électrique sur fond jaune
soufre, cuivré brillant, bord des pétales légè-
rement coloré de carmin violet ; arbuste vigou-
reux formant un buisson compact et constam-
ment couvert de fleurs.
Madame Adolphe Loiseau (hybride de thé).
— Arbuste vigoureux à bois lisse, sans épines,
feuillage d’un vert blond luisant ; fleur très-
pleine, atteignant parfois la dimension de
Paul Neyron ; coloris d’un beau blanc carné.
Issu de Merveille de Lyon X Kaiserin Au-
gusta Victoria.
Madame Paul Lacoutière (hybride de thé).
— Bouton très-allongé, fleur grande semi
pleine, jaune safran cuivré, centre jaune d’or,
bord des pétales légèrement carminé ; très-
odorante ; arbuste vigoureux à rameaux droits ;
feuillage vert foncé brillant. Les fleurs sont
parfois solitaires ou réunies en corymbes de
3 à 6 fleurs. Issu de Ma Capucine X Baronne
de Rothschild.
Madame Derepas-Matrat (thé). — Fleur so-
litaire, portée par un long pédoncule, très-
grande, très-pleine, s’ouvrant bien, coloris
jaune soufre, centre plus foncé, se nuançant
légèrement de carmin en s’épanouissant ; ar-
buste vigoureux, presque sans épines. Issu de
Madame Hoste X Marie Van Houtte.
M. Edouard Denis, à Grisy-Suisnes
(Seine-et-Marne) :
René Denis (thé). — Arbre vigoureux, fleur
grande, pleine, bien faite, bouton allongé,
beau jaune canari passant au blanc crème à
son épanouissement ; beau bois vert clair sans
ROSIERS NOUVEAUX POUR 1897.
481
épine ; feuillage vert clair luisant, ne prenant
pas le blanc. — Accident fixé du Rosier Ma-
dame Bérard, dont il a conservé la vigueur et
la floraison continuelle.
F. Dubreuil, 146, route de Grenoble
(Lyon-Monplaisir) :
Isabelle Bivoire (thé). — Arbuste à feuil-
lage bicolore et vert brillant; bouton ovoïde,
rose éclairé aurore incarnat au sommet et
jaune lactescent à la base. Fleur pleine, en
coupe, de couleur rose pâle, saumoné avec des
reflets abricoté et cuivré au centre. Variété
très-florifère et très-odorante ; odeur très-pro-
noncée de violette.
Baronne de Belleroche (hybride). — Rosier
très-remontant, de taille moyenne ; à feuillage
brillant, épais el large ; calice à sépales lon-
guement foliacés; fleur en coupe globuleuse,
à pétales extérieurs très-larges, concaves, nom-
breux, espacés, fermes, concolores, rouge
fleur de Pêcher en s’épanouissant, satiné bril-
lant rouge groseille nuancé rose de Chine à
complète éclosion. Variété d’un coloris franc,
remarquable par sa forme parfaite et son
abondante floraison. Très-bonne pour la cul-
ture en pots.
M. Pierre Guillot, chemin de Saint-
Priest, à Bachut-Montplaisir, près Lyon
(Rhône) :
Madame Béné Gérard (thé). — Arbuste
très-florifère; bouton très-élégant jaune capu-
cine ; fleur grande, pleine, jaune cuivré foncé
fortement nuancé capucine ; très-belle variété
d’une rare distinction.
Souvenir de J.-B. Guillot (thé). — Arbre
vigoureux, très-florifère ; fleur grande ou
moyenne variant du rouge capucine nuancé de
cramoisi au rouge capucine clair, suivant la
température ; coloris très-brillant et nouveau à
grand effet pour massifs.
Adine (hybride de thé). — Arbuste court et
trapu, d’une grande floribondité ; fleur grande,
pleine, bien faite, jaune orange, se fondant en
rose aurore souvent mélangé de jaune blanc
et carmin vif, avec revers des pétales jaune
orange foncé. Variété très-originale par la di-
versité des couleurs sur les fleurs d’un même
sujet.
MM. Ketten frères, à Luxembourg
(Grand-Duché de Luxembourg) :
La Prospérine (Rosier hybride de multi-
flore). — Feur rouge pêche, à centre teinté de
jaune de chrome orangé et pourtour passant au
blanc rosé ; moyenne, assez pleine, odorante, à
long pédoncule. Arbuste vigoureux à riche flo-
raison continuelle. Précieux pour la fleur
coupée. (Issu de Georges Schvarïzx Duchesse
Marie Salviati.
Docteur Pouleur (thé). — Fleur aurore,
centre rouge cuivré, pétales extérieurs rayés de
rose rougeâtre ; fleur moyenne ou grande,
pleine, odorante. Arbuste vigoureux. (Issu de
Zoë BroughamX Alphonse Karr).
Alchik Effendi (thé). — Feur jaune ombré
de rose pêche, centre rougeâtre, très-grande,
pleine, odorante. Arbuste trapu.
Marguerite Ketten (thé). — Fleur rouge
pêche jaunâtre, extrémité des pétales teintée
de rose glacé, fond â reflet d’or ; fleur grande,
pleine, odorante. Arbuste moyen et vigoureux.
(Issu de Madame CaroyCGeorges Farber).
Mrs Deukahrdt (thé), — Fleur blanc por-
celaine, centre teinté de rougeâtre, grande,
pleine, odorante â pédoncule érigé. Arbuste
vigoureux, florifère. (Issu de Madame Bravyx
Adam).
M. Liabaud, montée de la Boucle, à
Lyon (Rhône) :
Elisabeth Monod (thé sarmenteux). —
Arbuste très-vigoureux, sarmenteux; ample
feuillage vert foncé ; fleur très-grande, à forme
en coupe parfaite ; couleur rose tendre carné,
légèrement saumoné; très-florifère.
Bon amour (thé). — Arbuste vigoureux,
buissonneux ; feuillage vert très-foncé ; fleur
grande ou très-grande à coloris rouge groseille
â reflets brillants, très-parfumée.
Madame Antoinette Chrétien (hybride re-
montant). — Arbuste vigoureux; rameaux
droits ; feuillage vert pâle ; fleur grande, forme
en coupe, coloris rose très-frais, pétales très-
nombreux de forme particulière qui lui donne
un aspect de mosaïque ; genre tout à fait dis-
tinct.
MM. Lévêque et fils, 69, rue du Liégat,
à Ivry (Seine) :
Madame Gévelot (thé). — Arbuste très-vi-
goureux ; feuillage vert foncé ; fleurs très-
grandes, coloris difficile â décrire et très-va-
riant, saumon clair, nuancé de rose et jaune,
centre pêche.
Madame Louise Mulson (thé). — Arbuste
vigoureux ; feuillage vert clair ; fleurs grandes,
pleines, blanc argenté ou soufré, nuancé de
chrome et de rose.
Princesse Olga Altierii (thé). — Arbuste vi-
goureux ; feuillage vert foncé luisant ; fleurs
très-grandes, bien faites, beau coloris jaune
très-clair ou blanc crème jaunâtre, nuancé
verdâtre ; nuance très-jolie, délicate, très-
fine.
Baron TKint de Roodenbeke (hybride re-
montant). — Arbuste très-vigoureux ; beau
feuillage vert foncé sombre ; fleurs grandes,
pleines, très-bien faites, pourpre foncé, nuancé
et éclairé de carmin et de vermillon.
Comte Chay'les d' Harcourt (hybride remon-
482
ROSIERS NOUVEAUX POUR 1897.
tant). -- Arbuste très-vigoureux ; feuillage vert
foncé ; larges fleurs, pleines, très bien faites,
beau rouge carminé vif ; floraison abondante.
Madame Duparchy (hybride remontant). —
Arbuste vigoureux ; feuillage ample, vert
glauque ; fleurs grandes, pleines, globuleuses,
très-bien faites, beau rose chair tendre, nuancé
de rose vif. Variété constamment en -fleurs.
Professeur Bazin (hybride remontant). —
Arbuste très-vigoureux; feuilles vert foncé;
fleurs grandes, bien pleines, très-bien faites,
beau coloris rose vif, brillant, ombré plus
foncé. Accident fixé du Rosier Berthe Lévêque.
M. J. Pernet-Ducher, 114, route d’Hey-
rieux, à Montplaisir-Lyon (Rhône) :
Madame Eugénie Boullet (hybride de thé).
— Arbuste vigoureux ; rameaux droits rou-
geâtres ; aiguillons rares ; beau feuillage vert
bronzé brillant ; bouton de forme gracieuse,
superbe à demi épanoui ; fleur grande, en
coupe, presque pleine, coloris jaune de Chine
nuancé de jaune et de carmin vif.
Ulnnocence (hybride de thé). — Arbuste
très-vigoureux, se ramifiant bien ; aiguillons
petits et peu nombreux ; feuillage vert bronzé ;
fleur grande, pleine, globuleuse; coloris d’une
blancheur éclatante. Les fleurs étant d’une
bonne duplicature sans être trop pleine, légère
et se présentant bien sur sa tige érigée, qualités
précieuses qui la feront rechercher.
Violoniste Emile Lévêque (hybride de thé).
— Arbuste vigoureux et buissonnant; feuil-
lage vert purpurin; boutons longs, fleur
moyenne ou grande, pleine et très-bien faite :
coloris rose carné vif, nuancé de jaune avec
des reflets orangés à l'intérieur. Très-florifère.
Veuve Joseph Schwartz, 7, route de
Vienne, à Lyon (Rhône) :
Souvenir de Madame Gaston Menier (hy-
bride de thé). — Arbuste vigoureux, feuillage
luisant, gaufré, profondément incisé en scie.
Fleur très-grande, solitaire, bien faite, pleine.
Coloris rouge vif, centre et revers des pétales
rouge cuivré foncé. Extrêmement florifère.
Aurore (bengale). — Arbuste vigoureux,
feuillage délicat, teinté de pourpre ; fleur
grande, pleine, à fond jaune d’or passant au
crème teinté d’aurore et de rose carminé.
Souvenir d’ Aimée Terrel des Chênes (ben-
gale). — Arbuste nain, feuillage élégant, d’un
beau vert teinté de pourpre. Le bouton, de
forme allongée, réunit les nuances passant du
jaune bouton d’or au jaune orangé abricoté.
I.a fleur épanouie est petite, bien faite, d’un
beau rose cuivré, nuancé de carmin. Variété
naine, très-bonne pour faire des bordures.
MM. Soupert et Notting, à Luxembourg
(Grand-Duché de Luxembourg) :
Ma Fillette (Polyantha). — Arbuste trapu.
corymbifère ; pétales de pourtour larges,
d’un coloris rose pêche sur fond jaune, ceux
du centre plus rétrécis et d’une couleur rouge
carmin laque luisant avec des reflets aurore.
Coloris nouveau parmi les Roses Polyantha.
Très-odorante et florifère. Excellente variété
pour massifs et pour le forçage en pots (Issu
de Mignonette X Luciole).
Baronne Ada (thé). — Arbuste vigoureux;
fleur très-grande, pleine, globuleuse, coloris
blanc crème, le centre magnifiquement jaune
chrome, les pétales du pourtour larges, ceux
du milieu plus rétrécis. Les boutons sont
énormément grands et d’une très-grande va-
leur pour bouquets ; très-odorante et florifère
(Issu de Madame Lombard X Bêve d’or).
Madame C.-P. Strassheim (thé). — Arbuste
très-vigoureux ; feuillage rouge cuir luisant ;
bouton allongé et érigé sur un pédoncule
ferme ; fleur grande, pleine, d’un coloris
blanc jaunâtre en été, en automne jaune soufre
passant au jaune chamois. Très - odorante
(Issu d’Adèle Jour gant X Princesse de Bassa-
raba).
Princesse Anna Lœivenstein (thé). — Ar-
buste vigoureux; beau feuillage; fleur grande,
pleine, imbriquée, les pétales du pourtour rose
chair, ceux du centre rose carmin vif avec des
reflets rouge feu sur fond jaune. Très-odo-
rante et florifère (Issu de Château des Berge-
ries X Sylphide).
Madame Lucien Linden (thé) — Arbuste
vigoureux; beau feuillage; fleur grande, pleine,
très-beau bouton allongé, coloris jaune de
cuir foncé avec des reflets rose aurore, le
centre rouge capucine luisant. Très-odorante
et florifère. (Issu de Bêve d’or X Luciole).
Princesse Thérèse de Thurn-et- Taxis (thé).
— Arbuste vigoureux; beau feuillage ; fleur
grande, pleine, globuleuse, coloris rose ar-
genté transparent avec des reflets jaunes. Res-
semble tout à fait â une rose de porcelaine.
Très-florifère, odorante et de longue durée ;
fleurit jusqu’aux gelées. (Issu de Léonie Œs-
terriethyc. Hoste).
Comtesse Théodore Ouvaroff (thé). —
Arbuste vigoureux ; beau feuillage; fleur extra-
ordinairement grande, pleine, en forme de
coupe ; les pétales du pourtour rose jaunâtre,
ceux du milieu, beau rose satiné sur fond
jaune foncé. Très-florifère et odorante. (Issu
de Madame Lombard X Luciole).
M. Vigneron fils, à Olivet près Orléans
(Loiret) :
Madame Augustine Hamont (hybride de
thé). — Arbuste vigoureux, érigé ; beau feuil-
lage vert clair ; fleur très-grande, pleine, glo-
buleuse, portée sur un pédoncule ferme, d’un
beau coloris rose chair satiné, à pétales rose
très-tendre s’atténuant vers leur extrémité.
Très-beau bouton. Variété excessivement flori-
fère et remontante.
EFFETS DE LA LUMIÈRE BLEUE ET DE LA LUMIÈRE ROUGE SUR LA VÉGÉTATION. 483
SOCIÉTÉ NATIONALE D’HORTICULTURE DE FRANCE
SÉANCE DU 23 SEPTEMBRE 1897
Floriculture.
Malgré le concours public de fleurs de
saison, il y avait quelques apports au Co-
mité : le Bégonia Souvenir de Russie, de
M. Urbain ; onze Nægelia de semis, très-inté-
ressants, de M. Page, et un Adiantum présenté
par M. Huvey comme étant T.4. Capillus-
Veneris, mais qui a plutôt paru être VA. scu-
tum.
Orchidées.
M. Bleu présentait le Lælio - Cattleya
Bleuana {L. purpurata X C. Gigas) et le
L.-C. Sanderiana, au labelle plus foncé que
le précédent. M. Ch. Maron présentait aussi
un Lælio- Cattleya intermedio-flava, curieux
par son petit labelle pourpre environné des
autres pièces du périantlie en étoile, jaune
crème. Enfin, un autre Læ,lio -Cattleya, semis
de cinq ans, était présenté par M. Cappe fils :
le L.-C. Pineli-aurea, aux pétales d’un beau
mauve et au labelle tenant du C. aurea.
Mentionnons aussi ; 1» de M. Cappe, le Cy-
pripedium insigne vesinetense, jaune citron
au pavillon, blanc dans le haut, et un Onci-
dium Lanceanum ; 2° de M. Drieger, une
grosse potée de Miltonia Moreliana, qui, de
loin, ressemble à une touffe dTris, et un Cat-
tleya velutina, à fleur petite, mais curieuse;
toutes les divisions sont récurvées, bronze
pointillé de noir, sauf le labelle qui est blanc
lilacé marbré de bronze ; 3» de M. Gautier,
jardinier de M. le docteur Fournier, un Phale-
nopsis violacea Schrœderæ et un Oncidium
Papilio.
Arboriculture d’ornement.
M. Chargueraud, professeur d’arboriculture
de la Ville de Paris, et M. Croux, avaient ap-
porté chacun tout une collection de rameaux
fleuris des arbres et des arbustes d’ornement
qui fleurissent à l’arrière-saison, soit naturel-
lement, soit par suite de l’application de pro-
cédés spéciaux de culture. Il s’y trouvait aussi
des branches d’arbres à feuillage panaché.
Dans le lot de M. Chargueraud, on remarquait
principalement les Buddleia Lindleyana,
Fuchsia Riccartoni, Indigo fera Dosua, ainsi
que la plupart des végétaux cités dans son ar-
ticle, publié dans le présent numéro.
Dans le lot de M. Croux, une série très-
variée de Ceanothus. Etaient surtout admirés :
Ceanothus Gladiator, americanus, albidus,
corymbosus, Delilianus, Triomphe d’Angers,
etc. Puis les Quercüs crenata variegata curieu-
sement panaché de blanc ; Q. americana fal-
caia, donnant la sensation d’un Croton fulgu-
rant, à feuilles en faulx ; Q. americana serrata
et imbricaria, etc. Puis venaient leRhusCoti-
nus atropurpurens, le Caryopteris Mastacan-
thus, le Lespedeza bicolor, le Desmodium
penduliflorum, etc.
Enfin, une très-jolie variété qui fera son
chemin, le Ceanothus azureus mdigo, au co-
loris tout à fait remarquable, était présentée
par MM. Barbier frères, d’Orléans.
Arboriculture fruitière.
Une grande collection, de M. Croux, com-
prenait un certain nombre de variétés qu’il
proposera au Congrès pomologique d’étudier
de nouveau : Poires Jalousie de Fontenay,
Ellis, Beurré Béchis, Beurré Oudinot, Di-
recteur Hardy, Doyenné blanc long, Docteur
Lucius, Fondante du Comice, Pierre Tourasse,
Prémices d’Ecully, etc.
Mentionnons aussi les magnifiques Raisins
Black Alicante apportés par M. Fatzer: une
grappe pesait 6 kilos ! Puis aussi les beaux
échantillons de Pommes Transparente de
Croncels de M. Michonneau, à Bonnières
(Seine-et-üise).
Culture potagère.
M. David, de Savigny, avait apporté une
Pomme de terre très-longue et mince, plus
encore que la Vitelotte, et dont les yeux sont
abrités par des renflements charnus et acu-
minés, insérés selon une disposition régulière.
Cette Pomme de terre, qui fut apportée par un
missionnaire de Madagascar il y a quelques
années, tient de la Pomme de terre Asperge,
décrite dans les Plantes potagères de Vilmo-
rin, mais est beaucoup plus allongée.
H. Dauthenay.
EFFETS DE LA LUMIÈRE BLEUE ET DE LA LUMIÈRE ROUGE
SUR LA VÉGÉTATION
Le Bulletm de la Société astronomique
de France a publié le compte rendu d’expé-
riences opérées par M. Camille Flamma-
rion à l’observatoire de Juvisy avec le con-
cours de M. Mathieu, ingénieur-agronome.
Ces expériences avaient pour but de déter-
miner les effets produits sur la croissance
des plantes par les radiations solaires iso-
lées les unes des autres.
A cet effet, M. Flammarion a fait vitrer
484
CORRESPONDANCE.
quatre serres avec des verres dont les cou-
leurs ont été soigneusement vérifiées au
spectroscope : verres roiiges sur une serre,
bleu indigo sur la seconde, verts sur la
troisième, et blancs sur la quatrième. La
température et l’intensité lumineuse de ces
quatre serres ont été autant que possible
égalisées par l’intervention d’écrans dans les
serres les plus chaudes.
Voici les principaux résultats obtenus :
Verre hleu. — La végétation s’y est
montrée d’une lenteur extrême. Des Sen-
sitives, rendues presque inertes, sont res-
tées hautes de 35 millimètres du juillet
jusqu’au 12 octobre. Des Fraises, bonnes à
cueillir en mai, s’y sont conservées sans
aucune altération jusqu’en octobre. Des
pots de Lilas de Marly et de Lilas de Perse,
rentrés alors que le bouton était déjà for-
tement coloré, y ont fleuri entièrement
blanc. Le feuillage des Coléus panachés a
verdi ; celui des Pélargoniums est de-
venu vert foncé.
Verre vert. — Les Sensitives ont atteint
100 millimètres. Les Lilas ont fleuri blanc.
Les feuilles de Coléus sont restées petites et
ont complètement perdu leur pigment
rouge, remplacé par un jaune grisâtre.
Verre blanc. — Les résultats sont ceux
No 5455 {Italie). — Le Raisin Gamay gros
noir d’Argenteuil est en effet, comme vous le
supposiez, très productif ; mais il ne rési te ni
au mildiou ni à Toïdium, si on ne lui applique
vigoureusement et à plusieurs reprises, les trai-
tements que réclame chacune de ces maladies.
No 336S {Indre-et-Loire). — Vous pourrez,
croyons-nous, vous procurer les plantes que
vous désirez aux adresses suivantes ; Ané-
mone La Fiancée à fleurs pleines ; chez
MM. Krelage et fils, à Haarlem CHollande). —
Agératum blanc, chez M. Bruant, à Poitiers
(Vienne), ou chez M. Schmitt, à Lyon (Rhône). —
Asparagus Sprengeri, chez M. A. Truffant,
rue des Chantiers, à Versailles (Seine-et-Oise),
ou chez M. Sallier, rue Delaizement, à Neuilly-
sur-Seine (Seine). — Bégonias bulbeux à
grandes fleurs, chez MM. Vallerand frères, à
Taverny (Seine-et-Oise), ou chez M. Urbain, à
Clamart (Seine). — Solanum Seaforthianum,
chez M. Bruant, à Poitiers (Vienne).
No 5690 {Suisse). — Solanum Seaforthia-
num, chez M. Bruant, horticulteur, à Poitiers
(Vienne).
que l’on constate ordinairement dans les
serres lorsque la lumière n’y est pas ren-
due diffuse par l’interposition des claies.
Ainsi, la Laitue y a monté et a atteint
60 centimètres de hauteur ; les Lilas ont
fleuri blanc rosé. Les Sensitives ont at-
teint 280 millimètres. Les divers produits
de cette serre ont donné un bois plus vi-
goureusement constitué.
Ve7're rouge. — Les Sensitives ont at-
teint 500 millimètres, et leur sensibilité
s’est accrue au point qu’un simple souffle
suffisait à faire tomber les branches tout
d’une pièce. La Laitue a monté à 1™ 50. Le
Lilas a fleuri blanc. Les feuilles des Altei*-
nanthei'a sont devenues absolument vertes.
Le parfum des Fraises et d’une Grassule
est extraordinairement développé. Le feuil-
lage des Pélargoniums et des Coléus s’est
très élargi et a perdu son pigment brun.
Des observations qui précèdent, il est
aisé de conclure que les serres à vitrage
rouge pourraient servir dans certain cas
pour le forçage, tandis que les serres bleues
pourraient être employées à faire de
la culture retardée. Nous livrons cette idée
aux praticiens qui seraient tentés d’en faire
l’expérience.
J. -Fr. Favard.
F. S. {Loir-et-Cher). — Après la première
floraison de vos Chrysanthemum macro-
phyllum ^ et le développement normal de
leurs feuilles radicales, vous les avez vus se
dessécher au lieu de conserver pendant toute
l’année l’effet ornemental que vous en atten-
diez. Vous pourrez. Tannée prochaine, em-
ployer le moyen qui, cette année, nous a très-
bien réussi : il consiste à rabattre toutes les
tiges et feuilles de la plante jusqu’au pied.
Après le jaunissement des feuilles, elle se
remet spontanément en végétation, et au mo-
ment où nous écrivons nous en possédons de
superbes touffes ornées une seconde fois de
leurs grandes feuilles découpées si décora-
tives et de plusieurs hampes à ombelles blan-
ches.
T. S. {Vienne). Le nom de votre plante est
Cornus pubescens, Nutt. L’espèce est origi-
naire de l’Amérique du Nord (Californie) et
parfaitement rustique.
^ Voir description et figure dans la Revue hor-
ticole, 1896, p. 565.
Orléans. — lmp. G. Jacob, Paul Pigelet, successeur.
Le Directeur- Gérant t L. Bourguignon.
CHRONÏQU.E HORTICOLE.
485
CHRONIQUE HORTICOLE
Exposition universelle de 1900. — Société française des Ghrysanthémistes. — Le transport des
Raisins frais du Midi ; une étrange conséquence de la création des colis postaux de 10 kilogs. —
Deutzia corymbosa. — A propos des Rosiers nouveaux. — Poire Doijenné Gy. — La Treille du Roi
à Fontainebleau. — Pelouses mauritaniennes et gazons lleuris. — Les badigeonnages au sulfate de
fer. — Le Washingtonia robusta et la pêche du saumon. — Reine-Marguerite à fleurs duveteuses.
Expositions annoncées. — Résistance de quelques plantes à la gelée. — Nomination du successeur de
M. Lambin, à Soissons. — Nécrologie : M. W.-A . Stiles.
Exposition universelle de 1900. — Le
Journal officiel vient de publier la liste des
membres des comités d’admission de l’Ex-
position universelle de 1900. Le groupe VIII
(horticulture et arboriculture) comprend
les six classes suivantes :
Classe 4‘3. — Matériel et procédés de l’hor-
ticulture et de l’arboriculture ;
Classe 44. — Plantes potagères ;
Classe 45. — Arbres fruitiers et fruits ;
Classe 46. — Arbres, arbustes, plantes et
fleurs d’ornement ;
Classe 47. — Plantes de serre ;
Classe 48. — Graines, semences et plants de
l’horticulture et des pépinières.
Nous publions plus loin les noms des
membres des comités d’admission du
groupe VIII.
Société française des chrysanthé-
mistes. — Dans une de ses dernières
séances le comité administratif a décidé
d’allouer des subventions aux sociétés affi-
liées qui organisent cette année des expo-
sitions de Chrysanthèmes.
Une grande médaille d’or sera décernée
par vote du Congrès au chrysanthémiste
ayant fait faire le plus de progrès aux
chrysanthèmes.
Une médaille d’or, une grande de ver-
meil, et une d’argent seront attribuées aux
semeurs ayant obtenu le plus de certificats
dans les réunions du Comité floral.
Enfin une médaille d’or sera attribuée
comme prix à la personne qui aura étudié
la larve qui fait tant de mal aux Chrysan-
thèmes, et qui aura indiqué un moyen sûr
de s’en débarrasser.
Voici les certificats décernés par le comité
floral dans sa dernière réunion :
M. Chantrier, de Bayonne, pour Reine Na-
thalie etVille Clausthal.
M. Calvat de Grenoble, pour Général
Pâquié.
M. Délaux de Toulouse, pour Panaché de
Délaux.
1er NOVEMBRS 1897.
^ M. de Reydellet, de Valence, pour Madame
Fortuné, Madame Alexandre de Reydellet,
Mademoiselle Beau.
Rappelons que le Congrès des cbrysan-
thémistes aura lieu à Orléans du 6 au 8
novembre ; et disons à ce propos, que la
Compagnie P.-L.-M. suivant l’exemple de
l’État, de l’Orléans, de l’Ouest et du Nord, a
accordé 50 % de réduction aux congres-
sistes se rendant à Orléans.
Le transport des Raisins frais du Midi.
— Le Président de la Société d’agriculture
de l’Hérault vient de signaler à M. Noble-
maire, directeur de la Compagnie P.-L.-M.,
ce fait vraiment curieux que 1,000 kilogr.
de Raisins frais transportés à Paris en
grosses expéditions coûtent aujourd’hui
plus cher que si ces 1,000 kilogr. sont
transportés en 100 colis de 10 kilogr. C’est
une conséquence de la création récente des
colis postaux de 10 kilogr.
Voici d’ailleurs la lettre par laquelle
M. Ch. Jamme a signalé le fait à M. Noble-
maire :
Monsieur le directeur,
La Société centrale d’agriculture de l’Hé-
rault désire appeler votre attention sur une
question d’une importance particulière dans
notre département. Il s’agit du transport des
Raisins frais qui, chaque année, pendant près
de deux mois, nécessite la formation à Mont-
pellier d’un train spécial, de trente à quarante
wagons en moyenne de Raisins, provenant de
la commune et de quelques villages voisins, à
destination de Paris.
Depuis le mois dernier, la nouvelle loi rela-
tive aux colis postaux a fixé à 1 fr. 25 pour
10 kilogr. (soit 125 fr. par tonne), le prix de
transport des colis isolés pour les destinations
les plus lointaines et les plus diverses. Elle ap-
pelle impérieusement la révision des tarifs ac-
tuels qui, pour les expéditions les plus impor-
tantes, sont encore de 159 fr. 75 pour le
simple voyage direct de Montpellier à Paris.
Déjà l’abaissement progressif du prix de
21
486
CHRONIQUE HORTICOLE.
vente des Raisins, sur le marché parisien,
compromettait, chaque année davantage, la
continuation de ces importantes expéditions.
Elles cesseraient forcément si elles devaient
être encore soumises à un tarif qui est supé-
rieur de 20 à 30 0/0 à celui qui est perçu pour
les moindres envois de 10 kilogr. (lesquels
empruntent même, le plus souvent, les ré-
seaux de deux ou trois Compagnies, pour un
parcours bien plus long).
On ne comprendrait pas du reste que, pour
jouir des plus bas prix de transport, l’expédi-
teur en soit réduit à l’obligation (aussi compli-
quée qu’onéreuse pour les Compagnies et
pour lui), de diviser ses envois pour chaque
wagon, en 3 ou 400 colis de 10 kilogr., ce qui,
à 3 déclarations d’expédition ou d’octroi par
colis, représenterait, journellement, de 30 à
40,000 feuilles au moins pour ce seul train.
Il est certain que, si les tarifs actuels n’étaient
pas ramenés, pour les plus grandes distances,
au-dessous de ce tarif maximum de 125 fr. par
tonne, le producteur serait obligé de renoncer
à l’expédition des Raisins de bouche et devrait
les porter à la cuve. Là, transformés en vin, ils
ne constitueraient qu’un tonnage sensiblement
moindre à un tarif bien plus réduit encore.
Dans l’espoir que vous voudrez bien, Mon-
sieur le directeur, donner une solution satis-
faisante à cette question, qui intéresse au
même degré la viticulture méridionale et les
Compagnies de chemin de fer, je vous prie
d’agréer, etc.
Le Président, Ch. Jamme.
Les observations présentées par l’hono-
rable Président de la Société d’agriculture
de l’Hérault sont trop justes pour qu’il n’en
soit pas tenu compte, et pour qu’on ne
révise pas au plus tôt les tarifs généraux de
transport des Raisins frais et de toutes les
denrées agricoles.
Deutzia corymbosa. — Nous avons dit,
dans l’article publié le 16 octobre 1897 dans
la Revue horticole sur le Deutzia corym-
bosa, que trois plantes différentes portaient
ce nom.
Celle qui a été figurée et décrite sous ce
nom dans le dernier numéro de la Revue
horticole est dénommé D. corymbiflora,
par M. Lemoine, de Nancy.
L’exemplaire qui a été reproduit dans
la Revue provenaitdes cultures de M. Geor-
ges Boucher, 164, avenue d’Italie, à Paris,
qui a multiplié la plante en grande quantité
et l’a mise au commerce, sous le nom de
D. corymbiflora, que lui avait donné
M. Lemoine. C’est cet exemplaire, même
plante, qui avait été présenté à la So-
ciété nationale d’horticulture de France par
M. Maurice de Vilmorin.
Ajoutons que nos réserves relativement à
la nomenclature de ce Deutzia n’étaient que
trop ju&tifiées, car nous venons d’apprendre
que M. Franchet le rapporterait à une espèce
nouvelle du Se-tchuen (Chine) qu’il a nom-
mée D. setchuenensis.
A propos des Rosiers nouveaux. — A
la suite de l’article publié dans la Revue
horticole du 16 octobre dernier sur les
« Rosiers nouveaux pour 1897 », on nous
a signalé, comme des omissions regrettables,
quelques très-bonnes variétés de Roses qui
n’avaient pas été mentionnées dans l’article,
et qui cependant sont annoncées dans le
commerce comme étant des nouveautés de
1897. On nous a cité, entre autres : les
Roses Madame René Berge, Souvenir de
Catheidne Guillot, Reina Maria Cristina,
Captain Christy panaché.
Il n’y a eu aucune omission de notre part
à leur sujet : ces variétés ont été obtenues
en 1896. Mais pour qu’il n’y ait pas de
confusion dans l’esprit de nos lecteurs, nous
devons leur dire qu’à côté des semeurs, il y
a les horticulteurs qui, vendant les Rosiers
en grandes quantités, ne les annonçent
comme nouveautés qu’un certain temps
après que les semeurs les ont annoncés
eux-mêmes.
Sur les catalogues de ces horticulteurs,
ces Rosiers, qui ont souvent plus d’un an
de date, sont naturellement présentés comme
nouveaux à leur clientèle pour l’année cou-
rante, parce que c’est la première fois qu’ils
lui sont présentés, et leur valeur a le mé-
rite d’avoir été préalablement contrôlée.
Comme les descriptions des variétés dé-
signées ci-dessus n’ont pas été données
dans la Revue horticole au moment de leur
apparition, nous les donnons aujourd’hui :
M. Auguste Ghantin, 83, rue de l’Ami-
ral-Mouchez, à Paris, a décrit en ces termes
la Rose Madame René Berge :
Rosier Madame René Berge. — Cette va-
riété, jugée très-remarquable par tous les ama-
teurs qui l’ont examinée, est issue de la Rose
Merveille de Lyon. La fleur, grande, globu-
leuse, pleine, bien formée, de coloris rose
tendre satiné, est portée haut sur un pédon-
cule robuste, se tenant bien verticalement. La
plante est vigoureuse, florifère, remontante,
jusqu’aux gelées.
Cette variété a été obtenue par M David,
jardinier à Savigny-sur-Orge, qui m’en a cédé
l’édition. Elle a été dédiée par M. David à
Mme René Berge, fille du Président de la Ré-
publique, alors que M. Félix Faure était seu-
lement député.
CHRONIQUE HORTICOLE.
487
M. Paillet fils, pépiniériste-paysagiste au
Val de Ghâtenay, près Sceaux (Seine), ayant
vu fleurir chez lui une vingtaine de Rosiers
nouveaux de l’automne 1896, a décrit en
ces termes les deux variétés suivantes, toutes
deux de la section des Thés :
Reina Maria Cristina (Aldrufen, 1896). —
Fleur jaune fortement orangée, centre jaune
carminé, moyenne ou grande, pleine, globu-
leuse, s’ouvre bien ; arbuste moyen, très-flori-
fère.
Souvenir de Catherine Guillot (P. Guillot,
1896). — Fleur qui varie du rouge capucine
carminé au jaune indien carminé, sur fond
jaune orange, grande, pleine, bouton allongé,
très-odorante ; arbuste vigoureux, très-flori-
fère.
M. Letellier fils, à Caen (Calvados), con-
tinuera à offrir son obtention de 1896 :
Captain Christy panaché. — Donne, au
printemps et à l’automne, des fleurs parfaite-
ment panachées ; les pétales, très-frisés, sont
lignés de rose vif, et même de rouge, sur fond
rose. L’arbuste est très-vigoureux,
M. Letellier annoncera pour l’automne
1898 une Rose, qu’il dit magnifique, et
qu’il dédiera à la belle-fille de M. Pierre
Oger, le rosiériste caennais bien connu :
Madame Arthur Oger. — Arbuste excessi-
vement vigoureux, fleur énorme, d’un très-
grand effet, pleine, bien faite ; beau coloris
rose vif, revers des pétales glacé et satiné de
rose tendre, extra. Issue de Madame Isaac
Péreire.
Poire Doyenné Gy. — M. Lansezeur,
de Rennes (Ille-et-Vilaine), annonce cet
automne une Poire nouvelle pour le com-
merce, mais qu’il a pris soin d’étudier pen-
dant plusieurs années avant de l’adopter
définitivement. Les premiers fruits de cette
Poire, cueillis en 1895, à 500 mètres au
plus du bord de la mer, sur un Poirier
surgreffé de Duchesse sur Cognassier,
furent dégustés au Comité d’arboriculture
de la Société nationale d’horticulture de
France, dans sa séance du 28 novem-
bre 1895. Leur qualité fut jugée bonne et
l’obtenteur fut encouragé à en mettre la
variété au commerce, surtout si elle se
reproduisait sous le volume du plus gros
des deux fruits envoyés. Depuis, le volume
et la saveur du fruit ont continué à s’amé-
liorer sous l’influence d’un climat plus con-
tinental. Ces qualités, fixées aujourd’hui.
mettent les amateurs en présence d’une
bonne obtention méritant d’être propa-
gée.
La Treille du Roi à Fontainebleau. —
La vente aux enchères du Raisin de la fa-
meuse treille du Roi, au jardin du château
de Fontainebleau, a produit cette année
3,583 francs au lieu de 870, chiffre de l’an
dernier. Les 30,000 grappes cueillies cette
année formaient 137 lots de 25 à 30 kilos
chacun. Ce joli résultat est dû en partie
aux soins particuliers dont le nouveau jar-
dinier en chef du palais, M. Gauthier, avait
entouré cette année la treille. Les Raisins
étaient, par une toile spéciale, garantis
contre les ravages des guêpes et des moi-
neaux.
Pelouses mauritaniennes et gazons
fleuris. — Plusieurs de nos confrères de
la presse horticole se préoccupent en ce
moment des « Gazons fleuris » mais en
les désignant sous le nom de « Pe-
louses mauritaniennes ». Nos confrères
se posent en même temps, sans la ré-
soudre, la question de savoir d’où pro-
vient ce dernier vocable. Notre article du
16 juillet 1891, dont nous reproduisons ici
la substance, a déjà donné la solution du
problème : En 1891, lors de l’exposition
de Moscou, un restaurant Mauresque
était établi dans le parc de Pétrowsky.
Le propriétaire de ce restaurant eut l’idée
de semer des parties dénudées du jardin
avec un mélange de plantes annuelles à flo-
raison estivale. L’effet de ce « tapis de
Turquie » en fleurs fut tellement goûté du
public que, depuis cette époque, les mar-
chands-grainiers russes vendent des mé-
langes, préparés à l’avance, de plantes le
mieux appropriées à ce genre de décoration :
Clarkia^ Collinsia, Crépis, EschschoUzia,
Leptosiphon, Linaria, Malope, Nemo-
phila, Nigella, Papaver, Silene, etc. Il va
de soi que des gazons de cette sorte ne
peuvent être appropriés qu’à des jardins
d’un style éminemment paysager. Le nom
de « pelouses mauritaniennes » vient donc
de ce que ces sortes de pelouses ont été
inaugurées par le patron d’un restaurant
« mauresque ». Nous avons traité à fond de
l’établissement et de la composition des
gazons fleuris, en 1891, dans la Revue
horticole L
• 'Soiv Revue horticole, 1891, pp. 321,428, et 462.
488
CHRONIQUE HORTICOLE.
Les badigeonnages au sulfate de fer.
— On a beaucoup vanté, depuis 1894, les
badigeonnages aux solutions de sulfate de
fer comme protégeant la Vigne contre les
maladies cryptogamiques et même contre
la chlorose. L’engouement a été tel qu’on a
été jusqu’à appliquer ce traitement aux
arbres fruitiers.
En 4896 % la Revue horticole faisait
connaître le résultat négatif du badigeon-
nage des plaies de taille de la Vigne avec
une solution de sulfate de fer à 40 p. 400.
Cette année ‘, elle mentionnait un traite-
ment plus normal, proposé par M. Croque-
vieille, consistant dans l’incorporation au
sol de 500 à 4,000 kilos de sulfate de fer
par hectare, et en un badigeonnage hiver-
nal des souches avec une solution à
40 p. 400.
Aujourd’hui, les Annales de la Société
d*histoire naturelle et d'horticulture de
VHérault publient une communication de
M. E.-P. Roussel, vice-président de la So-
ciété, intéressante à cet égard que, si elle
fait faire un pas de plus vers la solution de
la question, le résultat n’est pas des plus
merveilleux quant à l’emploi du sulfate de
fer sur les arbres fruitiers.
M. Roussel a badigeonné ses arbres,
troncs et branches, avec une solution de
sulfate de fer, et a réussi de cette façon à
les guérir de la chlorose. Mais le badigeon-
nage a été opéré, non seulement sur
l’écorce, mais aussi sur les plaies de taille :
sections, crans, incisions, etc. Voici ce qui
est arrivé :
Dès le départ de la végétation, l’extré-
mité des branches rabattues s’est desséchée
sur une longueur de 2 à 5 centimètres.
Autour des crans et incisions, des bandes
d’écorce se sont desséchées et séparées de
l’aubier par suite de la pression exercée
par les bourrelets de sève que la végétation
amenait là pour recouvrir les surfaces corro-
dées. Or, on sait que ces sortes d’exostoses
sont des refuges à vermine.
Le remède serait donc, pour les arbres
fruitiers, pire que le mal. Seulement,
M. Roussel oublie de dire quelle dose de
sulfate de fer il a exactement employée ;
c’est cependant là un point de la plus
haute importance, attendu qu’une même
solution pourra ne pas être nocive sur la
Vigne, tandis qu’elle le sera sur le Pom-
mier ou sur le Poirier. En voici un
1 Voir Revue horticole, 1896, p. 224.
~ Voir Revue horticole, 1897, p. 147.
exemple, tiré de l’emploi du sulfate de
cuivre : cet été, après avoir pulvérisé notre
Vigne à la bouillie bourguignonne glycé-
rinée, nous avons voulu finir de l’employer,
sans diminuer le dosage cuprique, sur des
Poiriers Doyenné d'hiver dont les fruits se
tavelaient fortement. La proportion de sul-
fate de cuivre était de 2 p. 400. Elle avait
produit un excellent effet sur la Vigne. Cet
effet fut bon sur les Poires, mais les feuilles
furent outrageusement grillées et tom-
bèrent prématurément.
Le Washingtonia robusta et la pêche
du saumon. — Nous recevons de M. Auguste
Chantin, horticulteur à Paris, une com-
munication relative à un emploi des pé-
tioles du Washingtonia qui, pour n’avoir
pas d’application pratique dans notre pays,
n’en offre pas moins un intérêt de cu-
riosité :
Les fortes épines aplaties qui bordent les
pétioles du Washingtonia rohusta donnent à
ces pétioles l’aspect de scies à grosses dents,
de scies à scier la pierre tendre. Ces pétioles,
coupés à longueur convenable, sont employés
par les indiens de Californie à la chasse du
saumon très abondant et de forte dimension
dans le Rio-Sacramento et ses affluents.
L’indien, armé de son pétiole, plonge à l’en-
droit où il aperçoit une file de saumons, donne
rapidement un coup de pétiole denté à trois ou
quatre poissons et remonte pour respirer et
replonger de nouveau. Les poissons blessés,
impuissants à continuer leur course, oscillent
immédiatement et s’élèvent à la surface de
l’eau où ils sont saisis par d’autres indiens.
A défaut de pétiole de Washingtonia, l’in-
dien se sert pour la pêche du saumon d’une
lame de scie; mais, quand il le peut, il donne
toujours sa préférence au pétiole de Washing-
tonia qui fait au poisson des blessures moins
profondes et suffisantes.
Reine-Marguerite à fleurs duveteuses.
— Nous lisons dans le Gartenfiora qu'un
horticulteur d’Erfurt, M. J. G. Schmidt, a
obtenu une Reine-Marguerite à fleurs du-
veteuses ; la structure des ligules qui com-
posent ces fleurs est analogue à celle des
Chrysanthèmes duveteux, c’est-à-dire que
ces ligules, très -allongées, sont finement
découpées latéralement par une quantité
infinie d’échancrures qui leur donnent
l’aspect de plumes frisées. Cette curieuse
obtention, sortie de la race Comète géante,
a obtenu une grande médaille d’argent à
l’Exposition de Hambourg, et serait déjà
recherchée pour le commerce de la fleur
coupée.
CHRONIQUE HORTICOLE.
489
EXPOSITIONS ANNONCÉES ^
Bordeaux, du 6 au 10 novembre. — La
Société d’horticulture de la Gironde organise
une exposition spéciale de Chrysanthèmes,
qui aura lieu à Bordeaux, sur la terrasse du
Jardin public, du 6 au 10 novembre. Le pro-
gramme comprend 8 concours pour les plantes
en pots, et 2 concours pour les fleurs cou-
pées.
Les demandes d’admission devront être
adressées à M. R. Morain, secrétaire général
de la Société, rue du Palais-Gallien, 8, à Bor-
deaux.
Lisieux, du 21 au 22 novembre. — La So-
ciété d’horticulture et de botanique du Centre
de la Normandie organise une exposition de
produits horticoles, qui comprendra surtout les
Chrysanthèmes, les fleurs et les fruits de saison,
et qui se tiendra à Lisieux, du 21 au 22 no-
vembre.
Il ne sera pas établi de programme de con-
cours, la plus grande latitude étant laissée au
Jui’y pour attribuer les récompenses, qui con-
sisteront en objets d’art, médailles d’or, de
vermeil, d’argent, de bi’onze de différents mo-
dules, ouvrages d’horticulture, etc.
Les exposants devront se faire inscrire chez
M. Léopold Bertre, président de la Société ou
chez M. Degrenne, sécrétaire général, à Li-
sieux.
Modification de date de l’Exposition de
Chrysanthèmes de Troyes. — M. Charles
Ballet nous informe que la Société horticole,
vigneronne et forestière de l’Aube a définiti-
vement fixé à la date du 13 au 15 novembre
l’exposition de Chrysanthèmes, fleurs de
saison, bouquets et gerbes, qui avait été an-
noncée d’abord comme devant avoir lieu du
4 au 7 novembre. S’adresser à M. Demandre,
secrétaire général de la Société, à Troyes
(Aube).
Résistance de quelques plantes à la
gelée. — Notre correspondant M. Micheli
nous écrit de Genève :
(( L’hiver a fait dans nos régions une in-
vasion aussi brusque qu’intempestive par
un gel de près de 4 degrés dans la nuit du
8 au 9 Octobre. Nos jardins ont ainsi subi-
tement perdu leur brillante parure. C’est
d’autant plus dommage, que, depuis lors,
le temps, redevenu doux et clément, est ex-
ceptionnellement favorable à la floraison
‘ La Revue horticole annonce les expositions
générales ou partielles dont le programme est
adressé au Rédacteur en chef, 26, rue Jacob,
Paris.
automnale. Peut-être y a-t-il de l’intérêt à
signaler quelques plantes qui, sans être
absolument rustiques, ont traversé victo-
rieusement cette épreuve et continuent à
fleurir.
(( dénommerai d’abord \e lùiiphofia Lei-
chllini, une des plus jolies espèces du
genre, très- florifère à partir de la fin de
l’été. Aujourd’hui encore une seule plante
porte une vingtaine d’épis écarlates en plein
épanouissement.
« La Lavatera Crestiana, hybride nou-
veau dont j’ai déjà eu l’occasion de parler,
continue à fleurir aussi bien que les Mauves
indigènes.
(( Enfin le Linaria triornithophora du
Portugal, dont les fleurs sont, je crois, les
plus grandes du genre, n’a pas plus souffert
que les plantes précédentes.
(( Peut-être cette immunité relative est-
elle due en partie à l’extrême sécheresse de
Tair, la gelée ayant succédé à des journées
de vent du Nord violent. »
Nomination du successeur de M. Lam-
bin, à Soissons. — Notre estimé collabo-
rateur, M. Charles Grosdemange, chef des
pépinières du Muséum, vient d’être nommé
professeur de la Société d’horticulture de
l’arrondissement de Soissons, en remplace-
ment du regretté M. Lambin.
Nos lecteurs connaissent depuis longtemps
la valeur scientifique et pratique de M. Gros-
demange. Sur le nouveau théâtre où nous
sommes heureux de le voir placé, il trou-
vera un milieu sympathique. Il pourra,
sans entraves, développer ses qualités d’ob-
servateur et porter la bonne parole dans la
région où son prédécesseur avait déjà semé
les traditions de la véritable horticulture
progressive.
Nécrologie : M. W. A. Stiles. — Le ré-
dacteur en chef du grand journal américain
Garden and Forest, M. "William Stiles, est
mort le 6 octobre à Jersey-City, à l’âge de
soixante ans. D’une science très-étendue et
très-variée, il avait été pour le professeur
Ch. Sargent, directeur du journal, un très-
précieux collaborateur, et l’horticulture,
l’art des jardins, le soin et la protection des
parcs publics et des forêts nationales
étaient les objets de ses travaux incessants.
M. Stiles laissera de très-vifs regrets à tous
ceux qui l’ont connu et ont rendu justice à
ses éminentes qualités.
Éd. André.
490
LE BONDUG DU CANADA.
LE BONDUG DU CANADA
(Gymnocladus dioica ’).
Cet arbre magnifique, qui est répandu
dans un grand nombre de jardins et de
parcs, et qui a été apporté des États-Unis
en France il y a plus d’un siècle et demi,
est si rarement vu en fleurs, que la plupart
des pépiniéristes qui le 'cultivent seraient
Fig. 148. — Bonduc du Canada {Gymnocladus dioica).
Exemplaire mâle dans le jardin botanique d’Angers.
fort embarrassés si on leur demandait la
forme et la couleur de celles-ci. La raison
^ Gymnocladus dioica, K. Koch, DendroL, I, 5,
1869. — G. canadensis^ Lam., Encycl. method.
I, 773,1783. — Guilandina dioica^ h.Sp.. I, 381,
1753. — Hyperanthera divica, Vahl, Symbol.,
I, 31, 1790.
en est simple : l’arbre ne fleurit pas avant
d’être adulte et souvent même avant d’être
vieux. Ses racines pivotantes le rendent
d’une transplantation difficile. Quand il re-
prend, il (( boude » souvent et reste plu-
sieurs années sans pousser vigoureuse-
ment, mais quand il a pris le dessus et
LE BONDUG DU CANADA.
491
qu’on l’a planté dans une terre riche,
fraîche et profonde, il devient vite un végé-
tal superbe.
On jugera de la beauté de son port par
le dessin ci-joint (fig. 148), fait d’après une
photographie qui nous a été gracieusement
communiquée par M. Bouvet, directeur du
jardin botanique d’Angers. L’arbre est un
exemplaire mâle situé près des grandes serres,
tout auprès du buste que la reconnaissance
des botanistes a élevé à la mémoire d’un
maître vénéré, M. Bureau, dont je m’honore
d’avoir été l’élève. Chaque année, au prin-
temps, on voit cet arbre se couvrir, en même
Fig. 149. — Bonduc du Canada {Gymnocladus dioica).
Inflorescence mâle terminale entre deux feuilles (1/2 grandeur naturelle).
à droite, fleur mâle . . I grandeur naturelle,
à gauche, fleur femelle )
temps qu’il développe ses feuilles, d’une
profusion de grappes thyrsoïdes de fleurs
dressées, d’un gris blanchâtre peu brillant,
mais assez gracieuses par leur forme et
leur port.
A un mèlre du sol, cet exemplaire mesure
2 mètres de circonférence, et sa hauteur
totale est de 20 mètres. Sa plantation doit
remonter à la création du Jardin, en 1789,
où plutôt à 1791, époque à laquelle Merlet-
la-Boulaie prit la direction de cet établisse-
ment et s’occupa activement de sa plantation.
Dans une Notice sur les végétaux les plus
intéressants du jardin des plantes d'An-
492 LA SÉLECTION DES BOUTURES ET LE PÉLARGONIUM MADAME SALLERON.
gers, Bastard, en 1810, attribue au gros
Cèdre du jardin 26 à 28 ans, ce qui ferait,
pour aujourd’hui, 113 ou 115 ans. Or,
M. Bouvet croit ce Bonduc contemporain
du Cèdre son voisin.
On ne reconnaîtrait pas dans le Bonduc, à
première vue, un arbre de la famile des Légu-
mineuses. Mais cette famille, comme on sait
renferme trois sections, les Papilionacées,
les Mimosées et les Césalpiniées. C’est à
cette dernière division qu’appartient le Bon-
duc. Ses fleurs (fig. 149) régulières sur les
individus femelles, ont l’aspect des mâles
en ce qui concerne les pétales et les sépales,
mais leur ovaire s’allonge bientôt en une
longue et large gousse rappelant un peu
celles des Gleditschia et contenant des
graines ovoïdes à testa très dur. Nous en
connaissons quelques exemplaires femelles,
entre autres un sujet, jeune encore, situé
dans le jardin deM^^eHélye, à Bléré (Indre-
et-Loire), qui se couvre de gousses chaque
année.
Le Bonduc {Gymnocladus dioica) forme un
arbre de 20 à 30 mètres de hauteur, avec un
tronc de 60 centimètres à 1 mètre de dia-
mètre ; il pousse droit d’abord et se subdivise
souvent ensuite en deux ou trois grosses
branches érigées qui forment un ensemble un
peu étroit et pyramidal. Son écorce gris noi-
râtre est profondément fissurée, rugueuse sur
toute la hauteur, excepté les jeunes pousses
qui sont lisses. Les feuilles, très-belles, sont
longues de 40 centimètres à 1 mètre ; elles se
composent de pétioles arrondis, renflés à la
base et de folioles larges et distantes, ovales-
aiguës, d’abord pubescentes puis glabres, de-
venant d’un jaune clair à l’automne. Les fleurs
sont terminales, en grappes dressées, thyr-
soïdes, à ramifications grêles portant de petits
bouquets de fleurs gris blanchâtre à sépales et
pétales poilus en dessous. Les gousses atteignent
15 à 25 centimètres, de longueur sur 25 à
35 de large et contiennent des graines obo-
vales, comprimées â testa et albumen osseux
et cotylédons orangés.
LA SÉLECTION DES BOUTURES ET
Notre excellent confrère, M. Émile Ro-
digas, ayant employé cette année, à l’École
d’horticulture de Gand, deux ou trois cen-
taines de pieds du Pélargonium zoné Ma-
dame Salleron, en a remarqué quelques-
uns qui présentaient des modifications
constituant ce qu’il appelle « le premier
pas vers le retour au type ». Les feuilles,
au lieu d’être franchement arrondies, y
sont beaucoup plus découpées ; les plantes
Le Bonduc habite une région assez éten-
due dans l’Amérique du Nord sans qu’on le
trouve jamais en nombreuses colonies. Il
se rencontre sur les bords des lacs Cayuga
et Geneva, dans l’état deNew-York, dans le
comté de Franklin en Pensylvanie ; vers
l’ouest il s’avance vers l’Ontario du sud et
le Michigan du sud jusqu’à la rivière
Minnesota ; puis vers Test du Nebraska et du
Kansas et le sud-ouest de l’Arkansas. On
le voit encore non loin du territoire des
Indiens, et au sud entre les monts Alle-
ghanies et le Mississipi jusqu’au milieu
du Tennessee. On peut dire qu’il se trouve
là seulement à l’état sporadique, en exem-
plaires isolés. Toujours il choisit les terrains
les plus riches et les plus profonds, en com-
pagnie des Hickoris {Cargo), des Noyers,
{Jugions nigra), des Ormes fauves {Ulmus
fulva) et autres beaux arbres.
Son bois, sans être très-dur, est cepen-
dant fort, dense, à grains assez gros, très-
durable s’il est en contact avec le sol. On le
travaille facilement et il prend un beau
poli sur une couleur d’un beau brun clair
teinté de rouge, d’après l’étude faite par
le professeur Charles Sargent.
Le Gymnocladus dioica^ mentionné
d’abord par Linné en 1742 comme crois-
sant à Paris, était donc introduit depuis
longtemps en France lorsqu’il fut décrit par
Duhamel du Monceau dans son traité des
arbres en 1765. Aiton raconte qu’il était
cultivé en Angleterre en 1748 par le duc
d’Argyll. Il est assez répandu maintenant.
Aux États-Unis, on le connaît sous le
nom populaire de Café du Kentucky, à
cause de ses graines qui furent quelquefois
torréfiées et utilisées comme un café infé-
rieur. Mais il faut s’en tenir à son véritable
mérite, qui est celui d’un arbre de haute
valeur ornementale et d’une parfaite rus-
ticité.
Ed. André.
LE PÉLARGONIUM SALLERON
sont moins trapues, d’un port moins com-
pact, et enfin donnent quelques fleurs
rouges, tandis que le P. Madame Salleron
vrai ne fleurit jamais.
Un retour plus accentué au type réside
dans une découpure encore plus profonde
des feuilles et dans une déperdition de pa-
nachure blanche. Ici, la floraison se pro-
duit encore plus facilement que dans le
premier cas, et la forme originelle qui a
CULTURE DES HORTENSIAS.
493
donné naissance au P. Madame Salleron
s’accuse nettement, son port indiquant une
énergie vitale en raison directe de la dimi-
nution de la panachure.
Ces diverses remarques, consignées dans
le Bulletin d* arboriculture de Gand,
nous incitent à faire connaître le résultat
de nos observations personnelles sur le
même sujet.
Nous employons, tous les ans, depuis
1889, à l’asile Sainte-Anne, de 1,000 à
1,200 pieds du Pélargonium zoné Madame
Salleron. Non seulement nous avons re-
marqué parmi eux, de temps à autre,
quelques pieds présentant les particula-
rités signalées par M. Pvodigas, mais nous
les avons multipliés à part, par boutures
prises sur des rameaux de plus en plus
(( emballés », florifères et verdissants. Nous
avons ainsi obtenu la forme originelle du
P. Madame Salleron. Cette forme n’est
autre que le P. Manglesii ou Mangles' va-
riegated, que l’on cultivait en Angleterre
vers 1855 et dont l’emploi se répandit d’ail-
leurs en France depuis. D’ailleurs, le
P. Madame Salleron a été obtenu d’un
rameau compact du P. Manglesii par
M. Mathieu, jardinier chez M. Salleron, à
Melun, en 1877.
Ce n’est pas tout. En continuant à
prendre sur la forme originelle ainsi re-
constituée, des boutures présentant tou-
jours en excès les caractères de dégénéres-
cence, nous avons obtenu un Pélargonium
dont la description correspond assez exac-
tement à celle d’une forme du P. zonale
type, que les Anglais désignèrent, vers
1830, sous le nom de P. Fothergillii, et
qui dût être l’origine de la race Nosegay.
En continuant ainsi à faciliter, par une sé-
CULTURE DEl
Des amateurs, frappés de la grande diffé-
rence de végétation entre mes Hortensias
(fig. 150), qu’ils ont vus à l’Exposition des
Tuileries, et ceux que l’on trouve ordinaire-
ment sur les marchés, m’ont demandé com-
ment j’obtenais de pareils résultats. C’est
avec plaisir que, par la voie de la Revue
horticole, je me rends à leur désir.
Education. — Tout d’abord, les bou-
tures d’Hortensias se peuvent faire indiffé-
remment au printemps comme en été,
mais c’est déjà une condition de bonne cul-
ture que de pratiquer cette opération dès le
, mois de mai, sous cloches et sur couche tiède.
lection <c à l’envers » le retour au type, on
pourrait arriver à reconstituer l’espèce
même du Pélargonium zonale. Mais si, au
contraire, on a choisi, dans le P. Madame
Salleron vrai, les rameaux ayant une
tendance à se raccourcir et à porter des
feuilles plus arrondies et plus panachées de
blanc, on a dû arriver à en obtenir une
forme qui doit être un perfectionnement au
point de vue horticole.
Quelquefois, le chemin à parcourir se
trouve brusquement raccourci par ce qu’on
appelle un « sport » ou « accident fixé ».
Un rameau présente tout à coup la forme
cherchée : on le détache, on le bouture, on
le multiplie. Il ne restera plus, dans l’ave-
nir, qu’à se méfier des velléités qu’il
pourra avoir de « retourner au type ».
Nous possédons d’ailleurs, depuis peu de
temps, une modification, dr ns le bon sens,
du P. Madame Salleron : c’est la variété
Couronne d’argent, obtenue par MM. Ri-
voire père et fils, de Lyon. Il est même
probable qu’elle ne tardera pas à prendre le
pas sur son ancêtre.
La sélection des boutures ne produit pas
toujours des effets aussi prompts et aussi
tangibles que ceux dont nous venons de
parler. Mais nos observations n’en vien-
nent pas moins fortifier les conclusions de
M. Émile Rodigas, qui sont elles mêmes
conformes à celles, d’ordre plus général,
qu’émettait M. S. Mottet dans un récent
article paru dans la Revue horticole à
savoir que la bouture hérite des imper-
fections comme des qualités du sujet, et
que, par conséquent, la sélection des bou-
tures est une règle qui s’impose toutes les
fois qu’il s’agit de multiplication par voie
de sectionnement. H. Dauthenay.
HORTENSIAS
Lorsque la reprise des boutures est
bien assurée, on peut les mettre en pots ou
bien en pleine terre. C’est encore une con-
dition du succès, et même la principale,
que de préférer la pleine terre. Sous le
climat parisien, les Hortensias demandent
la terre de bruyère sableuse. Cependant, à
Versailles, dans certains sables sains et
onctueux, les Hortensias réussissent à la
condition qu’au sol soit incorporée une
certaine quantité de terreau de feuilles.
Dans tous les cas, le calcaire doit être ri-
* Voir Revue /lor/icoZe, 1897, p. 428.
494
CULTURE DES HORTENSIAS.
goureusement évité ; il faut donc, pour
les arrosements, ne se servir des eaux de
puits que lorsqu’on s’est assuré, par des
expériences préalables, qu’elles ne nuisent
pas à la végétation des plantes ; la plupart
des eaux de puits de la région parisienne
sont fortement saturées de carbonate de
chaux, mais on peut avoir la chance de
puiser de l’eau à un puits ayant sa nappe
dans une couche argileuse ; dans ce cas,
l’eau est plutôt saturée de sulfate d’alumine,
de sulfate ou d’oxyde de fer, et ce sont là
précisément des éléments favorables à la
culture de l’Hortensia.
Les jeunes plantes, une fois repiquées
en pleine terre de bruyère, sont bassinées
deux fois par jour ; on leur fait subir un
pincement vers la fin du mois d’août ; on
les lève et on les met en pots à l’approche
de l’hiver, puis on les hiverne en serre
froide ou sous châssis. Il importe d’aérer et
de donner le plus de jour possible.
Après ce premier hivernage, les plantes
sont dépotées et remises en pleine terre,
Fig. 150. — Hydrangea Hortensia, spécimen de belle culture.
comme l’année précédente. On les taille en
même temps sévèrement ; il est même
permis de dire qu’il s’agit d’un « rabattage »,
car on ne doit conserver que la base de la
tige en réservant seulement les deux
meilleurs yeux de cette base. Il repousse
donc un nouveau bois sur lequel se comp-
teront plus tard 7, 8, et jusqu’à 10 rami-
fications. On ne conservera que les cinq
ou six mieux constituées, car, pour
obtenir de belles et grandes fleurs, on ne
doit garder que cinq ou six panicules sur
chaque pied ; les autres ramifications sont
pincées à trois ou quatre feuilles tout au
plus.
Dans le cours de la végétation, il im-
porte de ne pas laisser les rameaux s’al-
longer démesurément ; il suffit, pour cela,
de modérer les arrosements vers le mois
de juillet. Cette précaution est, de plus,
indispensable pour que les plantes puissent
« prendre le bouton », c’est-à-dire pour
que la floraison, vivement sollicitée par
une fatigue momentanée, atteigne son
maximum de préparation par la production
d’un très-grand nombre de boutons à fleurs.
CULTURE DES HORTENSIAS.
495
Vers la fin d’août ou au commencement
de septembre, les plantes sont de nouveau
mises en pots, de 15 à 18 centimètres selon
leur force ; il faut avoir soin de ne pas les
effeuiller, et de les placer à l’ombre pour
que l’action du soleil ne les fatigue pas pen-
dant la période de reprise. On bassine deux
fois par jour, et l’on arrose tant qu’il en est
besoin. Cette période dure une quinzaine
de jours.
Lorsque la reprise est complètement ter-
minée, on cesse les arrosages afin que le
bois s’aoûte et que les feuilles tombent.
On hiverne sous châssis, mais de préfé-
rence en serre froide. Plus encore que dans
l’hivernage de première année, il importe
d’aérer le plus possible ; sans cette pré-
caution, les boutons floraux seraient bientôt
envahis par la pourriture. La lumière
diffuse est nécessaire aussi, mais on ne
saurait trop insister sur ceci, que le jour
est insuffisant si l’on n’y joint pas le plus
d’air possible.
Les plantes sont donc ainsi dans leur
période de repos, pendant la première
partie de l’hiver ; elles entrent naturelle-
ment en végétation au printemps, et si l’on
ne veut obtenir la floraison qu’en saison
normale, il suffit simplement de seconder
la végétation en ne chauffant que juste
assez pour empêcher l’action du froid.
Dans ce cas, une température constante
d’environ 8 à 10 degrés suffit à entretenir
la croissance des plantes et à en déterminer
la floraison.
Forçage. — Mais si l’on désire obtenir
des Hortensias de bonne heure, il faut
brusquer la cessation du repos au moyen
du forçage. Il faut compter de deux mois
et demi à trois mois entre la mise en végé-
tation et l’épanouissement des fleurs. Sup-
posons, par exemple, que vous teniez à
avoir vos Hortensias pour la Saint-Joseph,
le 19 mars, c’est vers le 10 janvier qu’il
faudra déterminer le départ de la végétation
en chauffant la serre à une température de
15 à 20 degrés. Le chauffage n’empêche
pas l’aération toutes les fois que la tempé-
rature extérieure le permettra ; bien au
contraire, pour les Hortensias comme pour
tous les végétaux auxquels la serre est in-
dispensable, le secret de leur conservation
réside souvent dans une bonne ventilation.
Coloris. — Ce n’est pas tout que de
chercher à obtenir des Hortensias bleus, il
faut aussi que le coloris en soit brillant et
uniforme ; rien n’est plus laid, en effet,
qu’une panicule colorée seulement en bleu
sur une partie, en rose sur l’autre, verte au
centre, avec des nuances intermédiaires
indécises, qui en rendent tout bonnement
le coloris terne. Il faut aussi que les fleurs
soient grandes et autant que possible épa-
nouies en même temps.
Tous ces résultats sont obtenus à la fois
par les moyens suivants :
1» En pratiquant le deuxième rempotage,
— qui précède l’hivernage de deuxième
année, — laver entièrement les racines et
les radicelles, de manière qu’il n’y adhère
plus une parcelle de la terre dans laquelle
les plantes ont passé l’été. Les rempoter
immédiatement dans un compost suffisam-
ment ferrugineux. Ce compost est toujours
à base de terre de bruyère sableuse, à
laquelle on mêle ; ^
Cendre de mâchefer pilé. 10 p. 100
Sulfate de fer 3 —
Poudrette 5 —
ou bien encore :
Ardoise pilée 10 p. 100
Sulfate de fer 3 —
Ammoniaque 1 —
On arrose enfin deux fois par semaine
avec de l’eau saturée de sulfate de fer à rai-
son de deux à trois grammes par litre.
2° Proportionner autant que possible l’aé-
ration à la lumière. Il faut d’autant moins
donner d’air que le jour est plus sombre.
Par contre, il faut d’autant plus aérer qu’il
y a plus de soleil si, pendant qu’il fait soleil,
la gelée n’interdit pas d’ouvrir les châssis.
^ Quelques horticulteurs, pour obtenir des résul-
tats certains, n’emploient exclusivement que de la
terre provenant du sol des ardoisières, riche en
sulfate d’alumine. L’effet produit par l’ardoise pilée
n’a d’ailleurs d’autre cause que la présence, dans
cette ardoise, de 25 à 35 p, 100 d’alumine, et de
6 à 12 p. 100 de sulfate et d’oxyde de fer. La
potasse y entre aussi pour environ 4 p. 100.
C’est encore grâce à la présence combinée du
sulfate et de l’oxyde de fer avec l’alun (sulfate
double d’alumine et de potasse) que certaines
terres argileuses produisent naturellement la colo-
ration bleue de THortensia.
On sait d’ailleurs que l’alun du commerce est
extrait de l’argile plastique ou de l’argile à pote-
ries au moyen d’un lessivage opéré sur ces argiles
réduites en poussière par une dessication préa-
lable.
On 'obtient aussi une belle coloration bleue de la
fleur de l’Hortensia en introduisant dans la terre
du fond du pot, au moment du rempotage, une
pincée de petits morceaux d’alun. Mais, dans ce
cas, il faut être certain que la terre employée
n’en contient pas, par elle-même, une proportion
déjà suffisante. En outre, cela ne dispense pas des
arrosements au sulfate de fer et à l’engrais humain
dilué. (H. D.)
496
CHOUX b’niVER frisés et choux panachés d’ornement.
Spécimens en godets. — On s’est extasié
devant ces monstrueuses fleurs de Chry-
santhèmes ou ôiHijdvangca Hortensia,
Otaksa ou autres, portées par une courte
et simple tige émergeant d’un petit godet.
Rien n’est plus simple à ol)tenir. Prenez
les pincements que vous avez retirés des
rameaux qui faisaient confusion, choisissez-
en ceux qui ont le hois le plus gros (ceux-
là possèdent sûrement le houton à fleurs),
préparez-les en boutures, que vous repiquez
en godets ; placez ces godets h letouffée,
sous cloches et sur couche chaude. La
reprise en sera eflectuée au bout de huit
jours et vous obtiendrez peu de temps après
une floraison superbe. Dans ce cas, si vous
voulez qu’elle soit bleue, les boutures
doivent être repiquées en terre ferrugineuse
et provenir de pieds-mères qui ont été eux-
mêmes cultivés dans cette même terre.
Enfin, pour s’adonner à cette culture
particulière, il est nécessaire de posséder
des pieds-mères très-vigoureux, au bois
très- gros, et que l’on aura préalablement
élevés dans ce sens par l’action des engrais.
Georges Boucher.
CHOUX D’HIVER FRISÉS ET CHOUX PANACHÉS D’ORNEMENT
Chacun connaît l’extrême variabilité du
Chou cultivé et la facilité avec laquelle il
se transforme et se modifie sous l’influence
de la culture et de la. sélection. Dès la plus
haute antiquité, ses qualités nutritives et sa
plasticité ont été reconnues et utilisées par
toutes les populations habitant les rivages
de la Méditerranée; il ressort de textes ab-
solument certains que les anciens connais-
saient non seulement les Choux verts à
feuilles comestibles, mais aussi plusieurs
variétés de Choux cabus ou pommés.
Dans les temps modernes, les variations
ont pris encore plus de diversité et d’am-
pleur ; ce n’est plus seulement la feuille qui
s’est modifiée de différentes façons, mais la
tige (dans le Chou moellier et dans le Chou-
Rave), la racine (dans le Chou-Navet et
dans le Rutabaga), qui sont devenues char-
nues et comestibles, c’est l’ensemble de
l’inflorescence qui, se raccourcissant et
s’épaississant à la fois, en est venu à for-
mer une tête tendre et délicate qu’on ap-
pelle la pomme du Chou-fleur et qui cons-
titue un excellent légume.
Je ne saurais dire exactement à quelle
époque ont pris naissance les variétés de
Choux à feuilles frisées et quelquefois pa-
nachées dont la planche, excellemment
dessinée et peinte par M. E. Godard, don-
nera une idée plus juste et plus précise que
toutes les descriptions que j’en pourrais
faire. Toutes rentrent dans la série des
formes du Chou dont la feuille est la partie
utile, et c’est en effet dans la diversité de
forme et la variété de coloris des feuilles
que réside tout leur mérite ornemental.
Dans beaucoup de pays d’Europe, sur-
tout dans les contrées du Nord, les Choux
frisés sont largement cultivés comme lé-
gume ; leur grande rusticité leur permet de
continuer à fournir de la nourriture verte
lorsqu’aucune autre plante n’est capable de
supporter les rigueurs du froid. Il existe
quelques-uns de ces Choux qui supportent
des périodes d’abaissement de la tempéra-
ture allant jusqu’à 20® au-dessous de zéro
sans en paraître affectés. Tels sont les
Choux frisés vert et violet, soit grands
(ceux qui accompagnent à droite et à gauche
le Chou palmier, lequel occupe le centre du
massif figuré sur la planche), soit nains
(ceux qui, alternés, constituent la bordure
du même massif).
L’idée est venue à quelques jardiniers du
siècle passé d’utiliser cette résistance excep-
tionnelle au froid pour tirer parti de ces
Choux en qualité de plantes ornementales
pour les garnitures d’hiver ; mais on ne peut
pas se dissimuler que, réduits à ces seuls
éléments dont on disposait alors, les massifs
ou corbeilles ainsi composés eussent pré-
senté un aspect bien sévère et bien sombre ;
de là est venue la recherche de variations
offrant une coloration plus vive et plus va-
riée, recherche qui a été promptement
couronnée de succès.
Il s’est trouvé, parmi les Choux frisés,
comme il se rencontre aussi dans les Choux
potagers, des formes dont les feuilles se
sont striées, marbrées ou bordées de cou-
leurs autres que le vert, soit de blanc, soit de
violet plus ou moins brunâtre, soit même
de rouge ou de rose. Ces variations, soi-
gneusement conservées et fixées par la sé-
lection des pieds les plus richement nuancés,
ont permis d’obtenir des races aujourd’hui
tout à fait constantes de Choux ornementaux
d’hiver à feuilles diversement colorées et
panachées.
Ces panachures, par un assez singulier
phénomène végétatif, ne sent que médio
UfUi’ / /or(i<o/r
r
L
Mas'sif (le choii.v dhincr i! o/'ncnivnl
CHOUX d’hivër frisés et choux panachés d’ornement.
crement apparentes pendant la première i
période de développement du Chou qui les
porte; elles deviennent de plus en plus per-
ceptibles à mesure que la saison s’avance
et prennent surtout leur plus vif éclat après
que les gelées ont commencé à se faire sen-
tir ; les panachures se détachent alors soit
en blanc pur, soit en rouge violacé ou en
rouge vif, sur le fond vert des feuilles, et
donnent aux plantes qui les portent un mé-
rite décoratif qui ne le cède guère à celui
des Goléus. Ce sont ces variétés qui, dans
la planche coloriée, occupent le milieu du
groupe.
D’autres modifications des feuilles con-
tribuent à l’effet décoratif qu’on peut tirer
des Choux frisés d’hiver. Comme on le
fait dans un bouquet ou dans une corbeille
de fleurs coupées, il faut, dans un massif
vivant disposé dans un jardin, mélanger les
masses compactes et d’une apparence un
peu pesante avec les rameaux légers et
d’aspect plus on moins élancé. Ce résultat
est bien indiqué dans la planche coloriée :
les masses faisant la base du massif et don-
nant un point de repos pour l’œil, sont les
Choux à feuillage arrondi, ramassé, plutôt
étalé que dressé, parmi lesquels figureront,
outre les variétés déjà citées : le Chou
extra-frisé, demi-nain vert (à droite du
Chou panaché rouge), dont les feuilles
plutôt courtes, très-frisées et très-arrondies
rappellent tout à fait la plume d’autruche
héraldique, et le Chou de Mosbach (non
figuré) à feuilles encore plus larges et plus
gaufrées d’un vert clair, un peu jaunâtre,
qui tranche agréablement sur la verdure
beaucoup plus foncée des autres variétés.
Ce dernier, il faut le dire, quoique bien
rustique, ne supporte pas la même inten-
sité de froid que les autres variétés nom-
mées jusqu’ici.
Il en est de même du Chou Palmier
figuré au centre même du groupe et for-
mant la tête de la pyramide que représente
la planche; son nom lui vient de la forme
de ses feuilles gaufrées et cloquées, mais
non déchiquetées, dont l’ensemble forme
un panache ressemblant un peu comme
effet d’ensemble à la couronne de frondes
du Palmier-Dattier. Originaire de l’Ilalie
centrale où on l’appelle simplement Chou
noir {Cavolo nero), le Chou Palmier est une
bonne variété comestible en même temps
qu’ornementale, mais elle peut succomber
quelquefois aux hivers rigoureux du nord
de l’Europe. Là donc, où de grands froids
seront à prévoir, il sera sage d’exclure de
497
la composition des massifs d’hiver le Chou
de Mosbach et le Chou Palmier.
D’autres variétés, les Choux laciniés et
les Choux prolifères, contribuent à l’élé-
gance et à la variété des groupes qu’on
peut obtenir par la culture des Choux d’hi-
ver, les uns par la grande finesse et la légè-
reté de leurs feuilles découpées en petites
lanières presque filiformes et d’une grande
légèreté (on en voit une plante, à moitié
cachée, tout à droite de la figure,) les au-
tres, par la curieuse conformation de leur
feuillage, où les nervures principales se
couvrent d’appendices foliacés, frisés, gau-
frés, qui multiplient la surface colorée. Les
Choux frisés prolifères sont presque tou-
jours en même temps panachés de blanc ou de
rouge et rivalisent d’éclat avec les Choux
frisés panachés proprement dits.
Comment, pour tirer des Choux orne-
mentaux d’hiver tout l’effet pittoresque
qu’ils sont capables de donner, doit-on les
préparer et les employer? C’est ce qu’il est
temps d’indiquer.
Le mois de juin est l’époque la plus favo-
rable au semis des Choux destinés à former
des massifs pour l’hiver. On doit les semer
en pépinière dans un coin du potager et, au
cours de l’été, les contreplanter, à demi-
ombre, dans une de ces parties écartées du
jardin où se préparent et s’élèvent les
plantes qui doivent tour à tour figurer dans
l’ornementation des parties plus en vue. Ce
laboratoire d’élevage doit être d’autant plus
étendu qu’il doit suffire à la décoration de
corbeilles et plates-bandes plus nombreuses
et plus soignées. Il faut compter à peu près
cinq Choux d’ornement par mètre carré,
quand on les mettra définitivement en place,
et régler sur cette proportion le nombre de
plants qu’on prépare en vue de l’hiver.
Plusieurs repiquages effectués au cours
de l’été ont pour résultat de rendre les
plants plus vigoureux et plus rustiques.
Ils donnent l’occasion d’éliminer ceux qui
s’annoncent moins beaux et moins garnis
que les autres, et de conserver des diverses
variétés la proportion la plus avantageuse à
l’effet décoratif à obtenir.
Ordinairement, c’est seulement à l’au-
tomne que les Choux d’ornement sont mis
en place. Ils remplacent dans les corbeilles
les ColeuSy les Bégonia, les Pélargonium
ou autres plantes molles détruites par les
premières gelées, ou simplement affaiblies
par le manque de soleil et de chaleur.
Quand les Choux ont été bien soignés et
bien préparés, une journée suffit pour en-
498
l’oxalide gorniculée.
lever les plantes d’été qui ont fini leur
temps et pour les remplacer par les Choux
qui, déjà endurcis par les déplantations
successives, se lèvent facilement en motte
et reprennent racine avec une extrême faci-
lité.
On a soin, dans la plantation, d’entre-
mêler les plantes à feuillage sombre et à
feuillage coloré, à port compact et à port
léger et de planter au bord les plus naines,
et les plus élevées vers le milieu.
La plantation tardive a cet avantage, que
les plantes étant alors complètement carac-
térisées, on peut aisément donner à chacune
la place qui convient le mieux en vue de
l’effet à obtenir. Il n’est pas possible de
donner de règle fixe à ce sujet, le goût et
le bon sens seront les meilleurs guides. Le
massif donné en modèle par M. Godard est
très-bien réussi pour un petit groupe de 20
à 25 plantes. La disposition d’un massif de
100 à 150 plantes, comme la Ville de Paris
en a fait quelquefois dans ses squares,
comporterait des effets plus variés.
Il ne faut pas craindre de planter un peu
serré à l’automne, car à mesure que la
mauvaise saison s’avance, les plantes se ré-
duisent plutôt qu’elles ne gagnent en dia-
mètre.
Il est à conseiller de conserver dans la
pépinière d’élevage quelques plants en ré-
serve, soit pour remplacer les Choux qu’un
accident viendrait à défigurer, soit pour
fournir des feuilles détachées en vue des
L’OXALIDE
Quoique comptant plus de 220 espèces,
abondantes surtout dans les régions chaudes,
le Cap, notamment, le genre Oxalis n’est
représenté en France que par trois espèces :
VOxalis AcetoseUa, L., à fleurs blan-
ches et qui croît dans les bois ; F O. stricta^
L., à fleurs jaunes, croissant dans les
terres cultivées et F O. corniculata, L.,
commun dans les bois ombreux, qui fait
l’objet de cette note.
Tous trois, ou au moins les deux pre-
miers, sont, à vrai dire, insignifiants au
point de vue décoratif. L’Oxalide corniculée
est plus intéressante, sinon par sa beauté,
au moins par sa fréquence à l’état subspon-
tané dans certains jardins et en particulier
par sa faculté d’adaptation à des milieux
excessivement différents. C’est du reste
une plante que les botanistes qualifient
d’ubiquiste, parce qu’on la rencontre par-
garnitures de table, après que les feuillages
d’été ont disparu. On peut même lever en
pot et utiliser dans la décoration des appar-
tements les plus jolis des Choux frisés et
panachés, mais il faut alors les examiner
souvent et les tenir très-propres, car la
moindre partie gâtée donne une odeur dé-
sagréable.
Une fois bien installés, les Choux d’hiver
persistent, bravant les gelées et les neiges
jusqu’au printemps, où ils montent à fleurs
dès le mois de mars et font à leur tour place
aux garnitures de printemps.
Mais, s’ils résistent aux intempéries, les
Choux d’ornement redoutent la dent des
lapins et presque au même degré les incur-
sions de la volaille. Un léger grillage, dont
la partie supérieure se renverse en dehors,
est une défense suffisante contre les ron-
geurs à quatre pattes. Contre la volaille, il
faut une surveillance très-active et très-
sévère.
En somme, bien cultivés et judicieuse-
ment employés, les Choux d’hiver frisés et
panachés constituent une ressource vrai-
ment décorative et intéressante pour les
mois d’hiver où la rose de Noël est à peu
près seule en fleurs. Ils permettent de
rompre un peu la monotonie des gazons et
des plantes vertes, soit dans les petits jar-
dins de ville, soit aux abords des châteaux
où les chasses font prolonger un peu tard
la villégiature d’hiver.
Henry-L. de Vilmorin.
tout, quoique plus ou moins abondamment,
il est vrai. Son aire de dispersion s’étend
sur toutes les régions tempérées et tropi-
cales ; il est ainsi remarquable de voir une
plante s’accommoder simultanément des
températures tropicales et de la rigueur
des hivers de nos climats ; elle modifie
simplement sa durée. Vivace dans les
régions où il peut supporter les tempé-
ratures les plus basses, V Oxalis cor-
niculata devient annuel dans celles où le
froid le détruit et il s’y reproduit alors par
ses nombreuses petites graines. Pour notre
part, nous avons recueilli cet Oxalis spon-
tané sur plusieurs points de la France, et
subspontané dans les jardins du Midi, dans
ceux des environs de Paris et de Londres ;
mais l’endroit le plus inattendu, où, comme
nous, beaucoup de personnes ont pu le re-
marquer, est dans les serres à Orchidées,
499
l’oxalide corniculée.
sur les paniers de Cattleya, Lælia et autres.
Il paraît même que ce n’est pas d’hier qu’il
s’y est installé, car un amateur nous disait
récemment qu’il l’avait observé il y a plus de
trente ans dans les serres du Muséum. Au-
jourd’hui, il existe dans la plupart des serres
à Orchidées et cette indication intéressera
sans doute bon nombre d’orchidophiles qui
le prennent pour un petit Trèfle, venu là
avec les Orchidées d’importation.
Il s’y comporte d’une façon différente
de celle en plein air, car ses tiges sont
grêles, allongées, parfois pendantes au-des-
sous des récipients et d’un effet assez
agréable. Peut-être pourrait-on tirer parti
de cette aptitude en l’utilisant comme
plante à suspensions ou pour former des
tapis de verdure. Dire s’il est utile ou nui-
sible aux Orchidées en compagnie des-
quelles il vit, est embarrassant et sujet à
controverse. En tout cas, il agrémente la
surface des paniers de sa jolie verdure et
conserve peut-être la fraîcheur. On ne s’en
plaint guère que parce qu’il est envahissant.
L’Oxalis corniculata rappelle un peu,
par son aspect extérieur, le Trèfle blanc,
en pleine terre surtout, car ses rameaux
rampants y restent relativement courts
tandis que dans les serres ils s’allongent,
deviennent plus grêles, radicants, et attei-
gnent jusqu’à 30 centimètres. Ses feuilles
sont assez longuement pétiolées et portent
trois folioles articulées, rétractiles, profon-
dément cordiformes et parsemées, ainsi du
reste que toute la plante, de poils blancs
plus ou moins abondants. Ses fleurs sont
jaunes, petites, disposées en petit nombre
(2 à 5) en ombelle entourée de bractées, au
sommet d’un pédoncule plus court que les
pétioles. Il leur succède des petites capsules
herbacées verdâtres à cinq angles, longues
de 1 centimètre environ, surmontées de
cinq styles étalés, simulant des petites cor-
nes et s’ouvrant le long des angles pour
laisser échapper leurs graines. Les pédi-
celles sont alors très-étalés ou même ré-
fléchis, tandis que la capsule reste dressée ;
les botanistes attachent de l’importance à
ce caractère, car il permet de reconnaître
sûrement la plante au premier examen.
Il fleurit de mai à septembre dans les jar-
dins et pendant toute l’année dans les serres.
VOxalis corniculata présente une variété
atropurpurea (fig.151), à feuilles pourpre
brunâtre foncé, qui ne diffère pas autrement
du type, mais ce seul caractère suffit pour
rendre la plante très-distincte et la faire em-
ployer pour l’ornementation des jardins.
Cette variété s’est aussi naturalisée dans
beaucoup de jardins et s’y reproduit adven-
tivement, souvent en compagnie du type, y
conserve sans dégénérer sa teinte purpu-
rine, aptitude qui l’a fait élever, à tort, au
rang d’espèce par certains botanistes.
h’Oxalis corniculata k îeuiWes pourpres
se prête à divers emplois horticoles. Il forme
d’élégantes bordures naines autour des pe-
tites corbeilles, de charmants tapis et il
garnit très-bien la surface des grands vases,
des caisses à Orangers et autres.
Sa grande résistance à la sécheresse per-
met de l’employer pour orner les ruines et
les lieux arides ; il convient cependant de
l’exclure des rocailles, de crainte qu’il ne
s’y naturalise et n’envahisse les autres
plantes. Enfin, grâce à sa taille excessi-
vement naine et à sa teinte particulière,
qui forme un contraste saillant avec le vert,
le jaune ou le blanc des autres plantes em-
Fig 151. — Oxalis corniculata
foliis atropurpureis.
ployées en mosaïculture, il a trouvé un em-
ploi judicieux dans ce genre de décoration,
où sa facilité de culture et de multiplication
tendent encore à le faire adopter.
L’Oxalide pourpre graine abondamment
et Ton en trouve facilement des graines dans
le commerce. Il suffit de semer celles-ci au
printemps, en place, mais alors très-clair,
car elles sont excessivement fines, de les
recouvrir très-légêrement d’un peu de ter-
reau et d’éclaircir au besoin les plants s’ils
paraissent trop épais. Les plants qu’on ar-
rache peuvent du reste être repiqués ail-
leurs et Ton peut même semer en pépi-
nière d’attente lorsque l’endroit auquel on
le destine n’est pas libre. Enfin, pour l’em-
ploi en mosaïculture, on pourrait avanta-
geusement le semer en godets, afin d’ob-
tenir au moment de la plantation de celles-
ci des plantes aussi fortes que les autres et
faisant un effet immédiat. S. Mottet.
500
POIRES DIRECTEUR HARDY ET JOYAU DE SEPTEMBRE.
FLORAISON DE PLANTES NOUVELLES
ET FRUCTIFICATIONS REMARQUABLES A LA YILLA THURET
1° Floraison de plantes nouvelles
L’une de ces floraisons est une conquête
deM. Ed. André dans l’Amérique du Sud.
C’est V Anemopægma clematideum^, Bi-
gnoniacée grimpante, à feuilles trifoliolées,
la foliole terminale étant assez souvent rem-
placée par une vrille. Ses fleurs, en petites
grappes terminales, sont blanches, tubu-
leuses et coudées au-dessus de leur inser-
tion sur le pédoncule. La floraison un peu
tardive (en septembre) ne permet guère
d’en voir mûrir les graines. Je considère la
plante comme demi-rustique à la villa Thu-
ret, moins bien abritée contre le froid que
d’autres localités de nos environs.
Une autre nouveauté qui me paraît inté-
ressante, est le Gomphocarpus tcxtilis,
dont j’ai reçu les graines de M. Maurice de
Vilmorin, avec la simple dénomination de
Plante textile des régions équatoriales.
Malgré cette provenance, qui pouvait faire
supposer une grande exigence de chaleur,
la plante s’est montrée parfaitement rus-
tique, même tellement rustique qu’elle
s’est reproduite d’elle -même, sans culture,
de graines transportées au hasard par le
vent. Elle se naturalisera probablement, sans
soins particuliers, dans notre région.
C’est réellement une jolie plante de
plate-bande, haute d’un mètre, à feuilles
lancéolées, alternes ou plus souvent op-
posées ou irrégulièrement ternées. Son mé-
rite est dans sa floraison et aussi dans sa
fructification très-originale, ainsi qu’on va
le voir. Les fleurs, en larges corymbes, sont
blanches, mais avec les cornets intérieurs
violets ; quant aux fruits qui leur suc-
cèdent, ce sont de grosses vessies hérissées
1 h' Anemopægma clematideum n’est pas,
comme le croit M. Naudin, une de mes décou-
vertes dans l’Amérique du Sud, mais une de mes
introductions en Europe. Je l’ai reçu dans un en-
voi venant de Cordoba (République argentine),
grâce à l’obligeance de M. Ch. Thays. La plante
a également üeuri dans mon jardin de la villa
Colombia, au golfe Juan. (E. A.)
de poils mous, pendantes, en forme de lan-
ternes vénitiennes, de la taille d’un gros
œuf de poule et d’un aspect tout à fait
curieux. A la maturité ils s’ouvrent et le
vent en disperse les graines, longuement et
finement aigrettées.
Le Gomphocarpus textilis a des analogies
et même une certaine ressemblance avec le
G. fruticosus, arrivé d’Orient et aujour-
d’hui naturalisé dans divers endroits de la
région méditerranéenne, mais il s’en dis-
tingue par une floraison beaucoup plus
élégante et par la grosseur de ses fruits
vésiculeux. J’ai lieu de croire qu’il sera bien
accueilli par nos horticulteurs fleuristes.
Je n’ai trouvé dans les livres de botanique
que je possède ici [Botanical Magazine^
Walpers Repertorium , etc,) aucune des-
cription de la plante, de là le nom de textilis
que je lui ai donné un peu au hasard. Ce
sera peut-être un jour une plante indus-
trielle.
2° Fructifications remarquables à la Villa
Thuret, en 1897.
Notre grand et énorme Juhæa specta-
bilis^ du Pérou et du nord du Chili a
fructifié abondamment cette année, et a
produit deux volumineux régimes, qui
ont complètement mûri en septembre. C’est
la troisième fructification de notre arbre,
âgé aujourd’hui d’environ 40 ans.
Ce qui est moins ordinaire et m’a causé
une certaine surprise, c’est la production
de graines volumineuses et bien conformées
dans les cônes d’un grand Araucaria Bid--
willii, qui jusqu’à ce jour, s’était montré
exclusivement feuillu. Ces énormes cônes,
dont la grosseur est celle de la tête d’un
homme, n’avaient jamais contenu de graines.
Il est donc problable que, cette année, des
chatons mâles se sont produits, et que
l’espèce n’est pas exclusivement dioïque. Le
même fait paraît avoir été observé dans un
jardin d’acclimatation de la Caucasie.
Charles Naudin.
POIRES DIRECTEUR HARDY ET JOYAU DE SEPTEMRRE
sions déjà ; il nous a été donné, cette année,
d’apprécier une fois de plus ces deux fruits,
l’un, Directeur Hardy, dans les pépinières
Les deux Poires dont nous voulons par-
ler viennent d’être adoptées par la Société
pomologique de France. Nous les connais-
POIRES DIRECTEUR HARDY ET JOYAU DE SEPTEMBRE.
501
de M. Bruneau à Bourg-la-Reine ; l’autre,
Joyau de Septembre, à Versailles meme,
où son obtenteur, M. Hérault, nous l’avait
envoyé à déguster.
Voici leur description :
Directeur Hardy (fig. 153). — Fruit gros ou
leurs, rustique, vigoureux, même sur Co-
gnassier, très-fertile, et propre aux formes
libres aussi bien qu’aux formes palissées.
Joyau de Septembre (fig. 152). — Fruit court,
turbiné, fortement ventru, Pédoncule court,
charnu arqué, renflé à la base contre laquelle
la chair du fruit forme bourrelet. Œi! pe-
tit, ouvert dans une dépression assez profonde.
Peau épaisse, jaune verdâtre vers le sommet,
uniformément rousse dans la partie avoisinant
l’œil, et plus ou moins granitée de la même cou-
leur jusqu’à moitié de la hauteur du fruit.
Chair fondante, juteuse, un peu granuleuse
autour des loges, blanche et bien sucrée, fine-
ment parfumée, douce, non acidulée. Ma-
turité : commencement de septembre.
L’arbre est vigoureux, très fertile, propre
Fig. 152. — Poire Joyau de septembre.
moyen (la figure 153 représente en
grandeur naturelle un fruit moyen',
turbiné, allongé, obtus, légèrement
arqué. Pédondule court, oblique-
ment planté dans une faible dépres-
sion, en dehors de l’axe du fruit.
Œil petit, ouvert, rond, à peine en-
foncé. Peau jaune doré, irréguliè-
rement granitée de fauve autour de
l’œil, teintée de gris autour du pé-
doncule et largement lavée de rouge
piqueté de gris sur la partie exposée
à l’insolation. Chair blanche fine,
fondante, très-juteuse, granuleuse
sous l’épiderme et dans le voisinage
de l’œil, à goût sucré, vineux, légè-
rement parfumée. Maturité : sep-
tembre et premiers jours d’octobre.
Cette Poire est une sélection
faite dans les semis Tourasse par
M. Baltet, de Troyes; elle porte un
grand nom, pour cette raison, nous eus-
sions aimé lui voir plus de qualité encore.
Il ne faut pas se le dissimuler : comme
goût, elle est au-dessous de Beurré Hardy,
mais elle a la riche couleur d’un Clair-
geau, c’est quelque chose. Bel arbre d’ail-
Fig. 153. — Poire Directeur Hardy.
au plein vent.
M. Hérault, d’Angers, l’obtenteur de cette
variété, affirme qu’elle n’est jamais véreuse
et croit qu’elle pourrait avantageusement
remplacer la Poire d'Angleterre.
Georges Bellair.
502
COMITÉ d’admission DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1900.
COMITÉS D’ADMISSION DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1900
GROUPE VIII.— HORTICULTURE ET ARBORICULTURE
Classe 43
Matériel et procédés de l’horticulture et de
l’arboriculture.
MM.
André (Édouard), architecte paysagiste, membre
de la société nationale d’agriculture de France,
professeur à l’école d’horticulture de Versailles,
rédacteur en chef de la Revue horticole.
Aubry (Joseph), coutellerie horticole.
Bergerot (Gustave), serres (maison Bergerot,
Schwartz et Meuret), adjoint au maire du 19' ar-
rondissement.
Bornet (le docteur Edouard), membre de l’Institut,
de la société nationale d’agriculture et de la so-
ciété nationale d’horticulture de France, bota-
niste.
Ghatenay (Abel), secrétaire général de la société
nationale d’horticulture de France.
Chauré (Lucien), directeur du Mordteur de l'hor-
ticulture.
Dorléans (Ernest), claies et paillassons.
Forestier (Jean), inspecteur adjoint des forêts, con-
servateur du bois de Vincennes.
Formigé (Jean -Camille), architecte des promenades
de la ville de Paris et de l’Exposition universelle
de 1889.
Lebœuf (Paul), appareils de chauffage (maison
Lebœuf et Guion).
Mathieu (Albert), administrateur délégué de la
société des clôtures et plantations.
Ozanne (Gaston), serres et serrurerie horticole
(maison Ozanne et fils).
Picard (Méry), ingénieur des arts et manufactures,
ancien fabricant de serrurerie horticole.
Pradines (Léon), coutellerie horticole et instru-
ments de jardinage, membre de la société na-
tionale d’horticulture de France.
Rothschild (Jules), publications horticoles.
Solder (Georges), serres et serrurerie horticole.
Viger (le docteur Albert), député du Loiret, an-
cien ministre de l’agriculture, président de la
société nationale d’horticulture de France,
membre du conseil supérieur de l’agriculture.
Villard (Théodore), ingénieur -constructeur, mem-
bre du conseil supérieur du travail.
Classe 44
Plantes potagères.
MM.
Chemin (Henri), vice-président du comité des cul-
tures potagères de la société nationale d’horti-
culture de France,
Crémont jeune, horticulteur.
Decaix (Matifas), conseiller général, président de
la société d’horticulture de la Somme.
Delahaye (Ernest), graines potagères.
Dupanloup (François), graines.
Duvillard (Alfred), horticulteur.
Fontaine (Lucien), fruits, primeurs (successeur de
la maison Joret), président de la chambre syndi-
cale des négociants en fruits et primeurs de
Paris.
Hébrard (Laurent), président de la société d’horti-
culture de Vincennes.
Hémar (Honoré), membre de la société nationale
d’horticulture, ancien maraîcher.
Lapierre (François), horticulteur.
Niolet (Jean-François), ancien maraîcher-horti-
culteur, président du comité de la culture pota-
gère de la société d’hoticulture de France.
Piver (Pierre), culture potagère, membre de la
société nationale d’horticulture.
Rigault (Joseph), pommes de terre.
Ri voire (Antoine), président de la chambre syndi-
cale des horticulteurs de Lyon.
Torcy-Vannier (Alphonse), graines.
Transon (Paul), président de la société horticole
du Loiret, arlDustes d’ornement, pépinières.
Classe 45
Arbres fruitiers et fruits.
MM.
Baltet (Charles), président de la société horticole,
vigneronne et forestière de l’Aube.
Boucher (Georges), horticulteur-pépiniériste.
Bruneau (Désiré), arboriculture (maison Bruneau
et Jost).
Cordonnier (Anatole), cultures en serres.
Coulombier père, pépiniériste.
Daurel (Joseph), président de la société d’horticul-
ture de la Gironde.
Defresne (Honoré) père, vice-président de la so-
ciété nationale et centrale d’horticulture de
France.
Delaville aîné, professeur d’horticulture.
Fauquet (Eugène), professeur d’arboriculture.
Jamin (Ferdinand), pépiniériste.
Lambin (Emile), professeur d’horticulture, direc-
teur du jardin-école.
Leroy (Louis), horticulteur au Grand-Jardin, à An-
gers.
Loiseau (Léom. président de la société régionale
d’horticulture à Montreuil (Seine).
Marinier (Louis), fruits frais et primeurs.
Michelin (Henri), membre honoraire de la société
d’horticulture de France,
Nanot (Jules), directeur et professeur d’arboricul-
ture fruitière à l’école nationale d’horticulture
de Versailles.
Opoix (Octave), jardinier en chef du Jardin du
Luxembourg, professeur d’arboriculture.
Salomon (Etienne), viticulteur.
Simon-Louis (Léon), pépiniériste.
Vitry (François), arboriculteur, président de la
chambre syndicale des cultivateurs de Montreuil,
vice-président de la société nationale d’horticul-
ture de France.
Classe 46
Arbres arbustes, plantes et fleurs d’ornement.
MM.
Ausseur-Sertier (Léon), horticulteur, maire de
Lieusaint.
Berneix, rosiériste.
Bruant (Georges), plantes d’ornement.
Chantrier Aimé-Ernest), arbres indigènes.
NOUVEAUX CATTLEYAS HYBRIDES.
503
Chargueraud (Charles), professeur d’arboricul-
lure de la ville de Paris.
Ghristen (Louis), Clématites.
Cochet (Pierre), rosiériste, pépiniériste, directeur
du Journal des Roses.
Couturier-Mention, pépiniériste.
Croux (Gustave), pépiniériste.
Dallé (Louis), horticulteur-fleuriste.
Dauvesse, président du syndicat horticole d’Or-
léans.
Debrie (Gabriel), fleuriste (maison Lachaume).
Delavier (Eugène), horticulteur.
Deny (Eugène), architecte paysagiste.
Férard (Louis), fleurs variées.
Hochard, œillets.
Joly (Charles', propriétaire.
Joret (Pierre), membre correspondant de l'Institut,
professeur à la faculté des lettres d’Aix (Bou-
ches-du-Rhône).
Keteleer, doyen des horticulteurs de France.
Laforcade (Joseph), ancien jardinier en chef de la
ville de Paris.
Lévéque (Louis), horticulteur rosiériste, con-
seiller général de la Seine.
Margottin (Jules) fils, horticulteur.
Martinet (Henri), directeur du journal le Jardin,
professeur à l’école d’horticulture de Versailles.
Millet (Armand) fils, horticulteur.
Morel (Francisque), pépiniériste.
Moser (Jean), horticulteur-pépiniériste.
Nabonnand (Gilbert), rosiériste.
Paillet (Louis) fils, horticulteur-pépiniériste.
Savoye (Jean-Baptisteb horticulteur, président du
comité de floriculture de la société nationale
d’horticulture de France.
Simon (Charles-Emile), plantes grasses.
Souilliard (Jules), fleurs coupées.
Tavernier (François), horticulteur, membre de la
société nationale d’horticulture de France.
Treyve (Marie), pépiniériste-horticulteur.
Vallerand, Bégonias.
Classe 47
Plan de serre.
MM.
Bergman (Ernest) fils, secrétaire général du con-
grès international d’horticulture.
Berr (Guillaume), président du syndicat horticole,
conseiller général de Seine-et-Oise.
Bleu Alfred), horticulteur.
Cappe (Emile) père, horticulteur.
Chantin (Henri), Orchidées.
Choiseul de comte Horace de), propriétaire.
Comte (Benoît), horticulteur.
Crapotte (Arnould), plantes de serre.
Crousse (Félixi, horticulteur.
Devansaye (Alphonse de la), président de la so-
ciété d’horticulture d’Angers.
Doin (Octave), président du comité des Orchidées
de la société nationale d’horticulture de France,
éditeur d’ouvrages horticoles.
Duval (Léon), horticulteur, vice-président de la
société d’horticulture de Seine-et-Oise.
Jupeau (Léon), rosiériste.
Lemaire, horticulteu! .
Lemoine (Victor), horticulteur.
Lesueur (Georges), horticulteur. Orchidées.
Mantin (Georges), amateur d’Orchidées.
Martin-Cahusac (Raymond), propriétaire-horticul-
teur.
Page (Jean), chef jardinier.
Piret (ÉmilebOrchidées, vice-président de la société
d’horticulture et d’arboriculture d’Argenteuil.
Truffaut (Albert), horticulteur.
Van den Helde (Adolphe), horticulteur, vice-prési-
dent de la société régionale d’horticulture du
nord de la France.
Wood (Charles), horticulteur.
Classe 48
Graines, semences et plants de l’horticulture
et des pépinières.
MM.
Barbier (Albert), horticulteur-pépiniériste, (an-
cienne maison Transon).
Brault (Michel), directeur de l’établissement hor-
ticole André-Leroy.
Chouvet (Émile), secrétaire général adjoint de la
société nationale d’horticulture.
Delaire (Eugène), secrétaire général de la société
d’horticulture d’Orléans et du Loiret.
Delamarre (Eugène) , secrétaire général de la société
d’horticulture de Coulommiers.
Denaiffe (Camille), grair;es agricoles et horticoles.
Deseine )Gabriel), tils aîné, pépiniériste.
Desfossé-Thuillier (Henri), arbres fruitiers, Ro-
siers, Clématites.
Deviolairie (Émile), conseiller général de 1’. lis ne,
président de la société d’horticulture de Bois-
sons.
Guillaume (Léon), directeur de l’école profession-
nelle Le Nôtre.
Levavasseur (Théodore), horticulteur-pépiniériste
(ancienne maison Baron-Veillard).
Luquet (Jacques), jardinier principal de la ville de
Paris.
Mussat (Émile), professeur de botanique à l’école
d'horticulture de Versailles.
Nonain (Auguste), horticulteur, membre de la so-
ciété nationale d’horticulture.
Pinguet-GuinJon lEugène), pépiniériste, secrétaire
général de la société tourangelle d’iiorticulture.
Siébaut (Renéi, pépiniériste.
Simon (René', graines.
Thiébault (Pierre) aîné, ancien grainier.
Thiébault-Legendre (Dominique), graines et fleurs.
Vilmorin (Maurice Lévéque de), horticulteur-
grainier.
NOUVEAUX CATTLEYAS HYBRIDES
Nous sommes informés que M. Maron a
augmenté cette année la série de ses obten-
tions de quelques hybrides de Cattleya
très intéressants.
Nous sommes heureux de pouvoir donner
à nos lecteurs les descriptions personnelles
des nouveautés qu’il a obtenues :
Cattleya Astrea — Issu d’un croisement
entre C. Skinneri et C. Loddujesii . Première
floraison le 8 janvier 1897.
504
LE MUGUET
Sépales et pétales rose clair; labelle blanc
teinté de jaune à la gorge avec une macule
purpurine au fond de la gorge, très ondulé et
frisé sur les bords. Bulbes de 16 à 17 ceii'
timètres de hauteur, pourvus de deux feuilles
de 12 à 13 centimètres de long sur 6 de large,
port du C. Skinneri.
2*" Cattleya Fernand Denis. — Sorti du C.
Aclandiæ par C. Gigas, décrit dans la Revue
horticole (no du l^r juin 1897).
30 Cattleya Feuillati. — Issu du C. guttata
Leopoldi par C. su^jerha. Les divisions de la
fleur sont d’un coloris rouge pourpre très-foncé
dans lequel se trouvent fondues des quantités
de points noirâtres ; le labelle rappelle celui du
C. superba, mais il est encore plus foncé.
Première floraison le 15 avril 1897. Bulbes de
22 centimètres de hauteur portant deux grandes
et belles feuilles. On peut facilement observer,
dans le port de la plante, l’influence du C. su-
perba.
40 Cattleya Breautana. — Croisement du
C. Loddigesii par C. superba. La fleur est
grande et d’une belle tenue, rose uniforme
dans ses divisions; le labelle est violet pourpre,
ligné jusqu’à la gorge et de même forme que
les deux parents. Bulbes de 20 centimètres de
haut portant deux et souvent trois feuilles
épaisses et arrondies.
Première floraison le 25 avril 1877,
50 Cattleya Gaudii. — Issu du C. guttata
Leopoldi par C. Loddigesii. Fleurs bien faites,
avec les divisions rose clair abondamment
pointillées de rouge foncé ; le lobe médian du
labelle est prolongé de 2 centimètres et d’un
rouge magenta brillant.
Première floraison le mai 1837. Plante
vigoureuse qui atteindra d’assez fortes dimen-
DES PAMPAS.
sions; bulbes fusiformes allongés portant deux
feuilles.
6° Lælia-Cattleya purpurata-Mossiæ, var.
— Obtenu entre un Lælia purpurata à bulbes
courts et renflés et à fleurs brillantes et un
Cattleya Mossiæ-imperialis. Première florai-
son le 25 mai 1887 ; faisait partie d’un groupe
de trois plantes qui ont obtenu une médaille
d’or à l’exposition du 2 juin dernier à Paris.
7" Lælia callistoglossa (même hybride que
celui de MM. Veitch). — Issu du L. purpurata
et Cattleya Gigas imperialis. Première florai-
son le 15 juin 1897; la description en sera
donnée à la prochaine floraison.
8*’ Cattleya dubia. — Parenté incertaine
et supposée entre C. Trianæ et C. Harrisoniæ.
Le labelle rappelle par sa forme le L. Lind-
leyana; la fleur entière est d’un coloris mauve
très-clair avec une tache violette sur le labelle,
l’ensemble est d’une fi aîcheur tout à fait sé-
duisante. Première floraison le 25 août 1897.
9"* Cattleya Bowringiano-blesensis. — Issu
du C. Bowringiana fécondé par C. blesensis.
La plante rappelle, par sa végétation, un C
Bowringiana en miniature, la plante ne s’éle-
vant pas à plus de 20 centimètres de hauteur ;
les fleurs sont d’un beau coloris rose et le
labelle est très brillant. Première floraison le
28 août 1897.
IO0 Lælio-Cattleya Stelzneriano-Hardyana
décrit dans la Revue horticole., 1897, p. 473.
Il est intéressant de publier ainsi les
actes de naissance de ces nouveautés, dont
plusieurs sont probablement appelées à de
brillantes destinées.
Ed. André.
LE MUGUET DES PAMPAS
Sous ce nom s’est répandue celte année,
dans les cultures, une plante qui n’a du
véritable Muguet que de petites fleurs
blanches, en grelot, inodores, solitaires à
l’aisselle des feuilles, et cela, sans grand
effet décoratif.
La plante n’est pas une Liliacée, comme
semblerait l’indiquer son nom vulgaire :
c’est une Solanée, à laquelle on a attaché le
nom de Withania origanifolia, dont nous
n’avons pas pu vérifier l’authenticité bota-
nique, car seul V Index Kewensis men-
tionne le genre, mais le genre Withania,
l’espèce origanifolia n’y figure pas. La
plante ne paraît pourtant pas absolument
nouvelle, car certaines personnes nous ont
dit la connaître depuis plus de dix ans.
Quoi qu’il en soit de son origine et de sa
nomenclature, nous croyons intéressant
pour nos lecteurs d’en donner la descrip-
tion, car son nom familier de Muguet des
Pampas dirige l’imagination vers tout autre
chose.
C’est une plante herbacée, vivace, tra-
çante, très-vigoureuse (rustique?) prospé-
rant en plein air pendant la belle saison, et
y prenant même un très-grand développe-
ment. Plantée au pied d’un mur, ses longs
rameaux sarmenteux, herbacés et à nœuds
très espacés, ont rapidement atteint 3 mè-
tres et garni le treillage d’une masse épaisse
de verdure. Les feuilles sont alternes, lon-
gues de 6 centimètres environ y compris le
pétiole, et à limbe ovale obtus et très-fmc-
LE MUGUET DES PAMPAS.
CORRESPONDANCE.
505
ment pubescent en dessous. A l’aisselle de
chaque feuille supérieure, naît un rameau
et une toute petite fleurette blanche, pen-
dante sur un pédoncule de 1 centimètre et
demi de long, à calice à cinq longues dents,
et à corolle de 7 millimètres de long, en
grelot, resserrée à la gorge, à cinq petites
dents réfléchies, barbue intérieurement à
l’insertion des étamines. Le fruit est une
baie.
Le Muguet des Pampas, sans répondre à
ce qu’on pourrait attendre de son joli nom,
est une grande herbe grimpante, qui
donne une abondante verdure. Par consé-
quent, il peut trouver une place avanta-
geuse le long des murs, sur les treillages
et les berceaux qu’on désire voir rapi-
dement garnis d’un feuillage épais et res-
tant d’un beau vert.
Sa culture ne présente aucune difficulté,
et sa multiplication peut facilement avoir
lieu par séparation de ses rejets traçants,
et sans doute aussi par le bouturage
printanier. M. Girard.
CORRESPONDANCE
JV® 4899 {Paris). — Vous avez depuis
deux ans, en serre tempérée, un Streptosolen
Jamesoni, « qui a poussé vigoureusement,
cette année surtout, mais n’a pas encore donné
une seule fleur ». Nous n’en sommes pas sur-
pris, car c’est sur le littoral méditerranéen que
la plante est surtout remarquable ; elle forme
alors de jolis arbustes de pleine terre se cou-
vrant, généralement au printemps, de char-
mantes fleurs jaunes ou rouge capucine ;
tandis que sous le climat moyen de la France,
où elle a besoin de la serre froide ou tem-
pérée, elle pousse souvent de vigoureux ra-
meaux sans fleurir. Nous vous conseillons de
ne pas tailler ces rameaux, qui se termineront
en avril, en serre, par de beaux bouquets
bien épanouis.
F. S. C. (Autriche). — Nous croyons que
vous pourrez conserver en pleine terre l’hiver
votre Bambou doré, bien qu’il tombe beau-
coup de neige sous votre climat, et que le ther-
momètre y marque parfois jusqu’à — 12», car
même avec une semblable température, cet
arbuste est rustique sous le climat de Paris,
mais à la condition d’en garantir la base avec
une butte de feuilles sèches, qu’on laisse débor-
der assez loin tout autour de la touffe. On
recouvre ensuite cette butte de feuilles avec des
paillassons bien attachés, pour éviter que l’air
froid ne pénètre dans les feuilles et que le vent
ne les enlève. S’il survient, en hiver, des
temps doux, on en profite pour donner un peu
d’air.
iV» 3955 (Vienne). — Oui, pour conserver
vos Papyrus l’hiver, il faut les rentrer en
serre tempérée ou en serre chaude. Coupez les
anciennes tiges, mais après avoir conservé les
plantes quelque temps debout, dans un endroit
sain, pour laisser les tiges se dessécher d’elles-
mêmes. Vous pourrez ensuite multiplier vos
Papyrus par division de touffes, en même
temps que vous en opérerez le rempotage.
3259 (Eure-et-Loir). — Voici les noms
des deux échantillons que vous nous avez
envoyés pour les déterminer :
Poire William'’ s Duchess ;
2» Coleus Hippolyte Jamain.
Quant aux deux boutures et aux feuilles
détachées qui les accompagnaient, nous n’avons
pu en discerner l’espèce ; elles nous sont d’ail-
leurs parvenues en mauvais état.
il/me B... (Seine). — La grappe de Raisin
que vous nous avez adressée pour en savoir le
nom appartient à la variété Gros Colman.
Cette variété présente parfois l’inconvénient
que vous nous avez signalé, de rester plusieurs
années sans fructifier, lorsqu’on la taille trop
court. Il faut tailler la Vigne Gros Colman à
longs bois, en conservant jusqu’à cinq et six
yeux, avec un bourgeon de remplacement à la
base de la couronne ; lequel bourgeon fournira
le bois de taille de l’année suivante. — Quant
au goût particulier du fruit, sur lequel vous avez
appelé notre attention, il doit tenir à une cause
locale que nous ne pouvons connaître. D’ail-
leurs nous ne l’avons pas trouvé aussi mauvais
que vous nous le disiez ; nous lui avons trouvé,
à peu de chose près, le goût ordinaire du
Gros Colman, et il est possible qu’il s’améliore
par la taille que nous vous conseillons d’appli-
quer, et le développement de la fructification.
de S^ L. (Drôme). — Si vous cultivez le
Manioc de Colombie (Manihot carthagenense)
en souvenir de vos voyages, vous pouvez le
mettre en pleine terre sur une pelouse pendant
l’été, où son beau feuillage digité produira un
effet très-décoratif, mais il faudra le rentrer
en serre froide pendant l’hiver. Il résiste ce-
pendant le plus souvent aux hivers de la côte
méditerranéenne.
506 LES DAHLIAS DE BONNE TENUE. — HIVERNAGE DES PLANTES AQUATIQUES DÉLICATES.
LES DAHLIAS DE BONNE TENUE
M. Glémencet, dans un article paru récem-
ment dans la Revue Itorüeole % a fait judi-
cieusement observer qu’autre chose est de
cultiver les Dahlias pour la fleur coupée, et
autre chose est d’orner un jardin avec des
Dahlias de bonne tenue. Il ne suffit donc
pas, pour l’amateur qui visite une exposi-
tion de Dahlias en fleurs coupées dans le
but de noter les plus belles variétés à intro-
duire dans ses massifs, de se borner à ins-
crire ceux dont les fleurs sont les plus jo-
lies. Pour renseigner efficacement le
public sur ce point, nous croyons qu’il se-
rait bon de voir les exposants obligés d’in-
diquer sur les étiquettes, soit la mention
« pour fleurs coupées », soit la mention
« pour massifs ».
Donc, à l’égard de la bonne tenue, nous
approuvons pleinement M. Glémencet lors-
qu’il recommande les races à fleurs Lilliput
et à fleurs moyennes. Mais il faut y ajouter
les Dahlias à fleurs simples, qui sont
éminemment florifères, et dont beaucoup
possèdent des pédoncules à la fois longs,
dégagés et rigides.
Quant aux Dahlias à grosses fleurs,
qu’ils appartiennent à la race dite décora-
tive, à la race Cactus ou encore à l’an-
cienne race aux formes régulières, il faut
bien convenir, avec M. Glémencet, qu’il
est trop souvent nécessaire de les chercher
dans leur feuillage, et de se livrer à des
ébourgeonnages répétés pour les amener
à se produire dans toute leur plénitude.
Une seule chose nous étonne, c’est que,
sur ce point, il ne se soit pas encore pro-
duit de dissertations à perte de vue sur le
bouton -couronne et sur le bouton terminal.
Précisément, nous avons eu l’occasion de
visiter, dernièrement, une importante col-
lection de Dahlias cultivés’ en pleine terre,
et comprenant les diverses races connues.
Gela nous a permis de serrer de plus près
la question des variétés possédant un en-
semble de qualités nécessaires pour leur
emploi à l’ornementation du jardin. Nous
en profiterons donc pour donner la liste des
variétés de Dahlias bonnes pour massifs et
pour plates-bandes, dans les diverses races
que n’a pas examinées M. Glémencet :
I. — Dahlias à fleurs de Cactus
Auguste Nonin.
Bertha Mawlay.
Cannelles favourite.
Kaiserin.
Lady Montagne.
M. Paul Cacheux.
Ohan.
Purple Gem.
Roi des Cactus.
William Pearce.
II. — Dahlias décoratifs
Annie Harvey.
Beauté Lyonnaise.
Esmeralda.
Grand-duc Alexis.
Hermann Schubert.
III. — Dahlias
Docteur Jules Guillot.
Gloire de Lyon.
Gloire de Paris.
Impératrice Augusta.
Junon.
Léon XIH.
Mandarin chinois.
Madame Hoste.
Madame Langtry.
Madame William
Slak.
Mademoiselle Alice
Grévy.
Mademoiselle Fur-
tado-Heine.
Impératrice des Indes
Maid of Kent.
Mademoiselle Lorton.
Minos.
Perle de laTêted'Or.
à grosses fleurs
Mademoiselle Lily
Large.
Muriel.
Octavie.
Philippe Vil.
Prince de Danemark.
Rubis.
Sir Richard Wal-
lace.
Sou venir d' A Ifred Mo-
reau.
Vicomtesse de Ment-
que.
Victor Duflot.
Gette énumération permettra aux ama-
teurs qui recherchent avant tout les Dah-
lias à bon port et néanmoins florifères et
portant de belles fleurs, de joindre aux
races Lilliput, à fleurs moyennes et à
fleurs simples, les variétés qui, dans les
autres races, se tiennent le mieux au point
de vue cherché. H. Dauthenay.
HIVERNAGE DES PLANTES AQUATIQUES DÉLICATES
La flore aquatique de plein air est com-
posée en majeure partie de végétaux indi-
gènes en France, et par conséquent rus-
tiques, mais les espèces exotiques qui
* Voir Revue horticole, 1897, p. 451.
peuvent vivre à l’air libre et se développer
pendant la belle saison de nos climats, ne
résistent pas toujours aux rigueurs de nos
hivers, si l’on n’a la précaution de les
abriter ou de les garantir sur place de la
gelée.
HIVERNAGE DES PLANTES AQUATIQUES DÉLICATES.
507
Il y a d’aliord lieu de distinguer deux
séries de plantes aquatiques délicates :
1° Celles exigeant la rentrée en serre
tempérée chaude, soit 15-18*^ en hiver, ou
en serre froide ou orangerie ;
2® Celles ne demandant qu’à être garan-
ties sur place de la gelée.
Parmi les genres de la première série, il
faut citer les : Hydrocleis Humholdtif
Juncus spiralis, Jussieua, Limnocharis,
Nymphœa exotiques, Nelumbium, Pistia,
Pontederia azurca et crassipes, Richar-
dia, Sagittaria exotiques, Thaliay Vil-
larsia, qui doivent être rentrés en serre
dès le mois d’octobre pour y passer la mau-
vaise saison.
La culture en terrines, bacs ou paniers
est très-utile pour certaines des espèces
précitées, parce qu’elle facilite leur rentrée
sans que les plantes soutirent du déplace-
ment. Les soins généraux à observer en
cette saison, qui est celle du repos, con-
sistent à tenir les plantes à la température
la plus basse qu’elles puissent supporter,
suivant leur origine. Celles rhizomateuses,
comme les : Nelumhium, Nymphæa^ Ri-
chardia, Tkalia, n’ont même pas besoin
d’être couvertes d’eau pendant l’hiver. Il est
facile de placer les bacs, terrines ou caisses
dans un endroit quelconque de la serre ou
de l’orangerie, à l’abri de la sécheresse, et
il suffit de tenir la terre un peu humide.
Les plantes dont la végétation est perma-
nente doivent être placées le plus près du
vitrage des serres, près des bassins d’arro-
sage, et les soins doivent se borner à con-
server l’eau très-propre et à la renouveler
de temps à autre.
Au mois de mai suivant on donne un
rempotage, ou bien les plantes sont repla-
cées en plein air, à même le sol, pour se
développer pendant l’été et être rentrées de
nouveau en octobre.
Les espèces plantées en pleine terre et
qui nécessitent une couverture pendant
l’hiver appartiennent aux genres Aponoge-
touy Houttuynia, NymphæUy Pontederia
cordata, Sagittaria exotiques, et forment
la seconde série. Elles appartiennent au
groupe des flottantes et des émergées, et
sont donc couvertes d’une couche d’eau
variant en hauteur de 10 à 40 centi-
mètres.
Si le lieu où elles se trouvent peut être
préservé de la congélation en hiver par un
moyen d’écoulement d’eau continu, il est
superflu de leur donner un abri artificiel
quelconque, mais comme ce cas se ren-
contre assez rarement, il faut songer à
garantir le mieux possible des froids les
plantes qui ne pourraient y résister sans
être préservées.
Dans tous les cas, plus les souches peuvent
être recouvertes d’eau, moins il y a de
craintes qu’elles souffrent de la gelée, celles
qui se trouvent sous le niveau de la congé-
lation sont presque sûrement garanties
contre ses atteintes.
Si l’on possède donc,, dans les bassins ou
aquariums, quelques-unes des plantes ci-
dessus, on coupera vers la fin de novembre
leurs liges ou leurs feuilles au ras de l’eau ;
le niveau de celle-ci sera baissé de façon à
ce qu’il ne dépasse pas 8 à 10 centimètres
de hauteur. On disposera sur le bassin des
planches ou de forts branchages pouvant
supporter une certaine charge ; sur ce plan-
cher improvisé, on forme un lit de paille
ou de fumier long et sec, d’une épaisseur
d’environ 25 à 30 centimètres, et placé de
telle façon qu’il n’existe aucun vide. Les
feuilles sèches sont préférables, parce
qu’elles laissent moins pénétrer la gelée,
mais elles doivent être recouvertes d’une
couche de fumier, pour que le vent ne
puisse les enlever. Cette couverture a en
même temps le grand avantage de préserver
de l’éclatement les parois cimentées des
bassins, réservoirs ou aquariums, qui se
crevassent presque toujours sous la pression
de la glace.
Au mois de mars, l’abri est enlevé, le
bassin nettoyé et rempli d’eau.
Cette façon de préserver les plantes déli-
cates de la gelée est d’autant plus facile à
pratiquer que presque toutes les espèces de
ce groupe se cultivent dans des bassins spé-
ciaux ou aquariums, où le but a été plutôt
de réunir de bonnes conditions culturales
que de chercher un effet artistique quel-
conque.
Si les plantes citées plus haut sont culti-
vées en récipients quelconques, on peut
descendre ceux-ci au fond de l’eau, pour les
remonter à la surface au printemps, ou
bien encore les transporter à l’abri du froid,
dans une cave par exemple, après les avoir
nettoyées ; là, il suffit de tenir la terre
humide. On remet en place au printemps,
après un rempotage, si celui-ci est néces-
saire.
Ces moyens de préservation peuvent être
employés sous le climat de Paris et ceux
analogues, pour les genres que nous avons
cités ; ils seront inutiles pendant les hivers
moyens, mais déjà dans le nord de la
508
SOCIÉTÉ NATIONALE D^HORTIGULTURE DE FRANCE.
France ils sont plus indispensables, si l’on
tient à conserver intactes de belles touffes
des plantes aquatiques des genres Apono-
geton, Houttuynia, Pontederia cordata,
Sagittaria exotiques, Saururus. Gomme
dernière mesure de précaution, nous culti-
vons toujours en terrine un ou deux exem-
plaires de chaque espèce non rustique
comme sujets de remplacement.
Jules Rudolph.
SOCIÉTÉ NATIONALE D’HORTICULTURE DE FRANCE
SÉANCE DU U OCTOBRE 1897
Floriculture.
Peu d’apports, mais une importante nou-
veauté à signaler : le Bégonia Rex Ruhis^
obtenu par M. Duval et issu du B. Rex Ville
de Namur. Très-distinct de son parent, sa co-
loration, d’un rouge rubis, est permanente,
sans qu’il soit besoin de passer les plantes
momentanément sous l’influence directe des
rayons solaires. Il ne ressemble pas non plus
au B. Rex Madame Henry Gâche, dont les
feuilles ne se marbrent que par plaques d’un
reflet micacé.
Madame veuve Chantin et ses enfants pré-
sentaient une Broméliacée datant déjà de
quelques années, et dénommée _ Billbergia
Chanlini. Nous avons eu l’occasion de donner
une description succincte de cette plante, qui
peut être plutôt rattachée au genre Æchmea.
Enfin une belle collection d’Asters orne-
mentaux, de M. Dugourd, contenait, à côté de
quelques espèces de choix, un bon nombre de
variétés de semis qui offrent de l’intérêt. Noté
entre autres, VA. ericoides vrai, les A. ho-
rizontalis coccineus et tardiflorus, l’A. Virgo
Maria qui paraît être une amélioration du
White Queen, l’A. Madame Bellanger, amé-
lioration du Triomphe de Fontainebleau ; une
forme de l’A. formosissimus, dénommée Es-
peranza nova (?) ; puis les variétés Madame
Billiard, cærulæa grandiflorà, Mignonnette
rose. Madame Emile Ménard, etc.
Orchidées.
On remarquait surtout le bien joli Cattleya
Mantmi {C. Bowringiana X aurea) et le
Cypripedium Madame Darvernal {G. lævi-
gatum X selligerum majus), apportés par
M. Opoix ; puis deux beaux Cattleya labiata
de M. Duval, un Cypripedium Simonis
{C. Leeanum X Chantini), de M. Gousmon-
tagne ; le Cypripedium inversum Constance
{C. Stonei X Curtisii), de M. O. Doin; et
enfin deux Aerides, de M™e veuve Chantin :
l'un d’eux ressemble à VA. Lawrenceanum,
l’autre paraît ne ressembler à aucune des
espèces connues.
Chrysanthèmes.
L’intérêt de la séance résidait surtout dans
les apports de cette section. Il était partagé
entre un lot de plantes de choix, telles que
Louise, Madame Gustave Henry, Edouard
Rey, Hussein Kamil, etc., présentées par
M. Lemaire pour leur belle culture, et les
quatre lots de nouveautés suivants :
1» M. Liger-Ligneau présentait Monsieur
Montante, variété échevelée, à ligules retom-
bantes, saumon rougâtre pointé jaune, et un se-
mis No 130, à grosse fleur en globe, aux ligules
rayonnantes, un peu spatulées aux extrémités,
jaune d’or.
2° Dans l’apport de M. de Reydellet, on no-
tait surtout Madame Fortuné, à longs tuyaux
bronze, intérieur rouge. Quant à Madame
François Bornaul, elle nous paraît se rap-
procher beaucoup de Madame Arthur Gué.
3® M. Chantrier avait envoyé, entre autres,
Madame Le Barillet, vieux rose, et Ma-
dame de Serres, d’une couleur de Barbe-de-
Capucin fabriquée avec de la Chicorée sauvage
à feuilles rouges. Ces deux formes de capi-
tules sont singulières : en boule écrasée sur le
dessus, où les ligules sont extrêmement ser-
rées, épointées et jaunâtres. On dirait de
gigantesques capitules de Cresson du Para.
4o Quant aux nouveautés panachées de
M. Délaux, elles nous ontsemblé donner moins
qu’on en avait espéré. La meilleure nous pa-
raît être Panachée Incomparable, aux ligules
larges et étalées, les unes jaune cuivrée et les
autres comme plus ou moins lavées de rouge
sang.
Arboriculture fruitière.
Revue de beaux fruits : Pêches Salway, de
M. Gorion; Pomme Calville blanche, avec
l’empreinte des aigles russes, de M. Moreau ;
Poires Doyenné du Comice, de M. Orive ;
Charles- Ernest, de M. Michonneau ; Beurré
Bachelier, provenant d’arbres greffés sur
franc, de M. Opoix; Conseiller de la Cour,
de M. Geibel ; Pierre Joigneaux, de M. Baltet ;
Duchesse d'Angoulême et Doyenné du Co-
mice, de M. Pierre Passy, etc.
Culture potagère.
Nous revoyons la Fraise Saint- Toseph et la
Fraise Louis Gauthier, puis aussi un semis de
Fraise des Quatre-Saisons Janus, de M. La-
pierre. Enfin, M. Legrand nous montre du
Céleri plein blanc d* Amérique, et des racines
de Scolyme d*Espagne et de Topinambour
blanc, réellement améliorées au point de vue
culinaire. Ces résultats témoignent d’une sélec-
tion attentive et suivie. H. Dauthenay.
Orléans. — lmp. G. Jacob, Paul Pigelet, suocesseur.
Le Direeteur-Oérant i L. Bourguignon.
CHRONIQU.E HORTICOLE.
5)9
CHRONIQUE HORTICOLE
L’Exposition de Chrysanthèmes et fruits au jardin des Tuileries. — Plantes à feuillage blanc pour
bordures ou mosaïques. — Le vrai nom du Muguet des Pampas. — Les effets des verres colorés sur
la végétation — Encore le Jadoo. — Un nouveau mode d'arrosage des arbres d’alignement. — Le
forçage et le commerce du Muguet à l’étranger. — Un arbuste pour décoration hivernale. — Espaliers
de Pêchers sur cloison noire. — Singulier Millonia. — Ouvrages reçus. — La végétation fruitière
dans rOklahoma.
L’Exposition de Chrysanthèmes et
fruits au Jardin des Tuileries. — C’est
au Jardin des Tuileries que s’est tenu, pour
la première fois celte année, l’Exposition
d’automne (Chrysanthèmes et Fruits) de la
Société nationale d’horticulture de France.
Elle a été installée, sous une grande tente,
sur le même emplacement que l’exposition
de printemps. Le Chrysanthème est à la
mode ; aussi pensait-on voir l’ouverture de
l’exposition attirer un grand concours de
public. Les prévisions les plus optimistes ont
été dépassées et une afltuencc considérable
a envahi l’exposition le jour de l’ouverture.
Voici les principales récompenses qui
ont été décernées :
Grand Prix d’honneur, objet d'art offert
■par M. le Président de la République. —
MM. Vilmorin-Andrieux et Cîe, 4, quai de la
Mégisserie, à Paris (Chrysanthèmes).
Prix d’honneur, objet d'art offert par
M. le Ministre de l'Instruction publique et
des Beaux-Arts. — M. Nonin (Auguste), hor-
ticulteur à Ghâtillon-sous-Bagneux (Seine)
(Ghryscnthèmes).
Médailles d’honneur offertes par M. le Mi-
nistre de l'Agriculture. — M. Fatzer, Direc-
teur des Forceries de l’Aisne, à Quessy (Rai-
sins), et MM. Croux et fils, horticulteurs au
Val-d’Aulnay (arbres fruitiers).
Médailles d’honneur offertes par la Société
nationale d’horticulture. — M. Galvat (Er-
nest), à Grenoble (Chrysanthèmes de semis),
et M. Patrolin, horticulteur à Bourges (arbres
fruitiers).
Notre collaborateur, M. Dauthenay, a
bien voulu se charger, dans un article qu’on
lira plus loin, d’exposer les caractères les
plus saillants de cette exposition, se réser-
vant, dans un article ultérieur, d’examiner
les apports des exposants, aux divers
points de vue qui intéressent directement
les horticulteurs et les amateurs de Chry-
santhèmes : nouveautés, choix de variétés,
différents genres de culture, etc.
Plantes à feuillage blanc, pour bor-
dures ou mosaïques. — Au sujet de ces
16 Novembre 1897.
plantes, dont parlait notre collaborateur,
M. H. Dauthenay, dans un de ses derniers
articles, MM. Rivoire père et fds, horticul-
teurs à Lyon, confirmant tout ce qui a été
dit du Pélargonium zoné Madame Salle-
ron, et de la variété Couronne d'argent,
qui en est sortie, appellent aussi notre
attention sur une autre de leurs obtentions,
mise au commerce au printemps dernier,
et qui a obtenu un grand succès, le Cine-
varia maritima Diamant.
Cette plante a, en effet, le mérite de pos-
séder un feuillage et des branches beaucoup
plus blanches que le Cineraria maritima
candidissima. Cette variété nouvelle est
d’une blancheur aussi pure que celle du
Centaurea candidissima, et, remplacera
avantageusement dans les cultures les an-
ciennes variétés de Cinéraires maritimes.
Le vrai nom du Muguet des Pampas.
— Notre collaborateur, M. Girard, avait eu
raison de faire ses réserves au sujet du nom
véritable de la plante mise au commerce
sous la dénomination de Muguet des
Pampas. On trouvera plus loin, dans un
article spécial, les deux communications
que nous avons reçues à ce sujet, l’une de
M. Gérome, chef de l’École de botanique du
Muséum d’histoire naturelle, l’autre de
M. Godefroy-Lebeuf, horticulteur.
La plante vendue sous le nom de Muguet
des Pampas n’est pas un Withania, mais
si M. Godefroy-Lebeuf l’a prise pour un
Withania, c’est qu’elle a été longtemps éti-
quetée sous ce nom au Muséum. L’erreur a
été reconnue il y a une dizaine d’années envi-
ron, et rectifiée ; mais on comprend que
M. Godefroy-Lebeuf ne l’ait pas soup-
çonnée. Le Muguet des Pampas n’est autre
que le Salpichroma rhomhoideum, dont
nous avons parlé à plusieurs reprises dans
la Revue.
Les effets des verres colorés sur la
végétation. — Nous avons reçu de M. A.
Blavet, président de la Société d’horticul-
22
510 CHRONIQUE HORTICOLE.
ture de rarrondissement d’Étampes, la
communication suivante :
J’ai lu avec intérêt l’article qu’a publié la
Revue horticole à propos des effets de la lu-
mière colorée sur la végétation.
En juillet 1872, je fis également les mêmes
expériences au moment où celles du général
Pleasonton sur l’application de la lumière
bleue avaient un certain retentissement.
La Société d’horticulture de France voulut
bien reproduire en août i872 le résultat de
mes expériences qui ont été confirmées par
celles dont il vient d’être rendu compte.
Cependant, il faut bien l’avouer, je ne sache
pas que depuis vingt-cinq ans, un seul praticien
ait employé des verres colorés.
Pourquoi ne pas répéter ces expériences si
peu coûteuses, dans les écoles d’horticul-
ture ?
De là, les résultats étant publiés et reconnus
avantageux, nous verrions l’industriel les
mettre à profit.
A. Blâvet,
président de la Société d’horticulture
de l’arrondissement d’Étampes.
Nous ne pouvons qu’appuyer les vœux de
M. Blavet, et nous serons très-heureux de
publier les résultats d’expériences analo-
gues qu’on voudrait bien nous communi-
quer.
Encore le Jadoo. — Après le Vick' s Ma-
gazine, dont nous avons récemment cité
un article surleJadoo\ V American Garde-
ning, dans deux numéros successifs, en en-
tretient ses lecteurs.
Un correspondant de ce journal, M. L.-G.
L. Jordon, de New Jersey, relate des cures
merveilleuses de plantes malades ou étio-
lées, par leur empotage dans de la fibre de
Jadoo : Caladiums, Lataniers, Fougères,
Crotons, Pélargoniums, etc.
Des essais ont eu lieu en pleine terre ; des
fibres de Jadoo ont été placées sous les ra-
cines des Rosiers et de diverses autres
plantes, et les résultats ont été satisfaisants.
Mais là, des arrosements opérés avec un
« Jadoo-liquide » sont intervenus.
Le correspondant de \’America7i Ga^'de-
nmg conclut en disant que toutes ses
plantes de serre vont être rempotées dans
du Jadoo au moment de leur rentrée, et que
tous ses semis seront faits en caisse de Ja-
doo, préalablement criblé. Il engage enfin
vivement les amateurs à en faire l’essai.
Précisément, nous avons reçu de M. Ga-
tros-Gérand, horticulteur à Bordeaux, la
’ Voir Revue horticole, 1897, p. 416.
lettre suivante qui indique que de's essais
ont déjà été faits en France :
Le numéro du 16 septembre de la Revue
ho7ûicole signale un engrais, fabriqué en An-
gleterre et employé sous le nom de fibre de Jadoo.
D’après nos essais commencés l’année dernière,
la réclame pour ce produit n’est pas exa-
gérée.
Get engrais a surtout été préconisé pour la
Vigne et les résultats en sont très-favorables ;
chez nous, ce sont les Primevères, les Ciné-
raires, les Jacinthes et les Chrysanthèmes qui
ont végété d’une manière remarquable.
M. Gatros-Gérand ayant bien voulu nous
adresser un ballot de fibres de Jadoo, nous
avons pu constater qu’à première vue, cette
matière paraît être un mélange de fumier de
tourbe et de loam. Notre collaborateur,
M. Dauthenay, a procédé immédiatement à
quelques rempotages avec cette matière. Nous
en avons fait autant et ferons connaître
les résultats obtenus.
Un nouveau mode d’arrosage des
arbres d’alignement. — Nous venons
de voir à Berlin les plantations des nou-
veaux boulevards et avenues, qui présen-
tent un aspect de grande vigueur et qui
sont bien traitées. A part les célèbres Til-
leuls de l’ancienne promenade Unter deii
Lmdeji, dont le terre-plein central n’a pas
été rajeuni et où l’on remplace seulement
les arbres morts de temps en temps, les
plantations municipales sont bien entre-
tenues.
Ges arbres se dénudent moins vite qu’à
Paris, la moyenne de chaleur estivale
étant moins élevée que chez nous. Tous les
trottoirs ne sont pas en asphalte imper-
méable, mais un bon nombre sont formés
d’un cailloutis ou ciment qui laisse passer
l’eau des pluies entre ses interstices.
En outre des arrosements que l’on dé-
verse dans les cuvettes pratiquées, comme
à Paris, au pied des troncs, on a récem-
ment imaginé le procédé suivant, qui s’ap-
plique très-bien aux grandes villes :
Autour de l’arbre, à une distance assez
grande du tronc, on creuse des petits
puits revêtus intérieurement de tuyaux de
terre latéralement perforés. Ges drainages
verticaux sont fermés avec des plaques de
fonte identiques à celles des bouches d’eau
et des bouches de gaz. Lorsqu’on veut ar-
roser l’arbre, on emplit d’eau ces sortes de
puits. L’eau pénètre ainsi précisément
dans le périmètre où se trouvent les petites
racines de l’arbre. Il y a ainsi économie
CHRONIQUE HORTICOLE.
511
d’eau, parce qu’on n’arrose pas souvent et
inutilement dans les cuvettes, et que
toute l’eau conduite par les drainages au
chevelu est absorbée par celui-ci.
Il serait bon d’instituer sur nos boule-
vards de Paris des essais de ce système.
Le forçage et le commerce du Muguet
à l’étranger. — Sous la signature de
M. V. W. Burbidge, le journal The Gar-
den publie un long article sur le Conval-
laria maialis, que les Anglais appellent
(( le Lys de la vallée. » (Lily of the valley)
et que nous désignons sous le nom
de Muguet de Mai. Nous en extrayons
un passage qui devrait bien inspirer aux
forceurs français des méditations salu-
taires :
« En Allemagne, la culture du Muguet est
devenue une industrie considérable, et les
fleurs de cette provenance sont partout pré-
férées à celles de France ou de Hollande.
Aussi, les forceurs pour fleurs coupées de
Berlin cultivent-ils le Muguet sur une grande
échelle. Le forçage de cette plante s’y est
montré tellement rémunérateur que des cham-
bres réfrigérantes ont été installées pour re-
tarder, dans certains cas, l’épanouissement des
fleurs, avec des fosses chauffées pour avancer
la végétation. De cette manière, il est possible
d’avoir des fleurs d'un bout de Vannée à
Vautre^ au lieu que la saison n’en dure que
deux ou trois mois. Il est curieux de noter que
les fleurs de Berlin sont estimées beaucoup
plus haut que celles de Hambourg et des autres
localités. »
Suivant l’exemple des Allemands, les
Anglais ont installé leurs forceries selon la
méthode innovée en Allemagne, et l’exploi-
tation commerciale des Muguets y devient,
là aussi, très-importante, surtout depuis
que M. Jannoch, de Dersingham, et
M. T. Rochford, de Turnford, et divers
autres horticulteurs pour fleurs coupées
en ont fait une gigantesque spécialité.
Un arbuste pour décoration hivernale.
— Les habitants de la France centrale et
septentrionale connaissent peu ce bel ar-
buste. Dans l’Ouest il est assez connu ; on
le cultive dans les pépinières d’Angers, de
Nantes, etc., et les jardins du littoral breton
comme ceux de la presqu’île normande le
possèdent généralement.
Nous l’avons planté avec succès dans les
parcs que nous avons dessinés à Jersey et
à Guernesey, où il fleurit tous les ans.
En Angleterre, principalement dans le
Devonshire et la Cornouaille, le Garrya
elliptica résiste aux plus durs hivers, à la
condition qu’il soit placé à une exposition
bien isolée et abritée contre les vents d’est,
qu’il craint plus encore que les grandes
gelées.
Ce qui rend cet arbuste intéressant au
point de vue de la décoration hivernale des
jardins, c’est l’abondance des jolis chatons
dont les sujets mâles se recouvrent. Les
sujets femelles sont d’ailleurs assez rares.
Ces chatons, dont la longueur atteint par-
fois jusqu’à 30 centimètres, se chargent de
glace quand il gèle et font de loin l’effet de
chaînes d’argent pendues aux branches.
Le Garrya elliptica se multiplie soit
par boutures herbacées en serre froide,
soit par marcottes ou par division des
touffes en plein air. Ce dernier moyen,
pratiqué au printemps, a l’avantage de re-
tarder la floraison des jeunes plantes, de
manière qu’on puisse en jouir en plein
hiver.
On cultive encore les Garrya macro-
phylla, Mac Fadye^ii et Thureti, ce der-
nier hybride horticole, mais ils sont plus
délicats que le G. elliptica.
Espaliers de Pêchers sur cloison noire.
— Un grand nombre d’horticulteurs cher-
chaient depuis longtemps à remplacer, sur
leurs serres, les paillassons si coûteux et
de si courte durée, par une couverture
retenant autant qu’eux, si ce n’est plus, la
chaleur interne, et pouvant aisément se
ressuyer. Beaucoup ont utilisé pour cet
usage les bâches noires du système
Michelet, et s’en sont fort bien trouvés.
M. Dauthenay, jardinier-chef à l’asile Sainte-
Anne, est de ce nombre. Notre collabora-
teur ne s’en est pas tenu là. Il lui fallut,
en 1895, installer une ligne de Pêchers
en espaliers, au nombre de trente -deux,
sans le secours d’aucune muraille. La
charpente fut en fer carré pour les pieux,
distants de 2 en 2 mètres. Deux bandes de
fer plat, courant tout le long de la ligne,
relièrent ces pieux les uns aux autres,
l’une en haut, l’autre en bas. La charpente
de l’auvent fut en fer cornière.
C’est sur cette ossature que furent fixées
des tringles de bois, minces, plates et lar-
ges tout au plus de 15 millimètres, pour
permettre le palissage des Pêchers. Il ne
restait plus à trouver que le principal,
c’est-à-dire la cloison sans jours, à fixer
derrière, pour former muraille et ainsi
couper le vent. M. Dauthenay se servit des
bâches goudronnées du système Michelet,
512
CHRONIQUE HORTICOLE.
qu’il tendit et fixa sur la charpente,
derrière et contre le treillage de tringles.
Évidemment, ces bâches absorbent les
rayons solaires et ne les renvoient pas,
puisqu’elles sont noires. On ne les a pas
blanchies à la chaux, et il n’a jamais paru
que les Pêchers aient été en quoi que ce
soit incommodés par cette manière de faire.
Nous les avons vus nous-même en pleine
végétation cet été : leur végétation est d’une
vigueur remarquable. Des arboriculteurs,
M. Coulombier et M. Boucher, entre autres,
ont pu constater que le « mur noir y>
ne semblait nullement incommoder les
arbres. Cette particularité, connue d’ailleurs
d’un certain nombre de confrères et d’amis
de notre collaborateur, est due sans doute
à la libre circulation de l’air, très-restreinte
pourtant, qui existe entre le treillage et les
bâches, qu’il ne faut donc pas craindre
d’employer dans des cas analogues à
celui-là.
Singulier Miltonia. — Parmi les carac-
tères qui différencient le genre Miltonia
des Oncidium et des Odontoglossum, le
gynostème, très -court, muni de deux
Anthères fertiles et de deux pollinies, est
un des plus frappants. Le Gardeners' Chro~
nicle cite le cas singulier d’un Miltonia
spectahilis Moreliana dont les fleurs pré-
sentent trois paires de pollinies, chacune
placée sous sa propre anthère, le tout symé-
triquement disposé en triangle au sommet
du gynostème. L’anthère, supplémentai-
rement fertile, n’est attachée au gynos-
tème que par un bord extérieur et, en
l’enlevant, on découvre sa paire de pollinies,
qui sont presque libres, au lieu d’être
fixées par des caudicules. Le blanc crémeux
des trois anthères, contrastant agréablement
avec le pourpre des ailes du gynostème,
ajoute une beauté de plus à la fleur de ce
Miltonia, qui appartient à Sir Frederick
Wigan, à East Sheen, Richmond (Angle-
terre). C’est là un curieux écart de la struc-
ture normale.
OUVRAGES REÇUS
Agenda agricole et viticole, pour 1898, par
Vermorel. Prix: 1 fr. 50 édition ordinaire
et 2 fr. 50 édition de luxe. Librairie agricole
de la Maison Rustique, 26, rue Jacob,
Paris.
Beaucoup de nos lecteurs connaissent déjà
cette excellente publication, puisque treize
années d’un succès toujours croissant ont con-
sacré sa valeur et montré les services qu’elle
rend aux agriculteurs.
C’est la certitude, pour qui la possède, de
trouver dans cet ouvrage de poche tous les
renseignements dont on peut avoir besoin : un
chiffre, une date, un rendement, le poids d’une
substance, la valeur d’un engrais, etc., toute
chose que l’on chercherait longtemps dans les
traités spéciaux.
L’édition de 1898, complétée par des rensei-
gnements nouveaux, est encore plus intéressante
que ses devancières.
Il y a dans cette jolie publication de poche
la matière de plusieurs volumes, non pas des
dissertations longues et fastidieuses, mais des
chiffres exacts, des faits précis, présentés sans
commentaires dans 200 pages de texte. Le reste
de l’Agenda comprend les pages blanches pour
chaque jour de l’année.
Ajoutons que l’exécution matérielle de l’ou-
vrage est entièrement soignée : beau papier,
reliure souple, poche intérieure, fermoir élas-
tique, porte-crayon, etc., rien n’a été négligé
pour que ce travail soit digne de la confiance
que les agriculteurs et viticulteurs ne cessent
de lui accorder.
La végétation fruitière dans l’Okla-
homa. — On se rappelle avec quelle furie se
ruèrent, il y a cinq ans à peine, une foule
d’immigrants sur le territoire indien ouvert
à la colonisation sur l’ordre du gouverne-
ment des Etats-Unis. Un grand nombre de
Vignes et d’arbres fruitiers furent plantés à
cette époque dans l’Oklahoma, territoire
envahi par les blancs. Mais les cultivateurs
qui s’y installèrent ne purent pas tous s’y
établir solidement. Chez ceux qui parvinrent
à s’y fixer, on reste confondu du rapport
que leur procure l’exubérante végétation
dont jouissent principalement les Pêchers
et la Vigne. Même, çà et là, se rencontrent
des vergers entiers abandonnés par les
colons qui n’avaient pas réussi, et dont
les Pêches juteuses servent uniquement
à rafraîchir le palais du voyageur as-
soiffé.
Dans la bande de réserve Cherokee,
livrée à la colonisation en septembre 1893,
les fermiers qui ont fait la « campagne î
avaient peu d’argent comptant. Ils ont
néanmoins pu se libérer de tous les engage-
ments qu’ils avaient contractés avec les
produits des récoltes des trois dernières
années. Ce qui est, conclut VAmerican
Gardening, auquel nous empruntons les
renseignements, « un bon record pour un
pays neuf dans des temps difficiles ».
Éd. André.
NOUVEAUX NYMPHÉAS RUSTIQUES DE M. LATOUR- MARLIAC.
513
NOUVEAUX NYMPHÉAS RUSTIQUES DE M. L.4T0UR-MARLIAC
Avec une infatigable persévérance, ré-
compensée d’ailleurs par les plus beaux
succès, M. Latour-Marliac, l’heureux se-
meur de Nymphéacées, poursuit la série de
ses semis.
Parmi les plus méritantes nouveautés
qu’il nous a mis à même d’observer, nous
avons choisi les suivantes, décrites ci-
dessous pour la première fois :
1» Nymphæa gloriosa. Feuilles orbiculaires,
de Qrn 20 dans leur plus grand diamètre et de
19 dans le plus petit, entières, non
échancrées ; pétiole placé bien au centre à
l’extrémité d’un sinus en angle aigu, curvi-
ligne, à bords divergent.‘=: ; lobes basilaires à
sommet rectangulaire pourvu d’un mucron
aigu ; page supérieure vert olive uniforme, un
peu éclairée au centre ; page inférieure d’un
veit terne lavé de violet, avec nervures grosses,
saillantes au milieu, d’un vert jaunâtre, terne.
Fleurs énormes, de 0^ 16 de diamètre,
très-étalées, de longue durée ; pédoncule
pâle, jaune olivâtre, inséré dans une cupule
basilaire de même ton, peu large et peu pro-
fonde’, quadrangulaire ; sépales lancéolés,
longs de 0'" 09, larges de Om 032, un peu
obtus ; pétales étalés, ovales-oblongs un peu
obtus, bien imbriqués, les extérieurs longs de
Om 07, larges de Om 030 à 0^ 032, marqués de
vert au dos ; les intérieurs décroissant rapide-
ment en longueur et passant aux étamines pé-
taloïdes, tous d’un beau rouge carmin bril-
lant uniforme ; disque staminal de 0'“ 05 de
diamètre ; étamines à filets aplatis, étroits,
jaune orangé; disque pistillaire étroit, orangé.
Cette superbe plante appartient à la
section du Nymphæa odovata dont le type
est originaire de l’Amérique du Nord ; ses
fleurs, très-grandes et très-doubles, restent
ouvertes depuis 10 heures du matin jusqu’à
4 heures du soir environ ; elles exhalent
un ar(»me exquis, presque identique à celui
des Nelu7nhium.
2o Nymphæa Ellisiana. Feuilles complète-
ment orbiculaires, â pétiole infracentral inséré
au sommet d’un sinus droit et acutangulaire ;
limbe non échancré, de 0"^ 15 de diamètre, â
lobe basilaire à peine mucroné au sommet,
d’un vert olive plus foncé au bord ; page infé-
rieure d’un violet rouge clair un peu terne,
excepté au centre et sur les nervures qui sont
larges, peu saillantes, aplaties et d’un ton jau-
nâtre,
Fleurs de 0^ 10 à Om 12 de diamètre, à pé-
doncule d’une nuance olive pâle comme le
calice et inséré dans une cupule peu profonde ;
sépales oblongs, longs de 0"™ 065, larges de
0"! 03Û, pâles à la base, rosés en dedans ;
pétales oblongs, cucullés, obtus, peu nom-
breux, très-étalés, d’un beau rouge groseille
foncé ; étamines à filet large, d’un ton orangé
brillant, â anthère étroite ; disque pistillaire
étroit, orangé.
Cette variété, nouvelle et inédite comme
la première, appartient à la même section.
Son évolution florale est également iden-
tique. Nous l’avons vue cette année fleurir
abondamment pendant tout Tété et la cou-
leur éclatante de ses fleurs contrastait agréa-
blement avec toutes les autres.
3*» Nymphæa odorata exquisita. Feuilles
petites, de 0‘" 10 ou un peu plus de diamètre ;
pétiole moyen, cylindrique ; limbe suborbicu-
laire, non échancré, à sinus large et obtus, à
lobes divergents ; page supérieure vert pâle
violet très-foncé uniforme ; côte médiane
grêle, saillante jusqu’au sommet.
Fleurs petites, de O'^OSà O"! 09 de diamètre;
pétiole grêle, rougeâtre ; calice arrondi, sans
dépression basilaire, pâle à la base, â sépales
lancéolés, longs de 0^ 05, larges de 0'» 018,
vert foncé rougeâtre, à bords rose vif ; pétales
de mêmes dimensions, un peu obtus, peu nom-
breux, mais réguliers et bien faits, d’un beau
rose tendre plus pâle au centre (comme dans
le N. odorata rosea), passant graduellement
à des étamines pétaloïdes ; filets staminaux
jaune pâle, lancéolés, anthères jaunes ; cou-
ronne stigmatifère étroite, convolutée, jaune
chrôme.
Celte jolie plante a normalement, nous
dit M. Latour-Marliac, des dimensions
plus grandes que celles de l’échantillon en-
core jeune que nous avons décrit et qui
était cultivé en bac. Ses fleurs sont érigées
de 0™ 10 au-dessus de l’eau et leur odeur
exquise justifie parfaitement le qualificatif
qu’elles ont reçu.
Ces trois nouveautés, toujours en pro-
grès sur leurs devancières issues des se-
mis de M. Latour-Marliac, présentent
encore cet avantage de drageonner du pied
et de pouvoir, par conséquent, se multiplier
aisément. On sait que ce n’est pas le cas pour
certaines variétés de la section des Layde-
keri^ par exemple, qui présentent un tu-
bercule arrondi, ne donnant jamais de re-
jetons, de sorte qu’il faut toujours recom-
mencer l’hybridation originelle pour
retrouver et propager la plante.
Ed. André.
514
APPLICATION DES ENGRAIS CHIMIQUES AUX PLANTES EN POTS.
APPLICATION DES ENGRAIS CHIMIQUES AUX PLANTES EN POTS
RÉSULTATS OBTENUS PAR MM. TRUFFAUT ET A. HÉBERT
Au mois de septembre dernier, une com-
mission fut nommée par la Société natio-
nale d’horticulture de France, à l’effet
d’examiner les résultats obtenus dans l’éta-
blissement de M. Albert Truffant, à Ver-
sailles, par un mode nouveau d’utilisation
des engrais chimiques.
Cette méthode, qui n’a été appliquée jus-
Fig. 154. — Photographie de deux Drocæna Bruanti du même âge.
Plante n’ayant reçu aucun engrais. Plante traitée par la méthode Truffaut et Hébert.
qu’ici qu’à la culture en pots, est due à la
collaboration de M. Alexandre Hébert, chi-
miste, lauréat de l’Institut, et de M. Georges
Truffaut, diplômé de l’Enseignement supé-
rieur de l’agriculture, fils du chef de l’éta-
blissement précité.
En attendant le rapport de la Commission,
nous croyons devoir présenter à nos lec-
teurs un rapide exposé des résultats ob-
tenus ; nous essayerons ensuite de leur don-
ner une idée de la méthode qui a servi à les
obtenir.
Ces résultats, en effet, nous ont paru de
tous points remarquables. Plus de soixante
types de plantes ont été traités, et nous
avons constaté qu’un développement excep-
tionnel de ces plantes correspondait à leur
traitement.
Nous mettons sous les yeux de nos lec-
teurs deux des exemples qui nous ont le
APPLICATION DES ENGRAIS CHIMIQUES AUX PLANTES EN POTS.
515
plus vivement frappé, choisis l’un pour les
plantes à feuillage, et l’autre pour les plantes
à fleurs.
La figure 154 montre un exemple des
résultats obtenus avec le Dracæna Bruanti.
Elle représente, d’après une photographie,
deux Dracæna Bruanti, de même âge,
dont l’un, celui de gauche, n’a reçu aucun
engrais ; l’autre, celui de droite, a été traité
par la méthode de MM. Truffaut et Hébert.
Outre les différences énormes que l’on cons-
tate à première vue
dans le développe-
ment des deux pieds,
les tours de spires
que dessine, autour
de la tige, l’insertion
des feuilles, sont
sensiblement plus
rapprochés les uns
des autres dans la
plante traitée, les
feuilles sont nom-
breuses, amples ;
enfin, la plante est
sensiblement plus
haute que sa voisine.
Par leur méthode,
MM. Truffaut et
Hébert ont su éviter
les accidents qui
résultaient souvent
de l’emploi des en-
grais chimiques ap-
pliqués comme on
le faisait ordinaire-
ment jusqu’ici, c’est-
à-dire d’un seul
coup, et suivant des
doses indiquées
d’une façon tout à
fait empirique. Telle
quantité d’engrais,
qui aurait été utile
à la nutrition d’une
plante si elle lui eût
été donnée par doses en unj temps déter-
miné, pouvait, au contraire, devenir toxi-
que, si on mettait cette plante dans le cas
d’absorber d’un seul coup plus qu’il ne
convenait.
On a de même évité les imperfections de
port qui résultent souvent, pour les mêmes
raisons, des distributions d’engrais liquides.
La figure 455 montre un Dracæna Bruanti
arrosé à l’engrais flamand et ayant reçu, par
conséquent, un très-grand excès d’azote.
Nous avons tenu à photographier, en même
temps, cet exemplaire, qui est aussi du
même âge que ceux représentés par la
figure 154.
Si l’on compare les deux figures, on verra
que, si l’exemplaire traité à l’engrais fla-
mand paraît ne rien laisser à désirer au
point de vue de la vigueur générale, il faut
d’abord remarquer que la capacité de son
pot est deux fois plus grande que celle du
pot de l’exemplaire traité par la méthode
Truffaut et Hébert ; et de plus on sera cer-
tainement frappé de
ce fait que, jusqu’à
la moitié environ de
la hauteur de la
plante, le feuillage
est mince et clairse-
mé, qu’il se déve-
loppe tout à coup
d’une façon anormale
et disgracieuse, en
«lames de sabre »,
dans sa partie supé-
rieure ; en réalité, il
semble qu’il y ait là
l’indice de ce que les
jardiniers appellent
un « coup de fouet »
donné à la végétation
par l’action brusque
de l’engrais liquide.
Le faciès de la plante
y a perdu au point
que son contour rap-
pelle celui d’un cône
renversé.
Au contraire, la
plante traitée par
MM. Truffaut et
Hébert, et qui est
représentée à la
droite de la figure
154, n’est pas dénu-
dée du pied; sa vé-
gétation s’est déve-
loppée d’une façon
régulière et uniforme, sans qu’aucune de
ses parties paraisse s’être nourrie au détri-
ment des autres.
Nous aurions les mêmes observations à
faire à propos des deux photographies de
Cannas que nous reproduisons ici(fig. 156).
Nous retrouvons entre la plante non
traitée et la plante traitée les mêmes
différences de développement, de régula-
rité et de tenue que nous venons de si-
gnaler pour \qs Dracæna. En outre, l’inflo-
rescence de la plante traitée montre un
Fig. 155. — Dracæna Bruatiti.
Plante traitée à l’engrais flamand.
516
APPLICATION DES ENGRAIS CHIMIQUES AUX PLANTES EN POTS.
grand nombre de fleurs épanouies, tandis
que dans l’inflorescence de la plante non
traitée les fleurs sont moins biens disposées
et peu nombreuses.
Ces résultats, que font ressortir les fi-
gures photographiques 154, 155 et 156, suf-
fisent à montrer l’intérêt que peuvent pré-
senter pour l’horticulture les travaux de
MM. Trutfaut et Hébert, et à motiver l’ex-
posé que nous allons maintenant essayer de
Fig. 156. — Photographie de deux Cannas du même âge.
Plante n’ayant reçu aucun engrais. Plante traitée par la méthode Truffant et Hébert.
faire de la méthode qu’ils ont employée, et
des procédés spéciaux qu’ils ont mis en
œuvre.
Mais cet exposé, même succinct et incom-
plet, allongerait trop notre article ; nous le
remettons au prochain numéro de la Revue
horticole, nous bornant pour aujourd’hui à
rappeler en quelques lignes les principes
sur lesquels repose la théorie des engrais
chimiques, de façon à n’avoir à nous occu-
per dans notre prochain article que de la
méthode spéciale de MM. Trutfaut et Hé-
bert.
On sait que les végétaux sont composés
application des engrais chimiques aux plantes en pots.
517
chimiquement d’un nombre restreint d’élé-
ments : quatorze, selon la plupart des agro-
nomes. Quatre de ces éléments, le carbone,
Voxygène, Vhydrogène et Vazote sont
ceux qui constituent la partie de la plante
qui se dégage à l’état gazeux, quand on la
brûle; ils forment environ 80 % de la ma-
tière végétale. Les dix autres éléments cons-
tituent ce qui reste après la combustion de la
plante, c’est-à-dire les cendres. M. Georges
Ville les rangeait, par ordre d’importance
générale, de la manière suivante :
Phosphore.
Soufre.
Chlore.
Silicium.
Fer.
Manganèse.
Calcium.
Magnésium.
Sodium.
Potassium.
L’aluminium, découvert dans les végé-
taux par M. Berthelot, y a été ajouté
depuis.
Tandis que jusqu’ici l’étude chimique
des plantes a eu surtout pour but les plantes
agricoles, MM. Truffant et Hébert ne se
sont préoccupés que des plantes horticoles
proprement dites, et même plus spéciale-
ment des plantes d’ornement, et les mul-
tiples analyses qu’ils ont faites de ces végé-
taux les ont amenés à classer les éléments
minéraux des plantes dans un ordre d’im-
portance différent de celui que nous rappe-
lons ci-dessus, et qui est le suivant :
Silicium.
Potassium.
Calcium.
Soufre.
Fer.
Aluminium.
Phosphore.
Chlore.
Manganèse,
Magnésium.
Sodium. '
Ces éléments, dont les végétaux sont cons-
titués, forment entre eux des combinaisons.
Ces combinaisons sont simples ou compo-
sées. Par exemple, les éléments azote et
hydrogène, combinés ensemble dans une
proportion déterminée, constituent V ammo-
niaque. D’autre part, une certaine combinai-
son deV oxygène et du sou fre^rodmiV acide
sulfurique. Voilà deux combinaisons
simples. Mais, à leur tour, cet acide sulfu-
rique et cet ammoniaque, combinés entre
eux, constituent le sulfate d'ammoniaque.
Voilà une combinaison composée.
Or, la variété infinie de formes et de pro-
priétés qui distingue les plantes « ne tient,
dit M. Mussa dans son ouvrage élémen-
taire sur les engrais chimiques qu’aux
* La Pratique des engrais chimique'^', par
L. Mussa, 1 vol. in-18; à la Librairie agricole de
la Maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris. Prix :
1 fr. 25.
diverses manières de grouper les quatorze
éléments, toujours les mêmes, dont toutes
les plantes sont composées.
<( Le nombre indéfini de valeurs diffé-
rentes qu’on peut former à l’aide de dix
caractères arithmétiques seulement, et les
millions de mots d’une langue, composés
avec un petit nombre de lettres alphabé-
tiques, sont autant d’images exactes des
innombrables variétés qu’on aperçoit dans
les différentes espèces de plantes ; les diffé-
rences qui frappent nos sens ne sont qu’au-
tant de mots de la même langue végétale,
et autant de nombres de l’arithmétique des
plantes. »
Les éléments qui entrent dans la compo-
sition des plantes sont puisés dans l’air par
leurs feuilles, et, dans le sol, par leurs
racines. Les éléments de l’air, bien qu’ils
constituent plus des trois quarts de la
composition des plantes, ne suffisent pas,
à eux seuls, à les nourrir. Il leur faut im-
périeusement le concours des éléments con-
tenus dans le sol, et qu’il peut seul leur
donner.
Mais la composition de ce sol est elle-
même très-variable ; elle n’est pas toujours
en rapport avec la composition de la plante
que l’on veut y cultiver ; et comme cette
plante exige, pour son maximum de déve-
loppement, que le sol lui fournisse toute la
proportion nécessaire des éléments qui doi-
vent la constituer, la méthode des engrais
chimiques intervient pour donner au sol ce
qui lui manque de ces éléments ; et les
combinaisons à introduire dans le sol
devront être calculées, et opérées, de telle
manière que les éléments se présentent à la
plante sous une forme assimilable.
D’autre part, la présence d’aucun des
éléments nécessaires, en si petite quantité
que cet élément intervienne, ne saurait être
négligée
Les engrais naturels, tels que fumiers,
terreaux, gadoues, etc., possèdent assuré-
ment le grand avantage d’améliorer phy-
siquement le sol ; en outre, ils renferment
2 On peut rappeler, à cet égard, la remarquable
expérience de M. Raulin sur l’aliment exigé par
une moisissure commune, le Sterigmatocystis
nigra. Parmi les douze combinaisons qu’exige la
culture de cette moisissure, il en est une, le sul-
fate de zinc, qui n’entre que pour un 1/20.000
environ dans la composition du milieu nutritif. On
ne peut réussir à cultiver le Sterigmatocystis
nigra qu’en apportant au bouillon de culture
cette intime proportion de sulfate de zinc. {Annales
des Sciences naturelles, 5^ série, t. II, 1870.
Éludes sur la végétation.)
518
DES MOYENS d’AMENER L’eAU A SON LIEU d’uTILISATION.
bien les éléments nécessaires à la nutrition
des plantes ; mais la proportion dans la-
quelle ces éléments s’y trouvent n’est
jamais exactement celle que réclamerait
une plante déterminée, tandis qu’on peut
concevoir la composition d’un engrais spé-
cial, fabriqué de toutes pièces, où cette
proportion serait exactement respectée.
Par conséquent, en composant un engrais
avec les sels chimiquement purs, et d’après
des dosages préalablement expérimentés, on
arriverait à fournir aux plantes les quan-
tités d’éléments assimilables, en rapport
avec le maximum de leur capacité d’ab-
sorption.
Telles sont les données principales sur
lesquelles repose l’emploi des engrais chi-
miques.
Pour être exact, il nous reste à dire que
les divers phénomènes qui, dans le sol,
président à l’assimilabilité (échanges de
combinaison à combinaison, réactions aci-
des, rôle des microorganismes, etc.) sont
encore très-imparfaitement connus.
Quoi qu’il en soit, l’agriculture pro-
prement dite a largement profité des pro-
grès accomplis jusqu’à ce jour par la
chimie; aujourd’hui de grands rendements
sont obtenus par les agriculteurs qui em-
ploient les engrais chimiques d’une manière
judicieuse. Nul ne peut prévoir, ni le point
où s’arrêtera la science dans cette voie, ni
DES MOYENS D’AMENER VU
En publiant cet article et ceux qui sui-
vront, nous n’avons à parler ni de l’impor-
tance ni de l’emploi des eaux en horticulture
ou pour les usages domestiques ; nous n’au-
rions là-dessus rien à apprendre aux lec-
teurs de la Revue horticole. Notre but est
d’étudier les moyens si nombreux, les
constructions et les machines si diverses
qu’on peut employer pour se procurer les
eaux nécessaires aux différents besoins, afin
de guider nos lecteurs dans le choix judi-
cieux du système ou du procédé à adopter.
Nous ne ferons aujourd’hui qu’une ra-
pide énumération des moyens, des cons-
tructions et des machines qu’on a à sa dis-
position pour amener l’eau à son lieu
d’utilisation.
Les eaux destinées à l’alimentation ou
aux arrosages des cultures peuvent pro-
venir des nappes souterraines^ des cours
d'eau qui circulent à la surface du sol ou
des pluies. Voyons, dans leur ensemble, les
l’importance des résultats à attendre de la
vulgarisation des engrais chimiques.
Mais si les progrès dus à l’emploi des en-
grais chimiques sont tous les jours plus
appréciables en ce qui concerne l’agricul-
ture, on n’en saurait dire autant, si on con-
sidère l’horticulture.
Rien, ou presque rien, n’avait été tenté jus-
qu’à ce jour, en dehors de formules plus ou
moins empiriques. Nous ne voulons pas
dire que certains engrais chimiques em-
ployés en horticulture, tels que le Floral,
l’engrais Jeannel, etc. , n’aient donné de bons
résultats. Ces sortes d’engrais contiennent
une proportion déterminée d’éléments fer-
tilisants, qui favorisent notablement la
croissance de la généralité des plantes ;
mais ils présentent le même inconvénient
que les engrais naturels, celui d’être iden-
tiques pour toutes les plantes, et par consé-
quent de ne donner à aucune, pour la
moindre dépense d’engrais, son maximum
de déloppement.
Le but que se sont proposés d’atteindre
MM. G. Truffant et A. Hébert a été préci-
sément de remplacer ces formules moyennes
par des formules exactes et précises, et de
trouver pour chaque plante l’engrais qui
lui convient le mieux.
C’est l’exposé de leur méthode que nous
essaierons de faire dans le prochain nu-
méro. H. Dauthenay.
J A SON LIEU D’UTILISATION
principaux moyens à employer pour se
procurer les eaux suivant ces différentes
origines.
Pour rejoindre la nappe souterraine, qui
se trouve à une profondeur très-variable,
suivant les conditions géologiques du lieu,
on établit un puits et l’eau est élevée au-
dessus de la surface du sol à l’aide d’une
machine élévatoire ; suivant l’importance
du débit, et suivant la hauteur d’élévation,
cette machine est actionnée par un homme
ou mue par un manège ou un moteur ina-
nimé (machine à pétrole, à vapeur, moteur
hydraulique ou à vent).
Parmi ces machines élévatoires , nous
trouvons : la poulie et la corde, le seau à
bascule et tous leurs dérivés ; les norias,
les pompes à chapelet, les pompes à piston
(foulantes, aspirantes, aspirantes et éléva-
toires, aspirantes et foulantes, à simple
ou à double effet), les pompes rotatives, les
pompes centrifuges, les pulsomètres.
L^EXPOSITION d’automne DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d’hORTIGULTURE DE FRANGE. 519
Lorsque la nappe aquifère se trouve au
plus à 4 à 6 mètres de profondeur, et surtout
lorsqu’il n’y a pas au-dessus d’elle des roches
compactes ou agglomérées, on peut avoir
recours aux puits instantanés^ lesquels
consistent à enfoncer dans le sol, avec un
mouton, un tube en fer jouant le rôle de
tuyau d’aspiration à une pompe fixée à
son extrémité supérieure.
Différents travaux doivent être exécutés
pour se procurer les eaux provenant de cours
d’eau superficiels. Lorsque la source existe
sur la propriété, il est souvent utilede faire
quelques petits ouvrages d’aménagements et
de captage ; au besoin de recueillir les eaux
et de les emmagasiner dans des réservoirs.
Afin d’utiliser les eaux provenant d’un
ruisseau ou d’une rivière, on est ordinai-
rement obligé d’en surélever le niveau au
moyen d’un barrage et d’une prise d’eau
avec vannes ou marteliëres ; une canali-
sation par tuyaux ou un canal d' amenée,
appelé encore canal de dérivation ou
d’alimentation, conduit les eaux sur une
certaine longueur, avec la plus faible
pente possible, afin de pouvoir disposer,
en aval de la prise d’eau, d’une diffé-
rence de niveau suffisante. Si ce moyen,
qui donne l’eau au plus bas prix, ne peut
être employé pour divers motifs (droit de
barrage, longueur et pente insuffisantes,
nature du sol), il faut avoir recours à une
machine élévatoire mue par le cours d’eau
comme un bélier hydraulique ou une roue
hydraulique actionnant une machine élé-
vatoire, ou enfin à un des nombreux sys-
tèmes de pompes dont nous avons donné
plus haut la classification générale.
Dans quelques circonstances spéciales, on
ne peut compter que sur les eaux de pluie
aussi bien pour l’alimentation des êtres
animés de l’exploitation que pour l’arrosage
du jardin ; les eaux d'égout des toits sont
alors dirigées, par des canalisations, dans
des réservoirs ou citernes. De même les
eaux de pluie des parties dénudées ou peu
filtrantes de certaines régions sont recueil-
lies par des rigoles qui les conduisent à des
réservoirs en terre ou en maçonnerie où
elles sont emmagasinées.
Le transport et la distribution de l’eau
dans les jardins peuvent se faire de diffé-
rentes façons : arrosoirs, rigoles, cani-
veaux, écopes, hottes, tonneaux, lances, eic>
Enfin toute installation hydraulique
comprend une canalisation en matériaux
divers, et souvent un réservoir surélevé
afin qu’on puisse disposer d’une certaine
pression aux points d’utilisation de l’eau.
Ce sont ces moyens, ces constructions et
ces machines que nous étudierons succes-
sivement dans la Revue horticole.
Max. Ringelmann
Directeur de la Station d’essais de machines.
L’EXPOSITION D’AUTOMNE
DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D’HORTIGULTURE DE FRANCE
(chrysanthèmes, fruits, ETC.)
Pour la première fois, c’est au Jardin des
Tuileries, sur l’emplacement ordinaire des
expositions de la Société nationale d’horticul-
ture de France, qu’on a vu rassemblés sous la
même tente tous les lots de Chrysanthèmes.
Un long couloir avait été ménagé le long de la
tente, pour recevoir les légumes et les fruits.
Gomme dans toutes les organisations qu’on
installe pour la première fois, il y a eu, à côté
des avantages nombreux qu’ont certainement
recueillis les exposants à se trouver à l’aise et
« chez eux », quelques défectuosités qu’on évi-
tera sans doute dans l’avenir.
Il est bien entendu que, dans une exposition
de ce genre, on recherche avec raison les
moyens les plus pratiques de comparer les lots
entre eux. L’aménagement est particulièrement
heureux lorsqu’aux facilités qu’il offre à l’exa-
men, il se joint un agréable coup d’œil d’en-
semble. Les exposants y trouvent d’autant
mieux leur compte que leurs fleurs sont
entourées d’un cadre qui en fait, aux yeux
des visiteurs, ressortir toutes les qualités.
Il faut bien le dire, à ce point de vue, la
réunion d’une multitude de lots de Chrysan-
thèmes, sous un immense burnous de toile
blanche, n’était pas d’un aspect agréable.
Entre les fleurs et la clôture blanche formée
par cette toile, il eût fallu intercaler un rideau
vert sombre fait de plantes vertes. Nul doute
que leur tonalité n’eût fait ressortir celle de
l’exposition tout entière.
Peut-être en a-t-on été empêché par des
difficultés d’ordre matériel ; mais peut-être
aussi eut-on pu tout au moins laisser aux ex-
posants la faculté d’appuyer leurs apports sur
des rideaux de plantes vertes. A l’exposition
de Bruxelles, il est des exposants qui ont reçu,
pour un mode de présentation de ce genre,
les félicitations du jury.
Que dire de l’étroit boyau dans lequel on a
relégué les fruits et les légumes ?
520
PÊCHE TARDIVE DU MONT-D"uR.
Aussi bien l’horticulture ne pourra-t-elle
tenir ses floralies avec la plénitude de ses
moyens, que lorsqu’elle sera dotée d’un palais
approprié à tous ses besoins spéciaux.
Mais si l’on se place au seul point de vue
pratique, il est certain que la disposition
des lots donnait la plus grande facilité de com-
parer les divers genres de culture entre eux.
Et les comparaisons étaient d’autant plus
aisées, que l’œil était moins tenté de s’arrêter
sur l’ensemble.
MM. Vilmorin-Andrieux et Ci® ont remporté
une nouvelle victoire, avec le prix d’honneur
qui a été attribué à leur belle collection de
nombreux spécimens demi-nains, à demi-
grandes fleurs; M. Auguste Nonin a eu le
deuxième grand prix pour la perfection et
l’originalité de ses obtentions ; une grande mé-
daille d’honneur a été décernée à M. Galvat,
pour sa race à très-grandes fleurs.
Les quelques lots d’Œillets (MM. Nonin,
Hochard, Régnier, e‘c.), ceux de Violettes La
France, de M. Millet : de Bégonia Frœheli
amélioré, de M. Sallier ; de Cyclamens, de
M. Maxime Jobert; de Gesnériacées, deM. Val-
lerand, émaillaient de trop rares notes vives la
onalité générale.
PÊCHE TARDIVE
Le 9 novembre de l’année dernière, j’ai
reçu de M. Francisque Morel, horticulteur
à Lyon, une superbe Pêche sous le nom de
Tardive du Mont-d* Or, et non pas du
Mont-Dore, comme le porte par erreur la
planche coloriée. Le Mont-d'Or est un
massif de collines situé sur la rive droite de
la Saône, à une dizaine de kilomètres de
Lyon, et le nom de la Pêche dont il est ici
question n’a rien de commun avec le
le Mont-Dore, de l’Auvergne.
La Pêche de M. Morel dépassait sensi-
blement en tardiveté l’époque de maturité
de la Pêche Salivay et même de la Belle de
Saint-Geslin et de sa variété à peau blanche,
que j’ai fait connaître aux lecteurs de la
Revue horticole L
La qualité de ce fruit, que nous avons
fait peindre et que la planche ci-contre
représente fidèlement, répondait à sa
beauté. Bien souvent, à cette saison de
l’année où le soleil a perdu de sa force, le
sucre est absent des fruits et l’eau en est
un peu fade. Il m’a été agréable de cons-
tater, au contraire, que la Tardive du
Mont-d'Or avait conservé une saveur re-
levée et son vrai parfum de Pêche.
Arbre vigoureux, à rameaux dressés-étalés ;
feuilles grandes, brièvement pétiolées, cré-
nelées, atteignant jusqu’à 18 centimètres de
* Revue horticole, 1873, p. 230 et 1884, p. 420.
L’exposition de fruits était remarquable
moins peut-être par le nombre et l’importance
des apports que par l’état de conservation des
fruits. Gomme culture de serre, il est impossible
de ne pas mentionner tout de suite le lot des
Forceries de l’Aisne, récompensé d’ailleurs
par une grande médaille d’honneur.
Les plantes potagères, à l’exposition d’au-
tomne, ne sauraient évidemment avoir l’impor-
tance qu’elles ont à l’exposition du printemps.
Les arbres fruitiers, au contraire, ont occupé
cette année une place plus importante à l’expo-
sition d’automne, et MM. Groux et fils, du Val-
d’Aulnay, ainsi que M. H. Patrolin, horticulteur
à Bourges, montraient des spécimens de forma-
tion irréprochable qui ont valu à chacun d’eux
une grande médaille d’honneur.
En somme, et malgré les critiques que nous
avons formulées au commencement de cet ar-
ticle, la première exposition de Ghrysanthèmes
et fruits, aux Tuileries, marque une étape
dans la voie de perfectionnement des exposi-
tions horticoles d’automne de la Société natio-
nale d’horticulture.
H. Dauthenay.
DU MONT-D’OR
longueur sur 5 de large ; côte médiane rose
glandes petites, réniformes. Fleurs moyennes
à calice presque glabre, turbiné à la base
colorée de brun rouge et de vert, à sépales
ovales-obtus, hispides ; corolles à pétales obo-
vales-obtus, onguiculés, roses, d’un ton plus
foncé à la base. Fruit gros ou très-gros, sphé-
roidal déprimé, atteignant 8 centimètres de
hauteur sur 9 de diamètre latitudinal, à sillon
latéral large et profond ; cavité apicale en om-
bilic, cavité pédonculaire profonde ; peau
duveteuse, bien colorée de rouge foncé au
soleil, jaune lavé de rouge à l’ombre ; chair
blanc crémeux, rosée striée au centre ; eau
abondante, sucrée et parfumée ; noyau gros,
ovale aigu, très-fortement rustiqué. Maturité
commencement de novembre, parfois jus-
qu’au 15.
Celte variété, née à Saint-Didier-au-
Mont-d’Or, sera digne de la réputation
qu’elle va obtenir dès qu’elle commen-
cera à se répandre dans les collections
et à pourvoir les espaliers de l’arrière-
saison de fruits savoureux.
On peut se procurer la Pêche Tardive du
Mont-d’Or, chez M. F. Morel, horticulteur,
33, rue du Souvenir, à Lyon-Vaise (Rhône).
Ed. André.
P, -S. — L'imprimeur a livré trop tard la
planche coloriée à V administration de la
Revue, pour qu'il fût possible de faire rectifier
la légende; nous engageons nos abonnés à
faire eux -mêmes la correction à la main.
HoTtLC£>le
Pcc/ie tarciir>c dii Mont-Dore.
*
■ f
■ - ' ■ V/'
-J -t
LE PYRÈTIIRE ROSE.
521
LE PYRÈTHRE ROSE
Ainsi nommé de la couleur des fleurs du
type, le Pyrethrum roseum, Linn. (fig. 157)
est une plante vivace, introduite du Caucase
il y a fort longtemps et aujourd’hui très-
répandue dans les jardins.
Très- vigoureux, rustique et prospérant
presque partout, il forme des touffes assez
fortes, hautes de 50 à 80 centimètres, dont
les tiges sont presque simples, garnies de
feuilles finement découpées et se terminant
par un capitule en forme de Marguerite,
large de 5 à 6 centimètres, simple chez le
type, avec des demi-fleurons d’un beau
rose vif, tandis que le disque est jaune et
plan.
Par la culture, les coloris ont d’ahord
commencé à varier et ont passé par une série
nombreuse de nuances intermédiaires,
allant du blanc pur au carné, au rose, au
carmin et presque jusqu’au pourpre. Puis
sont venues les formes doubles, par la
transformation des fleurons tubuleux et
jaunes du disque, tantôt en petites lan-
guettes, tantôt en tuyaux allongés et formant
alors un centre très-plein et bombé comme
dans les Reines-Marguerites dites à fleurs
d’Anémone, et de même teinte que les fleu-
rons ligulés de la circonférence, qui forment
dans ce dernier cas une élégante collerette
marginale. Puis sont venues des variétés
naines, atteignant à peine 40 à 50 centi-
mètres et formant de charmantes touffes ;
plusieurs variétés ont été nommées et se
rencontrent çà et là chez les horticulteurs
et les amateurs. Enfin, sous le nom de race
Normand, celui de son obtenteur, la
Maison Vilmorin a mis l’an dernier au
commerce un magnifique choix du Pyrèthre
rose double à fleurs tantôt très-grandes,
tantôt très-petites, mais bien doubles et de
coloris excessivement variés.
Quoique très-connu , le Pyrèthre rose
n’est pas autant cultivé qu’il le mérite,
surtout par ceux qui recherchent les plantes
faisant beaucoup d’effet pour les grandes
plates-bandes et dont les fleurs peuvent etre
employées pour la confection des bouquets.
C’est, en effet, une des qualités les plus
importantes de cette plante et qui devrait
engager les amateurs à en faire des semis
plutôt qu’à s’en tenir à la division des pieds
à fleurs doubles ; car les fleurs simples
sont, à notre avis, plus élégantes et cer-
tainement plus légères et plus gracieuses
que les doubles. Que peut-on désirer de
plus charmant qu’une poignée de ces
fleurs, même toutes simples ? Ce sont
alors de véritables Marguerites multico-
lores, et l’on sait combien celles des prés
(toutes blanches) sont recherchées par les
promeneurs.
Il est très-facile d’obtenir une quantité de
Pyrèthres roses ; la plante produisant des
graines en culture, il n’y a qu’à en faire des
semis. En se procurant un beau choix, tel
que la race Normand précitée, on obtien-
dra des coloris très-variés et un assez
Fig. 157. — Pyrethrum roseum flore pleno.
grand nombre de pieds à fleurs plus ou
moins doubles. Si l’on ne veut conserver que
les doubles, les plantes simples fourniront
néanmoins, la première année de leur flo-
raison (celle qui suit l’année du semis), une
abondante moisson de fleurs à couper. C’est
là un des avantages de cette plante, car tous
les pieds fournissent des fleurs utilisables ;
il y a peut-être un choix à faire, mais pas
ou très-peu d’arrachage à la première flo-
raison. Si l’on ne conserve que les plantes
à fleurs doubles, on sera obligé de les pro-
pager par division, car elles ne se repro-
duisent pas exactement de semis. C’est là
un obstacle à la propagation des variétés
nommées ; outre qu’elles finissent par perdre
522
CULTURE DU CYCLAMEN DE PERSE.
leur vigueur, on est alors obligé de recou-
rir à de nouveaux semis pour les régé-
nérer.
La culture du Pyrèthre rose est celle de
la plupart des autres plantes vivaces. Toutes
les bonnes terres de jardin lui conviennent.
On sème les graines de bonne heure, en
février-mars et sur couche, si l’on désire
voir les plantes fleurir dès Tautomne ; ou
bien on sème en plein air, d’avril en juin,
pour n’obtenir alors la floraison que l’année
suivante. Lorsque les plants sont assez forts,
on les repique une fois en pépinière d’at-
tente, puis les met en place dès l’automne
ou au printemps suivant, de préférence en
touffes éparses dans les plates-bandes bordant
les allées, car c’est là qu’elles font le plus
d’effet. Toutefois, pour l’unique usage de la
fleur à couper et surtout avec les plantes is-
sues de semis, on peut planter en planches,
dans le jardin potager, à environ 50 centi-
mètres de distance en tous sens.
Pour la propagation des variétés nommées
ou de celles qu’on désire conserver bien
franches, il faut avoir recours à la division
des pieds, que l’on fait au commencement
du printemps, ou à la fin de l’été, la plante
supportant facilement cette opération et
même la transplantation à toute époque,
quand on a soin de la faire en motte et
d’arroser copieusement ensuite.
Nous pourrions encore recommander plu-
sieurs autres Pyrèthres pour la décoration
des jardins, car les espèces de ce genre sont
excessivement nombreuses et toutes plus ou
moins élégantes; mais celles dont nous
avons parlé précédemment^ sont les plus
importantes à ce point de vue. Ajoutons-y
cependant le Pyrethrum macrophyllum},
Willd., grande plante vivace de la Hongrie,
très-décorative par son port et ses fleurs
blanches en corymbes terminaux, et citons
pour jmémoire le Pyrethrum uligmosum
W. et K., remarquable par ses fleurs de
Marguerites blanches, se montrant à l’au-
tomne et auquel nous avons déjà consacré
un article spéciaP.
S. Mottet.
CULTURE DU CYCLAMEN DE PERSE
Les Cyclamens sont des plantes tellement
connues, tellement appréciées pour la déco-
ration des appartements, placés dans des
jardinières, sur des encoignures ou sur le
dessus des cheminées, qu’il serait ’oiseux,
ce me semble, d’entreprendre d’en faire la
description.
Le Cyclamen de Perse, désigné aussi sous
le nom de Cyclamen d’Alep, a produit, sous
l’action de la culture et de la sélection, de
nombreuses formes, qu’on pourrait presque
considérer comme des races, les graines
récoltées sur chaque sujet reproduisant
assez bien les caractères observés sur l’en-
semble d’un groupe d’individus. Toutefois,
l’on peut affirmer que ce n’est pas absolu-
ment exact. Pour avoir la forme désirée
avec ses caractères particuliers, il faudrait
recourir au bouturage et, dans l’immense
majorité des cas, il n’y a aucune utilité à
le faire.
Les horticulteurs qui se livrent sérieuse-
ment à la culture de ces belles plantes
finissent par obtenir tous, au moyen d’une
sélection longtemps continuée, des Cycla-
mens qui ont un air de parenté entre eux
et constituent la race propre de l’horticul-
teur.
Cependant les Anglais sont parvenus à
fixer une race particulière, qui se distingue
de la plupart des autres par des caractères
tirés du feuillage, de la dimension et du
coloris des fleurs. Les plantes qui en pro-
viennent, lorsqu’elles sont cultivées dans
de bonnes conditions, se distinguent des
autres par des fleurs d’une étonnante gran-
deur.
La culture des Cyclamens, telle qu’elle est
pratiquée de nos jours par les horticulteurs,
diffère absolument de ce qu’elle était il n’y
a pas seulement vingt-cinq ans. Les mé-
thodes suivies de nos jours sont bien plus
expéditives et autrement avantageuses.
Le Cyclamen, bien qu’il soit une plante
vivace par son tubercule, n’était que très-
rarement multiplié par division de sa partie
souterraine ou par boutures de feuilles ; le
semis produisait, comme aujourd’hui, la
majorité des plantes cultivées.
Mais alors, tout en étant propagé par
graines, les tubercules qui en provenaient
n’arrivaient à produire leur maximum
1 Voir Revue herticole, 1897, p. 335.
* Voir Revue horticole^ 1896, p. 565.
* Revue horticole^ 1894, p. 32, fig, 26.
CULTURE DU CYCLAMEN DE PERSE.
523
d’effet qu’après trois ans et, pendant cet
intervalle, ils étaient l’objet de manipula-
tions fréquentes, coûteuses et ennuyeuses.
Actuellement, c’est tout autre chose, la
plante, quoique vivace, est considérée
comme annuelle, c’est-à-dire qu’un an au
plus, après le semis, les plantes qui en
sortent sont dans un état de force et de
vigueur qui leur permet de fleurir abon-
damment, les fleurs étant accompagnées de
feuilles larges, vigoureuses, et respirant la
santé.
La floraison achevée, l’horticulteur ne
demande plus rien au tubercule, il fait de
nouveaux semis pour avoir de nouvelles
plantes.
Lorsque l’on compare entre eux les diffé-
rents systèmes employés maintenant par
tous ceux qui s’occupent de la propagation
et de l’amélioration de ce beau genre de
plantes, on s’aperçoit vite que la différence
est au fond assez légère. Mais comme les
résultats les meilleurs tiennent quelquefois
à peu de chose, je vais essayer de décrire le
procédé qui permet à M. Crousse, l’habile
horticulteur nancéen, d’obtenir des Cy-
clamens remarquables, tant au point de
vue de la grandeur que du nombre des
fleurs.
Dans l’exposé de ces notes, il y aura pro-
bablement des personnes qui trouveront
que tout n’est pas nouveau, mais comme
le but que je me propose n’est pas celui de
préciser ce qu’a d’original cette méthode
de culture, je la donnerai telle qu’elle (Kt
pratiquée par cet habile praticien, avec la
conviction qu’elle peut être utile et rendre
des services.
Voici décrites les principales phases de
la culture :
Les semis sont exécutés dans l’établisse-
ment vers la fin du mois de décembre ou
au commencement de janvier, dans des ter-
rines drainées et remplies de terre de
bruyère. Les graines y sont placées très-
régulièrement àl centimètre à 2 centi-
mètres les unes des autres (on met ainsi
jusqu’à 300, 400 graines dans la même
terrine), puis recouvertes de 1 centimètre
de terre de bruyère passée au tamis. Gela
fait, la surface des terrines est foulée
légèrement puis bassinée ; les terrines
sont portées sur les tablettes d’une serre
basse, très-près du verre, à une tempé-
rature de 16 à 18®. La germination est
assez lente et s’effectue d’ordinaire régu-
lièrement.
Lorsque les jeunes Cyclamens ont déve-
loppé deux feuilles, pas plus ni moins, il
est procédé à un premier repiquage dans
des godets de 5 à 6 centimètres de dia-
mètre au plus et remplis de terre de
bruyère. Une légère mouillure termine
l’opération, puis les godets sont placés dans
la même serre le plus près possible de la
lumière, où ils sont surveillés, cela va sans
dire.
Le système radiculaire des Cyclamens
ainsi traités ne tarde pas à prendre de l’ex-
tension ; il faut le surveiller, car lorsque les
racines commencent à tapisser les parois
intérieures des godets, cette période de
végétation coïncide avec le moment oppor-
tun de pratiquer un premier rempotage,
qui se fait dans des godets de 7 à 8 centi-
mètres de diamètre remplis de terre de
bruyère pure. Après avoir été mouillés con-
venablement et rangés sur des tablettes
rapprochées du jour, les Cyclamens restent
encore dans la même serre jusque dans les
premiers jours de juin, où ils sont l’objet
de toute l’attention que réclame leur peti-
tesse, les arrosages étant donnés quand le
besoin s’en fait sentir.
Les premiers jours de juin correspondent
pour les Cyclamens à un nouveau genre de
traitement destiné à leur faire prendre
beaucoup de développement. Il consiste à
monter une couche tiède, par conséquent
faite avec du vieux fumier. Cette couche
reçoit des coffres, dans lesquels on égalise,
sur une épaisseur de 14 à 16 centimètres,
un milieu composé de moitié terreau ordi-
naire et moitié terre de bruyère. Lorsque
tout est ainsi bien préparé, les Cyclamens
sont dépotés puis plantés sur cette couche .
Les châssis placés au-dessus sont om-
brés jusqu’à ce que la reprise soit par-
faite et que les plants commencent à pous-
ser. Quelques jours après, on donne de
l’air en augmentant progressivement. Un
mois après, on enlève les châssis pour lais-
ser les Cyclamens à l’air libre, en attendant
le mois de septembre, époque à laquelle ils
sont très-soigneusement levés en motte et
placés dans des pots de 14 centimètres de
diamètre. Les pots sont enterrés dans le
même emplacement qu’occupaient les Cycla-
mens avant le rempotage et protégés, une
deuxième fois, par les châssis, afin de favo-
riser la reprise. Pendant les premiers jours
on ombre, puis on donne de l’air progressi-
vement.
Lorsque la reprise est assurée, les
châssis sont enlevés et les Cyclamens res-
tent à l’air libre, en attendant les froids,
524
CONSERVATION DES LÉGUMES DE PLEINE TERRE PENDANT L’hIVER.
le moment d’être rentrés en serre pour
fleurir.
Les Cyclamens^ ainsi traités, sont re-
marquables comme dimensions et pro-
duisent de grandes et nombreuses fleurs.
Si la culture joue un rôle dans cette pro-
duction régulière de beaux Cyclamens, il
ne faut pas oublier que la sélection rigou-
reuse des porte- graines est de première
importance. J. Foussat.
CONSERVATION DES LÉGUMES DE PLEINE TERRE PENDANT L’HIVER
La culture des plantes légumières a
fait en France, depuis un demi-siècle, de
grands progrès. De nos jours, les grandes
villes ont à leur disposition tous les
légumes qu’elles peuvent désirer, parce
que la culture maraîchère n’ignore plus
les semis qu’elle doit exécuter et les
variétés qu’elle peut cultiver pour pouvoir
alimenter les marchés d’une manière in-
cessante, afin que les consommateurs aient
toujours à leur disposition les principaux
légumes dont ils ont besoin, durant chaque
saison.
C’est en opérant des semis sur couche
et en hivernant sous châssis ou sous tous
autres abris les
plants qui en pro-
viennent, que la cul-
ture maraîchère voi-
sine des grands cen-
tres populeux peut
opérer les planta-
tions hivernales ou
printanières qui lui
permettent d’avoir
des légumes qui suc-
cèdent à ceux qui
ont été consommés
soit en automne,
soit pendant l’hiver.
Les campagnes,
surtout celles où les
gelées sont intenses, depuis le mois de
décembre jusqu’en février ou mars, sont
bien moins favorisées, et elles doivent
prendre toutes les mesures voulues pour
avoir à leur disposition pendant l’hiver les
légumes qui leur sont indispensables. En
général, dans les jardins éloignés des villes,
on ne possède pas les ahris et l’outillage
dont fait usage journellement la culture
maraîchère urbaine. C’est pourquoi les lé-
gumes y sont souvent rares et d’un prix
assez élevé pendant la saison hivernale,
mais principalement pendant les temps de
gelée et de neige.
Cette situation aura un terme quand on
se rappellera qu’on peut conserver très-
aisément pendant l’hiver un certain nombre
de légumes, lorsqu’on possède un bâti-
ment sain, non humide, dans lequel la
gelée ne pénètre pas et qu'on peut aérer
aisément et à volonté.
Ce local, auquel on a donné depuis long-
temps le nom de Serre à légumes, mais
qu’on doit désormais appeler Conserva-
toire légumier, peut être une cave, une
voûte ou un cellier abrité du nord et du
sud, soit par des bâtiments, soit par des
plantations.
Les murs de ces locaux sont parfaits
quand ils ont été construits avec des maté-
riaux qui ne retiennent pas l’humidité.
Les bâtiments
dans lesquels l’hu-
midité suinte sur les
murs sont très-mau-
vais; les légumes
qu’on y dépose y
pourrissent promp-
tement.
Un conservatoire
légumier (fig. 158),
pour être regardé
comme très-favora-
ble à la bonne con-
servation des légu-
mes, doit être muni
de plusieurs ouver-
tures d’aération et
d’une ou deux portes opposées l’une à
l’autre. Lorsque le bâtiment ne comprend
qu’une porte exposée au nord, il est utile,
dans les contrées où le froid est très-
intense pendant l’hiver, de garantir cette
ouverture par une seconde porte volante et
légère, mais revêtue intérieurement d’un
paillasson. C’est en agissant ainsi qu’on
empêche les froids rigoureux d’y pénétrer
et de compromettre l’avenir des légumes
qu’on y a déposés.
Les ouvertures munies de volets ou
garnies de châssis vitrés mobiles permet-
tent le renouvellement de l’air quand cela
est nécessaire. Ces ouvertures sont bou-
chées avec un bourrelet de paille lorsqu’on
CONSERVATION DES LÉGUMES DE PLEINE TERRE PENDANT l’iIIVER.
525
craint de très-fortes gelées. Mais il ne
suffit pas d’empêcher l’air qui y règne
de devenir humide, il est utile aussi
d’éviter que la température y dépasse
+ 5 degrés à -1- 6 degrés. Lorsque la
chaleur y atteint 8 à 10 degrés au-dessus
de zéro, les légumes herbacés qu’on y a
déposés continuent à végéter, ils s’étiolent
et perdent promptement une partie de leur
valeur alimentaire.
Beaucoup d’exploitations et de pro-
priétés rurales importantes peuvent très-
certainement disposer d’un local conve-
nable pour ce genre de conservation. A dé-
faut de cave bien disposée, on peut utiliser
le rez-de-chaussée d’une maisonnette en
arrangeant les ouvertures de manière que
la lumière y soit peu intense, que la gelée
n’y pénètre pas et qu’on puise à volonté y
renouveler facilement l’air.
Les celliers dont les aires sont en contre-
bas des terres contiguës de 0*" 50 à 0'" 65
sont incontestablement ceux qu’il faut
choisir, de préférence aux bâtiments de
plain pied avec le pavage ou le macadam
qui les entoure.
En résumé, pour conserver pendant
l’hiver dans un des bâtiments précités des
légumes herbacés qui ont été arrachés ou
déplantés avec leur motte, il est indispen-
sable, quand on ne craint pas la gelée,
d’ouvrir de temps à autre et au milieu du
jour, soit les fenêtres ou volets, soit les
portes, afin de renouveler le plus possible
l’air intérieur qui est toujours plus ou
moins chargé d’humidité et de miasmes
pouvant altérer la saveur de certains
légumes herbacés.
Les légumes qu’on conserve dans ces
Icciux sont stratifiés ou plantés dans des
caissettes contenant du sahle pur ou de la
terre sableuse presque sèche.
Le sable exempt ou contenant très-peu
de matières terreuses n’est pas rare. On
en trouve dans presque toutes les com-
munes. Le meilleur, sans contredit, est
le sahle de 7Ùvière, parce qu’il est très-fil-
trant ou perméable et qu’il retient peu
d’eau.
Les terres de bruyères sont légères et
perméables, mais elles ont le grave
inconvénient de noicir les racines : Ca-
rotte, Panais, etc., et de brunir les lé-
gumes qu’on a fait blanchir par étio-
lement comme la Chicorée frisée, le Cé-
leri, etc.
On doit rejeter les terres argileuses et
les terres calcaires j parce qu’elles ont le
défaut de retenir une humidité qui fait
pourrir aisément les légumes ou de rester
très-adhérentes aux racines.
Les caissettes dans lesquelles on plante la
Chicorée -Scarole, le Chou-Fleur, le Céleri,
le Poireau, etc., varient en longueur sui-
vant les circonstances. On leur donne
0'" 65 à 0"™ 80 de largeur et 0"‘25 environ
de hauteur. On les établit sur place, à l’aide
de quatre planches posées de champ et
maintenues droites à l’aide de deux ou trois
piquets en bois ou en fer par chaque
planche ou sur chaque côté.
C’est en visitant deux à trois fois au moins
par semaine le bâtiment dans lequel on a
déposé des plantes légumières et en enle-
vant les produits qui commencent à s’al-
térer, qu’on reconnaît que ce mode de
conservation est à la fois simple, efficace et
économique.
Tous les arrosages nécessaires doivent
être très-modérés; on doit les exécuter avec
le goulot de l’arrosoir en évitant de mouiller
les plantes.
Une serre à légumes est très-favorable à
la bonne conservation des produits légu-
miers lorsqu’elle est spacieuse, non humide,
peu éclairée et que l’on peut l’aérer à vo-
lonté. Il est utile qu’elle soit pourvue de
quelques cases en bois destinées à recevoir
des pommes de terre, des carottes courtes
hâtives, etc., et de tablettes sur lesquelles
on dépose temporairement des bottes de Sal-
sifis ou de Scorsonnère, des Choux-Fleurs,
des Choux Raves, etc.
Les conservatoires légumiers intéressent
peu les régions de l’ouest, du sud-ouest et
du sud, parce que la température durant
l’hiver, dans ces contrées, est d’ordi-
naire suffisamment tempérée pour que les
légumes y restent en pleine terre depuis
le mois de novembre jusqu’en mars sans
éprouver de notables altérations. Dans les
années les moins favorables, une légère
couverture de longue litière suffit, presque
toujours, pour les garantir contre l’action
néfaste de la gelée et de la neige, qui n’y
sont pas ordinairement très-intenses et de
longue durée.
La conservation des légumes dans les
jardins nécessite souvent l’emploi d’une
longue litière. On obtient aisément celle-ci
en secouant avec une fourche du fumier
frais d’écurie dans le but de séparer les
crottins de la paille.
Gustave Heuzé.
526
CONGRÈS DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES CHRYSANTHÉMISTKS.
CONGRÈS DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DES CHRYSANTHÉMISTES
ET EXPOSITION DE CHRYSANTHÈMES A ORLÉANS
Le Congrès des chrysanthémistes
Le deuxième Congrès annuel de la Société
française des chrysanthémistes s’est ouvert à
Orléans le 6 novembre. Il était présidé par
M. de la Rocheterie, président de la Société
française des Chrysanthémistes, ayant à ses
côtés M. Léon Vassillière, directeur général de
l’agriculture, délégué du Ministre ; M. Viger,
député du Loiret, président de la Société na-
tionale d’horticulture de France etM.Boegner,
préfet du Loiret; MM. Bruant, Couillard,
Délaux et de Saint-Paul, vice-présidents ;
MM. Eugène Delaire, secrétaire général de la
Société d’horticulture du Loiret et Philippe
Rivoire, secrétaire général de la Société fran-
çaise des chrysanthémistes. Plus de 100 con-
gressistes avaient répondu à l’appel de la So-
ciété. On rencontrait parmi eux des savants,
des amateurs, des semeurs, des horticulteurs
dévoués au progrès des Chrysanthèmes.
L’ordre du jour du Congrès était très-chargé
et les questions qui y étaient inscrites ne lais-
saient pas que d’être difficiles à résoudre.
La première question : Du meilleur 'procédé
de fécondatio'n artificielle du Chrysanthème^
a fait l’objet de mémoires de M. Chantrier
et de M. Ghys, et d’une discussion inté-
ressante entre M. le professeur Gérard et
M. Charles Albert. M. Gérard a fourni des
explications, accompagnées de démonstrations
tangibles, sur la fécondation chez les Com-
posées : la fécondation croisée y est la règle.
M. Charles Albert, de son côté, a fait ressortir
qu’il était bien difficile, pour les horticulteurs,
d’opérer, par des procédés scientifiques, la
fécondation artificielle sur le Chrysanthème, et
il a ajouté qu’ils étaient, la plupart du temps,
obligés de se contenter des semis de fortune.
La deuxième question : Qu'entend-on par
« races » de Chrysanthèmes ? a été maintenue
à l’ordre du jour du prochain Congrès. On ne
saurait, en effet, s’arrêter aux conclusions pro-
posées par M. Chantrier dans un mémoire
spécial. Nous avons eu l’occasion, à ce propos,
de demander que l’on ne touche pas à la valeur
admise des termes actuellement employés en
nomenclature : variétés, races, espèces et gen -
res, et cette manière de voir a été unani-
mement approuvée.
Un débat intéressant, mais resté sans sanc-
tion, a eu lieu sur la troisième question : Des
meilleurs engrais à employer dans la culture
du Chrysanthème, Un mémoire de M. Fatzer
concluait à la diminution de l’importance des
composts età l’augmentation de celle des engrais
chimiques. M. Fatzer y présentait une formule
dont on ne peut considérer l’application que
comme provisoire, étant donné que l’auteur
lui-même du mémoire a fait entrevoir le succès
possible de la nouvelle méthode d’application
des engrais chimiques proposée par M. Georges
Truffaut. M. Charles Albert, niant le rôle pré-
pondérant attribué à la chaux, et constatant les
nombreux et cruels déboires subis par les
horticulteurs dans les expériences d’engrais
chimiques qu’ils ont faites, leur a conseillé ce
qu’il pratique lui-même avec succès ; l’intro-
duction dans les composts, environ deux mois
à l’avance, de la poudre d’os non dégelatinés,
et un fort terreautage sur les plantations.
M. Gérard a indiqué que le sulfate de potasse,
même en doses empiriques, ne produit que
de bons effets sur le Chrysanthème, tandis que
le carbonate de potasse lui est absolument
nuisible.
Dans la deuxième séance du Congrès ,
M. Gérard est revenu sur la question pour
faire remarquer que M. Charles Albert, tout
en niant le rôle de la chaux, en donne cepen-
dant à ses Chrysanthèmes, puisque la poudre
d’os n’est autre qu’un composé d’acide phos-
phorique et de chaux. Enfin, M. Degoix a
insisté sur la nécessité d’employer le terreau,
qui produit de l’acide carbonique, source d’une
réaction qui semble nécessaire à l’assimilabilité
des engrais chimiques.
Cette troisième question a été maintenue à
l’ordre du jour du prochain Congrès.
La quatrième question concernait le classe-
ment alphabétique des noms des Chrysan-
thèmes : Quel est le mot qui, sur les cata-
logues, doit guider Vordre alphabétique f
Déjà, l’année dernière, le Congrès avait adopté
l’un des principes de classement proposés par
O. de Meulenaere et dont nous avons déjà
parlé L’accord a continué à se faire cette
année sur plusieurs points dont l’énoncé nous
entraînerait trop loin, mais dont nous pouvons
fournir des exemples. On écrira : Amie {Sou-
venir de petite), Abeilles {Reine des). Sœur
{Souvenir de ma). Congrès (Prémices,
Triomphe ou Souvenir du), etc. La question
reste à l’étude pour les noms étrangers, mais
on se contentera, pour l’instant, de les repro-
duire tels qu’ils nous seront donnés ; cepen-
dant, on mettra les appellations Miss, Mistress,
Sir, Professor, Révérend, ainsi que les pré-
noms, entre parenthèses; exemple: Addâson
{Miss Ethel).
La cinquième question a fait l’objet d’une
importante étude due à M. Chifflot, chef des
travaux botaniques à la Faculté des sciences
de Lyon. Tous les insectes, tous les parasites
* Voir Revue horticole, 1897, p. 44.
LES PONTÉDÉRIAS ET LEUR CULTURE.
527
végétaux qui attaquent le Chrysanthème y
sont minutieusement décrits ; les divers
moyens de les combattre y sont indiqués. Ce
mémoire devrait être entre les mains de tous
les horticulteurs ; aussi le Congrès en a-t-il
voté l’impression sous forme de brochure qui
sera mise en vente à un prix très-abordable.
Le Conseil d’administration a été autorisé, par
le Congrès, à accorder une récompense à
M. Chifflot, sur le travail duquel nous nous
proposons de revenir prochainement.
Après un débat dont la vivacité même est
une preuve de l’émulation qui incite nombre
de Sociétés horticoles à désirer de posséder,
dans leur ville, le Congrès des Chrysanthé-
mistes, la ville de Troyes a été choisie pour
l’année 1898. Par contre, l’unanimité des voix
a attribué, sans débat, la médaille d’or du
Congrès de 1897 au semeur M. de Reydellet.
Enfin, le Congrès de 1897 s’est séparé après
avoir adopté une importante proposition, dont
nous avons donné l’idée et indiqué le but. Eu
égard à l’importance des sujets traités, les dis-
cussions nous avaient paru flottantes et écour-
tées, et leurs sanctions à peu près nulles. Do-
rénavant, un rapporteur sera désigné préala-
blement, par le Conseil d’administration, pour
l’étude de chaque question. Les divers mé-
moires présentés pour une même question
seront adressés à ce rapporteur. Il les étu-
diera, les comparera, et soumettra au Congrès
les conclusions qu’il croira devoir en tirer. De
cette façon, on évitera sans doute des contra-
dictions, qui ne sont souvent qu’apparentes,
et, il faut le dire aussi, l’énoncé d’hérésies
scientifiques ou simplement horticoles.
L’Exposition de Chrysanthèmes.
Le 6 novembre 1897, en même temps que le
Congrès dont nous venons de rendre compte,
s’ouvrait, à Orléans, la 68« exposition autom-
nale de la Société d’horticulture du Loi-
ret. Cette exposition, il est à peine besoin
de le dire, était surtout consacrée aux Chry-
santhèmes. L'inauguration s’en est faite au
milieu d’un grand concours de notabilités que
M. de la Rocheterie, président de la Société,
a reçues avec son affabilité bien connue : M. le
général Duchesne, commandant le 5® corps
d’armée ; MM. Cochery et Fousset, sénateurs ;
M. Viger, député, président de la Société natio-
nale d’horticulture de France ; M. Boegner,
préfet du Loiret ; Mffr Touchet, évêque d’Or-
LES PONTÉDÉRIAS
Nous n’avons pas adopté le nom générique
d'Eichhornia pour distinguer certaines de
ces plantes aquatiques, plus généralement
connues sous le nom de Pontederia^ esti-
léans ; M. Duplessis, professeur départemental
d’agriculture; etc., sans oublier les congres-
sistes.
La vaste enceinte de la Salle des Fêtes, dans
laquelle avait lieu l’exposition, vue de sa ga-
lerie supérieure, produisait à l’œil un effet
merveilleux, dû à une multitude de contrastes
entre les couleurs, si vives, des nombreuses
variétés de la « fleur d’or ». Les lots, bien
espacés, bien disposés, étaient facilement exa-
minables. Nombre de semeurs présentaient
des nouveautés, la plupart en fleurs coupées.
Sous ce rapport, nous n’étonnerons personne
en disant que le lot de M. Calvat a été le plus
remarqué ; on y notait principalement les va-
riétés suivantes ; Mimosa, Marie Calvat, Cé-
leste Falconnet, Secrétaire Rivoire, Madame
H. de Vilmorin, etc. Très-remarquées aussi
les nouveautés de M. Cordonnier : Don
de la Madone, Louise Cordonnier, Henri
Van de Walle, Madame Louis Rémy, Souve-
nir de mon Amie, etc. ; de M. Nonin {Paul
Oudot, Charles Kratz, Souvenir de Suzanne,
M. Villard, etc.), de M. Délaux (panachées
nos 222, 8009, etc.) ; de M. de la Rocheterie
{Vierge d'Orléans)-, de MM. de Reydellet, Ri-
voire, Rozain, Liger-Ligneau, Couillard,
Delvert, Socquard, Dumas, Juge, Arthur Gué,
Foucard, etc.
Quant aux importants lots de plantes de
belle culture, il faut citer ceux de MM. Monti-
gny et fils, à Orléans (auxquels a été attribué
l’objet d’art offert par M. le Président de la
République) ; de M. Mouraud, à Nantes ; de
M. Liger-Ligneau, à Orléans, et de MM. Vil-
morin Andrieux et C»®. Ces lots comprenaient
aussi, d’ailleurs, un nombre respectable de
plantes nouvelles ou d’obtention récente.
Les plantes en spécimens à fortes têtes, que
les Anglais appellent « standards », se remar-
quaient principalement dans les apports de
MM. Vilmorin-Andrieux et Ci®, Liger-Ligneau,
Georges Biron, Mouraud, etc.
Des lots, remarquablement composés, et
d’une bonne culture, étaient aussi exposés par
des amateurs tels que M. Dejouy, M. le mar-
quis de Courcy, M. Proust-Gallinant, M. de
Saint-Paul, etc.
Donnons une bonne note à M. Liger-Ligneau,
pour sa corbeille de Bégonia gigantea, et ter-
minons en disant que l’exposition d Orléans a
été une des plus charmantes manifestations
que le goût du Chrysanthème ait engendrées
jusqu’à présent.
H. Dauthenay.
ET LEUR CULTURE
mant qu’il est inutile d’obliger les jardiniers
à se mettre deux noms dans la tète, d autant
plus qu’il s’agit de végétaux à fades sem-
blables et de culture et habitat identiques.
528
LES PONTÉDÉRIAS LT LEUR CULTURE.
Examinons les espèces de ce genre méri-
tant la culture :
Pontederia azurea, Swartz {Eichhornia
• azurea^ Kunth). Brésil. Introduit en 1879.
Plante flottante. Feuilles ovales orbiculaires,
obtuses au sommet, charnues, glabres, à pétiole
renflé au milieu ; pédoncule accompagné d’une
feuille, terminé par un épi court formé de
plusieurs fleurs bleu-lilas, velues à l’extérieur.
Serre tempérée et plein air l’été. Floraison en
été.
Pontederia cordata^ L. Amérique septen-
trionale. Introduit en 1759.
Plante aquatique émergée, à souche ram-
pante. Feuilles épaisses, longuement pétiolées,
hautes de 50 à 60 centimètres, dressées,
oblongues cordiformes, obtuses au sommet,
d’un beau vert luisant. Pédoncules dépassant
les feuilles, accompagnés vers le milieu d’une
petite feuille et terminés chacun par un épi
dressé, presque cylindrique, pubescent, pourvu
d’une spathe à sa base, formé de nombreuses
fleurs d’un joli bleu ciel, quelquefois presque
blanches, avec une tache verdâtre. Floraison
de juin en août. Presque rustique sous le
climat de Paris. On connaît le P. cordata, var.
angustifolia, Hort., à fleurs plus petites et
d'un bleu plus vif, à feuilles lancéolées et cor-
diformes à la base. (Syn. P. lanceolata^ Ilutt.)
Pontederia crassipes, Mart. {Eichhornia
crassipes, Solms ; P. azurea, Ilook.) Brésil ;
introduit en 1879.
Plante flottante, sans tiges, à rhizome court,
d’où partent des feuilles dressées, étalées ou
nageantes, rhomboïdales aiguës au sommet,
portées par des pétioles très-gros, renflés,
spongieux et remplis d’air, qui servent à
maintenir la plante sur le liquide h Pédon-
cules radicaux portant deux feuilles réduites,
terminés par plusieurs belles et grandes fleurs
bleu violacé marquées de jaune. Floraison en
juillet-août. Serre tempérée et plein air l’été.
P. c. floribunda, Hort. Lagrange. Obtenue
par M. Lagrange, d’Oullins (Rhône), cette va-
riété se distingue du type par sa floraison
abondante et par ses fleurs plus nombreuses.
Serre tempérée et plein air l’été,
P. c. major, Hort. Nous ne connaissons cette
variété que de nom ; d’après une description
anglaise, ses fleurs sont beaucoup plus grandes
que celles de l’espèce, de couleur lilas pâle, â
reflets brillants ; le pétale supérieur, plus
grand que les autres, est orné d’une macule
bleu métallique relevée d’une tache jaune d’or.
Serre tempérée et plein air l’été.
Culture. — Des trois espèces décrites
ci-dessus, Pontederia cordata est le seul
qui puisse être considéré comme presque
* Une autre curieuse plante de serre chaude, le
Pistia Stratiotes, de la famille des Aroïdées, pré-
sente la même particularité dans ses feuilles. J. R.
rustique sous le climat de Paris, mais à
condition que la souche se trouve au-des-
sous du niveau de congélation en hiver.
Ce Pontederia aime une terre riche ; il
doit être planté à une exposition chaude et
ensoleillée, à environ à 0'"10 à 0^15 sous le
niveau de l’eau.
Cette profondeur d’eau est plus que suf-
fisante et facilite en même temps réchauf-
fement du liquide.
Ce Pontederia est une jolie et curieuse
plante aquatique, ornementale par son
feuillage abondant et d’un beau vert, et ses
jolies fleurs auxquelles on ne peut reprocher
que leur fugacité. La floraison est beaucoup
plus abondante pendant les étés chauds que
ceux à température moyenne. Il convient
parfaitement à l’ornementation des aqua-
riums de plein air, des rivières, des étangs,
bassins, planté sur les bords et le pied im-
mergé et où il ne tarde pas à former des
touffes très-décoratives. Si la plante se
trouve être dans un lieu aquatique où
l’écoulement d’eau est continu en hiver pour
empêcher la congélation du liquide, elle
résiste parfaitement sans couverture ; dans
d’autres cas, il est prudent que la souche
soit placée à une certaine profondeur sous
l’eau pour que la gelée ne l’atteigne pas ;
enfin la culture de ce Pontederia en
grandes terrines ou paniers permet, en été,
de placer ceux-ci dans un endroit voulu en
les élevant par un moyen quelconque
presque au niveau de l’eau, et de les retirer
en hiver dans un endroit à l’abri de la
gelée (cave, orangerie) ou de les descendre
au fond de la pièce d’eau ou du bassin,
pour les replacer, au printemps, à leur
place respective.
La multiplication s’opère au printemps
par la division des touffes, dont les éclats
sont d’abord plantés en terrines pour la
reprise.
Les Pontederia azurea et crassipes sont
des plantes de serre tempérée-chaude, s’ac-
commodant, en se trouvant dans de bonnes
conditions, d’être cultivées au plein air
sous le climat de Paris, pendant une
partie de l’été.
Ce sont des plantes flottantes, c’est-à-dire
qui vivent sur l’eau sans que leurs racines
les fixent au sol ; elles sont susceptibles de
déplacement et accomplissent toutes les
phases de la végétation dans cet état. Mais
il ne faut pas croire que, pour cette raison,
ces végétaux ne peuvent croître en ayant
leurs racines fixées au sol ; bien au con-
traire, et c’est même dans ces cas que nous
LE MUGUET DES PAMPAS.
529
les avons vus les plus beaux et les plus
vigoureux.
A^oici comment nous les cultivons. Une
terrine non percée est remplie au tiers de
sa hauteur d’une composition formée de
1/3 terre de bruyère, 1/3 terre franche
argileuse et le reste de terreau de feuilles et
de sable, reposant sur un drainage de gros
tessons et morceaux de charbon de bois.
La terrine est remplie d’eau sur laquelle on
place un ou plusieurs jeunes plants de
Pontederia . Après peu de temps, les ra-
cines ne tardent pas à atteindre la couche
de terre où elles s’enracinent et forment un
chevelu abondant. S’il s’agit de décorer un
aquarium de serre ou un bassin, la terrine
peut être mise sur trépied l’élevant au
niveau de l’eau. La culture en serre froide,
pendant l’été, leur convient parfaitement.
Si l’on veut les tenir au plein air pen-
dant la belle saison — mai-juin à sep-
tembre — il faut les placer dans des bas-
sins peu profonds, en plein soleil et dont
l’eau puisse s’échauffer facilement, en
terrines de préférence. Le Pontederia cras-
sipes florïhunda, de M. Lagrange, est
remarquable par sa floraison plus facile et
plus abondante que celle de l’espèce. Tenus
à l’état flottant, c’est-à-dire dans un endroit
où les racines ne peuvent atteindre le sol
par suite de la profondeur de la couche
d’eau, ces Pontederia acquièrent de bien
moins grandes dimensions. Ils peuvent
servir aussi, en été, à la décoration des
aquariums d’appartement. La multiplication
est très-facile au moyen des nombreux
stolons qu’émettent ces plantes et qu’il suffit
de détacher pour avoir de nouveaux indi-
vidus.
Le semis des graines est très-rarement
usité ; il nous a très-bien réussi en semant
celles-ci en serre chaude, en terrine prépa-
rée, comme nous l’avons expliqué dans une
note précédente L
Tel qu’il est, le genre Pontederia ren-
ferme dans ces trois espèces, les plus con-
nues actuellement, des plantes intéressantes
et décoratives : le P. cordata à l’air libre,
les P. azurea et crassipes dans les serres,
autant dignes de culture par leur beau feuil-
lage, la curieuse conformation de leurs
pétioles vésiculeux, que par la beauté
éphémère de leurs fleurs.
Jules Rudolph.
LE MUGUET DES PAMPAS
En parlant, dans le dernier numéro de
la Revue horticole^ y d’une plante récem-
ment mise au commerce sous le nom vul-
gaire de Muguet des Pampas, nous avions
fait les plus expresses réserves, aussi bien
sur sa nouveauté que sur le nom botanique
de Withania origanifolia que lui avait
donné l’horticulteur qui la mettait au com-
merce, M. Godefroy-Lebeuf.
Nous avions eu bien raison, car la Revue
horticole recevait quelques jours après la
publication de notre article la lettre sui-
vante de M. J. Gérôme, chef du Jardin
botanique du Muséum d’histoire naturelle :
La plante mise en vente sous les noms de
Muguet des Pampas et Withania origanifolia,
Hort., est le Salpichroa origanifolia^, Miers,
déjà connue du temps de Lamark, qui l’avait
nommée Physalis origanifolia, et déjà cultivée
* Voir Revue horticole, 1897, p. 258 : Multipli-
cation des plantes aquatiques,
2 Voir Revue horticole, 1897, p. 504.
^ M. J. Gérôme fait erreur ; le vrai nom de cette
plante doit être Salpichroma rhomboideum (voir
Rev. hort., 1883, p. 526).
par Desfontaines, au Jardin des Plantes,
vers 1829, sous le nom à^Atropa origani-
folia, H. P.
G’est la même plante, envisagée à un autre
point de vue, qui est décrite dans le Potager
d’un curieux sous le nom d’ « Œufs de Coq »
(page 383, 2^ éd.).
J. Gérôme,
Chef du jardin botanique
du Muséum d’histoire naturelle .
Comment donc M. Godefroy-Lebeuf, dont
la compétence horticole est bien connue,
avait-il donné ce nom de Withania à la
plante qu’il cherchait à vulgariser? Nous
avons eu tout naturellement la curiosité de
le savoir, et nous le lui avons demandé.
Voici la lettre, intéressante d’ailleurs à
d’autres points de vue, qu’il a bien voulu
adresser à la Revue horticole :
M. Girard a parfaitement raison d’écrire
que le Muguet des Pampas ne paraît pas
absolument nouveau. Il ne l’était certaine-
ment pas pour les personnes qui lui ont dit
le connaître depuis dix ans, et qui auraient
pu le renseigner sur le nom de Withania,
530
LE MUGUET DES PAMPAS.
OU plus exactement sur le nom sous leque
elles le connaissaient, car, ainsi que nous le
verrons tout à l’heure, elles n’avaient que
l’embarras du choix. La vérité est que le
Withania origanifolia se rencontre, comme
bon nombre d’autres plantes, dans quelques
jardins botaniques où, en vertu de l’adage
« découverte ignorée est œuvre inutile », elles
attendent qu’on en tire un parti quelconque.
Le nom de Withania origanifolia est celui
sous lequel la plante figure au jardin bota-
nique du Muséum d’histoire naturelle.
MM. Paillieux et Bois, dans leur ouvrage si
intéressant, si bondé de renseignements, que
la Liby^airie agricole a publié, le Potager d’un
curieux, en parlent longuement, et c’est grâce
à eux que je peux faire preuve d’érudition.
Ils m’ont appris une foule de choses: que la
plante dont il s’agit s’appelait également Sal-
pichroa rhomboidea, Busberkia radicans,
Planchonia arbutifolia^ Atropa rhomboidea,
Physalis origanifolia, Atropa origanifolia, etc.
Ils m’ont appris aussi, mais trop tard, hélas!
alors que j’avais déjà lancé le Withania ‘soxxs
le nom de Muguet des Pampas, qu’il s’appe-
lait aussi Huevos de Gallo, Œufs de Coq !
Quelle trouvaille, voilà du moins un nom qui
n’engageait en rien la plante!
Cette plante donne des fruits qui ne sont
pas sans mérite, et j’ai la conviction que nos
jardiniers les amélioreront un jour ou l’autre.
La Revue horticole, qui a déjà parlé de la
plante en 1883, p. 525 et en 1887, p. 328,
sous le nom de Salpichroma rhomboideum
en reparlera de nouveau, c’est certain.
Quel que soit son nom, j’ai trouvé la plante
intéressante, et j’ai pensé qu’on pouvait l’uti-
liser à un usage auquel on n’avait pas paru
songer jusqu’ici.
Godefroy-Lebeuf, horticulteur,
4, impasse Girardon.
Des deux lettres qu’on vient de lire, la
première, celle de M. Gérôme, nous di;
que le Muguet des Pampas n’est pas un
Withania, et la seconde, celle de M. Gode-
froy-Lebeuf, nous dit que c’est au Muséum
qu’il a trouvé le nom ! Nous avons dû,
pour tirer la chose au clair, nous livrer
à une petite enquête, dont voici les résul-
tats :
La plante mise au commerce par M. Go-
defroy-Lebeuf n’est pas un Withania,
mais c’est sous le nom de qu’elle
a été pendant longtemps étiquetée au jar-
din botanique du Muséum.
Comment et à quelle époque l’erreur
s’est- elle produite? Nous n’en savons rien,
mais c’est depuis quelques années seule-
ment qu’elle a été rectifiée. Il n’est pas
étonnant queM. Godefroy-Lebeuf, qui avait
vu, comme il le dit dans sa lettre, la plante
étiquetée au Muséum sous le nom de
Withania, n’ait pas soupçonné l’erreur.
C’est même sous le nom de Withania
origanifolia que MM. Paillieux et Bois di-
sent, dans le Potager d’un curieux, « avoir
présenté des Œufs de Coq à la Société na-
tionale d’horticulture ». On voit que
M. Godefroy s’est trompé en bonne com-
pagnie.
Le Muguet des Pampas est une très-
vieille plante, dont le véritable nom est
Salpichroma rhomboideum, ainsi que l’a
établi M. Ed. André, dont il a été souvent
parlé dans la Revue horticole, mais à un
autre point de vue, et dontM. Godefroy-
Lebeuf a imaginé une utilisation nouvelle.
Nous reproduisons aujourd’hui la figure
du Salpichroma rhomboideum, avec la
description qu’en donnent MM. Paillieux
et Bois dans leur ouvrage précité :
Plante vivace, à tiges grêles, sarmenteuses
ou couchées, les inférieures radicantes ; feuilles
petites, inégales, pétiolées ; fleurs blanches,
solitaires, rarement géminées, pendantes. Ga-
lice de 2 à 3 millimètres de diamètre, cupuli-
forme, à cinq divisions étroites, qui persistent
sur la base du fruit ; corolle tubuleuse,
blanche, de 3 à 4 millimètres et demi de long
sur 2 à 3 de large, glabre, à divisions linéaires
oblongues, ayant leur extrémité recourbée ;
baie ovale-oblongue, de 2 à 3 centimètres de
long sur 1 centimètre de large, d’abord verte,
puis blanche, enfin couleur de rouille près du
pédoncule. Cette plante se trouve à Magellan,
dans les pampas de Buenos-Aires, à Montevideo,
au Brésil austral.
« La plante existe depuis longtemps au
Muséum, disent MM. Paillieux et Bois,
mais n’y fructifie pas. Pour en obtenir les
fruits, il faut la palisser contre un mur au
midi ; elle se couvre alors de milliers de
petites baies blanches semblables à des
œufs d’hirondelle. Vivace par ses racines,
elle repousse à chaque printemps, et il est
assez difficile d’en débarrasser le sol. »
« Les Œufs de Coq, disent en terminant
MM. Paillieux et Bois, sont, à nos yeux,
une plante plus curieuse qu’utile. » C’est
aussi la conclusion des articles publiés sur
cette plante par M. Ed. André (Voir Revue
horticole, 4883, p. 525, et 1887, p. 328).
Ce n’est évidemment pas cette conclusion
que donne M. Godefroy-Lebeuf, parce qu’il
s’est placé au point de vue ornemental, et
non au point de vue alimentaire.
D’après lui, le Muguet des Pampas est
une « des plus belles et des meilleures
plantes grimpantes à introduire dans les
jardins pour couvrir lés tonnelles, les piliers,
LE MUGUET DES PAMPAS.
531
garnir les murailles, les grillages, les talus,
les troncs dénudés des arbres, des bal-
cons, etc. ; elle réussit aussi bien au
centre des villes qu’à la campagne, et est ap-
pelée à rendre de grands services aux bords
de la mer où elle prospère admirablement,
alors que la plupart des plantes grimpantes
échouent.
(( C’est une plante précieuse par son
étonnante végétation, qui n’a pas l’inconvé-
nient des plantes annuelles d’êfre semée et
plantée chaque année, et qui ne fait pas
pourrir les treillages pendant l’hiver
comme les plantes à tiges ligneuses ou à
feuillage persistant.
« Elle résiste à nos plus grands froids
ainsi qu’aux plus grandes chaleurs, et se
plaît dans tous les bons sols et à toutes les
expositions. Sa culture n’offre aucune diffi-
culté, la racine peut rester indéfiniment à la
Fig. 159. — SSalpichroma rliofuboideum (Muguet des Pampas).
Rameau fleuri et fructifié, de grandeur naturelle, d’après les spécimens cultivés depuis 1882,
chez M. Ed. André, à La Croix-de-Bléré (Indre-et-Loire).
même place, il suffit d’enlever les tiges
lorsque les gelées les ont détruites. »
N’ayant pas fait personnellement l’essai
de cette plante, nous ne pouvons na-
turellement garantir tous les avantages si
bien décrits par M. Godefroy-Lebeuf, et
nous n’y aurions certainement pas consacré
un si long article, s’il n’y avait eu au
sujet de l’identité de cette plante une dis-
cussion que nous venons de mettre sous les
yeux de nos lecteurs, et si nous n’avions
pas une espèce de conclusion philosophiqu
à en tirer, à savoir que M. Godefroy-Le-
beuf a eu raison de chercher une utilisa-
tion nouvelle d’une plante presque in-
connue, en pensant, comme il le dit dans sa
lettre, que « découverte ignorée est chose
inutile ».
Il y a malheureusement bien d’autres
plantes, qui dorment ainsi dans nos jardins
l3otaniques, sans profit pour personne.
M. Girard.
532
SOCIÉTÉ NATIONALE D'HORTIGULTURE DE FRANCE.
SOCIÉTÉ NATIONALE D’HORTICULTURE DE FRANCE
SÉANCE DU 28 OCTOBRE 1897
Section des Chrysanthèmes.
Cinq colossales plantes spécimens, présentées
par la Maison Vilmorin, faisaient l’admiration
des membres de la Société. Ce sont les sui-
vantes : Le Verrier, Souvenir d'Antoine
Crozy, Gloriosum, Mistress G. Beer et Ma-
dame Fleurdelix. Mais cette admiration
allait également aux lots de M. Lemaire qui,
comme on le sait, est un des meilleurs culti-
vateurs de Chrysanthèmes. Dans l’un de ses
lots, présenté comme exemple de culture en
touffes basses à la demi-grande fleur, on re-
marquait trois belles nouveautés : Louise
Brossillon (Nonin), port de Madame Carnot^
mais se tenant mieux ; Topaze orientale (Gal-
vat) et Bernard Verlot (Calvat).
Les autres lots étaient formés, l’un de plan-
tes en godets, le second de plantes de mar-
chés.
Trois semis, parmi ceux envoyés par M. Cal-
vat, ont été primés : Robert de Massy,
Madame Jossier et Léonie Fierons. Il en
a été de même pour les suivants : de M. Nonin,
Paul Oudoty Gabrielle DebriOy Madame Jean
Burlat et Yvonne Barrage \ puis Duc d'Or-
léans de M. Chantrier.
Intéressant était l’apport de M. Ragot ; il
consistait en boutures en godets munies de
très-grosses fleurs : William Tricher, G.
Childs, Globe d'or, Source d'or, et, comme
plante nouvelle, Angèle Berteaux.
Enfin, les gros capitules en fleurs coupées
étaient représentés par de nombreux apports,
de MM. Vilmorin, Croux, Proust, Mazier et
Oudat. Les variétés Président Nonin (Calvat
1897), dans le premier de ces apports, et
Jaune Poitevine (Bruant 1899) dans le dernier,
étaient particulièrement remarquées.
Comité des Orchidées.
M. Béranek présentait un fort joli Cattleya
Harrissonii violacea ; M. Bert, de belles
plantes marchandes : Cypripedium Charles-
worthii, Odontoglossum divers et Oncidium
Forbesii, M. Régnier, un intéressant Cypri-
pedium præstans ; M. Opoix, un beau spéci-
men de Dendrobium formosum giganteum.
Un envoi de M. Mantin était caractérisé par
la présence d’hybrides intéressants :
1° Lælio- Cattleya bellaerensis (L. autum-
nale, C. Bowringeana) ; 2“ Lælio-Cattleya
Behrensiana {C. Loddigesii X L. elegans);
3o Cattleya Mantini aurea ; 4® C, X Labiata
Bowringeana, très-beau ; 5“ C. olivetensis
{C. X Loddigesii maxima).
Arboriculture d’ornement.
Un spécimen du Cotoneaster pannosa,Frsin-
chet, introduit en 1888 par M. l’abbé Delavay,
était présenté par le Muséum d’histoire natu-
relle. Cet arbuste paraît présenter un bon en-
semble de qualités ornementales ; la face infé-
rieure des feuilles est blanche et tomen-
teuse.
Arboriculture fruitière.
A ce Comité, le Muséum présentait un Poi-
rier, de très-bonne reprise, greffé sur Eriobo-
trya japonica. Ce genre de greffage pourrait
permettre, dit-on, la culture du Poirier sous
les tropiques.
En cette saison, on admire, à toutes les
séances, les présentations de beaux fruits.
A signaler, cette fois, les Poires Beurré
Diel présentées par M. Opoix, et prove-
nant d’arbres greffés sur franc. Puis, de
M. Orive, les Pommes de Reinette du Canada ;
de M. Jourdain, trois caisses du Raisin Chas-
selas doré ; de M, Touret, une collection de
Poires Bézi des Vétérans, Général Tottlebenj
Passe-Crassane, etc., et de M. Baude, des
Poires Crassane et Passe-Crassane, ainsi que
des Pommes de Reinette du Canada blanc et
gris.
Culture potagère.
M. Legrand, amateur à Vincennes, continue
ses apports de légumes réellement améliorés
C’était, cette fois, un Cardon inerme à côtes
bien remplies. H. Dauthenay.
Orléans. — lmp. G. Jacob, Paul Pigelet, successeur.
Le Directeur-Gérant t L. Bourguigow».
CHRONIQUE HORTICOLE.
533
CHRONIQUE HORTICOLE
Mérite agricole. — La vogue des Chrysanthèmes ; les expositions de Troyes et de Montpellier. — Expo-
sition de Chrysanthèmes à Genève. — Pêche Tardive du Mont-d’Or. — Ronce hybride de Framboisier.
— Le Sophora japonica comme arbre d’alignement. — Fraise Royal Sovereicjn.— Les plantes utiles
du Jardin botanique de Marseille. — Clématites hybrides du C. coccinea. — Le blanchiment simplifié
du Céleri. — Ouvrages reçus. — Errata : La médaille d’honneur de M. Patrolin ; le Salpichroma
rhomhoideum. — Le nouveau professeur d’arboriculture de Soissons.
Mérite agricole. — A l’occasion de
l’Exposition de Chrysanthèmes organisée
par la Société nationale d’horticulture de
France, la décoration du Méj'ite agricole a
été conférée aux personnes ci-après dési-
gnées :
Grade d'officier.
M. Savoye père (Jean-Baptiste), ancien horti-
culteur à Bois-Colombes (Seine), président
du Comité de floriculture à la Société natio-
nale d’horticulture de France ; nombreux
services rendus dans l’organisation des ex-
positions et concours ; plus de quarante ans
de pratique horticole. Chevalier du 14 juin
1891.
Grade de chevalier.
M. Lemaire (Louis-Jules), horticulteur à Paris :
président de la Section de Chrysanthèmes
de la Société nationale d’horticulture de
France. Nombreuses récompenses dans les
expositions et concours ; vingt ans de pra-
tique horticole.
La vogue des Chrysanthèmes ; les
expositions de Troyes et de Montpellier.
— L’exposition tenue, à Troyes, du 13 au
15 novembre, a obtenu un grand succès.
Les collections de variétés à la grande fleur
étaient superbes, et nous sommes heureux
de constater ce résultat qui fait bien augu-
rer de l’Exposition de 1898 et du Congrès
des chrysanthémistes qui doit l’accompa-
gner. Les succès obtenus déjà par la Société,
sous la présidence de M. Charles Baltet,
garantissent l’avenir.
Nous sommes heureux aussi de féliciter
M. Félix Sahut, président de la Société
d’horticulture de l’Hérault, du succès de
la dernière exposition de Chrysanthèmes,
qui a été close à Montpellier le 10 no-
vembre .
Au Nord, avec les cultivateurs renommés
de Lille et de Roubaix ; au Midi, avec les
semeurs de Toulouse et autres lieux, et les
cultivateurs de Montpellier ; au Centre, .
avec les cultivateurs émérites d’Orléans,
de Poitiers, de Bourges, etc. ; dans l’Est,
avec les semeurs de Grenoble ; à Paris en-
fin, où la dernière exposition a démontré
que la vogue de ces charmantes fleurs s’ac-
centue chaque jour, partout c’est une pas-
sion pour la plante japonaise et ses innom-
brables variétés. Que nos cultivateurs sa-
chent en profiter.
Pour donner une idée de cette faveur
extraordinaire, nous dirons que l’Exposi-
tion de Paris, a été un vrai triomphe finan-
cier pour la Société nationale d’horticul-
ture, qui a encaissé 39.000 francs d’entrées,
chiffre supérieur à la recette de la grande
exposition de juin dernier.
Exposition de Chrysanthèmes à Ge-
nève. — Après les efforts considérables
faits par les horticulteurs suisses et en par-
ticulier par les génevois, pendant l’Exposi-
tion nationale de 1896, on pouvait craindre
un certain ralentissement dans l’activité
des sociétés. Mais il n’en a rien été. La
Société d’horticulture de Genève a convié
les amateurs à une exposition d’automne
très-réussie. La vaste salle du Bâtiment
électoral offrait un charmant coup d’œil.
Le dessin général faisait honneur à M. l’ar-
chitecte Grobéty, président de la Société.
Environ 50 exposants, dont 30 à 35 pour
les Chrysanthèmes, ont pris part à la lutte,
et les résultats généraux dénotent, d’une
part beaucoup de goût dans l’arrangement
des lots, d’autre part une grande habileté
culturale pour la spécialité des Chrysan-
thèmes.
Les grands prix d’honneur ont été pour
MM. Druz, Delapierre, Lance, de Genève.
Quelques semeurs français, MM. Calvat,
de Grenoble, Chantrier, de Bayonne, et
Reydellet, de Valence, avaient envoyé des
Chrysanthèmes nouveaux de semis.
Pêche tardive du Mont-d’Or. — Nous
avons reçu de notre collaborateur, M. Morel,
pépiniériste à Lyon-Vaise, des renseigne-
ments complémentaires sur cette Pêche
extra-tardive. Bs permettront de se faire
une idée des qualités [remarquables de ce
23
1er Décembre 1897.
534
CHRONIQUE HORTICOLE.
fruit. D’ailleurs, on commence à l’appré-
cier dans la région lyonnaise. Il a été plu-
sieurs fois présenté sur le bureau de
l’Association horticole lyonnaise, jusqu’à
la fin de novembre. On est frappé aussi de
la longue persistance de la végétation de
Tarbre, alors que presque tous les autres
Pêchers sont depuis longtemps au repos.
Nous en avions encore sous les yeux des
rameaux feuillus, ces jours derniers.
Ajoutons que les fruits ne peuvent
atteindre sur l’arbre leur complète ma-
turité, qui s’achèvera au fruitier.
Cette extrême tardiveté, et la durée très-
prolongée de la végétation sous le climat
de la France moyenne, jusqu’au commen-
cement de l’hiver, portent à croire que, dans
le Nord, on pourrait reculer la maturité
de ce fruit jusque vers décembre ou jan-
vier : il suffirait de le rentrer juste à point
pour qu’il puisse recevoir le complément
de chaleur nécessaire.
Voilà une application toute trouvée de la
culture a retardée » du Pêcher dans le
genre de ce qu’on obtient déjà de la Vigne
sous verre. Après la série des « Pêches
hâtives américaines », nos horticulteurs
auraient profit à s’occuper des « Pêches
tardives françaises ».
Ronce hybride de Framboisier. —
Quand on songe à la saveur des fruits de
ces deux arbustes indigènes, on en vient
bien vite à souhaiter que les qualités des
deux soient réunies en un seul et même indi-
vidu hybride.
La chose a plusieurs fois été signalée en
Amérique surtout, où l’on fait, ainsi qu’en
Angleterre, beaucoup plus de cas des Mûres
que chez nous, puisque certaines variétés
améliorées ont été obtenues, et y sont cul-
tivées pour l’usage fruitier.
Ce désir vient d’être réalisé par MM. Veitch,
de Londres. Ils ont récemment présenté à
la Société d’horticulture des rameaux
chargés de fruits d’un hybride..obtenu du
croisement du Framboisier Belle de Fon-
tenay par la Ronce commune (Ruhus
fruticosus). La plante a des rameaux étalés,
sinon traînants, très-feuillés, épineux, des
feuilles à folioles amples, des fruits dis-
posés en grappes, nombreux, gros, arron-
dis, noir purpurin et pruineux.
Le but du croisement était d’obtenir une
plante produisant plus longtemps et plus
abondamment que le Framboisier, et dont
les fruits seraient plus parfumés que ceux
de la Ronce. Souhaitons que cet hybride ait
toutes ces qualités; on le verrait alors se
répandre rapidement chez nous.
Le Sophora japonica comme arbre
d’alignement. — L’Ecole nationale d’a-
griculture de Grignon possède, autour de
son potager, une belle avenue de Sophoras.
Ces Sophoras furent élevés à Grignon ; ils
sont âgés aujourd’hui d’une trentaine d’an-
nées ; ils ont subi les hivers de 1879-80 et
1890-91 sans dommage.
Le Sophora japonica pousse un tronc
très-droit, et n’émet pas de jets comme les
Robinia. Ses rameaux sont peu pendants et
faciles à élaguer. Le feuillage, qui rappelle
un peu celui des Robinia., paraît tard, mais
reste longtemps vert ; il est même en pleine
verdeur à l’époque où la chute des feuilles
commence pour le Marronnier d’Inde. De-
vant de tels avantages, on peut se deman-
der pourquoi l’on ne rencontre que très-
rarement des plantations de Sophoras dans
nos promenades publiques.
La raison en est, sans doute, que l’édu-
cation du Sophora est plus longue et plus
difficile que celle du Marronnier, du Pla-
tane, du Frêne, etc. En effet, les jeunes
plants doivent être abrités contre les ge-
lées dures dans les grands hivers. Puis ils
souffrent facilement dans la transplantation.
Aussi, tandis qu’un Marronnier âgé de
3 ans ne revient qu’à 2 francs, un Sophora
devra être âgé de six ans pour remplir le
même but, et vaudra 6 francs.
C’est évidemment une simple question
d’économie qui empêche qu’on fasse un
emploi plus fréquent du Sophora japonica ;
et c’est incontestablement regrettable.
Quoi de plus attristant que de voir,
par exemple, les boulevards parisiens qui
sont plantés en Marronniers d’Inde, dé-
pourvus dès le mois d’août de toute ver-
dure et de tout ombrage? Pourquoi n’in-
tercalerait-on pas, en nombre égal, des
Sophoras parmi les Marronniers, pour
en dissimuler, jusq.u’en octobre, l’ossature
attristante ?
Fraise Royal Sovereign. — Au moment
même où s’opère la plantation des Frai-
siers, nous ne saurions trop engager les
amateurs à essayer la Fraise Royal Sove-
reign. Cette variété, nouvelle pour la
France, fut mise au commerce en 1894 par
M. Laxton, l’habile semeur anglais. Elle
est aujourd’hui fort prisée en Angh* terre,
et les journaux anglais sont unanimes à en
constater les qualités.
CHRONIQUE HORTICOLE.
535
M. Meslé, jardinier en chef du parc de
Mignaux, près Poissy, qui essaya celte
Fraise il y a près de deux ans> Ta adoptée
dans ses cultures, et nous a communiqué à
cet égard des renseignements que nous
résumons ci-dessous :
La végétation du Fraisier Royal Sove-
reign est très-vigoureuse, dépassant même
celle du Fraisier Marguerite. Sa fertilité
est au moins aussi grande que celle de ce
dernier. Ses fruits sont d’une couleur écar-
late supérieure à tout ce qui a paru jus-
qu’à présent.
Au point de vue de la culture forcée,
cette Fraise paraît plutôt propre à la
deuxième saison, pendant laquelle elle se
féconde, dans tous les cas, admirable-
ment.
Enfin, le Fraisier Royal Sovereign se-
rait aussi une excellente acquisition pour
la pleine terre, son tempérament facile lui
permettant de se contenter des sols cail-
louteux et montueux comme des cultures
peu entretenues ou mal comprises.
Les plantes utiles du Jardin bota-
nique de Marseille. — Le chef des cul-
tures de cet établissement, M. Davin, vient
de publier une brochure très-intéressante ^
pour tous ceux qui s’intéressent aux cul-
tures coloniales, et surtout pour les habi-
tants du Midi de la France. Ils pourront
voir vivantes, au Jardin botanique de Mar-
seille, un bon nombre de plantes exotiques
d’un intérêt comestible, médicinal, indus-
triel, etc., ce qui leur permettra, soit de les
reconnaître dans les colonies, soit d’en es-
sayer la culture. C’est ainsi qu’ils trouvent
dans ce jardin, situé au parc Borély : l’Ana-
nas, le Papayer, le Quinquina, le Poivre
long, le Calebassier, le Coca, l’Hévéa (Caout-
chouc), la Badiane, le Bananier, l’Avoca-
tier, le Goyavier, le Kola, le Tamari-
nier, etc., etc. Ces plantes se trouvent
d’ailleurs représentées au Musée colonial de
Marseille, fondé par M. Heckel, et qui rend
de si grands services à la culture des colo-
nies.
Clématites hybrides du C. coccinea. —
MM. George Jackman et fils, de Woking
(Angleterre), ont mis au commerce cette
année trois jolies variétés hybrides du Cle-
matis coccinea : Countess of Onsloio, à
grande fleur en grosse cloche pourpre vif ;
1 On trouve la brochure de M. Davin, à Mar-
seille, che? M. Barlatier, 19, rue Venture.
Duchess of York, blanc carné lavé de rose
au centre, et Duchess of Albany, rose vif.
Très-admirées au printemps 1897 à l’expo-
sition de Temple Show, ces Clématites ont
reçu de la Société royale d’horticulture de
Londres un certificat d’authenticité. Ces trois
variétés constituent une nouvelle race, re-
marquable à la fois par la beauté du coloris
de ses fleurs, par l’élongation de ses pé-
doncules floraux, ce qui en permet l’emploi
en fleurs coupées, et enfin par la vigueur et
la robusticité de sa végétation.
Les Anglais ne sont pas seuls à la tête
d’hybrides de cette nature. Nous venons
d’en voir d’analogues chez notre collabora-
teur M. F. Morel, à Lyon, et nous parlerons
prochainement à nos lecteurs de ces inté-
ressantes nouveautés.
Le blanchiment simplifié du Céleri. —
C’est dans le journal américain Vick's
illustrated monthly Magazine que nous
trouvons le mode décrit ci-dessous, très-
simple, de blanchiment du Céleri. Après
avoir rassemblé à l’aide d’un lien toutes les
côtes du pied de Céleri, on entoure ce pied
d’une bande de fort papier en l’enroulant
de plusieurs tours. Un bon lien ou deux au
plus suffisent ensuite à retenir cette enve-
loppe d’un nouveau genre.
Cette manière de procéder est en usage
aux environs de Buffalo. Comme on le voit,
les jardiniers ne s’y donnent pas la peine
de placer leurs pieds de Céleri dans des
fosses creusées à cet effet; ils ne les re-
couvrent pas non plus sur place d’une ban-
quette de terre. Ils se contentent de les
envelopper sur place et de les entourer
ensuite de feuilles ou de les couvrir de pail-
lassons, s’il survient des gelées. Le papier
en usage est dur, grossièrement fabriqué,
mais solide ; il est découpé à l’avance en
feuilles de dimensions en rapport avec la
hauteur et l’ampleur de la variété du Céleri
à garantir. On obtient ainsi, paraît-il, un
parfait blanchiment.
OUVRAGES REÇUS
L’art de greffer, par Ch. Baltet. fie édition,
1 voL. in-18 de 517 pages et 202 fig., à la
librairie agricole de la Maison Piustique, 2G, rue
Jacob, Paris. Prix : 4 francs.
Nous n’avons pas, bien entendu, à faire l’é-
loge de l’ouvrage depuis longtemps classique
de M. Charles Baltet ; il nous suffira d’indiquer
à nos lecteurs que la 6® édition vient de pa-
raître.
Dos additions intéressantes et des applica-
536
CHRONIQUE HORTICOLE.
tions de la greffe à d’autres végétaux que ceux
qui étaient compris dans les précédentes édi-
tions ont été introduites dans le précédent vo-
lume ; mais nous aurions désiré que l’auteur
les signalât dans sa préface, pour qu’on pût
en faire immédiatement son profit. C’est une
petite amélioration sur laquelle nous nous
permettons d’appeler l’attention de l’auteur
pour la 7e édition.
Plantations d’alignement, promenades,
parcs et jardins publics, 1 vol. in-12 de
357 pages et 336 gravures, chez Vicq-Dunod,
49, quai des Grands-Augustins, Paris. Prix ;
Il francs.
Sous ce titre, M. Georges Lefebvre, conduc-
teur des ponts et chaussées, attaché au service
municipal de Paris, vient de publier un livre
très-documenté, qui rendra de réels ser-
vices à tous ceux qu’intéressent les questions
indiquées par son titre.
Nous pourrions louer sans réserve cet ou-
vrage, si l’auteur avait pris le soin de citer
plus explicitement les sources où il a puisé,
et si, ce qui est plus grave, l’ouvrage ne ren-
fermait pas un certain nombre d’erreurs dans
la nomenclature des végétaux, queM. Lefebvre
ne connaît pas suffisamment, ce qui lui fait
recommander, par exemple, pour les jar-
dins de plein air sous le climat de Paris, les
Dicksonia squarrosa et AlsophÜa australis,
de serre tempérée, et le Pteris tricolor, de
serre chaude.
The principlesof fruit growing, par M. L.
A. Bailey, 1 vol. in-12, chez Macmillan, édi-
teur, New-York et Londres. Prix : 6 fr. 25. —
Tout arboriculteur qui comprend l’anglais
devrait posséder ce livre. Il est plein de talent,
d’observations originales, de conseils pratiques,
d’aperçus différents de notre culture. Loin
d’être une compilation, comme le sont trop
souvent les livres, cet ouvrage expose les idées
très-personnelles de l’auteur, et pour l’exploi-
tation arboricole en grand, il constitue une
œuvre de réelle valeur.
Missouri Botanical Garden. — C’est le
8e rapport sur le remarquable Jardin bota-
nique de Saint-Louis de Missouri, que vient
de nous envoyer le savant directeur, M. W.
Trelease. L’activité des botanistes de ce bel
établissement nord-américain est remarquable ;
ils ne cessent de produire. Grâce aux libéralités
du fondateur, le regretté M. Shaw, que je
m’honore d’avoir personnellement connu, les
ressources nécessaires au fonctionnement de
ce jardin botanique sont considérables. Cette
année, le Rapport contient, en dehors des
travaux ordinaires, un plan complet des îles
Açores, comprenant les phanérogames et les
cryptogames, les premières dues â M. Trelease,
les secondes â M. Gardot. De nombreuses
illustrations accompagnent le texte.
Errata : La médaille dlionneur de
M. Patrolin. — Dans notre dernier nu-
méro, p. 520, la médaille d’honneur attri-
buée à M. Patrolin, horticulteur à Bourges
par le jury de la dernière Exposition de la
Société nationale d’horticulture, lui était
décernée pour ses Chrysanthèmes, et non
pas pour des Arbres fruitiers, comme on
l’a imprimé.
Cette grosse erreur ne vient pas de notre
collaborateur, mais du copiste qui nous
avait Transmis la liste des principales ré-
compenses de la Société nationale d’horti-
culture. M. Dauthenay lui-même, dans son
article, avait bien écrit « Chrysanthèmes »,
et c’est un des correcteurs de la Revue qui
a modifié le texte, pour le rendre con-
forme à la liste des récompenses qui figu-
rait dans la chronique.
M. H. Dauthenay pouvait d’autant moins
se tromper, qu’il avait fait photographier
l’un des plus beaux apports de M. Patrolin,
le Chrysanthème Etoile de Lyon, qui est
est précisément figuré dans son compte
rendu de l’Exposition, que la Revue hor^
ticole publie aujourd’hui.
Le Salpichroma rhomhoideum. — Nous
avons reçu deM. Gérôme la lettre suivante :
Dans une note adressée à la Revue horti-
cole, j’ai bien écrit que le nom exact de la
plante vendue sous le nom de Muguet des Pam-
pas est le Salpichroa rhomboidea, Miers, qui
est d’ailleurs le nom adopté par V Index Kewensis.
Mais je n’ai pas écrit Salpichroa origanifolia,
nom qui n’existe pas dans les ouvrages de bo-
tanique. Je n’ai donc pas fait l’erreur qui
m’est imputée.
J. Gérome,
chef des serres au Muséum,
Professeur à l’Ecole nationale d’horticulture
de Versailles.
Une coquille typographique, que nous re-
grettons comme M. Gérôme, a fait écrire
origanifolia au lieu de rhomhoidea, après
le mot Salpichroa. Elle vient d’une erreur
de lecture faite par l’ouvrier typographe, le
mot origanifolia se trouvant, dans la lettre
de M. Gérôme, exactement au-dessus du
mot rhomboidea. L’ouvrier, qui compose
mot par mot, s’est trompé de ligne, et a com-
posé une seconde fois le mot origanifolia.
Quant au nom exact, voici ce qui nous
fait adopter celui de Salpichroma rhom-
hoideum : Miers, en fondant le genre, avait
écrit Salpichroa L Trois ans plus tard, il
' Salpichroa, Miers, [in Hook. Lond. journ.
of bot., 1H45, p. 321.
EXPOSITION d’automne DE LA SOCIÉTÉ N,
jugea à propos de le changer en Salpichro-
ma^. En adoptant le nom deSalpichroma,
le dernier en date, Dunal, dans la mono-
graphie des Solanées qu’il écrivit pour le
ProdromuSy se conforma à la pensée de
l’auteur; et une note de M. Alphonse de Gan-
dolle, en bas de page, dit qu’il n’a pas jugé
nécessaire de réformer ce nom, bien qu’il le
jugeât mal fait (de o-â^Trr/Ç, trompette, et
Xpôiiix, couleur) pour des plantes dont le tube
n’est pas toujours coloré, mais qu’il le fait
neutre commeildoit être et non féminin^.
Bentham et Hooker, dans le Généra
plantarum, en écrivant Salpichroa^y ont
immédiatement ajouté : « nom changé par
l’auteur en Salpichroma d (nomen in
Salpichroma mutatum ah auctore). Il
nous paraît donc que M. Jackson, dans son
Index Kewensis sur lequel s’appuie
M. Gérôme, n’a pas été heureusement ins-
piré en rejetant le nom rectifié par l’auteur
lui-même, qui nous parait être bon juge
EXPOSITION
DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE
(chrysanthème
I. — Chrysanthèmes
Parmi les divers lots qu’exposaient MM. Vil-
morin-Andrieux et Gie, il faut citer, en pre-
mière ligne, un groupe de vingt-cinq variétés
sur tige et formant tête. Plusieurs de ces
exemplaires, très-beaux, comptaient jusqu’à
150 fleurs. Un autre lot, formé de plantes en
touffes basses, était remarquable par leur bonne
tenue ; on ne constatait pas trop de tuteurs à
leur base. Les mêmes exposants avaient le lot
le plus considérable de Chrysanthèmes en go-
dets.
Dans leur lot de nouveautés, nous avons par-
ticulièrement noté : Artaxercès (Lacroix), ja-
ponaise globuleuse, jaune clair ; Beauté Gre-
nobloise (Galvat), japonaise incurve à larges
ligules canaliculées, blanches, à laquelle nous
joignons tout de suite ces deux autres nouveau-
tés de Galvat, parce qu’elles sont de même
facture : Isercttei, saumon cuivré à revers vieil
or et Laurence Zédé, rose ; Comtesse deBeau-
laincourt (Nonin), japonaise effilée jaune d’or;
Fée du Champsaur (Galvat) japonaise blanche
à larges ligules : Général Bézia (Chantrier),
curieux cube compact de ligules imbriquées,
jaune nuancé de rose à la partie antérieure ;
1 Salpichroma, Miers, m Hook. Lond. journ.,
1848, vol. 2, p. 233.
2 DG. Prodrotnus, vol. XIII, ser. 1, p. 471.
3 Vol. II p. 809.
XTIONALE d’horticulture DE FRANCE. 537
en sa propre cause, défendue d’ailleurs par
M. de Candolle avec une incontestable auto-
rité.
Le nom correct est donc Salpichroma
rhomboideum.
Le nouveau professeur d’arboriculture
de Soissons. — Nous apprenons avec plaisir
la réception cordiale foite par la Société
d’horticulture de l’arrondissement de Sois-
sons à son nouveau professeur, M. Ch.
Grosdemange. L’accueil qui lui a été fait,
à sa leçon d’ouverture, a été des plus cha-
leureux.
D’autre part, les auditeurs de Provins,
où il a longtemps professé l’horticulture,
lui ont fait des adieux empreints de la plus
vive sympathie, et lui ont offert un objet
d’art en souvenir des rapports cordiaux
qu’ils avaient eus avec lui, et en témoi-
gnage de leurs regrets.
Éd. André.
D’AUTOMNE
THORTICULTÜRE DE FRANCE
i, FRUITS, ETC.)
Madame Maxime Johert (de Reydellet), japo-
naise incurve saumon cuivré à revers vieil or ;
Mère Héraud (Héraud), japonaise mauve ; Pu-
blias Crassits (Ghantrier), tubulée plate cou-
leur bistre ; Bonjonnant (Lacroix), tubulée
franchement rayonnante, rose, très-florifère et
constituant un progrès marqué sur l.ilian
Bird et sur Exposition de Grenoble.
M. Augustin Nonin avait une collection de
cent cinquante variétés de belle culture, en
touffes basses n’étant pas encombrées d’une fo-
rêt de baguettes, comme cela se voit trop sou-
vent. ,
On y notait principalement les variétés
CalvaVs australian Gold. Etoile de Lyon, Ma-
dame Carnot , N.C S. JubiLe, Xiveus, etc.
Un lot spécial du même exposant, celui de
50 duveteux, intéressait beaucoup les visiteurs.
La variété jaune soufre, d’obtenlion récente,
Léocadie Gentils ; une belle nouveauté, Beauty
ofTrurô, vieux rose, et une obtention de Dé-
iaux, Piquevalle de Rozeville, rouge sang à
revers chaudron, y attiraient surtout l’attention.
Dans l’apport d'obtentions nouvelles de ce même
exposant, il faut citer une belle série de japo-
naises incurves : Berthe Daupias, rose ; Ba-
ronne de Dietrich, rose pointé jaune ; Ga-
brielle Debrie, rose carné ; Madame JeanBur-
lat, rose vineux à revers gouachés de blanc ;
Madame Frédéric Daupias, blanc lavé de ca-
nari ; Paul Oudot, blanc carné, lavé de jaune
538 EXPOSITION d’automne de la société
crème, solide et facilement transportable. Un
autre semis, de forme tout à fait nouvelle, est
Yvonne Parage, représenté par la fig. 160.
Les ligules, qui affectent la forme pétaloïde,
sont rubanées, ondulées et la plupart pen-
dantes : plusieurs se relèvent en forme de
crosses ; le coloris est rouge lavé et strié de
vieil or avec revers bronze.
L’exposition de M. H. Patrolin, de Bourges,
consistait en une nombreuse collection de
Chrysanthèmes formés en tête sur de hautes
tiges. A ce propos, rectifions une erreur que nous
avons été tout le premier étonné de trouver dans
notre précédent article, et dont la chronique du
numéro d’aujourd’hui donne l’explication : c’est
nationale d’horticulture de FRANCE.
bien pour ce lot de Chrysanthèmes et non pour
des arbres fruitiers, (M. Patrolin n’en
exposait pas), que cet horticulteur a reçu une
médaille d’honneur. Les Chrysanthèmes de
M. Patrolin nous ont semblé de forme irré-
prochable, les tiges très-dégagées, les têtes, en
boules compactes, abondamment couvertes de
fleurs. La fig. 161 montre un de ces spéci-
mens, Etoile de Lyon ; le pied qui a été pho-
tographié comptait 80 fleurs, la figure n’en
montre naturellementqu’une partie puisqu’elle
ne donne qu’une face de la plante.
M. Calvat a conservé sa place à la tête des
semeurs. Ses obtentions continuent à être
d’une grande originalité et à acquérir un volume
Fig. 160. — Chrysanthème Yvonne Parage.
de plus en plus considérable. Dirons-nous qu’à
ce second caractère nous préférons le
premier? Contentons-nous, pour l’instant,
d’enregistrer les surprenants résultats obte-
nus ; nous avons relevé, dans les semis de
M. Calvat, trois formes particulières : Céleste
Falconnet, énorme houppe large de 22 centi-
mètres, profonde de 28, formée de ligules
longues, amincies à leur extrémité, retom-
bantes, d’un rose vif ; le n» 820, capitule me-
surant bien 25 centimètres de diamètre, aux
ligules plates, rubanées, larges de près de
deux centimètres, rose à revers blanc rosé ;
et le no 800, présentant au centre un
énorme cône de ligules canaliculées, incur-
.vées, tandis que les ligules de la périphérie
sont presque réfléchies ; le tout est de cou-
leur blanc carné à pointes lavées de rose.
Dans l’exposition de M. Cordonnier, nous
avons retrouvé des fleurs presqu’aussi grosses
que celles de M. Calvat. Il y avait des Madame
Carnot, Etoile de Lyon, Héroïne d'Orléans
dont le diamètre mesurait de 22 à 25 centimères;
un C.B. Withnallen énorme boule incurve, de
12 centimètres de largeur sur 15 d’épaisseur.
Parmi les obtentions de cet exposant, il faut ci-
ter Souvenir de mon amie, à aiguilles rayon-
nantes, rose vif au fond, rose pâle aux pointes,
fleurissant, paraît-il, pendant deux mois ; Ma-
dame Louis Rémy, sport blanc de Mistress
Barman Payne, Henry Van de Walle, au
bouton terminal jaune cuivré, à l’extrémité des
EXPOSITION d'automne DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE d’hORTIGULTURE DE FRANCE. 539
ligules déchiquetée, sport de Mistress Frank
Thompson.
MM. Lévêque avaient des apports dans la
plupart des concours spéciaux : un de 150 et
un autre de 100 belles variétés ; quatre de va-
riétés en touffes basses; un de 25 variétés nou-
velles ; 150 variétés en fleurs coupées, etc.
La plupart des plantes nouvelles précédemment
signalées s’y trouvaient, ainsi que des va-
riétés de premier choix telles que : Laurence
Zédéy Edouard André, N. C. S. Jubilee,
Oceana, etc.
La culture en touffes basses à demi-grande
fleur était l’apanage de lots tels que ceux de
MM. Ragoût, Gérand, Yvon, etc. Un caractère
assez particulier s’attachait à celui de MM. Uu-
val et fils à cause de la réunion de spécimens
peu connus, tels que Philadelphia, jolie in-
curve de couleur jaune citron, et à celui de
M. Quétier, où Léocadie Gentils ressortait
fort bien. Remarqué aussi un bien beau spéci-
men de Reine d* Angleterre dans le lot de
M. Laveau, jardinier chez Mme Deshayes, à
Crosnes (Seine-et-Oise), ainsi que les Ghrysan-
Fig. 161. — Chrysanthème Étoile de Lyon cultivé sur une seule lige, et formant tête.
thèmes greffés sur Armoise de M. Auger et de
M. Bernard; on admirait, de ce dernier, un
Méphisto greffé de deux ans.
Les amateurs dont l’admiration ne se voue
pas exclusivement à l’inflorescence éboutonnée
ont eu le plaisir de rencontrer quelques lots de
Chrysanthèmes multiflores tels que ceux de
MM. Leenaërts, Aubin et Quétier, des Frères
de Saint-Nicolas-d’Ignyet du Refuge de Plessis-
Piquet.
Les plus beaux lots de fleurs coupées nous
ont paru être celui de M. Rosette en tête,
ceux de MM. Ch. Molin, Couillard, Rémy,
Modères, Ragueneau, de Reydellet, etc.
Les boutures en godets et portant de très-
grosses fleurs sont toujours un objet de curio-
sité pour le public ; on examinait beaucoup
celui de MM. Gappe et fils et celui de M. Va-
cherot.
Enfin, l’un des plus charmants attraits de
l’Exposition a été le concours de gerbes, bou-
quets, corbeilles et garnitures diverses en
Chrysanthèmes. La charrette de M. Dallé, les
élégantes compositions de M. Debrie et de
M. Chénier ont été très-admirées.
Nous ne reviendrons pas sur les lots de.
DE LA FLOtlAlSON DES AGAVES.
Uù
fleurs autres que Chrysanthèmes, et dont
nous avons parlé précédemment ^ Toutefois, il
faut ajouter à ces lofs celui des Clématites
exposées par M. G. Boucher ; il s’agit là d’une
culture pour floraison extra-tardive, et par
conséquent remarquable.
II. — Arbres fruitiers, Fruits et Légumes
Au lot d’arbres fruitiers formés de M. Croux,
dont nous avons parlé dans l’article précité, il
faut ajouter ceux de MM. Bruneau, Boucher,
Carnet, Leconte, Paillet et Rothberg. Dans la
section des fruits, nous avons signalé le lot de
Raisins des Forceries de l’Aisne dans lequel
les grappes de la variété Black Alicante étaient
surtout remarquables. Les lots de M. Salomon,
de Thomery, consistant en une collection de
Raisins ayant tous mûri à l’air libre, et de
M. Girardin-Jourdain, d’Argenteuil, méritent
les mêmes éloges. Signalons aussi les jolis
Chasselas des côtes de Conflans, exposés par
MM. Arnoult-Crapotte, Jourdain père, Jourdain
Ifils et Hamel.
Quatorze lots de Poires et Pommes étaient
'rassemblés dans l’étroit couloir laissé à la sec-
ition alimentaire et dans lequel il était impos-
sible de circuler. On a néanmoins pu remar-
DE U FLORAIS
Un journal horticole étranger a publié,
dans le cours de cette année, diverses notes
sur la floraison des Agaves, et en particulier
de V Agave americana, tendant à perpé-
tuer l’idée fausse que cette plante ne fleu-
rit qu’à l’âge de cent ans. D’après ce jour-
nal, le fait serait si connu « qu’en Amé-
rique même, aux Etats-Unis, tout au
moins, cette plante est désignée sous le
nom de plante d’un siècle >».
R serait temps vraiment de déraciner
une pareille erreur. Je me permets de
dire, qu’en ce cas, ce n’est pas du Nord que
peut nous venir la lumière, mais du Midi
où, chacun le sait, les Agaves, surtout dans
V Agave amer ic iua^ Linn., sont acclimatés
et vivent en pleine terre, en plein air, prenant
un développement identique aux plantes du
Mexique et croissant presqu’aussi rapide-
ment.
Les deux rives de la Méditerranée entière
sont complantées à" Agave americana de
grande taille, fleurissant et drageonnant
par milliers.
Habitant sur une route qui en est bordée,
je parle de ce que je vois, et de ce que chacun
peut contrôler.
^ Voir Revue horticole, 1897, p. 520.
quer, en arrivant de bonne heure, les belles
collections de MM. Groux, Bruneau et Roth-
berg, ainsi que quelques beaux lots de MM. Le-
doux. Bureau, etc. Dans celui de M. Pierre
Passy, on admirait deux corbeilles de Poires
Doyenné d’hiver et Doyenné du Comice de
rare conservation, ainsi qu’une Belle Angevine
pesant 1 kil. 500. Dans celui de M. Grive, on
s’arrêtait devant des Pommes marquées aux
chiffres de la République française et du Pré-
sident Félix Faure.
Toujours dans le même couloir, se trouvaient
des légumes. A côté des collections de MM.Vil-
morin-Andrieux et Ge, Lambert et Germond,
le public s’est beaucoup arrêté devant les As-
perges forcées et griffes d’Asperges de M. Gom-
point. Signalons aussi la collection de Pommes
de terre de M. Hyacinthe Rigault et celle de
Haricots secs de M. Gramain.
Nous ne terminerons pas sans féliciter
M. Théveny pour la rare vérité qu’il apporte à
la reproduction moulée des légumes et des fruits.
Rien n’était amusant comme de voir les visi-
teurs, qui n’avaient pas remarqué la mention
fruits moulés, admirer la belle conservation
de ces fruits, ne supposant pas un seul instant
qu’ils avaient sous les yeux autre chose que
des produits naturels. H. Dauthenay.
IN DES AGAVES
La susdite route (R^® n» 7) a été ou-
verte à la mine, dans les rochers surplom-
bant la mer entre Nice et Villefranche, ea
1859 ; il y a donc 38 ans.
Dès son achèvement, on y a planté pour
consolider les terres et les fragments de
roche un très- grand nombre de petits
rejetons d’il . amerieana piqués au hasard
des fentes de la pierre. Le terrain est un
calcaire jurassique un peu argileux, très-
rouge, contenant une forte dose de potasse.
Or, à partir de 1871, un grand nombre
d’exemplaires fleurit régulièrement chaque
année ; et les hampes qui surgissent à pré-
sent font partie des rejetons émis par les
exemplaires plantés jadis.
Cela est un fait indéniable, facile à véri-
fier, observé sur une multitude de spéci-
mens de belle venue, en tout comparables à
ceux du Mexique.
En général, l’il. americana ne fleurit
pas avant d’avoir atteint une certaine
grosseur. La floraison dépend du dévelop-
pement d’un sujet plutôt que de son âge.
Tel exemplaire ayant rencontré des con-
ditions spécialement favorables fleurira vers
12 ou 15 ans. Et l’autre, moins bien placé,
restera petit, tout en déroulant bien souvent
autant de feuilles, et ne fleurira que dans un
APPLICATION DES ENGRAIS CHIMIQUES AUX PLANTES EN POTS.
541
laps de temps beaucoup plus long pouvant
atteindre le double.
Si, déjà très-gros, on transplante un
Agave, il y a grande chance pour le voir
fleurir un ou deux ans après. Ce fait est sur-
tout observé pour les A. americana, Sal-
miana et applanata.
Le journal en question a publié des ar-
ticles dont les auteurs possèdent ou ont vu
des Agaves centenaires ayant fleuri cette
année. C’est fort possible, et je ne viens pas
m’inscrire en faux contre ces cas exception-
nels. Mais j’insiste sur le caractère très-ex-
ceptionnel de plantes ayant traîné leur mi-
sérable existence pendant un siècle dans des
pots ou des bacs. Gela fait songer au Bao-
bab que Tartarin cultivait aussi en chambre.
Ce n’est pas sur un tel genre de culture
qu’il faut se baser pour conclure, mais j’ad-
mire la patience du jardinier autant que
l’endurance de ces plantes finissant par
épanouir des fleurs après cent ans de ce
traitement.
VAgave americaiia, comme du reste
toutes les espèces, apprécie à leur juste va-
leur les bons terrains, les engrais et les
soins ; mais il se contente, pour prendre
son développement normal, de peu de pro-
fondeur de terre et de peu d’eau, à trois con-
ditions essentielles :
1“ Pouvoir faire filer ses grosses racines
à grande distance. Les drageons surgissent
fréquemment à plus de 40 mètres du rhi-
zome;
2® Recevoir les rosées nocturnes, très-
abondantes ici ;
3® Jouir de beaucoup de lumière et de
beaucoup de soleil.
Nous sommes loins de l’élevage en pots
dans une serre froide bien sèche.
La taille moyenne des nombreux Agaves
fleurissant ici est d’environ 75; j’en vois
souvent de 2 mètres et plus. La hampe I
atteint généralement 5 mètres ; je ne crois
pas qu’elle dépasse souvent 7 mètres au^
dessus de la plante.
La Revue horticole du 1®'^ octobre par^
laitd’Agaves polycarpiques.
Sur toutes les plantes ayant fleuri chez
moi, dans cette catégorie nombreuse, il est
à remarquer que les bourgeons latéraux,
destinés à continuer l’existence du spéci-
men, émergent entre les feuilles un an
avant la floraison du bourgeon terminal.
Presque toutes les espèces de la section
« Aloideæ » sont dans ce cas.
Une erreur, souvent répétée, circule aussi
au sujet delà section « Rigidæ». On prétend
que ces espèces ne sont pas drageonnantes,
ce qui est absolument inexact, car je cons-
tate depuis longtemps le contraire sur une
vingtaine d'Agave Ixtli, sur des Agave
Sisalana, decipiens, rigida, miradoren-
siSy etc., et cela, bien entendu, sur des spé-
cimens dont le cœur n’a pas été endommagé.
Je terminerai en faisant observer combien
il est difficile de déterminer le nombre de
feuilles d’un Agave en âge de fleurir.
Lorsqu’un exemplaire est vigoureux et
pousse activement de février à fin novembre
en deux ou trois années, sur une plante
adulte, la feuille du cœur passe au premier
rang près terre, par suite de la section obli-
gatoire des feuilles inférieures lors de la toi-
lette des Agave. Les monographies bota-
niques assignant à chaque espèce un
nombre fixe de feuilles au moment de la
floraison risquent fort de se tromper, à
moins d’avoir tenu un compte exact des
feuilles annuellement enlevées.
L’ablation des feuilles ne rend pas cau-
lescentes les espèces acaules. Celles-ci
semblent s’enterrer chaque année plus^ pro-
fondément, car, d’une saison à l’autre, on
ne voit plus trace des cicatrices.
Robert Roland- Gosselin.
APPLICATION DES ENGRAIS CHIMIQUES AUX PLANTES EN POTS
MÉTHODE DE MM. G. TRUFFAUT ET A. HÉBERT
Nous avons montré, dans notre précé-
dent article^, les résultats obtenus par
MM. G. Truflaut et A. Hébert par un
nouveau mode d’application des engrais
chimiques aux plantes en pots.
Nous avons ensuite cru devoir rappeler
les principes sur lesquels repose la théorie
des engrais chimiques.
L’énoncé même de ces principes nous a
^ Voir Revue horticole^ 1897, p. 514.
conduits à établir que, si le même nombre
d’éléments chimiques entre dans la com-
position de toutes les plantes, les propor-
tions de ces divers éléments ne sont pas les
mêmes.
Puisqu’il en est ainsi, MM. G. Truffant
et A. Hébert en ont tiré cette conclusion
logique qu’il fallait, pratiquement, donner
à chaque genre de plante un engrais
spécial correspondant à la composition de
542
APPLICATION DES ENGRAIS CHIMIQUES AUX PLANTES EN POTS.
la plante. Tel un maître de maison qui,
ayant des invités à traiter, au lieu de leur
faire servir à tous les mêmes plats, s’ingé-
nierait à offrir à chacun d’eux son mets
préféré.
Il faut bien convenir que la recherche de
ces engrais particuliers était une besogne
longue et difficile.
Elle a été pourtant courageusement entre-
prise et patiemment poursuivie par MM. G.
Truffaut et A. Hébert.
Jusqu’à présent, leurs expériences n’ont
concerné que les plantes cultivées en pots.
S’il s’était agi de plantes cultivées en
pleine terre, il eût fallu tout d’abord se
préoccuper de la composition des sols, tan-
dis que dans la culture en pots, on pouvait
et on devait faire abstraction de cette compo-
sition. En effet, si riches qu’ils soient, les ‘
composts qui servent aux rempotages sont
rapidement épuisés par les arrosements ; ils
perdent si vite leur valeur nutritive qu’il
faut se livrer, pour les renouveler, à des rem-
potages plus ou moins fréquents.
Cette préoccupation écartée, il s’agissait :
1° De déterminer, par l’analyse d’un cer-
tain nombre d’individus d’un même type
et présentant un maximum de beauté et
de force, la nature et la proportion des élé-
ments qui constituent toutes leurs parties
des racines au sommet ;
2° De savoir quelle est la productivité
de ce type, c’est-à-dire en combien de
temps il peut présenter un poids maxi-
mum de matière végétale.
Le produit de ces deux facteurs repré-
sente exactement ce que la plante a besoin
de soustraire à l’air, à l’eau et au sol en un
temps donné.
Par conséquent, dans tous les cas où le
sol n’est pas suffisamment riche, il faut y
ajouter complémentairement les éléments
qui lui manquent. Et nous venons de voir
que, pour la culture des plantes en pots,
l’épuisement du sol est un fait tellement
fréquent qu’on peut le considérer comme
constant.
Mais il y avait à éviter de nombreux in-
convénients dans l’application. MM. G.
Truffaut et A. Hébert ont eux-mêmes, avant
de s’engager dans la voie qu’ils ont suivie,
pressenti les difficultés du problème L
... « Quand la différence entre les quantités
d’éléments exigées par la végétation et celles
fournies par le sol employé aura indiqué la
nature des engrais complémentaires qu’il y
1 Annales agronomiques, 1897, p. 429 {Des ap-
plications de la chimie à U horticulture).
aurait lieu de distribuer, il faudra encore dé-
terminer la manière la plus efficace de four-
nir ces éléments aux plantes. Les espèces hor-
ticoles, étant bien plus délicates que les végé-
taux de nos contrées, exigent un grand luxe de
précautions pour la distribution des engrais.
C’est ainsi que nous avions préconisé à cet
effet l’arrosage en dissolutions variant de 0, 3
à 1 p. 1.000, afin d’éviter tout accident et toute
complication fâcheuse. Cette sujétion est assez
ennuyeuse et assez délicate à observer dans la
plupart des établissements d’horticulture, dont
les ouvriers sont peu habitués à ces manipula-
tions spéciales.
Il serait avantageux de pouvoir distribuer
aux plantes d’ornement les engrais sous une
forme ou dans des conditions où ils seraient peu
à peu assimilables, de façon à éviter toute mise
en liberté brusque de matière fertilisante... »
Sous quelle forme allait- on pouvoir dis-
tribuer, à autant de plantes distinctes un
nombre équivalent de compositions spé-
ciales ?
Gomment réglerait-on la diffusion pour
que la plante ne se l’assimilât qu’au fur et
à mesure que se déroulent les phases de sa
végétation ?
Après plus de trois années d’essais con-
sécutifs, MM. G. Truffaut et A. Hébert se
sont arrêtés au système suivant :
Chaque engrais est composé de sels émi-
nemment solubles et chimiquement purs,
de manière à éviter tout principe nuisible
ou seulement inutile à la végétation.
La dose d’éléments correspondant à
l’évolution totale de la plante ou à une pé-
riode déterminée de son évolution (cas le
plus fréquent) est mélangée à une ma-
tière inerte. Ce mélange est entouré d’une
légère enveloppe métallique que l’on re-
ferme en la repliant puis en la froissant
sans avoir recours à aucune soudure.
On peut 'comparer cette opération à celle
qui consisterait à envelopper une pincée
de poudre dans un carré de papier d’étain.
Ces espèces de boulettes ou de « cap-
sules » sont destinées à être placées à l’in-
térieur des pots, à deux ou trois centimètres
de profondeur, et en nombre variable, sui-
vant le diamètre des pots et les exigences
des plantes.
Mais avant d’être employées, elles sont
soumises à une compression plus ou moins
forte, et en raison directe du degré de lenteur
à obtenir dans la diffusion de l’engrais.
Cette compression produit, dans l’enve-
loppe, des replis sinueux d’autant plus nom-
breux que la compression a été plus forte.
Il en résulte que l’eau des arrosements
APPLICATION DES ENGRAIS CHIMIQUES AUX PLANTES EN POTS.
543
n’arrive qu’insensiblement, par capillarité,
en suivant les replis sinueux, au mélange
soluble nutritif ; aussi ne le disout-elle
que petit à petit. Les échanges et les réac-
tions se produisent ainsi dans un temps
plus ou moins long.
Enfin, la composition physique de la
matière inerte est telle que cette matière se
gonfle progressivement sous l’influence de
l’humidité ambiante ; aussi le volume des
capsules reste- 1- il longtemps le même à
l’intérieur du pot.
Fig. 162. — Pleris Ouvrardi, dépoté pour montrer la capsule qui le nourrit depuis trois mois
et qui apparaît en blanc dans la motte.
La fig. 162 représente un spécimen de
Pteris Ouvrardi^ retiré de son pot, et mon-
tre au milieu du feutrage produit par les
racines la capsule qui y fut placée pour
nourrir la plante.
Nous avons nous-même pris, dans un lot
de plantes traitées, ce Pteris Ouvrardi ;
nous en avons retiré le pot pour nous ren-
dre compte de l’emplacement occupé par la
capsule. On voit que les dimensions de la
plante sont considérables par rapport à celles
du pot.
544
DOMBEYA CAYEUXII.
Cette plante avait été traitée pendant
trois mois avec la même capsule, sans qu’il
fût besoin de procéder à des rempotages
consécutifs. Outre le résultat obtenu au point
de vue de la beauté de la plante, on avait
ainsi trouvé par l’emploi de ces capsules
une triple économie de main-d’œuvre, de
matériel et de place.
Plus de 200 genres, ou types de plantes,
ont été analysés jusqu’à ce jour. Une
soixantaine ont été traités.
Si nous considérons un type de plante, le
Süene pendula^ par exemple, MM. Truffault
et Hébert ont obtenu les résultats suivants :
Après une période de végétation ayant
duré sept mois, 1 kilogramme de Silene
pendula à l’état frais, en fleurs avec quel-
ques graines, avec ses feuilles, ses tiges et
ses racines, donne :
Eau 0 kil. 887 gr. 5 l . , .
Matière sèche 0 kil. 112 gr. 5 | ^ ‘
Cette matière sèche, à son tour, si on la
brûle, produit 52 gr. 987 de cendres. La
différence entre le poids des cendres et celui
de la matière sèche représente celui de
l’oxygène, de l’hydrogène et du carbone
évaporés pendant la combustion. L’ana-
lyse de ces 52 gr. 987 donne les résul-
tats suivants que nous transcrivons tels
qu’a bien voulu nous les fournir M. G. Truf-
fant :
Silice 2 gr. 650
Chlore 1 484
Acide sulfurique. .... '2 544
Acide phosphorique ... 7 870
Oxyde de fer et aluminium 0 826
Chaux 5 255
Magnésie 6 996
Potasse 21 111
Soude 4 251
De ces données, et à la suite de calculs
dans lesquels nous ne pouvons entrer ici,
comme aussi en tenant compte des élé-
ments qu’on trouve toujours en quantité
suffisante dans tous les composts, MM. Truf-
fant et Hébert sont arrivés à conclure que
pour former un kilogramme de Silene
pendula, pour une période de végétation
de sept mois au bout de laquelle la plante
devra présenter son maximum de beauté et
de vigueur, il faut introduire dans le sol
un mélange de sels solubles pesant 76 gram-
mes, composé des matières suivantes dans
les proportions suivantes :
Phosphate de potasse. ... 57 %
Nitrate de potasse 30 %
Carbonate de potasse 5 %
Sulfate de fer 5 %
Chlorhydrate d’ammoniaque. . 3 %
Nous pensons donc, pour notre part, que
la méthode dont la démonstration nous a
été faite par M. Georges Truffaut, scientifi-
quement expérimentale, tend à faire sortir
l’horticulture de l’état d’empirisme dans
lequel elle s’était tenue jusqu’à présent,
quant à l’application des engrais chi-
miques.
Cette méthode, basée principalement sur
la diffusion lente des éléments solubles, n’a
été, il est vrai, appliquée jusqu’ici qu’aux
plantes en pots. La question de son adapta-
tion aux végétaux de pleine terre, arbres,
fleurs et légumes, reste entière. Elle promet
cependant d’être résolue en un jour pro-
chain, par l’analyse combinée de la plante
et du sol appelé à la porter. Déjà les exi-
gences de certaines plantes. Azalées, Adian-
tum et Chrysanthèmes, sont connues sous
ce rapport. ^
Enfin, il est une autre question, de portée
toute pratique, à résoudre. Sera-t-il pos-
sible, dans la culture usuelle, de manipuler
autant de sortes de capsules qu’il existe
de plantes cultivées couramment ? Mal-
gré cette vérité qu’à chaque genre de
plantes correspondent des besoins particu-
liers, ne deviendra-t-il pas nécessaire de
simplifier l’application de cette méthode en
groupant les plantes, par exemple, selon les
analogies, plus ou moins éloignées, qu’elles
présenteront dans leur composition ?
Il nous faut, pour l’instant, laisser à l’ave-
venir le soin de répondre.
H. Dauthenay.
D0MBEY4 CAYEUXII
Le genre Domheya, qui comprend
une trentaine d’espèces originaires de
l’Afrique australe, des îles voisines de la
côte orientale et aussi de l’Inde, mainte-
nant que le genre Astrapæa lui a été ré-
uni, appartient à la famille des Bytlnériacées.
Le Domheya {Astrapæa) Wallichii ^ est
^ Dombeya {Astrapæa) Wallichii, Lindl.. Coll,
bot., t. 14.
Revue I/orUevLe
CftrojfwUéÂ-.J.L ■''rG'J-'Xrt B^ujyûles
j L. BescGurups -Sahovuret , oLeL
Dom bcLfa Ca ijeuæn .
DOMBEYA CAYEUXII.
545
bien connu pour son port qui rappelle un
peu celui d’un Pauloivnia, ses grandes
feuilles cordiformes et ses gros bou-
quets, suspendus à l’extrémité de longs
pédoncules portant de très-belles Heurs
rouges.
Une autre espèce, plus tardivement
venue, sous le nom de Domheya {Astra-
pæa) Mastersii \ porte des bouquets de
jolies fleurs blanches. Elle est beaucoup
moins répandue et se distingue par les
caractères suivants : feuilles moins grandes
que le D. Wallichii, pédoncule vert pâle,
long de 45 millimètres, revêtu de longs
poils blancs, soyeux, à sommet fourchu, por-
tant un corymbe d’une trentaine de fleurs
à pédicelles grêles, longs de 25 à 30 milli-
mètres, blanc verdâtre. Bractées lancéolées,
rosées, égalant les sépales libres, étalés en
étoile à cinq rayons, lancéolés-aigus, con-
caves, longs de 8 à 40 millimètres, glabres
en dedans. Corolle blanche, hypocratéri-
forme, de 24 millimèti’es de diamètre, à
pétales libres, dolabriformes ou oblique-
ment obovales-cunéiformes, équitants, vei-
nés ; étamines et ovaire hispides, blancs
comme le style ; staminodes filiformes,
dressés, puis étalés, blanc rosé.
De la fécondation de ces deux plantes,
opérée en mars-avril 4895 par M. Henri
Cayeux, chef des cultures du jardin bota-
nique du Musée national de Lisbonne, est né
un très-remarquable hybride dont la Revue
horticole donne aujourd’hui la primeur à
ses lecteurs. La planche coloriée très-exacte
que nous publions a été faite sur les échan-
tillons que M. Cayeux nous a envoyés de
Lisbonne.
Le Domheya Wallisii servit de porte-
pollen. La plante mère, le Domheya Mas-
tersii, produisit des graines fertiles qui
furent semées et donnèrent naissance à des
jeunes sujets dont le plus fort fleurit l’an-
née 4896 dans le jardin de Lisbonne. Ces
échantillons nous ont servi pour la descrip-
tion suivante :
Domheya Cayeuxii, Ed. André {hybr. nov.).
Arbrisseau de quelques mètres de hauteur,
à tiges ligneuses, cylindriques, hispides dans le
jeune âge, comme les pétioles et les pédoncules.
Pétioles longs de 10 à 45 centimètres, cylindri-
ques, renflés à la base, accompagnés de deux sti-
pules basilaires, triangulaires- aiguës , cuspidées,
ondulées ; limbe cordiforme aigu, vert foncé,
bordé de grosses dents inégales et aiguës;
nervures saillantes réticulées en dessous. Inflo-
^ Dombeya Mastersii^ Hook. fils, t. 5639.
rescence pendante, naissant à l’aisselle des
feuilles supérieures. Pédoncule commun ro-
buste, droit ou légèrement courbé, vert, hispide
au sommet de même que les bractées involu-
crales étalées, qui sont vertes puis rousses, peu
nombreuses, lancéolées-aiguës, concaves, lon-
gues de 15 à 20 millimètres sur 5 à 8 de large.
Inflorescence en corymbe simple, formé de 30 à
35 fleurs à pédicelles grêles, longs de 20 à 22
millimètres, un peu courbés, hispides, vert
très-pâle comme les bractées et les sépales
subégaux, longs de 42 â 44 millimètres, étroi-
tement lancéolés-aigus, velus, hérissés, argen-
tés. Corolle en coupe ouverte, d’un beau rose
tendre plus pâle au centre, large de 30 h 32
millimètres, à pétales obliquement obcordés,
non équitants, finement veinés, de l’aspect et de
la consistanee des pétales du Pêcher.
Cet hybride est beaucoup plus rustique
que le Domheya Wallichii et il paraît
un intermédiaire parfait entre les deux pa-
rents. L’inflorescence est moins compacte
et les^Heurs, d’un très-joli rose tendre, s’ou-
vrent beaucoup plus que dans la plante
porte-pollen.
C’est donc une charmante conquête que
nous devons à l’industrieuse tentative de
M. Cayeux. Jusqu’à cette heure, nous n’a-
vions pas entendu parler d’hybridations
faites dans ce genre si beau et si peu ré-
pandu. C’est un encouragement pour l’auteur
à persévérer dans cette voie féconde en heu-
reux résultats.
D’ailleurs, nous ne sommes pas isolé dans
l’expression de nos sympathies pour l’ob-
tenteur de cetle belle plante. Le mérite de
M. H. Cayeux vient d’être reconnu par le
roi de Portugal lui-même, qui l’a nommé
chevalier de l’Ordre du Christ ; nous som-
mes heureux d’applaudir à cette distinction
bien méritée.
Le Domheya Cayeuxii, rustique sous le
climat de Lisbonne, ne le sera peut-être pas
tout à fait sous celui de Nice et de Cannes.
Il faudra l’essayer en des situations bien inso-
lées et bien abritées. Son large feuillage peu
consistant donnera prise au vent et deman-
dera protection. Mais en serre tempérée-
chaude il prospérera à merveille, et là, si on
le plantait en pleine terre, sa splendide flo-
raison serait une belle récompense pour
l’amateur.
On le multipliera sous bâche fermée, en
serre, de boutures qui s’enracineront avec
grande facilité.
Ed. André.
546
RÉFLEXIONS SUR L’EXPOSITION DE CHRYSANTHÈMES DE PARIS.
RÉFLEXIONS SUR L’EXPOSITION DE CHRYSANTHÈMES DE PARIS
Ce n’est pas un compte rendu, au sens
propre du mot, de l’Exposition des Chrysan-
thèmes, encore moins une revue des objets
présentés, que je me propose de faire; c’est
plutôt un essai critique d’analyse de cette
Exposition et du Chrysanthème, tel qu’il y
a figuré, tel qu’on aime à le cultiver et à le
voir. Ce ne sont que des réflexions person-
nelles * que j’ai eu cependant le plaisir d’en-
tendre aussi autour de moi.
L’Exposition s’est tenue cette année aux
Tuileries, sous le même abri qui avait servi
en juin à recevoir des Roses, des Palmiers,
des Rhododendrons et des Orchidées. La
tente répand à l’intérieur une lumière dif-
fuse, pâle, celle d’un jour brumeux qui
semble convenir tout particulièrement à cette
fleur ; les côtés nus augmentent l’impres-
sion de vide, de froid, et de tristesse que
l’on éprouve en y pénétrant.
Vu du haut de l’escalier, l’ensemble
paraît un tapis multicolore, une espèce de
mosaïque de fleurs et de couleurs, d’où
émergent deux ou trois Palmiers maigres
et un vase, qui ne font que mieux ressortir
la nudité du reste.
Les plantes sont disposées de chaque côté
de la tente, et des massifs de formes di-
verses occupent le milieu, par les allées.
L’arrangement des massifs était très-diffi-
cile, avec un seul genre de plantes ; et l’on
ne pouvait manquer de tomber dans une
désolante uniformité, ne pouvant produire
que des contrastes de couleurs entre les va-
riétés diverses. N’aurait-on pas pu cepen-
dant, comme un exposant l’a fait, entre-
mêler quelques plantes à feuillage. Pal-
miers et Fougères, parmi les Chrysan-
thèmes, de façon à jeter un peu de vert sur
cette palette trop colorée ?
L’ensemble des lots exposés démontre
nettement que les préférences du public
sont encore pour les grandes fleurs. Les pro-
* L’article de M. J. Rudolph nous est parvenu au
moment même où paraissait le dernier numéro de
la Revue horticole^ où a paru l’article de M. Dau-
thenay. Comme on le verra, les impressions de
nos deux collaborateurs ont été les mêmes, et se
complètent les unes les autres.
Nous engageons aussi nos lecteurs à lire l’article
de M. de la Devansaye sur « l’art décoratif dans les
Expositions d’horticulture » Revue Horticole, 1882,
p. 308. {Note de la Rédaction),
cédés culturaux en vue de cette obtention
se sont perfectionnés au point que l’on ob-
tient des grosses fleurs sur des plantes rela-
tivement naines ou formées en buissons, et
cette dernière forme nous paraît la meilleure
pour faire valoir la plante.
Si l’on considère la forme des fleurs, il
nous a paru que c’est surtout vers les formes
échevelées, irrégulières, les japonaises, que
va le goût du public.
Au sujet des fleurs coupées, il semblerait
que l’on dût chercher à les présenter de la
façon la plus naturelle, non pas alignées et
raides dans leurs carafes, mais disposées
dans des vases avec un essai quelconque
d’arrangement aussi artistique que possible.
Une seule fleur même est insuffisante à
donner l’idée de la plante, et les deux expo-
sants qui ont représenté les fleurs de leurs
Chrysanthèmes, irrégulièrement, au nombre
de trois ou quatre ensemble, dans des vases
élégants, placés à une certaine distance les
uns des autres et émergeant d’un fond vert
formé de Bégonias et de Fougères, ont fait
preuve d’un réel bon goût, et leur Exposi-
tion a été remarquée. Les yeux sont char-
més de rencontrer un peu de verdure,
fatigués qu’ils sont par le rayonnement de
tous ces capitules trop grands et trop
serrés pour laisser apercevoir seulement
le feuillage de la plante qui les porte.
Il y a eu encore quelques vases garnis de
Chrysanthèmes disposés en gerbes ; mais
comme tout bouquet fait avec une seule
espèce de fleurs, ceux-ci sont difficiles à
confectionner, surtout avec les fleurs
énormes qu’il s’agissait d’employer.
Nous avons quitté cette tente, les yeux
éblouis par cet étalage de Chrysanthèmes,
par la variété et la diversité de leurs coloris,
avec le sentiment d’avoir vu quelque chose
de très-remarquable comme perlecticn ce
formes, de couleurs et de culture, mais l’es-
prit un peu fatigué de la froide uniformité de
cette Exposition ; et nous rappelant ce vers
du poète : « La façon de donner vaut mieux
que ce qu’on donne, > nous avons bien en-
vie de conclure que la façon de présenter les
fleurs vaut presque autant que les fleurs
elles-mêmes.
Jules Rudolph.
DISPOSITION GÉNÉRALE DES PLANTATIONS SUR LES ROUTES.
547
DISPOSITIONS GÉNÉRALES DES PLANTATIONS SUR LES ROUTES
Les plantations sur les routes étaient,
jusqu’à ces derniers temps, réglementées
par la circulaire du 9 août 4850 et l’ins-
truction du 47 juin 4854.
A la suite des plaintes concernant les
préjudices que causaient aux cultures rive-
raines les plantations de certaines espèces
d’arbres forestiers et aussi des résultats ob-
tenus dans les essais de plantations d’es-
pèces fruitières, l’attention de l’adminis-
tration fut appelée ces derniers temps sur
ce sujet.
Une Commission, composée de représen-
Fig. 163. — Plantations sur une route de plus
de 10 mètres de largeur.
tants des ministères de l’agriculture et des
travaux publics, fut chargée d’étudier
quelles étaient les essences forestières et
fruitières qui doivent être adoptées pour
les plantations sur les routes nationales.
Le rapport de cette Commission a servi à
la rédaction d’une instruction jointe à une
circulaire adressée le 24 avril dernier aux
Préfets par le Ministre des Travaux pu-
blics.
Comme cette question intéresse les rive-
rains et le public qui circule sur la route,
nous avons pensé qu’il serait utile d’ana-
lyser les prescriptions qui concernent prin-
cipalement l’emplacement de ces planta-
tions.
Au point de vue général, nous dirons
seulement qu’au sujet des plantations d’ar-
bres fruitiers, sans conclure à l’interdic-
tion (comme le faisait à peu près l’instruc-
tion du 47 juin 4854) ou à l’extension, la
nouvelle circulaire constate que les essais
tentés doivent être poursuivis chaque fois
qu’il n’en résultera pas un préjudice pour
les intérêts du Trésor. Au sujet des plan-
tations en essences forestières, il est re-
commandé de proscrire, en pleine route,
les espèces traçantes, à moins que la route
ne soit en déblai ou que la hauteur des
remblais soit suffisante pour que les
champs situés au pied des talus ne soient
Fig. 164. — Plantations sur une route
de 10 mètres de largeur.
pas exposés à l’envahissement des racines.
En général, il ne doit pas être fait de
plantations sur les accotements, si la route
a moins de 10 mètres de largeur.
Il ne pourra être fait exception à celte
règle que dans des cas spéciaux bien justi-
fiés : par exemple dans les pays de monta-
gnes, lorsqu’il y aura intérêt pour la circu-
lation, et sur certaines routes dans les
départements du Midi pour éviler la séche-
resse.
Sur les routes de plus de 40 mètres et
de moins de 46 mètres de largeur, il est
planté une seule rangée d’arbres, de chaque
côté, sur un espace limité par deux paral-
lèles menées: l’une AB (fig. 463) à 4™ 50 de
l’axe de la route, l’autre CD à 50 centi-
mètres de l’arête extérieure de l’accotement.
548
LES CHRYSANTHÈMES A BRUXELLES.
On laisse ainsi une largeur de 9 mètres
disponible pour la circulation.
Lorsque la route a 10 mètres, on ne fait
de chaque côté de la route qu’une seule
plantation à 4"^ 50 de l’axe (fig. 164j.
Dans les autres cas, on recommande de
s’éloigner des champs voisins, tout en
ayant la latitude de planter où l’on voudra
sur la largeur disponible délimitée comme
il a été dit.
Sur les routes de 16 mètres de largeur
et au-dessus, on plante deux rangées d’ar-
bres, ce qui donne, en appliquant la règle
précédente, une zone de 3 mètres de lar-
geur entre les deux lignes, minimum de
distance qui peut exister entre les arbres
sur le même accotement.
L’instruction spécifie quejorsqu’on plan-
tera deux lignes d’arbres sur un trottoir ou
un accotement, ils devront être disposés
en carré et non en quinconce, afin de gêner
le moins possible l’accès des propriétés
riveraines.
Aux termes des articles 671 et 672 du
Code civil, il n’est permis d’avoir des ar-
bres près de la limite de la propriété voi-
sine qu’à la distance de 2 mètres de la ligne
séparative des deux héritages, pour les
plantations dont la hauteur dépasse 2 mè-
tres, et le voisin peut exiger que les arbres
plantés à une distance moindre soient arra-
chés ou réduits à la hauteur de 2 mètres.
Le Conseil général des Ponts et Chaus-
sées, à la suite de réclamations relatives à
des plantations placées à moins de 2 mètres
du bord de la route, a exprimé l’opinion
que les prescriptions du Code civil ne rè-
glent pas les rapports de l’État et des pro-
priétaires riverains des routes nationales.
Dans un arrêt du 16 décembre 1881, la
Cour de cassation a établi la même doc-
trine en disant que les articles du Code
civil ne s’appliquent qu’aux arbres plantés
sur la limite de deux héritages privés.
L’État a donc le droit de faire des plan-
tations sur les routes nationales à une dis-
tance quelconque des propriétés riveraines.
Cependant l’instruction, tout en constatant
LES CHRYSANTHÉ
Bruxelles, 6 novembre 1897.
Bruxelles est tout aux Chrysanthèmes ;
— dans la rue d’Arenberg, les fleuristes
resplendissent et, derrière les vitres que
couvre une buée légère, — car le froid est
vif, — les fleurs brillent comme des soleils
ce droit, dit qu’il convient en général, aussi
souvent que les circonstances le permet-
tront, d’observer la distance légale de
2 mètres entre les arbres et la ligne sépa-
rative du domaine public et des fonds rive-
rains et qu’il y a lieu de ne pas perdre de
vue les dispositions de l’article 673 du
Code civil, modifié par la loi du 20 août
1881, suivant lesquelles : celui sur la pro-
priété duquel avancent les branches des
arbres du voisin peut contraindre celui-ci à
les couper ; si ce sont les racines qui avan-
cent sur son héritage, il a le droit de les y
couper lui-même; le droit de faire couper
les racines ou de faire couper les branches
est imprescriptible.
La distance à réserver d’un arbre à
l’autre dépend naturellement du dévelop-
pement probable des sujets suivant les es-
pèces et de la qualité du sol que l’on met à
leur disposition.
Il est recommandé de tenir compte éga-
lement du degré de siccité de la route et de
la nature des cultures des champs traversés.
On espacera de 12 à 18 mètres les arbres
à grand développement, plantés sur des
routes humides ou traversant des cultures
intensives.
On rapprochera les intervalles à 8 et
10 mètres si les arbres sont à moyen ou à
petit développement et plantés sur des
routes sèches ou traversant des terrains
incultes.
L’instruction du 17 juin 1851 fixait cette
dislance à 10 mètres pour faciliter le bor-
nage kilométrique; la circulaire du 21 avril
1897, tout en indiquant que ce système
peut être encore suivi, dit qu’il y a lieu de
ne pas le considérer comme absolu.
On voit que dan^ cette nouvelle instruc-
tion, il a été tenu compte, à la fois, de l’in-
térêt général au point de vue de l’influence
des plantations sur la conservation des
routes et du revenu qu’en retire le Trésor,
ainsi que des intérêts particuliers des pro-
priétaires riverains.
J. Philbert,
Conducteur municipal des travaux de Paris.
[ES A BRUXELLES
et semblent illuminer le brouillard de la
rue. Et, dans le brouillard, la foule passe,
monte, se presse vers l’Exposition qui, sur
le point de s’éteindre, jette un dernier et
brillant éclat; l’Horticulture, longtemps
exilée au parc de Tervueren, a repris à
SUR LES NOUVEAUTÉS EN HORTICULTURE.
549
Bruxelles son droit de cité et apporté la
splendeur de ses Chrysanthèmes à TExpo-
sition finissante.
Rarement concours de fleurs a été or-
donné avec autant de goût et a obtenu
autant de succès. La salle des fêtes est
presque aussi large que longue, condition
excellente pour l’harmonieuse disposition
des perspectives et des massifs. Ces der-
niers sont formés par des pois eux-mêmes,
plus ou moins exhaussés, mais sans qu’une
seule pelletée de terre ait été introduite
dans la salle, sans aucun artifice pour
faciliter le bombement des corbeilles ; une
bande de plaques de gazon appliquées sur
le sol autour de chaque massif, quelques
plantes vertes dans les coins font les frais
de cette ornementation, laissant aux fleurs
elles-mêmes toute l’admiration des visi-
teurs ; elle ne leur a pas fait faute, car
c’était une merveille de les voir, ces
Chrysanthèmes multicolores, pleins de sève
et resplendissants de vigueur, dressant avec
fierté leurs têtes monstrueuses, rondes ou
échevelées.
Monstrueuses, en effets pour la plupart,
car en Belgique règne encore la mode des
très-grosses fleurs, et sauf quelques très-
rares exceptions {W. Lincoln^ par exemple,
dont l’aptitude à la culture en buisson est
connue), on ne voit pas de touffes basses,
mais des sujets allongés portant au maxi-
mum 12 à 20 grosses fleurs ; seul, un
exposant français, MM. Vilmorin-Andrieux
et C‘®, avait de ces belles plantes portant de
60 à 100 fleurs de taille moyenne, vrais
bouquets facilement utilisables dans la
décoration des appartements, et que les
Parisiens commencent à préférer aux fleurs
gigantesques.
Malgré le froid vif, la foule a de bonne
heure envahi la salle ; on se presse surtout
du côté des fleurs coupées, des Chrysan-
thèmes géants parmi lesquels triomphent
ceux de M. Cordonnier, disposés sous un
dais à la place d’honneur, et parmi lesquels
SUR LES NOUVEAU!
Les plantes nouvelles (espèces, variétés
ou hybrides) surgissant de toutes parts et
plus abondantes que jamais, il ne sera peut-
être pas sans intérêt d’examiner d’où nous
viennent ces nouveautés, comment elles
sont obtenues et quel est l’avantage
qu’elles présentent au point de vue cul-
tural.
John Seward, Héroïne crOrléans, Bar-
man Payne, Vivian Morel, Madame
Carnot, Edouard André, luttent de taille
et d’éclat ; dans le lot de M. t’Serstevens
resplendit une fleur de Madame Rosette,
de 43 de diamètre !
Sur les tables, des fleurs coupées encore ;
des nouveautés italiennes appelées, disait-
on, à révolutionner le monde horticole,
mais que n’ont épargnées ni la gelée, ni la
fatigue du long voyage.., ni les déci-
sions du jury. D’autres, venant du Midi de
la France, ne sont pas mieux traitées.
Une jolie décoration de table nous montre
comment un habile fleuriste peut utiliser
toutes ces belles fleurs, tâche d’autant plus
difficile que les Chrysanthèmes sont plus
gros.
CalvaVs australiangold domine presque
tous les massifs. Vigoureux et haut sur
tiges, il est, en général, très-floribond et
attire l’œil immédiatement ; certains expo-
sants en ont des groupes considérables et
cette note d’or pâle, souvent répétée,
rehausse agréablement les bruns sombres
et les roses toujours plus ou moins ternes.
Parmi les roses cependant. Souvenir de la
Reine d’Angleterre est un des plus bril-
lants, aussi est -il toujours remarqué avec
plaisir, ainsi que W. Lincoln, rayonnant
comme un astre, Jules Chrétien, W. Seioard,
Léopold 11, Colosse grenoblois, Duke of
York.
Tout est beau, tout est bien cultivé ;
amateurs et horticulteurs, Belges et étran-
gers, se sont livré un gracieux combat où
il n’y a pas eu, à proprement parler, de
vaincus. A ce brillant tournoi prenaient
part : MM. de AVolfs, Peeters, Fierens,
Rosette, t’Serstevens, Degoes, Driege,
baron du Sart, Cordonnier, Tillien, Vil-
morin-Andrieux et C‘®, Calvat, Scalarandis ;
tous sont des maîtres de l’art, et c’est faire
leur éloge que de constater les progrès faits
chaque année dans la culture du Chrysan-
thème. L. Lutz.
1 EN HORTICULTURE
Tout d’abord, remarquons que les plantes
mises au commerce comme nouveautés
peuvent être groupées en trois catégories en-
tièrement distinctes au point de vue physio-
logique :
lo Les plantes introduites ;
2° Les hybrides et métis ;
3" Les variétés et formes horticoles.
550
SUR LES NOUVEAUTÉS EN HORTICULTURE.
Des premières, les plantes introduites, il
n’y a pas à envisager leur obtention, car
elles sont l’œuvre du Créateur et leur dis-
tinction, de celles déjà connues repose sur
l’examen du botaniste descripteur et sur
la façon dont il comprend Vespëce.
Les hybrides et les métis sont provoqués
par l’homme, au moyen de la fécondation
artificielle ou spontanée, c’est-à-dire pro-
duits par la nature. Quelle que soit leur
origine, il faut les envisager sérieusement
au point de vue distinctif et à celui de la va-
leur ou amélioration horticole qu’ils pré-
sentent. S’il est facile de produire des mé-
tis (hybrides de variétés), il l’est moins
d’obtenir des hybrides proprement dits
(produit du croisement de deux espèces) et
lorsqu’ils sont obtenus ils doivent, pour
être cultivables, présenter une différence suf-
fisamment marquée entre leurs parents, et
cette différence doit être une amélioration
bien évidente pour la culture alimentaire
ou d’agrément.
3o Les variétés horticoles sont le résultat
de variations spontanées dans les cultures,
puis de leur sélection et leur fixation. C’est
sur ces nouveautés d’origine horticole, de
beaucoup les plus nombreuses, qu’il y a le
plus à dire, car elles doivent souvent leur
existence et leur dispersion trop précoce aux
âpretés du commerce.
Toute nouveauté horticole devrait, pour
mériter ce titre, avoir été sévèrement com-
parée à toutes les autres variétés préexis-
tantes, présenter avec chacune d’elles une
différence bien évidente et non pas une
identité complète avec quelque vieille ou-
bliée ou de ces nuances si faibles qu’il faut
être fin connaisseur et s’entourer de points
de comparaison pour les apercevoir. Enfin
et par-dessus tout, une nouveauté horticole
doit être une amélioration évidente sur ses
aînées.
Or, des centaines de nouveautés qui sur-
gissent chaque année de toutes parts, com-
bien répondent à ces conditions ? Peu cer-
tainement, car il n’en reste par la suite
qu’un très-petit nombre dans les cul-
tures .
Sait-on combien il est difficile d’obtenir
de bonnes nouveautés dans les genres de
plantes amenés au degré de perfection où
ils sont aujourd’hui, tels que nos arbres
fruitiers, nos légumes et nos fleurs popu-
laires? Songeons seulement aux innom-
brables variétés de Poires, de Blés, de Pom-
mes de terre, de Roses, de Dahlias, Reines-
Marguerites et tant d’autres?
Combien de milliers de plantes ne faut-
il pas produire pour en tirer une qui
puisse soutenir la comparaison avec ses
devancières ? Lui fait-on toujours subir cet
examen critique et l’affection paternelle
n’est-elle pas trop souvent poussée jusqu’à
la partialité ? Du reste, cet examen critique
nécessite souvent des connaissances appro-
fondies et surtout des moyens de comparai-
son fort difficiles à se procurer.
Gomment faire pour s’assurer qu’une
Pomme de terre ou une Fraise, par exemple,
est réellement nouvelle et méritante, sinon
en possédant une collection de bonnes varié-
tés de fonds, en les cultivant côte à côte, et
en l’envisageant sévèrement sous toutes les
phases de sa végétation ? Et encore faut-il
ensuite la fixer, l’uniformiser et la multi-
plier.
S’il est relativement facile d’obtenir de
belles plantes en faisant des semis d’un
genre ou d’une espèce déjà amené à un
haut de^ré de perfection, il est d’autant
plus difficile d’y trouver des variétés nou-
velles et réellement méritantes. Soit par
amour-propre, soit pour se dédommager de
ses peines et de ses frais, le chercheur de
nouveautés baptise trop souvent, sans les
avoir fait au préalable passer à la censure
ou sans prendre la peine de les fixer, des
plantes parfois fort belles, il est vrai, mais
qui arrivent trop tard pour occuper digne-
ment dans les collections une place déjà
prise par d’autres plus anciennes ou qui
jouent et dégénèrent si rapidement qu’il
n’en reste rien au bout de quelques années.
Que dire enfin des prétendues nouveau-
tés faites avec des vieilleries tirées des ou-
bliettes et de celles qui ne doivent leur exis-
tence qu’à un démarquage de linge, un se-
cond baptême en passant la frontière ? sinon
qu’elles viennent misérablement échouer
dans les collections comparatives et donnent
une triste opinion de leur soi-disant ob-
tenteur.
Certes, les progrès d’amélioration des vé-
gétaux ne vont pas aussi vite qu’on le vou-
drait et ne dédommagent pas toujours les
chercheurs de leur peine, mais est-ce à dire
qu’il ne faille absolument tirer parti que
de ce que Dame Nature a bien voulu créer ?
Assurément non, puisqu’elle nous a laissé
un moyen merveilleux de la modifier
presque selon notre gré : la fécondation ar-
tificielle, nous devons en user largement.
Mais puisque la dignité de l’obtenteur
s’attache à ses produits, nous devrions pou-
voir les considérer tous comme bons ; il
551
UN PROCÉDÉ DE CONSERVATION
n’en est malheureusement pas toujours
ainsi.
D’autre part, faut-il rejeter toutes les
plantes insuffisamment distinctes et méri-
tantes pour être élevées au rang de nou-
veautés ? Egalement non ! Gardez-les au
contraire soigneusement, étudiez-les, com-
parez-les rigoureusement, peut-être y trou-
verez-vous quelque mérite, quelque par-
HIVERNALE DES ARTICHAUTS.
ticularité utile ou intéressante à passer
dans une autre variété au moyen des croi-
sements artificiels, sélectionnez-les, fixez-
les convenablement, mais laissez-les un
temps suffisant à la cuisine pour qu’elles
soient à point et fassent bonne figure lors-
que vous les présenterez sur la table du
monde horticole.
S. Mottet.
UN PROCÉDÉ DE CONSERVATION HIVERNALE DES ARTICHAUTS
Bien que l’Artichaut ne soit pas au pre-
mier rang parmi les légumes qui composent
notre alimentation, MM Decaisne et Nau-
din font cependant considéré avec juste
raison, dans le Manuel de V Amateur des
jardins, comme « un de ceux qu’on cultive
sur la plus grande échelle et dont les pro-
duits s’exportent le plus ».
L’Artichaut est cultivé aussi bien par
l’amateur que par le spéculateur; et il est
rencontré dans toutes les parties de la
France, dans la petite comme dans la grande
culture.
Il ne faudrait pas cependant croire que
toutes les variétés d’Artichauts prospèrent
également partout ; chaque région cultive
sa race spéciale appropriée à son sol et à
son climat.
Pour se rendre compte de l’importance
de l’Artichaut et connaître ses pays d’ori-
gine, il nous suffit de consulter le mou-
vement des Halles ; on y verra aisément
que depuis les premiers qui arrivent aux
Halles de Paris et qui, de provenance
algérienne, débutent en janvier, jusqu’à
l’arrivée de ceux des environs de Paris
qui n’arrivent guère avant juillet-août,
il a fallu s’approvisionner et épuiser suc-
cessivement pendant ces sept à huit mois
les cultures de Marseille, Narbonne, Mon-
tauban, Bordeaux, Lyon, Niort, Angers, et
de toute la Bretagne. Enfin les environs de
Paris fournissent en dernier lieu le produit
des cultures de Senlis, Gompiègne, Laon,
Noyon, Aubervilliers, Épône, Épernay, etc.
Ce simple exposé suffit à faire com-
prendre l’importance de la bonne conserva-
tion des Artichauts d’une exploitation com-
merciale, comme de ceux du jardin de
l’amateur.
On ne peut pas ne pas reconnaître que le
climat et le lieu influent pour beaucoup sur
le genre de culture et de conservation hi-
vernale. Dans le centre et surtout dans
toute la partie nord de la France, on est
obligé d’abriter et de couvrir le pied de
l’Artichaut pour le préserver des fortes ge-
lées et des intempéries hivernales qui lui
sont redoutables.
Bien que le contraire ait été souvent
soutenu, nous dirons ici, d’après nos re-
marques dans nos cultures, qui ont toujours
eu lieu sous le climat de la région pari-
sienne, que le pied de l’Articbaut est bien
plus sensible à Vhumidité qui se déve-
loppe sous son abri qu'à la gelée, c’est-
à-dire que celle-ci lui est beaucoup moins
funeste que celle-là. C’est pour préserver nos
Artichauts d’une humidité qui ne peut être
évitée par les buttages ordinaires, même les
plus rationnels, que nous avons imaginé un
procédé spécial.
Bebuté et déconcerté par des pertes
éprouvées chaque année, nous étions sur le
point de nous voir obligé de pratiquer la
culture annuelle de ce légume, lorsqu’un
jour le hasard nous fit observer un pied
mal butté et au-dessus duquel plusieurs
morceaux de bois maintenaient, suspendue
à une certaine hauteur, la grande litière de
la couverture. Le tout ensemble avait tenu
le pied dans des conditions de santé dues à
ce qu’il n’avait pas été bloqué par la terre
du buttage, ni étouffé par les feuilles et la
grande litière de sa couverture; et cela,
grâce à la disposition affectée par les mor-
ceaux de bois.
L’année suivante, nous basant sur cette
remarque, nous prîmes quelques grands
pots mauvais et fêlés de 33, de 36 et même
de 40 centimètres de diamètre pour les plus
gros pieds ; nous recouvrîmes avec ces pots un
certain nombre de pieds d’artichauts après
en avoir préalablement enlevé le feuillage
devenu superflu, par un raccourcissement
énergique des feuilles. Mais le nombre de
ces pots était insuffisant pour abriter tout
le carré ; il nous fallut construire en outre
des sortes de coiffes en bois ayant la forme
de pyramides tronquées, de 22 à 25 centi-
552
UN PROCÉDÉ DE CONSERVATION HIVERNALE DES ARTICHAUTS.
mètres de hauteur avec une base de’ 35 à 40
centimètres de diamètre, et un sommet
de 17 à 20. Enfin, poursuivant toujours
notre idée, nous allâmes jusqu’à utiliser des
tuiles de Bourgogne et autres, que nous
avons assemblées par quatre, afin de nous
rapprocher le plus près possible de la cons-
truction ci-dessus indiquée.
Ces pots et ces ustensiles furent disposés
sur tout un carré dont les pieds étaient ha-
billés et préparés de la façon ordinaire ; le
buttage, ainsi que les apports de feuilles et
de litière eurent lieu en fin novembre.
La figure 165 montre la coupe d’un
buttage opéré selon notre procédé. Le pot A
a été préalablement placé sur le pied d’Arti-
cbaud. Le buttage B, pratiqué avec la terre
des alentours du pied, se trouve accoté
contre le pot. Un lit de feuilles. G, est placé
à la fourche sur le dessus du buttage et au
niveau du pot. Enfin, une couche de litière
Fig. 165. — Pied d’Artichaut conservé
sous un pot.
D, faite de Fougères *, recouvre le tout. Le
pied d’Artichaut est ainsi garanti à la fois
contre la gelée et contre toute humidité. La
figure 166 représente la même opération,
mais le pot y est remplacé par une coiffe en
bois A.
La litière n’a pas été placée tout de suite
sur la butte ainsi formée. Elle fut déposée à
pied d’œuvre, afin qu’au moindre contre-
temps sérieux elle pût être mise en place
dans le plus bref délai pour venir coiffer her-
métiquement les trous de l’orifice supérieur
des pots, ainsi que les ouvertures béantes
de nos constructions légères. C’étaient là, en
effet, autant de portes ouvertes à la gelée.
Par contre, pendant les jours de faible gelée,
— 3" — 4», et même — 5°, et aussi pen-
dant tous les beaux jours bien entendu,
ces mêmes portes furent laissées libres et
’ A son défaut on utilise du grand fumier ou
toute autre matière pouvant servir à cet usage.
entièrement ouvertes par l’enlèvement de la
Fougère, afin de permettre à l’humidité
d’être évaporée par l’air. Cette manière de
faire permet en même temps la surveillance
et la visite des pieds ; en un tour de main,
on retire les feuilles qui tendent à pourrir ;
enfin on nettoye et on épluche les pieds
d’Artichauts en ayant soin de ne leur laisser
que les parties saines. Nous insistons sur
ce dernier travail qui aide beaucoup à mener
à bonne fin l’œuvre entreprise.
Cette conservation sur place et en pleine
terre fut irréprochable ; tous les pieds, sauf
quatre ou cinq des plus chétifs, restèrent
en parfait état; ils ont montré, dès le réveil
de la végétation, une grande vigueur qui
s’est maintenue pendant tout le cours de
fannée.
Nous avions songé à remplacer ces pots
et ces constructions de tournure primitive
par de solides et bons tubes tronconiques en
Fig. 166. — Pied d’Artichaut conservé
sous un coffre en bois.
terre cuite bien poreuse ; seule, l’élévation
du prix de revient, 29Û à 300 fr. le cent,
nous a fait totalement abandonner cette
dernière idée. Au reste, nos cages en bois,
rendues imputrescibles par un enduit de
carbonyle, ou par un bain au sulfate de
cuivre, peuvent durer indéfiniment.
Le coût de ces dernières est assez mo-
dique et à la portée de tous, surtout si, pour
leur fabrication, on a le soin d’employer de
la planche de sapin de commerce portant
les dimensions suivantes : de 22 à 23 centi-
mètres de largeur ; de 12 à 13 millimètres
d’épaisseur et 5 mètres de longueur ; le
prix courant de ces planches est de 0 fr. 28
le mètre, soit 1 fr. 40 la planche en-
tière.
Ce procédé, réellement pratique, est re-
commandable au plus haut degré pour la
conservation sur place et en pleine terre des
Artichauts dans toutes les régions oû les
gelées sont à craindre. C. Potrat.
LISTE DES RÉCOMPENSES DE L’eXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D’hORTICULTURE. 553
LISTE DES RÉCOMPENSES
DÉCERNÉES A L’EXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D’HORTICULTURE
DE FRANCE
(chrysanthèmes, cyclamens, œillets, etc., et fruits)
Arnoult-Crapotte, viticulteur, à Contlans-Sainte-
Honorine (Seine-et-Oise). — Méd. verm. (Chas-
selas de Fontainebleau\
Audin, jardinier chez M. Deves, 18, rue Saint-
Pierre, à Neuilly-sur-Seine (Seine). — Méd. arg.
(Ghrys. en pots).
Audin, jardinier, 22, route Stratégique, Suresiies
(Seine). — Gr. méd. arg. (Chrys. en pots).
Auger (Arsène), jardinier, 102, rue Blomet, à
Paris-Vaugirard. — Méd. arg. (Chrys. greffés) ;
méd. br. (Chrys. en pots).
Beney, Lamand et Musset, marchands-grainiers,
36, quai Saint-Antoine, à Lyon (Rhône). — Méd.
arg. (Chrys. fl. coupées).
Bernard (J.), jardinier, 19, rue de Ponceau, à
Châtillon-sous-Bagneux (Seine). — Méd. or,
méd. ver. (Chrys. greffés); méd. arg. (Chrys.
inédits).
Bonnefous (A.)i pépiniériste-fleuriste, à Moissac
(Tarn-et-Garonne). — Méd. br. (Chrys. fl. cou-
pées).
Boucher (Georges), horticulteur-pépiéniériste,
164, avenue dTtalie, à Paris. — Gr. méd. verm.
(Clématites) ; méd. verm. (arbres fruitiers de
pépinière).
Bourgoin (A.), jardinier-horticulteur, 55, avenue
de Lutèce, à La Garennes-Colombes (Seine). —
2 gr. méd. verm., méd. verm. (Chrys. en pots);
gr. méd. verm. (Cyclamens).
Brochard (Alphonse), amateur, quai du Lavoir, à
Tournan (Seine-et Marne). — Méd. arg. (Poires).
Bruneau (Désiré), horticulteur-pépiniériste, 106,
Grande-Rue, à Bourg-la-Beine (Seine). —3 méd.
or (Corb. de fruits, arbres fruitiers dressés et de
pépinières).
Bureau (A.), horticulteur, 18, rue de Paris, à
Rosny-sous-Bois (Seine). — Gr. méd. verm.
(Corb. de fruits).
Calvat (E.), chrysanthémiste, 40, rue Saint-Lau-
rent, à Grenoble (Isère). — Méd. d’honneur
(Chrys. de semis) ; méd. or (Chrys. inédits).
Cappe et Fils, horticulteurs, au Vésinet (Seine-et-
Oise). — Gr. méd. arg. (Ghrys. en pots).
Carnet (L.), pépiniériste, à Le Mesnil-Amelot,
canton de Dammartin (Seine-et-Marne). — Méd.
arg (Arbres fruitiers de pépinière).
Casablancas (Q ), produits coloniaux, 36, rue de
Longchamps (Paris). — Méd. br, (fruits du Midi
et d’Algérie).
Chambry, Haras de Saint-Lô (Manche), — Méd.
arg. (Chrys. fl. coupées).
Champenois (Arthur), jardinier, àThomery (Seine-
et-Marne). — Méd. verm. (Chrys. fl. coupées).
Chantrier (A.), jardinier-chef, à Bayonne (Basses-
Pyrénées). — Gr. méd. verm. (Chrys. inédits) ;
méd. arg. (mode d’emballage des Chrys.).
Chenier (A.), 23, rue Drouot, à Paris, — Méd.
verm. (Ornera, florale Chrys.); 2 méd. arg.
(Bouquets).
Compoint (Guillaume), agriculteur, 33, rue du
I.andy, à Saint-Ouen (Seine). — Méd. or (As-
perges).
Constant (H.), fleurs naturelles et couronnes, 118,
boulevard National, à Clichy (Seine), — Gr. méd.
arg., méd. br., remerciements (Ghrys, en pots).
Cordonnier (Anatole), à Bailleul (Nord). — 2 méd.
verm. (Ghrys. nouveaux, Chrys. fl. coupées) ;
2 gr, méd. arg. (Chrys, fl. coupées); méd. arg.
(Chrys. inédits); méd. br. (mode d’emballage des
Chrys.).
Couillard, amateur, 28, rue Saint-Loup, à Bayeux
(Calvados). — Méd. verm. (Chrys. fl. coupées).
Courbron (Alph.), horticulteur, 28, rue du Point-
du-Jour, à Billancourt (Seine;. — Gr. méd. arg.
méd. arg. (Chrys. en pots).
Croux et fils, pépiniéristes, au Val-d’Aulnay, près
Châtenay (Seine).— Méd. d’honneur (arbres frui-
tiers); 2 méd. or (arbres fruitiers dressés et cor-
beilles de fruits) ; gr. méd. verm. (arbres frui-
tiers de pépinière).
Dallé (L.), horticulteur-fleuriste, 29, rue Pierre-
Charron, Paris. — Gr. méd. arg. (ornem. florale
Chrys.).
Debrie (Édouard), horticulteur-fleuriste, 12, rue
des Capucines, Paris. — Gr. méd. verm. (gerbe
Chrys.).
Debrie (Gabriel), horticulteur-fleuriste, 10, rue
Royale, Paris. — 2 méd. verm. (ornem. florale
Chrys., Chrys. fl. coupées).
Defresne (H.) fils, pépiniériste, en face le la Mai-
rie, à Vitry-sur-Seine (Seine). — Méd. br. (Chrys.
inédits).
Degommier (Alex.), amateur, à Lardy (Seine-et-
Oise). — Méd. verm. (corb. de fruits).
Delvert (Victor), amateur, 23, rue Denon, à Cha-
lon-sur-Saône (Saône-et-Loire). — Méd. br.
(Chrys. inédits).
Desmonts (Désiré), jardinier, à Lieurey (Eure). —
Gr. méd. arg. (Pommes de terre).
Dingeon (C.), horticulteur, 19, rue Tronchet, Paris.
— Méd. br. (Chrys. fl. coupées).
Doin (Octave), éditeur, 8, place de l’Odéon, Paris.
— Méd. br. (Chrys. en pots).
Drussy (Henri), jardinier, chez MD« de Villiers, à
Vineuil (Loir-et-Cher). — Gr. méd. arg. (Chrys.
fl. coupées).
Diigourd, horticulteur, 16, rue Auguste-Barbier,
à Fontainebleau ;,Seine-et-Marne). — Ment. hon.
(Solidago).
Dumu, jardinier, à Fondettes (Indre-et-Loire). —
Méd. br. (Chrys. 11. coupées).
Duval et fils, horticulteurs, 8, rue de l’Ermitage,
à Versailles (Seine-et-Oise). — Gr. méd. arg.,
2 méd. arg. (Chrys. en pots).
Du Val (Ch.), vulgarisateur du Maté, 59, rue
Jacques-Dulud, à Neuilly-sur-Seine (Seine). —
Ment. hon. (fruits du Midi et d’Algérie).
554 LISTE DES RÉCOMPENSES DE L’EXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE D’hORTICULTURE.
École d’Horticulture d’Igny, à Igny ^Seine-et-
Oise). — Méd. or (Poires) ; méd. arg. (Chrys. en
pots); méd. br. (Pommes).
Fatzer (H.), fruits forcés, à Quessy (Aisne). —
Méd. d’honneur (Raisins) ; méd. or. (Raisins de
culture sous verre).
Faucheur (H.), 40, rue de Paris, à Bagnolet
(Seine). — Méd. arg. (corb. de fruits^
Fouret (A.), jardinier chez M. le comte de Royde-
ville, à (ihoisy-au-Bac (Oise). — Ment. hon.
(Chrys. fl. coupées).
Gérand (J.-R.)i horticulteur, 91, route de Mont-
rouge, à Malakoff (Seine). — Méd. verm., méd.
arg. (Chrys. en pots).
Germain (II.), à Champigny (Seine). — Gr. méd.
verm. (Légumes frais).
Girardin -Jourdain, horticulteur, 82, rue de Calais,
à Argenteuil (Seine-et Oise). — 2 méd. arg.
(Raisins, corb. de fruits).
Goulas (E.), jardinier, rue Émile - Augier, à
Croissy (Seine-et-Oise). — Gr. méd. arg. (Chrys.
n. coupées\
Gramain (S.), à Saint-Georges-sur-Cher (Loir-et-
Cher). — Gr. méd. verm. (Pommes de terre et
Haricots).
Grandet (Eug.), jardinier, chez M. Guyot, à Massy
(Seine-et-Oise). — Gr. méd. arg. (Pommes).
Guérard, à Nangis i^Seine-et-Marne). — Gr. méd.
verm. (Chrys. fl. coupées).
Hamel, cultivateur à Maurecourt, par Andresy
(Seine-et-Oise). — Méd. verm. ((Chasselas de
Fontainebleau.
Hamelin (A.), jardinier, chez M. Vallée, proprié-
taire à Andresy (Seine-et-Oise). — Gr. méd.
verm. (Ornem. florale Chrys.).
Hébuterne (Aug.), jardinier, chez M. Dervillé, à
Saint-Maurice, par Saint-Chéron (Seine-et-Oise).
— Gr. méd. arg. (Chrys. en potà).
Hochard (A.), Fruits exotiques, 24, rue Malar, à
Paris. — Ment. hon. (Fruits du Midi et d’Al-
gérie).
Hochard et 0^®, horticulteurs à Pierrefitte (Seine).
— Gr. méd. verm. (Œillets).
Hospice de Bicêtre. M. E. Lambert, chef de cul-
ture à Bicétre (Seine). — Méd. or (Légumes
frais).
Jobert (Maxime), horticulteur, 21, Chemin des
Princes, à Châtenay (Seine). — Méd. or., gr.
méd. argent (Cyclamens).
Jourdain père, amateur à Maurecourt, par An-
dresy i^Seine-et-Oise). — Méd. or (Corbeille de
fruits) ; gr. méd. arg. (Chasselas de Fontaine-
bleau).
Jourdain fils, amateur â Maurecourt, par An-
dresy (Seine et-Oise). — Gr. méd. arg. (Chas-
selas de Fontainebleau).
Lahaie (Victor), jardinier au Château-des-Pres-
soirs-du-Roy, par Thomery (Seine-et-Marne). —
Ment. hon. (Clhrys. 11. coupées).
Lasalle (J ), 19, rue Muller, Paris. — Ment. hon.
(Fruits du Midi et d’Algérie).
Launay (Ch ), horticulteur, 6, rue des Chéneaux
à Sceaux (Seine). — Gr. méd. verm. (Chrys.
en pots); méd. arg. (Chrys. 11. coupées).
Laveau (Pierre), jardinier au château de Crosnes,
par Villeneuve-Saint-Georges (Seine-et-Oise). —
Méd. or (Chrys. 11. coupées) ; méd. arg. (Chrys.
en pots) r
Leconte (H. -J.), amateur, 32, avenue du Maine,
à Paris. — Méd. or. (Arbres fruitiers dressés).
Ledoux (A.), 15, rue de Rosny, à Fontenay-sous-
Bois (Seine). — Méd. or (Corb. de fruits).
Lenaerts (J.), jardinier-chef, 30, avenue du Bois-
de-Boulogne, à Paris. — Méd. verm. (Cattleyas);
gr. méd. argent. (Chrys. en pots).
Leroux (Albert), horticulteur à Travecy, par
La Fère (Aisne). — Méd. arg. (Poires).
Leroux (H ), jardinier-chef. 4, avenue de Bois-
préau, à Rueil (Seine-et-Oise\ — Gr. méd.
verm. (Chrys. fl. coupées).
Lévêque et fils, horticulteurs, 69, rue du Liégat.
à Ivry-sur-Seine (Seine). — Méd. or., gr. méd.
verm., gr. méd. arg., 2 méd. arg., méd. br.
(Chrys. en pots); gr. méd. verm., méd. arg.
(Chrys. nouveaux) ; méd. verm., gr. méd. arg-,
méd. arg. (Chrys. 11. coupées) ; méd. verm., gr.
méd. arg. (Œillets).
Liébault (R.), pépiniériste à Bourron (Seine-et-
Marne). — Gr. méd. arg. (Chrys. 11. coupées) ;
méd. br. (Peuplier régénéré).
Magne (G.), amateur, 15, boulevard de Boulogne
à Boulogne-sur-Seine (Seine). — Méd. verm.,
méd. arg. (Chrys. en pots).
Meynaud (P.), jardinier-chef, au château Sibirol,
â Floirac (Gironde). — Méd. arg. (Chrys. (nou-
veaux).
Michéa (Hélène), château d’Oinville, près Meulan
(Seine-et-Oise). — Méd. arg. (Corb. de fruits).
Michin (Henri), propriétaire-viticulteur, â Tho-
mery (Seine-et-Marne). — Méd. arg. (Chasselas
de Fontainebleau).
Millet fils, horticulteur à Bourg-la-Reine (Seine).
— Gr. méd. arg. (Plantes inédites).
Molin (Ch.) horticulteur, 8, place Bellecour, à
Lyon (Rhône). — Gr. méd. arg. (Chrys. fl. cou-
pées) ; méd. arg. (Chrys. inédits).
Moreau (Ludovic), amateur, 86, rue Lecourbe,
Paris. — Ment. hon. (Chrys fl. coupées).
Modères (François), à Viarose, par Moissac (Tarn-
et-Garonne). — Gr. méd. verm. (Chrys. inédits).
Nentien (A.), amateur, à Beaumé, par Aubenton,
arrondissement de Vervins (Aisne). — Méd. br.
(Pommes) ; ment. hon. (Pommes de terre de se-
mis'! .
Nonin (Auguste), horticulteur, 20, avenue de
Paris, Châtillon-sur-Bagneux (Seine). — Prix
d’honneur, objet d’art (Chrys.); 3 méd. or (Chrys.
en pots, Chrys. nouv.. Œillets) : gr. méd. verm-
Chrys. inédits) ; méd. verm. (Chrys. en pots).
Grive (Eugène), amateur, route d’Athis, â Ville-
neuve-le-Roi, par Ablon (Seine-et-Oise). — Gr.
méd. arg. (Pommes).
Paillet fils, pépiniéi iste, vallée de Châtenay, près
Paris (Seine). — Gr. méd. verm. (Arbres frui-
tiers dressés).
Passy (Pierre), arboriculteur. Désert de Retz,
Ghambourcy, par Saint-Germain-en-Laye (Seine-
et-Oise). — Méd. or (Corb. de fruits).
Patrolin (Henri), horticulteur, 55, avenue de la
Gare, à Bourges (Cher).— Méd. d’honneur (Chry.
à tiges), méd. or, gr. méd. verm., méd. verm.
tChrys. en pots).
Picard-Deneux (Ch ), amateur, à Albert (Somme)
— Gr. méd. arg. (Chrys. fl. coupées).
Ragoût, horticulteur, 12, route de la Plaine, Lé‘
Vésinet (Seine-et-Oise). — Gr. méd. venu., gr.
méd. arg., méd. arg. (Chrys. en pots).
DU PALMIER RLEU ET DE SA RÉCENTE FLORAISON.
555
Ragueneau, -jardinier-chef, château de Chàleau-
vieuXjpar Saint-Aignan (Loir-et-Cher). — Méd. or
(Chrys. fl. coupées) ; méd.arg. (mode d’emballage
des Chrys.).
Refuge du Plessis-Piquet, au Plessis-Piquet
(Seine). — Méd. arg. (Chrys. en pots); méd. br.
(Cyclamens).
Régnier (A.), horticulteur; 44, avenue Marigny, à
Fontenay-sous-Bois (Seine\ — Méd. verm. (Œil-
lets) ; méd. arg. (Chrys. en pots).
Rémy, à Grenoble (Isère). — Gr. méd. verm.
(Chrys. fl. coupées) ; gr. méd. arg. (Ornem. flo-
rale Chrys.)
Reydellet (de), horticulteur, à Valence (Drôme).—
2 méd. arg. (Chrys. fl. coupées, Chrys. inédits).
Rigault (Hyacinthe), cultivateur, à Groslay (Seine-
et-Oise).— Méd, or (Pommes de terre).
Rosette (E.), grainier, 88, rue de Vaucelles, à
Caen (Calvados). — Gr, méd. verm. (Chrys. fl.
coupées) ; gr. méd. arg, (mode d’emballage des
Chrys.).
Sallier (J.), horticulteur, 9, rue Delaizement, à
Neuilly (Seine). — Gr. méd. verm. (Plantes
médites).
Salomon (Étienne) fils, viticulteur, à Thomery
(Seine-et-Marne). — Méd. or (.Chasselas de
Fontainebleau).
Savart (Charles), horticulteur, 20, rue Ménilmon-
tant, à Bagnolet (Seine). — Gr. méd. arg. (Corb.
de fruits).
DU PALMIER BLEU ET D
Le Palmier dont nous allons parler et
qui vient de présenter un curieux phéno-
mène de végétation a été depuis quelques
années introduit sur le littoral de la Pro-
vence.
Quant à sa dénomination la plus usi-
tée, il est appelé communément Brahea
Roezli, Wendl., de M. Rœzl, investiga-
teur hardi à travers les contrées mexico-
californiennes.
Les botanistes préfèrent le nommer
Erythea armata, Wats. Si je me suis
permis le nom de Palmier bleu, ce n’est
point par ignorance absolue du latin, mais
pour ne pas faire montre exagérée de la
connaissance d’une langue morte dont
l’abus auprès des jardiniers non latinistes
pourrait constituer une sorte de pédan-
tisme. Je dis donc le « Palmier bleu », comme
j’ai quelquefois nommé « Palmier vert » le
Phœnix canariensis.
Si je consulte les livres spéciaux, je
trouve, pour la meilleure exposition des
caractères botaniques de notre Brahea^ les
suivants :
Espèce ayant quelque analogie avec le
Brahea dulcis, et mieux encore avec le B.
nitida, parce que celui-ci a des tons quelque
peu glauques. Il ne m’est pas démontré,
Scalarandis (A.), jardinier-chef des jardins royaux,
à Monz\ (Italie). — Gr. méd. verm. (Chrys.
inédits).
Sèvres (Germain), jardinier, chez M. Guillon, à la
Maison-Blanche, par Vigneux (Seine-et-Oise). —
Méd.. br. (Chrys, 11. coupées).
Shceffer, amateur, 81, rue Nollet, Paris. — Ment,
hon. (Chrys. 11. coupées).
Vacherot (Henri), horticulteur, 53, rue de Paris,
à Boissy-Saint-Léger (Seine-et-Oise). — Méd. or
(Chrys. en pots).
Valaud (L.), amateur, à Liverdy (Seine-et-Marne).
— Gr, méd. arg. (Corb. de fruits).
Vallerand frères, horticulteurs, 23, rue de Boissy,
à Taverny (^Seine-et-Oise). — Méd. verm. (Næ-
gélias).
Vernier (Clodomir), chef de culture de M. Rose
Charmeux, à Thomery (Seine-et-Marne). — Gr.
méd. arg. (Chrys. 11. coupées).
Vilmorin-Andrieux et C'o, marchands-grainiers,
4, quai de la Mégisserie, Paris. — Gr. prix
d’honneur, objet d’art (Chrysanthèmes) ; 5 méd.
or (Chrys. en pots, Chrys. nouveaux et légumes
frais) ; gr. méd, verm, (Chrys. en pots) ; 2 méd.
verm. (Chrys. 11 coupées); gr. méd. arg.
(Chrys. nouveaux).
Yvon et fils, horticulteurs, 84, avenue de Paris, à
Châtillon (Seine). — 2 gr. méd. verm. (Chrys.
en pots).
SA RÉCENTE FLORAISON
après cinq ans de culture, lequel de ces deux
derniers est le plus rustique ; et les pra-
ticiens me paraissent ne point s’entendre à
ce sujet. Notre Erythea, au bout de trente
à quarante ans d’âge, s’élèvera, nous l’es-
pérons, de sept à huit mètres. Ce qui le
différencie le plus, dans la famille des Pal-
miers, c’est la teinte argentée, quelque peu
plombée de ses feuilles. On constate parfois
de légères nuances entre les différents
pieds; et ces teintes, plus ou moins bleuâtres,
ne proviennent nullement des variantes
dans le terrain ; car, à quelques pas de dis-
tance, chaque arbre présente des tons ar-
gentés métalliques plus ou moins accusés,
nuancés sur les deux faces des frondes, no-
tamment sur la face supérieure.
Quoi qu’il en soit, ce Palmier, fami-
liarisé avec notre climat, devient un pré-
cieux et nouvel ornement, planté surtout
au milieu d’une verte pelouse. Cependant il
ne conviendrait pas d’abuser d’un arbre
qui, aux yeux des profanes, produirait
l’effet d’un faux Palmier en fer-blanc. Il en
sera donc du Palmier bleu comme de toute
chose bonne et non prodiguée.
Quoique d’un tempérament débonnaire
et peu délicat, en imitation des plantes
exotiques, végétaux amis de la chaleur et
556
CORRESPONDANCE.
de la lumière solaire, il réussit d’autant
mieux qu’il s’oriente vers la frontière
alpestre et qu’on lui évite la pénétrante
persistance du mistral, bien qu’il possède
les moyens de résister à la violente froidure
par la robustesse de ses frondes.
Comme tout végétal, arbre ou arbuste, il
affirme ses préférences selon la nature du
sol qui lui est dévolu. Aussi bien que ses
confrères, Jubæa et Cocos australis, sa
préférence marquée est acquise au terrain
mixte, c’est-à-dire ni calcaire pur, ni entière-
ment granitique. Mieux que ses voisins
accoutumés, il affronte la sécheresse de
nos étés.
Parmi ceux qui ornent le jardin de
Githaris, au quartier de Fontsainte, à La
Ciotat, le plus développé, âgé, depuis la
graine éclose, de vingt ans révolus, mesure
trois à quatre mètres en hauteur et en lar-
geur et compte de quatre-vingts à cent
frondes bien étagées, formant au cœur un
faisceau quelque peu serré et contenu par un
chevelu roussâtre rappelant le ton et la
substance du poil de chameau.
C’est au-dessus de ce faisceau, à l’aisselle
de l’arbre, que vers le milieu de mai dernier,
parurent deux excroissances et lentement
s’élevèrent deux hampes à fleurs, donnant
M. C. (Gironde). — La cause de la maladie
de vos Poiriers ne vient pas des Ifs, comme
vous le craignez. Le Rœstelia cancellata dont
vous vous plaignez est la forme seconde du
Gymnosporangium Sahinæ, qui ne croît que
sur les Genévriers.
iV» A602 (Aude). — Votre feuille paraît se
rapporter à une Térébinthacée du genre Schi-
nus^ mais ^échantillon est trop incomplet pour
que nous puissions vous dire le nom de l’espèce.
No 45H (Maine-et-Loire). — Nous n’avons
jamais entendu parler du sujet que vous nous
signalez comme porte-greffe. M. Baltet, dans
son livre VArt de greffer^ n’en fait pas men-
tion. Il indique seulement le Prunier domes-
tique et très-rarement le Mahaleb. La note
que vous nous proposez sera accueillie avec un
très-vif intérêt.
No 3825 (Seine-et-Oise). — Nous croyons
que vous pouvez enterrer le tronc de vos Til-
leuls sur une certaine hauteur sans danger
pour leur vie. Nous en avons vu en Touraine,
près de Saint-Avertin, qui avaient été rem-
blayés de plus de 2 mètres il y a une trentaine
naissance à quinze cents graines ou baies
qui furent recueillies au milieu d’octobre,
soit cinq mois après leur apparition. Ces
hampes, coupées à cette dernière époque,
ont figuré dans une des séances de la
Société d’horticulture des Bouches-du-
Rhône; mais, dès cette époque, les baies
se sont séchées et ont diminué de moitié.
Elles n’en seront pas moins soumises, en
serre chaude, à l’action germinative, et
dans quelques mois, il sera permis de for-
muler une opinion sur le pouvoir fécondant
de l’arbre si rapidement grandi dans notre
jardin.
Cet arbre serait le troisième producteur
sur la ligne du littoral. lia été dit qu’en 1895,
un Palmier bleu avait fleuri au golfe Juan;
et on rapporte que cette année-ci, à Hyères,
pareil événement se serait réalisé.
Tel est le fait horticole exceptionnel que
nous avons tenu à mentionner, soit pour
l’instruction des amis de l’horticulture,
soit pour l’honneur d’un département
où l’art des jardins présente encore cer-
taines difficultés L
P. Trabaud,
Vice-Président de la Société d’horticul-
ture des Bouches-du-Rhône.
d’années et qui se portent aujourd’hui à mer
veille. Le même fait se produirait-il toujours
et partout ? Nous l’ignorons, mais nous pou-
vons certifier l’exactitude de celui que nous
vous rapportons.
CATALOGUES REÇUS.
Baltet frères, à Troyes (Aube). — Arbres frui-
tiers, forestiers, d’ornement et d’avenues. Arbres
verts, conifères. Arbustes d’ornement, grimpants et
rampants. Jeunes plants pour pépinières. Rosiers,
Dahlias, Chrysanthèmes ; plantes diverses de pleine
terre et de serre. Asperges, Fraisiers, Ognons à
fleurs, etc.
Gauguin Edouard, à Orléans (Loiret). — Arbres
fruitiers, forestiers et d’ornement, conifères. Jeunes
plants de pépinières ; plants pour bois, clôtures,
haies, etc. Rosiers, Vignes, Asperges, Fraisiers.
Plantes grimpantes, vivaces et pour bordures, etc.
Guérin (A.), à Orléans (Loiret). — Arbres frui-
tiers, forestiers et d’ornement ; conifères ; plants
d’arbres et d’arbustes ; plantes grimpantes, d’orne-
ment et diverses.
• On annonce également la floraison de VEry-
thea armata cette année dans les jardins de
Monte-Carlo.
Orléans. — lmp. G. Jacob, Paul Pigelet, successeur.
Le Directeur-Gérant t L. Bourguignon.
CHRONIQUE HORTICOLE.
557
CHRONIQUE HORTICOLE
La distribution des récompenses à la Société nationale d’horticulture. — Les prochaines étections à la
Société nationale d’horticulture de France. — L’Union commerciale des horticulteurs de France et
les droits de douane. — Association française de botanique. — Liste des élèves admis à l’École
nationale d’horticulture. — Le IVerona, nouveau genre d’Orchidées. — Fraise remontante à gros
fruits La Constante féconde. — Culture des Orchidées indigènes. — Helianthus læCflorus Miss
MelUsh. — Primula Trailli. — Les Chrysanthèmes Pompons. — Le premier Pétunia double. —
Conférence publique à Versailles. — Nécrologie : M. L. Laliman.
La distribution des récompenses à la
Société nationale d’horticulture. — La
Société nationale d’horticulture de France
a tenu le 9 décembre dernier sa deuxième
Assemblée générale pour l’année 1897.
M. le Ministre de l’agriculture s’était fait
représenter par M. Léon Vassillière, direc-
teur de l’agriculture, qui présidait, assisté
de M. Viger, député du Loiret, président
de la Société nationale d’horticulture de
France, et de M. Abel Châtenay, secré-
taire général. Le Bureau de la Société était
au grand complet.
Après une allocution très-applaudie de
M. L. Vassillière, M. Viger a tenu, par un
discours approprié à la circonstance, l’As-
semblée sous le charme de sa parole.
M. Bois, secrétaire-rédacteur, a donné en-
suite lecture du rapport de la Commis-
mission des récompenses qui concerne les
longs et loyaux services des ouvriers jardi-
niers, ainsi que les rapports déposés sur
les plus belles cultures relatives aux ré-
cents concours publiés à la dernière expo-
sition d’automne.
La distribution des récompenses a clô-
turé la cérémonie.
Les prochaines élections à la Société
nationale d’horticulture de France. —
Le dimanche 19 décembre courant, à
2 heures de l’après-midi, aura lieu, au
siège de la Société nationale d’horticul-
ture de France, 84, rue de Grenelle, Paris,
une réunion préparatoire aux élections
pour le renouvellement partiel du Conseil
d’administration de la Société, Tous les
sociétaires sont priés d’y assister.
L’Union commerciale des horticulteurs
de France et les droits de douane. — On
sait que plusieurs cultivateurs de fruits
forcés du nord de la France demandent
avec insistance le relèvement des droits sur
l’importation, non seulement des fruits
forcés, mais aussi de tous les produits hor-
ticoles étrangers.
La question est malheureusement beau-
coup plus complexe qu’elle ne semble au
premier abord. S’il est tout naturel qu’une
industrie demande à être protégée contre
la concurrence étrangère dans les limites
où cette protection est nécessaire pour lui
permettre de vivre, il ne faudrait pas que,
pour assurer son existence, on arrivât à
compromettre celle des autres, et, dans le
cas actuel, il est tout naturel aussi que les
pépiniéristes français, qui exportent beau-
coup à l’étranger, craignent avec juste rai-
son des représailles.
Nous n’avons donc pas été surpris d’ap-
prendre que ceux-ci, qui sont de beaucoup
plus nombreux en France que les cultiva-
teurs de fruits forcés, se soient émus d’une
demande d’augmentation de tarifs sur les
produits horticoles étrangers, qui serait de
nature à compromettre l’exportation, et par
conséquent le commerce des arbres et
plants de pépinières, dont l’importance est
considérable.
Nous savions que V Union commerciale
des horticulteurs et marchands-grainiers
de France avait ouvert une enquête sur
cette question ; le résultat n’en pouvait
guère être douteux, et c’est en effet à l’una-
nimité moins deux voix que, dans une
assemblée générale, tenue le il novembre
dernier, on s’est prononcé pour le statu
quo.
Le Bureau de VUnioji a, en outre, été
chargé de porter cette décision à la connais-
sance de M. le Ministre de l’agriculture.
Association française de botanique. —
Peur combler le vide qu’a créé dans le
monde botanique, la disparition de la So-
ciété française de botanique, M. II. Le-
veillé, secrétaire perpétuel de l’Académie
internationale de Géographie botanique, et
M. le Docteur X. Gillot, ancien et dernier
président de la Société qui vient de dispa-
raître, ont entrepris de la reconstituer sous
le nom éC Association française de bota-
nique. Le but de cette initiative est fort
24
16 Décembre 1897.
558
CHRONIQUE HORTICOLE.
louable, car il tend
surtout à continuer la
publication de la Revue de botanique, à
laquelle collaboraient toute une phalange de
botanistes français.
Le siège social de la
nouvelle Association est 56, rue de Flore, Le
Mans (Sarthe).
Liste des élèves admis à l’École na-
tionale d’horticulture. — Les examens
de classement des
candidats qui se sont
présentés cette année pour suivre les cours
de l’École nationale d’horticulture viennent
d’avoir lieu à Versailles. Le nombre des
élèves étant limité par le règlement et sur-
tout par l’exiguïté des locaux affectés aux
cours et aux études
, 64 seulement ont pu
être admis, de sorte que la lutte était vive
entre les 96 concurrents inscrits.
Voici la liste de classement des 64 élèves
admis au dernier Goncours :
1. Lefèvre.
33. Muzard.
2. Sabattier.
34. Chazeirat.
3. Sertin.
35. Francès.
4. Bey.
36. Lassaigne.
5. Brichet.
37. Lemoine.
6. Brajon.
38. Charles (Victor).
7. Bigot.
39. Desforges.
8. Ourcin.
40. Germain.
9. Martin (Charles).
41. Pichon.
10. Berthon.
42. Gazier.
11. Pithon.
43. Lafargue.
12. Fréville.
44. Alluard.
13. Branger.
45. Picard.
14. Martin (Georges).
46. Ferbus
15. Bailly.
47. Croux.
16. Bédu.
48. Musset.
17. Durand.
49. Duval.
J 8. Eguerre.
50. Henry.
19. Haupt.
51. Agnély.
20. Daumain.
52 Michélis.
21. Mailhol.
53. Camus.
22. Borne.
54. Ménager.
23. Ansel.
55. Guillot.
24. Goumy.
56. .Touvente.
25. Thiébaut.
57. Lonchambon.
26. Kahn.
58. Gay.
27. Bonichon.
59. Lévy.
28. Barrat.
60. Michel.
29. Chariot.
61. Guibert.
30. Gaugan.
62. Monin.
31. Rival.
63. Tourmente.
32 Bidet.
64. Lapeltey.
Ainsi qu’on le verra plus loin, dans l’ar-
ticle que M. A. Truffaut a consacré à l’École
d’horticulture de Versailles, le nombre des
élèves a plus que triplé en dix ans. C’est la
meilleure preuve des services que l’École a
rendus, et est appelée à rendre.
Le Trevoria, nouveau genre d’Orchi-
dées. — Bien que le nouveau genre d’Orchi-
dées découvert sur les Andes de Colombie
par M. Lehmann n’offre pas un intérêt
bien horticole, il convient néanmoins d’en
tenir compte ici, car nombre d’amateurs,
loin de s’en tenir aux genres et aux espèces
que la beauté de leurs fleurs rend horti-
coles, ne dédaignent pas d’incorporer dans
leurs collections des plantes qui sont plutôt
bizarres que jolies, et que l’on est convenu
d’appeler des plantes « botaniques )).
Le nouveau genre dont il est question a
été baptisé Trevoria par M. Lehmann, qui
a ainsi voulu honorer sir Trevor Lawrence,
l’orchidophile anglais bien connu du monde
horticole. Ce genre est voisin des Co-
ryanthes, Stanhopea et Gorgoglossum,
Il est remarquable par l’aspect particulier
de ses inflorescences retombantes et pré-
sentant leurs fleurs « à la manière de seaux
sur la chaîne d’une drague », a-t-on dit
dans le Gardeners’ Chronicle.
L’espèce unique du genre Trevoria est le
T. Chlo^Hs. La fleur en est grande, blanc
verdâtre, sauf cependant sur le labelle, dont
le disque est blanc pur. Les diverses pièces
du périanthe sont notablement charnues.
Le labelle est concave, dressé, trilobé. Les
sépales, beaucoup plus larges que les pé-
tales, sont insérés obliquement ; les laté-
raux sont étalés, très-grands. Les pétales
sont petits, tordus. La colonne, longue,
cylindrique, claviforme au sommet, est
coudée près de sa base. D’autres caractères
enfin, dans l’examen desquels nous n’entre-
rons pas pour le moment, font du Trevoria
Chloris une plante qu’il serait sans doute
intéressant d’examiner.
Fraise remontante à gros fruit « la
Constante Féconde ». — Il était évident
que la culture étant parvenue, sur un
point, à faire remonter une Fraise à gros
fruit, le même résultat ne devait pas tarder
à être obtenu sur d’autres points. Après la
Fraise Saint -Joseph, dont on trouvera plus
loin la figure coloriée et un historique re-
marquable, qu’a bien voulu faire M. Henry
L. de Vilmorin pour les abonnés de la
Revue ; après la Fraise Jeanne-
d' Arc, etc., on nous annonce une nouvelle
Fraise remontante à gros fruit, obtenue de
semis, en 1890, par M. Charollois, horti-
culteur à La Montée-Noire, au Greusot
(Saône-et-Loire), et qu’il appelle la Cons-
tante Féconde.
Une Commission a été nommée par la
Société nationale d’horticulture pour appré-
cier cette nouveauté . Le rapporteur,
M. F. Servy, jardinier-chef chez Van-
derstraeten, au château de Gorcelles, près
CHRONIQUE HORTICOLE.
559
de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), dit,
dans son rapport, ceci :
Ce remarquable Fraisier est aussi franche-
ment remontant et a-ussi fécond que les plus
féconds des Fraisiers des quatre saisons dits
des Alpes. Le fruit est gros ou assez gros, de
forme variable, en crête-de-coq, ou anguleuse,
ou ronde, ou conique ; il est lisse, d’un beau
rouge vermillon brillant; la chair en est rouge,
ferme, juteuse et très-agréablement parfumée ;
en un mot, qualité première, feuillage vert
clair, à pétiole assez court ; les fruits se pré-
sentent au-dessus des feuilles; la végétation est
bonne, mais non exubérante comme dans
quelques variétés.
Nous considérons cette variété comme bien
supérieure aux variétés remontantes que nous
avons pu juger depuis plusieurs années ; pour
cette raison, nous avons engagé M. Gharollois
à la propager le plus possible, persuadés que
ce sera une très-bonne acquisition pour les
amateurs et les spéculateurs.
Un grand nombre de plants sont déjà en
pépinières chez plusieurs spécialistes, no-
tamment chez M. Desfossé-Thuillier, à
Orléans.
D’après M. Gharollois, les derniers filets,
plantés le 31 juillet, étaient couverts, à l’ar-
rière-saison, de fleurs et de fruits qui ont
gelé à l’apparition des premiers froids. Nous
regrettons que M. Gharollois n’ait pas
adressé des échantillons de ces fleurs et
fruits d’arrière-saison à la Société nationale
d’horticulture, où le comité compétent les
aurait examinés, en les comparant aux
autres Fraisiers remontants à gros fruits,
qui ont été présentés cette année.
Culture des Orchidées indigènes. —
On sait qu’il est difficile de cultiver les
Orchidées indigènes dans les jardins. Un
article que nous avons lu sur l’acclimatation
en Allemagne des Orchidées italiennes de
pleine terre, dans le journal Moller’s
Gartner Zeitung, donne à cet égard les
conseils suivants :
On plante les bulbilles aussitôt qu’on les
a retirés de leurs pieds-mères, autant que
possible pas trop séparés les uns des autres,
et à une profondeur de 6 à 10 centimètres
selon leur grosseur. Puis on les protège aussi
bien contre une excessive sécheresse que
contre la gelée par une légère couche de
feuilles ou de mousse, sous laquelle ils pour-
ront passer fhiver sans dommage. L’été aussi,
quand ils entrent en repos, il faut les laisser
tranquilles et ne pas travailler les places oû
ils sont plantés.
Si l’on veut tenir en pots les Orchidées de
pleine terre, ce à quoi la plupart s’adaptent
très-bien, il y a lieu de préparer un mélange
de terre un j)eu légère et d’y mêler du sable
en quantité convenable ; pareillement, il faut
veiller à un bon écoulement de l’eau. Leur
place est pendant l’hiver en caisse froide ; ils
doivent être alors tenus à l’ombre.
Bien que ces Orchidées de pleine terre
n’aient pas de valeur saillante comme fleurs à
couper, elles méritent toutefois, par leurs
formes curieusement variées et leurs couleurs
souvent jolies, l’estime générale des amateurs
et ne devraient pas être absentes de leur
jardin.
Ges préceptes s’appliqueraient fort bien
à l’acclimatation dans nos jardins de nos
Orchidées indigènes, s’ils étaient plus com-
plets. En effet, il faut bien se rendre
compte que le principal obstacle à la re-
prise de ces Orchidées c’est qu’on les dé-
plante quand on les voit, c’est-à-dire en
pleine période de végétation. Il faudrait en
marquer la place et revenir en chercher les
bulbes dans le sol quand ils sont à l’état
de repos. Un obstacle non moins grand est
qu’on ne tient généralement pas assez
compte qu’il faut leur choisir des milieu?
analogues à celui dans lequel elles croissen,
naturellement. Par exemple, VOrchis Jaxi-
folia, qui a son habitat dans les prés argi-
leux humides, ne doit pas être placé en ter-
rain sec et calcaire qui, au contraire,
conviendra fort bien à VOrchis hircina. On
devra cultiver le Goodyera repens en terre
sableuse. UOphrys apifera ( Orchis
Abeille) et le Neottia nidus-avis (Nid
d’oiseau), devront être plantés sous des
massifs un peu dénudés à leur base. Enfin
un certain nombre, aux fleurs curieuses,
telles que : Orchis Morio (Orchis bouffon),
O. Simia (Orchis Singe), O. militaris
(Orchis Gasque), Ophrys anthropophora
(Homme pendu), Ophrys muscifera (Or-
chis Mouche), etc., affectionneront parti-
culièrement les pelouses fraîches, bien her-
beuses et un peu ombragées.
Helianthus lætiflorus Miss Mellish. —
A la séance de la'Société nationale d’horti-
culture de France du 9 septembre 1897,
MM. Vilmorin-Andrieux et présentaient
un lot de plantes vivaces parmi lesquelles
on remarquait surtout VHelianthus læti-
florus Miss Mellish ^ . Gette plante, qui se
distingue des autres variétés de même
espèce par son port élancé, la grandeur de
ses fleurs et la longueur de leurs pédon-
cules, est passablement répandue en Angle-
’ Voir Revue horticole, 1897, p. 453.
560
CHRONIQUE HORTICOLE.
terre. Nous trouvons à son égard, dans le
Gardening illustrated^ une courte note
dans laquelle on insiste judicieusement sur
les avantages qu’elle présente pour la fleur
coupée, ainsi que sur son tempérament peu
difficile à l’égard des terres. V Ilelianthus
Miss Mellish est très-robuste et s’implante
facilement, même dans les sols les plus in-
grats ou les plus appauvris.
Primula Trailli. — Le Primula
Trailli, Watt., originaire de l’Himalaya
où il croît à plus de 5,000 mètres d’alti-
tude, est actuellement cultivé avec succès
par M. G. -F. Wilson, Heatherbank, Wey-
bridge (Angleterre). M. J. -F. Wilson, dans
un article publié par le Gardeners’ Chro-
nicle, démontre que cette plante est bien
différente des Primula involucrata et P.
Munroi, contrairement à ce qui avait été
dit à cet égard. Il donne la description sui-
vante d’un pied qu’il a présenté à Drill Hall,
et qui a obtenu un certificat de mérite :
Hauteur de la touffe, 29 centimètres; hau-
teur de la plus haute tige, 40 centimètres;
longueur des feuilles, 16 centimètres, leur
plus grande largeur étant de 8 centimètres et
leur moindre de 4. Dix hampes florales por-
tent de une à cinq fleurs très-odorantes.
Cette plante fut élevée sous châssis froid,
au jour, mais cependant ombrée contre la
grande lumière, de manière à ne pas être
trop tirée. D’une culture facile, il est pos-
sible que le Primula Trailli soit une bonne
acquisition pour les jardins.
Les Chrysanthèmes Pompons. — On si-
gnale, dans le monde horticole, une ten-
dance à tirer les Chrysanthèmes Pompons
de l’oubli injustifié dans lequel les avait fait
tomber la vogue qui s’attache actuelle-
ment aux Chrysanthèmes à grandes fleurs.
11 y a pourtant place pour ces deux sortes
de plantes, dans les préoccupations cultu-
rales, car leur emploi n’est pas le même ; les
Chrysanthèmes pompons constituent d’ex-
cellentes plantes pour massifs de plein air
à l’entrée de l’hiver.
Il est à présumer que si une partie des
efforts des semeurs s’était portée sur l’amé-
lioration des Chrysanthèmes pompons dans
certains sens tels que la multiplicité et l’é-
clat des coloris, le port et la rusticité des
plantes, etc., nous pourrions être dotés en
ce moment encore de corbeilles de fleurs aux
coloris nombreux et variés.
On semble devoir s’en préoccuper aujour-
d’hui. Nous lisons à cet égard, dans le jour-
nal The Garden, qu’une série intéres-
sante de Chrysanthèmes pompons existe en
Angleterre. Les variétés les plus recherchées
sont les suivantes :
Mlle Elise Dordan, rose œillet.
Comte de Momy, pourpre brillant.
William IFesfeafce, jaune d’or brillant.
Black Douglas, cramoisi sombre.
The President, rose carmin.
Py malion, rose foncé.
Prince of Orange, couleur d’ambre brillant.
Maid of Kent, blanc pur.
Buhrum perfectum, cramoisi brillant à re-
vers jaunes.
La jaune d’or vif.
Frémy, rouge brique clair panaché de
jaune, ligules frangées ; plante précoce.
Magenta King, magenta brillant.
Nous signalons cette liste à ceux des hor-
ticulteurs français qui s’ocupent, en ce mo-
ment, de reconstituer dans nos collections
de Chrysanthèmes les formes d’antan.
Le premier Pétunia double. - D’après
une note parue dans le Journal de la
Société d'horticulture du Rhône, le pre-
mier Pétunia double fut obtenu à Lyon,
par hasard, par le concierge de la Banque
de France, qui vendit la plante à M. Milson,
de la maison Milson et Pay, marchands de
soieries.
Le jardinier de M. Milson multiplia ce
premier Pétunia double, qui fut ensuite
mis au commerce par M. Schmitt, de
Lyon. M. Schmitt, puis M. Rendatler, de
Nancy, en obtinrent de nouvelles variétés.
Conférence publique à Versailles. —
Le dimanche 19 décembre prochain, à
2 heures, 5, rue Gambetta, à Versailles, au
siège de la Société d’horticulture de Seine-
et-Ôise, notre collaborateur, M. H. Dauthe-
nay, fera une conférence sur les : « Petits
jardins d’amateurs ». La conférence sera
publique ; elle sera suivie du tirage d’une
tombola.
Néciiflogie : M. L. Laliman. — Nous
avons le regret d’annoncer la mort de
M. L. Laliman.
M. Laliman a été le premier à entrevoir
le parti que l’on pouvait tirer des Vignes
américaines dans la lutte contre le phyl-
loxéra. Il a donc été un des premiers arti-
sans de la reconstitution des vignobles et à
ce titre son nom ne sera pas oublié.
Éd. André.
BEGONIA YIAUDl.
501
BEGONIA VIAUDI
A plusieurs reprises nous avons publié,
dans la Revue horticole, des Bégonias nou-
veaux obtenus par M. Bruant, horticulteur
à Poitiers, grâce à de judicieux croisements.
De ce nombre sont les Bégonia pictavensis
et B. Duchartrei.
La plante que nous décrivons et figurons
aujourd’hui (fig. 167) provient du même se-
meur. Elle
est issue du
B. Duchar-
trei fécondé
par le B.
pictaven-
sis. Celui-ci
était le pro-
duit du B.
metallica
pollinisé
parleBechi-
nosepala
fécondé lui-
même par le
B. Scharf-
fiana. Ces
deux hybri-
des, ayant
un frère
commun,
ont montré
l’un pour
l’autre une
affinité que
l’on ne ren-
contre pas
toujours
dans les hy-
brides entre
especes.
Cette nou-
veauté inédite est dédiée à M. G. Viaud,
vétérinaire de l’armée et grand amateur
de plantes, dont nous avons relaté les tra-
vaux sur le végétarisme et les plantes médi-
camenteuses. Nous avons pu en prendre
sur le vif la description suivante ;
Plante vigoureuse, de végétation intermé-
diaire entre les Bégonia Margaritæ et Scharf-
fiana. Tiges, pétioles et pédoncules robustes,
érigés, très-charnus, cylindracés, d’un rouge
brique carminé, couverts de poils rouges et
argentés, longs, défléchis. Pétioles longs de
G à 10 centimètres, accompagnés à la base de
deux stipules largement ovales, d’abord blan-
Fig. 167. — Bégonia Viaudi.
elles et translucides, puis brunes ; limbe
étalé, très-oblique, oblong-aigu cucullé, à bords
finement denticulés, d’un vert olive miroitant
en dessus, du même rouge en dessous que les
pétioles et les tiges, fortement hispide sur les
deux faces, à nervures fines, enfoncées en
dessus, peu saillantes en dessous. Pédoncules
très-longs (20 à 30 centimètres), bien élevés
au-dessus des feuilles. Inflorescence en co-
rymbe, à di-
visions ui-
cliotomes,
lâches, por-
tant des
fleurs mo-
noïques de 4
centimètres
de diamètre,
presque tou-
tes géminées
(l’une pédi-
cellée, l’au-
tre sessile) ;
bractées pe-
tites, ovales-
aiguës cucul-
lées, blan-
ches, fuga-
ces; corolle
à quatre ou
cinq pétales
presque
égaux, sub-
orbiculaircs
chez les
fleurs mâles,
largement,
ovales - sub-
aigus chez
les femelles,
blanc pur
rosé au cen-
tre, tous
hérissés de
poils rouges sur la face externe, surtout chez
les mâles. Etamines petites, jaunes ; ovaire
rouge, hérissé au centre, à trois ou quatre
ailes linguiformes subégales, glabres; stigmates
coralliformes, jaune d’or.
Le Begoiiia Viaudi est très-robuste
il croît vigoureusement l’été à la pleine
terre à mi-ombre, et il pourra être utilisé
plus tard pour la décoration des jardins
pendant la belle saison.
C’est également une belle plante à cul-
tiver en pots pour la serre tempérée et l’ap-
partement, car sa floraison est incessante
l’hiver en serre et l’été en plein air.
562
LE PÊCHER GREFFÉ SUR ÉPINE NOIRE.
La plante est très-vigoureuse et d’un
port dégagé ; on en peut obtenir des plantes
courtes en faisant des boutures répétées des
sommités fleuries.
Intermédiaire pour la forme entre les
B. pictavensis et Duchartrei, ses feuilles
sont d’une coloration beaucoup plus in-
tense que celles du pictavensis^ mais moins
grandes et d’un tissu plus ferme.
Les fleurs sont aussi d’une teinte beau-
coup plus vive, en raison des nombreux
poils très-rouges dont elles sont ornées.
Toute la plante est plus rigide que le B.
pictavensis ; cultivées côte à côte, ces deux
formes diffèrent complètement l’une de
l’autre. Ses qualités de fermeté des hampes
florales, de belle et abondante floraison lui
ont été communiquées par le B. Duchar-
trei, qui continue d’être recherché pour la
beauté de ses inflorescences.
En résumé, c’est une bonne acquisition
à joindre aux formes déjà connues d’un
genre déjà si fécond en magnifiques ou
gracieuses plantes. Éd. André.
LE PÊCHER GREFFÉ SUR ÉPINE NOIRE
La note ci -jointe relate mes essais de
culture du Pêcher greffé sur Prunellier
épineux, vulgairement dit Epine noire.
Ce procédé n’est pas inédit ; on l’emploie
dansla Charente et peut-être ailleurs. Le pas-
sage suivant lu dans V Arboriculture frui-
tière de Gressent (9® édition, 1889, p. 600),
m’a inspiré l’essai dont je rends compte :
L’Épine noire, qui pousse toute seule dans
les fossés, est au Pêcher ce que l’Épine blanche
est au Poirier. C’est la ressource suprême des
sols où rien ne veut pousser ; grâce à l’Épine
noire, on peut récolter d’excellentes Pêches
indistinctement dans la craie ou dans la
glaise.
L’Épine noire produit des arbres peu
vigoureux, mais dont les fruits sont magni-
fiques, en raison de la faiblesse du sujet. On
en est quitte pour planter les arbres plus près.
Le candélabre et l’éventail demandant une
distance de cinq à six mètres, sur Amandier
ou Prunier, seront plantés à trois mètres cin-
quante sur Épine noire.
C’est le seul sujet permettant de planter le
Pêcher en cordons obliques, pouvant fructifier
et vivre de six à sept années au plus.
La culture du Pêcher et de l’Abricotier est
possible dans les plus mauvais sols, en les
greffant sur Épine noire, comme celle du
Poirier greffé sur une Épine blanche, dans les
sols réputés impossibles.
Justement les Pêchers de mon jardin
refusaient obstinément de pousser : chlo-
rose, gomme, cloque, tout s’en mêlait et j’en
étais presque réduit à ne plus récolter que
des fruits provenant de quelques Pêchers à
haute tige en plein vent, dits Pêchers de
vigne. C’était le cas d’essayer la culture sur
Épine noire, puisque l’Amandier aussi bien
que le Prunier ne donnaient aucune satis-
faction, malgré les soins multipliés et les
es't'ais réitérés.
Il était d’ailleurs facile de s’en procurer,
elle abonde aux environs.
J’ai donc planté mes Prunelliers au prin-
temps 1894. C’étaient de petits sujets de 8
à 9 centimètres de tour. Ils provenaient de
baies et de landes qui en sont infestées non
loin de mon jardin.
Mon intention était de leur poser trois
écussons à chacun pour obtenir de suite une
charpente. J’ai dû renoncer à le faire, parce
que l’écorce était trop épaisse et qu’il n’y
avait pas assez de sève pour mes écussons.
J’ai laissé les sujets jusqu’au printemps 1895
et j’ai alors essayé de les greffer en fente.
Gomme ils étaient petits, je n’ai mis à cha-
cun qu’une greffe à 0"^ 10 du sol. Tous ont
réussi et donné dans la première année une
pousse de plus d’un mètre.
J’avais choisi pour greffons la Grosse
Mignonne hâtive et la Reine des vergers.
Mes Pêchers ont continué à végéter
avec une grande vigueur, plantés en espa-
lier à la place même où leurs prédécesseurs,
greffés sur Amandier ou Prunier, étaient
morts et à côté de quelques autres mori-
bonds.
Cette année, les branches terminales qui
n’ont pas été pincées ont des pousses de
l'« 50 de long, et la greffe a bien recouvert
la coupe du sujet sans aucune apparence de
gomme. Ils ont donné quelques fruits très-
bons et très-beaux. Enfin leurs feuilles sont
d’un beau vert et tout à fait exemptes de la
cloque qui a envahi d’une façon désas-
treuse leurs pauvres voisins chlorotiques.
Au mois d’août 1896, j'avais mis deux
écussons superposés sur une petite branche
que j’avais laissé pousser sur un sujet dont
la greffe avait manqué au printemps pré-
cédent.
Au ntois d’avpil dernier, les deqx écijs-r
DORYOPTERIS DU VALU.
sons ont commencé à pousser. J’ai sup-
primé celui du haut, l’autre a développé
une belle tige bien ramifiée qui a 1™ 80 de
haut et 0"^ 68 de tour à la base.
J’espère continuer avec le même succès
et parvenir ainsi à rétablir mes espaliers à
peu de frais et malgré les observations de
ceux qui m’ont bien des fois déclaré que
l’on n’avait jamais vu greffer le Pécher
563
sur l’Épine noire et que, par conséquent, je
ne réussirais certainement pas.
Je n’ai pas essayé le Poirier sur Épine
blanche, quoique dans mon jardin le Poirier
sur Cognassier pousse très-mal et que sur
franc il ne se mette guère à fruit.
Alexis Fresneau,
Jardinier à la Perraudière (Maine-et-Loire) .
DORYOPTERIS DUVALII
Un hybride de Fougère est toujours cu-
rieux, d’abord parce qu’il y en a peu, en-
suite parce que le jardinier n’a pas besoin
d’intervenir très-directement pour l’obte-
nir. En effet, s’il y a affinité entre deux es-
pèces du môme genre, il suffit de semer
leurs spores préalablement mélangées pour
qu’il y ait croisement, c’est-à-dire hybrida-
tion.
Que se passe-t-i! donc après le semis ?
Fig. 168. — Doryopteris Duvalil.
Les spores germent, produisent des
thalles qui recèlent, les uns des anthé-
ridies (organes mâles), les autres des ar-
chégones (organes femelles). Les anthé-
ridies s’ouvrent, laissent échapper des
cellules qui se déchirent à leur tour pour
livrer passage aux anthérozoïdes (corpus-
cules fécondants).
Ces derniers organes, infiniment petits,
ciliés et en forme d’hélice, ont un mouve-
ment vibratoire naturel qui les fait nager
dans l’eau comme de microscopiques an-
564
l’école d’horticulture de VERSAILLES.
giiilles ; ils se dirigent ainsi, à travers l’élé-
ment aqueux, vers les archégones des
thalles femelles, les pénètrent et les fé-
condent.
C’est à la suite de ces divers phénomènes
préparatoires que naissent les Fougères de
semis. Il suffit donc que l’anthérozoïde
d’une espèce ait été amené, parle hasard ou
par une force inconnue, à féconder l’arché-
gone d’une autre espèce pour qu’il y ait
production d’hybride.
Fien qu’il existe un nombre assez im-
portant d’hybrides dans le genre Ptcris,
nous n’en connaissions encore aucun se
rapportant à la section des Doryopteris.
La plante dont nous donnons une photo-
graphie comble cette lacune ; elle a pris
naissance chez M. Duval, l’horticulteur
versaillais, et, dans son taciès, on reconnaît
facilement ses deux parents : le Doryop-
teris ou Pteris sagiltifolia et le Doryopte-
ris ou Pteris palmala.
Le Doryopteris Duvalii est une Fou-
gère élégante et touffue, haute de 25 à
30 centimètres, dont les feuilles initiales,
au nombre de 5 à 8, sont toutes sagittées
à la façon de celles du premier parent
(Z), sagiltifolia).
Les feuilles adultes, chez lesquelles la
longueur (15 à 20 centimètres) excède
toujours là largeur (12 à 15 centimètres)
sont multilobées, avec des sinus un peu
moins profonds, des lobes moins nombreux,
plus larges et un tissu d’une contexture
plus épaisse que chez les frondes du
D. palmata.
Au demeurant, le D. Duvalii est plus
pittoresque que le D. sagiltifolia ; plus
étoffé, plus plantureux que le D. palmata.
Ces Fougères sont de serre chaude, mais
elles n’ont pas besoin d’autant d’humidité
que la plupart des autres espèces. Cette fa-
culté qu’elles possèdent de prospérer dans
une atmosphère peu humide est indiquée
par la nature presque coriace de leurs
feuilles ; elle explique aussi pourquoi l’on
peut conserver quelque temps les Doryop-
teris dans les appartements sans qu’ils en
souffrent d’une manière sensible.
Georges Bellair.
L’ÉCOLE D’HORTICULTURE DE VERSAILLES
Les examens d’entrée de la nouvelle
promotion des élèves de cette Ecole ont eu
lieu dernièrement, et c’est avec plaisir que
nous avons constaté le nombre toujours
croissant des candidats. Il semble que la
prospérité de l’École, ses succès et surtout
les situations réellement très-belles obte-
nues par les bons élèves depuis quelques
années en France et à l’étranger aient sti-
mulé l’envie des jeunes gens qui se des-
tinent à l’horticulture et le désir des fa-
milles de procurer à leurs enfants des
positions très-honorables ; de 32 candidats
inscrits en 1887, c’est-à-dire il y a dix ans,
le chiffre est monté d’année en année à 35,
44, 56, 65, deux fois à 71, à 78, 79, 82 et
enfin à 96 en 1897. Le nombre des inscrits
a donc triplé depuis dix ans, et cette indi-
cation est la meilleure preuve des services
rendus par l’École et un hommage à son
directeur, M. Nanot, qui a su lui conti-
nuer les traditions du fondateur-directeur
A. Hardy, tout en introduisant les amélio-
rations qui sont les conséquences des pro-
grès de la science et de la culture.
Cette augmentation d’importance de
l’École s’explique aussi par le développe-
ment de l’industrie horticole qui, aussi
bien dans le domaine des fleurs que dans
celui des fruits, constitue une part impor-
tante de la richesse nationale, richesse qui
peut se développer à l’infini par la produc-
tion abondante et l’amélioration des varié-
tés; il semble que notre beau pays de
France est un des plus privilégiés sous le
rapport du climat et de la fertilité. Nous
pouvons, dans nos régions du Midi, sur les
bords de la Méditerranée, produire assez de
fruits, de légumes, de fleurs pour fournir
l’approvisionnement de l’Europe entière,
alors que toute la partie du Nord est encore
sous la neige ; puis vient le Centre, dont les
produits abondent sur les marchés quand
la région du Midi a écoulé les siens, et
enfin, grâce au charbon qui, dans nos dé-
partements du Nord, est abondant et peu
coûteux, on peut livrer aux cultures sous
verre des fruits et des fleurs qui embel-
lissent nos appartements et garnissent si
somptueusement nos tables pendant la
saison d’hiver.
Aussi de tous côtés de nouvelles cultures
s’établissent ; pour être profitables, il faut
qu’elles soient intensives ; produire du beau
en peu de temps et à bon compte, voilà le
problème à résoudre pour vaincre la con-
currence des produits nationaux et aussi
ceux de l’étranger. C’est pourquoi les prin-
505
l’école d’iIOIITICULTUHE de VERSAILLES.
cipales nations de l’Europe ont^ depuis
trente années, créé des écoles d’horticul-
ture, où les plus intelligents des jeunes
jardiniers peuvent recevoir une instruction
ne résultant pas seulement dos connais-
sances pratiques et des vieux usages, mais
aussi de notions importantes d'js sciences
qui se rattachent à l’horticulture, la bota-
nique, la physique, la géologie, la minéra-
logie et la chimie surtout, car les engrais
chimiques plus étudiés et appliqués sui-
vant les besoins rationnels des plantes sont
appelés à jouer, en horticulture un rôle
aussi important que celui qu’ils jouent
actuellement en agriculture.
L’Allemagne a créé des Ecoles à Potsdam
(le Versailles en très-petit de Berlin), à Co-
logne, à Dusseldorf ; la Belgique a depuis
longtemps, pour la tloricullure, une Ecole
à Gand, le grand centre de production, et
une à Vilvorde pour les pépinières de plein
air ; la Suisse possède l’Ecole d’horticulture
de Genève, et des établissements analogues
plus ou moins importants existent en Italie,
en Hollande, en Autriche, en Suède, etc.
Seule des grandes nations, l’Angleterre,
suivant ses habitudes, ne patronne aucune
école officielle, se contentant d’entretenir
les plus belles collections de plantes du
monde entier dans les serres du Jardin de
Kew et d’engager les jeunes jardiniers à
voyager sur toute la surface du globe.
De toutes les Ecoles qui existent, il est
permis de le dire, parce que c’est une vé-
rité reconnue parles étrangers eux-mêmes,
il n’en existe aucune aussi importante et
ayant une organisation aussi complète que
la nôtre. Versailles peut être fier de cet
établissement créé par la loi du 16 dé-
cembre 1873, et établi au Potager de Ver-
sailles organisé par La Quintinie, jardinier
de Louis XIV.
Ge Potager a toute une histoire que nous ne
chercherons pas à écrire ici, mais sur laquelle
des documents bien intéressants existent
dans le Bulletin de l’Association des anciens
élèves de l’École pour 1896, et auquel nous
renvoyons ceux de nos lecteurs que cette
question intéresse ; il a subi bien des
vicissitudes, suivant les différents régimes
politiques qui se sont succédé en France
depuis plus d’un siècle.
Bien entretenu pour fournir aux besoins
de la maison royale jusqu’en 1792, il se
trouva sans affectation pendant la Révolu-
tion, et en mars 1793, une délibération, que
l’on peut lire encore sur les registres du
Directoire du district de Versailles, déclara
que le Potager pouvait être allérmé en tota-
lité avec l’un ou l’autre des pavillons qui en
dépendaient ; les adjudications eurent lieu
en avril 1793, au profit de A. Lecocq,
loueur de voitures ; Vincent, jardinier ;
Le Trotteur, sellier ; Vallet, marchand de
bois ; Pierre Francomme, menuisier, et
ces citoyens purent, moyennant un loyer
total de 2,780 livres (chilfre assez élevé
pour celte époque), s’otlrir le luxe de cul-
tiver les (leurs, les fruits, les légumes dans
l’ancien domaine royal.
En 1797, le gouvernement de la Répu-
blique reprit une partie des terrains loués,
et sous la direction d’un jardinir des plus
savants, Antoine Richard, créa un jardin
botanique qui fut planté dans le carré cen-
tral du Potager ; il devait servir à l’École
centrale organisée à Versailles en 1798.
Antoine Richard, à qui l’on doit la con-
servation de Trianon, dont la Convention
avait décidé la destruction et la vente, dé-
cision qui fut rapportée à la suite des
observations et du mémoire présenté par
Richard au représentant Delacroix, alors
commissaire de la. Convention à Versailles,
ne tarda pas à établir une école de bota-
nique des plus remarquables. Il obtint, en
outre, l’autorisation « d’établir une pépi-
nière d’arbres fruitiers, riche en variétés
rares et sûre pour le choix des meilleures
à cultiver ». C’était la reconstitution du
Potager.
En 1805, le Jardin rentra dans le do-
maine de la Couronne et, de cette époque
jusqu’en 1848, redevint potager royal ou
impérial suivant les régimes. Le gouver-
nement de la Piépublique créa, en 1848, à
Versailles, l’Institut national agronomique)
et le Potager fut désigné pour devenir le
Jardin d’application de cette École. Sa
durée, malheureusement pour notre ville,
fut éphémère ; l’Empire n’était pas disposé
à encourager les créations même les plus
utiles de la République. Un décret sup-
prima l’École en 1852, et le Potager fut de
nouveau affecté à la culture des fruits et
des légumes pour la maison de l’Em-
pereur.
\Tnt la troisième République qui, à la
suite de l’année terrible, s’attacha dès la
première heure à organiser en France un
vaste enseignement agricole et horticole
professionnel. Le Potager de nouveau n’a-
vait plus d’affectation spéciale ; c’est alors
qu’en 1872, une proposition de loi fut pré-
sentée par MM. Pierre Joigneaux, Ra-
meau, Victor Guichard, relative à la créa-
LA GREFFE MIXTE.
566
tion d’une Ecole nationale de jardinage au
Potager de Versailles. C’est à Pierre Joi-
gneaux et à Rameau, à leurs démarches, à
leur zèle que la Ville de Versailles doit la
fondation de cette Ecole qui fut ouverte le
l®*" décembre 1874, sous la direction du
regretté et savant M. Hardy. Le buste de
Pierre Joigneaux placé au milieu de la cour
d’entrée et celui de A. Hardy qui sera
inauguré au printemps prochain con-
serveront le souvenir de ces deux hommes
de bien.
Depuis cette époque, bien des progrès
ont été accomplis ; l’établissement a été,
on peut le dire, complètement transformé.
Les cultures d’arbres fruitiers sont des plus
remarquables en Europe; celles des lé-
gumes, laites avec le plus grand soin, com-
portent des essais sur toutes les nouvelles
variétés ; jamais les jardins n’ont été si bien
entretenus, et les élèves peuvent puiser
dans les collections de plantes de serres et
de plein air, réunies dans le jardin botani-
que, la connaissance des végétaux les plus
intéressants. D’autre part, les professeurs
distingués qui forment le corps enseignant,
sous la direction de M. Nanot, initient les
élèves à l’architecture des jardins, à la zoo-
logie et l’entomologie horticole, à la bota-
nique, à la physique, à la chimie, à la géologie,
etc. ; enfin, un chef d’atelier spécial donne
aux élèves des connaissances utiles sur
l’emploi de la forge, l’ajustage, le charron-
nage, la menuiserie, etc.
C’est l’ensemble de ces connaissances qui
fait rechercher les bons élèves dont beau-
coup, parmi les anciens, occupent de fort
belles situations, — comme directeurs de
jardins botaniques ou des plantations des
villes de Paris, de Lille, de Clermont, de
Dijon, de Toulouse, de Tours, etc. ; rédac-
teurs de journaux horticoles, tandis que
beaucoup dirigent des établissements ou
des maisons de commerce pour la vente des
graines et des plantes. Un autre débou-
ché s’offre pour l’avenir, c’est la création
assurée de jardins d’essai dans les colonies,
car dans l’immense empire colonial que
nous possédons, les productions naturelles
constitueront une des principales richesses.
Nous ne devrons plus, dans un délai rap-
proché, être tributaires du Brésil pour obte-
nir de bon café, ni de l’Inde ou de la Chine
pour le thé ; ces cultures seront profitables
dans nos colonies qu’elles enrichiront, en
même temps que le pays tout entier. Les
premières plantations donnent déjà des ré-
sultats importants en Nouvelle-Calédonie,
au Gabon, au Congo, au Tonkin, et il est à
supposer que la plupart des plantes tropi-
cales réussiront à Madagascar.
Puisse l’Ecole d’horticulture devenir la
pépinière de ces futurs cultivateurs, dont
les produits constitueront l’industrie la
plus sûre et la meilleure utilisation des
terrains qui n’attendent que des mains ha-
biles et courageuses pour les mettre en
valeur. A. Truffaut.
L4 GREFFE MIXTE ‘
On sait que dans les greffes ordinaires
on supprime avec soin toutes les pousses
du sujet au moment même de l’opération.
Quelquefois, pour faire monter plus facile-
ment la sève au niveau de la greffe, on con-
serve au sommet du sujet un bourgeon d’ap-
pel ou quelques branches feuillées de faible
dimension. Dans ce dernier cas, la conser-
vation du bourgeon est toujours tempo-
raire et l’on s’empresse de supprimer radi-
calement le tout après la reprise, car,
dit-on, la vie du greffon se trouverait
infailliblement compromise par le déve-
loppement plus rapide des pousses du sujet.
Jamais on n’a songé à laisser à demeure
des pousses au sujet, en surveillant leur
développement, et en empêchant, par une
taille raisonnée, le sujet de tuer le greffon.
S’il était cependant possible de mainte-
nir ainsi un équilibre artificiel, variable
avec l’âge, entre le sujet et le greffon qui
assimileraient alors à la fois et transforme-
raient en sèves élaborées différentes une
même sève brute, les conditions d’exis-
tence des deux plantes différeraient sen-
siblement dans ce procédé et dans fan-
cien.
En conservant des branches feuillées au
sujet, la symbiose entre les deux plantes
atteindrait son maximun de complexité.
Pour distinguer le procédé nouveau de l’an-
cien, je le désignerai sous le nom de greffe,
mixte.
Les conditions biologiques n’étant pas les
mêmes dans la greffe ordinaire et dans la
greffe mixte, on pouvait s’attendre à les voir
donner des résultats diflerents, tant dans
la réussite même des greffes que dans
^ Communication à l’Académie des Sciences.
LA GREFFE MIXTE.
567
les réactions réciproques du sujet et du
greffon.
Les expériences suivantes montrent qu’il
en est bien ainsi.
I. — Gt'effedu Cerisier ordinah'e surle Lau-
rier-Cerise. — Tandis que l’on greffe facilement
les plantes à feuilles persistantes sur les végé-
taux à feuilles caduques, la greffe inverse passe
pour difficile et même pour impossible. La
raison, c’est que le sujet à feuilles persistantes
étant privé de feuilles par le fait de la greffe
(greffe ordinaire), est forcé pendant l’hiver de
recourir au greffon pour assurer son existence.
Or le greffon perd ses feuilles pendant cette
saison, et ne peut lui rendre ce service d’une
manière efficace : de là l’insuccès final de la
greffe ordinaire.
Avec la greffe mixte, il en est tout autre-
ment. J’ai écussonné, au printemps de 1891,
le Laurier-Cerise {Prunus Lauro-Cerasus) sur
le Mérisier {Cerasus avium), en laissant des
pousses feuillées au sujet, et en les pinçant sé-
vèrement dès qu’elles prenaient un développe-
ment inquiétant pour le greffon.
L’année suivante, j’ai laissé volontairement
trop de feuilles au sujet : le greffon a souffert,
a peu poussé et les pucerons l’ont vivement
attaqué. A partir de ce moment, j’étais fixé.
Une taille plus sévère du sujet lui a redonné
la vigueur et la résistance nécessaires. En lais-
sant chaque année un nombre de feuilles pro-
portionné à la taille croissante du greffon,
l’équilibre de végétation entre les deux plantes
a été parfait, et leur croissance simultanée
On peut de ces faits tirer diverses con-
clusions dont voici les plus importantes :
La greffe mixte doit être employée
quand on veut réussir plus facilement des
greffes entre plantes présentant des diffé-
n’a rien laissé à désirer. Le greffon dont cer-
taines pousses ont atteint une longueur de
1 mètre environ a déjà fructifié deux fois.
Je puis donc considérer cette greffe comme
ayant réussi définitivement, et dire que, dans
ce cas au moins, le greffage mixte permet
d’obtenir plus facilement la greffe d’un arbre à
feuilles caduques sur un arbre à feuilles per-
sistantes.
II- — Greffe du Haricot noir de Belgique
sur le Haricot de Soissons gros. — La greffe
des Haricots et autres plantes à tiges creuses,
considérée comme impossible, réussit fort
bien par le procédé de la greffe sur germina-
tion L
Pour mieux observer les différences pro-
duites par le procédé de la greffe ordinaire et
par celui de la greffe mixte, j’ai choisi deux
variétés aussi différentes que possible : le
Haricot noir de Belgique, nain, assez précoce,
à courte inflorescence de 3 à 5 fleurs violettes
donnant 2 à 3 fruits à gousse tendre et
agréable au goût, à graine violet noir, de taille
moyenne ; 2" le Haricot de Soissons gros, à
rames, plus tardif, à longue inflorescence
d’une vingtaine de fleurs blanc jaunâtre, por-
tant 3 à 5 fruits très-parcheminés et de goût
désagréable et à graines blanches très-
grosses.
J’avais à la fois, dans un même terrain et à
la même exposition, des greffes ordinaires,
sans pousses sur le sujet, des greffes mixtes et
des témoins appartenant aux deux variétés
greffées.
Voici les résultats comparatifs de ces expé-
riences ;
rences physiologiques marquées (greffe des
^ Cf. L. Daniel, Sur la greffe des plantes en
voie de ger minalion{Comptes rendus de l'Associa-
tion française pour l'avancement des sciences..
Congrès de Pau, 1892).
Haricot de Soi.ssons
gros
non greffé.
Taille, 4“50.
Feuilles très-nombreu-
ses et très-larges.
Fleurs blanc jaunâtre.
Inflorescences longues,
ayant une vingtaine
de fleurs produisant 3
à 5 fruits.
Fruit parcheminé à goût
particulier fort désa-
gréable.
Graine blanche.
Greffe mixte
du Haricot noir
sur
le Haricot de Soissons.
Taille, 0“40.
Feuilles comme celles
du témoin.
Fleurs, les unes vio-
lettes, les autres pa-
nachées de blanc et
de violet.
Une inflorescence lon-
gue, ayant 9 fleurs
panachées ; les autres
courtes, semblables à
celles du témoin. L’in-
florescence longue a
donné 3 fruits.
Fruit à moitié parche-
miné, goût prononcé
de la gousse du Ha-
ricot de Soissons.
Graine violet noir.
Greffe ordinaire
du Haricot noir
sur
le Haricot de Soissons.
Taille, 0“25
Feuilles moins nom-
breuses, moins vertes
et moins vigoureuses.
Fleurs toutes violettes.
Inflorescences courtes,
à 2 ou à 3 fleurs don-
nant 1 à 2 fruits.
Fruit un peu parche-
miné à goût rappelant
un peu le Haricot de
Soissons.
Graine violet noir.
Haricot noir
de Belgique
non greffé.
Taille, 0"i4(J.
Feuilles nombreuses et
vigoureuses.
Fleurs toutes violettes.
Inflorescences courtes :
3 à 5 fleurs produisant
2 à 3 fruits.
Fruit à gousse tendre,
sans parchemin , à
goût très-agréable.
Graine violet noir.
568
LES CATALOGUES.
arbres à feuilles caduques sur arbres à
feuilles persistantes).
2° L’influence directe du sujet sur le
greffon ne se produit pas de la même façon
dans la greffe mixte et dans la greffe ordi-
naire.
Les phénomènes que l’on peut attribuer
aux variations de milieu (taille et vigueur
relative du greffon, résistance aux parasi-
tes) sont moins accentués dans la greffe
mixte. Mais, au contraire, certains ca-
ractères particuliers de la variété sujet
(goût, forme des fruits, couleur de la
fleur, etc.) se mélangent beaucoup plus
facilement à ceux du greffon dans ce
genre de greffe que dans la greffe ordinaire.
3® Les semeurs, qui voudront créer par
la greffe des variétés nouvelles ‘ ayant une
qualité déterminée, c’est-à-dire faire ac-
quérir au greffon ou à sa postérité certains
caractères d’un sujet donné, devront se
servir de préférence de la greffe mixte au
lieu de la greffe ordinaire.
4'’ Les greffeurs, qui voudront au con-
traire maintenir aussi intacte que possible
la variété du grefïbn, devront employer la
greffe ordinaire et laisser au sujet le moins
possible de parties vertes, c’est-à-dire
greffer près de la racine.
L. Daniel.
LES C4TAL0GIJES
La Revue horticole continuera en
1898, comme elle l’a fait les années précé-
dentes, à tenir ses abonnés au courant de
la publication des catalogues des horticul-
teurs.
Les catalogues paraissent à des époques
différentes, selon les spécialités auxquelles
ils se rapportent.
Durant tout l’hiver et jusqu’au mois de
février, nous recevons des catalogues de
marchands grainiers.
De février jusqu’en juin, nous parvien-
nent ceux des horticulteurs qui vendent
particulièrement les plantes fleuries pour
la pleine terre.
Dès le mois d’août apparaissent les cata-
logues d’ognons à fleurs, que nous rece-
vons encore en septembre.
Ceux qui sont relatifs aux Chrysanthèmes
commencent à nous arriver à cette époque
pour s’arrêter au milieu des envois des
catalogues de rosiéristes et de pépiniéristes ;
ces derniers terminent l’année.
Il résulte de cette publication quasi-inin-
terrompue de catalogues que, si nous les
mentionnons au fur et à mesure de leur
arrivée, ils se trouveront répartis à peu près
dans tous les numéros du journal. D’autre
part, si nous attendons d’en avoir réuni un
bon nombre pour les signaler, nous ris-
quons d’arriver trop tard en saison. Ou
bien encore, tel moment arbitrairement
choisi conviendrait aux Chrysanthèmes, par
exemple, tandis qu’il serait devenu inutile
pour les ognons à fleurs.
Nous avons, pour obvier à ces divers in-
convénients, résolu de signaler les cata-
logues par séries, correspondant chacune à
une spécialité importante : — marchands
grainiers — fleuristes — Ognons à fleurs
— Chrysanthèmes — Rosiers-Pépiniéristes.
Soit six séries que nous voudrions faire pa-
raître à époques à peu près fixes, chaque
époque correspondant à l’ouverture de
chaque saison, ou la précédant de quelque
temps.
Mais nous ne voulons pas déterminer dès
à présent, et théoriquement, pour ainsi
dire, les dates auxquelles nous publierons
ces séries de catalogues, ni les séries elles-
mêmes. C’est l’envoi des catalogues par les
intéressés qui nous sera le guide le plus
sûr à cet égard, mais à la condition
bien entendu, que cet envoi nous soit fait
dès la publication du catalogue.
Nous prions donc les horticulteurs et
marchands grainiers de bien vouloir, à
partir d’aujourd’hui, nous adresser leur ca-
talogue aussitôt son apparition, et ce,
en y joignant la bande d’adresse sous la-
quelle leur parvient la Revue horticole.
Pour nous éviter des recherches, et faciliter
notre travail, il leur suffira de coller cette
bande au verso de la première page du ca-
talogue.
Il nous reste à dire de quelle manière
nous mentionnerons l’apparition des cata-
logues. Jusqu’à présent, nous avons fait
suivre le nom et l’adresse de chaque horti-
culteur, d’un résumé sommaire des diffé-
rentes parties de son catalogue. Ce résumé,
forcément incomplet, ne donnait que des
indications assez vagues. Puis ce résumé se
répétait à peu près identiquement pour les
autres noms, un peu plus loin.
- L. Daniel, Créalion de variétés nouvelles par
la greffe (Comptes rendus, 30 avril, 1894),
Revue Ilortieele
Fjxiisier remonta rvl a. gros fruits S^Foseph .
L.JJescoj'ivps -Scwourec . dd
ChrotrwLU-h J. L L’cfjort . B~^ux<dUs
L15S FRAISIERS REMONTANTS A GROS FRUITS. — LE FRAISIER SAINT-JOSEPH. 5G9
Il y avait là une répétition inutile, et qui
prenait de la place.
Afin de ne pas tomber dans ces redites
inutiles, nous adopterons une seule et
même rubrique pour chaque série, et nous
mettrons sous cette rubrique la liste des
horticulteurs.
Mais il y a plus. Prenons pour exemple
la série des pépiniéristes. Tous vendent des
arbres fruitiers : Pêchers, Pruniers, Poi-
riers, Pommiers, etc. Tous vendent aussi
des arbres et des arbustes d’ornement à
feuilles caduques ou persistantes, grim-
pants, verts, etc. Mais M. X... a, cette an-
née, par exemple, un remarquable stock de
jeunes plants de Conifères. D’autre part,
M. Y... annonce une Pêche nouvelle.
M. Z... lui, s’attache à la culture des Clé-
matites, et tient à ce que le public ne
l’oublie pas. Voilà donc trois horticulteurs
qui, en outre des spécialités dont ils tien-
nent commerce, en offrent quelques-unes
dont la culture leur est plus personnelle,
ou dont la provision et le bon aloi sont su-
périeurs à l’habitude. Tous trois ont intérêt
à faire connaître leur cas au public ; des
cas analogues peuvent se présenter pour
leurs confrères.
Nous réserverons donc à chacun de nos
horticulteurs abonnés, qui nous adressera
son catalogue en temps utile, un espace de
deux à trois lignes, à la suite de son nom
et de son adresse, pour y indiquer les spé-
cialités qu’il jugera les plus intéressantes.
Mais encore faudra-t-il que chacun d’eux
prenne la peine de les mentionner lui-
même par une lettre, ou une carte postale
qu’il nous adressera.
Pour l’horticulteur qui ne nous enveri’a
que son catalogue, nous ne mettrons (fue
son nom et son adresse sous la rubrique
générale qui nous paraîtra lui convenir.
En offrant ainsi aux horticulteurs, abon-
nés à la Revue horticole, cette publicité
gratuite, ce n’est pas seulement leurs inté-
rêts que nous avons en vue : c’est aussi
l’intérêt de tous nos abonnés, en leur four-
nissant en bloc tous les renseignements
dont ils pourront avoir besoin pour les
achats qu’ils ont à faire.
Nos abonnés nous écrivent souvent pour
nous demander où ils doivent s’adresser
pour avoir tel ou tel genre de plantes dans
telle ou telle région : la mention régulière
des catalogues des principaux horticulteurs,
groupés sous des rubriques générales, et
avec l’indication des spécialités, ne pourra
manquer d’être utile tout à la fois aux hor-
ticulteurs et aux abonnés.
H. Dauthenay.
LES FRAISIERS REMONTANTS A GROS FRUITS
LE FRAISIER SAINT-JOSEPH
Quand un fait nouveau se produit en
horticulture, fait qui marque un pas en
avant dans la voie du progrès, la masse du
public en est le plus souvent frappée et
étonnée comme d’une manifestation subite
et imprévue, mais il est rare que l’obser-
vateur attentif et compétent partage cette
manière de \oir. Presque toujours des
indices prémonitoires ont pour lui dénoncé
à l’avance la découverte qui allait se faire
et lui ont, pour employer l’expression fami-
lière, fait sentir que la chose était dans
l’air.
Cette observation s’applique d’une façon
très-exacte à l’obtention du Fraisier remow-
tant Saint-Joseph, laquelle, bien que toute
nouvelle pour le grand public, remonte
déjà à l’année 1893, et était de divers cher-
cheurs et amateurs pressentie et attendue
depuis quinze ou vingt ans pour le moins.
Rendons d’abord justice à l’obtenteur heu-
reux, qui, le premier, a réalisé pleinement ce
que d’autres et lui-même avaient longtemps
cherché. C’est en 1893 que le Fraisier
Saint-Joseph a été obtenu de semis, à
Clanoves, dans le département de Saône-et-
Loire, par M. l’abbé Thivolet, curé de cette
localité.
C’était un coup de maître, mais ce n’était
pas un coup d’essai.
Dès 1880, l’abbé Thivolet, amateur
ardent d’horticulture, avait conçu le désir
d’obtenir un Fraisier à gros fruit remon-
tant, qui fût aux autres variétés usuelles ce
que le Fraisier des Alpes est au Fraisier des
bois. Quoique dissuadé par un confrère de
chercher la voie menant à cette obtention
dans le croisement d’un Fraisier à gros
fruits par le Fraisier des Alpes, il eut
recours à cette opération, dit-il lui-même,
dans un article publié dans le Moniteur
des Campagnes, organe agricole et hor-
ticole paraissant à Saint-Quentin.
Le résultat du semis ainsi préparé, ce fut
570 LES FRAISIERS REMONTANTS A GROS FRUITS. — LE FRAISIER SAINT-JOSEPH.
un Fraisier incomplètement remontant,
surtout peu fertile, qui fut nommé Roi
Henri. Je ne me permettrai pas de révoquer
en doute le fait de ce croisement, que l’ob-
tenteur du Fraisier Saint-Joseph mentionne
lui-même ; mais ce dont je doute absolu-
ment, et ce dont tout connaisseur des
Fraises doutera comme moi, c’est que le
croisement en question ait produit le
moindre effet. Aucun caractère de végé-
tation, en effet, pas plus dans le Fraisier
Roi Henri que dans le Fraisier Saint-
Joseph ne révèle à un degré quelconque la
moindre parenté avec le Fraisier des
Alpes. Il n’est du reste aucunement néces-
saire d’invoquer l’intervention de cette
espèce pour expliquer l’apparition de la
tendance à remonter dans un Fraisier à
gros fruits.
Cette tendance existe, et presque dans
tous les Fraisiers elle se manifeste de temps
à autre. Rien n’est plus fréquent que de
voir, dans les jardins ou même dans les
champs, des Fraisiers de Variété commune,
\si Princesse Royale y souvent la Vicomtesse
Héricart de Thury, plus fréquemment que
toute autre la Belle Lyonnaise, donner à
l’automne une seconde floraison. Ce qui,
chez ces variétés, est à la vérité une excep-
tion, mais une exception fréquente, nor-
male et presque passsée dans les habitudes,
peut facilement devenir la règle dans une
autre variété.
Qu’est-ce, pour un Fraisier, que de re-
monter ? C’est, au lieu de se borner à déve-
lopper au printemps un ou deux des bour-
geons axillaires de chaque tige en hampe
florale, de développer sous cette forme
quelques-uns des bourgeons successifs qui,
dans le cours habituel des choses, s’allon-
gent en forme de coulants. Dans les Frai-
siers qui remontent accidentellement à
l’automne, la hampe florale, qui apparaît
en septembre ou octobre, remplace, selon
toute apparence, un des derniers filets que
produirait la plante.
Que ce remplacement se fasse plus fré-
quemment, et pendant tonte la saison d’été,
et l’on aura un Fraisier qu’on pourra dire
non-seulement remontant, mais même per-
pétuel. Or, ces Fraisiers à gros fruits, re-
montants ou même perpétuels, ce n’est pas
seulement depuis 1880 qu’ils existent ; les
documents les plus certains nous ont gardé
le souvenir d’une variété au moins nota-
blement plus ancienne. Je veux parler
du Fraisier V Inépuisable obtenu par la
maison Mabille, de Limoges, et mis au
commerce au plus tard en 1871. Le n" du
l^r octobre 1871 de la Revue horticole en
fait mention, sous la signature de son obten-
teur, à la page 506. La plante y est pré-
sentée comme très-vigoureuse, très -pro-
ductive et abondamment remontante. La
nouvelle variété ne justifia pas toutes les
espérances qu’elle avait fait concevoir. Dans
le numéro du l^r janvier 1874, M. Edouard
André dit que, chez lui, en Touraine, la
plante n’est « inépuisable qu’en feuilles » ; il
reconnaît toutefoîs que, à Limoges, chez
l’obtenteur lui-même, dont la bonne foi
et la compétence sont ainsi pleinement éta-
blies, il a vu la plante en pleine fructifica-
tion au mois de novembre 1874. Il sem-
blerait, d’après cela, que le climat natal fût
nécessaire au bon succès de cette variété de
Fraisier, car, aux environs de Paris, je l’ai
cultivée longtemps sans obtenir jamais,
même à la première floraison du prin-
temps, des fruits tant soit peu présen-
tables. Son défaut, autant que je puis le
présumer, était de ne pas posséder des or-
ganes sexuels bien conformés ; soit les
étamines, soit les pistils, devaient présenter
quelque lacune dans leur organisation, car
la floraison était abondante, répétée, ce qui
prouve la thèse émise plus haut, qu’il
existait dès lors, chez les Fraisiers à gros
fruit, la faculté d’émettre perpétuellement
des tiges florales, mais à ces fleurs si nom-
breuses ne succédaient presque jamais de
fruits bien développés. Quand les Fraises
prenaient un commencement de dévelop-
pement, elles étaient presque toujours
petites, difformes, irrégulières, comme il
arrive quand la fécondation ne s’est faite
qu’incomplêtement.
Ce que je viens de dire du Fraisier V Iné-
puisable, le premier précurseur des Frai-
siers remontants, s’applique dans une large
mesure au Fraisier Roi Henri. Ce qui l’a
empêché de sortir du domaine des plantes
curieuses, et d’être adopté par les amateurs
et les cultivateurs^ ç’a été l’imperfection de
la manière dont nouaient ses fruits. A des
fleurs nombreuses, à première vue bien
conformées, ne succédaient que des fruits
petits, mal conformés, et très-souvent com-
plètement avortés.
L’abbé Thivolet reconnaît très-loyalement
que cette première obtention lui a causé
quelques déboires. Néanmoins, il ne se
découragea pas, et par des fécondations
faites entre son premier Fraisier remontant
et des variétés nouant bien, il obtint quel-
ques gains nouveaux moins remontants
LES FRAISIERS REMONTANTS A GROS FRUITS. — LE FRAISIER SAINT-JOSEPH. 571
que le Roi Henri, mais nouant mieux et
développant des fruits de bonne forme et
de volume satisfaisant. Il en cite deux en
particulier : Robert Le Fort et Léoji XIII.
« Mais, dit-il, ce n’était pas ce que j’avais
rêvé. Ces deux dernières variétés atti-
rèrent cependant mon attention, et c’est
sur ces deux variétés que je concentrai
mon travail. L’une, Robert Le Fort, était
remarquable par l’abondance de ses fleurs ;
l’autre, Léon XIII, moins floribonde mais
parfaitement remontante, se distinguait par
sa fructification parfaite. J’ai passé dix ans
à chercher, à faire des expériences en les
fécondant l’une par l’autre, poursuivant
l’idéal de la F ]*aise anglaise remontante aussi
bien que de la Fraise des Alpes.
(( En 1892, j’avais fait un semis de Frai-
siers préparé avec tous les soins et toutes les
précautions possibles. Je les surveillais avec
la tendresse d’un père pour ses enfants.
Parmi ces nombreux plants, l’un d’eux at-
tira d’abord mon attention par la beauté de
ses fruits, puis des fleurs se succédèrent
sans discontinuer, la fructification était
parfaite, la dernière fleur nouait aussi bien
que la première. La Fraise anglaise remon-
tante était trouvée ! »
Il n’y a rien à rabattre de cette fanfare
triomphale, sonnée par un amateur persé-
vérant, arrivé au but qu’il s’était proposé
depuis de longues années. Il y a lieu de dire
avec lui: le Fraisier à gros fruit remontant
et même perpétuel est trouvé. C’est un fait
horticole de grande importance, que le Ron
Jardinier a déjà enregistré dans sa chro-
nique annuelle des nouveautés, et que la
Revue horticole a déjà mentionné dans ses
comptes rendus des séances de la Société
d’horticulture de France.
Mais comment, dira-t-on, expliquer
qu’une plante de ce mérite, obtenue dès
1893, couronnée dès 1894 par la Société
d’horticulture de France, dans sa séance du
27 septembre, d’une prime de première
classe, n’ait pas fait plus rapidement son
chemin? On peut répondre à cela qu’après
les déceptions relatives, éprouvées avec les
devanciers du Fraisier Saint- Joseph, le
monde horticole était devenu un peu scep-
tique à l’endroit de la grosse Fraise remon-
tante. Il faut dire aussi que le nom de
l’obtenteur n’avait pas une bien grande no-
toriété horticole, et que les moyens de
propagande dont il disposait en faveur de
son gain n’étaient pas des plus puissants. Je
dois avouer, en ce qui me concerne, que
vivement préoccupé depuis de longues
années de la question du Fraisier à gros
fruits remontant, j’avais laissé passer, sans
m’en apercevoir aucunement, la présenta-
tion du Fraisier Saint-Joseph à la Société
d’horticulture et la distinction qui lui
avait été accordée. Au cours de l’année
1895 seulement, j’en ai eu entre les mains
un certain nombre de pieds, et j’ai pu me
rendre compte, dès le premier moment,
qu’il y avait là plus et mieux que tous les
Fraisiers remontants distribués jusquà ce
jour. Ce qu’une première année d’observa-
tion m’avait amené à penser, l’été et l’au-
tomne de 1896 et surtout ceux de 1897 l’ont
confirmé de la manière la plus éclatante.
Pendant toute la belle saison, non pas seu-
lement sur quelques pieds, mais sur une
plantation de plusieurs ares, faite en plein
champ, la production des hampes florales
n’a pas été un moment interrompue.
Certains pieds de seconde année ont porté à
la fois jusqu’à sept et huit hampes fleuries
à divers degrés d’avancement ; et je puis
affirmer, sans aucune exagération, qu’une
trentaine de ces pieds, bien choisis, auraient
pu fournir, pendant toute la saison, une sou-
coupe très-convenable de fruits bien mûrs et
savoureux tous les matins. Et la succession
des fruits, produite surtout par l’émission
de hampes florales nouvelles naissant sur
chaque axe principal de végétation, à l’ais-
selle de nouvelles feuilles, s’augmente
encore fréquemment par la floraison préma-
turée de coulants de l’année, qui, à peine
enracinés et quelquefois même avant de
s’enraciner, fleurissent en temps utile pour
mûrir encore leurs fruits pendant la belle
saison. La grande supériorité du Fraisier
Saint- Joseph réside surtout, comme le dit
très-exactement son obtenteur, dans le fait
que la fécondation s’y fait très-régulièrement,
et que les fleurs jusqu’aux dernières pro-
duisent toutes un fruit, plus ou moins gros
naturellement, suivant la place que la
heur occupe sur la hampe.
Bien entendu, comme dans la nature rien
ne se fait de rien, il va de soi que, pour obtenir
une production soutenue et abondante, il
faut nourrir et arroser la plantation de
Fraisier Saint- Joseph pendant tout le temps
où l’on désire en obtenir des fruits : comme
tous les êtres organisés, il donne à propor-
tion de ce qu’il reçoit.
Il n’est pas utile d’insister sur les carac-
tères physiques du Fraisier Saint- Joseph,
l’excellente planche coloriée que cet article
accompagne fournissant la meilleure et la
plus exacte des descriptions.
57-2 LES FRAISIERS REMONTANTS A GROS FRUITS.
Le feuillage, on le voit, est d’un faible déve-
loppement, mais abondant, ramassé et d’une
teinte foncée, qui indique la grande vigueur
de la plante. Les hampes florales sont rela-
tivement courtes et se développent oblique-
ment par rapport à la surface du sol, plutôt
qu’elles ne se dressent au-dessus du feuil-
lage. C’est un des motifs pour lesquels il est
plus utile, dans le cas de cette variété, que
pour beaucoup d’autres, de soutenir les
fruits au moyen de supports spéciaux, comme
— LE FRAISIER SAINT-JOSEI’H.
on le voit dans la fig. 169, et de les sous-
traire ainsi au contact du sol.
Le coulant qui est figuré s’élevant et
retombant ensuite vers le sol n’a été ainsi dis-
posé que pour être contenu dans la planche.
En réalité il devrait s’allonger horizontale-
ment sur le sol en s’éloignant du pied qui
lui donne naissance. Quelquefois, par une
anomalie que je n’ai jamais observée que
dans le Fraisier Saint- Joseph, le coulant se
termine, à 25 ou 30 centimètres de son
point de départ, par une grappe de fleurs qui
le termine tandis qu’une ramification partie
de l’aisselle d’une bractée continue littérale-
ment la végétation herbacée du coulant et
donne naissance à des nœuds feuillés qui
s’enracinent de la façon ordinaire. On voit
là une preuve de l’identité foncière du cou-
lant et de la hampe florale.
Les fruits, bien colorés, de volume mé-
diocre quand on les laisse tous se déve-
lopper, ont la chair rouge, très-sucrée,
fondante et parfumée. La qualité du fruit a
beaucoup d’analogie avec celle de la Fraise
Vicomtesse Héricart de Thuvy (la Ricart,
comme on dit, par abréviation, à la Halle
de Paris, où elle tient le premier rang dans
l’estime des gastronomes).
En réalité, l’horticulture est, dès main-
tenant, pourvue, grâce à M. l’abbé Thivolet,
d’un véritable Fraisier à gros fruit remon-
tant, dont on ne saurait trop recommander
l’adoption aux amateurs et aux cultivateurs.
Il aura vraisemblablement bientôt des
émules ; mais il n’en gardera pas moins le
mérite d avoir été le premier de sa série.
Henry L. de Vilmorin.
LES PHILODENDRONS ET LEUR CULTURE.
573
LES PHILODENDRONS ET LELR CULTURE
Le genre Philodendron — du grec
j’aime, et hv^pov, arbre — par allusion à la
nature grimpante de beaucoup d’espèces,
a été fondé par Schott pour des Aroïdées
généralement sarmenteuses ou rampantes,
rarement acaules ou à tiges courtes, émet-
tant sur celles-ci des racines adventives
quelquefois très-longues.
Ce sont des plantes de serre chaude et
tempérée, remarquables par les formes
curieuses qu’affectent leurs feuilles ou par
la beauté de leur coloris, dont les tons
veloutés ou marmoréens rappellent ceux de
certains Anthurium à feuillage, et par leur
port grêle ou robuste, qui leur donne un
cachet original ou un ensemble majestueux.
Le faciès exotique qui les caractérise, la
nature grimpante de la plupart des espèces,
qui permet de les employer à la décoration
des chevrons et piliers des serres, leur
facile culture, sont autant de titres qui
doivent appeler l’attention des amateurs
sur ces magnifiques végétaux du Nouveau-
Monde.
Le genre comprend une centaine d’espèces,
dont voici une brève description sur les
plus remarquables et les mieux connues :
Ph. Andrmrmm, Devansaye. Colombie. 1886.
- Magnifique espèce sub-grimpante, à feuilles
pendantes de 0™60 à 1^00 de long, sur 0”'25
de large, allongées, aigües, cordiformes à la
base, d’un beau vert foncé luisant à reflets mé-
talliques. Serre chaude.
P. bipinnatifidum, Schott. Brésil. 1829. —
Tige épaisse, portant la cicatrice des anciennes
feuilles, émettant des racines adventives ; pé-
tioles arrondis et longs de plus d’un mètre,
dégageant une forte odeur sulfureuse lorsqu’on
les brise ; feuilles amples, ovales-cordiformes,
longues d’environ 0«i40 et larges de 0™20 à 0>ii25,
bipinnatifides. Serre tempérée.
P. brevilaminatunij Schott, Bahia. 1860. —
Plante grimpante dont les jeunes feuilles sont
ovales-cordiformes, courtement arrondies et
celles adultes presque triangulaires.
P. calophyllum, Brongt. Brésil. 1872. —
Espèce caulescente dont l’ensemble rappelle
le Cochliostema Jacohianum. Serre tem-
pérée.
P. cannæfolium, Mart. Brésil. 1831. — Tige
réduite dont les forts pétioles portent des
feuilles de 0m30 de long, ovales-lancéolées et
d’un beau vert foncé et luisant,
P. crassinervium, Lindl. Brésil. — Tige
grimpante dont les pétioles purpurins de 0'"08
à 0>ï*16 portent des feuilles de 0“30 à 0“60
de longueur, lancéolées acuminée s, bordées de
rouge, un peu coriacées et parcourues par une
côte épaisse faisant saillie sur les deux faces,
plane à la supérieure, arrondie à l’inférieure.
Serre tempérée.
P. Devansayanum, Lind. Haut-Pérou. 1895.
Les feuilles de cette espèce sont rouges à l’état
574
LES PHILODENDRONS ET LEUR CULTURE.
juvénile et deviennent plus tard d’un beau vert
luisant.
P. erubescens, K. Koch. — Tige forte, grim-
pante, émettant des racines adventives à tous
les nœuds; pétioles arrondis de même longueur
que les feuilles qui atteignent 0«»30 et sont
amples, cordiformes*et sagittées, d’un ton cui-
vré et luisant.
P. fragrantissimum, Kunth. Demerara. —
Tige allongée, grimpante, portant des feuilles
de 0f«50 à 0n^60 de long, oblongues-cordi-
formeSjOU presque sagittées, profondément bi-
lobées à la base, supportées par des pétioles
de meme longueur.
P. giganteum, Scliott. Amérique tropicale.
1817. — Tige grimpante, à pétioles épais por-
tant des feuilles largement Oivales-cordiformes,
à lobes postérieurs presque ovales. Serre tem-
pérée.
P. Glaziovi, Hook. f. Brésil. 1885. — Tige
grimpante à feuilles oblongues-aiguës, de
0^30 à 0«i50 de long et 0“08 à 0“12 de large,
d’un vert foncé. Ressemble au Ph. crassiner-
vium.
P. gloriosum, Ed. André. Colombie. 1877.
— Magnifique espèce rampante aux feuilles
amples, cordiformes-aiguës, d’un beau vert
foncé et dont les nervures médianes sont blanc
pur avec les bords finement marginés de rose
et des reflets suivant leur état de développe-
ment. Serre chaude.
P. grandifoliumy Schott. Demerara. —
Tige grimpante maculée de pourpre dont les
pétioles arrondis, également maculés de la
Fig. 171. — Philodendron pertusnm.
même couleur, portent des feuilles de plus de
0"T)0 de long, cordiformes, sagittées d’un vert
opaque.
P. hederaceum^ Schott. La Martinique. —
Tige grimpante; pétioles aussi longs que les
feuilles qui sont cordiformes acuminées, très-
entières, un peu coriaces et d’un vert lus-
tré.
P. Imfee, Schott. Amérique australe. 1831.
— Tige grimpante allongée, émettant des ra-
cines aériennes résistantes et flexibles, de con-
sistance coriace, à feuilles ovales-oblongues,
échancrées en cœur à la base avec les deux
lobes basilaires étalés. Serre tempérée.
P. laciniosum, Schott. Brésil. 1824. — Tige
grimpante , un peu épaisse, portant des
feuilles membraneuses, tripartites et n’attei-
gnant pas la moitié de la longueur des pé-
tioles.
P. verrucosumy Math. (P. Lindeni, Hort.)
Colombie. 1866. — Tige grimpante et radi-
cante portant des feuilles cordiformes, d’un
vert’ tendre et satiné avec un reflet métallique,
olive sur la face supérieure, vert pâle sur
l’inférieure qui est ornée de bandes marron.
Les jeunes feuilles ont une teinte chamois et
les bandes marrons de la face inférieure res-
sortent sur la supérieure.
C’est une magnifique espèce, seulement un
peu délicate et demandant beaucoup de soins
pour paraître dans toute sa beauté. Serre
chaude.
P. longilaminatum, Schott. Bahia. 1860. —
Tige grimpante, à entre-nœuds allongés, dont
les pétioles épais et presque arrondis et sil-
lonés supportent des feuilles acuminées au
sommet, vertes en dessus, un peu glauques en
dessous. Serre tempérée.
LES PHILODENDRONS ET LEUR CULTURE.
575
P. Mamei, Ed. André. Equateur. 1883
(fig. 170). — Plante acaule, à feuilles amples,
cordiformes aigües, étalées horizontalement et
élégamment panachées de blanc, supportées par
des pétioles forts et dressés. Belle plante. Serre
chaude.
P. melanochrysum, Lind. et André. Co-
lombie. 1874. — Tige grimpante, de taille
moyenne, à feuilles d’un vert foncé, luisantes,
avec des reflets brillants au soleil. Serre
chaude.
P. Melinonij Brongt. Guyane. 1874. —
Tige courte, épaisse et écailleuse, à feuilles
longuement pétiolées, ovales-oblongues, acumi-
nées, hastées à la base. Serre chaude.
P. micans^ C. Koch. Amérique méridionale.
— Tige grêle et très-longue émettant des
racines adventives ; feuilles en cœur, arrondies
à la base, acuminées au sommet, d’un vert
moiré avec nervures plus pâles.
P.nobile, Hort. Amérique méridionale. 1885.
— Tige volubile portant des feuilles obovales-
lancéolées aigües. Espèce ressemblant au P. cras-
sinervium mais plus forte dans toutes ses par-
ties.
P. pertusum^ Kunth et Bouché (fig. 171) ; Tor-
neliafragrans \ IScindapsus pertusus , Schott ;
Monsteradeliciosa, Liehm. — C’est une plante
bien connue sous le nom de Ph . pertusum que
ce Monstera à la tige épaisse et grimpante, por-
tant les cicatrices des anciennes feuilles et émet-
tant de longues racines adventives qui se ra-
mifient seulement au contact de l’eau et du sol.
Ses grandes feuilles en cœur coriaces et d’un
Fig. 172. — Philodendron Sellowianum.
vert foncé, déchiquetées sur les bords, ont l’in-
térieur percé de trous irréguliers comme faits
à l’emporte-pièce.
Cette espèce grimpe facilement et on l’em-
ploie couramment pour décorer les colonnettes
et les chevrons des serres et des jardins d’hi-
ver où elle se plaît parfaitement bien. On peut
même la cultiver comme plante semi-aqua-
tique, en la mettant le pied dans l’eau et elle
peut servir dans ce cas à la garniture des
grands aquariums, mais il lui faut la pleine
terre et un grand espace pour parvenir à son
apogée. Elle se plaît très-bien en serre tempé-
rée et même en serre froide, car nous l’avons
vu résister à une température de 3° seule-
ment au-dessus de 0 dans un jardin d’hiver.
P. pinnatifidum^ Schott. Sud du Brésil,
1868. — Tige courte ou nulle couverte de
graines brunes ; pétioles de près de 1 mètre
de long portant des feuilles luisantes de 60 centi-
mètres de long, largement sagittées ovales, pin-
natifides, à lobes atteignant le milieu du limbe.
Serre tempérée.
P. recurvifolium, Schott. Bahia. 1860. —
Pétioles plus courts que les feuilles ; celles-ci
oblongues-cordiformes, sagittées, vertes et mar-
ginées de pourpre. Toute la plante est macu-
lée de rouge sang.
P. riibens, Schott. Venezuela. 1873. — Tige
grimpante, robuste, portant des feuilles cor-
diformes-acuminées, égalant la longueur des
pétioles.
P. sanguineum, Regel. Mexique. 1869. —
Tige grimpant et portant des feuilles un peu
épaisses, cordiformes-allongées, trilobées, vert
sur la page supérieure et souvent pourpres en
dessous. Serre tempérée.
P. Sellowianum, K. Koch (fig. 172). Tige
576
LES PHILODENDRONS ET LEUR CULTURE.
forte, arborescente avec l’âge, émettant des
racines adventives flexibles, portant des feuilles
longuementpétiolées, vert foncé, amples, bipin-
natifides, à lobes basilaires eux-mêmes pinna-
tifides.
P. serpens, Hook, f. Colombie. 1871. —
Tige grimpante émettant des racines adven-
tives, couvertes d’écailles entre les nœuds ;
feuilles oblongues-cordiformes, de 30 à 50 cen-
timètres de long.
P. Simsiii^ Sweet. Caracas, Guyane. 1835.—
Tige forte et dressée portant des feuilles cordi-
formes sagittées de 0™ 60 de long sur
0*"35 de large, à nervures fortes, pourpres,
faisant saillie en dessous. Serre tempérée.
P. Sodiroi. Mort. Equateur. 1883. — Tige
grimpante dont les pétioles violacés et ponc-
tués de blanc portent des feuilles allongées,
ovales-cordiformes, d’un vert gai parsemé de
taches argentées et interrompues, à nervures
violacées faisant saillie en dessus. Espèce
très-ornementale.
P. speciosum, Schott. Sud du Brésil. —
Tige devenant arborescente avec l’âge ; feuilles
triangulaires, oblongues-ovales, sagittées, d’un
vert gai. Serre chaude.
P. squamiferum, Pœpp. Brésil et Guyane,
1886. — Tige lisse; feuilles adultes de près
de 0“’30 de long sur 0^25 de large, pinnati-
fides à 5 lobes, les jeunes feuilles seulement
trilobées, portées par des pétioles rougeâtres,
épineux.
P. tripartitum, Schott, Caracas. — Tige
grimpante à feuilles tripartites.
P. Williamsii, Hook. f. Bahia. 1871. — Tige
épaisse et dressée ; feuilles longuementpé-
tiolées, atteignant jusqu’à 0^70 de long. Es-
pèce remarquable dans son ensemble.
Culture : Les Philodendron, auxquels
on peut rattacher, au point de vue cultural,
les Monstera, les Epipremonum, les Po~
il) os et les Scmdapsus, sont des Aroïdées
généralement grimpantes, dont plusieurs
peuvent atteindre un très-grand développe-
ment. On les emploie dans les serres
chaudes ou tempérées, suivant leurs exi-
gences, à la décoration des colonnes, des
chevrons, des abords des réservoirs d’eau
ou des aquariums, et les espèces moins
vigoureuses ou plus délicates doivent être
plantées contre un appui moussé, où elles
grimpent, à la façon des Anthurium et des
Pothos sarmenteux.
Il est préférable de cultiver en pleine
terre dans les serres les espèces à végéta-
tion vigoureuse, susceptibles d’atteindre de
grandes dimensions, mais il faut pour cela
que l’abri soit assez haut et spacieux pour
ne pas les gêner dans leur croissance;
quelques-uns d’entre eux ont ainsi leur
place tout indiquée dans les jardins d’hiver.
où l’élévation et l’égalité de la température
se rapprochent de celles d’une serre tem-
pérée. Cultivés en pots, terrines ou caisses,
les Philodendron exigent une terre légère
et poreuse, reposant sur un bon drainage,
favorable surtout aux espèces délicates.
Nous les plantons dans un compost formé
de quatre sixièmes de terre de bruyère en
mottes, grossièrement concassées, auxquels
on ajoute un sixième de terre franche et
un sixième de Sphagnum, ainsi que
quelques morceaux de charbon de bois.
Après avoir préparé et moussé avec du
Sphagnum vivant, mélangé par moitié de
fibres de Polypode, le tronc de Fougère ou
d’arbre destiné à servir d’appui, on place
celui-ci au milieu du récipient, en le main-
tenant fixe au moyen de gros tessons ou de
morceaux de brique, formant cale au fond ;
on emplit ensuite de terre, puis on plante
les sujets, qui doivent préférablement être
jeunes et vigoureux. Les tiges sont atta-
chées contre le tronc moussé au moyen
d’une ligature, qui deviendra inutile lorsque
se développeront les racines adventives au
contact du Sphagnum humide.
Les soins principaux consistent juste-
ment à maintenir le tronc moussé toujours
humide, ce à quoi on parvient facilement
par des bassinages, plutôt nombreux
qu’abondants, donnés sur toute sa surface
au moins une fois par jour.
Les bassinages doivent être faits avec de
l’eau de pluie bien propre, afin de ne pas
salir les feuilles, et leur abondance dispense
presque toujours de l’arrosement des plantes
au pied.
Il faut presque entièrement cesser les
bassinages en hiver, pour laisser un peu
reposer les plantes.
Nous cultivons de celte façon presque
tous les Philodendron de serre chaude,
en compagnie des Anthurium, des Po-
thos, etc., et de préférence près des réser-
voirs d’eau, où ils se plaisent beaucoup.
Les autres soins consistent à diriger con-
venablement et le plus élégamment possible
les tiges des plantes, de manière à ce
qu’elles ne forment pas fouillis, mais gar-
nissent d’une façon égale l’appui autour
duquel on les fait grimper.
Cette culture en pots convient surtout
aux espèces grimpantes de petites dimen-
sions ou d’une nature délicate, qui arrivent
à former rapidement, aux appuis qu’on
leur a donné, un magnifique cône de ver-
dure.
Les espèces à tige épaisse et générale-
SOCIÉTÉ NATIONx\LE d'iIORTIGULTURE DE FRANCE.
577
ment courte, qui grimpent rarement, se
plaisent aussi de la culture en caisses ou en
grands pots, mais elles deviennent beau-
coup plus belles lorsqu’il est possible de les
cultiver en pleine terre, dans une bonne
terre de bruyère mélangée d’un tiers de
terre franche, et de leur donner toute
liberté pour la croissance.
Les plantes émettent généralement sur
leur tige de grosses racines adventives, qui
restent simples jusqu’à ce qu’elles aient
trouvé la terre ou l’eau pour se ramifier et
fournir de la nourriture à la plante. C’est
dire qu’en général les Philodendron^ avec
le développement de leurs racines adven-
tives, n’exigent pas une grande somme de
nourriture dans le sol même ; il est donc
inutile de rempoter chaque année les espèces
cultivées en pots ou en caisses, d’autant
plus que ce rempotage est toujours délicat
et difficile à effectuer. Nous le pratiquons
tous les trois ou quatre ans.
La multiplication s’opère au printemps,
soit par le bouturage de la tête ou par
tronçons de tige pourvus au moins de deux
ou trois nœuds, desquels partira un bour-
geon à l’aisselle; ces boutures sont plantées
en petits godets, dans une terre de bruyère
sableuse mêlée d’un peu de sphagnum,
puis placées à l’étouffée dans la serre
chaude. Les espèces volumineuses doivent
plutôt être marcottées en l’air, comme nous
l’avons expliqué pour les Dicjfenbachia,
dans un précédent article L
Les PJiilodendron sont rarement atta-
qués par les insectes ; dans les serres dont
l’atmosphère est trop sèche, on les voit
cependant être envahis par la grise, qui
habite le dessous des feuilles et les déco-
lore ; on parvient facilement à s’en débar-
rasser en lavant les feuilles avec une solu-
tion nicotinée à un dixième. Il est du reste
possible de prévenir le mal en leur donnant
à l’avenir les bassinages nécessaires et en
leur procurant une constante humidité
ambiante, qui convient si bien à la végéta-
tion des Aroïdées exotiques.
Jules RuDüLPii.
SOCIÉTÉ NATIONALE D’HORTICULTURE DE FRANCE
SÉANCE DU 11 NOVEMBRE 1897
En raison de l’exposition d’automne, qui se
tenait du 10 au 14 novembre, il fallait s’at-
tendre à une séance à peu près nulle. Il n’y a
eu que quelques apports :
1° Pots de Primula obconica et de beaux
Cyclamens, présentés comme belle culture par
M. Lefièvre, de Lagny ;
2o Un envoi de Chrysanthèmes par M. Laf-
fitte, de Bourges, parmi lesquels trois curieux
semi-doubles, à larges fleurs : Baronne d'Eich-
thal, G. R. Davis et Alice Lefèvre ;
3® Un joli Vanda Sanderiana, portant huit
fleurs, présenté par M. Drieger ;
4o Deux variétés du Cattleya labiata : C. L.
autumnalis et C. L. Dowiana chrysotoxa, et
un très-beau lot de Bégonia Bex en diverses
variétés ; présentation de M. Larident,
SÉANCE DU 25 NOVEMBRE 1897
Concours d’Orchidées.
Concours très-important. On admire surtout,
dans le très-beau lot de M. Peeters, l’orchido-
phile bruxellois bien connu, un superbe Vanda
cærulæa à fleurs roses, nommé récemment
Peetersiana par M. Cogniaux. Chose absolu-
ment nouvelle, c’est le « clou » du concours.
Les autres plantes de M. Peeters sont d’ail-
leurs intéressantes ; on y remarque entre
autres, le Cattleya O'Brieniana, un bel Odon-
toglossum crispum gutlatum, et trois jolis
Cypripedium : C. Harrisianum virescens,
C. Albertianum superbum, et C. insigyie
Sanderæ.
Après le Vanda de M. Peeters, les plantes
qui, de tout le concours, attirent le plus
l’attention, sont :
lo VOncidium rugosum Berti. Obtenue par
M. Bert, de Bois-Colombes, cette variété est
remarquable par la couleur, absolument noire,
consistante et veloutée, de son sépale dorsal et
de ses deux pétales latéraux ; le contraste pro-
duit entre cette coloration et le jaune vif du
reste de la fleur est très-vif. Le lot de M. Bert
renferme encore nombre de plantes à noter :
Oncidium ornithorhynchiim ; c’est « le déses-
poir des peintres » d’Orchidées ; Cattleya ma-
xima, Vanda cærulæa, etc.
2o Le Vanda lamellata Boxalli, présenté
par M. Régnier. Les divisions du sépale dorsal
y sont dressées dans une direction inveise de
celle du reste de la Heur, à la façon du Cycla-
men; leur couleur, d’un blanc fortement cré-
1 Voir Revue horticole, 1897, p. 419.
578
SOCIÉTÉ NATIONALE d’hORTICULTURE DE FRANCE.
meax, contraste agréablement avec le rose vif
du gynophore et le carmin du labelle ; une
macule marron foncé sur chaque pétale latéral
ajoute à l’originalité des fleurs, en panicules
un peu retombantes, bien fournies. On re-
marque encore, dans le lot de M. Régnier, le
Cypripedium præstans^ de la séi ie des Sele-
nipedium ; le Phalænopsis amahilis, d’un
blanc très-pur ; VHahenaria militarisa vermil-
lon, au labelle curieusement découpé, etc.
Trois semeurs présentaient chacun un lot
d’hybrides :
1» M. Mantin : Ly caste Mantini {L. re-
ginæ xL.Deppei grandis), Cattleyaolivetensis
{C. LoddigesiiXmaxima-peruviana), C. spe-
des inversa (C. crispa X C. Dowiana), et
plusieurs autres Cattleya non dénommés ; le
tout en fleurs coupées.
2» M. Bleu ; Cypripedium Chantino-Re-
gnieri, C. luteo-viride, C. Vulcain- maximum,
C. Iris.
3® M. Sallier : Cypripedium venusto-villo-
sum, G. Sallieri (G. villosum X G. insigne),
et G. Sallieri de Neuilly, perfectionnement
du précédent.
Un lot de MM. Gappe et fils brillait de la
présence de deux jolis Lælia præstans . On y
notait aussi une bonne nouveauté : le Lycasie
Skinneri salmunea.
M. Drieger s’était signalé par un apport con-
sidérable de belles plantes ; les plus vives
teintes du lilas au carmin s’y rencontraient
avec le Lælia aulumnalis, le L. anceps, le
L. maxima et le Cattleya Loddigesii, celui-ci
portant de très-grandes fleurs. Une autre
plante, le Maæillaria picta, porte seize fleurs;
un rouge Sophronitis grandiflora porte douze
fleurs ; on voit aussi une fort belle grappe de
Phalænopsis amabilis.
L’apport de M. Dallé brillait par la qualité,
sinon par la quantité : un très-beau spécimen
du Cattleya Mantini (G. Bowringiana X C.
Dowiana). M. Ed. André, dans la Revue hor-
ticole, a décrit cet hybride en 1895 U
Floriculture.
Un pied de Crocus Imperati, Tenore, pré-
senté par M. Chappellier ; plante à floraison
extrêmement hâtive, à périanthe très-évasé,
d’un beau violet, cultivée dans le Sud de
l’Italie.
1 Voir Revue herticole,\^ô, p. 129.
Chrysanthèmes.
Un lot de nouveautés, envoyé par M. Chan-
trier. Le Comité prime les quatre suivantes :
Monsieur Compaguya, duveteuse rose ; Duvet
des Pyrénées ; Plateau de Stabounké, genre
Edivin Molyneux et Le Guide Fô, aux ligules
retombantes, marron à revers vieux bronze.
Section des Roses.
M. Pierre Cochet a montré à la Compagnie
cinq beaux et forts exemplaires de Rosiers
greffés à hautes tiges, provenant d’une terre de
la Brie dans laquelle il n’est entré aucun en-
grais depuis cinq ans.
Arboriculture d’ornement.
M. le D** Clos, directeur du Jardin des
Plantes de Toulouse, avait envoyé deux ra-
meaux fleuris du Capraria salicifolia {Freyli-
nia cestroides), arbuste de la famille des Scro-
phularinées, fleurissant à l’arrière-saison,
mais rustique seulement dans le Midi de la
France.
Arboriculture fruitière.
Petite exposition de fruits de saison, par
M. Alfred Nomblot, de Bourg-la-Reine : Poires
Beurrés Bachelier, Luizet, Sterckmans et
Vauban‘, Belle des Abrès, Bonne de Malines,
Bési de Chaumontel, Jacques Chamaret, José-
phine de Malines, Figue d'Alençon, Necplus
Meuris, etc.
M. Opoix présentait une Poire peu connue,
jugée très-bonne : Madame Dupuis.
Culture potagère.
M. Legrand, amateur, présentait du Cher-
vis. Ce légume, plus facile à éplucher que le
Salsifis, le Cerfeuil tubéreux et le Crosne, est
de bien meilleur goût. La culture en est très-
facile.
Industries horticoles.
Des colliers nouveaux, pour arbres d’aligne-
ment et de plein-vent, garnis de feutre inté-
rieurement, envoyés par MM. Fontaine père et
fils, de Fourchambault, ont été soumis à
l’examen d’une Commission compétente.
Disons tout de suite que le feutre y remplace
avantageusement la paille.
H. Dautiienay.
FIN DU VOLUME DE 1897.
Orléans. - lmp. G. Jacob, Paul Pigelet, successeur.
Le Directeur -Gérant i L. Bourguignon.
TABLE ALPHA BËTIdlJE DES AUTEURS
DU VOLUME DE 1897
Alluard (G.). — Quelques légumes ignorés ou
délaissés, 55.
André (Éd ). — Allamanda nobilis 84
Arbustes grimpants : plantation au pied
des gros arbres 134
Bauhinia grandiflora 393
Bégonia Viaudi 561
Billbeigia Canteræ 60
Bonduc du Canada 490
Cas-sia occidentalis 156
Caltleya X Mantini "iOS
Catlleyas (Nouveaux) hybrides 503
Constructions pittoresques (les) 249
Chronique horticole {Dans tous les nu-
méros) .
Chrysanthème (Culture du) à la grande
Heur ; 8
Crochets régulateurs pour la charpente des
arbres fruitiers 153
Cypripedium insigne citrinum . . . .... 448
Dcuizia corymbosa 466
Dombeya Cayeusii, 547
Encephalartos vilïosus, son fruit 36
Eugenia Guabiju 304
Exposition nationale suisse 22
Ficus barbata 441
Howea (Kentia) Belmoreana 256
Jacaranda mimosæfolia 132
Jubilé de la reine Victoria 296
Lac de Melzéar .... 178
Nymphéas (Nouveaux) rustiques de M. La-
tour-Marliac 513
Nymphæa stellata-zanzibarensis, variétés
nouvelles 328
Ormes de la Malle 452
Pêche tardive du Mont-d’Or 520
Plantations complémentaires 202
Phy salis Francheti 376
Panicum tonsum 273
Parc et serres de M. L. Fournier, à Mar-
seille 32
Pennisetum Ruppellii 54
Plantes nouvelles 401
Sciadocalyx digitaliflora (Pélorie du) 62
Solo.num Seaforlhianum 424
Tillandsia grandis 345
Trapa verbanensis 11
Vanda Kimballiana 352
Vigne épineuse Madame Victor Caplat.. . 232
André (René-Éd). — Les arts horticoles à
l’exposition de la Société d’horticulture de
France, 324.
Bailhache et Rivière. — Influence du porte-
greffe sur le greffon, 157.
Baltet (Ch.). — A propos d’un nouveau mode de
greffage, 255. — Intluence du sujet sur le greffon,
329. — Congrès pomologique de Rennes, 478.
Bellair (Georges). — L’art de présenter les
plantes nouvelles, 13. — Les Pommes tardives,
39. — Traitement des branches fruitières du
Poirier, 225. — Approvisionnement de légumes,
263. — L’art de faire les bouquets, 298. — Dix
Poires contestées, 375. — Un Chrysanthème des
jardins impériaux du Japon, 201. — Contribu-
tion à l’étude des Bégonias, 426. — Le nitrate
de soude en culture potagère, 446. — Poires
Directeur Hardy et Joyau de septembre, 500.
— Doryopteris Ducalii, 563.
Bergman (Ernest). — Heterocentron roseum, 31.
Congrès horticole de Paris, 332.
Bois (D.) et G. Girault. — Revue des plantes
nouvelles ou peu connues, figurées ou décrites
dans les publications étrangères pendant le
deuxième semestre de 1896 ,92, 142, 164.
— Pendant le premier semestre 1897., 362, 386.
Bouchaud (C‘g de). — Sur le Richardia albo-
maculata, 37. — Les Choysia ternata et le
Phyllosticta Violæ, 8.
Boucher (G.) — Culture des Hortensias, 493.
Brocchi (Di‘ P.) — Les insectes nuisibles aux
Pommiers, 107.
Carrelet. — Le rajeunissement du Pêcher, 205.
Chabaud (.B). — Floraison en plein air de VEry-
thea edulis, 77. — Agave Consideranti, 100.
Chargueraud (A.). — Les arbres et les arbris-
seaux dans les jardins, 233. — Un curieux et
bel effet décoratif, 351. — Les Hydrangéas à
inflorescences énormes, 420. — Quelques ar-
brisseaux à floraison automnale, 464.
Clémencet. — Dahlias Lilliput et D. à fleurs moyen-
nes, 451.
Cordonnier (Anatole). — Culture des Chrysan-
thèmes à fige à la grande fleur, 89. — Les
Chrysanthèmes miniatures^ 119.
Correvon (H.). — Quelques plantes exotiques, 68.
— Premières fleurs dans le jardin alpin, 154. —
Les Adenostyles, 212. — Les jardins botani-
ques dans les Alpes, 456.
Daniel (L.). — La greffe mixte, 566.
Dauthenay (H.). — Agaves et Cactées du
Mexique
Anémone La Fiancée à fleurs pleines ....
Bassin diviseur de vidanges
Catalogues (Les) •
Chrysanthèmes. (Derniers échos de la sai-
son des)
Cyclamens à fleurs cristées
Concours général agricole de Paris •
Chrysanthèmes (les variétés de) jugées au
suffrage à deux degrés
Culture retardée
Chou cœur-de-bœuf frisé
81
418
86
568
43
130
235
330
349
358
580
TABLE ALPHABÉTIQUE DES AUTEURS.
Concours général agricole en 1897 218
Concours internationaux de pomologie. . . . 429
Colliers et serre-joints (nouveaux) pour le
tuteurage 474
Congrès de la Société française des Chry-
santhémistes et exposition de Chrysan-
thèmes à Orléans 526
De la conservation des graines dans la terre 395
Dahlias de bonne tenue 506
Exposition d’horticulture de Versailles 261
Engrais chimiques (Application des) aux
plantes en pots : résultats obtenus par
MM. G. Truffaui et A. Hébert, 514; mé-
thode de MM. TrulTaut et Hebert 541
Glaïeuls cultivés, leur origine 194
Gadoues aux États-Unis (Traitement des). . 377
Gadoues de Paris (Utilisation des) 112
Les meilleurs Cbrysanthèines 442
Mouche des Orchidées 17
Plantes stérilisées 155
Plates-bandes ( Exemples de cultures esti-
vales 176
Primula obçonica, ses perfectionnements. 374
Sélection des boutures et le Pélargonium
Madame Salleron 492
Société nationale d’horticulture de France
— Comptes-rendus des séances (Voir à la
table alphabétique des matières).
— Exposition de printemps. 275, 281, 300. 307
— Distribution des récompenses
— Exposition d’automne . 519, 537
— Concours publics de fleurs de saison et
fruits 381, 467
Toile (remède contre la) 152
Decroix (J.) -- Culture forcée des Hortensias,
185.
Favard (J. -Fr.) — Culture de 28 hectares de
plants d’Asperges et leur forçage en serre, 236.
— Cypripedium Amandinæ, 236. — La taille
en aileron, 279. — Espèces nouvelles de Coni-
fères de l’Amérique occidentale, 421. — Les
plantes nouvelles aux expositions étrangères,
430. — Une Aristoloche hybride, 446. — Effets
de la lumière bleue et de la lumière rouge sur
la végétation, 483.
Foussat. — Culture du Cyclamen de Perse, 522
Franchet (A.) — Les Rodgersia, 174.
Fresneau (Alexis). — Le Pêcher greffé sur
Epine noire, 562.
Girault (Georges). — Les végétaux dans les fêtes
officielles avant la Révolution, 408.
Girault (G.) et D. Bois. — Revue des plantes nou-
velles ou peu connues, figurées ou décrites dans
les publications étrangères pendant le deuxième
semestre de 1896 92, 142, 164.
— Pendant le premier semestre de 1897. 362,386.
Girard (M.). — Deux nouveautés méritantes :
Erysimum murale , Bégonia semperflorens
nain compact Bijou, 45. — Le Muguet des
Pampas, 504, 529.
Gitton. — L’Agrile du Poirier, 133.
Grosdemange i.Ch.) — Taille des arbustes et ar-
brisseaux fleurissant en plein air, 38. — L’ébor-
gnage appliqué aux rameaux de prolongement
du Poirier, 61. — Culture de la Pomme de terre
sous châssis, 63. — Effet ornemental des fruits
du Fusain du Japon et du Cralægus Lalandei,
78. — Le Pêcher tige franc de pied, 102. —
Salsifis et Scorsonère, 166. — Taille du Rosier,
184. — Le Pitch-Pin, 361. — Fructification de
VElæagnus reflexa, 378. — Deux bonnes greffes
pour les petits sujets, 305.
Hérert (A.) et G. Truffaut. — Étude chimique
sur la culture des Cattleyas, 337.
Heuzé (Gustave). — Les maraîchers de Paris, 454. —
Conservation des légumes de pleine terre pen-
dant l’hiver, 524.
Kehrig (Henri). — La cochenille des Fusains du
Japon, 113.
Lambin (E.). — Expériences culturales sur quel-
ques légumes nouveaux de 1896, 128.
Langlassé (Eugène). — Emploi des Bambous en
Malaisie, 243. — Une visite au Jardin botanique
de Singapore, 396.
Legros (G.). — Les Dahlias-Cactus et les Dahlias
décoratifs, 252.
Lesne (A,). — Le monument de Pierre Joigneaux,
médaille d’honneur du Salon de 1897, 284.
Lutz (L.) — La Mandragore de Syrie, 130. — La
culture des Quinquinas à l’École supérieure de
pharmacie de Paris, 321. — Les Chrysanthèmes
à Bruxelles, 548.
Maiiieu-Sanson. — Guérison de la hernie du
Chou, 394.
Mangin (L.). — Sur une maladie des Orchidées,
346. — Gymnosporangium Sabinæ, 443.
Marchais (Max.). — Décoration hivernale des
jardins, 82.
Maron (Ch.). — Cattleya x massiliensis , 12. —
Notes sur les Phalænopsis, 150. — Cattleya
Fernand Denis, 255. — Lælio-Cattleya Stelz-
neriano-Hardyana, 473.
Micheli (Marc). — Le genre Galanthus, 158. —
L’exposition d’horticulture de Florence, 242. —
Eremurus Elwesii, 280. — Notes du jardin du
Crest; plantes rares ou nouvelles, 350. — Le
Tropmolum hybridum Leitchlini et les Capu-
cines tubéreuses, 400.
Mœrder (W.). — Les monstruosités parmi les
Cactées, 195.
Millet fils. — Les Violettes et la variété La
France, 472.
Morel (Fr.). — Un coup d’œil sur PExposition
d’horticulture de Lyon, 287.
Mottet (S ). — Multiplication en grand du Scolo-
pendrium vulgare crispum, 12. — Les Courges
d’ornement. 18. — Physalis Francheti, 35. —
Cyclamens de Perse à grandes fleurs doubles,
42. — Les Pâquerettes, 58. — Carex Vilmorini,
79. — Maladie noire des Clématites, 85, 191. —
Giroflée d’été Excelsior, 112. — Les Funkia,
114. — Les Hémérocalles, 138. — La Claytone
de Cuba, 159. — Pervenche de Madagascar, 173
Radis monstrueux, 211. — Les plantes pour
corbeilles et plates-bandes, 215. — Violette cor-
nue et V. de Munby, 231. — Les Campanules,
237. — Campanule Miroir de Vénus, 254. — Le
Moineau, 264. — lochrorna tubulosum, 274. —
Les Eucalyptus, 288 ; description des plus belles
espèces, 370; culture et multiplication, 406 —
Veronica syriaca, 311. — Matricaires et Pyrè-
thres, 333. — Simples réflexions à propos des
TABLE ALPHABÉTIQUE DES PLANCHES
bouquets, 399. — De l'influence de la sélection
dans le bouturage et le greffage, 428. — liosa
sericea, 414. — Pyrètbre gazonnant, 468. —
L’Oxalide corniculée, 498. — Le Pyrètbre rose,
521. — Sur les nouveautés en horticulture, 549.
Naüdin (Ch.). — Un Eucalyptus rouge, 186 —
Floraison de plantes nouvelles et fructifications
remarquables à la villa Thuret, 500.
Noter vB. de). — Les Alslrœmères, 47.
Oger (Auguste). — Établissement de treilles à la
Thomery, système Oger, 104; formation du T,
124. — Plasmodiophora Brassicæ ou Hernie du
Chou, 213.
Partie officielle. — Ordonnance concernant la
vente en gros des fruits et légumes aux Halles
de Paris, 432. — Comités d’admission de l’Expo-
sition universelle de 1900, 502.
Passy (Pierre). — Un insecte nuisible au Poirier •
YAgrilus sinuatiis, 382.
Philbert (J.). — Dispositions générales des plan-
tations sur les routes, 547.
POTRAT. — Un procédé de conservation hivernale
des Artichauts, 551.
Ringelmann (Max). — Les arts et industries hor-
ticoles à l’exposition de la Société nationale
d’horticulture de France, 312. — Des moyens
d’amener l’eau à son lieu d’utilisation, 518.
Rivière et Bailhache. — Influence du porte-
greffe sur le greffon, 157-
Robinson (W.). — Les jardins du printemps, 160,
187, 206.
Rol.vnd-Gosselin (R.). — Acacias calcicoles et A.
calcifuges, ^8. — De la floraison des Agaves, 510.
Rudolpii (Jules). — Les Dioscorées ornementales
de serre et leur culture, 14. — Les Kleiîiia et
COLORIÉES ET DES FIGURES NOIRES. 58J
leur culture, 83. — Les Héliotropes nains, 116. —
Sur la reproduction par le semis des plantes
panachées, 141. — Les balcons fleuris, 209. —
Multiplication des plantes aquatiques ornemen-
tales de plein air, 258. — Classification des
Reines-Marguerites suivant leurs aptitudes d’em-
ploi, 278. — Ceratopteris Ihalictroides., 299. —
Quelques plantes utiles exotiques, au point de
vue ornemental, 64. — Considérations générales
sur les Aroïdées exotiques, 229. — llablilzia
tamnoides, 329. — Nouveaux Dodécathéons,
379. — Les Gloriosa et leur culture, 403. — Les
fleurs simples et les fleurs doubles, 422. —
Culture et multiplication des Dieffenbachia,
449. — Les rivales des Orchidées, 471. — Sur
les Ognons à fleurs, 476. — Hivernage des
plantes aquatiques délicates. 506. — Les Pon-
tederia et leur culture, 527. — Réflexions sur
l’Exposition de Chrysanthèmes de Paris, 546. —
Les Philodendrofi et leur culture, 573.
Thèulier (H.) fils, — Culture des Lachenalia
34. — Culture du Campanula abietina, 135. —
Pour favoriser la fructification des arbres, 425.
Truffaut (A.) — Observation sur la culture du
Cypripedium insigne à propos du C. insigne ci-
trmum, 470. — L’École d’horticulture de Ver-
sailles, 564.
Truffaut ^G.) et A. Hébert. — Étude chimique
sur la culture des Cattleyas, 337.
Trabaud (P.). — Du Palmier bleu et de sa récente
floraison.
Vilmorin (Henry-L. de). — Exposition horticole
de Cannes, 192. — Choux frisés d’hiver et Choux
panachés d’ornement, 496 — Les l’raisiers
remontants à gros fruits. — Le Fraisier Saint-
Joseph 569.
Vilmorin (Maurice-L. de\ — La Société des amis
desarbrts, 322. — Le PinLaricio en Corse, 354.
TABLE ALPHABÉTIQUE DES PLANCHES COLORIÉES
Allamanda nobilis, 84.
'yBillbergia Ganter æ, 60.
vCassia occidentalis, 156.
' Caitleya X Mantini, 208.
Cattleya X massiliensis, 12.
y/ Choux d’hiver d’ornement, massif. 496.
Cypripedium insigne citrinum,4:4S.
Dombeya Cayeuœii, 544.
Encephcilartos villosus., 36.
Eremurus Elwesii, 280.
Eugenia Guabiju, 304.
Fraisier Saint-Joseph.^ 572
TABLE ALPHABÉTIQUE
Abri pour bateaux, 250.
Agave Consideranti, 100.
Agrilus sinuatus, 384.
Anémone La Fiancée à fleurs pleines, 418,
419.
yRowea Belmoreana, 256.
Insectes du Pommier, 108.
Jacaranda mimosæfolia, 132.
Lac de Melzéar, 182.
Nymphæa stellata zanzibarensis, variétés, 328.
v/Pècbe tardive du Mont-d'Or, 520.
yphysalis Francheti, 376.
Solanum Seaforthianum, 424.
Tropœolum hybridum Leitchlini, 400.
Vanda Kimballiana, 352.
Vigne épineuse Madame Victor Caplat, 232.
'/Violette La France., 472.
DES FIGURES NOIRES
Arbres. — Plantations sur routes, 547.
Arbres fruitiers. — Crochet régulateur pour la
charpente, arbre régularisé, 153.
Arbustes grimpants. — Tonneau enterré au pied
d’un arbre pour arbustes grimpants, 134
582 TABLE ALPHABÉTIQUE
Artichauts. — Procédé de conservation hiver- |
nale, 552.
Bassin diviseur de vidanges, 8(5, 87.
Bauhinia grmidiflora, 393.
Bégonia Corbeille de feu, 426. — B. Baumanni,
427. — B. semperflorens nsiin compact Bijou, 46
— B. Viaudi, 561.
Bonduc du Canada, 490, 491.
Gahane ponr oiseaux d’eau, 251.
Campanula Medium, var. cahjcanthema, C. glo-
merata var., spinosa, C. pyramidalis, 238. —
C. latifolia macrantha, C. Trachelium. C. tur-
binata, 239. — C. Spéculum, C. Spéculum
procumbens, 254.
Carex Vilmorini, 79.
Cattleya Mantini, port de la plante, 208.
Chou Cœur-de-bœuf frisé, 359.
Chrysanthème à la grande fleur, 9, 89, — C. mi~
niature, 119. — Un Chrysanthème au Japon,
201. — C. Yvonne Pavage, 538. — C. Etoile
d’Or, 539.
Claytone de Cuba, 159.
Colliers et serre-joints pour le tuteurage, 474,
475.
Conservatoire légumier, 524.
Courge pèlerine très-grosse, C. piale de Corse, 19.
— C poire à poudre, C. siphon, C. massue,
C. massue très-longne, 20.
Crochet régulateur pour la charpente des arbres
fruitiers, 153.
Cyclamen de Perse à grandes fleurs doubles, 42.
Deulzia corymbosa, 466, 467.
Doryopteris Duvalii, 563.
Éborgnage des rameaux de prolongement du
Poirier, 61.
Embarcadères ponr bateaux, 250.
Engrais chimiques. — Photographies de plantes
en pots {Dracæna et Canna] traitées par la
méihude Truffant et Hébert, et comparaison des
résultats, 514, 515, 516.
Erysimum nain compact jaune d'or, 45.
Erythea edulis, première floraison, 77.
Eucalyptus Globulus, E. Andreana, 370. —
E. cosmophylla, 371. — E. gomphocephala,
372. — E. marginata, E. robusta, 373.
Eugcnia Giiabiju ; ramule fleurie, 104.
Exposition de la Société nationale d'horticulture
de France : vue des massifs, des plantes de
serre, 276, 277 ; — massif d’Orchidées, 277.
Ficus barbata, 441,
Fraisier Saint-Joseph, 572.
Funkia cærulea, F. japonica, F. 'lancifolia,
115.
Garnitures d’appartement de M. Debrie, 302, 303.
Garnitures estivales, plates-bandes circulaires,
177.
Gerbe fleurie de M“« la baronne de Bourgoing,
301.
Giroflée d’été Excelsior, 112.
Glæosporium sur les Orchidées, 346, 347, 348.
Gloriosa. — Racine pendant sa végétation ; com-
ment on doit la planter, 403.
Greffe en couronne perfectionnée, 306. — G. an-
glaise au galop, 306.
Héliotrope Madame Bruant, 116.
Hemerocallis fulva ; H. Middendorfti, 139.
Howea Belmoreana ; spadice, partie d’inflores-
cence, fleurs mâles, fruits, 257.
Hydrangea Hortensia, 494,
UES FIGURES NOIRES.
Jardin botanique de Singapore, une vue, 397.
Joigneaux (Pierre). — Son monument, 285,
Kiosque de M. Philipon à l’Exposition horticole
de Paris, 325. — Kiosque avec escalier et abri
pour bateaux, de M. Dubois, 326. — Kiosque
rustique, 251.
Lac de Melzéar. — Le nouveau lac, 180; état du
paysage avant la transformation, 182 ; construc-
tions pittoresques, 249, 250, 251.
Mandragore. — Racines sculptées, 131.
Monument de Pierre Joigneaux, médaille d’hon-
neur du Salon de 1897, 285.
Muguet des Pampas, 531.
Ormes du parc de la Malle, 452.
Oxalis coruiculata foliis atropurpureis, 499.
Panicum tonsum, 273.
Parc de la Rosière, à Marseille, 32, 33.
Pâquerette Mère de famille ; P. double à fleur
tuyautée ; P. double à grande fleur, 59.
Pêcher. — Formation du Pêcher tige franc de
pied, 102. — Pêcher greffé sur Amandier, après
rajeunissement, 205.
Pennisetum Buppellii, port de la plante, 54 ;
rameau détaché, 55.
Pervenche de Madagascar, 173.
P halænopsis Aphrodite, 150 ; P. amabilis, 151.
Philodendron Mamei, 573. — P. pertusum, 574.
— P. Sellowianum, 575.
Physalis Francheti, 35, 376.
Pin Laricio. — Tronc d’un vieux Pin dans la forêt
de Valdoniello, 355. — Le Pin Laricio dans ses
forêts natales en Corse, 357.
Plantes aquatiques : terrines pour semis, 259.
Plasmodiophora Brassicæ, 213.
Plantations sur routes, 547.
Plates-bandes. — Garnitures estivales de plates-
bandes circulaires, 177.
Poire Joyau de septembre et Directeur Hardy,
501.
Poirier. — Éborgnage des rameaux de prolon-
gement, 61. — Traitement des branches fruitières,
226, 227, 228.
Pont rustique, 249.
Pteris Ouvrardi dépoté pour montrer la capsule
qui le nourrit, 543.
Pyrethriwi roseum flore pleno, 521. — P. Tchi-
hatchewii, 470.
Quinquina cultivé en pot, 321.
Radis monstrueux, 211.
Rosa sericea, 444,
Salplchroma rhomboideum, 531.
Sciadocalyx digitaliflora, fleur péloriée, 62.
Serre-joints pour le tuteurage, 474, 475.
Solanum Seaforthianum, Y-2A.
Terrine pour semis de plantes aquatiques, 259.
Tonneau enterré pour arbuste grimpant, 134.
Tillandsia grandis, 345.
Trapa verbanensis, 10, 11.
Tuteur en fer creux, 47 4.
Tuteurage. — Colliers et serre-joints, 474, 475.
Veronica syriaca, 311.
Vigne. — Treille à la Thornery, système Oger,
105, 124, 125, 126, 127, 128.
Viola cornuta, 231. — V. Munbyana, 23t.
Volière de M. Siry à l’Exposition de Paris,
dll.
TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES.
583
TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈBES
AVIS IMPORTANT. — Pour ne pas augmenter démesurément les tables, nous n’avons pas
reporté à cette table alphabétique les noms des plantes mentionnées dans la Revue des Plantes nou-
velles ou peu connues, figurées ou décrites dans les publications étrangères. Comme dans cette Revue
les plantes sont précisément classées par ordre alphabétique, nous nous bornons à donner plus loin
sous la rubrique Plantes nouvelles ou peu connues figurées ou décrites dans les
publications étrangères, les pages où se trouvent toutes les plantes dont le nom a la même
lettre initiale. C’est donc à cette rubrique qu’il faut se reporter.
A
Ahies. — Le pincement, 366.
Abricotier. — Fin d’un Abricotier géant, 369.
Acacias calcicoles et A. calcifuges, 88.
Académie des sciences. — Élection deM. G. Bon-
nier, 197.
Acalypha Chantrieri, A. morfontanensis, 402.
Adenostyles, 212. — Adeviostyles albifrons, 147.
Adiantum Capillus VeneriSf culture d’hiver, 75
Agaves du Mexique, 81. — Agave Consideranli,
floraison, 7, 100, — Agaves polycarpiques, 439
— De la floraison des Agaves, 540 — Agrilus
sinuatus, nuisible au Poirier, 133, 382.
Allamanda nobilis, 84.
Alocasia gïbba, A. Gigas, 402.
Alstrœmères, 47.
Anémone La Fiancée à fleurs pleines, 418.
Anemopægma clematideum, floraison, 500.
Anthémis. — Pour obtenir des boutures, 368.
Anthurium de M. de la Devansaye, 163.
Araucaria Bidwillii. — Fructification, 500. —
A. excelsa‘, bouturage, 220. — A.imbricata,
271, 319; sa rusticité, 292.
Arbres. — Dispositions générales des plantations
sur les routes, 547.
Arbres et arbrisseaux dans les jardins, 233.
Arbres fruitiers. — Crochet régulateur de leur
charpente, 153. — Pour favoriser la fruc-
tification, 425.
Arbres malades en Pensylvanie, 438.
Arbre qui siffle, 440.
Arbrisseaux à floraison automnale, 464.
Arbustes et plantes à planter sous des Chênes, 95.
— Arbustes à feuillage persistant, la taille, 71.—
Taille des arbustes et arbrisseaux fleurissant
en plein air, 38.
Aristoloche hybride, 446.
Aroïdées exotiques généralités, 229
Arrosage des arbres d’alignement, 510.
Artichauts. — Un procédé de conservation hiver-
nale, 551.
Asperges. — Culture de 28 hectares de plants
d’ Asperge et leur forçage en serre, 136. —
Le bottelage et l’emballage en Algérie, 168.
Association française de botanique. — Sa reconsti-
tution, 557.
Association pomologique de l’Ouest. — Concours
et Congrès, 49.
Aster Vilmorini, A. Delavayij21 .
B
Balcons fleuris, 209.
Bambous. — Leur emploi en Malaisie, 243. —
Bambou doré, traitement d’hiver, 505,
Bar(Jane. — Emploi des fruits, 29.
Bassin diviseur de vidanges, 86.
Bauhinia grandiflora, 393.
Bégonia semperflorens nain compact Bijou, 45. -
Bégonia versaliensis, multiplication, 71. —
Contribution à l’étude des Bégonias, 426. —
Bégonia Rex Rubis, 508. — B. Viaudi, 561.
Bégoniacées. — Adjonction aux Bégoniacées, 391.
Bibliographie. — Traité d'horticulture pratique,
par Bellair, 52. — Les Rosiers, par Cochet-
Cochet et Mottet, 52. — Calcéolaires, Ciné-
raires, Coléus, Héliotropes, Primevères de
Chine, etc., par Rudolph, 52. — Culture des
Fougères exotiques, par Buyssens, 52. — Les
Raisins précoces pour le vin et la table, par
Pulliat, 52. — Les résidus industriels employés
comme engrais, par Larbalétrier, 52. — Les
levures, par Kayser, 76. —Les Roses, par Gemen
et Bourg, 76. — Les Géraniums, par H. Dau-
thenay, 149. — Florilegium Harlemense, 200.
— Dictionnaire historique et artistique de la
Rose, par Belmont, 223. — Culture des Chry-
santhèmes à grande fleur et à taille basse, par
Chabanne et Choulet, 224. — Les insectes nui-
sibles, par A. Acloque, 248, 320. — Maladies
des plantes agricoles et des arbres fruitiers
et forestiers causées par des parasites végé-
taux, par Prillieux, 271. — Album fur Teppi-
chgartnerei und Gruppen/lanzen, 272. —
Dictionnaire d’horticulture, par D. Bois, 319,
417. — Les vilaines bêles, par Armand Leyrilz,
319. — Traité d'arboriculture fruitière, par
Pierre Passy, 319. — Manuel d'arboriculture
fruitière, par Berne, 417. — Agenda agri-
cole et viticole, par Vermorel, 512. — L’art de
greffer, par Ch. Baltet, 535. — Plantations,
promenades, parcs et Jardins publics, par
G. Lefebvre, 536. — The principles ef fruit
growing, par A. Bailey, 536.
Billbergia Canteræ, 60.
Blàck-Rot. — Destruction, 438, 460.
Blanc du Rosier. — Traitement, 340, 412.
Bonduc du Canada, 490.
Bouquets. — Simples réflexions, 399. — Les
bouquets à la main à l’Exposition des Tuileries,
246. — L’art de faire les bouquets, 298.
Bouton-couronne et bouton terminal, 343.
Bouvardias. — Culture, 436.
Broméliacées (le Pou des), 412.
Broussin de la Vigne, 436.
Bulbophyllum Ericssoni, 343.
G
Cacaoyer ordinaire comme plante ornementale, 66.
Cactées du Mexique, 81. — Les monstruosités
parmi les Cactées, 195.
Caféier d’Arabie conime plante ornementale, 66.
584
TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES.
Camellia lheifera, emploi comme Thé, 199.
Campanules, 237. — Campanula uniflora, 70. —
Campanula abiellna^ culture, 135. — Cam-
panule Miroir de Vénus, 254.
Canna — Sur la pollinisation des Cannas italiens,
269, 318. — Canna John White, 199. — Canna
Burbank, 223 ; Sur son introduction, 247. —
Canna à feuilles tricolores de Sander, 439.
Canne à sucre comme plante ornementale, 67.
Cannellier comme plante ornementale, 65.
Capucines tubéreuses, 400.
Carex VUmorini, 79.
Cassia occidentalisé 156,
Catalogues (les), 568.
Cattleya. — Étude chimique sur la culture des
Cattleyas, 337. — Cattleyas hybrides nouveaux,
503. — C. Fernand Denis, 255. — C. X Man-
tini, 208. — C. X massiliensis, 12.
Céleri plein doré à côte rose, 128. — Le blanchi-
meut du céleri, 525.
Centaurea candidissima, œilletonnage, 368
Cephalotaxus pedimculata, formes diverses, 122.
Ceratopteris thalic froides, 299.
Cerisier. — La fumagine, 339.
Chambre syndicale des constructeurs de machines
et d'instruments d’agriculture et d’horticulture
de France, 317.
Chicorée Scarole d’hiver du Var, 129.
Choysia ternala, 8, 51.
Chou. — La hernie, 213
Chou cœur-de-bœuf frisé, 358. — C. d’hiver frisés
et C. panachés d’ornement, 496. — C. rouge de
Pologne, 129.
Chrysanthème. — Culture du C. à la grande Heur,
8, 89. — C. duveteux pour toutes cultures, 27.
— Derniers échos de la saison des Chrysan-
thèmes, 43. — Contribution à l’histoire du
Chrysanthème, 74. — Insectes utiles et nui-
sibles, 75. — C. miniatures, 1 19. — Un Chry-
santhème des jardins impériaux du Japon, 201.
— Les variétés de Chrysanthèmes jugées au
sutïrage à deux degrés, 330 — C. singuliers,
368. — Les meilleurs Chrysanthèmes, 442. —
C. Pompons, 560.
— ( Voir Expositions de Chrysanthèmes.)
Cineraria Lynchei, 415.
Citronniers. — La fumagine, 168. — Citron avec
graines germées, 268. — Les haies de Citron-
niers dans le Queensland, 344. — C. qui dépé-
rissent, leur rétablissement, 436.
Citrus triptera. — Ses fruits confits, 247,
Claytone de Cuba, 159.
Clématites. — La maladie noire, 85, 191. — Cle-
matis Orleanensis, 224. — C. Viticella flore
pleno, 320. — Clématites hybrides du C. cocci-
nea, 525.
Club du Poireau, 76.
Cochenille. — Destruction, 24. — Cochenille des
Fusains du Japon, 113.
Colis postaux de 10 kilos, 198, 437.
Colletotrichum Lindemuthianum, maladie para-
sitaire du Haricot, 30.
Colliers nouveaux pour le tuteurage, 474.
Composts. — Une bonne terre pour composts, 440.
Concours général agricole de Paris, 169, 218, 235.
Concours régionaux agricoles de 1897, 49. — C. en
1898, 1899 et 1900, 97.
Concours à la Société d’horticulture de France :
d’Orchidées, 140, — de floriculture, 121, 381,
467, — de Fruits, 467.
Concours internationaux de pomologie, 429.
Congrès d’horticulture, 121, 246, 332. — C. pomolo-
gique de Nantes, 365; de Rennes, 478. — C. des
Rosiéristes,461. - C. des Chrysanthémisles, 461.
Conifères pour terrains siliceux, compacts, à
sous-sol argileux, 48. — Espèces nouvelles de
l’Amérique occidentale, 421.
Coniothyrium diplodiella, 411,
Corbeilles. — Plantes pour corbeilles, 215.
Cereus triangularis , belle fructification, 463.
Couches. — Le thermosiphon et le fumier, 71.
Couleurs. — Absorption du calorique par les
plantes à feuillage rouge, 392.
Coupures. — Recette contre les coupures, 440.
Courges d’ornement, 18.
Courtilières — Destruction, 268.
Cratægus Lalandei. — Effet ornemental des
fruits, 78.
Crochets pour charpente des arbres fruitiers, 153.
Croissance des plantes, diurne et nocturne, 391.
Croton Baron de Bothschild, 402. — C. Madame
Berthe Fournier ; C. Warneri ; C. macro-
phyllum, 403.
Culture retardée, 349.
Cycas. — Soins à leur donner, 72.
Cyclamens de Perse à grandes fleurs doubles, 42.
— C. de Perse à fleurs cristées, 75, 130. — C. à
fleurs cristées rouge et bicolore, 98. — C. Papi-
lio, 271. — Culture des Cyclamens, 522.
Cyclone du 18 juin 1897, à Paris, 293.
Cymbidium Hookerianum grandiflorum, 23.
Cypripedlum Amandinæ, 236. — C. insigne
citrinum, 448, 470.
D
Dahlias de bonne tenue, 506. — Dahlias-Cactus et
Dahlias décoratifs, 252. — Dahlia-Cactus Char-
lotte Deegen, 368. — Dahlias Lilliput et D. à
fleurs moyennes. 451.
Décorations, — Légion d’honneur, 365. — Mérite
agricole, 25. 169, 197, 221, 245, 269, 3l7, 3U,
389, 413, 461, 533.
Deutzia co'^ymbosa, 466, 486.
Diapensis lapponica, 69. — D. cuneifolia, 69.
Dieffenbachia. — Culture et multiplication, 449.
Doryopteris Duvalii, 563.
Dioscorées ornementales de serre, 14.
Dodécalhéons nouveaux, 379.
Dombeya Cayeuxii, 544.
Douanes. — Les Américains et les droits à l’im-
portation sur les produits des pépinières, 97. —
Le nouveau tarif douanier des États-Unis, 437.
Dry as integrif olia, 70.
Duchartre. — Hommage à Pierre Duchartie, 295.
E
Eau. — Purification des eaux calcaires, 412. —
Des moyens d’amener l’eau à son lieu d’utilisa-
tion, 518.
Éborgnage appliqué aux rameaux de prolonge-
ment du Poirier, 61 .
Ecole nationale d horticulture de Versailles, 564.
Elæagnus reflexa. — Fructification, 378.
Encephalartos villosus, 36.
Engrais chimiques. — Leur application aux plantes
en pots; résultats obtenus par MM. Trufîaut et
A. Hébert, 514 ; leur méthode, 541,
Enseignement horticole. — École nationale d’hor-
TABLE ALPHABETIQUE DES MATIÈRES. 585
ticulture de Versailles, 5G4. — Excursion en
Belgique, 318. examens de sortie, 866 ;
Examens d’admission, 558. — École de Ville-
preux, examens de sortie, 97, 341,866. — École
d’arboriculture de la ville de Paris, 294, 341,
462. — Association phylotechnique, 318, 462. —
Nomination de M. Grosdemange comme pro-
fesseur de la Société d’horticulture de Soissons,
489, 587. — École pratique d’Antibes, 318. —
Enseignement horticole à Kew, 73. — Ecole
d’horticulture de Genève, 74.
Epicattlexja x matutina, 367.
Epilohhim latifolium, 70.
Épinard d’été vert foncé, 129.
Eremiirus Elwesii, 280.
Enjthea armata, 7, 53, 367. — Enjlhcacclulis,
floraison en plein air, 77.
Erysimiirn murale, 45.
Erythrina Constanliana, 6.
Eucalyptus rubescens, 186.
Etats-Unis. — Nouveau tarif douanier, 437. --- La
végétation fruitière dans l’Oklahoma, 512.
Étiquettes chromolithographiées pour paquets de
graines, 268.
Eucalyptus, 288. — Description des plus belles
espèces, 370. — Culture et multiplication.
406.
Euyenia Guabiju, 304.
Excursions horticoles, 50.
Exposition universelle de 1900. — L’horticulture à
l’Exposition, 145. — Comités d’admission du
Groupe VIII, 485, 502.
Exposition de printemps de la Société nationale
d’horticulture de France, 99, 245, 269, 275. —
Les plantes nouvelles, 281. — Liste des récom-
penses, 269, 290, 313. — Les garnitures d’appar-
tement et les bouquets, 300. — Plantes de
serre, Orchidées, plantes de plein air, arbori-
culture d’ornement, culture potagère, 307. —
Les arts et les industries horticoles, 312. —
Les arts horticoles, 324.
Exposition d’automne de la la Société nationale
d’horticulture de France, 169, 320, 509, 519,
537, 546, 553.
Expositions de Chrysanthèmes : Paris, 509, 519,
537, 546; liste des récompenses, 553. — Orléans,
527. — Troyes, Montpellier, Genève, 533. —
Bruxelles, 549.
Expositions diverses: Alger, 463; Angculême, 320;
Avranches, 272 ; Beaune, 248 ; Besançon, 295 ;
Blois, 172 ; Bordeaux, 149, 489 ; Bourges, 149 ;
Cambrai, 463; Cannes, 53, 192; Cherbourg, 463 ;
Clermont, 200 ; Dieppe, 149 ; Dijon, 224 ; Douai,
200 ; Elbeuf, 123 ; Epernay, 224 ; Le Havre, 320 ;
Lisieux, 489 ; Lyon, .53, 287, 296 ; Marseille, 76,
99, ,295 ; Meaux, 272 ; Melun, 224, 248 ; Mon-
tauban, 463 ; Nimes, 53 ; Périgueux, 463 ; Le
Raincy, 172 ; Rennes, 99, 365 ; Saint-Germain-
en-Laye, 295 ; Saumur, 224 ; Tours, 200 ; Troyes,
123, 417, 489 ; Versailles, 76, 261 ; Vincennes,
99, 272, 413.
Expositions. — Les Expositions et la presse horti-
ticole, 341. — E. de Paris et Temple Show de
Londres, 51.
Exposition internationale de Bruxelles en 1897,
123, 197, 248, 295, 416.
Expositions de Berlin, 149 ; Florence, 242, 272.
— E. quinquennale de Gand en 1898, 170. — E.
internationale d’horticulture de Gand, 247. — E.
de Genève, 248. — E. internationale de Ham-
bourg, 30, 76. — E. nationale suisse : les ré-
compenses, 22.
Expositions et concours en 1898 et 1899, à la Gale-
rie des Machines, 293.
F
Fêtes ofticielles. — Les végétaux dans les fêtes offi-
cielles avant la Révolution, 408.
Ficus barba ta, 441.
Fleurs — Fleurs simples et fleurs doubles, 422. —
Fleurs teintes, 27. — Chèques et fleurs, 6.
Florilcgium Harlemense, 100, 224.
Fourmis. — Destruction, 436.
Fraises. — Les Fraises à l’Exposition d’horticul-
ture de Bruxelles, 344. — Fraises recomman-
dées en Angleterre, 440. — Fraise remon-
tante Orégon, 3i2, 366. — F. Royale Sovereign,
534. — F. remontante à gros fruits, la Constante
Féconde, 558. — Les Fraisiers remontants à gros
fruits; le Fraisier Saint-Joseph, 569.
France et Russie : télégrammes entre les Sociétés
d’horticulture de Russie et de France, 413.
Fruits véreux, 222 — Quelques bons fruits peu
connus, 440. — Fruits américains *. la con-
currence, 123.
Fuchsia. — Destruction d’acariens nuisibles, 316.
Fumagine, 168, 339.
Fumiers. — Traitement, 168.
Funkia, 114.
Fusain du Japon. — Effet ornemental du fruit,
78.— La Cochenille, 113.
G
Gadoues. — Utilisation des gadoues de Paris, 112.
— Leur traitement aux États-Unis, 377,
Galanthus. — Le genre Galant hus,\b'S.
Gardénias. — Culture, 340.
Garnitures estivales pour plates-bandes, 176.
Garrya ellipGca, pour décoration hivernale, 511.
Gazons. — La rouille, 412.
Gelées tardives, 245. — Résistance de quelques
plantes à la gelée, 489.
Genêts (Empoisonnement des animaux par les), 99.
Giroflée d’été Excelsior, 112.
Glaïeuls. — L’origine des Glaïeuls cultivés, 194
Gloriosa. — Les G. et leur culture, 403.
Gomphocarpas textilis, floraison, 500.
Graines, leur conservation dans la terre, 395.
Greffe, greffage. — Influence du porte-greffe sur
le greffon, 157. — Procédé Robert Smith, 199,
255. — Union incomplète de la greffe et du
sujet, 248. — Deux bonnes greffes pour les
petits sujets, 305. — Influence du sujet sur le
greffon, 329. — Greffe mixte, 566.
Gymnosporangium Sabinæ, 443.
H
Hablitzia tamnoides, 329.
Halles centrales de Paris. — Règlement d’adminis-
tration, 221.— Nouvelle réglementation, 414. —
Les fruits et légumes aux Halles en 1896, 414. —
Ordonnance concernant la vente des fruits et lé-
gumes, 432.
Haricot. — Nouvelle maladie parasitaire, le Colle-
totrichum Lindernuthianum, 30. — H. Quatre a
quatre, 129. — H. nain mange-tout roi des
Beurres, 129.
586
TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES.
Helianfhus lætiflorus Miss Mellish, 559.
Héliotropes nains, 116.
Helleborus niger American Pearl, 122.
Hémérocalles, 138.
Hemerocallis flavo-Middendorflii, 247.
Hepatica, réduction du genre à deux espèces, 172.
Herbier et bibliothèque de M. J. Lloyd, 51.
Hernie du choux, 213, 39i.
Heterocentron roseum, 31 .
Hortensias. — Culture forcée, 185. — Destruction
d’acariens nuisibles, 316. — Culture, 493.
Howea Belmoreana. — Fleurs et fruits, 256.
Huile d’olive de Tunisie, 343.
Hydrangéas à inflorescences énormes, 420.
I
Jochroma tubulosum, 274.
Insectes nuisibles aux Pommiers, 107.
J
Jacaranda mimosæfolia, 132.
Jadoo, matière fibreuse pour planter en pots, 416, 510.
Jardins. — Décoration hivernale, 82. — Plantes
pour corbeilles et plates-bandes, 215. — Jardins
du printemps, 160, 187, 206. •— Les arbres et
les arbrisseaux dans les jardins, 233. — Jardins
alpins, premières fleurs, 154. — Jardins bo-
taniques dans les Alpes, 456. — Jardin du Crest,
plantes rares ou nouvelles, 350. — J. bota-
nique de Saint-Louis, 100. — J, botanique de
Saint-Pétersbourg : nomination de M. Fischer
de Waldheim comme directeur, 222. — J. bota-
nique de Singapour, 396. — J. royaux de Kew :
leurs progrès, 392. — Jardins publics : nomina-
tions de jardiniers-chefs à Fontainebleau et à
Trianon, 222. — Jardin botanique de Marseille, 535.
Joigneaux (Pierre), son monument, 284.
Jubæa spectabilis. — Fructification, 500.
Jubilé de la reine Victoria, 296.
K
Kakis. — Culture, 144.
Kleinia et leur culture, 83.
L
Lac de Melzéar, 178, 249.
Lælio-Cattleya x Pallas, 391.
Lælio-Cattleya Stelzneriano-Hardyana, 473.
Lachenalia. — Culture, 34.
Laurier d’Alexandrie. — Culture, 196.
Légumes ignorés on délaissés, 55. — Légumes
nouveaux de 1896 ; expériences de M. Lam-
bin, 128. — Approvisionnement de légumes
pour chaque semaine, 263. — Conservation des
légumes de pleine terre pendant l’hiver, 524.
Lierre. — Transplantation, 148.
Lilas. I — Nouvelle affection morbide, 122, 270. —
Lilas Varin, son origine hybride, 52.
Liserons. — Destruction, 412.
Lloyd. (Herbier et bibliothèque de M. J.), 51.
Lumière. — Effets de la lumière bleue et de la lu-
mière rouge sur la végétation, 483. — Effet des
verres colorés sur la végétation, 509.
Lune rousse, 222.
Lycoris squamigera, 390.
M
Malvacées. — Une nouvelle Malvacée hybride, (i.
Mandragore de Syrie, 130.
Manioc de Colombie, 505.
Maraîchers (les) de Paris, 454.
Maranta Chantrieri^ 401; M, minor, 402.
Matricaires et Pyrèthres, 333.
Médaille de Robert Hogg pour fruits, 222.
Michauxia Tchihatcheffii, 148.
Miltonia spectabilis Moreliana, 512. — M. Bleii-
ana virginalis, 416.
Mimosa dealbata en Bretagne, 50.
Mouche des Orchidées, 17.
Moineau, 264. — Une enquête sur les ravages
causés par .le moineau franc, 98.
Muguet. — Commerce et forçage à l’étranger,
511
Muguet des Pampas, 504. — Son vrai nom, 509,
529, 536.
Muséum d’histoire naturelle. — Graines et plantes
offertes, 6, 342.
Myriocarpa longipes. 343.
N
Nægelia hybrides, nouveautés, 23.
Nécrologie. — MM. Aristakes Azarian Effendi,
272. — Bourderioux, 296. — Charmeux, 172. —
Doumet-Adanson, ^12. — Eliot {Ch.), 172. —
Faucon (Louis), 296. — Geert (Charles Van),
30. — Furtado-Heine (M^‘‘), 7. — Gibson
(J. .T.), 369. — Hébrard (J. -A.), 149. — Hé-
meray-Gauguin , 7. — Hogg (D^' B.), 149. —
Eoste, 296. — Jordan, 76. — Laliman (L.). 560.
— Lambin, — Luizet (Marc), 344. — Sachs
(Z)r), 369. — Stiles (W.A.), 489. — Sullon
(Alfred), 417. — /)i' Trimen, 7. — Verlot (Ber-
nard), 53. — Warner (Bobert), 7, — Waterer
Anthony, 7.
Nernesia strumosa Suttoni, 439.
Nitrate de soude en culture potagère, 446.
Nouveautés eu horticulture, 549.
Nymphæa stellata zanzibarensis. — Variétés nou-
velles, 328. — Nouveaux Nymphéas rustiques de
M. Latour-Marliac, 513.
O
Œillet. — V Heterosporium echinulatum, cham-
pignons nuisibles, 411. — Œillets en 1676, 417.
Ognons à fleurs, 476.
Orages et inondations, 317.
Orangers, 436.
Orchidées. — La mouche des orchidées, 17. — Sur
une maladie des Orchidées, 346. — Culture des
Orchidées indigènes, 559.
Ormes de la Malle, 452.
Ortie comestible, 392.
Oxalide corniculée, 498.
P
Palmier. — Gleosporium nuisible, traitement,
167. — Du Palmier bleuet de sa récente floraison,
555.
Panachure des plantes. — Sur la reproduction par
le semis des plantes panachées, 141.
TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES.
587
Panicum tonsum, 273,
Papyrus. — Conservation en hiver, 505.
Pâquerettes, 58.
Parc et serres de M. L. Fournier, à Marseille, 32.
Parc de Melzéar, 202. — Parc public de Vitry-le-
François, concours, 414.
Pavot d’Islande, 70.
Pêche, Pêcher. — Espalier de Pêchers sur cloison
noire, 511. — Pêche tardive du Mont-d'Or, 520
533. — Le rajeunissement, 205. — Pêcher tige
franc de pied, 102. — Le Pêcher greffé sur
Épine noire, 562.
Pélargoniums à grande fleur, soins de culture,
340 — Pélargonium Madame Salleron, 492.
Pélorie du Sciadocalyx digitaliflora, 62.
Pelouses mauritaniennes et gazons fleuris, 487.
Pennisetum Ruppellii, 54.
Pépiniéristes. — Pétition contre l’établissement
des fils aériens des tramways électriques dans là
banlieue de Paris, 145.
Pervenche de Madagascar, 173.
Peupliers paratonnerres, 29.
Philodendron. — Les P. et leur culture, 573.
Phalænopsis. — Notes sur les Phalænopsis^ 150.
Phœnix canariensis en Bretagne, 50
Phœnix melanocarpa, propriétés alimentaires,
171.
Phy salis Franc heti, 35, 376.
Phyllosticta Violæ et Choysia ternata, 8.
Pin Laricio en Corse, 354.
Pinus Fremontiana, 220,
Pitch-pin, 361.
Plantations, un curieux et bel effet décoratif, 351.
Plantations sur route, dispositions générales, 547.
Plantes, leur croissance diurne et nocturne, 391,
Plantes arctiques, 68.
Plantes aquatiques, multiplication, 258; hiver-
nage, 506.
Plantes pour bordures et mosaïques, à feuillage
blanc, 509
Plantes grimpantes, leur plantation au pied des
arbres, 134.
Plantes nouvelles, l’art de les présenter, 13. —
P. nouvelles des expositions étrangères, 430
Plantes nouvelles ou peu connues,
figurées ou décrites dans les publicati ons
étrangères. — Pour ne pas augmenter déme-
surément les tables, nous n’avons pas reporté à la
table alphabétique les noms de ces plantes.
Comme, dans la Revue de ces plantes., elles sont
précisément classées par ordre alphabétique, nous
nous bornons à donner ici, comme nous l’avons in-
diqué dans l’Avis important qui figure en
tête de cette table, les pages où se trouvent toutes
les plantes dont le nom a la même lettre initiale :
A. 92, 362.
B. 93, 363.
C. 93, 363.
D. 94, 364.
E. 142, 364.
F. 143
G. 143, 364.
H 143, 386.
I. 144.
J. »
K. »
L. 144, 386.
M. 387.
N. 164. ■
O. 164, 387. -
P. 164, 387.
Q. »
R. 165, 387.
S. 165, 387.
T. 165, 387
U. »
V. 165, 388.
W. 388.
X. Y.Z. »
Plantes potagères, valeur thérapeutique, 369.
Plantes stérilisées, 155.
Plantes utiles exotiques ornementales, 64.
Plasmodiophora Brassicæ, 213.
Plates-bandes. — Garnitures estivales, 176. —
Plantes pour plates-bandes, 215.
Poires Président Héron et Directeur Varenne, 6.
— Dix Poires contestées, 375. — P. Doyenné
Gy, 487. — P. Directeur Hardy et Joyau de
septembre, 500.
Poirier. — L’éborgnage appliqué aux rameaux de
prolongement, 61. — L’Ayrilus sinuatus,
133, 382. — La fécondation des fleurs, 171. —
Disparition d’un Poirier âgé de 600 ans, 199. —
Traitement des branches fruitières. 225. — La
tavelure, 244. — Le Rhynchite Bacchus, 244. —
Le Phytoptus Pyri, 339.
Pois gros bleu nain, 129. — P. Clamart nain
hâtif, 129. — P. nain mange-tout Debar-
bieux, 129.
Poivrier aromatique comme plante ornementale, 65.
Pollinisation des Cannas italiens, 269, 318.
Polygonum amplexicaule oxyphyllum, 415. —
P. baldschuanicum, 367.
Pommes tardives, 39.
Pommiers. — Insectes nuisibles, 107. — Champi-
gnons nuisibles, 339.
Pommes de terre, culture sous châssis, 63.
Pontédérias. — Culture, 527.
Primula obconica. — Sa vénénosité, 28. — Per-
fectionnements, 374. — P. Trailli, 560.
Puceron lanigère. — Nouveau remède, 220.
Pyrèthres et Matricaires, 333. — P. gazonnant,
469. — P. rose, 521.
Q
Quinquinas. — Les cultures de Quinquinas de
l’École supérieure de pharmacie de Paris, 321.
R
Radis à forcer rouge vif sans feuilles, 129. —
R. monstrueux, 211.
Raisins. — Le transport des Raisins du Midi, 485.
Reines-Marguerites. — R. aurea, 75. — Maladie,
traitement, 144. — Classification suivant leurs
aptitudes d’emploi, 278. — Reine-Marguerite à
fleurs duveteuses, 488.
Rhododendron lapponicum, 71.
Rhus integri folia, 268.
Rhynchites Bacchus, nuisible au Poirier, 244.
Richardia albo-maculata, 37.
Rodgersia, 174.
Romneya Coulteri. — Pour le faire fleurir, 391.
Ronce hybride de Framboisier, 524.
Roses : Rosa kamtschatica blanc double de
Coubert, 368. — Rosa po/jyaniùa nouveaux, 369.
— Rosa sericea, 444. — Rose VI déale, 267. —
Roses Baron e\ Baronne de Rothschild, 121.
Rosier. — La taille, 184. — Plantation, 339. —
Leblanc, 340, 412. — Fasciation d’une tige, 391.
— Rosiers nouveaux de 1896, 73. — Rosiers
nouveaux pour 1897 , 480, 486.
Roucouyer, comme plante ornementale, 67.
Rouille des gazons. — Traitement, 412.
Rubus arc tiens, 70.
S
Safran. — L’amélioration du Safran cultivé, 342.
Salpichroma rhomboideum, 504, 509, 529, 536.
Salsepareille de la Jamaïque, 65.
Salsifis et Scorsonère, 166.
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TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES.
Salvia Ch. Le Couteiilx, 28.
Santalin blanc comme plante ornementale, 65.
Saxifrage du Nord, 70.
Sciadocalyx digitaliftora (Pélorie du), 62
Scolopendrhim vulgare crispum. — Multiplica-
tion en grand, 12.
Scorsonère et Salsifis, 166.
Sefton Park. — Une nouvelle serre, 73
Sélection. — De l’influence delà sélection dans le
bouturage et le greffage, 428.
Séneçons. — Les Séneçons d’ornement à Gast-
lewellan, 172. — Senecio mulliflorus, 28.
Serre-joints pour le tuteurage, 474.
Société des Amis des arbres, 322.
Société botanique de France. — Excursion an-
nuelle, 318.
Société des Chrysanlhémistes, 198, 485, 526.
Société de viticulture et d’ampélographie, 221. —
Congrès et concours, 317.
Société d’horticulture de la Seine-Inférieure, son
œuvre pomologique, 73.
Société nationale d’horticulture de France. —
Composition du bureau pour 1897, 5. — La dis-
tribution des récompenses, discours de M. Viger,
21. — Séances de distribution des récom-
penses, 359, 557. — Comptes rendus des séances,
5, 23, 67, 91, 117, 140, 163, 214, 241, 266, 315,
336, 363, 385, 407, 434, 453, 483, 508, 532, 577.
Société nationale des Rosiéristes français. — Son
premier annuaire, 146.
Société pomologique française. — Historique, 146.
Solamim Seaforthianum, 424.
Sophora japonica comme arbre d’ornement, 534.
Stachys tuberifera, 98.
Station expérimentale de l’État de New-York, 51.
Stérilisation des plantes, 155.
Slrelilza reginæ. — Pour les faire fleurir, 339.
Streptosolen Jamesoni., culture, 505.
Sulfatage des semences, 147.
Syndicat central des horticulteurs de France, 49.
T
Tacca p'innalifida, plante ornementale, 66.
Taille en aileron, 279. —Taille des arbustes et ar-
brisseaux fleurissant en plein air, 38. — Taille
du Rosier, 184.
Tamarinier indien comme plante ornementale,
66. — T. sauvage, plante qui rend chauve,
200.
Tarifs de chemins de fer. — Une détaxe sur le
transport des produits destinés aux Expositions,
27. — Les tarifs et le transport des plantes du
Midi, 49.
Tavelure des Poires, 244.
Temple Show (Exposition de) à Londres, 51.
Thuya. — Un bosquet de Thuya, 366.
Tillandsia grandis, 345.
Toile. — Remède contre la toile, 152.
Tomates : T. Champion écarlate, 130. — La matu-
ration des dernières Tomates, 438.
Tonnelle. — Construction, 71.
Trapa verbanensis, 10.
Tropœolum hybridum Leilchlini, 400.
Trevoria, nouveau genre d'Orchidées, 558.
Tulipier employé pour boites à cigares, 147.
Tunisie. — Notice à l’usage des émigrants, 270.
Tuteurage, nouveaux colliers et sen e-joints, 474.
U
Union commerciale des horticulteurs de France et
droits de douane, 557.
V
Vanda Kimballiana, 352. — Vanda teres, 268.
Vanille. — Une révision du genre Vanilla, 123.
— Nouveau procédé de préparation, 344.
Vanillier officinal comme plante ornementale, 66,
Veronica syriaea, 311,
Vidanges. — Bassin diviseur, 86.
Vignes — Etablissement de treilles à la Thomery,
système Oger, 104. — Formation du T dans les
treilles à la Thomery, 124. — Le Coniolhyrium
diplodiella ; le meilleur engrais, 411. — Le
broussin, 436. — Traitement hivernal contre les
parasites, 147. — Influence du porte-greffe sur
le greffon, 157. — Vitis Coignetiæ, sa supério-
rité ornementale, 171. — Vigne épineuse Ma-
dameVictor Caplat — La taille des Vignes
gelées et celle des Vignes grêlées, 246. — La
Treille du roi à Fontainebleau, 487. — Les badi-
geonnages au sulfate de fer, 488. — Le Gros
Colman, 505.
Villa Thuret. — Floraison de plantes nouvelles et
fructifications remarquables, 500.
Viola odorala sulfurea, 198.
Violette cornue et V. de Munby, 231. — Les Vio-
lettes et la variété La France, 472.
W
Washinglonia robusla. — Première floraison dans
le Midi, 367. — Floraison, 415. — Le TF. ro-
busta et la pêche du saumon, 488.
FIN DE LA TABLE DU VOLUME DE 1897.